Mitteleuropa Balkans (130) Yougoslavie (18)

Une histoire des forces armées en Serbie (2) : guerres balkaniques et première guerre mondiale.

Généralités

Le Royaume de Serbie va participer aux deux guerres balkaniques. Ces deux conflits véritables répétition de la première guerre mondiale sont les deux faces d’une même pièce avec d’abord des nations balkaniques unies pour chasser l’empire ottoman d’Europe puis des alliés d’hier devenus des ennemis d’aujourd’hui.

Un traité d’alliance serbo-bulgare est signé en mars 1912, Belgrade et Sofia voulant se partager le Vardar macédonien. En mai la Serbie signe un traité similaire avec la Grèce et en octobre c’est autour du Monténégro de signer un traité d’alliance militaire avec la Serbie.

Durant ces deux guerres la Serbie va conquérir le Kosovo _considéré comme le berceau de la nation serbe_, la Macédoine, le Sandjak de Novi Pazar. Le traité de Londres signé après la première guerre permet à la Serbie de s’emparer du Kosovo et du nord-ouest de la Macédoine.

Après la deuxième guerre qui voit la Bulgarie attaquer ses anciens alliés serbes et grecs, le traité de Bucarest permet à la Serbie de récupérer tout le Vardar macédonien. Elle aurait souhaité pouvoir disposer d’une fenêtre maritime sur l’Adriatique mais les grandes puissances préfèrent créer un royaume d’Albanie. La Serbie gagne 81% de superficie et 1.6 millions d’habitants (passant de 2.9 à 4.5 millions).

Comme nous l’avons à propos de la Bulgarie, la Serbie est aux premières loges durant le premier conflit mondial. Attaquée par les Empires Centraux, elle fait mieux que se défendre mais finit par craquer.

Commence alors une terrible Anabase en plein hiver dans les montagnes albanaises.. 400000 militaires et civils entament un véritable périple direction les ports albanais où des navires italiens parviennent à les évacuer en direction de Corfou. Seuls 120000 soldats (sur 135000) et 60000 civils (sur 280000) parviennent sur l’île grecque. Cela n’est pas finit car 11000 soldats et civils finiront par succomber des conséquences de cette odyssée.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe au moment de la 1ère guerre Balkanique.

1ère Armée

Le prince Alexandre de Serbie futur Alexandre 1er de Yougoslavie en tenue militaire serbe

Sous le commandement du prince héritier Alexandre (futur Alexandre 1er de Yougoslave), elle comprend les unités suivantes :

-Artillerie d’Armée : 1ère batterie d’obusiers, 6ème batterie de mortiers, 1ère, 2ème et 3ème batteries lourdes de 120mm

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie + artillerie divisionnaire

-Division de 1ère ligne «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 16ème RI, un régiment d’artillerie, une batterie d’artillerie de montagne et un régiment de cavalerie.

-Division de 1ère ligne «Drina» : 4ème, 5ème, 6ème, 17ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Danube» : 7ème, 8ème, 9ème et 18ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-Division de 2ème ligne «Danube» : 7ème RI (2ème ligne), 8ème RI (2ème ligne), 9ème RI (2ème ligne), 4ème régiment d’infanterie surnuméraire, trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème RI, 14ème RI, 15ème RI (tous régiments de 2ème ligne), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

2ème Armée

-Artillerie d’Armée : 1er régiment d’artillerie de montagne (moins une batterie détachée auprès de la division «Morava») et 2ème batterie d’obusiers

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI, un régiment d’artillerie et un régiment de cavalerie

-7ème DI «Rila» (Bulgarie) : 3 brigades

3ème Armée

Canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897 préservé en Serbie

-Artillerie d’Armée : 2ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème bataillon d’artillerie de montagne, 3ème batterie d’obusiers, 4ème batterie d’artillerie, 4ème batterie lourde (120mm)

-Cavalerie d’armée : deux escadrons d’armée

-Division de 1ère ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI, un régiment d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er RI (2ème classe), 2ème RI (2ème classe), 3ème RI (2ème classe), trois batteries d’artillerie, cavalerie divisionnaire

-Brigade 1ère ligne «Morava» 1er et 2ème régiments surnuméraires 9ème batterie d’artillerie détachée du régiment d’artillerie de la division «Morava», Cavalerie divisionnaire

-Détachements de Chetnik : Medveda, Kursumlija, Lukovo et Kolasin

Armée d’Ibar

-Division de 2ème ligne «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème RI (2ème classe), artillerie divisionnaire, cavalerie divisionnaire

-5ème régiment d’infanterie surnuméraire

-1er bataillon d’artillerie de montagne (2ème ligne)

-5ème batterie d’obusiers

-5ème batterie lourde

Brigade Javor

-3ème régiment d’infanterie surnuméraire, 4ème régiment d’infanterie (2ème classe), 3ème batterie (détaché de l’artillerie divisionnaire de la Division «Drina»), 4ème batterie d’artillerie de montagne (2ème classe), 1ère batterie d’artillerie de position Uzujcse, 6ème batterie lourde (120mm) et un escadron de cavalerie

Les batailles de l’armée serbe

Pour ce conflit les serbes ont mobilisé 230000 hommes. 5000 soldats serbes sont morts, 18000 sont blessés tandis que 6698 sont morts de maladie.

Du 3 au 5 novembre 1912 à lieu entre serbes et ottomans la bataille de Prilep. Les troupes serbes submergent les troupes ottomanes qui n’ont d’autre choix que de se replier. Les pertes serbes sont cependant très lourdes avec 2000 morts et blessés contre 1200 morts et blessés de l’autre côté.

Du 16 au 19 novembre 1912 à lieu la bataille de Monastir. Environ 100000 serbes affrontent 40000 ottomans. Après sa défaite à Kumanovo, les ottomans se replient et se regroupent autour de Bitola, objectif de la 1ère Armée serbe.

Cette dernière est durement accrochée par l’armée ottomane qui dispose d’une nette supériorité en artillerie ce qui compose son infériorité numérique.

Les serbes doivent attendre l’arrivée de leur propre artillerie pour contrebattre l’artillerie ottomane qui est neutralisée le 18. Bitola tombe le lendemain. Les serbes contrôlent alors tout le sud-ouest de la Macédoine dont la ville d’Ohrid.

Certains serbes auraient voulu poursuivre vers le sud et Thessalonique mais le commandant serbe, le général Pvanik refuse car il craint de provoquer l’Autriche-Hongrie qui n’avait pas vraiment envie d’une Serbie surpuissante ayant une fénètre sur la mer Egée et sur la mer Adriatique.

De toute façon les grecs et les bulgares étaient déjà là et nul doute qu’Athènes comme Sofia n’auraient pas vraiment voulu d’un troisième crocodile dans le marigot.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

Du côté des serbo-monténégrins, les monténégrins assiègent puis capturent la firme de Skohdra (auj. Skhoder sur le lac du même nom).

Comme nous le savons le partage des dépouilles ottomanes à dégénéré entrainant un nouveau conflit entre la Bulgarie et ses anciens alliés rejoints par des ottomans revanchards.

Le 1er juin 1913 est signé un traité entre la Grèce et la Serbie. Les deux pays disposent d’une frontière commune et signent un pacte d’assistance militaire mutuelle.

La Bulgarie attaque le 29 juin 1913 la Serbie et la Grèce. Le Monténégro, l’Empire ottoman mais aussi la Roumanie vont intervenir ultérieurement.

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui provoque de nombreuses pertes.

Belgrade mobilise 348000 hommes, perdant au fnal 9000 tués au combat, 5000 des suites de maladie et 36000 blessés.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1930, les bulgares attaquent l’armée serbe sur la rivière Bregalnica, un affluent majeur du Vardar mais aussi l’armée grecque à Nigrita. Les serbes tiennent bon et sont bientôt rejoints par les monténégrins. L’armée grecque l’emporte également dans ses propres affrontements contre les bulgares.

La bataille de Bregalnica est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie.

C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec plus de 20000 morts et blessés côté bulgare et 16620 pertes dont 3000 tués côté serbo-monténégrin.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu». C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis.

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre. Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale et aboutiront in fine au retour de la paix.

Ordre de bataille de l’armée royale serbe en 1914

Quand éclate le premier conflit mondial, la Serbie mobilise plusieurs armées pour faire face aux futures attaques des Empires Centraux et notamment de l’Autriche-Hongrie.

NdA dans cet ordre de bataille je n’ai que les régiments d’infanterie au sein des divisions. J’ignore si les divisions comprennent également des unités de cavalerie et d’artillerie mais cela semble probable.

1ère Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de Cavalerie : 1er,2ème, 3ème et 4ème régiments de cavalerie

-Division de 1ère ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème et 20ème RI (1ère classe)

-Division de 2ème ligne «Timok» : 13ème, 14ème, 15ème RI (2ème classe)

-Division de 2ème ligne «Morava» : 1er, 2ème et 3ème RI (2ème classe)

-Détachement Branicevo (issu de la division de 2ème ligne «Dunav») avec des éléments des 7ème, 8ème, et 9ème RI (2ème classe) ainsi que du 9ème RI (1ère classe) sans oublier les 8ème et 9ème RI (3ème classe).

2ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Morava» : 1ère, 2ème, 3ème et 18ème RI (1er rang)

-Division Combinée de 1er rang : 1er, 2ème, 5ème et 6ème RI surnuméraires

-Division de 1er rang «Sumadija» : 10ème, 11ème, 12ème et 19ème RI

-Division de 1er rang «Dunav» : 7ème, 8ème et 18ème RI + 4ème RI surnuméraire

3ème Armée

-Artillerie d’Armée

-Division de 1er rang «Drina» 5ème, 6ème et 17ème RI (1er rang) 3ème RI surnuméraire (1)

-Division de 2ème ligne «Drim» 5ème et 6ème RI (2ème classe), 6ème RI (3ème classe), 1er bataillon du 5ème RI (3ème rang)

-Détachement Obrenovac : 7ème RI (3ème rang), deux bataillons du 5ème RI (3ème rang)

Détachement de Tchetnik Jadar

Groupe d’Armée Uzice

-Artillerie d’Armée

-Division de 2ème rang «Sumadija» 10ème, 11ème et 12ème RI (2ème rang), 4ème RI (1er rang)

-Brigade Uzice : 4ème RI (2ème rang), 4ème RI (3ème rang)

-Différents détachements : Détachement Lim, Détachement Chetnik Zlatigor, Détachement Tchetnik Gornjak

Les batailles de l’armée serbe durant le premier conflit mondial

La terrible anabase de l’armée serbe dans les montagnes albanaises

Epique tel pourrait être le mot pour définir les combats de l’armée serbe durant le premier conflit mondial. Après une brillante résistance l’épuisement provoque un effondrement du dispositif militaire serbe.

L’armée accompagné de la cour et des civils entame une véritable anabase à travers les montagnes albanaises, une retraite épique en plein hiver qui provoqua des dizaines de milliers de morts civils et militaires. Même après l’évacuation depuis les ports albanais en direction de Corfou entraina des morts supplémentaires, certains soldats et certains civils ne supportant pas les conséquences du froid, du manque de nourriture, du stress….. .

Du 28 juillet 1914 au 15 décembre 1915 à lieu la Campagne de Serbie. L’armée serbe mobilise 420597 hommes auxquels vont s’ajouter 50000 monténégrins. Ces effectifs vont tomber à 250/270000 et 48300 respectivement.

L’armée serbe n’est pas en très grande forme. Elle ne s’est pas encore remise des pertes durant les deux guerres balkaniques et manque d’armes modernes.

Le 29 juillet au lendemain de la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, Belgrade est bombardée par l’artillerie austro-hongroises. Il faudra attendre le 12 août pour que la rivière Drina soit franchie par les soldats de la Double-Monarchie.

L’Autriche-Hongrie avait prévu le déploiement de trois armées contre la Serbie (2ème, 5ème et 6ème) pour des effectifs globaux dépassant plus de 500000 hommes mais l’entrée en guerre plus rapide de la Russie avait contraint Vienne à redéployé à l’est la 2ème Armée, faisant retomber les effectifs à 285000 hommes. Comme ce redéploiement prenait des temps des éléments de la 2ème Armée on pu être engagés sur le front serbe.

La 5ème Armée austro-hongroise attaque la Serbie depuis la Bosnie avec le soutien d’éléments de la 2ème Armée venue de Syrmia. La 6ème Armée était déployée dans le sud de la Bosnie mais ne pouvait pas attaquer immédiatement.

Le commandant des troupes austro-hongroises, le général Potiorek veut aller vite mais commet deux erreurs principales : ne pas engager tous ces moyens et attaquer non pas par les plaines du Nord mais à l’ouest dans une région montagneuse nettement plus difficile.

Cela aurait pu néanmoins marcher puisque d’abord les serbes pensent à une attaque de diversion mais quand le maréchal Putnik comprend qu’il s’agissait de l’attaque avec un grand D il engage les 2ème et 3ème Armée qui après quatre jours de violents combats oblige les troupes austro-hongroises à se battre en retraite. Ces premiers combats ont valu à l’Autriche-Hongrie 23000 pertes (tués, blessés et prisonniers) et à la Serbie 16500 pertes.

Sous la pression des alliés, l’armée serbe va engager sa première armée dans une offensive limitée au delà de la Sava c’est à dire dans la région austro-hongroise de Syrmie. Il s’agit surtout de ralentir l’envoi sur le front russe de la 2ème armée.

Ce fût un échec avec 6000 pertes côtés serbes contre des pertes ennemies estimées à seulement 2000 hommes.

Le 7 septembre 1914 les austro-hongrois repassent à l’attaque depuis l’ouest en franchissant la Drina avec les 5ème et 6ème armées. C’est la 5ème attaque qui lança une première offensive mais elle est repoussée par la 2ème armée serbe provoquant 4000 pertes. En revanche cela se passa mieux pour la 6ème armée plus puissante qui parvint à prendre par surprise la 3ème armée serbe.

Des unités de la 2ème armée serbe ayant renforcé la 3ème, la 5ème armée austro-hongroise repassa à l’offensive dans l’espoir d’obtenir une tête de pont. Cette attaque obligea la 1ère Armée à stopper son offensive en Autriche-Hongrie pour engager une féroce contre-attaque contre la 6ème armée avec là encore des résultats mitigés des deux côtés. On enregistre de lourdes pertes des deux côtés.

Le front se stabilise mais les serbes manquent de tout et surtout d’artillerie lourde. Une offensive serbo-monténégrine est lancée en Bosnie pour soulager la pression sur le front principal mais cela est un échec.

Face à une armée serbe affaiblie, les austro-hongrois repassent à l’attaque le 5 novembre 1914, l’armée serbe se repliant en bon ordre, offrant une solide résistance sur les rives de la rivière Kolubara mais le manque de munitions d’artillerie poussa à une retraite qui obligea les serbes à abandonner la capitale Belgrade où les troupes de la Double-Monarchie entrent le 2 décembre 1914.

Les austro-hongrois sentant les serbes sur le point de craquer décident de déplacer la 5ème armée dans la région de Belgrade pour frapper le flanc droit serbe mais ce choix avait l’inconvénient de laisser la 6ème armée seule pendant quelques jours.

Les serbes ne laissent pas passer leur chance et lancent toutes leurs forces le 3 décembre contre la 6ème Armée. La 5ème armée austro-hongroise arrive trop, les 2ème et 3ème armées serbes submergeant la 6ème armée. Les austro-hongrois n’ont d’autre choix que se replier au delà des rivières. Belgrade est reprises le 15 décembre 1914 ce qui marque la fin de la première phase de la campagne de Serbie.

Cette première phase se termine par un retour à la situation d’avant conflit mais les pertes sont énormes, bien plus importantes que dans les conflits précédents avec près de 170000 pertes côté serbe alors que les austro-hongrois ont perdu environ 215000 hommes.

Il va falloir attendre près d’un an pour que l’offensive reprenne. Cette fois ce sont les austro-hongrois, les allemands et les bulgares qui passent à l’offensive. C’est le 7 octobre 1915 que les troupes germano-austro-hongroises franchissent les rivières Drina et Sava. Deux jours plus tard après d’intenses combats de rue la capitale serbe est prise.

Le 14 octobre 1915 les bulgares attaquent à leur tour, la 1ère Armée bulgare bat la 2ème armée serbe à la Bataille de Morava tandis que la 2ème armée bulgare l’emporte sur les serbes à la Bataille d’Ovche Pole.

Si les serbes n’avaient eu qu’à affronter les germano-austro-hongrois ils auraient pu s’en sortir mais avec les bulgares cela devenait impossible. Les troupes serbes tentèrent d’abord de rejoindre les troupes alliées présentes en Grèce mais cela ne pu se faire et les serbes n’eurent d’autre chois que d’entamer une terrible retraite, une terrible anabase en direction de l’Albanie.

Cette retraite se fit dans des conditions dantesques avec de nombreux civils, un temps épouvantable et l’attaque de bandes armées albanaises qui se vengeaient de massacrés menés durant les guerres Balkaniques.

Seuls 155000 serbes (beaucoup de militaires mais aussi des civils) ont réussi à atteindre les ports albanais. Avec l’aide des navires alliés ils ont pu être évacués vers Corfou et d’autres îles grecques où ils purent reprendre des forces avant d’être réengagés sur le front macédonien. Certains rescapés décédèrent des mois après la fin de l’évacuation le 10 février 1916, le maréchal Putnik succombant à l’épuisement 15 mois plus tard en France.

Cette campagne de Serbie se termine par de lourdes pertes avec 67000 pertes du côté des Empires Centraux contre 94000 tués et blessés côté serbe auxquels il faut ajouter 174000 prisonniers (dont 70000 blessés).

Une fois évacués les soldats serbes vont être réentrainés et rééquipés pour occuper le front de Macédoine.

Après l’offensive bulgare de l’été 1916, les alliés lancent une contre-attaque le 12 septembre 1916. C’est la Bataille de Kaymakchalan (12 au 30 septembre 1916) menée essentiellement par les serbes.

Cela se termine par une victoire tactique des serbes mais les pertes sont lourdes des deux côtés. Les bulgares et les allemands qui ont perdu 60000 hommes évacuent Bitola. Le front à clairement reculé de 40km.

Après un hiver 1916/17 calme, les opérations vont reprendre au printemps 1917. l’Armée alliée d’Orient voit ses effectifs portés à 24 divisions avec six divisions françaises, six divisions serbes, sept divisions britanniques, une division italienne, trois divisions grecques et deux brigades russes.

Tout comme sur le Chemin des Dames, l’offensive alliée lancée au printemps est un échec et après de lourdes pertes pour des gains minimes, le haut-commandement allié décide d’arrêter les frais le 21 mai 1917.

A l’automne 1918, les alliés alignent une Armée d’Orient composée de cinq divisions d’infanterie françaises, une division d’infanterie italienne et deux divisions grecques, deux Corps d’Armée serbes regroupant huit divisions d’infanterie dont deux françaises plus une division de cavalerie, Un groupe de divisions avec une division coloniale (française), une division grecque et une division britannique, une Armée britannique de Salonique avec deux corps d’armées regroupant trois divisions britanniques et deux divisions grecques et enfin l’Armée Grecque composée de deux corps d’armée soit un total de six divisions d’infanterie dont une à l’entrainement.

De leur côté les Empires Centraux alignent sur le front de Salonique la 11ème armée allemande (deux corps d’armées, sept divisions majoritairement bulgares), la 1ère armée bulgare (trois divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie), la 2ème armée bulgare (trois divisions d’infanterie) et la 4ème armée bulgare qui dispose d’une division d’infanterie et d’une division de cavalerie.

La France veut lancer une offensive majeure mais il faut un accord politique avant de passer à l’action. Cela prend du temps et ce n’est qu’à l’automne 1918 que tout va se débloquer.

A cette époque les effectifs sont équilibrés (291 bataillons côté alliés contre 310 de l’autre côté) mais le conflit à clairement choisit le camp de l’Entente surtout depuis l’échec des offensives allemandes du printemps.

Du 15 au 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dobro Pole. Elle oppose deux divisions bulgares à trois divisions françaises, deux corps d’armées serbes et trois divisions grecques. C’est le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front. La Bulgarie va capituler le 29 septembre 1918.

Disposant de 420000 hommes au début de la guerre, la Serbie tombe à tout juste 100000 hommes à la fin du premier conflit mondial. Selon des chiffres publiés en 1924 la Serbie à perdu au total 365164 soldats soit 26% du personnel mobilisé, plus du double des autres belligérants. On trouvait également 114000 gueules cassées et 500000 orphelins.

Mitteleuropa Balkans (113) Yougoslavie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS

VOLUME 4 : YOUGOSLAVIE

AVANT-PROPOS

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 30 octobre 2020 j’ai terminé la Roumanie (Tome 11 vol.3) ce qui portant le total de pages écrites à 9080 pages

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

Ce Tome 11 disposera de six volumes, le premier consacré à la Hongrie, le deuxième consacré à la Bulgarie, le troisième consacré à la Roumanie, le quatrième à la Yougoslavie, le cinquième à la Grèce et enfin le sixième à l’Etat indépendant de Slovaquie apparu au printemps 1939 suite au démantèlement de ce qui restait de la Tchécoslovaquie. Comme pour le tome 10 il y aura des nations alliées et des nations ayant appartenu à l’Axe.

L’organisation sera différente selon les volumes. Si le volume 1 ne possédait pas de partie marine, si le volume 6 consacré à la Slovaquie n’en possèdera pas non plus (et pour cause !), les volumes 2 à 5 consacré respectivement à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Yougoslavie et la Grèce posséderont une partie consacrée à la marine qui fera suite à la partie traditionnelle consacrée à l’histoire générale.

La troisième partie sera consacrée à l’armée de terre avec d’abord une partie sur l’histoire militaire du pays, une partie sur l’organisation générales et des plus ou moins grandes unités et enfin une partie sur l’armement et les véhicules. Je terminerai par une partie consacrée à l’armée de l’air, son histoire, son organisation et son équipement.

Après cette partie consacrée au plan général revenons un peu sur l’histoire avec un grand H. J’ai eu du mal à définir l’étendue géographique qui est nettement moins évidente que celles des deux derniers tomes (Scandinavie, Benelux). J’ai finalement choisit «Mitteleuropa et Balkans» soit en français «Europe du milieu et Balkans».

Tout comme le terme Scandinavie il est peut être inapproprié pour les puristes mais je pense que c’est pas mal (j’avais un temps pensé à «Europe danubienne et balkanique» mais cela ne me satisfaisait pas totalement).

Mis à part peut être la Grèce ces pays ont un point commun celle d’avoir été gravement impactés par la première guerre mondiale et les traités qui y ont mis fin.

Nous avons d’abord les pays vaincus comme la Hongrie et la Bulgarie qui ont souffert de traités particulièrement musclés notamment le pays des magyars qui passa du statut de puissance majeure au sein d’une double-monarchie austro-hongroise au statut d’une puissance de second ordre enclavée en Europe centrale. La Bulgarie avait du également rendre des comptes aux alliés occidentaux pour s’être alliée aux empires centraux.

La Yougoslavie était elle un des états issus de l’éclatement de l’empire austro-hongrois en compagnie de la Tchécoslovaquie et partiellement de la Pologne. De cet état tchécoslovaque naquit au printemps 1939 un état slovaque souverain, une souveraineté biaisée par le fait que Bratislava devait tout à l’Allemagne.

La Roumanie et la Grèce en revanche avaient appartenu au camp des vainqueurs même si leur participation à la première guerre mondiale à été plutôt limitée, Bucarest livrant une prestation catastrophique et ne devant son salut qu’à une preste assistance alliée (et surtout française) alors qu’Athènes fût engagée contrainte et forcée dans le conflit, sa participation étant parasitée par un conflit entre un premier ministre pro-allié (Venizelos) et un roi pro-allemand (Constantin 1er).

Dans l’immédiat après guerre cette région est traversée par de vigoureuses secousses entre Blancs et Rouges, entre pro-allemands et pro-alliés. C’est aussi le théâtre d’une lutte d’influence où la France tente de nouer un réseau d’alliance pour contre une réémergence de la menace allemande et pour tendre un cordon sanitaire contre la Russie bolchevique. Pas étonnant que ces différents pays aient connu pour la plupart des régimes autoritaires souvent réactionnaires parfois fascisants.

C’est l’acte de naissance de la Petite Entente. Les français n’en sont pourtant pas à l’origine puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signent un accord d’assistance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon le 4 mai 1920.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix.

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Suite aux renoncements français de la fin des années trente, ces pays vont davantage se tourner vers l’Allemagne.

Nul doute que si la guerre de Pologne était devenu un conflit mondial nul doute que cette région aurait durablement échappé aux alliés. Son arrêt brutal en décembre 1939 permet à Paris et à Londres de remettre l’ouvrage sur le métier.

Plus facile à dire qu’à faire puisque si la réputation dégringole par l’ascenseur, elle remonte par l’escalier. Il faudra du temps, de la patience, du doigté et un soupçon de chance pour rendre la région moins hostile aux alliés.

C’est ainsi que des accords formels de coopération et d’assistance militaires sont signés avec la Yougoslavie et la Grèce, le premier étant signé à Belgrade le 14 septembre 1945 et le second à Athènes le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce. L’envoi de généraux ayant été aux manettes de l’armée française est très apprécié par les gouvernements concernés qui y voient une profonde marque de respect.

Quand la guerre s’annonce inévitable à très court terme la région concernée par ce tome se partage entre pays pro-alliés mais sans excès (Yougoslavie, Grèce), des pays clairement pro-allemands (Hongrie, Slovaquie, Roumanie) et une Bulgarie qui accepte de se faire courtiser par les deux camps tout en veillant à ne pas se mettre à dos la Russie qui bien que communiste est toujours considérée par nombre de bulgares comma la Troisième Rome, protectrice des slaves.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948 ces différents pays mobilisent mais ne s’engagent pas directement dans le conflit. Question de temps dirions nous…… .

***

Ce volume 4 concerne donc la Yougoslavie (initialement Royaume des Serbes Croates et Slovènes), l’un de ces pays nés de la fin de la première guerre mondiale qui avait entrainé l’implosion de la Double-Monarchie austro-hongroise.

C’était la réalisation d’un rêve de voir tous les Slaves du Sud (Yougo-Slaves) être réunis dans un même état. Seulement voilà cet état à été construit autour d’un royaume existant, le royaume de Serbie qui après une première guerre mondiale où elle souffrit mille morts était bien décidé à réaliser à son profit cette union.

Alexandre 1er de Yougoslavie

Les tiraillements vont commencer immédiatement. En 1929 le nouvel Etat prend officiellement le titre de Royaume de Yougoslavie sous l’autorité d’Alexandre 1er qui allait être assassiné cinq ans plus tard à Marseille en compagnie du ministre français des affaires étrangères Louis Barthou.

Quand éclate la guerre de Pologne la Yougoslavie sous l’autorité de Pierre II fils d’Alexandre 1er est au bord du gouffre.

On craint même un effondrement du pays et une nouvelle implosion comme vingt ans plus tôt avec l’Autriche-Hongrie. Nul doute qu’une invasion étrangère qu’elle soit italienne, allemande ou d’un des pays voisins aurait provoqué la fin du jeune royaume.

Le retour d’une paix fragile en Europe est vue comme un signe du destin. Ce qu’on pourrait appeler des hommes de bonne volonté tentent de réformer le royaume en évitant les écueils nationalistes non sans quelques prometteurs résultats.

Sur le plan de la politique étrangère comme nous l’avons vu la Yougoslavie se rallie non sans hésitations au camp allié mais sans excès et craignant toujours une agression italienne ou allemande.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 la Yougoslavie décide de mobiliser pour faire face à tout éventualité. A cette époque Belgrade craint surtout une invasion italienne couplée avec un soulevement croate.

C’est pour cela que malgré leur volonté hégémonique les serbes sont obligés de ménager les croates de peur que Mussolini n’en profite pour s’emparer de la Dalmatie que Rome convoite depuis des années.

En juillet 1949 les allemands qui souhaitent sécuriser le flanc sud de l’opération BARBAROSSA et accessoirement sortir les italiens du guépier grec lancent l’opération MARITSA, une offensive destinée à neutraliser la Yougoslavie et la Grèce.

En dépit de craintes d’une trahison générale les slovènes comme les croates se battent bien dans l’ensemble. Il y à certes des désertions, des unités qui se rendent sans combattre mais la situation n’est pas aussi désastreuse que le gouvernement yougoslave avait pu le craindre.

Voilà pourquoi si la Yougoslavie à été occupée l’armée de Pierre II n’à pas démérité et va pouvoir préparer la revanche non sans difficultés.

En dépit des suppliques du gouvernement yougoslave en exil le front balkanique à toujours été considéré comme secondaire, les offensives sont tardivement lancées avec des moyens limitées qui remportent des résultats assez probants.

La Yougoslavie est libérée mais à quel prix ! Le pays est ruiné et si les monarchistes ont damné le pion aux communistes ils ne savent pas encore que ce n’est que partie remise.

Mitteleuropa Balkans (75) Roumanie (5)

La Constitution de 1866

Généralités

Le 13 juillet 1866 une assemblée constituante adopte une nouvelle constitution. Inspirée de la constitution belge (considérée comme la plus libérale d’Europe) elle à été néanmoins substantiellement modifiée par Carol 1er mais aussi en 1879 quand sous la pression des puissances occidentales, l’article 7 est modifié même si les non-orthodoxes restent des citoyens de seconde zone.

En 1884 le nombre de collèges électoraux est réduit à trois et en 1917 le système basé sur les collèges électoraux est aboli, le droit de propriété est affaibli pour permettre la mise en place d’une réforme agraire. En 1923 une nouvelle Constitution sera adoptée.

La constitution installe une monarchie constitutionnelle. Elle impose le principe de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté nationale. Le pouvoir législatif est exercé par la Prince et le Parlement (composé de la Chambre des Députés et du Sénat) alors que le pouvoir exécutif est exercé par le Prince et par ses ministres.

Le Prince légue ses pouvoirs constitutionnelles à ses descendants mâmes par ordre de primogéniture et à l’exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance. Sa personne est inviolable mais ses actes doivent être contresignés par un ministre.

Le Prince est le chef de l’armée, il nomme et révoque les ministres, sanctionne et promulgue les lois, nomme ou confirme dans toutes les fonctions publiques, il conclut avec les Etats étrangers les conventions de commerce et de navigation, il à le droit d’amnistie, de conférer les grades militaires et le droit de battre monnaie. De plus il ouvre et clôt les sessions du Parlement qu’il peut convoquer d’urgence ou dissoudre.

De nombreux droits et de nombreuses libertés sont reconnues, la peine de mort est abolie en temps de paix et la propriété privée est considérée comme sacrée et inviolable.

L’Église orthodoxe roumaine reçoit un statut supérieur (« la religion dominante de l’État roumain ») , tandis que l’article 7 interdit aux non-chrétiens d’obtenir la nationalité roumaine (ce qui affectait surtout les Juifs).

La Constitution de 1866 : éléments à retenir

Comme toutes les constitutions de l’époque c’est un texte très long avec 132 articles répartis en huit titres (Titre premier. Du territoire de la Roumanie, Titre II. – Des droits des Roumains, Titre III. – Des pouvoirs de l’État, Titre IV. – Des finances, Titre V. – De la force armée, Titre VI. – Dispositions générales, Titre VII. – De la révision de la Constitution et Titre VIII. – Dispositions transitoires et supplémentaires).

Le premier titre comprend quatre articles et concerne les frontières ainsi que l’organisation administrative du pays. Chaque modification doit passer par la loi.

Le deuxième titre va des articles cinq à trente et concernent les droits et les devoirs des roumains qui bénéficient sur le papier de nombreuses libertés. Je dis bien sur le papier car en pratique ce sera très différent. L’article 12 ne reconnaît aucun titre ni privilège nobiliaire alors que l’article 13 garantie la liberté individuelle de chacun.

L’article 18 prévoit que la peine de mort ne sera applicable qu’en temps de guerre alors que l’article 19 reconnaît le droit de propriété et que l’article 21 reconnaît la liberté de conscience et la liberté de culte tout en admettant que «La religion orthodoxe d’Orient est la religion dominante de l’État roumain». L’article 24 reconnaît la liberté de la presse et l’article n°25 la liberté de réunion.

Le titre III va des articles 31 à 107 et concerne l’organisation des pouvoirs de l’Etat. Ces articles organisent le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

Les députés au nombre de 58 sont élus au suffrage censitaire dans chaque département, le dit électorat étant divisé en quatre collèges (article 58 à 63) avec le premier collège (individus ayant un revenu foncier de 300 ducats minimum), un deuxième collège (100 à 300 ducats), un troisième collège (commerçants et industriels qui payent une contribution de 80 piastres, certaines catégories étant exemptés comme les professions libérales, les officiers en retraite, les professeurs et les pensionnaires de l’état) et le quatrième collège (les autres contributeurs de l’état).

Pour être éligible (article 66) il faut être roumain de naissance ou avoir reçu la grande naturalisation, jouir des droits civils et politiques, être âgé de 25 ans et être domicilié en Roumanie. Les députés selon l’article 67 sont élus pour quatre ans.

Les membres du Sénat sont élus pour huit ans (renouvelé par moitié tous les quatre ans) à raison de deux par département auxquels il faut ajouter un sénateur choisit par les professeurs de l’université de Jassy et un sénateur choisit parmi les professeurs de l’université de Bucarest. Pour être élu sénateur il faut avoir au moins 40 ans et avoir un revenu minimal de 800 ducats. L’article 75 prévoir les personnes dispensées du paiement de ce cens, essentiellement des élus et les militaires. Le prince héritier est membre de droit à 18 ans (mais ne peut voter qu’à 25 ans) ainsi que les métropolitains et les évêques diocésains.

Carol 1er de Roumanie, prince de Roumanie de 1866 à 1881 puis roi de Roumanie de 1881 à 1914

Le Prince de Roumanie doit être issue de la descendance directe et légitime de Charles 1er de mâle en mâle. Ses héritiers sont relevés dans la religion orthodoxe. En cas de vacance du trône, les deux assemblées se réunissent dans les huit jours et élisent un prince dans une des dynasties souveraines d’Europe occidentale.

Il exerce le pouvoir exécutif, les ministres sont responsables devant lui et tous les actes du Prince doivent être contresignés par un ministre. Il sanctionne et promulgue la loi, dispose du droit d’amnistie et du droit de grâce. Il est chef des armées et signé des traités avec les pays étrangers.

Le titre IV qui concerne les finances couvre les articles 108 à 117 et précise la percetion de l’impôt et le vote du budget.

Le Titre V (article 118 à 123) concerne les forces armées avec notamment la question de la conscription. Le Titre VI concerne les dispositions générales (drapeaux, capitale….) et couvre les articles 124 à 128. Le titre VII concerne le mécanisme de révision de la constitution (article 129) alors que le titre VIII couvre des dispositions transitoires et supplémentaires (article 130 à 132).

Le Royaume de Roumanie (1) (1881-1918)

Les rois de Roumanie

Carol 1er

Statue de Carol 1er en plein centre de Bucarest

Carol 1er de Roumanie est donc le premier roi de Roumanie. Né le 20 avril 1839 à Sigmaringen sous le nom de Karl Eitel Friedrich Zephyrinus Ludwig von Hohenzollern-Sigmaringen, il est le fils de Karl Anton vont Hohenzollern-Sigmaringen et de Josephine de Bade. Petit-fils d’Antoinette Murat par son père, il descendait du grand maréchal de Napoléon puisqu’Antoinette était la nièce de feu Joachim 1er de Naples.

Il entre à l’Ecole de Cadet de Munster puis en 1857 assiste aux cours de l’école d’artillerie de Berlin. Jusqu’à son élection comme domnitor, il est officier dans un régiment de dragons, participant à la deuxième guerre des duchés contre le Danemark et aux côtés de l’Autriche.

Marié à Elisabeth de Wied à partir de 1869, il n’aura qu’une fille, Marie de Roumanie (1870-1874) ce qui explique que son successeur fût son neveu Ferdinand après les renoncements successifs de son père et de son frère ainé.

Le 20 avril 1866 il est élu prince-souverain (domnitor) des principautés unies de Roumanie après la destination d’Alexandre Jean 1er Cuza. Après quinze ans comme prince-souverain, il est proclamé roi de Roumanie le 26 mars 1881, premier roi de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen.

Sous son règne la Roumanie profite de la guerre russo-ottomane (au cours de laquelle il commande lui même son armée) pour devenir indépendante (1877) puis devient un royaume en 1881. Sur le plan politique, un bipartisme libéraux contre conservateurs se met en place mais la différence ne saute pas forcément aux yeux puisqu’ils sont tous issus de la classe des grands propriétaires terriens. En 1888 et 1907 deux jacqueries secouent la Roumanie signe que le problème de la terre reste lancinant dans ce jeune pays.

Quand éclate le premier conflit mondial, Carol 1er veut engager la Roumanie du côté des Empires centraux et ainsi respecter l’alliance conclue avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie en 1883. Oui mais voilà l’opinion publique roumaine est plutôt favorable à l’Entente.

Il finit par choisir la neutralité en raison notamment de l’hostilité viscérale des roumains vis à vis de l’Autriche-Hongrie, la Double-Monarchie contrôlant la Transylvanie où vit une importante minorité roumaine, minorité sans réels droits politiques et soumis à une politique de magyarisation.

Selon certains c’est ce dilemme qui provoqua sa mort le 10 octobre 1914 à l’âge de 75 ans (soit un âge avancé pour l’époque). Son neveu Ferdinand marié à Marie d’Edimbourg lui succède sur le trône de Roumanie.

Ferdinand 1er

Ferdinand 1er

Ferdinand 1er (Sigmaringen 24 août 1865 Sinaia 20 juillet 1927) est le deuxième roi de Roumanie, régnant de 1914 à 1927.

Fils de Léopold (1835-1905), prince de Hohenzollern-Sigmaringen et d’Antonia du Portugal (1845-1913), il est le neveu de Carol 1er et son successeur désigné depuis 1886 en raison du fait que son oncle n’à aucun héritier, son seul enfant Marie de Roumanie étant morte à l’âge de quatre ans.

Le 10 janvier 1893 il épouse Marie d’Edimbourg (1875-1938), fille d’Alfred de Saxe-Cobourg et Gotha, duc d’Edimbourg et de la grande-duchesse Maria-Alexandrovna de Russie. De cette union naissent six enfants, le futur Carol II (1893-1953) roi de Roumanie de 1930 à 1940, Elisabeth (1894-1956), Marie (1900-1961), Nicolas (1903-1978), Ileana (1909-1991) et Mircea (1913-1916).

Agé de 48 ans à son événement, il est moins germanophile que son oncle mais nul doute que l’entrée en guerre de la Roumanie contre son pays natal en 1916 à du être une sorte de cas de conscience. Il semble que le gouvernement de Bratianu l’à poussé à la guerre aux côtés de l’Entente.

Il voit donc son pays d’adoption subir une terrible défaite qu’il encaissera avec dévouement devenant aux yeux des roumains «Ferdinand le loyal».

Néanmoins en 1918 il aurait été proche d’accepter la couronne de Hongrie offerte par la noblesse hongroise dans le candide espoir d’éviter le démantèlement de la Hongrie tel qu’il sera mené par les alliés au traité de Trianon (probablement le traité de paix le plus dur).

Au final ce projet ne vit pas le jour mais les territoires roumanophones de la Hongrie furent rattachés à la Roumanie, donnant naissance à la Grande Roumanie qui allait être démantelé durant la Pax Armada au profit de l’URSS, de la Hongrie et de la Bulgarie.

Mort en 1927, son petit fils Mihail lui succède suite à la renonciation de Carol, son fils ainé connu pour sa vie dissolue qui faisait scandale auprès des roumains.

Carol II

Carol II

Carol II (Sinaia 15 octobre 1893 Estoril 4 avril 1953) est le troisième roi de Roumanie. Fils de Ferdinand 1er et de Marie d’Edimbourg. Il succède et est précédé par son fils Michel 1er pour des raisons que nous allons expliciter par la suite. Il règne du 8 juin 1930 au 6 septembre 1940 soit 10 ans, deux mois et vingt-neuf jours.

Premier roi de Roumanie né au pays (un peu comme George III pour la dynastie hanovrienne), il reçoit cependant une éducation internationale ce qui lui voudra la haine des légionnaires de la Garde de Fer qui le considérait comme un «cosmopolite». Un signe qui ne trompe pas, bien qu’appartenant à une dynastie germanophone, il s’exprimait davantage en anglais et en français.

Alors qu’il était prince héritier, il mena une vie dissolie, la vie d’un jet-setteur. Contre l’avis de son père, il épouse une roturière Iona Valentino le 31 août 1918 mais ce mariage qui donna naissance à un enfant prénomé Mircea (né en 1920) fût annulé en 1919.

Le 10 mars 1921 il épouse Hélène de Grèce, fille du roi Constantin 1er. C’est un mariage guidé par la raison d’état ce qui explique que le futur roi de Roumanie noue une liaison avec Elena Lupescu, une roumaine de confession juive ce qui ne peut qu’aggraver son cas aux yeux de la très antisémite Garde de Fer.

Après une série de scandales, le roi Ferdinand 1er pousse le prince Carol à renoncer à ses droits au trône au profit de son fils Michel né le 25 octobre 1921. Cela va aboutir à une situation toujours périlleuse de remplacer un héritier dans la force de l’âge (32 ans) au profit d’un enfant âgé de 4 ans («Malheur au royaume dont le prince est un enfant»).

La Roumanie étant une monarchie parlementaire, cette demande de Ferdinand 1er est acceptée par le parti libéral, acceptation d’autant plus facile que le prince héritier est vu comme très proche du parti paysan, son grand adversaire. L’ex-prince héritier s’installe à Monaco où il continue une vie dissolue et guère compatible avec l’image d’un futur monarque.

Ferdinand 1er meurt en 1927. Michel 1er n’étant âgé que de six ans, une régence s’installe, une période toujours délicate pour un royaume.

En juin 1930 Carol obtient du Parti paysan au pouvoir l’abrogation de renonciation au trône et son avénement au trône sous le nom de Carol II.

Pour faire face aux problèmes du moment (monté des extrémismes, crise économique) il estime la démocratie parlementaire inadaptée et cherche à mettre sur pied un régime autoritaire comparable à ses homologues yougoslaves (Alexandre 1er) et bulgares (Boris III). Il se heurte à la classe politique, à l’Eglise (qui lui reproche son style de vie) et à la Garde de Fer pour qui il n’est qu’un «parasite étranger de la nation roumaine».

En février 1938 il impose ce qu’on à appelé la dictature carliste. La constitution de 1923 est profondément réformée dans un sens autoritaire.

Il mène une lutte impitoyable contre la Garde de Fer. En dépit de ce tournant autoritaire, le roi de Roumanie reste fidèle à une politique étrangère pro-alliée sans pour autant rompre avec l’Allemagne nazie et l’URSS communiste. Un vrai jeu d’équilibriste.

C’est ainsi que durant la guerre de Pologne, il ouvre son territoire à l’armée polonaise en déroute ce qui permettra au gouvernement polonais en exil installé à Nantes de disposer d’une armée composée en partie d’hommes expérimentés et surtout brûlant de se venger, ignorant qu’à l’époque il leur faudrait attendre quasiment une décennie pour cela.

Avec la fin de la guerre de Pologne, le roi Carol II peut estimer avoir fait le plus dur et espère ainsi être récompensé en retour par l’un ou l’autre camp. La désillusion sera terrible, la pression allemande et le refus allié de garantir leur aide militaire en cas d’agression soviétique oblige le gouvernement roumain à accepté le démenbrement de la Grande Roumanie (perte de la Transylvanie du nord, de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord mais aussi de la Dobroudja du Sud).

Si les légionnaires de la Garde de Fer (le nom officiel de l’organisation fasciste roumaine était «légion de l’archange Saint Michel») sont vent debout ce qui n’est pas nouveau mais même la partie modérée de l’opinion lui en veut énormément. Pour ne rien arranger des scandales privés et de corruption ternissent un peu plus l’image d’un roi dont le trône ne tient plus qu’à un fil.

Ce fil cède le 6 septembre 1940. La veille le roi avait nommé le maréchal Antonescu comme président du conseil. Il espérait ainsi se racheter une conduite en nommant un général populaire dans l’opinion mais c’est trop tard beaucoup trop tard. Au lendemain de sa nomination, Antonescu oblige Carol II à abdiquer en faveur de son fils Michel qui redevient roi dix ans après avoir du renoncer au trône.

L’ancien roi de Roumanie quitte le pays sous les quolibets, les insultes et même les balles puisque son train est mitraillé par la Garde de Fer à la frontière roumano-yougoslave. Cela entraine un incident de frontière qui menace de dégénérer en une guerre entre Belgrade et Bucarest.

Refugié au Portugal il y épouse sa maitresse Elena Lupescu en juin 1947 et meurt triste et amer le 4 avril 1953 à l’âge de cinquante-neuf ans. Durant son exil portugais il rédigea ses mémoires qui ne furent publiées qu’en 2003 lors du retour de sa dépouille en Roumanie.

Dans ce texte de 850 pages il effectue un examen lucide sur sa vie et sur sa personnalité mais ne regrette rien, terminant ses mémoires par cette phrase gravée sur sa tombe :
Sufletul meu către Dumnezeu, trupul meu pentru patrie, onoarea mea pentru mine (Mon âme à Dieu, mon corps à la patrie, mon honneur à moi)

Michel 1er

Michel 1er

Michel 1er (Sinaia,Roumanie 25 octobre 1921 Aubonne, Suisse 5 décembre 2017) est à la fois le troisième et le cinquième et dernier roi de Roumanie, une situation quasi-unique dans l’histoire (NdA le seul exemple que je connaisse est celui de Phillipe V d’Espagne qui abdiqua en faveur de son fils Louis 1er puis qui repris le pouvoir après la mort prématuré de son fils en 1724, un intermède de sept mois). Il règne ainsi du 20 juillet 1927 au 8 juin 1930 et du 6 septembre 1940 à sa déposition survenu le 30 mars 1957.

Fils de Carol II et d’Hélène de Grèce, Michel 1er est arrière-arrière-petit-fils de Victoria, arrière-arrière-arrière-petit-neveu de Léopold 1er de Belgique, cousin au troisième degré d’Elisabeth II du Royaume-Uni (au mariage duquel il allait rencontrer son épouse), des rois Juan Carlos Ier d’Espagne, Charles XVI Gustave de Suède, Harald V de Norvège et de la reine Margrethe II du Danemark. Enfin, sa grand-mère paternelle est la cousine germaine de Nicolas II par son arrière-grand-mère Maria Alexandrovna de Russie.

Le 28 décembre 1925 quand son père renonce à ses droits sur la couronne de Roumanie pour préférer vivre sa vie avec sa maitresse Magda Lupescu, le petit Michel âgé de tout juste quatre ans devient l’héritier du roi Ferdinand 1er de Roumanie, son grand-père.

Il devient roi à l’âge de six ans sous la régence d’un triumvirat composé de son oncle, le prince Nicolas, du patriarche Miron Cristea et de Gheorghe Buzdugan, président de la Cour de Cassation.

Sans avoir pu réellement gouverner (et pour cause), Michel 1er doit renoncer au trône le 8 juin 1930 au profit de son père qui le proclame héritier du trône !

Le 5 septembre 1940 le maréchal Antonescu est nommé premier ministre par un Carol II aux abois qui est poussé à l’abdication le lendemain. Il semble qu’un temps Antonescu est songé à devenir régent sur le modèle hongrois mais il préféra garder un semblant de légalisme en proclamant Michel 1er âgé de dix-neuf ans roi de Roumanie.

Sans pouvoir il n’est pas sans influence. Si il ne s’exprime pas publiquement il manifeste en privé sa mauvaise humeur.

Très populaire auprès d’une partie de l’opinion roumaine, il doit être ménagé par le Conducator. Il couvre également les agissements de son entourage en faveur des juifs persécutés et garde de précieux contacts en Occident à une époque où Bucarest à clairement choisit le camp allemand.

Avec le temps les relations entre Antonescu et le roi se dégradent. Une partie de la classe politique est plus monarchiste que fasciste (encore qu’Antonescu n’est pas un fasciste «chimiquement pur», la répression impitoyable de la Garde de Fer l’ayant démontré) mais les quelques consultations visant à rétablir un régime démocratique en Roumanie se heurtent à des querelles de chapelle et surtout de personnes.

Le 14 mars 1947 le roi Michel 1er est assigné à résidence à Constansa et menacé d’exil. Des manifestations monstres sont durement réprimées par l’armée et des troupes paramilitaires fidèles au Conducator mais Antonescu comprend qu’il doit lâcher du lest. Le roi est libéré le 4 octobre 1947 mais toujours sans pouvoir, l’entourage du maréchal (mais visiblement par le maréchal lui même) lui ayant fait comprendre que la prochaine fois il sera moins question de conciliation et davantage d’exil et de répression.

Quand le second conflit mondial éclate, Michel 1er devient commandant en chef des forces armées roumaines mais bien entendu c’est un poste purement symbolique, un os à ronger donné pour calmer les éléments monarchistes de l’armée.

Le roi effectuera quelques visites sur le front russe jusqu’à ce qu’on Antonescu y mette son véto craignant que la popularité du roi ne pousse le fils de Carol II à tenter l’aventure ô combien risquée du coup d’état.

Suite à la dégradation de la situation militaire, Michel 1er décide enfin de sauter le pas du coup d’état mais avant même que cette exécution soit menée par le général Ion Andreanu, un coup d’état communiste à lieu le 25 septembre 1953 pour tenter de sauver le pays d’une invasion soviétique.

Ce sera peine perdue car l’armistice n’est signé que le 4 octobre 1953 alors que les trois quarts du pays sont occupés par les soviétiques.

Le maréchal Antonescu et son gouvernement sont emprisonnés mais le roi est autorisé à rester dans son palais de Bucarest. Inutile de préciser qu’il est sévèrement gardé par des troupes soviétiques et quelques militants communistes vite expulsés par les soviétiques qui craignaient un «malheureux accident».

A la fin du conflit, officiellement la Roumanie est toujours un royaume mais en réalité c’est déjà un régime communiste. Une résistance politique et armée se dévellope, résistance soutenue mezzo voce par le roi.

Les communistes menace le 19 mars 1957 d’un bain de sang si le roi n’abdique pas. Voulant éviter cela, le roi décide d’abdiquer le 25 mars 1957 et s’exile en Suisse. La monarchie est abolie officiellement le lendemain.

Après une vie d’exil, l’ex-roi devenu citoyen danois (car déchu de sa nationalité roumaine en 1959 pour «crime contre le prolétariat») rentre en Roumanie en 1992 mais est expulsé par le nouveau gouvernement pour «sédition».

Ce n’est qu’en 2003 qu’il sera autorisé à revenir en Roumanie, raccompagnant le corps de son père de son exil portugais. Ce fût le couronnement de négociations âpres qui avaient déjà aboutit au rétablissement de sa citoyenneté roumaine en 1997 pour lui et sa famille. D’anciennes propriétés lui sont même restituées.

Aussi populaire que la classe politique roumaine est impopulaire (avec de nombreuses affaires de corruption dans un pays où le pot de vin est une pratique courante), il fait figure de patriarche, de sage. Il ne s’est jamais exprimé sur le sujet mais il semble qu’il n’à jamais sérieusement songé à rétablir la monarchie.

Vivant entre la Roumanie et la Suisse, l’ancien roi de Roumanie est décédé le 5 décembre 2017 des suites d’un cancer, seize mois après la mort de son épouse Anne de Bourbon-Parme. La Roumanie décrète trois jours de deuil national. Michel 1er est enterré aux côtés de ses prédécesseurs dans une crypte de l’Eglise Notre Dame de Agrea. De son mariage avec Anne de Bourbon-Parme sont nées cinq filles.

Des origines au premier conflit mondial

Le 14 mars 1881 la Roumanie devient donc un Royaume avec Carol 1er comme roi. Jusqu’en 1888 le premier ministre est Ion Bratianu qui mène une politique de modernisation du pays via d’imposants travaux d’infrastructures (routes, ponts, voies ferrées). La constitution est amendée en 1883 avec l’augmentation du nombre d’électeurs et la création d’un troisième collège.

En 1874 Marie Roumanie, fille de Carol 1er et unique enfant du couple royal décède dans l’enfance. Sans aucun autre enfant il fait de son frère ainé Léopold l’hériter mais ce dernier renonce en octobre 1884 en faveur de son fils Guillaume qui lui même renoncera en 1886 en faveur de son cadet Ferdinand.

Sur le plan politique, deux grands partis se structurent, les libéraux et les conservateurs même si on ne peut pas dire qu’il y ait une immense différence entre les deux.

Sur le plan chronologique, le Parti National Libéral est au pouvoir de 1881 à 1888, de 1895 à 1899, de 1901 à 1906, de 1907 à 1910 et de 1914 à 1918 alors que le Parti National Démocrate plus conservateur est au pouvoir de 1888 à 1895, de 1899 à 1901, en 1906/07 et de 1910 à 1914.

Tout n’est cependant pas rose puisqu’une révolte paysanne (jacquerie) éclate en Valachie en avril 1888 suivie en 1907 d’une révolte touchant aussi bien la Moldavie et la Valachie.

Cette dernière à lieu de février à avril 1907 dans un contexte très difficile avec notamment le souvenir de la révolution russe de 1905, souvenir attractif pour les plus humbles et répulsif pour les possédants.

Les paysans roumains avaient été libérés du servage entre 1746 et 1749 mais dans la pratique leur situation dans les grands domaines agricoles n’était guère enviable.

Si le paysan roumain était vu comme docile voir servile, cela ne l’empêchait pas de se rebeller comme en 1888, 1899 et 1900, des années marquées une sécheresse qui mettait en péril leur survie.

Pourquoi en 1907 cette révolte prend une telle ampleur ? Les historiens débattent toujours et ne peuvent émettre qu’une série de conjéctures. Un événement à rarement une origine unique et de plus il ne faut pas oublier l’irrationalité des comportements humains. Ce n’est pas pour rien que les révoltes populaires au temps de l’ancien régime étaient appelées des émotions.

Parmi les causes ont trouve plusieurs mauvaises récoltes successives, la spéculation des grains menés par les intendants des grands domaines, les arendaches, figure détestée par la paysannerie car les boyards et les princes propriétaires des grands domaines étaient inaccessibles au commun, résidant en ville ou à l’étranger.

Il n’est pas impossible que des idées proto ou crypto-communistes aient eut aussi un impact mais cet impact fût bien faible que ne l’à dit la propagrande communiste. Et pour cause à l’époque l’immense majorité était illétrée voir carrément analphabète.

Tout commence le 21 février 1907 dans un village du judet de Botosani dans le nord de la Moldavie. Très vite la révolte s’étend à tout le pays. Des manoirs et des entrepôts sont pillés sont pillés, des postes de gendarmerie sont incendiés.

A la paysannerie se joignent très vite les dockers des ports de Brăila, Constanța, Galați, Giurgiu, Oltenița et Zimnicea. De véritables combats ont lieu entre révoltés et force de l’ordre.

La situation est telle que le 18 mars l’état d’urgence est proclamé alors que les insurgés marchent sur la capitale. L’armée dirigée par le général Alexandru Averescu est mobilisée, utilisant tous les moyens en sa possession y compris l’artillerie. Plus qu’une simple opération de rétablissement de l’ordre c’est une véritable guerre qui déchire le jeune (26 ans) royaume de Roumanie.

Le 24 mars 1907 le gouvernement conservateur démissionne et les libéraux de Dimitrie Sturdza arrivent au pouvoir. A la mi-avril la situation est nettement plus favorable aux autorités.

Le bilan est lourd. 2000 insurgés sont arrêtés. Le nombre de morts est incertain allant de 421 (sources officielles de l’époque) à 11000 (chiffres de l’époque communiste) sans compter des millions de lei de dégâts.

Une fois la répression réalisée, le gouvernement comprend qu’il faut améliorer la situation de la paysannerie au risque que de tels événements se reproduisent.

Plusieurs lois sont ainsi votées pour améliorer la condition paysanne : contrats agricoles obligatoires, interdiction du cumul des affermages et de l’usure, création d’un Crédit Rural. A cela s’ajoute un choc culturel qui dégrade l’image de la Roumanie à l’étranger.

Cette révolte à été naturellement exploitée par les différents courants de la vie politique roumaine que ce soit les communistes («révolution prolétarienne contre l’ordre aristocratique de la monarchie roumaine»), les nationalistes («sursaut de la nation roumaine surexploitée contre ses
parasites ») et ce qu’on pourrait appeler par anachronisme les progressistes (« pogrom d’un peuple intrinsèquement primitif, fruste, intolérant et xénophobe contre les minorités du pays »)

L’approche environnementaliste et sociologique en fait une révolte motivée principalement par la sécheresse, la disette et la désespérance, car les idées socialistes ou nationalistes avaient peu de poids chez les paysans. Il y eu bien des arendaches et des usuriers (camatari) tués mais ils l’ont été par ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils représentaient et non à cause de leurs origines. De plus à peine un sixième de la paysannerie à participé à cette jacquerie.

Sur le plan de la politique étrangère, en 1883 la Roumanie signe une alliance secrète avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, une façon de se protéger contre une potentielle agression russe.

Quand éclate la première guerre balkanique, la Roumanie reste neutre mais quand la Bulgarie se retourne contre ses anciens alliés elle se décide à intervenir.

Ce deuxième conflit éclate le 29 juin 1913 quand la Bulgarie attaque la Grèce et la Serbie. Moins d’une semaine plus tard le 5 juillet l’armée roumaine mobilise. Pas moins de 330000 soldats sont assemblés avec pour principal objectif la récupération de la Dobroudja du Sud aux mains des bulgares.

La guerre est déclarée le 10 juillet. 80000 hommes du 5ème corps d’armée envahissent la Dobrudja sans rencontrer de résistance. Il faut dire que l’armée de Ferdinand 1er à très fort à faire sur d’autres fronts contre les serbes, les grecs et même les ottomans.

Si le 5ème CA bulgare occupe un front allant de Tutrakan à Balchik, le corps de cavalerie occupe la ville de Varna.

Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1913, l’armée du Danube commandée par le prince héritier Ferdinand envahit la Bulgarie occupant les villes de Oryahovo, Gigen et Nikopol. L’armée se sépare ensuite, une partie mettant cap à l’ouest direction la ville de Ferdinand (aujourd’hui Morava) et au sud-ouest direction Sofia, la progression étant précédée d’un écran de cavalerie comme l’exige l’élémentaire prudence militaire.

Le 18 la ville de Ferdinand tombe suivit deux jours plus tard de celle de Vratsa. Le 23 des cavaliers roumains sont à Vrazhdebna à sept kilomètres de Sofia et deux jours plus tard le 25 les troupes serbes et les troupes roumaines font leur jonction à Belogradchik, isolant ainsi la ville de Vidin.

La situation bulgare est clairement désespérée. Sofia rentre même dans l’histoire en étant la première capitale survolée par des aéronefs ennemis. Heureusement pour les habitants de la capitale bulgare, les roumains se contentent de larguer des tracts.

Très vite la Bulgarie cherche à négocier. Elle tente de passer par le canal russe mais sans grand succès. Finalement après de multiples péripéties, les délégations des différents belligérants (sauf les ottomans exclus par les roumains ce qui obligea les bulgares à négocier séparément avec Constantinople) se retrouvent à Bucarest le 30 juillet 1913. Elles s’entendent rapidement sur un armistice de cinq jours qui entre en vigueur le lendemain.

Dès le 19 juillet 1913 la Bulgarie avait accepté de céder la Dobroudja du Sud à la Roumanie ce qui explique que la délégation roumaine porta la voix de la modération à cette conférence qui aboutit à la signature du Traité de Bucarest le 10 août 1913. Si la Roumanie n’à pas perdu de soldats faute de combats, 6000 hommes ont été victimes d’une épidémie de cholera.

Quand éclate le premier conflit mondial la Roumanie préfère rester neutre en raison principalement mais non exclusivement d’une querelle entre un roi plutôt pro-allemand et un gouvernement mais aussi une opinion alliée plus favorable à l’Entente.

Le 10 octobre 1914 deux moins après le déclenchement du premier conflit mondial, Carol 1er meurt. Sans descendance et donc sans descendance masculine, il est remplacé sur le trône de Roumanie par son neveu Ferdinand qui devient Ferdinand 1er de Roumanie.

Deux ans plus tard, en 1916, la Roumanie allait s’engager dans le premier conflit mondial pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Mitteleuropa Balkans (72) Roumanie (2)

HISTOIRE DE LA ROUMANIE (Istoria României)

Aux temps jadis

Préhistoire et Antiquité

Il y à très très longtemps…….

Le territoire actuel de la Roumanie est précocement peuplé puisque les plus anciennes traces de peuplement remontent à l’an 8000 avant notre ère.

Et encore il s’agit uniquement des premières traces d’agriculteurs d’origine anatolienne qui entretiennent des relations ambivalentes avec les chasseurs-cueilleurs qui occupaient à l’époque le bassin inférieur du Danube.

Plusieurs civilisations préhistoriques vont se succéder mais les traces archéologiques qu’elles ont laissés sont très faibles ce qui explique qu’on les désigne par le nom générique de Pélasges en suivant ainsi Hérodote et Homère.

Vers l’an 1200 avant notre ère une crise climatique frappe la région comme ailleurs en Europe. Des sites moins favorables qu’auparavant sont ainsi abandonnés au profit d’autres.

Roumains à l’Antique

Durant la période antique le territoire est peuplé par les Thraces selon un territoire grossièrement délimitée ainsi : partie orientale de la péninsule des Balkans, bassin du bas Danube au nord du fleuve jusqu’au Boug méridional.

A l’est des Carpathes les populations sont plus mélangées avec à la fois des Thraces et des Scythes mais au nord du Danube les tribus qui y vivent sont appelées les Gètes par les auteurs grecs et Daces par les auteurs romains.

Le Thraces sont refoulés vers l’est et coupés de l’Adriatique par les illyriens puis par les macédoniens. A partir du 6ème siècle l’influence grecque devient prépondérante. Les côtes de la mer Egée au sud et de la mer Noire à l’est sont colonisées par les grecs. Elles sont conquises par les perses de Darius 1er en -515 mais reprises par Philippe II de Macédoine en -342. En -153 une confédération Gète avait été vaincue par la Darius le Grand lors de sa campagne contre les Scythes.

Au 4ème siècle avant notre ère les celtes (Scordisques, Bastarnes) s’installent dans la région. Les auteurs grecs les baptisent du nom de Galates.

Au 1er siècle avant notre ère la civilisation thrace connait son apogée avec le Royaume des Odryses au sud du Danube et le royaume de Burebista au nord du plus grand fleuve d’Europe (hors Volga).

Le royaume des Odryses est apparu au début du 5ème siècle et très rapidement était devenu une puissance importance puisqu’il s’allia à Athènes durant la guerre du Péloponnèse contre Sparte. Ensuite ce fût une alternance de déclins et de périodes glorieuses.

Colonisation et domination romaine

A partir du 1er siècle avant notre ère les romains vont progressivement latinier les population qui vivent dans la région à savoir les Illyres, les Celtes, les Daces et les Thraces. Cela ne se fera pas sans mal avec son lot de frictions et de conflits.

Cela commence au 1er siècle avant notre ère au sud du Danube puis au 2ème siècle de notre ère au nord. L’empire romain étend sa domination sur la région. De nombreux transferts de populations et l’installation de colons romanisent les populations locales au nord d’une ligne appelée Ligne Jirecek.

Cette ligne à été définie au 20ème siècle par l’historien tchèque Konstantin Jirecek dans son livre Histoire des Serbes. Selon lui une ligne nette et précise séparait les régions sous influence grecque et les régions sous influence latine mais cette façon de voir est aujourd »hui remise en cause par les historiens qui l’estime trop sommaire.

De -82 à -44 règne Burebista, un roi dont ont sait peu de choses si ce n’est qu’il dirige une confédération dace. Il fédère les Thraces du Nord à cheval sur le bas Danube jusqu’aux monts Haemos (Gran Balkan). Il implante sa capitale à Sarmizégetuse dans monts d’Orastie en Transylvanie.

Sculpture de Décébale près d’Orsova

Cet état dace centralise va s’opposer clairement aux romains. Apparait alors un personnage que l’on peut considérer comme le «Vercingetorix roumain» à savoir Décébale qui règne de 87 à 106. C’est le plus célèbre mais aussi le dernier roi dace.

Si la Gaule et les gaulois sont considérés comme les ancètres des français, la Dacie et les Daces sont considérés comme les ancètres des roumains ce qui est un raccourci propice à toutes les exagérations et les exploitations politiques et idéologiques.

En l’an 29 avant notre ère, la Thrace septentrionale le long du Danube passe sous domination romaine formant la province de Mésie.

Cette province est aujourd’hui partagée entre la Serbie, la Bulgarie, la Macédoine du Nord et la Roumanie (Doubrodja). Elle est limitée au nord par l’Istros (Danube), à l’est par le Pont Euxin (Mer Noire), au sud par l’Haemos (Gran Balkan) et à l’ouest par les pentes orientales des Alpges Dinariques dans l’actuelle Serbie.

En l’an 45 le Royaume des Odryses allié de Rome est finalement intégré à l’empire romain. De nombreux Thraces deviennent gladiateurs comme un certain Spartacus qui fit trembler l’empire romain sur ses bases.

En l’an 87 l’empereur Dominitien divise cette province en deux avec une Mésie Supérieure et une Mésie Inférieure.

L’empereur Dioclétien (seul empereur romain ayant abdiqué de son plein gré) réorganise totalement la région pour tenter d’améliorer la gestion et surtout la défense d’un ensemble gigantesque.

C’est ainsi que la moitié ouest de la Mésie fût incluse dans les diocèses des Mésies appartenant à la préfecture du prétoire d’Illyrie et placée sous l’autorité de l’empereur d’Orient.

Elle est divisée en une Province de Mésie Première (qui regroupe l’essentiel de la Mésie supérieure) et la Province de Dacie Aurélienne (formée entre 271 et 275).

Cette dernière comprend la partie orientale de la Mésie supérieure et la partie occidentale e la Mésie inférieure. Elle est ensuite scindée par Dioclétien entre la Dacie Méditerranéenne et la Dacie ripuaire.

La moitié est de la Mésie est intégrée au diocèse de Thrace qui appartient à la préfecture du prétoire d’Orient et placée sous l’autorité de l’empereur d’Orient ou Auguste. Rappelons que selon la Tétrarchie mise en place par Dioclétien, l’empire romain était gérée par quatre personnes, deux Augustes (un Auguste en occident et un Auguste en orient) chacun assistés par un César censé en théorie lui succéder.

Elle est subdivisée en une Mésie seconde (partie centrale de la Mésie inférieure) et la Scythie inférieure (cette dernière est formée par la parie oriental de la Mésie inférieure Dobrudja) donnant sur la mer Noire. (NdA si vous n’avez pas tout compris sachez que moi non plus).

Du 2ème au 6ème siècle de notre ère l’Empire romain d’Orient (séparation définitive entre Orient et Occident en 395) va lutter contre les Goths, les Huns et divers autres peuples germaniques et turcs.

En 238 la Mésie est dévastée par les Goths qui sont suivis par les Wisigoths en 378 et les Huns en 441.

Constantin 1er divise le diocèse des Mésies en diocèse de Macédoine au sud (Mésie seconde et Scythie inférieure) et en Diocèse de Dacie au nord (Mésie première et les deux Dacies).

Les Daces inquiètent les romains par leur puissance militaire et leurs campagnes hivernales de pillages en Mésie, les guerriers daces profitant d’un Danube pris par les glaces.

Buste de Trajan

C’est l’empereur Trajan (98-117) qui décide de régler définitivement le problème dace mais il faudra pour cela deux guerres, la première guerre dacique de 101 à 102 et la deuxième guerre dacique en 105/106. Signe que la menace n’était pas vaine les effectifs engagés par les romains augmentent d’un conflit à l’autre passant de 150 à 200000 hommes contre 40 puis 15000 guerriers daces.

La 1ère guerre dacique voit l’engagement de la moitié de l’armée romain avec des légions mais aussi des unités auxiliaires. Après deux ans de durs combats, les romains l’emporte et un traité est signé.

Ce traité impose aux Daces de fournir des troupes auxiliaires à l’armée romaine et surtout de démanteler leurs fortifications. Ces deux promesses ne sont pas tenues et Rome doit repartir au combat pour cette fois vaincre définitivement les Daces et leur chef.

A l’issue du conflit Décébale soit se serait suicidé pour éviter la capture ou alors se serait donné la mort dans son cachot pour ne pas y être étranglé comme Vercingetorix. Figure longtemps oubliée, elle est redécouverte et va jouer pour les roumains le même rôle que le chef Arverne ou qu’un Arminius.

Le Royaume Dace ainsi vaincu devient la Province de Dacie Romaine (Dacia Trajana), une province dirigée par un légat impérial de rang consulaire soutenu par les légats de la légion dirigeants les deux légions qui en assure la défense.

Un procurateur s’occupe des finances. Province riche en or, bois et sel, elle est dirigée depuis une nouvelle capitale installée à Ulpia Traiana Sarmizégetusa, ville créée à 40km de l’ancienne capitale dace.

Pour être précis (sic), la Mésie inférieure s’étend sur l’actuel sud de la Moldavie, la Muretenie (appelée Grande Valaquie) et l’Olténie (Petite Valachie sud-ouest de l’actuelle Roumanie) alors que la province de Dacie couvre l’Olténie occidentale, la Transylvanie et le Banat.

La Dacie romaine est entourée à l’est et au sud par les deux provinces de Mésie, la province supérieure ayant sa capitale à Singindunum (vestiges situés dans le centre-ville de Belgrade) et la province inférieure à Tomis (aujourd’hui Constansa).

A l’ouest la Dacie est exposée à la Plaine de Pannonie d’où partent les raids des lazyges, une tribu sarmate. A l’est dans l’actuelle Moldavie septentrionnale on trouve les Bastarnes, les Roxolans et Carpes alors que le nord-est est peuplé de Dace non soumis à Rome.

Les romains doivent investir énormément de temps et d’argent pour dévelloper et exploiter cette nouvelle province.

Cela n’empêchera pas le successeur de Trajan, Harien d’abandonner certains territoires. C’est sous son règne que des territoires qui dépendaient jadis de la Mésie inférieure mais situés au nord du Danube forment la Province de Dacie inférieure, l’ancienne Province de Dacie devenant la Province de Dacie supérieure.En 124 est créée la Province de Davie Porolissensis au nord de la Dacie supérieure dans la région de Transylvanie.

Sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161), on assiste à une révolte en 158 ce qui entraine une réorganisation. La Dacie Porolissensis ne change pas mais la Dacie supérieure est rebaptisée Dacie Apulensis avec Apulum comme capitale alors que la Dacie inférieure devient la Davie Ralvensis (capitale Ranula).

Sous les Sévères la situation s’améliore mais pour peu de temps car à la mort du dernier rejeton de la dynastie sévérienne en 235 Alexandre Sévère, l’empire romain bascule dans une période connue sous le nom d’Anarchie Militaire.

De nombreux raids barbares frappent la région ce qui entraine une chose jadis impensable : les villes s’enferment dans des enceintes fortifiées. Vraisemblablement la Dacie est abandonnée car trop difficile à défendre entre 271 et 275. C’est ainsi qu’Aurélien va recréer au sud du Danube la province de Dacie aurélienne. Cette province dont la capitale est Sardica (qui à Sofia ce que Lutèce est à Paris) occupe un territoire correspondant aujourd’hui à la Serbie orientale et à la Bulgarie.

Dioclétien divise la Dacie aurélienne en deux provinces : la Dacie Méditerranée autour de Sardica et la Dacie ripense («Dacie des berges du fleuve» en l’occurence le Danube) autour du Ratiaria.

Ultérieurement ces deux Dacies formeront avec les provinces de Dardanie, de Mésie inférieure et de Prévalitaine, le Diocèse de Dacie qui disparaitra au 7ème siècle lors de l’installation en masse des Slaves et des Bulgares qui remplacent l’autorité impériale et submergent les Thraces romanisés locaux, ancêtres des Valaques.

La Dacie à clairement souffert de sa position trop exposée. Néanmoins il semble que des positions militaires ont été maintenues au nord du Danube jusqu’au 4ème siècle mais clairement la volonté de s’y maintenir à tout prix n’est plus là. On assiste à une dernière incursions de Constantin 1er en 336 et la dernière incursion romaine connue en Dacie remonte à 367.

Désormais non seulement les romains ne peuvent plus passer le Danube à leur guise mais en plus sous la pression des Huns des peuples germaniques s’installent dans l’Empire. En 37 l’empereur Valens qui s’était opposé à l’installation des Goths au sud du Danube est vaincu et tué à la bataille d’Andrinople.

Slaves et héllènes

Au 6ème siècle les Slaves vont s’installer dans la région avec notamment les bulgares qui vont étendre leur emprise sur les territoires actuels de la Serbie, de la Roumanie, de la Moldavie, de la Macédoine et naturellement de la Bulgarie. Ce royaume va adopter la langue slavone et le christianisme.

Les provinces de Mésie disparaissent au milieu du 7ème siècle. Le Traité de Constantinople (681) marque la naissance du Premier Empire Bulgare qui outre les territoires au nord du Danube englobe la Mésie Moyenne, la partie occidentale de la Mésie supérieure (actuelle Serbie) et la partie orientale et maritime de la Mésie inférieure (Scythie mineure). Le reste reste byzantin mais pour seulement décennies.

Cet état appelé également Bulgarie danubienne n’est pas homogène sur le plan de la population avec les Romans (futurs roumains) dans les piémonts montagneux, les plaines sont slaves et les côtes grecques.

Au 7ème siècle les Romans sont aussi appelés Valaques. Jusqu’au 17ème siècle ils vont utiliser le slavon comme langue officielle liturgique et diplomatique.

Les historiens roumains ont défini un foyer national roumain (Vatra Straromana) comme un vaste territoire à cheval sur le Bas-Danube qui dépasse largement les frontières actuelles des Etats et notamment de l’Etat roumain. Cela s’explique par le fait que les valaques sont présents au nord et au sud du Danube.

Mitteleuropa Balkans (71) Roumanie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 3 : ROUMANIE

Drapeau de la Roumanie au temps de la monarchie

AVANT-PROPOS

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 24 août 2020 j’ai terminé la Bulgarie (Tome 11 vol.2) ce qui porte le total de pages écrites à 8792 pages.

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

Ce Tome 11 disposera de six volumes, le premier consacré à la Hongrie, le deuxième consacré à la Bulgarie, le troisième consacré à la Roumanie, le quatrième à la Yougoslavie, le cinquième à la Grèce et enfin le sixième à l’Etat indépendant de Slovaquie apparu au printemps 1939 suite au démantèlement de ce qui restait de la Tchécoslovaquie. Comme pour le tome 10 il y aura des nations alliées et des nations ayant appartenu à l’Axe.

L’organisation sera différente selon les volumes. Si le volume 1 ne possédait pas de partie marine, si le volume 6 consacré à la Slovaquie n’en possedera pas non plus (et pour cause !), les volumes 2 à 5 consacré respectivement à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Grèce et à la Yougoslavie posséderont une partie consacrée à la marine qui fera suite à la partie traditionnelle consacrée à l’histoire générale.

La troisième partie sera consacrée à l’armée de terre avec d’abord une partie sur l’histoire militaire du pays, une partie sur l’organisation générales et des plus ou moins grandes unités et enfin une partie sur l’armement et les véhicules. Je terminerai par une partie consacrée à l’armée de l’air, son histoire, son organisation et son équipement.

Après cette partie consacrée au plan général revenons un peu sur l’histoire avec un grand H. J’ai eu du mal à définir l’étendue géographique qui est nettement moins évidente que celles des deux derniers tomes (Scandinavie, Benelux). J’ai finalement choisit «Mitteleuropa et Balkans» soit en français «Europe du milieu et Balkans».

Tout comme le terme Scandinavie il est peut être inapproprié pour les puristes mais je pense que c’est pas mal (j’avais un temps pensé à «Europe danubienne et balkanique» mais cela ne me satisfaisait pas totalement).

Mis à part peut être la Grèce ces pays ont un point commun celle d’avoir été gravement impactés par la première guerre mondiale et les traités qui y ont mis fin.

Nous avons d’abord les pays vaincus comme la Hongrie et la Bulgarie qui ont souffert de traités particulièrement musclés notamment le pays des magyars qui passa du statut de puissance majeure au sein d’une double-monarchie austro-hongroise au statut d’une puissance de second ordre enclavée en Europe centrale. La Bulgarie avait du également rendre des comptes aux alliés occidentaux pour s’être alliée aux empires centraux.

La Yougoslavie était elle un des états issus de l’éclatement de l’empire austro-hongrois en compagnie de la Tchécoslovaquie et partiellement de la Pologne. De cet état tchécoslovaque naquit au printemps 1939 un état slovaque souverain, une souveraineté biaisée par le fait que Bratislava devait tout à l’Allemagne.

La Roumanie et la Grèce en revanche avaient appartenu au camp des vainqueurs même si leur participation à la première guerre mondiale à été plutôt limitée, Bucarest livrant une prestation catastrophique et ne devant son salut qu’à une preste assistance alliée (et surtout française) alors qu’Athènes fût engagée contrainte et forcée dans le conflit, sa participation étant parasitée par un conflit entre un premier ministre pro-allié (Venizelos) et un roi pro-allemand (Constantin 1er).

Dans l’immédiat après guerre cette région est traversée par de vigoureuses secousses entre Blancs et Rouges, entre pro-allemands et pro-alliés. C’est aussi le théâtre d’une lutte d’influence où la France tente de nouer un réseau d’alliance pour contre une réemergence de la menace allemande et pour tendre un cordon sanitaire contre la Russie bolchevique. Pas étonnant que ces différents pays aient connu pour la plupart des régimes autoritaires souvent réactionnaires parfois fascisants.

C’est l’acte de naissance de la Petite Entente. Les français n’en sont pourtant pas à l’origine puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes Yougoslavie à partir de 1929 signent un accord d’assitance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon le 4 mai 1920.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix.

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Suite aux renoncements français de la fin des années trente, ces pays vont davantage se tourner vers l’Allemagne.

Nul doute que si la guerre de Pologne était devenu un conflit mondial nul doute que cette région aurait durablement échappé aux alliés. Son arrêt brutal en décembre 1939 permet à Paris et à Londres de remettre l’ouvrage sur le métier.

Plus facile à dire qu’à faire puisque si la réputation dégringole par l’ascenseur, elle remonte par l’escalier. Il faudra du temps, de la patience, du doigté et un soupçon de chance pour rendre la région moins hostile aux alliés.

C’est ainsi que des accords formels de coopération et d’assistance militaires sont signés avec la Yougoslavie et la Grèce, le premier étant signé à Belgrade le 14 septembre 1945 et le second à Athènes le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce.

Quand la guerre s’annonce inévitable à très court terme la région concernée par ce tome se partage entre pays pro-alliés mais sans excès (Yougoslavie, Grèce), des pays clairement pro-allemands (Hongrie, Slovaquie, Roumanie) et une Bulgarie qui accepte de se faire courtiser par les deux camps tout en veillant à ne pas se mettre à dos la Russie qui bien que communiste est toujours considérée par nombre de bulgares comma la Troisième Rome, protectrice des slaves.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948 ces différents pays mobilisent mais ne s’engagent pas directement dans le conflit. Question de temps dirions nous…… .


Le Volume 3 de ce Tome 11 est donc consacré à la Roumanie. Ce pays à été unifié au milieu du XIXème siècle mais peut se targuer de racines très anciennes avec les Daces qui sont aux roumains ce que les gaulois sont aux français.

La Roumanie entre 1949 et 1953

Néanmoins à la différence de la Bulgarie point d’empire ou de grand royaume sur lequel le réveil national à pu se greffet sérieusement au moment du «réveil des nationalités» au 19ème siècle.

En effet après la conquête romaine ce qui allait devenir la Roumanie et plus généralement le peuple roumain allait être en permanence sous domination étrangère, byzantine d’abord ottomane ensuite (NdA bien entendu je simplifie à l’extrême).

Sur quoi allait donc s’appuyer le nationalisme roumain pour bâtir une nation ? Sur ce qu’on à appelé les «principautés danubiennes», la Valachie et la Moldavie mais aussi la Transylvanie, territoire disputé avec la Hongrie.

Vlad III Tepes (tableau du XVème siècle)

Des figures mythiques émergent comme un célèbre prince valaque, Vlad III Tepes dit l’empaleur tout un programme qui allait servir de source d’inspiration pour un écrivain britannique d’origine irlandaise, Bram Stoker qui allait le transformer en vampire de Transylvanie à une époque où l’occulte est à la mode dans la société victorienne.

En 1859 les principautés de Valachie et de Moldavie s’unissent ce qui est considéré comme le début de la Roumanie moderne. A l’époque cette union n’est pas encore synonyme d’indépendance. En 1866 après l’abdication forcée d’Alexandre Jean Cuza et le refus du comte de Flandre, un prince allemand est élu et devient Carol 1er, premier roi de Roumanie en 1881.

La Roumanie entre 1859 et 1878

En 1877 la Roumanie proclame officiellement son indépendance en profitant d’une nouvelle guerre russo-ottomane à laquelle elle participe du côté russe. Son indépendance est reconnue au Congrès de Berlin en 1878.

Le pays va alors se dévelloper mais ne participe pas à la première guerre balkanique. En revanche il participe à la deuxième, jouant un rôle important dans la défaite finale de la Bulgarie. Bucarest récucpère ainsi la Dobroudja du Sud ce qui va durablement envenimer les relations roumano-bulgares.

Neutre au début du premier conflit mondial, la Roumanie s’engage aux côtés des alliés en 1916 mais après des succès s’expliquant par une disproportion des forces importantes en leur faveur, les roumains subissent une terrible défaite qui les obligent à se retirer du conflit le 9 décembre 1917 par un armistice confirmé par un traité de paix, le traité de Bucarest le 7 mai 1918.

La paix est très favorable à la Roumanie qui devient une Grande Roumanie (NdA nom informel) puisqu’au vieux Royaume vont s’ajouter la Bessarabie, la Bucovine, la Transylvanie, les Maramures, la Crisana et le Banat.

Dans l’immédiat après guerre la Roumanie peut être considérée comme un état stable, une monarchie parlementaire où les réformes améliorent considérablement le niveau de vie de la population y compris celle des non-roumanophones qui représentent 28% de la population (allemands, roms, hongrois, juifs).

La crise de 1929 ainsi que différentes affaires permet la montée des extrémistes notamment la Garde de Fer, un mouvement nationaliste et antisémite qui avait émergé dès le début des années vingt mais qui était à l’époque resté confidentiel.

Une politique xénophobe et antisémite est menée pour tenter de contrer ces mouvements en reprenant ses idées. En 1938 le roi Carol II fait adopter une constitution imposant une dictature royale ou dictature carliste. Ce n’est cependant pas un régime fasciste, la Roumanie restant plus proche des alliés que de l’Allemagne.

Cela va changer avec les multiples renoncements des démocraties occidentales qui se discréditent aux yeux des élites d’Europe centrale et orientale. Même l’arrivée d’un régime conservateur en France, même les efforts d’une diplomatie plus musclée ne permettra pas de raccrocher le wagon roumain, Bucarest choisissant pour le meilleur et pour le pire l’alliance allemande mais sans excès de germanophilie.

Le début des années quarante est particulièrement houleux avec un coup d’état du maréchal Antonescu qui fait suite au dépeçage de la Grande Roumanie par la Bulgarie, la Hongrie et l’URSS sans que la France ou la Grande-Bretagne n’ait fait autre chose que protester verbalement mezzo voce.

Carol II renversé est remplacé par son fils Michel 1er jugé plus malléable. Es-ce la fin des troubles et de l’instabilité ? Pas vraiment car le maréchal Antonescu est très vite confronté à l’extrémisme de la Garde de Fer qui tente de le renverser en janvier 1941 mais sans succès. Le mouvement est durement réprimé et cesse de représenter autre chose qu’une nuisance occasionnelle.

La Roumanie devient un état national-légionnaire plus proche du Portugal de Salazar ou de l’Autriche de Dolfuss que de l’Allemagne nazie ou de l’Italie fasciste.

Sur le plan diplomatique néanmoins le choix de l’alliance allemande est clairement fait, les efforts franco-britanniques comme nous l’avons vu n’étant pas couronnés de succès. Pire même le régime roumaine se servira des offres alliées comme moyen de pression pour obtenir davantage des allemands.

Durant le second conflit mondial la Roumanie va devenir l’allié privilégié de l’Allemagne notamment par ses champs pétrolifères indispensables pour un pays disposant de très faibles ressources.

Elle va participer à l’opération BARBAROSSA aux côtés des allemands, jouant un rôle important au sein du Heeresgruppe Süd, conquérant Odessa et une partie de l’Ukraine puis en 1951 à l’opération FRIEDRICH où l’armée roumaine subit de très lourdes pertes lors de l’opération URANUS, la contre-offensive soviétique.

A l’automne 1953 l’opération PIOTR VELIKYI provoque l’effrondrement de l’armée roumaine et le basculement de la Roumanie dans le camp communiste, le roi Michel 1er devant abdiquer et s’exiler.

La Roumanie va terminer le conflit aux côtés des soviétiques, expulsant manu militari les troupes allemandes du territoire, la nouvelle armée roumaine terminant la guerre en Hongrie aux côtés de la RKKA.

Tout comme la Bulgarie, la Roumanie va basculer dans l’immédiat après guerre dans l’orbite communiste, devenant pour plus de quarante ans une «démocratie populaire».

Mitteleuropa Balkans (51) Bulgarie (15)

L’armée bulgare dans le premier conflit mondial

Préparation et mobilisation

A la fin de la deuxième guerre Balkanique, la Bulgarie doit démobiliser pour rendre à son armée son visage du temps de paix et permettre le redémarrage de son économie.

Cette démobilisation se fait dans un contexte difficile puisque qu’au sud l’armée ottomane menace la frontière et que la Roumanie occupe le nord du pays. Peu à peu les divisions retournent à leur format du temps de paix puis sont massées sur la frontière bulgaro-ottomane.

Une fois la paix signée, les divisions retournent dans leurs régions d’origine. Du moins pour les neuf premières car la 10ème initialement levée pour combattre sur la côte Egéenne doit se redéployer sur les territoires que la Bulgarie à réussi à conserver à savoir une partie des monts Rhodope et une partie de la Thrace occidentale. La 11ème DI elle devient une division cadre pour permettre l’entrainement des recrues.

Le processus de démobilisation s’achève le 8 décembre 1913 et peu de gens en Bulgarie imagine remettre ça dans moins de deux ans. L’armée bulgare du temps de paix comprend alors 66887 hommes (36976 issus de la Bulgarie «historique» et 36976 hommes issus des territoires récemment acquis).

En temps de paix l’armée bulgare est organisée en trois armées, dix divisions d’infanterie, quarante régiments d’infanterie, dix-neuf régiments d’artillerie, onze régiments de cavalerie, cinq bataillons du génie, un bataillon de chemin de fer, un bataillon télégraphique et un bataillon technique.

Le Royaume de Bulgarie est divisée en trois inspectorat d’armes, dix districts divisionnaires et quarante districts régimentaires. Les hommes qui arment ces entités de commandement forment en temps de guerre avec des rappelés trois état-major d’armées, dix état-majors divisionnaires et quarante état-majors régimentaires.

Comme quasiment toutes les armées européennes de l’époque, l’armée bulgare est une armée de conscription (A ma connaissance seule l’armée britannique est une armée de volontaires mais la situation insulaire du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande la dispense de posséder une armée de terre aussi nombreuse que sa marine).

Les sujets bulgares de sexe masculin sont astreints à un service militaire de deux ans dans l’infanterie mais de trois ans dans les autres armes. Ils sont appelés à l’âge de vingt ans et restent donc sous les drapeaux jusqu’à 22 voir 23 ans (NdA je n’ai pas les informations à ce sujet mais il n’est pas idiot de penser qu’il y à des possibilités d’aménagement).

A l’issue de ce service les obligations militaires ne sont pas terminées. Ils passent ensuite 18 ans dans la Réserve quand ils ont servit dans l’infanterie (16 ans pour les autres armes) soit en théorie jusqu’à l’âge de 39/40 ans soit pour l’époque un âge relativement avancé.

Les hommes âgés entre 40 et 48 ans rejoignent alors la Navodno Opalchenie (Milice Nationale) avec un premier cercle composé d’hommes âgés de 41 à 44 ans et un deuxième cercle composé des plus âgés (45 à 48 ans). A 48 ans révolus donc l’homme bulgare n’à plus d’obligations militaires.

Suite à l’expérience des deux guerres balkaniques, décision est prise de ne plus envoyer en première ligne les hommes âgés de plus de 45ans. Cela ne signifie pas la fin des obligations militaires mais les quadragénaires âgés de 45 à 48 ans vont servir uniquement à l’arrière.

Début 1915 alors que la Bulgarie est toujours en dehors du conflit un rapport précise que l’armée du tsar Ferdinand 1er peut mobiliser 577626 hommes entraînés âgés entre 20 et 48 ans. A cela s’ajoute un réservoir de 231572 hommes non entraînés. Les effectifs approchent ceux des deux guerres balkaniques.

L’armement n’à pas vraiment évolué et la petite aviation bulgare peine à renouveler un matériel rapidement obsolète, la faute à des voisins qui font barrage pour priver Sofia d’un accès aux avions les plus modernes. Ce n’est donc clairement pas dans le ciel que la Bulgarie pourra tirer son épingle du jeu.

Le 22 septembre 1915 le gouvernement bulgare publie un décret ordonnant la mobilisation générale. Il fallait falloir presque trois semaines pour mobiliser tout le monde, mobilisation qui rencontre un certain nombre de difficultés matérielles et surtout se fait sans aucun enthousiasme de la part de l’opinion publique. Nul doute que l’expérience récente des deux guerres balkaniques à refroidit nombre de bulgares à entrer en guerre.

Au début du mois d’octobre 616080 bulgares sont mobilisés soit 12% de la population totale et un quart de la population masculine.

Selon les conventions signées avec les Empires Centraux, la Bulgarie devait fournir cinq divisions mais elle va parvenir à en mobiliser onze plus une division de cavalerie sans oublier des unités de volontaires et de milice. Un effort conséquent donc.

Deux armées doivent être principalement engagées, la 1ère armée sous l’autorité du Groupe d’Armées Mackensen en Serbie et la 2ème Armée sous commandement national bulgare en direction du Vardar macédonien. Ces deux armées doivent être engagées contre la Serbie alors que la 3ème Armée doit surveiller les agissements de la Roumanie dont on ignore l’attitude dans cette guerre.

Tout comme durant les guerres balkaniques, le tsar Ferdinand 1er est commandant en chef de l’armée bulgare mais en pratique il délègue son pouvoir à l’ancien ministre de la Défense, le très germanophile Nicola Zhekov.

Ce dernier aura une interprétation extensive de ses pouvoirs pas clairement définis ce qui provoquera un certain nombre de frictions avec le gouvernement et notamment avec son successeur, le major-general Kalin Naydenov.

L’action de Zhekov sera relayé par son chef d’état-major, le lieutenant-general Klement Bayadzhiev qui est remplacé à la tête de la 1ère Armée par le major-general Konstantin Zhostov.

Une fois la mobilisation terminée l’armée bulgare aligne 232 bataillons d’infanterie et onze bataillons de pionniers au sein de onze divisions d’infanterie soit un total de 469140 hommes. A cela s’ajoute 75 bataillons indépendants (86444 hommes) mais aussi une «armée de l’intérieur» avec 31 bataillons de Milice et 41 bataillons dits supplémentaires soit un total de 64845 hommes.

Canon de 75mm Schneider-Canet M.1904

Si la cavalerie mobilise 62 escadrons, l’artillerie peut mettre en ligne 219 batteries d’artillerie réparties entre la 1ère Armée (94 batteries et 409 pièces), la 2ème Armée (44 batteries avec 182 canons), la 3ème Armée (50 batteries et 401 canons) et au sein de trois divisions d’artillerie indépendantes (31 batteries avec 130 canons).

Cette puissance de feu apparente (1122 pièces) est obérée par les faibles stocks de munitions puisqu’on compte en moyenne 500 coups par pièce.

Quand on sait que français et allemands se sont envoyés 37 millions d’obus de tous calibres en dix mois à Verdun cela laisse songeur…… .

Le déficit concerne également les fusils avec 372603 fusils disponibles contre 521509 prévus dans les plans de mobilisation.

Les DI bulgares sont de grosses unités. Toutes sauf une possédant trois brigades, les effectifs dépassent 40000 hommes ce qui en fait l’équivalent d’un corps d’armée dans d’autres armées.

A l’issue de la mobilisation l’ordre de bataille de l’armée bulgare ressemble à cela :

-1ère Armée : 1ère DI «Sofia» 6ème DI «Bdin» 8ème DI «Tundzha» et 9ème DI «Pleven»

-2ème Armée : 3ème DI «Balkan» 7ème DI «Rila» 1ère Division de Cavalerie

-3ème Armée : 4ème DI «Preslav» 5ème DI «Danube» 2ème DI «Thrace» 10ème DI «Egéenne» et 11ème DI «Macédonienne»

La mobilisation terminée, le haut-commandement bulgare se retrouve avec des réservistes entrainés mais non affectés. Pour ne pas manquer de futurs soldats, ces réservistes vont servir d’instructeurs au sein de nouvelles écoles militaires créées pour entrainer les différents contingents qui sont appelés sous les drapeaux en 1915, 1916,1917 et 1918. 214343 vont ainsi rejoindre les tranchées du front de Salonique remplaçant les 181515 soldats mis hors de combat.

Au final on estime à 1.2 millions le nombre d’hommes mobilisés par l’armée bulgare qu’ils soient issus du territoire bulgare en 1915 ou des territoires conquis durant la guerre.

L’armée (de terre) bulgare au combat

Comme nous avons vu dans la partie historique, le poids de la Bulgarie dans le dispositif de la Triplice dans la région ne va cesser de croître, Berlin comme Vienne n’accordant à ce front qu’une place secondaire dans la stratégie générale, le front de l’ouest et le front russe pour les allemands le front italien pour les austro-hongrois étant les seuls qui importaient à leurs yeux. C’est d’ailleurs un peu la même chose côté allié où le front macédonien ou front de Salonique n’à jamais bénéficié d’une immense priorité.

La mobilisation bulgare ne passe bien entendu pas inaperçue côté serbe. Il est probable que Belgrade s’attendait à un engagement bulgare du côté des germano-austro-hongrois. Voilà pourquoi face à l’armée bulgare, l’armée serbe va déployer des effectifs conséquents en l’occurrence 145 bataillons d’infanterie, 25 escadrons de cavalerie et 316 canons.

Quand on sait que l’armée serbe disposait alors de 288 bataillons, de 40 escadrons de cavalerie et de 678 canons on voit l’effort engagé contre les troupes de Sofia. L’armée bulgare sera d’ailleurs dans une situation inconfortable craignant une offensive surprise serbe pour stopper la mobilisation et gagner du temps pour faire face à une offensive venue du nord.

Obusier de 120mm Schneider-Canet utilisé par l’armée bulgare durant le premier conflit mondial

La 1ère Armée Bulgare doit être engagée aux côtés de la 11ème Armée allemande (sept divisions allemandes) et de la 3ème Armée austro-hongroise (quatre divisions austro-hongroises et trois divisions allemandes) mais avec un décalage de quelques jours mais cela n’allait pas se passer comme prévu.

Le 6 octobre 1915, les empires centraux déclenchent une terrible préparation d’artillerie contre le dispositif serbe implantée sur la Sava et le Danube. Ces deux fleuves sont franchis le lendemain.

Normalement les bulgares devaient attaquer le 11 octobre mais ils sont en retard ce qui va permettre aux serbes de prélever des moyens pour renforcer leur dispositif face aux troupes germano-austro-hongroises.

Enfin le 14 octobre 1915 les 1ère et 2ème Armées bulgares passent à l’attaque avec pour objectif pour la 1ère Armée les villes de Nis et d’Aleksinac. L’avancée est d’abord rapide mais très vite les choses se corsent. Le mauvais temps est de la partie ce qui ajouté au relief et à la résistance serbe rend l’avancée bulgare aussi lente que difficile.

Résultats les quatre divisions d’infanterie de la 1ère Armée sont bloquées devant les forteresses de Pirot et de Zapecan situées à seulement quinze kilomètres de la frontière. Es-ce le début d’un long et éprouvant siège ? Heureusement non pour les bulgares puisque suite à une brèche au centre, ils sont obligés d’évacuer les deux forteresses le 26 octobre 1915 permettant aux bulgares de reprendre leur avancée.

Paradoxalement (ou pas) c’est la 2ème Armée moins puissante (seulement deux divisions d’infanterie et une division de cavalerie) qui va avancer plus vite. Elle s’empare de la ville de Vranje et coupe les communication entre la Serbie et le Vardar macédonien. Une partie de la 2ème Armée met ensuite cap au nord pour aider la 1ère armée à couper la retraite des serbes. Le 20 octobre les bulgares s’emparent des villes de Vebes et de Kumanovo.

C’est alors que se produit le premier affrontement entre les bulgares et les troupes alliées au cours de la bataille de Krivolak (21 octobre au 22 novembre 1915). Cette bataille oppose la 11ème DI bulgare à trois divisions d’infanterie françaises (57ème, 122ème et 156ème DI). L’échec de deux divisions serbes à s’emparer de Skopje oblige les troupes françaises à se replier.

La Bataille de Kosturino (6 au 12 décembre 1915) est la conséquence de la précédente. Elle voit toujours l’engagement côté bulgare de la 11ème DI mais en face on trouve la 10ème DI britannique (division de recrutement irlandais) et la 156ème DI. C’est une nouvelle victoire bulgare et les alliés n’ont plus d’autre choix que de se replier sur la Grèce.

De leur côté les serbes n’ont pas renoncé à percer vers le sud pour rejoindre la Grèce espérant un soutien ferme des alliés mais ce soutien est chichement mesuré en raison de moyens insuffisants (ou jugés suffisants pour un front secondaire ce qui revient un peu ou même).

Le 5 novembre 1915 la 1ère Armée bulgare s’empare de Nis faisant 5000 prisonniers. Elle fait le même jour sa jonction avec la 11ème Armée allemande ce qui élimine le spectre d’une contre-offensive serbe enfonçant un coin entre ces deux armées.

Bien qu’affaiblie l’armée serbe représente toujours une menace qui ne peut et ne doit pas être sous-estimée. Voilà pourquoi les Empires Centraux décident d’éliminer cette menace en lançant une offensive en direction du Kosovo.

La 1ère Armée bulgare doit attaquer depuis l’est, la 2ème Armée bulgare depuis le sud, les allemands par le nord et les austro-hongrois par le nord-ouest.

Les serbes sont-ils condamnés ? Non car la lenteur des mouvements et notamment du franchissement de la Morava leur permet de retraiter en bon ordre.

La chute de Pristina le 23 novembre 1915 enterre toute possibilité de replier vers la Grèce. Il faut donc se replier vers l’Albanie pour éviter l’anéantissement. C’est l’autre donné par le haut-commandement serbe. C’est le début d’une véritable anabase à travers les montagnes eneigées et un froid polaire. Civils et militaires succombent par milliers.

De leur côté les bulgares continuent leur avancée en s’emparant des villes de Prizren, de Debard, de Strugea, d’Ohrid et de Bitola. La prise de cette dernière le 4 décembre 1915 marque la fin de la campagne de Serbie.

Le 3 décembre 1915 les bulgares s’étaient lancés contre les alliés mais trop tard pour empêcher leur repli vers Salonique où un puissant camp retranché va voir le jour. Le 11 décembre 1915 les troupes bulgares atteignent la frontière grecque mais reçoivent l’ordre de ne surtout pas la franchir.

Au 31 décembre 1915 après un peu plus de deux mois de conflit l’armée bulgare à perdu 37000 hommes (tués, blessés, malades) sur les 424375 hommes engagés soit 8.72% des effectifs.

Comme jadis le front se fige durant l’hiver, les conditions météos ne permettant pas une offensive majeure.

Constantin 1er de Grèce roi de 1913 à 1917 et de 1920 à 1922

Il faut attendre le 17 août 1916 pour que les bulgares repassent à l’attaque devançant de trois jours une offensive alliée. Les territoires à l’est de la rivière Struma sont facilement conquis (17 au 23 août) et pour cause, le roi de Grèce Constantin 1er à ordonné de ne pas résister ce que ne peut admettre nombre d’officiers grecs qui ne comprennent pas une telle attitude alors que ces territoires ont été durement conquis durant les guerres balkaniques. Cela provoquera un coup d’état pro-allié en faveur d’Euletherios Venizelos.

Du 12 au 30 septembre 1916 à lieu la Bataille de Kaymakchalan. Cette bataille se termine par une retraite bulgaro-allemande et l’évacuation de Bitola. 60000 hommes ont été mis hors de combat côté Empires Centraux (50000 côté allié) et la front à reculé de 40km ce qui est tout sauf négligeable.

Peu à peu le front macédonien ou front de Salonique va se figer. Une véritable guerre d’usure oppose les deux camps qui ne disposent pas de suffisament de moyens pour obtenir la percée tant recherchée.

Il va falloir attendre 1918 pour que la situation se débloque alors que telles deux courbes la force des alliés ne cesse d’augmenter pendant que celle des empires centraux ne cesse de décliner au point que chaque offensive de la Triplice ressemble à chaque fois à un coup de Poker plus risqué que le précédent. Le temps joue clairement en faveur des alliés et les allemands, les austro-hongrois et les bulgares le savent parfaitement.

Les alliés vont ainsi remporter au printemps 1918 la bataille de Skia-Di-Leger (29 au 31 mai 1918) puis celle de Dobro-Polje (15 au 18 septembre 1918), bataille qui marque le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front puis à son exploitation.

Cela ne veut pas dire que les bulgares sont en déroute. Ils remportent quelques succès comme la Bataille de Dorian (18 septembre 1918) mais il s’agit à chaque fois de victoires locales et tactiques qui ne changent pas le cours de la guerre.

Résultat le 24 septembre 1918 la Bulgarie demande un armistice aux alliés. L’armée bulgare se désintègre certains éléments exploités par les agrariens proclament même la Bulgarie. Les alliés acceptent le 29 septembre 1918. C’est l’Armistice de Thessalonique.

Outre le front macédonien, les bulgares vont également combattre contre la Roumanie. Bucarest entre en guerre en août 1916.

L’offensive roumaine remporte d’abord de brillants succès mais ces succès sont en trompe l’œil, les roumains étant 200000 contre 25000 austro-hongrois. L’arrivée rapide de renforts germano-austro-hongrois stabilise la situation et permet une contre-offensive à laquelle participe la Bulgarie en Dobroudja du Sud. Cela aboutira à l’occupation des deux tiers de la Roumanie (dont la capitale Bucarest) et à l’impossibilité pour la Roumanie de continuer la guerre après l’effondrement russe (NdA plus de détails dans le volume 3 consacré à la Roumanie).

Mitteleuropa Balkans (50) Bulgarie (14)

Une histoire militaire de la Bulgarie (2) : aux temps modernes (1878-1954)

Les prémices

Drapeau des opalchentsi

L’armée bulgare renait officiellement le 22 juillet 1878 (10 juillet selon le calendrier julien) quand douze bataillons d’opalchentsi qui venaient de participer à la guerre de Libération (appelée également neuvième guerre russo-ottomane) forment une armée nationale plus de quatre siècles après la fin de l’indépendance bulgare.

2011 : des passionnés d’histoire militaire célèbre le 133ème anniversaire de l’indépendance bulgare. Ils portent la tenue des opalchentsi qui s’illustrèrent durant la guerre russo-ottomane de 1877/78.

Les opalchentsi sont des volontaires bulgares qui décident d’aider la Russie dans sa guerre contre l’empire ottoman mais aussi prendre leur revanche sur l’écrasement de la révolte 1876, écrasement d’une violence telle que cela avait suscité l’écœurement de l’opinion publique européenne.

Ils sont regroupés à Samara et vont jouer un rôle majeur dans deux des quatre batailles du col de Skipka (deuxième bataille du 21 au 26 août 1877 et quatrième bataille du 5 au 9 janvier 1878).

Fusil Chassepot modèle 1866

Armés de fusils Chassepot (probablement pour maintenir l’illusion que la Russie n’étaient pas derrière eux), ils formèrent trois brigades numérotées 1, 2 et 3, chaque brigade disposant deux bataillons (druzhina) de cinq compagnies chacune. A ces trois brigades vont s’ajouter six druzhina indépendants numérotés 7 à 12.

Selon la Constitution de Tarnovo, tout les hommes âgés de 21 à 40 ans sont éligibles au service militaire et plus généralement aux obligations militaires.

En 1883 l’armée bulgare connait une première réorganisation. Les douze bataillons d’infanterie cités plus haut sont regroupés au sein de quatre brigades stationnées à Sofia, Pleven, Muse et Shumen. A cela s’ajoute une brigade de cavalerie.

La jeune armée bulgare ne tarde pas à connaître le baptême du feu puisque dès 1885 un conflit l’oppose à la Serbie.

Ce conflit est d’abord favorable à Belgrade mais la contre-attaque bulgare bouscule les troupes serbes qui doivent se replier sur leurs bases de départ et même battre en retraite devant la poussée des troupes de Sofia. Seule la menace d’une intervention austro-hongroise côté serbe stoppa l’avancée bulgare.

A l’époque l’armée de terre bulgare aligne un peu moins de 30000 hommes organisés en huit régiments à trois bataillons regroupés dans les quatre brigades vues plus haut. Comme chaque régiment possède environ 700 hommes on compte 5600 fantassins, le reste des effectifs étant composée de cavaliers (neuf escadrons) et d’artilleurs qui arment douze batteries à huit canons sans compter les services nécessaires.

Pour ce conflit elle peut également compter sur la milice de Roumélie Orientale unie par union personnelle à la principauté de Bulgarie. Cette milice mobilise d’abord ses unités de première ligne (douze bataillons d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et quatre canons) bientôt suivies par ses unités de deuxième ligne soit douze autres bataillons.

Ces bataillons vont opérer avec le deuxième échelon bulgare composé de huit bataillons, vingt bataillons de volontaires et trois bataillons macédoniens.

L’armée de terre bulgare dans les guerres balkaniques.

L’armée bulgare dans la première guerre balkanique

Tableau représentant les soldats bulgares au combat durant les guerres balkaniques

Le commandant nominal de l’armée bulgare est le tsar Ferdinand 1er mais le commandement effectif est assuré par son adjoint, le Lieutenant-General Mihail Savorov, son chef d’état-major était le Major-General Ivan Fichev avec comme chef d’état-major adjoint le colonel Stefan Nerezov.

L’armée bulgare déploie 366029 hommes soit la moitié des forces terrestres de la Ligue Balkanique qui va combattre l’empire ottoman pour chasser les forces de la Sublime Porte du continent européen.

En Thrace, les bulgares déploient trois armées plus une division de cavalerie. Des forces sont également placées sous l’autorité de la 2ème armée serbe sur le théâtre d’opérations occidental. On trouve également un détachement déployé dans les monts du Rhodope.

La 1ère Armée Bulgare dispose de la 1ère Division d’Infanterie «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie), de la 3ème Division d’Infanterie «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui (artillerie, génie) et de la 10ème Division d’Infanterie composée de deux brigades à deux régiments d’infanterie.

La 2ème Armée Bulgare disposait de la 8ème Division d’Infanterie «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, du détachement Haskovo avec une brigade d’infanterie, un détachement d’artillerie et une brigade de cavalerie à deux régiments.

La 3ème Armée Bulgare disposait de la 4ème Division d’Infanterie «Preslav» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, de la 5ème Division d’Infanterie «Danube» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de la 6ème Division d’Infanterie «Bdin» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui.

La seule Division de Cavalerie de l’armée bulgare opère sur le théatre d’opérations de la Thrace avec deux brigades, la 1ère disposant de deux régiments alors que la 2ème dispose de trois régiments.

Sur le Théâtre occidental, la Bulgarie déploie une division au sein de la 2ème Armée serbe, la 7ème Division d’Infanterie «Rila» composée de trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités de cavalerie, de génie et d’artillerie. Elle opère en compagnie d’une division serbe composée de quatre régiments d’infanterie, d’un régiment d’artillerie et d’un régiment de cavalerie.

Le Détachement du Rhodope se compose de l’unique 2ème divisions d’infanterie de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

Naturellement l’ordre de bataille évolue durant le conflit. Après la première bataille de Catalca, les gouvernements bulgares et ottomans signent un armistice le 3 décembre 1912 et se mettent d’accord pour attendre une conférence de paix à Londres.

Les pourparlers ont lieu au palais de St James et n’avaient pas beaucoup avancé quand le 23 janvier 1913 les Jeunes Turcs dirigés par Enver Bey lancent un coup d’état et s’emparent du pouvoir à Constantinople. Le nouveau gouvernement est déterminé à s’emparer d’Andrinople à tout prix ce que ne pouvait accepter la Bulgarie. L’armistice est dénoncé le 29 janvier 1913 et les combats vont reprendre.

Ce sont les ottomans qui prennent l’initiative. Laissant de petites forces en Epire et en Albanie, les ottomans engagent toutes leurs forces en Thrace avec une offensive combinant attaques terrestres et attaques amphibies.

Durant la période de l’Armistice, les bulgares réorganisent leur stratégie en Thrace. Au début du mois de décembre, ils réalisent que les arrières de la 2ème Armée à Adrianople mais aussi ceux des 1ère et 3ème Armées pouvaient être menacées par une offensive ottomane utilisant la péninsule de Gallipoli comme base de départ.

Pour contrer cette menace le haut commandement bulgare décida de transféré ses forces jadis déployées sur le front occidental dans une nouvelle 4ème Armée bulgare avec 93389 hommes sous le commandement du Major Général Stiliyan Kovachev.

Pendant ce temps à Adrianople, une nouvelle 11ème Division d’Infanterie est formée. Elle est accompagnée par deux divisions d’infanterie serbes ce qui permet aux bulgares de déployer d’autres forces sur la ligne Chataldzha.

Sur la ligne Chataldzha située en Thrace à 35km à l’oust d’Istanbul on trouve d’abord la 1ère Armée bulgare sous le commandement du Lieutenant-Général Vasil Kutinchev qui commandait également le dispositif combinant les 1ère et 3ème armées bulgares.

Cette armée dispose de la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie auxquels il faut ajouter des unités d’appui et de soutien, de la 3ème DI «Balkan» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et la 10ème DI qui comprend deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 3ème Armée bulgare commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriez comprend la 4ème DI «Preslav» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, la 5ème DI «Danube» avec trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien et de la 9ème DI «Pleven» avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien.

La 4ème Armée bulgare déployée dans la péninsule de Gallipoli dispose de la 2ème DI de Thrace avec deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, de la 7ème DI «Rila» à trois brigades (une à trois régiments, une à un seul régiment et une brigade à deux régiments) plus des unités d’appui dont un régiment de cavalerie et un bataillon de pionniers et de la division de cavalerie avec deux brigades à trois régiments montés, une brigade d’infanterie à deux régiments et des unités d’appui et de soutien.

Toujours dans la péninsule de Gallipoli, on trouve sous le commandement du Major-General Genev le Macedonian-Adrianpolitian Volunteer Corps composée de trois brigades à quatre bataillons d’infanterie plus des unités d’artillerie.

Dans la région d’Andrinople : on trouve la 2ème Armée Bulgare qui dispose de la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments plus des unités d’artillerie et du génie, de la 11ème DI à deux brigades à deux régiments d’infanterie, d’une brigade indépendante à deux régiments d’infanterie et d’un détachement d’artillerie indépendant. A cela s’ajoute également deux divisions serbes, la 1ère DI «Timok» et la 2ème DI «Danube».

La division d’infanterie type de l’armée bulgare se compose de trois brigades d’infanterie à deux régiments d’infanterie disposant chacun de quatre bataillons d’infanterie soit un total de vingt-quatre bataillons pour la division. A cela s’ajoutait deux régiments d’artillerie, un régiment de cavalerie et un bataillon du génie.

Pour des raisons tactiques, les 1ère et 2ème division cédèrent chacune une brigade pour permettre la formation d’une 10ème division qui ne disposait donc que de seize bataillons d’infanterie.

Cette armée bulgare va jouer un rôle majeur durant ce conflit en participant à plusieurs batailles contre les armées ottomanes.

L’armée bulgare au combat. Un autre tableau dans un style plus « naïf »

Le premier affrontement est constitué par la bataille de Kardzhali le 21 octobre 1912, une bataille opposant des effectifs comparables (8700 bulgares et 42 canons contre 9000 ottomans qui ne disposaient que de 9 canons). Les bulgares l’emporte et attache définitivement au pays la ville de Kardzhali et la partie orientales du massif des Rhodopes. Si les bulgares n’ont que 9 morts et 42 blessés, les ottomans ont 200 tués et blessés et abandonnent aux bulgares 19 prisonniers.

Trois jours après cet affrontement, 150000 soldats bulgares affrontent à la bataille de Kirk-Kilisse environ 100000 ottomans. Après une tentative ottomane de séparer les 1ère et 2ème armées ottomanes, la poussée bulgare oblige les troupes de la Sublime Porte à battre en retraite.

Les bulgares ont eu 887 tués et 4034 blessés sans oublier 824 portés disparus. De leur côté les ottomans ont subit des pertes deux fois plus importantes avec 1500 tués et blessés sans oublier 2 à 3000 prisonniers, 58 canons et 2 avions capturés par les bulgares.

Du 28 octobre au 2 novembre 1912 108000 bulgares (avec 116 mitrailleuses et 360 canons) affrontent 130000 ottomans (appuyés avec 300 canons) à la bataille de Lule-Burgas.

C’est la bataille la plus sanglante de la guerre, les ottomans devant se replier sur les monts Catalca où une puissante ligne fortifiée protège les approches de la capitale ottomane, Constantinople située à seulement 30km. Le bilan humain est terrible avec côté bulgare 2536 tués et 17000 blessés alors que du côté ottoman la note du boucher de nos «amis» anglais est encore plus élevée avec 22000 tués et blessés, 2800 prisonniers et 50 canons capturés.

Les 17 et 18 novembre 1912 à lieu la première bataille de Catalca. Cet affrontement indécis oppose 176430 bulgares contre 140571 ottomans.

Les bulgares subissent de très lourdes pertes ce qui leur impose d’arrêter toute progression ce qui permet aux ottomans de revendiquer la victoire (car même si ce n’est pas vrai en temps de guerre la communication et la propagande c’est presque aussi important que les manœuvres et les combats).

1506 soldats bulgares ont été tués auxquels il faut ajouter 9127 blessés et 1391 disparus soit un total de 12024 hommes hors de combat contre 5 à 10000 tués et blessés côté ottoman. Les pertes inférieures expliquent pourquoi les ottomans ont pu revendiquer la victoire même si cette victoire ne peut pas vraiment changer le cours de la guerre clairement dominé par la Ligue Balkanique.

Le 27 novembre 1912 à lieu la bataille de Merhamli entre bulgares et ottomans (effectifs exacts inconnus). Après une poursuite des bulgares, les ottomans doivent franchir la rivière Maritsa mais la majorité doit se rendre aux bulgares puisque sur les 10000 soldats ottomans engagés 9600 vont être faits prisonniers.

Le 26 janvier 1913 à lieu la bataille de Bulair. Environ 10000 bulgares affrontent quasiment 40000 ottomans (NdA chiffres incertains et contestés). Les ottomans tentent de dégager la forteresse d’Andrinople (aujourd’hui Edirne) assiégée par les bulgares depuis le début du conflit. L’attaque est rapidement contrée par les bulgares.

En ce qui concerne les pertes là aussi il y à contestation puisque l’unique source est bulgare et c’est ainsi que selon Sofia on trouve 114 tués et 416 blessés du côté bulgare et côté ottoman plus de 6000 morts et 10000 blessés.

Du 3 février au 3 avril à lieu la deuxième bataille de Catalca. C’est une bataille d’usure qui se termine de manière incertaine.

Du 9 au 11 février 1913 les bulgares affrontent les ottomans lors de la bataille de Sarkoy. Cet affrontement est la conséquence de la bataille de Bulair et comme la bataille de Bulair se termine par une victoire bulgare.

Là aussi les pertes sont très incertaines. Si du côté bulgare j’ignore les effectifs engagés et donc les pertes, côté ottoman on trouve près de 20000 hommes et 48 canons plus des navires (deux croiseurs et deux cuirassés) et au niveau des pertes on annonce 882 tués, 1842 blessés et 55 disparus.

Du 3 novembre 1912 au 26 mars 1913 la forteresse d’Andrinople à été assiégée par les bulgares rejoint ensuite par les serbes. Sa chute va pousser l’Empire ottoman à demander la paix car incapable de poursuivre la lutte. 106425 bulgares et 47275 serbes vont affronter entre 50 et 70000 ottomans.

C’était donc la fin d’un siège de cinq mois marqué par deux attaques nocturnes infructueuses. La prise de cette forteresse fait sensation car elle avait été fortfiée par les allemands et était jugée imprenable.

La première guerre balkanique se termine par la signature du traité de Londres le 30 mai 1913. Ce traité voit les grandes puissances européennes intervenir. Une Albanie indépendante voit le jour, les îles de la mer Egée sont cédées à la Grèce sauf celles de Imhos et de Tenedos qui commandent l’accès aux détroits turcs, la Crète appartient définitivement à la Grèce.

Tous les territoires européens de l’empire ottoman à l’ouest d’une ligne Enos-Midio sont cédés à la Ligue Balkanique qui doit en assurer le partage. C’est le début d’un processus qui allait conduire à la deuxième guerre Balkanique.

Mannlicher M1888

En ce qui concerne l’équipement de l’armée bulgare on trouve plusieurs modèles de pistolets et de revolvers comme le Frommer-Stop austro-hongrois, le Beholla et le Luger P-08, plusieurs modèles de fusil (Mauser modèle 1871/84, Peabody-Martini Henry, Mannlicher M1888 et M1895) mais aussi le fusil mitrailleur Madsen.

L’armée bulgare dans la deuxième guerre balkanique

Suite aux problèmes du partage des dépouilles entre les vainqueurs, la Bulgarie se retourne contre ses anciens alliés bientôt renforcés par l’empire ottoman. Le conflit sera bref se terminera par un désastre pour Sofia qui parviendra tout de même à conserver quelques territoires.

Durant la 1ère guerre Balkanique la Bulgarie avait mobilisé 599878 hommes sur une population masculine de 1914160. 33000 soldats sont morts sans compter les 50000 blessés ou malades (typhus et cholera).

En dépit de la mobilisation de nouveaux bulgares issus des territoires conquis en Thrace et en Macédoine, l’armée bulgare ne dispose que de 500491 hommes alors que les anciens bulgares pouvaient mobiliser 83% des effectifs présents durant la première guerre soit plus que la Bulgarie.

Les bulgares vont déployer cinq armées contre la Grèce et la Serbie, ne laissant qu’un maigre rideau contre les ottomans et rien sur la frontière avec la Roumanie.

On trouve onze divisions d’infanterie, une division de cavalerie, le corps des volontaires macédonio-adrianopolitain. A cela s’ajoute en réserve sous l’autorité directe du haut-commandement deux divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie indépendante.

La force de combat globale était donc de 297 bataillons d’infanterie, 47 escadrons de cavalerie et 186 batteries d’artillerie. Sur le plan matériel la situation s’est améliorée mais comme nous le verrons dans le récit du conflit cela ne va pas suffire.

Le commandant en chef est toujours nominalement assuré par le tsar Ferdinand 1er mais au quotidien le commandement est assuré par le Lieutenant-General Mikhail Savov avec comme adjoint en titre le chef d’état-major général, le Major-General Ivan Fichev mais comme ce dernier est opposé à une nouvelle guerre, il est suppléé sans être débarqué par son adjoint, le colonel stefan Nerezov.

Cette situation ne dure pas car peu après le début du conflit, le Lieutenant-General Savov est viré mais reprendra du service en assurant le commandement combiné des 2ème, 4ème et 5ème armée.

Pour le remplacer dans ses fonctions, Ferdinand 1er le remplace par le général Dimitriez nettement plus russophile, son adjoint le général Racho Petrov assurant le commandement de la 3ème Armée.

Ordre de Bataille des troupes opérant contre l’armée serbe

Face aux troupes de Belgrade, Sofia déploie tout d’abord la 1ère Armée placée sous le commandement du Lieutenant-General Vasil Kutinchev.

Elle comprend la 5ème Division d’Infanterie «Danube» composée de deux brigades d’infanterie à deux régiments plus des unités d’appui et de soutien, la 9ème Division d’Infanterie «Pleven» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui de soutien et enfin d’une brigade d’infanterie indépendante à deux régiments également. Sous le commandement direct de l’armée on trouve escadrons de cavalerie pour l’éclairage.

La Troisième Armée commandée par le Lieutenant-General Radko Dimitriev comprend la 1ère DI «Sofia» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 13ème DI à trois régiments d’infanterie, une brigade d’infanterie à deux régiments, une division de cavalerie à deux brigades à deux régiments plus des unités d’appui et un régiment de cavalerie indépendant.

La Cinquième Armée commandée par le Major-General Stefan Toshev comprend la 4ème DI «Preslav» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 12ème DI à trois régiments d’infanterie, la Brigade Odrin à deux régiments d’infanterie, de l’artillerie d’armée et un régiment indépendant de cavalerie.

La Quatrième Armée commandée par le Major-General Stiliyan Kovachev comprend la 2ème DI thrace à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 7ème DI «Rila» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui, la 8ème DI «Tundzha» à trois brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, deux brigades d’infanterie indépendante.

Elle dispose également du corps des volontaires macédonio-adrianopolitain composé de trois brigades à cinq bataillons d’infanterie plus des unités d’appui. Sous l’autorité directe de l’armée on trouve un régiment de cavalerie et un régiment d’Opalchenis.

Ordre de bataille des troupes engagées contre l’armée grecque

Face à l’armée grecque les bulgares déploient la Deuxième Armée commandée par le Lieutenant-General Nikola Ivanov. Elle comprend la 3ème DI «Balkan» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien mais aussi la 11ème DI à trois régiments d’infanterie plus des unités d’appui et de soutien, trois brigades indépendantes d’infanterie ainsi que des unités dépendant directement de l’armée à savoir un régiment d’infanterie, un régiment de cavalerie, des escadrons indépendants de cavalerie, un bataillon de garde-frontières et une section d’obusiers.

Forces déployées en Thrace orientale (face aux turcs)

Face aux turcs les bulgares ne déploient qu’un écran pour jalonner et freiner autant que faire se peut une poussée ottomane. On trouve d’abord une brigade d’infanterie issue de la 10ème DI (d’où sa désignation de 2/10) avec deux régiments d’infanterie, deux escadrons de cavalerie et une section d’artillerie. A cela s’ajoute un régiment d’infanterie et deux régiments de cavalerie, tous les trois indépendants.

Réserve du Haut-Commandement

Le haut-commandement bulgare conserve sous son autorité directe en réserve stratégique la 6ème DI «Bdin» à deux brigades à deux régiments d’infanterie plus une unité d’artillerie et un bataillon de pionnier.

Ce conflit est donc la conséquence du premier où les anciens alliés de la Ligue Balkanique vont se déchirer des territoires.

C’est la Bulgarie qui prend l’initiative en attaquant la Serbie et la Grèce le 29 juin 1913. Belgrade et Athènes vont être ultérieurement aidés par le Monténégro le fidèle allié de la Serbie mais aussi pour la Roumanie et l’empire ottoman ce qui fait que l’armée bulgare va devoir combattre en même sur tous les fronts. C’était déjà quasiment impossible pour armée de premier ordre alors l’armée bulgare vous pensez…… .

Sur le plan militaire, les troupes serbes et grecques sont encore fraiches. En effet elles n’ont pas eu à s’employer alors que les troupes bulgares ont combattu durement ce qui à provoqué de nombreuses pertes.

La bataille de Bregalnica (rivière alimentant le Vardar) est la première du conflit. Deux armées bulgares affrontent deux armées serbes (renforcées par quelques éléments monténégrins).

Sur le plan numérique cela nous donne 184000 bulgares (116000 pour la 4ème armée 68000 pour la 5ème armée) répartis entre 100 bataillons d’infanterie, 6 régiments de cavalerie et 63 batteries d’artillerie qui affrontent 191000 serbo-monténégrins répartis entre 104 bataillons d’infanterie, 24 escadrons de cavalerie et 62 batteries d’artillerie. C’est la plus grande bataille de la guerre qui se termine par une défaite bulgare et de sérieuses pertes avec 20000 tués côté serbo-monténégrin et 30000 côté bulgare.

Du 2 au 4 juillet 1913, les grecs remportent la bataille de Kilkis-Lachanas. 75000 bulgares (57 bataillons d’infanterie et 10 escadrons de cavalerie) appuyés par 175 canons affrontent 117000 grecs (73 bataillons d’infanterie et 8 escadrons de cavalerie). Cette bataille fait suite à la bataille précédente

Les serbes tiennent le choc et les grecs parviennent de leur côté à contre-attaquer, infligeant aux bulgares une sérieuse défaite, la pire de ce conflit. Les bulgares ont 6971 tués et blessés plus 2500 prisonniers et 19 canons perdus alors que les grecs ont perdu 8828 tués et blessés.

La ville une fois prise est vidée de sa population bulgare. L’armée grecque divise alors ses forces, une partie met cap à l’est et la Thrace occidentale, le reste avance la vallée creusée par la rivière Struma, les grecs battant les bulgares à la bataille du lac Doiran (5/6 juillet 1913).

Cette bataille oppose deux brigades bulgares issus de la 2ème armée à deux divisions grecques (3ème et 10ème DI).

Conséquence de la bataille de Kilkis-Lachanas, cette bataille voit les bulgares qui avaient détruit les ponts sur le Styrmon et la ville de Serres être sérieusement malmenés ce qui entraîne une retraite vers le nord. Les grecs s’emparent de plusieurs villes et menacent la capitale bulgare. A cela s’ajoute un débarquement amphibie grec à Kavala.

Les pertes traduisent le déroulement des combats. La moitié des troupes bulgares est tuée, blessée ou capturée alors que les grecs n’ont que des pertes minimes avec 252 tués et 755 blessés.

Du 4 au 7 juillet à lieu la bataille de Knjazevac entre environ 50000 bulgares appuyés par 108 canons et 40000 serbes appuyés par 68 «bouches à feu».

C’est une victoire bulgare, les troupes de Sofia s’emparant de cette ville située à 250km au sud-est de Belgrade et 55km au nord-est de Nis. Si les pertes serbes sont inconnues, les bulgares perdent plus de 1000 hommes (280 tués et 820 blessés).

Du 6 au 8 juillet la 3ème armée bulgare affronte la 2ème armée serbe dans la bataille de Pirot. Les bulgares qui avaient lancé l’offensive doivent se replier pour aider leur 1ère armée sérieusement accrochée par les roumains.

Avec cette défaite qui s’ajoute à celle survenue lors de la bataille de Bregalnica, les bulgares peuvent dire adieu à la conquête du sud-ouest de la Serbie.

Le 8 juillet 1913 à lieu la bataille de Bedogradchik entre les bulgares et les serbes qui se termine par une victoire serbe.

Peu après les bulgares remportent la bataille de Demir Hisar les 9 et 10 juillet toujours contre les grecs.

Du 12 au 18 juillet la ville de Vidin défendue par 4200 bulgares est assiégée 8500 serbes. Une première attaque serbe échoue mais la paix est signée avant que d’autres attaques d’où qu’elles viennent soient menées à bien.

Les 18 et 19 juillet 1913 à lieu la bataille de Kalimanci. Deux armées bulgares affrontent une armée serbo-monténégrine. Les bulgares repoussent les serbes qui cherchaient à les expulser de Macédoine et retrouver les grecs plus en aval sur la rivière Struma. C’est une importante victoire défensive pour les bulgares qui empêchent toute invasion de la Bulgarie par la Serbie.

Cette bataille se termine par des pertes assez élevées avec 2400 tués et 4620 blessés côté bulgare, 2500 tués et 4850 blessés côté serbe, 107 tués et 570 blessés côté monténégrin.

Du 22 au 31 juillet à lieu la Bataille de Kresna qui est la dernière bataille majeure du conflit. Les bulgares avaient contre-attaqué les serbo-monténégrins le 19 juillet et tentent de faire pareil contre des grecs épuisés dont les lignes de communication sont sur le point de rompre.

Euletherios Venizelos

Pour ne rien arranger on se chamaille au sommet de l’état entre le premier ministre Venizelos partisan d’un armistice et le roi Constantin 1er qui voulait obtenir une grande victoire militaire.

Cette bataille manque de tourner à la catastrophe pour les grecs, les bulgares appuyant sur les flancs pour tenter de réitérer la célèbre bataille de Cannes (-216).

Les grecs demandent aux serbes de relancer l’attaque mais Belgrade refuse. A la même époque les roumains avancent vers Sofia. C’est ce qui va sauver les grecs d’un anhilation quasi-totale.

Les roumains ? Oui les roumains qui déclarent la guerre le 10 juillet 1913 suite à un désaccord frontalier avec Sofia. Quand les grecs acceptent la proposition bulgare d’un armistice les troupes roumaines sont à Vrazhebdria à onze kilomètres du centre de Sofia.

Les troupes de Bucarest vont envahir la Doubroudja du sud mais également franchir le Danube dans la région de Corabia.

Les ottomans vont également se joindre à la curée à partir du mois de juillet. Pas moins de 200 à 250000 turcs vont envahir la Thrace occidentale. Les bulgares en sous-effectifs évacuent Adrianople (Edirne) en catastrophe le 19 mais comme les turcs ne l’occupe pas, ils reviennent le lendemain pour l’abandonner définitivement cette fois le 21.

Le 23 juillet 1913 Edirne est occupée par les ottomans. C’est symboliquement très importante car cette ville capturée par Murad 1er dans les années 1360 avait été la première capitale européenne des ottomans, statut qu’elle conservera jusqu’à la prise de Constantinople en 1453.

L’invasion ottomane de la Bulgarie provoque la panique chez les paysans de la région qui se réfugient dans la montagne. Les troupes ottomanes n’ont pas eu à souffrir de pertes au combat mais ont perdu 4000 hommes des suites du choléra.

Les russes menacent alors Constantinople d’intervenir dans le Caucase et envoient la flotte de la mer Noire menacer la capitale ottomane. C’est alors la Grande-Bretagne soucieuse de ne pas trop laisser de place à Saint-Pétersbourg dans la région qui décide d’intervenir.

De toute façon les différents belligérants sont épuisés, éreintés par neuf mois d’un conflit qui annonce tristement les horreurs du premier conflit mondial.

La deuxième guerre Balkanique se termine par le Traité de Bucarest signé le 10 août 1913. Les ottomans demandent à participer mais les anciens alliés de la Ligue Balkanique refusent. Cette fois les Grandes Puissances vont intervenir pour éviter qu’une nouvelle paix insatisfaisante ne provoque une troisième guerre.

Mitteleuropa Balkans (43) Bulgarie (7)

La Bulgarie dans le premier conflit mondial

Du 14 octobre 1915 au 30 septembre 1918 la Bulgarie va participer au premier conflit mondial du côté des Empires Centraux. Clairement Sofia veut prendre sa revanche sur les deux guerres balkaniques qui l’avait vue passer du statut de puissance vainqueur à celui de puissance défaite.

Clairement quand le premier conflit mondial éclate à l’été 1914 la Bulgarie est isolée et entourée de voisins hostiles. Pour ne rien arranger, Sofia ne peut compter sur le soutien d’une ou plusieurs grandes puissances.

C’est le cas notamment de la France et de la Russie qui la blâme pour avoir provoqué la dissolution de la Ligue Balkanique.

Pas étonnant que la politique étrangère bulgare soit marquée par des sentiments profondément revanchards.

Néanmoins à l’été 1914 la Bulgarie préfère rester neutre à la fois pour susciter le désir des deux camps en position mais aussi pour récupérer des conséquences des deux guerres balkaniques, la Bulgarie ayant perdu plusieurs dizaines de milliers de soldats dans ces deux conflits qui annonçaient les horreurs du premier conflit mondial. De plus 120000 réfugiés doivent être intégrés à la vie économique et sociale bulgare.

Neutralité ne veut pas dire inaction. Une loi permet l’établissement de la loi martiale sur le territoire bulgare et une autre loi permet l’organisation d’un prêt national de 50 millions de leva pour les besoins de l’armée.

Un traité secret est signé entre la Bulgarie et l’Empire ottoman le 6 août 1914. C’est un pacte mutuel de défense si jamais un état balkanique attaquait l’un des deux signataires. La Bulgarie s’engage à informer Constantinople de tout processus de mobilisation. Les allemands ne sont informés qu’en décembre 1914. En octobre 1914 l’empire ottoman entre en guerre mais la Bulgarie décide de rester neutre.

Cela n’empêche pas les Empires Centraux de travailler la Bulgarie au corps pour un accord militaire voir une entrée en guerre pleine et entière. L’Entente tente également une approche mais semble ne pas mettre la même énergie et le même enthousiasme.

La guerre devant durer l’opinion publique bulgare est moins encline à soutenir l’entrée en guerre du pays tant aux côtés des alliés que du côté des empires centraux.

Il semble acquis que début 1915 la Bulgarie n’à pas définitivement choisit dans quel camp entrer en guerre. En mai 1915 après l’entrée en guerre de l’Italie, l’Entente tente d’attirer la Bulgarie de son côté pour soutenir la Serbie et faire peser une nouvelle menace sur l’empire ottoman.

Des propositions alléchantes sont faites à Sofia mais comme la Serbie et la Grèce sont tenues à l’écart, Sofia se méfie des réelles intentions alliées. Les Empires Centraux reviennent alors à la charge alors que militairement ils sont en meilleur position que l’Entente.

Pour ne rien arranger les membres de l’Entente peinent à faire une proposition commune en raison d’intérêts divergents. Clairement à l’été 1915 l’Entente à laissé passer sa chance.

Carte postale célébrant l’alliance bulgaro-allemande avec le tsar Ferdinand 1er

Le 6 septembre 1915 la Bulgarie formalise son adhésion aux Empires Centraux en signant un traité d’amitié avec l’Allemagne, un traité valable cinq ans.

Une annexe secrète spécifie les futures acquisitions bulgares en l’occurence le Vardar macédonien et une partie de la Serbie à l’est de la rivière Morava.

Si la Grèce et la Roumanie attaquent sans provocation bulgare, Sofia récupérera les territoires perdus au traité de Bucarest en 1913 plus la rectification de la frontière bulgaro-roumaine selon celle prévue par le traité de Berlin de 1878.

L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie garantissent à la Bulgarie un prêt de 200 millions de francs et dans le cas où la guerre durerait plus de quatre mois, Berlin et Vienne se porteront garant d’un prêt supplémentaire.

Un troisième texte est également signé en l’occurence une convention militaire planifiant la défaite de la Serbie.

Toujours le 6 septembre 1915 une convention militaire est signée entre la Bulgarie et l’empire ottoman.

Le 22 septembre 1915 les bulgares décrètent la mobilisation générale et le 5 octobre 1915 les alliés renoncent à attirer la Bulgarie dans leur camp.

Le premier ministre britannique Asquith fait porter le chapeau de l’échec sur la Russie et la Serbie qui auraient fait preuve d’un manque de volonté (NdA c’est sûrement ça le fair-play britannique).

NdA Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’organisation de l’armée de terre bulgare que j’aborderai dans la partie idoine. Je vais me contenter de parler de l’engagement militaire de la Bulgarie dans le premier conflit mondial.

A l’époque le Royaume de Bulgarie couvre 144 424 km² pour 4.9 millions d’habitants dont 2.4 millions d’hommes mais tous ne sont naturellement pas mobilisables.

La mobilisation se fait dans des conditions difficiles avec un manque d’enthousiasme, un manque d’armement et un manque d’équipements. Néanmoins au début du mois d’octobre 616680 hommes sont sous les drapeaux soit 12% de la population et de 25% des hommes.

La convention militaire demandait aux bulgares cinq divisions mais Sofia parvient à mobiliser onze divisions d’infanterie et une division de cavalerie sans compter des unités auxiliaires, des unités de soutien et des unités de Milice. Ces moyens doivent être répartis en trois armées, deux sur le front serbe et une sur la frontière roumaine.

La 1ère armée bulgare dépend du Groupe d’Armées Mackensen (du fedlmarshall Mackensen, le commandant en chef allemand de ce groupe) en compagnie de la 11ème armée allemande et de la 3ème armée austro-hongroise. Cette première armée bulgare comprend quatre divisions d’infanterie et d’une brigade de cavalerie.

En revanche la 2ème armée qui doit être engagée dans le Vardar Macédonien reste sous le contrôle direct du haut-commandement bulgare.

La mobilisation bulgare ne passe naturellement pas inaperçue du côté serbe. Belgrade déploie sur la frontière serbo-bulgare 145 bataillons d’infanterie, 25 escadrons de cavalerie et 316 canons soit la moitée de l’armée serbe qui comprend 288 bataillons, 40 escadrons de cavalerie et 678 canons.

Belgrade espère le renfort de 150000 soldats alliés pour défendre le Vardar Macédonien mais l’Entente n’en à ni les moyens ni visiblement la volonté de renforcer le dispositif serbe.

Les futurs « jardiniers de Salonique » (troupes françaises à Thessalonique en 1915)

Les Empires Centraux continuent leurs préparatifs en vue d’une offensive décisive en Serbie, l’Autriche-Hongrie ne pouvant fournir les six divisions demandées, l’Allemagne est obligée d’engager des unités supplémentaires.

On trouve donc la 11ème armée allemande avec sept divisions allemandes, la 3ème armée austro-hongroise avec quatre divisions austro-hongroises et trois allemandes et la 1ère armée bulgare.

Le 6 octobre 1915 les allemands et les austro-hongrois passent à l’attaque. Un barrage d’artillerie frappe les positions serbes le long de la Sava et du Danube. Le franchissement à lieu le lendemain.

Les bulgares doivent normalement attaquer cinq jours plus tard mais suite à des retards les serbes prélèvent des troupes faisant face aux bulgares pour renforcer le front nord. Cela permet aux bulgares de terminer leur processus de mobilisation avec deux armées soit 300000 hommes, 195820 pour la 1ère armée et le reliquat pour la 2ème armée qui ne comprend que deux divisions d’infanterie et une division de cavalerie, ces moyens devant être engagés sur un front de 300km.

Le 14 octobre 1915 le Royaume de Bulgarie déclare la guerre au Royaume de Serbie. L’engagement de la Българска армия (Bŭlgarska armiya) permet de débloquer la situation sur le front serbe. Cela va permettre également aux allemands de sécuriser les approvisionnements en direction de la Sublime Porte.

Le jour même de la déclaration les troupes bulgares franchissent la frontière sur un front de 140km de long et 15km de profondeur. La 1ère Armée bulgare doit envahir la vallée de la Morava et prendre les villes de Nis et de Aleksinac pour faire la jonction avec la 11ème armée allemande.

L’avancée initiale est d’abord rapide mais très vite elle est contrariée par le mauvais temps qui endommage les routes. La résistance serbe et le relief montagneux de la région n’arrangent rien.

Résultat la 1ère armée bulgare doit stopper son avance avant les forteresses de Pirot et de Zapecar situées à seulement quinze kilomètres de la frontière. Une brèche au centre force les serbes à évacuer et les deux villes susnommées le 26 octobre 1915.

Paradoxalement la 2ème armée bulgare moins forte remporte de plus grands succès. Le 16 octobre 1915 elle s’empare de Vranje dans le sud de la Serbie et coupent les lignes de communication entre la Serbie et le Vardar macédonien.

Une partie de cette armée met cap sur Nis pour aider la 1ère armée à couper la retraite des forces serbes, le gros de cette force mettant cap à l’ouest, s’emparant de Vebes et de Kumanovo (dans l’actuelle Macédoine du Nord) le 20 octobre 1915.

Des troupes bulgares situées autour de Krivolak et de Strumitsa rencontrent pour la première fois les troupes françaises qui avançaient vers le nord pour aider les serbes. C’est le début de la bataille de Krivolak qui va durer du 21 octobre au 22 novembre 1915.

Cette bataille oppose la 11ème division bulgare à trois divisions françaises (57ème, 122ème et 156ème DI). L’échec de deux divisions serbes à s’emparer de Skopje oblige les français à se replier.

Cela provoque la Bataille de Kosturino (6 au 12 décembre 1915) qui oppose la 11ème division bulgare à deux divisions alliées, la 10ème division britannique (division de recrutement irlandais) et la 156ème DI.

Les bulgares l’emporte à nouveau et les alliés doivent se replier sur la Grèce. Les Empires centraux peuvent continuer les travaux de la ligne de chemin de fer Berlin-Constantinople. Les serbes décident de résister face à Mackensen tout en retraitant vers le Kosovo pour échapper à l’anhiliation. Le 1er novembre 1915, la ville de Kragujevac tombe aux mains des allemands.

Retraite de l’armée serbe en 1915

Le 5 novembre 1915 la ville de Nis tombe aux mains de la 1ère Armée bulgare, 5000 soldats serbes étant faits prisonniers. Le même jour cette même armée fait sa jonction avec la 11ème armée allemande, évitant par exemple que les serbes n’attaquent dans l’espace laissé entre les deux armées alliées. Les objectifs de guerre de l’armée bulgare sont atteints après moins d’un mois de combat.

Concentrée au Kosovo l’armée serbe envisage de forcer le passage et de retrouver les alliés en Macédoine. D’autres penchent plutôt pour un repli sur la côte adriatique pour échapper à l’encerclement.

L’armée serbe est certes affaiblie mais elle représente encore une menace. Voilà pourquoi les Empires Centraux décident de la détruire totalement. Le premier objectif est d’atteindre Pristina dans le nord du Kosovo.

La 1ère Armée bulgare doit attaquer depuis l’est, le groupe renforcé de la 2ème Armée bulgare doit attaquer depuis le sud, des éléments de la 11ème armée allemande doivent attaquer au nord et la 3ème armée austro-hongroise depuis le nord-ouest.

Ce plan parfait sur le papier est contré par le franchissement trop lent de la rivière Morava. Les serbes concentrent des moyens importants contre la 2ème armée bulgare car c’est le principal obstacle entre l’armée serbe et les alliés mais aussi parce qu’elle menace les routes d’une potentielle retraite vers l’Albanie.

La tentative de percée est un échec et l’armée serbe doit battre en retraite. Les bulgares tentent de couper leur mouvement depuis le sud. Suite à la prise de Pristina le 23 novembre 1915, le haut-commandement serbe ordonne la retraite générale vers l’Albanie pour éviter une totale annihilation.

La poursuite est essentiellement menée par les bulgares et les austro-hongrois. C’est ainsi que la 3ème division bulgare s’empare de la ville de Prizren dans le sud-ouest du Kosovo, accentuant la pression sur les serbes.

D’autres villes tombent aux mains des bulgares comme Debard (sur l’actuelle frontière macédono-albanaise), Struga (sud-ouet de l’actuelle Macédoine du Nord sur les rives du lac Ohrid) et Ohrid.

Le 4 décembre 1915 les bulgares prennent Bitola (actuellement dans le sud de la Macédoine du Nord) ce qui marque la fin de la campagne militaire pour la Serbie.

La retraite serbe tourne à l’anabase digne de Xénophon mais dans un contexte climatique bien plus difficile

Les serbes eux continuent leur éprouvante anabase qui va provoquer la mort de 55000 soldats. 150000 soldats serbes sont évacués par des navires alliés (essentiellement français et italiens) en direction de Corfou mais ils sont dans un tel état qu’il faudra du temps avant d’en refaire une armée cohérente et capable de combattre.

La veille le 3 décembre 1915 la 2ème armée bulgare avait entamé son avance contre les alliés mais trop tard pour empêcher les divisions alliées de se replier sur Salonique.

Le 11 décembre 1915 les troupes bulgares atteignent la frontière grecque mais reçoivent l’ordre de ne surtout pas la franchir. L’année 1915 se termine et pour l’armée bulgare il s’agit de faire les comptes avec 37000 pertes (tués, blessés, malades) sur 424375 engagés soit 8.72% des effectifs.

Clairement en cette fin 1915 le bloc des Empires Centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie et Empire ottoman) sort renforcé des dernières opérations surtout si on compare la situation de l’Entente qui doit digérer les échecs en Artois, en Champagne, dans les Flandres mais aussi aux Dardanelles.

La conquête de la Serbie à été dure par ses combats mais aussi par l’occupation qui en découle, de nombreux crimes de guerre ont été commis par les troupes bulgares en dépit des dénégations de Sofia.

Des révoltes éclateront, l’une d’elle la Révolte de Toplica (21 février au 25 mars 1917) étant marquée par une répression impitoyable équivalente à celle des turcs face aux bulgares en 1877.

Voilà pourquoi quand les alliés parviendront à percer le front, ils refuseront une offensive en direction de la Bulgarie de crainte que les troupes serbes qui représentaient un élément incontournable du dispositif allié ne se vengent sur la population civile bulgare.

Après des succès initiaux, la guerre devient une guerre d’usure. Ce front est jugé secondaire par les allemands et les moyens engagés seront toujours insuffisant pour débloquer la situation (ce qui sera la même chose côté allié).

Le front de Salonique fin 1915

Le front en question est baptisé le plus souvent front macédonien. Du côté des Empires Centraux, on trouve deux ensembles, l’Army Group Scholz composé de la 11ème armée allemande, des 1ère et 2ème armées bulgares et du 20ème Corps d’Armée ottoman plus l’Army Group Albania qui comme son nom l’indique couvre l’Albanie.

Du côté des alliés nous trouvons l’Armée alliée d’Orient avec l’Armée d’Orient (France), des 1ère,2ème et 3ème Armées serbes (après leur reconstitution), l’Armée britannique de Salonique, l’Armée de Défense Nationale (Grèce), la 35ème DI italienne, une Force Expéditionnaire Russe et le 16ème Corps d’Armée italien.

Appelé également front de Salonique, il s’étend donc de la côte albanaise à la Struma. C’est une éprouvante guerre d’usure où la situation reste longtemps figée ce qui n’est au final pas si différent du front occidental.

Tranchées du front de Salonique

La principale différence c’est que les troupes qui y sont déployées ont le sentiment d’être oubliés au point qu’ils se baptiseront eux-mêmes «les jardiniers de Salonique». Aux combats s’ajoute le climat difficile et les épidémies qui préleveront leur lot de morts et d’invalides.

Le 5 janvier 1916 les austro-hongrois attaquent le Monténégro alliés de la Serbie. La petite armée monténégrine résiste bravement mais le rapport de force est trop déséquilibré ce qui aboutit le 25 janvier à la signature d’un armistice qui fait sortir le Monténégro de la guerre.

A noter que le roi Nicolas 1er réfugié en Italie s’oppose à cet armistice mais le gouvernement passe outre. Un gouvernement militaire est mis en place le 1er mars.

Dans la foulée l’Albanie est envahie, les ports de Scutarri et de Durazzo tombent à la fin février mais heureusement pour alliés l’évacuation sur Corfou de l’armée serbe s’est achevée le 10 février 1916.

A la fin de l’hiver 1915/16, les austro-hongrois contrôlent quasiment toute l’Albanie. A l’époque les britanniques veulent quitter la région mais les français refusent et Londres finit par s’incliner.

Les alliés décident de s’enterrer à Salonique et de s’y maintenir fermement. L’armée serbe reconstituée à Corfou va être transportée par des navires français sur ce front.

Aux problèmes militaires s’ajoute des problèmes politiques avec une Grèce divisée entre un roi pro-allemand et un premier ministre Euletherios Venizelos pro-allié. Comme la Roumanie est sur le point d’entrer en guerre, le général Sarrail, commandant des troupes alliés sur ce front veut lancer une offensive contre les bulgares.

Il n’en aura pas le temps puisque les Empires Centraux attaquent le 17 août 1916. En réalité les bulgares représentent l’immense majorité des troupes engagées, les allemands étant peu présents (une division) et les austro-hongrois sont surtout engagés en Albanie.

A l’est du front les bulgares conquièrent facilement les territoires grecs à l’est de la rivière Struma (17-23 août 1916) et pour cause, le roi de Grèce, le très germanophile Constantin 1er ordonne au 4ème Corps d’Armée de ne pas résister. Il y à cependant des combats de la part d’officiers qui ne peuvent admettre que ces territoires durement acquis durant les deux guerres balkaniques soient abandonnés si facilement.

Cela entraine le 29 août un coup d’état avec l’établissement de l’Etat de Défense Nationale ou gouvernement de Thessalonique sous la direction de Venizelos. A l’ouest même succès du moins initialement car les alliés parviennent après deux semaines de combat à contenir l’offensive bulgare après deux semaines.

Les alliés lancent une contre-attaque le 12 septembre 1916. C’est la Bataille de Kaymakchalan (12 au 30 septembre 1916) menée essentiellement par les serbes. Cela se termine par une victoire tactique des serbes mais les pertes sont lourdes des deux côtés. Les bulgares et les allemands qui ont perdu 60000 hommes évacuent Bitola. Le front à clairement reculé de 40km.

Pour affermir leur position, les alliés et les vénizélistes occupent la Thessalie et l’isthme de Corinthe, coupant les territoires royalistes en deux. Ils échouent à Athènes (1er au 3 décembre 1916). Les alliés reconnaissent officiellement le gouvernement Venizelos et mettent en place le blocus des côtes.

Après un hiver 1916/17 calme, les opérations vont reprendre au printemps 1917. l’Armée alliée d’Orient voit ses effectifs portés à 24 divisions avec six divisions françaises, six divisions serbes, sept divisions britanniques, une division italienne, trois divisions grecques et deux brigades russes.

Tout comme sur le Chemin des Dames, l’offensive alliée lancée au printemps est un échec et après de lourdes pertes pour des gains minimes, le haut-commandement allié décide d’arrêter les frais le 21 mai 1917.

Entre-temps le 14 mai 1917 le roi Constantin 1er s’est exilé remplacé par son fils Alexandre. Venizelos devient premier ministre et aussitôt la Grèce déclare la guerre aux Empires Centraux, une déclaration qui entraine la mise sur pied d’une nouvelle armée grecque capable de tenir son rang aux côtés des alliés.

A l’automne 1918, les Empires Centraux alignent sur le front de Salonique la 11ème armée allemande (deux corps d’armées, sept divisions majoritairement bulgares), la 1ère armée bulgare (trois divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie), la 2ème armée bulgare (trois divisions d’infanterie) et la 4ème armée bulgare qui dispose d’une division d’infanterie et d’une division de cavalerie.

De leur côté les alliés alignent une Armée d’Orient composée de cinq divisions d’infanterie françaises, une division d’infanterie italienne et deux divisions grecques, deux Corps d’Armée serbes regroupant huit divisions d’infanterie dont deux françaises plus une division de cavalerie, Un groupe de divisions avec une division coloniale (française), une division grecque et une division britannique, une Armée britannique de Salonique avec deux corps d’armées regroupant trois divisions britanniques et deux divisions grecques et enfin l’Armée Grecque composée de deux corps d’armée soit un total de six divisions d’infanterie dont une à l’entrainement.

Du 29 au 31 mai 1918 à lieu la Bataille de Skra-Di-Leger entre trois divisions grecques plus une brigade française contre une brigade bulgare. Sans surprise les alliés l’emporte et cette défaite bulgare entraine la démission du premier ministre en exercice, Vassil Radoslatov (21 juin 1918).

Il est remplacé par Aleksander Molinar qui entame des négociations secretes avec les alliés mais ces négociations buttent sur la volonté bulgare de conserver sous son autorité l’est de la Macédoine ce que ne peut accepter Athènes et comme Paris et Londres ne veulent pas aller contre les volontés grecques……. .

La France veut lancer une offensive majeure mais il faut un accord politique avant de passer à l’action. Cela prend du temps et ce n’est qu’à l’automne 1918 que tout va se débloquer. A cette époque les effectifs sont équilibrés (291 bataillons côté alliés contre 310 de l’autre côté) mais le conflit à clairement choisit le camp de l’Entente surtout depuis l’échec des offensives allemandes du printemps.

Du 15 au 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dobro Pole. Elle oppose deux divisions bulgares à trois divisions françaises, deux corps d’armées serbes et trois divisions grecques. C’est le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front.

Le 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dorian entre d’un côté une division britannique et deux divisions grecques contre une division bulgare renforcée des éléments d’une autre Grande Unité de la Bulgarskaya Armiya.

Après la préparation d’artillerie, les britannico-grecs attaquent les positions bulgares situées près du lac Dorian mais c’est un échec en raison d’un manque d’appui-feu, de problèmes de coordination entre britanniques et grecs et en raison visiblement du manque d’entrain des troupes grecques.

Quelques jours plus tard les positions évacuées sont occupées sans combat par les britannico-grecs. Ils donnent la chasse aux troupes bulgares en retraite mais à un train de sénateur ce qui permet aux soldats de Sofia de se replier en bon ordre.

Le 24 septembre 1918 la Bulgarie demande un armistice aux alliés. Ces derniers acceptent cinq jours plus tard soit le 29 septembre 1918.

Le même jour les alliés occupent Skopje mais une vigoureuse contre-attaque germano-bulgare les obligent à abandonner la ville aux troupes des Empires Centraux.

Si la Bulgarie demande un armistice c’est que l’armée bulgare épuisée s’effondre. De nombreuses mutineries ont lieu et certains mutins proclament même la république à Radomir. Ce putsch républicain est un pétard mouillé qui prend fin le 2 octobre 1918.

Entre-temps l’armistice de Thessalonique à été signé le 29 septembre 1918 et entre en vigueur le lendemain à minuit.

Pour sauver ce qui peut l’être, Ferdinand 1er décide d’abdiquer le 3 octobre 1918 en faveur de son fils qui devient le tsar Boris III.

L’armée bulgare à aussi été engagée contre la Roumanie à l’automne 1916 quand celle-ci entre en guerre aux côtés de l’Entente. Son offensive en Dobroudja du Sud oblige les roumains à détacher des troupes ce qui réduit leur potentiel offensif face aux Empires Centraux qui après une vigoureuse contre-offensive vont occuper quasiment tout le pays même si l’aide russe et celle de conseillers militaires français dirigés par le général Berthelot va permettre à Bucarest d’éviter l’occupation de tout le pays.

Le 27 novembre 1919 est signé le Traité de Neuilly sur Seine. On trouve d’un côté la Bulgarie et de l’autre côté les alliés qu’ils soient importants ou secondaires. En effet la France, la Grèce, l’Italie, le Japon, la Roumanie, la Serbie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Belgique, la Chine, Cuba, le Hejaz, la Pologne, le Portugal, le Siam et la Tchécoslovaquie ont signé ce traité qui peut être résumé ainsi :

-La Thrace occidentale est cédée à l’Entente qui va la rétrocéder à la Grèce (Conférence de San Remo 19 au 26 avril 1920)

-La Bulgarie doit signer une convention d’échange de populations avec la Grèce

-La Bulgarie doit céder 2563 km² sur sa frontière occidentale au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes

-Retour à la Roumanie de la Dobrudja du Sud

-Armée de 20000 hommes

-100 millions de livres sterling de dommages de guerre

-Reconnaissance obligatoire du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes

Pour la majorité de l’opinion publique bulgare, ce traité est la Deuxième Catastrophe Nationale après celle survenue à peine cinq ans plus tôt à la fin de la deuxième guerre balkanique.

Mitteleuropa Balkans (37) Bulgarie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 2 : BULGARIE

Évolution territoriale de la Bulgarie de 1918 à 1950. En vert foncé hachuré, la Dobroudja, rétrocédée par la Roumanie en 1940 ; en vert clair hachuré, le Chalcidique et le Thessalonique annexés en 1949/50 ; en vert clair, les territoires annexés au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

AVANT-PROPOS

 

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 1er juillet 2020 j’ai terminé la Hongrie (Tome 11 vol.1) ce qui porte le total des pages écrites à 8601 pages.

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

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Mitteleuropa Balkans (1) Hongrie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 1 : HONGRIE

Hongrie 2

 

AVANT-PROPOS

En ce 22 mai 2020 je commence le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale uchronie puis-qu’après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) j’en suis rendu à 8395 pages soit une moyenne de 839 pages par tome, ce chiffre s’expliquant par un tome 1 très trop gros.

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