Italie (28) Croiseurs légers (2)

Croiseurs-éclaireurs classe Capitani Romani

CL Pompeo Magno 3.jpg

Le Pompeo Magno

Avant-propos

C’est en 1935/36 que les ingénieurs du génie naval italien commencent à travailler sur un projet d’éclaireur océanique, désignation destinée à ne pas les confondre avec les Navigatori initialement classés comme des éclaireurs légers.

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Italie (26) Croiseurs Lourds (3)

Croiseurs lourds classe Ragusa

CA Zara 8

Les Ragusa sont une évolution des Zara (ici le Zara)

Avant-Propos

Comme nous l’avons vu plus haut le croiseur lourd est une véritable créature du traité de Washington signé le 6 février 1922 puisque ces caractéristiques répondent au maximum autorisé à savoir environ 10000 tonnes et une artillerie principale d’un calibre maximal de 203mm même si mis à part les soviétiques avec leurs canons de 180mm, aucun croiseur type Washington sera armé d’un autre calibre que le 203mm (les Hawkins et leurs canons de 190mm ont servis de maitres étalons).

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Italie (25) Croiseurs lourds (2)

Croiseurs lourds classe Zara

CA Zara 10

Le Zara

Avant-propos

Comme nous l’avons vu plus haut les premiers Incrociatori Pesanti étaient des navires bien armés, rapides mais à la protection plus symbolique qu’efficace. La seconde génération de croiseurs lourds est marquée par une diminution de la vitesse et un renforcement de la protection.

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Italie (16) Regia Marina (6)

La marine italienne dans le second conflit mondial : des coups d’éclat et une longue descente aux enfers

Comme nous venons de le voir, la marine italienne est sur le papier puissante mais comme nous l’avons vu les faiblesses présentes en 1939/40 n’ont pas toutes été gommées soit par manque de moyens ou par «aveuglement».

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Italie (10) Géopolitique & R.I (1)

GEOPOLITIQUE DE L’ITALIE

Réflexions géopolitiques

Si la Méditerranée n’est plus le cœur du monde depuis le 15ème siècle elle reste une zone stratégique pour le commerce, pour la circulation des hommes et des marchandises.

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21-Armée de terre (36)

1ère Division Légère de Cavalerie

En mars 1945, un imposant convoi italien quitte Tarente pour Benghazi. Solidement escorté par la Regia Marina, il entraine la mise en alerte des Forces Armées de Tunisie qu’il s’agisse des unités de l’armée de terre, de l’armée de l’air ou de la marine, la 6ème Escadre Légère se tennant prête à repousser un raid amphibie sur Bizerte, en attendant le soutien de la 2ème et de la 4ème Escadre.

En fait, ce convoi n’est pas le précurseur d’une attaque italienne contre la Tunisie mais l’arrivée en ASI (Africa Setentrionale Italiana) de la 132ème division blindée (Divisione Corzatta) Ariete  qui rallie ensuite Tripoli où elle va être stationnée.

Cette arrivée bouscule le rapport des forces entre la France et l’Italie, les FAT ne disposant que de bataillons de chars de combat et d’unités de cavalerie partiellement motorisées. Le haut commandement en Tunisie réclame donc l’envoi dans le protectorat d’une unité à base de chars.

Le général Villeneuve étudie un temps l’envoi de la toute nouvelle 6ème DLM mais préfère finalement transformer en unité motomécanique, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique et ses trois régiments en l’occurence le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique déjà partiellement motorisé, le 4ème régiment de spahis tunisiens et le 1er régiment étranger cavalerie.

Le 5 septembre 1945, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC) avec l’organisation suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 4ème régiment de spahis tunisiens équipé principalement d’AMX-42

-Un régiment de combat, le 1er régiment étranger de cavalerie équipé de Somua S-40

-Un régiment de chasseurs portés, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique équipé de Lorraine 39L

-Un régiment d’artillerie, le 78ème régiment d’artillerie tout terrain tracté avec un état-major, une batterie hors rang et deux groupes de 105mm modèle 1935B tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antichar divisionnaire (BDAC) avec des canons de 47mm modèle 1939 tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antiaérienne divisionnaire avec des canons de 25mm portés sur Lorraine 39L pour coller au train des chars

-Le 1er bataillon de génie d’Afrique à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Une compagnie télégraphique

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-317ème compagnie automobile de quartier général

-417ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 25ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 51ème bataillon sanitaire divisionnaire

Le Groupement Mécanisé Colonial (G.M.C)/2ème Division Légère de Cavalerie

A partir du milieu de la décennie 1940, la France se préoccupe enfin de moderniser ses forces déployées en Indochine. Cette modernisation n’est pas destinée à rendre la colonie inexpugnable face aux menées japonaises mais de rendre la conquête indigeste.

De plus la France se sent des devoirs vis à vis des autres puissances coloniales dans la région, les troupes japonaises immobilisées pour la conquête de l’Indochine ne seront engagées ni contre la Chine du Kuomintang, ni contre les Phillipines, la Malaisie, la Birmanie, Singapour ou les Indes Néerlandaises.

Les unités d’infanterie nettement renforcées avec pas moins de six D.L.I déployées en Indochine mais ces unités manquent de chars. Or le Japon même si ses unités de cavalerie ont connu une sensible amélioration ne privilégie pas la mécanisation de son armée, estimant que le théâtre d’opération si prète peu.

La France décide de déployer en Indochine des chars modernes en l’occurence des Somua S-35 qui en voie de déclassement en Europe sont largement à la hauteur de leur mission dans cette lointaine colonie.

Le 1er septembre 1945, le groupement mécanisé colonial est officiellement créé à Hanoï avec l’arrivée des premiers véhicules en Indochine : des Somua S-40, des Panhard AMD-178 et des Laffly S20T, des canons de 75mm TAZ modèle 1939………. .

Ce groupement mécanisé colonial va être organisé selon un schéma qui va s’inspirer  de celle de la 1ère D.L.C avec un état-major, un régiment de découverte, un régiment de combat, un régiment de dragons portés coloniaux, un régiment d’artillerie motorisée, des unités antichars et antiaériennes ainsi que des services.

Pour bien montrer la spécificité de cette unité, les régiments de cavalerie sont baptisés RCI pour Régiment de Cavalerie Indochinoise (R.C.I).

-Un état-major de division

-Le 1er RCI équipé de Panhard AMD-178 et de fusiliers motocyclistes

-Le 2ème RCI équipé de Somua S-40 avec pas moins de quatre escadrons à cinq pelotons de six véhicules soit un total de 120 chars

-Le 1er régiment de dragons portés coloniaux (1er RDPC) avec trois bataillons dont un de mobilisation

-Le 79ème régiment d’artillerie tout-terrain tractée équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B, tous remorqués.

-Une batterie antichar divisionnaire équipé de canons de 47mm modèle 1937 remorqués par tracteurs

-Une batterie antiaérienne divisionnaire équipé de canons de 25mm modèle 1939 remorqués par camions

-Un bataillon du génie à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Un escadron de réparations divisionnaire

-Une compagnie de transport automobile

-Un groupe sanitaire divisionnaire

A la déclaration de guerre de septembre 1948, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

18-Bases et arsenaux (8)

I-Base navale de Bizerte

Plan général du site de Bizerte

Plan général du site de Bizerte

Un site idéal

«Ce lac vaut à lui seul, la possession de la Tunisie toute entière…. Oui messieurs, si la France s’est installée en Tunisie c’est pour posséder Bizerte……» . Cette phrase prononcée par Jules Ferry le 23 avril 1887 explique plus qu’un long discours que la France à pour Bizerte les yeux de Chimène.

Il est cependant difficile d’imaginer que c’est uniquement pour Bizerte que la France s’est installé en Tunisie. Une fois le protectorat français sur la Tunisie imposé par le traité du Bardo de 1881, la question d’un point d’appui bien équipé, un pendant à la base navale de Toulon pour contrôler le détroit de Sicile, une voie d’eau stratégique entre les deux bassins de la Méditerranée.

Le site de Bizerte est un site merveilleusement propice avec une vaste étendue d’eau qui pouvaient être aisément reliée à la haute-mer ce qui permet à la marine de mettre la flotte à l’abri des obus d’une escadre ennemie.

Néanmoins, les travaux ne commencent pas immédiatement pour des raisons diplomatiques : ne pas mécontenter l’Angleterre qui n’était guère emballée que la France installe une base à proximité de Malte. Voilà pourquoi la Marine évacue Bizerte le 18 mars 1884.

Des travaux sont cependant menés. Un canal reliant le lac à la mer est creusé entre octobre 1886 et mars 1892. C’est à partir de 1897 que les travaux pour un véritable point d’appui à Bizerte commencent.

La crise de Fachoda en 1898 montre l’inquiétante faiblesse des points d’appui de la marine pour la défense de l’Empire et d’une simple base d’opérations, Bizerte devient une véritable base navale avec la construction de l’Arsenal de Sidi-Abdallah au fond du lac et donc à l’abri des obus d’une flotte ennemie.

Les travaux vont être menés régulièrement durant l’entre-deux-guerre mais il faudra attendre la décennie 1940 pour assister à de véritables travaux de modernisation, faisant de Bizerte l’une des bases navales les plus modernes de la marine nationale en compagnie de Cam-Ranh, un modèle qui aurait sans doute inspiré les projets de modernisation de Brest et de Toulon sans le déclenchement du second conflit mondial à l’automne 1948.

Description du site

Le Goulet

C’est la portion allongée du lac de Bizerte, une sorte de sas de 8km de long sur 300m de large relié à la mer par un canal artificiel d’un kilomètre de long (240m de large et 15m de profondeur en 1948) qui remplaçait un isthme séparant le lac de la mer.

C’est la partie opérationnelle de la base navale de Bizerte. Les rives sont aménagées pour pouvoir accueillir de nombreux navires pour les ravitailler en carburant, en munitions et en charges diverses.

Ces dépôts sont profondément enterrés pour les protéger des tirs de la flotte et nouveauté de l’aviation qui réduit l’utilité d’isoler la flotte sur le lac. Les dépôts implantés à 3km des rives du goulet et des tunnels passent sous l’ensemble «Sidi Ahmed/Karouba». Les travaux lancés en septembre 1940 sont achevés en septembre 1945.

La Nouvelle Rade

Jusque là, les navires étaient mouillés au milieu du lac quand ils n’étaient pas en travaux à Sidi-Abdallah ou quand ils ne se ravitaillaient pas dans le Goulet. Pour rationaliser l’espace, on décide de construire à proximité de l’Arsenal de  Sidi Abdallah des kilomètres de quai et des digues pour créer un vrai mouillage comparable à la Rade-Abri à Brest.

Les travaux commencés en juin 1944 sont achevés en mars 1948 même si un budget moins important que prévu à obligé la marine à revoir à la baisse le projet d’origine qui ne permis d’accueillir que des croiseurs et des contre-torpilleurs, les cuirassés et les porte-avions devant continuer à mouiller au milieu du lac. Les sous-marins restent mouillés dans la baie Ponty où les installations sont améliorées avec des dépôts rationalisés et mieux protégés des coups ennemis.

L’Arsenal de Sidi-Abdallah

Plan de l'Arsenal de Sidi-Abdallah en 1935/36 avant les travaux d'expansion

Plan de l’Arsenal de Sidi-Abdallah en 1935/36 avant les travaux d’expansion

Cet Arsenal est construit à la fin du 19ème siècle au fond du lac de Bizerte hors de portée de l’artillerie navale de l’époque. Bien équipé, il dispose en septembre 1939 de quatre bassins, deux de 250m (formes n°1 et 2) et deux de 120m (formes n°3 et n°4).

La priorité est d’agrandir les bassins, la marine voulant pouvoir caréner des contre-torpilleurs et des croiseurs légers dans les formes n°3 et 4, des cuirassés, des croiseurs lourds et des porte-avions dans les formes n°1 et 2.

Les travaux sont menés parallèlement sur les quatre bassins sans que leur utilisation ne cesse. Entamés en janvier 1941, ils sont achevés en mars 1944. Outre l’extension, les pompes des bassins sont changées et protégées dans un blockhaus. Les grues alors présentes sont remplacées par des grues plus puissantes.

Les ateliers, les fonderies et les stocks sont totalement réorganisés pour améliorer l’efficacité de l’Arsenal qui assure les travaux aussi bien sur les unités de la 6ème Escadre Légère mais également au profit d’unités basées à Toulon que ce soit pour des raisons accidentelles (échouage du Strasbourg et de l’Alsace) ou de saturation de l’Arsenal de Toulon.

Les fortifications

En septembre 1939, les défenses maritimes du secteur de Bizerte peuvent être considérées comme très correctes surtout si on les compare à celles de Cherbourg, de Brest ou encore de Toulon. La raison est simple : la menace italienne sur Bizerte en particulier et sur la Tunisie en général.

L’ensemble du dispositif représente 11 batteries et 54 canons (trois batteries d’artillerie principale avec deux tourelles doubles de 340mm et 8 canons de 240mm; six batteries d’artillerie secondaire de 164 et de 75mm et deux batteries d’artillerie légère de 75mm) et à ce dispositif s’ajoute huit batteries d’artillerie antiaérienne et 8 sections de mitrailleuses de 13.2mm.

Ce dispositif est réparti de la façon suivante :

-Roumadia (rive sud) 4 canons de 240mm

-Rara (rive nord) 4 canons de 240mm

-El Metline : 4 canons de 340mm en deux tourelles doubles

-Cap Bizerte (rive nord) : 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Djebel Soumeur (rive nord) : 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Cap Zebib (rive sud) 3 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Chreck ben Chabane (rive sud) 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Remel Djebel Chabane (rive sud) 3 canons de 164mm semi-mobile

-El Euch (rive nord) 4 canons de 164mm

-Batterie de la Maison Cotonnière 4 canons de 75mm

-Batterie du Coudia 4 canons de 75mm

Entre 1940 et 1948, ces batteries sont modernisées avec réfection de la maçonnerie, installation de groupes électrogènes…….. .

Si les canons de 164, de 240 et de 340mm sont maintenus, les canons de 75mm sont remplacés par douze canons de 90mm modèle 1939 soit six affûts doubles sous masque  et sur plate-forme rotative.

Les huit batteries antiaériennes disposent en septembre 1939 des moyens suivants :

-Batterie n°1 à Ben Negro équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°2 à Djebel Abiod équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°3 à Ras Chabaa équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°4 à Sidi Yahia équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°5 à Oued Guenine équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°6 à Mergazine équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°7 à Sidi-Zid équipée de 4 canons de 90mm modèle 1932

-Batterie n°8 à Remel équipée de 4 canons de 90mm modèle 1932

A ces trente-deux canons s’ajoutent huit sections de mitrailleuses de 13.2mm pour la défense antiaérienne à basse altitude. Une est déployée entre Ben Negro et le goulet, deux en baie Ponty, une à Sidi-Zid, deux à Sidi-Yahia et deux autres à Sidi-Abdallah.

Entre 1940 et 1948, les canons de 75mm sont progressivement remplacés par des canons de 90mm plus performants ce qui porte avec les canons de défense côtière à un total de quatre quatre pièces qui à la mobilisation seront complétés par des pièces de l’armée de terre.

Les mitrailleuses de 13.2mm sont remplacées par des canons de 25mm plus performants, rendant Bizerte non pas invulnérables aux raids aériens mais une pierre coriace à détruire pour une aviation ennemie (sous entendue italienne).
La défense terrestre à longtemps été négligée mais les menaces italiennes et les rodomontades mussoliniennes menacent la Tunisie et notamment Bizerte qui reçoit la priorité en termes de crédits et de moyens. Ces défenses se composent de simples blockhaus équipés de mitrailleuses de fusils-mitrailleurs sans réelles défenses antichars.

Ces défenses antichars sont réalisées entre 1944 et 1947 avec la construction de quinze blockaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM). En temps de guerre, des blockaus de campagne, des tranchées et des champs de mines seront creusées/installées.

Un bataillon de fusiliers marins est chargée de la défense des principales installations de Bizerte en liaison en cas d’invasion italienne avec les unités de l’armée de terre notamment le 4ème régiment de tirailleurs tunisiens dont c’est la mission principale pour ne pas dire exclusive.

Navires basés à Bizerte en septembre 1948

Nouvelle Rade

-Croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin _navire-amiral de la 6ème Escadre Légère_

-Croiseur léger La Galissonnière

-Croiseur léger Jean de Vienne

-Croiseur léger La Marseillaise

-Contre-torpilleur Vauquelin (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Chevalier Paul (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Tartu (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Mogador (11ème DCT)

-Contre-torpilleur Volta (11ème DCT)

-Contre-torpilleur Hoche (11ème DCT)

-Torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien (3ème DT)

-Pétrolier La Mayenne

-Pétrolier Mékong

-Transport littoral Golo

-Navire hydrographe Pelican

-Cargo rapide Oran

-aviso-dragueurs Chamois Gazelle Surprise et Rageot de La Touche (5ème DEL)

-aviso-dragueurs La Joyeuse La Furieuse La Malicieuse et l’Enseigne Bisson (8ème DEL)

-Chalutiers armés L’Ajacienne et La Bônoise

-Chasseurs de sous-marins CH-15 CH-16 CH-51 et CH-52

-Vedettes lance-torpilles VTB 40 42 44 46 et 48 (2ème ELM)

-Vedettes lance-torpilles VTB 29 30 31 32 33 34  (5ème ELM)

Site de Karouba

-Ravitailleur d’hydravions L’Engageante et Sans Pareil

-Aviso (utilisés comme auxiliaires) Tahure et Epinal

Arsenal de Sidi-Abdallah

-Remorqueur de haute-mer Belier

-Remorqueur de 1000ch Tebessa

-Remorqueurs de 600ch Kairouan et Sousse

-Remorqueurs de 750ch Garance et Genièvre

-Gabares L’Antée  La Puissante La Servante et La Mordante

Baie Ponty

-Sous-marins Phenix Ventôse Frimaire Prairial (9ème DSM)

-Sous-marins Aber Wrach Ile de Batz Tromelin (10ème DSM)

-Sous-marins Ile de Molêne Clipperton et Porquerolles (11ème DSM)

-Sous-marins Vendémiaire Nivôse Floréal Messidor (17ème DSM)

-Sous-marins Turquoise Saphir Nautilus Rubis (20ème DSM)

17-Aviation navale (53)

Loire 70

Loire 70 en vol

Loire 70 en vol

En dépit de la victoire du Bréguet Bizerte, l’Amirauté se voit obliger de commander l’appareil perdant à savoir le Loire 70. Cette pratique est à la fois une assurance contre le risque de faire confiance à un seul constructeur et pour ne pas fragiliser une industrie encore fortement marquée par l’artisanat des débuts.

Le Loire 70, hydravion à coque trimoteur effectue son premier vol le 28 novembre 1933. Commandé à sept exemplaires, les appareils sont mis en ligne au sein de l’Escadrille E7 à Karouba à la fin de 1937.

L’appareil souffre de défauts importants au niveau de la coque, des bâtis moteurs et des moteurs en eux mêmes qui sont loin d’être des modèles de fiabilité. Il est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Caractéristiques Techniques du Loire 70

Masse à vide 6500kg en charge 11500kg

Dimensions : longueur 19.5m envergure 30m hauteur 6.75m

Motorisation : trois moteurs radiaux Gnome-Rhone 9Kfr de 740ch (le central est à hélice propulsive et les deux latéraux à hélice tractive)

Performances : vitesse maximale 235 km/h vitesse de croisière 165 km/h distance franchissable 3000km Plafond opérationnel 4000m

Armement : six mitrailleuses de 7.5mm, 600kg de bombes ou quatre grenades ASM de 75kg

Equipage : 8 hommes

Potez-CAMS 141

Le Potez-CAMS 141

Le Potez-CAMS 141

A l’époque où nous nous trouvons, l’aviation ressemble à une partie d’échec : il faut jouer avec deux ou trois coups d’avance. Un appareil entrant en service est pour ainsi dire périmé ou en voie de péremption et il faut déjà travailler à son successeur.

Le 10 mai 1935, la marine nationale lance ainsi un appel d’offres pour un hydravion d’exploration destiné à remplacer le Bréguet Bizerte alors que ce dernier commence à peine à être mis en service.

Le Potez-CAMS 141 effectue son premier vol à Caudebec-en-Caux le 21 janvier 1938 avant d’être pris en charge par la marine pour les essais officiels.

Ce prototype une fois les essais terminés est confié à l’escadrille E-8 devenue ensuite l’Escadrille d’Entrainement de l’Atlantique (EEA) basée à Hourtin. Il est retiré du service en mars 1942 et stocké. Redécouvert par hasard en 1960, il est restauré et constitue aujourd’hui l’une des pièces maitresse du musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

La marine passe commande de 32 appareils en septembre 1940, quelques problèmes techniques ayant retardé la mise au point de la version de série. Cette première commande est honoré entre décembre 1940 et août 1941 soit une cadence de quatre appareils par mois.
Cette première commande est suivie par une deuxième commande de seize appareils passée en septembre 1942 pour constituer une petite réserve d’appareils, appareils qui sont livrés entre octobre 1942 et janvier 1943.

Quatre escadrilles d’exploration vont être équipées de ce élégant quadrimoteur :

-L’Escadrille 5E est activée le 12 juin 1941 sur la BAN de Cherbourg-Querqueville avec pour appareils, six Potez-CAMS 141 dont le rayon d’action (6000km) lui permet de rayonner jusqu’en mer du Nord.

En septembre 1946, les six Potez-CAMS 141  (deux appareils de réserve ayant remplacé deux appareils perdus en capotant à l’amerissage, l’équipage étant récupéré secoué mais indemne) sont remplacés par six Potez-CAMS 143, version améliorée du -141.

-L’Escadrille 10E est activée le 7 juin 1941 sur la base de Port-Lyautey. Intégrée à la 6ème flottille d’hydravions, elle reçoit huit Potez-CAMS 141.

Ces appareils (six du lot d’origine et deux de remplacement arrivés respectivement en septembre 1946 et avril 1947) sont encore en service le 31 août 1948 et à partir du 1er septembre 1948, l’escadrille reçoit l’ordre de surveiller les côtes du Sud-marocain et de tendre jusqu’à Dakar pour couvrir une voie de navigation de convois, la voie DCB (Dakar-Casablanca-Brest).

-L’Escadrille 14E est créée à l’automne 1941 sur la base aéronavale d’Arzew en même que les autres unités de la 10ème flottille d’hydravions dont la mission principale est d’appuyer les unités de la 4ème Escadre. Elle dispose de douze hydravions type Potez-CAMS 141.

L’escadrille perd deux hydravions au cours de son utilisation opérationnelle, appareils qui sont rapidement remplacés. Cette escadrille dispose donc le 31 août 1948 de douze hydravions Potez-CAMS 141 qui vont participer aux patrouilles de surveillance et à la couverture de convois.

-L’Escadrille 17E est créée le 13 juin 1941 à Diego-Suarez avec une flotte six hydravions Potez-CAMS 141 afin de renforcer les capacités de surveillance dans l’Océan Indien notamment contre les raiders allemands.

Ces hydravions sont toujours en service le 31 août 1948 et dès le 5 septembre 1948 renforcent leur présence au dessus des flots notamment le long des routes commerciales pouvant être attaquées par des raiders allemands.

Au 5 septembre 1948, il y à 28 Potez-CAMS 141 en service. Six ont été perdus et remplacés par des appareils stockés réduisant la flotte à dix appareils mais le stock remonte à quatorze avec les anciens appareils de la 5E, deux appareils trop usés étaient feraillés après récupération des pièces.

Caractéristiques Techniques du Potez-C.A.M.S 141

Masse : à vide 12050kg pleine charge 24500kg

Dimensions : longueur 24.96m envergure 41.00m hauteur 7.85m

Motorisation : 4 moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Y-26 de 860ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 340 km/h Autonomie : 6000km Plafond : 5600m

Armement : 6 mitrailleuses de 7.5mm et 1400kg de bombes

Equipage : 8 hommes

Potez-CAMS 143

Le Potez-CAMS 141 était sans nul doute un bon appareil mais un bon appareil perfectible et alors que les Potez-CAMS 141 de série sortait de l’usine de Sartrouville, le bureau d’étude plancha sur un appareil étroitement dérivé du 141.

Après un projet Potez-CAMS 142 qui ne dépassa pas le stade du projet, les ingénieurs du bureau d’étude travaillèrent sur un Potez-CAMS 143 quadrimoteur à l’armement défensif et offensif plus puissant. La structure était également simplifiée pour favoriser une production de masse.

La marine commande deux prototypes le 12 mars 1943, prototypes livrés par son constructeur en juin 1943. deux configurations sont retenues : une à moteur Hispano-Suiza et une autre avec des moteurs Bristol Hercules.

Les deux configurations sont testées et finalement c’est la configuration avec Bristol Hercules II qui est choisit, les moteurs Hispano-Suiza étant très demandés pour les chasseurs. Le Potez-CAMS 143 est donc le deuxième avion français à être propulsé par ce moteur britannique après le Lioré et Olivier Léo 454.

Les essais achevés, la marine passe commande en mars 1944 de 50 Potez-CAMS 143, des appareils destinés à la fois à remplacer le Potez-CAMS 141 dans certaines unités et pour équiper de nouvelles escadrilles d’exploration. Cette commande est honorée entre septembre 1944 et mars 1945.

Cette commande est suivit d’une deuxième commande passée en septembre 1946 pour 25 appareils destinés à servir de réserve de fonctionnement, ces appareils étant livrés entre novembre 1946 et avril 1947.

Cinq escadrilles vont être équipées de ce quadrimoteur dont l’élégance n’avait rien à envier à son ascendant.

-L’Escadrille 1E est la première unité à recevoir l’appareil en l’occurence en mars 1945 quand elle prend en main aux Mureaux douze Potez-CAMS 143 sur lesquels elle est déclarée opérationnelle en juin 1945. Tous les appareils d’origine sont encore en service quand éclate le second conflit mondial.

-L’Escadrille 2E  reçoit douze Potez-CAMS 143 en avril 1945 en remplacement de ses six Bréguet 521 Bizerte.

Entre mai 1945 et septembre 1948, l’unité perd un appareil qui s’écrase en Provence ne laissant que trois survivants sur les huit membres d’équipage. Cet appareil est rapidement remplacé par un appareil issu des stocks.

-L’Escadrille 4E basée à Port-Lyautey reçoit  en mai 1945 en remplacement de ses huit Bréguet Bizerte, douze Potez-CAMS 143. Un appareil est perdu en septembre 1947 et si l’équipage n’est que blessé, l’appareil est irrécupérable.

-L’Escadrille 6E reçoit en décembre 1945 huit Potez-CAMS 143 en remplacement de ses huit Bréguet Bizerte encore en service. Comme leurs devanciers, ils décollent de la BAN de Karouba pour surveiller les approches de la Tunisie et appuyer la 6ème Escadre Légère. Un appareil est perdu en mars 1948 et immédiatement remplacé.

-En septembre 1946, l’Escadrille 5E remplace ses six Potez-CAMS 141 par autant de Potez-CAMS 143. Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et à partir du 5 septembre 1948 vont multiplier des patrouilles de surveillance en Manche et en mer du Nord en se ravitaillant à Calais-Marck.

Au 5 septembre 1948, 50 Potez-CAMS 143 sont en ligne et trois appareils ont été perdus, appareils remplacés en puisant dans les stocks réduits à 22 appareils.

Caractéristiques Techniques du Potez-C.A.M.S 143

Type : hydravion quadrimoteur de surveillance à long rayon d’action

Masse : à vide 13150kg pleine charge 25700kg

Dimensions : longueur 25.70m envergure 42.00m hauteur 8.35m

Motorisation : 4 moteurs radiaux Bristol Hercules II de 1356ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 480 km/h Autonomie : 6200km Plafond : 6600m

Armement : deux mitrailleuses Darne de 7.5mm dans une tourelle vitrée à l’avant avec 2000 cartouches, deux mitrailleuses Darne de 7.5mm avec 800 cartouches chacune dans des sabords latéraux arrière, quatre mitrailleuses de 7.5mm en tourelle de queue avec un total de 4000 cartouches et un canon de 20mm en tourelle dorsale avec 75 obus pouvant être remplacée par deux mitrailleuses de 7.5mm

Charge militaire : 850kg (une torpille, des bombes, des grenades ASM)

Equipage : deux pilotes, un radio-navigateur, un observateur, un mitrailleur avant, deux mitrailleurs de sabord, un mitrailleur de queue et un mitrailleur dorsal soit 9 hommes

Consolidated Catalina

Consolidated Catalina de l'Aviation Navale

Consolidated Catalina de l’Aviation Navale

Après la victoire du Japon sur la Russie en 1905, la question ce n’était pas si il y aurait un conflit entre Tokyo et Washington mais quand. Les deux pays se préparèrent donc à une grande bataille de rencontre généralement localisée au large des Philippines.

Ainsi naquit dans la tête des planificateurs de l’US Navy l’idée d’un hydravion à très long rayon d’action capable de surveiller de très larges portions de l’océan (ou de patrouiller au dessus d’un secteur donné pour de très longues heures) et d’attaquer les lignes de communication ennemies, les «dents» étant paralysés par l’anéantissement de la «queue».

C’est en octobre 1933 que l’US Navy lance officiellement un appel d’offres pour un patrol bomber (patrouilleur bombardier), appel d’offres auquel répondirent Consolidated Aircraft et Douglas Aircraft Corporation.

Ce nouvel appareil avait été lancé pour remplacer les Martin P3M et Consolidated P2Y qui à l’utilisation s’étaient révélés sous motorisés, sous-armés sans parler de leurs «jambes courtes».

Sur le papier, le projet de Douglas baptisé XP3D-1 est meilleur mais au niveau prix, c’est le XP3Y-1 de Consolidated qui l’emporte et est donc choisit. Cela n’empêche pas le futur Catalina d’intégrer un certain nombre de perfections techniques notamment des flotteurs de stabilisation rétractables.

Le XP3Y-1 effectua son premier vol le 28 mars 1935 et fût ensuite intensivement testé par l’US Navy qui sure de son fait commanda 60 PBY-1 le 29 juin 1935. Les premiers appareils de série furent livrés au squadron VP-11F en octobre 1936.

La France à la recherche d’un hydravion à long rayon d’action passa commande au printemps 1940 de quarante Consolidated 28-5MF équivalents au PBY-2. Ces appareils sont livrés en novembre 1940.

Une seconde commande est passée pour vingt PBY-2 et vingt PBY-5 amphibies soit quarante appareils en septembre 1942, appareils livrés entre janvier et mai 1943.

-La première unité à recevoir l’hydravion américain est l’escadrille 2R basée à Hyères-Le Palyvestre au sein de la 2ème flottille d’hydravions. Elle reçoit douze appareils en juin 1941 en remplacement des canards boiteux Lioré et Olivier H-43.

Après six semaines d’entrainement, l’escadrille 2R quitte l’hydrobase des Mureaux le 27 juillet pour rallier Hyères le lendemain et reprendre sa mission de surveillance des approches de Toulon, les Catalina allant régulièrement jusqu’au Golfe de Gênes et au Cap Corse.

Les nombreuses patrouilles et les nombreux exercice occasionne la perte de deux appareils qui sont remplacés par des appareils neufs issus des stocks.

Le 1er septembre 1948, un dispositif de surveillance de Toulon est mis sur pied et la 2R va y participer avec ses Catalina. L’escadrille 2R assure la couverture de convois qui amène en métropole des troupes venues d’Afrique du Nord, le nombre de ces convois augmentant à partir du 5 septembre 1948.

-L’Escadrille 14R est la deuxième unité de l’Aviation navale à recevoir le Catalina et ce dès sa création le 30 septembre 1941. Elle intègre la 10ème flottille d’hydravions basée sur la base aéronavale d’Arzew pour appuyer la 4ème Escadre.

Ces appareils assurent des patrouilles vers le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques installés à Gibraltar mais également vers l’est jusqu’aux approches immédiates de la Sardaigne et de la Sicile. Outre la surveillance pure, la lutte anti-sous-marine devient une mission prégnante pour l’unité.

Deux appareils sont perdus un en patrouille (équipage disparu présumé mort) et un à l’entrainement, l’appareil s’écrasant au large d’Oran (équipage récupéré) et remplacés par deux PBY-2 issus des stocks.

Comme les autres unités de surveillance, la 14R participent à des patrouilles permanentes au large des côtes nord-africaines avant de se préparer à couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

-L’Escadrille 13E est créée le 13 novembre 1942 sur la base aéronavale de Nouméa-Tantouta avec huit Catalina utilisés pour appuyer les FNFP. Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 même si sur les huit appareils du lot d’origine, seuls quatre sont encore en service, les quatre autres étant des appareils de remplacement.

La mobilisation doit également permettre à l’unité de passer à douze appareils, les quatre appareils supplémentaires étant des PBY-2 venus directement de la métropole.

Au 5 septembre 1948, La France à commandé et à reçu 80 appareils. 44 appareils ont été mis en ligne dans trois escadrilles. Un total de huit appareils ont été perdus et remplacés, réduisant le stock de réserve à 36 appareils.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PBY-5A Catalina

Type :  hydravion à coque bimoteur de patrouille maritime

Masse : à vide 9485kg maximale au décollage 16066kg

Dimensions :  longueur 19.46m envergure 31.70m hauteur : 6.15m

Motorisation :  deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-92 Twin Wasp de 1200ch chacun

Performances :  vitesse maximale 314 km/h vitesse de croisière 201 km/h distance franchissablekm plafond opérationnel : 4000m

Armement :  deux mitrailleuses de 7.5mm latérales, deux autres dans la tourelle de nez et une mitrailleuse de 7.5mm dans le tunnel ventral. 1814 kg de charge militaire (torpilles, bombes, charges de profondeurs, mines).

Equipage :  deux pilotes, trois mitrailleurs, un mécanicien , un radio et un navigateur soit 8 hommes

17-Aviation navale (52)

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Le Loire 130 était à peine en service que déjà on s’interrogeait sur son futur remplacement. L’appareil était également prévu pour remplacer les derniers Gourdou-Lesseure à bord des croiseurs légers.

Comme nous l’avons déjà vu, il fallait à l’époque en matière d’aviation avoir deux ou trois coups d’avance et anticiper le remplacement d’un appareil dès sa mise en service.

Dewoitine proposa tout d’abord le HD-730 mais ce projet ne dépassa pas le stade du prototype et la firme d’Emile Dewoitine intégrée depuis 1936 dans la SNCAM (Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Midi) lança un nouveau projet, dérivé du précédent, le HD-731, un hydravion de forme similaire mais aux capacités nettement accrues. Les deux prototypes en question servant d’hydravions-école au sein de l’EEM à Cuers-Pierrefeu.
Deux prototypes furent commandés en janvier 1941, le Dewoitine HD-731 n°1 effectuant son premier vol le 11 mars 1941 et le second _assez proche de la configuration de série_ décollant pour la première fois le 5 juin 1941.

Quatre appareils de présérie sont commandés le 17 septembre 1941 et livrés en novembre 1941 pour des essais intensifs.

Les essais révèlent un certain nombre de difficultés qui sont finalement résolues en juin 1942, la marine passant commande le 7 septembre 1942 de 76 appareils, cette première commande étant honorée en décembre 1942 et août 1943.

Cette première commande est suivie d’une seconde en septembre 1944 pour 38 appareils destinés à alimenter un volant de fonctionnement, ces appareils étant livrés entre novembre 1944 et avril 1945.

Le stock de réserve ayant diminué suite à des pertes au sein des unités de première ligne, une nouvelle commande de 38 appareils est passée en octobre 1946, commande honorée entre janvier et mai 1947.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, une nouvelle commande de 40 appareils à été passée à la SNCAM pour anticiper sur les inévitables pertes au cours du conflit.

-Le Groupement d’Hydraviation de l’Atlantique (GH-ATL) remplace courant 1943 ses Loire 130 par douze Dewoitine HD-731 qui sont embarqués à bord du cuirassé  Jean Bart, des croiseurs lourds Foch et Colbert et des croiseurs légers Gloire Montcalm et Georges Leygues.

Le nombre augmente l’année suivante avec la mise en service en 1944 du cuirassé Gascogne qui dispose lui aussi de deux Dewoitine HD-731. Ce n’est ensuite qu’en 1946 que deux autres appareils rejoignent le GH-ATL en l’occurence deux du Lorraine après sa reconstruction.

Un an plus tard, au 31 décembre 1947, ce groupement dispose de dix-huit Dewoitine HD-731. Si les deux HD-731 du Jean Bart ont suivit le sister-ship du Richelieu et du Clemenceau à Mers-El-Kébir,deux autres appareils appartenant au cuirassé Normandie sont venus les rejoindre tout comme deux appareils utilisés par le croiseur-école Jeanne d’Arc en remplacement des Loire 130 usés jusqu’à la corde.

La situation est identique au 31 août 1948, aucun nouveau navire «porte-hydravions» n’ayant rejoint  la 1ère Escadre ou la 3ème Escadre Légère.

-Le Groupement d’Hydraviation de la Méditerranée (GH-MED) dispose au 31 décembre 1944 de 24 Dewoitine HD-731 embarqués deux par deux à bord des cuirassés Richelieu et Clemenceau, des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, les croiseurs lourds Algérie Suffren Dupleix Saint Louis Henri IV et les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault et Guichen.

La mise en service en 1945 du cuirassé Alsace et celle du Provence (après reconstruction) permet au GH-MED d’ajouter à sa flotte quatre Dewoitine HD-731 portant le nombre de ces hydravions d’observation à vingt-huit.

Le 31 décembre 1946, le Groupement d’Hydraviation de la Méditerranée (GH-MED) dispose de vingt-six hydravions d’observation Dewoitine HD-731 répartis repartis entre les cuirassés Richelieu Clemenceau Alsace et Provence, les croiseurs lourds Suffren Dupleix Algérie Saint Louis Henri IV Charlemagne ainsi que les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen.

Cette réduction s’explique par le départ à Mers-El-Kébir des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg (soit quatre hydravions de moins) et la mise en service du croiseur lourd Charlemagne soit l’arrivée de deux hydravions type HD.731.

L’année 1947 voit l’arrivée au sein du GH-MED de deux nouveaux Dewoitine HD-731, ceux du cuirassé Flandre admis au service actif le 7 décembre 1947 et formant la 5ème division de ligne avec son sister-ship Alsace.

Ce GH-MED est subdivisé à partir du 1er juin 1948 en trois groupes : HS-1 pour les cuirassés (10 appareils), HS-2 pour les croiseurs lourds (12 appareils) et HS-3 pour les croiseurs légers (6 appareils), ces groupements étant purement informels pour favoriser entretien et administration puisqu’en mer les détachements avia font partie de l’équipage du navire et dépendent du commandant du bâtiment.

Au 31 août 1948, le GH-MED dispose toujours de 28 Dewoitine HD-731. En comptant le taux d’attrition, ce sont au total 34 appareils qui ont été utilisés.

-Le Groupement d’Hydraviation d’Afrique du Nord (GH-AFN) regroupe les hydravions des 4ème et 6ème Escadre Légère.

Le 10 mars 1943, le cuirassé Bretagne reconstruit est remis en service à Mers-El-Kébir au sein de la 4ème Escadre. Il arrive en Algérie avec à bord les deux premiers Dewoitine HD-731 du GH-AFN.

A l’automne 1945, le GH-AFN remplace les Loire 130 des croiseurs de la 2ème DC et les GL.832HY de l’Emile Bertin par huit Dewoitine HD-731. Deux autres appareils rallient Arzew à bord du croiseur léger Latouche-Treville.

L’année 1946 marque un tournant pour le GH-AFN. En effet, le nombre d’hydravions devient plus important à Arzew qu’à Karouba. L’hydrobase tunisienne abrite ainsi huit hydravions Dewoitine HD.731 destinés aux quatre croiseurs légers de la 6ème Escadre Légère alors que l’hydrobase algérienne dispose désormais de dix Dewoitine HD.731.

Aux quatre déjà présents (cuirassé Bretagne et croiseur léger Latouche-Treville) s’ajoute ceux du croiseur léger Gambetta mis en service en juillet 1946 et ceux des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg qui quittent Toulon pour Mers-El-Kébir, la 2ème Escadre pour la 4ème.

Cela entraine la création d’une escadrille des hydravions de Tunisie (EHT) et d’une escadrille des hydravions d’Algérie (EHA).

Ce déséquilibre s’accentue au cours de l’année 1947. L’EHT reste bloquée à huit Dewoitine HD-731 pour les croiseurs légers Emile Bertin  La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise alors que l’EHA passe à quatorze hydravions du même modèle pour les cuirassés Bretagne et Jean Bart, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg ainsi que les croiseurs légers Latouche Treville, Gambetta et Condé. Conséquence logique : le 1er septembre 1947, le QG du GH-AFN est transféré de Karouba à Arzew.

Au 31 août 1948, le Groupement d’Hydraviation d’Afrique du Nord (GH-AFN) dispose de 24 Dewoitine HD-731, l’EHA ayant reçut deux autres appareils, ceux du cuirassé Bourgogne (classe Alsace).

Au total, en comptant les appareils réformés pour usure et ceux perdus par accident, le GH-AFN à utilisé 30 Dewoitine HD-731.
Le Dewoitine HD-731 équipe également l’Escadrille des Hydravions d’Indochine (EHI) disposant de quatre Dewoitine HD-731 qui sont embarqués à bord du croiseur lourd Tourville et du croiseur léger Duguay-Trouin. Le nouvel hydravion embarqué est aussi l’hydravion du croiseur léger Primauguet à raison de deux appareils arrivés à Diego Suarez au printemps 1947.

Au 5 septembre 1948, l’Aviation Navale à reçu un total de 152 appareils plus 40 appareils encore en commande. 76 appareils ont été mis en ligne et 18 perdus ce qui réduit le stock de 76 à 58 appareils.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine HD-731

Type : hydravion biplace d’observation embarqué

Poids : à vide 1500kg en charge 2150kg  

Dimensions : Envergure 12.60m Longueur 10.45m Hauteur 3.10m

Motorisation : un moteur Béarn 6E de 450ch entraine une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 300 km/h Autonomie 980km Plafond 5500m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes alimentées à 720 cartouches chacune et une mitrailleuse identique en poste arrière avec 850 cartouches

Bréguet Bizerte

Bréguet 521 Bizerte

Bréguet 521 Bizerte

En 1932, l’Aéronautique Navale lança un appel d’offre pour un hydravion d’exploration à long rayon d’action. Bréguet proposa le Bréguet Br530 Saigon qui était lui même issu du Bréguet Calcutta, version produite sous licence du Short Calcutta.

Devenu le Bréguet Br521 Bizerte, cet appareil effectua son premier vol le 11 septembre 1933 et fût déclaré vainqueur de la compétition même si comme d’habitude, son opposant, le Loire 70 fût également commandé.

-L’Escadrille E-1 basée à Berre dispose au 1er septembre 1940 de huit Bréguet Br521 Bizerte. A la mobilisation, elle est redéployée à Port-Lyautey au Maroc pour couvrir les convois Brest-Gibraltar-Casablanca-Dakar.

Elle intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe au sein du CSMAN les hydravions basés à Port-Lyautey. Elle devient au mois d’octobre l’escadrille 4E avec toujours le même équipement. Les six Bréguet Bizerte encore en service sont remplacés en avril/mai 1945 par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs

-L’Escadrille E-2 est déployée à l’été 1939 à Cherbourg-Chantereyne avec sept Bréguet Bizerte. Elle devait être déployée à Karouba mais finalement, elle rejoint Lanvéoc-Poulmic. En février 1940, le nombre d’appareils passe à douze suite à la dissolution de l’escadrille E-9.

L’Escadrille E-2 intègre la 3ème flottille d’hydravions le 15 septembre 1940, l’escadrille E-2 devenant le 1er octobre, l’escadrille 1E avec toujours Lanvéoc-Poulmic comme base.

Au printemps 1945, les dix appareils encore en service (un appareil perdu en mer _équipage disparu présumé mort_ et un appareil usé, réformé et cannibalisé) sont remplacés par douze quadrimoteurs Potez-CAMS 143, version améliorée du Potez CAMS-141.
-L’Escadrille E-3 est basée à l’origine sur l’Etang de Berre avec six Bréguet Bizerte mais elle est redéployée à la mise septembre 1939 à Karouba en remplacement de l’escadrille E-2 qui avait finalement rejoint Lanvéoc-Poulmic.

A partir du 15 septembre 1940, elle intègre la 8ème flottille d’hydravions et le 1er octobre, elle est renumérotée escadrille 6E, recevant au passage trois nouveaux Bréguet Bizerte.

En décembre 1945, les huit Bréguet Bizerte survivants (un appareil usé avait été réformé et cannibalisé en septembre 1944) sont remplacés par huit Potez-CAMS 143 plus modernes et plus efficaces.

-L’Escadrille E-5 basée sur l’Etang de Berre dispose en septembre 1939 de sept hydravions de type Bréguet 521 Bizerte.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 4ème flottille d’hydravions et en octobre 1940, elle est renumérotée escadrille 2E avec neuf Bréguet Bizerte comme équipement, les missions ne changeant pas.

Trois appareils sont perdus lors d’une utilisation opérationnelle intense : un perdu en mer (équipage disparu), un écrasé à terre près de Marseille (équipage sauf) et un autre ayant capoté à l’amerrissage sur l’étang de Berre (équipage sauf).

Au printemps 1945, les six Bréguet Bizerte survivants sont remplacés par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs aux performances meilleures que le Bizerte.

-L’Escadrille E-9 créée le 15 octobre 1939 avec cinq Bréguet Bizerte prélevé sur les quatre autres unités. Unité du temps de guerre, elle est dissoute en février 1940, ces appareils sont confiés à l’escadrille E-2.

Au total, l’Aviation Navale à reçu 38 appareils type Bréguet Bizerte. 8 appareils ont été perdus et trente encore disponibles après leur retrait du service. Si 12 sont immédiatement feraillés après cannibalisation car trop usés pour servir d’appareils de réserve, 18 sont encore disponibles et quatre réutilisés par l’Escadrille Ecole de la Méditerranée (EEM) de Cuers-Pierrefeu, ces quatre appareils étant toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du Bréguet 521 Bizerte

Type : hydravion multiplace de surveillance à long rayon d’action

Masse à vide : 9470kg en charge 14669kg maximale au décollage 16600kg

Dimensions : longueur 20.48m envergure 35.18m hauteur 7.50m

Motorisation : trois moteurs radiaux Gnome-Rhone 14Kirs de 671ch

Performances : vitesse maximale 243 km/h vitesse de croisière 200 km/h distance franchissable 2100km plafond opérationnel 6000m

Armement : 5 mitrailleuses de 7.5mm Darne et 300kg de bombes

Equipage : 8 hommes (deux pilotes, un mécanicien, un radio, un mitrailleur et un navigateur)

17-Aviation navale (51)

Lioré et Olivier H-43

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

A une époque où l’industrie aéronautique française est encore largement artisanale, il est difficile pour la marine (comme pour l’armée de l’air) de confier la construction d’un appareil à un seul constructeur. D’où l’habitude de commander un appareil qui n’avait pourtant pas triomphé au concours pour lequel il avait postulé.

Comme ce fût le cas avec le Loire 70 _qui avait perdu face au Bréguet Bizerte_, le Loire 130 vit également son concurrent, le Lioré et Olivier H43 être produit en série et comme le Loire 70, cet appareil ne connu pas le succès escompté par son constructeur.

Le Lioré et Olivier H-43 effectua son premier vol le 4 décembre 1934 mais la mise au point fût tellement longue et les modifications tellement nombreuses que ce n’est qu’en juillet 1939 que l’appareil pu entrer en service. 20 exemplaires étant commandés par la marine, exemplaires qui équipèrent deux unités.

-Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, l’escadrille E-7 est équipée de six hydravions d’exploration Loire 70.

Cet appareil qui connait d’importants problèmes techniques est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-7 intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Karouba (hors ceux rattachés aux croiseurs de la 6ème EL) et un mois plus tard en octobre 1940, l’escadrille E-7 devient escadrille 8E.

En juin 1941, l’escadrille 8E est transformée sur Bréguet Br790, recevant douze hydravions pour remplacer six Lioré et Olivier H43, appareils qui sont aussitôt feraillés qui ne seront pas regrettés par leurs équipages.

-En septembre 1939, l’escadrille 3S1 est basée à Hyères-Le Palyvestre avec pour équipement des Gourdou-Lesseure (deux GL.810, trois GL.811, neuf GL.812 et deux GL.813) qui n’étaient plus de première jeunesse. Elle ne tarde pas à se redéployer à Saint Mandrier pour assurer la protection des approches maritimes de Toulon.
A l’issue de la guerre de Pologne, l’escadrille est transformée sur Lioré et Olivier H43, un hydravion monoplan bi-flotteur à l’esthétique et à l’aérodynamisme douteux mais il n’y à pas de meilleur appareil disponible pour le moment.

A partir du 15 septembre 1940, l’escadrille 3S1 intègre la 2ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés dans la région de Toulon, la 3S1 retrouvant à cette occasion son ancienne base de Hyères-Le Palyvestre. Un mois plus tard, en octobre 1940, l’escadrille 3S1 devient l’escadrille 2R.

Le 12 juin 1941, le personnel de l’escadrille 2R rallie Les Mureaux où ils prennent en charge douze Consolidated PBY-2 Catalina qui vont avantageusement remplacer les H43 qui sont retirés du service et feraillés.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier H-43

Type : hydravion triplace de surveillance

Poids : à vide 1760kg en charge 3375kg

Dimensions : Envergure 16.00m Longueur 11.00m Hauteur 3.85m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 9Vb de 650ch

Performances : vitesse maximale 222 km/h distance franchissable 850km plafond opérationnel 6200m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm

Bréguet Br790

Bréguet Br790

Bréguet Br790

En 1937, la marine nationale lança un programme pour un hydravion de patrouille côtière. La firme Bréguet proposa le Br790 Nautilus, un hydravion à coque à hélice propulsive, une configuration identique à celle du Loire 130 que le nouvel appareil doit remplacer pour les unités à terre.

Deux prototypes sont commandés en 1938 et le premier d’entre-eux effectue son premier vol à l’été 1939 à Biscarosse, le second modifié avec un fuselage allongé 30cm participant aux essais officiels en février 1940.

Une première commande est passée par la marine en août 1940 pour 54 appareils qui sont livrés entre octobre 1940 et mars 1941.

Une deuxième commande est passée en juin 1942, les vingt-sept appareils livrés entre septembre et décembre 1942 servant à constituer un volant de fonctionnement tout comme une troisième commande en juin 1945 avec vingt-sept appareils qui sont livrés entre septembre et décembre de la même année.

Une dernière commande est passée en septembre 1946 pour vingt-quatre appareils, douze devant être mis en ligne et douze alimentant le parc de réserve, les  appareils en question étant livrés entre octobre 1946 et avril 1947.

Quand la guerre éclate en septembre 1948, Bréguet venait de recevoir une nouvelle commande de 45 appareils pour anticiper sur les futures pertes.
-L’Escadrille 8R basée à Karouba au sein de la 8ème FH est la première unité à recevoir le nouvel hydravion de surveillance. Elle reçoit ses six premiers appareils le 13 décembre 1940 suivis des six autres le 15 janvier 1941.

L’escadrille 8R rejoint Karouba début février 1941 avec son plein équipement soit douze hydravions qui multiplie les patrouilles dans le détroit de Sicile et dans le bassin oriental de la Méditerranée. Elle participe également à de nombreux exercices avec la 6ème escadre légère.

Ces douze appareils sont encore en service le 31 août 1948 même si sur les douze appareils, trois sont des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, ils mettent en place une série de patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine au large des côtes tunisiennes.

-L’Escadrille 8E reçoit le Bréguet Br790 en juin 1941, les douze hydravions remplaçant six Lioré et Olivier H43.

Ces appareils vont opérer principalement au profit de la 6ème Escadre Légère, étant les yeux des croiseurs Emile Bertin La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise sans oublier au profit des autres unités. Ils menaient des missions de surveillance ainsi que de nombreux exercices en solitaire ou avec les unités de la 6ème EL.

L’escadrille 8E est toujours équipée de cet appareil le 31 août 1948, trois appareils de l’unité étant des appareils de remplacement venus de métropole. Ils vont participer à des missions de surveillance au large de la Tunisie.

-L’Escadrille 3R basée à Lanvéoc-Poulmic remplace ses Loire 130 par huit Bréguet Br790 en juillet 1941.

Les Bréguet Br790 sont toujours en service en août 1948, l’unité ayant perdu deux appareils par accident, appareils remplacés, l’escadrille 3R disposant de huit appareils le 31 août 1948, nombre porté à partir du 5 septembre à douze appareils par apport d’appareils neufs et de réservistes.

L’escadrille 3R va mener des patrouilles permanentes dans le Golfe de Gascogne pour couvrir les convois Dakar-Casablanca-Brest.

-L’Escadrille 6R  basée sur l’Etang de Berre et équipée de douze Loire 130 est transformée en août 1943 sur douze Bréguet Br790

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948, trois des douze étant des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, l’escadrille 6R met en place une patrouille permanente au large de Toulon, couvrant la navigation dans la région puis à partir du 5 septembre 1948 reçoit pour mission de couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

-L’Escadrille 1R basée à Cherbourg-Querqueville avec pour équipement huit Loire 130. Quand elle est transformée sur dix Bréguet Br790 en septembre 1943, elle ne disposait plus que de six Loire 130.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si trois des dix appareils de l’unité ont remplacé des appareils accidentés et trop endommagés pour être réparés à un coup raisonnable.

Le 1er septembre 1948, l’unité reçoit l’ordre de maintenir des patrouilles permanentes au large de Cherbourg et de l’estuaire de la Seine. Ce dispositif est maintenu en raison du conflit en mer du Nord qui pourrait déborder en Manche.
-L’Escadrille 23E est créée en septembre 1947 sur la base d’Aspretto au sein de la nouvelle 12ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les appareils de ce type basés sur l’île de Beauté. Cette nouvelle escadrille est équipée de douze Bréguet Br790.

Quand les tensions deviennent palpables en Europe, Marine Corse décide de disperser ses forces pour réduite leur vulnérabilité. C’est ainsi qu’une partie de l’escadrille 23E reçoit l’ordre de rallier Porto-Vecchio sur la côte orientale de l’île pour mieux surveiller la mer Tyrrhénienne et désengorger Aspretto.

Six hydravions arrivent le 3 septembre mais les installations sont encore loin d’être opérationnelles bien que l’équipage du ravitailleur Sans Reproches plus des unités du génie de l’armée de terre y mettaient tout leur coeur.

Cela n’empêche pas les Bréguet Br790 de mener des patrouilles intensives avec la menace potentielle de la chasse italienne à partir du 5 septembre 1948.

Au 5 septembre 1948, la marine nationale à reçu 132 appareils et 45 sont encore en commande. Un total de 66 appareils ont été mis en ligne et 14 perdus lors d’exercices. Cela laisse un stock de 52 appareils.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br790 Nautilus

Type : hydravion triplace de surveillance côtière

Poids : à vide 2700kg en charge 3600kg

Dimensions : Envergure 17.00m Longueur 13.00m Hauteur 4.00m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Xirs 12 cylindres de 720ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 310 km/h à 2100m distance franchissable 900km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes avec 800 cartouches chacune, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en poste arrière avec 950 cartouches. Deux bombes de 75kg sous les ailes.