Benelux (63) Belgique (24)

Véhicules Blindés et Autres véhicules

Autos blindées

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Autos blindées Minerva

Comme toutes les armées, la Belgique possède des autos blindées pour l’éclairage et la reconnaissance. Le pays fût même un pionnier dans le domaine avec la Minerva en service en 1914 qui ne pouvant plus combattre sur le front occidental allait connaître une véritable épopée en Russie.

Ces véhicules vont d’ailleurs avoir une très longue carrière, certains véhicules faisant même le coup de feu en mai 1949 après avoir été sortis des dépôts ! Bien entendu il n’est pas difficile d’imaginer que leur apparition n’à fait que ralentir à la marge la progression des troupes allemandes dans les plaines belges.

Avant de parler des véhicules en particulier, quelques lignes sur l’organisation des unités d’autos blindées belges.

Avant mai 1949, les autos blindées dépendent de la cavalerie. Ils équipent les divisions d’infanterie au sein d’un bataillon d’éclairage qui dispose également d’unités cyclistes et d’unités montées, une unité connue en France sous le sobriquet de «pétrole-picotin».

Après la reconstitution de l’armée belge en France, le nombre d’autos blindées explose littéralement, la Belgique voulant disposer d’unités motomécaniques en nombre suffisant pour peser dans les choix stratégiques (tout en étant conscient d’appartenir au deuxième cercle).

C’est ainsi que les trois divisions d’infanterie remises sur pied en France disposent d’un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées et d’unités motocyclistes.

Ce bataillon est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, deux escadrons d’autos blindées et un escadron motocycliste.

Chaque escadron d’autos blindées est organisé en un peloton de commandement et de soutien, et trois pelotons de quatre autos blindées auxquelles il faut ajouter un véhicule pour le commandant de l’escadron et un autre pour son adjoint soit un total de quatorze véhicules par escadron, vingt-huit véhicules pour deux escadrons, trente pour le bataillon. Le besoin est donc de 90 véhicules.

Les deux divisions légères d’infanterie de la Force Publique ne disposent que d’une compagnie d’autos blindées avec un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de cinq autos blindées soit un total par compagnie de dix-sept véhicules. Le besoin est donc de trente-quatre véhicules.

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M-4 Sherman à canon de 76mm

La division cuirassée dispose comme nous l’avons vu plus haut d’un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées et de chars moyens M-4 Sherman. Il était organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron motocycliste, un escadron de chars moyens et deux escadrons d’autos blindées.

Les deux escadrons d’autos blindées étaient organisés comme un escadron normal ce qui donnait vingt-huit autos blindées auxquelles il fallait ajouter un peloton de six autos blindées au sein de l’escadron de chars. Le besoin était donc trente-quatre autos blindées.

On trouvait également un peloton de six autos blindées au sein de la compagnie de chasseurs de chars tandis que les trois bataillons de canons d’assaut disposaient à la fois d’un peloton de six véhicules dans chaque compagnie (pour l’éclairage et la défense rapprochée) mais aussi d’une compagnie complète. Le régiment d’artillerie autoportée disposait d’un groupe de dix-huit autos blindées.

Les besoins étaient importants (305 véhicules en ligne) et il était impossible qu’un seul modèle d’armoured car équipe l’ABL et son annexe coloniale la FP. Plusieurs modèles vont donc être utilisés.

 

daimler-armoured-car

Daimler Armoured Car

-Le principal modèle utilisé était un modèle britannique, la Daimler Armoured Car

Ce véhicule à été développé parallèlement à la Daimler Scout Car, reprenant le design général, agrandit pour permettre l’installation d’une tourelle biplace issue du Tetrach, le char léger de la firme Vickers, cette tourelle disposant d’un canon de 2 livres.

Le prototype est prêt dès 1939 mais des problèmes de transmission (la même que le Dingo alors que le nouveau véhicule est deux fois plus lourd) obligèrent le concepteur à mener plusieurs modifications qui retardèrent la mise en service de la Daimler Armoured Car jusqu’au printemps 1942.

Quand éclate le second conflit mondial, seule la version Mark I est en service, la version d’appui-rapproché (Close Support) n’ayant pas été mise en production.

Une version Mark II équipée d’un canon de 6 livres entre en production en octobre 1948 pour remplacer après engagement au combat les Mark I. Ce véhicule à équipé les unités de la British Indian Army, l’Australie, la Belgique, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

L’armée belge va recevoir la Daimler Armoured Car Mk I dès 1944 pour pour équiper ses divisions d’infanterie, chaque division disposant de seize véhicules d’éclairage, ce sont pas moins de 224 autos blindées qui vont équiper l’armée belge, opérant contre les unités d’éclairage de l’ennemi, couvrant également le repli des unités d’infanterie.

A la fin de la campagne de Belgique, il reste une cinquantaine de véhicules aux mains des belges, véhicules usés par un usage intensif. Ils ne peuvent donc en l’état être réutilisés comme véhicules de première ligne.

Voulant mettre sur pied trois divisions d’infanterie, le gouvernement belge installé à Caen sollicite la France et la Grande-Bretagne. Au grand dam de Paris, la Belgique choisit la Daimler Armoured Car Mk II à canon de 6 livres pour équiper le bataillon de reconnaissance de ces divisions d’infanterie soit un total de 90 véhicules sans oublier des véhicules de réserve, la commande totale s’élevant à 135 véhicules.

Ces véhicules vont opérer en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, le choix du canon de 6 livres (57mm) un temps critiqué par ceux qui craignaient qu’un armement trop puissant ne pousse l’équipage à chercher le combat se révéla judicieux.

La Daimler Armoured Car reste en service jusqu’en 1961 quand elle va être remplacé par une auto blindée de conception franco-belge appelée AML-90 en France et Minerva II en Belgique mais ceci est une autre histoire.

Caractéristiques Techniques de la Daimler Armoured Car

Poids : 8 tonnes

Dimensions : longueur 4m largeur 2.46m hauteur 2.26m

Motorisation : moteur à essence Daimler 6 cylindres de 95ch

Performances : vitesse maximale 78 km/h distance franchissable 320km

Blindage 7 à 16mm

Armement : tourelle abritant un canon de 6 livres (57mm) approvisionné à 42 coups associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.65mm plus une autre en position antiaérienne.

Equipage : 3 hommes

 

Marmon Herrington armoured car 8

-Pour équiper la compagnie d’autos blindées des Divisions Légère d’Infanterie (DLI) de la Force Publique, les belges vont pour ainsi dire se servir sur place en faisant confiance à une armoured car sud-africaine, la Marmon-Herrington.

La Marmon-Herrington est une auto blindée sud-africaine et le premier véhicule militaire mis au point en Afrique du Sud.

C’est au début des années quarante que Pretoria décide donc de produire sa propre armoured car pour diminuer sa dépendance aux importations et donc gagner en autonomie par rapport à la Grande-Bretagne et dans une moindre mesure aux Etats-Unis.

Ce n’est pas gagné car tout était à faire. D’ailleurs une partie des composants venait tout de même de l’étranger même si on espérait qu’il s’agissait d’une première étape. C’est ainsi que le châssis était celui d’un camion Ford de 3-Ton mais la caisse était 100% sud-africaine.

Comme aucune entreprise sud-africaine n’avait les épaules pour gérer un programme aussi ambitieux, le gouvernement de Pretoria adopta une attitude pragmatique en confiant la gestion à une filiale sud-africaine de la compagnie américaine Marmon-Herrington d’où la désignation du véhicule.

Au final le projet était piloté par Marmon-Herrington avec le soutien de la compagnie ISCOR (South African Iron & Steel Industrial Corporation) pour toute la partie blindage.

Soixante-douze Marmon-Herrington Mk I sont livrées à l’armée sud-africaine entre janvier et mai 1941, ces véhicules étant des 4×2 plus adaptés à la route.

En juin 1943, l’armée sud-africaine passe commande de 150 Marmon-Herrington Mk II qui disposent d’un châssis 4×4, d’une caisse redessinée pour améliorer la tenue en terrain ouvert et surtout un tout nouvel armement avec à la place des deux mitrailleuses de 7.62mm un canon de 2 livres (40mm) et une mitrailleuse de 7.62mm.

La Belgique s’intéresse au véhicule en 1948 pour équiper sa Force Publique. Il semble qu’il s’agissait d’abord d’une volonté de renforcer les moyens coloniaux contre une possible sédition des populations locales mais très vite, ce rôle fût éclipsé par celui d’une véritable auto blindée pour la reconnaissance, l’éclairage et le flanquement.

Comme les deux DLI devaient disposer d’une compagnie de dix-sept véhicules, les belges passèrent commande d’un premier lot de trente-quatre véhicules type Mk III avec un canon de 6 livres et une mitrailleuse de 7.62mm. A ces véhicules de première ligne vont s’ajouter vingt véhicules de réserve.

Ironie de la situation ces véhicules ne vont rallier le Congo Belge qu’une fois le second conflit mondial terminé, les Marmon-Herrington étant embarquées à bord de cargos à Durban pour être envoyées à Monbassa.

Ces véhicules vont opérer comme des mini-chars de combat, les soldats belges ou plutôt congolo-belges menant davantage des opérations de nettoyage que des opérations de combat proprement dites.

Une fois l’AOI éliminée, ces autos blindées furent utilisées pour la sécurisation des convois ainsi que des missions de police armée contre des opposants au négus qui n’avaient pas renoncé ou des italiens qui rendaient certaines régions insécures notamment pour les militaires isolés.

La seconde guerre mondiale terminée, les Marmon-Herrington ont rallié le Congo Belge, servant au sein de la Force Publique puis au sein de l’armée congolaise. Elles ont quitté le service en 1975.

Caractéristiques Techniques de l’auto blindée Marmon-Herrington

Type : auto blindée 4×4

Masse : 6.4 tonnes

Dimensions : longueur 5.51m largeur 1.83m hauteur 2.29m

Motorisation : moteur essence Ford V-8 de 95ch

Performances : vitesse maximale 80km/h distance franchissable 322km

Blindage : supérieur à 20mm

Armement : (Mk I) tourelle abritant deux mitrailleuses Brownng de 7.62mm (Mk II) un canon de 2 livres et une mitrailleuse de 7.62mm Browning, une mitrailleuse Browning de 7.62mm dans la caisse (Mk III) tourelle abritant un canon de 6 livres et une mitrailleuse de 7.62mm Browning, une mitrailleuse Browning de 7.62mm dans la caisse

Equipage : trois ou quatre hommes

 

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-Pour équiper le bataillon de reconnaissance de leur unique Division Cuirassée, les belges reçoivent des Automitrailleuses Puissantes AM modèle 1940P.

Le programme est lancé le 3 mai 1938 pour offrir à l’armée de terre un véhicule de reconnaissance rapide (comme une AMD) mais si possible aussi bien protégée et aussi bien armée qu’une AMC.

D’emblée le choix d’un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938 et d’un blindage de 40mm pose les bases d’un véhicule capable d’encaisser les coups et pouvant choisir autre chose que la simple esquive.

Le 27 février 1940, le général Gamelin décide de cesser la production des AMR et des AMD, ces deux concepts fusionnant pour donner naissance au concept AMP. Les AMD à roues vont être remplacées par des AMP alors que les AMR vont être remplacées par de véritables chars légers donnant un punch bienvenue aux unités de reconnaissance mais aussi aux unités de dragons portés.

Le programme demande une voiture de 7 tonnes en ordre de marche, blindée à 40mm, armée d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse, pouvant circuler en tout-terrain (25 à 40 km/h) et sur route de 80 à 100 km/h.

Très vite Panhard reste seule en course pour fournir un véhicule qui devait désormais avoir un blindage de 60mm et un canon de 47mm pour armement. Le prototype de la Panhard 201 est présentée au printemps 1940, une première commande de 600 exemplaires étant passée le 1er mai 1940 mais la production ne va commencer qu’en septembre le temps de mettre en route le processus industriel. La commande initiale sera honorée en septembre 1942.

Des commandes supplémentaires sont ensuite passées avec 600 exemplaires commandés en septembre 1941 (tous livrés en avril 1944), la chaine de montage produisant désormais des versions spécialisées de l’AMP.

Ces versions spécialisées sont une version PC (43 véhicules), appui-rapproché ou AMP-S (avec obusier de 75mm dérivé de l’obusier de montagne modèle 1942) et dépannage. D’autres variantes restant à l’état de prototypes comme une version antiaérienne (deux canons de 25mm), et porte-mortier de 120mm.

La production nécessaire aux unités de première s’achève en novembre 1945 après la sortie du 1643ème véhicules mais continue à rythme réduit (dix véhicules par moi) pour alimenter un stock qui loin d’apparaître comme surdimensionné se révéla utile en temps voulu.

Ce sont donc au total 320 véhicules qui sont sortis de l’usine Panhard, les trois quarts soit 240 véhicules étant en version AMP, 60 en version AMP-S, 10 en version PC et 10 en version dépannage.

La production va dès août 1948 reprendre à plus grande échelle, 30 et parfois même 40 véhicules par mois, montée en puissance facilitée par l’ouverture d’une deuxième chaîne de montage chez Delaunay-Belville et par la commande massive d’acier à blindage en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, on trouve un total de 1356 véhicules en ligne plus 671 véhicules de réserve donc beaucoup vont rejoindre les unités de mobilisation.

La Belgique décide de choisir cette automitrailleuse puissante pour équiper le bataillon de reconnaissance de sa Division Cuirassée. Le besoin s’élevant à trente-quatre véhicules, l’armée belge va recevoir soixante-dix véhicules pour prévoir un stock abondant de véhicules de remplacement.

Ce véhicule va être très apprécié par leurs équipages belges, les autos blindées lourdes modèle 1950 étant à la pointe des combats menés par la Division Piron. Ces véhicules vont rester en service jusqu’à leur remplacement par des Minerva II, des autos blindées 4×4 à canon de 90mm basse pression, auto blindée franco-belge.

Caractéristiques Techniques de l’AutoMitrailleuse modèle 1940 P

Poids en ordre de combat : 9750 kg

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.00m Hauteur 1.80m

Motorisation : un moteur Panhard SK 6 C12 délivrant 92ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 à 100 km/h vitesse maximale sur terrain varié 25 à 40 km/h Autonomie 400km (145 litres de carburant)

Blindage : 60mm maximum

Armement : tourelle monoplace avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 avec 90 obus associé à une mitrailleuse de 7.65mm avec 3500 cartouches

Equipage : un mécanicien-pilote et un chef-de char tireur

M-8 Greyhound 30
-Pour équiper la compagnie de chasseurs de char des quatre bataillons antichars et antiaériens, la Belgique choisit une auto blindée américaine, la M-8 Greyhound (lévrier), une honnête auto blindée 6×6.

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat. Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer ces unités.

Après avoir hésité entre un chassis chenillé, un chassis mixte et un chassis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribuée officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérément le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

M-20 Armored Utility Car 5

M-20 variante utilitaire de la M-8

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, Grèce, Guatemala, Haiti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay,Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Venezuela, Vietnam et Yougoslavie.

L’armée belge reçoit un total de soixante dix exemplaires, quarante-deux en ligne et dix-huit en réserve, ces véhicules équipant un peloton de reconnaissance et de sûreté intégré à la compagnie de chasseurs de chars.

A la fin du conflit, il restait une dizaine de véhicules seulement en service. Ils sont rapidement retirés du service actif et feraillés sauf quelques exemplaires préservés dans des musées ou par des collectionneurs.

Caractéristiques Techniques de la M-8 Greyhound

Poids en ordre de marche 7.940 tonnes

Dimensions : Longueur 5m largeur 2.54m hauteur 2.248m

Motorisation : moteur à essence Hercules IXD de 110ch Vitesse maximale sur route 90 km/h vitesse maximale en tout terrain 48km/h Autonomie 640km Blindage 3 à 19mm

Armement : un canon de 37mm M6 avec 80 obus, une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

Equipage : quatre hommes (chef de char, canonnier/chargeur, pilote, copilote/radio)

 

Panhard AMD-178

Panhard AMD-178 affectueusement surnomée « Pan Pan » à cause du bruit de son moteur deux temps

-Pour équiper au sein de ces bataillons de canons d’assaut un peloton de six véhicules par compagnie ainsi qu’une compagnie par bataillon, la Belgique reçoit de la part de la France des automitrailleuses de découverte Panhard AMD-178.

Comme souvent à l’époque en France, la genèse de la future «Pan Pan» va être particulièrement longue puisque les prémices remontent à avril 1923 quand la cavalerie lance le programme AMC n°1 (AutoMitrailleuse de Cavalerie n°1) qui demandait une voiture de 4 tonnes à quatre hommes avec inverseur de marche blindée à 12mm, pouvant circuler sur route à 55 km/h.

Ce programme ne donna naissance à aucun véhicule et va muter en une AutoMitrailleuse de Découverte (AMD) selon la nouvelle nomenclature de décembre 1931 : Découverte, Reconnaissance et Combat.

Un nouveau programme est donc lancé le 22 décembre 1931 pour une automitrailleuse de découverte d’un poids maximal de 4.7 tonnes avec une tourelle monoplace AVIS disposant d’un canon de 20mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm, pouvant circuler à 70 km/h sur route et pouvant manœuvrer en tout chemin. Ce programme est modifié le 9 décembre 1932 avec une tourelle biplace APX-3 armée d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Panhard, Renault, Berliet et Latil proposent leurs projets mais très vite Panhard restent seul en liste, des tests intensifs permettant l’adoption du véhicule en janvier 1935 qui devient officiellement l’automitrailleuse de découverte Panhard modèle 1935 ou en version simplifiée «AMD 35».

La production est ralentie tout autant par les mouvements sociaux du printemps 1936 que par un schéma de production complexe avec plusieurs fournisseurs. Des retards apparaissent mais ils vont être vite comblés.

Au final ce sont donc 1237 AMD modèle 1935 produits. Ils se répartissent entre 32 exemplaires coloniaux pour l’Indochine (trois hommes, tourelle monoplace), 174 véhicules PC, 320 AMD 35 AFN (identiques au type métropole mise à part un refroidissement du moteur plus important pour pouvoir opérer par temps chaud) soit un total de 526 laissant un total de 711 AMD type métropolitain.

Sur les 1031 véhicules métropolitains et AFN, 320 furent équipés d’une nouvelle tourelle biplace armée d’un canon de 47mm pour améliorer leur potentiel antichar, ces véhicules servant au sein des GRDI des Division d’Infanterie Alpine (DIAlp) et au sein du régiment de découverte de la 1ère DLC, le 4ème Régiment de Spahis Tunisiens.

Avec la mise en service de l’AM modèle 1940P, l’AMD-35 va peu à peu s’effacer mais n’est pas pour autant terminée.

Non seulement elle va équiper des unités présentes outre-mer mais en plus elle va équiper les GRCA et les GRDI de mobilisation en attendant que le nombre d’AM 40 P soit suffisant ce qui ne sera pas le cas en mai 1949 ce qui permettra à «Pan Pan» de faire le coup de feu contre les allemands, se montrant tout sauf ridicule.

Si le véhicule est retiré du service en métropole courant 1953, dans l’Empire, elle va rester opérationnelle jusqu’à la fin du conflit.

La Belgique reçoit d’abord douze véhicules dès janvier 1950 pour entraîner ses futures unités de reconnaissance avant de recevoir de nouveaux véhicules pour équiper les trois bataillons de canons d’assaut de ses divisions d’infanterie soit un total de 105 véhicules en ligne auxquels il faut ajouter 50 véhicules de réserve.

Adoptée sous la désignation d’Automitrailleuse Légère de Combat modèle 1950, la Panhard sera très appréciée de ces équipages belges. Tout comme les autres automitrailleuses en service en Belgique durant la seconde guerre mondiale, l’ALC modèle 1950 est remplacée par la Minerva II.

Caractéristiques Techniques de l’AutoMitrailleuse de Découverte modèle 1935

Poids en ordre de combat : 8200kg

Dimensions : longueur 4.79m largeur hors tout 2.01m hauteur sans tourelle 1.65m (2.31m avec tourelle)

Motorisation : moteur Panhard SK 4F 11 bis dévellopant 105ch à 2200 tours/min
Performances : vitesse maximale sur route 72 km/h moyenne 47 km/h Autonomie : 300km sur route avec 140 litres d’essence

Blindage : 20mm maximum

Armement : Tourelle Renault-Restany abritant un canon de 47mm modèle 1941 avec 84 obus et une mitrailleuse de 7.65mm avec 3750 cartouches. La mitrailleuse de rechange peut servir d’arme antiaérienne.

Equipage : chef de voiture et tireur en tourelle, conducteur et inverseur en caisse

Transport de troupes et camions militaires

Carden Loyd tankette 11

tankette Carden-Lloyd

En mai 1949, l’armée de terre belge ne possède pas à proprement parler de transport de troupes que ce soit un modèle chenillé ou un half-track. Les véhicules se rapprochant le plus sont des chenillettes type Carden-Lloyd utilisées pour le remorquage de pièces d’artillerie ou le transport d’armes lourdes et de ravitaillement au profit de l’infanterie.

Tout va naturellement changer au moment de la reconstitution des unités belges en France. Non seulement il faut suivre le rythme des unités alliées ce qui impose une mécanisation et une motorisation totale (cela passera par une commande massive de camions à l’industrie américaine) mais en plus il faut permettre à l’infanterie de suivre les chars au sein de la 1re Division Cuirassée Belge.

FN_Tricar

-Un mot rapide sur le FN Tricar, un véhicule tricycle motorisé de 1050kg, propulsé par un moteur de 22ch, mesurant 3.4m de long sur 1.7m de large et 1.5m de haut. Ce véhicule à aussi été utilisé par l’Argentine, le Brésil, les Pays-Bas (aux Indes Néerlandaises), Allemagne (véhicules belges capturés), le Portugal et la Chine. Ce véhicule est utilisé pour le transport et le remorquage d’armes légères.

-L’armée belge utilisait également des semi-chenillés en l’occurrence avant mai 1949, le FN Kégresse 3T, un véhicule utilisant le système Kegresse. 250 véhicules ont été produits pour l’armée belge entre 1934 et 1944 quand la production cesse car les besoins sont couverts.

Le véhicule n’était pas armé et pour leur défense les deux hommes qui conduisaient le véhicule ne pouvaient compter que sur leurs armes individuelles.

En compagnie des semi-chenillés Citroën Kégresse P-14 et 300 chenillettes ainsi que des camions, les FN 3T furent utilisés pour le remorquage des pièces d’artillerie même si en dépit des efforts menés durant la Pax Armada nombre de canons étaient encore hippomobiles.

Quelques semi-chenillés de ce type ont réussi à rallier la France et vont continuer à combattre au sein de l’ABL même si très vite des camions américains les ont remplacés.

Les allemands ont récupéré tous les FN Kégresse 3T disponibles pour leur propre usage, certains véhicules permettant la motorisation d’unités d’artillerie hippomobile. Durant le conflit, quelques véhicules furent transformés en porteurs d’armes lourdes. Peu de véhicules ont survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques

Masse : 4.05 tonnes

Dimensions : longueur 5.13m largeur 1.90m hauteur 2.12m

Motorisation : un moteur essence Minerva 36 de 55 puis 66ch

Performances : vitesse maximale 45km/h distance franchissable 400km

Pour transporter les troupes de la Division Cuirassée, la nouvelle armée belge va recevoir des half-tracks américains, les M-2 et surtout le M-3.

Si aujourd’hui, les véhicules à roues sont aussi mobiles et à l’aise en tout-terrain que les véhicules chenillés, à l’époque, la roue régnait en maître sur la route, la chenille en tout terrain.

Cela avait son impact sur les opérations car si la roue pouvait aller vite et loin, la chenille n’était pas aussi rapide. D’où l’idée de combiner la roue et la chenille sous la forme d’un semi-chenillé ou half-track qui était censée combiner les avantages des deux. En réalité ce fût plus les inconvénients des deux systèmes qui furent combinés.

Résultat, une fois le conflit terminé, le semi-chenillé fût relegué au musée des systèmes militaires disparus, les différentes armées choisissant soit la roue soit le chenillé pour assurer le transport de troupes.

Si le M3 est le half-track le plus célèbre et le plus nombreux, d’autres modèles de semi-chenillés ont été utilisés par l’US Army (et donc par leurs alliés) comme nous l’avons le voir.

-Le M-2 Halftrack est une production de la White Motor Company destiné à l’origine à être un tracteur d’artillerie mais il fût également utilisé comme véhicule de reconnaissance notamment au sein des unités de cavalerie.

A l’origine du choix du semi-chenillé par l’US Army figure l’évaluation de véhicules Citroen-Kégresse. Il s’agissait de trouver une solution aux pauvres performances en tout terrain des autos blindées alors utilisées par l’US Army.

La White Motor Company après l’échec de son T7 Half-track Car réussit à convaincre l’US Army de commander son semi-chenillé T14 devenu en 1940 la M2 Half-track car.

Après avoir été utilisé comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance, le M2 fût un temps utilisé comme véhicule de transport de personnel (Armoured Personnal Carrier) avant d’être supplanté par son grand frère, le M3 plus gros et donc mieux adapté à cette mission. Les premiers M2 sont livrés au printemps 1941.

La production du M2 se poursuivit jusqu’en septembre 1954, permettant la sortie de 14500 véhicules. Ils ont été utilisés aux Phillipines, dans le Pacifique, en Italie et en Europe (occidentale et du nord).

Outre la version de base, le M2 fût développement en variante porte-mortier de 81mm (le tir pouvait se faire depuis le véhicule ou depuis la terre), antichar (canon antichar de 57mm remorqué ou utilisé sur le véhicule), antiaérien (avec un affût quadruple de 12.7mm) et Génie.

Outre les Etats-Unis, les M2 équipèrent la Grande-Bretagne, l’URSS, la Tchécoslovaquie, le Chili, la France, la Grèce, le Portugal, le Brésil, la République Dominicaine, le Paraguay, les Phillipines, la Pologne, le Mexique, la Belgique, les Pays-Bas, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, le Liban, l’Argentine et la Finlande.

Au sein de l’US Army, le M-2 à été retiré du service dès 1957, laissant le M3 seul half-track en service jusqu’à l’arrivée en 1962 du mythique M-113.

La Belgique à reçu 48 M-2 d’abord utilisés par l’infanterie portée de la Division Cuirassée puis après l’arrivée massive des M-3 relégués au remorquage de pièces d’artillerie ainsi qu’au dépannage.

Caractéristiques Techniques du M2 Half-track

Poids : 9 tonnes Dimensions : longueur 5.96m largeur 2.2m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX dévellopant 148ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 350km

Blindage : 6-12mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2. Embarquement de 14 mines et 10 grenades à main

Equipage : 2 hommes + sept passagers

M-3 Halftrack 22

-Le semi-chenillé le plus célèbre de l’armée américaine est sans contestation possible le M3 Half-track. Il est issu du même mouvement de réflexion que celui ayant abouti à la mise au point du M2 en l’occurrence l’évaluation de véhicules fournis par la firme Citroen, utilisant la licence Kegresse.

A la différence du M-2, le M-3 à été conçu dès l’origine comme un APC destiné à l’infanterie mécanisé, possédant une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie, équipant également les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M-3 est remplacé sur les chaines de montage par le M-3A1 en mars 1949 puis par le M-3A2 en juin 1952 et enfin le M-3A3 en septembre 1953. Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M-113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, l’Allemagne (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

L’Armée Belge Libre (ABL) reçoit des M-3 d’abord pour les deux régiments d’infanterie portée de la Division Cuirassée puis pour transporter les fantassins des trois DI. Ils vont également être utilisés pour des missions d’appui et de soutien. Tout comme au sein de l’armée américaine, les half-tracks ont été remplacés dans l’armée belge par des chenillés type M-113.

Caractéristiques Techniques du M3

Poids : 9.07 tonnes Dimensions : longueur 6.17m largeur 1.96m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX de 147ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h sur route distance franchissable 320km

Blindage : 13.2 à 25.4mm

Armement : une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4

Equipage : un conducteur et douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe)

-Comme véhicules légers et véhicules de liaison, l’armée belge va recevoir en 1950/51 des Jeep mais aussi la M-3 Scout Car, un petit blindé américain utilisé principalement pour la reconnaissance et la liaison mais qui se révéla nettement plus polyvalent, une sorte de «véhicule à tout faire» en somme.

M-3 Scout Car 47

Ce véhicule blindé léger connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M-3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M-3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

La Belgique à reçu 64 M-3 Scout Car pour des tâches de reconnaissance mais surtout de liaison au niveau des état-major de division comme de corps d’armées. Ces véhicules sont restés en service jusqu’en 1961.

Caractéristiques Techniques de la M3 Scout Car

Poids : 4 tonnes Dimensions : longueur 5.6m largeur 2m hauteur 2m

Motorisation : un moteur diesel Hercules JXD 6 cylindres développant 110ch Performances : vitesse maximale 89 km/h Distance franchissable 403km

Blindage : 6-13mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm

Equipage : conducteur + sept hommes

-En ce qui concerne les camions, l’essentiel de la flotte à été fournie par des constructeurs américains que ce soit Ford, GMC ou Chevrolet. Quelques camions Renault ont également été utilisés par les unités belges.

Dominions (9) Canada (9)

La Royal Canadian Navy au combat

Patrouiles anti-raiders et escortes de convois

Alors que l’opération Weserübung à commencé et que le Canada s’est immédiatement engagé aux côtés de l’ancienne puissance coloniale, la marine canadienne propose son aide pour combattre en mer du Nord. Cette aide est appréciée par Paris et Londres mais dans un premier temps on demande à la RCN d’assurer l’escorte des convois transatlantiques et de mener des patrouilles anti-raiders.

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22-Armée de terre : armement et matériel (22)

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Ce canon antichar à été mis au point pour la ligne Maginot ce qui explique peut être un calibre hétérodoxe pour la lutte antichar confiée au duo 25/47mm même si l’existence de canons de 37mm issus du premier conflit mondial (char FT et canon de tranchée TR 16) rend moins étrange la présence d’un canon de ce calibre sur la ligne Maginot, canon encore en service en septembre 1948 en dépit d’une incapacité à détruire les chars allemands les plus lourds.

Ce canon de 47 calibres tirait des obus de 0.9kg (boulets modèle 1936) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 30 à 40mm de blindage à raison de 20 coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Une arme remarquable

Nous venons de le voir, la France disposait depuis très longtemps d’une arme de 47mm, une arme mise au point par la marine qui avait besoin d’un canon à tir rapide pour contrer les torpilleurs. D’où la mise au point du canon de 47mm modèle 1885 qui modernisé et rendu semi-automatique devint le canon de 47mm modèle 1902.

Très rapidement, ce canon à été dépassé par la croissance rapide des torpilleurs et dès le premier conflit mondial, on peut considérer que cette pièce est dépassée pour le tir antisurface. La marine débarque donc ces pièces et les stocke à terre.

Ces canons peuvent cependant encore faire très bien l’affaire en combat terrestre. En effet, un canon tirant rapidement des obus à haute vitesse initiale est un atout évident pour contrer les blindés qui eux aussi prennent du poids notamment au niveau du blindage.

Si durant le premier conflit mondial, les allemands pouvaient détruire des chars lourds britanniques avec des fusils antichars de 13mm (Mauser Gewher T) cela devient de moins en moins évident avec les années.

Au début des années trente, on lance bien le programme du canon antichar de 25mm mais il devient rapidement évident que ce canon va être vite dépassé par la course au blindage, une arme d’un plus gros calibre s’impose.

A cette même époque, le canon de 47mm modèle 1902 passe entre les griffes de l’établissement de Puteaux (APX) pour une nouvelle modernisation destinée à offrir une arme antichar à la ligne Maginot et aux véhicules blindés, donnant naissance respectivement au modèle 1934 et au modèle 1935.

Un appel d’offres est lancé pour une arme antichar d’infanterie ce qui suppose une arme suffisamment puissante pour être militairement crédible face aux blindés ennemis mais également une arme suffisamment légère pour permettre d’être trainée à bras pour l’entrée et la sortie de batterie.

Deux constructeurs proposent leurs prototypes dès 1933, APX et Schneider du Creusot. Cette dernière dispose de certaines particularités intéressantes mais des qualités balistiques nettement inférieures (70mm de blindage à 400m contre 89mm pour l’APX) fait que c’est l’arme de Puteaux qui est sélectionnée, les essais commençant à Bouges le 19 février 1934.

A l’origine arme d’infanterie, ce canon de 47mm devient une arme relevant de l’artillerie, l’infanterie préférant se concentrer sur le 25mm en dépit du fait qu’on sait que ce canon sera rapidement dépassé. Le 14 décembre 1936, le canon APX de 47mm est adopté sous le nom de «matériel de 47 modèle 1937»

Extraordinaire est le mot pour caractériser ce canon entouré d’un secret quasiment aussi absolu que l’était le 75mm modèle 1897, canon indirectement à l’origine de l’affaire Dreyfus. Le canon de 47mm ne déboucha pas heureusement sur une affaire de cette ampleur.
En terme de portée, le canon de 47mm peut détruire à 1000m les chars allemands les plus lourds, les Panzer III et IV et jusqu’à 1600m, les performances sont excellentes. Sa grande cadence de tir (15 à 20 coups/minute) permettant à un canon de stopper net une attaque de blindés si le canon est bien employé et que le terrain s’y prête.

Si les premiers tests ont été menés avec des obus modèle 1902, en service le modèle 1937 va utiliser des projectiles conçus pour lui, l’obus utilisé (modèle 1936) étant un obus perforant à coiffe de magnésium qui à deux utilités : aider à corriger le tir et enflammer des bidons d’essence. Des obus explosifs modèle 1932 existent mais sont peu distribués tandis que des essais d’obus à mitraille ne sont pas poursuivis jusqu’à la production en série.

Les nombreux exercices menés avant guerre ayant montré une vulnérabilité de la pièce à l’infanterie, un obus explosif légèrement perforant est mis en service en 1946 ce qui rend la pièce apte à neutraliser une infanterie mordante et permet également de détruire des véhicules non blindés sans avoir recours aux munitions perforantes. Des munitions fumigènes et éclairantes sont également mises au point mais apparemment fort peu distribuées.

Ce canon est conçu pour être remorqué par tracteur (véhicule à six roues Laffly W15T et semi-chenillés Somua MCJ) et par des chevaux, un mode de transport peu adapté à la lutte antichar ce qui explique qu’à partir de 1944, toutes les unités antichars sont motorisées.

Les unités équipées

Les premières commandes de série sont passées au quatrième trimestre 1937, la première série de commandes totalisant 1214 pièces. Portée à 1646 pièces, elle doit permettre la mise sur pied de 137 batteries de douze pièces (1644 canons) pour dans un premier temps équiper 51 batteries de douze pièces pour les divisions d’active et celles mises sur pied à la mobilisation.

La fabrication est organisée en un véritable puzzle, les bouches à feu à Bourges, les freins récupérateurs les roues et les lunettes sont produites par Puteaux (APX), les affûts étant sous-traités entre plusieurs fabricants, l’assemblage étant réalisé à Puteaux.

Les premiers canons de série sont livrés le 12 janvier 1939 par l’APX puis transférés au Parc Régional de Réparations et d’Entretien (PRRE) de Bourges chargé de la livraison aux unités.

A l’époque, le rythme de livraisons prévu est de trente pièces par moi en février et doit passer à trente-cinq en mars et quarante pour juin, ce pic ne devant pas être dépassé puisque le modèle 1939 doit alors prendre le relais.

Quand éclate la guerre de Pologne, 339 canons ont été livrés aux armées. L’effort se poursuit jusqu’à la fin de l’année mais est notablement ralentit après la fin du conflit officielle le 15 décembre 1939.

Cela n’empêche pas l’industrie de livrer 755 pièces de plus portant le total à 1094 canons en ligne soit potentiellement un total de 91 batteries divisionnaires antichars.

La démobilisation réduit bien entendu le nombre de pièces en ligne. Contrairement à ce qui était prévu, toutes les DI d’active y compris les divisions d’infanterie alpine reçoivent une batterie divisionnaire antichar à douze canons, des batteries qui vont progressivement être toutes motorisées y compris dans les DI non motorisées.

La démobilisation terminée, nous trouvons en ligne dix-sept divisions d’infanterie (type Nord-Est et motorisées), quatre divisions d’infanterie coloniale, quatre divisions d’infanterie nord-africaine et trois divisions d’infanterie alpine soit vingt-huit divisions et vingt huit BDAC soit un total de 336 canons en ligne en métropole.

Ce canon va aussi équiper dans l’Empire les DIA, les DLI et les DM, leur donnant un punch remarquable face à un ennemi ne disposant que de chars légers et moyens assez médiocre.

Chacune de ses divisions dispose en effet d’une compagnie antichar disposant de six canons de 25mm et de huit canons de 47mm .

Cela nous donne au total quatre vingt pièces en ligne portant le total à 416 mais ce nombre augmente rapidement avec la constitution d’un total de treize DLI qui disposant chacune de huit canons de 47mm porte le total à 520 canons en ligne, le reste étant stocké pour équiper les unités de mobilisation.

La production du modèle 1937 s’arrête au chiffre 1646, le modèle 1939 prenant le relais selon un rythme plus lent _temps de paix armée oblige_ et pour un rôle différent comme nous allons le voir dans la partie suivante.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1937

Calibre : 47mm Poids totale en batterie : entre 1050kg et 1150kg (en fonction du type de roues et du constructeur de l’affût) Longueur totale en ordre de route : 4.10m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 68° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 47mm modèle 1939 et modèle 1941

Canon de 47mm modèle 1939

Canon de 47mm modèle 1939

Comme nous l’avons vu plus haut, le modèle 1937 est une excellente arme. Cela n’empêche pas l’armée de terre d’envisager dès 1938 une version améliorée alors que le modèle 1937 est tout juste en production et que les livraisons aux unités n’ont pas commencé.

L’idée à la base de cette amélioration est la volonté de pouvoir passer rapidement d’une cible à l’autre, les pièces antichars étant fondamentalement inférieures en nombre aux chars assaillants.

Si les canons tractés sont fixes ou peu mobiles, les chars peuvent venir de face mais aussi sur les côtés voir en cas de débordement de la position par l’arrière.

On étudie donc la possibilité d’avoir un canon tirant à 360°, avantage qui compense largement l’inconvénient de l’augmentation de poids (environ 300 kilos de plus).

Cette idée n’est pas neuve, le vénérable canon de 75mm modèle 1897 avait reçu pour certains d’entre eux au moins une plate forme Arbel permettant de pointer le canon à 360°, un principe similaire va être choisit pour le nouveau canon antichar.

La technologie choisit est un affût composé de trois flèches disposées à 120° et munies de flèches d’ancrages. En configuration route, deux flèches sont réunies et attachées au véhicule tracteur, la troisième est relevée et arrimée à l’affût, la volée du canon étant orientée vers le véhicule tracteur.

En batterie, l’affût tri-flèche est rigidifiée et repose sur le sol, les roues se relevant de part et d’autre du bouclier qui est droit et pas muni de la partie inférieure du modèle 1937.
Il dispose également d’un frein de bouche et de nouvelles roues à pneumatiques increvables Baudou ce qui permet de le remorquer à une vitesse plus importante, un plus évident en cas de guerre de mouvement et que contrairement au modèle 1937, le futur modèle 1939 doit être un canon uniquement remorqué par tracteurs.

Les premiers essais ont lieu à l’automne 1938, d’abord des essais de roulage puis des séances de tir et ce du 15 septembre au 12 octobre 1938. Ces essais se révèlent prometteurs et peuvent espérer une mise en production rapide, production qui sera lancée quand toutes les commandes du modèle 1937 seront honorées.

Adopté en 1939, le «47 APX» devient officiellement le matériel de 47 modèle 1939 et commandé le 6 janvier 1940 à près de 1000 exemplaires en dépit du fait que la démobilisation est prévue pour l’été ce qui réduira considérablement les besoins en matériel antichar.

La production du modèle 1939 ne commence que début juillet 1940 et les premières pièces sortent à la mi-août. La commande initiale de 1000 pièces est réduite à 500 puis finalement à 240 pièces qui sont stockées, devant servir à la mobilisation pour former des BDAC.

La production est ainsi stoppée en mai 1941 et n’aurait du reprendre qu’au moment de la mobilisation mais la réorganisation à partir de 1944 des DC et des DLM entraine la création d’escadrons antichars portés qui vont permettre à ce canon d’être à nouveau produit sous un modèle amélioré baptisé modèle 1941 (tube plus long de 54 calibres).

Chaque brigade cuirassée (DC) et chaque brigade légère mécanique (DLM) dispose d’un escadron antichar porté avec douze canons de 47 montés soit sur des Laffly W 15, des Lorraine 39L et des Renault 40R (VBCP) soit un total de 28 escadrons portés et de 336 canons produits sans leur affût.

Le canon de 25mm devenant rapidement dépassé en Europe, on décide de le remplacer au sein des DI et des DIM les canons de 25mm par des canons de 47mm modèle 1941 en dépit d’un poids plus élevè rendant délicat sa mise en œuvre par l’infanterie.

Les 240 pièces stockées ressortent de la naphtaline pour rééquiper les huit D.I.M, les neuf DI type Nord-Est, les quatre D.I.C et les quatre D.I.N.A, les vingt-cinq divisions d’infanterie vont se partager les pièces existantes tandis que la production est relancée.

Chaque division possède une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm tandis que les trois régiments d’infanterie de ligne dispose également de douze canons alors que les BCP/BCA disposent de deux canons de 47mm par bataillon puis six à la Compagnie d’Engins de la Demi-Brigade.

Les DIC et les DINA disposent également de canons de 47mm selon le même principe que les DI motorisés et DI type Nord-Est soit pour ces huit divisions un total de 384 pièces.

Le total avant mobilisation est de 960 canons en ligne plus 240 pièces en stock, la production s’accélérant à la mobilisation pour équiper les divisions de mobilisation même si nombre seront mises sur pied avec des canons de 25mm en attendant mieux.

A la mobilisation, six RAAC sont mis sur pied, chaque régiment disposant de 24 canons soit un total de 144 canons modèle 1941.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1939

Calibre : 47mm Poids total en batterie : environ 1300kg (1375kg pour le modèle 1941) Longueur totale en ordre de route : 4.29m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m (54 calibres pour le modèle 1941 soit 2.538m) Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 360° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Ce canon Tout Azimut (TAZ) à été développé pour remplacer le vénérable modèle 1897 dans le domaine de l’artillerie de campagne mais également dans le domaine de l’artillerie antichar. La priorité allant à l’artillerie de campagne, l’équipement d’unités antichars à canons de 75mm étant reportée sine die.

Finalement ce n’est qu’à la mobilisation que sont mis sur pied des Régiments Autonomes Antichars (RAAC) numérotés 401 à 406, régiments organisés de la façon suivante :

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Trois groupes à quatre batteries organisés en un état-major, une colonne de ravitaillement et quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 47mm modèle 1939 et deux batteries équipées de canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Ces six régiments disposent donc au total de 144 canons de 75mm TAZ modèle 1939, d’autres exemplaires étant produits et stockés pour créer une volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques du canon de 75mm TAZ modèle 1939

Calibre : 75mm Longueur du canon 2.995m Poids  en batterie 2000kg Poids de l’obus : 7.250kg Cadence de tir : 20 coups/minute Portée : 12500m Pointage en site : -11° à +25° Pointage en azimut sur 15° Vitesse initiale de l’obus : 700 m/s Equipe de pièce : sept hommes

Projets et prototypes

La production de pièces antichars modernes n’empêchait pas les services compétents d’envisager le futur en lançant une politique de prototypes destinée à occuper les bureaux d’études sans forcément aboutir à une production en série.

On trouve ainsi un projet de canon de 47mm à très haute vitesse initiale (980 m/s), un peu l’équivalent du canon à charge creuse mise au point par les allemands et qui aura son équivalent français au printemps 1948 sans aboutissement industriel.

On trouve également une version antichar du canon Schneider modèle 1939 de 90mm dont le prototype apparaît au printemps 1945. Douze exemplaires sont commandés en septembre 1945 et livrés entre mars et juin 1946 pour former une batterie expérimentale.

Sa mise en production est lancée en juin 1948 en vue à terme de compléter les RAAC avec une éventuelle batterie indépendante de six canons, canons capables de détruire tous les chars allemands y compris les Tigre.

22-Armée de terre : armement et matériel (21)

Canon de 37mm TR modèle 1916

Canon de 37mm TR modèle 1916

Canon de 37mm TR modèle 1916

Ce canon de 37mm à été mis au point par les Établissements de Puteaux (APX) pour lutter contre les nids de mitrailleuse des tranchées avant de connaître une deuxième utilisation sous la forme du canon de 37mm SA modèle 1916 sur le petit Renault FT.

Ce canon utilisant une munition explosive fût un temps utilisé comme arme antichar, rôle pour lequel il n’était absolument conçu. Mis en œuvre par les unités de mobilisation, il quitte les unités de mobilisation lors de la démobilisation ou peu avant, remplacés dans les unités maintenus par des canons de 25mm Hotchkiss ou Puteaux.

Caractéristiques Techniques du canon de 37mm TR (Tir Rapide) modèle 1916

Calibre : 37mm Longueur hors tout : 3.50m Longueur de la partie rayée du canon : 790mm Longueur en calibres : 21 Poids en batterie : 108kg Poids sur affût rouleur : 160kg Cadence de tir : 15 coups/minute

Canon de 29/20mm Larsen

Ce canon d’origine danoise est une arme antichar à grande vitesse initiale tirant un projectile sous calibré, l’obus en lui même ayant un diamètre de 20mm avec une jupe de 29mm. Ce canon est expérimenté au printemps 1939, canon monté sur le même affût que le canon de 25mm modèle 1937.

Les essais montrent une usure rapide du tube (durée de vie de 250 coups), Manhurin est chargé de développer une munition moins agressive qui permet de doubler la durée de vie soit 500 coups.

Ce canon va être commandé en série seulement en septembre 1942 en petite série pour équiper les Bataillons de Chasseurs Alpins (BCA) en remplacement des canons de 25mm soit six canons par BCA soit un total de soixante-douze canons plus trente-six canons de réserve soit un total de cent huit canons livrés entre novembre 1942 et août 1943.

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948, des canons pouvant être remorqué par un véhicule léger type Laffly V10 ou par traction hippomobile.

Caractéristiques Techniques du canon de 29/20mm Larsen

Calibre : 29/20mm Poids : environ 200kg Longueur : 3.4m

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934

Prélude

Quand s’achève le premier conflit mondial, l’armée française dispose de deux armes de Défense contre les blindés (DCB) mais deux armes inadaptées à cette mission et pour cause, les blindés étant apparus au cours du conflit.

La première est le canon de 37mm modèle 1916 utilisé par les fantassins et les cavaliers. Conçu pour neutraliser les blockhaus de mitrailleuses, il tirait des obus explosifs donc impropres à détruire les blindés tout comme le canon de 75mm modèle 1897.

Dans l’immédiat après guerre, un programme est lancé le 11 mai 1921 pour deux armes. Le «programme Duval» envisage deux armes : une mitrailleuse de 15mm antiaérienne et antichar et un canon d’un calibre inférieur à 37mm, ces deux armes compensant la modestie de leur calibre par une grande vitesse initiale pour leur permettre de percer 20mm de blindage.

En attendant une solution intérimaire est trouvée avec la remise en état de 200 canons de 37mm bien qu’il s’agisse d’une solution d’urgence largement inadaptée.

Pour ne rien arranger, le programme du 11 mai 1921 ne débouche sur rien de concret qu’il s’agisse de la mitrailleuse de 13.5mm (non poursuivie), celle de 13.2mm devient une arme antiaérienne et le canon Puteaux de 20mm montre aussitôt les limites d’un calibre trop réduit.

Il faut attendre 1928 pour qu’un nouveau programme soit lancé. Exit la mitrailleuse et place au seul canon, un canon de 25mm suffisamment léger pour pouvoir être utilisé par l’infanterie.

Deux concurrents vont ainsi participer au programme, l’établissement national APX et le constructeur privé Hotchkiss de Levallois.

Les prototypes sont prêts en 1933, Hotchkiss et APX présentant leurs armes aux essais en mars 1934 et c’est l’arme d’Hotchkiss est rapidement préférée, devenant le canon de 25mm SA (Semi-Automatique) modèle 1934.

Devant l’urgence des besoins, une commande de 200 exemplaires est passée alors que l’expérimentation par les services officiels se poursuit.

On verra rapidement que cet empressement se paiera par de nombreux problèmes techniques nécessitant une interruption des livraisons entre janvier et juin 1939 suite à la volonté de l’infanterie d’adopter un matériel plus léger sous la forme de deux modèles, le modèle 1937 de l’APX et le modèle 1934 modifié 39 d’Hotchkiss.

Durant la phase d’industrialisation, est étudiée la mise en œuvre de ces canons de 25mm. Le programme d’armement 1937-40 dit des 14 milliards prévoit pas moins de 8000 canons de 25mm ce qui doit au moins sur le papier équiper chaque régiment d’infanterie de douze pièces (six à la CRE et deux dans chaque bataillon à  la compagnie d’accompagnement) alors que chaque division d’infanterie doit disposer de trois compagnies divisionnaires antichars qui à terme pourraient former un bataillon antichar. En ajoutant les quatre canons du GRDI, chaque division pourrait disposer de 76 canons.

Les livraisons ne cessent d’augmenter, 980 pièces ayant été réceptionnées au 1er janvier 1936 et juste avant l’interruption, 3655 pièces ont été livrées aux armées. Pourquoi une telle interruption ?

Tout simplement parce que comme l’avons vu, l’infanterie souhaite la pièce la plus légère possible et que le modèle 1934 est loin d’être la pièce la plus légère. La production doit bifurquer vers le modèle 1937 et surtout le modèle 1934 mod.39.

Néanmoins durant la guerre de Pologne, la production du modèle 1934 est reprise, le temps que l’industrialisation du modèle 1934 mod.39 aboutisse ce qui fait qu’un total de 4450 pièces sont produites jusqu’au 30 juin 1940 quand la production est définitivement stoppée pour ne jamais reprendre.

Tous les canons de 25mm ne vont pas être mis en ligne, une grande partie va être stockée. En effet avec la démobilisation, le nombre de divisions d’infanterie est réduit de manière très importante avec notamment dix sept DI qui reçoivent les 76 canons prévus (soixante-douze pour la division stricto sensu et quatre pour le GRDI rattaché à la division) soit un total de 1292 pièces en ligne, pièces qui sont d’abors à traction automobile ou hippomobile puis totalement motorisées.

Les quatre DIC et les quatre DINA disposent également de soixante-seize pièces ce qui fait un total de 304 canons. Les trois DIAlp disposent elles aussi de soixante-seize canons soit un total de 228 pièces ce qui porte le total à 1824 canons en ligne sur 5150 pièces produites.

Les autres canons de ce modèle vont être distribués progressivement aux unités dans l’Empire notamment au sein des deux Divisions Marocaines et des huit Divisions d’Infanterie d’Afrique soit un total de 736 pièces.

Cela porte le total à 2560 pièces sur 4450 canons. Le solde de 2590 n’est pas totalement stocké, une partie est cédée ou plutôt vendue aux pays alliés que ce soit la Grande Bretagne (voir ci-après), le gouvernement polonais libre (100 pièces), la Yougoslavie (120 pièces), la Belgique (45 pièces) et les Pays Bas (45 pièces) soit un total de 310 canons, laissant en stock un total de 1580 canons qui sont stockés ou utilisés pour tests et autres expérimentations notamment de nouveaux projectiles destinées à prolonger la carrière de ce canon.

La Grande Bretagne va également recevoir des canons. Entre octobre 1939 et décembre 1940, l’armée britannique reçut cinquante canons par mois soit un total de 700 canons dont un grand nombre montés sur véhicules.

Progressivement, le nombre de canons en service va se réduire, les DI, les DIM, les DIC et les DINA  recevant notamment des canons de 47mm plus à même de faire face aux blindés allemands mais ce canon de 25mm était toujours en service en septembre 1948 dans l’Empire.

Caractéristiques Techniques du Hotchkiss modèle 1934

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 480kg Longueur hors tout 3.71m Hauteur en batterie 1.10m Portée pratique : 800 à 1000m Cadence de tir : théorique 30 coups pratique 15 à 20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -5° à +15° Perforation : acier dur 50mm à 400m  

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Canon de 25mm Puteaux modèle 1937

Comme nous l’avons vu plus haut, le programme de 1928 avait vu le lancement de deux projets concurrents, l’un proposé par l’industrie (celui de Hotchkiss) et l’autre proposé par l’atelier de construction de Puteaux (APX).

La mise au point de ce canon fût très longue. Un premier projet de 1931 fût rejeté, obligeant l’APX à remettre l’ouvrage sur le métier pour présenter une nouvelle arme en septembre 1933, un projet de 398kg.

En dépit de nombreux défauts techniques, le prototype APX reste en course en dépit d’une infériorité évidente vis à vis d’Hotchkiss. Peut être faut-il y voir la méfiance viscérale des ingénieurs d’État vis à vis de tout ce qui viens de l’industrie privée……… .

Après l’adoption du modèle Hotchkiss, le modèle APX est présenté à nouveau en janvier 1935, les problèmes sont réglés mais à cette époque, l’armée à besoin d’un matériel nettement plus léger. Le général Gamelin réclamant un canon nettement plus léger que les 480kg du modèle Hotchkiss, le matériel APX pesant 400kg n’est pas adopté.

Puteaux décide de reprendre totalement le projet pour obtenir un canon antichar léger qui est présenté en mars 1936 pour expérimentations. Le 7 septembre 1936, l’état-major demande que 400 canons soit commandés, canons adopté officiellement sous le nom de matériel de 25mm SA modèle 1937 puis de canon de 25mm SA léger modèle 1937.

Les premiers canons sont livrés en septembre 1938 et quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, 319 canons ont été livrés aux armés, nombre porté début juin à 1065 exemplaires sur un total de 2550 canons commandés.

Cette commande est annulée le 1er juillet 1940 suite à la démobilisation et la volonté de privilégier les projets de Hotchkiss, une vraie rupture, le général Villeneuve n’ayant pas une véritable méfiance vis à vis de l’industrie privée.

Les canons Puteaux étaient utilisés de manière  indistincte dans les différentes unités. Cela change à partir de septembre 1940. Décision est prise d’affecter ces canons aux RIF (où pourtant une pièce lourde n’est pas un vrai handicap) et aux RIl, des régiments à créer.

Au final, quatorze régiments d’infanterie légère sont équipés de ce canon tout comme vingt-sept régiments d’infanterie de forteresse ou assimilés soit un total respectif de 252 et de 752 canons, le total global de pièces en ligne étant de 904 canons sur un total de 1065 canons en ligne, le reliquat étant stocké, une réserve limitée, la reprise de la production n’étant pas prévue.

Caractéristiques Techniques du canon de 25mm SA léger modèle 1937

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 300kg Longueur hors tout 3.46m Hauteur en batterie 1.03m Portée pratique : 1500m Cadence de tir :  20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -10° à +15°

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934 mod.39

Comme nous l’avons vu, le canon de 25mm Hotchkiss modèle 1934 était une excellente arme balistiquement parlant. Le seul défaut qu’on pourrait reprocher à cette arme est un poids élevé qui rend délicate la manoeuvre à bras nécessaire pour l’entrée et la sortie de batterie.

Cette arme donna ainsi naissance à trois dérivés, le modèle 1935 raccourci pour équiper les automitrailleuses chenillées et surtout les automitrailleuses à roues type Panhard et Gendron-Somua, le modèle destiné à la ligne Maginot et enfin le modèle 1934 mod.39, une version allégée du modèle 1934.

Pour alléger le modèle 1934, la firme Hotchkiss va s’inspirer du modèle de Puteaux _au dévellopement long et chaotique_ et présente son prototype le 28 août 1938, un prototype qui à perdu près de cent kilos par rapport au modèle 1934.

Au final, ce canon pèse 70kg de plus que le projet APX mais il est bien équilibré et supporte des vitesses de traction bien supérieures. Le canon modèle 1934 modifié 1939 est adopté officiellement au mois de mars et va être livré aux dragons portés (dont certains possédaient des canons de 25mm modèle 1934) et aux chasseurs portés.

Chaque régiment de dragons portés dispose de 12 canons de 25mm ce qui porte le total à 192 pièces alors que les bataillons de chasseurs portés dispose de quatre canons soit un total de 48 pièces, portant le total à 240 pièces pour les canons en ligne plus 120 canons de réserve soit une production totale de 360 canons.

Paradoxalement cette pièce la plus moderne des trois va être l’une des premières à être remplacée puisque rapidement (automne 1945), les dragons portés et les chasseurs portés vont recevoir un canon de 47mm modèle 1941 plus à même de combattre les nouveaux chars allemands. Les pièces retirées du service vont être précieusement stockées.

Caractéristiques Techniques du Hotchkiss modèle 1934 mod.39

Calibre : 25mm Poids du matériel complet en batterie : 370kg Longueur hors tout 1.13m Longueur totale 3.46m Hauteur en batterie 1.08m Portée pratique : 800 à 1000m Cadence de tir : théorique 30 coups pratique 15 à 20 coups Pointage en direction : 30° à gauche et à droite Pointage en hauteur : -5° à +15° Perforation : acier dur 50mm à 400m

22-Armée de terre : armement et matériel (20)

G-Artillerie antichar

Préambule

Toute l’histoire militaire est une course perpétuelle entre le boulet et la cuirasse, entre l’attaquant et le défenseur. Dès qu’une nouvelle arme apparaît, une autre arme est mise au point pour s’y opposer.

C’est ainsi qu’au char, on ne tarda pas à opposer une arme antichar. Ce fût le fait des allemands, les premiers confrontés à ce char, les chars allemands étant peu efficients, une leçon qui sera retenue vingt-ans plus tard au détriment de la malheureuse Pologne.

Outre l’élargissement des tranchées et l’installation de pièces de campagne au plus près des premières lignes, les soldats allemands reçurent le Gewehr T, un fusil tirant une balle perforante de 13mm, suffisante pour pénétrer l’épaisse cuirassé des chars Mark.

Dans l’immédiat après guerre, le dévellopement des armes antichars continua. Si certains pays persévèrent dans le domaine du fusil  antichar, la plupart dévellopèrent des canons antichars, de taille modeste d’un calibre allant de 25 à 47mm, le but étant d’équiper l’infanterie pour lui permettre de se protéger des chars ennemis en l’absence de chars pour repousser les mastodontes ennemis. Il fallait donc une arme compacte pour faciliter son déplacement, sa mise en oeuvre et son camouflage.

Quand éclata la guerre de Pologne, la France n’était pas le pays le plus mal loti en matière de lutte antichar, disposant de canons de 25 et de 47mm sans parler que le canon de 75mm modèle 1939 appelé à remplacer le vénérable modèle 1897 était tout azimut ou TAZ, un atout indéniable dans la lutte antichar.

Sur le plan de l’organisation, il était prévu que chaque division dispose d’une batterie divisionnaire antichar (BDAC) équipée de douze canons de 47mm tandis que les unités d’infanterie devaient également disposer au niveau régimentaire de canons de 25mm, le RI type Nord-Est devant disposer de deux canons de 25mm au sein de la section d’engins de la compagnie d’accompagnement comprise dans chaque bataillon d’infanterie, le régiment disposant de six canons de 25mm au sein de la Compagnie Régimentaire d’Engin.

Comme partout la «révolution villeneuvienne» impacta les structures à défaut de l’équipement même si le canon de 25mm fût progressivement retiré du service des unités antichars des unités appelées à combattre des unités allemandes.

Quand éclate la seconde guerre mondiale en septembre 1948, la lutte antichar est structurée de la façon suivante :

-Les divisions d’infanterie disposent toutes d’une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm, des BDAC numérotés dans la série 600 et suivants.

-Les régiments d’infanterie dispose toujours de deux canons antichars dans la section d’engins de la compagnie d’accompagnement de chaque bataillon et dans la compagnie régimentaire d’engins.

Si dans les DIAlp et les divisions d’infanterie déployées dans l’Empire, on trouve toujours des canons de 25mm, toutes les divisions de métropole les ont remplacés par des canons de 47mm plus à même de lutter contre les nouveaux blindés allemands.

-En ce qui concerne l’artillerie, la mise en place de régiments antichars indépendants est prévue à la mobilisation à l’aide de matériel stocké pour cet usage.

-Pour l’arme blindée cavalerie, les DLM et les DC disposent d’escadrons antichars portés intégrés aux BLM et aux BB pour appuyer directement les dragons portés.

-La lutte antichar concerne aussi la ligne Maginot avec de vieilles pièces de marine et des canons modernes.

Canons de marine et dérivés directs

Canon de 47mm modèle 1934

Ce canon antichar est un canon utilisé sur la ligne Maginot et dérivé d’une pièce de marine. Le canon de 47mm avait été adopté en 1885, un canon qui modernisé devint le modèle 1902.

C’est ce canon qui fût installé sur la Ligne Maginot, la marine n’en ayant plus l’usage ni l’utilité. Modernisé une nouvelle fois par l’atelier de Puteaux, il devint le modèle 1934 pour équiper la ligne Maginot, le modèle 1935 équipant les tourelles de chars en attendant d’être à la base des formidables modèle 1937 et 1939.

Ce canon de 50 calibres tirait des obus de 1.67kg ou de 2kg (boulets de marine modèle 1902…..) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 56mm de blindage (les premiers Panzer III avaient 15mm de blindage) à raison de vingt coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Au total la marine à cédé à l’armée de terre 321 canons de 47mm modèle 1885 et 113 canons de 47mm modèle 1902.

Quand éclate le second conflit mondial, la majorité de ces canons ont été remplacés par des modèle 1937 et 1939, une fois les unités de combat équipées et des stocks de réserve constitués. Il n’est néanmoins pas impossible que quelques pièces modèle 1934 soient encore positionnés dans certaines secteurs de la «Muraille de France».

Canon de 65mm modèle 1902

Ce canon d’un calibre assez courant au début du siècle (c’était le calibre du canon de montagne modèle 1909) ne l’est plus quand éclate la guerre de Pologne.

La marine n’ayant plus l’usage de ce canon anti-torpilleurs, elle le cède à l’armée de terre qui va l’utiliser comme canon antichar sur les ouvrages complémentaires de la Ligne Maginot.

Ces canons installés dans des cuves étaient encore en service en septembre 1948, ce canon dont l’armée de terre récupéra 30 exemplaires étant jugé encore efficace contre les blindés allemands.

Fusils antichars

Mauser T-Gewehr

Mauser T-Gewehr

Mauser T-Gewehr

Passés les premiers moments de panique, l’armée allemande prend des parades pour contrer les tanks britanniques. Les tranchées sont élargies, les pièces d’artillerie sont amenées à proximité des tranchées et surtout, on met au point les premières armes antichars, un fusil antichar baptisé T-Gewehr.

Cette arme d’un calibre de 13mm tirait des balles perforantes qui provoquèrent des pertes chez les tanks britanniques. La France en captura un certain nombre de ces fusils qui allaient inspirer les américains dans la mise au point de la mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm (.50).

Au printemps 1940, 250 de ces fusils sont transformés par la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) en calibre 13.2mm, une mesure transitoire en attendant la livraison des fusils antichars britanniques Boys.

Ces fusils antichars sont mis en œuvre par les GRDI de métropole (six armes soit 168 fusils) comme arme antichar d’opportunité, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air récupérant chacun douze armes soit un total de 192 fusils, les autres étant stockés.

Par rapport aux fusils allemands, le Mauser T-Gewehr francisé sous le nom de fusil antichar MAS modèle 1940 dispose d’un bipied, d’un chargeur de cinq cartouches de 13.2mm et d’un frein de bouche plus aérodynamique.

Ces fusils sont ultérieurement remplacés par des fusils antichars Boys plus modernes, les MAS modèle 1940AC retirés du service sont stockés et il n’est pas impossible qu’ils soient à nouveau sortis lors de la mobilisation.

Caractéristiques Techniques du Mauser T-Gewehr et du fusil antichar MAS modèle 1940AC

Calibre : 13mm Poids : à vide 15.9kg chargé 18.5kg Longueur : 1691mm Portée effective 500m

Les fusils transformés en calibre 13.2mm ont une portée similaire mais leur poids est légèrement plus élevé avec 19kg.

Fusil antichar Boys

Fusil antichar Boys

Fusil antichar Boys

Dès le début de la guerre de Pologne, la coopération franco-britannique s’accéléra dans de nombreux domaines. La lutte antichar en faisait partie et pour faciliter l’échange d’unités, on décida l’adoption de matériels communs.

C’est ainsi que l’armée britannique reçut des canons de 25mm Hotchkiss modèle 1934 en échange de la fourniture à la France de fusils antichars Boys.

Ironie de l’histoire, ce fusil antichar avait été testé avant guerre et rejeté car jugé inférieur à la mitrailleuse de 13.2mm et à la mitrailleuse de 9mm alors en dévellopement.

Les leçons de la guerre de Pologne et notamment l’utilisation par les polonais de leur fusil antichar Wz35 de 7.92mm contre les blindés légers allemands entraina la commande d’un premier lot de 250  fusils en mars 1940 livrés à l’automne 1940.

Ces fusils sont livrés aux GRDI et à l’infanterie de l’air qui va l’utiliser parallèlement aux fusils antichars transformés par la MAS. Courant 1942, seuls les Boys restent en service.

250 exemplaires supplémentaires sont commandés au printemps 1941 pour alimenter un stock d’armes de réserve qui équipèrent les corps francs à la mobilisation, moins pour servir d’arme antichar que comme un fusil lourd pour neutraliser des avant-postes et des observatoires peu ou pas protégés.

En juin 1942, 250 exemplaires furent commandés pour équiper les escadrons de circulation routière pour leur permettre de sécuriser les carrefours contre les motocyclistes et les blindés légers des unités de reconnaissance.

A noter qu’un temps on envisagea de commander bien plus de fusils antichars Boys pour équiper chaque section d’infanterie d’un fusil mais ce projet n’alla pas plus loin que la lettre d’intention.

750 fusils antichars Boys furent donc livrés à la France avec 1.5 millions de cartouches de 13.9mm et toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du fusil antichar Boys (fusil antichar modèle 1941)

Calibre : 13.9mm Longueur de l’arme : 1.61m longueur du canon : 915mm Poids (non chargé) 16.56kg Alimentation : chargeurs de 5 cartouches Vitesse initiale du projectile : 990 m/s Performances : perce 21mm à 300m sous incidence 0°.

Fusil antichar modèle 1942

Fusil antichar Wz35

Fusil antichar Wz35

Ce fusil antichar est une version francisée du fusil antichar polonais Wz35 de 7.92mm dont un certain nombre d’exemplaires avaient été envoyés en France avec les troupes polonaises venues dans notre pays pour servir le gouvernement polonais en exil en compagnie de polonais de France mobilisés suite à un accord franco-polonais.

Ce fusil antichar est testé avec succès sur des Renault FT, des AMR-33 et 35 ainsi que quelques automitrailleuses White-TBC ce qui explique la décision d’en tirer une copie française au calibre réglementaire.

La Manufacture d’Armes de Bayonne (MAB) plus connue pour ses pistolets et ses révolvers reçu la commande d’une version de ce fusil tirant la cartouche perforante de 7.5mm modèle 1929P dont la vitesse initiale était de 1200 m/s !

Cette décision permis au gouvernement polonais en exil de toucher des royalties sur chaque fusil fabriqué, une source de revenus précieuse pour un gouvernement installé à Nantes qui était terriblement dépendant d’un stock d’or limité et surtout de l’aide du gouvernement français.
Ce fusil antichar léger fût ainsi confié aux bons soins des Sections d’Éclaireurs Skieurs (SES) des Bataillons Alpins de Forteresse et des Bataillons de Chasseurs Alpins.

Le choix de ces unités s’explique par l’utilité d’un fusil puissant pouvant tirer loin mais pesant un poids limité, en tout cas plus faible que les 17kg du fusil Boys.

Deux prototypes sont présentés aux services officiels en juin 1941, testés intensivement par la SES du 13ème BCA qui mentionne un certain nombre de défauts notamment une crosse en aluminium inadaptée, un bipied et un chargeur trop fragile.

Les modifications réalisées furent validées en décembre 1941 et le fusil est adopté officiellement le 15 février 1942 sous le nom de fusil antichar modèle 1942.

Au total ce sont vingt-trois Sections d’Éclaireurs Skieurs (SES) qui vont recevoir cette arme utilisée le plus souvent comme un fusil de précision d’une redoutable efficacité. Chaque SES dispose de trois armes soit un total de fusils commandés de soixante- neufs fusils pour équiper les unités et un nombre équivalent de fusils pour fournir un stock de réserve appréciable soit un total de 138 fusils commandés et livrés entre mai et septembre 1942.

Ces fusils étaient toujours en service en septembre 1948, permettant aux SES de mener la vie dure aux Alpini qui ne disposaient pas d’un tel matériel.

Caractéristiques techniques du fusil antichar modèle 1942

Calibre : 7.92mm Poids : 10kg chargé Longueur 1760mm longueur du canon 1200mm Cadence de tir : 8 à 10 coups/minute Portée efficace : 15mm de blindage à incidence 30° à 300m de distance  ou 33mm à 100m Alimentation : chargeur de 5 cartouches

22-Armée de terre : armement et matériel (18)

F-Artillerie antiaérienne

Préambule

Dans le domaine militaire comme dans le règne animal, chaque proie à son prédateur et l’avion devenant un prédateur pour les troupes au sol, celles-ci se devaient de réagir, étant bien décidées à ne pas être des proies sans défense.

C’est l’acte de naissance de la défense contre-avions sous la forme de RDCA (régiments de défense contre-avions) qui dépendent de l’Aéronautique Militaire, une branche de l’armée de terre qui passent sous le contrôle de l’artillerie entre avril 1923 et janvier 1924.

Les armes utilisées était la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm pour contrer les avions d’assaut allemands qui appuyèrent l’opération Michel d’avril 1918 en mitraillant les troupes au sol et comme nous sommes en France, le «75» fût le premier canon antiaérien français, sa cadence de tir elevée en faisant un canon antiaérien tout à fait correct surtout vis à vis des performances des avions de l’époque.

Durant l’entre-deux-guerre l’artillerie antiaérienne est négligée faute de budgets suffisants et faute également de volonté.

Il faut dire également qu’à l’époque, l’idée que l’aviation puisse par sa seule présence bouleversée le front est du domaine de l’irationnel, Douhet n’ayant guère fait école en France (confere la difficile gestation de l’armée de l’air et les difficultés de celle-ci de s’imposer).

Ce n’est qu’avec la guerre d’Espagne mais également la guerre de Pologne que l’armée de terre prend conscience de la nécessité de moderniser en profondeur son artillerie antiaérienne qui à désormais nettement plus de travail avec notamment la protection des DLM et des DC.

Comme ailleurs, la «Révolution villeneuvienne» est à l’oeuvre dans le domaine de la DCA. L’armée de terre se déleste de la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) confiée à l’armée de l’air pour se consacrer à la défense des unités de combat à l’aide de pièces légères de 25 et de 37mm, tractées ou automouvantes (qui ne seront pas abordées ici) destinées à repousser l’aviation d’assaut en attendant l’intervention de la chasse.

Sur le plan de l’organisation, chaque division d’infanterie (sauf les DIF et les DLI) dispose d’un bataillon antiaérien, les DIF ne disposant d’aucune unité antiaérienne, les DLI d’une compagnie. Les DC et les DLM disposent également d’un bataillon antiaérien mais également dans chaque brigade cuirassée ou légère mécanique d’un escadron antiaérien porté (qui ne seront pas étudiés ici).

A la mobilisation, des groupes antiaériens de campagne (GAAC) sont mis sur pied pour protéger les arrières des armées, huit GAAC disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

Mitrailleuses antiaériennes

Selon la directive du 27 septembre 1940 prise par le général Villeneuve, toutes les armes peuvent être utilisés dans la défense aérienne qu’il s’agisse du pistolet, du pistolet-mitrailleur ou du fusil avec naturellement une efficacité sujette à caution.

Les premières armes conçues pour la défense antiaérienne sont des mitrailleuses, mises au point à l’époque où les performances des avions sont suffisamment faibles pour qu’une arme de petit calibre puisse avoir une chance raisonnable de l’abattre. C’est du moins le cas sur le papier car dans la réalité, c’est autre chose……….. .

La première arme utilisée était la mitrailleuse Hotchkiss de 13.2mm, une arme qui comme la célèbre «Ma Deuce» américaine était issue du fusil antichar allemand Mauser Gewher T.

Cette arme fût conçue comme mitrailleuse d’infanterie mais l’infanterie la refusa en raison d’une cartouche trop lourde vue comme une menace sur les troupes au sol lors de sa retombée au sol.

Elle fût néanmoins fabriquée en série comme nous l’avons vu pour équiper certains casemates du Rhin ainsi que des véhicules légers. Elle fut également commandée par la DAT (Défense Aérienne du Territoire) qui dépendait à l’époque de l’armée de terre.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux état-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

mitrailleuse de 13.2mm mitrailleuse de 13.2mm

Caractéristiques Techniques de la Hotchkiss de 13.2mm

Calibre : 13.2mm Longueur du canon 1.67m Poids (non chargé) 37.5kg Portée : 2500m en tir horizontal 1600m en tir vertical Cadence de tir 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de 30 coups pour le modèle 1929, alimentation par bandes de 150 coups pour les mitrailleuses sur véhicule blindé

D’autres armes automatiques étaient également utilisables pour le tir antiaérien comme le fusil mitrailleur Châtellerault modèle 1924-29 ainsi que la mitrailleuse MAC-34 de 7.5mm, tous les véhicules blindés recevant une mitrailleuse sur le toit de la tourelle pour leur offrir une défense antiaérienne à minima.

Mitrailleuse antiaérienne de 20mm Oerlikon modèle 1939

Suite aux retards dans le programme de la mitrailleuse MAC-37 de 9mm _finalement abandonné_, la France passa commande en décembre 1939 de 1253 mitrailleuses antiaériennes de 20mm livrées en janvier 1940 et septembre 1941 à la Défense Aérienne du Territoire, l’armée de terre ayant changé d’idée sur l’équipement de ces unités. Sur les 1253 armes commandées, seules 900 furent mises en ligne, les autres étant stockées.
Caractéristiques Techniques de la mitrailleuse antiaérienne de 20mm Oerlikon modèle 1939

Calibre : 20mm Longueur hors tout : 2.21m Poids de l’arme : 300kg Pointage en site : -10° à +75° Pointage en azimut : 360° Alimentation : boitiers-chargeurs de 20 cartouches Cadence de tir pratique : 280 coups/minute

Canon antiaériens de 25mm Hotchkiss modèle 1940

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 sur affût marine

Préambule

Durant le premier conflit mondial, l’armée française avait utilisé comme armes antiaériennes, la mitrailleuse et l’universel canon de 75mm qui était décidément une arme pleine de ressources.

Durant l’entre-deux-guerre, la défense antiaérienne n’était guère une priorité et les régiments antiaériens utilisaient le canon de 75mm alors que ces performances contre les avions rapides pouvaient laisser à désirer.

Des canons antiaériens légers existaient pourtant comme le 25mm de la maison Hotchkiss mais l’armée de terre préféra dans un premier temps le canon de 37mm de la firme Schneider.

Ce dernier nécessitant une mise au point plus longue que prévue, l’armée de terre décida de commander le canon de la firme Hotchkiss qui produisait déjà une arme de même calibre mais pour la lutte antichar, une arme utilisant un projectile différent.

Adopté sous le nom de canon CA (Contre Avions) modèle 1940, il allait être utilisé massivement par l’armée de terre qui fût l’une des premières servies bien qu’elle soit la troisième à avoir choisit après l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et la marine pour renforcer sa défense aérienne à la mer.

Il équipait en septembre 1939 des batteries autonomes de douze canons de 25mm, batteries distribuées en priorité aux DLM.

Suite à la «révolution villeneuvienne», la défense antiaérienne des unités de campagne va être nettement plus musclée avec pour les divisions d’infanterie, les divisions cuirassées et les divisions légères mécaniques un bataillon antiaérien avec un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes.

Si les DLM et les DC sont équipés de bataillons entièrement mécanisés, les DI qu’elles soient motorisés ou du type Nord-Est sont équipés d’une batterie motorisée et de trois batteries équipées de pièces tractées, à traction motorisée ou hippomobile puis entièrement motorisée.

Les DLI, les DIA et les DM disposent d’une simple compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors-rang et deux batteries de six canons de 25mm.

Les DLM et les DC sont également équipés d’escadrons antiaériens portés destinés à protéger les chars de l’aviation ennemie, des canons antiaériens de 25mm (ou de 37mm voir ci-après) montés soit sur des véhicules à roues tout terrain Laffly W15 ou sur des chassis chenillés identiques aux VBCP (Véhicules Blindés de Chasseurs Portés) soit le Lorraine 39L ou le Renault DAJ-1/VBCP-40.

Pour faciliter les livraisons, des commandes réduites mais régulières sont passées ce qui permettait au constructeur de mieux organiser la production.
Unités équipées

La priorité est naturellement donnée à la pointe de diamant de l’armée de terre, les DLM et les DC au nombre de huit courant 1941. Chacune de ces divisions «blindées mécanisées» dispose donc d’un bataillon antiaérien organisé en un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes dont trois équipées de canons d 25mm.

La 1ère batterie est équipée de douze canons de 25mm en six affûts doubles montés sur des véhicules tout-chemin alors que les 2ème et 3ème batteries sont équipés chacune de quatre véhicules chenillés munis d’un affût double soit au total 28 canons antiaériens de 25mm par bataillon antiaérien soit courant 1941 un total de 224 canons en ligne.

Suite à cet équipement, les DI et les DIM reçoivent enfin leurs canons pour s’équiper d’une DCA convenable.

Les sept DIM sont servies en priorité, les divisions d’infanterie disposant de douze canons portés en six affûts doubles (1ère batterie) et de deux batteries équipées chacune de douze canons de 25mm remorqués (2ème et 3ème batteries) soit un total de 36 canons ce qui donne pour les dix-sept divisions un total de six cent douze pièces.

La création des 5ème et 6ème DLM _la première par transformation d’une Division de Cavalerie et la deuxième par une création ex-nihilo_ permet la création de deux nouveaux bataillons antiaériens qui eux aussi disposent de vingt-huit canons antiaériens soit un total de 56 pièces.

C’est ensuite autour des trois Divisions d’Infanterie Alpine (DIAlp) de recevoir un bataillon antiaérien aussi fournit que les DI type Nord-Est et les DIM ce qui nécessita la livraison de 84 canons de 25mm supplémentaires, portant le total à 976 canons de 25mm en service.

Ce sont ensuite les quatre Divisions d’Infanterie Coloniale et les quatre Divisions d’Infanterie Nord-Africaine qui reçoivent leur bataillon antiaérien et leurs trente-six canons soit un total de 288 canons.

Comme nous l’avons vu la création de la 6ème DLM avait entraine la réorganisation sur ce modèle des cinq premières DLM avec l’activation de deux escadrons antiaériens portés intégrés aux BLM, les Divisions Cuirassés suivant le même processus avec un escadron antiaérien porté dans chacune des Brigades Blindées soit un total avant septembre 1947 de vingt escadrons antiaériens portés

Chaque escadron antiaérien porté disposant de vingt-quatre bitubes de 25mm, cela nécessite la commande de 960 canons ou plutôt de 480 affûts doubles montés soit un véhicules à roues (DLM) ou un véhicule chenillé (DC).

Au printemps 1947, ce sont donc pas moins de 2224 canons antiaériens de 25mm qui sont en service, un chiffre plus que respectable alors que les livraisons ont démarré il y à peine six ans soit environ trois cents pièces livrées par an.

Cela peut paraître peu mais il ne faut pas oublier que parallèlement ce canon à été livré à l’armée de l’air, à la marine ainsi qu’à des clients étrangers (Belgique, Pays Bas et Norvège notamment).

A cette date, les DIA et les DM commencent à recevoir leurs canons tout comme les DLI. Ces divisions disposent d’une simple compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors-rang et deux batteries de six canons de 25mm.

Les deux Divisions Marocaines et les huit Divisions d’Infanterie d’Afrique reçoivent en priorité ce canon antiaérien soit un total de 120 canons qui sont livrés entre mai et juillet 1947.

Les douze DLI suivent ensuite au détriment même des deux divisions cuirassées et des deux divisions légères mécaniques créées en septembre 1947. Bien entendu la situation aurait été différente si la guerre avait éclaté en septembre 1947 mais comme elle n’éclata qu’un an plus tard… .

Les DLI ont donc reçut un total de cent quarante-quatre canons de 25mm portant le total à 2488 pièces et ce n’était pas finit puisqu’il fallait équiper les bataillons antiaériens et les escadrons antiaériens portés de la 5ème Division Cuirassée, de la 6ème Division Cuirassée, de la 7ème Division Légère Mécanique et de la 8ème Division Légère Mécanique. Il fallait aussi équiper d’une batterie antiaérienne la 1ère et la 2ème DLC soit douze canons chacune.

Cela nécessitait pas moins de soixante-seize canons par division (plus vingt quatre pour les DLC) soit un total de trois centre-quatre pièces portant le total avant mobilisation à 2816 canons antiaériens de 25mm.

La production ne cessa pas pour autant car il fallait constituer des parcs de réserve _longtemps négligés pour équiper en priorité les unités en ligne_ et prévoir pour la mobilisation de quoi équiper les divisions d’infanterie de mobilisation, division devant recevoir dans un premier temps une compagnie antiaérienne en attendant mieux mais ceci est une autre histoire.

Caractéristiques Techniques du canon Hotchkiss modèle 1940

Calibre : 25mm Longueur du canon : 1.50m Poids en batterie : 850kg Poids du projectile : 0.290kgPortée maximale théorique 7500m (pratique : 3000m) Cadence de tir : 350 coups/minute Alimentation : boitiers-chargeurs de quinze coups.

Canons antiaériens de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, le canon de 25mm proposé par la firme Hotchkiss avait été rejeté par l’armée de terre au profit d’un canon de 37mm proposé par la firme Schneider. Comme nombre de projets d’avant la guerre de Pologne, le dévellopement prit énormément de retard et n’était pas encore en service en septembre 1939.

En dépit des difficultés, le dévellopement du canon fût mené à bien, canon officiellement adopté en mars 1941 sous le nom de canon CA modèle 1941.

Comme pour son petit frère Hotchkiss, le canon de la firme Schneider fût sélectionné par l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et par la marine nationale qui lassée d’attendre l’ACAD modèle 1935 décida de presser les choses en adoptant un canon complémentaire qui avait l’avantage d’être disponible rapidement et pouvant être embarqué sur les navires en affûts simples, doubles ou quadruples.

Au sein de l’armée de terre, ce canon équipait les bataillons antiaériens à raison d’une batterie de douze canons en six affûts doubles montés sur camions tout-terrain soit un total de trente-quatre batterie de douze canons soit un total de 408 canons montés en 204 affûts doubles.

Ces canons vont également équiper les Groupes Antiaériens de Campagne (GAAC). Mis sur pied à la mobilisation, ils sont chargés de protéger les arrières des armées.

Huit GAAC sont mis sur pied avec un état-major, une batterie hors rang et quatre batteries de tir dont deux équipées chacune de douze canons de 37mm remorqués par des véhicules tout-terrain Laffly, des essais de transport et de tir porté ayant eut lieu avec succès au moment de la mobilisation.

Au final donc, on trouve 600 canons en ligne, d’autres étant produits pour équiper les unités de mobilisation et pour pouvoir avoir une réserve mobilisable en cas de besoin.

Caractéristiques Techniques du Schneider modèle 1941

Calibre : 37mm Longueur du canon : 2.220m Poids en batterie 1340kg Portée maximale théorique 6800m (pratique 3000m) Cadence de tir théorique : 150 coups/minute Pointage : en azimut sur 360° et en site de -10° à +90° Alimentation : lame-chargeurs de 25 cartouches

Canon de 40mm Bofors

En 1938, manquant de matériel antiaérien, la France passe commande de 21 canons Bofors de 40mm adoptés sous le nom de matériels de 40 CA modèle 1938.

Avec quatre canons récupérés auprès de l’armée républicaine espagnole, cinq batteries de cinq pièces furent mises sur pied, l’activation d’une sixième batteries réduisant le parc à quatre pièces par batteries sauf une équipée de cinq canons.

La livraison d’autres canons fabriqués en France et baptisés (matériels de 40 CA modèle 1940) permis au total de mettre sur pied huit batteries de six pièces soit un total de 48 canons en ligne et de 36 en réserve.

Ces batteries affectées à la Défense Aérienne du Territoire (DAT) pour six d’entre-elles à Paris, un sur le port des pétroles à Rouen et un pour la région du Creusot.

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948 et leur action est renforcée par les mitrailleuses de 20mm modèle 1939 fournis par Oerlikon.

Caractéristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg Longueur du projectile : 21.9cm Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde) Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

21-Armée de terre (75)

Les unités du génie

Si les unités d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie sont plus connues du grand public, il ne faut pas laisser dans l’ombre le génie. Véritables serviteurs de l’ombre, ils permettent aux autres armes de briller, les sapeurs-mineurs se chargeant de préparer le terrain, de déminer les champs de mines, les pontonniers _ayant longtemps appartenu à l’arme de l’artillerie_ permettent aux chars et à l’infanterie de franchir les coupures humides.

On trouve des unités intégrées aux divisions de combat mais également des régiments du génie non endivisionnés.

Au sein des Divisions d’Infanterie et des Divisions Mécaniques (DLM et DCr), on trouvait en 1939, une compagnie de pionniers, une compagnie de sapeurs mineurs sans oublier des éléments intégrés aux régiments d’infanterie.

Entre 1944 et 1947, ces deux compagnies ainsi que la compagnie radio et la compagnie télégraphiste (ou une compagnie mixte) forment un bataillon du génie. A noter que les DC et les DLM ont un bataillon du génie organisé différement avec trois compagnies de sapeurs-mineurs et une compagnie d’équipages de pont.

Les numéros 1 à 8 sont attribués aux DLM, les numéros 9 à 14 aux Divisions Cuirassées, les numéros 15 à 22 sont ceux des bataillons du génie des DIM, de 23 à 31 on trouve les bataillons du génie des DI type Nord-Est, les bataillons 32 à 34 sont ceux des Divisions d’Infanterie Alpine.

Les quatre Divisions d’Infanterie Coloniale ont des bataillons numérotés 35 à 38, les Divisions d’Infanterie Nord-Africaine ont des bataillons numérotés 39 à 42, les deux Divisions Marocaines ont les 43ème et 44ème BG.

Enfin, on trouve de 45 à 52, les bataillons du génie des Divisions d’Infanterie d’Afrique puis de 53 à 65, les bataillons du génie des Divisions Légères d’Infanterie.

Pour ce qui est des régiments du génie, on trouve deux brigades et des régiments rattachés à la Réserve Générale.

-La Brigade des chemins de fer de Versailles dispose du 5ème régiment de sapeurs de chemin de fer de Versailles et le 15ème régiment de sapeurs de chemin de fer de Toul.

-La Brigade des télégraphistes de Paris dispose du 8ème régiment de sapeurs-télégraphistes à Versailles, le 18ème à Nancy, le 28ème à Montpellier et le 38ème à Montargis.

On trouve également sept régiments de réserve générale, des régiments de sapeurs-mineurs, le 1er stationné à Strasbourg, le 2ème à Metz, le 3ème à Arras, le 4ème à Grenoble, le 6ème à Angers, le 7ème à Avignon et le 10ème à Besançon.

La construction de la ligne Maginot entraina des investissements gigantesques en termes techniques, humains et logistiques. Le génie prit naturellement toute sa part puisque c’est cette arme qui assura la planification de la construction : études sur le terrain pour affiner le tracé, conception des ouvrages……. . De grands officiers comme les généraux Filloneau et Belhague ou le colonel Chauvineau participèrent aux débats qui agitèrent le microcosme militaire français à l’époque.

Trois organismes participent ainsi à la planification des travaux : la Section Technique du Génie (STG), l’ITTF (Inspection technique des travaux de fortification) ou encore le SMF (Service des matériels de fortifications). Sur le plan local, des directions de travaux et des chefferies sont mises en place pour relayer l’action de la CORF.

En 1932, au plus fort des chantiers de la «muraille de France», ce sont 220 officiers de génie qui travaillent de près ou de loin, sur la ligne Maginot sur un effectif total de 2087 officiers de l’autre arme savante soit près de 11% des officiers du génie que compte l’armée française.

L’année suivante, en 1933, les structures opérationnelles rendues nécessaires par l’armement des ouvrages nécessite une adaptation des structures du génie. Des compagnies de région fortifiée sont créées au sein des 1er, 2ème, 4ème régiments de sapeurs-mineurs, au 15ème  régiment de sapeurs de chemin de fer, aux 18ème et 28ème régiments de sapeurs-télégraphistes

A la mobilisation de septembre 1939, le 1er, le 2ème, le 3ème et le 10ème régiment du génie sont dissous pour former des bataillons de sapeurs mineurs appelés bataillons de génie de forteresse numérotés dans les séries 100 et 200. On trouve également des bataillons de sapeurs mineurs :

-Le Secteur Fortifié des Flandres (SFF) dispose du 174ème bataillon de sapeurs-mineurs

-Le Secteur Fortifié de l’Escaut dispose également de la 1ère compagnie du 212ème bataillon de sapeurs-mineurs

-Le Secteur Fortifié de Maubeuge dispose du 226ème bataillon du génie de forteresse

-Le Secteur Défensif des Ardennes/102ème DIF dispose du 227ème bataillon du génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Montmédy dispose du 211ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Crusnes/42ème Corps d’Armée de Forteresse dispose du 142ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Thionville dispose du 203ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Boulay dispose du 202ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Faulquemont dispose du 201ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de la Sarre dispose du 208ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Rorbach dispose du 207ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié des Vosges/43ème Corps d’Armée de Forteresse dispose du 143ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Haguenau dispose du 206ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié du Bas-Rhin/103ème DIF dispose du 228ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Colmar/104ème DIF dispose de la 1ère compagnie du 229ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié de Mulhouse/105ème DIF dispose de la 1ère compagnie du 230ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortfifié d’Altkirch dispose du 205ème bataillon du génie de forteresse

-Le 45ème Corps d’Armée de Forteresse (45ème CAF) dispose de la 1ère compagnie du 145ème bataillon du génie de forteresse.

-Le Secteur Fortifié du Jura dispose du 213ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Défensif du Rhône dispose de deux sections du génie

-Le Secteur Fortifié de Savoie dispose du 214ème bataillon de sapeurs mineurs

-Le Secteur Fortifié du Dauphiné dispose du  216ème bataillon de génie de forteresse

-Le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes dispose du 251ème bataillon de génie de forteresse

-La Corse dispose de la 16ème compagnie mixte du 7ème régiment du génie

Suite à la démobilisation, les bataillons du génie sont maintenus dans les différents secteurs, devenant tous des Bataillons de Génie de Forteresse. Ces bataillons sont organisés en un état-major, une compagnie hors-rang, deux compagnies de sapeurs-mineurs, une compagnie de sapeurs-électromécaniciens et une compagnie mixte de transmissions.

21-Armée de terre (74)

Les escadrons antichars portés (EAP)/les batteries divisionnaires antichars (BDAC)

Toute l’histoire militaire est une course perpétuelle entre le boulet et la cuirasse, entre l’attaquant et le défenseur. Dès qu’une nouvelle arme apparaît, une autre arme est mise au point pour s’y opposer.

C’est ainsi qu’au char, on ne tarda pas à opposer une arme antichar. Ce fût le fait des allemands, les premiers confrontés à ce char, les chars allemands étant peu efficients, une leçon qui sera retenue vingt-ans plus tard au détriment de la malheureuse Pologne.

Outre l’élargissement des tranchées et l’installation de pièces de campagne au plus près des premières lignes, les soldats allemands reçurent le Gewehr T, un fusil tirant une balle perforante de 13mm, suffisante pour pénétrer l’épaisse cuirassé des chars Mark.

Dans l’immédiat après guerre, le dévellopement des armes antichars continua. Si certains pays persévèrent dans le domaine du fusil  antichar, la plupart dévellopèrent des canons antichars, de taille modeste d’un calibre allant de 25 à 47mm, le but étant d’équiper l’infanterie pour lui permettre de se protéger des chars ennemis en l’absence de chars pour repousser les mastodontes ennemis. Il fallait donc une arme compacte pour faciliter son déplacement, sa mise en oeuvre et son camouflage.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Quand éclata la guerre de Pologne, la France n’était pas le pays le plus mal loti en matière de lutte antichar, disposant de canons de 25 et de 47mm sans parler que le canon de 75mm modèle 1939 appelé à remplacer le vénérable modèle 1897 était tout azimut ou TAZ, un atout indéniable dans la lutte antichar.

Sur le plan de l’organisation, il était prévu que chaque division dispose d’une batterie divisionnaire antichar (BDAC) équipée de douze canons de 47mm tandis que les unités d’infanterie devaient également disposer au niveau régimentaire de canons de 25mm, le RI type Nord-Est devant disposer de deux canons de 25mm au sein de la section d’engins de la compagnie d’accompagnement comprise dans chaque bataillon d’infanterie, le régiment disposant de six canons de 25mm au sein de la Compagnie Régimentaire d’Engin.

Canon de 25mm Hotchkiss

Canon de 25mm Hotchkiss

Comme partout la «révolution villeneuvienne» impacta les structures à défaut de l’équipement même si le canon de 25mm fût progressivement retiré du service des unités antichars des unités appelées à combattre des unités allemandes.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, la lutte antichar est structurée de la façon suivante :

-Les divisions d’infanterie disposent toutes d’une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm, des BDAC numérotés dans la série 600 et suivants (il porte le numéro de leur division, exemple la 25ème DIM dispose de la 625ème BDAC).

-Les régiments d’infanterie dispose toujours de deux canons antichars dans la section d’engins de la compagnie d’accompagnement de chaque bataillon et dans la compagnie régimentaire d’engins. Si dans les DIAlp et les divisions d’infanterie déployées dans l’Empire, on trouve toujours des canons de 25mm, toutes les divisions de métropole les ont remplacés par des canons de 47mm.

-En ce qui concerne l’artillerie, la mise en place de régiments antichars indépendants est prévue à la mobilisation à l’aide de matériel stocké pour cet usage.

-Pour l’arme blindée cavalerie, les DLM et les DC disposent d’escadrons antichars portés intégrés aux BLM et aux BB pour appuyer directement les dragons portés.

L’escadron antichar porté est destiné à fournir une défense antichar aux dragons portés lors des phases défensives et l’absence de chars à proximité. Si les escadrons antichars portés des DLM sont équipés de véhicules à roues Laffly W 15 TCC, les DC sont équipés de véhicules chenillés, des Lorraine 39L ou des Renault VBCP40, ces trois véhicules disposant d’un canon de 47mm SA37, SA 39 ou SA 41.

L’escadron antichar porté des DC est organisé en un peloton de commandement (un véhicule de commandement type Lorraine ou Renault accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes), trois pelotons de quatre véhicules avec un canon antichar de 47mm tirant vers l’arrière soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois  véhicules chenillés ou à roues transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes).
L’escadron antichar porté des DC dispose donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes.

L’escadron antichar porté des DLM est organisé en un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 9 hommes), trois pelotons de quatre Laffly W15 TCC avec un canon antichar de 47mm tirant en chasse soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Laffly S20T transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté des DLM dispose donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes

Les escadrons antichars portés des DLM portent les numéros 1 à 16, la 1ère DLM disposant des 1er et 2ème escadrons antichars portés, la 2ème DLM des 3ème et 4ème escadrons antichars portés, la 3ème DLM des 5ème et 6ème escadrons, la 4ème DLM des 7ème et 8ème escadrons, la 5ème DLM des 9ème et 10ème, la 6ème DLM du 11ème et du 12ème, la 7ème DLM du 13ème et du 14ème  et la 8ème DLM des 15ème et 16ème escadrons antichars portés.

Les escadrons antichars portés des DC portent les numéros 17 à 28, la 1ère DC disposant des 17ème et 19ème escadrons équipés de Lorraine 39L, la 2ème DC dispose des 18ème et 20ème escadrons équipés de Renault VBCP40 (appelés également Renault DAJ 1), la 3ème DC dispose des 21ème et 23ème escadrons équipés de Lorraine 39L, la 4ème DC dispose des 22ème et 24ème escadrons équipés de Renault VBCP40, la 5ème DC dispose des 25ème et 27ème escadrons équipés de Lorraine 39L alors que la 6ème DC dispose des 26ème et 28ème escadrons équipés de Renault VBCP 40/DAJ 1.

Les escadrons antiaériens portés

Comme nous l’avons vu plus haut, la défense antiaérienne de l’armée de terre à connu sous l’impulsion du général Villeneuve, un véritable bouleversement organisationnel lié en partie avec le dévellopement des unités mécanisées (2 DLM en septembre 1939, 8 DLM, 6 DC  en septembre 1948) nécessitant une DCA nettement plus musclée.

Les DLM et les DC qui ne disposaient que d’une simple batterie antiaérienne de 25mm vont disposer au final de deux escadrons antiaériens portés, portant les mêmes numéros que les escadrons antichars portés. Leur organisation est d’ailleurs similaire :

L’escadron antiaérien porté type DLM dispose d’un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Laffly W15 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté type DC dispose d’un peloton de commandement (un Lorraine 39L ou un Renault DAJ-1 accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Lorraine 39L ou Renault DAJ-1 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs type Lorraine 39L ou Renault DAJ-1 (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

21-Armée de terre (64)

Les régiments d’artillerie de montagne (RAM)

Comme leur nom l’indique, ces régiments sont destinés à combattre en montagne et sont donc armés de pièces légères plus maniables que les pièces de campagne classique même si les montagnes françaises sont en 1939, bien desservies par les routes.

En septembre 1939, il existe seulement deux régiments d’artillerie de montagne alors que l’armée française dispose de trois Divisions d’Infanterie Alpine (DIAlp).

Le 93ème régiment d’artillerie de montagne (93ème RAM) est le régiment d’artillerie de la 27ème Division d’Infanterie Alpine de Grenoble

Le 94ème régiment d’artillerie de montagne (94ème RAM) est le régiment d’artillerie de la 29ème Division d’Infanterie Alpine de Nice.

La 31ème Division d’Infanterie Alpine de……Montpelier dispose elle d’un régiment d’artillerie divisionnaire, le 56ème RAD.

Les deux régiments d’artillerie de montagne sont organisés en un état-major, une batterie hors-rang, deux groupes légers à deux batteries de 75mm (équipés de canons Schneider modèle 1928) et d’un groupe lourd à deux batteries de 155mm (Schneider modèle 1917).

Le 56ème régiment d’artillerie divisionnaire est organisé comme tous les RAD mais l’un de ces trois groupes de 75mm est identique à un groupe léger d’un RAM.

La mobilisation de septembre 1939 entraine la création de nouveaux régiments d’artillerie de montagne en l’occurence le 92ème Régiment d’Artillerie de Montagne stationné en Corse et regroupement d’unités d’artillerie existantes sur l’île de beauté et le 96ème RAM intégré à la 65ème DI déployé dans la région de Nice.

A noter qu’un RAD peut être assimilé temporairement à un régiment d’artillerie de montagne, le 58ème RAD mis sur pied pour intégrer la 27ème DIAlp en remplacement du 93ème RAM transféré à la 64ème DI.

Suite à la démobilisation, le 93ème RAM retourne à sa division d’origine et si le 92ème RAM est préservé, le 96ème RAM est dissous.

Les régiments d’artillerie de montagne (RAM) étaient donc en septembre 1939 organisés en trois groupes, deux groupes à deux batteries de 75mm et un groupe à deux batteries de 155mm. Réorganisés entre 1943 et 1945, les RAM sont organisés en trois groupes à deux batteries de 75mm et un groupe à trois batteries de 105mm, ces régiments ne devant pas se dédoubler en mobilisation.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, deux divisions mobilisées durant la guerre de Pologne, les 28ème et 30ème DIAlp sont remises sur pied avec non pas des bataillons de chasseurs alpins mais des régiments d’infanterie alpine.

Qui dit division dit également régiment d’artillerie. Le 94ème RAM est réactivé pour assurer les feux de la 28ème DIAlp et le 95ème RAM pour la 30ème DIAlp.

Cela porte le nombre de régiments d’artillerie de montagne à cinq. Tous sont organisés de la même façon sauf le 92ème RAM nettement plus musclé puisqu’il dispose de quatre groupes, deux groupes de 75mm (1er à Bastia et 2ème à Bonifaccio) et deux équipés de canons de 155C (3ème à Ajaccio et 4ème à Porto-Vecchio).

Les régiments d’artillerie autoportée (RAAP)

Ces régiments sont une création de l’armée villeneuvienne bien qu’il exista en 1939 des pièces automotrices de 194mm mais à l’utilisation plus stratégique que tactique.

Dès la création des Divisions Cuirassés se pose la question de l’appui-feu des chars bien plus mobiles et bien plus rapides que l’infanterie marchant au pas dans un terrain bouleversé par les obus comme ce fût le cas durant le premier conflit mondial.

L’idée de pièces automotrices émerge donc quasi-immédiatement dans les discussions concernant les «divisions à base de chars». Reste à se mettre d’accord sur le type de pièce et le chassis à utiliser.

Dans un premier temps est envisagé l’utilisation du chassis Lorraine 39L ou le chassis du Somua S-35 avec l’obusier de 105C modèle 1935B, déjà utilisé par les RATTT des DLM et des DC en version tractée. Au final, c’est le chassis du Renault R-40 qui est choisit.

Un temps, il fût envisagé d’équiper les RATTT des DC et des DLM mais au final seuls les régiments d’artillerie des Divisions Cuirassées reçurent ce canon automoteur ce qui entraina un changement dans la désignation, des RATTT ces régiments devinrent des RAAP ou Régiments d’Artillerie AutoPortée (RAAP).

Le 305ème RATTT (1ère DC) devient RAAP en mars 1944, le 309ème RATTT (2ème DC) devient RAAP en septembre 1944, le 319ème RATTT (3ème DC) devient RAAP en mars 1945 et le 322ème RATTT (4ème DC) devient RAAP en septembre 1945.

Les 339ème (5ème DC) et 349ème (6ème DC) RAAP sont créés sous cette forme pour assurer l’appui-feu des deux dernières Divisions Cuirassées créées avant guerre.

Ces régiments d’un nouveau type sont organisés de la façon suivante :

Ce régiment est organisé en un état-major, une batterie hors-rang, trois groupes de quatre batteries de quatre pièces automotrices.
-Etat-major et une batterie hors-rang avec 140 hommes et 32 véhicules
-Trois groupes de tir avec un état-major, quatre batteries de tir et une colonne de ravitaillement.

-Etat-major avec 95 hommes et 31 véhicules de différents types

-Quatre batteries de quatre pièces automotrices

Chaque batterie dispose donc de quatre automoteurs de 105mm, combinant le chassis du Renault R-40 avec une superstructure supportant un obusier de 105C modèle 1935B, ses munitions et les servants, automoteur connu sous le nom de R 40 Au 105 B.
Cet automoteur à triomphé de deux projets concurrents utilisant le même obusier, un projet Lorraine et un projet Somua, le premier montant l’obusier sur le chassis Lorraine modèle 1939 et le second sur le chassis du Somua S-35.

Les automoteurs sont accompagnés par tout un environnement avec un Lorraine 39L pour le commandant de la batterie, deux Lorraine 39L d’observation d’artillerie, deux Lorraine 37L ravitailleur d’artillerie, un tracteur de dépannage.

-Une colonne de ravitaillement avec 139 hommes et 50 véhicules de type divers dont une vingtaine de camions.

-En temps de guerre, il est prévu qu’un détachement de DCA soit affecté au régiment pour assurer sa protection notamment lors des déplacements sur route et sur terrain libre, détachement armé de six à huit pièces de 25mm.

21-Armée de terre (59)

Les différentes type de régiments et d’unités d’artillerie

Les régiments d’artillerie divisionnaire (RAD)

Ce sont les régiments les plus «connus» des régiments d’artillerie car intégrés aux dix divisions d’infanterie type Nord-Est et aux sept divisions d’infanterie motorisées, nombre qui passe respectivement à neuf et huit, la 11ème DI de Nancy devenant une D.I.M.

L’organisation et l’équipement d’un RAD quelque soit son type est identique qu’il soit hippomobile pour les Divisions type Nord-Est ou automobile pour les D.I.M.

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Cinq puis six groupes de tir

Le régiment type 1939 disposait de trois groupes de 75mm et de deux groupes de 155mm ou d’un groupe de 105 et d’un de 155mm, groupes formant ensuite un RAD et un RALD, chaque groupe disposant d’un état-major, d’une colonne de ravitaillement et de trois batteries à quatre pièces.

Le régiment type 1944 dispose lui de trois groupes de 75mm soit 36 pièces, de deux groupes de 105mm soit 24 pièces et un groupe de 155mm soit 12 pièces, le total de canons par RAD atteignant le chiffre appréciable de 72 canons et obusiers.

En août 1948 quand la France entame les prémices de la mobilisation générale (officiellement déclenchée le 5 septembre 1948 à 13.00 heure, heure de Paris), les régiments d’artillerie divisionnaire sont au nombre de dix-huit, dix type hippomobile (neuf DI et une DIAlp) et sept type motorisé (D.I.M) :

-Le 1er Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Auxonne est intégré à la 15ème DIM

-Le 4ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Colmar est intégré à la 14ème DI

-Le 8ème  Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Nancy est intégré à la 11ème DIM

-Le 10ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  de Rennes est intégré à la 19ème DI

-Le 11ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire du Vernon est intégré à la  5ème DIM

-Le 12ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Haguenau est intégré à la 43ème DI.

-Le 15ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Douai est intégré à la 1ère DIM

-Le 16ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Clermont-Ferrand est intégré à la 25ème DIM

-Le 24ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Tarbes est intégré à la 36ème DI

-Le 25ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Châlons-sur-Marne est intégré à la 12ème DIM

-Le 28ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Chaumont est intégré à la 13ème DI
-Le 30ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Orléans est intégré à la 9ème DIM

-Le 32ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  de Paris est intégré à la 10ème DI

-Le 35ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  d’Issoire est intégré à la 21ème DI

-Le 41ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Angoulême est intégré à la 23ème DI

-Le 42ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de La Fère est intégré à la 3ème DIM

-Le 56ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Montpelier est le régiment d’artillerie de la 31ème DIAlp

-Le 61ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Metz est intégré à la 42ème DI

Dès que la mobilisation est entamée et à l’aide des centres mobilisateurs, les RAD du temps de pais se dédoublent, formant un RAD de guerre qui conserve le numéro du RAD du temps de paix avec trois groupes de 75mm et prend sous son aile une batterie antichar indépendante à 12 canons de 47mm (modèle 1937 ou modèle 1939) affecté à chaque division.

Les deux groupes de 105mm (équipés soit d’obusiers Schneider 105C modèle 1934S ou le Bourges 105C modèle 1935B) et le groupe de 155mm (équipé de canons Schneider 155C modèle 1946S) forment un RALD qui prend le numéro du corps d’origine augmenté de 200 (voir ci-après).

D’autres régiments d’artillerie divisionnaire sont mis sur pied par les Centres Mobilisateurs d’Artillerie pour armer les divisions de série A et les divisions de série B avec généralement du matériel ancien (canons de 75mm modèle 1897 et canons de 155mm Schneider modèle 1917 notamment).

Durant la guerre de Pologne, un total de cinquante et un régiments d’artillerie divisionnaire avaient été mis sur pied (dix-huit d’active et trente-trois de réserve). Quand éclate le second conflit mondial, le nombre est réduit à quarante-quatre (dix-huit d’active existant en juillet 1943 et vingt-six de réserve).

Cette situation s’explique par le nombre de DI plus réduit mobilisées en août 1948, le grand nombre d’unités de l’armée blindée-cavalerie avait réduit la ressource humaine disponible.

A l’issue de la mobilisation, quarante-trois régiments d’artillerie divisionnaire à trois groupes de 75mm et une batterie antichar de 47mm sont sur pieds : (NdA : en bleu, les régiments de mobilisation)

-Le 1er Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Auxonne est le RA de la 15ème DIM

-Le 3ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 16 de Montpelier et rattaché à la 32ème DI

-Le 4ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Colmar est intégré à la 14ème DI

-Le 5ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 27 de Chaumont est rattaché à la 47ème DI

-Le 7ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 24 de Rennes est rattaché à la 20ème DI.

-Le 8ème  Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Nancy est intégré à la 11ème DIM

-Le 9ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 16 de Castres et affecté à la 66ème DI.

-Le 10ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  de Rennes est intégré à la 19ème DI

-Le 11ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire du Vernon est le RA de la 5ème DIM

-Le 12ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Haguenau est intégré à la 43ème DI.

-Le 13ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 21 de Paris et affecté à la 41ème DI

-Le 14ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 38 de Rochefort et affecté à la 35ème DI.

-Le 15ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Douai est le RA de la 1ère DIM

-Le 16ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Clermont-Ferrand est le RA de la 25ème DIM

-Le 18ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 11 de Vannes et affecté à la 22ème DI.

-Le 19ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 9 de Poitiers et affecté à la 18ème DI.

-Le 21ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied en août 1939 et affecté à la 24ème DI.

-Le 22ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 3 de Caen et affecté à la 53ème DI.

-Le 24ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Tarbes est intégré à la 36ème DI

-Le 25ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Châlons-sur-Marne de la 12ème DIM

-Le 26ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 26 de Châlons sur Marne et affecté à la 56ème DI

-Le 27ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 1 de Douai et affecté à la 57ème DI

-Le 28ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Chaumont est intégré à la 13ème DI

-Le 29ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 2 de Sedan et affecté à la 4ème DI.

-Le 30ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Orléans est le RA de la 9ème DIM

-Le 31ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 2 de Sedan et affecté à la 7ème DI.

-Le 32ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  de Paris est intégré à la 10ème DI

-Le 34ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 23 de Rouen et affecté à la 2ème DI.

-Le 35ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire  d’Issoire est intégré à la 21ème DI

-Le 36ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 13 d’Issoire et affecté à la 26ème DI

-Le 37ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 8 de Dijon et affecté à la 16ème DI

-Le 38ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire (RAD) est mis sur pied à partir du CMA 21 de Paris et affecté à la 71ème DI.

-Le 41ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire d’Angoulême est intégré à la 23ème DI

-Le 42ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de La Fère est le RA de la 3ème DIM

-Le 43ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 3 de Caen et affecté à la 6ème DI.

-Le 44ème Régiment d’Artillerie  Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 4 du Mans et affecté à la 54ème DI.

-Le 45ème Régiment d’Artillerie  Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 5 d’Orleans et affecté à la 55ème DI.

-Le 47ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 7 de Besançon et rattaché à la 57ème DI.

-Le 48ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 8 de Dijon et rattaché à la 58ème DI.

-Le 50ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 24 de Rennes et rattaché à la 60ème DI.

-Le 51ème  Régiment d’Artillerie  Divisionnaire est mis sur pied à partir du CMA 11 de Vannes et rattaché à la 61ème DI

-Le 56ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Montpelier est le régiment d’artillerie de la 31ème DIAlp

-Le 61ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire de Metz est intégré à la 42ème DI

-Le 89ème Régiment d’Artillerie Divisionnaire (89ème RAD) est intégré à la 68ème DI. Il est mobilisé au Centre Mobilisateur d’Artillerie n°1 installé à Rambouillet.

Si les régiments d’active sont tous équipés de canons de 75mm TAZ modèle 1939 apte aussi bien au tir de campagne qu’au tir antichar, la majorité des régiments de mobilisation doivent se contenter du vénérable modèle 1897 même si toutes les pièces à hayon en bois ont été retirées du service.

Seul une partie des régiments de mobilisation disposent à leur mise sur pied du TAZ, les autres devant le recevoir progressivement dès que les productions de guerre auront atteint leur vitesse de croisière

Neuf régiments d’artillerie de division de mobilisation reçoivent donc le TAZ modèle 1939 en l’occurence le 29ème RAD (4ème DI), 50ème RAD (60ème DI),89ème RAD (68ème DI), 19ème RAD (18ème DI),18ème RAD (22ème DI),51ème RAD (61ème DI),45ème RAD (55ème DI),13ème RAD (41ème DI) et 38ème RAD (71ème DI).