Mitteleuropa Balkans (138) Yougoslavie (26)

Mitrailleuses

TEŠKI MITRALJEZ M12/26

Mitrailleuse Schwartzlose

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 est la désignation yougoslave d’une version modernisée rechambrée de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwartzlose, célèbre moins pour ses performances que pour son allure inimitable. Elle à été mise en service comme sa désignation l’indique en 1912 en calibre 8mm, le calibre austro-hongrois standard.

Outre l’Autriche-Hongrie et les Pays-Bas, cette mitrailleuse à été utilisée par les états ayant succédé à la Double-Monarchie, l’Albanie, la Bulgarie, la Chine, la Colombie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Empire Ottoman, la Pologne, la Roumanie, la Russie, la Suède et l’Espagne.

La Yougoslavie à récupéré un nombre inconnu d’exemplaires. Ce qui est certain en revanche c’est que 1000 exemplaires ont été modifiés dans le calibre yougoslave standard, le 7.92x57mm Mauser.

Arme obsolète en 1949 elle était néanmoins encore en service en raison du manque de mitrailleuses modernes pour la remplacer. Si quelques exemplaires ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil en revanche aucune n’à été conservée une fois les unités reconstituées et réarmées par la France.

La TEŠKI MITRALJEZ M12/26 était une mitrailleuse moyenne pesant 42.7kg en ordre de combat (19.9kg pour l’arme, 19.8kg pour l’affût et 3kg pour l’eau de refroidissement) mesurant 1066mm avec un canon de 526mm qui permettait le tir de la cartouche Mauser à une distance maximale de 3500m (2000m en pratique) avec une cadence de tir de 520 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 250 cartouches.

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une arme de son invention, une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin (par le versement de généreuses royalties).

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914 sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie britannique et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

La Yougoslavie à visiblement acquis cette arme dans l’immédiat après guerre sans que l’on sache si il s’agit d’une acquisition officielle ou d’achats auprès d’entreprises chargés de liquider les immenses surplus du premier conflit mondial.

Sa carrière à été courte puisqu’aucun projet de transformation en calibre 7.92mm n’à été étudié et encore moins mené à bien.

Pas impossible que quelques armes de ce type n’aient été réutilisés par la résistance yougoslave qu’elle soit royaliste ou communiste.

La Mitrailleuse légère Lewis pesait 13kg en ordre de combat, mesurant 1280mm de long (670mm pour le canon). D’un calibre de 7.7mm (.303) elle pouvait atteindre des cibles à une portée maximale de 3200m (800m en pratique) à raison de 500 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait soit par des chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches ou encore des chargeurs type Bren de 30 cartouches

Ckm wz. 30

Parmi les mitrailleuses utilisées par les forces armées yougoslaves figure la Ckm wz.30 (ciężki karabin maszynowy wz. 30 en français mitrailleuse lourde modèle 1930), une copie «pirate» de la mitrailleuse américaine Browning M1917A1.

Par rapport à la version américaine sa copie polonaise disposait d’un calibre plus important, d’un tube plus long et de différents équipements de visée. A partir de 1931 elle devient la mitrailleuse standard de l’armée polonaise.

Cette mitrailleuse est issue d’un long processus pour permettre à l’armée polonaise de disposer d’une mitrailleuse standard et mettre fin au cauchemar logistique provoqué par la présence de nombreux modèles de mitrailleuses venant de France, de Russie, d’Autriche-Hongrie et même d’Allemagne.

Dans un premier temps on décida d’adapter la mitrailleuse française Hotchkiss modèle 1914 qui avait donné toute satisfaction dans la guerre polono-russe dans un calibre polonais en l’occurence le 7.92mm qui remplaçait la cartouche de 8mm à bourrelet. Elle devient la mitrailleuse Ckm wz.25 Hotchkiss. 1250 exemplaires sont commandées en France en 1924 et 1925 mais le projet de la produire sous licence est abandonné suite à des performances décevantes.

Un nouveau concours est lancé en 1927. Quatre compagnies proposent leurs modèles : Colt avec son modèle 1928 (version export de la Browning M1917A1), la Schwarzlose-Janeček wz.25 (version produite en Tchécoslovaquie de la Schwarzlose M.7/12), une version calibre 7.92mm de la Vickers modèle 1912 et enfin une version améliorée de la Hotchkiss modèle 1925.

Tous les tests initiaux sont remportés par Browning et même chose en 1928. Le gouvernement polonais choisit d’acquérir la licence de production mais le prix demandé est très élevé (450000 $ soit l’équivalent aujourd’hui de 45 millions de dollars) et de plus Colt réclame une commande initiale dans ses usines de 3000 pièces qui ajoute un coût supplémentaire.

Il était clair que jamais Colt ou son représentant européen Vickers-Armstrong n’avait l’intention de laisser les polonais produire leur mitrailleuse dans leurs usines.

Pour ne rien arranger les documents destinés à la production sous licence du fusil mitrailleur BAR avaient été tronqués et incorrects ce qui avait entrainé de sérieux retards. Réponse du berger à la bergère, le gouvernement polonaise décida de réaliser une copie pirate de la mitrailleuse Browning.

En mars 1931 les 200 premiers modèles sont envoyés dans les unités pour différents tests opérationnels. Ces tests sont positifs et la production peut être lancée à la fin de l’année.

Par rapport à la mitrailleuse d’origine la mitrailleuse polonaise disposait d’un calibre différent, d’équipements de visée différents, des poignées de transport agrandies, un canon plus long, un système de changement du canon plus simple, l’affût était différent et pouvait être adapté au tir antiaérien, un suppresseur de flamme avait également été installé.

Les polonais mirent au point trois types d’affûts, le premier le wz.30 d’un poids de 29.3kg était destiné à l’infanterie et qui allait donner naissance au wz.34 amélioré, le troisième étant le wz.36, un modèle allégé (17kg) et destiné à la cavalerie.

Différentes modifications furent réalisées suite aux leçons tirées par les premières utilisateurs. Il s’agissait le plus souvent de modifications pratiques destinées à faciliter l’usage de la mitrailleuse.

La version améliorée baptisée ckm wz.30a servit également de base à la ckm wz.30/39T, un modèle export destiné à la Turquie et d’un calibre différent (7.65x53mm).

Entre 1931 et 1939 la Fabrique de Fusils (Fabryka Karabinow) de Varsovie produisit 8401 mitrailleuses pour l’armée polonaise et prêt de 1700 pour l’export en Roumanie, en Bulgarie, en Estonie, en Yougoslavie et Argentine mais le plus souvent en petit nombre uniquement pour des tests qui ne débouchèrent que rarement sur des commandes fermes.

Au final cette arme à été utilisée par l’Allemagne, la Roumanie, l’Espagne (républicains et nationalistes), la Turquie et la Yougoslavie.

Cette dernière va commander quelques pièces pour des tests mais ne passera pas la commande de masse espérée par les polonais. Le nombre est incertain mais les chiffres semble tourner autour de 200 pièces.

Les tests terminés, ces armes sont stockées et vont être ressorties en 1949 au moment de la mobilisation pour équiper les unités nouvellement créées. Elles vont donc participer à l’opération MARITSA où fort peu d’armes vont échapper à la destruction. A notre connaissance aucun exemplaire de cette arme à été réutilisé par les allemands ou par les italiens.

La ckm wz.30a était une mitrailleuse de conception et de fabrication polonaise pesant 65kg en ordre de combat (la mitrailleuse seule pèse 13kg), mesurant 1200mm de long dont 720mm pour le canon, tirant la cartouche yougoslave standard (7.92x57mm) à une distance maximale de 2000m (900m en pratique) à raison de 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 330 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1940

mitrailleuse ZB modèle 1937

Sous cette désignation proprement yougoslave se trouve la Zvrojovka Brno ZB-53, une mitrailleuse de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Elle à été mise au point à la fin des années trente et mise en service en 1937 sous la désignation de TK vz.37 avant de connaître le succès à l’export puis d’être produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie, l’Allemagne en manque d’armes automatiques récupéra ces mitrailleuses devenues des MG 37(t) avant de poursuivre la production moins pour elle que pour ses alliés.

Cette arme à été mise au point pour remplacer les Schwarzlose héritées de l’empire austro-hongroise et se basa sur un modèle précédent, la vz.35. Fonctionnant par emprunt de gaz, alimentée par bandes et refroidie par air la ZB-53 va être utilisée par l’infanterie comme arme d’appui, par les unités de char comme arme coaxiale et sur les fortifications.

Comme toutes les armes tchécoslovaques, la ZB-53 à connu un succès à l’export en état exportée en Roumanie, en Yougoslavie, en Argentine, en Afghanistan, en Iran et en Chine. Après guerre d’autres pays comme Cuba, le Chili et le Venezuela ont récupéré des armes de ce type.

La Yougoslavie à reçu 1000 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie puis 2500 exemplaires supplémentaires après l’occupation allemande non sans délais anormaux et multiples vexations.

Sur les 3500 mitrailleuses livrées, il en restait 3100 en service en juillet 1949 aussi bien au sein de l’infanterie que dans les différents blockhaus qui assuraient la protection des frontières du royaume de Pierre II.

Ces armes ont été employées par les yougoslaves durant la Campagne de Yougoslavie mais aussi par les allemands et les italiens soit directement sur le champ de bataille ou après. Cette arme à aussi équipé les différentes unités militaires croates. Bien entendu cette arme à également été utilisée par les partisans communistes et les maquisards royalistes.

La nouvelle armée yougoslave à conservé un temps cette mitrailleuse avant que des mitrailleuses françaises ne les remplace. A notre connaissance cette arme n’à pas poursuivit sa carrière une fois la guerre terminée.

La TEŠKI MITRALJEZ M.1940 était une mitrailleuse moyenne de conception et de fabrication yougoslave pesant 21kg à vide et 37kg en ordre de combat, mesurant 1096mm de long avec un canon de 733mm tirant la cartouche 7.92x57mm à une distance maximale de 4000m (2500m effectif) à raison de 700 à 800 coups par minute (500 à 600 coups en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par bandes de 100 à 200 coups.

Mitrailleuse MAC (Manufacture d’Armes de Chatelleraut) modèle 1936

La MAC-36

La mitrailleuse MAC modèle 1936 symbolise les travers dans la politique d’armement de la France jusqu’aux débuts de la Pax Armada. Les besoins étaient correctement identifiés mais une volonté de perfectionisme tatillone, une bureaucratie envahissante provoquait des retards.

C’est ainsi que cette mitrailleuse adoptée en 1936 n’à été mise en service qu’en septembre 1941 avec des livraisons qui commencèrent réellement début 1942, les premiers exemplaires étant surtout destinés à former les formateurs qui allaient aider les mitrailleurs à se former au sein même des unités.

Le processus à été très lent, beaucoup trop lent avec de nombreux candidats que ce soit des dérivés du fusil mitrailleur modèle 1924/29 ou encore la mitrailleuse Darne, une arme innovante mais qui avait un défaut majeur : elle était issue du privé.

Finalement donc, le choix des services officiels se porta sur la MAC modèle 1936, une arme extrêmement sophistiqué avec notamment de deux cadences de tir différentes, l’une pour le tir terrestre et une autre pour le tir antiaérien.

La mise au point d’un système d’alimentation fiable et performant retarde la mise en service de l’arme qui n’est officiellement prononcée qu’en septembre 1941, les premières armes étant livrées peu après pour permettre la relève de la Hotchkiss modèle 1914 dont la production avait même été relancée en 1938 !

Cette arme va équiper tous les régiments d’infanterie à raison d’une compagnie de quatre sections de quatre mitrailleuses par bataillon soit seize armes par bataillon et quarante-huit pour l’ensemble du régiment.

Une version simplifiée, la MAC modèle 1936 modifiée 1944 voit le jour en 1944 selon le principe qui à vu en Allemagne la MG-42 succéder à la MG-34, très efficace mais chère et compliquée à construire. Elle se distingue par l’absence du système à double cadence, un bipied renforcé, un trépied simplifié et différentes modifications de détail pour accélérer la production.

La Yougoslavie reçoit ses premiers modèles 1936 lors de la reconstitution des forces armées yougoslaves mais les livraisons seront très lentes au point que le gouvernement en exil au Caire étudiera la possibilité de commander des mitrailleuses Browning. Finalement la situation va rentrer dans l’ordre et évitera à l’infanterie yougoslave de se trouver avec deux calibres différents entre le fusil et la mitrailleuse.

Arme appréciée par les mitrailleurs yougoslaves, elle resta en service dans l’immédiat après guerre, quelques exemplaires étant rechambrés en calibre 7.92mm. Cette arme à été remplacée au début des années soixante par des armes soviétiques plus conformes à la nouvelle orientation idéologique du pouvoir yougoslave.

La MAC modèle 1936 était une mitrailleuse de conception et de fabrication française pesant 14.6kg et pouvant être installée sur un affût de 12km. Mesurant 1160mm de long, elle disposait d’un canon de 700mm lui permettant de tirer la cartouche 7.5x54mm à une distance maximale théorique de 2500m à raison de 550 ou 950 coups par minute (700 pour le modèle 1936/44) sachant que l’alimentation se faisait par des bandes à maillon détachable de 250 cartouches.

Hotchkiss modèle 1929

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss en affût double

Cette mitrailleuse lourde à été mise au point dans les années vingt comme arme antiaérienne et antichar en s’inspirant des fusils antichars allemands Mauser, la Browning M2 américaine ayant la même filiation.

L’armée de terre française refusa cette arme pour l’infanterie en raison d’une cartouche trop lourde qui risquait de blesser les troupes en retombant au sol. Elle l’adopta néanmoins comme arme antichar sur la ligne Maginot notamment dans les casemates du Rhin mais également sur certains véhicules blindés légers notamment l’automitrailleuse AMR-35.

Cette arme va aussi être utilisée par la marine française comme mitrailleuse antiaérienne même si très vite elle à été remplacée par des canons de 25 et de 37mm.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux états-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Cette arme va connaître également le succès à l’export. La société italienne Societa Italiana Ernesto Breda achète la licence pour la fabriquer au délà des Alpes sous la désignation de Breda Mod.31.

Elle fût utilisée essentiellement comme mitrailleuse antiaérienne à bord des navires de la Regia Marina mais aussi à bord des trains blindés. Des armes de ce type ont parfois armé des autos blindées et des véhicules légers.

En décembre 1935 la marine espagnole achète cette mitrailleuse et va l’utiliser depuis ses destroyers et ses croiseurs durant la guerre d’Espagne.

Ces armes ont été réutilisés par les nationalistes espagnols puis une fois le pouvoir de Franco affermit des armes supplémentaires et des munitions ont été fournies au régime franquiste pour acheter sa complicité et éviter qu’il ne rentre en guerre aux côtés des allemands.

Cette arme va également être utilisée par la Belgique, le Brésil, l’Allemagne (mitrailleuses capturées en 1949), la Grèce, le Japon, la Pologne, la Chine nationaliste, la Roumanie et donc la Yougoslavie même si le nombre exact d’armes livrées à Belgrade est incertain, les chiffres tournant entre 500 et 800 exemplaires. .

Ces armes furent essentiellement utilisées comme mitrailleuses antiaériennes mais aussi comme arme antichar contre les blindés légers. Quelques armes furent également installées dans des blockhaus aux frontières.

Peu de mitrailleuses ont survécu à la campagne de Yougoslave. Si les allemands ne se sont pas intéressés à cette arme en revanche les italiens pour des raisons évidentes ont récupéré des mitrailleuses de ce type pour leurs troupes occupant la Yougoslavie.

La Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication française pensant 37.5kg à vide, disposant d’un canon de 1670mm lui permettant de tirer une cartouche de 13.2mm à une distance maximale de 2500m en tir horizontal et de 1600m en tir vertical à raison de 450 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 30 coups ou par des bandes de 150 cartouches.

TEŠKI MITRALJEZ M.1938

Sous cette désignation figure la mitrailleuse tchécoslovaque ZB-60, une évolution de la ZB-53 en calibre 15mm.

C’est donc clairement une mitrailleuse lourde plus qu’une mitrailleuse moyenne destinée à l’infanterie. A noter que la ZB-60 à été produite sous licence en Grande-Bretagne par la firme BESA, cette arme équipant surtout des véhicules blindés.

L’armée yougoslave à reçu 368 exemplaires avant le démantèlement de la Tchécoslovaquie. Elle echoua à acquérir d’autres armes auprès des allemands ou à la produire sous licence de manière pirate.

Ces armes ont été surtout installées dans des blockhaus ou sur des véhicules légers. Des armes de ce type ont accompagné les soldats yougoslaves dans leur exil, armes conservées car les britanniques produisaient les munitions nécessaires (15x104mm).

Ces armes furent surtout utilisées pour protéger les états-majors et les plots logistiques contre les attaques aériennes et terrestres. L’usure des armes à entrainé leur remplacement peu après la fin de la guerre par la Browning M-2 de 12.7mm, l’immortelle «Ma Deuce».

La TEŠKI MITRALJEZ M.1938 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 258kg en ordre de combat (203 pour l’affût et 55kg pour l’arme), mesurant 2500mm de long avec un canon de 1400mm. Il tirait une cartouche de 15mm (15x104mm) à une distance maximale de 2500m (1000m en pratique) à raison de 430 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 40 cartouches.

Italie (60) Regio Esercito (10)

Divisions Blindées (Divisione Corrazate)

Un très long chemin

Après trois mois de guerre ouverte, après trois mois d’une boucherie innommable le front occidental se stabilise de la mer du Nord à la frontière suisse soit 700km d’un réseau de tranchées entre lequel se situe un lieu sinistre, le lieu où l’homme est absent (no man’s land), un lieu apocalyptique fait de trous d’obus remplis d’eau, de boue voir de gaz, des barbelés le tout balayé par le tir mortellement efficace des mitrailleuses.

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22-Armée de terre : armement et matériel (58)

Artilleurs, génie et services

-Les officiers artilleurs portent sur leur uniforme de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleu foncé et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret de l’artillerie ou un casque modèle 1926 (sauf les unités antichars disposant du casque modèle 1935 ou du casque modèle 1936 pour les artilleurs antiaériens).

-Les officiers artilleurs des divisions de cavalerie portent sur leur uniforme de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleu foncé, un numéro et une étoile en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret de l’artillerie ou un casque modèle 1926 (sauf les unités antichars disposant du casque modèle 1935 ou du casque modèle 1936 pour les artilleurs antiaériens).

-Les officiers du génie portent sur leur uniforme de campagne un écusson couleur velours noir avec deux soutaches écarlates et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret du génie ou un casque modèle 1926.

-Les officiers du train portent sur leur uniforme de campagne un écusson de couleur vert avec deux soutaches garance et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot puis le béret du train ou un casque modèle 1926.

-Les officiers médecins portent sur leur uniforme de campagne un écusson couleur velours cramoisi sans soutache avec un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot ou un casque avec sur le bras, un brassard blanc à croix de Genève.

-Les officiers pharmaciens portent des un écusson de couleur velours vert avec un attribut et des galons or, un calot ou un casque et un brassard blanc à croix de Genève.
-Les officiers de l’administration du service de santé portent un écusson de couleur velours cramoisi avec un attribut et des galons or, un calot ou un casque et un brassard blanc à croix de Genève.

-Les officiers vétérinaires portent un écusson de couleur velours grenat avec un attribut et des galons argent, un calot ou un casque.

-Les officiers de l’Intendance portent un écusson de couleur velours bleu avec un attribut et des galons en or, un calot ou un casque.

-Les officiers de l’Administration portent un écusson kaki avec un attribut et des galons en or, un calot ou casque.

-Les officiers de Justice Militaire portent un écusson couleur velours noir sans soutaches avec un attribut en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent un calot ou un casque.

Marques distinctives des troupes françaises en tenue de campagne

Infanterie

-Les fantassins de ligne portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec deux soutaches et des chiffres en bleu, l’attribut du casque étant une grenade marquée RF.

-Les fantassins de forteresse (Nord-Est) portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec deux soutaches et des chiffres en bleu,l’attribut du casque étant une grenade marquée RF. Ils portent également un béret brun avec pour insigne une casemate «On ne passe pas».

-Les fantassins de forteresse (Alpes) portent sur leur tenue de campagne un écusson de couleur kaki avec trois soutaches et des chiffres en bleu,l’attribut du casque étant une grenade marquée RF. Ils portent également un béret bleu avec pour insigne une casemate «On ne passe pas».

-L’Infanterie de Montagne porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki avec deux soutaches et le numéro en bleu, une grenade marqué RF orne le casque, la coiffure standard étant le béret bleu avec une grenade garance.

-Les chasseurs alpins portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu avec deux soutaches couleur jonquille tout comme le numéro et le cor de chasse. Le casque (fort peu porté) est frappé d’un cor de chasse marqué RF, la coiffure standard étant la «tarte», le large béret alpin bleu frappé d’un cor de chasse jonquille.

-Les chasseurs à pied portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu avec deux soutaches couleur jonquille tout comme le numéro et le cor de chasse.

Le casque est frappé d’un cor de chasse marqué RF, la coiffure standard étant la «tarte», le large béret alpin bleu frappé d’un cor de chasse jonquille. Ils portent sur leur capote kaki un écusson kaki avec deux chevron, un cor et des chiffres en vert.

-Les fantassins coloniaux (Européens _Colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches écarlates, sans numéro mais avec une ancre rouge verticale. Le casque est frappé d’une ancre verticale, ancre que l’on retrouve également sur les boutons.

 

-Les fantassins coloniaux (Indigènes _Colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutache mais avec une ancre couleur jonquille. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons. Ils portent la chéchia kaki sauf pour les coloniaux indigènes déployés en Indochine.

-Les fantassins coloniaux (Européens _France Levant et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches garances avec sous le numéro en garance, une ancre rouge. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons.

-Les fantassins coloniaux (Indigènes _France Levant et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutache mais avec une ancre couleur jonquille. Leur casque est frappé d’une ancre verticale que l’on retrouve également sur les boutons. Ils portent la chéchia kaki comme coiffure de base.

-Les zouaves portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches garances, le numéro étant de même couleur. Leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF avec comme coiffure de base une chéchia kaki.

-Les tirailleurs algériens et tunisiens portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches bleu clair, le numéro étant de même couleur. Leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF avec comme coiffure de base une chéchia kaki.

-Les tirailleurs marocains portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et d’un n° bleu clair avec une étoile sous le numéro. Ils portent une chèche kaki et leur casque est frappé d’un croissant et des lettres RF.

-L’infanterie légère d’Afrique porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki frappé de soutaches violettes, la même couleur étant utilisée pour le numéro. Le casque est frappé d’un cor de chasse (que l’on retrouve parfois sur l’écusson, cette variante étant tolérée) avec les lettres RF.

-La Légion Etrangère porte sur sa tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et de chiffres vert. Le casque est frappée d’une grenade marquée RF et les boutons sont marqués «Légion étrangère».

-Les chars de combat portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki frappé de deux soutaches et de chiffres gris clair. Le casque est frappé d’un casque et de canons croisés. Le béret noir est frappé d’un heaume et de canons croisés.

-Les Ouvriers de chars portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki sans soutaches avec des chiffres gris clair. Le casque est frappé d’un casque et de canons croisés. Le béret noir est frappé d’un heaume et de canons croisés.

-Les hommes des régiments régionaux portent sur leur tenue de campagne un écusson kaki avec une soutache blanche avec des chiffres bleus. L’attribut de casque représente un casque et des canons croisés.
Cavalerie

-Les cuirassiers portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et des chiffres garance. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les cuirassiers motorisés portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches garance et une soutache violette. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les dragons portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et un numéro et le tout en blanc. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les dragons portés portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches, une étoile et un numéro, le tout de couleur blanche. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les chasseurs à cheval portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes et un numéro de même couleur. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les hussards portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches et le numéro en bleu clair. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.

-Les hommes servant dans les groupes d’automitrailleuses portent sur leur tenue de campagne deux soutaches et un numéro de couleur violet. Le casque est frappé d’une tête de Minerve et de rayons divergents.

-Les chasseurs d’Afrique portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur. Ils portent une chéchia kaki ou un casque de même couleur frappé de la grenade et des lettres RF.

-Les spahis algériens et tunisiens portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur. Ils portent une chéchia kaki ou un casque de même couleur frappé d’un croissant et des lettres RF.

-Les spahis marocains portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquilles et un numéro de même couleur avec une étoile sous le numéro. Ils portent une chèche kaki avec bande blanche au pourtour inférieur avec filet coloré distinguant les escadrons. Le casque est frappé du croissant et des lettres RF.

-Les cavaliers du Régiment Etranger de Cavalerie portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes, un numéro et une grenade de même couleur. Les boutons sont marqués «Légion étrangère» et le casque est frappé d’une grenade marquée RF..

-Les Groupes de Reconnaissance portent sur leur tenue de campagne un écusson bleu foncé avec trois soutaches blanches et un numéro de même couleur. Le casque est frappé d’une grenade marquée RF.
Artillerie et Services

-Les artilleurs portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleus et un numéro de même couleur. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les artilleurs des divisions de cavalerie portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches bleus et un numéro qui surmonte une étoile de même couleur. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les ouvriers d’artillerie portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec des chiffres jaunes. Le casque est frappé par un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les artilleurs coloniaux (Européens _colonies et Chine_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et une ancre de couleur bleue. Le casque est frappé avec une ancre verticale, ancre présente sur les boutons.

-Les artilleurs coloniaux (Européens _France et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et une ancre de couleur bleue. Le casque est frappé avec une ancre verticale, ancre présente sur les boutons.

-Les artilleurs coloniaux (Indigènes _colonies et Chine) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate une ancre de couleur jonquille. Ils portent une chéchia kaki et le casque est frappé avec une ancre verticale.

-Les artilleurs coloniaux (Indigènes _France et Afrique du Nord_) portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate une ancre de couleur jonquille. Ils portent une chéchia kaki et le casque est frappé avec une ancre verticale.

-Les artilleurs de montagne portent sur leur tenue de campagne un écusson écarlate avec deux soutaches et un numéro, le tout de couleur bleu. Ils portent un béret bleu frappé d’une grenade écarlate, le casque lui étant frappé d’un insigne représentant des canons croisés et une grenade marquée RF.

-Les hommes du génie portent sur leur tenue de campagne un écusson noir frappé de deux soutaches et d’un numéro de couleur écarlate qui surmonte un cor de chasse rouge. Le casque est frappé d’un insigne représentant une cuirasse et un casque antique.

-Les sapeurs forestiers portent sur leur tenue de campagne un écusson noir frappé de deux soutaches et d’un numéro de couleur écarlate. Le casque est frappé d’un insigne représentant une cuirasse et un casque antique.

-Les hommes du train et les secrétaires d’état-major portent sur leur tenue de campagne un écusson vert frappé de chiffres garance avec sur le casque la grenade et les lettres RF.

-Les commis et ouvriers d’administration militaire portent sur leur tenue de campagne un écusson gris clair frappé de chiffres garance avec sur le casque la grenade et les lettres RF.

-Les infirmiers militaires portent sur leur tenue de campagne un écusson garance frappé de chiffres bleu clair avec sur le casque une caducée.

22-Armée de terre : armement et matériel (57)

Les Écoles Militaires _Tenue des Élèves_

-Les élèves de l’École enfantine Heriot portent une vareuse et un pantalon gris bleu, des brides d’épaulette, un béret bleu foncé avec une grenade rouge. Le collet est rabattu.

-Les élèves de l’École d’enfants de troupe portent une vareuse et un pantalon gris bleu, des brides d’épaulette, un képi rouge avec un bandeau et des soutaches bleu foncé, une grenade rouge ornant le képi. Le collet est rabattu. Ils disposent également d’une rotonde gris bleu.

-Les élèves de l’École militaire de La Flèche portent une vareuse et un pantalon bleu foncé, un képi rouge avec un turban bleu foncé orné d’une grenade rouge. Le collet est rabattu et les élèves de cette Ecole disposent également d’un manteau capote bleu foncé.

-Les élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr portent une tunique bleu noir, un pantalon garance avec une bande bleu ciel, des boutons or, des épaulettes rouges, un shako bleu ciel avec une plaque de cuivre jaune, le collet et les pattes de collet étant bleu ciel tout comme les pattes de parements. Les «Cyrard» portent également un manteau bleu noir.

-Les élèves de l’École Polytechnique portent une tunique et un pantalon bleu noir à double bande écarlate, des tresses d’épaules et des boutons or, un bicorne ou un képi, un collet droit et des pattes de parement bleu noir tout comme le manteau.

-Les élèves de l’École du service de santé (Bordeaux et Lyon-Bron) portent une tunique bleu noir, un pantalon rouge à bandes noires, une caducée or sur le collet, un bicorne ou un képi à bandeau cramoisi, un collet en velours cramoisi avec des pattes de collet bleu noir, les pattes de parement étant bleu noir tout comme le manteau porté par les élèves.

-Les élèves de l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent, de l’École militaire d’artillerie de Poitiers et de l’École militaire du génie de Versailles pour leur tenue d’origine avec un képi d’adjudant.

-Pour ce qui est de l’École d’application de la cavalerie de Saumur, les élèves de 1ère année portent leur tenue d’origine mais en 2ème année, ils portent une tenue d’officier avec un pantalon garance à double bande et passepoil bleu. Cette tenue ne change pas quand lui succède en 1943 l’École d’application de l’Arme Blindée-Cavalerie.

Marques distinctives des officiers en campagne

En campagne, la grande tenue chatoyante est bien entendue rangée au placard au profit d’une tenue identique aux hommes du rang dans un terne mais plus sécurisant kaki.

Infanterie

-Les officiers de l’infanterie portent un écusson kaki avec deux soutaches bleu foncé, un numéro et des galons en or, une vareuse, un manteau et un képi kaki.

-Les officiers de l’infanterie de forteresse type Nord-Est portent un écusson kaki avec deux soutaches et un numéro bleu foncé, des galons en or, une vareuse, un manteau et un béret kaki frappé d’une grenade or.

-Les officiers de l’infanterie de forteresse alpine portent un écusson kaki avec trois soutaches et un numéro bleu foncé, des galons or, une vareuse, un manteau kaki, un béret bleu foncé frappé d’une grenade or.

-Les officiers de l’Infanterie de montagne portent un écusson kaki avec deux soutaches et un numéro bleu foncé, des galons or, une vareuse et un manteau bleu foncé, un béret bleu foncé frappé d’une grenade or.

-Les chasseurs alpins portent un écusson noir avec deux soutaches en soie jonquille frappé d’un cor et d’un n° en argent, des galons en argent, une vareuse et une pèlerine bleu clair, un béret bleu foncé frappé d’un cor de chasse en argent.

-Les chasseurs à pied portent un écusson noir avec deux soutaches en soie jonquille avec un cor et un n° en argent, des galons en argent, une vareuse et un manteau bleu foncé (bien qu’en temps ils doivent normalement porter un manteau kaki). Les galons sont en argent et le béret comme le casque sont en bleu foncé avec comme attribut un cor de chasse en argent.

-Les officiers de l’infanterie coloniale (Européens, France, Afrique du Nord ) portent un écusson kaki avec deux soutaches écarlates, une ancre or et un numéro écarlate. Ils portent des galons or, une vareuse et un manteau kaki ainsi qu’un casque kaki.
-Les officiers de l’infanterie coloniale (Européens, France, Afrique du Nord ) portent un écusson kaki avec deux soutaches garances, une ancre or sous le n° garance. Ils portent des galons or, une vareuse et un manteau kaki ainsi qu’un casque kaki.

-Les officiers des zouaves portent un écusson kaki avec deux soutaches garances et un n° en or tout comme les galons. La vareuse, le manteau et le casque sont kaki.

-Les officiers des tirailleurs algériens et tunisiens portent un écusson kaki avec deux soutaches bleu clair et un n° or tout comme les galons. La vareuse, le manteau, la chéchia et le casque sont kaki.

-Les officiers des tirailleurs marocains portent un écusson kaki avec deux soutaches bleu clair, un n° et une étoile en or tout comme les galons. Ils portent une vareuse, un manteau, un képi et une chèche kaki.

-Les officiers de l’Infanterie légère d’Afrique portent un écusson kaki avec deux soutaches violettes et un numéro argent avec des galons dans le même métal. Ils portent une vareuse, un manteau, un képi et une chèche kaki.

-Les officiers des chars de combat portent un écusson kaki avec deux soutaches gris clair avec un numéro argent tout comme les galons. Ils portent un casque spécial, le casque des troupes motorisées modèle 1935.

Cavalerie

-Les cuirassiers portent un écusson bleu foncé avec deux soutaches garance avec un numéro et des gallons argent. Ils portent un calot (bonnet de police) ou un casque.

-Les cuirassiers motorisés portent un écusson bleu foncé avec deux soutaches garance et une violette avec un numéro et des gallons argent. Ils portent un calot (bonnet de police) ou un casque.

-Les dragons portent un écusson bleu foncé avec deux soutaches blanches avec un numéro et des gallons argent. Ils portent une calot (bonnet de police) ou un casque.

-Les dragons portés portent un écusson bleu foncé avec deux soutaches blanches et une violette avec numéro et des gallons argent. Ils portent un calot (bonnet de police) puis un béret noir de cavalerie ou un casque.

-Les officiers des chasseurs à cheval portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un calot puis le béret noir standard de la cavalerie ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers des hussards portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches bleu ciel et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un calot puis le béret noir standard de la cavalerie ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers des unités d’automitrailleuses portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches violettes et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un calot puis le béret noir standard de la cavalerie ou le casque modèle 1935 des troupes motorisées.

-Les officiers des chasseurs d’Afrique portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquille et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure une chéchia ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers des spahis algériens et tunisiens portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquille et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un képi puis le béret noir standard de la cavalerie ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers des spahis marocains portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches jonquille et un numéro en or, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un képi puis le béret noir standard de la cavalerie ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers du Régiment Étranger Cavalerie portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec deux soutaches vertes et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un képi kaki puis le béret vert de la Légion ou un casque modèle 1926 ou plus récent.

-Les officiers des Groupes de Reconnaissance portent sur leur uniforme de campagne un écusson bleu foncé avec trois soutaches blanches et un numéro en argent, le même métal étant utilisé pour les galons. Ils portent comme coiffure un képi ou le casque modèle 1935 des troupes motorisées.

22-Armée de terre : armement et matériel (36)

K-Automitrailleuses et véhicules de combat à roues

Préambule

L’apparition de l’automobile ne tarde à attirer le regard des militaires ou plutôt de certains penseurs qui y voient un nouveau moyen de combat capable de succéder au cheval. Evidement, comme souvent, ces précurseurs ne sont guère en odeur de sainteté au sein des état-majors et des ministères plus conservateurs pour des raisons de choix comme de raison.

En 1907, le général Gillain commandant de la 1ère Division de Cavalerie écrit que «la mitrailleuse automobile constitue bien une bouche à feu légère, excessivement mobile,toujours en batterie et prête à ouvrir le feu, tout à fait apte à suivre, sans être un impedimenta, une troupe de cavalerie. Elle est appelée à former ainsi l’arme des surprisees et des coupsde mains de l’avenir.»

Arme plutôt conservatrice, la cavalerie perçoit néamoins l’intérêt d’intégrer des véhicules motorisés à ses forces qui vont rester majoritairement composés de chevaux. Une première automitrailleuse, la CGV (Charron Girardot et Voigt) est expérimenté en 1903 mais non adopté malgré des essais concluants en raison d’un poids élevé (3 tonnes) et d’un prix qui ne l’est pas moins.

Après ce premier essais, deux chemins semblent s’ouvrir : celle de l’automobile blindée armée et protégée par blindage et celle de la «mitrailleuse automobile» qui en réalité une voiture de tourisme modifiée pour un usage militaire, sans blindage, usant de sa vitesse pour échapper aux cavaliers ennemis.

Aucune commande n’est passée et quand éclate le premier conflit mondial, aucune auto-mitrailleuse n’est en service en métropole, les seules étant au Maroc pour faire de la police coloniale contre des tribus remuantes.

On improvise donc différents modèles d’auto-mitrailleuses composées d’un chassis tourisme, armées soit d’une mitrailleuse Saint Etienne modèle 1907 ou d’une Hotchkiss modèle 1914 avec un blindage plus ou moins important.

C’est donc le triomphe de l’automitrailleuse blindée et armée sur la mitrailleuse automobile, la vitesse ne remplaçant les plaques de blindage.

Aux automitrailleuses armées de mitrailleuses vont bientôt s’ajouter des «torpilleurs à roulette», des auto blindées armées de canons de 37 et de 47mm issus des stocks de la marine pour lutter contre des auto blindées allemandes puissantes dont la présence était certifiée par des rapports alarmants faisant état de la présence au front de plusieurs milliers de ces engins………. .

C’est l’acte de naissance des AMAC (Automitrailleuses de Cavalerie) qui vont participer aux opérations de l’été et l’automne 1914 jusqu’à ce que la boue des tranchées révèlent l’impossibilité pour un véhicule à roues de manoeuvrer en terrain bouleversé, ouvrant la voie à l’utilisation de la chenille au sein de l’Artillerie d’Assaut qui comme son nom l’indique dépend de l’artillerie.

La guerre terminée, certains posent même l’idée même de l’existence de la cavalerie comme arme constituée. Son poids social lui permet de survivre à une disparition pure et simple.

En dépit de la présence de cavaliers s’opposant farouchement au moteur, la seule issue pour la cavalerie est de se motoriser, d’adopter le moteur, d’en faire un outil de combat pour compléter les chevaux car il est impensable en 1919 que la cavalerie abandonne ses nobles destriers pour des montures nettement moins glamour.
Dans la première décennie qui suit la fin du premier conflit mondial, la cavalerie se cherche, tâtonne et il faut attendre le plan général de motorisation de juillet 1930 pour que le brouillard s’éclaircisse et dix-huit mois de plus pour la cavalerie mette bon ordre en définissant trois catégories de véhicules de combat.

Si le domaine de la Reconnaissance et du Combat vont être sauf rarissimes exceptions être l’apanage des véhicules chenillés, le domaine de la Découverte va être lui dominé par la roue.

Véritable reconnaissance stratégique, elle doit éclairer les divisions loin devant. Devant aller vite et loin, la roue en dépit des progrès de la chenille se justifie parfaitement. Légèrement armées (canon de 25 et de 47mm pour les plus récentes, mitrailleuses pour les plus anciennes), elles ne doivent pas rechercher le combat avec l’ennemi jouant sur la vitesse, la surprise et l’esquive.

Ces AMD symbolisées par la célèbre AMD 178 «Pan Pan» vont équiper les régiments de découverte des Division Légère Mécanique ainsi que les GRDI/GRCA, les premiers étant pour certains préservés après la démobilisation alors que les autres sont dissous en raison de l’inexistence des corps d’armée en temps de paix.

En février 1940, le général Gamelin réorganise totalement ce triptyque à la lumière des leçons de la guerre de Pologne («j’estime de la façon la plus formelle qu’il ne peut plus être question de construire des véhicules de combat et reconnaissance faiblement blindés, l’expérience de la campagne de Pologne me paraît des plus nettes à ce sujet» [……])

Les catégories AMR et AMD fusionnent ainsi en AMP pour Automitrailleuses Puissantes symbolisées par un véhicule à roues, l’AM 40P ou Panhard 201 et par un char léger, l’Hotchkiss H-39 en attendant d’autres engins de conception nouvelle fournis par AMX et les FCM comme nous l’avons vu plus haut.

White TBC

Cette automitrailleuse peut être considérée comme la première automitrailleuse moderne de l’armée française après des années de talonnements et d’essais plus ou moins réussis. Elle est l’œuvre du capitaine de Castelbajac qui reprend à zéro un projet plus ancien sur un chassis de camionnette.

Pour construire cette nouvelle automitrailleuse, il choisit le chassis du camion léger de 2 tonnes White TBC sur lequel est installé une caisse blindée.

Cette automitrailleuse de 5700kg peut filer sur route à 40 km/h avec une vitesse moyenne de 18 à 20 km/h avec un armement monté en tourelle, un canon de 37mm semi-automatique avec 200 obus et une mitrailleuse de 8mm avec 6000 cartouches monté en opposition, la mitrailleuse de rechange pouvant être utilisée en position antiaérienne. Quant à l’équipage, il se compose de quatre hommes dont deux tourelles.

230 exemplaires de cette automitrailleuse sont mis en service à partir d’octobre 1918, trop tard pour participer à un conflit qui à quitté les tranchées pour la guerre de mouvement.

Le 29 juin 1916, les dix-sept GAMAC _Groupes d’Automitrailleuses et d’Autocanons_ sont rattachés à la cavalerie à raison de deux par division de cavalerie puis un dix-septième en réserve.

Le nombre de divisions de cavalerie est réduit ensuite à six mais le nombre de GAMAC n’est réduit qu’à seize, les autres étant réaffectés. Le nombre de GAMAC est réduit en 1919 à onze qui deviennent Escadrons d’Automitrailleuses de Cavalerie (EAMC) le 1er novembre 1922.
Les onze EAMC  sont regroupés en cinq groupes d’escadrons d’automitrailleuses de cavalerie (GEAMC) soit un par division de cavalerie, tous à deux escadrons sauf celui de la 3ème DC de Paris qui disposent de trois EAMC.

De 1922 à 1931-32, l’automitrailleuse White est la seule automitrailleuse en service en France avant que des véhicules plus modernes ne commencent à la remplacer en l’occurence des automitrailleuses semi-chenillées Schneider P16.

Ces automitrailleuses disparaissent peu à peu des unités de cavalerie même si par un tour de passe-passe, des caisses White vont être montées sur un nouveau chassis, permettant à l’armée de se doter à peu de frais d’automitrailleuses plus modernes. Des White allégées (sans tourelles) ont terminé leur carrière au Maroc pour pourchasser les bandes incontrôlées dans le Sud marocain.

Caractéristiques Techniques des AMC White TBC

Poids en ordre de combat : 5700kg

Dimensions : longueur 5.45m largeur 1.95m hauteur 2.50m

Motorisation : moteur White 4 cylindres dit «30 HP»

Performances : vitesse instantanée 40 km/h vitesse moyenne 18 à 20 km/h Autonomie : 200 à 250km avec 100 litres de carburant à bord

Blindage : 8mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37mm semi-automatique armé de 200 obus et une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 6000 cartouches

Equipage : quatre hommes

Automitrailleuse semi-chenillée Schneider P 16

AMC Schneider P16

AMC Schneider P16

En 1923/24, la cavalerie s’interroge sur les futurs véhicules de combat et lance deux programmes baptisés AMC n°1 (approuvé en avril 1923 voiture de 4 tonnes, quatre hommes, 12mm de blindage, sur route et chemins avec une vitesse de 55 km/h) et AMC n°2 (approuvé en août 1924, voiture de 7.5 tonnes à trois hommes dont deux en tourelles, 20mm de blindage, pouvant circuler à travers champs avec une vitesse sur route de 30 km/h), annonçant l’AMD pour le premier et l’AMC pour le second.

On trouve ainsi des Citroën P 4 T et P 7 T qui restent à l’état de prototypes ou commandés en petite série (seize exemplaires  pour la P 4T), servant de véritables démonstrateurs technologiques en attendant de véritables véhicules de série en l’occurence le Schneider P 16.

Ce véhicule ne répond ni au programme AMC n°1 ni au programme AMC n°2  mais est commandée en série, étant assimilée à une AMC, un pseudo char de cavalerie en attendant l’entrée en service du Somua S-35.

La commande en série est envisagée dès novembre 1925 mais ce n’est qu’en 1928 que quatre exemplaires de pré-série sont commandés suivis de 96 véhicules de série utilisés encore en 1939  comme AutoMitrailleuse de Reconnaissance (AMR) une fois le «char de cavalerie» en service.

Durant la guerre de Pologne, elles équipent encore le 1er et le 6ème GRDI issus respectivement du 7ème régiment de chasseurs à cheval et du 6ème groupe d’automitrailleuses. Ces deux GRDI sont rééquipés avec des Panhard AMD 178 au printemps 1940,  marquant la fin de carrière de cette automitrailleuse semi-chenillée.

Caractéristiques Techniques de la Schneider P16

Poids en ordre de combat : 6300kg

Dimensions : longueur 4.815m largeur 1.75m hauteur 2.475m

Motorisation : un moteur Panhard PK 4E 3 16 CV, 4 cylindres développant 60ch à 2700 tr/minute

Vitesse maximale : 47 km/h vitesse moyenne sur route 30 km/h Autonomie : 250km (125 litres d’essence à bord)

Blindage : 11.5mm maximum

Armement : tourelle monoplace avec un canon de 37mm semi-automatique alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm (3000 cartouches)

Equipage : chef de voiture en tourelle, conducteur et inverseur dans la caisse

21-Armée de terre (22)

Les unités de cavalerie

Un long chemin et un big-bang organisationnel

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Char Saint Chamond

Si les anglais furent les premiers à utiliser le char d’assaut en 1916, la France eut un impact décisif dans ce domaine à l’aide d’abord des médiocres Saint Chamond et Schneider puis à l’aide du char de la victoire, le Renault FT souvent connu de manière erronée sous le nom de FT-17.

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm

Les premiers chars français engagés furent les Schneider et les Saint Chamond le 17 avril 1917 à Berry-au-Bac dans le cadre de l’offensive du Chemin des Dames, une nouvelle tentative pour obtenir la percée tant recherchée.

Ce fût un véritable désastre. Sur un terrain difficile, sous les coups de l’artillerie allemande, 76 chars furent détruits dont 57 avaient brûlé, les chars emportant une grande quantité de matières inflammables qui transformaient ces chars en véritables torches sur chenilles. L’échec des «gros» donna sa chance aux petits Renault FT qui répondaient à une autre conception mais qui avait la particularité d’avoir également pour père le général Estienne.

le général Estienne

le général Estienne

Aux «cuirassés terrestres», on préférait désormais le «fantassin blindé», le char-canon ou le char mitrailleur qui avec ces deux hommes devaient se couler dans le terrain et soutenir au plus près l’infanterie pour éliminer les obstacles et lui permettre d’occuper le terrain sans se faire hacher par les mitrailleuses, les barbelés et les obstacles.

Le Renault FT produit à 4517 exemplaires (de 1917 à 1919 puis des compléments jusqu’en 1927) fût le véritable «char de la victoire», symbolisant le char d’assaut et son rôle dans l’esprit de l’armée française ce qui désabusa son concepteur, le général Estiennes pour qui le char léger n’avait aucun avenir.

Le premier conflit mondial terminé, se posa la question en France de l’avenir de la motorisation et de la mécanisation des armées. Bien que vaincue, l’armée allemande pouvait redevenir une menace et devant la lenteur d’une mobilisation, l’idée de disposer d’éléments mécaniques pouvant se porter rapidement sur le Rhin (ou en Rhénanie jusqu’en 1930) était séduisante.

Le premier à la proposer fût le général Fayolle qui proposa la création de véritables groupements tactiques d’intervention rapide composés d’automitrailleuses et d’autocanons accompagnés de cyclistes, d’infanterie portée sur camions, de l’artillerie portés sur tracteurs, de chars légers portés sur camions et d’éléments motorisés du Génie.

Ces groupements devaient tronçonner et harceler l’ennemi sans se laisser fixer, les divisions de cavalerie devant se charger de détruire les grandes unités ennemies, le tout avec l’appui de l’aviation.

Dans l’immédiat, ces groupements techniques ne furent pas créés mais de cette étude allait naitre les groupements de reconnaissances de division d’infanterie (GRDI) et leur pendant de corps d’armée (GRCA).

Leur évolution post-guerre de Pologne allait permettre la réalisation du projet du général Fayolle, les GRDI (les GRCA n’existant qu’en temps de guerre) évoluant d’unités de reconnaissance et d’éclairage à de véritables groupement de combat chargés de «sauter à la gorge» de l’ennemi, de contrer ses unités de reconnaissance, de le harceler et de gêner sa progression ou son repli.

De son côté, le général Estienne préconisa la création d’un corps cuirassé autonome, une unité de 20000 hommes, 8000 camions et tracteurs et 4000 chars mais le père des chars ne fût pas entendu du moins dans l’immédiat, sa vision des troupes de choc sous-entendait une vision offensive qui n’était plus en odeur de sainteté après les ravages du premier conflit mondial.

En 1920, disparu l’Artillerie d’Assaut. Elle avait été créée quand le char français semblait devoir être l’équivalent des chars britanniques, des chars lourds armés de véritables pièces d’artillerie de campagne, le Saint Chamond et le Schneider disposant d’un canon de 75mm modèle 1897.

Le char interallié Mark VIII Liberty

Le char interallié Mark VIII Liberty

Il était d’ailleurs prévu que l’AS mette en œuvre des chars de fabrication britannique, des MkV* armés de canons de 57mm (100 exemplaires commandés mais seulement 77 livrés avant l’armistice, aucun engagé au combat) sans oublier le MkVIII Liberty, le char interallié mais la production de 600 exemplaires rien que pour la France fût annulée en raison de l’armistice.

Le choix du Renault FT comme char standard bouleversait la donne, le cuirassé terrestre qui devait être à la pointe de la percée (laissant l’exploitation à la cavalerie à cheval puis à l’infanterie) justifiait que l’artillerie mette en œuvre ses puissants véhicules mais avec la petite merveille de Billancourt (qui mine de rien imposait l’architecture standard du char moderne avec pilote à l’avant, moteur à l’arrière et compartiment de combat au centre) la donne changea, ce char accompagnait l’infanterie, lui collait au train pour détruire les obstacles.

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Il devait bien avoir des chars lourds de percée comme le FCM 2C mais ils étaient trop petit nombre pour justifier une quelconque mainmise de l’artillerie qui avait déjà mis au point ses premiers canons automoteurs et automouvants.

D’où la suppression de l’Artillerie d’Assaut remplacée par l’arme des Chars d’Infanterie qui regroupait les chars destinés à soutenir l’infanterie, des véhicules lents et bien protégés mais qui n’étaient pas destinés à mener de folles chevauchés comme la cavalerie de jadis.

La cavalerie justement parlons-en. Cette arme hautement aristocratique, cette arme noble par excellence connaissait une véritable crise existentielle. Les unités à cheval passées les premiers combats de l’été et de l’automne 1914 avaient du admettre leur impuissance face aux tranchées ce qui entraina leur transformation en unités d’infanterie.

Après la fin du premier conflit mondial, les unités à cheval étaient toujours présentes mais leur existence était sérieusement remise en question bien qu’elles pouvaient toujours rendre de précieux services comme la reconnaissance, la découverte, l’exploitation. Elle devait néanmoins s’adapter aux nouvelles formes de guerre au risque de disparaître.

Les divisions de cavalerie au nombre de dix en 1914 tombèrent à six en 1916/17 puis à seulement cinq en 1928 ce qui était mine de rien une part importante dans une armée de temps de paix qui se réduisait comme peau de chagrin avec à terme seulement vingt divisions.

La cavalerie n’avait pas attendu la fin du premier conflit mondial pour faire connaissance avec le «moteur combattant» car dès 1913, on trouvait des automitrailleuses et des autocanons (deux puis trois groupes par DC) ainsi que des groupes de chasseurs cyclistes à raison d’un groupe par division de cavalerie.

On n’assiste donc pas à un big-bang, à une révolution mais plutôt une évolution progressive avec le remplacement des chasseurs cyclistes par des dragons portés, la motorisation du commandement, de l’artillerie, du génie et des services, le tout formant les Division de Cavalerie type 1932.

Cette division était cependant d’un maniement délicat puisqu’elles faisaient cohabiter des éléments à cheval (deux brigades à deux régiments), un groupe d’automitrailleuses, un bataillon de dragons portés et un régiment d’artillerie tout terrain tracté ou RATTT ce qui leur vaut leur surnom de «division pétrole-picotin» ou «cambouis-crotin».

Ce type de division mixte va survivre jusqu’au déclenchement de la guerre de Pologne, faute de mieux ou plutôt faute de moyens voir de réelle volonté alors que l’avenir était clairement aux divisions mécaniques comme les Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DLM voyant officiellement le jour le 1er juillet 1935 par transformation de la 4ème division de cavalerie et la 2ème DLM un an plus tard par transformation de la 5ème division de cavalerie de Lyon.

Du côté de l’arme des chars de l’infanterie, l’idée même de divisions de choc interarmes va être nettement plus longue à naitre, une gestion douloureuse et compliquée.

Le scepticisme y est nettement plus grand qu’au sein de la cavalerie. En effet la mission des chars est d’accompagner l’infanterie, de lui offrir appui et protection et non de percer le front et d’entamer une folle chevauchée.

Cela n’empêche pas le général Weygand de mettre sur pied un détachement mécanique de combat composés de chars D1 (14 tonnes, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) et des trois premiers chars B (27 tonnes, un canon de 75mm, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) qui opère en septembre 1932 au cours des manoeuvres de Champagne. L’expérience est mitigée, les chars ont pris la position ennemie mais faute de soutien d’infanterie, ils ont du se replier.

En 1934, un colonel inconnu, Charles de Gaulle publie un livre intitulé Vers l’armée de métier où il envisage la mise sur pied d’un corps spécialisé composé de soldats de métiers avec six divisions de ligne (un groupe de reconnaissance, une forte brigade de chars avec un régiment lourd, un régiment moyen et un bataillon léger, une brigade d’infanterie à deux régiments plus un bataillon de chasseurs,une brigade d’artillerie à deux régiments + des services) et une division légère type DLM.

Ce projet est rejeté par les parlementaires pour des raisons qui tiennent aussi bien de considérations financières que pour des raisons idéologiques (attachement à l’armée de la conscription) et politiques (crainte que ce corps spécialisé deviennent une garde prétorienne pouvant menacer la république).
La France prend du retard alors qu’en Allemagne sont mises sur pied les Panzerdivision, que des corps blindés sont créés en URSS et qu’en Angleterre, des théoriciens comme Basil Lidell-Hart appellent de leurs vœux la création de divisions blindées.

Néanmoins, la décision de créer des «divisions à base de chars» est prise au moins sur le papier dans le cadre du programme des 14 milliards du 7 septembre 1936.

Néanmoins, l’industrie est bien incapable de suivre pour fournir le matériel nécessaire à moins qu’il n’y ait manqué la volonté d’aboutir car si le matériel parfaitement adapté manquait, qu’es-ce qui aurait empêché de l’expérimenter avec du matériel existant ?

Un parallèle peut être avec l’action du général Flavigny qui batailla pour mettre sur pied les DLM avec le matériel existant _souvent inadapté comme des automitrailleuses semi-chenillées_ en attendant la disponibilité des véhicules adaptés.

La foudroyante victoire en Pologne des panzerdivision est un électrochoc qui achève de convaincre les ultimes sceptiques.

Dès 1938, un groupement tactique d’experience avait été mis sur pied avec quatre bataillons de chars équipés de B1 et de B1bis, deux bataillons de chasseurs portés et un régiment d’artillerie.

C’est à partir de ce groupement que le général Gamelin ordonne la mise sur pied des 1ère et 2ème Divisions Cuirassés de réserve sur un mode sensiblement allégé par rapport aux idées de Charles de Gaulle.

L’arrivée du général Villeneuve va donner un coup de fouet bienvenue à ces unités de chars. Non seulement, il va en créer deux autres en plus des quatre programmées mais il va les créer et les doter d’une puissance supérieure à celle envisagée par le général Gamelin notamment par la mise en service de chars mieux adaptés.

Côté cavalerie, le nombre de DLM est doublé avec la création des 3ème, 4ème et 5ème DLM par transformation des trois divisions de cavalerie type 1932. Trois autres DLM sont ultérieurement créer à partir d’éléments fournis par les trois Divisions Légères Mécaniques sus-nommées.

Formant des Corps de Cavalerie (DLM) et des Corps d’Armées Cuirassés (CAC), ils vont permettre à l’armée française de retrouver de l’allant et du mordant face à une éventuelle agression allemande, la mobilisation partielle n’étant plus nécessaire pour intervenir.

Organisées, dotées d’un matériel performant et d’un doctrine précise, ces divisions n’ont rien à envier aux Panzerdivisionen allemandes.

Reste que la dichotomie est maintenue entre l’arme des Chars de l’Infanterie et le Cavalerie alors que les DLM et des DC sont identiques en terme d’organisation, les DC se distinguant par la présence de chars lourds, l’arme des chars de l’infanterie disposant également de  BCC.

Pour le général Villeneuve, esprit pragmatique si il en est, cette dichotomie est absurde et dès son arrivée à la tête de l’armée, entame le long processus visant à rapprocher «la noblesse» (la cavalerie) et la «roture» (les chars d’infanterie).

Hors de question de passer en force, il va patiemment négocier, accordant des faveurs à l’un ou à l’autre, menaçant l’un et complimentant l’autre. Il révèle un talent certain pour le lobying politique, veillant à ce que ses idées imprègnent les jeunes officiers, les futurs cadres de l’armée dont il élabore les bases dès juin 1940.

Finalement le 1er janvier 1943, un décret du ministre de la guerre fusionne la Cavalerie avec l’arme des Chars de l’Infanterie sous le nom d’Arme Blindée-Cavalerie (ABC) qui installe son école à Saumur, reprenant l’essentiel des traditions de la défunte cavalerie.

Après ce long exposé, nous allons maintenant entrer en détail en parlant de l’organisation des différentes unités de la cavalerie, des chars de l’infanterie puis de l’arme blindée-cavalerie.