22-Armée de terre : armement et matériel (42)

ARL V 39

ARL V-39

ARL V-39

Une autre vision du canon d’assaut

Nous venons de voir la maturation de la «pensée cavalerie» à propos du canon d’assaut nécessaire à l’appui de ces unités de char qui allait aboutir au Somua Sau40. Elle n’était pas la seule à chercher le «canon spécial blindé à propulsion mécanique» tel que le définissait le général Heer en 1923.

L’infanterie elle aussi cherche le meilleur moyen pour appuyer les fantassins en terrain bouleversé, un appui plus puissant que celui apporté par les Renault FT. L’objectif est de déplacer une pièce puissante (75mm) en terrain difficile et donc sur un chassis chenillé.

Il fût ainsi envisagé de réutiliser les chars Saint Chamond armés d’un canon de 75mm modèle 1897 en automoteurs d’artillerie mais l’armistice survient avant que cette idée entre application.

Le retour de la paix anesthésie pour quelques années l’idée d’un canon spécial blindé d’autant que la présence du B1bis qui combine un canon de 47 et un canon de 75mm laisse peu de place à un véhicule spécifique à l’appui de l’infanterie.

Ce qui relance la possibilité d’un canon d’assaut pour l’infanterie c’est tout simplement la conférence du désarmement de Genève. Parmi les hypothèses envisagées, celle d’interdire les chars de plus de 20 tonnes ce qui condamnerait le B1bis au profit du char D2.

Ce char étant équipé d’un canon de 47mm, il rend nécessaire la présence d’un canon automoteur blindé appelé également char de protection.

Un premier projet est lancé le 25 juillet 1932 qui voit l’établissement de Puteaux chargé de développer un canon automoteur de défense mobile armé d’un canon de 75mm, le prototype ayant pour base le canon de 75mm SA modèle 1929 associé au chassis du char D3.

Ce prototype baptisé Garnier-Renault doit être livré début 1935 mais dès 1934, on envisage une version améliorée du Garnier-Renault qui ne verra pas le jour tout comme un projet APX d’un canon automoteur de 21 tonnes propulsé par un moteur de 260ch. Le Garnier-Renault testé en mai 1935 est abandonné suite à de nombreuses défaillances mécaniques.

Si la cavalerie allait se doter d’un canon d’assaut fournit par l’industrie privée, l’infanterie elle allait bénéficier du talent des ingénieurs des manufactures d’état en l’occurence l’Atelier de Puteaux (APX) et l’Atelier de Rueil (ARL) qui est un rejeton du précédent, l’ARL prenant son indépendance en 1935.

C’est l’ingénieur Lavirotte qui prend en main le projet auquel succède bientôt le capitaine Valla qui bénéficie néanmoins du concours d’une société privé : BDR pour Baudouin-Donon-Russel, cette société spécialisée dans la construction de matériels ferroviaires avait participé au projet du char de 20 tonnes, mettant au point un char inspiré du concept du B1bis, concept bientôt abandonné au profit d’un canon de 75mm en tourelle.

La commande de principe du prototype Valla-BDR est passée à l’automne 1935 mais il faut attendre 1937-38 pour que la commande soit officialisée, le prototype baptisé V1 étant livré le 22 juin 1938.

Les deux prototypes _Valla-BDR et Somua Sau 40_ sont testés et il s’en fallut de peu pour que le Valla-BDR équipe les DLM et les Divisions Cuirassées. Il n’allait finalement équiper que les Divisions Cuirassées.

Le 23 mars et le 25 juillet 1939, deux nouveaux prototypes sont commandés et le véhicule est officiellement adopté sous le nom d’ARL V (capitaine Valla) 39.

Une première commande est passée le 7 novembre 1939 pour équiper les quatre premières Divisions Cuirassées qui disposait à l’origine d’un groupe avec trois véhicules de commandement (un pour le commandant de groupe et un pour le commandement de la batterie)  et deux batteries de trois engins puis d’un deuxième groupe organisé de la même façon.

Cela nécessite au total 24 véhicules de commandement et 48 canons automoteurs soit un total de 72 véhicules.

Une commande complémentaire est passée en septembre 1940 pour fournir trois groupes de réserve  ce qui entraine la commande de dix-huit canons automoteurs et de neuf véhicules de commandement.

En septembre 1942, une troisième batterie est activée dans chaque groupe et chaque batterie passe à quatre véhicules comme les DLM ce qui entraine la commande de 56 véhicules supplémentaires répartis entre huit véhicules de commandement et trente-deux canons automoteurs pour cette troisième batterie, la mise en place d’un quatrième canon automoteur pour les deux premières batteries entrainant l’arrivée de 16 véhicules supplémentaires.

A cette date, un total de 155 véhicules ont été commandés, une commande additionnelle est passée en juin 1943 pour fournir quatre groupes de réserve soit un total de trente-trois véhicules commandés ( trente canons automoteurs et trois véhicules de commandement), portant le nombre de véhicules commandés puis livrés à 188 véhicules.
En septembre 1947, la mise en place de deux nouvelles divisions cuirassées entraine la commande de soixante nouveaux véhicules (quarante-huit véhicules et douze véhicules de commandement) auxquels s’ajoutent de quoi créer deux groupes de réserve supplémentaire portant la commande globale de janvier 1947 à quatre-vingt dix véhicules, portant les commandes globales à 278 véhicules.

Unités équipées

Produit par l’ARL, l’ARL V 39 sort en série à partir de novembre 1940, la première commande étant honorée en juin 1941.

La deuxième commande passée en septembre 1940 est honorée entre juillet et septembre 1941, la troisième commande passée en mars 1942 est honorée entre mai et décembre 1942, la quatrième commande passée en juin 1943 pour soixante véhicules est honorée entre septembre 1943 et mars 1944. Enfin la quatrième commande passée en janvier 1947 est honorée entre mars et décembre 1947.

La 1ère DC reçoit ses véhicules en décembre 1940 et février 1941, la 2ème DC entre mars et juin 1941, la 3ème DC entre juillet et octobre 1941 et enfin la 4ème DC entre novembre 1941 et février 1942.

la 1ère DC reçoit sa troisième batterie de quatre pièces et ses deux véhicules additionnels en juin 1942, la 2ème DC en septembre 1942, la 3ème DC en novembre 1942 et la 4ème DC en janvier 1943.

La 5ème DC reçoit ses trente véhicules entre septembre et novembre 1947, la 6ème DC recevant ses véhicules entre décembre 1947 et février 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, 180 ARL V 39 sont en service au sein de six Divisions Cuirassées répartis en douze groupes avec un total de 144 canons automoteurs et 36 véhicules de commandement. 98 véhicules sont en réserve notamment 90 véhicules au sein de six groupes de réserve, les huit autres servant à l’instruction et aux essais.

Comme pour le Sau40, la fabrication n’est pas poursuivie, les groupes de canons d’assaut des DC devant recevoir le canon automoteur de 105mm sur chassis Renault R-40 (en attendant une version améliorée sur chassis Renault G1).

Caractéristiques Techniques de l’ARL V 39

Poids en ordre de combat : 25000kg

Dimensions : longueur 5.80m largeur 2.57m hauteur 2.45m

Motorisation : un moteur Hispano-Suiza de 260ch avec une boite de huit vitesses avant et une marche arrière

Performances : vitesse maximale sur route 42 km/h Autonomie sur route 160 km (450 litres de carburant)

Blindage : 50mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres alimenté à 200 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes : conducteur à gauche, radio-aide pointeur à droite, pointeur et tireur au milieu, chef de bord en tourelle

Renault R-40 Au 105B

La mise au point du canon d’assaut ne résout pas tous les besoins en matière d’appui-feu des Divisions Cuirassées. Si l’ARL V-39 est une arme de défense rapprochée, effectuant du tir à vue, la Division Cuirassée à encore besoin d’un canon pour le tir indirect à plus longue portée.

Lors de leur création, chaque division dispose d’un régiment d’artillerie tractée tout-terrain (RATTT) identique à ceux des DLM avec deux groupes de 75mm (canons modèle 1897) et deux groupes de 105mm équipé d’obusiers de 105C modèle 1935B.

Dès la mise sur pied des Divisions Cuirassées, on envisage un canon automoteur, capable de suivre au plus près des chars.

Ce projet est sujet à controverse ce qui explique le retard dans la mise au point des projets jugés non prioritaires par l’artillerie.

Trois projets sont successivement étudiés, en fait trois chassis différents avec le même canon en l’occurence, l’obusier de 105mm modèle 1935 de l’Etablissement de Bourges.

Lorraine, Somua et Renault proposèrent chacun un automoteur, le premier en utilisant le chassis de son ravitailleur/transport de troupes 39L, le second le chassis de son Somua S-35 et le constructeur de Billancourt le chassis du Renault R-40.

Deux prototypes sont commandés à chaque constructeur en septembre 1942, Lorraine livrant les deux prototypes en premier en février 1943, Somua suit en mars et Renault en mai 1943.

Si Lorraine et Somua ont simplement installé le canon sur la caisse avec une superstructure minimale, le projet Renault est plus soigné avec notamment une petite tourelle installée à droite pour l’observation et la défense rapprochée.

Parallèlement à ces deux prototypes, Renault annonce travailler sur un automoteur de 105mm sur chassis Renault G1 ainsi que sur un automoteur de 155mm combinant le chassis du Renault G1 avec le canon de 155mm Schneider modèle 1946 en attendant le dévellopement hypothétique d’une pièce courte moderne de ce calibre, le modèle 1946 n’étant qu’une version modifiée du modèle 1917.

Le projet Somua tint un temps la corde mais au final, c’est le projet Renault qui est choisit et adopté comme automoteur standard des Divisions Cuirassées, chaque division devant disposer au sein de son régiment d’artillerie de trois groupes à quatre batteries de quatre automoteurs soit un total de 48 pièces de 105mm.

Le modèle Renault est officiellement choisit en juillet 1943 et sa production est aussitôt lancée, les premiers modèles sortant rapidement des chaines, le Renault R-40 étant toujours en fabrication et les pièces de 105mm n’étant que celles des RATTT transformés en Régiments d’Artillerie AutoPortée (RAAP).

Unités équipées

La 1ère Division Cuirassée reçoit ses premiers canons automoteurs pour équiper le 305ème RATTT en janvier 1944, les derniers véhicules étant livrés en mars 1944 au moment où il devient le 305ème RAAP.

Le 309ème RATTT de la 2ème DC reçoit ses premiers véhicules en avril et ses derniers en juin 1944 mais ce n’est qu’en septembre 1944 qu’il devient officiellement RAAP.

Le 319ème RATTT de la 3ème DC reçoit ses premiers véhicules en octobre 1944 et ses derniers en février 1945 mais ce n’est qu’en mars 1945 qu’il devient le 319ème RAAP.

Enfin le 322ème RATTT de la 4ème DC reçoit ses premiers automoteurs en mars 1945, ses derniers en août 1945, devenant peu après le 322ème RATTT.

A cette date, on trouve au total de 192 Renault R-40 Au 105C, la production continuant pour fournir un volant de fonctionnement, 96 véhicules sortant des chaines de production entre septembre 1945 et juin 1946 quand la production est suspendue.

Elle reprend en juin1947 pour équiper les deux régiments des 5ème et 6ème DC dont la création est officialisée en septembre. Le 339ème RAAP de la 5ème DC reçoit ses quarante huit canons automoteurs entre septembre et décembre 1947 suivit entre janvier et mars 1948 du 349ème RAAP de la 6ème DC.

La production se poursuit pour alimenter un volant de réserve, douze véhicules par mois sortant d’avril à août 1948 soit soixante véhicules qui rejoignent les 96 véhicules de réserve portant le stock de réserve à 156.

Au total quand éclate le second conflit mondial, 288 véhicules sont en service et 156 sont en réserve soit un total de 444 véhicules produits.

La production loin de s’arrêter continue car outre les pertes au combat à remplacer, il est prévu que les groupes d’assaut équipés d’ARL V-39 soient rééquipés en cas de pertes importantes au combat d’automoteurs Renault.

Caractéristiques Techniques du Renault R-40 Au 105C

Poids en ordre de combat  : 15 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.70m  Largeur totale 2.20m Hauteur totale 2.30m

Motorisation : un moteur Renault 6 cylindres développant 180ch à 2200 tours/minute alimenté par 180 litres

Vitesse maximale : 35 km/h  Pente : 75%  Autonomie : 180km  

Blindage : 30mm maximum

Armement : un obusier de 105C modèle 1935B alimenté à 75 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC-31 en tourelle avec 4000 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote, un chef de pièce, un tireur, un pointeur, deux pourvoyeurs et un mitrailleur soit sept hommes

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21-Armée de terre (35)

5ème Division Cuirassée

La 5ème Division Cuirassée est créé le 9 septembre 1947 à Amiens en même temps que la 6ème DC mise sur pied à Toul. La création de ces deux nouvelles divisions cuirassées entraine le dédoublement du CAC, le 1er CAC regroupant les 1ère, 3ème et 5ème divisions, le 2ème Corps d’Armée Cuirassée regroupant les 2ème, 4ème et 6ème divisions.

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 13ème régiment de cuirassiers

-9ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 50ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 51ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 13ème bataillon de chasseurs portés équipés de Lorraine 39L, le 25ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39, le 25ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm, le 25ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L à bitubes de 25mm et le 25ème groupe de reconnaissance équipé de chars légers FCM-42.

-11ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 52ème bataillon de chasseur de combat équipé d’ARL-44, le 53ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 15ème bataillon de chasseurs portés équipés de Lorraine 39L, le 27ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39, le 27ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm, le 27ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L à bitubes de 25mm et le 27ème groupe de reconnaissance équipé de chars légers FCM-42.

-Le 339ème Régiment d’Artillerie Autoportée (RAAP) équipé de canons automoteurs de 105mm sur chassis Renault R-40, les Renault R-40 Au 105B, le chassis du dernier char léger Renault recevant un obusier de 105C modèle 1935B.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie, le 13ème bataillon du génie (de DC)

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 7) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 9) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-315ème compagnie automobile de quartier général

-415ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 23ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 49ème bataillon sanitaire divisionnaire

6ème Division Cuirassée

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 14ème régiment de cuirassiers équipé notamment de chars légers AMX-44

-10ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 54ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 55ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 14ème bataillon de chasseurs portés équipé de Renault DAJ (VBCP-40), le 26ème groupe de canons d’assaut équipé d’ARL V-39, le 26ème escadron antichar porté équipé de Renault DAJ avec canon de 47mm, le 26ème escadron antiaérien porté équipé de Renault DAJ à bitube de 25mm et le 26ème groupe de reconnaissance équipé d’AMX-44.

-12ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 56ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 57ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 18ème bataillon de chasseurs portés équipé de Renault DAJ (VBCP-40), le 28ème groupe de canons d’assaut équipé d’ARL V-39, le 28ème escadron antichar porté équipé de Renault DAJ avec canon de 47mm, le 28ème escadron antiaérien porté équipé de Renault DAJ à bitube de 25mm et le 28ème groupe de reconnaissance équipé d’AMX-44.

-Le 349ème Régiment d’Artillerie Autoportée (RAAP) équipé de canons automoteurs de 105mm sur chassis Renault R-40, les Renault R-40 Au 105B, le chassis du dernier char léger Renault recevant un obusier de 105C modèle 1935B.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie, le 14ème bataillon du génie (de DC)

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 10) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 12) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-316ème compagnie automobile de quartier général

-416ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 24ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 50ème bataillon sanitaire divisionnaire

5ème Division Cuirassée

La 5ème Division Cuirassée est créé le 9 septembre 1947 à Amiens en même temps que la 6ème DC mise sur pied à Toul. La création de ces deux nouvelles divisions cuirassées entraine le dédoublement du CAC, le 1er CAC regroupant les 1ère, 3ème et 5ème divisions, le 2ème Corps d’Armée Cuirassée regroupant les 2ème, 4ème et 6ème divisions.

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 13ème régiment de cuirassiers

-9ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 50ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 51ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 13ème bataillon de chasseurs portés équipés de Lorraine 39L, le 25ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39, le 25ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm, le 25ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L à bitubes de 25mm et le 25ème groupe de reconnaissance équipé de chars légers FCM-42.

-11ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 52ème bataillon de chasseur de combat équipé d’ARL-44, le 53ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 15ème bataillon de chasseurs portés équipés de Lorraine 39L, le 27ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39, le 27ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm, le 27ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L à bitubes de 25mm et le 27ème groupe de reconnaissance équipé de chars légers FCM-42.

-Le 339ème Régiment d’Artillerie Autoportée (RAAP) équipé de canons automoteurs de 105mm sur chassis Renault R-40, les Renault R-40 Au 105B, le chassis du dernier char léger Renault recevant un obusier de 105C modèle 1935B.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie, le 13ème bataillon du génie (de DC)

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 7) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 9) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-315ème compagnie automobile de quartier général

-415ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 23ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 49ème bataillon sanitaire divisionnaire

6ème Division Cuirassée

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 14ème régiment de cuirassiers équipé notamment de chars légers AMX-44

-10ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 54ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 55ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 14ème bataillon de chasseurs portés équipé de Renault DAJ (VBCP-40), le 26ème groupe de canons d’assaut équipé d’ARL V-39, le 26ème escadron antichar porté équipé de Renault DAJ avec canon de 47mm, le 26ème escadron antiaérien porté équipé de Renault DAJ à bitube de 25mm et le 26ème groupe de reconnaissance équipé d’AMX-44.

-12ème brigade cuirassée avec un état-major de brigade, le 56ème bataillon de chars de combat équipé d’ARL-44, le 57ème bataillon de chars de combat équipé de Renault G1, le 18ème bataillon de chasseurs portés équipé de Renault DAJ (VBCP-40), le 28ème groupe de canons d’assaut équipé d’ARL V-39, le 28ème escadron antichar porté équipé de Renault DAJ avec canon de 47mm, le 28ème escadron antiaérien porté équipé de Renault DAJ à bitube de 25mm et le 28ème groupe de reconnaissance équipé d’AMX-44.

-Le 349ème Régiment d’Artillerie Autoportée (RAAP) équipé de canons automoteurs de 105mm sur chassis Renault R-40, les Renault R-40 Au 105B, le chassis du dernier char léger Renault recevant un obusier de 105C modèle 1935B.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie, le 14ème bataillon du génie (de DC)

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 10) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 12) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-316ème compagnie automobile de quartier général

-416ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 24ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 50ème bataillon sanitaire divisionnaire

21-Armée de terre (32)

Les Divisions Cuirassées

Une gestation longue et douloureuse

C’est le général Estienne qui le premier préconisa la création d’une unité blindée autonome de l’infanterie sous la forme d’un corps cuirassé autonome, une unité de 20000 hommes, 8000 camions et tracteurs et 4000 chars mais le père des chars ne fût pas entendu du moins dans l’immédiat, sa vision des troupes de choc sous entendait une vision offensive qui n’était plus en odeur de sainteté après les ravages du premier conflit mondial.

Cette conception offensive est rejetée au profit d’une conception défensive où le char est «tenue en laisse» par l’infanterie, le char devant se déplacer au pas, être bien protégé et bien armé pour éliminer les obstacles rencontrés par le fantassin.

Il faut attendre septembre 1932 pour que l’infanterie (arme de laquelle dépend les chars depuis 1920) relance l’expérimentation d’un groupement tactique interarmes sous la forme du détachement mécanique de combat expérimenté aux manoeuvres de septembre 1932.

Char D1

Char D1

Ce détachement alignait pour sa composante blindée, 45 chars D1 et les trois chars B existants. Les manoeuvres montrent que les chars ont pu s’emparer de la position mais que faute d’une infanterie suffisamment proche, ils ont été abandonnés à eux même.

Le 5 mai 1934, le lieutenant-colonel Charles de Gaulle publie «Vers l’armée de métier» où il préconise la création d’un corps spécialisé motorisé, chenillé et cuirassé, composé uniquement d’engagés ce qui lui permettrait d’être engagé dès le déclenchement d’une crise internationale sans mobiliser ce qui prend (beaucoup) trop de temps.

Il serait injuste et faire trop d’honneur à ce grand général que de faire de lui l’unique apôtre de ce type de division. D’autres officiers moins connus ou oubliés aujourd’hui comme le général Flavigny, le général Buat et le général Doumenc ont participé à cette réflexion théorique.

Dans un ouvrage complémentaire publié fin 1934 et intitulé «Comment faire une armée de métier», il décrit comment obtenir cette armée de choc qui alignerait 98000 hommes, 432 chars lourds, 1296 chars moyens,, 540 chars légers et 7000 voitures de transport tout-terrain répartis entre six divisions de ligne et une DLM (les chars de celle-ci ne sont pas compris dans les chiffres avancés plus haut).

Chaque division de ligne doit disposer d’un groupe de reconnaissance composé de «chars réduits» et d’éléments portés, d’une forte brigade de chars avec un régiment lourd (un bataillon lourd et un bataillon moyen), un régiment moyen à deux bataillons moyens et un bataillon soit un total de 252 chars en ligne (48 lourds, 144 moyens et 60 légers) plus 126 de remplacement (24 lourds, 72 moyens et 30 légers),

une brigade d’infanterie sur véhicules tous terrains à deux régiments et un bataillon de chasseurs, une forte brigade d’artillerie à tracteurs tous terrains avec un régiment d’artillerie lourde, un régiment d’artillerie légère et un groupe de DCA, un bataillon du génie, un bataillon de transmission et d’observation ainsi qu’un bataillon de camouflage.

Ce magnifique projet qui aurait donné un formidable outil à l’armée de terre est immédiatement critiqué et rejeté en tant que tel pour des raisons aussi bien militaires (le char doit soutenir l’infanterie et ne peut être le cœur d’un système) que politiques (crainte qu’un corps de métier devienne une véritable garde prétorienne menaçant les institutions de la république) et idéologiques (appétence pour la conscription et le peuple en armes).

Néanmoins, les graines sont semées et le principe de divisions cuirassés est adopté en septembre 1936 dans le cadre du programme des 14 milliards du 7 septembre 1936, première étape d’un réarmement massif.

Il est prévu deux «divisions à base de chars» comptant chacune six bataillons de chars B ! Ces divisions assez proches des divisions de ligne proposées par Charles de Gaulle sont rapidement jugées trop lourdes et dès 1937 ont s’oriente vers trois divisions à quatre bataillons.

La mise en place de ces divisions ne s’est cependant toujours pas concrétisée quand éclate la guerre de Pologne moins semble-t-il à cause d’un manque de véhicules qu’à cause d’un manque de volonté de l’arme des chars de l’infanterie qui n’ont pas suivit l’exemple du général Flavigny qui n’hésita pas à expérimenter le concept de la division motomécanique avec un matériel pas forcément adapté.

Le succès foudroyant des panzerdivisionen en Pologne décille les derniers hésitants ou les derniers opposants. Dès 1938 néanmoins, un groupement tactique d’experience avait été mis sur pied avec quatre bataillons de chars équipés de B1 et de B1bis, deux bataillons de chasseurs portés et un régiment d’artillerie.

C’est à partir de ce groupement que le général Gamelin ordonne la mise sur pied des 1ère et 2ème Divisions Cuirassés de réserve sur un mode sensiblement allégé par rapport aux idées de Charles de Gaulle.

Les divisions cuirassées telles que mises en place durant la guerre de Pologne disposent donc d’une demi-brigade de chars lourds type B1bis (deux bataillons), d’une demi-brigade de chars légers type Hotchkiss H-39 (deux bataillons), d’un bataillon de chasseurs portés, d’un régiment d’artillerie tracée motorisée, d’une batterie antichar (rattachée au RA) et d’unités de soutien.
C’est sur ce modèle que sont mis sur pied les quatre premières Divisions Cuirassées de réserve. Ce modèle loin des théories du lieutenant-colonel De Gaulle avec un manque en matière notamment de moyens de reconnaissance.

Les deux premières BCr puis DCr sont regroupés dans un groupement cuirassé qui doit à la fois d’organe de commandement mais également d’outil d’aguerrissement pour les nouvelles Divisions Cuirassés de réserve mises sur pied.

La 3ème DCr est mise sur pied au printemps 1940 et la 4ème DCr en septembre 1940, le commandement étant confié fin 1941 au général de brigade Charles de Gaulle permettant au théoricien de mettre en pratique ses idées.

Au moment de la mise sur pied de la 4ème DCr, un deuxième bataillon de chasseurs portés est intégré à chaque division, ces bataillons de chasseurs portés étant issus de la transformation de bataillons de chasseurs à pied de mobilisation qui échappent ainsi à la dissolution.

En décembre 1941, le groupement cuirassé est remplacé par un Corps d’Armée Cuirassé qui aligne ainsi quatre divisions même si les 3ème et 4ème DCr sont loin d’être au point matériellement et opérationnellement parlant.

L’arrivée à la tête de l’armée du général Villeneuve donne un coup de fouet bienvenue aux Divisions Cuirassés de réserve qui passent la surmultipliée.

En mars 1943, les DCr perdent le r de réserve, devenant des Divisions Cuirassées. Désormais leur rôle n’est plus de colmater la brèche dans un front et rétablir sa continuité mais d’être un outil de percée et de manoeuvre.

Elles sont également réorganisés selon un schéma comparable aux D.L.M tel qu’il est initié par la 6ème D.L.M. La Division Cuirassée type 1944 est ainsi organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Un régiment de découverte équipé de chars légers, de fusiliers motocyclistes et de chasseurs portés

-Deux brigades cuirassées avec un état-major, un bataillon de chars lourds, un bataillon de chars moyens, un bataillon de chasseurs portés, un groupe de canons d’assaut, un groupe d’automoteurs antichars, un groupe d’automoteurs antiaériens et un groupe de reconnaissance sur chars légers.

-Un régiment d’artillerie tractée tout terrain transformée à partir de 1946 en un régiment d’artillerie automotrice (pièces de 105mm automoteurs)

-Un bataillon du génie à quatre compagnie

-Deux compagnies de transmission

-Un bataillon de réparations divisionnaires à deux escadrons

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport
En septembre 1947, deux nouvelles DC sont créées, les 5ème et 6ème Divisions Cuirassées ce qui entraine la division du CAC en deux. Le 1er CAC va aligner  les 1ère, 3ème et 5ème DC alors que le 2ème CAC dispose des 2ème, 4ème et 6ème DC.

Ces deux Corps d’Armées Cuirassés sont stationnés l’un au nord de Paris et le second à l’est de la capitale, donnant un axe potentiel à leur intervention, la Belgique pour le 1er CAC, le Rhin et l’Allemagne pour le 2ème CAC.

La 1ère DC est ainsi stationnée au camp de Suippes, la 2ème DC à Chalons sur Marne, la 3ème DC à Compiègne, la 4ème DC dite «Division de Fer» dans la région de Nancy, la 5ème DC à Amiens et la 6ème DC à Toul

Sur le plan de l’armement, les DC n’ont rien à envier aux panzerdivisionen, elles font même la course en tête avec le redoutable B1bis bientôt remplacés par des ARL-44, un char lourd à canon de 90mm en tourelle ! Le Hotchkiss H-39 bon char léger est remplacé par le Renault G1R à canon de 75mm en tourelle.

Lorraine 39L

Lorraine 39L

L’infanterie de ces divisions _les chasseurs portés_ sont transportées d’abord dans des véhicules à roues mais bientôt dans des véhicules chenillés type Lorraine 39L et Renault DAJ-1.

L’artillerie n’est pas en reste, allant même plus loin que dans les D.L.M car outre les canons d’assaut compris dans les brigades cuirassées (des ARL V-39), elle remplace les pièces tractées du régiment d’artillerie par des canons automoteurs de 105mm qui combinent un châssis de Renault R-40 avec un obusier de 105C modèle 1935B en superstructure (Renault R-40 Au 105).

Bref ce sont de véritables outils de percée, capable d’opérer en profondeur dans le dispositif ennemi pour les désarticuler, le démanteler et ainsi favoriser l’effondrement du front.

Signe de l’importance des deux CAC, ces derniers bénéficient (tout comme les CC) de groupes de reconnaissance tactique équipés de Bréguet Br694, chacun des deux CAC pouvant bénéficier de l’éclairage de quatre escadrilles de 9 appareils soit un total de 36 appareils sans oublier des unités d’assaut, d’appui rapproché et de chasse.

Ne pas oublier que les DC et les D.L.M doivent disposer également de Groupes Aériens d’Observation (GAO) chargés de l’éclairage de la division et du guidage des avions d’appui.