Mitteleuropa Balkans (217) Slovaquie (11)

Fusils mitrailleurs

Madsen modèle 1922

Le premier fusil-mitrailleur de l’armée tchécoslovaque est le Madsen modèle 1922 et le modèle 1923, une arme de conception et de fabrication danoise, un héritier d’une arme plus ancienne le modèle 1902.

Premier fusil mitrailleur de l’histoire, il connu son baptême du feu lors de la guerre russo-japonaise en étant utilisée par la cavalerie russe.

Cette arme était servie par deux hommes et était employé au niveau notamment du groupe de combat avec une arme servit donc par un duo qui assurait l’appui feu du reste du groupe armé de fusils à répétition.

Ce fusil-mitrailleur fût également utilisé durant la révolution mexicaine, la guerre civile russe, la guerre du Chaco (1932-1935), la période des seigneurs de guerre en Chine,

Outre l’infanterie, ce fusil mitrailleur danois fût également utilisé au sein de la cavalerie, dans l’aviation mais aussi comme arme embarquée à bord de véhicules blindés comme le Brésil qui arma la majorité de ses vingt-trois tankettes CV-35 avec des Madsen en calibre 7mm.

La production de l’arme continua au Danemark et en Norvège au profit des allemands, une production difficile avec beaucoup d’inertie et de sabotage.

Le fusil-mitrailleur Madsen à donc été utilisé par le Danemark, la Norvège, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, le Chili, la Chine, le Salvador, l’Estonie, l’Ethiopie, la Finlande, la France, l’Allemagne, le Honduras, la Hongrie, l’Indonésie (après l’indépendance), l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Lituanie, le Mexique, les Pays-Bas, le Pakistan, le Paraguay, le Pérou, le Portugal, la Russie, l’Espagne, la Suède, la Thaïlande, la Turquie, la Grande-Bretagne, l’Uruguay et la Yougoslavie.

La Tchécoslovaquie à acquis ses Madsen en calibre 7.92mm. Précédemment d’autres Madsen dans un calibre différent furent utilisés par la légion tchécoslovaque notamment en Russie. Complété par le Hotchkiss modèle 1922, il fût remplacé comme le fusil-mitrailleur français par le ZB vz.26 plus moderne.

Les armes encore en état furent stockées et ressorties au moment de la mobilisation. Des exemplaires ont été récupérés par la Slovaquie mais ont très vite été cédées aux unités de police et aux unités paramilitaires. Naturellement des armes de ce type se sont retrouvés aux mains différents groupes de résistance.

Le Madsen modèle 1922 était un fusil-mitrailleur de conception et de fabrication danoise pesant 10.4kg chargé, mesurant 1147mm de long dont 596mm pour le canon, tirant une cartouche de 7.92mm (7.92x57mm) pesant 196g à une distance maximale de 600m à une cadence de 450 coups par minute (150 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs courbes de 30 coups, via des chargeurs courbes de 30 coups, l’air assurant le refroidissement.

LEHKÝ KULOMET VZOR.24

Avant la mise au point du célèbre ZB vz.26 l’armée tchécoslovaque s’est tournée vers la France et à acquis 1000 Fusils mitrailleurs Hotchkiss modèle 1922 sous la désignation de Lehky Kulomet vzor.24 (mitrailleuse légère modèle 1924).

Cette arme de facture classique (crosse pleine, bipied, chargeur monté sur le dessus, refroidissement par air, fonctionnement par emprunt de gaz) à aussi été utilisée par le Brésil (en calibre 7x57mm Mauser), la Chine (environ 3500 exemplaires eux aussi en calibre 7.92x57mm), l’Espagne (3000 exemplaires en 7x57mm), la Grande-Bretagne pour évaluation (en calibre .303) et la Turquie (7.92x57mm), la Grèce et la Tchécoslovaquie.

En dépit de la présence du ZB vzor.26, le vz.24 était encore en service dans l’armée tchécoslovaque mais pas vraiment dans les unités d’active plutôt en réserve pour la mobilisation. Quelques unités mobilisées en 1938 ont reçu ce fusil mitrailleur. Une fois les unités démobilisées, ces vénérables fusils mitrailleurs ont retrouvé leurs caisses.

Après la disparition de la Tchécoslovaquie, des armes furent récupérées à la fois par les forces armées du protectorat de Bohème-Moravie mais aussi par l’armée slovaque. Peu à peu cependant les forces armées de Bratislava ont abandonné ce modèle au profit de ZB vz.26. Des armes ont équipé les forces de sécurité slovaques que ce-soit la garde Hlinka ou le Corps Volontaire de Protection.

Le fusil mitrailleur Hotchkiss modèle 1922 était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication française pesant 8.72kg à vide et 9.52kg en ordre de combat, mesurant 1215mm de long dont 577mm pour le canon qui permettait le tir de la cartouche standard de l’infanterie tchécoslovaque à savoir le 7.92x57mm à une distance maximale effective de 600m, la cadence de tir pratique étant de 550 coups par minute (150 coups par minute en pratique) sachant que l’alimentation de cette arme fonctionnant par emprunt de gaz se faisait par des chargeurs de 25 ou 30 coups.

LEHKÝ KULOMET VZOR.26

ZB vz.26 utilisés par des soldats tchécoslovaques.

Le Lehky Kulomet vz.26 (mitrailleuse légère modèle 1926) était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Le ZB vz.26 est connu pour l’excellence de sa fabrication, sa fiabilité et la facilité à changer le canon de l’arme, un atout précieux au combat.

Sa mise au point à commencé en 1921 quand le jeune état tchécoslovaque s’interrogea sur sa future mitrailleuse légère, testant des design internationaux avant de finalement choisir la voie nationale, le développement du futur ZB vz.26 commençant officiellement en 1923. La production est lancée en 1926 et l’arme est mise en service dans l’armée tchécoslovaque en 1928.

C’était une arme fonctionnant par emprunt de gaz, refroidie par air avec sélecteur de tir. Son canon détachable permettant un changement en cas d’échauffement excessif. Le chargeur droit était monté sur le dessus comme sur nombre de fusils mitrailleurs de l’époque (Chatelleraut, Bren, Vickers-Berthier……).

Arme destinée à opérer essentiellement sur bipied, elle pouvait être monté sur un trépied notamment pour le tir antiaérien même son efficacité était plus psychologique qu’autre chose.

Utilisée comme arme d’infanterie le ZB-26 fût également utilisé comme arme coaxiale sur nombre de véhicules tchécoslovaques.

45132 exemplaires furent livrés à l’armée tchècoslovaque soit un tiers environ de la production puisque plus de 120000 exemplaires sont sortis des chaines de montage pour répondre aux besoins de nombreux clients.

Qui dit nombreux clients (vingt-quatre pays européens, sud-américains et asiatiques) dit différents calibres même si un calibre populaire dominait largement en l’occurence le 7.92mm (7.92x57mm Mauser).

Le fabricant tchécoslovaque fit évoluer son arme avec plusieurs variantes comme le ZB vz.27 (variante du vz.26 proposée au Portugal et à la Grande-Bretagne), le ZB vz.30, les ZGB-30 et 33 (adaptations pour des essais en Grande-Bretagne qui allaient donner naissance au Bren), le ZB vz.52 (variante produite après guerre en Tchécoslovaquie) et le ZB-39 destiné à Bulgarie.

Le ZB vz.26 et ses variantes fût utilisé par l’Allemagne (qui manquait d’armes légères automatiques), l’Afghanistan, la Bolivie, le Brésil (7mm), la Bulgarie, le Chili, la Chine, la Croatie, l’Equateur, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Irak, l’Iran,le Japon (armes chinoises capturées), la Lituanie, l’URSS (armes initialement commandées par la Lettonie, utilisation incertaine), le Mandchoukouo, le Paraguay (armes boliviennes capturées durant la guerre du Chaco), la Roumanie, le Siam, la Slovaquie, la Tchécoslovaquie, l’Espagne, la Suède, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

120000 exemplaires ont été produits dont 34000 pour l’armée tchécoslovaque. Le premier chiffre est cependant incertain, les sources se contredisant sur ce point.

Au sein de l’armée slovaque il était utilisé par l’infanterie avec une arme par peloton, trois par compagnie, neuf par bataillon et donc au total 27 pour l’ensemble régiment.

Le fusil mitrailleur ZB vz.26 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 10.5kg, chargée, mesurant 1150mm de long (672mm pour le canon) d’un calibre de 7.92 (7.92x57mm) d’une portée maximale de 2000m (1000m en pratique) avec une cadence de tir de 500 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de 20 coups.

Autres fusils mitrailleurs

Quelques photos attestent de l’utilisation par les slovaques de fusils mitrailleurs Degtyarev DP-27 de prise mais comme pour les autres armes soviétiques de prise son utilisation à été strictement limitée et n’à pas aboutit à une adoption en bonne et due forme.

L’armée tchécoslovaque en exil qui dépendait de la France pour son équipement utilisait sans surprise le Fusil mitrailleur modèle 1924/29 en calibre 7.5mm.

Mitrailleuses

TĚŽKÝ KULOMET VZOR 24

Appelée également Schwarzlose-Jacenek wz.24, cette solide et robuste mitrailleuse était une adaptation tchécoslovaque de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwarzlose, une mitrailleuse aussi reconnaissable que la Hotchkiss modèle 1914 ou la Maxim allemande.

Outre le changement de calibre (7.92x57mm), la mitrailleuse avait reçut un canon plus long (+100mm).

La Zbrojovka Brno modifia 4937 mitrailleuses entre 1922 et 1934, des armes initialement désignées Schwarzlose M.7/12 et qui après modifications devinrent des vz.7/24. A ces mitrailleuses modifiées s’ajoutèrent 2253 mitrailleuses neuves logiquement désignées vz.24.

Considérée comme une mitrailleuse lourde, elle était utilisée par l’infanterie et la cavalerie au niveau des compagnies de mitrailleuses (niveau bataillon ou escadron).

Cette mitrailleuse servie par quatre hommes aurait du être totalement remplacées par des ZB-53 voir des ZB-60 (d’un calibre respectif de 7.92 et de 15mm) mais le processus de remplacement était loin d’avoir été achevé quand la Tchécoslovaquie est rayée de la carte de l’Europe à peine vingt ans après sa naissance.

Voilà pourquoi l’armée slovaque disposait encore de ces vénérables mitrailleuses qui firent le coup de feu contre les hongrois puis contre les soviétiques sur le front russe à une époque où ces armes était totalement obsolètes.

Quelques exemplaires furent capturés par les soviétiques qui ne les réutilisèrent pas au combat, les utilisant uniquement pour la propagande. Des exemplaires furent également capturés par les différents mouvements de résistance. En revanche après guerre les rares survivantes ne furent pas réutilisées par la nouvelle armée tchécoslovaque.

La TĚŽKÝ KULOMET VZOR 24 était une mitrailleuse tchécoslovaque d’origine austro-hongroise pesant 48.2kg en ordre de combat (arme 24.5kg affût 19.7kg eau 4kg) d’un calibre de 7.92 (7.92x57mm) mesurant 945mm de long (dont 630mm pour le canon) ayant une portée maximale de 3500m (efficace 2000m) à raison de 520 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation de cette mitrailleuse fonctionnant par une culasse à ouverte retardée refroidie par eau se faisait par des bandes de 250 cartouches.

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin par le versement de généreuses royalties.

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine ce qui présente une savoureuse ironie.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

La Tchécoslovaquie à acquis cette arme visiblement dans l’immédiat après guerre à une époque où les gigantesques surplus de la guerre permettait au nouveaux états de s’équiper d’armes modernes à un prix raisonable. Cette arme à été rapidement remplacée dans les rangs de l’armée tchécoslovaque mais quelques mitrailleuses étaient encore stockées dans le dépôt. En revanche leur réutilisation par l’armée slovaque est incertaine.

La Lewis Automatic Machine Gun était une mitrailleuse légère de conception américaine et de fabrication britannique pesant 13kg au total, mesurant 1280mm de long (dont 670mm pour le canon), permettant le tir de la cartouche tchécoslovaque standard (à savoir la 7.92x57mm Mauser) à une distance maximale de 3200m (800m en pratique) à raison de 500 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches.

Vickers Machine Gun model 1912

C’est le 26 novembre 1912 que l’armée britannique adopta la mitrailleuse Vickers-Maxim comme mitrailleuse standard.

Durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse Lewis remplaça la Vickers comme mitrailleuse d’infanterie. Les Vickers modèle 1912 ne furent pas retirées du service mais furent transférées au Machine Gun Corps (Corps des Mitrailleuses).

Si cette entité fût dissoute à la fin du premier conflit mondial, le principe de concentrer les mitrailleuses moyennes au sein d’unités spécialisées persista.

C’est ainsi qu’au sein des divisions d’infanterie on trouvait un bataillon disposant de trois compagnies de mitrailleuses et d’une compagnie de mortiers lourds (mortiers de 107mm).

Cette unité qui existait toujours en septembre 1948 n’était pas engagée en bloc mais détachait des mitrailleuses et des mortiers aux trois brigades d’infanterie de la division. Cette arme fût également embarquée sur des avions.

Une variante calibre .50 fût également produite initialement pour la défense antiaérienne des navires de la Royal Navy ainsi que pour les chars légers. Cette arme fût ensuite utilisée au cours du conflit par l’infanterie notamment depuis ses Universal Carrier, des chenillettes comparables à nos Renault UE ou nos Lorraine.

Cette mitrailleuse fût produite sous licence aux Etats-Unis sous le nom de Colt M.1915 et si cette mitrailleuse n’était plus en service en 1939, elle l’était aux Philippines et aux Indes Néerlandaises.

La Vickers modèle 1912 connu un très grand succès à l’exportation puisqu’elle fût utilisée par l’Albanie, l’Australie, la Belgique, la Bolivie, le Canada, la Chine nationaliste, la Tchécoslovaquie, l’Egypte, la France (uniquement sur ses chasseurs SPAD IX et XIII), en Inde, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, au Mexique, au Népal, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Paraguay, au Portugal, en Afrique du Sud.

L’acquisition de cette arme à lieu dans le même contexte que la Lewis mais comme elle n’à pas été convertie au calibre standard de l’armée tchécoslovaque, sa carrière à été courte. Quelques armes sont encore attestées dans les dépôts de l’armée slovaque en 1948 mais à notre connaissance elles n’ont pas été réutilisées au cours du second conflit mondial.

La Vickers modèle 1912 était une mitrailleuse de conception et de fabrication britannique pesant 11 à 14kg (le tripode pesant 18 à 23kg) mesurant 1120mm (dont 720mm pour le canon) et tirant à 4100m (2000m) la cartouche britannique standard .303 à raison de 450 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes souples de 250 cartouches.

ZB-53 (TĚŽKÝ KULOMET VZOR.37)

mitrailleuse ZB modèle 1937

Après l’amélioration et la modification d’armes existantes la Zbrojovka Brno décida de mettre au point sa propre mitrailleuse. C’est l’acte de naissance de la ZB-53 qui succède à la ZB-50 (aussi connu sous la désignation de vz.35) comme mitrailleuse polyvalente puisque l’arme devait pouvoir être utilisée par l’infanterie, les garnisons de forteresse et les équipages de véhicules blindés.

Cette arme fût rapidement adoptée par la Tchécoslovaquie et la Roumanie tandis que les britanniques à la recherche d’une mitrailleuse adaptée à l’utilisation depuis des véhicules blindés achetait la licence pour la produire sous le nom de BESA Machine Gun.

Les allemands qui étaient en manque d’armes automatiques vont récupérer le maximum de mitrailleuses de ce type avant de continuer la production moins pour eux que pour leurs alliés et supplétifs comme la Slovaquie, l’armée slovaque faisant de la ZB-53 sa mitrailleuse standard.

6000 exemplaires ont été produits pour la seule armée tchécoslovaque mais le chiffre de la production totale m’est inconnu.

Le prototype fût testé intensivement en 1936 et adopté par l’armée tchécoslovaque l’année suivante ce qui explique sa désignation officielle : Tezky Kulomet vzor.37 soit en française mitrailleuse lourde modèle 1937.

Mise en service d’abord sur les chars LT-35 et LT-38, cette arme ne tarda pas à être exportée, les manufactures d’armes tchécoslovaques bénéficiant d’une excellente réputation sur le marché mondial. Outre la Roumanie et la Grande-Bretagne déjà citée, cette mitrailleuse fût vendue à la Yougoslavie, à l’Argentine, à l’Afghanistan, à l’Iran et à la Chine.

La production de cette arme se poursuivit pendant la guerre et reprit même après guerre, la nouvelle armée tchécoslovaque la conservant comme mitrailleuse standard sous un modèle amélioré. La production ne cessa qu’en 1960 quand elle fût remplacée sur les chaines de montage par des mitrailleuses d’un nouveau modèle. Après guerre cette arme fût exportée au Chili, à Cuba, à chypre, au Venezuela et même en Espagne.

L’armée slovaque à utilisé cette arme au sein de ses unités d’infanterie (la compagnie d’armes lourdes de chaque bataillon) mais aussi à bord de différents véhicules blindés ou non. Cette arme fût également utilisée sur des positions fixes plus ou moins préparées mais aussi par les unités paramilitaires engagées dans la répression de tous les ennemis de l’Etat slovaque.

La Tezky Kulomet vzor.37 était une mitrailleuse moyenen de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 37kg en ordre de combat (arme + munitions +affût) mesurant 1096mm de long (dont 733mm pour le canon).

Tirant la cartouche tchécoslovaque standard (7.92x57mm) à une distance maximale de 4000m (2500m) en pratique et à une cadence de tir de 500 ou 700 coups selon la cadence sélectionnée, elle fonctionnait par emprunt de gaz et était refroidit par air. Son alimentation se faisait par des bandes de 200 cartouches. Elle était servie par quatre hommes.

ZB-60

La Zbrojovka Brno ZB-60 était une mitrailleuse lourde d’un calibre inhabituel à savoir le 15mm. Elle était issue de la ZB-53 dont elle reprennait le principe de fonctionnement à savoir l’emprunt de gaz et le refroidissement par air.

Montée sur un affût à roues en raison de son poids, elle devait remplacer la Schwarzlose comme mitrailleuse lourde mais ce remplacement fût très incomplet. Le seul pays l’ayant acquis à l’export est la Yougoslavie avec 368 exemplaires essentiellement utilisées en position fixe.

Les slovaques ont naturellement récupéré les mitrailleuses déjà fabriquées pour l’armée tchécoslovaque avant de poursuivre la fabrication à leur profit mais aussi au profit des allemands même si l’utilisation de cette mitrailleuse par les allemands ne semble pas avoir été très important pour une raison qu’on ignore car cette arme n’avait rien à envier aux mitrailleuses semblables utilisées par les alliées.

Les slovaques ont utilisé la ZB-60 depuis des positions fortifiées de campagne mais aussi depuis des véhicules notamment l’unique auto blindée de conception et de fabrication slovaque, l’ Obrněný automobil vzor41 (auto blindée modèle 1941)

D’autres photos ont montré des armes simplement montées à l’arrière d’un camion. Si la première configuration était surtout le fait des unités de combat la seconde était davantage celle des unités paramilitaires. Cette mitrailleuse n’à pas été réutilisée après guerre par les tchécoslovaques qui utilisèrent un temps la Browning M-2 américaine avant de préférer des mitrailleuses plus idéologiquement correcte.

La ZB-60 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 258kg en ordre de combat (203 pour l’affût et 55kg pour l’arme), mesurant 2500mm de long avec un canon de 1400mm. Il tirait une cartouche de 15mm (15x104mm) à une distance maximale de 2500m (1000m en pratique) à raison de 430 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 40 cartouches.

Autres mitrailleuses

Quelques unités slovaques ont réutilisé de vieilles Maxim M1910 et leur inimitable affût à roulette et si cet usage fût attesté par des témoignages de soldats slovaques et des photos, en revanche l’utilisation de SG-43 est plus incertaine.

L’armée tchécoslovaque en exil à utilisé la mitrailleuse française MAC modèle 1936.

Mortiers

MINOMET VZOR.17

Le Minomet vzor.17 était un mortier d’infanterie de conception austro-hongroise car datant de 1917 et bien que la firme Skoda en soit le fabricant. 212 exemplaires ont été produits et bien que l’arme soit toujours en service en 1938 elle était à l’époque totalement obsolète.

Voilà pourquoi les quelques armes récupérées par les slovaques dans les dépôts de feu l’armée tchécoslovaque furent surtout utilisées pour l’entrainement avant de disparaître dans la fournaise du second conflit mondial.

Le Minomet vzor.17 était un mortier de conception et de fabrication austro-hongroise d’un calibre de 90mm pesant 132kg en ordre de combat et lançant par un tube de 810mm un projectile de 6.2kg à une distance maximale de 1920m (265m en pratique !) à raison de 10 à 20 coups par minute. L’équipe de pièce composée de quatre hommes pouvait pointer l’arme en site de +40° à +70° et en azimut sur 120°

MINOMET VZOR.36

Le 8cm minomet vz.36 (mortier de 8cm modèle 1936) était un mortier de conception et de fabrication tchèque issue des usines Skoda qui devait néanmoins beaucoup au Stokes-Brandt.

Mortier d’infanterie standard de l’armée tchécoslovaque, il poursuivit sa carrière au sein des armées allemandes (qui récupérèrent toutes les armes présentes dans les dépôts et les casernes de Bohème-Moravie) et slovaques. Environ 900 pièces étaient en service en septembre 1938 et sur ce total les slovaques en ont récupéré environ 150 laissant le reste au allemands.

Ces armes furent utilisées par la Slovaquie durant la guerre slovaquo-hongroise, durant la guerre de Pologne et bien entendu durant le second conflit mondial. En ce qui concerne les allemands ces armes ont visiblement été utilisées par des unités de deuxième ligne et non sur le front directement.

Le 8cm Minomet vzor.36 était un mortier moyen d’infanterie de 81mm de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 62kg en ordre de combat.

Disposant d’un tube de 1240mm (environ 15 calibres), il tirait un projectile léger de 3.26kg et un projectile lourd de 6.2kg à une distance minimale de 80m et maximale de 1200m (projectile lourd) ou 3400m (projectile léger) à raison de 12 à 25 coups par minute.

L’équipe de pièce composée de cinq hommes (chef de pièce, tireur, chargeur et deux pourvoyeurs) pouvait démonter l’arme en trois fardeaux (tube, plaque de base et bipied) et surtout pouvait pointer l’arme une fois assemblée de +40° à +80° et en azimut sur 10°.

Autres mortiers

Si aucun témoignage ne fait état de l’utilisation par la Slovaquie de mortiers soviétiques capturés sur le front russe en revanche au sein que l’armée tchécoslovaque en exil à utilisé deux modèles de mortiers là encore français, le mortier de 60mm modèle 1935 et le mortier de 81mm Brandt modèle 1927/31.

Armes antichars individuelles

La Slovaquie ne possédait pas d’armes individuelles antichars en septembre 1948, les fantassins slovaques devant compter sur des canons antichars à l’efficacité douteuse et surtout espérer la présence à proximité de chars ou de chasseurs de chars pour assurer leur protection. Bon il y avait toujours la possibilité d’armes improvisées comme le cocktail Molotov ou le paquet de grenades mais il fallait une sacré dose de courage ou d’inconscience c’est selon.

Cela changea au cours du conflit avec la livraison par l’Allemagne de deux armes, un lance-roquettes utilisable, le Panzerschreck (casseur de char) et un lance-roquettes jetable le Panzerfaust (poing blindé).

Ces armes ont été mises au point pour fournir à l’infanterie un moyen de se protéger contre les chars ennemis alors que l’augmentation de l’épaisseur des blindages avait entrainé le déclassement des canons antichars légers d’infanterie.

Les alliés comme les allemands imaginèrent une arme simple et légère combinant pour simplifier une charge creuse avec une fusée.

Les allemands inspirés du Bazooka américain (même si ils s’en défendaient) mirent d’abord au point un lance-roquettes réutilisable fonctionnant selon le même principe que ses homologues américains, français et britanniques avec un calibre plus élevé et un petit bouclier pour protéger le tireur d’un éventuel retour de flamme (les américains utilisèrent au début le masque à gaz pour protéger le tireur).

Cette arme se révéla efficace mais jamais l’industrie allemande ne fût capable d’en produire suffisamment pour répondre aux besoins colossaux de ses forces voir de celles de ses alliés.

Si la Slovaquie à pu mettre en œuvre le Panzerschreck c’est visiblement selon une initiative locale et non une décision politique au sommet.

En clair les troupes allemandes en dépit de leurs remarques acerbes sur leurs alliés (qui étaient les boucs-émissaires de toutes leurs débâcles militaires) voulaient qu’ils puissent les appuyer ce qui explique l’utilisation par l’armée slovaque de quelques dizaines (le chiffre de 80 est souvent avancé mais ne repose sur aucun archive fiable) de ces lance-roquettes.

Ironie de l’histoire, ces armes tout comme le Panzerfaust que nous verrons après ont été davantage utilisées comme arme anti-bunker en combat urbain que comme arme antichar pure.

A la fin du conflit les slovaques possédaient encore quelques armes de ce type et on ignore le sort final de ces armes.

Outre l’Allemagne et la Slovaquie, cette arme à été utilisée par la Finlande, l’Italie (le gouvernement fasciste combattant aux côtés des allemands après le basculement de mars 1953), la Hongrie, la Bulgarie, l’URSS, la Roumanie et la résistance intérieure polonaise.

Le Panzerschreck pesait 11kg à vide, mesurait 1640mm de long, affichait un calibre de 88mm et une portée maximale effective de 150m. Selon des tests réalisés après guerre, il pouvait percer 95mm de blindage à inclinaison de 30°.

Le Panzerschreck était sans conteste une bonne arme mais elle souffrait de deux défauts. Le premier c’est qu’elle était relativement longue à fabriquer et que son utilisation réclamait de nombreuses heures d’entrainement.

Or l’Allemagne reculait sur tous les fronts et manquait de temps pour produire des armes et pour former ses soldats. D’où l’idée d’un lance-roquettes facile à produire et à utiliser. Cela excluait donc un lance-roquettes réutilisable au profit d’un lance-roquettes jetable nécessitant une instruction minimale.

C’est l’acte de naissance du «poing blindé», une arme d’une simplicité biblique. On lance et on jette. Produit à plusieurs millions d’exemplaires, cette arme fût utilisée aussi bien comme arme antichar que comme arme anti-bunker et anti-bâtiment même si sur la défensive, les allemands n’avaient pas forcément beaucoup l’occasion d’attaquer des blockhaus ennemis.

Si la Slovaquie n’à reçut que fort peu de Panzerschreck, en revanche l’Allemagne fût plus prodigue en ce qui concerne le Panzerfaust qui fût utilisé par les slovaques à plusieurs centaines d’exemplaires, des armes utilisées avec succès contre les chars soviétiques et contre des positions fortifiées de campagne.

Outre le nombre exact inconnu on ignore quels modèles ont été utilisés par les slovaques entre le Panzerfaust 30 klein, le Panzerfaust 30, le Panzerfaust 60 (la version la plus courante), le Panzerfaust 100, le Panzerfaust 150 et le Panzerfaust 250.

Outre l’Allemagne et la Slovaquie, le Panzerfaust à été utilisé par la Finlande, la Roumanie, la Hongrie, l’Italie pro-allemande, la résistance intérieure polonaise, la résistance intérieure tchécoslovaque, la Bulgarie, l’URSS (armes capturées), les Etats-Unis (armes capturées). Après guerre l’Argentine, la Pologne et la Suède produisirent des copies plus ou moins directes du premier lance-roquettes jetable de l’histoire.

Le Panzerfaust 60 pesait 6.8kg mesurait environ 1m pouvait atteindre une cible à 60m. Sa tête militaire de 149mm pouvait pénétrer 200mm de blindage homogène.

En ce qui concerne l’armée tchécoslovaque en exil, elle à été utilisé quelques PIAT et quelques LRP.

Mitteleuropa Balkans (197) Grèce (41)

Canons automoteurs et Autres véhicules

M-7 Priest

Connu officiellement sous le nom de 105mm Howitzer Motor Carriage M-7 Priest, c’est le canon automoteur standard de l’armée américaine. Il combine un châssis de char moyen M-3 avec une superstructure abritant un obusier de 105mm. La présence d’un tourelleau avec une mitrailleuse de 12.7mm lui donna son surnom puisque cela ressemblait à une chaire d’Eglise d’où le surnom de Priest (prêtre).

Six prototypes sont commandés en mars 1945, prototypes intensivement testés avant qu’il ne soit officiellement adopté en janvier 1946.

Au sein de l’US Army il va être utilisé par l’artillerie des Armoured Division (Divisions Blindées) et au sein de groupes de réserve. Si l’artillerie des AD assure l’appui direct des chars par des tirs de barrage, de contrebatterie ou par une préparation préliminaire, les Priest de l’artillerie de réserve ont un rôle plus stratégique.

Les trois divisions de cavalerie et les seize divisions blindées regroupent au total soixante-seize groupes équipés de M7 Priest soit un total de 912 pièces auxquelles il faut ajouter 432 M7 de la «Réserve Générale» soit un total de 1344 automoteurs.

Prévoyant des pertes élevées, les américains vont commander pas moins de 5700 M7 Priest produits en trois variantes, la M7A1 produite à 2100 exemplaires, la M7A2 produite à 1800 exemplaires et la M7A3 produite à 1800 exemplaires également.

Outre les Etats-Unis, cet automoteur à été utilisé par la Grande-Bretagne (qui allait le remplacer rapidement par le Sexton), la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne et la Tchécoslovaquie, la Norvège et le Danemark _ces quatre pays occupés par les allemands disposaient néanmoins d’unités en exil combattant sous commandement français pour les deux premiers, sous commandement britanniques pour les deux suivants_, la Yougoslavie, la Grèce, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Une fois le conflit terminé, le M7 Priest à été rapidement remplacé par de nouvelles pièces automotrices de 105 et de 155mm. Les unités de Réserve et de la Garde Nationale l’ont utilisé jusqu’au milieu des années soixante.

Comme dans beaucoup d’autres moments, des pays ont profité des surplus américains pour s’équiper en canons automoteurs à un prix défiant toute concurrence soit pour renouveler leur parc ou pour reconstituer leurs forces.

C’est ainsi que des M7 Priest ont été cédés au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, aux armées des Nouveaux Pays Allemands, à la Turquie, à l’Iran, à la Thaïlande, à la Birmanie et au Japon.

Il n’y à pas eu de variantes dédiées du M7. Certains Priest ont perdu leur canon pour servir de ravitailleur d’artillerie, de dépanneur, de véhicule de dépannage ou de transport de troupes mais il s’agissait d’improvisations sur le terrain et non de variantes mises au point à l’arrière et bénéficiant donc d’une appellation officielle.

L’armée grecque va acquérir ce véhicule pour équiper l’unique régiment d’artillerie de la 1ère division blindée grecque.

Ce régiment était organisé en un état-major, une batterie de conduite de tir, une batterie de soutien logistique et trois groupes de tir à trois batteries de quatre canons automoteurs soit un total de vingt-quatre pièces.

Aux 24 pièces en première ligne vont s’ajouter 16 pièces de réserve qui ont parfois remplacé les pièces de première ligne. Ces canons automoteurs vont couvrir les chars de la DB en menant de véritables préparations d’artillerie ou en réalisant des tirs de barrage pour bloquer une contre-attaque ennemie.

Ces canons automoteurs vont servir dans l’armée grecque jusqu’à leur remplacement au cours des années soixante par un canon automoteur de 155mm plus puissant et plus moderne.

Le M-7 Priest était un canon automoteur de conception et de fabrication américaine pesant 21.1 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.7m de long sur 2.7m de large pour une hauteur sans mitrailleuse de 2.5m.

Motorisé par un moteur en étoile Wright R975C1 de 400ch, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 40km/h avec un rayon d’action de 230km.

Protégé par un blindage d’une épaisseur maximale de 51mm à l’avant, il était armé d’un obusier de 105mm approvisionné à 57 coups (42 coups supplémentaires dans une remorque M-8) et d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups assure la défense rapprochée. L’équipage se compose de sept hommes.

M-2 Half-Track

Le M-2 Halftrackest une production de la White Motor Company destiné à l’origine à être un tracteur d’artillerie mais il fût également utilisé comme véhicule de reconnaissance notamment au sein des unités de cavalerie.

A l’origine du choix du semi-chenillé par l’US Army figure l’évaluation de véhicules Citroen-Kégresse. Il s’agissait de trouver une solution aux pauvres performances en tout terrain des autos blindées alors utilisées par l’US Army.

La White Motor Company après l’échec de son T7 Half-track Car réussit à convaincre l’US Army de commander son semi-chenillé T14 devenu en 1940 la M2 Half-track car.

Après avoir été utilisé comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance, le M2 fût un temps utilisé comme véhicule de transport de personnel (Armoured Personnal Carrier) avant d’être supplanté par son grand frère, le M3 plus gros et donc mieux adapté à cette mission. Les premiers M2 sont livrés au printemps 1941.

La production du M2 se poursuivit jusqu’en septembre 1954, permettant la sortie de 14500 véhicules. Ils ont été utilisés aux Philippines, dans le Pacifique, en Italie et en Europe (occidentale et du nord).

Outre la version de base, le M2 fût développement en variante porte-mortier de 81mm (le tir pouvait se faire depuis le véhicule ou depuis la terre), antichar (canon antichar de 57mm remorqué ou utilisé sur le véhicule), antiaérien (avec un affût quadruple de 12.7mm) et Génie.

Outre les Etats-Unis, les M2 équipèrent la Grande-Bretagne, l’URSS, la Tchécoslovaquie, le Chili, la France, la Grèce, le Portugal, le Brésil, la République Dominicaine, le Paraguay, les Philippines, la Pologne, le Mexique, la Belgique, les Pays-Bas, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, le Liban, l’Argentine et la Finlande.

Au sein de l’US Army, le M2 à été retiré du service dès 1957, laissant le M3 seul half-track en service jusqu’à l’arrivée en 1962 du mythique M-113.

La Grèce va recevoir quelques M-2 pour reconstituer une armée en Egypte. Elle préféra cependant rapidement le M-3. Si les M-3 vont être surtout utilisés au combat pour l’infanterie, le M-2 vont être plus utilisées pour le transport, le ravitaillement et la maintenance. Ils ont été retirés du service en 1961.

Le M-2 Half-Track était un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine pesant 9 tonnes, mesurant 5.96m de long pour 2.2m de large et 2.26m de long.

Motorisé par un moteur White 160AX de 148ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h avec une distaince franchissable de 350km.

Protégé par un blindage de 6 à 12mm d’épaisseur, il était armé d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M-2 et pouvait emporter deux hommes d’équipage et sept passagers.

M-3 Halftrack

A la fin du premier conflit mondial les différentes armées se heurtent à un problème. Les véhicules à roues sont rapides sur route mais lents et patauds en terrain bouleversé alors que les véhicules chenillés qui se déplacent avec aisance en terrain difficile _tout est relatif_ sont à la peine sur les routes.

Une solution idéale semble être de combiner roues et chenilles. C’est l’acte de naissance des semi-chenillés ou half-track dans la langue de Shakespeare. Toutes les armées ou presque vont s’équiper de ses véhicules pour le transport de troupes, le transport logistique, le soutien et parfois pour le combat.

A l’usage on découvrira qu’il s’agit d’une fausse bonne idée et l’après seconde guerre mondiale vera la disparition des semi-chenillés au profit de véhicules chenillés et de véhicules à roues, les deux catégories ayant connu de spectaculaires progrès.

L’un si ce n’est le plus célèbre des semi-chenillés est le M-3 Halftrack, un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine.

Ce n’était pas le premier à équiper l’US Army puisque le M-2 conçu initialement comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance de cavalerie l’avait précédé. Le M-3 à été conçu dès l’origine comme transport de troupes.

Il disposait d’une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M-3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie mais aussi les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M-3 est remplacé sur les chaines de montage par le M-3A1 en mars 1949 puis par le M-3A2 en juin 1952 et enfin le M-3A3 en septembre 1953.

Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M-113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M-3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, les nouveaux pays allemands (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Philippines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

L’AGL sélectionne le semi-chenillé M-3 pour équiper son infanterie portée et lui permettre de coller aux chars au sein de la Division Blindée. En revanche l’infanterie des DI/DLI était transportée dans des camions. Les M-3 ont été remplacés par des M-113 américains.

Le M-3 Half-track était un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine pesant 9.047 tonnes, mesurant 6.17m de long pour 1.95m de large et 2.26m de haut.

Motorisé par un moteur White 160Ax de 147ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h sur route et franchir 320km. Il était généralement armé d’une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4 et son équipage se composait d’un conducteur et de douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe).

Somua MCG-5

En 1938 l’armée de terre grecque à commandé 48 tracteurs d’artillerie semi-chenillés Somua MCG-5 utilisés pour les pièces d’artillerie des corps d’armée, l’artillerie des divisions d’infanterie étant hippomobile puisque composée d’artillerie de montagne.

A la fin de la Campagne de Grèce il restait une vingtaine de véhicules en relatif bon état. Ils sont remplacés par d’autres véhicules de ce type livrés par la France, ces canons remorquant aussi bien les pièces d’artillerie divisionnaire que les pièces d’artillerie de corps d’armée. Ces véhicules sont restés en service jusqu’à la fin des années cinquante.

Le Somua MCG-5 était un tracteur d’artillerie semi-chenillé de 6.8 tonnes, mesurant 4.45m de long pour 1.97m de large et 2.89m de haut. Motorisé par un moteur essence Somua de 55 à 60ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 36km/h et pouvait franchir 400km avec un plein. L’équipage était composé de deux hommes, huit artilleurs pouvant être transportés, la charge utile étant de 1500kg.

P4/100 & P4/110

En septembre 1948 l’armée grecque possédait 224 tracteurs d’artillerie Pavesi P4/100 et P4/110, un véhicule 4×4 de conception et de fabrication italienne. Ces véhicules acquis en 1935 étaient utilisés pour le remorquage des pièces d’artillerie les plus lourdes.

Ces véhicules vont subir de lourdes pertes durant la Campagne de Grèce, certains véhicules étant capturés par les italiens, les allemands et les bulgares et aussitôt réutilisés.

Les grecs de leur côté ne les ont pas réutilisés faute de pièces détachées en nombre suffisant, les véhicules italiens étant remplacés par des camions français, britanniques et américains.

Pesant 4600kg, il transportait le conducteur et l’équipe de pièce. Mesurant 4.10m de long pour une largeur de 2.05m et une hauteur de 1.45m, il était propulsé par un moteur essence Fiat lui permettant d’atteindre la vitesse sur route de 22km/h et de franchir toujours sur route 190km.

Universal Carrier

Universal Carrier Mk II

A l’origine du “transporteur universel” figure les chenillettes Carden-Loyd qui elles même venaient de la création du colonel Martel, un officier britannique qui avait créé des chars monoplaces alors que le tank connaissait au sein de l’armée britannique une véritable traversée du désert qui explique en partie l’état calamiteux du RTC en septembre 1939 avec des chars globalement inférieurs à leurs homologues continentaux.

En 1934 Vickers produit un véhicule chenillé léger, le Vickers-Armstrong D50 qui disposait d’un moteur à l’avant, d’un emplacement blindé pour un conducteur et un mitrailleur et d’un espace arrière non protégé pour le chargement.

Un petit nombre de ces véhicules furent acquis (soixante-neuf) pour être expérimentés avant de trouver un remplaçant aux tracteurs d’artillerie Dragon. Les véhicules sont livrés en 1936.

A l’origine il existait des modèles différentes adaptés à leur mission spécifique comme le Medium Machine Gun Carrier pour le transport d’une mitrailleuse Vickers et de leurs servants, le Bren Gun Carrier pour le transport d’un trio servant un fusil-mitrailleur Bren, le Scout Carrier pour le transport d’éclaireurs d’infanterie et enfin le Cavalry Carrier mais dès l’automne 1940 dans le but de rationnaliser production et utilisation un modèle unique est adopté baptisé Universal Carrier.

Le modèle définitif était organisé avec deux membres d’équipage à l’avant, le moteur au centre et l’espace de chargement à l’arrière, un espace peu protégé ce qui rendait inconfortable son utilisation comme un véritable transport de troupes.

Les premiers véhicules sont livrés en 1937 et la production continue jusqu’en 1948 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Canada pour équiper les unités d’infanterie, de char, du génie, de la logistique.

En septembre 1945, Ford Motors acquis la licence du Universal Carrier pour produire un véhicule de transport à destination de l’US Army ainsi qu’un char ultraléger. Si le second projet ne dépassa pas le stade du prototype (blindage et armement trop faible _deux mitrailleuses calibre .50_), le premier remporta un franc succès auprès des G.I qui l’utilisèrent pour le transport des armes lourdes et le remorquage des canons antichars.

Si l’infanterie l’utilisait pour le transport de ses armes d’appui (mitrailleuses Vickers, fusil-mitrailleur Bren, mortiers), le remorquage des canons antichars de 2 et 6 livres, le transport de troupes (en dépit d’une protection faible de l’espace arrière), la cavalerie et les chars l’utilisait pour le transport de Scouts d’éclaireurs chargés de répérer les guets, les ponts, les éclaireurs étant intégrés aux unités de reconnaissance, utilisant parfois des motos side-car à la place des chenillettes.

Le génie va l’utiliser pour le transport des sapeurs, le transport du matériel de destruction, de franchissement, de minage et de déminage. L’artillerie va l’utiliser comme véhicule d’observation avancé. L’arme savante par excellence va également mettre en œuvre une version lance-flamme baptisé Wasp.

A la différence des chenillettes Renault UE, les Universal Carrier sont toutes armées en l’occurence un fusil mitrailleur Bren.

Un temps un véhicule par section du Carrier Platoon disposait d’un fusil antichar Boys mais à partir de 1943 cette particularité va disparaitre et le véhicule en question embarquait une Vickers ou un Bren.

Les Universal Carrier produites au Canada et en Australie notamment étaient identiques aux modèles britanniques. Ottawa à cependant produit une version baptisée Windsor plus longue de 76cm et qui allait servir de base au premier véritable APC du Commonwealth, le Kangaroo.

Outre les pays producteurs, la chenillette Universal Carrier à été exportée en Grèce, en Chine, en Argentine, au Brésil, aux Pays-Bas et en Suisse.

La Grèce va récupérer des chenilettes entre septembre 1948 et juillet 1949 pour remorquer les pièces d’artillerie lourde, les gros colis, des remorques…… .

L’AGL va recevoir d’autres véhicules de ce type pour des missions de transport logistique et de ravitaillement de l’avant c’est-à-dire un rôle plus proche des Renault UE que des Universal Carrier britanniques. Ces chenillettes sont restées en service dans l’armée grecque jusqu’au début des années soixante.

L’Universal Carrier Mk I était une chenillette de conception et de fabrication britannique pesant 3.19 tonnes à vide (mais 3.75 tonnes en charge), mesurant 3.65m de long pour 2.06m de large avec une hauteur de 1.57m.

Motorisée par un moteur Ford 8 cylindres essence de 85ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 48km/h avec une distance franchissable maximale de 250km.

Protégée par un blindage de 7 à 10mm elle à été généralement armée d’un fusil mitrailleur Bren.

Autres véhicules

-L’Armée Grecque de Libération (AGL) à reçu un grand nombre de véhicules motorisés, son format réduit permettant une motorisation totale, rêve totalement inaccessible pour les militaires héllènes avant 1948.

-Les militaires grecs ont utilisé la Jeep, un véhicule tout-terrain 4×4 utilisé pour la reconnaissance, la liaison, l’évacuation sanitaire et un grand nombre de missions auxquelles ses concepteurs n’avaient probablement pas pensé.

-Les camions militaires devenus indispensables étaient d’origine américaine (GMC Chevrolet), britannique (Bedford) et française (Renault).

A la fin du conflit pour mettre fin au cauchemar logistique d’un parc sur lequel s’était greffé des camions italiens et allemands de prise, l’armée grecque décida de ne conserver que les camions GMC qui vont rester en service jusqu’en 1969 quand ils sont remplacés par des véhicules plus modernes de conception et de fabrication allemande ce qui suscita une belle polémique en Grèce.

Mitteleuropa Balkans (104) Roumanie (24)

Autoblindat model 1941

L’Autoblindat model 1941 est fortement inspirée de la célèbre Panhard AMD-178

L’Autoblindat model 1941 est une tentative partiellement réussie de produire une auto blindée si ce n’est 100% roumaine du moins offrant à Bucarest une relative autonomie qui doit éviter une trop grande dépendance à l’Allemagne mais aussi montrer à Berlin souvent injustement sceptique que ses alliés balkaniques investissaient dans le domaine militaire.

Le projet émerge en 1941 et bien que la désignation laisse supposer une adoption en 1941 naturellement celle-ci est bien plus tardive. Ce n’est en effet qu’en septembre 1947 que les premiers véhicules sont enfin mis en service après une interminable mise au point liée en partie à l’inexpérience des ouvriers et des ingénieurs responsables.

La production de ce véhicule inspiré (mais point copié) de la célèbre «Pan Pan» française est très lente et en septembre 1948 seulement vingt-quatre exemplaires sont en service mais à peine la moitié est opérationnelle !

Après un temps d’hésitation, l’armée roumaine décide de commander un lot de quarante-huit véhicules d’un modèle amélioré baptisé model 1949. Ces véhicules vont être livrés à un train de sénateur entre septembre 1949 et juin 1953 soit quarante-cinq mois pour livrer 48 véhicules !

Au combat ce véhicule se révéla pourtant bon sans être excellent. En somme un honnête véhicule sans qualités extraordinaires mais sans défauts qui rendaient ses utilisateurs circonspects.

Sur les soixante-douze véhicules livrés à l’armée royale roumaine, cinquante-deux ont été détruits au combat ne laissant que vingt-deux véhicules quand la Roumanie change de camp après le désastre provoqué par l’opération PIOTR VELIKYI.

Ces véhicules sont stockés pour des raisons politiques, Moscou tenant à montrer les limites de son indépendance au nouveau gouvernement roumain d’obédience communiste ce qui ne chagrine pas encore les principaux intéressés.

Maintenus en réserve jusqu’en 1975, ces véhicules sont envoyés à la casse sauf deux exemplaires conservés à l’entrée d’une caserne de Brasov pour l’un et dans un musée de Constansa pour le second.

Caractéristiques Techniques de l’Autoblindat model 1941

Poids en ordre de combat : 8.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.20m hauteur sans tourelle 1.75m (2.45m avec tourelle)

Motorisation : moteur essence dévellopant 105ch à 2200 tours/min

Performances : vitesse maximale sur route 70 km/h moyenne 45 km/h Autonomie : 300km sur route avec 140 litres d’essence

Blindage : 20mm maximum

Armement : tourelle biplace disposant d’un canon de 37mm tchèque et d’une mitrailleuse de 7.92mm

Equipage : quatre hommes (chef de voiture et tireur en tourelle, conducteur avant et inverseur en caisse)

BA-10

La Broneavtomobil 10 est une auto blindée soviétique mise au point en 1938 et produite jusqu’en 1945. Au final se sont 5600 véhicules qui sont sortis des chaines de montage en trois versions, la version de base BA-10, une version améliorée baptisée BA-10M (avec notamment de nouvelles radios) et la BA-10ZhD destinée à rouler sur les voies de chemin de fer.

La BA-10 est une descendante de la BA-6 avec un dessin de caisse différent, une plus grande puissance moteur ce qui permet une augmentation des performances du véhicules. Pour permettre aux autos blindées BA-10 d’opérer en tout terrain, les deux roues arrières peuvent recevoir des chenilles pour améliorer leurs performances en tout terrain.

La BA-10 connait son baptême du feu en Mandchourie contre les japonais lors de la bataille de Khalkin-Gol en 1939. Elle est également engagée dans la guerre d’Hiver même durant le second conflit mondial.

Progressivement remplacée par la BA-11, la BA-10 cesse globalement d’opérer en première ligne à l’été 1953. Elle est reléguée aux troupes du ministère de l’intérieur (NKVD) pour des missions de sécurité sur les arrières.

Au combat un certain nombre de véhicules à été capturée par les finlandais, les allemands, les hongrois et les roumains. Ces véhicules ont été généralement retournés contre leur ancien propriétaire après avoir plus ou moins de modifications.

Les roumains qui pour une fois ne manquent pas d’autos blindées vont d’abord les utiliser à l’arrière du front pour escorter des convois et protéger les dépôts logistiques contre les premières actions des partisans, actions qui seront plus du domaine de la nuisance que de la véritable menace sur la structure du front.

Vingt-cinq véhicules ont été capturés durant les premières semaines de BARBAROSSA mais seulement seize ont pu être remises en état et remises en service. Elles vont être utilisées jusqu’en décembre 1952 quand la dernière des seize à été perdue suite à sa destruction par une mine posée par des partisans ukrainiens alors qu’elle protégeait l’arrivée d’un convoi à Odessa.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 5.14 tonnes

Dimensions : longueur 4.65m largeur 2m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 53km/h distance franchissable 300km

Blindage : 6 à 15mm

Armement : un canon de 45mm 20-K avec 49 coups et deux mitrailleuses de 7.62mm DT avec 2079 coups

Equipage : 4 hommes

BA-64

Au sein de l’armée rouge les chars sont très employés pour les missions de reconnaissance plus que dans certaines armées, la RKKA engageant aussi bien des chars conçus pour cette mission (T-60 et T-70 par exemple) que des chars dont ce n’était normalement pas le rôle premier (T-34).

En dépit de cette situation l’Armée Rouge décide en 1950 de développer une auto blindée pour des missions d’éclairage en liaison avec les chars. C’est l’acte de naissance de la Bronirovaniy Avtomobil 64 (BA-64) qui s’inspire clairement de la Sdkfz 221 en utilisant pour basse le châssis de deux véhicules comparables à la Jeep américaine à savoir la GAZ-64 ou de la GAZ-67.

Deux prototypes sont livrés au printemps 1951. Après quelques modifications mineures, la production est lancée. Elle est très rapide, les composants de base sont largement disponibles, le design conçu pour faciliter la production de masse.

Voilà pourquoi entre l’été 1951 et l’automne 1956, 9000 véhicules sont sortis, véhicules utilisés jusqu’au milieu des années soixante-dix quand elle est définitivement remplacée par les BRDM-1 et 2, des autos blindées amphibies.

Rapides, à l’aise sur tout type de terrain mais peu armées, ces autos blindées étaient destinés à l’éclairage, évitant les points de résistance, découvrant les faiblesses du dispositif ennemi pour faciliter l’avancée des chars et de l’infanterie et limiter l’impact de la «friction» chère à ce bon vieux Claus (Nda le penseur militaire prussien pas votre serviteur) .

Outre la reconnaissance et l’observation, la BA-64 était parfois chargée d’escorter des convois logistiques qui pouvaient tomber sur des éléments ennemis isolés. Elle pouvait également être utilisée pour la liaison en transportant sur le front des officiers.

Les 3780 premiers exemplaires sont produits sur le châssis du GAZ-64 avant que la production des BA-64 passe à un nouveau châssis le GAZ-67B qui possédait des essieux plus large. Cela entraine un changement de désignation, les nouveaux véhicules étant désignés BA-64B, certains véhicules remplaçant la mitrailleuse de 7.62mm par un fusil antichar automatique de 14.5mm.

Cette arme ne donnant pas franchement satisfaction, les BA-64M qui sont les derniers véhicules produits recevaient une mitrailleuse de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm dans une tourelle fermée.

Sur les 9000 exemplaires produits on trouve donc 3780 BA-64, 1250 BA-64B et 3970 BA-64M. Des projets de variantes (transport de troupes, appui-feu à canon de 37 ou de 45mm, version ferroviaire, semi-chenillé) ne dépassèrent pas le stade du projet.

Après guerre des BA-64 de différents modèles furent cédés à l’Albanie, la Bulgarie, la Chine communiste, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie.

Jusqu’ici on pensait que les roumains n’avaient employé la BA-64 qu’après guerre mais en 1995 la découverte de photos et de documents dans les archives du ministère de la Défense à Bucarest à modifié notre perception en montrant clairement que trente-deux BA-64 ont été utilisés par l’armée royale roumaine.

Ces véhicules ont engagés sur le front où elles ont été toutes détruites voir pour certaines recapturées par les soviétiques qui généralement se contentaient de les cannibaliser pour récupérer des pièces.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 2.4 tonnes

Dimensions : longueur 3.66m largeur 1.74m hauteur 1.9m

Motorisation : un moteur GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 80km/h distance franchissable 500km

Blindage : inconnu

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT (1070 coups)

Equipage : 2 ou 3 hommes

Autres véhicules

Dans cette partie je vais parler rapidement des autres véhicules employés par l’Armata Regala Romana. Il s’agit essentiellement de véhicules de soutien et de ravitaillement.

MALAXA Tip UE

Renault UE avec des marques allemandes.

-L’armée royale roumaine à ainsi utilisé 126 Malaxa Tip UE, une chenillette de ravitaillement plus connue sous son nom français de Renault UE. Ces véhicules ont été produits sous licence en Roumanie.

D’abord utilisé comme tracteur d’artillerie pour une autre création française, le canon antichar de 47mm Schneider mais aussi comme ravitailleur au profit de l’infanterie. La Roumanie essaya d’en commander d’autres durant la Pax Armada voir de relancer la production sous licence mais ces deux projets ne se concrétisèrent pas.

Durant le conflit il semble que quelques chenillettes de ce type capturées par les allemands dans le nord de la France mais aussi en Belgique ont été rétrocédées aux roumains. Le chiffre de ces livraisons tardives est cependant très incertain, les sources donnant entre 12 et 72 véhicules !

Durant le second conflit mondial ces véhicules outre les rôles cités plus haut vont être utilisés pour évacuer des blessés mais aussi servir de canon antichar automoteur en installant dans le compartiment logistique un canon de 47mm ou de 50mm. Ces aménagements étant des bricolages de terrain elles n’ont fait l’objet d’aucune mise en service officielle.

A la fin du conflit il restait une trentaine de ces véhicules en service. Une partie à été réutilisée par les soviétiques à l’arrière du front comme engin de remorquage pour des véhicules légers endommagés ou comme tracteur d’aérodrome. Tous ces véhicules ont été rapidement ferraillés.

Caractéristiques Techniques

Type : chenillette de ravitaillement et de remorquage

Poids à vide 2640kg (3300kg en ordre de combat) remorque d’un poids total de 776kg qui pèse 1276kg à pleine charge

Dimensions : longueur 2.80m largeur 1.74m hauteur 1.25m. La remorque mesure 2.59m de long sur 1.62m de large pour 0.77m de haut.

Motorisation : un moteur essence Renault de 40ch à 2800 tours par minute

Performances : vitesse maximale 30km/h distance franchissable 100km Autonomie 5h

Blindage : 6 à 9mm

Armement : théoriquement aucun

Equipage : 2 hommes

FORD RUSESC DE CAPTURA

Tracteur d’artillerie Komsomolets capturé et réutilisé par les finlandais

Sous ce nom nous trouvons un tracteur léger d’artillerie de conception et de fabrication soviétique le Komsomolets. Les roumains ont capturé un grand nombre de ces véhicules solides et robustes mais pas toujours en très bon état.

Voilà pourquoi sur le total des véhicules capturés seulement une quarantaine (certaines sources disent 40 d’autres 46) à été remise en service pour remorquer des canons et des charges lourdes. Quelques véhicules ont survécu au conflit mais ont été rapidement envoyés à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie léger

Poids en ordre de combat 3460kg

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.35m hauteur 2.74m

Motorisation : un moteur essence

Performances : vitesse maximale 48km/h sur route et 12 km/h en tout-terrain distance franchissable 200km sur route 150km en tout terrain

Protection : 7 à 16mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : deux hommes plus l’équipe de pièce du canon remorqué

Tracteur T-1

Le Tracteur T-1 (appelé également DT-1 pour Directia Tehnica 1) est un tracteur d’artillerie conçu pour tracter le canon de 75mm Resista. 1000 exemplaires furent commandés en décembre 1952 mais après la production de cinq prototypes et de vingt-cinq exemplaires l’armée roumaine ordonne l’arrêt du projet en juin 1953 pour privilégier la sortie du chasseur de char Maresal avec le succès que l’on sait.

Les trente exemplaires sont réceptionnés par l’Armée Royale Roumaine et employés pour remorquer des pièces d’artillerie mais aussi des remorques pour le ravitaillement de l’avant. Des exemplaires sont capturés par les soviétiques et au moment du grand basculement l’armée roumaine n’aligne plus que huit exemplaires qui sont stockés et ferraillés une fois le conflit terminé.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie

Poids : 7 tonnes charge utile 4 tonnes masse remorquable 6 tonnes

Dimensions : nc

Motorisation : moteur de 75ch à 1800 tours par minute

Performances : 32km/h

Blindage : aucun

Armement : aucun

Equipage : 2 hommes

Miscellanées

Comme la majorité des armées du second conflit mondial, l’armée roumaine n’était que très partiellement motorisée et n’alignait que fort peu de camions. Il s’agissait essentiellement de camions Ford produits en Allemagne, de camions Renault, Latil et Berliet importés de France et de camions tchécoslovaques Praga. Il y eut quelques tests de semi-chenillés mais son usage au sein de l’armée roumaine fût très limité.

Mitteleuropa Balkans (99) Roumanie (29)

Artillerie antichar

TUNUL ANTITANC 3.7cm Mod. 1936

Sous cette désignation roumaine figure un canon antichar de conception suédoise, le canon antichar Bofors de 37mm, un canon apparu au milieu des années trente et qui allait connaître un grand succès à l’export étant utilisé par de nombreux pays européens dont la Roumanie encore que l’acquisition à été indirecte.

En effet ce n’est qu’à partir de 1939 que la Roumanie à mis en service ce canon et ce via deux sources : des canons ayant accompagné les troupes polonaises internées en Roumanie et surtout des canons capturés par les allemands en Pologne et revendus à la Roumanie. Sur les 675 canons acquis par la Roumanie près de 550 ont été acquis auprès des allemands.

Ces canons offraient certes une relative protection antichar, pouvait offrir un appui-feu aux fantassins mais dès le milieu des années quarante il était clairement dépassé. Les roumains en avaient parfaitement conscience mais c’était ça ou aucun canon antichar.

Ce canon à été utilisé par les roumains jusqu’à la fin de la guerre encore qu’à partir de 1952 ces pièces occupaient davantage des blockhaus sur le front plutôt que d’armer les unités antichars des troupes de mêlée. Quelques canons ont survécu au conflit mais n’ont probablement fait grande carrière une fois la paix revenue.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 37mm (37x257R) Poids en configuration transport 900kg en batterie 380kg Poids du projectile 2.015kg Longueur du tube : 1.740m (45 calibres) Champ de tir horizontal 50° Champ de tir vertical -10° à +25° Cadence de tir 12 coups par minute Portée maximale 7400m Performances : 33mm de blindage à 500m incidence 30° Equipe de pièce : 5 hommes protégés par un bouclier de 5mm d’épaisseur

Canon antichar de 45mm M1942

Le canon de 45mm modèle 1942 est le dernier modèle de canon antichar de ce calibre mis au point et mis en service au sein de la RKKA.

C’est une version améliorée du M1937 avec un tube plus long (66 calibres soit vingt de plus que le précédent), des obus plus puissants, un bouclier plus épais (7mm contre 4.5mm) ainsi que des modifications pour accélérer la production.

Ce canon adopté en 1942 commence réellement à entrer en service dans l’armée rouge fin 1943 début 1944 en raison de doutes sur l’utilité d’un canon de ce calibre alors que les soviétiques ont récupéré des informations sur l’épaisseur du blindage des futurs chars allemands. Ces informations en partie erronées explique la lenteur de la mise en service de ce canon toujours en service en juin 1950.

Bien évidemment à cette époque un canon de 45mm était inadapté à la destruction d’un Panther ou d’un Tigre mais pouvait être toujours efficace contre des chars plus légers voir des véhicules de reconnaissance. Comme des obus explosifs, canister et fumigènes ont été développées, ce canon comme ses prédécesseurs de même calibre pouvaient être utilisées pour l’appui de l’infanterie.

La production atteignit son pic à l’automne 1946 avant de progressivement décroitre jusqu’à s’arrêter au printemps 1948 après la sortie de 8520 pièces dont une grande partie était encore en service.

Ce canon à été rapidement retiré du service après guerre même si des unités de seconde ligne ont pu le conserver jusqu’à la fin des années cinquante voir le début des années soixante. Livré en masse aux armées des «démocraties populaires» ainsi qu’à la Chine communiste, il se retrouva à faire le coup de feu durant les deux guerres du Vietnam (1960-1967 pour la France 1970-1977 pour les Etats-Unis).

L’armée roumaine à récupéré près de 800 exemplaires du canon antichar de 45mm M1942 lors des premières phases de l’opération BARBAROSSA mais seulement une partie à été remise en service dans l’armée roumaine en dépit des limites de ses obus contre les chars les plus lourds.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 45mm (obus encartouché 45x386mm) Poids en ordre de combat 625kg poids des projectiles : perforant 1.43kg fragmentation 2.14kg Longueur du tube : 3.09m (66 calibres) Champ de tir vertical -8° à +25° Champ de tir horizontal 60° cadence de tir 15 à 20 coups par minute Portée maximale 4550m Performances : 71mm de blindage percé à 100m 28mm à 2000m Equipe de pièce : six hommes

TUNUL ANTITANC 4.7cm Mod. 1935 et TUNUL ANTITANC 4.7cm, Mod. 1939

Canon de 47mm Bohler

Sous ces noms se trouve respectivement le canon autrichien Böhler et sa version produite sous licence par Breda. Il à d’abord été conçu pour l’armée autrichienne. Si la lutte antichar est son rôle premier, le Böhler est aussi utilisable comme canon d’infanterie avec des obus explosifs, fumigènes et éclairants.

Produit sous licence par l’Italie dans de telles quantités que ce canon était souvent considéré comme une arme italienne, le modèle 1935 fût également embarqué sur des chars (M-13/40 M-14/41), une auto blindée (AB-41) et sur un canon automoteur antichar produit en petite quantité, le Semovente da 47/32.

Au modèle 1935 succèda ultérieurement un modèle 1935/39, ce dernier modèle disposant d’un canon amélioré, d’une suspension permettant d’augmenter la vitesse de traction.

A noter que le canon embarqué sur les chars disposait d’un canon au tube plus long (40 calibres soit 1.68m) tirant des projectiles disposant d’une puissance propulsive supérieur ce qui augmente la vitesse initiale et donc la portée et la force de pénétration.

Outre l’Italie et l’Autriche, ce canon à été utilisé par la Chine, les Pays-Bas, la Finlande, la Roumanie, l’Estonie, la Lettonie, l’URSS (d’anciens canons lettons),la Suisse et la Hongrie.

L’Allemagne réutilisa des canons anciennement autrichiens, néerlandais, sovietiques, cédant certains canons à l’Italie. En avril 1953 certains canons italiens furent récupérés par les allemands qui les utilisèrent sur des positions fixes.

La Roumanie à reçu 545 de la firme Bohler et 275 exemplaires de la part de la firme italienne Breda. Ces canons étaient utilisés par l’infanterie au sein des divisions via des compagnies indépendantes censées couvrir les unités de combat même si le nombre était trop limité pour cela.

Le canon à été très vite déclassé par l’augmentation de l’épaisseur des chars ce qui fait que très vite ce canon à été davantage utilisé comme canon d’infanterie et contre des cibles comme des chars légers et des autos blindées. Ces canons ont été retirés du service à la fin du conflit.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 47mm (47x195mmR) Poids en configuration route 315kg Poids en batterie 277kg Poids du projectile : 1.44kg pour l’obus perforant 2.370kg pour l’obus explosif Longueur du tube : 1.525m (32 calibres) Champ de tir horizontal 62° Champ de tir vertical -15° à 56° Cadence de tir 18 coups par minute Portée maximale 7000m Performances : 43mm de blindage à 500m (incidence 30°)

TUNUL ANTITANC 4.7cm Mod. 1936

Ce canon antichar est un canon de conception française, commandé puis produit sous licence par la Roumanie. Œuvre de la firme Schneider il trouva à l’export un débouché que lui refusa la France qui lui préféra un canon de même calibre conçu par les Etablissements de Puteaux.

La Roumanie passe commande de 160 exemplaires et va en produire 200 sous licence portant son parc à 360 exemplaires. Ces pièces étaient remorquées par des chenillettes Malaxa UE qui n’était autre que la Renault UE produite sous licence.

Comme tous les canons antichars de ce calibre il était en voie de déclassement quand débute le second conflit mondial mais peut encore rendre de précieux services. A la fin du conflit les quelques pièces restantes ont finit à la ferraille car d’aucune utilité.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 47mm (47x343R) Poids en batterie 628kg Poids du projectile 1.48kg (2.3kg pour l’obus perforant) Longueur du tube 2.497m (44 calibres) Champ de tir horizontal 45° Champ de tir vertical -13° à +15° Cadence de tir 18 coups par minute Portée maximale 6700m Performances : 70mm de blindage à 400m incidence trente Equipe de pièce : 6 hommes protégés par un bouclier de 7mm

TUNUL ANTITANC 5cm Mod. 1950

canon antichar de 50mm allemand conservé au Canada

Sous cette désignation se cache un canon antichar allemand, le 5cm PanzerabwehrKanone 38 (5cm Pak 38).

Comme souvent à l’époque le canon antichar de 37mm Pak 36 était condamné à une rapide obsolescence en raison de l’augmentation croissante des blindages (sans parler de la qualité et des aciers et du travail sur l’inclinaison).

Aussi dès 1937 les allemands lancent un programme pour un nouveau canon antichar. Le 47mm est le calibre le plus courant mais Berlin choisit le 50mm pour une raison que j’ignore (peut être pour réaléser les 47mm de prise comme ils le faisait avec les 75 et les 76.2mm capturés durant le premier conflit mondial ce qui explique le choix du 77mm).

Le développement est rapide et le canon conçu par la firme Rheinmettall-Borsig est près dès 1938 d’où son appellation officielle de 5cm PanzerabwehrKanone 38 (5cm Pak 38). Les retards de fabrication font que les premières pièces arrivent en automne 1940, permettant une relève progressive des Pak 35/36.

Le Pak 38 était une arme d’excellente facture, bien conçue et fabriquée en partie avec des alliages légers ce qui la rendait très maniable.

Avec la saisie d’armes antichars polonaises et tchèques, les allemands mirent au point des obus au noyau tungstène (AP-40) ce qui augmenta la capacité de perforation du canon.

Heureusement pour les alliés, les stocks de tungstène limités des allemands firent que la fabrication de ces obus spéciaux diminua au cours du conflit pour quasiment cesser quelques mois avant la fin du second conflit mondial.

En dépit de la mise au point du Pak 43 de 75mm, le Pak 38 resta en service durant tout le conflit, étant une arme tout à fait efficace, n’ayant rien à envier aux canons de 47mm français ou de 57mm britanniques.

Les roumains ont reçu ce canon au printemps 1950 pour renforcer leurs capacités antichars en vue de l’opération BARBAROSSA en dépit du fait qu’à cette époque le canon était en voie de déclassement et se montrera trop limité face aux T-34 soviétiques sauf coup heureux qui immobilisait le char. Le nombre de pièce reçu est incertain mais aurait tourné aux alentours de 145 ce qui était peu mais Bucarest ne pouvait pas vraiment faire la fine bouche.

Tout comme le canon antichar austro-italien vu plus haut ce canon à été vite relégué à l’appui-rapproché de l’infanterie ainsi qu’à la destruction des autos blindées ou des blindés légers. Si quelques canons ont survécu au conflit il n’ont pas fait carrière dans l’après guerre.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 50mm (50x419R) Poids en configuration transport 1062kg Poids en batterie 986kg Poids du projectile 3.28kg (explosif) 4.13kg (perforant) Longueur du tube 3m (60 calibres) Champ de tir horizontal 65° Champ de tir vertical -8° à +27° Cadence de tir 13 coups par minute Portée maximale 6550m (2650m pour l’obus explosif) Performances : 57mm de blindage à 500m incidence 30° (101mm à 740mm pour l’obus au tungstène) Equipe de pièce : sept hommes (bouclier de 4mm)

TUNUL ANTITANC DT-UDR 26 7.5cm Mod. 1953

En dépit d’informations concordantes, l’Axe ne prend pas au sérieux les qualités du T-34 le nouveau char de la RKKA. Persuadés que les canons antichars de 47 et de 50mm seront suffisants ils négligent leur équipement en matière de canon antichar lourd (75 à 100mm) à moins qu’ils n’aient été obligés de faire un choix en matière d’équipement.

Les roumains engagés plus au sud vont moins rencontrer le T-34 que les allemands mais à chaque fois cette rencontre va se solder par quelques déconvenues. Des décisions doivent être rapidement prises.

Outre l’achat de canons antichars de 75mm auprès des allemands, Bucarest décide de mettre au point son propre canon antichar lourd. C’est l’acte de naissance du Tunul Antitanc DT-UDR 26 7.5cm mod.1953.

Comme nous sommes en temps de guerre et que la Roumanie ne possède pas des capacités industrielles extraordinaires on décide de récupérer différents éléments de canons existants pour mettre au point cette arme.

On reprend l’affût et le système d’absorbtion de recul du Zis-3 soviétique et le tube du canon antiaérien Vickers modèle 1931. Après quelques menues modifications, les deux prototypes sont prêts début 1951.

Signe de l’urgence ils vont être envoyés pour participer à l’opération FRIEDRICH pour un test grandeur nature de pure forme car la production en série est aussitôt lancée. Heureusement les tests se révèlent très positifs ce qui aurait été sinon synonyme de menus embarras.

La firme Resita va produire de février 1953 à septembre 1953 un total de 540 pièces de ce type qui vont être utilisées aussi bien pour la lutte antichar que pour le tir sol-sol. Ce canon va aussi équiper un projet de canon d’assaut qui ne sera produit qu’à une poignée d’exemplaires.

Ce canon va combattre sur le front russe mais aussi en Hongrie et en Tchécoslovaquie, l’armée roumaine alliée de l’URSS utilisant un mélange d’armes roumaines, d’armes allemandes et d’armes soviétiques avec une certaine efficacité.

A la fin du conflit ce canon antichar reste en service car il peut encore rendre certains service mais dès 1958 il est remplacé par un canon antichar soviétique de 100mm plus performant.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 75mm Poids en configuration transport 1470kg en batterie 1430kg projectile 6.6kg Longueur du tube 2.501m (48 calibres) Champ de tir horizontal 70° Champ de tir vertical -7° à +35° Cadence de tir 15 à 20 coups par minute Portée maximale 11400m Performances : 100mm de blindage à 500m incidence 30° Equipe de pièce 7 hommes (protégés par un bouclier de 6mm d’épaisseur)

Tunul Antitanc 7.5cm Mod. 1952

Sous cette désignation roumaine se trouve un canon antichar de conception et de fabrication allemande, le 7.5cm PanzerabwehrKanone 43 (7.5cm Pak 43) ou en français canon antichar de 75mm modèle 1943.

Le dévellopement de cette arme commence alors que le Pak 38 commence tout juste à arriver dans les unités. Cette fois c’est clair ce canon antichar est destiné à l’artillerie antichar (PakArtillerie) et non à l’infanterie en raison de son poids et de son encombrement.

Ce canon antichar doit couvrir les canons antichars de 37 et de 50mm et surtout doit être utilisé depuis des positions fixes pour couper une offensive blindée ennemie.

Curieusement si cette arme était conçue pour faire face aux chars anglais et français les chars soviétiques n’étaient pas inclus dans le processus de réflexion en dépit du fait que de nombreuses informations arrivaient à Berlin sur l’épaisseur des blindages soviétiques.

Les études ayant aboutit au Pak 43 commencent dès l’été 1941. C’est la firme Rheinmettall-Borsig AG qui reçoit le contrat. Après avoir envisagé un canon entièrement nouveau, la firme préfère partir du Pak 38 en réutilisant notamment l’affût qui rédessiné et renforcé. Le canon de 75mm est muni d’un double frein de bouche pour améliorer la stabilité du canon.

Ce canon est officiellement adopté en mars 1943 sous le nom de 7.5cm PanzerabwehrKanone 43, ce canon servant également de canon antichar pour armer le PanzerKampfwagen V (Pz V) plus connu sous le nom de Panther.

Ce canon est encore en service en septembre 1948. C’est le canon antichar principal de l’armée allemande en compagnie du Pak 45 de 88mm, une adaptation du canon antiaérien de 88mm au combat antichar.

Il est utilisé essentiellement en position fixe. Des projets d’automoteurs antichars n’ont pas vu le jour avant le conflit notamment en raison du fait que contrairement à beaucoup d’armées, la Deutsche Heer confie à ses Panzer la lutte contre les chars ennemis.

La Roumanie obtient à l’automne 1950 de commander 124 pièces de ce type. Ces derniers sont livrées entre mars 1951 et janvier 1952, un rythme assez lent qui exaspère les roumains mais Bucarest ne peut pas trop se plaindre.

Ces canons vont armer des batteries indépendantes détachées en fonction des besoins auprès des différentes unités de mélée de l’Armata Regala Romana. Ce canon bien employé pouvait créer des coupes sombres dans les rangs des unités motomécaniques soviétiques.

Parfois utilisé comme pièce d’artillerie de campagne, le Pak 43 va être employé aux côtés du canon antichar roumain de 75mm avec lesquels il partageait des performances similaires (la vitesse initiale du canon roumain était un poil plus faible).

A la fin du conflit quelques canons employés également contre les allemands après le retournement de septembre 1953 sont gardés en service. On ignore cependant la date de leur retrait du service.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 75mm Longueur du tube : 2.461m (32 calibres) Poids en ordre de route 1500kg En batterie 1425kg Poids du projectile perforant 6.800kg Poids de l’obus perforant AP 40 4.100kg Poids de l’obus explosif 5.740kg Pointage en direction : 45° Pointage en hauteur : -5° à +22° Cadence de tir 15 coups par minute Portée maximale de l’obus explosif 7680m Perforation : 98mm de blindage à 2000m.

Dominions (103) Nouvelle-Zélande (14)

Chars de combat

Ne pas disposer de divisions blindées ne signifie naturellement pas l’absence de chars puisque je le rappelle, les divisions d’infanterie néo-zélandaises disposaient d’une brigade de chars moins pour l’exploitation que pour le soutien de l’infanterie. Plusieurs modèles de chars légers et médians vont être employés par les autres soldats venus du Pacifique.

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Dominions (79) Australie (23)

Autos blindées

L’armée australienne utilise plusieurs modèles d’autos blindées pour des missions de reconnaissance, de flanc-garde, de retardement. Ces véhicules sont utilisées au niveau divisionnaire mais aussi au sein des régiments de chars, les premiers servant surtout à la reconnaissance tactique alors que les seconds sont destinés davantage à éclairer les chars du régiment.

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Grande Bretagne (88) Armée de terre (13)

Chenillettes

Avant-propos

La guerre des tranchées posa le problème du ravitaillement de l’infanterie en munitions au milieu d’un terrain bouleversé.

L’utilisation d’animaux de bat comme en montagne se révélant très difficile pour ne pas dire impossible on chercha un moyen mécanique d’amener aux premières lignes les munitions nécessaires, la première véritable guerre industrielle se révélant être un véritable gouffre à munitions.

Le conflit se termina sans qu’une solution satisfaisante ne soit trouvée. Ce n’est qu’au cours des années vingt-trente qu’un moyen mécanique performant fût trouvé sous la forme d’une chenillette capable de transporter des munitions et du ravitaillement voir de transporter et/ou de remorquer les pièces lourdes.

Inspirés des chenillettes Carden-Loyd, les Universal et Loyd Carrier vont faire école en France, la Renault UE étant directement inspirée de la chenillette Carden-Loyd.

Universal Carrier

Universal Carrier Mk II

Universal Carrier Mk II

A l’origine du “transporteur universel” figure les chenillettes Carden-Lloyd qui elles même venaient de la création du colonel Martel, un officier britannique qui avait créé des chars monoplaces alors que le tank connaissait au sein de l’armée britannique une véritable traversée du désert qui explique en partie l’état calamiteux du RTC en septembre 1939 avec des chars globalement inférieurs à leurs homologues continentaux.

En 1934 Vickers produit un véhicule chenillé léger, le Vickers-Armstrong D50 qui disposait d’un moteur à l’avant, d’un emplacement blindé pour un conducteur et un mitrailleur et d’un espace arrière non protégé pour le chargement.

Un petit nombre de ces véhicules furent acquis (soixante-neuf) pour être expérimentés avant de trouver un remplaçant aux tracteurs d’artillerie Dragon. Les véhicules sont livrés en 1936.

A l’origine il existait des modèles différentes adaptés à leur mission spécifique comme le Medium Machine Gun Carrier pour le transport d’une mitrailleuse Vickers et de leurs servants, le Bren Gun Carrier pour le transport d’un trio servant un fusil-mitrailleur Bren,

le Scout Carrier pour le transport d’éclaireurs d’infanterie et enfin le Cavalry Carrier mais dès l’automne 1940 dans le but de rationnaliser production et utilisation un modèle unique est adopté baptisé Universal Carrier.

Le modèle définitif était organisé avec deux membres d’équipage à l’avant, le moteur au centre et l’espace de chargement à l’arrière, un espace peu protégé ce qui rendait inconfortable son utilisation comme un véritable transport de troupes.

Les premiers véhicules sont livrés en 1937 et la production continue jusqu’en 1948 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Canada pour équiper les unités d’infanterie, de char, du génie, de la logistique.

En septembre 1945, Ford Motors acquis la licence du Universal Carrier pour produire un véhicule de transport à destination de l’US Army ainsi qu’un char ultra-léger. Si le second projet ne dépassa pas le stade du prototype (blindage et armement trop faible _deux mitrailleuses calibre .50_), le premier remporta un franc succès auprès des G.I qui l’utilisèrent pour le transport des armes lourdes et le remorquage des canons antichars.

Si l’infanterie l’utilisait pour le transport de ses armes d’appui (mitrailleuses Vickers, fusil-mitrailleur Bren, mortiers), le remorquage des canons antichars de 2 et 6 livres, le transport de troupes (en dépit d’une protection faible de l’espace arrière), la cavalerie et les chars l’utilisait pour le transport de Scouts d’éclaireurs chargés de répérer les guets, les ponts, les éclaireurs étant intégrés aux unités de reconnaissance, utilisant parfois des motos side-car à la place des chenilettes.

Le génie va l’utiliser pour le transport des sapeurs, le transport du matériel de destruction, de franchissement, de minage et de déminage. L’artillerie va l’utiliser comme véhicule d’observation avancé. L’arme savante par excellence va également mettre en oeuvre une version lance-flamme baptisé Wasp.

A la différence des chenillettes Renault UE, les Universal Carriersont toutes armées en l’occurence un fusil mitrailleur Bren.

Un temps un véhicule par section du Carrier Platoon disposait d’un fusil antichar Boys mais à partir de 1943 cette particularité va disparaitre et le véhicule en question embarquait une Vickers ou un Bren.

Les Universal Carrier produites au Canada et en Australie notamment étaient identiques aux modèles britanniques. Ottawa à cependant produit une version baptisée Windsor plus longue de 76cm et qui allait servir de base au premier véritable APC du Commonwealth, le Kangaroo.

Outre les pays producteurs, la chenillette Universal Carrier à été exportée en Grèce, en Chine, en Argentine, au Brésil, aux Pays-Bas et en Suisse.

Caracteristiques Techniques du Universal Carrier Mk I

Poids : à vide 3.19 tonnes en charge 3.75 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 2.06m hauteur 1.57m

Motorisation : un moteur Ford 8 cylindres essence dévellopant 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 250km

Blindage : 7 à 10mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren le plus souvent mais parfois un fusil antichar Boys est embarqué à cela s’ajoute les armes transportées (mitrailleuses, mortiers) ou remorquées (canons antichars).

Loyd Carrier

loyd-carrier

Le Loyd Carrier est un autre transporteur chenillé conçu à partir des principaux éléments du camion routier (4×2) Fordson 7V, le moteur étant installé à l’arrière du véhicule. Il utilisait également des composants du Universal Carrier.

Ce véhicule à été conçu à une époque où les commandes se multipliaient tous azimut pour faire face à une augmentation rapide des besoins.

Une première commande de 200 exemplaires est passée en 1939 et livrée courant 1940, le Loyd Carrier étant considéré comme un véritable transport de personnel à la différence de l’Universal Carrier.

Des commandes supplémentaires sont passées pour équiper les unités d’infanterie des divisions et des brigades blindées, l’infanterie des Infantry Division étant motorisée en étant transportée par camions qui la rend mobile mais pas aussi manoeuvrante que l’infanterie portée des Armoured Division et des Independent Armoured Brigade.

Après le Carrier, Tracked, Personnel Carrying Mk I, une version Mk II améliorée fût conçu peu avant le début de la guerre, la production de cette version avait commencée quelques semaines avant le déclenchement du second conflit mondial.

Par rapport au Mark I, le Mark II avait installé le moteur à l’avant droit avec le conducteur à gauche, le tireur s’installant derrière pour mettre en oeuvre une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier, l’idée d’une tourelle un temps envisagée comme sur le véhicule français Renault DAJ-1 n’ayant pas été menée à son terme. Les soldats sont toujours embarqués à l’arrière.

Outre la version transport de personnel, des variantes spécialisées ont été prévues : commandement, dépannage, transmissions, tracteur d’artillerie, lance-flammes.

Si avant la guerre le véhicule n’à pas été exporté, le début du conflit voit le Canada produire une version spécifique la Mark III qui se distingue par un moteur Ford plus puissant et un armement différent avec une Vickers 7.7mm en place de la Besa.

Le retour d’expérience de la campagne de Norvège accélère le passage vers un véritable Armoured Personnal Carrier (APC) avec un compartiment de troupes couvert et une véritable tourelle armée d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm, c’est le Carrier Tracked Personnal Carrying Mk IV.

Caracteristiques Techniques du Loyd Carrier Mark II

Poids : 4.50 tonnes

Dimensions : longueur 4.24m largeur 2.06m hauteur 1.42m

Motorisation : un moteur essence Ford V8 de 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h sur route distance franchissable 220km

Blindage : 7mm

Armement : une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 hommes plus un groupe de combat à l’arrière

Camions

Tout comme les autres armées, l’armée de terre britannique utilise de nombreux camions plus ou moins spécialisés pour assurer le transport des divisions d’infanterie (entièrement motorisées) et des taches de soutien logistique.

CMP Field Artillery Tractor

CMP Field Artillery Tractor

-Le CMP Field Artillery Tracktor est un tracteur d’artillerie d’origine canadienne 4×4, le Chevrolet 8440/CGT Tractor 4×4 Field Artillery utilisé par l’armée canadienne, l’armée britannique et les autres armées des Dominions (Australie, Nouvelle-Zélande).

Il est utilisé pour tracter les obusiers de 25 livres et les canons antichars de 17 livres. Les premiers véhicules sont mis en service dans l’armée canadienne en 1940 avant d’être exportés dans les autres pays du Commonwealth (Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud) mais également en Irlande.

La production de ce véhicule est toujours en cours en septembre 1948 sans grandes modifications mis à part des points de détail.

AEC Matador

AEC Matador

-L’autre tracteur d’artillerie de l’armée britannique est l’Associated Equipment Company (AEC) Matador, un tracteur d’artillerie 4×4 avec un autre véhicule en version routière 4×2 appelée également Matador. Un véhicule 6×6 appelé Marshall est également dévellopé pour les pièces les plus lourdes.

Certains Matador ont été livrés à la Royal Air Force (RAF) pour le remorquage des pièces d’artillerie antiaériennes lourdes mais également pour le dépannage et le ravitaillement en carburant.

Il y eut également des tests de pièces d’artillerie autoportées, l’Afrique du Sud installant un canon de 6 livres tirant vers l’arrière.

Cette configuration ne dépassa pas le stade du prototype mais au cours de la campagne de Norvège, des unités antichars lassées d’être tournées par les unités allemandes démontèrent les affûts de leurs canons antichars de 6 livres et les installèrent sur des Matador pour obtenir une pièce puissante et mobile.

Comme pour le CMP FAT, le Matador à servit dans les différentes armées du Commonwealth à savoir le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Morris CDSW

Morris CDSW

-Le Morris CDSW est un tracteur d’artillerie 6×4 mis en service au milieu des années trente pour permettre de remorquer les pièces d’artillerie de campagne (canon de 18 livres, obusier de 4.5 pouces, obusier de 25 livres) mais également les canons antiaériens de 40mm Bofors.

Ce véhicule était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard, il à été largement remplacé par le Morris C8 “Quad” et l’AEC Marshall.

Une partie des véhicules est stockée et ressortie des dépôts au moment de la mobilisation, le temps que des véhicules modernes sortent des chaines de montage.

Morris C-8

Morris C-8

-Le Morris C8 “Quad” est utilisé principalement pour tracter les canons de 25 livres, la principale pièce d’artillerie de campagne britannique (pour ne pas dire la seule). Il était également utilisé pour tracter le canon antichar de 17 livres.

Chaque régiment d’artillerie disposait de 36 Morris C8 Quad, vingt-quatre tractant un canon et un caisson à munitions, douze tractant deux caissons.

La mise au point du véhicule commence en 1937, les premiers véhicules étant livrés fin 1939 quand s’achève la guerre de Pologne. Une poignée de véhicule aurait réussit à passer en France mais ce n’est pas confirmé.

Outre le tracteur d’artillerie, des variantes ambulance, dépannage et transport de charges ont été mises au point.

Caracteristiques Techniques du Morris C8 “Quad”

Poids : 3.4 tonnes

Dimensions : longueur 4.489m largeur 2.21m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur essence Morris EH 4 cylindres de 70ch

Performances : vitesse maximale : 80km/h autonomie : 257km

Blindage : aucun

Equipage : un conducteur plus six passagers

Scammel Pioneer

Scammel Pioneer

-Le Scammell Pioneer est un tracteur lourd routier 6×4 issu paradoxalement d’un véhicule tout-terrain destiné aux colonies britanniques pour un usage civil. Sorti en 1927, un exemplaire est acquis en 1932 pour servir de porte-char avec une remorque dédiée mais cet achat est sans lendemain.

Il faut attendre 1935 pour attendre que ce modèle soit commandé en série mais avec un moteur diesel en remplacement d’un moteur à essence.

Ce véhicule va servir principalement de tracteur d’artillerie lourde et de porte-char avec une remorque dédiée mais également de véhicule de d”pannage lourd.

Des commandes régulières sont passées suivant l’augmentation des grandes unités blindées-mécanisées de la British Army. Ainsi en septembre 1948, 840 Scammell Pioneer sont en service dans les trois variantes sus-nommées et la production continue alors que le second conflit mondial à éclaté.

Caracteristiques Techniques du Scammell Pioneer

Poids : 8.4 tonnes

Dimensions : longueur du tracteur 6.70m (totale avec remorque 10.97m) largeur 2.87m hauteur 2.74m

Blindage : aucun

Motorisation : un moteur Gardner diesel de 102ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 850km

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford QL était un camion cargo utilisé par l’armée britannique dès la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial.

Véritable bête de somme de l’armée britannique et de celles du Commonwealth, il fût décliné en version cargo, citerne à carburant, citerne à eau, dépannage, poste de commandement, hôpital de campagne. La production était toujours en cours dans des versions améliorées en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Bedford QLG

Poids à vide 3.277 tonnes en charge 6.985kg charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.26m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur Bedford 6 cylindres essence dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale : nc Autonomie 250km

Equipage : un conducteur et jusqu’à onze passagers

Blindage : aucun

Austin K5

Austin K5

-Le Austin K5 était un autre camion utilisé par l’armée britannique, sa capacité de chargement étant identique à celle du Bedford QLG. Tout comme le Bedford il fût décliné en de nombreuses versions spécialisées, adaptées aux besoins d’une armée moderne.

Caractéristiques Techniques du Austin K5

Poids : 6.7 tonnes charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.21m hauteur 3.02m

Motorisation : un moteur essence Austin 6 cylindres de 85ch

Blindage : aucun

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford OY est un autre camion utilisé pour le soutien logistique, la guerre blindée-mécanisée nécessitant des quantités phénoménales de carburant, de munitions, de pièces détachées sans oublier les vivres.

Comme l’Austin K5 et le Bedford OLG, le Bedford OY à été décliné en différentes versions : cargo, dépannage, tracteur d’artillerie, camion citerne à eau, camion citerne à essence, camion-benne…. .

Mis en service en septembre 1939, il est toujours en service en septembre 1948 et toujours en production pour augmenter les stocks de véhicules mais également remplacer les premières pertes du conflit qui s’annonce nettement plus long et coûteux que la guerre de Pologne.

Le Bedford OYD était la version cargo alors que le OYC était la version citerne de ce véhicule qui existait également en version à empattement raccourci, le Bedford OX. Le OXD était la version d’usage général (en clair un camion cargo) alors que le OXC était destiné au remorquage de remorques porte-char, le Bedford OXA étant une version à cabine blindée.

Caracteristiques Techniques du Bedford OY

Poids : 6.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.18m hauteur 3.09m

Motorisation : un moteur essence de 72ch

Performances : vitesse maximale 65 km/h distance franchissable 450km

-D’autres camions ont été produits en petite quantité durant la guerre de Pologne comme le Leyland Retriever un véhicule 6×4 mais également le Diamond T-980 acquis en 1941 pour servir de remorqueur de remorques porte-chars pour les véhicules les plus lourds, cet achat aux Etats-Unis s’expliquant par la surcharge de l’industrie britannique.

Véhicules légers

Austin K2

Austin K2

-L’Austin K2/Y est une ambulance lourde utilisée par la British Army mais également par les différentes armées du Commonwealth. Elle était basée sur le chassis du camion léger Austin K30 avec une demi-cabine, le haut de la cabine solide étant remplacé par une bache protégeant contre les intempéries mais pas vraiment contre la feraille du champ de bataille.

L’espace pour les blessés à été conçu par le Royal Army Medical Corps et mesure environ 2.6m de long 2m de large et 1.7m de haut.

Caracteristiques Techniques de l’Austin K2/Y

Poids : 3124kg (à vide)

Dimensions : longueur 5.49m largeur 2.26m hauteur 2.79m

Motorisation : un moteur essence Austin dévellopant 60ch à 3000 tours par minute

Performances : vitesse maximale 80 km/h

Blindage : aucun

Equipage : 2 ou 3 hommes 4 blessés allongés ou 10 assis

-Outre cette ambulance lourde que nous venons de voir, l’armée de terre britannique disposait d’autres véhicules légers qui étaient principalement utilisés au début de la guerre pour trois missions :

-service général : transport et liaison

-véhicule d’état-major

-véhicule radio

Humber Heavy Utility Car

Humber Heavy Utility Car

-Le véhicule de base est la Humber Heavy Utility Car, un véhicule 4×4 produit à partir de 1940 et entrant en service courant 1941. D’abord utilisé comme véhicule d’état-major, la Humber Heavy Utility Car fût décliné ensuite en version GS (General Service/Service Général) avec une cabine à deux places à l’avant et un plateau arrière pouvant recevoir 500kg de charge ou six hommes.

Ce véhicule était toujours en production en septembre 1948 même si la nécessité de produire plus rapidement un véhicule moins coûteux rendait son avenir fort incertain.

-L’autre véhicule est le camion de 8-cwt Humber, un camion de 400kg de charge utile avec un habitacle avant recouvert d’une capote et soit d’un plateau arrière ou d’un habitacle fermé, le premier utilisé pour la version GS et le second pour la version transmission (FFW Fitted for Wireless, radio).

-La firme Bedford proposa également un véhicule de 15 cwt (charge utile : 750kg), un camion de 2 tonnes au total choisit par le War Office à partir de 1935 pour une série de tests qui débouche sur la commande en août 1938 de 2000 exemplaires d’un véhicule adapté aux besoins militaires, le Bedford MWD.

Les commandes se succèdent pour équiper la British Army mais également la Royal Air Force et la Royal Navy pour des missions de transport d’hommes et de matériel, la RAF utilisant ces véhicules pour transporter les équipages et les bombes destinés aux bombardiers.

La version de base disposait d’une cabine munie d’une capote et d’un plateau arrière bâché, les versions ultérieures disposaient eux d’une cabine entièrement fermée, la partie haute étant cependant démontable en cas de besoin.

22-Armée de terre : armement et matériel (53)

Chenillettes de ravitaillement

Le terrain bouleversé des no man’s land rendait la progression de l’infanterie difficile, très difficile puisqu’à cela s’ajoutait les barbelés et les mitrailleuses. Quand au ravitaillement, il était tout aussi difficile puisqu’il fallait un véhicule à l’aise en terrain varié avec un blindage.

En 1918, un char transporteur de munitions baptisé Renault GJ est mis au point sous la forme d’un dérivé du Renault FT. Ce véhicule est destiné à soutenir les batteries de 75mm transportés sur des tracteurs chenillés Caterpillar. Cette première tentative n’à pas de suite concrète du fait de la fin du premier conflit mondial qui stoppe dans l’immédiat tout dévellopement de nouveau matériel militaire.

Pour ce qui est de l’infanterie, une première tentative est menée en 1923 quand Citroën reçoit commande de deux tracteurs 10cv à propulseurs Kergresse, carrosserie spéciale et six remorques pour le transport d’engins d’accompagnements (mitrailleuses, mortiers……….) et de munitions. Ces véhicules sont testés en 1924 sans que cela aboutisse à une commande en série ou à un programme particulier.

Il faut attendre l’été 1930 pour que la situation évolue quand l’ingénieur Brandt de la société AMG favorise l’essai de deux chenillettes Carden-Lloyd qui vont inspirer le le programme pour un véhicule de ravitaillement d’infanterie ou type N lancé le 7 octobre 1930.

Ce programme réclame un véhicule d’une hauteur maximale de 1.10m, une charge utile de 950kg + deux hommes d’équipage, une autonome de 5heures et une vitesse instantanée de 35 km/h.
Trois constructeurs présentent des projets, Latil avec une version francisée de la chenillettes Carden Lloyd, Citroën avec trois prototypes d’un véhicule semi-chenillé (les versions à chenille intégrale n’ont apparemment pas été réservés) et Renault avec une chenillette de sa conception.

C’est ce dernier modèle baptisé Renault UE qui est adopté sous le nom de Chenillette de Ravitaillement d’Infanterie modèle 1931R.

A cette chenillette va s’ajouter également des tracteurs ravitailleurs pour les chars et la cavalerie fournis par Renault, par Lorraine et par Berliet.

Chenillette de ravitaillement Renault UE

Chenillette de ravitaillement Renault UE

-La chenillette Renault UE apparaît donc en 1931 adoptée sous le nom de Chenillette de Ravitaillement d’Infanterie modèle 1931R. Une première commande de 600 exemplaires est honorée le 10 septembre 1932. De nouvelles commandes sont passées et le nombre de CRI commandées passe à 793 dont 700 livrées en juin.

La guerre menaçant chaque jour un peu plus, les commandes se multiplient tandis que la production est décentralisée. Outre l’usine AMX (ex-Renault) d’Issy-les-Moulineaux, Berliet à Lyon et Fouga à Béziers sont chargées du montage des chenillettes.

A noter que le 20 avril 1937, un programme d’épreuves opposa des véhicules proposés par Lorraine (Lorraine modèle 1937 adopté sous une version TRC), Renault avec son UE 2 apparue en 1934, Hotchkiss, Fouga et Berliet dont le modèle TCA sera adopté en petite série.

Produite à 7500 exemplaires, cette chenillette de ravitaillement va également servir de tracteur pour canon antichar, pour mortier de 120mm, comme ravitailleur et même comme transport de troupes de fortune.

Non armée à l’origine en dépit de tentatives menées par Renault (suivant un modèle vendu à la Chine) et AMX, la chenillette ne recevra un armement que lors du début du second conflit mondial quand les chenillettes du CEFAN (Corps Expéditionnaire Franco-Anglo-polonais en Norvège) recevront un fusil mitrailleur modèle 1924-29, montrant l’intérêt d’un tel armement.

Poids à vide 2640kg (776kg pour la remorque) Poids total en charge : 3300kg (1276kg pour la remorque) Longueur : 2.80m (2.59m pour la remorque) largeur 1.74m (1.62m pour la remorque) hauteur 1.25m (0.77m pour la remorque) Puissance moteur maximale : 40ch à 2800 tours/minute Vitesse maximale : 30 km/h Autonomie : 5 heures

-Le Tracteur de Ravitailleur de Chars modèle 1936R connu également sous le nom de Renault ACD-1 est un dérivé de la chenillette UE, reprenant son moteur et le train de roulement. Il est présenté en 1935 comme engin de ravitaillement pour char.

Adopté en 1936, il est commandé à 260 exemplaires. La production est lente et difficile et ce n’est qu’à la fin de janvier 1940 que la commande est honorée.

Ce véhicule se révélant non satisfaisant, sa production ne fût pas poursuivit dans le cadre du programme de guerre. Durant la période de paix armée (1940-48), il va être peu à peu remplacé par le nettement plus performant TRC modèle 1937L (Lorraine 37L).

Poids à vide en ordre de route : 2700kg Charge utile 1400kg Longueur : 3.15m largeur 1.70m hauteur 1.90m Puissance moteur maximale : 38ch à 2500 tours/minute Vitesse maximale 35 km/h (28 km/h avec remorque chargée)

-La chenillette Renault DAE est une descendante de la Renault UE/UE 2. Plus grande et plus rapide, elle est commandée à 500 exemplaires livrés essentiellement à la cavalerie pour ses DLM où ils servent de TRC. Elle va également servir de base de départ à la VBCP Renault DAJ-1.

-Le 17 avril 1936, le programme de tracteur de ravitaillement pour les chars de combat est lancé par l’état-major. Ce programme ne passionne pas les constructeurs puisque seule la firme Lorraine présente un projet en l’occurence une version allongée de sa chenillette d’infanterie.

Cette dernière avait été commandée à cent exemplaires mais avant même qu’un exemplaire du Lorraine modèle 1937L ne sorte, cette commande est transférée sur le nouveau modèle dont la désignation officielle est TRC (Tracteur de Ravitaillement de Chars) modèle 1937L (Lorraine).

Chaque bataillon de chars disposant de 12 TRC, cela nécessite un total de 708 TRC pour équiper cinquante-neuf BCC déployés en Métropole et dans l’Empire. Au total ce sont 1100 véhicules qui vont être commandés et produits pour équiper les unités existantes en 1940 et pour fournir un volant de roulement de 392 véhicules.

Ultérieurement d’autres véhicules sont produits pour équiper les BCC des 5ème et 6ème Divisions Cuirassées portant le total de TRC de ce type en ligne à 804 exemplaires, la production se poursuivant à cadence réduite pour constituer des stocks en vue d’un conflit que tout le monde estime qu’il sera long et difficile.

Poids mort en ordre de marche : 5240kg (1200kg pour la remorque) Charge utile 810kg (690kg pour la remorque) Longueur : 4.20m (2.70m pour la remorque) largeur 1.57m (1.55m pour la remorque) hauteur : 1.215m (1.30m pour la remorque) Moteur : Delahaye 135 6 cylindres délivrant 70ch à 2800 tours/minute Vitesse instantanée : 35 km/h vitesse moyenne 20 km/h Autonomie 130 à 140km

Les tracteurs du génie

Arme savante par excellence, le génie ne peut dignement passé à côté de la motorisation, motorisation d’autant plus vitale que le choix d’une armée de choc entraine pour les sapeurs de nouvelles servitudes pour le déminage, le franchissement de coupures humides et l’aménagement du terrain.

Elle utilise donc des tracteurs, tracteurs dérivés des modèles utilisés par l’artillerie. Le génie l’utilise notamment pour ses équipages de pont et le remorquage des éléments nécessaires pour franchir les coupures humides.

Le principal tracteur est l’Unic P107 BU qui est utilisé par les équipages de pont à 208 exemplaires auxquels s’ajoutent 100 exemplaires pour les parcs du génie de corps d’armée.

Le plan E prévoyait 900 tracteurs pour le génie, cette commande est transférée d’abord à l’artillerie qui n’en recevra finalement que 350, le reste étant finalement livré comme prévu au génie qui se retrouve avec un parc pléthorique de 858 Unic P107BU utilisés pour remorquer les remorques transportant les éléments de bateau mais également au profit des sapeurs démineurs.

-Le génie utilise des véhicules toutes roues motrices comme le Latil M2 TL 6 (officiellement tracteur TL6 à moteur M2). Ce véhicule conçu comme tracteur d’artillerie ne fût pas utilisé dans ce rôle par la France (à la différence de la Belgique, de la Roumanie et de la Finlande) qui va l’utiliser comme tracteur léger du génie, 250 exemplaires étant livrés au génie.

Le génie va également mettre en oeuvre des poseurs de pont notamment des Renault FT avec pont Bourguignon de 7m permettant le franchissement d’une coupure de 6m.

Il est complété par un système de pose-pont monté sur un char léger Renault R-35 tandis que la cavalerie va mettre en oeuvre un poseur de pont de 20 tonnes pour char moyen, le Somua-Coder qui peut lancer une travée de 8m sous blindage permettant de franchir une coupure de 7m. Une version évoluée donne un véhicule de 25 tonnes pouvant lancer un pont de 17m sous blindage.

Le génie met également en oeuvre des chars d’aménagement du terrain, des Renault FT transformés en bouteurs et des chars de déminage en réalité des chars légers munis de dispositifs adaptés. A cela s’ajoute des chars lance-fascine et des poseurs de masque pour l’attaque des fortifications.

22-Armée de terre : armement et matériel (46)

Les Voitures de Dragons Portés (VDP)

De «l’infanterie» pour la cavalerie

Le premier conflit mondial nous l’avons vu à maintes reprises dans cette étude marque la fin de la cavalerie comme arme essentiellement montée. Le temps des charges sabre au clair est révolu, la boue des tranchées, les trous d’obus, les barbelés et les mitrailleuses rendant impossible les missions traditionnelles de la cavalerie : l’éclairage, la surêté et l’exploitation.

Elle aurait pu mourir de sa vieille gloire, laissant à la biffe le soin de combattre mais la cavalerie tel un phenix allait renaitre sous la forme d’une arme mécanique même si comme nous l’avons vu, le cheval n’avait pas pour autant disparu de l’armée française.

La gestation à pourtant été laborieuse notamment sur le type de véhicule de combat le mieux adapté aux missions de la cavalerie qui doit combattre sur la route et en terrain bouleversé.

La roue et la chenille avaient comme on dit les défauts de leurs qualités ce qui poussa la cavalerie à expérimenté le concept du semi-chenillé qui associait davantage les défauts que les qualités des deux modes de propulsion.

La fin des années vingt et le début des années trente voit la cavalerie bien décidée à ne pas choisir car estimant qu’en fonction des missions, il faut mieux privilégier la roue ou la chenille.

Si la reconnaissance et le combat virent la chenille dominer, la roue avait été privilégiée pour la découverte qui nécessitait d’aller vite sur route.

Combattre c’est bien mais aussi puissants soit-ils les véhicules de combat ont besoin d’être couverts par des soldats à pied pour les protéger de l’infanterie adverse, soldats à pied nécessaires aussi pour occuper le terrain coquin.

La cavalerie y à réfléchit dès 1913 avec la création au sein des unités de cavalerie, d’unités de chasseurs cyclistes, des fantassins qui sur des pliantes Gérard doivent pouvoir suivre les cavaliers montés.

Cette période héroïque est suivit après guerre par une véritable motorisation quand les groupes de chasseurs cyclistes deviennent des unités de dragons portés. Le choix du terme dragon est tout sauf un hasard : jadis, le dragon était un cavalier se déplaçant à cheval mais pouvant combattre à pied….. .

Qui dit portés dit véhicules et apparaît à cet instant, la VDP ou Voiture de Dragons Portés (VDP) destinée à permettre aux dragons de suivre les AutoMitrailleuses de Combat (AMC).

On fonde un temps de grands espoirs sur le semi-chenillé, la chenille souple Kergresse laissant entrevoir de prometteuse possibilités qui se fracasseront sur les limites techniques du temps.

Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que la chenille ne s’impose, c’est au contraire la roue qui va dominer dans cette catégorie, des véhicules routiers ou tout-terrain.

On aurait pu s’attendre également à ce que ces VDP soient protégés par un blindage. La cavalerie y renonce non pour des questions de poids mais tout simplement parce que la priorité est la vitesse et la capacité de transport.

Si la firme Lorraine allait placer son modèle 28, c’est la firme d’Asnières sur Seine, Laffly qui allait se tailler la part du lion dans ce domaine à tel point que la Voiture de Dragon Portés devint une Laffly dans le langage courant.

Lorraine 28

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

En 1931, la firme tchèque Tatra met au point un chassis d’un nouveau type à six roues dont quatre motrices utilisés sur deux véhicules tout terrains que la firme de Koprivnice propose à l’armée française qui est encore auréolée de son prestige du premier conflit mondial.

En dépit des qualités de ces véhicules, il est hors de question de commander à l’étranger au risque de perdre de rares et de précieuses devises.

Néanmoins, cette technologie est trop précieuse et trop intéressante pour être rejetée et le ministère de la Guerre encourage discrètement les constructeurs automobiles français à acquérir la licence Tatra pour satisfaire à nos besoins.

En 1933, la Société des moteurs et automobiles Lorraine établie à Argenteuil et à Luneville achète la licence Tatra pour développer un véhicule tout terrain de conception moderne qui est présentée aux services officiels en octobre 1934.

Le véhicule bénéficie d’une adoption de principe en 1935 mais les essais se poursuivent tout au long de l’année 1936 avant que les commandes en série ne soient réalisées en 1937.

Un premier marché de 220 exemplaires est passé dont 212 VDP suivit d’un second pour 120 voitures de dragons portés sur un total de 404 véhicules de ce type commandé.

Ce véhicules «six roues dont quatre motrices» va équiper un seul régiment de dragons portés, le 4ème RDP, le régiment de dragons portés de la 1ère DLM. A ce régiment s’ajoute également deux bataillons de chasseurs portés, les 5ème et 17ème BCP, une mesure transitoire en attendant la disponibilité des VBCP.

Ce n’est qu’en 1939 que toutes les unités sont équipées, le 4ème RDP disposant lui aussi de neuf escadrons équipés sur quinze soit un total de 180 véhicules plus le volant.

La carrière du Lorraine 28 n’ira pas plus loin car dès octobre 1937, le Laffly S20 TL s’est révélé nettement supérieur. Le 4ème RDP va rester l’unique régiment équipé de ce véhicule, recevant des Laffly au printemps 1941. Quand au 5ème et 17ème BCP, ils étaient déjà largement équipés de VBCP Lorraine 38L et ne conservaient qu’une poignée de Lorraine 28.

Caractéristiques Techniques de la VDP Lorraine 28

Poids en ordre de marche : 3780kg

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.08m hauteur : nc

Motorisation : Lorraine 4 cylindres développant 55ch à 2000 tours/minute

Performances : vitesse maximale 60 km/h Autonomie : 300km environ

Personnel transporté : dix hommes dont le conducteur

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Ce véhicule tout terrain 6X6 est contemporain du Lorraine 28. Version agrandie du S15 plus petit, ce véhicule va devenir la Voiture de Dragons Portés (VDP) standard, équipant tous les régiments de dragons portés.

Chaque RDP dispose de six escadrons de fusiliers voltigeurs répartis entre les trois bataillons avec douze voitures de dragons portés par escadron soit un total de soixante-douze voitures par régiment.

La cavalerie puis l’arme blindée-cavalerie disposant d’un total de seize régiments de dragons portés, 1152 Laffly S20 TL sont en ligne plus un nombre équivalent de véhicules stockés pour rééquiper rapidement les régiments après engagement.

A ces VDP en service au sein des dragons portés, les régiments de dragons portés disposent également de Laffly S20TL au sein de l’Escadron de Mitrailleuses et d’Engins (EME) de chaque bataillon, chaque EME disposant de dix-huit VDP dont un véhicule citerne, portant le total à 80 véhicules par régiment.

La décision de motoriser complètement les unités de l’infanterie des DIM entraine la mise au point d’une version agrandie du S20 TL. Baptisée S20 TL-12, cette version embarque un chauffeur attaché au véhicule et les onze hommes du groupe de combat.

Caractéristiques Techniques du Laffly S20 TL

Poids en ordre de combat : 3.9 tonnes (charge utile : 1.75 tonnes)

Dimensions : longueur 5.35m largeur 2.00m hauteur 1.67m (2.45m couvert)

Motorisation : moteur Laffly 6 cylindres développant 68ch à 3200 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h autonomie 138km

Equipage : dix hommes

Les Voitures Blindées de Chasseurs Portés (VBCP)

Préambule

Nous l’avons vu plus haut, au début des années trente, la France à lancé un programme de véhicules de transport de combattant, le type K, projet qui n’allait pas aboutir mis à part quelques véhicules spécifiques destinés aux colonies.

Alors que la cavalerie développe son concept de VDP ou voiture de dragons portés, l’infanterie va mettre au point un concept différent baptisé VBCP ou Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Alors que les dragons portés doivent occuper le terrain sans forcément suivre, coller aux AutoMitrailleuses de Combat (AMC), les chasseurs portés doivent coller au terrain, suivre au plus près les chars de combat pour les protéger de l’infanterie ennemie et de ses armes antichars.

En 1937, les 5ème et 17ème bataillons de chasseurs à pied sont recréés sous la forme de chasseurs portés, destinés aux deux premières divisions à base de chars, les futures divisions cuirassées.

Ces deux bataillons reçoivent comme véhicules des 6×4 Lorraine 28, des véhicules totalement inadaptés à leur mission mais seuls disponibles à l’époque.

Cela à moins le mérite de favoriser la phosphorescence des idées. Le temps pressant alors que la guerre menace chaque jour un peu plus, on part d’un tracteur de ravitaillement, le tracteur de ravitaillement de chars TRC modèle 1937 de la firme Lorraine pour aboutir à la VBCP 38L, un véhicule à deux parties, un tracteur et une remorque, quatre combattants prenant place dans la partie avant et six dans la partie arrière.

Ce véhicule va équiper les 5ème et 17ème BCP mais rapidement, il se révèle peu efficient. La guerre s’étant achevée rapidement, on peut reprendre plus sereinement les études.

La firme Lorraine reprend son Lorraine 38L pour aboutir au 39L, un véhicule plus gros pouvant transporter le groupe de combat dans un seul véhicule, une solution nettement préférable au concept présenté plus haut.

Les besoins énormes en terme de véhicules pousse l’état-major à favorisé l’émergence d’un autre VBCP pour éviter un trop grand retard dans les livraisons.

La firme Renault s’étant illustrée dans la fabrication des chenillettes UE, UE 2 et DAE, elle va mettre au point sa propre VBCP, un véhicule dérivé de la chenillette DAE mais nettement plus aboutie que le Lorraine 39L avec une tourelle armée d’une mitrailleuse, faisant du Renault VBCP 40R, le premier véritable véhicule de combat d’infanterie.

Ces deux véhicules vont équiper à part égales les quatre puis six divisions cuirassées sous la forme de VBCP mais également sous la forme d’automoteurs antiaériens et antichars comme nous l’avons vu plus haut.

Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

Le 17 avril 1936, le programme de tracteur de ravitaillement pour les chars de combat est lancé par l’état-major. Ce programme ne passionne pas les constructeurs puisque seule la firme Lorraine présente un projet en l’occurence une version allongée de sa chenillette d’infanterie.

Cette dernière avait été commandée à cent exemplaires mais avant même qu’un exemplaire du Lorraine modèle 1937L ne sorte, cette commande est transférée sur le nouveau modèle dont la désignation officielle est TRC (Tracteur de Ravitaillement de Chars) modèle 1937L (Lorraine).

Ce véhicule de ravitaillement produit à plus de six cent exemplaires pour équiper les BCC indépendants et les BCC des Divisions Cuirassées va servir de base de départ à une Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Dans l’urgence du moment, la VBCP combine un TRC modèle 1937L avec une remorque adaptée au transport de troupes.

Ce véhicule baptisé VBCP Lorraine 38L transporte ainsi deux membres d’équipage à l’avant _un mécanicien-pilote et un mitrailleur_ et dix hommes, quatre dans le tracteur et six dans une remorque. La commande est passée sans que le moindre essai soit réalisé ce qui traduit l’urgence du moment

Ce véhicule va néanmoins équiper les uniques 5ème et 17ème bataillons de chasseurs portés, les premiers essais du véhicule montrant que transporter le groupe de combat dans deux parties gênait sa cohésion tactique.

Chacun de ces deux BCP disposait de trois compagnies de fusiliers disposant chacun de vingt-trois VBCP 38L en version rang ou commandement soit soixante-neuf véhicules. A cela s’ajoute la CME (Compagnie de Mitrailleuses et d’Engins) qui dispose de huit VBCP 38L soit un total pour le bataillon de soixante-douze véhicules.

Cent quarante quatre véhicules étaient donc en ligne, le reliquat de la commande soit 96 véhicules étant transférée sur le modèle 39L.

Les 5ème et 17ème BCP vont utiliser le modèle 38L jusqu’au printemps 1943 quand des Lorraine 39L pour le premier et des Renault 40R pour le second remplaceront ses véhicules qui n’ont pas démérités mais qui n’étaient pas adaptés à la mission.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 38L

Poids en ordre de combat : 7700kg

Dimensions : longueur 4.53m largeur 2.06m hauteur 1.74m

Motorisation : moteur Delahaye 6 cylindres de 70cv (réservoir de 120l de carburant)

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie 140km

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes (quatre à l’avant et six dans la remorque)

Lorraine 39L

VBCP Lorraine modèle 1939

VBCP Lorraine modèle 1939

La configuration du Lorraine 38L à rapidement montré ses limites, le groupe de combat étant séparé entre le tracteur et la remorque.

Cette situation était provisoire car il était prévu qu’à partir du 214ème exemplaire qu’un nouvel modèle prenne le relais. En réalité, très rapidement, le Lorraine 39L va prendre le relais. C’est ainsi qu’après seulement 144 exemplaires, le modèle 38L étant remplacé par le 39L.

Par rapport à son devancier, le Lorraine 39L n’était guère différent avec néanmoins un moteur plus puissant et un écartement entre bogies plus important.

A l’origine, il était prévu un véhicule embarque dix membres d’équipage dont huit pour le groupe de combat mais au final, pour ne pas modifier la structure du groupe de combat, le véhicule pu embarquer dix hommes pour son groupe de combat plus un conducteur et un mitrailleur qui n’appartiennent pas en propre au groupe de combat.

Le Lorraine 39L va équiper dans sa version VBCP un total de six bataillons de chasseurs portés, les BCP des 1ère, 3ème et 5ème DC soit les 3ème, 5ème, 7ème, 9ème, 13ème et 15ème BCP.

Chaque bataillon de chasseurs portés disposant à l’origine de soixante-douze véhicules, ce sont donc un total de 432 VBCP.

Ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée à chaque bataillon pour permettre à chaque BCC de disposer si besoin de deux compagnies. Cela porte le total des VBCP à quatre-vingt cinq véhicules soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Lorraine 39L servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 39L TCC

Poids en ordre de combat : 5980kg

Dimensions : longueur 4.50m largeur 2.03m hauteur 1.74m

Motorisation : Delahaye 6 cylindres délivrant 95ch à 2800 tours/minute

Performances : vitesse maximale 40 km/h vitesse en tout terrain 20 km/h Autonomie 160km

Blindage : 15mm maximum

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC-34 avec 2500 cartouches

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes : 1 sergent chef de groupe,1 adjoint au chef de groupe/tireur d’élite, 1 grenadier VB et deux escouades composées chacune d’un caporal, un tireur FM et deux grenadiers-voltigeurs.

Renault DAJ-1

Cette Voiture Blindée de Chasseurs Portés (VBCP) est inspirée de la nouvelle chenillette de ravitaillement Renault DAE. Le projet est lancé au printemps 1940 sur une demande de l’état-major qui craignait que la firme Lorraine ne puisse produire suffisamment rapidement de Lorraine 39L.

Renault accepta de proposer un nouveau projet de VBCP en raison de la réduction de fabrication des chenillettes Renault UE 2 dont les besoins étant presque couverts et moins prioritaires que les VBCP.

Un premier prototype est présenté en avril 1940 mais il est refusé car ne pouvant embarquer que huit hommes. Rapidement modifié, il peut embarquer un conducteur et un groupe de combat de dix hommes soit un total de onze hommes.

La production commence début septembre 1940, permettant d’équiper le 6ème BCP de la 2ème Division Cuirassée puis les 11ème et 12ème BCP de la 4ème Division Cuirassée avant de rééquiper le 17ème BCP.

Ultérieurement, les quatre bataillons de chasseurs portés reçoivent une quatrième compagnie avant que deux nouveaux bataillons soient mis sur pied au sein de la 6ème DC en l’occurence les 14ème et 18ème BCP.

Au total, six bataillons de chasseurs portés furent équipés de quatre-vingt cinq Renault VBCP-40R soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Renault DAJ-1 servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

22-Armée de terre : armement et matériel (27)

AMR 33 et 35

Automitrailleuse de Reconnaissance modèle 1933

Automitrailleuse de Reconnaissance modèle 1933

Quand elle se lança dans la motorisation et la mécanisation, la cavalerie identifia plusieurs types d’automitrailleuses, trois catégories au final identifiées ainsi en 1931 :

-découverte : c’est le domaine où l’automitrailleuse trouve sa pleine mesure, elle est chargée d’éclairer le terrain, de prendre contact avec l’ennemi mais pas de combattre. C’est le domaine de la roue où elle est nettement mieux adaptée que la chenille car utilisant la route.

-reconnaissance : elle complète les automitrailleuses de découverte, ils sont plus proches des unités de combat. Véhicules chenillés ils assurent par exemple au sein des dragons portés des missions de liaison.

-combat : c’est l’un des premiers concepts à voir le jour. Si l’idée est rapidement centrée _un véhicule rapide pour contrer rapidement ennemi, mener des missions de couverture, des raids_, techniquement la maturation est plus longue.

Ce qui nous intéresse ici c’est la catégorie AMR qui allait disparaître par fusion avec le concept AMD donnant naissance au concept d’AMP ou Automitrailleuse Puissante avec une automitrailleuse 8X8 et l’utilisation de chars légers, les premiers remplaçant les AMD, les seconds (représentés par le H-39, les FCM-42 et l’AMX-44) les AMR.

Revenons aux origines du concept AMR (figé en 1931). Comme toute nouveauté, la cavalerie tatonant, lançant successivement plusieurs programme comme le programme d’automitrailleuse légère tous terrains pour une grosse voiture à tourelle (24 juillet 1930) qui devient ensuite une voiture de reconnaissance (type L) sans tourelle avec deux ou trois membres d’équipage (9 janvier 1931).
L’apparition des chenillettes de ravitaillement dans le cadre du programme de véhicules blindés de ravitaillement d’infanterie type N (programme du 7 juillet 1930) pousse la 2ème direction du ministère de la Guerre (la cavalerie donc) à changer ses spécifications et demander un petit chenillé à tourelle biplace, utilisée pour la reconnaissance, faiblement armée car usant du terrain pour se dissimuler à la vue de l’ennemi tout en renseignant le haut commandement.

Le programme de l’AutoMitrailleuse de Reconnaissance (AMR) est officiellement lancé le 16 janvier 1932. La cavalerie demande une voiture (le terme char est réservé à l’infanterie) de 3.5 tonnes en ordre de marche avec deux hommes d’équipage, un blindage de 9mm (13mm le 9 décembre 1932), une vitesse moyenne de 35 km/h, tout terrain avec pour armement une mitrailleuse de 7.5mm.

Seul Renault répond à ce programme en modifiant une chenillette Renault UE avec une mitrailleuse casemate, ces prototypes baptisés Renault VM participant aux manoeuvres de septembre 1932 ce qui permet de réaliser de substantielles modifications aboutissant à son adoption en mai 1933 puis sa production en série.

La Renault VM devient l’AMR modèle 1933 et va être utilisée par les régiments de dragons portés pour la reconnaissance et les liaisons. 118 exemplaires de série sont produits auxquels s’ajoutent trois des cinq prototypes reconfigurés en véhicules de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, les AMR-33 sont encore en service au sein des trois divisions de cavalerie, les unités «pétrole-picotin» plus précisément au sein des groupes d’automitrailleuses puis après mobilisation au sein des dragons portés de ses divisions.

Suite à la transformation des Divisions de Cavalerie en Divisions Légères Mécaniques, les AMR sont intégrées définitivement aux RDP avec dans un premier temps un nombre inférieur à ceux des 1ère et 2ème DLM soit 32 par régiment de dragon porté soit un total de 96 blindés. Ils seront ensuite remplacés par des chars légers.

Caractéristiques Techniques de l’AMR modèle 1933

Poids total : 5 tonnes

Dimensions : longueur (chenille) 3.50m largeur 1.60m hauteur 1.78m

Motorisation : un moteur essence Renault délivrant 85ch à 2800 tr/minute

Vitesse moyenne : 45km/h   Pente : nc  Autonomie : 200km (128 litres d’essence)

Blindage : maximal 13mm

Armement : une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm sous tourelle avec 2250 cartouches en 15 chargeurs de 150. Une mitrailleuse de rechange peut être utilisé en tir antiaérien
 
Equipage : deux hommes

Suite au succès de l’AMR-33, un modèle amélioré à moteur arrière (latéral sur l’AMR-33) est développé à partir deux VM modifiés (février et avril 1934) puis à l’aide d’un véritable prototype, le Renault ZT apparu en octobre 1934.

Automitrailleuse de Reconnaissance (AMR) modèle 1935

Automitrailleuse de Reconnaissance (AMR) modèle 1935

Commandée en série, l’AMR-35 va être livrée à l’armée française entre avril 1936 et le printemps 1940 avec tout d’abord 167 Renault ZT 1 à mitrailleuse de 7.5 ou de 13.2mm au sein des régiments de dragons portés.

Ils sont suivis de vingt ZT à canon de 25 répartis entre 10 ZT-2 (canon en tourelle) et 10 ZT-3 (canon en casemate) pour armer les GRDI plus précisément les 1er, 3ème, 4ème, 6ème et 7ème GRDI et enfin de 55 ZT-4 à mitrailleuse de 7.5 ou de 13.2mm, initialement prévues pour l’Indochine mais finalement utilisés en  métropole pour motoriser certains GRDI montés à raison de douze véhicules par GRDI en l’occurence les 15ème, 16ème, 17ème et 18ème GRDI, les sept autres étant stockés.

Ces AMR jugées trop légèrement blindées vont être progressivement remplacées par des chars légers type AMX-44, Hotchkiss H-39 ou encore FCM-42. Seule une poignée de véhicules étaient encore disponibles en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de l’AMR modèle 1935 ZT-1

Poids total : 6.5 tonnes

Dimensions : longueur (chenille) 3.84m largeur 1.64m hauteur 1.88m

Motorisation : un moteur essence Renault délivrant 82ch à 2200 tr/minute

Vitesse maximale : 55km/h (40 en service courant)   Pente : nc  Autonomie : 200km (130 litres d’essence)

Blindage : maximal 13mm

Armement : une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm sous tourelle AVIS n°1 ou une mitrailleuse sous tourelle AVIS n°2 avec 1220 cartouches en 37 chargeurs de 20 cartouches (740), le reste en boites. Une mitrailleuse de rechange est disponible
 
Equipage : deux hommes

AMX-42 et 44

Le précurseur : l’AMX-40

Suite aux désastreux accords de Munich de septembre 1938, Paris et Londres se rendent compte de l’inéluctabilité du conflit. La coopération politique, technique et militaire s’intensifie entre les deux pays, de fructueux échanges ont lieu entre les deux pays.

La France comme la Grande Bretagne cherche à combler rapidement leurs lacunes. Les anglais se montrent très intéressés par le char B1bis, décidant d’en commander quelques exemplaires pour à terme développer un char semblable.

Au niveau des chars légers, la France se montre très intéressée par les chars Cruiser à la suspension moderne (à défaut d’un blindage épais) pour développer de nouvelles générations de chars légers.

Un véritable accord bilatéral est signé le 7 février 1940, la France s’engageant à livrer des B1bis ou ter et des Hotchkiss H-39 aux britanniques en échange de technologies modernes de char qu’il s’agisse de la suspension Christie ou de tourelles à commandes hydrauliques. Ils vont aussi fournir de véritables conseils en ergonomie pour les chars de combat.

75 B1bis furent ainsi livrés aux britanniques entre juillet 1940 et janvier 1941, formant cinq bataillons lourds indépendants mais surtout servirent à accélérer le dévellopement d’un nouveau char lourd baptisé Churchill qui combinait un canon de 75mm en casemate et une tourelle avec un canon de 6 livres (57mm).

Quand au Hotchkiss H-39, il fût livré à seulement 32 exemplaires, utilisés non pas comme chars opérationnels mais pour perfectionner dans certains domaines le char Cruiser.

Suite à des essais antérieurs d’un char Cruiser, la société AMX (Atelier d’Issy les Moulineaux issu de la nationalisation de l’établissement de production de chars de Renault) décida de lancer à titre privé une nouvelle étude pour un char de cavalerie utilisant la suspension Christie, un blindage sérieux (entre 15 et 50mm, le B1bis avait lui 60mm de blindage), un moteur diesel Aster et une tourelle biplace disposant d’un canon de 47mm modèle 1935 associé à une mitrailleuse.

Le prototype est présenté officiellement le 15 décembre 1940 devant le général Villeneuve. Des essais sont menés du 21 décembre 1940 au 15 mars 1941. Le concept est jugé bon mais devant la surcharge de l’industrie française, on décide de ne pas produire ce char pourtant prometteur.

Caractéristiques Techniques de l’AMX-40

Poids total : 16 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.33m largeur hors tout 2.45m hauteur de caisse 1.58m

Motorisation : moteur diesel de 160ch

Vitesse maximale : 45/50 km/h sur chenilles Pente : 77% sur sol dur  Autonomie : supérieure à 500km  

Blindage : minimum 20mm maximum 60mm

Armement : un canon de 47mm modèle 1935 en tourelle bi ou triplace, canon alimenté à 176 obus et deux mitrailleuses de 7.5mm (MAC 31 coaxiale et MAC 34 antiaérienne) avec 4000 cartouches pour les deux

Equipage : mécanicien pilote en caisse, un chef de char tireur et un pourvoyeur en tourelle

Le dévellopement de l’AMX-42

L’Ingénieur Général de l’Armement (IGA) Molinié, responsable du programme décide de poursuivre le dévellopement de ce char, estimant à juste titre qu’il pourrait très bien convenir à  l’armée française.

Anticipation juste car en juin 1941 fût lancé un appel d’offres pour un nouveau char léger destiné à remplacer les chars en service à l’époque mais également pour muscler les régiments de dragons portés et les GRDI _remplacement des AMR-33 et AMR-35_ et offrir aux DLM et aux DCu un char léger de reconnaissance, anticipant sur la réorganisation postérieure des Divisions Légères Mécaniques et des Divisions Cuirassées avec une unité de reconnaissance par BLM/BB.

L’IGA Molinié reprit donc son projet AMX-40 et le perfectionna, remplaçant notamment la tourelle ronde d’origine _tourelle de démonstration plus que réelle tourelle opérationnelle_ par une tourelle biplace FCM armée d’un canon de 47mm SA modèle 1937 et de deux mitrailleuses de 7.5mm, une coaxiale et la seconde antiaérienne.

Le prototype de l’AMX-42 est officiellement présenté le 5 octobre 1941 et satisfait d’emblée la commission qui ne note que quelques modifications mineures à apporter. Il est adopté le 18 février 1942 sous le nom de char léger AMX modèle 1942 tout comme son concurrent le FCM-42, une version nettement améliorée du FCM-36.

Parallèlement, une version améliorée baptisée AMX-44 va être produite avec une tourelle triplace FCM, ce char équipant notamment les GRDI en remplacement des AMR ainsi que la 8ème DLM.

Cela poussera les Forges et Chantiers de la Méditerranée à  développer également un char léger amélioré, le FCM-44 qui allait équiper notamment les DLM.

Unités équipées d’AMX-42

La production est rapidement lancée pour équiper les unités qui appartiennent aussi bien à l’arme des chars de l’infanterie ou à la cavalerie même si le rapprochement est inéluctable, le général Villeneuve ne faisant pas mystère de fusionner ses deux armes même si les résistances importantes l’oblige à passer en douceur et non en force.

Les premiers exemplaires sortent des chaines de fabrication en novembre 1942 et vont équiper les GRDI qui vont délaisser leurs AMR à mitrailleuses pour de véritables chars légers à canon de 47mm, leur donnant un punch redoutable contre les automitrailleuses allemandes voir italiennes.

Le nouveau char léger va ainsi équiper quatre GRDI métropolitains, le 3ème qui reçoit ses vingt AMX-42 en décembre 1942 et janvier 1943, le 17ème qui reçoit ses véhicules en février et mars 1943, le 72ème est servit en avril et mai 1943 alors que le 94ème GRDI est rééquipé en juin et juillet 1943 soit un total en ligne de 80 chars.

Il va ensuite équiper les groupes de reconnaissance des Brigades Légères Mécaniques et des Brigades Blindées, chaque brigade dispose d’un groupe à trois pelotons de quatre chars plus un char pour le chef de groupe soit treize blindés par brigade et vingt-six par division.

La 6ème DLM créée sur ce modèle est la première servie, recevant ses vingt-six chars légers entre septembre et décembre1943. Elle est suivie par la 2ème DLM qui les reçoit entre janvier et mars 1944 et enfin par la 4ème DLM entre avril et juillet 1944 soit un total en ligne de 78 chars.

Les Divisions Cuirassées vont également être équipés de chars légers pour des missions de reconnaissance au sein du régiment de découverte avec pas moins de 45 véhicules et donc au sein des groupes de reconnaissance des BB avec donc un total de 71 par division.

La 2ème Division Cuirassée reçoit ses 71 chars entre septembre 1944 et janvier 1945 et la 4ème Division Cuirassée entre janvier et avril 1945.
L’AMX-42 va également équiper outre-mer trois bataillons de chars de combat (B.C.C) en l’occurence les 61ème, 65ème et 67ème bataillons déployés en Tunisie qui reçoivent leurs chars entre mai 1945 et octobre 1945 ainsi que le 4ème régiment de spahis tunisiens, régiment de découverte de la 1ère DLC qui reçoit ses chars en novembre et décembre 1945.

Les dragons portés des 2ème, 4ème et 6ème DLM sont les derniers à être servis, recevant leurs AMX-42 au rythme d’un bataillon par mois soit un rééquipement qui s’achève en septembre 1947.

858 chars ont alors été produits mais les chaines de fabrication continuent à produire des véhicules pour constituer un parc de réserve pour combler les pertes au combat et par accident mais également pour mettre sur pied les unités de mobilisation. Au rythme de 24 chars par mois, on trouve en stock en septembre 1948 (l’équipement des unités de combat ayant été jusque là privilégié) un total de 288 chars en stock portant le total des chars sortis des chaines à 1146 blindés.

Unités équipées de l’AMX-44

L’AMX-44 est une version améliorée de l’AMX-42 prévue dès l’origine de la conception du char léger _originellement de cavalerie mais qui finit par être utilisé par l’ABC, la fusion des armes de la cavalerie et des chars de l’infanterie_. En effet, l’AMX-42 peut recevoir également la tourelle triplace de son successeur.

Outre un moteur plus puissant, l’AMX-44 se distingue par une tourelle triplace FCM au lieu de la tourelle double ARL ce qui porte l’équipage du char à quatre hommes, un effectif qui à l’aune des premières opérations de guerre se révélera comme être l’optimum, permettant notamment au chef de char de mener pleinement son rôle de commandement et non d’être un véritable homme orchestre.

L’AMX-44 à été en réalité adopté en mars 1943 et aurait pu s’appeler AMX-43 si on n’avait pas compter le temps de l’industrialisation.

En effet,les premiers chars de ce type ne sortent des chaines de la nouvelle usine AMX de Giens en juin 1944 pour être aussitôt livrés aux unités, l’armée ayant fait comme pour l’AMX-42 le choix de privilégier le rééquipement des unités aux stocks, décidant en cas de besoin de piocher dans les nombreux chars légers anciens stockés après démobilisation des unités mobilisées au cours de la guerre de Pologne et non maintenus par la suite.

Ce sont les GRDI qui sont les premiers à recevoir ce nouveau char à raison de 20 véhicules qui leur dotent d’une véritable capacité de combat puisque remplaçant on s’en souvient des AMR simplement équipés d’une mitrailleuse de 7.5 ou de 13.2mm à tel point que certains s’inquiéteront de voir les cavaliers de ces groupements utiliser leurs véhicules de manière trop agressive au risque d’oublier leur mission première.

Six Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie vont être équipés en l’occurence le 7ème GRDI (septembre 1944), le 21ème GRDI (octobre 1944), le 22ème GRDI (novembre 1944), 73ème GRDI (janvier 1945) 91ème GRDI (mars 1945) et 92ème GRDI (avril 1945) soit un total de 120 véhicules en ligne.

La production est suspendue entre juin 1945 et septembre 1946 pour permettre à l’usine de Giens de prêter main forte à celle d’Issy-les-Moulineaux pour sortir d’avantage d’AMX-42.

En octobre 1946, la production reprend suite à la volonté (officielle en septembre 1947) de créer de nouvelles DC (Divisions Cuirassées) et DLM (Divisions Légères Mécaniques).

L’AMX-44 va ainsi équiper la 8ème DLM à raison de vingt-six chars soit deux groupes de treize blindés (un pour le commandant et trois pelotons de quatre) pour les deux groupes de reconnaissance et surtout les deux régiments de dragons portés qui à eux disposent de 126 blindés, portant le total à 152, la division recevant ces chars entre septembre 1947 et avril 1948.

Elle est suivie par la 6ème DC qui aligne un total de 71 chars répartis entre le régiment de découverte (45 chars) et les deux groupes de reconnaissance des BB (26 chars), la division étant équipée en mai et juin 1948.

La production est alors poursuivie pour constituer des véhicules de réserve destinés à équiper des bataillons de mobilisation mais également à fournir un volant de réserve pour une guerre s’annonçant longue et rude.

Au final, cinq bataillons de chars de combat de mobilisation vont être progressivement équipés d’AMX-44 en l’occurence le 21ème, le 31ème, le 33ème, 36ème et le 40ème BCC à raison de 45 chars par bataillons.

L’usine de Giens ne produisant «que» 30 chars par mois, seul le 21ème BCC peut recevoir sa pleine dotation de chars, les autres bataillons mobilisés avec d’autres véhicules (notamment des chars légers anciens stockés comme le R-35 ou le FCM-36) ne recevant leur monture définitive qu’au début de l’année 1949.

Au total quand éclate la seconde guerre de Pologne, l’armée de terre dispose de 388 AMX-44 en ligne plus une quinzaine en réserve, chars destinés à équiper le 31ème BCC et provisoirement utilisés par l’ERGM de Giens.

Caractéristiques Techniques des AMX-42 et 44

Poids total : 17 tonnes pour l’AMX-42, 17.5 tonnes pour l’AMX-44

Dimensions : longueur hors tout 5.33m largeur hors tout 2.75m hauteur de caisse 1.58m

Motorisation : moteur diesel Aster de 210ch

Vitesse maximale : 55 km/h sur chenilles Pente : 77% sur sol dur  Autonomie : 575km  
Blindage : minimum 20mm maximum 60mm

Armement : un canon de 47mm modèle 1937 en tourelle bi ou triplace, canon alimenté à 180 obus et deux mitrailleuses de 7.5mm (MAC 31 coaxiale et MAC 34 antiaérienne) avec 4000 cartouches pour les deux

Equipage : mécanicien pilote en caisse, un chef de char tireur et un pourvoyeur en tourelle (AMX-42), un mécanicien pilote en caisse, un chef de char, un tireur et un pourvoyeur en tourelle (AMX-44)