Etats Unis (117) Armée de terre (7)

Artillerie légère tractée

75mm Pack Howitzer M1A1 & M-3

M-116 75 mm howitzer 25.jpg

A la différence de nombreux pays, l’artillerie divisionnaire américaine était composée de canons de 105 et de 155mm. Néanmoins comme l’US Army devait opérer sur des terrains difficiles, un canon léger de 75mm est jugé nécessaire.

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Grande Bretagne (82) Armée de terre (7)

Armement de l’armée britannique (3) artillerie lourde

Avant-Propos

Bien que l’infanterie soit la reine des batailles, sans l’artillerie, le fantassin était totalement impuissant surtout avec le trilogie mortelle tranchée/mitrailleuse/barbelée qui déboucha sur l’invention du char de combat qui permettait d’espérer une percée.

Après les tueries des premières années du conflit, l’armée française sous l’impulsion du général Petain changea de paradigme avec un “artillerie conquiert l’infanterie occupe” ce qui imposait une artillerie nombreuse et diversifiée.

L’artillerie britannique n’échappe pas à la règle, utilisant les mêmes expédients que l’artillerie française avec des pièces issues de la marine, d’anciennes pièces de siège et de canons sur voie ferrée.

Sur le plan tactique,l’artillerie de Sa Majesté utilisa différentes méthodes d’abord la longue préparation d’artillerie destinée à tout écraser (qui n’était pas toujours efficace comme à Verdun en 1916 où la terrible préparation d’artillerie allemande n’anéantit pas l’armée française) puis de plus en plus la technique du barrage roulant suivant la progression de l’infanterie.

Comme pour l’artillerie de campagne, l’artillerie lourde britannique évolue peu durant l’entre-deux-guerre.

D’ailleurs où commence l’artillerie lourde et où s’arrête l’artillerie de campagne ? J’ai pris une limite arbitraire mais justifiable.

Si l’artillerie britannique divisionnaire se limite à un calibre (25 livres soit environ 84mm), l’artillerie divisionnaire française et allemande dispose de canons de 75mm, de 77mm, de 105mm, de 150 et de 155mm.

J’ai donc décidé de fixer la limite haute de l’artillerie de campagne à 155mm, les pièces plus lourdes (170mm côté allemand, 194mm côté français) étant intégrée à la “Réserve Générale” au niveau du corps d’armée avec souvent des pièces de 150 et de 155mm.

BL 8 Inch Howitzer Mk VI VII VIII

BL 8 Inch Howitzer Mk VI

BL 8 Inch Howitzer Mk VI

Pour faire face aux puissants retranchements allemands, il fallait prévoir une artillerie puissante, l’artillerie de siège qui semblait devoir appartenir au passé revint en force, une fois le front stabilisé après l’échec de la Course à la mer.

Après avoit utilisé des pièces de 8 pouces issues de la marine avec des affûts improvisés (mark I à V), l’artillerie britannique mit en service en 1916 des canons de conception neuve.

Le Mark VI fût produit à 80 pièces, cet obusier de 14.7 calibres permettant d’envoyer un obus à 9825m. Mise en service au printemps 1916, il est complété par l’obusier Mark VII disposant d’un tube plus long (17.3 calibres) permettant d’augmenter la portée à 11250m. Le Mark VIII était une version très proche de la version Mark VII.

La mise au point fût assez longue pour cet obusier, un problème de stabilité dont la résolution nécessita l’envoi en France d’une commission spéciale.

Quand le premier conflit mondial s’arrêta, les obusiers de 203mm étaient fort présents sur le front occidental avec deux batteries canadiennes, une batterie australienne et trente-sept batteries britanniques soit un total de 240 pièces en service.

Si le front occidental absorba une grande partie des ressources, les autres théâtres d’opérations n’étaient pas oublié, une batterie étant présente en Grande-Bretagne pour l’instruction et les essais, les Balkans virent le déploiement d’une batterie réduite à 4 canons alors que la Palestine alors sous domination turque vit le déploiement de deux canons (issus de la batterie déployée en Macédoine ?).

Outre les pays déjà cités, ce puissant obusier à été exporté en Afrique du Sud et en Russie.

Cet obusier était encore en service en septembre 1939, certaines pièces gagnant le continent au sein du BEF même si l’arrêt rapide du conflit bloqua la majorité des obusiers sur les îles britanniques. Des obusiers ex-américains furent achetés par la Finlande dans le cadre de la guerre d’Hiver mais arrivèrent trop tard pour participer au conflit.

Le parc de cet obusier fût sensiblement réduit durant la période de Pax Armada en raison de l’usure des pièces et de la mise en service de pièces de 183mm (7.2 inch) à la portée acccrue.

Néanmoins sur les seize régiments de siège (192 pièces) des Royal Artillery Support Group (RASG), quatre étant encore équipés de ces obusiers quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948 soit un total de 48 canons disponibles.

Ce calibre s’étant révélé efficace, l’artillerie britannique demande la reprise de la fabrication de canons de ce calibre. La mise au point d’un nouveau canon prennant trop de ressources et de temps, décision est prise de fabriquer sous licence le M-1 américain.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 8 Inch Howitzer

Calibre : 8 pouces (203mm)

Poids total : 8.74 tonnes Poids du projectile : 91kg

Longueur du tube : 2.972m pour le Mk VI 3.505m pour les Mk VII et VIII

Elevation : -4° à +50° (Mk VI) 0° à +45° (Mk VII et VIII)

Champ de tir horizontal : 4° de part et d’autre de l’autre

Portée maximale : 9825m pour le Mk VI 11200m pour le Mk VII et VIII

Ordnance BL 9.2 Inch Howitzer

BL 9.2 Inch Howitzer

BL 9.2 Inch Howitzer

A l’origine de ce canon de siège figure l’achat en 1900 d’obusiers austro-hongrois de 9.45 Inch pour combattre en Afrique du Sud. Cette arme étant perfectible, les britanniques décidèrent de dévelloper un nouvel obusier qui entra en service en 1915. Ce canon était transporté en trois lots.

La portée du Mark I se révélant limitée, un modèle Mark II est mis en service en décembre 1916 avec une portée accrue à 12742m au prix d’une réduction de la durée de vie du tube de 6000 à 3500 coups.

Cet obusier n’à servit que sur le front occidental au sein de trente-six batteries britanniques, une australienne et deux canadiennes. Ces batteries disposaient de quatre puis de six canons.

Cet obusier était encore en service en septembre 1948, équipant deux des seize régiments d’artillerie de siège soit vingt-quatre canons qui restèrent en Grande-Bretagne à la différence d’autres régiments d’artillerie lourde.

Ces canons vont être rapidement déclassées et remplacées par des canons d’un calibre voisin en l’occurence 240mm avec la fabrication sous licence du M1 américain.

Cet obusier à été exporté également aux Etats-Unis, en Russie avec des obusiers utilisés durant la guerre d’Hiver contre la ligne Mannerheim.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 9.2 Inch Howitzer

Calibre : 9.2 Inch (234mm)

Poids : 16460kg Poids du projectile : 130kg

Longueur du tube : 3m (Mk I) 4m (Mk II)

Elevation : de 15° à 55° pour le Mk I de 15° à +50° pour le Mk II

Champ de tir horizontal : 30° de part et d’autre de l’axe

Portée maximale : 9200m pour le Mk I 12742m pour le Mk II

Ordnance BL 7.2 Inch Howitzer

BL7.2 Inch Howtizer

BL7.2 Inch Howtizer

En septembre 1939, l’artillerie lourde britannique était essentiellement composée de canons de 203 et de 234mm, des pièces héritées du premier conflit mondial.

Ces canons bien adaptés à la première guerre mondiale, à un front fixe étaient peu mobiles et d’une portée insuffisante.

En attendant la mise au point d’une pièce moderne, on étudia la mise au point d’une pièce interimaire réutilisant des éléments existants. C’est l’acte de naissance du Ordnance BL 7.2 Inch Howitzer, un obusier qui est en réalité un canon-obusier de 183mm, la réduction du calibre et du poids de l’obus devant permettre une augmentation de la portée.

Le Ordnance BL 7.2 Inch Mk I apparait sous forme de pièces prototypes en septembre 1940 et après une mise au point compliquée est adoptée en mars 1942, le Mk I reprennant l’affût de la pièce de 8 inch avec un tube repris de ce dernier canon, un véritable bricolage qui donna des résultats médiocres.

Le Mk II et le Mk III sont des pièces de conception neuves aux différences minimes, pièces mises en service en 1943 et 1945 pour équiper dix régiments à trois batteries de quatre pièces soit 120 canons avec 24 Mk I, 56 Mk II et 40 Mk III.

Ces canons sont également exportés au Canada et en Australie.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 7.2 Inch Mk III

Calibre : 7.2 Inch (183mm)

Poids : 17500kg Poids de l’obus 92kg

Longueur totale : 7.42m Longueur du tube : 4.34m Largeur 2.7m Hauteur 1.30m

Elevation : 0° à 45°

Champ de tir horizontal : 4° à gauche et à droite de l’axe

Cadence de tir : un à trois coups/minute

Portée maximale : 15500m

Equipe de pièce : dix à douze hommes

Matériel de l’Armée Britannique (4) : Artillerie sur voie ferrée

Avant-Propos

Avec l’augmentation du calibre des pièces d’artillerie, la traction à cheval puis la traction mécanique à atteint les limites du supportable. Le démontage en deux ou trois fardeaux rendait la tache plus facile mais qui dit démontage dit remontage ce qui provoquait une perte de temps et de souplesse.

L’apparition du chemin de fer et de la propulsion vapeur permet d’envisager de déplacer sur de longues distances des pièces lourdes sans avoir à la démonter. C’est l’acte de naissance de l’artillerie sur voie ferrée appelée Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (ALVF) en France, Railway Artillery pour la Grande-Bretagne ou encore Eisenbahn Artillerie pour l’Allemagne.

Cette artillerie utilisée aussi bien pour la défense côtière ou pour la frappe à la longue distance était en voie de déclassement en septembre 1948 en raison de la présence massive de l’aviation qui rend ses mastodontes particulièrement vulnérables à une frappe aérienne.

Peu de pièces lourdes sont dévellopées durant la Pax Armada, les différents pays se contentant de moderniser les affûts sans chercher à dévelloper de nouveaux affûts plus modernes.

Ordnance BL 9.2 Inch Railway Gun

BL 9.2 Inch Railway Gun

BL 9.2 Inch Railway Gun

En 1900, durant la guerre des Boers, les britanniques démontent une pièce de 9.2 pouces des défenses côtières de CapeTown, l’installe sur un affût ferroviaire pour participer aux sièges de la ville boer de Belfast au nord-est de Johannesburg. Le siège s’achève avant que le canon soit utilisé et les boers préférant la guérilla aux batailles rangées, cette innovation militaire n’aura pas l’occasion d’être utilisée.

Quinze ans plus tard au moment où le premier conflit mondial passe du statut de guerre fraîche et joyeuse à celui d’une immonde boucherie, l’artillerie ferroviaire fait sa réapparition sur le front occidental.

Des canons de 234mm en surplus issus aussi bien de navires que de batteries côtières sont adaptées sur des affûts pour être utilisés en France et en Belgique.

En juin 1916, un modèle plus perfectionné est mis au point avec également des canons plus modernes. A la fin du premier conflit mondial, seize canons sont encore en service, tous étant des Mk III, les autres étant déclarés obsolètes et ferraillés dans les années vingt.

Ces canons sont encore en service en septembre 1939 et même en septembre 1948, équipant un régiment d’artillerie super-lourde, le régiment du 1st Royal Artillery Support Group (RASG), trois batteries de quatre pièces, les quatre derniers canons étant conservés en réserve.

Déployés sur les côtes pour contrer une très hypothétique invasion allemande, ces canons vont davantage servir d’outil de propagande plutôt que d’armement opérationnel. Ils vont d’ailleurs être rapidement déclassés, permettant de récupérer du personnel pour équiper d’autres unités d’artillerie.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 9.2 Inch Railway Gun

Calibre : 234mm

Longueur du tube : 8.509m

Poids du projectile : 88400kg Poids du projectile : 172.37kg

Elevation : + 28° puis +40°

Champ de tir horizontal : 10° de part et d’autre de l’axe pour les premiers modèles, 360° pour les derniers modèles

Portée effective : 20760m pour le Mk XIII seul modèle encore en service en septembre 1948

Ordnance BL 12 Inch Railway Howitzer

BL 12 Inch Railway Howitzer

BL 12 Inch Railway Howitzer

Suite au succès des pièces de 9.2 Pouces, les britanniques décidèrent de développer un modèle plus puissant d’un calibre de 12 pouces (305mm), calibre longtemps standard pour les cuirassés britanniques avant qu’il ne soit supplanté par le 343mm,ce changement marquant le passage du dreadnought au superdreadnought.

Le premier modèle introduit en mars 1916 et logiquement baptisé Mark I ne permettait pas une utilisation optimale et il fût rapidement remplacé par un Mark III au tube plus long et un affût permettant théoriquement perpendiculairement à l’axe de la voie même si en pratique on limitait l’angle à 20°.

La dernière version est le Mark V mise en service en juillet 1917 avec un affût mieux organisé pour permettre un tir efficace jusqu’à 120° par rapport à l’axe de la voie.

En septembre 1939 seuls les Mk 3 et les Mk 5 étaient encore en service. Vingt-quatre pièces équipaient en septembre 1948 les régiments d’artillerie super-lourde des 2nd et 3rd Royal Artillery Support Group (RASG).

Déployés pour la défense des côtes, ces pièces furent peu à peu déclassées durant le conflit, les seules pièces d’artillerie lourde sur voie ferrée britanniques allant sur le continent étant les pièces les plus lourdes dans l’idée de frapper la ligne Siegfried.

Caracteristiques Techniques des Ordnance BL 12 Inch Howitzer

Calibre : 305mm

Longueur du tube : 3.7m pour le Mark I 5.26m pour les Mk III et V

Poids de l’affût : 61976 kg pour le Mk 3 72220kg pour le Mk 5

Poids de l’obus : 340kg

Elevation : 40 à 65° pour le Mk I et le Mk III 20° à 65° pour le Mk V

Champ de tir horizontal : 20° à gauche et à droite de l’axe (Mk I et III) 120° pour le Mk V

Portée maximale : 10179m pour le Mk I 14000m pour le Mk III et 13120m pour le Mark V

Ordnance BL 13.5 Inch Railway Gun

Quand les cuirassés sont entrés dans leur phase moderne (ultérieurement connue sous le nom de cuirassés pré-dreadnought), le calibre standard quasi-universel était le 305mm plus connu dans les pays anglo-saxon comme le canon de 12 pouces.

Des canons de ce calibre équipèrent le HMS Dreadnought premier cuirassé à artillerie monocalibre (All Big Gun Battleship) et tous les cuirassés jusqu’à la décision prise par les britanniques de choisir un calibre plus puissant en l’occurence le 13.5 Inch ou 343mm, les navires disposant de ce canon devenant des superdreadnought.

En 1916, l’artillerie sur voie ferrée britannique était en voie d’être déclassée par l’ALVF française qui disposait de canons d’une portée supérieure.

Pour faire face à cet affront intolérable à l’orgueil anglo-saxon, décision est prise d’utiliser le canon de 343mm comme nouvelle pièce d’artillerie lourde sur voie ferrée. Trois ensembles (affût+canons) furent ainsi produits, l’un des trois recevant ultérieurement un canon de 356mm commandé par le Japon, les deux affûts n’opérant en France que pour les derniers mois du conflit.

Le premier conflit mondial terminé, les affûts et les pièces furent séparées et stockées chacune de leur côté, restant dans la naftaline pendant plus de vingt ans.

Ressortis de leur sommeil en septembre 1939, ils reçurent trois nouveaux canons de 343mm ayant appartenus aux Iron Duke et servirent de pièces de défense côtière au sein du régiment d’artillerie super-lourde du 4th Royal Artillery Support Group (RASG) en compagnie de pièces plus importantes de 356mm et de 381mm.

Ces canons étaient toujours en service en septembre 1948 (quoique d’utilisation restreinte) et à la différence des canons de 234 et de 305mm, les canons de 343mm vont rallier le continent pour participer avec les canons français aux frappes préliminaires contre la ligne Siegfried. Ce transport est entouré d’une grande publicité à des fins de propagande.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 13.5 Inch Railway Gun

Calibre : 13.5 Inch (343mm)

Longueur du tube : 15.90m

Poids total de l’affût : 244590kg

Poids de l’obus : 567kg

Elevation : 0 à +40°

Portée maximale : 37120m

Ordnance BL 14 Inch Railway Gun

BL 14 Inch Railway Gun

BL 14 Inch Railway Gun

Dans l’artillerie comme dans bien des domaines, c’est le toujours plus qui règne. Il faut des canons toujours plus puissants ayant une portée toujours plus grande.

Aussi après le canon de 343mm (13.5 Inch), l’artillerie britannique mis en service deux canons de 356mm (14 inch) un calibre non standard pour l’armée britannique, les canons étant issus d’une commande japonaise.

Ces deux affûts opérèrent à la fin du premier conflit mondial à un moment où la guerre de position avait cédé la place à une guerre mouvement voyant les alliés prendrent irrémédiablement le dessus sur une Allemagne épuisée par une guerre sur deux fronts et qui avait échoué dans son coup de poker du printemps 1918 (gagner avant l’arrivée massive des troupes américaines).

Durant le conflit, la marine britannique avait décidé la construction de trois croiseurs de bataille légers pour un débarquement en mer Baltique. Ces navires devaient être armés de canons de 381mm et pour le Furious d’un monstrueux canon de 18 pouces (457mm).

Le Furious fût finalement transformé en porte-avions et les cinq canons furent stockés car sans emploi durant l’entre-deux-guerre.

Quand en septembre 1939 on décida de les sortir de leur sommeil, ces canons se révélèrent si usés qu’on préféra les férailler. Même chose pour les canons de 356mm qui avaient été feraillés dès 1926.

Il restait cependant deux affûts-truck qui reçurent deux canons de 356mm Mk VII identiques à ceux des King George V.

Ces deux affûts furent intégrés au régiment d’artillerie super-lourde du 4th Royal Artillery Support Group (RASG) au sein du group II, le group I disposant des pièces de 343mm et le group III de pièces de 381mm comme nous l’avons le voir maintenant.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 14 Inch Railway Gun

Calibre : 14 Inch (356mm)

Longueur du tube : 15.90m

Poids total de l’affût : 242290kg

Poids de l’obus : 721kg

Elevation : 0 à +40°

Portée maximale : 39000m

Ordnance BL 15 Inch Railway Gun

Durant la période dite de la Pax Armada, de nombreux cuirassés sont désarmés (Le Hood, les Revenge) libérant un grand nombre de canons de 381mm pardon de 15 pouces.

Ces canons vont certe pouvoir servir de réserve pour les “QE” encore en service mais le nombre permet d’envisager la mise au point de nouvelles pièces d’artillerie sur voie ferrée.

Non sans polémiques sur cet investissement, la Royal Artillery décide d’activer au sein du régiment d’artillerie super-lourde du 4th Royal Artillery Support Group (RASG) un Group III avec quatre canons de 15 pouces sur un affût-truck inspiré de ceux des 13.5 et des 14 pouces avec néanmoins des modifications liées aux améliorations techniques et technologiques.

Ces trois pièces sont mises en service en septembre 1947, déployés dans le nord de l’Angleterre pour anticiper sur un possible raid de cuirassés allemands contre la côte est de l’Angleterre. Une fois cette menace estompée, on étudie l’envoi de ces canons sur le Continent pour la grande offensive franco-britannique contre le Westwall.

Caracteristiques Techniques du Ordnance BL 15 Inch Railway Gun

Calibre : 15 Inch (381mm)

Longueur du tube : 15.90m

Poids total de l’affût : 245320kg

Poids de l’obus : 870kg

Elevation : 0 à +40°

Portée maximale : 40500m

23-Armée de terre Ligne Maginot (11)

Les ouvrages (1) : généralités et avant-propos

Si les casemates CORF sont impressionants que dire des ouvrages, un ensemble de plusieurs blocs de combat reliés entre eux par des galeries souterraines et disposant d’oeuvres vives communes. Ces ouvrages sont classés officiellement en cinq catégories :

Plan du Hackenberg l'un des plus gros ouvrages de la ligne Maginot

Plan du Hackenberg l’un des plus gros ouvrages de la ligne Maginot

-1ère classe : gros ouvrages comportant un armement mixte et un équipage moyen dépassant les 600 hommes (cas du Hackenberg).

-2ème classe : ouvrages moyens, armement mixte et un équipage compris entre 450 et 600 hommes (cas du Michelsberg)

-3ème classe : petits ouvrages comprenant un armement mixte ou ouvrages moyens d’infanterie avec en moyenne 150 hommes (cas de l’ouvrage de Ferme-Immerhof)

-4ème classe : petits ouvrages d’infanterie avec un équipage moyen de 80 hommes (cas de l’ouvrage de Teting)

-5ème classe : ouvrages d’infanterie monoblocs ou très petits (cas de l’ouvrage de La Ferté)

Dans la pratique, la distinction sera plus simple entre les ouvrages d’infanterie (petits ouvrages ou PO) et les ouvrages d’artillerie (gros ouvrages)

Chaque ouvrage est étudié en détail par le CORF. Après des levers topographiques et des sondages du sol, on réalise des plans de masse et des plans d’implantation, les premiers devant être approuvés par l’état-major de l’armée et les seconds par la direction du génie. Ce n’est qu’à ce moment que les travaux deviennent exécutoires et peuvent donc officiellement commencer.

Dans la mise au point des ouvrages, le CORF va adopter trois types, trois concepts d’ouvrages, les ensembles, les petits ouvrages d’artillerie et les petits ouvrages d’infanterie.

Canon-obusier de 75mm modèle 1929

Canon-obusier de 75mm modèle 1929

Les ensembles sont les héritiers directs des ouvrages puissants du général Fillonneau avec trois canons-obusiers par casemate de flanquement et des tourelles d’action frontale équipées de canons-obusiers de 75mm, de mortiers de 81mm ou encore de lance-bombes de 135mm. Ils devaient être équipés de fossés diamants mais mis à part pour certains ouvrages, ces travaux restent lettre morte.

Les petits ouvrages d’artillerie selon la note du 3 avril 1929 doivent occuper les intervalles entre les ensembles. Ils sont d’abord armés de mortiers de 75mm avant que l’on décide le 8 juin 1931 de les remplacer par des canons de 75R (R = Raccourci).

Les petits ouvrages d’infanterie n’ont comme armement que des jumelages de mitrailleuses, des canons antichars et des fusils-mitrailleurs. Des tourelles pour mortiers de 81mm étaient prévus mais elles furent systématiquement ajournées à l’exception du PO de l’Immerhof alors que celui du Bois-de-Bousse reçoit son puit et les locaux souterrains correspondants sans que la tourelle soit installée.

 Les ouvrages (2) : la physionomie des ouvrages d’artillerie

Comme pour les casemates CORF, on peut distinguer deux générations dans la catégorie des ouvrages d’artillerie.

-Les ouvrages de première génération sont peu nombreux avec seulement trois ouvrages construits selon un schéma en Y avec une galerie principale qui se scinde en deux branches pour accéder à deux demi-forts appelés aile. Sont concernés le Hochwald, le Hackenberg et le Simserhof, ce dernier étant la réalisation la plus aboutie du modèle théorique.

-Les ouvrages de seconde génération sont simplifiés car les budgets se réduisent et les projets initiaux du CORF s’étaient révélés tout aussi brillants que trop coûteux pour le budget de l’armée.

Ces ouvrages se composent donc d’une galerie principale sur laquelle se greffent les différents organes. Dans cette catégorie, nous pouvons distinguer les ouvrages à galerie longue (Fermont, Rochonvilliers……….) équipés d’une voie étroite de 60 à traction électrique (sauf au Chesnois) et les ouvrages à galerie courte (Galgenberg, Four-à-Chaux) qui creusés dans les collines ne purent recevoir de train souterrain.

Les ouvrages (3) : la physionomie des ouvrages d’infanterie

Théoriquement, ils se présentent sous trois formes mais comme souvent pour la Ligne Maginot, sur le terrain les différences n’apparaissent par toujours clairement.

-La première forme sont les petits ouvrages (PO) conçus dès l’origine comme tels. Ces ouvrages comme celui de Téting ont été réalisés tout ou en partie et auraient du comporter si les plans d’origine avaient été respectés deux casemates d’infanterie flanquant à droite et à gauche, une tourelle de mitrailleuses et pour un certain nombre, une tourelle de 81mm en retrait et une entrée arrière avec une usine et une casernement. Pour les ouvrages prévus sans tourelle de 81mm, l’entrée est d’un type plus réduit.

-La seconde forme sont les PO appartenant à des ouvrages d’artillerie non réalisés où l’entrée se fait par une casemate active, une sortie de secours étant aménagée dans l’autre casemate.

-La troisième forme sont des ouvrages monoblocs qui en raison du terrain cumulent deux chambres de tir et une tourelle mitrailleuse dans un seul bloc. Ils ressemblent à une casemate CORF en plus gros.

Les blocs de combat

C’est le coeur des ouvrages de la ligne Maginot c’est pour eux que fonctionnent toutes les installations souterrains que nous venons de voir. Ces blocs de combat se divisent en trois catégories à savoir les blocs casemates, les blocs tourelles et les blocs mixtes (casemates + tourelles).

Cette division théorique permet ensuite toutes les combinaisons : blocs d’infanterie sous tourelle ou casemate, blocs d’artillerie sous tourelle ou casemate, blocs mixtes d’infanterie ou d’artillerie, blocs d’artillerie sous casemate et d’infanterie sous tourelle ou d’infanterie sous casemate et d’artillerie sous tourelle. En revanche, on ne trouve nulle part trace de blocs ayant deux tourelles.

Ayant décidé de réserver le détail des ouvrages pour l’ordre de bataille de septembre 1948, je vais me contenter de quelques lignes directrices.

-Généralement les blocs d’artillerie peuvent comporter sous tourelle des canons de 75mm, des mortiers de 81mm et des lance-bombes de 135mm en jumelage. Sous casemate, on peut trouver un, deux ou trois canons de 75mm, la casemate type du Nord-Est disposant de trois canons de 75mm modèle 1929 ou modèle 1932.

En ce qui concerne les matériels de 135mm, on trouve généralement une pièce par casemate, la pièce étant généralement couplée avec d’autres matériels sous casemate ou sous tourelle.

En ce qui concerne les mortiers de 81mm, on les trouve généralement en sous-sol, soit en casemates spécifiques soit en casemates d’infanterie ou encore en casemates d’artillerie. Ces casemates agissent le plus souvent en flanquement, quelquefois en action frontale voir pour le bloc de Métrich en couverture des entrées.

-Le plus souvent les blocs d’infanterie comportent généralement sous tourelle des jumelages de mitrailleuses ou des armes mixtes (jumelage mitrailleuse + antichar à canon de 25mm), sous casemate, des jumelages mitrailleuses, des canons antichars et des fusils mitrailleurs et enfin sous cloche des jumelages de mitrailleuses ou d’armes mixtes.

Les tourelles de mitrailleuses sont destinées à généralement à effectuer le tir frontal mais elles effectuent parfois des tirs de flanquement. Dans quelques ouvrages, l’action flanquante de la tourelle est même renforcée par une cloche de mitrailleuses incrustée dans la dalle du bloc-tourelle.

L’organisation de chacun des blocs comportement généralement au niveau des galeries, divers locaux de service (magasin à munitions, local machinerie des monte-charge, PC, local de récupération des douilles).

Entre les galeries et la surface, un escalier et un ou deux monte-charges mais tous les blocs n’en disposent pas.

Au niveau du bloc, deux étages, l’étage inférieur qui comprend les locaux de repos et les filtres plus dans le cas des blocs-tourelles, le balancier et le contrepoids de la tourelle alors que l’étage supérieur est l’étage de combat.

Une organisation en profondeur

Indépendament, les différents ouvrages, blocs et autres casemates sont puissants mais pour tirer la quintescence de leur efficacité, il faut une véritable organisation en profondeur, encore un héritage du premier conflit mondial, la défense en profondeur des lignes allemandes expliquant en partie pourquoi la percée décisive espérée par les alliés n’eut jamais lieu.

La Ligne Maginot va donc s’organiser en profondeur, organisation en profondeur destinée à la fois à rendre efficace la défense mais aussi assurer le soutien nécessaire aux unités de combat.

Théoriquement, un secteur fortifié s’organise de la façon suivante :

-Une Ligne des Avant-postes

-Une Ligne Principale de Résistance (LPR)

-La Ligne des Abris

-Une 2ème Ligne ou Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées)
-Les arrières consacrées notamment à la logistique mais également à l’Artillerie Lourde sur
Voie Ferrée (ALVF).

La LPR (Ligne Principale de Résistance) ne se situe pas immédiatement au contact de la frontière mais généralement à une dizaine de kilomètres de la frontières pour éviter que l’ennemi soit trop rapidement au contact mais aussi pour profiter de meilleurs observatoires et d’un meilleur glacis.

En dépit de remarques dans ce sens ce n’est que durant la guerre de Pologne qu’une ligne d’avant postes composées notamment de maisons fortes sera construite pour éviter les attaques surprises, faire jouer les destructions et jalonner l’avance ennemie. Ces positions n’ont naturellement pas vocation à résister plus de quelques heures ou de quelques jours.

*La Ligne Principale de Résistance (LPR) constitue le coeur de la Ligne Maginot et se compose de deux éléments : la ligne des organisations fortifiées et la ligne des obstacles composés de réseaux de barbelés, de rails, des inondations défensives, des piquets Ollivier (des piquets munis de charges explosives plus ou moins improvisées) sans oublier les différents obstacles de route.

*Les arrières de la position doivent répondre à une double fonction : donner de la profondeur à l’ensemble et desservir les organisations défensives. C’est donc un rôle à la fois de soutien et d’appui à la LPR.

L’organisation de l’arrière fût longtemps négligée, la CORF ayant déjà pas mal de travail avec la LPR. L’initiative à été donc laissée aux autorités locales ce qui explique un manque d’homogénéité de l’ensemble même si la CEZF limitera les dégâts.

Chaque secteur fortifié dispose en théorie de casernements de sûreté, de postes de transformation électrique, de dépôts de munitions, de parc mobiles, d’un réseau routier spécifique et d’un réseau ferré auxquels s’ajoute dans le Sud-Est un téléphérique.

-Les casernements de sûreté sont destinés à abriter les troupes en temps de paix

-Les postes de transformation électriques implantées tardivement (1937) pour relier les ouvrages au réseau civil

-Les dépôts de munitions sont établis à l’air libre, en arrière de la position fortifiée, à proximité d’une voie ferrée. Les dépôts arrières sont situés à environ 40km de la LPR, les dépôts secondaires situés à environ 15km et les poudrières situées à proximité des casernements légers et plutôt réservés aux explosifs de dispositifs de mines.

-Les parcs mobiles sont destinés au stockage du matériel du génie pour établir des positions de circonstance. On trouve donc des piquets, des barbelés, du matériel de terrassement et de construction……. .

-Le réseau routier spécifique ou routes stratégiques est composé de tronçons de routes reliant les ouvrages au réseau civil. Ce sont des tronçons sinueux où on circule en sens unique.

-Le réseau ferré sert lui aussi au ravitaillement. Le réseau national dessert un certain nombre de dépôts situés très en arrière de la ligne de front. A partir de ces dépôts, un réseau extérieur sur voie de 60 dessert les ouvrages d’artillerie équipés d’une entrée type A

23-Armée de terre : Ligne Maginot (1)

23°) La Ligne Maginot

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Protéger la frontière du nord-est où la genèse de la Ligne Maginot

En 1919, la France sort victorieuse mais épuisée du premier conflit mondial. Un profond pacifisme se dévellope et même si on crit «L’Allemagne paiera», on craint une attaque brusquée de la Reichwehr qui bien que ne disposant que de 100000 hommes pourraient menacer la frontière du nord-est surtout une fois la Rhénanie démilitarisée évacuée par la France ce qui était à l’époque prévu pour 1934.

A l’époque, la meilleure façon de protéger une frontière c’est de la fortifier mais comment ? Une fortfication permanente et théoriquement infrachissable ou des fortifications de campagne ?

Il existe bien le système Serré de Rivière mais ce système qui comprend des forts principaux à Verdun, Toul, Epinal, Belfort et Langres est non seulement vétuste et protège la frontière de 1871.

Quand aux fortifications allemandes de Thionville, de Metz et de Strasbourg, elles pourraient servir même si cela n’est pas évident de prime abord;

Imaginer un nouveau système fortifié n’est guère aisé dans cette période d’après guerre en raison non seulement des difficultés économiques mais également du scepticisme de glorieux généraux du premier conflit mondial comme le général Guillaumat ou le maréchal Foch, généralissime des armées alliées.

Le 5 mars 1920, une première instruction (instruction Lefèvre du nom du ministre de la Guerre) est publiée pour envisager les futurs champs de bataille de l’armée française et d’éventuelles fortifications.

Le 17 mai 1920, le Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) demande à certains généraux de mener des études concrètes sur la défense des frontières, études qui aboutirent deux ans plus tard, le CSG commençant à étudier ces propositions à partir du 22 mai 1922.

Se sentant incompétent, le CSG décide de créer au mois de juin 1922 la Commission chargée des études d’organisation de la défense du territoire placée sous l’autorité du maréchal Joffre. Cette commission se dissout cependant quinze jours après sa création.

Le 3 août 1922, la Commission de défense du territoire (CDT) est créée sous la présidence du général Guillaumat. Après seulement deux séances, elle rend son rapport le 27 mars 1923. Pendant deux ans rien ne se passe.

Le 31 décembre 1925, le ministre de la Guerre, Paul Painlevé créé la Commission de Défense des Frontières (CDF) avec à nouveau le général Guillaumat. Cette commission comme son nom l’indique doit réaliser et non réfléchir, décide de choisir un système de fortification permanent neuf tout en intégrant certaines fortifications plus anciennes comme Metz et Belfort.

Cette commission définit un certain nombre de Régions Fortifiés : RF de Haute-Alsace ou Belfort, RF de Lauter-Basse Vosges, RF de Metz,Thionville et Longwy, des intervalles n’étant pas strictement défendus mais seront couverts (Le Rhin et l’intervalle entre la RF-Lauter et la RF Metz,Thionville et Longwy).

Cependant en 1927, tout est encore loin d’être arrêté. Le maréchal Petain est sceptique sur la possibilité que le Parlement accorde les importants crédits nécessaires. Il réclame un projet plus simple et moins coûteux, plus proche des fortifications de campagne que des forts du 19ème siècle.

Cependant en 1927, Paul Painlevé presse le pas, créant l’Inspection Technique des Travaux de Fortifications (ITTF) et la direction et chefferies de travaux, deux organes dont la création est suivie par celle le 30 septembre 1927 de la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) qui dépend du ministre de la Guerre et de lui seulement.

La réalisation entre dans sa phase active en 1929, une loi programme est votée le 28 décembre 1929 sous l’impulsion du ministre de la guerre André Maginot. Décédé en 1932, il donnera son nom à cette ligne fortifiée, éclipsant le rôle de son prédécesseur Paul Painlevé.

André Maginot

André Maginot

Les travaux vont être menés avec régularité durant les années trente, des travaux complémentaires seront menés également durant la guerre de Pologne, des ouvrages tactiques destinés à améliorer la défense des approches sur le front Nord-Est mais également de la défense de la frontière belge.

A-Chronologie étoffée de la construction de la ligne Maginot et de ses extensions (1929-40)

Le Nord-Est

Le programme de construction décidé en 1927 et approuvé par le CSG prévoit l’étalement des travaux sur cinq ans (1929-1934) pour un budget initial de 3760 millions réduit à 2900 millions, montant définitivement enteriné le 14 janvier 1930.

Cependant les travaux ont commencé dès le 4 septembre 1928 (ouvrage de Rimplas dans les Alpes Maritimes) alors que les plans définitifs ne sont pas arrêtés mais à l’époque, les discours irrédentistes de Mussolini réclamant Nice et la Savoie inquiètent.

Le Front Nord-Est est privilégié, en 1930 sont lancés des travaux concernant le tronçon central de la RF de Metz, les tronçons initiaux de la RF Lauter ainsi que les ouvrages de «campagne» défendant le Rhin.

Dès le début des travaux, on assiste à des dérapages financiers ce qui entraîne notamment l’abandon d’ouvrages à tourelles d’artillerie qui auraient donné un punch impressionnant à la Ligne Maginot qui aurait pu recevoir des canons de 145mm (autres calibres étudiés : 138mm, 155mm et 240mm). Cette carence sera compensée par le déploiement de l’ALVF.

Les dérapages financiers vont handicaper la deuxième tranche des travaux lancé à partir de 1931 qui bénéficie néanmoins de l’expérience acquise ce qui accélère certains travaux mais en reporte certains……. .

Durant cette deuxième phase on étend la RF de Metz, la RF de Lauter sans oublier la construction d’une troisième ligne de défense sur le Rhin. A noter que si les deux premières lignes avaient été construite sous la direction des autorités locales, la troisième est construite sous l’autorité du CORF.

C’est également à cette époque que l’on se pose les questions de la protection de la frontière Nord qui jusque-là devait se faire dans les plaines belges ce qui rend en théorie inutile des ouvrages fortifiés.

Cependant les élus locaux s’inquiètent et leur influence relayée par le président du Sénat Albert Lebrun est payante, douze casemates doivent être construits dans la forêt de Raismes (au nord ouest de Valenciennes) et dans la forêt de Mormal (au sud-ouest de Maubeuge) mais ces travaux prévus en 1931 sont reportés en deuxième urgence.

La première loi-programme s’achève donc en 1934. Aux 2900 millions initialement approvisionnés se sont ajoutés d’autres crédits portant le budget total et final à 3442 millions mais le programme initial est loin d’avoir été terminé, des ouvrages supprimés et le tronçon Rorbach-Sarre reporté en dépit de son caractère sensible et stratégique.

Une deuxième loi-programme est votée le 6 juillet 1934 qui prévoit 1275 millions de francs pour de nouveaux travaux mais également des travaux reportés de la première phase. Hélas pour la solidité de la Ligne, seule l’extension de la RF Lauter est financée et réalisée mais sous une forme réduite.

A cette même époque, le CORF commence l’amorce d’une extension de la ligne fortifiée vers le Nord plus par la pression politique locale que sous une réelle nécessité car à l’époque (1934), la Belgique est notre allié (ce n’est qu’en 1936 qu’elle rétablira sa neutralité).

Ce deuxième cycle appelé également «Nouveaux fronts» (par opposition aux «Anciens fronts» de 1929-34) va être gêné par des restrictions budgétaires liées notamment à la crise économique. Il faut faire mieux avec moins ce qui ressemble à une vraie quadrature du cercle.

Un projet ambitieux de défense de la frontière Nord est proposé en septembre 1932, un projet prévoyant de protéger les môles de Maubeuge, Baval et l’Escaut à l’aide de cinq ouvrages d’artillerie, quelques petits ouvrages et une ligne d’une trentaine de casemates.

Ce projet est repris en 1934 sans le môle de Baval mais cet ambitieux projet se fracasse sur la réalité et sont simplement réalisés de petits ouvrages. Pour ne rien arranger, les ouvrages de la forêt de Mormal et de Raismes sont hors de la ligne de défense. Le budget de 150 millions est légèrement dépassé (162 millions).

Entre les Anciens Fronts et cet embryon de fortification, le CORF réalise un secteur fortifié à Montmédy qui sera d’une efficacité douteuse car la trouée de Marville située à l’est n’est pas couverte.

En 1935, Jean Fabry chaud partisan de la fortification devient ministre de la Guerre et le CORF espère de nouveaux crédits pour améliorer les Nouveaux Fronts mais au lieu de nouveaux crédits, la CORF est dissoute le 31 décembre 1935, des délégations locales continuant le suivit des travaux à terminer.

Cela ouvre une troisième phase de travaux mais ces travaux seront uniquement des travaux complémentaires qui vont se poursuivre sans centralisation jusqu’au printemps 1940 après donc la fin de la Guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939).

Le 18 janvier 1935, un premier coup de semonce avait été donné au CORF. Le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Gamelin refuse toute nouvelle construction fortifiée majeure, estimant qu’il est temps de passer aux fortifications de campagne, fortifications prévues par le CORF en complément des gros ouvrages et non comme éléments principaux.

La dégradation du contexte international entraîne donc une reprise des travaux avec des petits ouvrages qui ont la préférence aussi bien du Front Populaire que d’Edouard Daladier. Pour la gestion des travaux, il est prévu de la confier aux commandants des régions militaires qui vont bénéficier pour la réalisation de la MOM (Main d’Oeuvre Militaire).

On cherche à obtenir un front continu, un front continu et profond pour empêcher l’ennemi de percer et d’exploiter sa percée.

A priori, cela n’est pas négatif mais dans la réalisation, cela va se révéler assez préjudiciable avec une absence de coordination entre régions militaires et des fortifications de campagne parfois seules dans certains secteurs notamment le long de la frontière belge.

Fort heureusement, la guerre de Pologne ne voit aucune attaque majeure à l’ouest, les escarmouches n’opposant que les corps francs et les unités avancées de l’armée allemande au delà des ouvrages fortifiés.

En mars 1938, le général Griveaux, chef de l’Inspection générale du génie et des fortifications établit un état des organisations défensives construites sous l’autorité des régions militaires. Cet état montre l’hétérogénéité des constructions qui si pour certaines sont très intéressantes, d’autres ont une valeur militaire très faible.

La crise des Sudètes réglée par les accords de Munich provoque un électrochoc en France, la Tchécoslovaquie ne pouvant plus jouer un rôle de menace pour l’Allemagne.

Les programmes de fortifications sont accélérés et au front continu «bête et méchant», on préfère un système de môles capable de se replier sur lui même et de permettre une reconstitution ultérieure d’un front défensif.

En octobre 1938, on dessine cinq môles de résistance. La 1ère armée doit s’appuyer sur celui de Maubeuge, l’armée des Ardennes sur les môles de Revin et de Mezière, la 2ème armée le môle de Sedan-La Mazée et celui de Mouzon, la 4ème armée le môle du seuil de Cappel et la 8ème armée ceux de Sungdau, Lormont, Saint-Hippolyte, Morteau et Pontarlier).

Pour la constitution de ces môles, on renonce aux ouvrages CORF (temps, nécessite de former de nouvelles unités de forteresse) au profit d’ouvrages STG (Service Technique du Génie) qui doivent être occupés par des bataillons de mitrailleurs ou par des grandes unités formées à la mobilisation.

Hélas, ce beau projet est mal appliqué par le général Prételat qui va préférer homogénéiser les fortifications de campagne plutôt que ce concevoir des môles aptes à la défense en profondeur.

La guerre de Pologne surprend la ligne Maginot en plein travaux. En réalité, les travaux ne vont jamais vraiment cesser jusqu’en septembre 1948…….. .

La mobilisation de septembre 1939 impacte l’aménagement des lignes fortifiées. Les unités en ligne consacrent une bonne part de leur temps aux travaux d’aménagement complémentaires. Ces travaux peuvent être résumés de la façon suivante :

-Sur la frontière Nord, une série de casemates STG de différents types sur les positions de Trélon, d’Hirson et de Rocroi, la tête de pont de Charleville et le secteur de Sedan

-Sur la position avancée de Longwy, amorce d’une ligne de bloc contournant la localité.

-Dans la Sarre, la réalisation de différents blockaus STG

-Le clou de ce programme est cependant une seconde ligne de défense destiné à offrir de la profondeur aux fronts allégés du Nord et de la Sarre. Cette ligne est baptisée Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées), cette dernière étant considérée comme un chaînon manquant entre les fortifications de campagne et les ouvrages du CORF.

Les travaux du CEZF qui inspireront d’autres travaux à la frontière nord ne seront cependant pas achevés avant 1945. A noter que certains ouvrages reportés par le CORF dans le cadre de choix budgétaires seront réalisés mais souvent sous une forme simplifiée.

22-Armée de terre : armement et matériel (35)

FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Suite à la construction de la ligne Maginot, l’Allemagne nazie riposta en construisant la ligne Siegfried que la propagande nazie éleva au rang de muraille invulnérable, bien plus puissante que la ligne Maginot ce qui était loin d’être le cas.

En cas de conflit avec l’Allemagne, la France n’avait guère le choix pour prendre l’offensive. Violer la neutralité belge (graduellement allégée avec le temps jusqu’à la signature d’un traité secret d’alliance en 1947) et la neutralité suisse étant hors de question, la seule façon d’envahir l’Allemagne était une attaque frontale sur le Rhin.

Il fallait forcer la ligne Siegfried d’où le maintien d’une Artillerie Lourde sur Voie Ferrée et l’idée de construire des chars de forteresse, puissants et bien armés.

En 1934, les chars FCM 2C avaient été déclassés et deux ans plus tard, un programme de chars de 45 tonnes fût lancé, programme qui aurait aboutit en réalité à des chars de 50 ou 60 tonnes.

Ce programme lancé le 12 novembre 1936 donne naissance en 1937 à des projets proposés par les FCM, ARL et AMX. Ces projets évoluent vers des chars d’attaque des fortifications dépassant 100 tonnes avec un blindage et un armement conséquent. Ces chars pouvaient se décomposer en deux éléments pour son transport par voie ferrée.

Deux prototypes sont commandés à AMX pour un char de 101 tonnes baptisé AMX «tracteur C», deux prototypes sont commandés à ARL dits «Char C» de 145 tonnes et deux prototypes aux FCM.

AMX et ARL occupés avec d’autres projets abandonnent le projet, laissant le champ libre aux Forges et Chantiers de la Méditerranée qui présentent en mars 1941 deux prototypes d’un char de 140 tonnes avec un canon de 90mm modèle 1939 en tourelle arrière et un canon de 47mm SA modèle 1937 en tourelle avant.

Les tests sont menés entre avril et novembre 1941 sans qu’une décision soit prise, beaucoup d’officiers estimant superflu un tel char. Les rumeurs persistantes d’un char superlourd allemand (rumeurs au final infondées) pousse la France à relancer l’étude pour un char lourd d’attaque de fortifications.

Le FCM F1 est commandé à quatorze exemplaires en mars 1943, commande réduire à dix puis huit exemplaires livrés entre février et novembre 1944  au sein du 51ème Bataillon de Chars de Forteresse avec sept chars en ligne et un char utilisé pour les tests et l’instruction.

La mise en service de l’ARL-44 armé lui aussi d’un canon de 90mm semblait rendre superflu un tel char qui n’avait de différent avec l’Estienne que son poids.

Ces chars de forteresse vont recevoir un canon de 105mm en remplacement du canon de 90mm dans une tourelle de conception nouvelle. Ces chars sont toujours en service en septembre 1948, prêts à forcer la ligne Siegfried.

Caractéristiques Techniques du FCM F1

Poids en ordre de combat : 140 tonnes

Dimensions : longueur 11.30m largeur 3.90m hauteur maximale 4.80m

Motorisation : (prototype) deux moteurs Renault de 550ch puis deux moteurs de 600ch

Blindage : maximal 120mm

Performances : vitesse maximale 28 km/h pente 80% Autonomie 230km sur route

Armement : tourelle avant avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1937 avec 116 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches et tourelle arrière avec un canon de 90mm modèle 1939 alimenté à 72 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches. Deux mitrailleuses latérales disposant chacune de 1500 cartouches.

Equipage : neuf hommes (un chef de char, deux tireurs, deux chargeurs, un radio, deux mécaniciens  et un chargeur en caisse)

Séries limitées, Projets et prototypes

Outre les chars cités plus haut, de nombreux projets de chars lourds ont été envisagés, certains n’allant pas plus loin que la planche à dessin, d’autres connaissant la joie d’atteindre le stade du prototype mais l’infortune de ne pas connaître celui de la série.

Durant le premier conflit mondial, les chars français mis à part le petit Renault FT étaient de véritables mastodontes, atteignant les 23 tonnes. Ils furent accompagnés par des chars de construction étrangère.

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Si le Mark VIII Liberty (37 tonnes, 16mm de blindage, deux canons de 6 livres et quatre mitrailleuses, 8.45 km/h) ne dépassa le stade du projet, la France reçu 100 exemplaires du Mark V* (80 en version mâle armé de canon et 20 en version femelle avec mitrailleuse), un char de 32.5 tonnes, blindé à 12mm, jamais engagé au combat et feraillés en 1930.

La firme Saint Chamond eut également en projet un char de type Mark. Un prototype est commandé en juillet 1917 et la production de 300 exemplaires est espéré mais ce projet ne dépasse l’étape de l’étude d’intention.

Au début des années trente, nous trouvons trace de projets de chars de bataille, alternative à la poursuite du B1 :

Le premier est un char B2 de 35.5 tonnes (le B1 pèse 27195kg) blindé à 50mm, un équipage de 4 hommes avec un canon de 75mm puissant et un canon de 47mm en tourelle.

Le second est un char B3 de 45 tonnes blindé à 50mm, un équipage de 6 hommes avec l’obusier de 75mm du B1 et un 47 puissant en tourelle.

Le troisième est un char BB de 50 tonnes blindé à 60mm, un équipage de 8 hommes avec deux 75 puissants.

Le projet B-40 était un projet de char lourd destiné à succéder au B1bis et ter. Deux constructeurs proposaient des projets : l’Atelier de Construction de Rueil avec un moteur Talbot surcomprimé et une transmission assuré par un système Naeder amélioré et simplifié alors que l’Atelier de construction d’Issy-les-Moulineaux proposait un char propulsé par un diesel avec une transmission électrique Alsthom.

Le blindage est celui du B1ter mais avec des parois droites comme sur le B1bis. Quand à l’armement, si le canon de 47mm en tourelle est conservé avec une tourelle au chemin de roulement plus important, l’obusier de 75mm est remplacé par un canon de 105C en casemate.

Le poids en ordre de combat atteint 45 tonnes avec un rapport poids puissance de 12 à 15 ch (moteur de 675ch) et une vitesse de 40km/h. Comme nous l’avons vu, ce programme ne dépassa pas le stade du prototype en raison d’un changement de priorité.

D’autres projets étaient à l’étude au printemps 1948 : une version améliorée du FCM F1 à canon de 155mm en casemate sans canon de 47mm mais avec un tourelleau armé d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse et une version surblindée de l’ARL-44. Aucun de ces deux projets n’était rendu au stade où la production du prototype aurait pu être rapidement entreprise.

22-Armée de terre : armement et matériel (17)

E-Artillerie lourde sur voie ferrée

Préambule

Le déplacement des pièces d’artillerie à toujours posé problème depuis leur apparition. Tant que leur poids était modéré, le cheval pouvait tracter la pièce avec son avant-train, les pièces légères formant une véritable artillerie volante donc les RA des DLM sont les héritiers.

Avec l’augmentation du poids des pièces d’artillerie, leur transport en un seul fardeau par un atellage de chevaux devint impossible et après avoir choisit la solution temporaire du démontage de la pièce en deux fardeaux, on privilégia pour les pièces lourdes l’utilisation du tracteur à vapeur puis à moteur.
Lui aussi ne tarda pas à atteindre les limites pour les plus grosses pièces dont le déplacement par la route était possible mais nécessitait de tels efforts que l’investissement n’était guère rentable.

C’est là que la voie ferrée fût d’un précieux recours, permettant le déplacement et la mise en œuvre de pièces lourdes voir très lourdes nécessaires par exemple pour la neutralisation des forts. On se souvient qu’en 1914, les forts de Liège tombèrent sous les coups des canons de 305 et de 420mm.

L’artillerie française mit donc en œuvre de nombreuses pièces d’artillerie sur voie ferrée d’un calibre maximal de 400mm, l’armistice empêchant la mise en service de deux canons monstrueux de 520mm.

En septembre 1939, l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est toujours présente avec des pièces anciennes, son utilité même est remise en cause par les modernistes qui estiment non sans raison qu’avec l’aviation, l’artillerie lourde sur voie ferrée est à ranger au musée des antiquités militaires ce à quoi répondent ses défenseurs que l’ALVF peut elle tirer par tous les temps……….. .

Le général Villeneuve décide de maintenir cette capacité en la rationalisant en ne relançant pas dans un premier temps la fabrication de nouvelles pièces.

Canon de 164mm modèle 1893-96

Canon de 164mm modèle 1893-96

Canon de 164mm modèle 1893-96

Comme la totalité (ou peu sans faut) des pièces d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée, ce canon est une pièce d’origine marine, utilisée à bord des cuirassés Iena, Suffren et de classe République

Après avoir utilisée à de nombreuses reprises durant le premier conflit mondial, ce canon continue sa carrière durant la guerre de Pologne puisque quatre canons sont encore en service, formant la 12ème batterie du 4ème groupe du 374ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée.

Suite à la démobilisation de ce régiment, les pièces sont feraillés après avoir liquidé le maigre stock d’obus restant au cours d’écoles à feu intensives.

Caractéristiques Techniques du canon de 164mm modèle 1893-96

Calibre : 164.7mm (6.5 pouces) Poids du canon : 7040kg Poids de l’obus (explosif) 50.5kg (perforant) 52kg Longueur du tube : 7.4m Portée : 15400m avec l’obus perforant, 19000 avec l’obus explosif Cadence de tir : 3 coups/minute.

Canon de 194mm modèle 1870-93

Canon de 194mm TAZ modèle 1870/93

Canon de 194mm TAZ modèle 1870/93

Ce canon de 194mm est lui aussi une pièce de marine installée avec sa tourelle sur un affût truck et quand éclate la guerre de Pologne, vingt-quatre exemplaires sont en service au sein des Régiments d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée.

C’est le 374ème RALVF qui met en œuvre ces canons au sein des 1er, 2ème, 3ème et 6ème groupes, chaque groupe disposant de deux batteries de trois canons soit donc 24 canons en ligne.

Suite à la démobilisation de ce régiment, les pièces sont feraillés et le stock d’obus réutilisé par les régiments utilisant les 194 GPF.

Caractéristiques Techniques du canon de 194mm modèle 1870-93

Calibre : 194.4mm Poids total : 65000kg Poids de l’obus : 83kg Longueur du tube : nc Portée maximale 18300m (portée efficace 14680m) Elevation en site : -3° à +40° en azimut 360° Cadence de tir : 4 coups/minute

Canon de 240mm modèle 1884, modèle 1893-96 et modèle 1917

Plusieurs modèles de canons de ce calibre étaient utilisés par l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée en l’occurence le modèle 1884 utilisé à trois exemplaires par la 13ème batterie (5ème groupe 374ème RALVF), le modèle 1893-96M utilisé à huit exemplaires par les 10ème et 11ème batterie (4ème groupe 374ème RALVF) et le modèle 1917 utilisé à quatre exemplaires par la 14ème batterie (5ème groupe 374ème RALVF).

Suite à la démobilisation, ces canons sont retirés du service, démontés et stockés, les stocks d’obus étant transférés à l’Artillerie de position.

Caractéristiques du canon de 240mm modèle 1893-96

Calibre : 240mm Poids total de l’affût 140 tonnes Poids de l’obus :162kg Longueur du tube : nc Portée maximale 22700m Elevation : 0° à +40° Cadence de tir : 1 coup toutes les deux minutes.

Canon de 274mm modèle 1917G
Ce canon est à l’origine une pièce de marine utilisée notamment par les cuirassés Bouvet et Massena ou encore les garde-côtes Henri IV, Requin et Indomptable. Montés sur un affût truck, ils deviennent des modèle 1917G (G pour Guerre) et participent au premier conflit mondial.

Quand éclate la guerre de Pologne, huit canons sont mobilisés, le 372ème RALVF mettant en œuvre huit canons au sein des 10ème et 11ème batteries du 4ème groupe et le 373ème RALVF mettant en œuvre lui aussi huit canons au sein des 4ème et 5ème batteries du 2ème groupe.

Suite à la démobilisation et à la réorganisation de l’ALVF, ces canons aux stocks d’obus limités sont démontés et stockés.

Caractéristiques Techniques du canon de 274mm modèle 1917G

Calibre : 274mm Poids de l’affût : 152 tonnes Poids de l’obus : 237.50kg Longueur du tube : nc Portée maximale 29100m Elevation : inconnue Cadence de tir : inconnue.

Canon de 294mm modèle 1914

Ce canon existait à cinq exemplaires quand éclata la guerre de Pologne en septembre 1939. Quatre canons seulement furent mobilisés au sein du 371ème RALVF, formant la 10ème batterie du 3ème groupe.

Suite à la démobilisation et à la réorganisation de l’ALVF, ces canons aux stocks d’obus limités sont démontés et stockés (mais pas feraillés) même si leur remise en service est hautement improbable.

Canon de 305mm modèle 1906G et modèle 1906/10G

Ces canons sont des pièces de marine, ayant été utilisés par les Danton et les Courbet. En septembre 1939, on trouve six canons en ligne au sein de l’artillerie lourde sur voie ferrée en l’occurence trois canons modèle 1906G au sein du 372ème RALVF (5ème batterie 2ème groupe) et trois canons modèle 1906/10G au sein du 373ème RALVF (11ème batterie 3ème groupe).

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ces canons sont retirés du service, les affûts feraillés et les canons stockés au parc d’artillerie de Guipavas en compagnie des canons de 305mm des Courbet après leur désarmement.

En version marine, ce canon de 45 calibres tire des obus de 432 kg (perforants) et de 308kg (explosifs)  à une portée maximale de 27500m à raison de 1.5 à 2 coups par minute. Le poids du canon est de 20800kg, l’affût de 183 tonnes. Le canon peut pointer en site de +22° à +40° et en azimut sur 10°

Canons de 320mm

Canon de 320mm sur voie ferrée en action

Canon de 320mm sur voie ferrée en action

A la différence des canons précédents, ces canons ont été fondus pour la défense côtière et pour l’artillerie lourde sur voie ferrée et non d’anciennes pièces de marine réutilisées après désarmement des navires.

Plusieurs modèles ont cohabité durant le premier conflit mondial mais également durant la guerre de Pologne avec vingt pièces sortis des stocks pour montrer que la France avait toujours des muscles.

Le 372ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée dispose au sein du 2ème groupe d’une 4ème batterie avec 4 canons modèle 1917G.

Le 373ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée dispose d’un 3ème groupe avec les 7ème et 8ème batteries disposant chacune de quatre canons modèle 1870-30G et d’un 5ème groupe avec les 13ème et 14ème batteries disposant chacune de quatre canons modèle 1870-30G.

Suite à la réorganisation de l’Artillerie Lourde Voie Ferrée, les canons de 320mm restent en service, le 371ème RALVF disposant d’un 3ème groupe avec deux batteries de quatre pièces, le 372ème RALVF disposant lui aussi d’un 3ème groupe à deux batteries de quatre pièces. Les quatre pièces excédentaires servent pour l’entrainement et les tests.

Caractéristiques du canon de 320mm modèle 1870-90

Calibre : 320mm Poids de l’affût : 162 tonnes Poids de l’obus 387kg Longueur de l’affût : 101.10 Portée maximale 20500m Elevation : 0 à +40° Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes.

Caractéristiques du canon de 320mm modèle 1917

Calibre : 320mm Poids de l’affût : 178 tonnes Poids de l’obus 387kg Longueur de l’affût : 118.20 Portée effective 26200m Elevation : 0 à +40° Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes.

Canon de 340mm modèle 1912

Canon de 340mm modèle 1912

Canon de 340mm modèle 1912

Ce canon de 340mm est lui aussi une pièce de marine conçue pour les cuirassés de classe Bretagne, Normandie et Lyon mais seuls les trois cuirassés de la première classe nommée ont été construits, les Normandie n’étant pas achevés et les Lyon jamais mis sur cale.

Utilisés durant le premier conflit mondial comme pièce d’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon est toujours en service en septembre 1939 avec quinze pièces répartis entre deux régiments.

Le 372ème régiment dispose de onze pièces réparties entre le 1er groupe (deux batteries de deux pièces), le 2ème groupe (une batterie de 2 canons) et le 3ème groupe (deux batteries de deux pièces et une batterie avec un unique canon).

Le 373ème régiment dispose d’un groupe à deux batteries de deux canons.

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon reste en service au sein des régiments maintenus en ligne.

-Le 371ème RALVF dispose du 2ème groupe disposant de deux batteries de quatre pièces soit huit canons.

-Le 372ème RALVF dispose du 2ème groupe dispose de deux batteries de deux pièces et une batterie de trois pièces soit sept canons.

Tous les canons de 340mm restent en service. Pour obtenir un volant de réserve, les six canons de 340mm débarqués des cuirassés de classe Bretagne sont transférés à l’ALVF et précieusement stockés.

Caractéristiques Techniques du canon de 340mm modèle 1912

Calibre : 340mm Poids de l’affût : 164 tonnes Poids de l’obus : 432 kg Longueur de l’affût : 163m Portée maximale : 44000m Elevation : 0 à +40° Champ de battage : 4 à 6° Cadence de tir : 1 coup toutes les cinq minutes soit environ 12 coups par heure.

Canon de 370mm modèle 1915

Obusier de 370mm

Obusier de 370mm

Ce canon d’un calibre que nous qualifierons pudiquement d’acceptable est présent en septembre 1939 à six exemplaires au sein de l’artillerie lourde sur voie ferrée, six canons mis en œuvre par le 371ème régiment au sein de son 3ème groupe et plus précisément au sein des batteries n°7, n°8 et n°9.Suite à la réorganisation de l’ALVF à l’automne 1940, ces canons sont retirés du service, les canons sont stockés mais leurs affûts sont feraillés.

Caractéristiques du canon de 370mm modèle 1915

Calibre : 370mm Poids de l’affût 130 tonnes Poids de l’obus : 516 ou 710kg Longueur de l’affût : 98.50m Portée maximale : 16400m Portée effective 14600m Elevation en site : 0° à +65° Champ de tir azimutal 12° Cadence de tir : inconnue

Obusier de 400mm

Obusier de 400mm modèle 1916, la plus puissante pièce de l'ALVF en service

Obusier de 400mm modèle 1916, la plus puissante pièce de l’ALVF en service

Cet obusier sur rail était le plus gros calibre de l’artillerie lourde sur voie ferrée française à l’exception du canon de 520mm qui ne sera pas mobilisé en septembre 1939 et maintenu en réserve en cas de besoin.

Quand éclate la guerre de Pologne, vingt-deux canons de ce type sont en service au sein de deux régiments, le 371ème RALVF disposant de douze pièces réparties de manière égale au sein des 1er et 2ème groupes à raison de six batteries de deux canons (batteries numérotées de 1 à 6) et au sein du 372ème RALVF à raison pour ce dernier de deux groupes équipés, le 5ème groupe disposant des 13ème et 14ème batteries à deux canons alors que le 6ème groupe dispose des 16ème, 17ème et 18ème batteries à deux canons.

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon reste en service au sein des deux régiments maintenus en ligne, le 371ème RALVF disposant d’un 1er groupe équipé de huit obusiers en deux batteries, le 372ème RALVF disposant d’un 1er groupe lui aussi équipé de huit obusiers en deux batteries soit seize canons, les six autres étant stockés comme volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques de l’obusier de 400mm modèle 1915 et modèle 1916

Calibre : 400mm Longueur du tube : 10.65m Poids total : 140 tonnes Poids de l’obus 900kg Portée : 15000m

Canon de 240mm modèle 1944

Quand il arrive à la tête de l’armée française, le général Villeneuve à un mot à la bouche : modernisation. L’artillerie lourde sur voie ferrée appartenant plus au passé qu’à l’avenir, il semblait dit que le «Général Tornade» allait mettre l’ALVF au chômage technique.

Il n’est pas impossible qu’il y ait pensé un court instant mais au final, il préféra conserver cette capacité en la rationalisant pour forcer la ligne Siegfried qui à l’époque était vue comme l’équivalent de la ligne Maginot sans oublier une éventuelle percée dans les Alpes qui était le massif montagneux le plus fortifié du monde.

En 1944 alors que les pièces maintenues en service commençaient à accuser le poids des ans, le chef d’état-major général décida d’étudier la construction de nouveaux affûts d’artillerie sur voie ferrée.

Plusieurs hypothèses de travail furent étudiées comme l’acquisition de canons de 330 modèle 1931 ou de 380mm modèle 1935 pour les installer sur un nouvel affût plus moderne ou encore l’installation sur un affût-truck léger d’un canon de 194 GPF qui existait déjà en une version tractée et une version chenillée.

Finalement le gagnant fût le canon de 240mm modèle 1944, une reprise nettement modernisée (upgradée dirions nous aujourd’hui) du modèle 1884, les deux prototypes mis au point par l’établissement de Tarbes étant d’ailleurs à la base des modèles 1884.

Vingt-quatre canons sont ainsi commandés en juin 1944 pour former six batteries répartis entre le 373ème et le 374ème RALVF réactivés pour l’occasion et déployés dans le Sud-Est avec pour cible l’Italie, le premier étant basé à Grenoble et le second à Nice. .

Les pièces sont livrées entre septembre 1945 et juillet 1947, effectuant de nombreux tirs de recette sur la côte méditerranéenne et déployés à chaque pic de tension le long de la frontière italienne et même en Tunisie où une batterie de 4 pièces est envoyée en juillet 1948, officiellement pour exercices.

Caractéristiques Techniques du 240mm modèle 1944

Calibre : 240mm Poids total de l’affût 130 tonnes Poids de l’obus :1è2kg Longueur du tube :  50 calibres soit 12m Portée maximale 24800m Elevation : 0° à +45° Cadence de tir : 1 coup toutes les deux minutes.

21-Armée de terre (3)

Évolution générale de l’armement et des équipements

Le fusil Manufacture d'Armes de Saint-Etienne modèle 1936 dit MAS 36, fusil standard de l'armée de terre en 1948

Le fusil Manufacture d’Armes de Saint-Étienne modèle 1936 dit MAS 36, fusil standard de l’armée de terre en 1948

L’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm. Du moins en Métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm. Le 9mm est présent de façon marginale pour équiper certains pistolets mitrailleurs de prise ou certaines armes héritées du premier conflit mondial. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Le fusil mitrailleur Manufacture d'Armes de Chatellerault modèle 1924 modifié 29 dit FM modèle 1924/29

Le fusil mitrailleur Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) modèle 1924 modifié 29 dit FM modèle 1924/29

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et le 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et de certains véhicules.

Les canons antichars sont de trois calibres : 25, 47 et 75mm. Si le premier semble largement dépassé face aux chars allemands les plus lourds, de nouvelles munitions lui donnent un punch bienvenue face aux blindés légers qu’il pourrait rencontrer. Le 47mm reste encore redoutable et ne parlons pas du 75mm TAZ modèle 1939, une pièce que la Panzerwafe allait apprendre à redouter.

A noter qu’un projet de canon antichar de 90mm inspiré du canon de 90mm modèle 1939 fût étudié mais ne se concrétisa pas totalement . Toutefois les essais furent suffisamment poussés pour que la production en grande série soit rapidement lancée si le besoin s’en faisait sentir.
On trouve également des armes singulières comme des fusils antichars qui n’allaient pas tarder à être utilisés pour un tout autre usage que celui d’origine, un lance-fusée Brandt de 50mm et des grenades à fusils du même constructeur.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française.

Pour ce qui est de la défense antiaérienne, on trouve deux canons de moyen calibre, le Hotchkiss modèle 1939-40 de 25mm et le Schneider modèle 1941, certaines pièces étant tractées mais d’autres étaient montées sur camions, sur semi-chenillées voir même sur des châssis de chars déclassés.

L’artillerie de campagne connait également une profonde modernisation avec l’arrivée de nouveaux canons comme le canon de 75mm TAZ (Tous Azimut) modèle 1939  utilisable aussi bien pour le tir sol-sol que pour le tir antichar ou encore le canon de 155mm court Schneider modèle 1946, une variante remise au goût du jour du modèle 1917. De nombreuses pièces anciennes restent en service notamment dans les RAMF et les RAP chargés de soutenir les ouvrages de la ligne Maginot.

Pour ce qui est de l’ALVF (Artillerie Lourde sur Voie Ferrée), aucune pièce moderne n’est mise en service, seules les pièces les moins usées du premier conflit mondial sont maintenues en service au cas où il aurait fallut percer la ligne Siegfried ou les fortifications alpines défendant l’Italie.

Évolution générale des véhicules

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé. Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assure quelques missions secondaires), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en juin 1946 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concenter sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM Panhard modèle 1940.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.
Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindées) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.