Mitteleuropa Balkans (123) Yougoslavie (11)

Autres navires de surface

Yacht royal/canonnière Beli Orao

Le Beli Orao (aigle blanc) est un navire commandé pour servir en temps de paix de yacht royal et d’être transformé en temps de guerre en canonnière.

Il est mis sur cale le 23 décembre 1938 lancé le 3 juin 1939 et mis en service le 29 octobre 1939. Ce navire permet au jeune roi Pierre II d’inspecter les défenses côtières et les bases de la marine yougoslave, un moyen également d’effectuer un travail de «yougoslavisation» dans une marine où les croates sont majoritaires et donc potentiellement susceptibles de faire sécession. Il assiste également aux exercices de la marine yougoslave.

Transformé en cannonière en septembre 1948 il assure la protection de la navigation commerciale yougoslave moins en raison de menaces précises que pour dissuader l’Italie d’harceler la navigation d’un pays avec lequel elle avait de sérieux différents en dépit de protestation mutuelles d’amitié.

Endommagé par un échouage le 4 juillet 1949, le navire est remorqué entre Split et Kotor mais suite à la mutinerie de l’équipage d’un remorqueur civil chargé de l’amener à Corfou la canonnière est immobilisé à Kotor.

Capturé par la marine italienne, la canonnière est rebaptisé Alba et va servir depuis le port de Bar à protéger la navigation côtière. Survivant miraculeusement au conflit, le navire est repris par la marine yougoslave qui le retransforme au printemps 1955 en yacht royal.

Après la chute de la monarchie, il continue son rôle au profit des nouveaux maitres du pays. Victime d’un incendie de machine en septembre 1978, le navire est laissé à l’abandon jusqu’en 2000 (!) où toujours à flot il à été transformé en musée à Dubrovnik. C’est toujours le cas aujourd’hui

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 567 tonnes pleine charge 660 tonnes

Dimensions : longueur 65m hors tout (60.08m entre perpendiculaires) largeur 8.08m tirant d’eau 2.84m

Motorisation : deux moteurs diesels dévellopant 1900ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale 18 nœuds

Armement (canonnière) deux canons de 40mm, deux mitrailleuses de 7.92mm et huit charges de profondeur

Equipage : nc

Monitors fluviaux

Le Vardar est l’un des quatre monitors en service dans la marine royale yougoslave en juillet 1949, un navire déjà ancien, un navire à la carrière longue et chaotique.

Il est mis sur cale au chantiers navals Stabilimento Tecnico Triestino sur son site de Linz en 1914 lancé en 1915 et mis en service le 9 juillet 1915. Il à d’abord été connu sous le nom de Bosna puis sous le nom de Temes et enfin à nouveau Bosna le 9 mai 1917 quand le premier Temes à été relevé, réparé et remis en état.

Le 6 novembre 1918 il est transféré à la république populaire de Hongrie du comte Karolyi (à ne pas confondre avec la république des conseils de Béla Kun) conservant son nom d’origine. Le 13 décembre 1918 il est officiellement cédé au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui le remet en service en 1920 sous le nom de Vardar.

Modernisé à plusieurs reprises, le Vardar était donc toujours en service en juillet 1949. Dès le début de l’invasion de l’Axe, le Vardar va ouvrir le feu contre les troupes allemandes et les troupes hongroises, jouant au jeu du chat et de la souris.

Le 12 juillet 1949 le monitor est surpris par des bombardiers allemands, deux bombes provoquent son naufrage dans le Danube. Le navire sera relevé par les hongrois mais devant les dégâts les magyars préfèrent l’envoyer directement à la casse.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 580 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrox dévellopant 1750ch et entainant deux hélices

Vitesse maximale 13.5 nœuds

Protection : ceinture et bulkheads 40mm pont 25mm bloc-passerelle, tourelles et coupoles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, deux obusiers de 120mm, deux canons de 66mm, deux canons de 47mm, sept mitrailleuses

Equipage : 91 officiers et marins

Monitor fluvial Sava

Le SMS Bodrog futur Sava

Le Sava est un monitor anciennement austro-hongrois qui à connu une deuxième carrière sous pavillon yougoslave.

Il est mis en service sous le nom de Bodrog en novembre 1904. Sister-ship du Temes, il tire les premiers obus du premier conflit mondial contre la forteresse défendant Belgrade. En 1918 il est cédé à la marine du royaume des serbes, croates et slovènes même si il n’est remis officiellement en service sous le nom de Sava que le 15 avril 1920.

Modernisé à plusieurs reprises, il participe à la Campagne de Yougoslavie au cours de laquelle il est endommagé à plusieurs reprises. Sabordé par petits fonds il est renfloué par les allemands, réparé puis après un court usage par les allemands cédé à la Légion Navale Croate.

Il va participer à des opérations de nettoyage contre les maquisards royalistes et les partisans communistes et ce jusqu’en septembre 1953 quand il est sabordé par son équipage. Le navire est à nouveau renfloué en avril 1954, remis en état et utilisé par la marine yougoslave jusqu’en 1980 quand il est transformé en navire marchand. Suite à une pétition lancée en Serbie, le navire est racheté en 2015 par le gouvernement serbe qui l’à restauré dans son état initial pour être exposé à Belgrade au cœur d’un grand musée historique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 440 tonnes

Dimensions : longueur 57.7m largeur 9.5m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm pont 25mm bloc-passerelle 75mm tourelles 40mm

Armement : deux canons de 120mm, un obusier de 120mm, deux canons de 37mm

Equipage : 86 officiers et marins

Monitor fluvial Drava

Le SMS Inns sister-ship du SMS Enns futur Drava

Le monitor fluvial Drava est un autre navire anciennement austro-hongrois mis en service sous le nom d’Enns. Mis sur cale aux chantiers navals Schiffswerft de Linz le 21 novembre 1913 il est lancé le 29 juillet 1914 et mis en service le 17 octobre 1914.

Durant le premier conflit mondial il opère sur le Danube et notamment contre la capitale serbe Belgrade.

Après un cours service sous les couleurs de la république populaire hongroise (6 novembre au 8 décembre 1918) il est cédé à la marine yougoslave où il reprend du service sous le nom de Drava.

Il est officiellement remis en service en 1920, modernisé à plusieurs reprises et donc toujours en service en juillet 1949. Victime d’une avarie, il est capturé par les allemands qui après remise en état vont le céder à leur allié croate qui va l’utiliser jusqu’en juin 1952 quand il est coulé par des bombardiers français qui menaient des bombardement sur les aérodromes entourant la capitale serbe. L’épave qui ne gêne pas la navigation n’est relevée qu’en 1961 puis démantelée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 536 tonnes

Dimensions : longueur 60.2m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 1700ch et entrainant deux hélices.

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm ponts 25mm bloc-passerelle et tourelles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, trois obusiers de 120mm, deux canons antiaériens Skoda de 66mm, six mitrailleuses de 8mm

Equipage : 95 officiers et marins

Monitor fluvial Morava

Le SMS Körös futur Moraba bombardant Belgrade durant le premier conflit mondial

Le Morava est le quatrième et dernier monitor fluvial ex-austro-hongrois servant dans la marine royale yougoslave quand les forces de l’Axe attaquent la Yougoslavie ce funeste jour de juillet 1949.

Mis sur cale sous le nom de Körösle 30 mars 1890 lancé le 5 février 1892 et mis en service le 21 avril 1892. Il est transféré à la marine de la république populaire hongroise le 6 novembre 1918 mais pour peu de temps puisque dès le 13 décembre 1918 il est saisi par les alliés et cédé à la Yougoslavie qui le remet en service en 1920 sous le nom de Morava.

En mauvais état en juillet 1949 il servit davantage comme ponton d’artillerie que comme monitor ce qui explique qu’après sa capture il n’à pas été remis en état. Les pièces d’artillerie ont été débarquées et la coque envoyée à la ferraille au printemps 1950.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 448 tonnes

Dimensions : longueur 54m largeur 9m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1200ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 10 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 50mm pont 19mm bloc-passerelle et tourelles 75mm

Armement : deux canons de 120mm, deux canons antiaériens de 66mm et deux mitrailleuses

Equipage : 77 officiers et marins.

NdA ces monitors sont appuyés par deux patrouilleurs et trois remorqueurs fluviaux. On trouve également des pontons et des barges, certaines étant armées.

Sous-Marins

Sous-marins classe Hrabri

Le Hrabri

Les deux sous-marins formant la classe Hrabri sont des sous-marins de conception et de fabrication britannique plus précisément des chantiers navals Vickers-Armstrong implantés sur la rivière Tyne (région de Newcastle).

Baptisé Hrabri (brave, courageux) et Nebojsa (sans peur) ces deux sous-marins lancés en 1927 et mis en service en 1928 dans la marine yougoslave sont basés sur le type L britannique, la construction ayant profité d’éléments rassemblés pour des submersibles de ce type qui n’avaient pas été achevés en l’occurence les HMS L-67 et HMS L-68 (Type L Group III).

Ces sous-marins effectuent plusieurs croisières en Méditerranée faisant par exemple escale à Corfou, à Malte, à Bizerte, Alexandrie et Beyrouth. Le 16 mai 1930, le Nebosja alors en plongée périscopique entre en collision avec un vapeur yougoslave mais heureusement les dégâts sont limités et plus important aucun marin n’est blessé.

Ces deux sous-marins étaient clairement dépassés quand éclate le second conflit mondial. Les marins yougoslaves en était parfaitement conscients mais le temps et les budgets ont manqué pour permettre la commande à l’étranger ou la construction au pays de sous-marins plus modernes.

Le sous-marin Hrabri était en mer quand l’Axe attaque. Il reçoit l’ordre d’attaquer tout navire ennemi qu’il soit civil ou militaire. Il tente à plusieurs reprises d’attaquer les convois italiens mais lors de sa quatrième attaque il est sévèrement endommagé par les escorteurs italiens.

Il parvient miraculeusement à rentrer à Split mais les dégâts sont tels que devant l’avancée des troupes ennemies i lest décidé de le saborder. Le sous-marin sera relevé par les italiens mais devant l’état du submersible, les italiens ne feront rien d’autre que de l’envoyer à la ferraille.

Son sister-ship Nebojsa après plusieurs missions et plusieurs attaques hélas pour lui infructueuses parvient à rallier l’Egypte mais sans être remis en service, servant de but sonar pour entraineur les «oreilles d’or» alliées. Relevé en octobre 1954, il est proposé aux yougoslaves qui le refuse et les britanniques décident de l’envoyer à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 991 tonnes plongée 1183 tonnes

Dimensions : longueur 72.05m largeur 7.32m tirant d’eau en surface 3.96m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 2400ch pour la marche en surface deux moteurs électriques développant 1600ch pour la marche en plongée, deux hélices

Performances : vitesse maximale 15.7 nœuds en surface 10 nœuds en plongée distance franchissable 3800 miles nautiques à 10 nœuds en surface Immersion : 60m

Armement : (origine) deux canons de 102mm, une mitrailleuse, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles (1949) un canon de 102mm, deux canons antiaériens de 20mm, deux mitrailleuses de 7.92mm, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles

Equipage : 45 officiers et marins

Sous-marins classe Ostvenik

Le Ostvenik

Pour compléter les deux sous-marins de classe Hrabri la Yougoslavie passe commande de deux sous-marins de conception française qui vont être construits à Nantes aux Ateliers et Chantiers de la Loire. Ces deux sous-marins inspirés des sous-marins de classe Circé sont baptisés Ostvenik (vengeur) et Smeli (audacieux) et mis en service en 1928/29.

Ces submersibles sont plus petits que leurs confrères britanniques. Ils vont se montrer plus à l’aise en mer Adriatique qu’en Méditerranée, les deux unités de classe Ostvenik fréquentant tout de même la Mare Nostrum en temps de paix pour des croisières diplomatiques.

Le sous-marin Ostvenik participe aux premières opérations du second conflit mondial mais la mutinerie de la flotte l’immobilise, son équipage refusant de rallier les autorités en exil. Son commandant échappe de peu à une exécution sommaire en sautant par dessus bord, disparaissant dans les flots sans que l’on sache si le commandant à pu rallier la terre ou si il s’est noyé.

Capturé par les italiens, il est remorqué à Ancone. Après inspection, il est remis en service sous le nom de Francesco Rimmondo. Il sert de sous-marin d’entrainement puis de ponton-école en raison de problèmes récurrents de propulsion. Il est sabordé à Trieste en janvier 1954 pour embouteiller le port. L’épave est relevée après guerre et démantelée.

Son sister-ship Smeli est capturé par les allemands à Split. Il est cédé aux croates mais ces derniers qui manquent de personnel spécialisé ne peuvent le remettre en service. Il est finalement démoli durant le conflit et l’acier réutilisé pour construire des fortifications de campagne destinées à protéger Split.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 640 tonnes plongée 822 tonnes

Dimensions : longueur 66.5m largeur 5.4m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN de 1480ch deux moteurs électriques Nancy de 1000ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 14.5 nœuds en surface 9.2 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 9 nœuds en plongée 75 miles nautiques à 5 nœuds en plongée Immersion maximale 80m

Armement : six tubes lance-torpilles de 550mm (quatre à la proue, deux à la poupe), un canon de 100mm et un canon de 40mm

Equipage : 43 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (122) Yougoslavie (10)

Navires de surface

Conducteur de flottille Dubrovnik

Le conducteur de flottille (Flottilla Leader) Dubrovnik a été commandé par la marine yougoslave en vue de servir comme navire de commandement au profit de torpilleurs. Il devait être accompagné de deux autres navires identiques mais au final il restera unique.

Belgrade très influencée par la France aurait souhaité commander un navire de ce type auprès de chantiers français mais ce ne fût pas possible et le conducteur de flottille allait être construit en Grande-Bretagne chez les chantiers Yarrow.

Affichant des dimensions comparables à un contre-torpilleur français, le Dubrovnik reprenait une architecture inspirée des derniers conducteurs de flottille produit par les britanniques à la fin du premier conflit mondial.

En ce qui concerne l’armement il était initialement prévu cinq canons de 140mm mais en raison d’un excès de poids dans les hauts la batterie principale fût réduite à quatre pièces. Le poids économisé initialement prévu pour installer une catapulte pour hydravions servit finalement à munir le navire d’une solide DCA.

-Le Dubrovnik est mis sur cale aux chantiers navals Yarrow le 10 juin 1930 lancé le 11 octobre 1931 et mis en service en mai 1932.

Il effectue plusieurs croisières en Méditerranée et en mer Noire. C’est lui qui transporta à Marseille le roi Alexandre 1er lors de cette funeste visite officielle en France.

Modernisé en 1942/43, il est toujours en service en septembre 1948. Il effectue des patrouilles pour faire respecter la neutralité yougoslave non sans mal, plusieurs incidents manquant de dégénérer en guerre ouverte avec l’Italie.

Le 7 juillet 1949 est déclenchée l’opération MARITSA. Le Dubrovnik se trouvait en baie de Kotor. Il se ravitaille en carburant puis appareille dans l’après-midi pour rechercher et détruire tout navire italien ou allemand. Il n’en trouve aucun mais reçoit de rallier la Dalmatie pour appuyer les troupes yougoslaves culbutées par les italiens.

A plusieurs reprises il ouvre le feu avec ses canons de 140mm contre des cibles à terre détruisant par exemple dans la nuit du 8 au 9 juillet un dépôt de munitions et plusieurs citernes à carburant mouillées dans des criques discrètes.

Des tirs contre la terre ont également lieu et le conducteur de flottille revendique la destruction de quatre appareils italiens et deux appareils allemands, destructions non confirmées tant par Rome que par Berlin.

Le 13 juillet 1949 il est endommagé par un chasseur-bombardier allemand, une bombe de 250kg explosant sur l’affût n°3 de 140mm.

Les dégâts sont importants mais pas irréparables. Seulement voilà à Split l’équipage en grande partie croate se mutine et les ouvriers du chantier refusent de réparer.

Le navire va-t-il être saisi intact ? Non puisque quelques officiers et marins parviennent au nez et à la barbe des marins croates ralliés au nouveau régime oustachi parviennent à saborder le navire qui hélas pour eux ne coule qu’en eaux peu profondes.

Les italiens grands spécialistes dans le renflouement des navires parviennent à remettre le navire à flot.

Il est aussitôt réparé par les mêmes ouvriers qui avaient refusé de le remettre en état. Ils ont dû être fort contrits d’apprendre que le conducteur de flottille allait désormais s’appeler Premuda et servir dans la marine italienne.

Utilisé comme patrouilleur et escorteur, il couvre des convois qui appareillaient de Trieste ou de Venise direction Rijeka, Zadar, Split et Kotor, la voie maritime étant plus sure que la voie routière.

Suite au basculement italien dans le camp allié, le Premuda est saisi par les croates qui lui rend son nom d’origine.

Il sert sous son troisième pavillon en quelques années et ce jusqu’au 17 décembre 1953 quand il est surpris par des chasseurs-bombardiers alliés qui placent quatre bombes de 500kg qui transforment l’ancien conducteur de flottille en annexe de l’enfer. L’épave sombre au large de Zadar, l’épave ayant été retrouvée en 1975.

Caractéristiques Techniques

Type : conducteur de flottille

Déplacement : standard 1910 tonnes pleine charge 2439 tonnes

Dimensions : longueur 113.2m largeur 10.67m tirant d’eau 3.58 à 4.1m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow développant 48000ch et entrainant deux hélices. Une turbine Curtiss de 700ch est utilisée pour la marche à la vitesse de croisière

Performances : vitesse maximale 37 nœuds (15 nœuds en croisière) distance franchissable 7000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 140mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), deux canons de 83.5mm PL vz.22 six canons de 40mm Skoda deux mitrailleuses de 15mm ZB-60 six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes axiales, 40 mines, deux lanceurs de charges de profondeur avec 10 grenades ASM

Equipage : 20 officiers et 220 marines

Torpilleurs classe Beograd

Comme nous l’avons vu plus haut la marine royale yougoslave (Kraljevska Jugoslavenska Ratna Mornarica) envisageait de s’équiper d’une force de surface composée de trois conducteurs de flottille associés à des torpilleurs.

La crise de 1929 empêcha l’acquisition de deux autres conducteurs de flottille et de torpilleurs légers mais la KRJM avait toujours besoin de navires de combat de 1ère classe. La décision est finalement prise de commander trois torpilleurs pour compléter l’unique conducteur de flottille.

Ces trois navires baptisés Beograd Zagreb Lubjana sont de conception française, le premier étant construit à Nantes aux ACL (Ateliers et Chantiers de la Loire), les deux derniers aux chantiers navals Brodosplit situés comme son nom l’indique à Split.

Ces navires étaient inspirés de nos torpilleurs d’escadre de première génération (classe Bourrasque et L’Adroit). Leur armement principal était cependant différent, la marine yougoslave choisissant le canon de 120mm Skoda plutôt que le 130mm des torpilleurs d’escadre français. Le reste de l’armement est classique avec de la DCA, six tubes lance-torpilles de 533mm et des mines.

-Le Beograd est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sis à Nantes en 1936 lancé le 23 décembre 1937 et mis en service le 28 avril 1939.

-Le Zagreb est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 30 mars 1938 et mis en service en avril 1939.

-Le Lubjana est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 28 juin 1936 et mis en service en décembre 1939.

En mai 1939 le Beograd transporte une partie de l’or de la Banque de Yougoslavie en Grande-Bretagne et le 24 janvier 1940 le Lubjana s’échoue. Il coule en eaux peu profondes mais peu être renfloué et remis en état.

Ces trois navires sont naturellement toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en juillet 1949 quand l’Axe déclenche l’opération MARITSA. Ces trois navires vont connaître un sort différent.

Le Beograd est légèrement endommagé à plusieurs reprises lors de l’opération MARITSA mais jamais sérieusement.

Il rallie la marine royale libre non sans que son commandant ait du étouffer dans l’oeuf une tentative de mutinerie et ce par la manière forte puisque quatre meneurs furent exécutés après un procès que certains qualifieront d’expéditif.

Réfugié à La Sude, il participe à la campagne de Grèce puis subit des travaux à Alexandrie pour reprendre ensuite la lutte. Il reçoit des radars, un Asdic, sa DCA est renforcée mais il perd un canon de 120mm réduisant sa batterie principale à seulement trois canons de 120mm, canons qui tirent des obus anglais faute d’avoir pu emporter les stocks d’origine.

Il opère en Méditerranée orientale comme patrouilleur et escorteur, assurant parfois le soutien des opérations commandos en ouvrant le feu pour appuyer et couvrir ces unités d’un nouveau genre.

Il à également mené des missions de mouillage de mines pour perturber le trafic maritime de l’Axe entre les différentes iles grecques que l’ennemi occupait et la Grèce continentale.

Survivant au second conflit mondial, le vétéran reste en service dans une marine yougoslave reconstituée mais usé il est désarmé en novembre 1956. Transformé en ponton-école à Kotor, il est finalement démoli en 1975 après avoir coulé suite à une tempête.

Son sister-ship Zagreb est endommagé par des vedettes lance-torpilles italiennes alors qu’il venait d’attaquer un convoi de ravitaillement transalpin.

Une torpille avait emporté l’avant du navire, les travaux s’annonçaient compliqués et aujourd’hui encore on se demande pourquoi le navire n’à pas été remorqué en Grèce pour y être réparé dans un contexte plus serein. Question de fierté nationale sans doute.

Mis au bassin à l’arsenal de Tivat, il est saisi en réparations par les italiens qui vont le remettre en état et en service sous le nom de Dalmatia en juin 1950. Il est utilisé comme patrouilleur et comme escorteur, sécurisant l’accès au canal d’Otrante. Sa carrière se termine brutalement le 9 septembre 1952 quand il est torpillé par le sous-marin britannique HMS Upholder (P37) qui envoie trois torpilles qui envoie le bateau rejoindre Neptune.

Le Lubjana était en grand carénage quand éclate l’opération MARITSA. En dépit des efforts des ouvriers, le navire ne peut reprendre la mer et est capturé par les italiens à Sibenik. Ces derniers vont le céder à l’Etat Indépendant de Croatie qui le remet en service sous le nom de Slavonija.

Après avoir servit de patrouilleur, d’escorteur et de navire d’appui-feu lors d’opérations de nettoyage, Il est coulé par une mine au large de Split le 8 février 1953. Le navire se casse en deux et coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Caractéristiques Techniques

Type : torpilleurs

Déplacement : standard 1210 tonnes pleine charge 1655 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 98m largeur 9.45m tirant d’eau 3.18m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 1000 miles nautiques à 35 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Skoda en affût simples sous masque (deux avant deux arrières), quatre canons de 40mm Skoda en deux affûts doubles, deux mitrailleuses, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, 30 mines

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers classe Split

Les quatre unités de classe Split sont une évolution des Beograd avec un armement plus puissant, un déplacement supérieur mais une vitesse inférieure (33 au lieu de 35 nœuds).

Ils sont de conception yougoslave mais avec les bonnes relations tissées avec les ACL il n’est pas impossible que le bureau d’étude du chantier ligérien ait aidé de manière officieuse le chantier naval Brodosplit qui avait construit les deux sister-ship du Beograd.

-Le Split est mis sur cale le 30 septembre 1939 lancé le 14 juin 1941 et mis en service le 8 septembre 1942.

-Le Podgoritsa est mis sur cale le 20 juin 1940 lancé le 4 janvier 1942 et mis en service le 12 juin 1943.

-L’Osijek est mis sur cale le 30 septembre 1941 lancé le 14 août 1943 et mis en service le 8 février 1945

-Le Sarajevo est mis sur cale le 17 mars 1942 lancé le 4 décembre 1943 et mis en service le 15 mai 1945.

Quand éclate l’opération MARITSA, le Split est déployé au large des côtes de l’Istrie dans l’espoir d’intercepter un convoi italien, des navires transalpins isolés.

Point de tout cela mais ses canons de 120mm Bofors (qui remplaçaient les Skoda que les allemands ne produisaient plus) vont être d’un précieux concours pour soutenir les troupes yougoslaves qui résistaient fermement aux troupes de la 2ème armée italienne.

Dans les jours qui suivent il joue au chat et à la souris avec les navires et les avions ennemis. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Sa chance tourne le 11 juillet quand il est surpris au large de Dubrovnik.

Alors qu’il se repliait vers les bouches de Kotor pour réparations et ravitaillement, il est surpris par huit bombardiers en piqué allemands.

Non pas des Ju-87 mais des Ju-88 qui en dépit d’une DCA furieuse ne lui laisse aucune chance. Deux bombes de 500kg transforment le navire en annexe de l’enfer. Il se casse en deux, coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship Podgoritsa venait d’achever un grand carénage quand l’Axe attaque. Il doit donc reprendre la lutte sans être forcément à 100% de ses capacités.

Le destroyer va assurer la protection des côtes, repoussant plusieurs attaques italiennes tout en appuyant les troupes au sol avec ses obus de 120mm voir sa DCA légère quand des troupes ennemies étaient surprises à découvert à proximité des côtes. Pas besoin d’être un génie pour imaginer l’impact d’un tel traitement.

Endommagé par une bombe allemande, il parvient à rallier La Sude puis Alexandrie où il est remis en état et réparé, la piece II détruite par la bombe étant remplacée par un canon de 120mm britannique.

Comme ce canon ne tirait pas les mêmes projectiles que les trois autres canons cela posait des problèmes logistiques.

Les dits problèmes logistiques ne furent résolus qu’au printemps 1950 quand trois autres canons de 120mm venus de Grande-Bretagne furent envoyés en Egypte pour réarmer ce destroyer, Londres n’ayant pas donné suite à une proposition française de remplacer les canons de 120mm par des canons de 130mm officiellement pour des raisons de poids mais cela semble plus un pretexte qu’autre chose.

Basé à Alexandrie, il rayonnait dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, servant de patrouilleur, d’escorteur et de navire de raid. Il s’illustra le 17 mars 1952 en détruisant avec les destroyers britanniques HMS Icarus et HMS Intrepide un convoi allemand entre l’Attique (région d’Athènes) et les Cyclades occupées par les allemands. Quatre cargos, deux pétroliers et leur escorte furent détruits sans perte côté allié.

Cet événement lui valu d’être célébré par la propagande alliée comme yougoslave qui en faisait un symbole de la lutte pour la libération de la Yougoslavie.

Le reste du conflit son action est plus morne avec moins d’événements spectaculaires. Notons tout de même sa participation à plusieurs raids commandos, ses canons de 120mm ouvrant le feu pour dégager ou couvrir le repli de ces soldats d’un nouveau genre.

Endommagé à plusieurs reprises il est cependant toujours en service en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine en Europe.

Modernisé, il reste en service mais en 1958 il est l’un des premiers navires à rallier les communistes qui finissent par renverser Pierre II qui n’à pu ou n’à su poursuivre la politique d’avant guerre pour préserver son trône.

Le destroyer est endommagé assez sérieusement par l’aviation encore fidèle au roi ce qui explique peut être pourquoi le Pogoritsa est désarmé en juin 1959 puis démoli.

L’Osijek se rallie aux nouvelles autorités croates lors de la mutinerie du 16 juillet 1949. Il devient navire-amiral de la Légion Navale Croate, menant des missions d’escorte et de patrouille. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Sa chance tourne le 1er décembre 1953 quand il est sérieusement endommagé par l’aviation libre yougoslave. Il parvient miraculeusement à Kotor pour réparations mais devant l’avancée des troupes alliées, le destroyer qui avait été privé de tout armement est sortit du bassin pour bloquer l’accès à l’Arsenal de Tivat. L’épave est relevée au printemps 1955 et démantelée.

Le Sarajevo participe à la défense de la Yougoslavie, étant endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Replié sur la Grèce il participe à la défense du pays des hellènes ce qui lui vaudra les remerciements du gouvernement grec et plusieurs décorations.

Replié sur Alexandrie, il est immobilisé pour travaux jusqu’en mars 1950 quand il reprend la lutte, opérant depuis La Sude pour sécuriser des convois amenant des renforts en hommes et en matériel en direction du Péloponnèse alors occupé par les italiens. Il mène aussi des raids de recherche et de destruction ainsi que des missions de bombardement littoral.

Endommagé à plusieurs reprises il est coulé le 9 mai 1953. Ce jour là opérant au large de Corfou il fait détonner une mine allemande qui le coupe littéralement en deux. L’avant coule rapidement mais l’arrière dérive permettant à l’équipage d’évacuer avant qu’elle ne soit détruite par l’aviation alliée.

Caractéristiques Techniques

Type : destroyers

Déplacement : standard 2350 tonnes pleine charge 2900 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 112.50m largeur 11.25m tirant d’eau 4.20m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 55000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 20 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Bofors en affûts simples sous masque, dix canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles, huit mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss en quatre affûts doubles (puis quatre canons de 20mm), six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage avec vingt-quatre projectiles ou deux rails de mouillage avec 36 mines

Equipage : 157 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Avant-propos

La marine royale yougoslave ne pouvait passer à côté des vedettes lance-torpilles tant sa géographie se prétait à son utilisation. Seize vedettes de ce type sont ainsi en service en juillet 1949, une flotte hétérogène avec des unités modernes et efficaces et d’autres qui l’était un peu moins.

On trouve deux vedettes type Uskok de conception et de fabrication britanniques, huit vedettes de classe Orjen de conception et de fabrication allemande et six de fabrication yougoslave qui pour faire simple sont une synthèse des deux modèles précédents.

Ces seize vedettes sont répartis en deux flottilles de huit, la première regroupant les huit vedettes allemandes, la deuxième les deux Uskok et les six vedettes lance-torpilles de classe Otok.

Sur les seize vedettes lance-torpilles en service en septembre 1948, neuf sont coulées tandis que sept parviennent à se réfugier tant bien que mal à Corfou.

Le gouvernement yougoslave en exil tente de trouver une solution pour leur permettre de se replier sur la Crète puis l’Egypte mais doit très vite se rendre à l’évidence que c’est mission impossible et en février 1950 peu avant l’évacuation de l’île par les troupes grecques, ordre est donné de sabordé ces vedettes dont les épaves ont été retrouvées en 1972.

Elles seront remplacées par des vedettes de conception et de fabrication britanniques livrées à la marine royale yougoslave libre en 1950, vedettes formant la classe Sloboda (Liberté).

Classe Uskok

Les deux vedettes de classe Uskok sont donc des vedettes de conception et de fabrication britannique, œuvres de la société Thornycroft qui s’appuya sur un modèle existant à savoir une vedette à moteur de 17m de long (17-metre-long Coastal Motor Boat [CMB]).

Les deux navires sont initialement baptisés TC-1 et TC-2 puis sont rebaptisées respectivement Uskok et Cetnik.

Bien que usées et anciennes elles sont toujours en service en juillet 1949. Basées à Split elles sont détruites par l’aviation italienne lors d’un bombardement aérien exécuté le 9 juillet 1949. Les épaves reposent toujours au fond du port.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 15 tonnes

Dimensions : longueur 16.77m largeur 3.35m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux moteurs essence Thornycroft de 375ch chacun entrainant deux hélices. Un moteur auxiliaire pour la navigation de croisière

Vitesse maximale : 37 nœuds (40 nœuds atteint aux essais)

Armement : deux mitraileluses Lewis de 7.7mm, deux torpilles de 457mm en tubes et quatre charges de profondeur.

Equipage : cinq hommes

Classe Orjen

Le Velebit

Les huit vedettes lance-torpilles de classe Orjen sont des vedettes de conception et de fabrication allemandes puisqu’elles ont été construites aux chantiers navals Lürssen implantés à Vegesack.

Les huit navires sont toujours en service en juillet 1949 (Orjen Durmitor Suvobor Kajmakčalan Velebit Dinara Rudnik et Triglav).

Quatre d’entre-elles sont coulées durant l’opération MARITSA (Orjen par une vedette italienne, Suvobor par l’aviation, le Velebit par l’artillerie italienne tout comme la Triglav). Les quatre dernières se réfugient à Corfou où on tente de les extirper mais sans succès ce qui impose leur sabordage dans le port grec.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 61.7 tonnes

Dimensions : longueur 28m largeur 4.3m tirant d’eau 1.51m

Propulsion : trois moteurs essence développant une puissance totale de 3300ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale : 31 nœuds

Armement : un canon de 40mm et deux torpilles de 550mm

Equipage : 16 officiers et marins

Classe Otok

Pour compléter les dix vedettes lance-torpilles en service en septembre 1939, la marine yougoslave souhaitait initialement construire vingt-deux vedettes lance-torpilles pour porter sa force à trente-deux navires. Le manque de budget et d’autres priorités réduisirent la commande à seulement six navires.

Vedettes de conception yougoslaves, les unités de la classe Otok pouvaient être considérés comme une synthèse des deux premières en essayant de prendre le meilleur des deux.

Ces navires sont plus gros, plus puissants et mieux armées. Elles ont été baptisées du nom d’îles de Yougoslavie (plus précisément de Croatie) en l’occurence Krk, Korcula, Brac,Losinj,Vis et Pasman.

Mises en service en 1944 et 1945, ces navires vont tenter de perturber la navigation italienne dès le début de l’opération MARITSA.

Quelques coups heureux sont enregistrés mais hélas pour les yougoslaves cela ne sera que de simples piqures d’épingle qui ne vont pas changer le cours des choses.

Trois vedettes lance-torpilles sont coulées durant cette Campagne de Yougoslavie en l’occurence la Krk lors d’une collision avec un chalutier, le Brac par l’aviation allemande et le Pasman par un canon italien de 90mm chargé d’assurer la défense côtière.

Les autres vedettes parviennent à s’échapper vers le sud se réfugiant à Corfou où faute de pouvoir être évacuées elles doivent être sabordées peu avant l’évacuation de Corfou par les troupes grecques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 70 tonnes

Dimensions : longueur 34.50m largeur 5.2m tirant d’eau 1.90m

Motorisation : trois moteurs essence dévellopant 4500ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale 35 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Breda, deux mitrailleuses de 7.92mm, deux torpilles de 550mm

Equipage : vingt-quatre officiers et marins

Vedettes lance-torpilles classe Sloboda

Des Fairmile D au port

Si les vedettes lance-torpilles ont été sabordées à Corfou car difficilement évacuables les équipages ont réussi à rallier la Crète puis l’Egypte. La présence de ces marins permet à la Yougoslavie d’obtenir des vedettes lance-torpilles de la part des britanniques.

Ces vedettes sont livrées en mars 1950 à Alexandrie démontées et réassemblées dans la base egyptienne. Ils sont mises en service en septembre 1950 et sont une évolution des Fairmile D avec des moteurs plus puissants notamment.

Six vedettes sont mises en service mais au total douze ont été livrées, les six autres étant conservées au sec en volant de fonctionnement.

Elles sont baptisées Sloboda (Liberté), Zemlja (Patrie), Bratstvo (Fraternité), Jednakost (Egalité), Kraljevski (Royauté) et Narod (Nation).

Après un entrainement intensif auprès d’unités britanniques, les vedettes lance-torpilles yougoslaves sont transférées en Crète pour opérer en mer Ionienne contre la navigation de l’Axe.

Outre ce type de mission d’attaque les vedettes yougoslaves étaient aussi utilisées pour infiltrer agents et commandos sur les îles occupées par l’Axe.

Sur les douze vedettes lance-torpilles livrées par les britanniques, quatre ont été détruites au combat, les huit autres survivants au conflit portant les six noms cités plus haut ainsi que deux nouveaux noms choisis au cours du conflit à savoir Mucenik (martyr) et Osveta (vengeance).

Ces huit vedettes lance-torpilles rentrent naturellement au pays et sont réutilisés par la marine royale yougoslave. La flotte est réduite rapidement à quatre exemplaires, les Sloboda Bratstvo Jednakost Narod qui étaient encore en service en 1958 quand la Yougoslavie devient communiste.

Ces navires étaient à l’époque en fin de carrière et conservent leurs noms jusqu’à leur désarmement survenu entre 1962 et 1964.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 104 tonnes pleine charge 120 tonnes

Dimensions : longueur 35m largeur 6.35m tirant d’eau 1.50m

Propulsion : quatre moteurs essence Packard 4M 2550 dévellopant 5750ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable 506 miles nautiques à 30 nœuds 2500 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 40mm Bofors, quatre canons de 20mm Oerlikon (un affût double et deux affûts simples), quatre mitrailleuses de 7.7mm en affûts doubles, quatre torpilles de 533mm

Equipage : 21 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (120) Yougoslavie (8)

MARINE ROYALE YOUGOSLAVE

Historique

La Kaiserliche und Koningliche Kriegsmarine (La marine de guerre impériale et royale)

Certains vont me dire pourquoi diable parler de la marine impériale et royale, de la marine austro-hongroise. Tout simplement parce que la majorité des marins de la KüK Kriegsmarine étaient croates et que les premiers marins, les premiers officiers mariniers et les premiers officiers de la marine royale yougoslave avaient fait leurs classes sur des navires austro-hongrois.

Naturellement je ne vais rentrer dans les détails, je vais simplement présenter rapidement cette marine qui comme la Kaiserliche Marine a disparu dans les tourments du premier conflit mondial.

Si la marine austro-hongroise est apparue en 1867 au moment du compromis austro-hongrois qui transforma l’Empire d’Autriche en Empire d’Autriche-Hongrie elle n’est pas une génération spontanée.

En effet elle succède à la marine impériale autrichienne créée en 1786 par Joseph II après plusieurs timides tentatives passées pour faire de la Maison d’Autriche une puissance maritime. Même après cette création l’investissement fût timide. En 1797, les moyens navals de la République de Venise sont absorbés par l’Autriche.

Après un coup d’arrêt à l’époque des conquêtes napoléoniennes, la marine impériale autrichienne reprend un dévellopement timide avec moins la construction de grandes escadres que des expéditions scientifiques et de découverte.

En 1817 et 1835, la marine impériale autrichienne organise des expéditions au Brésil mais aussi en Chine entre 1820 et 1822. Ils interviennent pour des missions anti-piraterie au Levant (1826 et 1827) et au Maroc (1829).

Il faut attendre 1848 pour que la marine autrichienne connaisse un coup de fouet. Brusque illumination comme Saint-Paul sur le chemin de Damas ? Que nenni, il s’agissait de faire face à l’unité italienne prochaine qui rendait le contrôle de l’Adriatique plus difficile pour l’empire d’Autriche.

Entre 1854 et 1861 le frère de François-Joseph, Ferdinand Maximilien tente de réformer et d’améliorer les capacités de la marine impériale autrichienne. De nouveaux navires sont construits y compris à vapeur, des infrastructures sont construites à Pola, Venise et Trieste.

Les carences restent cependant nombreuses et durant la guerre d’Italie en 1859 la marine impériale française _l’une des plus belles de notre histoire_ parvient à bloquer son homologue autrichienne dans ses ports ce qui l’empêche de jouer un rôle dans le conflit.

Entre 1860 et 1862, la marine impériale autrichienne et la marine royale italienne se lancent à leur échelle une course aux armements pour le contrôle de l’Adriatique.

En 1866 si sur terre contre la Prusse, l’Autriche est vaincue à Sadowa (mais vainqueur contre l’Italie à Custoza), sur mer elle est gagnante avec la splendide victoire de Lissa (20 juillet 1866) où des navires autrichiens plus anciens que les navires italiens l’emportent à la fois à cause d’un commandement italien en dessous de tout (et des jalousies entre commandants) et surtout grâce à un génial tacticien, Wilhelm von Tegetthoff. Ce dernier décède dès 1871 ce qui prive la marine autrichienne devenue austro-hongroise d’un chef de très grande valeur.

Wilhelm von Tegetthoff

En 1867 la marine impériale autrichienne devient donc la marine impériale et royale. Elle s’appui sur des bases situées principalement dans l’actuelle Croatie avec naturellement un recrutement local et donc slovène et croate.

Des expéditions extérieures sont menées à la fin du XIXème siècle notamment en Crète en 1896 et en Chine en 1900/01 quand la révolte des Boxers oblige les puissances occidentales et le Japon à envoyer des troupes pour sauver les légations assiégées par les Boxers et l’armée chinoise.

En août 1914 quand éclate le premier conflit mondial, la marine austro-hongroise est une marine de deuxième classe avec certes treize cuirassés mais seulement quatre modernes de classe Tegetthoff (un des quatre est encore en construction), douze croiseurs, quarante-huit destroyers et torpilleurs ainsi que huit sous-marins.

Le SMS Tegetthoff

Avec de tels moyens plus une géographie contraignante on comprend le choix d’une stratégie passive, celle d’une Flotte en Attente ou Fleet-in-Being. Les cuirassés acquièrent très vite des aussières en béton, laissant les croiseurs, les destroyers, les torpilleurs et les sous-marins attaquer les unités alliées bloquant le canal d’Otrante. Une véritable guérilla navale oppose les alliés aux austro-hongrois même si les opérations n’ont pas atteint le niveau d’intensité sur d’autres théâtres d’opérations.

Le 30 octobre 1918 pour éviter de livrer sa flotte aux alliés, l’empereur Charles 1er la transfère au Conseil du Peuple du nouvel Etat des slovènes, croates et serbes. Ce transfert ne sera pas reconnu par les alliés qui se partageront la flotte. Si les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se contenteront d’envoyer leur part à la ferraille, les français et les italiens remettront en service des navires pour compenser les carences et permettre le désarmement des navires très usés.

Création et évolution de la Kraljevska mornarica

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 1918, le cuirassé SMS Viribus Unitis est attaqué par des plongeurs italiens qui placent une mine sous la flottaison. L’explosion provoque son naufrage provoquant la mort de plus de 400 morts. Cette action italienne fait suite au transfert de la Kük Kriegsmarine par l’empereur Charles 1er au Conseil du Peuple du nouvel Etat des slovènes, croates et serbes.

L’armistice de Villa-Giusti signé le 3 novembre 1918 impose la livraison de la flotte aux alliés, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis aiguillonnés par les italiens ne reconnaissant pas le transfert effectué par le deuxième et dernier empereur austro-hongrois.

Le 1er décembre 1918 c’est l’acte de naissance du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Un ministère de l’Armée et de la Marine est créé. En janvier 1919 dans les ports yougoslaves on trouve encore trente-cinq navires militaires austro-hongrois avec 600 marins mais ces navires ne sont pas vraiment opérationnels.

Le Conseil National de l’Etat des Serbes, des Croates et des Slovènes qui gère la transition avec les nouvelles autorités yougoslaves dissous la Commission Navale et créé un Département de la Marine qui dépend du ministère cité plus haut.

Problème le futur royaume de Yougoslavie ne possède aucun navire puisque les italiens qui occupent une partie de la Dalmatie dans l’espoir de les occuper définitivement (conformément aux promesses ayant favorisé leur entrée en guerre) ont débarqué de force les marins yougoslaves présents à bord des navires.

Le sort final des navires austro-hongrois est décidé à la Conférence de Paix de Paris. Si l’Italie récupère la majeure partie de la flotte, elle ne peut récupérer tous les territoires espérés, toutes les «terres irrédentes».

Si les italiens ont gagné sur le plan naval, c’est que les yougoslaves ont fait preuve d’une très grande maladresse en ayant des ambitions totalement démesurées.

Pensez-donc Belgrade espérait pouvoir récupérer quatre croiseurs, dix-sept destroyers, vingt-sept torpilleurs et vingt sous-marins ! Même en réduisant ces objectifs au printemps 1920 dans l’espoir d’arracher un accord de dernière minute (deux croiseurs, six destroyers, vingt-quatre torpilleurs et quatre sous-marins) elle se heurte à une fin de non-recevoir de la part des alliés.

En octobre 1920 le Traité de Saint-Germain-en-Laye officialise le partage de la défunte marine austro-hongroise. Comme on pouvait s’y attendre Belgrade ne reçoit que la portion congrue en l’occurence les navires suivants :

-Le cuirassé garde-côtes type pré-dreadnought Kronprinz Erzherzog Rudolf

-Huit torpilleurs de 250 tonnes

-Quatre torpilleurs de classe Kaiman

-Le navire-atelier Cyclop

-Les citernes d’eau Najade et Nisce

-Le navire de sauvetage Gigant

-Trois remorqueurs

-Yacht Dalmat

-Quatre barges

-Quatre monitors fluviaux

-Une vedette à moteur

-Trois remorqueurs de rivière et seize tenders

Ces navires que Belgrade prend officiellement en main en mars 1921 sont pour la plupart anciens et/ou usés. Rien donc qui ne permettrait au nouvel état de menacer la prépondérace navale italenne en Adriatique.

Les effectifs sont alors de 124 officiers et de 3000 officiers et mariniers. Tous sont naturellement issus de l’ancienne marine austro-hongroise (qui récrutait principalement parmi les croates et les slovènes. Toutes les nationalités étaient représentées à l’exception des italiens jugés trop peu fiables pour des raisons évidentes) mais cela ne suffit pas à armer tous les navires.

De nouvelles écoles sont donc créés pour former de nouveaux marins, de nouveaux officiers mariniers et de nouveaux officiers.

Une académie navale est créée en 1923 à Grüz près de Dubrovnik. Deux écoles pour officiers mariniers sont créés, à Sibenik pour le personnel navigant et à Kimbor pour les «bouchons gras» (les mécaniciens de marine).

Sibenik accueille également une école de formation aux transmissions ainsi que l’école de formation de base pour les futurs marins.

Une école de formation à la guerre des mines et à l’attaque à la torpilles est créée à Denovic qui va également accueillir l’Ecole de formation de l’aviation navale. Une école d’application de l’artillerie voit le jour à Melpine en baie de Kotor.

En septembre 1923 la marine est réorganisée avec trois branches : Flotte, Flottille fluviale et Aviation Navale. Un commandement naval s’installe à Zemun près de Belgrade.

Quand se termine l’année 1923 la marine yougoslave dispose de huit torpilleurs de 250 tonnes, quatre torpilleurs de classe Kaiman, six mouilleurs de mines de classe Galeb, quatre dragueurs de mines de classe Schichau, le transport d’eau Perun (ex-navire atelier Cyclop), les yacht Vila et Lada, le navire-école Vila Velebit, le navire de sauvetage Mocni et quatre remorqueurs.

Le cuirassé garde-côtes Kumbor à été vendu à la démolition dès 1922 suivis en 1924 de trois dragueurs et quatre pontons. En revanche les quatre monitors fluviaux restent en service soutenus par deux patrouilleurs et trois remorqueurs.

En ce qui concerne les bases, la marine yougoslave récupère bien entendu les infrastructures de feu la marine austro-hongroise mais développe très vite ses propres installations notamment en aménageant un arsenal bien équipé à Tivat en baie de Kotor. Ce site assure l’entretien de la majeure partie des navires en liaison avec d’autres sites en Istrie et en Dalmatie. A noter que l’entretien des navires fluviaux se fait essentiellement à Novi Sad.

La marine ne bénéficie pas d’une très grande priorité. Il faut dire que l’armée yougoslave est dominée par les serbes qui ne possédant pas de marine avant 1914 sont peu au courant des spécificités navales et militaires. Une Ligue de la Marine est créée pour faire un travail d’influence (auprès des autorités) et d’information/éducation (auprès du grand public).

Les budgets sont très limités ce qui restreint non seulement les constructions neuves mais aussi et ce qui est plus problématique l’entrainement et la formation.

La fin des années vingt est marqué par l’acquisition de navires souvent de seconde main comme le croiseur léger allemand Niobe qui devient le Dalmacija ou encore quatre sous-marins, deux de conception britannique et deux de conception française.

Des navires légers comme des vedettes lance-torpilles sont également acquis ainsi qu’un certain nombre d’auxiliaires. A la même époque de nombreux navires hérités de la Double-Monarchie sont envoyés à la casse.

En 1928 l’Ecole de l’Aviation navale quitte Denovici direction Divulje près de Split. C’est également à cette époque qu’un bâtiment-base d’aviation, le Zmaj est acquis.

En dépit de budgets contraints, plusieurs croisières sont organisées en Méditerranée orientale et en mer Noire ce qui permet d’aguerrir les marins yougoslaves.

Le Dalmacija

Quand les années 1920 se terminent, la marine yougoslave dispose du Dalmacija, de huit torpilleurs de 250 tonnes, de deux vedettes classe Uskok, de quatre sous-marins, de six mouilleurs de mines de classe Galeb, un dragueur de mines, le bâtiment-base de sous-marins Hvar, le navire-école Sitnica, les yachts Vila et Lada plus cinq remorqueurs.

La flottille fluviale comprend quatre monitors et un navire-auxiliaire, le Sbrija. Les effectifs comprennent 256 officiers et 2000 marins plus 164 officiers et 570 marins en réserve. Un peu moins de la moitié des officiers ont servi dans la marine austro-hongroise.

En ce qui concerne l’aviation navale elle comprend à l’orée des années trente environ 1000 hommes dont 80 officiers avec environ 120 appareils.

Le Dubrovnik

En 1931, la marine yougoslave met en service le Dubrovnik, un conducteur de flottille (flottilla leader) qui doit opérer avec des torpilleurs. Deux autres navires identiques devaient suivre mais la crise de 1929 ne permettra pas leur commande.

L’un des points faibles de la marine française en 1939 était le faible rayon d’action des navires de combat conçus pour une stratégie méditerranéenne. Les navires yougoslaves qui devaient principalement (pour ne pas dire exclusivement) opérer en Adriatique auraient pu être des navires rapides, puissants mais aux jambes courtes mais Belgrade qui souhaite pouvoir opérer aux côtés des français et des britanniques veillent à disposer de navires endurants capables de franchir le canal d’Otrante et d’opérer en Méditerranée.

En dépit de la crise de nouveaux navires sont mis en service (mouilleurs de mines classe Malinska par exemple) et l’aviation navale connait une certaine décrue de ses moyens avec seulement 72 appareils de combat répartis en quatre squadrons de bombardement et deux de reconnaissance, squadrons répartis entre les bases de Divulje et de Denovici.

En 1934 les effectifs sont un peu inférieurs à 7000 hommes (517 officiers et 6461 marins). La même année la décision est prise d’acquérir trois destroyers pour pouvoir opérer avec le Dubrovnik.

Le Beograd

Ces navires seront mis en service en 1939, le Beograd construit par les ACL (Ateliers et Chantiers de la Loire) à Nantes (NdA la plus belle ville du monde) et deux sister-ships Zagreb et Lubjana construits par Brodosplit à Split.

En 1937 le commandement naval est rebaptisé état-major naval. Une Ecole Navale d’Etat-Major (l’équivalent d’une Ecole supérieure de guerre) est mise sur pied à Dubrovnik.

En 1938 les effectifs ont encore augmenté avec 611 officiers et 8562 marins. L’année suivante un nouveau destroyer baptisé Split est mis sur cale, navire qui sera achevé et mis en service en 1942.

Il sera suivit de trois sister-ship baptisés Podgoritsa, Osijek et Sarajevo ce qui donnera une marine yougoslave cohérente avec huit destroyers ce qui peut présenter une menace sérieuse pour les lignes de communication italiennes. Cela aurait pour conséquence de retarder l’acquisition de nouveaux sous-marins et quand la décision et le budget seront là c’est le temps qui fera défaut.

Le Hrabri

Durant la Pax Armada la marine yougoslave construira quelques navires aux côtés des destroyers de classe Split mais les budgets manqueront pour construire des sous-marins (le type III un temps étudié ne sera pas commandé) et pour augmenter la force de vedettes lance-torpilles.

L’aviation navale est modernisée mais le rêve d’un porte-avions esquissé par certains officiers de marine yougoslave suite à la visite du Joffre en 1944 ne se concretisera jamais si tant est que la question à été sérieusement étudiée.

Clairement en septembre 1948 si la Kraljevska Mornarica ne peut contester le contrôle de l’Adriatique par l’Italie, elle peut poser un certain nombre de problèmes ce qui obligera la Regia Marina a déployé des moyens plus importants qu’initialement prévus ce qui fait dire à certains historiens qu’un engagement important des marines françaises et britanniques aurait pu sérieusement déstabiliser l’Italie mais c’est peut être allé un peu vite en besogne.

URSS (33) Sous-Marins (1)

SOUS-MARINS

Shchuka class submarine.jpg

Sous-Marins type Sch 

Avant-propos

Le sous-marin ou plutôt le torpilleur submersible apparaît à la fin du XIXème siècle sous l’impulsion notamment de deux pionniers, Maxime Laubeuf en France et John Holland aux Etats.

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20-Ordre de bataille et Programme de guerre (5)

Navires auxiliaires

Quand le second conflit mondial éclate, la marine nationale dispose du train d’escadre suivant :

-Pétroliers-caboteurs Aube (Méditerranée) Nièvre (Toulon) L’Ardèche (Beyrouth) Le Blavet (Dunkerque) La Lèze (Brest)

-Pétroliers Le Loing (Antilles) Mékong (Bizerte) Niger (Indochine) Elorn (Toulon) Le Var (Brest) Sèvre (Toulon)

-Ravitailleurs Rapides L’Adour (Toulon) Lot (Brest) Tarn (Mers-El-Kébir) La Charente (Brest), La Mayenne (Bizerte), La Baïse (Mers-El-Kébir)

-Pétroliers ravitailleurs d’escadre La Seine (Brest) La Saône (Toulon) La Medjerda (basée à Mers-El-Kébir mais en carénage à Bizerte) Le Liamone (Toulon) Le Rhône (Indochine) et La Garonne (Diego-Suarez)

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne (Brest) + L’Atlantide en construction à La Ciotat.

-Ravitailleurs d’hydravions Sans Souci (Brest) Sans Peur (Toulon) Sans Pareil (Bizerte) et Sans Reproche (basé à Mers-El-Kébir déployé à Porto Vecchio)

-Cargos rapides Mers-El-Kébir (Brest) L’Oran (basé à Bizerte mais est à Toulon) Sidi-Bel-Abbès (Toulon), Tlemcen (Toulon) Mostaganem (Brest), Chelif (en construction)

-Transport littoral Golo (Bizerte)

A cela s’ajoute d’autres auxiliaires comme le mouilleur de filets Gladiateurs et les indispensables remorqueurs et gabares.

Comme en septembre 1939, la MarMar, la marine marchande est mise à contribution pour renforcer les moyens de la marine nationale. Si une grande partie des navires sont utilisés comme en temps de paix pour leur mission originale de transport, certains navires vont recevoir des missions plus militaires.

C’est ainsi que les paquebots et autres paquebots-ferry sont transformés en transport de troupes, en navires-hôpitaux ou en croiseurs auxiliaires tout comme le sont certains cargos.

Cependant la marine estime que cela ne suffit pas et décide de commander deux navires-ateliers qui sont une déclinaison des cargos rapides de type Oranie et deux pétroliers rapides type La Seine destinés à compenser les pertes éventuelles. Si les deux premiers navires sont baptisés Vulcain et Héphaïstos, les deux nouveaux PRE sont baptisés La Dordogne et La Durance.

Bilan

Au final, le programme de guerre de janvier 1949 autorise la construction de deux cuirassés de 47000 tonnes de deux porte-avions légers de 16000 tonnes, de neuf croiseurs légers de 8500 tonnes, de huit escorteurs d’escadre de 3500 tonnes, de seize escorteurs rapides de 1300 tonnes, de douze patrouilleurs anti-sous-marins de 700 tonnes, de vingt-quatre sous-marins de 900 tonnes, de deux navires-ateliers de 8000 tonnes et de deux PRE de 9000 tonnes, ces soixante dix-sept navires représentant 315300 tonnes de constructions neuves.

Planning des constructions du programme de guerre

Cuirassés

-Le Languedoc est mis sur cale à l’Arsenal de Brest (forme n°11) le 14 mai 1948 lancé le 23 mars 1950 et mis en service au printemps 1951.

-Le Moselle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 15 août 1948 lancé le 4 septembre 1950 et mis en service en octobre 1951

Porte-avions légers

-Le Guillaume le Conquérant est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 12 avril 1949 lancé le 14 septembre 1950 et mis en service le 2 janvier 1951

-Le Henri Plantagênet est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 5 mai 1949 lancé le 2 octobre 1950 et mis en service le 12 janvier 1951

Croiseurs légers

La commande de neuf croiseurs légers à pu paraître à certains comme surdimensionnée mais la marine craignait d’importantes pertes en croiseurs sous les coups des sous-marins et de l’aviation ennemie.

Dès le mois de mars 1949, la marine revoit ses priorités et décide de fractionner sa commande de neuf croiseurs en trois ségments de trois navires.

-Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient mis sur cale le 12 février 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 3 octobre 1950

-Le Duquesne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 12 mai 1949 lancé le 6 novembre 1950 et mis en service en février 1951

-Le Phillipe Auguste est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis à Bordeaux le 8 mars 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service en mars 1951

Les pertes en croiseurs s’étant révélés plus faibles que prévues, la construction des six autres non encore baptisés est suspendue en mars 1951.

Escorteurs d’escadre

Si les croiseurs légers ne sont pas prioritaires, cela est bien différent pour les escorteurs d’escadre qui sont jugés ultra-prioritaires.

-Le Surcouf est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 12 février 1949 lancé le 8 septembre 1949 et mis en service le 7 janvier 1950.

-Le Kersaint  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 2 mars 1949 lancé le 12 octobre 1949 et mis en service le 4 février 1950

-Le Bouvet est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 12 mars 1949 lancé le 2 novembre 1949 et mis en service le 4 avril 1950

-Le Dupetit-Thouars est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 8 mai 1949 lancé le 7 janvier 1950 et mis en service le 9 juin 1950

-L’D’Estrées est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) au Havre le 8 avril 1949 lancé le 17 février 1950 et mis en service le 30 juin 1950

-Le Du Chayla est mis sur cale aux ACSM du Trait le 8 mars 1949 lancé le 2 février 1950 et mis en service le 7 septembre 1950

-Le Duperré est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 8 juin 1949 lancé le 12 mars 1950 et mis en service le 12 décembre 1950

-Le Forbin est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 12 septembre 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 12 février 1951

Escorteurs rapides

Les seize escorteurs rapides (ex NLC) doivent être capables à la fois de remplacer un torpilleur d’escadre mais également un escorteur, être capables de mener une attaque à la torpille et offrir une escorte musclée aux convois. Ces seize navires dont la construction est confiée aux chantiers privés reprennent les noms des torpilleurs d’escadre type Bourrasque et L’Adroit.

-Le Bourrasque est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 8 février 1949 lancé le 23 décembre 1949 et mis en service le 15 avril 1950

-L’Adroit  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 12 mars 1949 lancé le 27 janvier 1950 et mis en service le 8 juillet 1950

-Le Fougueux  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 4 avril 1949 lancé le 12 janvier 1950 et mis en service le 8 juillet 1950

-Le Foudroyant est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes le 12 mai 1949 lancé le 23 février 1950 et mis en service le 12 août 1950

-Le Frondeur  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes le 21 mai 1949 lancé le 7 mars 1950 et mis en service le 12 août 1950

-L’Ouragan  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 8 mars 1949 lancé le 3 janvier 1950 et mis en service le 15 mai 1950

-L’Orage est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 8 mars 1949 lancé le 3 janvier 1950 et mis en service le 15 mai 1950

-Le Cyclone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Gironde à Bordeaux le 8 juillet 1949 lancé le 17 juin 1950 et mis en service le 8 décembre 1950

-Le Siroco est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Gironde à Bordeaux le 15 juin 1948 lancé le 21 juillet 1949 et mis en service le 8 mars 1950

-Le Mistral est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc le 8 avril 1949 lancé le 12 décembre 1949 et mis en service le 8 mars 1950

-La Palme est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 12 avril 1949 lancé le 14 décembre 1949 et mis en service le 15 mars 1950

-Le Mars est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 7 mai 1949 lancé le 5 janvier 1950 et mis en service le 3 mai 1950

-Le Tempête est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 21 avril 1949 lancé le 8 mai 1950 et mis en service le 2 décembre 1950

-La Tramontane  est mis sur cale Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 30 avril 1949 lancé le 21 mai 1950 et mis en service le 4 janvier 1951

-Le Typhon est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer le 8 septembre 1949 lancé le 12 août 1950 et mis en service le 8 mars 1951

-La Tornade est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de la Seyne sur Mer le 12 octobre 1949 lancé le 21 septembre 1950 et mis en service le 12 mai 1951

Seize navires vont donc être mis en service avril 1950 et mai 1951. Formant quatre DER (Division d’Escorteurs Rapides), ils vont assurer à la fois des missions d’escorte et des missions d’attaque, complétant/remplaçant les torpilleurs légers.

Patrouilleurs ASM

Douze patrouilleurs de 700 tonnes sont commandés en février 1949 pour renforcer les capacités de chasse aux submersibles de la marine nationale. Ils sont commandés aux Chantiers Auguste Normand du Havre (quatre navires) , aux Chantiers Navals Français (CNF) à Caen (quatre navires), à l’Arsenal de Lorient (deux) et aux Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes (deux)

-Le Patrouilleur Guêpe est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 2 mars 1949 lancé le 12 novembre 1949 et mis en service le 8 février 1950
-Le Patrouilleur Mouche est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 8 avril 1949 lancé le 2 novembre 1949 et mis en service le 11 février 1950

-Le Patrouilleur Araignée est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 12 mai 1949 lancé le 7 décembre 1949 et mis en service le 2 mars 1950

-Le Patrouilleur Bourdon est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 7 juin 1949 lancé le 8 février 1950 et mis en service le 12 mai 1950

-Le Patrouilleur Libellule est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 18 novembre 1949 lancé le 21 juin 1950 et mis en service le 2 septembre 1950

-Le Patrouilleur Frelon est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 8 décembre 1949 lancé le 17 juillet 1950 et mis en service le 8 septembre 1950

-Le Patrouilleur Scorpion est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 6 janvier 1950 lancé le 14 juillet 1950 et mis en service le 3 octobre 1950

-Le Patrouilleur Moustique est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 15 février 1950 lancé le 5 janvier 1951 et mis en service le 8 mai 1951

-Le Patrouilleur Abeille est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 17 mars 1950 lancé le 21 décembre 1950 et mis en service en février 1951

-Le Patrouilleur Coléoptère est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 21 juin 1950 lancé le 12 février 1951 et mis en service le 6 juin 1951
-Le Patrouilleur Criquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 21 mars 1951 lancé le 27 décembre 1951 et mis en service le 6 mai 1952

-Le Patrouilleur Sauterelle  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 3 avril 1951 lancé le 30 décembre 1951 et mis en service le 8 avril 1952

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 700 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 60m largeur 9m tirant d’eau 3.50m

Propulsion : quatre moteurs diesels de 5000ch entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 18 noeuds distance franchissable : nc

Armement : un canon de 100mm à l’avant, quatre canons de 37mm, quatre mitrailleuses de 7.5mm et trente-deux grenades ASM

Equipage : 30 officiers et marins

Sous-marins

Le programme de guerre prévoit la construction de 24 sous-marins type Phenix. Les premières leçons du conflit sont rapidement digérées et le projet Y4 est jugé perfectible, donnant naissance au modèle Y5 de 980 tonnes, un intermédiaire entre le sous-marin de moyenne et de grande patrouille, entre le Rolland Morillot et le Phenix.

Cependant comme pour les croiseurs légers, les pertes en sous-marins se révèlent plus faibles que prévues, les forces anti-sous-marines allemandes ne se montrant pas d’une efficacité aussi redoutable que les italiens qui prélèvent également leur part avec trois sous-marins français coulés lors de l’opération Merkur contre la Corse et Malte.

Un amendement au programme de guerre voit la commande de sous-marins type Y5 limitée à douze, les douze autres devenant une version améliorée des Rolland Morillot, des sous-marins capables d’opérer facilement dans le Pacifique, un officier de marine lucide les appelant «Vengeurs de l’Indochine».

Pour fluidifier la construction, les commandes vont être étalées avec une première commande de quatre Y5 et de deux Z4 (Rolland Morillot mod.) en février 1949, quatre Y5 et de deux Z4 en septembre 1949, quatre Y5 et deux Z4 en juin 1950 et enfin six Z4 en juin 1951.

La construction est répartie entre l’Arsenal de Cherbourg, les chantiers Auguste Normand du Havre, les Ateliers et Chantiers de Seine Maritime du Trait et les Anciens Chantiers du Dubigeon de Nantes.

Première commande de février 1949

Les quatre premiers Y5 baptisés vont être tous construits par l’Arsenal de Cherbourg qui dispose de quatre cales de libre.

-L’Antiope est mis sur cale le 17 mars 1949 lancé le 8 août 1950 et mis en service le 7 janvier 1951

-L’Amazone est mis sur cale le 8 avril 1949 lancé le 2 septembre 1950 et mis en service le 11 février 1951

-L’Orphée est mis sur cale le 5 mai 1949 lancé le 11 octobre 1950 et mis en service le 25 mars 1951

-La Sibylle est mis sur cale le 7 juin 1949 lancé le 30 octobre 1950 et mis en service le 4 mai 1951

Les deux Z4 sont commandés aux ACSM du Trait dans l’estuaire de la Seine

-Sous-marin Achille mis sur cale le 12 mai 1949 lancé le 8 janvier 1951 et mis en service le 2 septembre 1951

-Sous-marin Persée mis sur cale le 19 mai 1949 lancé le 15 janvier 1951 et mis en service le 15 septembre 1951

Deuxième commande de septembre 1949

Les quatre Y5 sont commandés à part égales aux chantiers Auguste Normand du Havre et aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes.

-Le Circé est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 12 novembre 1949 lancé le 8 mars 1951 et mis en service le 30 juillet 1951

-La Calypso est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 17 février 1950 lancé le 30 juillet 1951 et mis en service le 23 janvier 1952

-La Doris est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 8 mai 1950 lancé le 5 novembre 1951 et mis en service le 12 juin 1952

-Le Thetis  est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 12 avril 1951 lancé le 15 octobre 1952 et mis en service le 7 mai 1953

Les deux Z4 de la deuxième commande sont commandés à l’Arsenal de Cherbourg. Ils sont baptisés  Pascal et Argo reprennant les noms de «1500 tonnes» désarmés.

-Le Pascal est mis sur cale le 12 août 1950 lancé le 8 janvier 1952 et mis en service le 17 juin 1952

-L’Argo est mis sur cale le 10 septembre 1950 lancé le 18 février 1952 et mis en service le 7 août 1952

Commande de juin 1950

Les quatre Y5 baptisés Sirène Naïade Galatée et Argonaute sont tous commandés aux ACSM du Trait.

-La Sirène est mise sur cale le 26 juin 1950 lancé le 2 janvier 1952 et mis en service le 7 juillet 1952

-La Naïade est mis sur cale le 12 juillet 1950 lancé le 15 janvier 1952 et mis en service le 12 août 1952

-Le Galatée est mis sur cale le 8 septembre 1950 lancé le 3 mars 1952 et mis en service le 8 octobre 1952

-L’Argonaute est mis sur cale le 12 novembre 1950 lancé le 15 juin 1952 et mis en service le 8 janvier 1953

Les deux Y4 sont commandés aux Anciens Chantiers Dubigeon. Ils sont baptisés Henri Poincaré et Pasteur.

-Le Henri Poincaré est mis sur cale le 6 septembre 1950 lancé le 12 janvier 1952 et mis en service le 8 juin 1952

-Le Pasteur est mis sur cale le 12 octobre 1950 lancé le 4 mars 1952 et mis en service le 17 août 1952

Commande de juin 1951

Six sous-marins type Z4 sont donc commandés en juin 1951. Leur construction est confiée à l’Arsenal de Cherbourg et aux Anciens Chantiers Dubigeon, les chantiers normands étant jugés trop proche de l’Allemagne. Comme leurs devanciers, ils reprennent les noms des sous-marins type Redoutable désarmés au cours de la décennie 1940.

-L’Ajax est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 8 juillet 1951 lancé le 30 décembre 1952 et mis en service le 7 mai 1953

-Le Poncelet est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 4 septembre 1951 lancé le 5 janvier 1953 et mis en service en juillet 1953

-L’Archimède est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 17 septembre 1951 lancé le 12 février 1953 et mis en service le 15 septembre 1953

-Le Fresnel est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 21 novembre 1951 lancé le 2 mars 1953 et mis en service en septembre 1953

-L’Acheron est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 12 janvier 1953 lancé le 23 décembre 1954 (soit après la fin de la guerre) et mis en service en octobre 1954

-L’Actéon est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 8 février 1953. Quand s’achève la guerre en septembre 1954, le sous-marin est quasiment achevé. Lancé le 8 octobre 1954, il est achevé seulement en 1956 comme sous-marin expérimental.

Navires-ateliers

Si les navires à voile nécessitaient assez peu d’entretien, l’apparition de la propulsion vapeur eut pour conséquence un alourdissement conséquent de la charge de travail des équipages qui parfois étaient dépassés par l’ampleur de la tache.

D’où l’idée de spécialiser des navires dans l’entretien. C’est l’apparition du navire-atelier, le premier exemple en France étant le Foudre, un croiseur porte-torpilleur qui fût également utilisé comme porte-hydravions.

Elle est remplacée dans cette mission par un ancien paquebot allemand, le Phoenica datant de 1894  Saisi par les russes lors du conflit russo-japonais, il est utilisé sous le nom de Kronstadt comme navire-atelier.

Il se réfugie avec le reste de la flotte blanche en 1921 à Bizerte. Réquisitionné puis acheté, il est rebaptisé Vulcain, ce navire est utilisé jusqu’à sa mise en réserve en 1933. Il est condamné en 1937 puis vendu à la démolition en décembre 1938, laissant la marine nationale sans navire-atelier dédié quand éclate la guerre de Pologne.

Il y avait bien le bâtiment de soutien aux sous-marins Jules Verne qui de temps en temps rendaient des services aux bâtiments de surface mais il avait déjà fort à faire avec les sous-marins dont les nécessités d’entretien étaient encore plus grandes.

En dépit de l’expansion de la flotte tant de combat que de soutien, aucun navire-atelier n’est commandé ni même acheté et quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, aucun navire spécialisé n’équipe la marine nationale qui doit se contenter de la transformation hâtive de navires marchands.

Cette solution montre rapidement ses limites. La campagne de Norvège à provoqué des pertes sensibles mais aussi à endommagé de nombreux navires. L’utilité du navire-atelier saute aux yeux des marins français pour réparer les avaries de combat, stabiliser un navire comme on stabilise un patient avant de véritables réparations dans un Arsenal ou un chantier parfaitement outillé.

Le programme de guerre de janvier 1949 finance ainsi la construction de deux navires ateliers qui reprennent la coque et le système propulsif des cargos de type Commission, ces deux navires étant baptisés Vulcain et Héphaïstos et construits à Saint-Nazaire, le premier aux ACL et le second aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët.

-Le Vulcain est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 12 avril 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 4 septembre 1950

-L’Hephaïstos  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 4 juin 1949 lancé le 2 octobre 1950 et mis en service le 8 février 1951

Pétroliers-ravitailleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial, la marine nationale dispose de 23 pétroliers dont 6 PRE _Pétroliers Ravitailleurs d’Escadre_ dont la mission exclusive est de ravitailler les escadres et les groupes occasionnels en mazout et au mouillage en munitions, pièces détachées, vivres et autres fournitures.

En dépit de cette flotte assez confortable, la marine nationale obtient la commande de deux autres PRE quasi-identiques aux six en service, des navires baptisés La Dordogne et La Durance.

-Le PRE La Dordogne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis sis à  Bordeaux le 8 juillet 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service le 8 janvier 1951.

-Le PRE La Durance est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde de Bordeaux le 8 septembre 1949 lancé le 1er décembre 1950 et mis en service le 12 mars 1951

20-Ordre de bataille et Programme de guerre (3)

B-Programme de guerre du 15 janvier 1949

Avant propos

Le 5 septembre 1948, ce que le monde craignait depuis la fin de la guerre de Pologne se produit : la guerre déchire à nouveau le continent. Deux petits royaumes nordiques, la Norvège et le Danemark sont attaqués par l’Allemagne au mépris de la neutralité de Copenhague et d’Oslo.

De violents bombardements frappent Copenhague, Oslo, Bergen et d’autres villes suivis de raids aéroportés et de débarquements amphibies qui prennent les alliés aux dépourvus en dépit de signaux d’alerte convergents que Paris comme Londres n’ont pas su ou pas voulu voir.

Ce déclenchement de l’opération Weserübung entraine de violents affrontements sur mer, dans les airs, à terre et sous les océans entre l’Allemagne d’un côté et les alliés franco-anglo-polono-norvégiens qui se terminent par l’occupation de la Norvège par l’Allemagne.

Deux mois de violents combats qui ont provoqué des pertes qu’il faut combler. Il faut également envisager l’avenir, anticiper l’après conflit et le visage de la marine dans quinze ou vingt-ans.

D’où le vote d’un programme de guerre le 15 janvier 1949 par la Chambre des Députés destiné à combler les pertes présentes, à si possible anticiper les pertes et besoins futurs et ce qui est encore plus difficile, mettre sur pied les bases d’une marine puissante une fois ce conflit terminé car tout le monde pressent en cet automne 1948 que les allemands ne s’arrêteront pas là……….. .

De longues discussions

Dès le 12 octobre 1948, le commandant en chef de la marine nationale, l’amiral Ollive réclame le vote par le parlement d’un programme de guerre destiné à combler les premières pertes du conflit et ne pas se retrouver au pied du mur.

Les discussions sont paradoxalement assez longues. En dépit de la situation internationale tendue, les parlementaires rechignent à voter de nouveaux crédits pour les constructions navales. Un jeune député PSF, Michel Debré lance cette algarade célèbre «Messieurs auriez vous oublié que c’est la guerre et qu’il n’est pas  temps de mégoter sur les investissements ?».

La situation se débloque à la fin de l’année. Le projet est voté en première lecture le 14 décembre 1948 suivit d’un deuxième vote au Sénat le 19 décembre 1948. Après un amendement accroissant les commandes, le programme de guerre est définitivement voté le 27 décembre 1948 et sanctionné par le pouvoir exécutif le 15 janvier 1949 bien que dans la pratique, des premières commandes ont été passées.

Des navires, toujours plus de navires

Cuirassés et croiseurs de bataille

Le 17 septembre 1948, le porte-avions Painlevé lance un raid dévastateur sur Oslo en compagnie du porte-avions britannique Malta. L’aérodrome de la capitale norvégienne occupée par les allemands est particulièrement visé et la Luftwafe subit de lourdes pertes notamment en avions de transport.

Un raid de représailles est lancé dans l’après midi, coulant un destroyer britannique, le torpilleur d’escadre Le Téméraire  et endommageant le cuirassé Lorraine.

Le surlendemain, alors que le porte-avions français s’apprête à lancer un nouveau raid contre Trondheim au nord de la Norvège, d’inquiétantes gerbes éclatent alors que règne un brouillard à couper au couteau.

Cela signale l’arrivée du cuirassé Hindenburg et du croiseur lourd Tegetthoff bien décidés à chatier la Royale.

Le cuirassé Lorraine va alors se sacrifier en compagnie des torpilleurs d’escadre L’Intrepide et Arquebuse pour couvrir la retraite du Painlevé qui quand il sera en mesure de lancer ses avions contre les navires allemands, constatera qu’ils ont disparu tout comme le Lorraine et l’Arquebuse alors que l’Intrepide légèrement endommagé récupère les survivants au risque d’être torpillé ou victime de la Luftwafe.

La perte du Lorraine suivit quelques jours plus tard par les lourds dommages subis par le cuirassé Normandie pousse la marine à reconsidérer la construction des trois cuirassés type CR3 (Cuirassé Rapide de 3ème génération).

En septembre 1948, seuls les deux premiers baptisés Languedoc et Moselle avaient été mis sur cale respectivement à l’Arsenal de Brest et aux ACL de Saint-Nazaire mais les travaux avaient été menés sans empressement et même suspendus au moment de l’entrée en guerre de la France.

Ces travaux vont reprendre début octobre 1948, financés par le programme de guerre, les deux cuirassés de 47500 tonnes, 28 nœuds avec un armement principal composé de neuf canons de 406mm en trois tourelles triples étant mis en service en 1951 remplaçant numériquement le Lorraine et le Clemenceau coulé en Méditerranée.

-Le Languedoc est mis sur cale à l’Arsenal de Brest (forme n°11) le 14 mai 1948 lancé le 23 mars 1950 et mis en service au printemps 1951.

-Le Moselle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 15 août 1948 lancé le 4 septembre 1950 et mis en service en octobre 1951

Le troisième CR3 qui aurait du être mis sur cale après le lancement du Languedoc (survenu en mars 1950) ne le sera jamais, la marine connaissant des problèmes d’effectifs et ne voulant pas construire des navires qu’elle ne pourrait mettre en œuvre sereinement.
Caractéristiques Techniques de la classe Languedoc

Déplacement : standard 47500 tonnes pleine charge 51000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 272m largeur 37.50m tirant d’eau 11.50m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural développant 170000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 29.5 noeuds distance franchissable : 8400 miles nautiques à 15 noeuds 2900 miles nautiques à 28 noeuds.

Protection : ceinture principale 390mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 235mm

pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 190mm pont blindé supérieur au dessus des machines 170mm pont blindé intermédiaire 50/70mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 360mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles triples de 406mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Électronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale, deux radars pour la conduite de l’artillerie secondaire
Armement : neuf canons de 406mm Mark IV répartis en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 24 canons de 130mm en douze tourelles doubles installées latéralement, 28 canons de 37mm groupés en quatre affûts quadruples ACAQ modèle 1941  et six  affûts doubles ACAD modèle 1935   et 12 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles
Aviation : une catapulte et un hangar sous la poupe avec deux à quatre hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 1780 officiers et marins

Porte-avions

Quand éclate le second conflit mondial, la marine nationale dispose de cinq porte-avions dont quatre sont déployés en Europe. Le porte-avions montre son  utilité durant la campagne norvégienne mais le programme de guerre ne prévoit dans sa première version aucune commande.

Tout juste prévoit-il que la marine nationale ne peut disposer de moins de trois porte-avions pour en avoir un toujours opérationnel, un en entretien courant ou entrainement de son groupe aérien et un troisième immobilisé pour un grand carénage ou une modernisation. Ce n’est qu’en mai 1952 que les trois porte-avions type PA23 ou classe Clemenceau (Clemenceau Foch Joffre) sont commandés, des navires qui seront mis en service après la fin du conflit.

Caractéristiques Techniques de la classe Clemenceau

Déplacement : standard 32500 tonnes pleine charge 41000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 275m longueur du pont d’envol 270m largeur à la flottaison 30m largeur du pont d’envol 47m tirant d’eau à pleine charge 9.80m

Propulsion : 4 turbines à vapeur Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par 8 chaudières Penhoët dévellopant 170000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 32 noeuds distance franchissable 16000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture de 130mm pont d’envol 75mm pont du hangar 50mm

Armement : huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles, quarante-huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 ou ADAC/ADAQ et trente-six canons de 25mm en affûts simples et doubles
Installations aéronautiques : pont d’envol de 270m de long sur 47m de large équipé de deux catapultes hydrauliques axiales à l’avant

Hangar de 204m de long sur 24m de large et 5.40m de haut relié au pont d’envol par trois ascenseurs  (deux axiaux de 14.7 sur 13.5m et un latéral du 18.3 sur 10.4m) onze brins d’arrêts et une grue de 15 tonnes derrière l’ilôt

Groupe aérien : 90 appareils (chasseurs MB-159M, bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-420,Latécoère Laté 299-5, SNCAO CAO-610 en attendant des avions plus modernes)

Equipage : 2500 à 3000 hommes

La raison finit cependant par l’emporter et la version définitive du programme de guerre voit la commande de deux porte-avions légers, version agrandie des Alienor d’Aquitaine, des porte-avions baptisés Guillaume le Conquérant et Henri Plantagenêt.

Il faut dire que les «ponts plats» payent leur part de pertes avec la destruction du Joffre en Méditerranée et de l’Alienor d’Aquitaine en Indochine par les japonais.

Caractéristiques des porte-avions classe Guillaume Le Conquérant

Déplacement : standard 16000 tonnes pleine charge 19000 tonnes

Dimensions : longueur 215.30m largeur (flottaison) 24.50m tirant d’eau (en charge) 8.25m

Propulsion : turbines à engrenages Parson alimentées par quatre chaudières type Amirauté dévellopant une puissance totale de 43000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 25 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement : 32 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en seize affûts doubles et 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en huit affûts doubles.

Installations aéronautiques et Groupe aérien :

-Une catapulte à l’avant

-Deux ascenseurs axiaux

-Hangar de 138mx15.84×5.33m

-Dix brins d’arrêt.
Groupe aérien : encore non arrêté à l’époque mais devrait tourner entre 30 et 40 appareils

Equipage : encore inconnu à l’époque

Croiseurs lourds

En septembre 1948, la marine nationale dispose de neufs croiseurs lourds plus un dixième _le Charles Martel_ en construction à Lorient. Tous sont déployés en Europe à l’exception du Tourville déployé en Indochine comme navire-amiral des FNEO.

Jugeant ce type de croiseur inadapté aux missions à venir, la marine nationale décide de ne commander aucun croiseur lourd ou croiseur de 1ère classe.

Croiseurs légers

Quand le second conflit mondial éclate, la marine nationale dispose de dix sept-croiseurs légers plus  trois autres en construction (un en achèvement à flot et deux sur cale) soit un potentiel de vingt-croiseurs légers.

Il ne faut cependant pas s’arrêter sur un bilan strictement comptable. La flotte est en effet hétérogène avec les vénérables Duguay Trouin et Primauguet, le croiseur-école Jeanne d’Arc juste capable de traquer les raiders allemands, les modernes La Galissonnière et De Grasse (six de chaque côté) et l’étonnant Waldeck-Rousseau, un croiseur léger antiaérien.

Les tranches 1946 et 1948 avaient financé la construction de trois croiseurs légers baptisés  Dupuy de Lôme Sully et Louvois destinés à remplacer le Lamotte-Picquet (désarmé prématurément en 1946), le Duguay-Trouin et Le Primauguet.

La campagne de Norvège à prélevé sa part de la «note du boucher» comme dise les anglo-saxons puisque le Gloire est coulé au large d’Oslo par une attaque combinée de la Luftwafe et des sous-marins qui ne laisse aucun chance au croiseur léger. Le Waldeck-Rousseau est sévèrement endommagé et nécessitera de longues réparations avant de redevenir opérationnel.

Prévoyant des pertes sévères dans cette catégorie de croiseurs, la marine parvint à arracher aux députés la commande de neuf croiseurs légers type Dupuy de Lôme même si les retours d’expérience de la guerre se chargeront de modifier éventuellement l’armement et les capacités de ces navires.

19-Marine marchande (14)

Delmas-Viellejeux

La compagnie Delmas est fondée en 1867 dans la cité corsaire : La Rochelle. Si la cité rebelle resta calme après le siège de 1627/28, elle continua son histoire d’amour avec la mer avec plusieurs dynasties de navigateurs.
En 1881 la firme Delmas construisit une usine de charbon en 1881 puis un chantier naval en 1922, se lança dans le transport maritime trois ans plus tard. Le mariage de Léonce Vielejeux avec Hélène Delmas provoqua le changement de nom, la compagnie devenant Delmas Frères et Vieljeux en 1919 puis Delmas-Vieljeux en 1935.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, la compagnie maritime Delmas-Viellejeux dispose des navires suivants, à la fois des navires lui appartenant en pleine propriété et des navires en gérance notamment de la SNCF :

-Cargo Agen (1921) 4186 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Albi (1920)  4191 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Aurillac (1921) 4268 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo André Thomé (1920) 2012 TJB

-Cargo Argonne (1920) 2115 TJB

-Cargo Auvergne (1921) 2114 TJB

-Cargo Bourges (1919) 2910 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Cévennes (1921) 2509 TJB

-Cargo Châteauroux (1921) 4185 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Cornouaille (1928) 3324 TJB

-Cargo Lorient (1921) 4185 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Maurice Delmas (1919)  3161 TJB

-Cargo Medjerda (1923) 4578 TJB

-Cargo Montauban (1920) 4191 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Poitiers (1921) 4185 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Saint Nazaire (1919) 2910 TJB (appartient à la SNCF)

-Cargo Saumur (1920) 2955 TJB

-Cargo Tours (1920) 4158 TJB

-Cargo Vendôme (1920) 4192 TJB (appartient à la SNCF)

Comme on peut le voir, la flotte est assez ancienne, le navire le plus moderne ayant onze ans. Elle va donc passer commander de pas moins de huit cargos inspirés de type Commission mais plus petits, partiellement financés par la CNM. Ils mesurent 115m de long et déplacent 4500 TJB.

Les installations du chantier Delmas-Vieljeux étant trop petites, ces huit navires sont commandés ailleurs, aux chantiers de Normandie à Grand Quevilly dans lequel l’armateur investit avec la construction d’une quatrième cale de 150m (qui reçoit le surnom officieux de Cale Delmas). Ils reprennent les noms des navires qu’ils remplacent avec un II.

-Le cargo Tours II est mis sur cale le 25 septembre 1942 lancé le 8 juin 1943 et mis en service le 7 septembre 1943

-Le cargo Saumur II est mis sur cale le 15 juin 1943 lancé le 22 mars 1944 et mis en service le 30 juin 1944

-Le cargo  Maurice Delmas II est mis sur cale le 29 mars 1944 lancé le 31 décembre 1944 et mis en service le 7 mai 1945

-Le cargo Cévennes II est mis sur cale le 5 janvier 1945 lancé le 12 octobre 1945 et mis en service le 20 avril 1946

-Le cargo Auvergne II est mis sur cale le 17 octobre 1945 lancé le 10 juillet 1946 et mis en service le 20 décembre 1946

-Le cargo Argonne II est mis sur cale le 18 juillet 1946 lancé le 21 avril 1947 et mis en service le 2 octobre 1947

-Le cargo André Thomé II est mis sur cale le 5 mai 1947 lancé le 12 février 1948 et mis en service le 17 juillet 1948

-Le cargo Lorient II (son prédecesseur avait été racheté par Delmas en 1943) est mis sur cale le 23 février 1948 et toujours sur cale le 5 septembre 1948. Il est lancé le 25 septembre 1948, achevé en décembre 1948 et aussitôt armé comme transport pour l’armée.

Les autres navires sont encore en service en septembre 1948.

Messageries Maritimes

A l’origine, on trouve les Messageries Nationales, une compagnie postale créée en 1796, utilisant des malles-poste puis la voie ferrée. Parallèlement, est créée la Compagnie des Bateaux à Vapeur du Levant (1849) qui est intégrée en 1852 aux Messageries Nationales (Impériales en 1853) sous le nom de Compagnie des Services Maritimes qui achète les chantiers navals de La Ciotat pour construire ses navires.  Le 17 novembre 1869, son navire le Péluse fût le premier navire à  passer le canal de Suez derrière le yacht impérial.

Le 1er août 1871, la compagnie est rebaptisée Compagnie des Messageries Maritimes, son nom définitif dirons nous. Entrée dans le premier conflit mondial avec 66 navires, elle n’en dispose plus que de 44 en 1918. L’année suivante, le El Kantara fût le premier navire français à franchir le canal de Panama. En 1932, la compagnie est frappée par la perte du paquebot Georges Philippar, un incendie fatal au reporter Albert Londres.

En septembre 1939, la compagnie dispose des navires suivants :

-Cargo Anadyr (1930) 5278 TJB

-Cargo Commandant Dorise (1917) 5529 TJB

-Cargo Commissaire Ramel (1920) 10061 TJB

-Cargo Espérance (1923) 5072 TJB

-Cargo Honfleur  (ex-Makena EUA) (1919) 2729TJB (gérance d’un navire appartenant au gouvernement français)

-Cargo Lieutenant de La Tour (1917) 5700  TJB

-Cargo Lieutenant Saint Loubert Bié (1911) 6126 TJB

-Cargo Min (1913) 7997 TJB

-Cargo Saint André (ex-allemand Santa Fe saisi par le contre-torpilleur Le Fantasque le 25 octobre 1939) (1921) 4267 TJB (appartient au gouvernement français. En mars 1940, son armateur allemand est indemnisé par le gouvernement français)

-Cargo Si Kiang (1914) 7014 TJB

-Cargo Sphinx (1914) 11375 TJB

-Cargo Yalou (1914) 8564 TJB

-Cargo Yang Tsé (1915) 8150 TJB

-Paquebot André Lebon (1931) 13681 TJB

-Paquebot Aramis (1932) 17536 TJB

-Paquebot Athos II (1925) 15276 TJB

-Paquebot Bernardin de Saint Pierre (1926) 10086 TJB

-Paquebot Champollion (1924) 12546 TJB

-Paquebot Chantilly (1923) 9986 TJB

-Paquebot Chenonceaux (1922) 14825 TJB

-Paquebot Compiègne (1923) 9986 TJB

-Paquebot D’Artagnan (1924) 15105 TJB

-Paquebot Eridan (1928) 9928 TJB

-Paquebot Explorateur Grandidier (1924) 10268 TJB

-Paquebot Felix Roussel (1930) 17803 TJB

-Paquebot Général Metzinger (1906) 9312 TJB

-Paquebot Jean Laborde (1930)11591 TJB

-Paquebot Khaï Dinh (1914) 5110 TJB

-Paquebot Leconte de Lisle (1922) 9877 TJB

-Paquebot Maréchal Gallieni (1912) 1559 TJB

-Paquebot Maréchal Joffre (1933) 11732 TJB

-Paquebot Maréchal Lyautey (1924) 8256 TJB

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

-Paquebot Maréchal Pétain (en construction à La Ciotat achèvement prévu pour 1943)

-Paquebot Mariette Pacha (1925) 12239 TJB

-Paquebot Patria (1913) 11883 TJB

-Paquebot Pierre Loti (1913) 5111 TJB

-Paquebot Polynésien (1930) 1422 TJB

-Paquebot Porthos (1914) 12619 TJB

-Paquebot Président Doumer (1933) 11898 TJB

-Paquebot Providence (1915) 11596 TJB

-Paquebot Théophile Gautier (1927) 8194 TJB

-Paquebot Ville d’Amiens (1924) 7142 TJB

-Paquebot Ville de Strasbourg (1920) 7138 TJB

-Paquebot Ville de Verdun (1921) 7007 TJB

-Paquebot mixte Sagittaire (1929) 7706 TJB

Pour renforcer et renouveler sa flotte, la compagnie bénéficie pleinement de l’aide de la CNM en recevant la gérance de quatre cargos type Commission construits aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes, reprenant les noms des navires qu’ils remplacent comme souvent à cette époque.

-Cargo type Commission Commandant Dorise  mis sur cale le 15 février 1943 lancé le 12 mars 1944 et mis en service le 5 septembre 1944

-Cargo type Commission Commissaire Ramel mis sur cale le 24 mars 1944 lancé le 4 mai 1945 et mis en service le 1er novembre 1945
-Cargo type Commission Lieutenant Saint Loubert Bié   mis sur cale le 12 mai 1945 lancé le 25 juin 1946 et mis en service le 5 décembre 1946

-Cargo type Commission Min  mis sur cale le 8 juillet 1946 lancé le 17 août 1947 et mis en service le 12 février 1948

Pour remplacer les paquebots anciens Pierre Loti et Porthos, deux paquebots baptisés Pierre Loti et Douanier Rousseau sont commandés aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire Penhoët en mars 1943. C’était la copie conforme du Maréchal Pétain, des navires de 18000 tonnes qui comme leur devancier étaient entièrement financés par l’armateur.

-Le Pierre Loti  mis sur cale le 8 septembre 1943 lancé le 12 juin 1945 et mis en service le 2 février 1946

-Le Douanier Rousseau  mis sur cale le 19 juin 1945 lancé le 12 juin 1947 et mis en service le 14 février 1948

Les autres navires sont encore en service en septembre 1948.

SAGA (Société Anonyme de Gérance et d’Armement)

La Société Anonyme de Gérance et d’Armement à été créée en 1919 par la banque Rotschild pour assurer la gérance des navires appartenant à l’état français mais également des compagnies possédée par la banque comme la Compagnie des Chemins de Fer du Nord.

Cette armateur connu une croissance importante en rachetant la Compagnie des Bateaux à Vapeur du Nord (1926), l’Union Maritime (1934), la Compagnie Franco-Africaine de Navigation (1935) et la Société Navale de l’Ouest (1939). Toutes ces compagnies conservaient cependant leur identité propre et en 1939, la SAGA disposait en propre des navires suivants :

-Cargo André Moyrand (1927) 2471 TJB

-Cargo Cap Blanc (1932) 3317 TJB

-Cargo Cap Cantin (1933) 3317 TJB (sister-ship du Cap Blanc)

-Cargo Cap El Hank (1920) 2307 TJB

-Cargo Cap Guir (1927) 1536 TJB

-Cargo Cap Hadid (1938) 1700 TJB

-Cargo Cap Sim (1929) 2209 TJB

-Cargo Cap Tafelnch (1920) 2209 TJB

-Cargo Paul Emile Javary (1926) 2471 TJB

-Cargo Rouennais (1911) 3777 TJB

-Cargo Tabarka (1909) 2684 TJB

-Citerne à vins Sahel (1938) 2550 TJB

-Paquebot transmanche Côte d’Argent (1932) 3047 TJB

-Paquebot transmanche Côte d’Azur (1930) 3047 TJB

Pour remplacer les vieux cargos Rouennais et Tabarka, la SAGA passa commande en juin 1944 de deux cargos type Commission aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis installés à Bordeaux. Ces deux cargos sont baptisés Le Havrais et Le Caennais et sont identiques aux cargos type Commission bien que la SAGA refuse l’aide proposée par la CNM pour garder sa totale indépendance.

-Le Havrais  est mis sur cale le 12 janvier 1944 lancé le 17 mars 1945 et mis en service le 1er juillet 1945

-Le Caennais  est mis sur cale le 27 mars 1945 lancé le 2 juillet 1946 et mis en service le 12 novembre 1945

Les autres navires restent en service en 1948 et ne vont pas tarder à être réquisitionnés pour un usage militaire ou paramilitaire.

Société S.A Le Nickel

Cette compagnie chargée du transport du nickel de Nouvelle Calédonie dispose d’une flotte assez moderne en 1939 et ne commande aucun navire neuf avant le second conflit mondial.

-Cargo Cagou (1930) 2795 TJB

-Cargo Capitaine Illiaquer (1922) 2138 TJB

-Cargo Cap Tarifa (1930) 2177 TJB

-Cargo Notou (1932) 2489 TJB

-Cargo Orne (1919) 2139 TJB

Société Auxiliaire de Transport

La Société Auxiliaire de Transport dispose en septembre 1939 des navires suivants :

-Pétrolier Général Gassouin (1926) 5011 TJB

-Pétrolier caboteur Léon Martin (1936) 1951 TJB

-Pétrolier Marguerite Finaly (1933) 12309 TJB

-Pétrolier caboteur Pétrophalt (1930) 2633 TJB

-Pétrolier caboteur Stanasfalt (1929) 2468 TJB

Ils sont toujours en service en septembre 1948

19-Marine marchande (13)

Compagnie de Navigation Sud-Atlantique

Le paquebot Pasteur

Le paquebot Pasteur

Cette compagnie à été créée en 1912 pour relier depuis Bordeaux l’Amérique du Sud et notamment l’Argentine et le Brésil. Cette compagnie à subit de lourdes pertes durant le conflit et perd le prestigieux Atlantique lors d’un incendie en 1933 ce qui ne laisse que deux navires en 1939.

-Paquebot Massilia (1920) 15563 TJB

-Paquebot Pasteur (1939) 29253 TJB

Pour renforcer sa flotte, la compagnie passe commande de deux paquebots de 23500 tonnes, des navires baptisés Laënnec et Charles Tellier, navires construits par les ACL de Saint Nazaire.

-Paquebot Laënnec  mis sur cale le 8 novembre 1943 lancé le 14 septembre 1945 et mis en service en juin 1946

-Paquebot Charles Tellier  mis sur cale 5 octobre 1945 lancé le 12 septembre 1947 et mis en service en mars 1948

Compagnie Navale d’Afrique du Nord

Cette compagnie eut une curieuse destinée. Créée par l’armement belge d’Anvers Deppe pour reprendre une partie de la flotte de la Société Navale de l’Ouest.

Les trois navires en question, les cargos  Congo (1914) 5202 TJB   Maroc (1908) 2452 TJB et Syrie (1909) 2460 TJB deviennent des navires belges en 1942 et donc pas susceptibles d’être réquisitionnés en cas de guerre sauf par le gouvernement belge. La Compagnie Navale d’Afrique du Nord disparaît en 1943.

Compagnie de Navigation France-Amérique (filiale de la SGTM)

Cette filiale de la Société Générale du Transport Maritime à été créée en 1909 pour le transport d’émigrants depuis l’Espagne en direction de l’Amérique du Sud et dispose en 1939 d’un unique navire, le paquebot Ipanéma (1921 4282 TJB).

Ce paquebot ancien mais en bon état doit être complété par un paquebot de 18000 tonnes, un navire financé entièrement par la Compagnie de Navigation France-Amérique sans aide du gouvernement. Il est commandé aux Ateliers et Chantiers de la Loire de Saint-Nazaire

-Paquebot Reina de Cordoba mis sur cale le 8 septembre 1942 lancé le 17 juillet 1944 et mis en service le 8 février 1945

Pour anticiper le remplacement du paquebot Ipanéma, la Compagnie de Navigation France-Amérique passe commande en juin 1944 d’une deuxième unité identique au précédent. Cette deuxième unité est basée Amazonas.

-L’Amazonas est mis sur cale le 8 septembre 1944 lancé le 17 août 1946 et mis en service le 7 mai 1947.

Les paquebots Reina de Cordoba et Amazonas sont les principales unités de la compagnie. Quand à l’Ipanéma, il doit subir une profonde refonte pour rester le fleuron de la compagnie.

Les travaux entamés en septembre 1947 sont perturbés par un incendie le 8 janvier 1948 aux chantiers Delmas & Viellejeux de La Rochelle. Les travaux ne sont pas achevés le 5 septembre 1948 quand la décision est prise de le transformer en navire de soutien pour sous-marins et navires de surface.

Compagnie de navigation Paquet

La Compagnie de Navigation Nicolas Paquet Ainé et Cie est créée en 1859 et opère en Méditerranée depuis Marseille en direction notamment du Maroc ce qui explique qu’en 1861, la compagnie est rebaptisée Compagnie de Navigation Marocaine.

A la fin de la décennie, des lignes sont ouverte en direction de la Mer Noire et du Caucase. Aussi en 1874, la compagnie est rebaptisée Compagnie de Navigation Arménienne et Marocaine. A la fin du siècle, en 1891, la compagnie étend son emprise en Afrique du Nord.

En 1913, la compagnie est rebaptisée Compagnie de Navigation Paquet, son nom définitif. Quand éclate le premier conflit mondial, elle dispose de quinze navires et en perd quatre. Quand éclate la guerre de Pologne, la Compagnie de Navigation Paquet dispose de la flotte suivante :

-Cargo Arcturus (1913) 2532 TJB

-Cargo Bamako (1930) 2357 TJB

-Cargo Le Rhin (1920) 2456 TJB

-Cargo Oued Fès (1913) 2613 TJB

-Cargo Oued Grou (1921) 792 TJB

-Cargo Oued Sebou (1925) 792 TJB

-Cargo Oued Tiflet (1914) 1194 TJB

-Cargo Oued Yquem (1920) 1370 TJB

-Cargo Ouergha (1920) 1956 TJB

-Cargo Favor (1940) 1323 TJB (appartient au gouvernement français)

-Paquebot Azrou (1930) 2998 TJB

-Paquebot Djenné (1931) 8790 TJB

-Paquebot Imerethie II (1924) 3713 TJB

-Paquebot Koutoubia (1931) 8790 TJB

-Paquebot Maréchal Lyautey (1924) 8256 TJB

-Paquebot Médie II (1928) 5078 TJB

Le remplacement des cargos Oued Fès et Arcturus est assurée par deux cargos type Commission financés entièrement par par la CNM et placée en gérance au sein de la Compagnie de Navigation Paquet. Ces cargos baptisés Wadi et Oueld el Khatt sont commandés aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire Penhoët.

-Cargo type Commission Wadi mis sur cale le 8 octobre 1942 lancé le 17 décembre 1943 et mis en service le 12 février 1944

-Cargo type Commission Oued El Khatt  mis sur cale le 8 janvier 1944 lancé le 17 mars 1945 et mis en service le 12 juillet 1945

Deux autres cargos de ce type sont commandés à ce même chantier, des cargos baptisés Oued Tiflet et Ouergha, reprennant les noms des navires qu’ils remplacent.

-Cargo type Commission Oued Tiflet  mis sur cale le 30 septembre 1943 lancé le 4 janvier 1945 et mis en service le 5 juin 1945

-Cargo type Commission Ouergha  mis sur cale le 12 janvier 1945 lancé le 21 mars 1946 et mis en service le 4 septembre 1946

La compagnie Paquet passe également commande en septembre 1944 pour un paquebot mixte de 18000 tonnes baptisé Nicolas Paquet, le fondateur de la compagnie de navigation du même nom. Il est commandé par les Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis de Bordeaux.

-Paquebot mixte Nicolas Paquet mis sur cale le 12 novembre 1944 lancé le 15 novembre 1946 et mis en service le 8 juillet 1947.

Compagnie des Transports Maritimes et Fluviaux (Heuzey & Chastellain)

Cette compagnie conserve en 1948 ces trois vieux navires.

-Cargo Formigny (1916) 2166 TJB

-Cargo Gonneville (1912) 2285 TJB

-Cargo Villiers (1923) 2548 TJB

Compagnie des Transports maritimes de l’AOF

Aucun changement entre 1939 et 1948

-Cargo Kindia (1919) 1972 TJB

Compagnie Worms

La compagnie Worms à été créée en 1848 pour importer du charbon britannique en France mais ce n’est qu’en 1858 que la compagnie dispose de ses propres navires. L’ouverture du canal de Suez en 1869 entraine l’ouverture d’un bureau à Port Saïd et comme cela ne suffisait pas, la compagnie créé son propre chantier naval au Trait en Normandie même si dans la pratique, tous les navires de la compagnie ne seront pas construits aux ACSM.

Quand la guerre de Pologne éclate, la compagnie Worms dispose des navires suivants :

-Cargo Barsac (1923) 1049 TJB

-Cargo Bidassoa (1901) 558 TJB

-Cargo Biscarosse (1919) 1937 TJB (appartient au gouvernement français ancien navire de la compagnie France Navigation)

-Cargo Caudebec (1910) 1471 TJB

-Cargo Cérons (1923) 1049 TJB

-Cargo Château Larose (1930) 2047 TJB

-Cargo Château Latour (1914) 1912 TJB

-Cargo Château Palmer (1914) 1912 TJB

-Cargo Château Pavie (1930) 2047 TJB

-Cargo Château Yquem (1935) 2436 TJB

-Cargo Espiguette (1920) 1909 TJB (appartient au gouvernement français ancien navire de la compagnie France Navigation)

-Cargo Guilvinec (1920) 3222 TJB (appartient au gouvernement français ancien navire de la compagnie France Navigation)

-Cargo Kerkena (1922) 1579 TJB

-Cargo Léoville (1922) 1056 TJB

-Cargo Le Trait (1934) 1158 TJB

-Cargo Médoc (1930) 1166 TJB

-Cargo Mérignac (1929) 767 TJB

-Cargo Normanville (1921) 1803 TJB

-Cargo Lussac (1922) 1586 TJB

-Cargo Margaux (1912) 1463 TJB

-Cargo Perros Guirec (1921) 2012 TJB

-Cargo Pessac (1907) 775 TJB

-Cargo Pomérol (1930) 1166 TJB

-Cargo Pontet Canet (1916) 1176 TJB
-Cargo Sauternes (1922) 1049 TJB

-Caboteur Fronsac (1906) 518 TJB

-Caboteur Grand Quevilly (1914) 2844 TJB

-Caboteur Jumièges (1913) 1708 TJB

-Caboteur La Mailleraye (1918) 490 TJB

-Caboteur Listrac (1907) 778 TJB

Pour remplacer le caboteur Listrac et les cargos Fronsac Pessac Margaux Caudebec et Bidassoa, la compagnie Worms va passer commande de six cargos type Commission partiellement financés par la CNM. Ils reprennent les noms des navires qu’ils remplacent avec officiellement un II suivant le nom même si dans la pratique, il était généralement omis.

-Le Bidassoa  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) au Trait le 12 septembre 1942 lancé le 5 octobre 1943 et mis en service le 12 mars 1944

-Le Caudebec est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) au Trait le 27 mars 1944 lancé le 7 juin 1945 et mis en service le 14 septembre 1945.

-Le Margaux  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) au Trait  le 12 septembre 1945 lancé le 18 décembre 1946 et mis en service le 4 mars 1947

-Le Pessac  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine Maritime (ACSM) au Trait le 28 décembre 1946 lancé le 8 janvier 1948 et mis en service le 27 juillet 1948

-Le Fronsac  est mis sur cale aux ACL à Saint Nazaire le 21 juin 1945 mis à flot le 7 septembre 1946 et mis en service le 12 décembre 1946

-Le Listrac est mis sur cale aux ACL à Saint Nazaire le 25 septembre 1946 lancé le 4 décembre 1947 et mis en service le 2 mars 1948.

Les autres navires sont encore en service en septembre 1948

Courtage et Transport

Aucun changement entre 1939 et 1948

-Pétrolier Capitaine Damiani (1922) 4854 TJB

19-Marine marchande (12)

Compagnie Havraise Péninsulaire de Navigation

Cet armateur normand dispose en 1939 de la flotte suivante :

-Cargo Aisne (1914) 3654 TJB

-Cargo Bourbonnais (1914) 4484 TJB

-Cargo Ville d’Oran (1912) 4861 TJB

-Cargo Malgache (1939) 6300 TJB

-Cargo Ville de Majunga (1931) 4972 TJB

-Cargo Ville de Metz (1920) 7007 TJB

-Cargo Ville de Reims (1918) 4617 TJB

-Cargo Ville de Rouen (1919) 5083 TJB

-Cargo Ville de Tamatave (1931) 4993 TJB

-Cargo Ville du Havre(1919) 5083 TJB

-Cargo Condé (1915) 7202 TJB

La CHPN bénéficie des aides de la CNM pour renouveler sa flotte. Les cargos Ville d’Oran et Aisne sont ainsi remplacés par deux cargos de type Commission, des navires baptisés François 1er et Gabriel Monod, deux personnalités liées au Havre. Ils sont construits aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) du Havre.

-Cargo type Commission François 1er mis sur cale le 8 avril 1943 lancé le 17 juillet 1944 et mis en service le 8 octobre 1944

-Cargo type Commission Gabriel Monod  mis sur cale le 4 août 1944 lancé le 12 décembre 1945 et mis en service le 17 mars 1946

Les autres navires sont encore en service en septembre 1948

Compagnie Nantaise des Chargeurs de l’Ouest

La Compagnie Nantaise de Navigation à Vapeur connue également sous le diminutif de «La Nantaise» à été créée en janvier 1882. En 1917 est intégrée à la Compagnie Générale Transatlantique et des Chargeurs de l’Ouest tout en conservant son autonomie. En 1937, la Transat se retire et «La Nantaise» est incorporée au sein de la  Société Anonyme des Chargeurs de l’Ouest, sous le nom de Compagnie Nantaise des Chargeurs de l’Ouest.

Cet armateur qui fût le premier à opérer des navires à vapeur (alors que ses concurrents réticents préféraient la solution rassurante voile/vapeur) fût également chargée du transport des bagnards en direction de la Nouvelle Calédonie (jusqu’en 1903) et de la Guyane et ce jusqu’en septembre 1939 quand la déportation en Guyane est supprimée suite à un décret-loi du 17 juin 1938.

Quand la guerre de Pologne éclate, la CNCO dispose des navires suivants :

-Cargo Cassard (1920) 1596 TJB

-Cargo Cens (1926) 2384 TJB

-Cargo Divatte (1918) 2266 TJB

-Cargo Graslin (1924) 2323 TJB

-Cargo Isac (1926) 2385 TJB

-Cargo Kervegan (1922) 2018 TJB

-Cargo Moncousu (1912) 1345 TJB

-Cargo Monselet (1929) 3372 TJB

-Cargo Ponchateau (1920) 995 TJB

-Cargo Pénestin (1921) 1336 TJB

-Cargo Rhuys (1919) 2921 TJB (coulé par mine en novembre 1939)

-Cargo Surville (1919) 2318 TJB

-Cargo Beaumanoir (1920) 2324 TJB

La flotte est donc plutôt ancienne avec un grand nombre de navires ayant plus de vingt ans. La politique de réarmement et les aides de la CNM vont permettre à l’armateur nantais de renouveler sa flotte.

Elle bénéficie d’abord de deux cargos type Commission entièrement payés par la CNM, la CNCO étant simplement chargée de trouver les équipages nécessaires pour les armer. Ces deux navires remplacent le Moncousu et le Rhuys et sont baptisés La Divatte et Ile Saint Anne. Ils sont construits par les Anciens Chantiers Dubigeon.

-Cargo type Commission Ile Gloriette mis sur cale le 4 janvier 1944 lancé le 17 mars 1945 et mis en service le 8 juin 1945

-Cargo type Commission Ile Saint Anne  mis sur cale le 25 mars 1945 lancé le 30 juin 1946 et mis en service le 8 octobre 1946.

Pour remplace le Surville perdu par échouage dans l’estuaire de la Loire en septembre 1945, la CNCO passe commande auprès des chantiers Dubigeon d’un troisième cargo type Commission qu’elle finance à 85%, le reliquat étant apporté par une aide de la CNM.

-L’Ile Feydeau est mis sur cale le 7 juillet 1946 lancé le 8 octobre 1947 et mis en service le 4 janvier 1948.

La compagnie nantaise songe un temps à se lancer dans le transport de pétrole et le transport de passagers mais préfère au final se concentrer sur le transport de marchandises.

Compagnie Nationale de Navigation

Cette compagnie créée en 1929 dispose de deux pétroliers en 1939 qui sont toujours en service en 1948 bien que leur remplacement eut été un temps envisagé.

-Pétrolier Frimaire (1929) 9242 TJB

-Pétrolier Vendémiaire (1929) 9228 TJB

Compagnie Navale des Pétroles

C’est la branche maritime de la Compagnie Française des Pétroles. Cet armateur dispose en 1939/40 des navires suivants :

-Pétrolier caboteur Française II (1935)  584 TJB

-Pétrolier caboteur Octane (1939) 2020 TJB
-Pétrolier Palmyre (1940) 13750 TJB

-Pétrolier Emile Miguet (1937) 14115 TJB (torpillé et coulé le 12 octobre 1939)

Sa flotte est renforcée par la gérance de trois des six pétroliers entièrement financés par la Commission Nationale Maritime. Ces pétroliers sont baptisés Babylone El Dorado et Mycène. Le premier et le troisième sont commandé aux ACB à Nantes, le second aux ACL toujours à Nantes.

-Pétrolier type Commission Babylone  mis sur cale le 8 septembre 1942 lancé le 10 septembre 1943 et mis en service le 6 mars 1944

-Pétrolier type Commission Mycène (CNM gérance CNP) mis sur cale le 8 novembre 1942 lancé le 13 décembre 1943 et mis en service le 8 juillet 1944

-Pétrolier type Commission El Dorado mis sur cale le 12 juillet 1947 lancé le 30 juin 1948 et armé le 1er octobre 1948 pour un usage bien différent de celui envisagé à l’origine.

Compagnie Normande de Navigation à Vapeur

Cette compagnie dispose des navires suivants quand éclate la guerre de Pologne :

-Paquebot côtier Adolphe Leprince (1926) 343 TJB

-Paquebot côtier Augustin Normand (1894) 175 TJB

-Paquebot côtier Emile Deschamps (1922) 349 TJX

-Paquebot côtier La Touques (1901) 228 TJB

-Paquebot côtier Trouville (1910) 294 TJB

-Cargo Villerville (1920) 114 TJB

Comme on peut le voir, la flotte de cet armateur est assez ancienne. La CNM finance partiellement la construction de deux petits paquebots côtiers de 500 TJB baptisés Granville et Antifer, navires construits aux chantiers Augustin Normand du Havre

-Paquebot côtier Granville mis sur cale le 8 avril 1946 lancé le 17 mars 1947 et mis en service en septembre 1947.

-Paquebot côtier Antifer mis sur cale le 24 mars 1947 lancé le 13 mars 1948 et mis en service en juillet 1948

Les autres navires sont encore en service en septembre 1948 et ne vont pas tarder à participer à l’effort de guerre.

Compagnie de Navigation Mixte

En 1850 est créée à Marseille la société Louis Arnaud,Touache Frères & Cie pour organiser le trafic entre Marseille et l’Algérie. Cinq ans  plus tard, elle prend le nom de Compagnie de Navigation Mixte pour montrer qu’elle utilisait la voile et la vapeur, ce dernier mode de propulsion en étant à l’époque à ses balbutiements.
De 1873 à 1883, elle assure la continuité territoriale avec la Corse et à partir de 1908, s’intéressa au transport du pétrole au travers de plusieurs filliales puis dans une seule à partir de 1918.

Quand éclate la guerre de Pologne, la CNM dispose des navires suivants :

-Paquebot Chella (1934) 8920 TJB

-Paquebot El Biar (1927) 4678 TJB

-Paquebot El Djézaïr (1934) 5790 TJB

-Paquebot El Kantara (1932) 5079 TJB

-Paquebot El Mansour (1933) 5818 TJB

-Paquebot Gouverneur Général Cambon (1922) 3509 TJB (gérance d’un navire appartenant au gouvernement français)

-Paquebot Gouverneur Général Lépine (1923) 3509 TJB

-Paquebot Kairouan (1942 en construction en 1940) 8601 TJB

-Pétrolier C.I.P (1921) 6587 TJB (appartient à la société Mazout transport, filiale de la CNM)

-Pétrolier Motrix (1922) 6587 TJB (appartient à la société Mazout transport, filiale de la CNM)

-Cargo Djebel Amour (1931) 2908 TJB

-Cargo Djebel Aurès (1929)  2635 TJB

-Cargo Djebel Dira (1930) 2435 TJB

-Cargo Djebel Nador (1938) 3168 TJB

La Compagnie de Navigation Mixte dispose d’une flotte moderne en 1939 mais ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers. En septembre 1943, elle passe commande de deux cargos type Commission aux chantiers John Scott de Govan en Ecosse.

-Le cargo Djebel Chambi est mis sur cale le 14 novembre 1943 lancé le 4 mars 1945 et mis en service le 8 septembre 1945

-Le cargo Djebel Nefoussa est mis sur cale le 8 mars 1945 lancé le 14 juin 1946 et mis en service le 4 janvier 1947

Pour renforcer ses capacités de transport de produits pétroliers, elle passe commande au même chantier d’un pétrolier de type Commission, pétrolier baptisé Bellatrix.

-Le Bellatrix est mis sur cale le 12 septembre 1945 lancé le 4 janvier 1947 et mis en service le 9 juin 1947

19-Marine marchande (10)

Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis

La Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis est créée en 1872 au Havre par un banquier parisien Jules Vignal. Sa zone d’activité est essentiellement Atlantique en direction de l’Amérique du Sud (Brésil et Argentine notamment), des Antilles (d’où la présence de bananiers) et de l’Afrique occidentale française.

Rachetée par la compagnie de navigation Fabre en 1927, les Chargeurs Réunis retrouvent leur indépendance en 1937 et disposent en 1939/40 d’une flotte importante ainsi composée :

un Bananier des Chargeurs Réunis

un Bananier des Chargeurs Réunis

-Bananier Kakoulima (1933) 3723 TJB

-Bananier Katiola (1935) 3891 TJB

-Bananier Kilissi (1933) 3723 TJB

-Bananier Kolente (1933) 3723 TJB

-Bananier Kita (1936) 3894 TJB

-Cargo Aden (1918) 8033 TJB

-Cargo Aïn El Turk (1925) 2477 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie)

-Cargo Ango (1913) 7110 TJB

-Cargo Bangkok (1919) 8040 TJB

-Cargo Baoulé (1921) 5874 TJB

-Cargo Bougainville (1913) 7110 TJB

-Cargo Bougaroni (1919) 3050 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie)

-Cargo Casamance (1921) 5817 TJB

-Cargo Dalny (1914) 6672 TJB

-Cargo Dahomey (1921) 5851 TJB

-Cargo D’Entrecasteaux (1922) 7291 TJB

-Cargo Dupleix (1914) 7135 TJB

-Cargo Forbin (1922) 7291 TJB

-Cargo Fort Archambault (1918) 5549 TJB

-Cargo Fort Binger (1919) 5250 TJB

-Cargo Fort de Douamont (1919) 5266 TJB

-Cargo Fort de Souville (1918) 5229 TJB

-Cargo Fort de Troyon (1919) 5026 TJB

-Cargo Fort de Vaux (1919) 5186 TJB

-Cargo Fort Lamy (1919) 5234 TJB

-Cargo Fort Médine (1919) 5234 TJB

-Cargo Gravelines (1925) 2477 TJB

-Cargo Linois (1907) 7473 TJB

-Cargo Lipari (1922) 9954 TJB

-Cargo Sainte Louise (ex allemand Trifels) (1922) 6198 TJB

-Paquebot Cap Padaran (1922) 8009 TJB

-Paquebot Saint Jacques (1922) 8009 TJB (sister-ship du précédent)

-Paquebot Asie (1914) 8561 TJB

-Paquebot Aurigny (1918) 9589 TJB

-Paquebot Belle Isle (1918) 9591 TJB

-Paquebot Brazza (1923) 10387 TJB

-Paquebot Cap Tourane (1923) 8009TJB
-Paquebot Cap Varella (1921) 8009 TJB

-Paquebot Désirade (1921) 9645 TJB

-Paquebot Formose (1921) 9975 TJB

-Paquebot Foucauld (1922) 11028 TJB

-Paquebot Groix (1922) 9975 TJB

-Paquebot mixte Jamaïque(1922) 10123 TJB

-Paquebot mixte Kerguelen (1922) 10123 TJB

Comme vous pouvez le constater, une partie non négligeable de la flotte commence à accuser le poids des ans et son remplacement devient nécessaire d’autant qu’on ne construit pas un navire en quelques mois et qu’il faut plusieurs années entre la prise de décision et l’arrivée effective du navire dans la flotte.

La priorité est donnée aux navires de charge et notamment ceux construits avant 1921, une date choisit de façon totalement arbitraire. La compagnie d’origine havraise va commander six cargos type Commission et deux paquebots-mixte de 23500 tonnes, des navires construits pour les cargos aux Etats-Unis et pour les paquebots construits en France.

Le chantier américain sélectionné est le chantier de la Ingalls Shipbuilding Corporation de Pascagoula dans le Mississippi qui plus tard construira plusieurs torpilleurs type Empire pour la marine nationale. Les six cargos sont officiellement commandés en décembre 1942 et comme souvent à cette époque au sein des armateurs français, ils reprennent les noms des navires désarmés.

-Le Linois est mis sur cale le 14 mai 1943 lancé le 8 juillet 1944 et mis en service le 14 janvier 1945.

-L’Ango est mis sur cale le 17 mai 1943 lancé le 10 juillet 1944 et mis en service le 15 janvier 1945.

-Le Dalny est mis sur cale le 15 juillet 1944 lancé le 4 octobre 1945 et mis en service le 12 mars 1946

-Le Bougainville est mis sur cale le 17 juillet 1944 lancé le 6 octobre 1945 et mis en service le 20 mars 1946

-Le Dupleix est mis sur cale le 13 octobre 1945 lancé le 21 décembre 1946 et mis en service le 28 mars 1947

-L’Aden est mis sur cale le 21 octobre 1945 lancé le 2 janvier 1947 et mis en service le 13 avril 1947.

Les Chargeurs Réunis envisagèrent la commande de nouveaux navires (4 à 6 selon les sources) mais la guerre ayant éclaté en septembre 1948, cette commande fût reportée sine die.

Quant aux deux paquebots mixtes, les Chargeurs Réunis passèrent commande des deux navires aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët qui venaient d’achever le paquebot Bretagne, le nouveau fleuron de la «Transat»
-L’Ile de Houat est mis sur cale le 8 octobre 1943 lancé le 17 septembre 1945 et mis en service sur une ligne Le Verdon-Vigo-Lisbonne-Casablanca-Dakar à partir du 8 septembre 1946.

-L’Ile d’Auray est mis sur cale le 8 novembre 1945 lancé le 27 octobre 1947 et mis en service le 8 juillet 1948 sur une ligne Le Verdon-Rio de Janeiro-Buenos Aires-Dakar-Lisbonne-La Corogne mais pour fort peu de temps.

Ces deux navires remplacent les trois plus anciens paquebots de la compagnie à savoir le paquebot Asie (1914) , l’Aurigny (1918) et le Belle Isle (1918).

Compagnie Auxiliaire de Navigation

Cette compagnie fondée en 1912 par Henri Desprez s’est spécialisée dans le transport du pétrole et dispose au moment de la guerre de Pologne de la flotte suivante :

-Pétrolier Ophélie (1922) 6477 TJB

-Pétrolier Monique (1922) 7011 TJB

-Pétrolier Melpomène (1923) 7011 TJB

-Pétrolier Beauce (1925) 4870 TJB (appartenant au gouvernement français mais géré par cette compagnie)

-Pétrolier Pallas (1925) 5260 TJB

-Pétrolier Rhéa (1928) 7813 TJB

-Pétrolier Roxane (1928) 7813 TJB

-Pétrolier Henry Desprez (1932) 9895 TJB

-Pétrolier Shéhérazade (1935) 13647 TJB

-Pétrolier Théodora (en construction au Danemark) 10500 TJB

-Pétrolier Salomé (en construction à Dunkerque) 13000 TJB

Comme on le voit la flotte est plutôt moderne avec deux unités en construction. Le Théodora est mis en service en septembre 1941 et le Salomé en octobre 1941. Les pétroliers Shéhérazade Henry Desprez Roxane Rhéa Pallas et Beauce sont jugés aptes à tenir encore quelques années.

L’«Auxinavi» passe commande de quatre pétroliers type Commission aux chantiers de Normandie à Grand Quevilly pour remplacer ces unités les plus anciennes qui ne sont pas démolies mais restent au port, attendant un éventuel réarmement en cas de brusque besoin de capacité de transport.

-Le Zoé  est mis sur cale le 12 septembre 1942 lancé le 8 janvier 1944 et mis en service le 13 juillet 1944

-L’Euphrosyne est mis sur cale le 12 janvier 1944 lancé le 13 mars 1945 et mis en service le 21 septembre 1945

-L’Irène  est mis sur cale le 4 avril 1945 lancé le 2 septembre 1946 et mis en service le 8 mars 1947

-Le Pulchérie  est mis sur cale le 12 septembre 1946 lancé le 18 décembre 1947 et mis en service le 8 juin 1948.

Compagnie des Affréteurs Français

Cette compagnie à été créée en 1924 avec des navires d’occasion. En 1939/40, elle dispose des navires suivants :

-Cargo Cérès (1918) 3073 TJB

-Cargo Mars (1918) 721 TJB

-Cargo Rabelais (1921) 4999 TJB

Cette compagnie conserve ces trois navires en bon état et passe commande de deux cargos de type Commission, commande passée aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque.

-Cargo type Commission Gargantua mis sur cale le 8 janvier 1945 lancé le 10 février 1946 et mis en service le 8 juillet 1946

-Cargo type Commission Pantagruel  mis sur cale le 13 août 1945 lancé le 8 octobre 1946 et mis en service le 7 février 1947.

Compagnie Africaine d’Armement

Cette compagnie à été créée en 1920 par la Compagnie Auxiliaire de navigation, la compagnie de Saint Gobain et la banque Vernes  pour le transport de minerais et de charbon entre la France, l’Espagne et l’Afrique du Nord, la Compagnie africaine d’armement se reconvertit en 1934 dans le transport pétrolier, principalement entre les pays d’Amérique latine et la raffinerie de Berre.

-Elle dispose à l’époque d’un seul navire, le pétrolier Mérope (1923) 7011 TJB mais songe à augmenter sa flotte en commandant pour compléter le Mérope un grand pétrolier type PC et trois pétroliers PPC. Le premier devait transporter du brut d’Amérique Latine, du Mexique ou du Texas en direction de la raffinerie de l’Etang de Berre appartenant à la compagnie Saint Gobain et les trois autres doivent ramener en métropole le brut non raffiné des puits du Sahara.

-Le pétrolier Sisyphe est mis sur cale aux chantiers navals d’Ostende le 8 mai 1943 lancé le 10 septembre 1944 et mis en service le 7 mars 1945.

Les trois pétroliers type PPC sont commandés respectivement aux FCM du Havre et aux ACSM du Trait pour les deux derniers

-Pétrolier type PPC Etoile du Désert  mis sur cale le 12 novembre 1942 lancé le 8 octobre 1943 et mis en service le 17 septembre 1944

-Pétrolier type PPC Etoile du Sahel  mis sur cale le 8 janvier 1943 lancé le 17 mars 1944 et mis en service le 5 septembre 1944.

-Pétrolier type PPC Etoile du Rif  mis sur cale le 8 janvier 1943 lancé le 17 mars 1944 et mis en service le 5 septembre 1944.
Compagnie des Bateaux à vapeur du Nord

La CBVN (Compagnie des Bateaux à Vapeur du Nord) est créée en 1853 pour relier Dunkerque à Cronstadt, le port de mer de Pétrograd, la capitale de l’Empire russe. Cette nouvelle compagnie ouvre des lignes sur l’Afrique du Nord en 1873, devenant en 1892, la Compagnie Générale des Bateaux à Vapeur à Hélices du Nord. Rachetée par la Société Anonyme de Gérance et d’Armement (SAGA) en 1927, elle garde cependant son autonomie de gestion et sa propre identité. Elle dispose en 1939 des navires suivants :

-Cargo Algérie (1910) 3386 TJB

-Cargo Alsacien (1923) 3819 TJB

-Cargo Amienois (1932) 3713 TJB

-Cargo Artésien (1921) 3152 TJB

-Cargo Cambraisien (1921) 3151 TJB

-Cargo Champenois (1921) 3482 TJB

-Cargo Douaisien (1920) 2954 TJB

-Cargo Lillois (1910) 3681 TJB

-Cargo Lorrain (1923) 3819 TJB

-Cargo Nancéen (1929) 2895 TJB

-Cargo Rémois (1932) 3713 TJB

-Cargo Roublaisien (1921) 3152 TJB

-Cargo Sainte Madeleine (ex-norvégien Batavia) (1922) 962 TJB (appartient au gouvernement français)

-Cargo Strasbourgeois (1929) 2895 TJB

-Cargo Tourquennois (1909) 2953 TJB

La CBVN va bénéficier pleinement de la politique de la CNM en étant sélectionné pour affréter trois cargos financés à 100% par la Commission Nationale Maritime.

Ils reprennent les noms des trois navires les plus anciens dont ils reprennent les noms : Algérie Lillois et Tourquennois. Ces trois navires sont construits aux ACSM au Trait.

-L’Algérie est mis sur cale le 8 septembre 1942 lancé le 14 décembre 1943 et mis en service le 8 juin 1944

-Le Lillois est mis sur cale le 21 décembre 1943 lancé le 8 mars 1945 et mis en service le 12 septembre 1945

-Le Tourquennois est mis sur cale le 18 mars 1945 lancé le 7 septembre 1945 et mis en service le 8 mars 1946.

Compagnie Côtière de l’Annam

Cet armement à été créé en 1923 par la Maison Denis Frères fondée en 1862 à Saïgon. Elle dispose en 1939/40 des navires suivants :

-Cargo Francis Garnier (1903) 1243 TJB

-Caboteur Jean Dupuis (1910) 682 TJB

-Cargo Song Gang (1922) 1065 TJB

-Cargo Kontum (1923) 1565 TJB

-Cargo Tran Minh (1928) 1463 TJB

Elle décide de remplacer ses deux plus anciens cargos par deux cargos neufs de type Commission se tournant vers les chantiers Kaiser de Vancouver (Etat de Washington) pour passer commande de deux cargos en septembre 1943.

-Le Courlis est mis sur cale le 7 novembre 1943 lancé le 8 janvier 1944 et mis en service le 14 juillet 1944.

-Le Petrel est mis sur cale le 17 novembre 1943 lancé le 21 janvier 1944 et mis en service le 1er août 1944

Ces deux navires vont servir sur une ligne reliant Saïgon à la Chine et au Japon avec parfois des rotations sur l’Australie et les Philippines. Les autres navires restent en service après des travaux plus ou moins poussés.

Compagnie Commerciale de l’Afrique Equatoriale (Delmas-Viellejeux)

Cette compagnie dispose en 1939 d’un seul navire, le cargo Mécanicien Principal Carvin datant de 1921 et déplaçant 4281 TJB. Cette situation ne change pas d’ici 1948.

Compagnie Daher

Cette compagnie à été créée en 1863 et dispose en 1939 des navires suivants :

-Cargo Baalbeck (1923) 2115 TJB

-Cargo Vigor (1921) ? TJB

-Cargo Sainte Marguerite II (1921) 1854 TJB

-Cargo Tibériade (1909) 2696 TJB

-Caboteur Lacydon (1910) 840 TJB

Pour remplacer le cargo Tibériade et le caboteur Lacydon, la compagnie Daher passe commande en septembre 1942 de deux cargos de type Commission, commande passée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire.

-Cargo type Commission Judée  est mis sur cale le 8 octobre 1942, mis à flot le 14 février 1944 et mis en service le 7 juillet 1944

-Cargo type Commission Samarie  est mis sur cale le 21 février 1944 mis à flot le 8 juin 1945 et mis en service le 10 octobre 1945

Les autres navires sont encore tous en service en septembre 1948 même si sans le déclenchement du conflit, ils auraient probablement été désarmés.

Compagnie de Navigation D’Orbigny

Cette compagnie rochellaise à été créée en 1865. Dissoute en 1899, elle est reconstituée en 1905 et huit ans plus tard, le siège social est transféré à Paris. Quand éclate la guerre de Pologne, la Compagnie de Navigation D’Orbigny dispose des navires suivants :

-Cargo Arijon (1938) 4374 TJB

-Cargo Criton (1927) 4564 TJB

-Cargo Fauzon (1938) 4376 TJB

-Cargo Gazcon (1932) 4131 TJB

-Cargo Lyon (1940) 5000 TJB

-Cargo Mâcon (ex-Point Ancha EUA/Panama) (1919) 5141 TJB (appartient au gouvernement français)

-Cargo Moron (1930) 4128 TJB

-Cargo Myson (1927) 4564 TJB

-Cargo Pavon (1930) 4128 TJB

-Cargo Platon (1925) 4550 TJB

-Cargo Solon (1925) 4550 TJB

-Cargo Strabon (1938) 4572 TJB

La flotte étant moderne, la Compagnie de Navigation d’Orbigny ne passe pas commande de nouveaux navires avant le second conflit mondial.