Mitteleuropa Balkans (128) Yougoslavie (17)

Une histoire des forces armées en Serbie (1) Des origines aux guerres balkaniques

La Serbie ayant été le moteur de l’unification des yougo-slaves il était logique que les forces armées serbes beneficient d’une partie particulière.

De plus en dépit d’efforts sincères menés par Pierre II le haut commandement de la Jugoslovensko Vojska était encore à la veille de l’opération MARITSA majoritairement serbe, les croates et les slovènes étant assez peu présent dans les hautes-sphères militaires alors que leur région d’origine était clairement en première ligne en cas d’invasion qu’elle soit italienne ou allemande.

Les unités militaires serbes ou serbophones ne datent pas de la création de la principauté de Serbie en 1830. Sans remonter jusqu’aux temps glorieux où l’empire serbe pouvait s’étendre sur une grande partie des Balkans, on trouvait dès le 18ème siècle des unités militaires serbes qu’elles soient irrégulières (hadjuks) ou militairement encadrées comme les unités serbes déployés dans la Frontière Militaire.

Cette milice va être utilisée par les autrichiens dans deux assauts infructueux contre Belgrade en 1787 et 1788. Elle est dissoute suite au traité de Sistova.

Mise sur pied dans la Frontière Militaire et plus précisément la région du Bannat. L’objectif de cette nouvelle force armée serbe est de libérer la Serbie du joug ottoman et de placer la Serbie sous la protection des Habsbourg.

Selon un document du 6 novembre 1789 cette unité comprenait un squadron de hussards, dix-huit compagnies de fusiliers et quatre compagnies de mousquetaires soit 5049 soldats. Ils portaient des uniformes semblables à ceux des autres unités de la Frontière Militaire.

A noter qu’en 1793 un nouveau corps franc composé de serbes et de bosniens à été levé dans la Frontière Militaire et que durant le premier soulèvement serbe (14 février 1804 au 7 octobre 1813) des détachements de sabotage appelés frajkori ont été mis en place.

Ce soulèvement fait suite au comportement de janissaires rénégats qui avait pris le pouvoir en 1801 et avait remplacé un régiment d’une relative autonomie, d’une relative quiétude en une tyrannie sanglante qui poussa les serbes à la revolte.

Faute d’armée digne de ce nom les serbes se livrèrent à des actions de guerilla ainsi que des représailles contre ce qu’on pourrait appeler des collaborateurs. Ils bénéficiaient de l’aide du Sultan avec l’appui d’un corps de cavalerie, le corps de sipahi.

Le Sultan s’en inquiéta et décida de surveiller de près ce mouvement tout en faisant mine de le soutenir. Après une série de victoires militaires en 1805/1806 les divisions entre leaders, la fin du soutien russe en raison du retour de la paix avec les ottomans entrainant une victoire ottomane et une sévère répression.

Une nouvelle révolte à lieu du 23 avril 1815 au 26 juillet 1817. Contrairement à la première où un temps les serbes furent alliés aux ottomans (encore qu’il s’agissait d’une alliance ambigüe et pleine de sous-entendus) cette fois les ennemis étaient clairement identifiés. Là encore il s’agissait d’une guerre du faible au fort aboutissant à la naissance de la Principauté de Serbie.

Qui dit principauté dit armée et Belgrade va très vite s’attacher à marquer symboliquement son autonomie en mettant sur pied une véritable armée.

Plus facile à dire qu’à faire car ce développement est clairement contraint par ses voisins autrichiens et ottomans.

Vienne et Constantinople ne sont pas dupes : si Belgrade parvient à obtenir une armée puissante la tentation se grande de vouloir obtenir par les armes une indépendance en bonne et due forme.

La principauté de Serbie doit donc limiter ses ambitions militaires. Sans surprise c’est la Russie qui sert de modèle militaire.

Entre 1830 et 1835, un bataillon d’infanterie, un escadron de cavalerie et une batterie d’artillerie sont mis sur pied. Des officiers russes d’active arrivent en Serbie y introduisent lois, règlements et exercices venus de la Troisième Rome. Douze jeunes serbes sont envoyés en Russie pour être formés au métier d’officier.

Une loi de 1838 permet la mise en place d’une Armée de Garnison. A noter que l’armée serbe dépend du ministère de l’Intérieur et non du ministère de la Guerre comme on pourrait s’y attendre (NdA Je n’ai pas la réponse à ce mystère mais probablement que le caractère autonome de l’Etat serbe exclu la présence d’un ministère de la Guerre). Les effectifs sont très limités avec 2438 hommes. Autant dire que pour venger le roi Lazare tombé à Kosovo Polje en 1389 on repassera….. .

A noter qu’à cette époque un deuxième bataillon d’infanterie à quatre compagnies à été mis sur pied.

En 1860 de jeunes officiers serbes de l’Armée autrichienne rejoignent l’Armée de la Principauté de Serbie. Des Slovènes sont également recrutés essentiellement dans le domaine sanitaire et logistique. En 1867 une loi autorise des officiers étrangers à servir dans les rangs de l’armée serbe.

Après la guerre de Crimée l’influence russe sur la chose militaire russe décline au profit de l’influence militaire française qui ne perdra pas trop d’éclat même après la défaite de 1870. Certes l’Allemagne devient un modèle séduisant pour tous les pays avides de modernité militaire mais la France reste pour beaucoup une valeur sure.

A la même époque l’assemblée serbe vote une loi sur l’armée nationale qui prévoit des effectifs importants à savoir 100 à 150000 hommes (NdA j’ignore si il s’agit du temps de paix ou du temps de guerre).

Si dans les premiers temps toutes les demandes de l’Armée sont acceptées par la classe politique, avec le temps les politiques à tort ou à raison sont plus réticents à consentir aux dites demandes.

Cette armée de la Principauté participe à une nouvelle révolte serbe en 1848/49 mais aussi à la révolte en Herzegovine (1875-1877). Elle participe également à l’expulsion de 30 à 70000 musulmans essentiellement albanais du Sandjak de Nis direction le Kosovo. Elle est aussi engagée dans une guerre contre son suzerain ottoman de 1876 et 1878.

A l’issue de cette guerre la principauté de Serbie devient indépendant et étend son territoire pour aboutir quasiment à son territoire actuel. Quatre ans plus tard en 1882 la principauté devient royaume.

En 1901 est votée la Loi sur l’organisation militaire (Zakono ustrojstvu vojske) qui réorganise le dispositif militaire serbe. Comme tous les pays de l’époque ou peu s’en faut, le Royaume de Serbie dispose d’une armée de conscription.

Tous les hommes de 17 à 50 ans sont soumis à des obligations militaires. L’armée est divisée entre une Armée Nationale composée d’hommes entre 20 et 45 ans et une Force de Défense composée des plus jeunes (17 à 20 ans) et des plus anciens (45 à 50 ans).

L’Armée Nationale est divisée en trois classes d’âge ou poziv (appel), les troupes du premier appel étant composée d’hommes entre 20 et 31 ans, celles du second appel d’hommes entre 31 et 37 ans et celles du troisième appel d’hommes entre 37 et 45 ans.

Le territoire serbe est divisée en cinq zones divisionnaires (Morava, Drina, Dunav, Sumadija et Timok) qui donnent leur nom aux divisions.

Chaque zone divisionnaire est divisée en trois districts qui correspondent au niveau du régiment, districts eux mêmes divisé en districts bataillonnaire.

Chaque zone divisionnaire fournit une division d’infanterie de 1ère classe à quatre régiments, une division d’infanterie de 2ème classe à trois régiments d’infanterie et trois régiments d’infanterie de troisième classe.

L’armée mobilisée doit ainsi disposer de cinq divisions de 1ère classe soit vingt régiments d’infanterie, cinq divisions de 2ème classe soit quinze régiments et quinze régiments d’infanterie de troisième classe soit un total de cinquante régiments d’infanterie.

L’unique division de cavalerie était recrutée sur l’ensemble du territoire serbe. Même chose pour l’artillerie, le génie et les unités logistiques.

Le service militaire durait 14 à 18 mois pour l’infanterie, 16 à 24 mois pour la cavalerie.

Au final comme il y avait cinq régiments d’infanterie en surnombre, ils furent intégrés aux divisions d’infanterie de 2ème classe qui passèrent donc à quatre régiments d’infanterie.

En temps de paix aussi étrange que cela puisse paraître il n’existe pas d’armée sur le pied guerre, la seule force militairement organisée étant composée de 3000 officiers et sous-officiers chargés au travers de vingt régiments-cadres de former et d’entrainer les conscrits (environ 40000 appelés chaque année).

La Division d’Infanterie de 1ère classe comprend quatre régiments d’infanterie à quatre bataillons à quatre compagnies, le régiment disposait également d’une escouade de quatre mitrailleuses et d’un ou deux bataillons de remplacement.

A cela s’ajoute un régiment de cavalerie disposant de deux ou trois escadrons avec pour chaque escadron des unités montées et une escouade de mitrailleuse. On trouve également un escadron de remplacement (NdA Remonte ?).

Le régiment d’artillerie comprend trois bataillons d’artillerie appelés Divizio chacun disposant de trois batteries de quatre canons et une batterie de remplacement.

On trouve également un demi-bataillon de pionniers, une escouade de télégraphistes, des unités de ravitaillement, du train et des unités médicales.

Au final une Division de 1ère classe comprend normalement 25513 hommes, 20 mitrailleuses, 36 canons, 5110 chevaux, 1538 mules et 1645 chariots. Dans certaines conditions les effectifs peuvent passer à 28000 hommes.

Les Divisions d’Infanterie de 2ème classe sont organisées initialement de façon semblable mais on ne trouve qu’un bataillon d’artillerie soit douze pièces et un unique escadron de cavalerie au lieu d’un régiment soit seulement 15 à 17000 hommes.

Quand la première guerre balkanique éclate en 1912 les serbes utilisent principalement des armes françaises et allemandes.

Si les allemands dominent dans le domaine de l’armement de l’infanterie, les français sont plus que présents dans le domaine de l’artillerie, le dernier argument des rois comme disait l’un de nos plus grands souverains.

Mauser M1891 argentin. Le M1889 est semblable

Jugez plutôt ! Le fusil standard de l’infanterie serbe était le Mauser M1889 (7x57mm) complétés par quelques vieux fusils Berdan II russes alors que la principale mitrailleuse était la Maxim M1908.

L’artillerie serbe pouvait compter sur des canons de campagne et de montagne Schneider M1907 de 75mm, quelques vieilles pièces De Bange M85 de 80mm ainsi que des pèces lourdes que ce soit des obusiers de 120mm Schneider M1897, des canons de 120mm Schneider modèle M1897, six mortiers de 150mm Schneider-Canet.

Des pièces lourdes modernes sont acquises entre 1912 et 1914 que ce soit des canons de 120mm Schneider-Canet M1910 ou des canons de 150mm Schneider-Canet M1910.

Etats Unis (119) Armée de Terre (9)

Véhicules

Véhicules blindés légers

M-8 Greyhound

M-8 Greyhound 30

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat. Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer les unités de char.

Après avoir hésité entre un châssis chenillé, un châssis mixte et un châssis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribuée officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérément le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

M-20 Armored Utility Car 5.jpg

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, France, Grèce, Guatemala, Haiti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay,Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Venezuela, Vietnam et Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques

Poids en ordre de marche 7.940 tonnes Longueur 5m largeur 2.54m hauteur 2.248m

Motorisation : moteur à essence Hercules IXD de 110ch Vitesse maximale sur route 90 km/h vitesse maximale en tout terrain 48km/h Autonomie 640km Blindage 3 à 19mm

Armement : un canon de 37mm M6 avec 80 obus, une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

Equipage : quatre hommes (chef de char, canonnier/chargeur, pilote, copilote/radio)

M-17 Heavy Armoured Car «Staghound»

Comme nous venons de le voir, la M-8 était l’auto-blindée standard des forces armées américaines et pour ne rien gâcher un bon véhicule de reconnaissance et de combat. Néanmoins face aux automitrailleuses puissantes mises au point en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, elle risquait d’être déclassée en terme de blindage et de puissance de feu.

Le projet qui allait aboutir à la Staghound est lancé au printemps 1945. Ford, Chevrolet et General Motors proposent plusieurs projets en différentes configurations 4×4 6×6 et 8×8, avec un blindage plus ou moins épais, un armement allant du canon de 37mm à la Greyhound au canon de 75mm du Sherman.

Parallèlement, des variantes sont étudiées : dépannage, commandement, défense antiaérienne, appui-rapproché, ravitaillement, le tout pour former une famille complète de véhicules pour faciliter la production.

Chaque constructeur reçoit en janvier 1946 la commande de deux prototypes, le Ford T24 6×6 armé d’un canon de 57mm, le Chevrolet T-26 4×4 armé d’un canon de 37mm à haute vitesse initiale et enfin le General Motors T-28 8×8 armé d’un canon de 75mm.

Après évaluation, l’US Army décide de choisir le chassis T-28 avec la tourelle du projet Ford, l’armée de terre américaine estimant le canon de 57mm suffisant pour les missions de reconnaissance.

La nouvelle automitrailleuse américaine est officiellement adoptée en mars 1947 sous le nom de M-17 Heavy Armored Car mais la production est d’abord lente et assez peu d’exemplaires sont en service en septembre 1948. Leur nombre augmente ensuite assez rapidement, supplantant la M-8 en Europe à partir de l’été 1952.

Rapide et puissante, la M-17 était un véhicule blindé rapide (75km/h), bien protégé (45mm de blindage aux endroits sensibles) et son canon de 57mm _identique au canon antichar de même calibre_ suffisamment puissant pour contrer les autos blindées adverses mais pas trop puissant pour tenter l’équipage d’engager le combat là où l’esquive serait plus profitable.

Contrairement la M-8, toutes les variantes étudiées ont été produites en série qu’il s’agit du véhicule de dépannage (superstructure à la place de la tourelle, moyens de treuillage, grue de 5 tonnes, outils et pièces détachées), commandement (tourelle à canon factice, moyens de communication supplémentaires), défense antiaérienne (deux versions, un avec un affût quadruple de 12.7mm et une avec deux canons de 20mm en tourelle), appui-rapproché (avec un obusier de 76.2mm britannique) et ravitaillement (pas de tourelle, armement limité à une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier).

Le conflit terminé, la M-17 reste la seule auto blindée en service en masse dans les forces armées américaines.

Exportée après guerre en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Yougoslavie, en Grèce, en Turquie, au Japon et en Inde, elle reste en service dans l’US Army jusqu’en 1971 quand un véhicule de reconnaissance chenillé le remplace.

Caractéristiques Techniques

Poids en ordre de combat : 10.4 tonnes Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.00m Hauteur 1.80m

Motorisation : un moteur essence General Motors de 150ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 à 100 km/h vitesse maximale sur terrain varié 25 à 40 km/h Autonomie 400km (145 litres de carburant)

Blindage : minimum 15m maximum 45mm

Armement : tourelle triplace avec un canon de 57mm alimenté à 80 projectiles associé à une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4 (1500 cartouches). Une mitrailleuse de 12.7mm est monté sur le toit avec 950 cartouches

Equipage : un pilote, un chef de bord, un tireur et un pourvoyeur/opérateur radio

M3 Scout Car

M-3 Scout Car 47.jpg

Le véhicule blindé léger M3 connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques de la M3 Scout Car

Poids : 4 tonnes Dimensions : longueur 5.6m largeur 2m hauteur 2m

Motorisation : un moteur diesel Hercules JXD 6 cylindres dévellopant 110ch Performances : vitesse maximale 89 km/h Distance franchissable 403km

Blindage : 6-13mm Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm

Equipage : conducteur + sept hommes

Autres véhicules légers

La M3 Scout Car n’était pas le seul véhicule léger de l’US Army, d’autres véhicules légers sont utilisés pour les liaisons, l’évacuation sanitaire, la traction d’armes lourdes…… .

Les principaux véhicules utilisés étaient les Dodge T207-WC3 et Dodge T215-WC27, des véhicules de la classe des une/deux tonnes. Ils vont être complétés par l’immortelle Jeep. Conçue par la firme Willys mais produite par de nombreux autres constructeurs tant la demande était forte.

Ce petit véhicule conçu pour des missions de transport léger et de liaison fût utilisé pour un nombre incroyable de missions comme l’évacuation sanitaire, la reconnaissance, les opérations commandos, le transport d’armes lourdes et même un lance-roquettes multiple léger…… .

Half-track

Si aujourd’hui, les véhicules à roues sont aussi mobiles et à l’aise en tout-terrain que les véhicules chenillés, à l’époque, la roue reignait en maitre sur la route, la chenille en tout terrain.

Cela avait son impact sur les opérations car si la roue pouvait aller vite et loin, la chenille n’était pas aussi rapide. D’où l’idée de combiner la roue et la chenille sous la forme d’un semi-chenillé ou half-track qui était censée combiner les avantages des deux. En réalité ce fût plus les inconvénients des deux systèmes qui furent combinés.

Résultat, une fois le conflit terminé, le semi-chenillé fût relegué au musée des systèmes militaires disparus, les différentes armées choisissant soit la roue soit la chenillé pour assurer le transport de troupes.

Si le M3 est le half-track le plus célèbre et le plus nombreux, d’autres modèles de semi-chenillés ont été utilisés par l’US Army comme nous l’avons le voir.

-Le M2 Halftrack est une production de la White Motor Company destiné à l’origine à être un tracteur d’artillerie mais il fût également utilisé comme véhicule de reconnaissance notamment au sein des unités de cavalerie.

A l’origine du choix du semi-chenillé par l’US Army figure l’évaluation de véhicules Citroen-Kégresse. Il s’agissait de trouver une solution aux pauvres performances en tout terrain des autos blindées alors utilisées par l’US Army.

La White Motor Company après l’échec de son T7 Half-track Car réussit à convaincre l’US Army de commander son semi-chenillé T14 devenu en 1940 la M2 Half-track car.

Après avoir été utilisé comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance, le M2 fût un temps utilisé comme véhicule de transport de personnel (Armoured Personnal Carrier) avant d’être supplanté par son grand frère, le M3 plus gros et donc mieux adapté à cette mission. Les premiers M2 sont livrés au printemps 1941.

La production du M2 se poursuivit jusqu’en septembre 1954, permettant la sortie de 14500 véhicules. Ils ont été utilisés aux Philippines, dans le Pacifique, en Italie et en Europe (occidentale et du nord).

Outre la version de base, le M2 fût dévellopement en variante porte-mortier de 81mm (le tir pouvait se faire depuis le véhicule ou depuis la terre), antichar (canon antichar de 57mm remorqué ou utilisé sur le véhicule), antiaérien (avec un affût quadruple de 12.7mm) et Génie.

Outre les Etats-Unis, les M2 équipèrent la Grande-Bretagne, l’URSS, la Tchécoslovaquie, le Chili, la France, la Grèce, le Portugal, le Brésil, la République Dominicaine, le Paraguay, les Phillipines, la Pologne, le Mexique, la Belgique, les Pays-Bas, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, le Liban, l’Argentine et la Finlande.

Au sein de l’US Army, le M2 à été retiré du service dès 1957, laissant le M3 seul half-track en service jusqu’à l’arrivée en 1962 du mythique M-113.

Caractéristiques Techniques du M2 Half-track

Poids : 9 tonnes Dimensions : longueur 5.96m largeur 2.2m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX dévellopant 148ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 350km

Blindage : 6-12mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2. Embarquement de 14 mines et 10 grenades à main

Equipage : 2 hommes + sept passagers

M-3 Halftrack 22

-Le semi-chenillé le plus célèbre de l’armée américaine est sans contestation possible M3 Half-track. Il est issu du même mouvement de réflexion que celui ayant abouti à la mise au point du M2 en l’occurence l’évaluation de véhicules fournis par la firme Citroen, utilisant la licence Kegresse.

A la différence du M2, le M3 à été conçu dès l’origine comme un APC destiné à l’infanterie mécanisé, possédant une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie, équipant également les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M3 est remplacé sur les chaines de montage par le M3A1 en mars 1949 puis par le M3A2 en juin 1952 et enfin le M3A3 en septembre 1953.

Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, l’Allemagne (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques du M3

Poids : 9.07 tonnes Dimensions : longueur 6.17m largeur 1.96m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX de 147ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h sur route distance franchissable 320km

Blindage : 13.2 à 25.4mm

Armement : une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4

Equipage : un conducteur et douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe)