23-Armée de terre Ligne Maginot (22)

Secteur Fortifié de Montmedy (SFMont)

Le Secteur Fortifié de Montmedy est un SF particulièrement étendu puisqu’il couvre la frontière belge du canal des Ardennes à l’ouest de Longuyon. Il est formé en février 1940 par la fusion du front de la Meuse et de la tête de pont de Montmédy ce qui explique l’hétérogénéité du secteur avec des ouvrages CORF à Montmédy et des ouvrages STG (front de la Meuse et Secteur Defensif de Marville).

Ce SFMont est subdivisé en trois sous-secteurs, le premier baptisé sous-secteur de Sedan est géré par le 147ème RIF _régiment de mobilisation maintenu après septembre 1940_, le second baptisé sous-secteur de Mouzion est géré par le 136ème RIF qui est dissous en septembre 1940, laissant le secteur sans troupes affectées à la différence du sous-secteur de la Tête de Pont de Montmédy qui dispose du 155ème RIF, un vieux régiment d’infanterie de forteresse naturellement maintenu en ligne et du Sous-Secteur de Marville qui dispose du 132ème RIF.

Bloc type Barbeyrac

Bloc type Barbeyrac

L’organisation du front de la Meuse est entamée à partir de 1935 par la construction d’une série de petits blocs de formes et de tailles diverses regroupés sous le nom générique de blocs Barbeyrac.

En 1937-38, ces petits blocs sont renforcés par la construction de casemates STG et de dix casemates d’artillerie pour canons de 75mm modèle 1897 mod.33, deux d’entre-eux appartenant au SD Ardennes (futur SF). Enfin, ce véritable melting-pot de fortifications est couronné par des blocs Billote dits aussi Blocs FCR.

La Tête de Pont de Montmédy à été fortifiée à partir de 1934 avec des ouvrages dessinés par la CORF. Sont construits deux ouvrages d’artillerie, deux petits ouvrages (dont un où on à réalisé uniquement les blocs d’infanterie) et douze casemates (sur les vingt-deux prévus initialement).

Pour compenser les faiblesses révélées par l’absence des dix casemates non construites, on réalise à la fin des années trente une série de petits blocs et on installe des tourelles démontables. A cela s’ajoute quatre casemates d’artillerie pour assurer un flanquement minimal. Un barrage sur la Chiers permet d’inonder le secteur.

Durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation de septembre 1940, une seconde ligne de blocs type GA 1 est réalisée sans oublier une ligne fortifiée Poix-Terron-Mont Dieu sous l’autorité de la CEZF.

Dans le sous-secteur de Marville (ancien SD de la RF de Metz), on trouve dès 1936 une double ligne de défense avec sur la Chiers quelques petits blocs et des tourelles démontables alors que sur le plateau, sont réalisés une ligne de blockhaus appelés blockhaus type RFM (Région Fortifiée de Metz) bientôt renforcés par quelques casemates type STG allégés.

Entrée d'un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

Entrée d’un Blockhaus modèle 1935 RFM (Région Fortifiée de Metz)

La LPR se dédouble pour épouser le cours de la Chiers jusqu’à Flabeuville puis traverse le bois Lagrange où elle est symbolisée par des petits blocs et des tourelles démontables. Ensuite la position rejoint la Chiers en aval de Charency-Vezin pour remonter vers le plateau. On trouve à La Higny un casemate d’artillerie pour deux matériels de 75 modèle 1897.

Sous-secteur de Sedan

Ce sous-secteur de Sedan s’étend comme son nom l’indique de la ville de Sedan (plus précisement de la limite du SF des Ardennes) aux ouvrages de Paletto et du Grand-Pâquis, ce secteur ayant donc la Meuse comme colonne vertébrale.

-On trouve d’abord la traditionnelle ligne des maisons fortes au nombre ici de huit qui sont gardées par la 15ème compagnie du 147ème RIF, chaque maison étant armée d’un créneau antichar/mitrailleuse (AC/M) et de trois ou quatre fusils-mitrailleurs, chaque garnison composée de six soldats disposant d’un canon de 37mm, de deux fusils-mitrailleurs, de deux tromblons VB, de 100 mines légères antichars et de vingt piquets antichars.

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) s’étend de Grand-Condé à Longues-Orgières et est symbolisée par huit ouvrages type FCR et un ouvrage STG en l’occurence une casemate d’artillerie pour canon de 75mm.

Les réalisations FCR sont du type blockhaus type B gauche (deux) ou du type blockhaus type A4 à créneau visuel frontal (six). Il faut y ajouter cinquante-huit abris de tir de différents type, neuf postes d’observation et quatre postes de commandement.

Sous-secteur de Mouzion

Ce secteur armé par le 136ème RIF est pour ainsi dire délaissé après la démobilisatiton ce qui créé un trou dans la couverture. Des frontaliers sont régulièrement mobilisés au cours d’exercices d’alerte pour occuper la ligne des maisons fortes, la ligne principale de résistance devant l’être par des troupes de campagne si le 136ème RIF n’est pas réactivé.

-La ligne des maisons fortes dispose de sept maisons fortes armées jusqu’en septembre 1940 par la 15ème compagnie du 136ème RIF avec le même armement que le sous-secteur de Sedan.

-La Ligne Principale de Résistance s’étend de Paletto à Fond-Dur et est marquée physiquement par huit blockhaus type FCR et douze blockhaus type STG.

Les ouvrages type FCR sont répartis entre des blockhaus type A4 (cinq), des blockhaus type B gauche (deux) et un blockhaus type B droite.

Les douze ouvrages STG sont répartis entre des casemate d’artillerie pour canons de 75mm flanquant à droite (trois), des blockhaus type spécial (quatre), des blockhaus type B gauche (deux) et des blockhaus type A (trois).

A cela il faut ajouter, 104 abris de tir, 4 postes d’observation et 3 postes de commandement.

-Une Seconde ligne suit le cours de la Meuse avec quatorze abris de tir de type Barbeyrac

-La ligne CEZF dans ce secteur est symbolisée par la présence de onze blockhaus type STG qui se répartissent entre des blockhaus type B1 flanquement à gauche (trois), des blockhaus type B1 flanquement à droite (un), des blockays type A1 (six) et un blockhaus type spécial sans cloche.

Sous-secteur de la Tête de Pont de Montmedy

Le sous-secteur TPM dispose d’abord de deux casernement de sûreté implantés à La Ferté et à Montmédy.

-A Villy, ont été construits au cours de la guerre de Pologne treize abris de tirs et un abri passif.

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) est particulièrement hétérogène avec tout d’abord deux abris de tir type Barbeyrac construits en 1937, trois ouvrages type STG (Service Technique du Génie) répartis entre un blockhaus type A et deux casemates d’artillerie pour un canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933, l’un flanquant vers l’est et l’autre flanquant vers l’ouest et un ouvrage type FCR, un blockhaus type A4 avec créneau visuel frontal.

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

La LPR de ce secteur dispose également d’ouvrages type CORF arrmés par la 3ème Compagnie d’Equipages d’ouvrages (3ème CEO) du 155ème RIF.

-L’ouvrage de La Ferté est un PO (petit ouvrage) à deux blocs, le premier bloc disposant d’une casemate de mitrailleuses flanquant vers l’est, un créneau JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches pour armes mixtes, une cloche observation/VDP et une cloche GFM type B alors que le second bloc dispose d’une tourelle pour deux armes mixtes, une cloche GFM type B, une cloche pour armes mixtes, une cloche GFM type B/obs et une entrée secondaire.

-On trouve également deux casemates simples flanquant vers l’ouest armés d’un créneau JM/AC 47, un créneau pour JM, deux cloches pour armes mixtes et une cloche GFM type B, deux casemates simples flanquant vers l’est armés d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau pour JM, deux cloches pour armes mixtes et deux cloches GFM type B et trois casemates doubles armés chacun de deux créneaux JM/AC 47, de deux créneaux JM, deux cloches pour armes mixtes et deux cloches GFM type B.

-L’ouvrage du Le Chesnois est un ouvrage d’artillerie à six blocs et entrée mixte. L’entrée mixte dispose d’un créneau JM/AC 47 et de deux cloches GFM type B.

Le Bloc 1 est le bloc de flanquement est avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, une tourelle poue 2 armes mixtes, deux cloches GFM type B et une cloche lance-grenades.

Le Bloc 2 est un bloc d’infanterie situé au nord du précédent avec une cloche pour armes mixtes et une cloche GFM type B

Le Bloc 3 est le bloc de flanquement ouest avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, un créneau pour armes mixtes et une cloche GFM type B

Le Bloc 4 est le deuxième bloc de flanquement ouest avec un créneau JM/ AC 47, une cloche pour armes mixtes et deux cloches GFM type B.

Le Bloc 5 est une tourelle d’artillerie avec une tourelle de 75mm modèle 1905R et une cloche GFM type B.
Le bloc 6 réalisé seulement en 1942 est équipée d’une tourelle de 75mm modèle 1933 pour le flanquement ouest.

La 2ème CEO du 155ème RIF assure au sein de la tête de pont de Montmedy l’armement d’ouvrages CORF dans l’avancée de la Thonnelle.

-L’ouvrage de la Thonnelle devait être à l’origine un puissant ouvrage d’artillerie mais au final seuls les ouvrages d’infanterie ont été réalisés en l’occurence on trouve un Bloc 1, casemate d’infanterie flanquant vers l’est armé d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, d’une cloche pour armes mixtes et de deux cloches GFM type B.

Le Bloc 2 est une casemate cuirassée armée de deux cloches AM et une cloche GFM type B

Le Bloc 3 est l’entrée par puits de l’ouvrage, entrée défendue par une cloche AM, une cloche GFM type B et une cloche LG.

Le Bloc 4 est le pendant du Bloc 1, c’est donc une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest avec une tourelle pour deux armes mixtes, un créneau JM/AC 47, un créneau JM et deux cloches GM type B.

Il était prévu également la construction d’une entrée séparée, un casernement, deux tourelles de 75mm, une tourelle de 81mm et une tourelle de 135mm mais aucun de ces travaux n’à été au final réalisés bien que les études ont été très poussées pour une version austère de ce projet mais visiblement même cette version était trop coûteuse.

La 2ème CEO du 155ème RIF arme aussi à Avioth un casemate simple flanquant vers l’ouest
avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches AM et une cloche GFM type B.

Cette compagnie d’équipage d’ouvrages arme également une casemate double à l’est de l’ouvrage de la Thonnelle (deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM, une cloche AM et deux cloches GFM type B), un blockhaus type FCR simple à l’est du précédent et à l’est du blockhaus FCR, un casemate simple flanquant vers l’est (type CORF) avec deux créneaux JM/AC 47, un créneau JM, deux cloches AM et une cloche GFM type B.

La 1ère CEO du 155ème RIF assure l’armement de pas moins de quatorze ouvrages de type CORF (trois), type STG (trois) et type FCR (huit)

-Les ouvrages type CORF se répartissent entre une casemate cuirassée armée de deux cloches AM et d’une cloche GFM type B, une casemate simple flanquant vers l’est armée d’un créneau JM/ AC 47, d’un créneau JM, d’une cloche AM et d’une cloche GFM type B ainsi que d’un ouvrage d’artillerie à quatre blocs et une entrée mixte.

Ce dernier situé à Velosnes disposait d’une entrée de plain pied ou Bloc 6 armée de deux créneaux JM/AC 47, d’un créneau AM (avec canon de 25mm) et deux cloches GFM type B; d’un bloc d’infanterie ou bloc 1 disposant d’une tourelle pour deux armes mixtes, d’une cloche pour armes mixtes et de deux GFM type B; d’une casemate cuirassée ou bloc 2 armée d’une cloche AM, de deux cloches GFM type B et d’une cloche LG.

Le Bloc 3 est une casemate d’infanterie vers l’ouest avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, de deux cloches AM et d’une cloche GFM alors que le Bloc 5 est une tourelle d’artillerie avec une tourelle de 75mm modèle 1933 et une cloche GFM type B.

Le Bloc 4 destiné à flanquer à l’ouest est finalement réalisé entre 1942 et 1944 avec une tourelle de 75mm selon un modèle austère et économique.

-Les ovurages STG se répartissent entre deux casemates d’artillerie pour canon de 75mm
modèle 1897 modifié 1933 _l’un flanquant à l’est et l’autre flanquant à l’ouest_ et un blockhaus type Brevilly flanquant vers l’ouest.

-Les ouvrages FCR se répartissent eux entre un blockhaus allégé à un seul créneau flanquant vers l’est, six blockhaus FCR A4 (doubles) et un blockhaus FCR simple gauche.

Sous-secteur de Marville

Ayant appartenu jadis au SF Crusnes, ce sous-secteur est défendu par le 132ème RIF qui dispose pour cela des ouvrages suivants :

-La Ligne de Défense de la Chiers dispose de sept ouvrages type STG (six blockhaus type B1 gauche et deux blockhaus type B1 droite) et quatre ouvrages type FCR (un blockhaus type B droite, deux blockhaus type B gauche et un blockhaus type B droit)

La Ligne Principale de Résistance (LPR) de deux ouvrages type STG (un blockhaus double et un blockhaus type B1 gauche), d’un ouvrage type FCR (un blockhaus type B gauche) et huit ouvrages type RFM (Région Fortifiée de Metz) répartis entre une casemate d’artillerie pour canon de 75mm, quatre blockhaus modèle 1937 gauche et trois blockhaus modèle 1937 droit.

-La CEZF à réalisé une bretelle Mangiennes-Pierrepont avec douze casemates type STG et un fossé antichar continu.

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Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin

A la différence du front Nord-Est, la fortification de campagne du front alpin représente une grande unicité, probablement en raison de l’unité du commandement. Les types d’ouvrages sont donc peu nombreux.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (1) : les avant postes

Dès juin 1930 alors que la construction des ouvrages puissants est loin d’avoir été terminée, l’armée des Alpes décide de construire en avant de ces ouvrages (dont la puissance n’à rien à envier à ceux du Nord-Est) une série d’avant-postes, certains se situant sur la frontière même.

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM)

Avant Poste (AP) du Col des Fourches dans le Secteur Fortifié du Dauphiné (SF Dauphiné)

Si dans le Nord-Est, une partie du territoire n’est pas couvert par les ouvrages et donc théoriquement abandonnée à l’ennemi, on ne peut se le permettre dans les Alpes où reprendre le terrain perdu est extrêmement délicat.

Ces avant-postes sont de véritables ouvrages en modèle réduit avec deux entrées, un observatoire et des blocs de combat équipés de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs. Ces avant-postes sont généralement entourés d’organisations annexes comme des gaines de communication semi-enterrées, des abris en tôle métro et des emplacements pour tromblon VB et mortiers.

Ces avant-postes disposent d’équipement spécifiques qu’il s’agisse de portes blindées, de créneaux et de tremies spécialement adaptées à ces avant postes qui bénéficie aussi de cloches démontables type Saint Jacques.

A noter que de vieux ouvrages datant d’avant 1914 ont été réutilisés comme avant-postes qu’ils aient été modernisés ou non (la Redoute Ruinée, la Turra, les Acles, Viraysse).

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (2) : les abris alpins

Comme sur le front Nord-Est, la CORF à prévu la construction d’abris passifs et actifs, abris dont la réalisation à souvent été confiée à la Main d’Oeuvre Militaire (MOM). En plus de ces abris, d’autres ont été réalisés par les troupes alpines, des abris en tole métro recouverts de pierres sèches ou de béton, avec des entrées en béton ou en brique.

Les ouvrages de campagne et organisation en profondeur du front alpin (3) : les casemates complémentaires

Sous ce terme, je regroupe plusieurs types d’ouvrages construits après la mobilisation générale de septembre 1939.

-Sur la Ligne Principale de Résistance (LPR), on réalise de petits blocs appelés blocs Briançon qui se compose d’une entrée et d’un créneau pour fusil mitrailleur ou mitrailleuse dans le sous-secteur de Briançon et dans le SF Alpes Maritimes où ils sont appelés «blocs briançonnais»

-Dans le SF Savoie est organisée une une seconde position à l’aide de petits blockays construits dans les Vallées alors que dans le SFAM sont construits des casemates type STG allégés.

-Dans le SF Rhône sont construits des petits blockhaus le long de la frontière suisse pour verrouiller les différents axes de pénétration.

Ces petits blockhaus sont sont de deux type : blockhaus type Briançon pour mitrailleuse ou
FM et le blockhaus modèle 1936 à un créneau équipé soit d’un canon antichar de 25mm ou d’une mitrailleuse.

L’armement de ces différents casemates est fourni par les troupes de campagne qu’il s’agisse des canons de 25mm, des mitrailleuses ou des fusils mitrailleuses.

L’armement antichar est quasiment absent probablement en raison d’un terrain défavorable à l’engagement des chars. On note la présence de deux canons de 47mm au casemate du Tunnel près de Fort-l’écluse et de six casemates de la seconde position dans le SFAM.

 L’organisation en profondeur du front alpin

Le front alpin est organisé en trois lignes de défense successives :

-Les avant-postes sont constitués de vieux ouvrages ou d’organisation bétonnées réalisées à partir de 1930 par la Main d’Oeuvre Militaire (MOM)

-La Ligne Principale de Résistance (LPR) est matérialisée par la ligne d’ouvrages conçue
par la CORF, les travaux étant réalisés par des entreprises civiles et par la MOM.

-La Seconde position reposant sur des ouvrages anciens et/ou des casemates allégées, le plus souvent réalisées à partir de septembre 1939.

Les ouvrages sont couverts par des réseaux de barbelés mais ces réseaux sont plus étroits que dans le Nord-Est et ils se contentent de couvrir les ouvrages sans former un réseau continu.

En ce qui concerne les réseaux de rails antichars, ils sont peu nombreux en raison d’un terrain généralement peu propice à l’emploi de blindés. Il est néamoins prévu la réalisation de 25 barrages de route soit une longueur totale de 9km, barrages de route qui nécessite l’implantation sur les côtés de rails quand naturellement le terrain le permet.

Un seul fossé antichar à également été réalisé, au niveau de Bourg-Saint Maurice pour barrer la vallée de l’Isère à hauteur des PO de Châtelard et de la Cave-à-Canon.

En ce qui concerne le barrage des routes, on assiste à la mise en place d’un barrage rapide de type mobile couvert par un blockhaus de défense équipé d’un canon antichar et d’un ou plusieurs jumelages de mitrailleuses avec trois exemples de barrages réalisés et de véritables barrières antichars dont vingt-cinq exemplaires ont été réalisés.

Il faut également s’assurer que l’ennemi (sous-entendu italien) n’utilisera pas les tunnels ferroviaires des Alpes pour déboucher en France. En 1939, trois tunnels existent : le tunnel du Fréjus en Maurienne, la ligne Nice-Conni passant par le col de Tende dans la Roya et la ligne Nice-Vintimille sur le littoral.

Si la défense du tunnel du Fréjus est assuré par le fort du Replanton, la défense de la ligne Nice-Coni est prévue dès la construction avec l’aménagement de chambres de destruction dans les ouvrages d’art et de casemates de protection aux débouchés des tunnels construits à proximité de la frontière, soit dans le parement même du tunnel, soit sous une casemate de protection isolée voire les deux.

Durant la guerre de Pologne, la défense des lignes Nice-Coni et Nice-Ventimille est renforcée par la mise en place dans les tunnels de Berghe et de Cap-Martin d’un casemate de défense qui couvre une grille et une porte blindée percée de créneaux pour fusil.

Pour être totalement exaustif et complet, signalons également la présence d’un fossé sur l’ouvrage de la Roche-Lacroix, l’ouvrage Maginot reprennant le site d’une ancienne batterie et celui d’un mur d’escarpe à l’ouvrage du Rimplas, le premier ouvrage de la ligne Maginot dont les travaux ont commencé (et ce en 1928). Certains ouvrages vulnérables à des attaques depuis la route par «véhicules explosifs» sont entourés de grilles.

Quelques tourelles démontables sont également présentes sur le front alpin soit en remplacement d’ouvrages non réalisés soit pour battre des axes secondaires qui ne justifient pas la construction de casemates en béton.

Comme sur le Nord-Est, les arrières de la position doivent répondre à une double fonction : donner de la profondeur à l’ensemble et desservir les organisation existantes.

Pour deesservir les ouvrages, les ouvrages alpins disposent d’une série de routes stratégiques desservant notamment les grands cols. Le CORF va construire lui aussi de nombreuses routes pour desservir les ouvrages et ce dès la construction des ouvrages.

C’est ainsi que dans le SFAM, des routes récentes ont dû être doublées par des routes militaires car leur tracé les mettait aux vues adverses.

Parmi les réalisations spécifiques les plus importantes, citons la route stratégique du Monte-Grosso longue de 14km qui a dû être réalisée de toutes pièces, et celle du Restefond prolongée jusqu’au col de la Bonette. Toutes ces routes sont au gabarit militaire avec renforcement des lacets par des murs en pierre maçonnées, garages de croisement et parapets.

Chiuses, des casemates construites dans la roche

Chiuses, des casemates construites dans la roche

On trouve également une particularité, les chiuses, des batteries-cavernes creusées à même la roche pour barrer les vallées de la Tinée et de la Vésubie, les chiuses de Bauma-Négra et de Saint-Jean-de-la-Rivière. La modernisation de ces ouvrages n’est pas menée à son terme et restent en position secondaire pour couvrir les arrières.

Les casernements

Il existe trois types de casernements pour les hommes servant les ouvrages de la Ligne Maginot Alpine :

-Les casernements urbains : Les villes, les localités n’étant pas si éloignées que cela des
ouvrages, les hommes peuvent être abrités dans des casernes existantes comme à Bourg- Saint-Maurice; Modane; Briançon; Barcelonette et Sospel. Un casernement particulier à Jaussiers-La Condamine dessert les ouvrages de l’Ubaye.

-Les casernements alpins d’altitude : On trouve essentiellement des casernements le plus souvent en pierres sèches réalisés à la fin du 19ème siècle et réutilisés dans le cadre de la CORF. Des casernements spécifiques ont également été réalisés aux endroits où il y en avait pas : Charmaix près du Lavoir, Monte-Grosso et Col-de-Brouis.

-Les casernements légers : Comme dans le Nord-Est, il existe également des «camps légers» comprenant des chalets en bois construits à proximité des entrées. Parfois sont utilisés des bâtiments existants, des tentes ou même les baraquements des ouvriers.