Grande Bretagne (89) Armée de terre (14)

Uniformes

Les régiments de la Garde

Encore aujourd’hui la relève de la garde à Buckingham Palace est une attraction appréciée par les nombreux touristes qui visitent la capitale britannique.

Vêtus de leur redingote rouge et d’un bonnet de poil adopté après les guerres napoléoniennes, ces hommes n’en étaient pas moins des soldats d’élite et le second conflit mondial vit les différents régiments de la garde participer aux combats de l’armée britannique.

Les régiments de cavalerie participèrent également au conflit non sur les fiers destriers avec lesquels ils assurent des missions de parade et de représentation mais à bord de blindés.

Faute de temps, la création d’un Household Cavalry Regiment ne peut avoir lieu durant la guerre de Pologne mais en septembre 1948, ce régiment est mis en place suivit d’un deuxième formés par des éléments des Life Guards et des Royal Horse Guards. Equipés de chars Comet, ils vont être déployés au printemps 1949 sur le continent pour participer à la future offensive contre l’Allemagne.

Life Guard

Life Guard

La Household Brigade à connu sa première organisation au moment de la Restauration en 1660 avec d’abord trois régiments, les Life Guards (régiment de cavalerie), les Grenadiers Guards et les Coldstream Guard, ces deux régiments étant des régiments d’infanterie.

Grenadier Guard, acteur de la fameuse relève de la garde

Grenadier Guard, acteur de la fameuse relève de la garde

En 1686, les Scots Guards rejoignirent la Garde et il fallut attendre ensuite le 19ème siècle pour que la composition de la Garde évolue avec l’intégration en 1820 des Horse Guards suivis en 1900 des Irish Guards et en 1915 des Welsh Guards.

Coldstream Guard lors de la cérémonie annuelle "Trooping the colors"

Coldstream Guard lors de la cérémonie annuelle « Trooping the colors »

Chaque régiment se distingue par un uniforme chatoyant et coloré. Ainsi les Life Guards portent une tunique rouge, une culotte blanche et un casque à crinière de cheval blanche. Les Horse Guards portent une tunique bleue foncée avec une aiguillette d’or sur l’épaule droite pour les officiers, une culotte blanche, une cuirasse, un casque à crinière de cheval rouge et des bottes noires.

Scots Guard

Scots Guard

Les régiments d’infanterie (cinq en septembre 1948) portent tous une tunique rouge, un pantalon noir et un bonnet en poil d’ours (ourse pour les officiers) emprunté à l’armée napoléonienne, l’armée britannique ayant pour tradition d’adopter une coiffure issue d’une armée énnemie vaincue (seule exception, elle adopta le béret après le premier conflit mondial).

Irish Guard

Irish Guard

Pour les différencier, il faut faire attention au plumet et aux boutons de la tunique. Les Grenadier Guards dispose d’un plumet blanc à gauche et de boutons à espaces réguliers (car 1er régiment), les Coldstream Guards disposent d’un plumet rouge à droite et de boutons groupés par deux (car 2ème régiment), les Scots Guards n’ont pas de plumet et les boutons sont groupés par trois (car 3ème régiment).

Welsh Guard

Welsh Guard

Les Irish Guard disposentd’un plumet bleu à droite et de boutons groupés par quatre (car 4ème régiment) alors que les Welsh Guard disposent d’un plumet vert et blanc à gauche et de boutons groupés par 5 (car 5ème régiment).

Ces régiments de la garde vont être engagés dans les combats du second conflit mondial d’abord sous la forme de détachements (une compagnie des Irish Guard participe à la bataille de Tromso et une compagnie des Grenadiers Guards est engagée à Bergen) puis sous la forme d’une Household Infantry Brigade à deux régiments (1st et 2nd Household Infantry Regiment) formés sur le même modèle que les régiments de cavalerie.

A noter qu’au cours du conflit, le titre honorifique de Guard fût attribué aux régiments s’étant distingué au combat sans que cela ne change quoi que ce soit dans leur appartenance à leur division d’origine.

Il va s’en dire que ces unités d’élite combattaient avec l’uniforme de l’armée régulière et non avec leur uniforme de parade.

Les uniformes de l’armée régulière

A la différence de la France entrée en guerre avec un uniforme inadapté à la guerre moderne _tunique bleu, pantalon garance_, l’armée britannique disposait depuis très longtemps d’un uniforme basse visibilité de couleur kaki.

En septembre 1939, la majorité des unités britanniques ont déjà reçu la tenue modèle 1937 avec son célèbre battle dress (“blouson de combat”) accompagné d’un pantalon droit, une tenue simple et fonctionnelle.

A l’origine, il n’était prévu aucune marque distinctive pour des raisons de sécurité mais peu à peu aux marques de grade s’ajoutèrent les insignes du régiment.

battle-dress

Le Battle Dress dispose de deux poches à soufflet et patte boutonnée placé sur la poitrine. Tous les boutons (cinq devant, deux de poche et deux en bas des manches) sauf ceux des pattes d’épaule sont dissimulés. Sous le battle-dress se trouve une chemise en flanelle ou en coton

pantalon droit ou kilt pour les unités écossaises ou short pour les unités combattant en milieu désertique. Si le short est toujours largement usité en septembre 1948, le kilt est largement relégué à l’arrière et à la parade.

Avec le short on porte des fausses chaussettes et des guêtrons ou des chaussettes classiques en coton parfois accompagnées de bandes mollétières assez courtes.

Brodequins ferrés à bout rapporté. Ils sont entièrement confectionnés dans un cuir grenelé noirci, ces chaussures sont très appréciées

En matière de coiffure, on trouve le bonnet de police à bord rabattables peu populaire, le béret de couleur noir pour les blindés, marron pour les troupes écossaises (le fameux Tam O’ Shanter). Il faudra attendre le second conflit mondial pour voir apparaitre un nouveau béret, l’amarante des parachutistes et le vert des Royal Marines.

Casque Mk II

Casque Mk II

Quand au casque, il s’agit du casque Mark II, un casque en acier étroitement dérivé du Mark I du premier conflit mondial. En forme de plat à barbe, il était adapté aux coups venant du dessus mais pas vraiment des coups venant des côtés. Des essais sans lendemain pour le remplacer furent menés durant la période 1940-1948.

Le changement interviendra sous l’influence des parachutistes dont le casque était nettement plus couvrant pour protéger la tête des secousses de l’aterrissage. Certaines unités récupéreront ce casque de manière non-officielle avant qu’un nouveau casque ne remplace le “plat à barbe”.

Durant la période de la Pax Armada, la tenue évolue peu, de nouveaux effets apparaissent, l’équipement modèle 1937 reçoit de nouveaux sous-ensembles mais globalement la tenue du fantassin britannique en septembre 1948 est la même qu’en septembre 1939.

Fortifications

Avant-propos

Avec sa situation insulaire, on pourrait s’attendre à ce que l’armée britannique ne dispose d’aucune fortification permanente.

C’est vrai pour le territoire métropolitain (des plans sont dressés pour construire des blockhaus de campagne en cas de menace avérée sur le territoire national,quelques ouvrages construits pour protéger certains sites sensibles) mais pas pour l’outre-mer.

En effet, la British Expeditionnary Force (BEF) s’appuie sur des ouvrages construits par la France et améliorés par la 1st Infantry Division qui reste déployée en France durant la Pax Armada pour montrer la détermination britannique face à l’Allemagne mais également pour accélérer la montée en puissance du dispositif quand une nouvelle guerre éclatera.

Les divisions britanniques déployés au sein du GA2 s’appuient également sur les ouvrages de la ligne Maginot.

En réalité les seuls exemples de fortifications permanentes sont à chercher en Extrême-Orient avec une ligne fortifiée à la frontière entre la Malaisie et la Thaïlande ainsi que des ouvrages isolés pour protéger Hong-Kong et des secteurs clés de la frontière indo-birmane.

Ces ouvrages ne sont cependant pas du niveau de la ligne Maginot, ils sont plus proches de la ligne Doumer, de gros ouvrages de campagne disposant de leurs propres armes (mitrailleuses, canons antichars, mortiers….) et mis en oeuvre par des unités de campagne ce qui nécessite un certain préavis pour occuper les ouvrages.

Si en temps de paix les ouvrages ne sont armés qu’au cours d’exercices ou par des unités manoeuvrant dans la région, dès que la tension montera d’un cran, il est prévu que les ouvrages soient armés, chaque régiment d’infanterie devant disposer d’hommes capables d’occuper rapidement ses ouvrages, des hommes capable d’utiliser les armes, les optiques mais également de savoir réparer un groupe électrogène…. .

Ouvrages fortifiés en Europe

Au printemps 1948, des travaux de fortifications sont menés en Grande-Bretagne pour protéger des sites sensibles.

Les bases aériennes, les bases aéronavales notamment sont protégés par des blockhaus par le Royal Engineer Corps, des ouvrages standardisés avec un ouvrage léger le Mark I équipé de deux mitrailleuses de 7.7mm, un ouvrage medium Mark II avec un canon antichar de 25mm français et une mitrailleuse de 7.7mm et un ouvrage lourd équipé de deux ou trois affûts combinant un canon de 2 livres et une mitrailleuse de 7.7mm, un mortier de 81mm et des fusils-mitrailleurs.

Sur le continent, les divisions d’infanterie britanniques déployées vont s’appuyer sur les fortifications françaises qu’elles soient permanentes ou de campagne.

Le BEF déployé entre la 7ème et la 1ère armée française occupe le Secteur Fortifié de Lille (SFL), un secteur fortifié récent avec des petits ouvrages et non des ouvrages puissants comme en Alsace et en Lorraine.

Le SFL dispose des abris et des blockhaus suivants :

-onze blocs de type Da pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-huit type Db pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-quatre type Dc pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dd pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dsd pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-cinq type Dsg pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-Quatre type Gsd pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Six type Gsg pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Huit type G1 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Cinq type G2 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Deux type G3

On trouve également vingt-trois abris de tir, eux aussi de différents types :

-Trois type N1d pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à droite)

-Quatorze type N1f pour une mitrailleuse ou un canon antichar tirant en action frontale

-Quatre type N1g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

-Deux type N2g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

Enfin on trouve également neuf tourelles démontables (quatre équipés de canons antichars de 25mm et cinq équipés de mitrailleuses de 7.5mm).

Ce sont les seules armes du secteur à calibre français, les armes des abris et des blockhaus étant fournis par la 1st Infantry Division à savoir des canons antichars de 2 livres (puis de 6 livres _environ57mm_), des mitrailleuse Vickers et des fusils-mitrailleurs Bren.

Outre le BEF, l’armée britannique déploie sous commandement français deux corps d’armée, les 4th et 5th British Corps qui dépendent respectivement de la 3ème et de la 4ème armée.

Le 4th British Corps composée de deux divisions de mobilisation (51th Highland Division et 48th Northumberland Division) occupe le Secteur Fortifié de Faulquemont entre le Secteur Fortifié du Boulay à l’ouest et le Secteur Fortifié de la Sarre.

A la différence du Secteur Fortifié de Lille, le Secteur Fortifié de Faulquemont dispose de régiments d’infanterie de forteresse, les 146ème et 156ème RIF qui peuvent passer donc sous commandement britannique en temps de guerre.

Pour éviter des chevauchements préjudiciables en temps de guerre, il est prévu que le SF gère ses positions en cas d’attaque directe sur ses ouvrages, prennant sous son aile les Grandes Unités participant à la défense.

En revanche en cas d’offensive, le SF s’efface devenant une simple entité chargée de l’administration et du soutien logistique, le 4ème Corps d’Armée Britannique prenant alors le contrôle de toutes les unités de combat du secteur.

Le Secteur Fortifié de Faulquemont est subdivisé en deux sous-secteurs, le sous-secteur de Steinbesch et celui du Bois-des-Chênes.

Le premier secteur dispose d’un ouvrage d’infanterie à quatre blocs, de deux petits casemates d’artillerie type CEZF, d’un ouvrage d’infanterie à trois blocs, deux casemates d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM (Région Fortifiée de Metz), quatre casemates cuirassées, une casemate simple flanquant vers le nord, une casemate simple flanquant vers le sud, un ouvrage d’infanterie monobloc et un ouvrage mixte à quatre blocs.

Le second nommé dispose de deux casemates cuirassées, d’un ouvrage d’infanterie à trois blocs, et d’une casemate d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM.

On trouve sur l’ensemble du SF des organisations de campagne à savoir trente-trois blockhaus pour pour mitrailleuses et canons antichars (16 modèle 1935 et 17 modèle 1936, quatre casemates Pamart, sept cuves pour canons de 65mm, trente-quatre tourelles démontables (vingt-deux pour mitrailleuses et douze pour canons de 25mm), huit boucliers pour canon de 25mm, environ quarante PC et huit observatoires.

Le 5th British Corps qui dispose d’une division d’active (5th Infantry Division) et d’une division de mobilisation (42nd East Lancashire Division) couvre le Secteur Fortifié des Vosges.

Ce secteur aux ailes puissantes et au centre plus faible est encadré à l’est par le Secteur Fortifié d’Haguenau et à l’ouest par le Secteur Fortifié de la Sarre.

Comme le SF de Faulquemont, il est divisé en deux sous-secteurs avec chacun un régiment d’infanterie de forteresse mais si le 154ème RIF régiment de mobilisation est maintenu après l’automne 1940, ce n’est pas le cas du 165ème RIF qui est mis en sommeil, les ouvrages sous sa responsabilité étant entretenus et gardés par la 5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers.

Le sous-secteur de Phillipsbourg dispose d’un ouvrage d’artillerie à cinq blocs et deux entrées (le Grand-Hohékirkel), deux abris-cavernes à deux coffres, deux casemates simples flanquant vers l’ouest, trois casemates simples flanquant vers l’est, une casemate d’artillerie pour deux matériels de 75mm modèle 1897, cinq blockhaus doubles, une casemate simple, deux blockhaus simples, et trois casemates doubles.

Le sous-secteur de Langensoultzbach dispose d’une casemate simple flanquant vers l’est, d’une casemate simple flanquant vers l’ouest, de deux casemates doubles, d’une casemate cuirassée, d’une casemate d’artillerie pour deux matériels de 75 modèle 1897, sept blockhaus doubles, cinq blockhaus simples flanquant vers l’est, quatre blockhaus simples flanquant vers l’ouest, d’un PO (Petit Ouvrage) à trois blocs (Lembach) et d’un ouvrage d’artillerie à six blocs et deux entrées (ouvrage du Four-à-Chaux).

Ouvrages fortifiés en Extrême-Orient

Malaysian Line

La frontière entre la Thaïlande et la Malaisie mesure 506km de long sur un terrain assez difficile d’accès qui assure longtemps une quasi-protection naturelle.

Seulement à partir des années trente, les relations entre Londres et Bangkok se dégradent, le royaume de Thaïlande tout en proclamant sa neutralité se rapproche peu à peu de Tokyo espérant récupérer des territoires appartenant au protectorat français du Cambodge.

Si une attaque thaïlandaise contre la Malaisie est peu probable, l’utilisation du territoire thaïlandais par l’armée japonaise pour envahir la péninsule malaise est nettement plus probable.

En cas de guerre contre le Japon, la Malaisie est en première ligne et la période 1940-1948 voit le renforcement des moyens de défense déployés dans les territoires de la Fédération.

Les troupes sont mieux entrainées et mieux équipées, des unités de chars y sont déployés. La RAF déploie des avions plus modernes (Hurricane et Stirling notamment)la Royal Navy comme nous l’avons vu aménage une base à Alor Setar.

Pour protéger la frontière malaiso-thaïlandaise, décision est prise en juin 1941 de construire une ligne fortifiée, la Malaysian Line, une ligne discontinue de casemates, de blockhaus et d’abris armés de mitrailleuses, de fusils-mitrailleurs, de canons antichars et de mortiers.

Il n’est pas prévu d’ouvrages d’artillerie mais des emplacements pour des canons de campagne de 25 livres sont aménagés à l’arrière pour couvrir la ligne fortifiée.

Sur les 506km de frontière, on trouve près de 700 ouvrages de différents modèles, plus ou moins puissants.

Les Mark I sont les ouvrages de base avec deux créneaux de mitrailleuses, des Vickers de 7.7mm associé à une cloche d’observation inspirée des modèles installés par la France sur la ligne Maginot.

Les Mark II sont des ouvrages médians avec un créneau combinant un canon de 2 ou de 6 livres et une mitrailleuse de 7.7mm et un créneau équipé de deux mitrailleuses ou de deux fusils-mitrailleurs.

Les Mark III sont les ouvrages les plus puissants avec deux créneaux combinant un canon de 6 livres et une mitrailleuse, une cloche d’observation, une cloche à mitrailleuse et deux mortiers de 3 pouces (76.2mm) installés dans des cuvettes.

Ces ouvrages s’appuient sur le terrain accidenté, les ouvrages se couvrant mutuellement pour éviter les angles morts.

Au printemps 1948, la frontière est bouclée avec des champs de mines et des barbelés, les routes étant munis de barrières mobiles couvertes par des bockhaus.

Bangkok proteste auprès de Londres. Le Foreign Office demande à la Thaïlande de cesser d’encourager les séditions en Indochine et de montrer sa neutralité stricte et entière.

La Thaïlande n’ayant pas répondu à cette demande, les travaux sont poursuivis et mêmes augmentés.

Les mouvements de troupes laissent craindre un conflit armé mais au final les diplomates des deux pays parviennent à éviter un conflit ouvert.

Hong-Kong

D’autres fortifications sont construites sur la frontière entre Hong-Kong et la Chine. Sur 30km, des blockhaus armés de mitrailleuses et de canons antichars sont chargés de défendre la colonie contre une attaque japonaise.

Grande Bretagne (76) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE (BRITISH ARMY)

Avant-Propos

L’armée de terre britannique ou British Army est la composante terre des forces armées britanniques placée sous le commandement du War Office remplacé en 1964 par le Ministry of Defence.

Longtemps connu sous le simple nom d’Army, l’armée de terre se dote d’une force de réserve en 1908 appelée Territorial Army ce qui fait que l’armée d’active sera désormais connu sous le nom de Regular Army.

Armée d’un territoire insulaire, l’armée de terre britannique à été rarement l’armée dominante en terme d’effectifs par rapport à la toute puissante Royal Navy.

Il fallait une menace continentale pour que l’armée de terre britannique devienne une armée importante en termes d’effectifs. Ce fût le cas au début du 18ème pour lutter contre Louis XIV, au 19ème siècle contre Napoléon et au 20ème siècle pour les deux guerres mondiales.

Depuis 1954 et la fin du second conflit mondial, les effectifs sont plus importants avec notamment le déploiement permanent de troupes sur le Continent.

Une brève histoire

Prémices

C’est seulement en 1660 que l’armée de terre britannique devient une armée permanente. Jusque là on utilisait des systèmes de milices. A chaque menace le Parlement devait voter des crédits pour lever des troupes ce qui était l’occasion de négociations interminables entre le roi et le parlement.

A cela s’ajoutait la crainte que la monarchie devienne absolutiste, crainte qui fût à l’origine d’une guerre civile qui permis à la Grande Bretagne de connaître sa première et seule expérience républicaine.

Elle fût déployée sur le continent au cours du 18ème siècle pour s’opposer à l’expansionisme français et pour maintenir l’équilibre des puissances sur le continent, l’alpha et l’omega de la politique étrangère britannique. Cet engagement sur le continent répondait au fait que les monarques anglais jusqu’à Victoria étaient prince de Hanovre.

Au 19ème siècle, elle va participer à la lutte contre Napoléon même si l’apport de Londres à été bien davantage financier qu’humain.

Armée de volontaires, la British Army participe également à la conquête du premier Empire colonial du monde.

A noter que si dans l’armée française la cavalerie est considérée comme l’arme la plus prestigieuse attirant les meilleurs officiers, dans l’armée britannique c’est l’infanterie qui attire les meilleurs officiers. Si elle participe à la guerre de Crimée, l’armée de terre britannique va rester une armée de taille réduite jusqu’au premier conflit mondial.

La British Army dans le premier conflit mondial

La Grande-Bretagne est entrainée dans le premier conflit mondial par le jeu des alliances mais surtout pas l’invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes.

Non seulement Londres est garante de cette neutralité depuis 1839 mais en plus la prise d’Anvers par les allemands serait un coup terrible pour la Grande-Bretagne un pistolet pointé sur la poitrine de l’Angleterre (ce qui explique le refus farouche de voir le drapeau français flotter à Anvers).

Quand le premier conflit mondial éclate, la British Army est un corps de volontaires destiné principalement aux guerres coloniales. De 1899 à 1902 elle avait affronté les Boers, montrant les déficiences en matière d’équipement, de commandement et d’entrainement.

En 1907/08, un état-major est créé et les unités de combat sont regroupées au sein de sept divisions à but expéditionnaire alors que la défense du territoire doit être assurée par une force territoriale, une Territorial Army composée de quatorze brigades de cavalerie et de quatorze divisions, ces unités qui remplacent la milice devant si besoin renforcer les unités régulières.

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

En août 1914, l’armée de terre britannique aligne 247432 hommes répartis en soixante-douze régiments d’infanterie (quatre de Garde et soixante-huit de «ligne»), trente et un régiments de cavalerie, d’artillerie et de soutien. La moitié est stationnée outre-mer.

Six divisions d’infanterie et une division de cavalerie sont envoyées sur le continent en soutien de l’armée française aux moyens nettement plus importants.

Au cours du conflit, six divisions régulières, quatorze divisions territoriales, trente-six divisions de la «Kitchener’s Army» et six divisions diverses dont la Naval Division formée de Royal Marines, division déployée très rapidement à Anvers pour empêcher les troupes de Von Kluck de s’emparer de ce port.

Durant le conflit les structures évoluent ainsi que la part des différentes armes, la part de l’infanterie et de la cavalerie se réduisant au profit notamment du génie dont la part double en quatre ans.

L’enthousiasme patriotique explique que l’armée britannique n’eut aucun mal à lever de nouvelles unités retardant une conscription qui devint nécessaire après que les lourdes pertes sur la Somme n’aient douché l’enthousiasme des volontaires.

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

La conscription est imposée aux hommes célibataires en janvier 1916 et quatre mois plus tard, tous les hommes âgés de 18 à 41 ans y sont astreints.

A noter que l’Irlande n’ait pas concernée, l’île frondeuse étant un véritable chaudron prêt à bouillir et que de nombreux volontaires venant de la verte Erin se sont engagés pour combattre dans l’armée britannique ce qui explique en partie pourquoi les révoltés de Paques 1916 furent d’abord vus comme des traitres plutôt que comme des héros.

Comme dans tous les pays belligérants, les femmes jouèrent un rôle important à l’arrière, remplaçant dans de nombreux métiers les hommes partis au front.

Durant les premiers mois du conflit, le BEF sur le Front de l’Ouest joua un rôle modeste mais à la auteur des moyens engagés. Si son rôle fût anecdotique dans l’arrêt de la progression allemande, il fût plus important dans la course à la mer qui le vit engager dans les Flandres. Les pertes furent importantes au point qu’on peut considérer que l’armée de volontaires pré-premier conflit mondial est morte à Ypres.

Après une série d’offensives limitées au printemps 1915, l’automne voit le lancement d’une offensive en Artois avec l’utilisation de gaz de combat en réponse à la première utilisation allemande le 22 avril 1915 à Ypres (d’où le nom d’ypérite donné au gaz moutarde). L’échec de cette offensive entraine le remplacement du Field Marshal French par le Général Haig.

En 1916 alors que les combats font rage à Verdun où l’armée allemande cherche à attirer l’armée française dans une bataille d’attrition, les britanniques s’attaquent à la Somme en lançant une offensive majeure le 1er juillet.

Ce jour est resté dans les mémoires comme le jour le plus sanglant de l’histoire de l’armée britannique avec 19000 morts et 40000 blessés pour des gains insignifiant. Ce fût le début de cinq mois de combats qui causèrent la perte de 420000 hommes (tués et blessés).

L’année 1917 marquée par des offensives à Arras (côté britannique) et en Champagne (Chemin des Dames) pour les français ne voient pas l’offensive décisive capable d’achever un conflit qui entrait dans sa quatrième année.

En 1916 sont engagés les premiers tank, les premiers chars de combat qui en petits paquets montrent leur efficacité mais il est certain qu’un engagement massif aurait été nettement plus efficace.

L’année 1918 commence mal pour l’armée britannique quand Ludendorff lance l’opération Michel, son offensive de la dernière chance. Elle tombe sur la 5ème armée britannique et le corps expéditionnaire portugais provoquant une brèche comblée par l’envoi de quarante divisions françaises. L’offensive allemande est finalement stoppée sur la Marne en juin et permet aux français d’imposer Foch comme généralissime des forces armées alliées.

Le 8 août 1918, la 4ème armée britannique attaque dans la région d’Amiens. C’est le début de l’offensive de 100 jours, une série d’offensives échelonnées pour empêcher les allemands de déplacer facilement les réserves jusqu’à un point menacé du front.

Le conflit s’achève par la signature le 8 novembre 1918 de l’armistice qui entre en vigueur le 11 novembre à 11.00.

Prisonniers de l'IRA escortés par des soldats britanniques après l'échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Prisonniers de l’IRA escortés par des soldats britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Le Front Occidental ne fût pas le seul front sur lequel fût engagée l’armée britannique. On trouve également l’Irlande secoué par des troubles entamées à Paques 1916, les 1600 rebelles de l’IRA devant faire face à 18/20000 hommes, chiffre brièvement porté à 50000 hommes.

Après l’échec de l’opération aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915, les alliés décident de s’engager dans les Balkans. Si l’Armée d’Orient fût composée essentiellement de troupes françaises, serbes, russes et grecques, les britanniques furent également engagées contre la Bulgarie qui signa l’armistice le 30 septembre 1918.

Des divisions britanniques sont également engagées en Italie pour soutenir en compagnie de troupes françaises l’armée italienne durement éprouvée par la bataille de Caporetto le 24 octobre 1917. L’arrivée de troupes alliées permet de stabiliser le front sur la Piave puis de participer à l’offensive décisive lancée contre la ville de Veneto (ultérieurement Vittorio Veneto). Un armistice est signé dès le 3 novembre 1918.

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Hors d’Europe,les britanniques participèrent à la prise du port allemand de Tsingtao en soutien des troupes japonaises mais également aux opérations contre l’Afrique orientale allemande dont les dernières troupes ne se rendirent que le 25 novembre 1918 !

Un mot également sur la terrible campagne de Gallipoli, une opération stratégiquement bien pensée mais menée de manière désastreuse.

Après des opérations navales infructueuses en octobre 1914 et en mars 1915, les alliés débarquent dans la péninsule de Gallipoli sur un terrain favorable à la défense où s’illustre un certain Mustapha Kemal, le futur Attaturk. Après neuf mois de lutte, les alliés évacuent la région en janvier 1916.

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l'armée de terre britannique

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l’armée de terre britannique

L’armée britannique (essentiellement composée de troupes indiennes) fût également engagée en Mésopotamie dans l’actuel Irak, un territoire sous contrôle de l’Empire Ottoman et si Bagdad fût prise en mars 1917 ce ne fût pas sans difficultés avec notamment la défaite de Kut-al-Amara où 13000 britanniques et indiens durent se rendrent après un siège de cinq mois (décembre 1915-avril 1916). Citons également des campagnes menées dans le Sinai et dans le Caucase sans oublier les opérations de police coloniale.

De Rethondes à Coblence (1918-1939)

Comme toutes les armées, les effectifs de la British Army sont sensiblement réduits. Les pertes du premier conflit mondial (période 4 août 1914-30 septembre 1919) s’élèvent 573507 tués (au combat, des suites de leurs blessures ou de causes diverses), 254176 prisonniers et disparus sans oublier les blessés (1643469).

Comme pour les troupes françaises, l’armistice du 11 novembre 1918 ne marque pas la fin de la guerre pour les troupes britanniques qui vont être engagées dans la guerre civile russe en soutien des forces Blanches, en Afghanistan en mai 1919, dans le Somaliland en 1920 sans oublier la guerre anglo-irlandaise (21 janvier 1919-11 juillet 1921). De 1920 à 1929, une British Army on the Rhine (BAOR) marque le retour de troupes britanniques en Allemagne.

En dépit de tentatives de digérer l’expérience du premier conflit mondial (avec notamment l’Experimental Mechanized Force en 1927/28), l’armée britannique connait des temps difficiles, le budget de la défense passant de 766 millions de livres en 1919/20 à seulement 102 millions en 1932.

L’absence de réelle menace extérieure explique en grande partie l’absence d’investissements massifs dans la Défense. A cela s’ajoute un contexte économique compliqué.

Faible budget, répugnance à investir, voilà pourquoi face à la montée de l’Allemagne nazie, les autorités britanniques préféraient une politiquement d’apaisement (apeasment policy), espérant que les concessions allaient calmer Hitler.

Néanmoins à partir du milieu des années trente, les investissements militaires reprennent pour permettre à l’armée britannique de faire face à un conflit que certains considèrent comme inévitable à court terme.

Depuis 1929, un processus de mécanisation était en cours au sein de l’armée britannique, processus qui s’acheva au cours de la guerre de Pologne, les seuls régiments montés restant étant ceux de la Garde.

Le déclenchement de la guerre de Pologne voit l’engagement sur le continent d’un corps expéditionnaire britannique, la British Expeditionary Force (BEF). Placé sous le commandement de Lord Gort, il dépend du Groupe d’Armées n°1.

Il est déployé dans la région de Lille entre la 7ème armée placée à l’ouest et la 1ère armée à l’est avec une force de combat qui aurait du à terme être composée de treize divisions, cinq d’active (1st Infantry Division 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 4th Infantry Division et 5th Infantry Division), cinq issues de la mobilisation (42nd « East Lancashire Division », 44th «Home Counties Division», 48th « South Midland Division » 50th «Northumbrian Division» et 51th «Highland Division» ) et trois divisions de travailleurs, les 12th «Eastern Division» , 23rd «Northern Division» et 46th «North Midland Division ». Seules les divisions d’active ont été à temps déployées sur le continent.

A ces divisions d’infanterie ou assimilées s’ajoute une division blindée, la 1st Armoured Division qui dispose de deux brigades blindées à trois régiments de chars plus des unités de soutien.

On trouve également la 1st Armoured Brigade à trois régiments de chars ainsi que les 1st et 2nd Cavalry Brigade qui sont des unités mécanisées et non des unités montées sans oublier cinq régiments de reconnaissance.

-L’artillerie britannique déploie en France sept régiments d’artillerie légère, neuf régiments d’artillerie moyenne, trois régiments d’artillerie lourde, trois régiments d’artillerie super lourde et enfin deux régiments et deux batteries antichars.

-La défense antiaérienne est assurée par cinq brigade dont une fournie par la RAF auxquelles s’ajoute une brigade de projecteurs.

-Le génie royal déploie plusieurs compagnies notamment des unités comparables aux unités Z françaises (guerre chimiques)

-On trouve également sept bataillons de pionniers et six bataillons de mitrailleurs

Cette force de combat non négligeable n’aura pas à s’employer durant le court conflit qui s’ouvre le 1er septembre 1939. L’assassinat d’Hitler le 9 novembre 1939 ouvre une période d’incertitude qui inquiète Londres. Le retour de Guillaume II pour donner une façade présentable au triumvirat Borman-Goering-Himmler rassure un peu les autorités britanniques.

Le conflit est suspendu le 15 décembre 1939 mais il faut attendre l’échec de la conférence de Coblence (27-30 décembre 1939) pour que le BEF commence à rentrer de France.

Rentre-t-il au complet ? Non car la 1st Infantry Division va rester déployée dans la région de Lille pour permettre notamment une montée en puissance plus rapide des forces britanniques sur le continent.

Elle va s’entrainer régulièrement avec des unités françaises, permettant un fructueux échange d’informations et va apporter sa contribution aux travaux de fortifications de la frontière.

La British Army et la Pax Armada

Comme pour l’armée de terre française, la British Army réduit considérablement la voilure avec la démobilisation.

En Métropole, les différents commandements regroupent neuf divisions d’infanterie d’active, les divisions de mobilisation étant dissoutes. A cela s’ajoute huit divisions de réserve de la Territorial Army même si ces divisions sont loin d’être sur le pied de guerre.

A cela s’ajoute des unités de cavalerie et de chars, une division blindée, quatre brigades de cavalerie et sept brigades blindées sans oublier des unités d’artillerie et du génie.

Au Moyen-Orient, les moyens sont plus modestes avec deux divisions d’infanterie et une division blindée, les autres territoires disposant de moyens limités à des bataillons ou des régiments indépendants.

Dans l’Empire des Indes, il n’y à pas à proprement parlé d’unités britanniques. La défense repose sur l’Indian Army de recrutement local, les unités britanniques n’étant là que pour un déploiement temporaire.

Sur le plan des structures comme sur le plan matériel, les choses évoluent de manière importante, tout le monde prennant conscience que l’ogre allemand n’est pas totalement rassasié.

Des réformes de structures sont mises en place. Si les divisions d’infanterie évoluent peu, les unités de cavalerie et de chars subissent des modifications importantes, le Royal Tank Corps disposant en septembre 1948 de quatre divisions blindées et de six brigades blindées indépendantes, ces dernières étant plus destinées au soutien de l’infanterie que les premières.

L’artillerie et le génie restent composées de régiment tout comme les unités de transmission et de transport.

En ce qui concerne l’armement, l’infanterie voit sa puissance de feu augmenter avec l’introduction de pistolets mitrailleurs en grand nombre (même si le fusil reste l’arme de base). La grenade à fusil d’origine française fait également son apparition au sein de l’infanterie de sa Majesté.

Comme pour les structures ce sont les unités de chars qui connaissent le plus grand renouvellement en terme de matériel, les chars (trop) légers et (trop) faiblement armés sont remplacés par des chars mieux armés, mieux protégés et plus rapides.

La British Expeditionary Force (BEF) repart en guerre (septembre 1948)

A partir de l’été 1948 les tensions en Europe deviennent telles que l’ouverture du conflit est imminente, une question de semaines et de mois plutôt que d’années.

Dès le mois de juillet, discrètement, les autorités militaires britanniques et françaises mettent en place des équipes de liaison pour faciliter le transfert sur le continent d’un BEF musclé sans compter que d’autres divisions vont être intégrées à des Corps d’Armée français.

La 1st Infantry Division installée à Lille reçoit l’ordre de préparer les futurs cantonements des troupes britanniques, de préparer l’accès aux cantonements avec des panneaux indicateurs anglais et également d’écrire des guides pour éviter les problèmes avec la population locale.

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Grace à la mobilisation, de nouvelles divisions sont mises sur pied. Le nouveau BEF destiné à être déployé au sein du Groupe d’Armées n°1 va se composer de douze divisions, dix divisions d’infanterie motorisées et deux divisions blindées, ces derniers disposant de chars lourds Churchill, de chars moyens Cromwell et de chars légers de reconnaissance.

Ces divisions sont regroupées en trois corps d’armée (1st 2nd 3rd British Corps), les deux divisions blindées formant un corps d’armée blindé (1st British Armoured Corps).

Cette puissante force occupe un secteur situé entre la 7ème et la 1ère armée française entre Armentières et Condé sur l’Escaut.

A ces douze divisions formant un corps autonome au sein du GA n°1 s’ajoute quatre divisions en deux corps d’armée destinées à renforcer les 3ème et 4ème armée déployées au sein du GA n°2 face à l’Allemagne.

Le 4th British Corps déployé au sein de la 3ème Armée est encadré par les 23ème et 24ème Corps d’Armée. Il se compose de deux divisions de mobilisation, les 51th Highland Division et 48th Northumberland Division.

Le 5th British Corps déployé au sein de la 4ème Armée dispose d’une division d’active, la 5th Infantry Division et une division de mobilisation, la 42th East Lancashire Division.

-L’Etat-major du BEF est installé à Lille et dispose d’unités qui lui sont directement rattachées en l’occurence une réserve conséquente d’artillerie (représentée par les 1st & 2nd RASG), des unités antiaériennes et antichar (quatre brigades AA et trois régiments antichars), deux régiments de cavalerie pour la reconnaissance et diverses unités de soutien.

1st British Corps : trois divisions d’infanterie : 1st Infantry Division 1st Canadian Infantry Division et 44th «Home Counties Division»

2nd British Corps : trois divisions d’infanterie : 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division et 49th South Midland Division

3rd British Corps : trois divisions d’infanterie : 4th Infantry Division 6th Infantry Division et 50th «Northumbrian Division

-La 46th Nort Midland Division est une division de travailleurs mais aussitôt transformée en division d’infanterie ce qui explique qu’elle est en réserve, ne devant rejoindre le front qu’une fois bien entrainée.

1st British Armoured Corps avec la 1st Armoured Division et la 2nd Armoured Division

4th British Corps (3ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 51th Highland Division et la 48th Northumberland Division

5th British Corps (4ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42nd East Lancashire Division.

Seize divisions britanniques sont donc déployées en Europe continentale auxquelles il faut ajouter six divisions déployées dans le Sud-Est de l’Angleterre à la fois pour défendre le territoire national mais également renforcer le dispositif allié sur le continent (43rd [Wessex] Infantry Division 47th [London] Infantry Division 49th (West Riding) Infantry Division 54th [East Anglian] Infantry Division 59th [Straffordshire] Infantry Division et 61st Infantry Division).

Cela porte le chiffre à vingt-deux divisions auxquelles il faut ajouter six divisions déployées en Ecosse, quatre divisions de mobilisation (15th [Scotish] Infantry Division 12th (Eastern) Infantry Division 38th [Welsh] Infantry Division 45th Infantry Division) plus deux divisions destinées à être engagées en Norvège (52nd Lowland Infantry Division 53rd [Welsh] Infantry Division)

-Le dispositif à été renforcé en Méditerranée avec le déploiement de deux divisions d’infanterie sur l’île de Malte (18th Infantry Divison 56th Infantry Division) plus trois divisions en Egypte et en Moyen-Orient (7th Infantry Division 8th Infantry Divison 66th Infantry Division), des divisions des Dominions devant les renforcer à moyen terme (deux ou trois divisions australiennes, une division néo-zélandaise).

-Enfin en Asie du Sud-Est, des troupes sont déployées à la fin de 1948, poursuivant une amélioration du dispositif allié dans la région.

En Inde, deux divisions britanniques sont déployées en novembre 1948 (76th et 77th) mais début 1949, la 76th Infantry Division est redéployée en Malaisie où elle retrouve deux divisions déployées depuis 1945 (70th & 71st Infantry Division).

L’essentiel de la défense est assurée par la Royal Indian Army qui dispose en septembre 1939 de deux divisions d’infanterie, de cinq brigades de cavalerie et de régiments d’artillerie, cette force connaissant une certaine croissance avec la levée de deux nouvelles divisions d’infanterie, la mécanisation des unités de cavalerie pour former des Independent Armoured Brigade.

-Ailleurs dans les autres territoires sous souveraineté britannique, les effectifs sont modestes dépassant rarement le bataillon ou le régiment.

24-Armée de l’air (41)

Commandement d’Action Tactique (CAT)

Groupement d’Aviation de la 7ème armée

Zones de responsabilités (approximatives) des différentes armées et de leurs Groupements d'Aviation (GRAVIA)

Zones de responsabilités (approximatives) des différentes armées et de leurs Groupements d’Aviation (GRAVIA)

Comme les neuf autres armées massées aux frontières, la 7ème armée chargée de couvrir les côtes de la mer du Nord et de tendre la main aux néerlandais dispose d’un groupement d’aviation formé d’unités de chasse, d’attaque, de bombardement et de reconnaissance.

Des escadrilles de transport peuvent y être rattachées temporairement tout comme les deux Groupes Aériens d’Observation (GAO) rattachés en temps normal aux corps d’armée mais qui peuvent être placés sous la direction du GRAVIA VIIA.

Ces avions sont déployés dans des aérodromes du Nord et du Pas de Calais. Des accords secrets signés au printemps 1948 permettent à ces unités d’utiliser des aérodromes anglais et belges.

Bloch MB-157

Bloch MB-157

Il dispose ainsi de la 8ème escadre de chasse déployée depuis la Base Aérienne 197 de Dunkerque avec 108 chasseurs, 81 Bloch MB-157 et 27 Lockheed H-322 Eclair répartis en trois groupes de trente-six appareils (27 monomoteurs et 9 bimoteurs).

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

Au niveau des unités d’attaque, le GRAVIA VIIA dispose de deux groupes de bombardement d’assaut stationnés sur la BA 143 de Saint Omer, les GBA I/35 et II/35 équipés respectivement de Bréguet Br691 et de Bréguet Br693 et d’un groupe de bombardement en piqué équipé de Loire-Nieuport LN-430, le GB I/40 stationné sur la base aérienne BA 144 Norrent-Fontes.

Ce groupement intégre également un groupe de bombardement moyen, le GB II/12 équipé de Lioré et Olivier Léo 451 stationné en temps de paix sur la BA 139 de Persan-Beaumont avec le reste de la 12ème escadre, le 2ème groupe de la 12ème escadre ralliant à la mobilisation l’aérodrome de Lille-Lesquin.

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

L’élégant Lioré et Olivier Léo 451

Quand à la reconnaissance, elle est assurée par le le GR I/35 équipé de 36 Bloch MB-176 installé à Norrent-Fontes.

Le GRAVIA-VIIA dispose donc de 108 chasseurs (81 monomoteurs Bloch MB-157 et 27 bimoteurs Lockheed H-322 Eclair), de 54 bombardiers d’assaut (27 Bréguet Br691 et 27 Bréguet Br693), de 27 bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-430, 27 bombardiers moyens Lioré et Olivier Léo 451 et 36 Bloch MB-176 soit un total de 252 avions de combat.

Il peut prendre sous son aile, le GAO 501 équipé de huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 ainsi que le GAO 518 équipé de équipé de huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123 soit un total de soixante-dix appareils, le premier nommé étant stationné sur la base aérienne de Dunkerque et le second sur la base de Saint Omer.

Bloch MB-175

Bloch MB-175

Au final, dans une configuration extensive, le GRAVIA-VIIA peut aligner 322 chasseurs, avions d’assaut, bombardiers et avions de reconnaissance.

Groupement d’Aviation de la 1ère armée

La 1ère armée chargée de couvrir la trouée de Gembloux au sud-sud est de Bruxelles dispose d’un groupement d’aviation important avec pas moins de deux escadres de chasse, de deux groupes de bombardement d’assaut, de deux groupes de bombardement en piqué, d’un groupe de bombardement moyen, d’un groupe de reconnaissance sans oublier le renfort éventuel d’escadrilles de transport et la mise sous le commandement du GRAVIA IA des GAO-502, GAO-519 et GAO-520.

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

La 2ème escadre de chasse stationnée sur la BA 142 Cambrai dispose de trois groupes de trente-six appareils, vingt-sept Arsenal VG-33 et neuf Lockheed H-322 Eclair. Elle est chargée de la couverture de la 1ère armée en liaison avec la 3ème escadre stationnée sur la BA 188 de Beauvais qui dispose de trois groupes de trente-six appareils répartis entre vingt-sept Dewoitine D-520 et neuf Bréguet Br700C2.

Bréguet Br700C2, l'un des chasseurs biplaces de l'armée de l'air

Bréguet Br700C2, l’un des chasseurs biplaces de l’armée de l’air

Au niveau des unités d’attaque, le GRAVIA I-A dispose du GBA III/35 équipé de Bréguet Br695 stationné sur la base aérienne BA 198 de Denain tout comme le GBA II/51 équipé lui de Bréguet Br693.

Le GB I/42 et le GB II/42 équipés de bombardiers en piqué bimoteurs Bréguet Br698 sont stationnés sur la BA 200 du Quesnoy en compagnie du GB II/12 équipé de Lioré et Olivier Léo 451, groupe stationné en temps de paix sur la base BA 139 de Persant-Beaumont en région parisienne.

Le GB II/35 équipé de Bloch MB-176 est stationné sur la BA 176 de Clastres-Saint-Simon en compagnie du GAO-520.
Outre les 216 chasseurs (162 monomoteurs _81 Arsenal VG-33 et 81 Dewoitine D-520_et 54 bimoteurs _27 Bréguet Br700C2 et 27 Lockheed H-322_), le GRAVIA IA dispose de 54 avions d’assaut (27 Bréguet 693 et 27 Bréguet 695), 54 bombardiers en piqué Bréguet 698, 27 bombardiers moyens Lioré et Olivier Léo 451 et 36 Bloch MB-176 soit un total de 387 avions.

Outre cette force importante, le Groupement d’Aviation de la 1ère Armée peut bénéficier du concours des trois Groupes Aériens d’Observation (GAO).

Le GAO-502 est stationné à sur la BA 199 de Valenciennes et dispose de huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123, le GAO 519 stationné sur la base aérienne 198 de Denain et qui dispose pour mener à bien sa missions de huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123 alors que le GAO 520 stationné sur la base aérienne 176 de Clastres-Saint-Simon dispose de huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux AN-123.

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

Cela porte le nombre total d’avions disponibles pour le GRAVIA IA à 492 chasseurs, avions d’attaque, bombardiers et avions de reconnaissance.

23-Armée de terre Ligne Maginot (20)

E-Ordre de bataille de la Ligne Maginot en septembre 1948

En guise d’avant-propos

De septembre 1940 à l’été 1948, la ligne Maginot ressemble à un géant assoupi, prêt à mordre et à griffer. Régulièrement et comme avant la guerre de Pologne, des exercices sont régulièrement menés pour améliorer le délai de réaction pour armer les ouvrages qui doivent couvrir la mobilisation générale d’une attaque surprise allemande.

Voilà pourquoi dès la mi-août 1948, le géant commence à s’étirer à s’éveiller. Les ouvrages retrouvent l’animation qu’était la leur durant la guerre de Pologne.

Nous sommes loin de la mobilisation générale mais dès le 22 août, le haut commandement estime possible de repousser une attaque surprise allemande entre les Ardennes et la frontière suisse sans parler d’une attaque italienne sur le front alpin.

Les tensions ne faisant que s’accroitre, de nouvelles classes de réservistes sont rappelés à partir du 27 août, des régiments d’infanterie et d’artillerie de forteresse sont réactivés pour pouvoir occuper les ouvrages.

Comme durant la guerre de pologne, les gardes frontaliers et les gardes mobiles frontaliers vont se livrer à des escarmouches en compagnie des corps francs des RIF, des escarmouches maintenues à un niveau suffisamment bas pour que les morts provoqués par des combats ne dégénèrent pas, pas maintenant en tout cas en un conflit ouvert.

Dès le 3 septembre 1948, les ouvrages de la ligne Maginot sont en ordre de bataille, près à repousser une attaque allemande et à couvrir les prémices de la mobilisation générale officiellement décrétée le 5 septembre 1948.

Comme de septembre 1939 à septembre 1940, des Secteurs Défensifs et les Secteurs Fortifiés deviennent des Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) chargés d’une véritable mission de défense en soutien des Grandes Unités de combat.

Pour ce qui est des ouvrages de campagne, sans troupes attitrées, ils sont entretenus et gardés par des régiments de travailleurs qui par rapport à septembre 1939 sont devenus de quasi-régiments d’infanterie, aptes à mener des combats défensifs bien que la tenue de ses ouvrages est confiée aux troupes de campagne du secteur.

Panorama de la ligne Maginot en septembre 1948 : les ouvrages secteurs par secteurs

Secteur Fortifié des Flandres (SFF) (De la Mer du Nord à Armentières exclu)

L’ancien secteur défensif de Flandre dépend comme en 1939 de la 7ème armée qui avec la 1ère armée, le Corps Expéditionnaire Britannique et le 1er Corps de Cavalerie (1ère et 5ème DLM) forme l’aile marchante du dispositif allié, ces unités devant pénétrer en Belgique en cas d’attaque allemande.

Le rôle du SFF n’est donc pas d’assurer une défense ferme de la frontière mais d’offrir aux unités de la 7ème armée une base de repli solide sur laquelle elle pourra organiser une défense ferme. La présence d’un deuxième Corps de Cavalerie, le 2ème CC (3ème et 7ème DLM) permettant si nécessaire de gagner le temps nécessaire pour permettre le repli sur les différents ouvrages.

Dans les plans initiaux, le SFF devait disposer de dix casemates dans la région du Mont-Cassel mais la construction à été repoussée en deuxième urgence et au final abandonnée. En remplacement, sur cette même position ont été construits durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation des casemates STG. Par ailleurs, la CEZF va faire construire sur la bretelle de Cassel, huit blockhaus type STG.

Au final, le Secteur Fortifié des Flandres affiche le visage suivant en septembre 1948 :

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

La position de résistance dispose de six organisations de type Fortification de Campagne Renforcée (FCR) ou blocs Billote, tous du type double A4 et de huit organisations type STG (Service Technique du Génie) répartis entre trois blockhaus flanquant à gauche, trois blockhaus flanquant à droite et deux blockhaus type A1, tous recevant une cloche GFM (Guet et Fusil Mitrailleur) type B.

Il faut ajouter à cet inventaire un blockhaus type Da, cinq abris de tir (quatre type N1f et un abri double de type spécial) et 29 tourelles démontables (dix-sept armés d’une mitrailleuse de 7.5mm et douze armés d’un canon de 25mm).

La Bretelle de Cassel est elle couverte par huit blockhaus STG, tous du type A double à l’exception d’un répondant au type B1 simple, tous disposant néanmoins d’une cloche GFM.

Pour ce qui est de l’entretien, seul le 221ème Régiment de Travailleurs (ex-221ème régiment régional de travailleurs) à survécu à la démobilisation. Avec ses cinq compagnies, il est chargé de l’entretien des ouvrages qui sont régulièrement l’occasion d’exercices d’alerte au cours desquels les unités de campagne doivent s’installer dans les ouvrages pour repousser l’ennemi.

Avec la mobilisation, le 15ème RRT (Régiment Régional de Travailleurs) est réactivé avec l’aide de réservistes âgés et de travailleurs étrangers (espagnols principalement).

Ces deux régiments, le 221ème RT et 15ème RRT vont maintenir les ouvrages en état et en assurer la garde, le temps que certaines unités de campagne de la 7ème armée ne s’y installent en attendant une éventuelle entrée en Belgique.

Secteur Fortifié de Lille (D’Armentières inclus au fort de Maulde exclu)

Ce secteur fortifié est un secteur particulier car c’est un secteur que l’on pourrait qualifier d’«extraterritorial» puisque la défense de ce secteur est attribuée à la 1st Infantry Division qui bénéficie du soutien du 16ème régiment de travailleurs chargé de l’entretien et de la garde des ouvrages en absence des troupes de campagne.

Contrairement au SFF, le SFL ne disposait pas de gros ouvrages mais de petits casemates typiques de la fortification de campagne, la 1ère région militaire (avant la réorganisation liant le tracé des provinces aux régions militaires, la 1ère RM devenant la 2ème RM) responsable du SFL dévellopant une gamme complète d’abris de tir et de blocs destinés à faire face à toutes les configurations.

Le Secteur Fortifié de Lille dispose au total de soixante-cinq blockhaus de différent type :

-onze blocs de type Da pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-huit type Db pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-quatre type Dc pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dd pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dsd pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-cinq type Dsg pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-Quatre type Gsd pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Six type Gsg pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Huit type G1 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Cinq type G2 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Deux type G3

On trouve également vingt-trois abris de tir, eux aussi de différents types :

-Trois type N1d pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à droite)

-Quatorze type N1f pour une mitrailleuse ou un canon antichar tirant en action frontale

-Quatre type N1g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

-Deux type N2g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

Enfin on trouve également neuf tourelles démontables (quatre équipés de canons antichars de 25mm et cinq équipés de mitrailleuses de 7.5mm).

Ce sont les seules armes du secteur à calibre français, les armes des abris et des blockhaus étant fournis par la 1st Infantry Division à savoir des canons antichars de 2 livres (puis de 6 livres _environ57mm_), des mitrailleuse Vickers et des fusils-mitrailleurs Bren.

Secteur Fortifié de l’Escaut (SFE) (de Maulde à Wargnies-le-Petit)

A la différence des deux secteurs précédents, le Secteur Fortifié de l’Escaut dépend jusqu’à la démobilisation de septembre 1940 de la 1ère armée, elle aussi amenée à entrer en Belgique, le Secteur Fortifié de l’Escaut est donc une position arrière pour couvrir un déploiement en Belgique et un éventuel repli.

Comme ailleurs le long de la frontière belge, la genèse de la ligne fortifiée du SFE à été particulièrement difficile et douloureuse avec des changements de priorités et de tracés.

Initialement (1930), le tracé doit s’appuyer sur une série de casemates CORF en forêt de Raismes mais à partir de 1934, tout est à refaire et les casemates de la forêt de Raismes sont abandonnés comme position durable au profit d’un tracé situé plus au nord.

Ce tracé couvre l’est du secteur avec un ouvrage d’artillerie à Eth, un petit ouvrage à Estreux et neuf casemates situés à Wargnies Est et Ouest, Jeanlain, Folie-Notre-Dame, Talandier, Calvaire-Saint-Druon, Rouge-Haie, Grand-Val et Quarouble). Seul un petit ouvrage à Eth et les casemates de Jeanlain et de Talandier seront construits.

A partir de 1936, la position est finalement réalisée sous la forme d’une ligne de blockhaus STG entre le PO d’Eth et le vieux fort de Maulde, remanié pour devenir un ouvrage d’artillerie à bon marché qui devait à l’origine comporter cinq casemates d’artillerie mais qui au final n’en posséda que trois, deux de 75mm et un de 155mm GPF.

La CEZF va également y ajouter sa touche personnelle avec la position de Cassel (forêt de Clairemarais à Tederghem) avec 18 kilomètres d’obstacles antichars (un fossé profond, des pieux et des barbelés) et vingt casemates type STG ainsi que la position de Cambrai qui représente 24 kilomètres d’obstacles antichars et vingt casemates type STG.

A la différence des autres secteurs de Flandre et de Lilles, le secteur fortifié de l’Escaut va disposer d’un régiment spécialisé, le 54ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (54ème RIF), un régiment de mobilisation en septembre 1939 mais qui avait été pérennisé tout comme l’avait été le 17ème régiment régional de travailleurs devenu le 17ème régiment de travailleurs avec pour mission d’entretenir et de garder les ouvrages de campagne.

En septembre 1948, le Secteur Fortifié de l’Escaut aligne ouvrages, casemates et blockhaus suivants :

-La position de résistance est armée par la 107ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (CEO) du 54ème RIF qui dispose de vingt organisations type Fortifications de Campagne Renforcée (FCR), tous de type double, seize organisations issus des réflexions du Service Technique du Génie (STG) (sept blockhaus type B, cinq blockhaus type A, trois casemates d’artillerie de 75mm et un observatoire) et cinq ouvrages type 1ère région militaire (trois abris de tir type N2 _un type a et deux type f_ , un blockhaus type B et un blockhaus type M).

Il faut ajouter également le vieux fort de la Maulde reconstruit pour s’intégrer à cette nouvelle position ainsi qu’un ouvrage type CORF, l’ouvrage de Talandier armé lui par la 106ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (CEO) et qui est un casemate double avec deux créneaux équipé d’une mitrailleuse et d’un canon de 47mm, deux jumelages de mitrailleuses, deux cloches GFM type B et une tourelle pour arme mixte et mortier de 50mm.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

La 106ème CEO assure également la défense de la position de résistance en armant tout d’abord une organisation type CORF, l’ouvrage d’Eth qui est un petit ouvrage d’infanterie à deux blocs.

Le premier bloc dispose d’un créneau jumelage de mitrailleuses/canon antichar de 47mm, un créneau équipé d’un jumelage de mitrailleuses, une cloche pour arme mixte et deux cloches GFM type B. Le second bloc est équipé d’un créneau jumelage de mitrailleuses/canons de 47mm, un créneau pour un jumelage de mitrailleuses, une cloche GFM et une cloche lance-grenades.

Entre 1942 et 1945, les travaux du 2ème cycle sont enfin réalisés (c’est l’un des rares ouvrages type CORF dans ce cas) à savoir la construction d’une EH, d’une EM et d’une tourelle de 75mm, le tout dans un format plus économique que celui envisagé à l’époque.

Les autres organisations armés par la 106ème CEO sont d’abord du type 1ère Région Militaire avec vingt constructions de ce type répartis entre des blockhaus type G (huit exemplaires dont un unique type G2), un blockhaus type C, quatre blockhaus type A, cinq blockhaus type B, un unique blockhaus type E2 et un blockhaus type O. A cela s’ajoute un abri de tir type N2a.

La 106ème CEO dispose également d’un construction type STG en l’occurrence un blockhaus type A double, de deux constructions type FCR (un blockhaus type B simple et un blockhaus type A double), sept tourelles démontables (toutes équipées de mitrailleuses) et huit observatoires.

-La ville de Valenciennes est protégée par une série de quatorze ouvrages, douze étant du type FCR (dix type A double, un type B flanquant à droite et un type double) et deux du type STG (un blockhaus type A double et un blockhaus type B flanquant à droite).

-Les travaux menés par la CEZF voit la réalisation dans le SFE d’un total de quarante casemates type STG, répartis à égalité entre la bretelle de Cassel et la couverture de la ville de Cambrai et comme la position située plus haut, aucune troupe n’est déployée en permanence dans ces ouvrages appelés à être occupés par des troupes de campagne.

-A la différence de l’avancée de Valenciennes et de la ligne CEZF-Secteur Escaut, la position de la forêt de Raismes est occupée par la 108ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (108ème CEO), elle aussi rattachée au 54ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (54ème RIF).

Cette position est matérialisée par douze constructions type CORF avec trois casemates doubles équipés chacun de deux créneaux JM/AC 47, d’un créneau de jumelage de mitrailleuse, d’un cloche pour armes mixtes et une cloche GFM et neuf casemates simples flanquant vers l’est ou vers l’ouest, chaque casemate disposant d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau pour jumelage de mitrailleuses et une cloche GFM type A (certaines étant modifiées en B).

23-Armée de terre Ligne Maginot (4)

B-Ordre de bataille de la ligne Maginot au printemps 1940

Le Nord-est

Comme pour le reste de l’armée, les unités defendant la ligne Maginot vont rester sur le pied de guerre six mois après la fin de la guerre de Pologne, la France comme l’Angleterre n’ayant pas une confiance absolue dans le vieux Kaiser.

Ce n’est qu’à partir de juillet 1940 que les unités de la ligne Maginot vont démobiliser une partie de leurs unités, démobilisation menée jusqu’à la fin de l’année pour ne pas sacrifier l’entrainement et la formation menée intensément pendant la guerre de Pologne et le début de cette «paix armée» qui va voir s’opposer la France et l’Allemagne.

Un document conservé à Vincennes nous montre l’organisation générale de la ligne Maginot au 1er mai 1940. Cette organisation est la suivante (pour des raisons de clarté, j’ai écarté les unités de ligne arrivées en renfort) :

-Secteur de la 7ème Armée : Le Secteur Fortifié des Flandres (SFF) dispose au printemps 1940 de trois régiments régionaux de travailleurs, les 14ème 15ème et 221ème RRT.

Ces unités ne sont pas des unités combattantes à proprement parler mais sont chargées de l’entretien et de la préparation des casemates du secteur, occupés en temps de guerre par des troupes en ligne.

Il est prévu un temps d’affecter à ce secteur un RIF une fois la démobilisation achevée ou d’améliorer les capacités combattives des régiments de travailleurs.

Ce secteur dispose également d’unités d’artillerie (10ème et 11ème batteries du I/161ème RAP équipés de canons de 75mm modèle 1897), de génie (174ème bataillon de sapeurs mineurs), de transmissions et de travailleurs (éléments du 101ème détachement de destruction des transmissions, les 9ème 15ème 59ème 117ème 118ème compagnies de travailleurs espagnols, 253ème et 254ème compagnies françaises de travailleurs).

-Secteur du Corps Expéditionnaire Britannique (British Expeditionnary Force) : Au déclenchement de la guerre de Pologne, un corps expéditionnaire britannique est envoyé sur le continent, un corps expéditionnaire composé de treize divisions d’infanterie, d’une division blindée, d’une brigade de chars indépendante, de deux brigades légères de reconnaissance et cinq régiments de cavalerie.

L’esentiel du BEF est déployé entre la 7ème et la 1ère Armée. Après de laborieuses négociations, les britanniques acceptent de maintenir sur le sol français la 1st Infantry Division qui à donc la charge du SF de Lille, bénéficiant de l’aide du 16ème régiment régional de travailleurs (16ème RRT).

-Secteur de la 1ère Armée : Le Secteur Fortifié de l’Escaut dispose d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 54ème RIF et d’un régiment régional de travailleur, le 17ème RRT associé à un groupe d’un régiment d’artillerie de position, le 1er groupe du 161ème RAP équipé de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877 et d’une unité du génie en l’occurrence la 1ère compagnie du 212ème bataillon de sapeurs-mineurs.

Le Secteur Fortifié de Maubeuge devenu la 101ème DIF en mars 1940 est une unité importante puisqu’elle aligne deux régiments d’infanterie de forteresse, les 84ème et 87ème RIF, deux régiments régionaux de travailleurs, les 18ème et 19ème RRT ainsi que le 1er bataillon de mitrailleurs.

L’artillerie est représentée par les groupes II et III du 161ème RAP. Le 2ème Groupe est équipé de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877 tout comme le 3ème groupe

Le génie est présent avec quatre compagnies formant le 226ème bataillon (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

-Secteur de la 9ème Armée : La 9ème Armée dispose du 41ème Corps d’Armée de Forteresse (qui dispose uniquement d’unités de soutien : parc d’artillerie n°41, 1ère compagnie de sapeurs mineurs du 141ème bataillon de génie de forteresse, ce dernier disposant également des 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile) et de la 102ème DIF anciennement Secteur Défensif des Ardennes.

Cette division dispose des 42ème et 52ème Demi-Brigades de Mitrailleurs Coloniaux, du 148ème RIF, du 160ème RAP et d’unités du génie et de soutien.

Le 160ème RAP dispose d’un premier groupe équipé de 24 canons de 105mm modèle 1913L et des canons de forts ex-allemands de la rive gauche de la Moselle. Le deuxième groupe dispose de canons de 75mm modèle 1897 et arme les forts de Verdun (rive droite) alors que le troisième groupe dispose de canons de 155C et L et arme les forts de Verdun (rive gauche).

Le génie déploie au sein de cette division le 227ème bataillon du génie de forteresse avec la 1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio auxquelles s’ajoutent des unités de soutien.

-Secteur de la 2ème Armée :

Le Secteur Fortifié de Montmédy dispose de quatre régiments d’infanterie de forteresse, les 147ème 136ème 155ème et 132ème, du 4ème bataillon de mitrailleurs, un groupe d’artillerie de position (le I/169ème RAP équipé de deux batteries de 155L modèle 1918, une batterie de 120L de Bange et six batteries de canons de 105L modèle 1913), le 99ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse Hippomobile équipé de canons de 75mm modèle 1897 ainsi que des unités du génie et de soutien.

Le génie déploie le 211ème bataillon de sapeurs mineurs auquel sont rattachés la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

22-Armée de terre : armement et matériel (75) ordre de bataille (9)

2ème Armée

A la différence des trois armées que nous venons de voir, la 2ème armée n’est pas concernée par une éventuelle entrée en Belgique. Son rôle n’en est pas moins capital car il doit couvrir la région entre Sedan et Longuyon et faire la jonction entre le socle (GA 2) et l’aile marchante (7ème armée, BEF, 1ère et 9ème armée)

Comme le dira le regretté maréchal Pétain «Les Ardennes sont infrachissables. On les pincera à la sortie».

On aurait pu ainsi s’attendre à ce que le massif boisé mais aisément pénétrable grâce à la qualité du réseau routier soit couvert côté français par de puissants ouvrages fortifiés mais ce ne fût pas le cas pour deux raisons.

La première raison ce sont les dépassements de budgets qui font que des choix ont du être fait dans la construction de la Muraille de France.

La seconde est que jusqu’en 1936, la Belgique est notre alliée ce qui aurait rendu incompréhensible la construction de fortifications à la frontière.

Des ouvrages fortifiés sont bien réalisés mais il s’agit d’ouvrages de campagne et non de véritables fortifications comme en Alsace et en Lorraine, ouvrages qui au printemps 1940 étaient loin d’être opérationnels ce qui laisse passer un frisson retrospectif…….. .

Huit ans plus tard, la situation s’est nettement améliorée et si les fortifications du Secteur Fortifié de Montmédy ne sont pas aussi impressionantes que le Hochwald, elles peuvent jouer leur rôle d’appui à des troupes de campagne.

Au niveau opérationnel, la 2ème armée dispose comme la 9ème, de trois corps d’armée à deux divisions d’infanterie, des divisions de valeur inégale, des unités d’active cotoyant des unités de réservistes.

Néanmoins, l’organisation fait que chaque corps d’armée dispose d’une unité d’active et d’une unité de réserve de série B. On peut espérer que les divisions composées de réservistes se haussent à la hauteur des divisions d’active.

-La 2ème armée dispose elle aussi d’unités qui lui sont directement rattachées. On trouve ainsi deux régiments de pionniers (412ème et 422ème régiments de pionniers), les 2ème et 12ème compagnie de garde de quartier général.

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

On trouve également un groupement de chars, le groupement de bataillons de chars n°502 avec le 2ème BCC disposant de 45 Renault R-40, le 10ème BCC alignant 45 FCM-42, le 18ème BCC équipé de 45 FCM-42 et le 35ème BCC équipé de 45 Renault R-40, ces deux derniers bataillons étant des bataillons de mobilisation.

Si le 35ème BCC dispose des chars prévus, le 18ème BCC reçoit des Hotchkiss H-39 en attendant la disponibilité de FCM-42.

On trouve le 2ème Groupement Antiaérien de Campagne (2ème GAAC) disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

-Dans le domaine du soutien, on trouve des unités dépendant de l’artillerie (parc de réparations d’artillerie n°2, parc de réparation des équipages et des ferrures n°2, le parc de réparation automobile n°2, le parc d’essence et ingrédients d’armée n°2 et le parc de munitions d’armée n°2).

-Le génie aligne diverses unités de sapeurs mineurs et de sapeurs routiers, une compagnie d’électro-mécaniciens et un parc de génie d’armée.

-En ce qui concerne les transmissions, on trouve le 802ème bataillon de sapeurs télégraphistes d’armée, le 817ème parc de transmissions d’armée et diverses unités associées.

-Le train soutien la deuxième armée avec sept compagnies hippomobiles et six compagnies automobiles dont deux sanitaires ainsi qu’une compagnie citerne.

-L’intendance, le service de santé, le service vétérinaire, le service des remontes dispose également d’unités intervenant en soutien de la 2ème Armée.

-La gendarmerie déploie pour maintenir l’ordre sur l’arrière et gérer les prisonniers un commandement de la gendarmerie et forces prévôtales de la 2ème armée.

-L’armée de l’air déploie plusieurs unités de chasse, de reconnaissance et d’appui tactique en soutien de la 2ème armée en l’occurence le Groupement d’Aviation de la 2ème Armée (GRAVIA-IIA) et les Groupes Aériens d’Observation (GAO) rattachés théoriquement aux différents Corps d’Armée.

Le Groupement d’Aviation de la 2ème Armée (GRAVIA-IIA) dispose des moyens suivants :
-4ème Escadre de Chasse (4ème EC) stationnée sur la base aérienne de Suippes avec pour équipement le Curtiss H-81 (81 appareils plus connus sous le nom de P-40 Warhawk) et le Lockeed H-322 Eclair (27 appareils plus connus sous le nom de P-38 Ligthning).

Douglas DB-7

Douglas DB-7

-Deux groupes de bombardement léger, les GB I/32 et II/32 stationnés à Challerange et disposant pour équipement du Douglas DB-7D.

-Un groupe de bombardement moyen, le GB I/34 stationné à Vitry le François avec pour équipement l’Amiot 351.

-Un groupe de reconnaissance tactique, le GR IV/35 stationné à Vitry le François avec pour équipement le Bloch MB-176.

Le GRAVIA II-A dispose de 108 chasseurs, de 81 bombardiers et 36 avions de reconnaissance soit un total de 227 avions.

A ce total peut s’ajouter les trois Groupes Aériens d’Observation des trois corps d’armée de la 2ème armée :

-Le GAO-505 équipé de huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 stationné sur la base aérienne d’Etain.

-Le GAO-506 déployé sur la base aérienne de Spincourt  dispose de  huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Le GAO-522 déployé sur la base aérienne de Stenay dispose de huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

Au final, le GRAVIA II-A peut compter sur 332 appareils de disponible pour mener à bien sa mission.

22-Armée de terre : armement et matériel (70) ordre de bataille (4)

-18ème Corps d’Armée

Lui aussi mis sur pied par la 1ère région militaire, il dispose de moyens similaires à son devancier tant en terme d’unités de soutien que d’unités de combat soit trois divisions d’infanterie soit la 9ème DIM _une division d’active_ et deux divisions de série B, la 60ème DI  et la 68ème DI.

Cette dernière division est formé sur demande de la marine nationale pour assurer la défense de Dunkerque. En cas de non déclenchement de la manoeuvre Dyle-Breda, cette division doit être placée sous l’autorité du commandant de l’Escadre Légère du Nord (COMELN).

Le 18ème CA dispose d’unités de combat et de soutien comme le 618ème régiment de pionniers ou le 18ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (18ème GRCA) mis sur pied par le CMC n°18 d’Asnières avec pour équipement principal de douze chars légers AMX-42 et de  seize automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

Canon de 155mm long Schneider modèle 1917

Canon de 155mm long Schneider modèle 1917

Il dispose également d’un régiment d’artillerie lourde, le 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile (115ème RALH) qui dispose de deux groupes de 105mm équipés de canons Schneider de 105mm modèle 1936L et de deux groupes de 155mm équipés de canons Schneider modèle 1917L. On trouve également le 16ème parc d’artillerie avec une compagnie d’ouvriers et deux sections de munitions automobiles.

Au niveau des unités de soutien, nous trouvons des unités de génie, des transmissions, du train, de l’intendance et de la santé.

-118/21ème compagnie de parc du génie

-118ème/81ème compagnie télégraphiste

-118ème/82ème compagnie radio

-268ème/6ème compagnie hippomobile de transport

-368ème/16ème compagnie automobile de transport

-118ème/18ème groupe d’exploitation

-218ème/18ème compagnie de ravitaillement en viande

-18ème ambulance médicale hippomobile

-218ème ambulance chirurgicale légère

-18ème groupe sanitaire de ravitaillement hippomobile

-1ère section hygiène, lavage et désinfection.

L’armée détache au profit du 18ème Corps d’Armée, le GAO n°518 dont la composition est identique au Groupe Aérien d’Observation du 1er Corps d’Armée.

La colonne vertébrale de ce corps d’armée, sa raison d’être ce sont les trois divisions d’infanterie placées sous ses ordres :

-La 9ème Divisions d’Infanterie Motorisée est une solide division d’active basée en temps normal dans le Centre de la France (QG à Bourges) et qui dispose de trois régiments d’infanterie de ligne  (13ème, 95ème et 131ème RI), de deux régiments d’artillerie (30ème RAD et 230ème RALD), de la 609ème batterie divisionnaire antichar, du 9ème bataillon de défense antiaérienne et du 18ème bataillon du génie ainsi que de diverses unités logistiques et de soutien.

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39. Char de combat, le petit biplace de la maison Hotchkiss termina sa carrière comme char léger de reconnaissance

Il bénéficie également du concours du 2ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (2ème GRDI) équipé de chars légers Hotchkiss H-39 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-La 60ème Division d’Infanterie est une division de série B composée de réservistes expérimentés ayant généralement effectué leur service militaire au milieu ou à la fin des années trente. Leur mobilisation s’est accompagnée d’un entrainement intensif pour si possible porter leur niveau d’entrainement au niveau des divisions de série A.

Elle dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (241ème, 270ème et 271ème RI), de deux régiments d’infanterie (50ème RAD et 250ème RALD), de la 660ème batterie divisionnaire antichar, du 60ème bataillon de défense antiaérienne et du 67ème bataillon du génie ainsi que de diverses unités logistiques et de soutien.

Elle bénéficie également du concours du 68ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (68ème GRDI) équipé de chars légers Hotchkiss H-39 et d’automitrailleuses puissantes Panhard AM modèle 1940 P.

-La 68ème Division d’Infanterie, unité de série B à comme nous l’avons vu un double rôle à savoir participer à la manoeuvre Dyle-Breda si elle était exécutée ou défendre les côtes du Nord et notamment Dunkerque, base de l’Escadre Légère du Nord.

Il est d’ailleurs prévu que son transport vers les Pays Bas soit assuré par la marine nationale à l’aide de navires réquisitionnés (paquebots transmanches notamment).

Cette division dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (224ème, 225ème et 341ème RI), de deux régiments d’artillerie (89ème RAD et 289ème RALD), de la 668ème batterie divisionnaire antichar, du 68ème bataillon de défense antiaérienne et du 68ème bataillon du génie ainsi que de diverses unités logistiques et de soutien.

Elle bénéficie également du concours du 59ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (59ème GRDI) équipé de chars légers AMX-44 et d’automitrailleuses puissantes Panhard AM modèle 1940P.

La production d’AMX-44 allant en priorité aux BCC, le 59ème GRDI est provisoirement équipé de FCM-36 à canon de 37mm SA-38 en attendant la disponibilité de chars légers modernes.

British Expeditionnary Force (BEF)

Quand éclate la guerre de Pologne, l’envoi d’unités britanniques est prévu et réalisé, le BEF atteignant le chiffre respectable de treize divisions

Après la fin de la guerre de Pologne, la majorité des divisions britanniques sont rapatriées en Grande Bretagne au delà du Channel. Seule la 1st Infantry Division reste déployée dans la région de Lille.

Quand les tensions en Europe deviennent telles qu’un conflit armé majeur devient plus que probable, la Grande Bretagne prépare l’envoi en France d’un nouveau BEF (British Expeditionnary Force) de douze divisions soit un tiers des unités du Groupe d’Armées n°1.

Churchill Mk IV

Churchill Mk IV

Sur ces douze divisions, nous trouvons dix divisions d’infanterie totalement motorisées et deux divisions blindées équipées de chars lourds Churchill armé d’un canon de 6 livres (57mm en tourelle) et d’un obusier de 3 pouces (76.2mm) _lointain descendant du B1ter_ , de chars moyens Cromwell à canon de 75mm en tourelle et de chars légers pour la reconnaissance.

Le BEF occupe un secteur situé entre la 7ème et la 1ère armée française entre Armentières et Condé sur l’Escaut.

A ces douze divisions du BEF s’ajoutent des divisions placées directement sous commandement français en l’occurence deux divisions au sein de la 3ème armée et deux autres au sein de la 4ème armée, les deux divisions de chaque armée formant un corps d’armée.

Ce sont donc au total seize divisions britanniques qui sont déployées sur le continent pour participer au conflit à l’Ouest.

NdA : le détail des unités britanniques sera dévoilé dans la partie consacrée aux troupes alliées déployées au côté des troupes françaises.