Etats Unis (57) destroyers (17)

USS Lyman K. Swenson (DD-554)

USS Lyman K. Swenson (DD-729) 030146 2

-Le USS Lyman K. Swenson (DD-554) est mis en service le 17 mai 1950 après vingt mois de construction, la mise sur cale ayant eu lieu le 21 septembre 1948. Sans l’attaque japonaise, le destroyer aurait du être mis en service en décembre 1950.

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Etats Unis (53) destroyers (13)

USS Ammen (DD-518)

USS Ammen (DD-527) 8

-Le USS Ammen (DD-518) est mis en service le 28 juin 1947 après vingt-six mois de construction, la mise sur cale ayant eu lieu le 15 avril 1945.

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Etats-Unis (4) Géopolitique

GEOPOLITIQUE DES ETATS-UNIS

50 Etats ? Non 48

Si aujourd’hui, les Etats-Unis d’Amérique possèdent cinquante états plus le District de Columbia, quand éclate le second conflit mondial, il n’en possède que 48, Hawai et Alaska n’étant encore que des territoires, devenant respectivement les 49ème et 50ème Etat qu’en septembre 1954 soit à la fin du second conflit mondial.

La construction des Etats-Unis à été très progressive, s’étalant sur 171 ans des 13 colonies devenues les treize premiers états (et representés sur le drapeau par treize bandes rouges et blanches alternées) au quarante-huit états pour la période qui nous intéresse.

Sauf rares exceptions, dès qu’une zone était suffisament colonisée, elle devenait un territoire avant de se métamorphoser en état après un delai plus ou moins long.

Certains territoires ont été arrachés après une guerre comme la guerre avec le Mexique, annexés sur demande des habitants (Texas) ou achetés (Alaska). Certains états sont issus de partition comme la Virginie Occidentale abolitioniste qui se détacha de la Virginie esclavagiste.

-Les treize premiers états sont donc les treize colonies qui proclamèrent leur indépendance le 4 juillet 1776 devenue la fête nationale américaine (Independence Day), tous situés sur la côte est.

Ce sont les états du Delaware de Pennsylvanie, du New Jersey, de Géorgie, du Connecticut, du Massachusetts, du Maryland, de Caroline du Sud, du New Hampshire, de Virginie, de New York, de Caroline du Nord et de Rhode Island.

La fin du 18ème siècle voit l’admission de trois nouveaux Etats, les Etats du Vermont (ex-république créée en 1777), du Kentucky (qui se sépare de la Virginie) et du Tennessee qui lui s’était séparé de la Caroline du Nord.

La première moitié du dix-neuvième siècle, pas moins de quatorze états intègrent l’Union à savoir l’Ohio (1803), la Louisiane (1812), l’Indiana (1816), le Mississippi (1817), l’Illinois (1818), l’Alabama (1819), le Maine (1820 qui se sépare du Massachusetts), le Missouri (1821), l’Arkansas (1836), le Michigan (1837), la Floride (1845), le Texas (1845), l’Iowa (1846), le Wisconsin (1848) et la Californie (1850 qui intègre l’Union sans passer par la case territoire) portant à trente et un le nombre d’états.

Durant les années séparant l’Union de la déchirure de la guerre de Sécession, trois nouveaux états intègrent les EUA à savoir le Minnesota (1858), l’Oregon (1859) et le Kansas (1861).

Durant le conflit, la Virginie-Occidentale qui se sépare de la Virginie intègre l’union en juin 1863 suivit du Nevada le 31 octobre 1864.

Le rythme décroit ensuite avec l’intégration du Nebraska en 1867 puis du Colorado en 1876.

L’année 1889 est particulièrement riche puisque sont admis les 39ème, 40ème,41ème et 42ème soit le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Montana et l’Etat de Washington. Deux nouveaux états sont admis en 1890, l’Idaho et le Wyoming.

L’Utah est admis en 1896 suivit onze ans plus tard par l’Oklahoma qui est suivit cinq ans plus tard en 1912 par le Nouveau-Mexique et l’Arizona, les 47ème et 48ème Etats en attendant l’arrivée dans l’Union de l’Alaska et Hawaï. Régulièrement Porto Rico est considéré comme un potentiel 51ème état mais sans que le processus ne soit mené à son terme.

Territoires colonies et protectorats

-En excluant le statut très particulier du District de Columbia, siège du pouvoir fédéral, les Etats-Unis possèdent en 1948 un certain nombre de territoires, protectorats et colonies.

-On trouve tout d’abord Hawai et Alaska, des territoires qui attendent leur admission dans l’Union comme Etats mais leur éloignement tout comme leur poids démographique faible n’incite guère à une admission rapide.

-Ce sont également les «produits» de la guerre contre l’Espagne avec la possession de Porto-Rico, territoire associé aux Etats-Unis, de Guam et des Phillipines, l’immense archipel devenant indépendant en 1945 avec une défense comme on l’à vu assurée par les américains en attendant que l’armée phillipine soit en mesure de le faire ce qui ne sera pas le cas avant le début du second conflit mondial.

-Cette volonté d’expansion coloniale répond à la fois au crédo de la Destinée Manifeste (Manifest Destiny) mais également au besoin d’une soupape de sécurité, la fermeture de la frontière en 1890 faisant craindre à certains une recrudescence des tensions sociales et le risque de troubles en l’absence de terres vierges à cultiver et à mettre en valeur.

-Ce n’est pas un hasard si en 1883 le New Navy Act marque l’entrée de l’US Navy dans la modernité et que sept ans plus tard, Alfred T. Mahan publie «The influence of sea power upon history 1660-1783» qui est considéré comme la base intellectuelle et théorique de la future thalassocratie américaine.

-Tout comme les britanniques, leurs cousins, les acquisitions américaines répondent à des besoins stratégiques et non à une volonté d’acquérir des territoires pour des territoires. L’achat de l’Alaska et l’annexion de Midway en 1867 en est la preuve tout comme le contrôle du canal de Panama, l’intégration de la République d’Hawai comme territoire en 1898 ou encore l’achat des Iles Vierges au Danemark en 1917.

L’Isolationisme

James Monroe (1758-1831), cinquième président des Etats-Unis (1817-1825)

-La doctrine Monroe de 1823 était destinée à empêcher la reconquête par l’Espagne et le Portugal de leurs colonies révoltées d’Amérique Latine. En échange, les américains renoncent à intervenir dans les affaires européennes ce qui est un état de fait lié à la puissance limitée des jeunes Etats-Unis.

-Fort occupés avec la Conquête de nouveaux territoires, les Etats-Unis s’occupent peu des affaires européennes.

-L’engagement des Etats-Unis dans le premier conflit mondial est une véritable parenthèse causée par la guerre sous-marine à outrance déclenchée par l’Allemagne.

-Certes le président Wilson participe à la Conférence de Paris aboutissant au traité de Versailles, propose un mode de résolution des conflits (déclaration des quatorze points janvier 1918) mais échoue à convaincre les Etats-Unis de participer à la Société des Nations.

-Les Etats-Unis retournent à leur splendide isolement qui va durer près de trente ans avec de timides ouvertes vis à vis de l’Europe.

Avec les alliés

-Relations particulières avec la Grande-Bretagne, l’ancienne puissance coloniale. Il y eut certes la guerre de 1812 (1812-1815) mais passée cela, il y à une véritable relation spéciale entre Washington et Londres, la capitale britannique dans les moments de tension avec Paris rappelant qu’elle préférerait toujours le grand large au continent.

Il y eut également des tensions au moment des discussions concernant les limitations des armements navals.

-En dépit de l’isolationisme, des discussions ont lieu pour anticiper un possible conflit et une alliance américano-britannique.

-Des équipes d’inspection américaines visitent ainsi des bases britanniques et françaises pour préparer le possible déploiement de navires américains.

-Avec la France, les relations sont sans chaleur et sans aménités même si le personnage de La Fayette rappelle à Washington le concours décisif de la France dans son indépendance.

-Les commandes militaires françaises participent grandement à la montée en puissance du Complexe Militaro-Industriel (CMI), de nouvelles usines sont construites, des technologies nouvelles sont également dévellopées, les historiens estiment que les commandes françaises et britanniques ont fait gagner un à deux ans à l’armée américaine.

-Sur le plan plus militaire, les travaux de la base navale de Fort de France-Schoelcher sont d’abord vus avec méfiance par Washington avant que Paris ne réussisse à convaincre Washington de l’utilité de cette base pour sécuriser les approvisionements pétroliers ainsi que la défense lointaine du canal du Panama.

-Même chose en Nouvelle-Calédonie où le port de Nouméa et la base aéronavale de Nouméa-Tantouta pourraient accueillir avions et navires américains destinés à défendre les communications avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, une division d’infanterie pouvant aussi renforcer les moyens de défense du caillou.

-Guère de relations avec l’URSS

Avec les ennemis potentiels

-Bien que Roosevelt soit conscient du danger nazi, la priorité en matière de défense c’est le Japon, le concurrent des Etats-Unis pour le contrôle du Pacifique.

-Cette rivalité remonte en 1905 quand l’élimination de la Russie laisse le Japon et les Etats-Unis seuls pour le contrôle de cet immense océan.

-Le traité anglo-japonais de 1902 rendait de toute façon quasi-impossible un conflit entre Washington et Tokyo.

-A cette rivalité géographique s’ajoutait la rancoeur nippone vis à vis des Etats-Unis qui étaient accusés d’avoir limité les fruits politiques de la victoire dans la guerre russo-japonaise, Théodore Roosevelt ayant servit de médiateur entre le tsar et l’empereur.

-Une course aux armements navals est lancée en 1916, course aux armements stoppée par le traité de Washington en 1922 qui consacre la suprématie anglo-saxone et minore la puissance japonaise, Londres sacrifiant son alliance de 1902 de toute façon plus aussi utile qu’avant.

-La guerre n’est qu’une question de temps, une guerre essentiellement navale avec une «bataille décisive» censée se dérouler entre Okinawa et les Phillipines.

-Avec l’Allemagne, les Etats-Unis passe d’une neutralité stricte à une neutralité plus souple liée à l’arrivée au pouvoir de Charles Linbergh.

Ce républicain farouche isolationiste refuse de se laisser entrainer dans une future guerre européenne.

Ses sympathies pour le nazisme inquiètent et le projet d’une alliance germano-américaine redoutée dans les chancelleries même si la révélation d’un accord informel en septembre 1945 se révéla être un mensonge monté de toutes pièces par un journaliste new-yorkais, Angus Mack, journaliste en mal de notoriété.

Avec les neutres

-Les Etats-Unis envisagent une Ligue des Neutres en cas de conflit pour maintenir une liberté de navigation du commerce en cas de conflit en Europe. Ce projet ne va cependant pas dépasser le stade du projet.

Etats Unis (2) Histoire (1)

HISTOIRE DES ETATS-UNIS

Les prémices : colonisation et indépendance

C’est au 17ème siècle que le peuplement de l’Amérique du Nord commença sous l’impulsion de l’Angleterre. Les premières implantations ont lieu dans l’actuelle Virginie (terre ainsi nommée en l’honneur de la reine vierge Elisabeth 1ère) et la première colonie Jamestown (en référence à King James I, Jacques 1er de Grande-Bretagne) est fondée en 1607 treize ans avant l’épopée des pèlerins du Mayflower, apport symboliquement fort mais anecdotique sur le plan pratique.

Le Mayflower

Les colonies se développent sur la côte est, les Appalaches formant à l’époque une barrière infranchissable, une véritable frontière.

Peu à peu en dépit d’une communauté de culture avec la Grande-Bretagne, les treize colonies prennent conscience de leur spécificité, de leur singularité.

Les treize colonies ne sont pas identiques, elles peuvent être divisées en trois groupes avec du nord au sud la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Massachusetts Connecticut Rhode Island) puritaine et plutôt «démocratique» au sein de communautés aux particularismes importants, un espace intermédiaire sans identité forte (New-York New Jersey Delaware Pennsylvanie) et un sud aristocratique où une minorité blanche gère ses plantations peuplées d’esclaves (Maryland Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Georgie).

L’élément déclencheur c’est la question de la représentation. Les treize colonies n’envoient aucun représentant à Westminster ce qui n’empêche pas Londres de taxer les colonies et de les empêcher de se livrer au commerce avec tous les pays.

La révolte éclate sous les cris de «pas d’impôts sans représentation.», marquant le début d’une guerre de huit ans qui aboutit à l’indépendance des treize colonies.

La guerre éclate le 19 avril 1775 avec une première victoire à Lexington, les milices des Etats parvenant à s’opposer et à vaincre des détachements britanniques faibles en nombre. Boston est prise le 17 mars 1776 et le 4 juillet, le Congrès réunit à Philadelphie proclame l’indépendance des treize colonies.

Tableau représentant la déclaration d’indépendance américaine

Les britanniques réagissent et envoie l’élite de l’armée britanniques qui débarque dès le mois de juin, s’emparant de New York et enchaînant les victoires au point de démoraliser profondément l’armée continentale (Continental Army), sapant l’autorité de George Washington. La victoire de Trenton contre les hessois n’est qu’une brève parenthèse dans un océan de défaites.

George Washington, commandant en chef de la Continental Army et futur premier président des Etats-Unis

En 1777, l’arrivée du marquis de La Fayette marque le début de l’engagement français, engagement timide et clandestin avec essentiellement de la fourniture d’armes. Les victoires britanniques pourtant s’enchainent, Philadelphie étant prise en juin mais en octobre, la victoire américaine à Saratoga encourage la France à s’engager clairement dans la guerre.

Après le terrible hivernage à Valley Forge, l’arrivée promise des premiers soldats français allait rétablir un certain équilibre bien que l’entraînement mené par La Fayette et le baron prussien Von Steuben améliora considérablement le niveau de la Continental Army.

Le Marquis de La Fayette futur « Héros des Deux Mondes »

En dépit de ces renforts et de l’action de la Royale contre la Royal Navy, la guerre resta longtemps indécise, les franco-américains échouant à s’emparer de Savannah et son battus à Camden après la prise de Charleston par les britanniques.

Von Steuben

Le 11 juillet 1780, le corps expéditionnaire français dirigé par Rochambeau débarque à Newport, la guerre prenait clairement la tournure d’un conflit conventionnel avec deux armées de métier face à face.

Au printemps 1781, la flotte française dirigée par le comte De Grasse et venue des Antilles reçoit l’ordre de Washington et de Rochambeau d’assurer le blocus de la baie de Chesapeake en Virginie où se trouvaient concentrée l’armée du général Cornwallis bientôt assiégé à Yorktown.

Lord Cornwallis se rend marquant la fin de la guerre d’indépendance américaine

Après la victoire de la flotte française en baie de Chesapeake le 5 septembre, Cornwallis compris qu’il ne pourrait recevoir de renforts et c’est la mort dans l’âme qu’il capitule le 19 octobre, marquant un tournage majeur de la guerre qui aboutit au traité de Paris du 3 septembre 1783 reconnaissant l’indépendance des treize colonies sous le nom des Etats-Unis d’Amérique.

Ce traité offre au nouvel état (qui adopte une constitution fédérale en 1787) des territoires à l’ouest des Appalaches jusqu’au Mississippi, des territoires que l’Etat fédéral va se charger de mettre en valeur. C’est le début de la conquête de l’ouest, du Far West, de l’ouest sauvage mythifié au cinéma, marquant la naissance du mythe du pionnier et de la Frontière.

Les Etats-Unis ou les Etats désunis ?

Jeune nation, les Etats-Unis apprennent à gérer les querelles politiciennes sur l’avenir du pays tout en gérant des querelles extérieures comme la Quasi-Guerre avec la France (1797-1801) ou plus grave la guerre de 1812 (18 juin 1812-18 février 1815) contre la Grande-Bretagne, ce conflit méconnu en France étant souvent considéré comme une deuxième guerre d’indépendance.

En dépit d’un conflit armé, les relations entre Washington et Londres se normalisèrent rapidement en raison d’une communauté culturelle entre les deux nations et les maladresses de la France révolutionnaire qui débouchèrent sur la Quasi-Guerre, un conflit non déclaré entre 1799 et 1802.

Cela n’empêcha pas les pommes de discorde entre les deux pays notamment la question frontalière entre les Etats-Unis et la colonie britannique du Canada, la gêne au commerce américain entrainé par les guerres napoléoniennes et l’enrolement forcé de marins américains dans la Royal Navy.

Ce conflit se déroula sur mer avec un affrontement acharné entre corsaires recrutés par les deux camps, dans la région des Grands Lacs et dans le sud des Etats-Unis dans ce qui fût jadis la Louisiane Française.

Ce conflit se termina par le traité de Gand signé en 1815 qui marqua la fin des tentatives américaines d’annexer les colonies britanniques du Canada et une meilleure délimitation de la frontière entre les Etats-Unis et ce qui n’est pas encore le Commonwealth du Canada.

En effet, la Louisiane n’était plus française («Ils sont américains elles sont américaines la faute à qui donc la faute à Napoléon»), l’immense territoire conquis par Cavalier de La Salle au 17ème siècle ayant été vendu pour 15 millions de dollars en 1803, doublant la superficie du jeune état.

En 1819,la Floride espagnole est acquise et quatre ans plus tard la doctrine Monroe balise les bornes de la politique extérieure américaine qui s’interdit de participer aux affaires européennes, interdisant aux puissances européennes de se mêler aux affaires américaines alors que les colonies portugaises et espagnoles avaient fraîchement acquis leur indépendance.

La conquête de l’Ouest commence vraiment après 1830, le Missouri est franchit dès 1840. C’est alors qu’apparait le terme de «destinée manifeste», les Etats-Unis sont destinés à s’étendre jusqu’au Pacifique au détriment du Mexique, la guerre americano-mexicaine se termine en 1848 par l’annexion de vastes territoires qui devinrent les états d’Arizona, du Colorado, de la Californie, du Nevada, du Nouveau Mexique et de l’Utah.

Alors que les Etats-Unis ont triplé leur superficie passant à 7 millions de kilomètres carrés sur la période 1803/1853, les dissensions internes commencent leur action dissolvante. Si la question de la répartition des pouvoirs était globalement tranchée, l’esclavage était un véritable abcès qui formait une séparation de plus en plus nette entre un Nord industriel et un Sud à l’économie de plantations, économie basée sur l’esclavage.

Cette querelle concernait moins les états constitués que les nouveaux territoires, chaque camp esclavagiste contre abolitioniste voulant faire basculer ces territoires de leur côté.

L’élection du républicain Abraham Lincoln en novembre 1860 met le feu aux poudres. Réputé pour être un abolitionniste enragé, il fait craindre aux états sudistes qu’il n’abolisse l’esclavage alors que les états abolitionnistes étaient devenus majoritaires.

Dès le mois de décembre 1860, la Caroline du Nord fait secession suivit de nombreux autres états, le conflit démarrant en avril 1861 quand l’artillerie confédérée ouvre le feu contre Fort Sumter le 12 de ce mois.

Sur le papier, le Nord doit tout écraser, il est plus peuplé, dispose des principaux ports, de l’industrie face à un Sud trois fois moins peuplé (9M contre 25).

La guerre s’annonce rapide mais le Sud qui se bat pour la survie de son mode de vie se montre un adversaire redoutable. Les militaires du sud ne sont pas forcément meilleurs que les généraux nordistes mais les premiers semblent se battrent pour une cause, leurs hommes sont motivés alors qu’au nord les généraux sont choisis pour des raisons politiques et que les milices ne semblent guère motivées pour se battre longtemps.

Peu à peu le poids du Nord va faire la différence. Le Sud manque d’industries, est de plus étranglé par le blocus nordiste, les exploits du CSS Albama et d’autres forceurs de blocus sont de véritables victoires à la Pyrrhus.

Avec des chefs comme Sherman et Grant, les nordistes disposent enfin de généraux à la hauteur des généraux sudistes. La chute de La Nouvelle Orléans le 1er juillet 1862 prive le Sud du Mississippi. La bataille de Gettysburg en juillet 1863 n’est pas décisive mais le Sud comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre.

Le 9 avril 1865, Lee capitule à Appomatox. 175000 hommes se rendent. 620000 hommes sont morts dans les deux camps, majoritairement de maladie comme les guerres de jadis bien que la guerre civile américaine soit le premier conflit industriel avec l’utilisation massive du télégraphe, du chemin de fer, le premier combat entre cuirassés, le sous-marin….. .

Le Sud ravagé est soumis à une véritable occupation militaire par le nord, provoquant un traumatisme qui marque encore le sud aujourd’hui. L’esclavage est aboli mais les noirs doivent attendre encore pour être considérés comme égaux aux Blancs.

Industrialisation Conquête de l’Ouest et Colonisation

Dès 1868, le Nord se désintéresse du sud et jette son regard vers l’ouest. C’est le début réel de la conquête de l’Ouest, du Far West magnifié par la littérature et le cinéma. Dès 1869, le chemin de fer permet de relier la côte ouest à la côte est. Cette conquête se fait au détriment des indiens, massacrés puis rassemblés dans des réserves. La conquête s’achève en 1890.

Parallèlement à la conquête de l’ouest, les Etats-Unis connaissent une formidable industrialisation notamment du Nord-Est longtemps le poumon économique avec la sidérurgie puis l’automobile, les chantiers navals et le textile.

Ce dévellopement continu s’appuie sur une formidable immigration, 14 millions d’Irlandais, d’Italiens, de Polonais, de Tchèques, de Russes…. s’installent aux Etats-Unis entre 1860 et 1900.

Comme précédement en Europe, les conditions de vie du prolétariat sont misérables. Il faudra attendre 1886 pour que soient créées les premiers syndicats.

Pays jeune et vigoureux, les Etats-Unis se cherchent désormais un but, une mission maintenant que la Frontière à été atteinte.

Comme beaucoup de pays, Washington se tourne vers l’outre-mer et la conquête de colonies, la guerre de 1898 contre l’Espagne étant un tournant dans l’histoire américaine.

Elle marque l’entrée des Etats-Unis d’Amérique dans le concert des nations. C’est le résultat également de la modernisation de l’US Navy qui passe du 12ème rang mondial en 1883 au 6ème en 1906.

Face à elle l’Espagne en déclin, disposant de moyens militaires insuffisants, une guerre rapide qui aboutit à la mise sous protectorat de Cuba, la conquête des Phillipines, de Guam, de Porto Rico.

La même année, Hawai est annexée aux Etats-Unis mais il faudra attendre le 20ème siècle pour qu’Hawai comme l’Alaska (achetée à la Russie en 1867) deviennent des Etats à part entière.

Les Etats-Unis resteront cependant des impérialistes coloniaux modestes car la révolte aux Phillipines (1899-1902) refroidit bien des va-t-en-guerre. En 1903, il favorise la sécession du Panama de la Colombie pour permettre l’achèvement du canal transocéanique de Panama et en 1917 les Iles Vierges danoises sont achetées au Danemark.

En 1935, décision est prise d’accorder d’ici 1942 l’indépendance aux Phillipines. La date est repoussée en 1945.

Le Commonwealth of Phillipines est proclamé le 14 mars 1945. Les Etats-Unis disposent cependant de pouvoirs importants et assurent la défense du pays. Théoriquement en 1950, les troupes américaines devaient partir à l’exception des bases aériennes et des bases navales de Subic et de Cavite mais comme le second conflit mondial à éclaté entre-temps, ce départ est repoussé sine die.

Cuba reste un protectorat américain à l’indépendance toute relative, Guam et Porto-Rico des territoires.

Les Etats-Unis au vingtième siècle (1) (1900-1919)

Théodore Roosevelt

-Durant cette période, quatre présidents se succèdent, William McKinley (1897-1901, troisième président américain assassiné après Garfield et Lincoln), Théodore Roosevelt (1901-1909), William Taft (1909-1913) et Woodrow Wilson (1913-1921), les trois premiers sont républicains, le dernier démocrate.

-Période d’expansion coloniale et industrielle

-La vie politique est dominée par les républicains puisqu’ils occupent la Maison Blanche pendant plus de quinze ans, l’élection du démocrate Wilson marquant le retour des démocrates au pouvoir suprème.

-1903 : Fidèle à sa théorie du Big Stick (gros baton) Théodore Roosevelt favorise en sous-main la sécession du Panama faute d’accord avec la Colombie sur la reprise des travaux du canal interocéanique dont les travaux initiés par Ferdinand de Lesseps déclenchèrent par ricochet le scandale de Panama.

-Deux ans plus tard, Théodore «Teddy» Roosevelt joue les médiateurs dans le conflit russo-japonais mettant en branle sans le savoir le mécanisme qui allait conduire quatre décennies plus tard au volet américano-nippon du second conflit mondial, une partie des élites japonaises estimant que les américains les ont privés des fruits politiques et économiques d’une victoire militaire incontestable.

-Passionné de grands espaces, le 26ème président des Etats-Unis favorise les premières mesures écologiques comme la création de parcs naturels. Il favorise aussi la puissance navale américaine en faisant voter les financements nécessaires à la constitution d’un puissant corps de bataille.

L’épopée de la «Grande Flotte Blanche» (The Great White Fleet) (1907-1909) qui effectue un tour du monde est à mettre à son crédit faisant comprendre au monde que l’US Navy était désormais une force avec laquelle il fallait compter.

The Great White Fleet

-1912 : les territoires de l’Arizona et du Nouveau-Mexique deviennent des Etats à part entière, les 47ème et 48ème, cinq ans après l’Oklahoma et seize ans après l’Utah. Il faudra attendre plus de quarante pour que de nouveaux états accèdent à l’Union, l’Alaska et Hawaï devant attendre la fin du second conflit mondial pour devenir des états à part entière.

-Quand éclate le premier conflit mondial en août 1914, les américains réaffirment leur neutralité, refusant de prendre partie entre la Triplice et la Triple Entente, entre les Alliés et les Empires Centraux.

-Attachés à la liberté du commerce, ils pestent et protestent contre les restrictions imposées par le blocus britannique contre l’Allemagne. Ils ne vont cependant pas jusqu’à déclarer la guerre à leur ancienne puissance tutélaire.

-Après son échec (victoire tactique et défaite stratégique) au Jutland, l’Allemagne abandonne la guerre navale traditionnelle celle des grandes escadres au profit de la guerre sous-marine, mettant tout le poids de l’économie dans la fabrication de sous-marins et décident la guerre sous-marine à outrance (janvier 1917).

-Le 23 février 1917 alors que la guerre sous-marine fait rage depuis un mois, le ministre des affaires étrangères britanniques lord Balfourd communique au président Wilson le contenu d’un télégramme envoyé par le ministre des affaires étrangères allemand, Zimmerman à son ambassadeur à Mexico.

Ce dernier autorise son représentant dans la capitale mexicaine à négocier une alliance politique et militaire promettant de faire la guerre et la paix ensemble, un soutien financier et surtout un soutien pour la reconquête des territoires perdus lors de la guerre mexicano-américaine.

Le 2 avril 1917, Woodrow Wilson demande au Congrès de reconnaître l’état de guerre entre l’Allemagne et les Etats-Unis ce qui est chose faite le 6 avril 1917.

-Cette entrée en guerre parachève un engagement de plus en plus prononcé depuis 1914 avec non seulement les commandes de l’Entente mais également l’engagement de volontaires dans l’armée britannique ou française, cinquante américains intégrant la Légion Etrangère sans oublier la fameuse Escadrille Lafayette.

-Malgré sa puissance industrielle, les Etats-Unis qui ne disposaient à l’époque que d’une armée de taille réduite ont besoin de plusieurs mois pour jeter tout leur poids dans la bataille. On se souvient de la phrase du général Pétain qui déclara «J’attends les américains et les chars».

-Les allemands aussi, tentant au printemps 1918 le tout pour le tout en lançant leur offensive de printemps qui est en passe d’obtenir la victoire. Son échec et le début de l’offensive des 100 jours marque le début de la fin pour l’Allemagne qui allait aboutir à l’Armistice de Rethondes.

-Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson propose les bases d’un réglement du conflit (les quatorze points) avec notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ce qui enterre les derniers espoirs d’un maintien en état de l’Autriche-Hongrie.

-La première division arrive en France en juin 1917 en l’occurence la 1st Infantry Division (The Big Red One) suivit de cinquante-huit autres, vingt à partir de l’armée d’active, dix-sept à partir de la Garde Nationale et vingt-deux à partir de la mobilisation.

Quand à l’United States Army Air Service créé le 24 mai 1918, il va mettre en œuvre 45 squadron et 740 appareils.

-L’US Navy n’est pas en reste participant à la protection des convois contre les sous-marins allemands, déployant une division de cuirassés au sein de la Home Fleet, la 9th Battleship Division (USS New York,USS Florida, USS Delaware et USS Wyoming) qui permet aux anglais de désarmer des cuirassés anciens et de libérer des équipages expérimentés pour la protection des convois.

Le premier engagement à lieu dès le mois de novembre 1917 mais il faut attendre le printemps 1918 pour que le poids américain se fasse sentir. Si les Marines s’illustrent dans le Bois de Belleau (6 au 22 juin), les unités de l’Armée de terre s’illustrent surtout dans la seconde bataille de la Marne.

-Sans l’Armistice de novembre 1918, les forces armées américaines auraient mené avec les troupes françaises une offensive majeure en Lorraine, l’American Expeditionnary Force ayant Metz _ville natale de La Fayette_ pour objectif.

-Au final, les forces armées américaines ont mobilisé durant le premier conflit mondial 4.3 millions d’hommes. 126000 ont été tués (combat et la grippe espagnole), 234000 blessés, 4526 portés disparus et 2450 faits prisonniers.

-Tout comme la France, les Etats-Unis choisissent un soldat inconnu qui enterré dans le cimetière national d’Arlington (Virginie) symbolise le sacrifice des Sammies, la cérémonie officielle ayant lieu en octobre 1921 à Chalons sur Marne, le corps étant inhumé en Virginie le 11 novembre 1921, cet homme ayant été rejoint depuis par un soldat inconnu de chaque conflit auxquels ont participé les Etats-Unis (second conflit mondial, première et deuxième guerre du Vietnam).

-Le coût est bien évidement financier, les Etats-Unis deviennent les créanciers du monde, la France et la Grande-Bretagne ayant massivement emprunté pour financer un conflit toujours plus coûteux.

Ces dettes vont empoisonner les relations entre américains et européens, Washington poussant dans le sens d’un assouplissement des réparations, oubliant un peu vite que les français notamment comptaient sur ses réparations (132MM de mark-or) pour rembourser les américains.

Selon une étude récente, la première guerre mondiale aurait coûté 551 milliards de $ au cours actuel (33MM au cours de 1918) et la dette est passée de 3.6 milliards en 1914 à 27 milliards en 1918.

-Si les américains font partie des vainqueurs, ils échouent à sortir de leur isolationisme. Suite à un vote hostile du Sénat, on aboutit à un paradoxe amer : le pays promotteur de la SDN (Société des Nations) refuse d’y participer ce qui d’entrée affaiblit grandement l’organisme.

Grande Bretagne (84) Armée de terre (8)

Matériel de l’Armée Britannique (5) Artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’évolution du matériel militaire répond à la loi classique action/réaction. Dès que des moyens, des vecteurs de reconnaissance ont pris l’air, l’ennemi à cherché à les abattre.

Dès Fleurus (1794), l’ennemi à essayé de crever cet oeil indiscret mais sans réel succès jusqu’à l’arrivée des plus lourds que l’air, des avions qui renvoyèrent au rang d’antiquités militaires les ballons et autres dirigeables d’observation.

Vecteur de reconnaissance dans un premier temps, l’avion ne tarda pas à être utilisé pour le combat bombardant les positions ennemies et attaquant ses homologues adverses d’abord à la carabine puis à la mitrailleuse.

Face à cette menace venue du ciel, la parade fût toute trouvée : pointer une mitrailleuse ou un canon à tir rapide vers le ciel.

Le premier conflit mondial s’achève sans qu’une arme spécialisée soit mise au point pour contrer l’aviation, les mitrailleuses légères utilisées ayant été mises au point pour le combat terrestre et les canons sont des adaptations de canons terrestres comme le “75” français véritable couteau suisse de l’artillerie française.

Avec l’augmentation des performances des avions ces expédients ne suffisent plus, des armes spécialisées doivent être mises au point. Si les mitrailleuses lourdes (calibre de 10 à 15mm) sont encore efficaces, les mitrailleuses légères d’un calibre de 7 à 9mm sont inefficaces au delà de la psychologie.

L’armement antiaérien en raison de l’échec des roquettes sol-air se compose exclusivement de canons, des canons antiaériens légers de 20 à 45mm, des canons médians d’un calibre compris entre 50 et 80mm et enfin des canons lourds d’un calibre allant globalement de 90 à 128mm.

Sans qu’il y ait de cloison étanche, on remarque que les unités de mélée disposent des pièces légères pour se protéger des bombardiers attaquant à basse et moyenne altitude alors que les canons médians et lourds sont davantage tournés vers la protection de l’arrière.

Ce choix s’explique à la fois par les besoins de ces unités de combat les menaces auxquelles elles font face (plus des bombardiers en piqué et des bombardiers légers que des bombardiers lourds lachant à haute altitude des tapis de bombes) mais également par de basses raisons pratiques, un canon lourd nécessite beaucoup de personnel, est lourd, encombrant et peu mobile.

L’armée britannique ne fait pas exception, utilisant essentiellement des Oerlikon et des Polsten de 20mm, des Bofors de 40mm pour la protection de ces unités de mêlée alors que l’arrière est protégée essentiellement par des pièces de 3 pouces (76.2mm), des pièces de 3.7 pouces (94mm), des canons de 4.5 pouces (114mm) et enfin des canons de 5.25 pouces (133mm).

Si les deux premiers des canons lourds sont utilisés sur des affûts mobiles permettant en théorie de suivre les troupes de première ligne, les deux derniers issus de l’artillerie navale sont utilisées davantage sur des emplacements fixes pour protéger des cibles à très haute valeur, cibles politiques, militaires et industrielles.

Sur le plan des structures, les divisions disposent d’un régiment antiaérien équipé de pièces de 20 et de 40mm (après avoir été un temps équipé uniquement de canons de 40mm), les brigades d’un bataillon antiaérien.

Pour la défense de l’arrière, on trouve douze divisions antiaériennes équipées de pièces médianes et lourdes (quelques pièces légères assurent la protection rapprochée des pièces lourdes), de projecteurs et de ballons de barrage.

Dépendant d’un Un Anti-Aircraft Command elles sont donc à but territorial, peu mobiles et peu souples d’utilisation. Elles sont donc réorganisées au printemps 1945, chaque division disposant de trois brigades totalement autonomes capables de protéger seules un secteur.

Si huit divisions sont déployées sur le territoire britannique (quatre en Angleterre, une en Irlande du Nord, une au Pays de Galles et deux en Ecosse), une est déployée en Egypte, une en Palestine mandataire et deux en Malaisie.

Pour couvrir le BEF, quatre brigades sont déployées sur le continent, renforçant par la même occasion l’action de la DAT française.

Canon de 20mm Oerlikon

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Si le canon de 20mm Oerlikon est une arme suisse tellement exportée qu’elle allait être utilisée par les deux camps durant le second conflit mondial, il à pour origine un canon allemand, le Becker utilisé à la fin du conflit par des avions allemands et comme arme antiaérienne.

Le traité de Versailles interdisant toute recherche en matière militaire, les ingénieurs allemands s’installent en Suisse, en Suède, aux Pays-Bas et dans d’autres pays pour continuer leurs travaux.

Les plans du canon Becker furent transférées à la firme SEMAG mais cette dernière fit faillite en 1924 et la firme Oerlikon récupéra les plans, les machines et les employés de la SEMAG pour continuer à produire un canon de 20mm qui n’était plus identique au Becker, utilisant par exemple une cartouche différente du Becker et du SEMAG L.

Des nouveaux modèles apparaissaient régulièrement, l’année 1935 voyant la mise en service d’un canon destiné aux avions de combat, différentes variantes s’adaptant aux désidératas des clients.

La firme Oerlikon ne tarda pas à vendre des licences de fabrication comme à la firme française Hispano-Suiza, à l’allemande Ikaria, au Japon mais également à la Grande-Bretagne d’abord au sein de la Royal Navy (après une longue résistance) puis au sein de la Royal Air Force et de la Royal Army. Les premiers canons sont produits directement en Suisse avant qu’une chaine de montage ne prenne le relais au printemps 1941, les premiers Oerlikon made in Great Britain sortant des chaines de montage à l’été.

Si à bord des navires il était utilisé en affûts simples, doubles et quadruples, à terre, il était utilisé depuis un affût léger équipé de deux roues qui se relevaient au moment du tir pour permettre à l’affût de reposer au sol et d’être plus mobile. Quelques canons étaient montés sur des camions mais leur utilisation était plus anecdotique qu’autre chose.

Ce n’est qu’au cours du conflit que se généralisa les SPAAG (Self Propelled Anti-Aircraft Gun), le canon antiaérien automoteur, le plus courant étant un châssis de Cruiser avec un affût quadruple de 20mm redoutable en antiaérien comme contre des cibles terrestres peu protégées.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Oerlikon

Poids (sans munitions) 480kg Longueur du canon : 1.40m Cadence de tir théorique : 450 coups/minute (120 en pratique) Portée maximum pratique : 3000m Alimentation : chargeurs de soixante coups

Canon de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Es-ce une déformation liée à la tradition horlogère ? Je ne le sais mais ce qui est certain c’est que le Oerlikon était une arme complexe à fabriquer avec pas moins de 250 pièces ce qui la rendait onéreuse.

En temps de paix c’est déjà un problème mais en temps de guerre c’est un problème qui devient aigu.

Avec la chute de la Pologne en octobre 1939, de nombreux ingénieurs polonais avaient fuit leur pays pour la France et la Grande-Bretagne, mettant leurs compétences au service des firmes britanniques, retrouvant d’autres exilés, les tchèques.

Certains se retrouvèrent à travailler chez John Inglis sur un canon de 20mm moins onéreux que le Oerlikon ce qui explique une grande résistance à la mise en fabrication en très grande série.

Alors que les premiers prototypes de ce canon qu’on appelerait aujourd’hui low cost apparaissent dès le printemps 1942, la fabrication n’est lancée qu’en 1945, les premiers exemplaires de série ralliant les unités à la fin de l’année.

Les deux modèles de canons continuèrent à être produits durant le conflit avec l’Oerlikon réservé à la marine britannique alors que les Polsten équipait l’armée de terre et la Royal Air Force.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Polsten

Poids à vide : 57kg Longueur totale : 2.1m Longueur du tube : 1.45m Portée maximale : 1000 à 2000m Cadence de tir : 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de trente ou de soixante coups.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

A l’origine de ce canon mythique encore en service en 2015 figure une demande de la marine suédoise. Cette dernière avait acquis un certain nombre de 2 Pounder (les fameux Pom-Pom) en 1922 et cherchait à les remplacer par une arme plus efficace. Pour cela un contrat de développement est signé avec la firme Bofors fin 1928.

A l’époque des essais menés par Bofors pour mettre au point un nouveau canon antiaérien, la firme allemande Krupp prit un tiers du capital de la firme suédoise, apportant savoir-faire et ingénieurs mais le projet de canon de 40mm resta caché aux techniciens allemands.

Un prototype sort des usines en novembre 1931 après trois ans de dévellopement mais les essais vont se poursuivre jusqu’en octobre 1933 bien que l’acceptation officielle du modèle remonte à 1932 ce qui explique le nom du canon à savoir 40mm akan M/32 plus connu sous le nom de Bofors 40mm L/60,le chiffre 60 correspondant à longueur du tube en calibre soit une longueur de 2.4m.

Ironie de l’histoire, la marine suédoise préféra se concentrer sur une artillerie antiaérienne de plus petit calibre dans la tranche 13/25mm, Bofors plaça un canon de 25mm en 1932. Elle n’acquis qu’ultérieurement ce canon de 40mm d’abord dans une version réservée aux sous-marins avec un canon de 42 calibres (longueur du tube : 1.680m). Le premier client du Bofors L/60 fût la marine néerlandaise qui passa commande de cinq affûts en août 1934.

En avril 1935, Bofors présenta en Belgique une version terrestre de son canon avec un affût muni de quatre roues, le tir pouvant se faire depuis cet affût ou depuis une plate-forme qui s’abaisse au sol pour améliorer la stabilité. Les commandes ne tardèrent pas affluer, commandes venues de Belgique, de Pologne, de Norvège, de Finlande et de Suède en attendant la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

La Grande-Bretagne étudia le Bofors en acquérant quelques exemplaires produits sous licence en Pologne, les tests s’avéreront concluants puisqu’une licence de fabrication fût acquise. Le Canada et l’Australie ne tardèrent pas à suivre pour équiper leurs armées nationales puis participer au réarmement de la Métropole.

Le Bofors équipa la Royal Navy en complément puis en remplacement des Pom-Pom (encore qu’en septembre 1948 le Pom-Pom étant encore plus que présent), la Royal Air Force pour la défense de ses terrains d’aviation et l’Army pour la défense de ses unités de mêlée mais également pour la défense du territoire.

Les régiments antiaériens des divisions disposaient de deux batteries de dix-huit pièces soit un total de trente-six canons, le nombre ayant été à l’origine de cinquante-quatre, la troisième batterie disposant désormais de canons de 20mm Oerlikon puis Polsten.

Les canons de 40mm “retirés” des régiments et des bataillons (qui disposaient d’une batterie de 40mm et d’une batterie de 20mm) furent confiés au Anti-Aircraft Command pour assurer la défense rapprochée terrestre et antiaérienne des canons médians et lourds.

Si la Royal Air Force disposait de Bofors de 40mm montés sur camion, l’armée de terre ne disposait pas encore de canons antiaériens automoteurs. Comme pour le 20mm, Il faudra attendre les premières leçons du conflit pour montrer l’intérêt du SPAAG (Self-Propelled Anti-Aircraft Gun), les britanniques réutilisant des chassis de chars déclassés comme le Crusader qui reçurent en remplacement de la tourelle une plate-forme avec deux canons de 40mm protégés par un bouclier.

Outre les pays déjà cités ce canon à été utilisé par l’Allemagne (exemplaires capturés en Pologne en 1939, des exemplaires commandés directement à la Suède), la Chine (ce qui permis au Japon de le fabriquer sous licence), le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm

Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg

Longueur du tube : 2.4m Longueur du projectile : 21.9cm

Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde)

Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

QF 3 inch 20 cwt 11

Les premiers canons antiaériens sont une adaptation à minima de canons existants. Généralement on se contente de pointer vers le ciel un canon à tir rapide à l’aide d’un affût particulier. Des problèmes d’approvisionnement à site élevé se pose rapidement nécessitant des modifications.

Quand éclate le premier conflit mondial, l’armée britannique dispose d’un canon de 3 pouces produit par Vickers adapté rapidement au tir antiaérien mais avec les problèmes soulevés plus haut.

Après une série de modification, le canon de 3 pouces se révéla efficace pour protéger aussi bien l’Angleterre que le front occidental les cibles de valeur.

Ce canon était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard il avait cédé la place au canon de 3.7 pouces plus efficace. Une partie resta cependant stockée pour faire face à un besoin imprevu. Quelques canons furent cédés à la Finlande mais arrivèrent trop tard pour participer à la guerre d’Hiver.

Caractéristiques Techniques du Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

Calibre : 76.2mm Poids total : 1057kg Poids du projectile : 5.2 ou 7.3kg Longueur du tube : 3.420m ou 4( calibres Longueur totale 3.56m Elevation : 10 à 90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 16 à 18 coups/minute Portée maximale : 4900 ou 6200m en fonction de l’obus utilisé

Ordnance QF 3.7 Inch Gun

QF 3.7 inch AA gun 8

En 1914, l’avion est un appareil chétif fait de bois et de toile aux performances incertaines. Quatre ans plus tard, l’avion est toujours en bois et en toile mais l’enfant chétif à laissé la place à un vigoureux adolescent avec lequel il faut compter.

Si tous les pays n’ont pas créé une armée de l’air indépendante comme la Grande-Bretagne, le facteur aérien doit être pris en compte par les troupes au sol qui doivent se protéger.

Quand le premier conflit mondial se termine, le principal canon antiaérien britannique est le 3 Inch 20 cwt, un bon canon mais qui aurait du être remplacé par un canon de 3.6 pouces. Bien qu’officiellement accepté, ce canon n’entra jamais en production et à fortiori en service.

Seuls les canons de 3 pouces restèrent en service mais les unités de défense antiaériennes furent démantelées, la DCA étant absente de l’armée britannique jusqu’en 1922 quand elles renait, l’augmentation de la performance des avions rendant impensable l’absence d’unités de DCA dédiées.

Outre la recherche sur les canons, cette période voit la multiplication des projets, des démonstrateurs technologiques pour trouver les moyens d’employer au mieux les futurs canons antiaériens lourds.

En 1928, le portrait robot du futur canon antiaérien lourd est définit : 3.7 pouces pour le calibre (94mm), un obus de 25kg pouvant atteindre l’attitude de 8500m mais faute de financements, rien ne change jusqu’à la décennie suivante où les spécifications évoluent avec un obus de 13kg, une vitesse initiale de 910 m/s, un plafond de 11000m, la capacité d’être remorquée à la vitesse de 40 km/h avec un poids maximal de 8 tonnes et un délai de mise en oeuvre maximal de 15 minutes.

En 1934, Vickers-Armstrong se lança dans la réalisation de prototypes qui passèrent leurs tests d’acceptation en 1936 qui révèlèrent un poids plus important que demandé et une vélocité qui n’atteignait pas le chiffre demandé. En dépit de ces problèmes, la production fût lancé en 1937, le contexte international y étant certainement pour beaucoup.

La production commença doucement mais pris peu à peu sa vitesse de croisière, permettant d’équiper les douze divisions antiaériennes entre 1938 et 1945, les derniers 3 pouces quittant le service cette année là.

Le canon de 3.7 pouces installé sur un affût à quatre roues fût aussi employé sur des camions et sur des emplacements fixes. Comme ses homologues américains (M-1 de 90mm) français (canon de 90mm modèle 1939) et allemands (canon de 88mm), ce canon fût aussi employé comme pièce antichar.

Outre l’armée de terre, il fût utilisé par la Royal Navy pour la protection de ses bases navales. Il fût également exporté en Australie (produit sous licence), au Canada (produit sous licence), en Belgique, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Yougoslavie et en Grèce.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 3.7 Inch Gun

Calibre : 94mm

Longueur (hors tout) 8.687m (canon) 4.70m (tube) 3.987m Largeur 2.438m Hauteur 2.502m

Poids (total) 9317kg (obus) 12.96 kg

Pointage en site : -5° à +80° Pointage en azimut : 360° Plafond pratique : 9754m Vitesse initiale : 792 m/s

Ordnance QF 4.5 Inch Gun

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Depuis le début du vingtième siècle, le canon médian standard de la Royal Navy avait un calibre de 120mm. Ce canon était efficace mais il n’était pas conçu pour lutter contre la nouvelle menace aérienne.

Après une tentative de dévelloper un canon de 130mm, les britanniques se rabattirent sur un canon de 114mm qui semblait la limite acceptable pour avoir une cadence de tir soutenue et surtout pour les manipulations des projectiles par les servants.

Après avoir équipé le HMS Ark Royal, ce canon va armer tous les porte-avions sauf les Colossus ainsi que les cuirassés refondus, d’autres navires recevant ce canon en affûts simples.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).

L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.

L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.

Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.

En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.

Ce canon de 114mm va aussi être utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.

A l’origine de ce choix c’est l’augmentation de la puissance de la Luftwafe qui disposait enfin de bombardiers lourds capable de frapper Londres sans autre problèmes que l’interception.

Pour soulager et appuyer la chasse, décision est prise de protéger Londres avec une ligne fixe de batteries antiaériennes lourdes pour disloquer les formations de bombardiers lourds avant l’intervention de la chasse.

Cette ligne orientée sud-sud est est composée de douze batteries de quatre affûts doubles de 114mm soit un total de quarante-huit pièces qui dépendent d’une brigade antiaérienne qui à la différence des autres brigades équipées de canons de 3.7 pouces ne doit pas être amenée à se déployer sur le continent.

Des projets de batteries supplémentaires n’ont pas le temps de voir le jour avant le déclenchement du second conflit mondial en raison de la priorité donnée à la Royal Navy.

Chaque affût double repose sur un socle en béton avec à proximité un abri pour les servants et une soute à munitions. Un poste central de contrôle de tir existe pour chaque batterie sans compter deux postes d’observation.

En septembre 1947, des pièces légères de 40mm s’ajoutent pour assurer la protection rapprochée des canons lourds.

Ces batteries ne sont naturellement pas armées en permanence. Des exercices d’alerte sont régulièrement menés pour diminuer le temps de réaction.

Caractèristiques du Ordnance QF 4.5 Inch Mk VI

Calibre : 114mm (4.5 Inch) Longueur du tube : 5.538m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 46 tonnes Poids du projectile : 38kg (obus 26kg et 12kg pour la charge propulsive)

Elevation : -5° à +80° à raison de 20° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 15° par seconde

Cadence de tir : douze coups/minute

Portée maximale : 12500m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatements prêts au tir.

Ordnance QF 5.25 Inch Gun

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Ce canon à double usage est mis au point à la fin des années trente pour équiper les croiseurs légers de classe Dido (appelés à devenir des croiseurs légers antiaériens) comme armement principal, les cuirassés King George V, Lion et Vanguard pour un armement secondaire polyvalent.

Ce canon se révéla médiocre. Il était trop peu puissant pour le combat antisurface et trop lourd pour le tir antiaérien, les obus encartouchés étant délicats à manipuler, les tourelles étant lentes à manoeuvrer.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 6.67m) tire des obus de 36.3kg (semi-perforant et explosifs) à une distance maximale de 21397m (+45°) en tir antisurface et de 14170m en tir antiaérien (+70°) à raison de huit coups par minute.

La tourelle double Mark I utilisée par les cuirassés pèse 78 tonnes, la tourelle double Mark II des croiseurs légers pèse 98 tonnes mais leurs performances sont identiques avec un pointage de -5° à +70° à raison de 10° par seconde en site et en azimut sur 80° de part et d’autre de l’axe pour les cuirassés, 150° de part et d’autre de l’axe pour les croiseurs, à chaque fois à raison de 10° par seconde.

La dotation en munitions est de 400 coups par canon pour les cuirassés et de 340 par canon pour les croiseurs légers.

Ces canons ont également été utilisés par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale ainsi que pour la défense côtière notamment à Gibraltar.

Pour la défense antiaérienne, deux batteries équipées de quatre affûts doubles de 5.25 Inch sont déployées à Belfast, deux batteries à Edimbourg, deux batteries à Glasgow, deux à Alexandrie, deux au Caire et deux à Alor Setar soit un total de douze batteries et de quatre-vingt seize canons utilisable également pour le tir contre terre.

Les installations sont identiques à celles des batteries de 114mm.

Caractèristiques du Ordnance QF 5.25 Inch Mk VI

Calibre : 133mm (5.25 Inch) Longueur du tube : 6.67m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 78 tonnes Poids du projectile : 36.3kg

Elevation : -5° à +70° à raison de 10° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 10° par seconde

Cadence de tir : huit coups/minute

Portée maximale : 14710m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatement prêts au tir.

Grande Bretagne (58) Navires de soutien (1)

NAVIRES DE SOUTIEN ET NAVIRES-AUXILIAIRES

Avant-propos

Si la Royal Fleet Auxiliary (RFA) à été créée en 1905, la marine britannique n’à pas attendu le vingtième siècle pour se préoccuper du soutien logistique de ses escadres. Le soutien logistique à lui même évolué, l’apparition de la machine à vapeur imposant de nouvelles servitudes.

Croire que la RFA serait l’alpha et l’omega du soutien logistique serait une erreur, la Royal Navy continuant de disposer de navires de soutien.

Les navires de la RFA sont d’abord chargés de ravitailler le réseau mondial des bases navales de la marine britannique, les navires utilisés sont des navires de charge notamment des pétroliers chargés de compléter les stocks. Ce n’est qu’au cours des années quarante que la RFA dévellopades des techniques de ravitaillement à la mer à la fois en raison de la vulnérabilité des bases navales mais également pour permettre aux escadres de durer à la mer.

Les équipages sont majoritairement issus de la marine marchande mais il y à également des marins militaires d’active ainsi que des réservistes.

En décembre 1914, la RFA dispose d’un navire-atelier, d’un transport de produits pétroliers (Petrol Carrier), d’un charbonnier et de dix pétroliers soit un total de treize navires. Le premier conflit mondial porte la flotte à cent-soixante navires, des pétroliers dans leur immense majorité.

A la fin du premier conflit mondial, la flotte est drastiquement réduite, les navires les plus anciens sont partiellement remplacés par quelques unités plus modernes.

Dix-huit ans après la fin du conflit, en 1936, la flotte auxiliaire royale dispose de 41 pétroliers (six pétroliers classe Trinol, huit pétroliers de classe Belgol, deux pétroliers de classe Burma, un pétrolier de classe Delphinula, un pétrolier de classe Slavol, un pétrolier de classe Viscol, un pétrolier de classe Petroleum, six pétroliers classe Ol, quinze pétroliers de classe War), douze pétroliers portuaires (pétroliers-caboteurs) de classe Créosol, trois navires-dépôt, un navire-hôpital, trois Spirit Carrier et deux Fuel Hulk ce qui donne un total de soixante-deux navires

En septembre 1939, la flotte est assez ancienne mais son renouvellement/expansion à commencé avec l’acquisition de nouveaux navires notamment des pétroliers qu’il s’agisse de pétroliers hauturiers et des pétroliers portuaires/littoraux (Harbour Tanker).

Ravitailler les navires en pétrole c’est utile, nécessaire, vital mais il faut également penser au ravitaillement en munitions, en pièces détachées, en vivres. Aussi six cargos rapides sont rachetés à un armateur en faillite et transformés en ravitailleurs mais si le transfert de carburant se fait à couple et en marche, le transfert de charges solides se fait encore au mouillage dans une rade abritée. Des citernes à eau sont également acquises.

En septembre 1947, on envisage de transférer les navires de soutien de la Royal Navy à la Royal Fleet Auxiliary mais ce projet n’est pas mené à bien.

Quand le second conflit mondial éclate, la flotte auxiliaire royale aligne quarante-deux pétroliers, douze pétroliers portuaires, huit citernes à eau ,six cargos rapides, trois navires-dépôts, un navire-hôpital, trois Spirit Carrier, deux Fuel Hulk.

La Royal Fleet Auxiliary (RFA) n’est pas strictement concernée par le programme de guerre mais une partie de la marine marchande britannique va être réquisitionnée pour être transformée en croiseurs auxiliaires mais également en navires-dépôts, en navire-ateliers et tout autre configuration destinée au soutien de la Royal Navy.

La Royal Navy augmente elle aussi sa flotte de navires de soutien. En septembre 1939, la marine britannique dispose d’un navire-atelier, de deux poseurs de filets, de cinq navires-dépôt pour sous-marins, d’un navire-dépôt pour destroyers, d’un navire-dépôt pour vedettes lance-torpilles, trois mouilleurs de mines classe Linnet et quatre porte-hydravions.

HMS Resource

navire-atelier HMS Resource

Alors que le conflit débute, quatre mouilleurs de mines rapides de classe Abdiel sont en construction. Tout comme l’infortuné Pluton de notre marine nationale, ils vont servir aussi bien de mouilleur de mines que de transport rapide. Est également en construction un navire de maintenance aéronautique, le HMS Unicorn.

HMS Unicorn

HMS Unicorn

Le programme de guerre de septembre 1939 ne prévoit pas la commande de navires auxiliaires, la priorité étant donnée aux navires de guerre. Le retour rapide à la paix (même si il s’agit d’une Paix Armée) permet aux britanniques de voir plus loin que le conflit immédiat.

Du côté de la Royal Navy, on construit cinq ravitailleurs de sous-marins pour permettre à chaque flottille de disposer d’un navire-dépôt. Ces navires sont plus petits que les navires-dépôts en service en septembre 1939 mais pas moins capables. La construction d’autres navires fût envisagée mais pas menée à son terme.

La Royal Navy dispose en septembre 1948 de quatre mouilleurs de mines rapides, de deux poseurs de filets, un navire-atelier, cinq navires-dépôts de sous-marins, cinq ravitailleurs de sous-marins , un navire-dépôt pour destroyers, un navire-dépôt pour vedettes lance-torpilles, un mouilleur de mines, quatre porte-hydravions et un navire de maintenance aéronautique, le HMS Unicorn et deux poseurs de filets.

Dans le cadre du programme de guerre, des navires spécialisés sont commandés notamment plusieurs navires-ateliers et plusieurs ravitailleurs rapides mais ceci est une autre histoire

Les différentes classes de navires de soutien

Pétroliers hauturiers

Avec le développement des machines à vapeur, il fallut dôter la RFA de nombreux pétroliers qui après avoir été essentiellement utilisés pour le ravitaillement des bases furent de plus en plus utilisés pour le ravitaillement des navires en mer et en marche.

Plusieurs classes de pétroliers étaient en service en septembre 1948, certains particulièrement anciens et qui auraient été désarmés et démolis si la guerre n’avait pas éclaté le 5 septembre 1948.

Trente six fleet oiler (pétrolier de la flotte/océanique/hauturier) sont en service en septembre 1948, les deux pétroliers classe Burma (Mixol Thermol), le Delphinula, le Slavol, le Viscol et le Petroleum ayant été désarmés, démolis ou revendu à un armateur britannique (ce qui permettrait une éventuelle réquisition) ou étranger (ce qui nécessiterait une location).

Si numériquement la flotte est plus faible, sur le plan qualitatif, la flotte est plus moderne et de plus grande capacité.

Pétroliers classe Trinol

Ces six pétroliers sont les plus anciens de la flotte en septembre 1948 puisqu’ils sont entrés en service au sein de la RFA au cours du premier conflit mondial. Leur remplacement était iminent quand le conflit éclata.

L’Appleleaf et le Brambleleaf sont stationnés à Rosyth, le Cherryleaf et l’Orangeleaf à Faslane, le Pearleaf à Alexandrie et le Plumleaf à Singapour.

Si les deux derniers sont encore peu concernés par le conflit, les quatre premiers vont être pleinement engagés dans le second conflit mondial commençant.

Équipés de systèmes de ravitaillement à la mer, ils vont ravitailler cuirassés, croiseurs, porte-avions et destroyers en direction de la Norvège.

Ils vont également multiplier les aller et retour entre les îles britanniques et la Norvège pour transporter du carburant à destination des navires appuyant les troupes au sol ainsi que le carburant nécessaire pour les véhicules déployés dans ce théâtre d’opération où le climat joue un rôle aussi important que l’ennemi.

Pétroliers classe Belgol

Ces navires sont deux fois plus petits que les précédents mais sont toujours considérés comme des pétroliers hauturiers. Ils ont été mis en service en 1917.

Toujours en service en septembre 1948, ils sont stationnés à Freetown (Belgol), à Aden (Fortol), à Hong-Kong (Serbol), à Scapa Flow (Celerol), à Devonport (Francol Montenol) et à Chatham (Prestol Rapidol).

Outre le soutien de la flotte, ils vont également mener des missions de ravitaillement des convois, des navires égarés ayant consommé plus que prévu mais également les escorteurs. Ils vont également assurer le ravitaillement des dépôts pétroliers depuis les raffineries.

Pétroliers classe Ol

RFA Olcades

RFA Olcades

Ces six pétroliers qui datent eux aussi du premier conflit mondial ont été acquis par l’Amirauté entre 1918 et 1922 mais furent laissés à l’armateur British Tanker mais régulièrement affrétés pour ravitailler les bases outre-mer.

Pleinement réquisitionnés durant la guerre de Pologne, ils furent définitivement acquis par la RFA en septembre 1946. Ils étaient toujours en service deux ans plus tard.

L’Olcades est stationné à Alexandrie, l’Oleander est stationné à Singapour, l’Oligarch à Gibraltar, l’Olna à Bombay, l’Olwen et l’Olynthus à Malte.

Pétroliers classe War

RFA War Afridi

RFA War Afridi

Quinze pétroliers type War (ou type Z) sont construits à la fin du premier conflit mondial et mis en service entre 1918 et 1920. Ils sont transférés de leur armateur gestionnaire à l’Amirauté en 1921.

Pleine propriété de la RFA, ils subissent des travaux de modernisation/modification entre 1943 et 1945 pour prolonger leur durée de vie de cinq à dix ans.

Comme les autres Fleet Oiler, ils sont répartis sur l’ensemble des océans où sont déployés des moyens de la Marine de Sa Majesté.

Le War Afridi est stationné à Alor Setar, le War Sudra sont stationnés à Triconmalee (Ceylan), le War Bahadur est déployé à Malte, le War Sirdar et le War Patham à Alexandrie, le War Bharata est stationné à Freetown, le War Brahmin et le War Sepoy sont stationnés à Rosyth, le War Diwan et le War Pindari à Faslane, le War Hindoo à Devonport, le War Krishna à Scapa Flow, le War Methar et le War Nawab à Singapour, le War Nizam à Hong Kong.

Pétroliers classe Dale

RFA Abbeydale

RFA Abbeydale

Les pétroliers cités ci-dessus sont anciens. Le renouvellement de la flotte commence en 1936/37 par l’acquisition de six pétroliers initialement commandés par la compagnie BP (British Petroleum), six navivres formant la classe Dale mais surnommés “Three Twelve” car ils déplaçaient 12000 tonnes, filaient à douze noeuds et consommer douze tonnes par jours.

Ces six navires (Abbeydale Arndale Aldersdale Bishopdale Boardale Broomdale) sont mis en service en 1937. Leur rôle est double : le transport du pétrole depuis les gisements extra-européens (les gisements de mer du Nord n’ont pas encore été découverts) et le ravitaillement de la flotte.

L’Abeydale et le Broomdale sont stationnés aux Bermudes (Ireland Island) et transportent en Grande-Bretagne le pétrole brut destiné à être raffiné, pétrole venu du Mexique, des Etats-Unis et du Vénézuela.

L’Arndale et l’Aldersdale sont stationnés à Faslane et sont destinés à ravitailler la flotte. Ils assurent également le ravitaillement du dépôt pétrolier installé à Scapa Flow ainsi que celui implanté dès la déclaration de guerre dans le Loch Ewe.

Le Bishopdale et le Boardale sont stationnés à Portsmouth pour ravitailler les convois venus d’outre-Atlantique ainsi que les navires déployés en Manche.

Deux navires supplémentaires (Cairndale Cedardale) construits pour la Shell et légèrement différents sont mis en service en 1939. Le premier est stationné à Rosyth et le second à Chatham. Ces deux navires assurent quasi-exclusivement le ravitaillement à la mer des cuirassés, croiseurs, porte-avions et destroyers de la Home Fleet.

Dix autres pétroliers de type Dale sont mis en service avant le second conflit mondial. Les six pétroliers du groupe II (Darkdale Denbydale Blythswood Dewdale Dingledale) sont mis en service entre 1941 et 1944.

Le Darkdale est stationné à Gibraltar, le Denbydale est stationné à Malte, le Blythswood à Alexandrie, le Dewdale à Singapour, le Dingledale est stationné à Bombay. Il est chargé de transférer en Inde, à Singapour, à Bornéo voir à Hong-Kong le carburant nécessaire aux navires de la British Eastern Fleet .

Quatre autres navires (Ennerdale Echodale Eaglesdale Easedale) sont mis en service entre 1945 et 1947. Ils sont stationnés respectivement à Devonport (Ennerdale), à Faslane (Echodale), à Chatham (Eaglesdale) et à Aden (Easedale).

Dans le programme de guerre, de nouveaux pétroliers similaires aux Dale mais plus gros (15000 tonnes) plus rapides (15 noeuds) et pouvant embarquer également des charges sèches vont être commandés pour remplacer les Fleet Oiler les plus anciens mais également compenser les premières pertes.