Pologne et Pays Neutres (87) Suède (22)

Sous-marins

Les trois unités de classe Hajen au mouillage

-En septembre 1939 les sous-marins les plus anciens de la Svenska Marinen sont les trois unités formant la Classe Hajen, des sous-marins baptisés Hajen Salen Valroose mis en service en 1920.

Ils sont désarmés respectivement en 1943, 1942 et 1943 remplacés par des type III allemands construits sous licence en Suède et dont ils reprennent les noms.

Ils servent de pontons électriques pour recharger les batteries de leurs homologues encore en service avant d’être démolis à la fin du conflit pour fournir de l’acier et compenser les pénuries dont souffrait la Suède.

Ces sous-marins déplaçaient 392 tonnes en surface et 422 tonnes en plongée, mesurant 54m de long pour 5.20m de large et 3.50m de tirant d’eau.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 1000ch et deux moteurs électriques de 350ch) entrainant deux hélices ils affichaient des performances honorables pour leur époque avec une vitesse maximale en surface de 15.5 nœuds et de 9 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3300 miles nautiques à 10 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 30 hommes.

Le HMS Illern

-A la classe Hajen succède les trois unités de la classe Bävern (Bävern Illern Uttern) mises en service en 1921. Ces navires sont désarmés respectivement en 1944, 1944 et 1943, leurs noms étant également repris pour des sous-marins type III construits sous licence.

Le Bävern sert de ponton-école pour les futurs sous-mariniers jusqu’en 1952 quand une voie d’eau d’origine suspecte entraine son naufrage. L’épave entre deux eaux n’est pas relevée mais remorquée à distance pour servir de but sonar aux oreilles d’or suédoises.

L’Uttern est placé comme brise-lame à Karlskrona pour protéger un mouillage et ce jusqu’en 1957 quand la coque est envoyée à la démolition. L’Uttern sert de ponton électrique pour recharger les batteries mais coule dès septembre 1945 (relevée la coque est envoyée à la ferraille).

Ces navires déplaçaient 429 tonnes en surface mais 472 tonnes en plongée, mesurant 57.m de long pour 5.80m de large et un tirant d’eau de 3m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 1050ch et deux moteurs électriques de 260ch) entrainant deux hélices ils affichaient des performances honorables pour leur époque avec une vitesse maximale en surface de 15.2 nœuds et de 8.2 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 15 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 28 hommes.

-Le Valen est le premier sous-marin mouilleur de mines de la marine suédoise. Mis en service en 1925, il aurait du être désarmé en 1944 mais il est finalement profondément modernisé pour tenir quelques années de plus.

Il fera mieux que cela puisqu’il sera désarmé en mars 1955 et démoli après trente ans de carrière.

Ce sous-marin déplaçait 548 tonnes en surface et 730 tonnes en plongée, mesurant 57.10m de long pour 7.10m de large et un tirant d’eau de 3.10m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 670ch et deux moteurs électriques de 350ch) entrainant deux hélices il pouvait atteindre une vitesse maximale en surface de 14.8 nœuds et de 7.4 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 10 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles et de 20 mines (certaines sources mentionnent la présence d’un canon antiaérien de 25mm), l’équipage se composant de 31 hommes.

Le HMS Draken

-Les trois sous-marins formant la Classe Draken sont pour ainsi dire des miraculés car sans le déclenchement du second conflit mondial en septembre 1948 ils auraient été désarmés. Initialement conçus comme sous-marins mouilleurs de mines ils sont finalement achevés comme sous-marins d’attaque. Ils sont mis en service en 1929 (Draken Gripen) et 1931 (Ulven).

Usés par un service intensif ces trois submersibles sont désarmés durant le conflit, le Draken en septembre 1951, le Gripen en octobre 1952 et le Ulven en mars 1953 après avoir été endommagé dans une collision avec un cargo. Ils sont tous démolis dans l’immédiat après guerre.

Les unités de la classe Draken déplaçaient 667 tonnes en surface mais 850 tonnes en plongée, mesuraient 66.20m de long pour 6.20m de large et un tirant d’eau de 3.30m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 960ch et deux moteurs électriques de 500ch) entrainant deux hélices ils pouvaient atteindre une vitesse maximale en surface de 13.8 nœuds et de 8.3 nœuds en plongée, une distance franchissable de 5600 miles nautiques à 10 nœuds et de 38 miles nautiques à 6 nœuds, l’immersion maximale étant de 60m.

L’armement se composait d’un canon de 105mm sur le pont, d’un canon antiaérien de 25mm et de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 35 hommes.

Comme nous l’avons vu plus haut les trois sous-marins de classe Draken devaient être des sous-marins mouilleurs de mines mais au cours du programme les priorités ont changé.

Le HMS Delfinen

C’est donc les trois unités de la Classe Delfinen qui vont compléter le Valen dans la mission de poser des bouchons de mines pour rendre impensable le passage de navires ennemis dans les eaux suédoises (à moins bien que sur qu’on ne préfère pas un usage plus offensif).

Ces trois sous-marins baptisés Delfinen Nordkapen et Springaren sont mises en service en 1936 et vont servir au sein de la Svenska Marinen jusqu’en 1955 quand ces unités sont désarmées puis démolies.

Ces navires déplaçaient 540 tonnes en surface et 720 tonnes en plongée, mesurant 63.1m de long pour 6.40m de large et 3.40m de tirant d’eau.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 600ch et deux moteurs électriques de 400ch) entrainant deux hélices ils atteignaient une vitesse maximale en surface de 15 nœuds et de 9 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 14 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds, l’immersion maximale de 60m (non confirmée).

L’armement se composait d’un canon de 57mm, d’un canon de 25mm, de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles et de 20 mines, l’équipage se composant de 34 officiers et marins.

HMS Sjölejonet

Les unités de la Classe Sjölejonet sont conçus à partir de 1934 par la firme Kockums qui tire ici la quintescence de l’expérience suédoise en matière de conception sous-marine, expérience qui doit également beaucoup à des ingénieurs allemands qui en raison du traité de Versailles devaient monayer leurs talents à l’étranger.

Trois unités sont initialement prévues mais six autres sont commandées au moment où éclate la guerre de Pologne. En dépit du fait que ce conflit se termine rapidement, la construction se poursuit tout comme une «suédisation» du type III allemand pour une production sous licence, un choix qui fit tousser au pays.

Les neuf unités de classe Sjölejonet sont mis en service en 1938 (Sjölejonet), en 1939 (Sjöbjornen Sjöhunden), en 1941 (Svärdfisken Tumlaren Dykaren Sjöhasten) et en 1942 (Sjöborren), servant jusqu’à la fin des années soixante et le début des années soixante-dix après une solide modernisation comparable à notre programme programme AMTATE (Améliorations Tactiques et Techniques).

Ces sous-marins déplaçaient 580 tonnes en surface et 760 en plongée, mesurant 64.20m de long pour 6.40m de large et un tirant d’eau de3.40m.

Propulsés par deux moteurs diesels MAN de 1050ch chacun et par deux moteurs électriques de 500ch, entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 16.2 nœuds en surface et de 10 nœuds en plongée. Ils pouvaient plonger à 60m (information non confirmée) et pouvaient franchir 3000 miles nautiques à 10 nœuds en surface et de 54 nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait de deux canons de 40mm en tubes étanches, six tubes lance-torpilles de 533mm (trois de proue, un de poupe et deux orientables) avec dix torpilles.

-Les neuf sous-marins du type U sont entrés dans l’histoire non pas pour leurs performances ou leurs exploits guerriers mais par le fait qu’ils vont être les seuls sous-marins suédois à ne pas posséder de nom, la raison de ce choix étant encore ignoré aujourd’hui. Ces navires sont mis en service en 1942 (U-) en 1943 (U-2 et U-3) et en 1944 (U-4 à U-9). Ces sous-marins sont restés en service jusqu’en 1959 quand ils ont été désarmés puis démolis à l’exception du U-3.

Ces submersibles déplaçaient 367 tonnes en surface mais 450 tonnes en plongée, mesurant 49.6m de long pour 4.70m de large et 3.80m de tirant d’eau.

Propulsés par un diesel-générateur MAN entrainant deux moteurs électriques pour une puissance propulsive globale de 1350ch, ils atteignaient la vitesse maximale de 13.8 nœuds en surface et de 7.5 nœuds en plongée, la distance franchissable étant de 3000 miles nautiques à 14 nœuds et de 54 nautiques à 6 nœuds en plongée.

L’armement se composait d’un canon de 20mm et de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit projectiles (trois tubes à l’avant et un à la poupe), l’équipage se composant de 32 officiers et marins.

Les trois sous-marins de Classe Neptun (Neptun Najad Näcken) sont trois sous-marins mouilleurs de mines mis en service en 1943. Derniers de leur type au sein de la marine suédoise, ils effectuèrent une carrière honorable, le Neptun étant perdu suite à l’explosion d’une mine défectueuse le 17 mars 1952 (épave retrouvée en 1965), les deux autres étant désarmés en 1959 et 1961 respectivement puis démolis.

Ces sous-marins déplaçaient 550 tonnes en surface mais 730 tonnes en plongée, mesurant 62.6m de long pour 6.40m de large et 3.40m de tirant d’eau. Les deux moteurs diesel MAN développant 1800ch et les deux moteurs électriques développant 1000ch leur permettant d’atteindre la vitesse de 15 nœuds en surface et de 10 nœuds plongée. Ils pouvaient franchir 3000 miles nautiques à 14 nœuds en surface et 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait de cinq tubes lance-torpilles de 533mm (trois à l’avant et deux à l’arrière) avec dix torpilles, vingt mines, un canon de 40mm et un de 20mm, l’équipage se composant de 35 officiers et marins.

-La Suède n’à aucun problème pour concevoir et fabriquer des porte-avions. Voilà pourquoi la décision d’acquérir la décision de fabrication des Type III à provoqué une petite polémique au pays de Nobel et de Fersen.

Ces six sous-marins baptisés Hajen Salen Valroose Bavern Illern et Uttern sont mis en service en 1945 pour les trois premiers et en 1947 pour les trois derniers.

Ces submersibles vont opérer en Baltique, le Haljen est perdu le 8 janvier 1953 victime d’un hydravion allemand qui le pris pour un sous-marin ennemi. Le Salen victime d’un incendie à quai le 17 mars 1954 est jugé trop endommagé pour être réparé, désarmé puis démoli après récupération de tout ce qui était récupérable. Les quatre autres sont désarmés entre 1959 et 1961 et démolis.

Les sous-marins de la Classe Hajen déplaçaient 480 tonnes en surface et 594 tonnes en plongée, mesurant 53.97m de long pour 5.22m de large et 4.57m de tirant d’eau.

Ils étaient propulsés par deux diesels MWM de 550ch en surface et par deux moteurs électriques de 305ch, les moteurs entrainant deux hélices.

Ils pouvaient filer à 13.5 nœuds en surface et à 9 nœuds en plongée, plonger à 150m, franchir 5850 miles nautiques à 8 nœuds en surface et 66 miles nautiques à 4 nœuds en plongée.

Ils étaient armés d’un canon de 37mm, d’un canon de 20mm, de quatre tubes lance-torpilles de 533mm concentrés à la proue avec six torpilles (quatre dans les tubes et deux en réserve) ou douze mines TMA. L’équipage se composait de 32 officiers et marins.

Mitteleuropa Balkans (176) Grèce (20)

Sous-marins

Classe Katsonis

Les Katsonis sont dérivés des Circé

Les deux sous-marins de la Classe Katsonis sont des submersibles de conception et de fabrication française. Inspirés du type Circé, ils ont été construits à Bordeaux (Katsonis) et à Nantes (Papanikolis). Ils ont été mis en service respectivement en juin 1928 et en décembre 1927.

Déclassés en septembre 1939, ils devaient être remplacés mais la marine grecque faute de moyens financiers n’à pu le faire. Elle s’est donc contentée de les moderniser entre 1942 et 1944 ce qui apportait un plus mais qui ne résolvait un certain nombre de limites.

Toujours en service en septembre 1948 et en mai 1949, les deux submersibles vont connaître des sorts différents. Le Katsonis est coulé le 12 mai 1949 par un hydravion italien alors qu’il tentait de se mettre en position pour torpiller un convoi se formant à la sortie du port de Valona. Aucun membre d’équipage n’à survécu.

Son sister-ship à survécu à la Campagne de Grèce. Il se réfugie à Alexandrie mais ne reprendra jamais du service actif car trop ancien et trop usé. Il sert brièvement de sous-marin d’entrainement avant d’être immergé au large de l’Egypte pour servir de but sonar d’entrainement. La coque est relevée après guerre puis démantelée.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : 522 tonnes en surface 703 tonnes en plongée

Dimensions : longueur 62.5m largeur 5.3m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 1200ch et deux moteurs électriques de 1000ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9.5 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 10 nœuds en surface et 100 miles nautiques à 5 nœuds en plongée Immersion 80m

Armement : (origine) un canon de 100mm et deux mitrailleuses six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue et deux à la poupe) (1949) un canon de 100mm, un canon de 20mm et six tubes lance-torpilles de 533mm

Equipage : 30 officiers et marins

Classe Protefs

Le Protefs

Les quatre unités formant la Classe Protefs sont elles aussi de conception et de fabrication françaises mais un peu plus grosses et un peu plus récentes.

Construites par les ACL de Nantes (Protefs Nirefs Triton) et les chantiers navals français de Caen en sous-traitance ACL (Glafkos), ils ont été mis en service en 1929 pour le premier et en 1930 pour les trois autres.

Ils ne sont guère plus modernes que les Katsonis et la modernisation permet certes de prolonger le service de quelques années mais cela ne faisait que repousser le problème. Le second conflit mondial ne permis pas le renouvellement de la flotte car la Grèce n’avait pas la capacité de construire des sous-marins.

Le Protefs à disparu durant la campagne de Grèce. En patrouille en Adriatique, il devait rentrer le 7 juin 1949 mais il n’à plus donné signe de vie après une dernière vacation radio dans la soirée du 4.

Les recherches engagées après guerre n’ont pas permis de retrouver l’épave tout comme les campagnes de recherche menées en 1960, en 1964, en 1980 et en 1994. Plusieurs théories ont été avancées celle la plus souvent citée étant une explosion causée par une mine suivit d’un naufrage si brutal qu’un SOS n’à pas pu être envoyé.

Les trois autres sous-marins sont parvenus en Egypte mais dans un tel état que leur remise en service est très aléatoire. Elle est d’ailleurs abandonnée au profit de la cession de deux sous-marins de 800 tonnes français.

Les Nirefs et Glafkos sont cannibalisés au profit du Triton puis utilisés comme but sonar pour l’entrainement des opérateurs sonars.

Le Triton est utilisé pour l’entrainement des sous-mariniers grecs jusqu’en septembre 1952 quand il est désarmé, utilisé comme ponton-électrique au profit des sous-marins transférés par la France. Il est démoli en 1959.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 680 tonnes plongée 870 tonnes

Dimensions : longueur 68.6m largeur 5.73m tirant d’eau 4.18m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer développant 1420ch deux moteurs électriques développant 1200ch 2 hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9.5 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 10 nœuds en surface 100 miles nautiques à 5 nœuds en plongée Immersion 80m

Armement : un canon de 100mm, un canon de 3 livres puis deux canons de 37mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (six à la proue et deux à la poupe)

Equipage : 41 officiers et marins

Classe Phenix

Schéma de la classe Phenix

Le 15 juin 1939 le sous-marin Phenix est perdu au large de l’Indochine. Le 24 juin 1939, un décret-loi autorise la commande d’un sous-marin destiné à remplacer cette unité de classe Pascal (série des 1500 tonnes) et dans la foulée une version tropicalisée des sous-marins de 800 tonnes classe Aurore.

Les modifications augmentent le déplacement du sous-marin et on en profite pour uniformiser le calibre des tubes lance-torpilles avec uniquement des tubes de 550mm au lieu de 550 et de 400mm pour les classes précédentes.

Douze sous-marins sont commandés et vont porter les noms des mois du calendrier révolutionnaire.

Le Phenix est mis en service en 1944, les Vendémiaire Ventôse Frimaire Prairial Floréal Nivôse et Messidor en 1945, les Fructidor Pluviose Brumaire et Germinal en 1946 et enfin le Thermidor en 1947.

En septembre 1948 sont déployés sur différents théâtres d’opérations avec huit unités en Méditerranée (9ème DSM Phenix Ventôse Frimaire Prairial et la 17ème DSM Vendémiaire Nivôse Floréal et Messidor qui dépendent de la 3ème flottille de sous-marin, le bras armé sous-marin de la 6ème Escadre Légère), trois unités en mer du Nord (Fructidor Brumaire Pluviose) qui dépendent de la 16ème DSM placée sous le commandement de l’Escadre Légère du Nord alors que les deux dernières dépendent de la 23ème DSM qui sont déployés en Indochine sous les ordres des Forces Navales en Extrême-Orient (FNEO) (Germinal Thermidor).

Ce modèle de sous-marin intéresse la Grèce avant même le second conflit mondial mais le temps et les moyens financiers manquent pour permettre la commande de sous-marins de ce type.

Après la campagne de Grèce, Athènes qui reçoit une proposition pour le transfert de deux sous-marins étudie le type S britannique et le type Phenix ou Aurore français. C’est ce second modèle qui est choisit.

Après inspection, les grecs obtiennent le transfert du Ventôse et du Messidor qui subissent une véritable remise en état avant transfert, transfert qui est effectif respectivement en septembre 1951 et juillet 1952. Ils sont rebaptisés Katsonis et Protefs.

Le Protefs est coulé par un escorteur italien en janvier 1953 alors qu’il attaquait un convoi reliant Bari et Tarente. Le Katsonis survit au second conflit mondial, est profondément modernisé à Toulon dans le cadre du programme AMTATE (Améliorations Tactiques et Techniques) en 1956/57.

Ce programme équivalent au programme GUPPY américain comprend la suppression du canon de pont et de la DCA, le remplacement des moteurs diesels par des moteurs plus puissants, le remplacement des batteries d’origine par des batteries haute-puissance, l’amélioration de l’hydrodynamisme de la coque, de nouveaux capteurs et la suppression des tubes lance-torpilles de poupe.

Ainsi modernisé le Katsonis va servir jusqu’au 30 septembre 1975 quand il est désarmé. Il est transformé en musée au Pirée, étant ouvert au public depuis 1977.

Caractéristiques Techniques de la classe Phenix

Déplacement : surface 925 tonnes plongée 1202 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 74.9m largeur 6.5m tirant d’eau 4m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer ou Schneider de 1500ch et deux moteurs électriques de 635ch entrainant deux lignes d’arbre

Performances : vitesse maximale en surface 16.5 noeuds en plongée 9 noeuds Rayon d’action en surface 3300 miles nautiques à 10 noeuds en plongée 70 miles nautiques à 5 noeuds Immersion maximale 100m

Après la réforme AMTATE, la vitesse en surface est portée à 18 nœuds la vitesse en plongée à 10 nœuds, l’immersion passe à 125m.

Armement : un canon de 100mm modèle 1934, un affût double de 25mm pour la défense antiaérienne et dix tubes lance-torpilles de 550mm (quatre tubes à l’étrave, deux à l’arrière et deux tourelles mobiles derrière le kiosque)

Equipage : 46 hommes (4 officiers, 9 officiers mariniers et 33 quartiers maitres et matelots).

Vedettes lance-torpilles

Une S-Boot

La géographie dicte la conception et l’organisation d’une flotte. La Grèce avec sa géographie archipélagique est un lieu idéal pour une puissante force de vedettes lance-torpilles. Pourtant il va falloir attendre la période de la Pax Armada pour que la marine royale héllène s’équipe de navires de ce type.

En septembre 1948, seize μικρό πλοίο επίθεσης (mikró ploío epíthesis, petits navires d’attaque) sont en service au sein de deux flottilles, les 4ème et 5ème flottilles. Ces vedettes ont été construites sur le lac de Constance par une division navale de la firme Dornier qui produisit un modèle de la firme Lürssen.

Ces vedettes livrées en 1943/44 au grand dam des italiens ont descendu en convois jusqu’au delta du Danube et le port roumain de Constansa où ils sont chargés en pontée sur un cargo pour rallier l’Arsenal de Salamis où elles vont recevoir l’armement prévu.

Ces navires ne reçoivent pas de nom mais les trois lettres MPE suvis d’un chiffre ou d’un nombre (un à seize).

Ces seize navires sont toujours en service en septembre 1948 et vont jouer un rôle majeur dans la Campagne de Grèce. Leur mission est d’harceler les navires de combat, les transports et lutter contre leurs homologues, les MAS.

Elles vont s’illustrer à plusieurs reprises, s’attirant rapidement le respect de leurs alliés comme de leurs ennemis. Deux MPE coulent le croiseur léger Emmanuele Pessano en compagnie du destroyer Hydra, d’autres coulent l’escorteur Canopo en janvier 1950.

Quand la Campagne de Grèce s’achève en mars 1950 il ne reste que neuf vedettes lance-torpilles opérationnelles ou du moins en service, les MPE-1 et 3 étant coulées par l’aviation (par les allemands pour la première, par les italiens pour la deuxième), les MPE-5 et 6 ont été détruites par des vedettes italiennes, la MPE-11 à été victime d’un incendie provoqué par un bombardement d’artillerie sur Salamis, le MPE-15 et 16 ont été coulées par des cacciatorpediniere italiens.

Les survivantes sont donc les MPE-2, 4, 7,8,9,10,12,13 et 14 qui se replient sur la Crète, opérant dans une flottille de marche pour défendre la grande île contre une potentielle invasion ennemie qui ne se produisit jamais.

Manquant de pièces, usées, ces vedettes ne peuvent vraiment durer. Cette situation à été anticipée par le gouvernement grec qui solicite les alliés pour commander des vedettes lance-torpilles neuves.

Des Fairmile D au port

Les américains, les français et les britanniques remettent leurs propositions et c’est le modèle britannique Fairmile D qui est sélectionné, seize vedettes sont commandées pour recréer deux flottilles, des vedettes livrées entre juin et septembre 1951.

Ces deux flottilles sont pleinement opérationnelles à la fin de l’année puis sont transférées début 1952, une flottille étant stationnée à Patras sur la côte occidentale du Péloponnèse et la seconde à Epidaure sur la côte orientale.

Si la première doit surtout s’attaquer aux convois ravitaillant l’île de Céphalonie, la seconde doit attaquer les convois nocturnes entre Le Pirée et les Cyclades.

De violents combats ont lieu, une véritable guerilla rude et impitoyable. Ces combats sont d’autant plus rudes que pendant longtemps la domination de l’espace aérien est disputé entre l’Axe et les alliés.

Au total les grecs vont recevoir trente-six vedettes lance-torpilles pour remplacer les vedettes détruites ou simplement usées par une utilisation intensive.

Outre l’attaque classique à la torpille ces vedettes vont également assurer d’autres missions comme le transport rapide de commando (les torpilles étaient laissées à terre pour permettre l’emport d’une douzaine de commandos) ou l’appui-feu avec l’embarquement à la place des torpilles d’un mortier ou d’un canon de montagne pour mener des missions d’appui-feu et de harcèlement.

Le second conflit mondial terminé ces vedettes vont participer à la guerre civile grecque avant d’êre remplacées par des vedettes plus modernes à coque en acier et armement renforcé avec toujours de l’artillerie légère, des mitrailleuses et des torpilles en attendant les missiles surface-surface.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 104 tonnes pleine charge 120 tonnes

Dimensions : longueur 35m largeur 6.35m tirant d’eau 1.50m

Propulsion : quatre moteurs essence Packard 4M 2550 dévellopant 5750ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable 506 miles nautiques à 30 nœuds 2500 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 40mm Bofors, quatre canons de 20mm Oerlikon (un affût double et deux affûts simples), quatre mitrailleuses de 7.7mm en affûts doubles, quatre torpilles de 533mm

Equipage : 21 officiers et marins

Navires légers

En ce qui concerne les navires légers, la marine royale grecque possède fort peu de navires en dépit de nombreuses îles à protéger et à surveiller.

En septembre 1948 on trouve une flottille hétéroclite avec de nombreuses Caïques réquisitionnées et armées de bric et de broc pour surveiller et défendre (sic) les îles.

Ces navires vont s’illustrer durant la Campagne de Grèce en évacuant de nombreux militaires et civils qui échappèrent à l’occupation et à la captivité pour continuer la lutte.

Certains équipages contractèrent un engagement au sein de la marine grecque, troquant leurs bateaux de pêche armés contre des vedettes légères construites par les français et les britanniques.

Ces vedettes au nombre de trente-deux vont opérer depuis la Crète et le Péloponnèse pour surveiller, sécuriser et parfois attaquer.

Une fois l’offensive lancée à l’automne 1952 ces vedettes furent parfois utilisées comme des transports de troupes ou pour des missions d’appui-feu.

Ces vedettes mesuraient 15.50m de long pour 3.80m de large, un tirant d’eau de 1.50m, un déplacement de 60 tonnes, une vitesse maximale de 25 nœuds avec un armement généralement composé d’un canon de 37 ou de 40mm, deux mitrailleuses lourdes, deux mitrailleuses légères et parfois quelques grenades ASM à l’efficacité limitée par l’absence d’Asdic.

Navires de soutien

En septembre 1939 la force auxiliaire de la marine grecque fait peine à voir avec des navires antiques :

-Le navire-atelier Hifaistos l’ancien navire-allemand Marie Repnel aménagé en navire-atelier chez Palmers en Angleterre en 1925.

-Le ravitailleur de sous-marins Amphitriti un navire datant de 1876 refondu en 1934 et qui fût successivement transport, yacht, navire hôpital et ravitailleur de sous marins.

-le pétrolier Prometheus (1889)

-La citerne Avra (1894)

-Des remorqueurs

-le voilier-école Arès

Face à l’augmentation des moyens de la marine grecque il faut augmenter la force auxiliaire mais cette volonté est freinée pour ne pas dire contrée par le manque de budgets. Il faut dire que le budget de la marine est non seulement limité mais en plus très sollicité par la construction de nombreux navires de combat.

Finalement quelques navires vont être construits ou reconvertis pour permettre un soutien logistique minimal. Une série d’accords sont passés avec des armateurs grecs qui mettent à disposition cargos et pétroliers en échange de généreuses exonérations d’impôts ce qui suscite nombre de débats et de critiques.

Si le pétrolier Prometheus victime d’un incendie en mars 1944 n’est plus là tout comme la citerne Ava (qui à coulé au mouillage à Salamis), les autres navires sont là, la marine grecque estimant qu’ils peuvent encore rendre des services. De nouveaux navires arrivent ce qui donne à la force auxiliaire de la marine grecque le visage suivant :

-Deux pétroliers (sans capacité de ravitaillement à la mer qu’à ma connaissance la marine grecque n’à pas pu ou voulu expérimenter), les Prometheus et Nymphea, deux pétroliers rachetés à un armateur en faillite.

Il s’agit de pétroliers de 8000 tonnes de jauge brut, mesurant 120m de long sur 17m de large pour un tirant d’eau de 7m, une vitesse maximale de 15 nœuds et un armement composé de deux canons de 76mm et de quatre canons de 20mm.

Si le Nymphea est torpillé par un sous-marin italien le 14 mars 1952 entre Alexandrie et la Crète, le Prometheus va survivre au second conflit mondial après avoir ravitaillé des dizaines pour ne pas dire des centaines de navires qu’ils soient grecs, yougoslaves, français ou britanniques.

Il est désarmé en 1969 et remplacé par un navire reprennant son nom, un pétrolier-ravitailleur conçu dès l’origine pour ce rôle.

-Le navire-atelier Hifaistos parvient à se réfugier à La Sude et assure le soutien technique des navires grecs et alliés dans ce magnifique port naturel. Victime d’une avarie de machine lors d’un transit vers Athènes en mai 1953, le navire est drossé à la côté. Le navire est remis à flot mais lors de son remorquage en direction de la base navale de Salamis une voie d’eau se déclare entrainant son naufrage.

-Le ravitailleur de sous-marins Amphitriti tente lui aussi de rallier la Crète mais rattrapé par l’aviation allemande il est coulé le 14 novembre 1949.

-Pour compléter les deux pétroliers, deux cargos baptisés Herkules et Zeus sont loués en 1944 pour dix ans auprès d’un armateur grec qui ne reverra jamais ses deux navires de 5000 tonnes de port en lourd, mesurant 100m de long sur 15m de large pour une vitesse de 15 nœuds (12 en pratique).

En effet ces deux navires sont perdus durant le conflit, l’Herkules saute sur une mine alors qu’il venait de quitter l’île de Céphalonie en octobre 1949 (le navire coupé en deux coule rapidement en ne laissant que fort peu de survivants) alors que le Zeus est coulé par l’aviation allemande lors de l’opération ANVIL le 17 septembre 1952.

Mitteleuropa Balkans (172) Grèce (16)

De la Grande Catastrophe à la Guerre de Pologne : des tentatives de modernisation

La Grande Catastrophe est une catastrophe idéologique (fin de la Grande Idée comme objectif jugé atteignable), politique (fin de la monarchie), économique (besoin d’intégrer des centaines de milliers de grecs d’Asie Mineure qui ont tout perdu) et militaire, la marine grecque peinant à renouveler sa flotte.

Avant la guerre de Pologne on ne trouve que comme acquisition que six sous-marins français en 1927 et quatre destroyers italiens en 1929.

En clair si la guerre de Pologne s’était poursuivie la marine royale grecque aurait été bien en peine d’agir efficacement contre la Regia Marina, son adversaire principal pour ne pas dire exclusif, la marine turque malgré une remarquable modernisation ne semblant pas vouloir s’engager dans un conflit à part peut être une guerre limitée contre la Grèce pour le contrôle de quelques îles en mer Egée. En septembre 1939, la marine grecque affiche le visage suivant :

Le cuirassé Kilkis est l’ancien USS Mississippi (BB-23)

-Les cuirassés Kilkis et Lemnos ont été désarmés, le premier servant de batterie flottante et d’école de canonnage alors que le second à été transformé en ponton flottant.

La marine grecque souhaite le remplacer par un cuirassé moderne mais cela coûte cher et c’est surtout une denrée rare à une époque où les pays pouvant construire ce type de navire se préoccupent surtout de moderniser/accroitre leur flotte. Des projets seront étudiés mais ils vont mettre du temps à se concrétiser comme nous allons le voir ensuite.

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff est toujours en service en septembre 1939 bien que clairement dépassé mais son statut de héros des guerres balkaniques le préserve d’un désarmement et pire d’une démolition.

En revanche le croiseur léger Elli, un croiseur initialement construit aux Etats-Unis pour la marine impériale chinoise (!) doit être remplacé par un croiseur plus moderne portant le même nom.

Des projets de construction de nouveaux croiseurs sont étudiés mais ils ne connaitront qu’une réalisation partielle avec un sister-ship de l’Elli baptisé Lemnos alors que les projets étaient nettement plus ambitieux voir irréalistes avec pas moins de huit croiseurs légers !

En ce qui concerne les destroyers, la force se compose de quatre destroyers italiens acquis en 1929 et quatre destroyers construits en Grande-Bretagne, destroyers dont la livraison allait être suspendue durant la guerre de Pologne.

Des unités anciennes héritées du premier conflit mondial sont encore en service mais elles doivent être remplacées par des unités plus modernes fabriquées en Grèce.

La force sous-marine est considérée comme relativement moderne même si les sous-marins français acquis à la fin des années vingt commencent à avoir l’âge de leurs artères. Là encore la construction d’unités modernes est étudiée mais très incertaine.

L’aéronavale grecque est considérée comme le parent pauvre de la marine royale grecque alors que les défenses côtières sont plutôt bonnes. On parle également de créer des unités d’infanterie de marine pour mener des raids sur les îles turques.

La guerre de Pologne se termine en décembre 1939. C’est le début d’une période de paix armée entrée dans l’histoire sous le nom de Pax Armada en référence à la Pax Romana.

Pour la marine grecque c’est le moment où jamais de devenir non pas une marine de premier plan en Méditerranée mais une marine capable de défendre seule les eaux nationales et servir d’allié utile aux occidentaux et donner quelques migraines supplémentaires aux amiraux italiens.

La marine grecque dans la Pax Armada : une modernisation en trompe l’œil ?

Pourquoi diable en trompe l’oeil ? Tout simplement parce que si de nouveaux navires sont acquis il n’est pas certain que la Vasilikón Naftikón en ait tiré la quintessence avec la formation du personnel compétent et l’établissement d’une stratégie adaptée.

La question majeure à la fin des années trente c’est la question du cuirassé. Quelques officiers pilotes militent en faveur d’un porte-avions mais ils sont ultra-minoritaires. Comme la majorité des officiers surfaciers, les officiers grecs ne jurent que par le cuirassé.

Ne pas oublier que la marine grecque avait commandé deux cuirassés modernes en 1914 et que leur non livraison avait causé un vrai traumatisme chez les officiers grecs.

Dans un premier temps les grecs envisagent d’acquérir un cuirassé de seconde main mais c’est une denrée rare et surtout face à la commande du Suleiman par les ottomans il fallait un cuirassé moderne.

L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont sondés et ce sont les derniers qui acceptent ironie de l’histoire de livrer à la Grèce un cuirassé rapide inspiré des Alaska, c’est donc un cousin du Suleiman.

Baptisé Salamis, il est mis en service en juin 1946 devenant le navire-amiral de la Vasilikón Naftikón et devenant un atout majeur dans la politique étrangère grecque, les italiens devant tenir compte de la présence d’un puissant cuirassé ou plutôt d’un croiseur de bataille puisqu’il était armé de six canons de 356mm en trois tourelles doubles.

Le nouveau croiseur Elli et son sister-ship Lemnos sont mis en service respectivement en 1945 et 1947. Ils sont de conception grecque avec l’assistance technique des chantiers navals de La Ciotat.

Le HMS Grafto,n (type G)

Ils doivent opérer avec les destroyers acquis avant 1939 et avec six destroyers plus légers inspirés des Freccia et des type G et construits en Grèce, ces navires remplaçant les destroyers issus du premier conflit mondial.

En revanche le remplacement des sous-marins ne peut se réaliser et les grecs doivent se contenter de moderniser leurs submersibles.

Des vedettes lance-torpilles sont acquises auprès de l’Allemagne (ce qui irritera l’Italie) et l’aéronavale reçoit quelques avions et quelques hydravions.

Longtemps le combat naval était davantage un combat d’infanterie sur l’eau qu »autre chose. Toutes les marines disposaient d’unités d’infanterie pour l’abordage mais aussi pour la protection des officiers face à des marins pas toujours très disciplinés et très respectueux de l’autorité.

La marine grecque en septembre 1939 ne possédait pas d’unités d’infanterie de marine, les simples fusiliers étant intégrés aux compagnies de débarquement des navires soit peu de chose car un homme armé d’un fusil n’est pas forcément un fusilier.

En septembre 1945 un bataillon d’hoplites de la mer est créé soit en version originale Tagma thalasso opliti.

Un deuxième bataillon est mis sur pied mais il s’agit d’un bataillon-cadre activable en temps de guerre. Ce ne sera finalement pas le cas faute de temps et de moyens.

Ce bataillon est organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Initialement ce bataillon doit assurer la défense de la base de Salamis mais très vite on envisage pour lui des missions plus offensives ce qui lui permettra d’entrer dans la légende.

La marine royale grecque dans le second conflit mondial

Situation globale de la Vasilikón Naftikón en septembre 1948

Le navire-amiral de la marine grecque est le cuirassé ou plutôt le croiseur de bataille Salamis, une évolution des Alaska américains et donc le cousin germain du Suleiman. Mis en service en juin 1946 il est pas totalement opérationnel en septembre 1948, la montée en puissance ayant été plus longue que prévue.

Avec ses six canons de 356mm en trois tourelles doubles et ses canons de 127mm, il représente une menace importante pour la marine italienne qui va chercher à la neutraliser dès que possible et ce avant même le début de la guerre ! Sans succès puisque le cuirassé était encore quand le second conflit mondial éclate.

Les croiseurs légers Elli et Lemnos doivent protéger les lignes de communication grecques et attaquer celles de l’ennemi avec les huit canons de 152mm en quatre tourelles doubles, les canons de 100mm français et des tubes lance-torpilles de 533mm.

Ils doivent opérer avec une flotte de destroyers qui s’est singulièrement étoffée. On trouve ainsi pas moins de quatorze destroyers modernes.

Le Freccia

On trouve les quatre destroyers de Classe Kontouriotis (type Freccia) italien, quatre destroyers type G britannique formant la classe Vasilef Georgios et six destroyers que l’ont peut considérer comme une synthèse des deux classes précédentes, ces navires formant la classe Aetos ( Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea).

Malgré une volonté partagée par le gouvernement comme par les opérationnels, le remplacement des six sous-marins en service en septembre 1939 (Katsonis Papanikolis Protefs Nirefs Triton Glafkos) ne peut se faire, le projet de les remplacer par des 800 tonnes français ou des type S britanniques ne dépassant pas l’étape de la demande d’information. Ils ont certes été modernisés entre 1942 et 1944 mais ils sont clairement obsolètes.

En revanche les seize vedettes lance-torpilles sont modernes, efficaces, leurs équipages étant considérés comme les meilleurs de la marine grecque.

Elles doivent attaquer la navigation ennemie et harceler les grosses unités pour réduire le différentiel entre une marine de première ordre comme la marine italienne et une marine de deuxième classe comme la marine grecque.

L’aéronavale grecque qui avait fusionné avec l’aviation de l’armée en 1929 renait en 1942 avec deux escadrilles d’hydravions de patrouille maritime et deux escadrilles d’hydravions-torpilleurs. Peu après une escadrille d’avions avec des chasseurs et des bombardiers voit également le jour.

Ces cinq escadrilles totalisent une cinquantaine d’appareils auxquels il faut ajouter quelques appareils anciens essentiellement utilisés pour l’entraînement, les liaisons et la servitude. Des projets de modernisation ambitieux ont comme souvent été envisagés mais pas concrétisés faute de temps et surtout de moyens financiers et humains.

On trouve également un bataillon d’infanterie de marine, le 1. Tagma Thalasso Opliti organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes.

Combat !

Quand la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1948 l’Italie est neutre mais Athènes est persuadée que cela ne va pas durer et que ce soit avec ou sans provocation extérieure, Rome allait un jour ou l’autre attaquer.

L’attitude très agressive des franco-britanniques va pousser l’Italie à entrer en guerre le 7 octobre 1948. Entre-temps la Grèce courtisée par Paris et Londres se montre nettement plus réceptive qu’en 1914 mais sans s’engager ouvertement. Néanmoins la simple présence d’une puissante marine neutre à un impact sur la stratégie générale des italiens.

Dès l’annonce des bombardements allemands sur la Scandinavie, la Grèce annonce aux différents bélligérants qu’elle fera respecter si besoin est par la force la neutralité de son espace aérien et de son espace maritime.

Des champs de mines sont mouillés, les batteries côtières mises en alerte, les sous-marins patrouillent tout comme les hydravions.

La flotte de surface _croiseurs et destroyers_ multiplient les raids agressifs pour montrer la détermination de la marine royale héllène. Des incidents opposent la marine grecque à la marine italienne mais comme officiellement les deux pays ne sont pas (encore) en guerre rien ne se produit.

Le 5 mai 1949 les italiens déclenchent l’opération CAESAR. Les grecs ne sont pas surpris tant les tensions ne cessaient de monter entre Athènes et Rome.

De plus des missions de reconnaissance, des rapports issus d’agents hellénophones en Epire ainsi que des messages radios transmis par les sous-marins en patrouille en Adriatique avaient fait remonter suffisamment d’information pour convaincre le gouvernement grec qu’une attaque italienne était imminente.

Dès le lancement de l’invasion italienne, la marine grecque adopte une posture agressive, ses sous-marins déployés en mer Ionienne et en mer Adriatique reçoivent l’ordre de torpiller tout navire italien sans sommation mais les vénérables (pour ne pas dire obsolètes) sous-marins héllènes jouent de malchance et ne remportent aucun succès.

Pire deux sont coulés, les Katsonis et Protefs étant victime pour le premier d’un hydravion itailien en maraude le 12 mai alors que le second qui devait rentrer de patrouille le 7 juin est présumé avoir été coulé par une mine (l’épave n’à jamais été retrouvée malgré plusieurs campagnes de recherche).

Les navires de surface vont être un peu plus en réussite même si à la fin de la campagne de Grèce certains marins grecs auront un sentiment amer, ayant l’impression d’encaisser les coups sans jamais pouvoir vraiment riposter. Seul réconfort, les franco-britanniques salueront le courage des marins hellènes face à la marine italienne et aux aviations de l’Axe.

Plusieurs navires italiens vont tout de même être envoyé chez Poseidon par les grecs que ce soit seuls ou avec le concours des marines alliées. C’est par exemple le cas du Gorizia qui disparaît au cours de la bataille du Golfe de Zanthe le 17 mars 1950, le croiseur léger Elli jouant un rôle non négligeable dans sa destruction aux côtés de ses homologues franco-britanniques mais aussi des différentes aviations embarquées.

En revanche le Bolzano attaqué par les destroyers grecs Hydra et Spetsai à survécu aux obus et aux torpilles grecques en dépit des revendications triomphales des navires héllènes. En ce qui concerne le croiseur Napoli c’est une querelle insouluble vieille de 71 ans qui oppose les britanniques et les grecs, les deux marines revendiquant sa destruction par les torpilles d’un sous-marin. Aucun pays ne veut lâcher question de fierté nationale.

En revanche pour le croiseur léger Muzzio Atendolo personne ne peut en retirer le mérite aux grecs même si l’Aetos était accompagné de navires britanniques et français le 7 février 1950 alors que cette unité de classe Navigatori couvrait un débarquement tactique sur la côte occidentale de la Grèce.

Le croiseur léger Emmanuele Pessamo est coulé durant la campagne de Grèce par deux vedettes lance-torpilles grecques accompagnées par le destroyer Hydra qui ironie de l’histoire et de conception et de fabrication italienne.

Un autre cacciatorpediniere est coulé par la marine grecque en l’occurrence l’Alpino victime du Vasilefs Giorgios, un destroyer de conception et de fabrication britannique avec néanmoins des canons de 127mm. Le destroyer grec en patrouille près de l’île de Céphalonie surprend le destroyer italien en bombardement littoral. Il lance ses torpilles puis ouvre le feu, désemparant le destroyer italien qui coule en seulement quelques minutes.

Autre victime de la marine grecque le vénérable torpilleur Giuseppe Le Farina qui stationné à Valona en Albanie est chargé d’escorter un convoi de deux caboteurs entre Valona et l’île de Céphalonie.

Surpris par le destroyer grec Leos, il est coulé par l’artillerie de ce dernier avant que les caboteurs ne soient littéralement exécuté par l’artillerie du destroyer grec.

L’escorteur Canopo est coulé en janvier 1950 par des vedettes lance-torpilles grecques alors que le sous-marin Agostino Barbarigo est victime des charges de profondeur du destroyer Vasilissa Olga alors qu’il tentait d’attaquer un transport de troupes évacuant les dernières troupes alliées encore présentes à Céphalonie.

Deux autres sous-marins seront coulés bien après la fin de la campagne de Grèce en l’occurence l’Argento en septembre 1952 et le Murena en juin 1951.

L’infanterie de marine grecque déployée à Patras reste d’abord en mode défensif puis en l’absence de débarquement amphibie italien, les hoplites de la mer vont montrer aux italiens de quel bois ils se chauffent.

Ils vont pratiquer ce qu’on appelait jadis les descentes à savoir débarquer dans une zone, tout détruire et rembarquer. Ils vont utiliser des caïques, des vedettes voir des pontons motorisés. Les italiens sont d’abord surpris avant de muscler leur dispositif et de rendre les raids grecs plus compliqués.

Avec la dégradation de la situation le bataillon va opérer en défensive/offensive à savoir ralentir, freiner l’adversaire, permettre le repli des autres unités, éviter les paniques voir récupérer des soldats isolés et les ramener au bercail.

Les alliés comme les ennemis saluent leur bravoure, leur agressivité. Comme le dira un capitaine italien qui connu les Balkans et le front russe «Tout le monde nous parle des Houraaaaaaaaaaaaaaah des frontoviki, des frissons que vous ressentez en l’entendant, de la peur qui vous tenaille cela se voit que nous avez jamais entendu le Pros ta empros Oplitis ! (en avant hoplites !) qui annonçait l’assaut de ces diables de grecs».

Replié sur le Péloponnèse, le bataillon repousse plusieurs raids commandos menés par les italiens et par les allemands. En septembre 1951 le bataillon est transféré en Egypte pour être réorganisé et régénéré.

Aux côtés des vétérans de la Campagne de Grèce on trouve de jeunes marins certains venant de navires de surface qui veulent mener une forme de guerre différente.

A nouveau opérationnel en juin 1952, il va mener des opérations commandos aux côtés du bataillon sacré avec lequel se noue une sympathique et amicale rivalité. Il ne participe pas au raids sur Thessalonique mais prépare l’opération ANVIL par des raids de combat de renseignement.

Il va ensuite opérer davantage dans des raids sur la côte grecque, en Albanie et voir même en Dalmatie parfois seuls ou en lien avec des opérations terrestres voir en soutien de la résistance qu’elle soit grecque, albanaise ou yougoslave.

A la fin du conflit le bataillon va participer aux opérations de la guerre civile grecque. En 2021, le bataillon est devenu brigade avec de l’infanterie, de la cavalerie, de l’artillerie et du génie pour permettre des opérations de haute intensité mais ceci est une autre histoire.

Naturellement ces victoires ont provoqué un certain nombre de pertes parmi la flotte de surface grecque.

Le cuirassé Salamis, navire-amiral et orgueil de la marine héllène est endommagé à trois reprises mais jamais sérieusement. La première fois c’est par un bombardier italien le 17 septembre 1949, la deuxième fois par une torpille tirée par un sous-marin italien le 12 décembre 1949 et la troisième fois par des bombardiers allemands le 4 mars 1950. Sérieusement endommagé il est replié péniblement vers la Crète puis vers l’Egypte.

Réparé, il va être réutilisé mais loin de ses capacités, la marine grecque manquant de bras et les alliés ne manquant pas de cuirassés pour prendre le contrôle de la Méditerranée. Loin de participer à des batailles navales, le cuirassé grec va participer à des missions de bombardement au profit des troupes au sol qui apprécièrent le poids de ses obus de 356mm.

Il termine la guerre sans gros dommages mais est victime d’un sabotage le 17 janvier 1955 provoquant son échouage. Il est réparé, participe à la guerre civile grecque puis ce conflit terminé, il est utilisé comme navire-école de 1962 à 1970. Désarmé le 17 juin 1971, il est finalement démoli en 1975 après l’échec d’un projet de préservation.

Les vétérans Kilkis et Lemnos qui n’étaient plus opérationnels depuis des années sont coulés durant la campagne de Grèce, le premier torpillé par un sous-marin italien alors qu’il était remorqué en direction de la Crète pour continuer son rôle de batterie flottante alors que le second qui n’était plus qu’un simple ponton (il avait perdu son nom au profit du nouveau croiseur léger) dans le port de Thessalonique est coulé par des bombardiers allemands.

Le vénérable cuirassé Giorgios Averoff est endommagé par un bombardement allemand alors qu’il couvre avec ses puissants canons de 254mm et de 190mm l’évacuation du port de Thessalonique (la ville tombe le 30 novembre 1949). Il parvient à s’échapper à et se réfugier non sans mal à Alexandrie.

Réparé, il opère en Méditerranée mais surtout dans l’Océan Indien pour des escortes de convois ce qui frustre un peu son équipage. De retour en Méditerranée en septembre 1953, il va participer à l’appui des troupes au sol jusqu’à la fin du conflit. Rentré en Grèce il est désarmé en 1956 pour ainsi dire abandonné au Pirée jusqu’en 1980 quand on décide de le restaurer et de l’exposer comme musée à Phalère ce qui est chose faite en 1986.

En ce qui concerne les croiseurs légers Elli et Lemnos, le premier est coulé par un sous-marin italien le 21 octobre 1950 alors qu’il venait d’attaquer un convoi de l’Axe entre Le Pirée et les Cyclades. Deux torpilles envoient le croiseur par le fond qui coule en ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship Lemnos va survivre au conflit participant à des raids en Méditerranée, à l’appui d’opérations commandos en couvrant leur repli ou en lançant des obus éclairants.

Il est endommagé à plusieurs reprises mais à chaque fois réparé. Il est sérieusement endommagé durant la guerre civile grecque ce qui impose son désarmement en octobre 1957 puis sa démolition après son remplacement par un croiseur italien, le Gabriele d’Annunzio qui devient l’Elli.

En ce qui concerne les destroyers, la flotte subit des pertes non négligeables. L’Hydra qui s’était illustré durant la campagne de Grèce est coulé par l’aviation allemande durant l’opération SWORD le 2 décembre 1953, un bimoteur Junkers Ju-188 le surprend à l’aube, larguant deux bombes de 500kg. Le destroyer coupé en deux coule rapidement.

Son sister-ship Kontouriotis l’à précédé puisqu’il est victime d’une mine au large des Cyclades le 14 juin 1952. Le navire est endommagé mais on espère pouvoir le remorquer. Il est pris en remorque par un contre-torpilleur français mais suite à une alerte aérienne la remorque doit être larguée et quand la reprise peut être effectuée le navire à disparu même si heureusement l’équipage à pu évacuer.

Les destroyers Spetsai et Psara survivent au conflit sans grands dommages. Mis en réserve en 1956 après leur remplacement par des destroyers transférés par les américains, ils sont démolis au milieu des années soixante.

Le Vasilefs Georgios est gravement endommagé lors du raid sur Thessalonique le 15 septembre 1952 qui précéde l’opération ANVIL. Il est remorqué tant bien que mal jusqu’en Crète où une inspection plus poussée montre un état tel que la remise en état nécessiterait trop de temps et trop de ressources. Il est désarmé officiellement le 17 décembre 1952 et cannibalisé pour ses sister-ship.

Le destroyer Vasilissa Olga

Si le Vasilissa Olga est coulé par l’aviation allemande lors de la campagne de Grèce en mars 1950, les deux autres navires baptisés Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia survivent au conflit, le premier étant désarmé et démoli en 1960 alors que le second désarmé en 1962 est lui aussi démoli après l’échec d’un projet de préservation.

Sur les six destroyers de classe Aetos (Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea), deux sont coulés durant le second conflit mondial, l’Aetos victime d’un sous-marin italien le 7 février 1953 en Adriatique et le Nea Genea victime de chasseurs-bombardiers allemands le 8 octobre 1952 alors qu’il venait d’attaquer un convoi ravitaillant l’Eubée depuis le port d’Athènes.

Le Ierax gravement endommagé lors d’une collision avec un paquebot transformé en transport de troupes le 14 février 1954 finit par couler alors qu’il était en cours de remorquage vers Alexandrie.

Les Leon Panthir Keravnos survivent à la terrible ordalie que constitue du second conflit mondial. Ils sont modernisés par les britanniques entre 1955 et 1958 et désarmés respectivement en 1965, 1967 et 1970 avant d’être démolis.

En ce qui concerne les sous-marins nous avons vu que les Katsonis et Protefs ont été coulés durant la Campagne de Grèce. Les quatre autres ont survécu à cette ordalie et se sont réfugiés à Alexandrie où le gouvernement grec espérait une remise en état ou une vrai modernisation.

Suite à une inspection menée par une mission de sous-mariniers français et britanniques, les gouvernements proposent au gouvernement grec la cession de deux sous-marins modernes. Les grecs qui n’espéraient pas temps acceptent avec joie.

Les quatre sous-marins grecs sont utilisés pour l’entrainement au profit de nouveaux sous-mariniers mais aussi pour les opérateurs sonars même si très vite seul le Triton va rester en service, les autres étant désarmés (ils seront démolis après guerre).

Les deux sous-marins cédés sont deux sous-marins type Phenix, les Ventôse et Messidor qui sont rebaptisés Katsonis et Protefs en mémoire des sous-marins perdus durant la campagne de Grèce. Ils sont officiellement transférés en septembre 1951 et juillet 1952.

Ces deux sous-marins vont opérer essentiellement en mer Egée et en Adriatique. Si le Katsonis ex-Ventôse à survécu au conflit, son sister-ship, le Protefs ex-Messidor à été coulé par un escorteur italien le 4 janvier 1953 alors qu’il attaquait un convoi reliant Bari à Tarente.

Le Katsonis à été profondément modernisé à Toulon entre juin 1956 et mars 1957 dans le cadre du programme AMTATE (AMéliorations TActiques et TEchniques) puis utilisé aux côtés de sous-marins américains jusqu’à son désarmement en 1975. Il à été préservé comme musée à flot au Pirée.

Les seize vedettes lance-torpilles grecques vont être considérées à tort ou à raison par les alliés comme par l’ennemi comme les unités les plus efficaces de la marine grecque. Elles subissent des pertes sérieuses mais remportent comme nous l’avons vu plus haut de belles victoires.

A la fin de la Campagne de Grèce, il ne reste que neuf vedettes mais elles sont toutes passablement usées. En attendant la livraison de vedettes neuves par la Grande-Bretagne des équipages vont intégrer des flottilles britanniques et françaises pour relever des équipages de la Royale et de la Royal Navy.

Seize vedettes Fairmile D sont livrées entre juin et septembre 1951 permettant la recréation de deux flottilles de huit navires qui sont stationnées dans le Péloponnèse, une à Patras et la seconde à Epidaure.

Ces vedettes associées à des unités françaises et britanniques vont harceler la navigation germano-italienne notamment les convois nocturnes entre Le Pirée et les Cyclades et entre l’Epire et l’île de Céphalonie.

Les combats sont violents et les pertes lourdes puisque les grecs vont recevoir un total de trente-six vedettes lance-torpilles. Certaines furent modifiées en transport rapides de commandos ou en vedettes d’appui-feu avec un mortier ou mêle un canon de montagne en remplacement des torpilles.

Des caïques (bateaux de pêche traditionnels grecs) sont utilisés depuis la Crète comme patrouilleurs , dragueurs, comme embarcations de sauvetage en mer et comme embarcations d’infiltrations pour les agents de renseignement.

Pour le soutien logistique la marine grecque bénéficia du concours de quelques navires rescapés et surtout de sa flotte marchande qui rallia sauf rares exceptions le gouvernement en exil. Ce dernier pu ainsi facilement monayer sa capacité de fret contre le ravitaillement de ses unités de combat.

Il y eut des projets de transfert de navires légers d’escorte (Flower ou Hunt) à la marine grecque mais les propositions furent déclinées par le gouvernement d’Heraklion en raison du manque de personnel, la marine royale grecque étant très limitée en terme de ressources humaines en dépit de l’évasion de jeunes grecs de la partie occupée du pays et de la mobilisation de la diaspora héllène.

A la fin du conflit, la marine royale grecque dispose encore de beaux restes et peut être fière du travail accomplit. En attendant l’acquisition de navires neufs des navires de seconde main vont être transférés notamment par les américains.