Benelux (57) Belgique (18)

Armes de l’Infanterie (2) : fusils mitrailleurs, mitrailleuses et mortiers

Fusils mitrailleurs

Les mitrailleuses du premier conflit mondial étaient des armes d’une mortelle efficacité mais cette efficacité se payait avec un poids qui la rendait impropre à accompagner les troupes à l’assaut des tranchées ennemies. D’où l’idée d’inventer une sorte de mitrailleuse légère pouvant faire baisser la tête de l’ennemi.

FM CSRG 15 Chauchat-VD-WEB2

Le fusil mitrailleur Chauchat

Si l’Allemagne se contenta d’adapter et d’alléger sa mitrailleuse standard, les autres pays mirent au point un arme spécifique. Si le Chauchat français est resté célèbre pour ses mauvaises performances, d’autres armes se révélèrent de véritables réussites comme la mitrailleuse Lewis ou le fusil automatique Browning plus connu sous le nom de BAR (Browning Automatic Rifle).

FM BAR M1918

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

A l’orée du second conflit mondial, l’Allemagne dispose d’une mitrailleuse polyvalente utilisable comme fusil mitrailleur sur bipied et comme mitrailleuse moyenne sur trépied. Les autres pays continuent de disposer d’un ou plusieurs modèles de fusils mitrailleurs et d’un ou plusieurs modèles de mitrailleuses moyennes.

La Belgique n’échappe pas à la règle avec plusieurs fusils mitrailleurs en service, des armes utilisées aussi bien au sein des sections de combat de l’infanterie que sur les véhicules ou comme arme antiaérienne.

Passons rapidement sur le désastreux Chauchat, le premier fusil mitrailleur mis au point par la France mais qui combinant deux tares : une fabrication de temps de guerre où on était pas toujours regardant sur la qualité et une cartouche inadaptée au tir automatique.

FN model D machine gun

Fusil mitrailleur FN modèle 1930

Les belges ont reçu ses armes au cours du premier conflit mondial et l’ont conservé jusqu’à la mise en service du fusil mitrailleur FN modèle 1930, une évolution du BAR. Quelques Chauchat ont été conservés dans les dépôts mais leur réutilisation durant le second conflit mondial est très incertaine, les allemands en ont certes capturés quelques exemplaires mais n’en ont fait aucun usage à part de les envoyer à la destruction.

Le principal fusil mitrailleur de l’armée belge en septembre 1948 est donc le FN modèle 1930, un descendant belge du fusil mitrailleur Browning modèle 1918, mondialement connu par son acronyme qui claque au vent : BAR pour Browning Automatic Rifle (BAR).

A l’origine de la mise au point du BAR figure encore notre tristement célèbre Chauchat. Les américains obtiennent la mise au point d’une variante dans leur calibre nationale à savoir le calibre.30 mais l’arme déjà mauvaise en 8mm devient calamiteuse.

Les américains souhaitent à tout prix une nouvelle arme et par chance John Browning travaillait depuis 1916 sur un fusil mitrailleur ou un fusil automatique lourd car capable de tirer au coup par coup ou en rafales. Fonctionnant par emprunt de gaz, le Browning Automatic Rifle dispose d’un bipied repliable pour améliorer la précision de son tir (encore qu’un FM on lui demande surtout de tirer vite et fort plutôt que loin et précisément).

Présentée dès février 1917, l’arme va être produite à 85000 exemplaires et sans déplaisir que les Sammies vont remplacer leurs Chauchat par des armes made in USA. Malheureusement pour eux, les premiers exemplaires ne vont faire que de la figuration sur les champs de bataille de France.

L’arme est toujours en service en septembre 1948, la production ayant même repris pour l’armée américaine en 1942 afin de remplacer les armes bonnes pour la réforme. L’arme avait été également exportée dans des calibre différents et parfois produites sous licence. Rien que pour l’armée américaine, 338475 BAR ont été produits.

A noter qu’au sein de l’armée américaine, les BAR étaient initialement regroupés au sein d’une unité spécifique. Quand les divisions d’infanterie sont passés à la structure ternaire (trois régiments d’infanterie au lieu de quatre), les BAR ont été dispersés au sein des groupes de combat.

Devant la réduction de la taille de l’armée américaine, la prise de marchés exports était indispensable pour la Colt Company qui avait récupéré les droits sur les armes imaginées par John Browning mort en 1926.

Le premier modèle développé fût le Colt Automatic Machine Rifle Model 1919. Appelé également Model U, il était légèrement différent du M1918 tout comme son successeur le modèle 1924. Ils disposaient par exemple d’une poignée pistolet et d’un garde-main différent.

Ces armes furent proposées en différents calibre comme le .30-06 Springfield (7.62×63mm), le 7.65×53mm Belgian Mauser, le 7×57mm Mauser, le 6.5×55mm, le 7.92×57mm Mauser et le .303 British (7.7×56mmR).

C’est cependant le Model 1925 qui à connu le plus grand succès à l’export avec naturellement plusieurs calibres comme le .30-06 Springfield (7.62×63mm), le 7.65×53mm Belgian Mauser, le 7×57mm Mauser, le 7.92×57mm Mauser et le .303 British (7.7×56mmR).

Entre 1921 et 1928 la Fabrique Nationale d’Armes implantée à Herstal importa 800 fusils mitrailleur Colt pour les vendre à l’export. Pour éviter les problèmes, Colt et la FN se partagèrent le monde.

La FN eut l’idée de développer une évolution du BAR pour équiper l’armée belge. C’est l’acte de naissance du FN modèle 1930 qui est grosso modo une copie du model 1925 avec naturellement pour calibre le 7.65x53mm. Il existe quelques différences sur la valve du système d’emprunt de gaz et un système de réduction de la cadence de tir pour visiblement améliorer le fonctionnement de l’arme.

En 1932, l’armée belge adopta une évolution du modèle 1930 avec la possibilité de démonter le canon pour le changer et différentes améliorations pour faciliter le nettoyage et les réparations.

En 1944, un nouveau modèle est apparu, le FN modèle 1930/44, un modèle 1930 avec des modifications importantes pour faciliter la production, l’utilisation et la maintenance.

La FN exporta 10000 armes en Pologne (calibre 7.92x57mm) mais aussi en Suède (calibre 6.5x55mm) mais aussi en Chine (calibre 7.92x57mm également).

Le FN modèle 1930 et ses évolutions participèrent naturellement à la campagne de Belgique où ils ne déméritèrent pas même si face à des mitrailleuses utilisant la bande comme système d’alimentation, le fusil mitrailleur belgo-américain ne pouvait s’aligner.

A la fin de la campagne de Belgique, nombre de FN modèle 1930/modèle D/modèle 1930/44 étaient encore en ligne. Se posa la question de rependre la production en France mais le coût aurait été exorbitant.

La France proposant une version 7.65x53mm de son célèbre Chatelleraut, le gouvernement belge accepta cette proposition et les fusils mitrailleurs venus de Belgique furent peu à peu remplacés dans les unités de première ligne, son retrait officiel intervenant courant 1952.

Néanmoins par un rebond dont l’histoire est friande, les soldats belges saisirent près de Bruxelles un important stock d’armes dont des FN modèle 1930 qui furent promptement réutilisés par la 1ère Armée Belge qui fit cohabiter les deux armes jusqu’à la fin du conflit avant que la décision ne soit prise de conserver que le Chatelleraut en attendant la mise au point d’une mitrailleuse polyvalente, mitrailleuse qui allait devenir un véritable best-seller pour les armées du monde entier.

Le FN modèle 1930 était un fusil mitrailleur pesant 8.8kg, mesurant 1194mm de long dont 610mm pour le canon, une portée maximale théorique de 1200m (maximale 4500 à 5000m) avec une cadence de tir de 450 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des chargeurs de 20 ou de 40 cartouches (même si ces derniers étaient rarissimes).

FM 1924-29

Fusil mitrailleur de 7.5mm MAC modèle 1924 modifié 1929

-L’Armée Belge Libre (ABL)/1ère Armée Belge à donc utilisé également un fusil mitrailleur français, le MAC (Manufacture d’Armes de Chatelleraut) modèle 1924/29.

Initialement connu sous le nom de MAC type 23, sa production commence dès 1924 et les armes livrées dès 1925 ce qui montre l’urgence d’un nouveau fusil mitrailleur pour remplacer le Chauchat. Les débuts sont cependant difficiles avec des incidents de tir liés à la cartouche 7.5x58mm. Suite à plusieurs ruptures du culot, une nouvelle cartouche, la cartouche modèle 1929C (7.5x54mm) est mise en production et les problèmes disparaissent.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, 94500 exemplaires de ce remarquable fusil mitrailleur ont été produits sans compter les variantes spécialisées.

En septembre 1948, le «24/29» est toujours en service mais depuis 1942, une nouvelle variante est en production, le modèle 1924/42. Il y à peu de différences sur l’arme en elle même mais on à simplifié au maximum sa fabrication pour en produire plus plus rapidement.

Quand se pose la question du rééquipement des troupes belges, la France propose rapidement une variante au calibre adapté du Chatelleraut.

Ce projet n’est pas né de la dernière pluie puisque la MAC y travaillait depuis 1937 pour soit une vente export ou une production sous licence à Herstal par la FN.

Après la livraison de quelques milliers d’armes en calibre française, la production d’une variante belge démarré à Chatelleraut sur une chaîne de montage spécifique pour éviter les erreurs même si quelques soldats français se retrouvèrent avec des FM belges mais heureusement ils s’en sont rendus compte avant le départ pour le front.

Les belges sont si satisfaits de cette arme qu’ils décident d’en faire l’arme automatique standard de l’armée belge en attendant de mettre au point une mitrailleuse polyvalente de conception et de fabrication nationale.

Le fusil mitrailleur Chatelleraut modifié pour les besoins des belges était connu comme le MAC modèle 1952. Pesant à vide 9200kg et 10.250 chargé, mesurant 1070mm de long dont 500mm pour le canon, il tirait donc la cartouche belge standard (7.65x53mm) à une distance maximale de 1200m (portée utile) avec une cadence de tir de 400 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 25 cartouches.

-Quelques mitrailleuses légères Lewis furent également utilisées par l’armée belge durant le second conflit mondial. Il n’est pas impossible que quelques Bren aient été également employés au feu par les belges.

Mitrailleuses moyennes et lourdes

On à du mal à le croire mais la mitrailleuse à été initialement conçue pour épargner des vies. En effet à l’époque où Hiram Maxim fixe les canons de la mitrailleuse modernes, les hommes meurent à la guerre davantage de maladies et d’infections que des combats proprement dits.

D’où l’idée de remplacer dix, cinquante, cent fusils par dix ou vingt mitrailleuses mises en œuvre par un ou deux hommes ce qui limitera les pertes. Ai-je besoin de préciser que cette noble intention fût vite jetée aux oubliettes ?

La mitrailleuse par son feu meurtrier symbolise plus que tout l’horreur de la guerre des tranchées et si son poids la rend peu mobile, en position défensive, deux mitrailleuses en croisant leurs feux pouvaient faire de terrifiants dégâts. Ce n’est pas pour rien que l’espace séparant les deux tranchées fût baptisé no man’s land (le pays sans hommes).

Tous les pays y compris la petite Belgique possédaient en 1914 des mitrailleuses, l’armée belge se singularisant en faisant tracter ses mitrailleuses par des chiens.

Belgique 1ère GM 43

« Machine Gun Dog »

Si les budgets sont drastiquement réduits après 1918, les mitrailleuses restent en service dans toutes les armées. Rançon de cette situation, les armes vieillissent et le renouvellement est assez limité.

C’est ainsi qu’en septembre 1948, l’armée belge possède comme mitrailleuses moyennes les trois principales mitrailleuses du premier conflit mondial à savoir la MG-08 allemande, la Vickers modèle 1912 belge et la Hotchkiss M1914 française.

Pour ne rien simplifier, seulement une partie de ces armes à été adapté à la cartouche belge standard ce qui devait provoquer des migraines et des nervous breakdown chez les responsables du ravitaillement en munitions.

Il y eu ainsi des scènes surréalistes où les mitrailleurs belges découvrirent au dernier moment que les caisses de munitions ne correspondaient pas ! Inutile d’être un génie pour comprendre les conséquences de ce problème.

A la fin de la campagne de Belgique, décision est prise en cas de reconstitution d’une armée en France de ne conserver que les armes chambrées pour la cartouche belge. C’est ainsi qu’on verra les unités belges rétrocéder des Vickers calibre.303 aux britanniques. Il y eu également quelques Hotchkiss M1914 rendues à la France même si la cartouche 8mm n’était plus utilisée.

mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Pour réarmer l’ABL avec une mitrailleuse moderne, le gouvernement belge solicita à nouveau la France qui ayant décidément les yeux de Chimène pour son allié d’Outre-Quiévrain proposa une version 7.65x53mm de sa mitrailleuse standard, la MAC modèle 1936 qui transformée pour les besoins belges fût désormais connue sous le nom de MAC modèle 50.

MAC44

La MAC-36

La MAC modèle 1936 était une arme particulièrement sophistiquée avec notamment deux cadence de tir différentes, l’une pour le tir terrestre et l’autre pour le tir antiaérien.
Le système d’alimentation posant problème, il faut attendre septembre 1941 pour la mitrailleuse soit enfin mise en service, les armes produites relevant progressivement la vénérable Hotchkiss.

En 1944 va apparaître la MAC modèle 1936/44, une arme simplifiée avec la suppression du système de double cadence de tir, un meilleur système d’alimentation et toujours la volonté de simplifier l’arme pour en fabriquer plus et plus rapidement. De plus il s’agissait de faciliter l’entretien sur le champ de bataille.

La MAC modèle 50 des belges est en réalité plus proche de la «36/44» que de la modèle 1936. A part le changement de calibre, les différences sont peu visibles.

Cette mitrailleuse va rester en service dans l’armée belge comme mitrailleuse d’infanterie et comme arme coaxiale sur les chars jusqu’en 1965 quand est mise en service la Mitrailleuse à Usage Générale plus connue sous le nom de MAG, une arme dont le succès ne se dément pas et qui est toujours en production en 2020 !

La MAC type 50 est donc une mitrailleuse polyvalente utilisable sur bipied pour l’assaut et sur trépied pour la défense fixe ou le tir prolongé. Elle pèse 14.6kg avec la crosse, mesure 1160mm de long dont 700mm pour le canon, tire la cartouche belge standard à une distance maximale de 2500m à raison de 500 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des bandes à maillon détachables de 250 cartouches.

L’Armée Belge dispose également en septembre 1948 d’une mitrailleuse lourde, la Hotchkiss modèle 1930.

Mitrailleuse de 13.2mm Japon

Mitrailleuse lourde de 13.2mm

Cette mitrailleuse d’un calibre de 13.2mm à été mise au point initialement comme arme antiaérienne et antichar en s’inspirant moins de l’arme que de la cartouche utilisée par le fusil antichar Mauser T-Gewehr à savoir 13mm. Une autre arme s’en est inspiré en l’occurence la Browning M-2 affectueusement surnomée «Ma Deuce».

Proposée à l’armée de terre française, elle fût d’abord refusée par l’infanterie en raison d’une cartouche trop lourde qui risquait de blesser les troupes en retombant au sol. Elle l’adopta néanmoins comme arme antichar sur la ligne Maginot notamment dans les casemates du Rhin mais également sur certains véhicules blindés légers notamment l’AMR-35 (Automitrailleuse de Reconnaissance modèle 1935).

Comme l’histoire aime resservir parfois les plats, l’armée de terre commanda de nouvelles mitrailleuses de ce type pour servir à la défense antiaérienne des états-majors et des plots logistique. Bien entendu si un état-major était victime d’une incursion de troupes terrestres (motocyclistes, parachutistes), nul doute que ces armes seraient habilement utilisées.

La Belgique commanda cette mitrailleuse lourde pour ses fortifications frontalières mais aussi pour armer des véhicules notamment le char léger T-15. Ultérieurement d’autres armes furent acquises pour renforcer la DCA à basse altitude.

Durant la Campagne de Belgique, les mitrailleuses lourdes Hotchkiss furent utilisées depuis des casemates, depuis des positions fixes de campagne mais aussi depuis des véhicules, certains soldats belges débrouillards installant une ou plusieurs armes sur un véhicule.

Sans le savoir ils inventèrent le concept du technical à savoir un véhicule sur lequel on installait des armes lourdes pour une véritable guérilla. Ces technical à la sauce belge furent ainsi utilisées pour couvrir le repli du gros des troupes en empêchant toute poursuite.

Cette arme fût également utilisée par l’ABL même si à la fin du conflit quelques mitrailleuses M-2 de 12.7mm firent leur apparition, la mitrailleuse belge remplaçant la Hotchkiss à la fin des années cinquante.

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1930 pèse 37.5kg à vide, dispose d’un canon de 1.67m, tirant des cartouches de 13.2mm à une distance maximale de 2500m en tir horizontal et de 1600m en tir vertical à la cadence de 450 coups par minute, l’alimentation se faisant par bandes de 150 coups.

Mortiers

Aujourd’hui la principale arme d’appui de l’infanterie est le mortier, une arme à tir courbe d’une redoutable efficacité (tout soldat qui à été un jour sous un feu de mortier sait de quoi je parle).

Minenwerfer Lanz 91 3

Minenwerfer

Cette arme est apparue durant le premier conflit mondial d’abord sous la forme des mortiers de tranchée (Minenwerfer, crapouillot) puis sous la forme du mortier classique avec base, long tube et bipied, le mortier de tous les mortiers étant le Stokes qui fixa les canons du mortier moderne.

mortiers Stokes

Mortier Stokes

Ce mortier fût brillament modifié par la firme Brandt qui proposa aux armées du monde entier son mortier de 81mm modèle 1927 qui allait inspirer tous les autres mortiers qui allaient venir par la suite.

L’armée belge possédait différents types de mortiers, des mortiers légers et médiants. Il y avait également quelques mortiers de tranchée encore en service.

Le plus petit modèle était le mortier léger de 50mm DBT, une arme de taille réduite utilisée au niveau du peloton. Le canon de l’arme était très court (seulement 4 calibres) et la mise à feu se faisait par une gâchette au pied du tube ce qui fait que certains le considèrent davantage comme un lance-grenades que comme un mortier.

Apparue à la fin des années trente et surtout au début des années quarante, il se montra suffisamment efficace pour que les allemands récupèrent toutes les armes disponibles pour les remployer même si au court du conflit à des fins de simplification de la logistique, l’Allemagne décida de n’employer que des mortiers de 80mm.

Quelques modèles furent préservés par les troupes belges en retraite mais le manque de munitions fit qu’il fût remplacé par le lance-grenades Brandt modèle 1937.

Le mortier de 50mm DBT pesait 7.7kg et tirait des projectiles de 600 grammes à une portée maximale de 585m.

Le lance-grenades de 50mm modèle 1937 est issu d’un très (trop ?) long processus de recherche puisque dès 1924 à la lumière de l’efficacité de la grenade VB, l’état-major envisagea de doter l’infanterie d’une arme d’appui-feu plus performante que la grenade à fusil susnommée.
Plusieurs projets n’aboutissent pas comme un lance-grenades de 60mm, un lance-grenades de 47mm proposé par Brandt ou encore le fusil lance-grenades Nivert.

En 1936, le capitaine Nahan de la Commission d’Expérience de l’infanterie réalise un lance-grenades léger de 3.3kg pour remplacer le tromblon VB, tirant des grenades à une distance maximale de 4 à 500m.

La MAC en qualité de maître d’oeuvre réalise seize exemplaires baptisés N-3 qui après tests en corps de troupe sera adopté sous le nom de «lance-grenades de 50mm modèle 37» le 6 décembre 1937.

Les commandes successives passées entre janvier 1938 et février 1939 porte le total commandé à 21950 exemplaires, la fabrication étant sous-traitée par la MAC surchargée par les autres productions. Initialement les premiers exemplaires devaient être livrés d’ici juillet 1940 mais de multiples problèmes et des commandes supplémentaires ont fait que la commande n’à été honorée qu’en janvier 1941.

Cette arme était donc utilisée au niveau de la section de combat à raison de trois LG servis par six hommes qui peuvent être détachés au niveau des trois groupes de combat.
Cette arme se révéla diablement efficace et resta en service dans l’armée française jusqu’à la fin des années cinquante. La Belgique l’employa pour remplacer son petit mortier de 50mm, concentrant même parfois ces lance-grenades avec un ou plusieurs mortiers de 60mm modèle 1935 pour offrir une bonne base de feu pour l’infanterie.

mortier de 60mm modèle 1935

mortier de 60mm modèle 1935

Le lance-grenades de 50mm modèle 1937 pèse 3.6kg et peut tirer à 450m jusqu’à vingt coups par minute même si cette cadence n’est atteinte que par un tireur entrainé.

Lors de la reconstitution d’une arme belge en France, les fantassins belges allaient bénéficier de deux mortiers pour l’appui-feu, le mortier de 60mm modèle 1935 et le mortier de 81mm modèle 1942, deux produits proposés par la firme Brandt. Si le premier à été également utilisé par l’armée française, le second n’à été vendu qu’à l’export, l’armée française ayant choisit de remplacer ses mortiers de 81mm par des mortiers de 120mm.

mortier de 81mm modèle 1927 31

mortier de 81mm modèle 1927/31

Le premier nommé est utilisé au niveau de la compagnie à raison d’une voir deux armes par compagnie. Sa mise au point à été facilitée par le fait qu’il s’agit d’une version réduite du mortier de 81mm décrit plus haut.

Quand la production cesse en septembre 1944 (elle doit reprendre à la mobilisation générale), 9250 armes ont été produites, toutes n’étaient bien entendues par utilisées, nombre d’entre-elles étant stockées.

L’armée belge reconstituée va recevoir à la fois des armes produites avant guerre mais aussi des armes produites à partir de l’automne 1948, ces armes étant d’un modèle simplifié, temps de guerre oblige où ce qui comptait le plus c’était de produire vite plutôt que bien.

Ce mortier va être utilisé par l’armée belge depuis la terre mais aussi depuis certains véhicules légers, imitant sans le savoir certaines unités françaises qui pratiquaient le raid mortier, un ou deux mortiers sur des véhicules légers s’infiltrant dans le dispositif ennemi, lâchant quelques obus suscitant une joyeuse pagaille (Après guerre l’apparition de l’hélicoptère rendit encore plus souple le raid mortier).

Ce mortier va rester en service dans l’armée belge jusqu’au début des années soixante-dix quand il est remplacé par un modèle plus moderne du même fabriquant mais ceci est une autre histoire.

Le mortier de 60mm modèle 1935 pèse 17.7kg, dispose d’un tube de 727mm et peut tirer des obus de 1.33 ou de 1.6kg ce qui fait varier la portée (1700m pour le premier, 1000m pour le second) avec une cadence de tir de 20 coups par minute.

Le second modèle utilisé est une évolution pour l’export du célèbre mortier de 81mm modèle 1927/31. Ce mortier de 81mm modèle 1942 fût par exemple exporté en Chine, en Turquie, au Portugal, en Espagne mais aussi au Brésil et et Argentine sans compter naturellement la Belgique qui commanda au printemps 1948 500 exemplaires mais aucun ne fût livré avant la fin de la campagne de Belgique en raison de la surcharge de l’usine productrice qui devait d’abord satisfaire les besoins français.

Quand l’ABL fût créée, logiquement la Belgique récupéra les 500 mortiers stockés qui furent suivis par 1500 mortiers supplémentaires soit bien plus que nécessaire ce qui explique que certains mortiers ont été cédés à d’autres armées notamment les Pays-Bas même si il y à controverse pour savoir si les mortiers de 81mm de la nouvelle armée néerlandaise sont des modèle 1942 ou des modèle 1927/31 issus des stocks.

Ce mortier était utilisé au niveau du bataillon, le RI belge disposant de trois bataillons d’infanterie avec une compagnie d’appui disposant notamment d’une section de six mortiers de 81mm soit dix-huit armes par régiment et cinquante-quatre par division.

Le mortier de 81mm modèle 1944 est resté en service dans l’armée belge remplacé en 1963 par un autre mortier de la firme Brandt.

Ce mortier pèse 52kg (divisible en trois fardeaux), son tube mesure 1.25m, peut tirer des obus de 5 kg à 2000m et de 6.5kg à 1000m à raison de vingt coups maximum par minute.

76FRC

Canon d’infanterie de 76mm

L’armée belge avait également suivit l’exemple allemand en décidant de s’équiper d’un canon d’infanterie, le Canon de 76 FRC (Fonderie Royale des Canons). Ce canon produit à 350 exemplaires jusqu’en septembre 1943 était la principale arme d’appui-feu de l’infanterie belge lors de la campagne de Belgique.

Quelques dizaines de pièces ont été préservées par les troupes belges durant leur retraite, quelques unes étant d’ailleurs empruntées par les alliés pour soutenir leurs troupes mais visiblement son impact n’à pas été suffisant pour par exemple pousser la France à produire un canon d’infanterie, les Furieux préférant l’appui-mortier que l’appui-feu d’un canon d’infanterie, ce concept ayant d’ailleurs disparu dans les oubliettes de l’art de la guerre.

Les allemands ont récupéré quelques canons, achevant même certaines pièces en production, la Belgique décidant en avril 1949 de relancer la production mais à notre connaissance aucune pièce de la nouvelle production n’équipa l’armée belge. Même la production exacte destinée aux allemands est incertaine faute de documents précis.

L’Armée Belge Libre ayant choisit le mortier, aucun canon de 76 FRC ne reprit du service à partir de l’été 1951. Quelques pièces ont survécu à la fournaise du second conflit mondial et sont depuis préservées dans des musées.

Le canon de 76mm FRC pesait 275kg en ordre de route (243kg au combat), disposant d’un tube de 0.59m de long (7.8 calibres) tirant des obus de 4.64kg à une distance maximale de 2200m à raison de dix-huit coups par minute (mais pour cela les cinq servants devaient être très entrainés). L’affût permet au canon de pointer en site de -6° à +80° et en azimut sur 40°.

Armes Antichars de l’Infanterie

En septembre 1948 et même en mai 1949, l’armée belge ne possède pas d’armes antichars individuelles, se reposant sur les canons antichars pour lutter contre les chars ennemis.

Bien entendu quand l’armée belge est reconstituée impossible, impensable de faire l’impasse sur ce type d’arme à la fois parce que les combats du printemps 1949 ont montré que les canons antichars ne sont pas toujours là mais aussi parce que pour faire face aux chars les plus lourds, leur poids limite leur emploi par l’artillerie donc à une certaine distance des premières lignes.

PIAT 18

Projector Infantry Anti-Tank (PIAT)

Pour une fois l’ABL va faire une infidélité à la France en choisissant d’abord une arme britannique, le Projector Infantry Anti-Tank (PIAT) puis une arme américaine, le lance-roquettes M-1 plus connu sous le nom de Bazooka.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s