Mitteleuropa Balkans (84) Roumanie (14)

Navires de soutien

-Bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa

Le bâtiment-base de sous-marins NMS Constansa à été commandé en même temps que le sous-marin Delfinul. Construit à Fiume, il est mis sur cale en septembre 1927 lancé le 3 novembre 1928 et mis en service en 1931.

Avec le Saar allemand c’est le plus ancien ravitailleur de sous-marins (Submarine Tender) construit dès l’origine pour ce rôle, les premiers navires de ce type étant le plus souvent des navires convertis qu’ils soient civils ou militaires.

Ce navire disposait de stocks de carburant, de pièces détachées et de munitions pour les sous-marins soutenus mais aussi des systèmes de secours sous-marin en cas de problème.
Le navire est toujours en service en septembre 1948, servant de base aux trois sous-marins roumains depuis Constansa et parfois depuis Odessa.

Le NMS Constansa est coulé par l’aviation soviétique lors du bombardement de…..Constansa le 17 juin 1953, trois bombes provoquant l’explosion des torpilles embarquées à bord. Le navire chavire dans le port et coule. L’épave est relevée après guerre et démolie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1329 tonnes pleine charge 2300 tonnes

Dimensions : longueur 77.8m largeur 11.2m tirant d’eau 4m

Propulsion : deux moteurs diesels entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13 nœuds distance franchissable 10000 miles nautiques

Armement : un canon de 105mm, huit canons de 37mm et quatre canons de 20mm

Capacités : deux grues de 50 tonnes, stock de torpilles et de pièces détachées, atelier de maintenance, logements supplémentaires pour un équipage de sous-marin

Equipage : 20 officiers et 152 marins

-Pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca

Les pétroliers NMS Ploesti et NMS Cluj-Napoca sont deux pétroliers militaires construits pour la marine roumaine avant de réduire la dépendance de celle-ci aux pétroliers affrétés pour remplir les dépôts pétroliers roumains. Il semble que le ravitaillement à la mer à été étudié mais les archives sont muettes concernant d’éventuels essais à la mer avec les navires hauturiers de la marine royale roumaine.

-Le NMS Ploesti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 juin 1942 lancé le 9 septembre 1943 et mis en service le 7 novembre 1944.

-Le NMS Cluj-Napoca est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 17 septembre 1943 lancé le 8 janvier 1945 et mis en service le 12 décembre 1945.

Ces deux pétroliers vont d’abord permettre la constitution de réserves de carburant pour la marine roumaine. Même si Bucarest disposait de réserves appréciables à Ploesti, elle n’hésitait pas à importer du pétrole brut et surtout des produits pétroliers venant d’URSS mai aussi du Moyen-Orient.

Au cours des manœuvres de la marine roumaine l’un des deux pétroliers assurait le ravitaillement sur rade des grosses unités.

En septembre 1948 ces deux navires sont toujours en service dans la marine royale roumaine, assurant le ravitaillement des navires roumains ainsi que la constitution de dépôts à Odessa et à Sébastopol après la prise de la ville par les germano-roumains.

A plusieurs reprises le Ploesti échappe aux attaques soviétiques qu’elles soient sous-marines, aériennes ou navales mais sa chance l’abandonne le 4 octobre 1952 quand il saute sur une mine mouillée à l’entrée du port de Sébastopol.

Une brèche de 5m de long sur 3m de large entraine son naufrage, suffisamment lent pour permettre aux 45 membres d’équipage d’évacuer même si huit d’entre-eux blessés succomberont ultérieurement à leurs blessures.

Le NMS Cluj-Napoca était à Odessa quand les soviétiques lancent l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF. Deux divisions aéroportées (et une brigade qui sera aérotransportée) sont larguées sur la ville, largages précédés et accompagnés de bombardements navals et aériens.

Le pétrolier roumain allait appareiller au moment où retentit une alerte aérienne. Il appareille en urgence dans l’espoir d’échapper au feu de Wotan mais répéré par un navire soviétique il est la cible de tirs d’artillerie de marine mais aussi de l’aviation qui délaisse un temps l’attaque du port pour inscrire ce navire sur ce tableau de chasse. Dans des circonstances incertaines le navire est touché, chavire, explose et coule en quelques secondes ne laissant aucun survivant.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 2800 tW pleine charge 5500 tonnes 2500 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 103.50m longueur entre perpendiculaires 97.70m largeur 13.40m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : deux moteurs diesels Siemens 2 temps dévellopant 3500ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 noeuds distance franchissable 6300 miles nautiques à 12 noeuds

Capacités : six soutes totalisant 6500 mètres cubes et 3 cales représentant 350 mètres cubes. Un mat de charge de 2 tonnes à 5m

Armement : trois canons de 37mm, six canons de 20mm

Equipage : 9 officiers et 36 hommes

-Cargo NMS Danubia

Le cargo NMS Danubia à été commandé en même temps que les deux pétroliers ci-dessus. Il s’agissait de permettre de constituer une mini-base flottante de ravitaillement pour une escadre roumaine dans un port non équipé.

Si on se livre aux délices de l’anachronisme on aurait pu imaginer qu’avec un dock-flottant les roumains pouvait ainsi transformer un port lambda en base navale tactique et être moins dépendant de leur base de Constansa.

-Le NMS Danubia est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 mai 1945 lancé le 8 mars 1946 et mis en service le 22 septembre 1946.

Navire neuf en septembre 1948 il assure des missions de transport de matériel et de troupes en direction d’Odessa puis de Sebastopol. Il est endommagé à plusieurs reprises dont la dernière fois le 4 septembre 1953, une bombe le frappant à l’avant, l’incendie étant circonscrit de justesse.

La marine roumaine entreprend aussitôt des réparations mais celles-ci durent plus longtemps que prévu et quand l’opération PIOTR VELIKYI est déclenché le 11 septembre 1953, le cargo était toujours incapable de reprendre la mer.

Comme les réparations devaient encore prendre environ 15 jours et que la Crimée devenait indéfendable, les roumains décident de le saborder pour qu’il ne tombe pas aux mains des soviétiques.

Ce sera peine perdue puisque il sera relevé par les soviétiques, remis en état et utilisé comme cargo militaire jusqu’en 1975 date à laquelle il est désarmé et démoli.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 7000 tW pleine charge 20000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 136.50m longueur entre perpendiculaire 132m largeur 18m tirant d’eau à pleine charge 7.9m

Propulsion : deux groupes diesels Siemens dévellopant une puissance totale de 9700ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (16 noeuds dans la pratique) distance franchissable 7000 miles nautiques à 8 noeuds 3500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : un canon de 120mm, six canons de 37mm, quatre canons de 20mm, nombre variable de mitrailleuses.

Capacités : quatre cales pouvant contenir un total de 11500 tonnes de charge. Manutention assurée par deux mats de charge

Equipage : 62 hommes

Navires fluviaux

Monitors

Le NMS Mihail Kogalniceanu

La défense du Danube à toujours représenté une importance vitale pour la marine roumaine qui disposa jusqu’en 1954 d’une flottille fluviale parmi les plus puissantes du monde avec notamment quatre monitors semblables baptisés Mihail Kogalniceanu, Alexandru Lahovari, Ion C. Bratianu et Lascar Catargianu.

Ces navires sont destinés à combattre un ennemi tentant de franchir le fleuve mais aussi assurer une mission d’appui-feu en cas d’offensive ou de mission défensive, la marine roumaine et sa flottille fluviale ayant joué un rôle majeur dans l’impossibilité pour les Empires Centraux de contrôler les bouches du Danube.

Durant la longue période séparant les deux conflits mondiaux il y eu des projets de construction de monitors modernes mais aucun ne dépassa pas le stade du projet et c’est donc avec les vétérans du premier conflit mondial que la flottille roumaine du Danube va partir au combat.

Elle va appuyer les prémices de l’opération BARBAROSSA contre l’URSS et lors que le front se révéla trop éloigné, la flottille retrouva sa mission première de sécurisation.

La menace principale étant la mine, elle du transformer une partie de ses moyens pour détruire les mines larguées par des avions occidentaux puis soviétiques et qui causèrent son lot de pertes.

Aux mines s’ajouta la menace des commandos, les britanniques des SBS lançant plusieurs attaques sur les ponts du Danube imposant certaines contre-mesures (filets, vedettes rapides).

Le Mihail Kogalniceanu qui avait été transformé en monitor hauturier assure la défense des Bouches du Danube. Les roumains étudient un moment la possibilité de l’envoyer en Crimée mais y renoncent de peur qu’une mer un peu forte n’entraine le navire par le fond.

Il va donc opérer dans la zone des bouches du Danube pour sécuriser une artère vitale pour l’effort de guerre roumain en particulier et de l’Axe en général. Il est coulé par l’aviation soviétique le 17 octobre 1953, deux bombes l’envoyant ad patres.

L’Alexandru Lahovari endommagé par une tempête est saisi par les soviétiques lors du basculement de la Roumanie en septembre 1953. Très usé, il est utilisé comme ponton d’allégement par les soviétiques avant d’être envoyé à la casse en 1957.

L’Ion C. Bratianu est coulé par l’aviation soviétique le 4 mars 1953 alors que le Lascar Catargianu est victime d’une mine larguée dans le Danube par des bombardiers britanniques le 19 décembre 1952.

A noter que durant le conflit les roumains vont construire un certain nombre de barges d’appui-feu, des embarcations non motorisées et qui devaient être poussées ou remorquées pour changer de position. Néanmoins habilement utilisées et bien camouflées ils représentèrent une vraie menace qui imposa aux soviétiques un patient travail de recherche et de destruction.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 680 tonnes pleine charge 750 tonnes

Dimensions : longueur 63.5m largeur 10.3m tirant d’eau 1.6m

Propulsion : deux turbines à engrenages deux chaudières Yarrow dévellopant 1800ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13 nœuds distance franchissable 1500 miles nautiques
Protection : 70 à 75mm

Armement : trois canons de 120mm Bofors, un canon de 76mm, deux canons de 47mm, deux mitrailleuses, deux lanceurs de charges de profondeur

Equipage : 110 officiers et marins

Vedettes fluviales

Les quatre vedettes fluviales NMS Stihi, Dumitrescu, Lepri et Subolocotenet Ghiculea sont d’anciens navires français acquis après le premier conflit mondial.

En dépit d’un tonnage élevé pour des vedettes fluviales elles se révélèrent à leur aise sur le Danube ce qui explique qu’elles étaient encore en service en septembre 1948 même si sans le déclenchement du second conflit mondial elles auraient été remplacées par les patrouilleurs ci-après nettement mieux adaptés à la guerre fluviale.

Aucune de ces vedettes ne survivent au second conflit mondial, conflit qui les verront au final opérer sur le Danube mais aussi en mer Noire mais sans jamais s’éloigner trop du grand fleuve européen.

La NMS Stihi est coulée par l’aviation soviétique le 8 septembre 1950, la NMS Dumitrescu est victime d’une mine larguée soit par les soviétiques ou par les britanniques à moins qu’une mine roumaine ait rompu ses amarres. La NMS Lepri est victime d’un incident d’origine accidentelle le 5 mai 1952 alors que la NMS Subolocotenet Ghiculea à été sabordée à Constansa où elle subissait une révision générale avant une éventuelle remise en service (septembre 1953).

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 344 tonnes pleine charge 443 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 7m tirant d’eau 2.9m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : un canon de 100mm, un canon de 76.2mm, deux canons de 37mm, quatre canons de 20mm et un mortier de 81mm

Equipage : 50 officiers et marins.

Patrouilleurs fluviaux type BRP-1

En dépit de leur efficacité, les anciennes canonnières de classe Luronne n’étaient pas des navires fluviaux idéaux. Très vite elles ont été vues comme des navires de transition le temps que des navires conçus dès l’origine pour cette mission soient construits.

Comme souvent entre le projet et la réalisation il se passa un très grand laps du temps et ce n’est que peu avant le début du second conflit mondial que six Barca de patrulare fluviala ont pu être mis en service.

Il s’agissait de navires à très faible tirant d’eau pour s’engager quasiment partout avec un armement lui permettant à la fois d’assurer de «simples» missions de patrouille que de véritables missions de combat. Ces navires ne reçoivent pas de nom mais simplement les lettres BRP suivit d’un chiffre allant de un à six.

Ces navires n’ont guère le temps de goûter aux joies des patrouilles pacifiques puisque le second conflit mondial leur impose une grande vigilance. Cette vigilance est d’autant plus importante que les incidents de frontière sont nombreux. A plusieurs reprises avant le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, les BRP sont obligés d’ouvrir le feu en soutien des garde-frontières.

Après avoir couvert le franchissement du fleuve, ces patrouilleurs vont assurer la protection de la navigation sur le plus grand fleuve européen, devant surtout lutter contre les mines voir contre des raids commandos menés notamment par les SBS britanniques.

Quatre d’entre-eux sont perdus durant le conflit, les BRP-1 et 2 coulés par l’aviation soviétique respectivement les 14 mars 1952 et 8 septembre 1953, le BRP-3 victime d’une collision avec une barge chargée de pétrole et le BRP-6 détruit par une mine. Les BRP-4 et 5 saisis par les soviétiques sont rendus en 1959 à la Roumanie pour les utiliser comme navires pour garde-frontières jusqu’à leur retrait au cours des années soixante-dix.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : 75 tonnes

Dimensions : longueur 27m largeur 5.20m tirant d’eau 1.80m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 25 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques
Protection : léger blindage de la passerelle

Armement : un canon de 76.2mm à l’avant, deux canons de 37mm, deux canons de 20mm, un mortier de 81mm

Equipage : 32 officiers et marins.

Dominions (99) Nouvelle-Zélande (10)

La New Zealand Army dans le second conflit mondial

Soldats néo-zélandais WWII.jpg

Soldats néo-zélandais  dans le Pacifique. Vu la décontraction des kiwis, les combats semblent très loin

Mobilisation

La mobilisation des réservistes _il n’est pas encore question de conscription_ commence dès le début du mois d’août. Ils vont compléter les soldats en service permanent. Comme il manque un certain nombre de spécialistes à des postes clés, des australiens mais aussi des britanniques vont intégrer des unités néo-zélandaises le temps que des nationaux prennent le relais.

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Grande-Bretagne (71) Royal Marines

ROYAL MARINES

Historique

Royal Marines en tenue de parade en 1972

Royal Marines en tenue de parade en 1972

Pendant longtemps les batailles navales ressemblaient beaucoup à des combats terrestres. En l’absence d’artillerie, les navires cherchaient à s’aborder pour terminer l’affrontement par un combat entre fantassins, les romains mettant au point le corbeau, une passerelle mobile pour permettre aux légionnaires d’aborder les galères et autres trirèmes ennemies.

Autre mode de combat, la descente. Une flotte mouillait au large d’un port, débarquait des soldats qui détruisaient les dépôts de vivres, de munitions, les navires au mouillage avant que ces ancètres des commandos rembarquaient pour échapper à une éventuelle riposte d’une flotte ennemie.

Le raid sur Cadix de Francis Drake en 1587 retarda de plus d’un an l’envoi de l’Armada au large des côtes britanniques avec le résultat que l’on sait, l’échec de l’Invincible Armada rendant impossible toute restauration catholique en Angleterre.

Ce mode d’action entraina la création d’unités d’infanterie dédiées à ce type de missions comme les Compagnies de la Mer en 1622 pour la France ou le Tercio de Armada pour la marine espagnole.

Quand à la Royal Navy, elle créa une unité spécifique, les Royal Marines qui reçoivent cette apelation seulement en 1802 après plus d’un siècle d’existence.

Le 5 avril 1755, cinquante compagnies sont créées, formant trois divisions (Chatham, Portsmouth, Plymouth) au sein de la force des marines de sa majesté (His Majesty Marine Forces) qui peut cependant faire remonter son existence à 1664 date de la création du Duke of York & Albany Regiment of Foot, un régiment d’infanterie levé par le Lord de l’Amirauté, Jacques Stuart, futur Jacques II d’Angleterre et dernier roi catholique d’Angleterre.

Ces Marines sont embarqués sur des navires pour deux missions : le combat à l’abordage, le tir de précision depuis les matures pour abattre les officiers ennemis et la sécurité des officiers face à un équipage pas toujours composés des éléments sains de la société.

En 1802, la force des Marines obtient le titre Royal de George III, devenant les Royal Marines qui sont rejoints par des artilleurs en 1804, les Royal Marines Artillery, ces derniers se distinguant par un uniforme Bleu d’où leur surnom de Blue Marine aux artilleurs et de Red Marine aux fantassins qui conservaient la tenue rouge classique de l’infanterie britannique.

En 1855, les fantassins des Royal Marines forme le Royal Marines Light Infantry qui devient sept ans plus tard, le Royal Marine Light Infantry. Comme le reste de l’armée britannique, les marines participent à la conquête coloniale.

Quand éclate le premier conflit mondial, les marines sont les premières troupes britanniques déployées sur le continent, les Royal Marines formant une partie de la Naval Division débarquée à Anvers pour protéger ce port d’une occupation allemande mortelle pour Londres.

Les Royal Marines vont participer à toutes les grandes opérations du premier conflit mondial puisqu’ils sont engagés dans les Dardannelles en 1915 mais également sur le front occidental, menant les raids sur Zeebruge en 1916 et 1918.

Quand le premier conflit mondial se termine, les Royal Marines sont 55000 sous les drapeaux mais cet apogée est forcément provisoire puisque le retour de la paix entraine une brutale et brusque déflation des effectifs qui retombent à 15000 hommes en 1922.

Et ce n’est pas fini car en 1923, les deux branches (infanterie et artillerie) fusionnent, entamant une nouvelle baisse des effectifs avec 9500 hommes après que le Trésor eut demandé 6000 hommes voir même une disparition pure et simple !

Perdant son artillerie, les Royal Marines dépendent désormais de la Royal Artillery pour son appui-feu. Le corps serait donc capable de mener des raids limités, une saisie d’objectifs peu défendus mais bien incapables de combattre contre des unités armées et motivées.

En septembre 1939, les Royal Marines sont réduits à quatre bataillons, trois en métropole et un en Egypte.

La mobilisation permet de créer une Royal Marines Naval Brigade destinée à opérer sur le continent ou en Norvège mais comme le conflit se termine rapidement, cette brigade est dissoute en mars 1940.

En septembre 1941, décision est prise d’accroitre et de réorganiser totalement le corps des Royal Marines. Les marines britanniques de l’époque considèrent qu’il s’agit d’une véritable renaissance d’une arme qui va écrire de glorieuses pages dans le second conflit mondial.

Organisation des Royal Marines en septembre 1948

C’est le rapport Taylor-Bowen remis au premier lord de l’Amirauté en mars 1942 qui va piloter la réforme, la réorganisation et l’accroissement des effectifs du Royal Marines Corps (RMC).

Ce rapport distingue clairement désormais les missions de l’infanterie de marine britannique :

-Sécurité des bases navales

-Prise d’objectifs stratégiques

-Participation aux opérations expéditionnaires (on ne parle pas encore d’opérations
amphibies)

Sur le plan de l’organisation, le rapport Taylor-Bowen va créer quatre branches, une organisation simple et claire :

-Royal Marines Security Force (RMSF) : bataillons et compagnies chargées de la protection des bases navales et des dépôts.

-Royal Marines Light Infantry (RMLI) : c’est la force de combat du corps avec des
brigades navales en métropole, Méditerranée et Extrême-Orient.

-Royal Marines Artillery (RMA) : trois bataillons d’artillerie destinés à renforcer l’artillerie des Naval Brigade

-Royal Marines Training Force (RMTF) : C’est cette branche qui gère le recrutement,
l’entrainement et le maintien en condition des Marines.

Royal Marines Security Force (RMSF)

Cette première branche est celle concentra la majorité des effectifs puisque que les Naval Brigades n’ont que des effectifs réduits en temps de paix. Il ne s’agit pas d’unités-cadre mais sur les trois bataillons de chaque brigade, un seul est à effectifs plein, le second à 50% alors que le troisième doit être activé à la mobilisation.

La RMSF est subdivisée en brigades, des brigades territoriales, une pour la métropole, une pour la Méditerranée, une pour le Moyen-Orient, une pour l’Extrême-Orient et une pour les colonies.

Les bases majeures disposent d’un bataillon organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de sécurité et une compagnie d’appui (mitrailleuses et mortiers). Il s’agit donc de véritables bataillons d’infanterie et non d’une simple force de sécurité.

RMSF-Home Brigade

-1st Battalion RMSF : Rosyth

-3rd Batallion RMSF : Faslane

-5th Batallion RMSF : Chatham

-7th Batallion RMSF : Devonport

-9th Batallion RMSF : Plymouth

-Une compagnie indépendante à Scapa Flow et une autre à Portland

RMSF-Mediterranean Brigade

-2nd Batallion RMSF : Malte

-4th Batallion RMSF : Alexandrie

-Une compagnie indépendante à Gibraltar

RMSF-Middle East

-Un bataillon à trois compagnies de sécurité, une compagnie déployé à Aden avec compagnie de commandement, une compagnie déployée à Bassorah et la troisième compagnie à Bombay. Il reçoit le numéro 6 en 1948 (6th Batallion RMSF).

RMSF-Eastern Fleet

-8th Batallion RMSF : Alor Setar

-10th Batallion RMSF : Singapour

-11th Batallion RMSF : Singapour

-12th Batallion RMSF : Hong-Kong

-Une compagnie indépendante déployée à Kuching

RMSF-Colonial

-Une compagnie déployée aux Bermudes et une autre déployée à Freetown

Royal Marines Light Infantry (RMLI)

Reprenant la désignation historique des unités d’infanterie des Royal Marines, le RMLI se compose de trois brigades organisés en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de soutien logistique, une compagnie de transmission, trois bataillons d’infanterie (un à pleins effectifs, un à 50% et un activé à la mobilisation), un bataillon d’appui (mortiers lourds, mitrailleuses, canons antichars, éclaireurs).

1st Naval Brigade-RMLI (Grande-Bretagne)

-Etat-Major

-Compagnie de Commandement et de Soutien

-Compagnie de soutien logistique

-Compagnie de transmissions

-1st Batallion-RMLI (bataillon d’active)

-3rd Batallion-RMLI (batailon à 50% d’effectifs)

-5th Batallion-RMLI (bataillon à activer)

Suite aux tensions récurentes et à des informations évanescentes sur une possible invasion allemande de la Norvège, la Royal Navy décide d’activer à 50% le 5th Batallion-RMLI ce qui rendit la brigade plus puissante lors de son engagement en Norvège.

-Un bataillon d’appui avec une compagnie de mortiers lourds (106.7mm), une compagnie de mitrailleuses (Vickers de 7.7mm), une compagnie de canons antichars (canons de 6 livres) et une compagnie d’éclaireurs (les ancètres du SBS).

2nd Naval Brigade-RMLI (Méditerranée)

-Etat-Major

-Compagnie de Commandement et de Soutien

-Compagnie de soutien logistique

-Compagnie de transmissions

-2nd Batallion-RMLI (bataillon d’active) stationné à Gibraltar

-4th Batallion-RMLI (bataillon à 50% d’effectifs) stationné à Malte

-6th Batallion-RMLI (bataillon à activer) doit être stationné en Egypte.

-Bataillon d’appui stationné en Egypte

3rd Naval Brigade-RMLI (Extrême-Orient)

-Etat-Major

-Compagnie de Commandement et de Soutien

-Compagnie de soutien logistique

-Compagnie de transmissions

-7th Batallion-RMLI (bataillon d’active) déployé à Singapour

-8th Batallion-RMLI (bataillon à 50% d’effectifs) déployé à Alor Setar

-9th Batallion-RMLI (bataillon à activer) déployé à Singapour
-Bataillon d’appui

Royal Marines Artillery (RMA)

En 1923 pour de basses raisons budgétaires, les Royal Marines avaient perdu leur artillerie, passant d’une véritable force de combat à une simple force de sécurité.

Le rapport Taylor-Bowen préconise de recréer des unités d’artillerie. Pas moins de huit bataillons sont jugés nécessaires mais en raison d’un manque de budgets seulement quatre bataillon sont créés, deux en métropole, un en Méditerranée et un quatrième en Extrême-Orient.

Chaque bataillon d’artillerie est organisé en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, une batterie de soutien logistique, une batterie de conduite de tir et trois batteries de six canons de 25 livres.

Le 1st Batallion-RMA est stationné à Inverness, le 2nd Batallion-RMA est stationné à Alexandrie, le 3rd Batallion-RMA est stationné à Chatham et enfin le 4th Batallion-RMA est déployé à Singapour.

Royal Marines Training Force (RMTF)

Installé à Londres, l’état-major de la RMTF gère l’administration, le recrutement, la formation et l’entrainement des Royal Marines.

L’entrainement initial à lieu à Plymouth Barrack à Devonport avant une spécialisation soit à Salisbury pour l’artillerie ou à Exeter pour l’infanterie.

Une fois formées les recrues sont affectées soit à des unités de combat ou à des unités de sécurité en métropole ou en outre-mer.

Pour anticiper une rupture des communications, des camps d’entrainement sont mis sur pied à Chypre pour la Méditerranée, à Karachi aux Indes et à Kuching en Malaisie. Cela permettra aux réservistes ou aux jeunes britanniques de pouvoir devenir des Royal Marines.

Equipement

L’armement est identique à celui de l’armée de terre à l’exception des pistolets mitrailleurs, les Royal Marines disposant de mitraillettes Lanchester inspirées de la MP-28 allemande.

Outre le fusil Lee-Enfield, les Royal Marines disposent de révolvers Webley, de fusils mitrailleurs Bren, de mitrailleurs Vickers, de mortiers de 2 pouces (51mm), de mortiers de 3 pouces (76.2mm) et de mortiers de 4.2 pouces (106.7mm).

Pour ses éclaireurs (Royal Marines Scouts), le RMC à acquis des fusils antichars Boys et des fusils Springfield modèle 1903 pour le tir de précision.

On trouve également des canons antichars de 6 livres (57mm) utilisés pour la lutte antichar mais également comme canon d’infanterie notamment au moment du débarquement et de la prise d’objectifs stratégiques. Des PIAT sont également disponibles pour permettre aux fantassins de se défendre contre des chars.
En ce qui concerne l’artillerie, le seul canon utilisé est le classique 25 livres, le canon-obusier standard de l’artillerie britannique, arme mise en œuvre par les quatre bataillons de la Royal Marines Artillery (RMA).

Les bataillons de sécurité et d’infanterie disposent de camions et de véhicules légers mais pas de blindés.

Ce n’est qu’au cours du conflit que les Royal Marines disposeront d’autos blindées et même de chars amphibies.