23-Armée de terre Ligne Maginot (18)

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin

A la différence du front Nord-Est, la fortification de campagne du front alpin représente une grande unicité, probablement en raison de l’unité du commandement. Les types d’ouvrages sont donc peu nombreux.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (1) : les avant postes

Dès juin 1930 alors que la construction des ouvrages puissants est loin d’avoir été terminée, l’armée des Alpes décide de construire en avant de ces ouvrages (dont la puissance n’à rien à envier à ceux du Nord-Est) une série d’avant-postes, certains se situant sur la frontière même.

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM)

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié du Dauphiné (SF Dauphiné)

Si dans le Nord-Est, une partie du territoire n’est pas couvert par les ouvrages et donc théoriquement abandonnée à l’ennemi, on ne peut se le permettre dans les Alpes où reprendre le terrain perdu est extrêmement délicat.

Ces avant-postes sont de véritables ouvrages en modèle réduit avec deux entrées, un observatoire et des blocs de combat équipés de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs. Ces avant-postes sont généralement entourés d’organisations annexes comme des gaines de communication semi-enterrées, des abris en tôle métro et des emplacements pour tromblon VB et mortiers.

Ces avant-postes disposent d’équipement spécifiques qu’il s’agisse de portes blindées, de créneaux et de tremies spécialement adaptées à ces avant postes qui bénéficie aussi de cloches démontables type Saint Jacques.

A noter que de vieux ouvrages datant d’avant 1914 ont été réutilisés comme avant-postes qu’ils aient été modernisés ou non (la Redoute Ruinée, la Turra, les Acles, Viraysse).

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (2) : les abris alpins

Comme sur le front Nord-Est, la CORF à prévu la construction d’abris passifs et actifs, abris dont la réalisation à souvent été confiée à la Main d’Oeuvre Militaire (MOM). En plus de ces abris, d’autres ont été réalisés par les troupes alpines, des abris en tole métro recouverts de pierres sèches ou de béton, avec des entrées en béton ou en brique.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (3) : les casemates complémentaires

Sous ce terme, je regroupe plusieurs types d’ouvrages construits après la mobilisation générale de septembre 1939.

-Sur la Ligne Principale de Résistance (LPR), on réalise de petits blocs appelés blocs Briançon qui se compose d’une entrée et d’un créneau pour fusil mitrailleur ou mitrailleuse dans le sous-secteur de Briançon et dans le SF Alpes Maritimes où ils sont appelés «blocs briançonnais»

-Dans le SF Savoie est organisée une une seconde position à l’aide de petits blockays construits dans les Vallées alors que dans le SFAM sont construits des casemates type STG allégés.

-Dans le SF Rhône sont construits des petits blockhaus le long de la frontière suisse pour verrouiller les différents axes de pénétration.

Ces petits blockhaus sont sont de deux type : blockhaus type Briançon pour mitrailleuse ou
FM et le blockhaus modèle 1936 à un créneau équipé soit d’un canon antichar de 25mm ou d’une mitrailleuse.

L’armement de ces différents casemates est fourni par les troupes de campagne qu’il s’agisse des canons de 25mm, des mitrailleuses ou des fusils mitrailleuses.

L’armement antichar est quasiment absent probablement en raison d’un terrain défavorable à l’engagement des chars. On note la présence de deux canons de 47mm au casemate du Tunnel près de Fort-l’écluse et de six casemates de la seconde position dans le SFAM.

 L’organisation en profondeur du front alpin

Le front alpin est organisé en trois lignes de défense successives :

-Les avant-postes sont constitués de vieux ouvrages ou d’organisation bétonnées réalisées à partir de 1930 par la Main d’Oeuvre Militaire (MOM)

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) est matérialisée par la ligne d’ouvrages conçue
par la CORF, les travaux étant réalisés par des entreprises civiles et par la MOM.

-La Seconde position reposant sur des ouvrages anciens et/ou des casemates allégées, le plus souvent réalisées à partir de septembre 1939.

Les ouvrages sont couverts par des réseaux de barbelés mais ces réseaux sont plus étroits que dans le Nord-Est et ils se contentent de couvrir les ouvrages sans former un réseau continu.

En ce qui concerne les réseaux de rails antichars, ils sont peu nombreux en raison d’un terrain généralement peu propice à l’emploi de blindés. Il est néamoins prévu la réalisation de 25 barrages de route soit une longueur totale de 9km, barrages de route qui nécessite l’implantation sur les côtés de rails quand naturellement le terrain le permet.

Un seul fossé antichar à également été réalisé, au niveau de Bourg-Saint Maurice pour barrer la vallée de l’Isère à hauteur des PO de Châtelard et de la Cave-à-Canon.

En ce qui concerne le barrage des routes, on assiste à la mise en place d’un barrage rapide de type mobile couvert par un blockhaus de défense équipé d’un canon antichar et d’un ou plusieurs jumelages de mitrailleuses avec trois exemples de barrages réalisés et de véritables barrières antichars dont vingt-cinq exemplaires ont été réalisés.

Il faut également s’assurer que l’ennemi (sous-entendu italien) n’utilisera pas les tunnels ferroviaires des Alpes pour déboucher en France. En 1939, trois tunnels existent : le tunnel du Fréjus en Maurienne, la ligne Nice-Conni passant par le col de Tende dans la Roya et la ligne Nice-Vintimille sur le littoral.

Si la défense du tunnel du Fréjus est assuré par le fort du Replanton, la défense de la ligne Nice-Coni est prévue dès la construction avec l’aménagement de chambres de destruction dans les ouvrages d’art et de casemates de protection aux débouchés des tunnels construits à proximité de la frontière, soit dans le parement même du tunnel, soit sous une casemate de protection isolée voire les deux.

Durant la guerre de Pologne, la défense des lignes Nice-Coni et Nice-Ventimille est renforcée par la mise en place dans les tunnels de Berghe et de Cap-Martin d’un casemate de défense qui couvre une grille et une porte blindée percée de créneaux pour fusil.

Pour être totalement exaustif et complet, signalons également la présence d’un fossé sur l’ouvrage de la Roche-Lacroix, l’ouvrage Maginot reprennant le site d’une ancienne batterie et celui d’un mur d’escarpe à l’ouvrage du Rimplas, le premier ouvrage de la ligne Maginot dont les travaux ont commencé (et ce en 1928). Certains ouvrages vulnérables à des attaques depuis la route par «véhicules explosifs» sont entourés de grilles.

Quelques tourelles démontables sont également présentes sur le front alpin soit en remplacement d’ouvrages non réalisés soit pour battre des axes secondaires qui ne justifient pas la construction de casemates en béton.

Comme sur le Nord-Est, les arrières de la position doivent répondre à une double fonction : donner de la profondeur à l’ensemble et desservir les organisation existantes.

Pour deesservir les ouvrages, les ouvrages alpins disposent d’une série de routes stratégiques desservant notamment les grands cols. Le CORF va construire lui aussi de nombreuses routes pour desservir les ouvrages et ce dès la construction des ouvrages.

C’est ainsi que dans le SFAM, des routes récentes ont dû être doublées par des routes militaires car leur tracé les mettait aux vues adverses.

Parmi les réalisations spécifiques les plus importantes, citons la route stratégique du Monte-Grosso longue de 14km qui a dû être réalisée de toutes pièces, et celle du Restefond prolongée jusqu’au col de la Bonette. Toutes ces routes sont au gabarit militaire avec renforcement des lacets par des murs en pierre maçonnées, garages de croisement et parapets.

Chiuses, des casemates construites dans la roche

Chiuses, des casemates construites dans la roche

On trouve également une particularité, les chiuses, des batteries-cavernes creusées à même la roche pour barrer les vallées de la Tinée et de la Vésubie, les chiuses de Bauma-Négra et de Saint-Jean-de-la-Rivière. La modernisation de ces ouvrages n’est pas menée à son terme et restent en position secondaire pour couvrir les arrières.

Les casernements

Il existe trois types de casernements pour les hommes servant les ouvrages de la Ligne Maginot Alpine :

-Les casernements urbains : Les villes, les localités n’étant pas si éloignées que cela des
ouvrages, les hommes peuvent être abrités dans des casernes existantes comme à Bourg- Saint-Maurice; Modane; Briançon; Barcelonette et Sospel. Un casernement particulier à Jaussiers-La Condamine dessert les ouvrages de l’Ubaye.

-Les casernements alpins d’altitude : On trouve essentiellement des casernements le plus souvent en pierres sèches réalisés à la fin du 19ème siècle et réutilisés dans le cadre de la CORF. Des casernements spécifiques ont également été réalisés aux endroits où il y en avait pas : Charmaix près du Lavoir, Monte-Grosso et Col-de-Brouis.

-Les casernements légers : Comme dans le Nord-Est, il existe également des «camps légers» comprenant des chalets en bois construits à proximité des entrées. Parfois sont utilisés des bâtiments existants, des tentes ou même les baraquements des ouvriers.

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23-Armée de terre Ligne Maginot (17)

La ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Généralités

Comme nous venons de le voir, la réalisation des ouvrages de campagne s’est faite souvent sans coordination ce qui sera un frein considérablement à leur efficacité.

Fort heureusement, dès le début de la guerre de Pologne, les autorités militaires conscientes du problème vont reprendre les choses en main. Le 6 septembre 1939 est mise sur pied la Commission d’Etudes des Zones Fortifiées (CEZF).

Dirigée par le général Belhague qui avait en son temps dirigé la CORF, elle doit améliorer l’organisation en profondeur des fronts fortifiés en insistant notamment sur le Nord, mal couvert faute à un allié belge qui rendait semble-t-il illusoire la construction d’ouvrages CORF entre les Ardennes et la Mer du Nord.

Le programme complet de la ligne CEZF prévoit une fortification de 600km composée d’une ligne principale de résistance et d’un ligne d’arrêt avec un blockhaus tous les kilomètres ce qui nécessite la construction de 1200 ouvrages fortifiés qui sont complétés par un fossé antichar et par un réseau de barbelés large de six mètres.

Dix régions militaires sont concernées. Le planning initial prévoyait une première tranche en 1939-40, deux tranches en 1940 et une tranche 1941 mais la fin prématurée de la guerre de Pologne et des hivers 1939-40 et 1940-41 très rigoureux vont considérablement ralentir la construction de cette ligne dont l’utilité est remise en cause par les partisans de la mécanisation. Résultat, la ligne CEZF ne sera vraiment considérée comme achevée qu’en 1945.

A cette époque, elle s’étend globalement de Cassel à Pontarlier, couvrant les secteurs occupés durant la guerre de Pologne par la 1ère armée, la 9ème armée, la 2ème armée, la 4ème armée et la zone de responsabilité de la 7ème région (régions de Morteau et de Pontarlier).

Le 27 septembre 1939, les commandes de cuirassement sont passés avec 900 cloches type C (une cloche type B simplifiée), 1300 créneaux pour fusils-mitrailleurs, 2800 trémies pour créneau de mitrailleuse, 2800 trémies pour canon de 25mm, 1200 portes et 1200 grilles soit de quoi équiper 1000 casemates doubles, 200 simples dont 300 démunis de cloches.

En mars 1942 alors que la ligne CEZF est achevée à environ 40%, des commandes complémentaires de matériel sont passés notamment 300 cloches pour équiper tous les casemates STG de la ligne de cloche mais également 300 mortiers de 60mm installés dans des encuvements en béton, les servants protégés par un bouclier ce qui permet d’équiper un blockhaus sur quatre.

A noter que contrairement aux ouvrages puissants de la Ligne Maginot, aucune unité n’est spécifiquement créée pour armer cette ligne entretenue en temps de paix par des unités de génie de la Région Militaire ou par des unités de travailleurs. En cas de conflit, il est prévu qu’y soient déployés des unités de campagne.

«Néanmoins, il n’est pas impossible qu’en cas de conflit, un ou plusieurs régiments d’infanterie de forteresse de mobilisation puissent être déployés dans certains ouvrages de la ligne CEZF» (note du général Villeneuve du 14 septembre 1946).

Les travaux en détail

Les différents tronçons de la ligne CEZF (souvent appelée ligne Belhague même si cette dénomination ne fût jamais officielle) s’établissent ainsi du nord à l’est :

-Secteur de la 1ère armée : la position de Cassel (forêt de Clairemarais à Tederghem) aligne 18 kilomètres d’obstacles antichars et 20 casemates type STG alors que la position de Cambrai aligne 24 kilomètres d’obstacles antichars et 27 casemates type STG.

-Secteur du Détachement d’Armée des Ardennes (future 9ème armée) : la position Réthel- Mézières aligne 18 kilomètres d’obstales antichars et 20 casemates type STG.

-Secteur de la 2ème armée : le Front Nord dit «Est du Chesne» dispose d’Omont à Stonne  pour barrer la trouée du canal des Ardennes de 15 kilomètres d’obstacles antichars et de 17 casemates; le Front Centre dit «Dun-sur-Meuse» aligne de la forêt de Belval à Brandeville un total de 16 kilomètres d’obstacles antichars et de 18 casemates et enfin le Front Est «Etain-Spincourt» déploie de la côte de Romagne à Boismont un total de vingt kilomètres d’obstacles antichars couverts par vingt-deux casemates.

-Secteur de la 4ème armée : le front «Nord de Morhange» de la corne nord de la forêt de Remilly au bois de Guessling 13 kilomètres d’obstacles et 14 casemates pour renforcer une zone d’étangs partiellement aménagée en 1936-37 alors que le front «Ouest de la Sarre- Union» dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et quatorze casemates.

Au final dans la zone de responsabilité de la 4ème armée, la position CEZF disposera au final d’une ligne principale de résistance équipée de 80 casemates STG alors que 1500m en arrière, la ligne d’arrêt dispose de 84 casemates STG.

-Secteur de la 7ème région : le front de Morteau dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et de quatorze casemates alors que le front de Pontarlier dispose de seulement six kilomètres d’obstacles antichars et six casemates.

Blocs Billote et PAL (Position Avancée de Longwy)

Comme nous l’avons vu plus haut, suite à la dissolution de la CORF, les régions militaires ont réalisé des ouvrages de campagne.

Outre ces ouvrages construits en temps de paix, d’autres ouvrages vont être construits, le plus souvent directement sur la frontière pour couvrir la manoeuvre des troupes de campagne et leur offrir une base de repli en cas de besoin.

Un cas particulier concerne la Position Avancée de Longwy, une fortification de campagne destinée à protéger cette ville industrielle et permettre à l’industrie de produire le plus longtemps possible. Néanmoins pour chaque cas, les travaux sont menés par les troupes déployées dans la région.

Les travaux du Groupe d’Armées n°1 : les blocs Billotte

Le groupe d’armées n°1 déploie ses unités de la mer du Nord à Longuyon. C’est l’aile marchante du dispositif allié, censé pénétrer en Belgique et aux Pays Bas pour tendre la main aux belges et aux néerlandais dès que ceux-ci le demanderait.

Ce cas de figure ne s’est pas produit ce qui n’empêcha pas le général Billote _commandant du GA1_ de planifier et de réaliser sur la frontière une ligne d’ouvrages fortifiés passés à la postérité sous le nom de Blocs Billotte ou blocs GA1 ou encore blocs FCR (Fortification de Campagne Renforcée).

Les blocs Billotte sont de gros casemates simples (une chambre de tir) ou doubles (deux chambres de tir) avec dans chaque chambre de tir un créneau pour arme antchar et un créneau pour mitrailleuse en échelon refusé mais sans cloche ce qui se révéléra ultérieurement problématique.

Ces blocs ont été essentiellement construits le long de la frontière belge (SD Lille, SF Escaut et SF Maubeuge), le long de la Meuse et de la Chiers avec dix-septs blocs GA1, dans le SF de Montmédy comme deuxième ligne de défense pour couvrir la tête de pont et dans le SD Marville pour renforcer la défense des bords de la Chiers.

Le choix du général Billotte entre en contradiction avec la politique de petits blocs préconisés par le général Hutzinger commandant de la 2ème armée. Finalement, il est décidé de couvrir Sedan par de petits blocs et de construire des Blocs Billote en arrière de la ville, les premiers devant freiner l’ennemi et couvrir la Meuse alors que les seconds devant arrêter l’ennemi ayant franchit la Meuse.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (1) : la Position Avancée de Longwy (PAL)

Bien que fortifiée au 17ème siècle par Vauban, Longwy ne fût pas intégrée au tracé de la ligne Maginot imaginée par la CORF, les études réalisées ayant montré qu’une meilleure position pouvait être trouvée derrière la ville.

Dès le début de la guerre de Pologne, la ville est évacuée de ses habitants, seuls restant sur place les ouvriers des usines et des troupes chargées de pénétrer au Luxembourg et en Belgique pour jalonner l’avancée allemande mais ces unités de cavalerie n’ont donc pas pour mission de défendre la ville.

A la mobilisation de septembre 1939, la ville de Longwy intégrée au Secteur Fortifié de Crusnes dépend de la 2ème armée mais peu avant la fin de la guerre de Pologne, le SF de Crusnes est rattaché à la 3ème armée (GA2) du général Condé, partisan d’une devance avancée à Longwy.

Ce n’est cependant qu’en mars 1940 que les travaux vont sérieusement commencer. La PAL se composera au final d’un fossé antichar continu battu par une vingtaine de casemates armés de mitrailleuses et de canons antichars de 25mm, casemates destinés à être occupés par des troupes de campagne ainsi que des casemates d’artillerie pour canons de 75mm modèle 1897.

 Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (2) : la trouée de la Sarre

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, la défense de la Sarre repose essentiellement sur des inondations battues par le feu mais il n’y à pas de véritable ligne de résistance. Pour renforcer une position assez faible, décision est prise de construire 31 casemates STG qui vont s’ajouter à quatre casemates pour canons de 75mm construits entre 1936 et 37. Non prioritaires, ces travaux ne seront achevés qu’en 1945.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (3) : la Région Fortifiée de la Lauter

Les travaux réalisés dans cette région concernent essentiellement le renforcement du saillant que forme la ligne de casemates entre Schoenenbourg et le Rhin car une percée ennemie dans ce secteur menacerait d’encerclement tout la position de Bitche au Schoenenbourg. Ce renforcement se matérialise par une série de blockhaus STG.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (4) : Les rives du Rhin on ne passe pas !

En dépit de la présence de solides défenses, l’hypothèse d’un franchissement allemand du Rhin pour envahir la France n’est pas à exclure totalement ce qui explique que dès le début de la guerre de Pologne, des travaux sont menés pour étoffer et étayer les défenses. Ces travaux sont les suivants :

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

-Achèvement des blocs Garchery

-Les villages présents dans les intervalles de la position sont organisés en point d’appui

-Des blockhaus sont construits sur la deuxième ligne pour tenir les débouchés de la forêt du Rhin

-Etablissement d’une bretelle sur la ligne Diebolsheim-Hilsenheim afin d’empêcher qu’un ennemi ayant percé dans le secteur de la 5ème armée n’enroule la position.

Il est également projeté une ligne de blockhaus STG sur la ligne des villages à deux ou trois kilomètres du canal mais aucun début d’éxecution n’est mené avant la démobilisation. L’idée n’est cependant pas abandonnée et entre juin 1947 et septembre 1948, ces blockhaus seront finalement construits.

23-Armée de terre Ligne Maginot (13)

Miscellanées : entrées, logements, stockage des munitions……..

Les entrées (1) le Nord-Est

Là encore, l’expérience de la Grande Guerre à influencé la conception des entrées des ouvrages de la ligne Maginot. La bataille de Verdun notamment avait montré l’utilité d’entrées séparées pour les hommes et les munitions ainsi que la nécessité de les camoufler.

Les conceptions initiales prévoient la construction de deux entrées distinctes, l’une pour les hommes (EH) et l’autre pour les munitions (EM), établies selon les règles suivantes :

-Etres suffisamment séparées pour qu’un tir dirigé contre l’une des entrées ne mette en danger l’autre entrée.

-Etres disposées pour qu’elles puissent se surveiller et s’appuyer mutuellement, en principe l’EH se trouvant à l’est et l’EM à l’ouest sauf les cas particuliers du Fermont du Simserhof, du Grand-Hohekirkel et Four-à-chaux.

-Etre situées le plus loin possible de la ligne de feux pour éviter un coup de main ennemi

-Etre sous la protection d’une arme à tir courbe de l’ouvrage

Les entrées vont se diviser en trois catégories principales : entrée des hommes (EH), entrée des munitions (EM) et entrée mixte, les entrées pouvant être de plain-pied, en plan incliné ou en puits.

-L’Entrée des Hommes (EH) comme son nom l’indique est réservée au passage des hommes et sert aussi de prise d’air aux ouvrages. Elle se compose d’un passage en chicane, d’une chambre de tir et d’une ou plusieurs cloches. Dans les ouvrages à magasin M1, elle sert de sortie de secours en cas de destruction de l’EM.

Deux types de façades ont été adoptées : une à façade pseudo-bastionnée et une autre à façade droite avec un créneau mitrailleuse et un créneau FM. Comme les entrées servent de prise d’air, elles sont souvent sur les points hauts pour échapper aux gaz de combat.

Avec leur façades comportant d’énormes ouvertures, les blocs EH sont les plus mal conçus de la fortification CORF car on estime que leur résistance au souffle en cas de bombardement par gros calibre ou bombes d’avion est estimée assez faible. La configuration la plus courante est une entrée en puits.

-L’Entrée des Munitions (EM) est nettement plus imposante que l’EH et pour cause : elle doit laisser passer un véhicule qu’il s’agisse d’un train circulant sur voie de 60 qui pénètre dans l’ouvrage avant d’être déchargé et que des wagonnets du réseau intérieur les amènent aux magasins (type A) ou une entrée ne pouvant recevoir que des camions qui déchargent à l’entrée les munitions qui sont pris en charge par les wagonnets du réseau intérieur.

Chaque entrée à façade pseudo-bastionnée comporte deux chambres de tir, de part et d’autre du passage qui franchit le fossé diamant sur un pont dormant. Elle obturée par une grille à la verticale de la façade et deux portes blindées formant sas.

-L’Entrée Mixte comme son nom l’indique regroupe en un seul bloc une EH et une EM. C’est tout sauf un choix puisque les trois premières réalisées dans le Nord-Est sont mixtes car l’entrée des hommes n’à tout simplement pas été construite.

En 1934, un nouveau type d’entrée mixte tirant partie des enseignements des premiers travaux (notamment dans les Alpes) est conçue pour équiper les Nouveaux Fronts.

-L’entrée mixte «2.0» est une vraie entrée mixte avec sous un même accès, deux chemins un pour les hommes et un pour les munitions. Le passage camions est fermé par une porte à éclipse verticale, une grille et une porte blindée étanche.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

La défense est assurée face à la route par un créneau pour mitrailleuse et canon antichar de 47mm et en flanquement par deux créneaux pour armes mixtes à savoir une mitrailleuse et un canon de 25mm.

En dépit des améliorations apportées par cette nouvelle entrée, seuls les ouvrages d’artillerie du Chesnois et Velosnes la recevront.

Les entrées (2) les Alpes

Les entrées des ouvrages d’infanterie relèvent de plusieurs types avec pour les ouvrages initiaux une entrée arrière séparée donnant accès aux locaux souterrains et aux blocs de combat. Les ouvrages de barrage ultérieurs ont leur entrée directement dans la casemate active.

Les ouvrages d’interdiction disposent généralement de deux entrées comme les ouvrages du Nord-Est même si pour certains, la deuxième entrée ne sera pas réalisée ou se limitera à une simple porte dans le mur en béton.

Les éléments extérieurs (1) : les cuirassements

Les cuirassements complètent la protection des ouvrages, protection essentiellement composée de béton.

Ces cuirassements sont répartis en trois grandes catégories : les cuirassements formant organes (cloches, tourelles), les cuirassements servant de support à une arme (créneaux, trémies,volets) et les cuirassements servant à obturer un passage (portes blindées, grilles).

Les cloches ne sont pas une création de la ligne Maginot, existant déjà sur les forts de la génération précédente pour l’observation (type Digoin) ou pour la défense (type Pamart). Ils sont généralisés sur les ouvrages de la ligne Maginot en dépit de dimensions rendant malaisé leur camouflage.

On trouve tout d’abord des cloches passives et des cloches actives, les premières étant en fait des prises d’air. Chaque ouvrage en comporte deux, une pour expulser l’air vicié et l’autre pour le renouveler. Quand aux cloches actives, elles ont un doubles rôle à la fois d’observation et de défense rapprochée mais également d’action de flanquement.

Les cloches actives se divisent en plusieurs catégories : cloches GFM, cloches pour mitrailleuses, cloches observatoires et cloches diverses.

-Le premier type de cloche que l’on peut décrire est la cloche GFM ou Guetteur et Fusil Mitrailleur.

C’est le type de cloche le plus courant car présent à un ou deux exemplaires sur l’ensemble des ouvrages, les exceptions étant peu nombreuses (pour le Nord-Est, seuls le Molvange bloc 5, le Hackenberg bloc 1 et le Mont-des-Welches bloc 3 n’ont pas reçu de cloche de ce type).

Cette cloche est équipée en permanence d’un fusil mitrailleur et participe aux tirs de l’ouvrage en cas d’attaque massive de l’ennemie. Elle sert aussi à abriter donc un guetteur chargé de la surveillance générale, du guêt.

Deux modèles ont été réalisé, le modèle 1929 ou type A équipé de trois à cinq créneaux pouvant recevoir un FM et un mortier de 50mm + différents modèles d’épiscopes et de périscopes.

Le deuxième modèle, le modèle 1934 ou type B aux parois plus épaisses et aux épiscopes plus solides, ce modèle étant dépourvu de support pour mortier de 50mm. A noter que quelques cloches type A ont été modifiées en type B.

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

Cloche pour Jumelage de mitrailleuses (JM)

-Le deuxième type de cloche est la cloche à mitrailleuses, terme qui recouvre trois types différents à savoir la cloche JM (jumelage de mitrailleuses) modèle 1930 avec deux mitrailleuses de 7.5mm utilisables en flanquement ou en tir frontal, la cloche pour armes mixtes modèle 1934 avec un canon de 25mm et un jumelage de mitrailleuses et enfin la cloche JM modifié AM où le jumelage d’origine est remplacé par un trumelage combinant un canon court de 25mm et deux mitrailleuses de 7.5mm, cette modification apportant une défense antichar dans certains intervalles jusque là battus uniquement par des mitrailleuses.

-En ce qui concerne les cloches observatoires, elles se répartissent en deux types, les cloches observatoires à vision périscopique (VP) ou plus nombreuses, les cloches observatoire à vision directe et périscopique.

Cloche à Vision Directe et Périscopique (VDP)

Cloche à Vision Directe et Périscopique (VDP)

-Pour finir, le domaine des cloches diverses, on trouve des cloches lance-grenades destinées
à abriter un mortier qui ne fût souvent jamais installée et enfin la cloche issue de secours.

Les ouvrages alpins utilisent certes les cloches décrites ci-dessus mais en raison des particularités géographiques, ils vont également utiliser des systèmes spécifiques notamment des cloches démontables en deux, trois ou quatre éléments d’une tonne, ces cloches démontables pouvant être à vision périscopique ou à vision directe.

*En ce qui concerne la tourelle, le système choisit pour la ligne Maginot est celui de la tourelle à éclipse, un système tout sauf neuf car déjà présent depuis 1905 sur les forts de Verdun. Les tourelles de la ligne Maginot sont donc une perfectionnement de leurs aïeules de Verdun.

En ce qui concerne les tourelles d’artillerie, quatre modèles existent : la tourelle de 75mm modèle 1933, une tourelle de 135mm modèle 1932, une tourelle de 81mm modèle 1932 et une tourelle de 75mm modèle 1932R alors que les tourelles d’infanterie sont armées uniquement de mitrailleuses sauf certaines équipées de canons de 25mm.

tourelle de 75mm modèle 1932R (Raccourci)

tourelle de 75mm modèle 1932R (Raccourci)

En ce qui concerne les Nouveaux Fronts, les ouvrages sont équipés de tourelle de 75mm modèle 1905R, non installées avant le premier conflit mondial (sur 73 commandées, 16 étant disponibles) et au final cinq tourelles furent installées. Douze tourelles furent modifiées avec un canon de 25mm et un jumelage de mitrailleuses. On trouve également une tourelle pour arme mixte et un mortier de 50mm.

Dans les Alpes, on trouve également deux tourelles de 155L, des tourelles appartenant au vieux fort Suchet et intégré à l’ensemble CORF du Barbonnet. Ces tourelles sont tournantes et non à éclipse.

Afin de conserver aux pièces tout leur champ d’action sans pour autant présenter des ouvertures béantes, il est nécessaire de recourir à un cuirassement spécifique appelé trémie qui obture entièrement la fente faite dans le béton moins la volée ou le canon de la pièce. La trémie apporte une sécurisation accrue et est nécessaire pour améliorer la surpression des ouvrages.

Pour ce qui est des pièces d’artillerie, la technologie choisie est une rotule coulissant dans une embrasure laissant passer la bouche de la pièce pour ce qui concerne les pièces tirant à un angle fixe (mortier de 81mm), les pièces mobiles recevant en plus un tourillonement pour manœuvrer la pièce.

Pour ce qui est des armes d’infanterie, le principe est voisin de celui des pièces d’artillerie mais avec une double différenciation : d’une part les fusils-mitrailleurs sont montés sur une rotule et d’autre part les jumelages de mitrailleuses et les canons antichars sur un créneau mobile s’encastrant dans une trémie en acier mobile. On trouve quatre modèles de trémies, modèles parfois adaptés aux considérations particulières de la géographie alpine.

*La fermeture des ouvrages et aux galeries est assuré par trois types de «portes» : les portes grilles, les portes étanches et les portes blindées non étanches. Ces deux dernières catégories se subdivisent également en deux variantes : portes roulantes et portes à gonds.

Pour simplifier, on peut dire que les grilles sont situées en façades d’ouvrages pour remplir un rôle de prise d’air. Elle évite une prise par surprise des accès tout en laissant parler l’air frais. Les portes blindées étanches sont munies d’un joint en cuir dont la compression est obtenue par serrage de verrous à excentriques. C’est une notice de janvier 1931 intitulée «Fermeture et défense des galeries donnant accès aux ouvrages de fortification» qui décrit les différentes portes de la Ligne Maginot.

-En ce qui concerne l’Entrée des Munitions (EM), elles sont fermées d’abord par des grilles à quatre vantaux (ouvrages de la première tranche) ou deux vantaux (autres ouvrages). Les portes étanches (2.50 ou 3.00×3.07m) sont au nombre de deux, formant SAS, leur taille variant en fonction du type d’entrée (type A ou type B)

-En ce qui concerne l’Entrée des Hommes (EH), cette dernière est barrée successivement par une grille en façade et une porte blindée étanche au fond d’un couloir en chicane. La largeur des couloirs variant, il existe deux types de grilles, la grille G type 9 (1.50m x1.95m) et la grille G type 9ter (1.00m x1.95m).
Pour ce qui est des portes étanches, il existe logiquement deux modèles, la porte G type 4 bis (1.50m x1.95m) et la porte G type 4ter (1.00 x1.95m).

-Pour les casemates, la disposition varie en fonction du type de casemate. Ceux des Anciens Fronts disposant d’une porte blindée étanche et d’une porte blindée non étanche alors que ceux des Nouveaux Fronts disposent d’une grille et d’une porte blindée étanche.

-Les galeries souterraines sont également équipées de portes blindées non étanches alors que les issues de secours sont fermées par une grille et une porte étanche.

Les dessous de la Ligne Maginot (1) : le stockage des munitions

Tout comme les entrées, l’aménagement des organes souterrains à tiré pleinement les leçons des bombardements du premier conflit mondial, la neutralisation des ouvrages de Liège et de Verdun étant encore dans tous les esprits. Parfaitement aménagées, aérées et ventilées, elles doivent protéger l’équipage des bombardements.

Le stockage des munitions a toujours été un problème vital de la fortification car il faut répondre au double problème d’avoir des munitions à proximité immédiate des pièces et les soustraire aux bombardements adverses. Dans les ouvrages CORF, le problème est résolu par la création de trois magasins différents : M1,M2 et M3.

Le magasin M1 situé non loin de l’entrée munitions est le magasin principal de l’ouvrage dans lequel sont stockées les différentes munitions dans des galeries généralement parallèles à la galerie principale avec une galerie extérieure en fer à cheval et des niches para-souffle situées aux extrémités de chaque cellule.

Douze ouvrages seulement seront équipés d’un magasin type M1 mais ne présentent pas le même état d’achèvement avec neuf cellules (Hackenberg), sept (Hochwald Simserhof), six (Métrich et Molvange), cinq (Bréhain, Rochonvilliers, Anzelig et Latiremont), trois (Fermont et Soetrich) et deux cellules (Galgenberg).

Le magasin M2 est un local plus spécialisé puisqu’il ne contient que les munitions propres à un bloc de combat. Il est situé au pied même des blocs de combat et se compose généralement de deux cellules séparées.

Les ouvrages d’artillerie ne possédant pas de magasin central M1 (dix dans le Nord-Est) comportent des magasin M1-M2 (cellule M1 : munitions en caisses, cellule M2 : munitions en châssis).

Le magasin M3 consiste en des armoires métalliques ou en bois, situées à proximité immédiate des pièces et servant de réserve pour le cas où l’approvisionnement viendrait à cesser. Les tourelles de 75mm disposent ainsi d’une réserve de 600 coups.

En outre, chaque bloc d’infanterie (d’un courage ou d’un PO) dispose d’un local souterrain, situé au pied de la cage d’escalier, où sont entreposées les caisses de cartouches.

Les dessous de la Maginot Line (2) : l’usine et les filtres

Pour que le fonctionnement de tous les matériels mis en oeuvre dans les ouvrages soit assuré en permanence, il est prévu que tous les ouvrages disposent d’une source d’alimentation propre constituée par un groupe de moteurs diesels destinés à produire le double de l’énergie nécessaire à chaque ouvrage.
Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que ces installations sont regroupés à proximité de l’Entrée des Hommes pour faciliter l’évacuation des gaz d’échappements. C’est également à proximité de l’EH que sont implantés les filtres destinés à éviter que l’air vicié par la fumée des bombardements et les gaz de combat n’empoisonnent l’équipage.

Les dessous de la Maginot line (3) : les logements, les cuisines, les sanitaires et les installations sanitaires

Comme les entrées et les galeries, les logements des équipages de la Ligne Maginot sont particulièrement soignés car les fantassins comme les artilleurs ou les sapeurs doivent pouvoir y vivre plusieurs semaines voir plusieurs mois dans des conditions confortables. Là encore, il est sur que l’expérience des tranchées à inspiré la CORF dans la conception des ouvrages.

Deux types principaux de casernement sont proposés par la CORF : des casernements parallèles à la galerie de l’Entrée des Hommes et un casernement dans l’angle des galeries de l’EH et de l’EM. Si le Nord-Est voit les casernements être des deux types, ceux des ouvrages alpins sont exclusivement du premier type.

Les chambres pour la troupe et les sous-officiers sont assez exiguës puisque conçues pour 18 hommes elles en accueilleront jusqu’à 32 ! Le principe de deux couchages pour trois hommes est retenu comme dans la marine ce qui explique peut être pourquoi dans les ouvrages des Nouveaux Fronts certaines chambres sont équipées de hamacs.

A ces logements s’ajoute naturellement des sanitaires (douches et latrines), des locaux de service général (poste de garde, salle de service et locaux disciplinaires) et les locaux annexes (magasins….)

Le casernement des officiers sont naturellement de taille plus réduite et comprennent une chambre pour le commandant d’ouvrage, un bureau, un poste téléphonique, des chambres (individuelles ou non), une salle de réunion servant aussi de mess, des sanitaires et des latrines.

L’infirmerie à pour mission d’assurer les premiers soins voir quelques interventions d’urgence, elle comporte des locaux techniques (salle de triage, salle de pansement, salle d’opération, pharmacie et bureau), diverses salles d’hospitalisation (chambres pour malades et pour blessés graves), des locaux destinés au personnel médical (chambres et magasins) et des locaux d’hygiène.

Rattachée à l’infirmerie mais dotée d’une entrée indépendante, une installation pour la désinfection des hommes atteints par gaz vésicants est prévue. Elle se compose d’une salle d’attente et de triage, d’une salle de déshabillage, d’une salle de douches, d’une salle de rhabillage et de bacs pour le stockage des effets souillés.

Dans les locaux destinés à l’alimentation, on trouve les cuisines troupes et officiers, divers magasins, une laverie, une réserve de vivres dite de sûreté (autonomie 45 jours). Si les officiers disposent d’un mess, les hommes de troupes doivent manger dans les blocs de combat et sur des tables rabattables dans les galeries. L’approvisionnement à également été soigné tant pour l’eau de boisson que pour le refroidissement des armes.

La majorité des gros ouvrages et quelques ouvrages de plus petite dimension sont équipés d’une issue secrète réalisée généralement par utilisation d’un puits de service. Cette issue secrète qui se greffe sur un des locaux de l’arrière (égout, galerie…..) débouche à l’air libre dans une zone discrète, située généralement entre les entrées et les blocs de combat.

Comme nous l’avons fait remarquer plus haut, la construction des galeries à été particulièrement soignée. Ces galeries servent à la circulation des hommes, des véhicules et supportent conduits d’évacuation des eaux usées, gaines électriques et téléphoniques………… . Ces galeries sont classées en sept types différents :

-Type I (H = 3.50m Largeur = 3.30m): galeries où peuvent circuler les trains utilisant le réseau ferré de 60 extérieur. Pas d’équipement électrique, garages en alignements droits ou en courbe.

-Type II (H = 3.35m Largeur = 3.05m) : galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter des pièces d’artillerie. Garages en alignements droits ou en courbe

-Type III (H = 3.10m Largeur = 2.15m): galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter des pièces d’artillerie. Garages en alignements droits ou en courbe

-Type IV (H = 3.10m Largeur = 1.65m) : galeries où peuvent circuler du matériel léger pour alimenter les ouvrages d’infanterie ou comme galeries principales pour les petits ouvrages. Garages en alignements droits uniquement.

-Type V (H = 2.50m Largeur = 1.50m): galeries desservant des antennes à faible circulation et comportant une voie de 60. Elles disposent d’un garage en cul de sac pour un wagonnet et des niches d’abri pour piéton

-Type VI (H = 2.35m Largeur = 1.20m): galeries desservant des antennes à faible circulation sans voie de 60. Pas de garages mais des niches à chariots ou à piétons.

Naturellement la défense de ces galeries est prévue. Pour contrer un coup de main ennemi qui aurait réussi par surprise à s’emparer des entrées, on trouve une porte blindée défendue par un blochkaus de défense intérieure avec un FM, la porte étant équipée également de créneaux de défense rapprochée.

Si l’ennemi est parvenu dans les galeries en neutralisant les blocs de l’avant, l’objectif est de stopper sa progression tout en ménageant la possibilité de reprendre la position. On trouve donc une porte blindée, des niches à mines qui en explosant bloque sa progression tout en limitant les dégâts pour ne pas empêcher la réutilisation ultérieure de la position.