23-Armée de terre Ligne Maginot (42)

Secteur Fortifié du Boulay

-160ème régiment d’infanterie de forteresse

-161ème régiment d’infanterie de forteresse

-162ème régiment d’infanterie de forteresse

-164ème régiment d’infanterie de forteresse

-23ème régiment d’artillerie mobile de forteresse équipé de deux groupes de 75mm d’un groupe de 155C et d’un groupe antichar équipé d’une batterie de 75mm et d’une batterie de 47mm

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

-153ème régiment d’artillerie de position disposant de deux groupes de 75mm, deux groupes de 105mm et un groupe équipé de pièces lourdes en l’occurence quatre canons de 240L et 4 canons de 155L.

-202ème bataillon du génie de forteresse qui prend sous son aile également une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

Secteur Fortifié de Faulquemont

-146ème régiment d’infanterie de forteresse

-156ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé le 2 septembre 1948 avec un noyau fournit par le 146ème RIF.

-163ème régiment d’artillerie de position disposant en septembre 1948 de deux groupes de 75mm, un groupe de 155C Saint Chamond et un groupe d’artillerie lourrde équipé de canons de 155L.

-39ème régiment d’artillerie mobile de forteresse disposant en septembre 1948 de deux groupes de 75mm et un groupe de 155C auquel s’ajoute rapidement un groupe antichar équipé de canons de 47mm.

-201ème bataillon de génie de forteresse qui prend sous son aile une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

Secteur Fortifié de la Sarre

-133ème régiment d’infanterie de forteresse

-69ème régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse

-82ème régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse

-174ème régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse

-41ème régiment de mitrailleurs de l’infanterie coloniale

-51ème régiment de mitrailleurs de l’infanterie coloniale

Mortier de 280C modèle 1914

Mortier de 280C modèle 1914

-166ème régiment d’artillerie de position qui comme durant la guerre de Pologne dispose d’un groupe équipé de canons de 75mm et de canons de 155C Saint Chamond, d’un groupe équipé de canons de 75mm et de canons de 155L et un groupe équipé de canons de 120, de 220 et de 280mm.

-49ème Régiment d’Artillerie Mobile de Région Fortifiée créé à partir du précédent en août 1948 dispose de deux groupes de 75mm et d’un groupe de 155C.

-208ème bataillon du génie de forteresse

Secteur Fortifié de Rorbach

-37ème régiment d’infanterie de forteresse

-153ème régiment d’infanterie de forteresse

-7ème compagnie du 400ème régiment de pionniers : entretien des ouvrages, travaux de renforcement……. .

-59ème régiment d’artillerie mobile de forteresse équipé de deux groupes de 75mm, un groupe de 155C et un groupe antichar équipé de canons de 75mm.

-150ème régiment d’artillerie de position qui dispose d’un groupe armés de canons de 155L et de 145L et un groupe équipé de 155L, 155C et 105C en remplacement des 120L De Bange.

-207ème bataillon du génie de forteresse

104ème division d’infanterie de forteresse (104ème DIF) (ex-Secteur Fortifié des Vosges)

Après avoir été durant la guerre de Pologne le 43ème CAF, le Secteur Fortifié des Vosges devient la 104ème DIF qui jadis avait remplacé le SF de Colmar. Cette division dispose des unités suivantes :

-154ème régiment d’infanterie de forteresse (154ème RIF)

-165ème régiment d’infanterie de forteresse (165ème RIF) créé à partir du précédent avec un noyau d’actif, des réservistes, des rappelés et des jeunes recrues.

-5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers : entretien des ouvrages, travaux de renforcement……. .

-168ème régiment d’artillerie de position (168ème RAP) avec un groupe à trois batteries équipées de canons de 75mm, un groupe à trois batteries équipées de canons de 155mm, un groupe antichar indépendant équipé de canons de 47mm.

-143ème bataillon du génie de forteresse (143ème BGF)

Secteur Fortifié d’Haguenau :

-22ème régiment d’infanterie de forteresse (22ème RIF)

-23ème régiment d’infanterie de forteresse (23ème RIF) réactivé à partir du précédent

-68ème régiment d’infanterie de forteresse (68ème RIF)

-79ème régiment d’infanterie de forteresse (79ème RIF) réactivé à partir du précédent

-6ème compagnie du 400ème régiment de pionniers

-156ème régiment d’artillerie de position (156ème RAP) avec un groupe équipé de canons de 155mm, un groupe équipé de canons de 75mm et un groupe antichar équipé de canons de 47mm
-206ème bataillon du génie de forteresse

105ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié du Bas-Rhin)

-70ème régiment d’infanterie de forteresse

-172ème régiment d’infanterie de forteresse

-34ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé et remplaçant le 226ème RR

-226ème régiment d’infanterie de secteur fortifié défendant la place de Strasbourg.

-155ème régiment d’artillerie de position (155ème RAP) disposant d’un groupe de 75mm, deux groupes équipés de canons de 75mm, de 155mm, de mortiers de tranchées de 150T, d’un groupe armant les forteresses ex-allemandes du secteur et un groupe antichar équipé de canons de 47mm.

-228ème bataillon du génie de forteresse

106ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié de Colmar)

-28ème régiment d’infanterie de forteresse (28ème RIF)

-42ème régiment d’infanterie de forteresse (42ème RIF)

-242ème régiment d’infanterie de secteur fortifié à deux bataillons

-1er groupe du 170ème régiment d’artillerie de position (170ème RAP) disposant d’une batterie de 75mm et d’une batterie de 155mm

-229ème bataillon du génie de forteresse

107ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié de Mulhouse)

-10ème régiment d’infanterie de forteresse

-371ème régiment d’infanterie de secteur fortifié démobilisé en septembre 1940 et remobilisé fin août 1948

-2ème groupe du 159ème régiment d’artillerie de position (159ème RAP) avec un groupe de 75mm et de 155mm, une batterie de canons de 47mm (de marine puis antichar modèle 1937) et une batterie de mortiers de tranchée 150T

-230ème bataillon de génie de forteresse

23-Armée de terre Ligne Maginot (8)

La démobilisation et ses suites : situation des unités de la ligne Maginot en septembre 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, ce n’est qu’à partir de l’été 1940 et surtout de l’automne 1940 que la démobilisation commence à atteindre une certaine ampleur. La Ligne Maginot et ses dépendances corses et tunisiennes n’échappent pas à la règle.

Ainsi en septembre 1941, le dispositif opérationnel de défense des frontières affiche le visage suivant, un visage qui n’évoluera qu’à la marge jusqu’à la deuxième mobilisation générale celle de septembre 1948.

Nord-Est

Le Secteur Fortifié des Flandres (SFF) dispose d’un seul régiment de travailleurs, le 221ème RT (ex-221ème RRT) chargé d’entretenir les fortifications de campagne qui doivent être armés par des troupes de campagne de passage, le projet de transformer un RRT en RIF n’ayant pas aboutit.

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

Ce secteur dispose également d’unités d’artillerie (10ème et 11ème batteries du I/161ème RAP équipés de canons de 75mm modèle 1897 désormais montés sur pneumatiques), de génie (174ème bataillon de sapeurs mineurs), de transmissions et de travailleurs (éléments du 101ème détachement de destruction des transmissions, les 9ème et 15ème compagnies de travailleurs espagnols ainsi que la 253ème compagnie française de travailleurs).

-Après de laborieuses négociations, les britanniques acceptent de maintenir sur le sol français la 1st Infantry Division qui à donc la charge du SF de Lille, bénéficiant de l’aide du 16ème régiment régional de travailleurs (16ème RRT) devenu en 1944, 16ème régiment de travailleurs, régiment chargé des travaux d’entretien et de consolidation des fortifications.

-Le Secteur Fortifié de l’Escaut dispose d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 54ème RIF, un régiment de mobilisation qui va être pérennisé pour renforcer le SFE qui dispose également d’un régiment régional de travailleur, le 17ème RRT devenu 17ème régiment de travailleurs.

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Ce secteur dispose également d’un groupe d’un régiment d’artillerie de position, le 1er groupe du 161ème RAP équipé à l’origine de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877.

Cet équipement hétéroclite est homogénéisé avec 16 canons de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

Le SFE dispose également d’une unité du génie en l’occurrence la 1ère compagnie du 212ème bataillon de sapeurs-mineurs.

Le Secteur Fortifié de Maubeuge devenu la 101ème DIF en mars 1940 est une unité importante puisqu’elle aligne deux régiments d’infanterie de forteresse, les 84ème et 87ème RIF, deux régiments régionaux de travailleurs, les 18ème et 19ème RRT ainsi que le 1er bataillon de mitrailleurs.

La 101ème DIF est dissoute le 27 juillet 1940, ressuscitant le Secteur Fortifié de Maubeuge qui comme les autres secteurs réduit la voilure. Ainsi, il ne conserve qu’un régiment d’infanterie de forteresse, le 84ème RIF, le 87ème RIF étant dissous. Le 1er bataillon de mitrailleurs reste en ligne tout comme le 18ème régiment régional de travailleurs, devenu le 18ème régiment de travailleurs, le 19ème RRT étant dissous.

En ce qui concerne l’artillerie, seul est maintenu le 2ème groupe du 161ème RAP, groupe équipé de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et une batterie de 8 canons de 105mm modèle 1913 (une batterie), les autres pièces étant précieusement stockées au cas où.

Le génie est présent avec quatre compagnies formant le 226ème bataillon (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

On trouve en 1939-40 dans l’ancienne emprise de la 9ème armée, le 41ème CAF (Corps d’Armée de Forteresse) et la 102ème DIF anciennement Secteur Défensif des Ardennes.

Ces deux entités fusionnent en septembre 1940 sous le nom de Secteur Fortifié des Ardennes qui dispose d’unités de soutien destinés à préparer la mobilisation des unités (parc d’artillerie n°41, 1ère compagnie de sapeurs mineurs du 141ème bataillon de génie de forteresse, ce dernier disposant également des 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile) et comme vous allez voir ci-dessous d’unités de combat.

Le bras armée du SFArdennes est composé de la 42ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux (la 52ème DBMC est elle dissoute), du 148ème RIF (un régiment de mobilisation maintenu) du 160ème RAP et des unités du génie et de soutien (227ème bataillon du génie de forteresse avec la 1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio).

Le Secteur Fortifié de Montmédy dispose à la mobilisation de septembre 1939 de quatre régiments d’infanterie de forteresse, les 147ème 136ème 155ème et 132ème, du 4ème bataillon de mitrailleurs, d’un groupe d’artillerie de position (le I/169ème RAP équipé de deux batteries de 155L modèle 1918, une batterie de 120L de Bange et six batteries de canons de 105L modèle 1913), le 99ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse Hippomobile équipé de canons de 75mm modèle 1897 ainsi que des unités du génie et de soutien.

Le génie déploie le 211ème bataillon de sapeurs mineurs auquel sont rattachés la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

Le 155ème RIF un «vieux régiment de forteresse» est maintenu tout comme les 132ème et 147ème RIF, un régiment de mobilisation qui est pérennisé. Le 4ème bataillon de mitrailleurs est dissous mais le 1er groupe du 169ème RAP est maintenu

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur. Le 99ème RAMFH est lui dissous. La situation des unités du génie ne change pas.

Dans l’ancien secteur de la troisième armée on trouve le 42ème CAF, le SF de Thionville et le SF du Boulay. A l’issue de la démobilisation, la situation est la suivante :

Le SF de Crusnes (anciennement 42ème CAF) dispose à l’issue de la démobilisation du 149ème RIF (les deux autres régiments sont dissous) associé au seul 46ème RAMF, le 152ème RAP régiment de mobilisation étant mis en sommeil

On oublie pas les unités habituelles de génie, d’intendance et de transmission représentées notamment les 1ère et 2ème compagnie du 142ème bataillon du génie de forteresse, bataillon qui engerbe également la 81ème compagnie télégraphiste, la 82ème compagnie radio et le 83ème détachement colombophile.

Le Secteur Fortifié de Thionville dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, les 167ème et 169ème RIF, le premier étant un régiment d’active et le second un régiment de mobilisation pérennisé. Ils sont appuyés par le 151ème RAP resté seul régiment en activité dans le secteur, le 70ème RAMF ayant été dissous après avoir transféré ses deux groupes de 75mm au 151ème RAP.

Le génie déploie dans ce secteur le 203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

Le Secteur Fortifié du Boulay dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, les 162ème RIF et 160ème RIF associé au 23ème RAMF, seul régiment d’artillerie maintenu avec deux groupes de 75mm, un groupe de 155C, un groupe issu du 153ème RAP équipé de canons de 105 et de 155mm et mis en sommeil lors de cette démobilisation.

Le génie y déploie le 202ème bataillon du génie de forteresse qui prend sous son aile également une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.
Le Secteur Fortifié de Faulquemont dispose en septembre 1940 de l’unique 146ème RIF, le 156ème RIF ayant été dissous et appuyé par deux régiments d’artillerie, les 163ème RAP et 39ème RAMF. Le génie dispose lui du 201ème bataillon de génie de forteresse qui prend sous son aile une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

Le SF de la Sarre dispose lui d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 133ème RIF, d’un régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse, le 69ème et d’un régiment de mitrailleurs d’infanterie coloniale, le 41ème RMIC.

Ils sont appuyés par le 166ème RAP qui compense l’absence dans ce secteur d’ouvrages d’artillerie.

Un temps le 49ème RAMRF aurait du être maintenu lui aussi mais il est finalement dissous tout comme le 5ème bataillon de mitrailleurs alors que le 208ème bataillon du génie de forteresse reste en position.

Le Secteur Fortifié de Rorbach maintient à l’issue de la démobilisation les deux RIF d’active du secteur en l’occurrence les 37ème et 153ème RIF, l’entretien et le renforcement des ouvrages étant assuré par la 7ème compagnie du 400ème régiment de pionniers.

Ces unités sont appuyés par le 59ème RAMF qui à été renforcé par le 1er groupe du défunt 150ème RAP (canons de 155L et de 145L) sans oublier les unités de génie et de soutien (207ème bataillon du génie de forteresse, une compagnie radio, une compagnie télégraphiste).

Après s’être un temps appelé 43ème CAF, le Secteur Fortifié des Vosges reprend à l’été 1940 sa dénomination initiale. Là aussi, le dispositif est retaillé avec comme unités présentes dans le secteur le 154ème RIF, la 5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers, le 168ème RAP et le 143ème bataillon du génie de forteresse.

Le Secteur Fortifié d’Haguenau dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, le 22ème RIF (active) et le 68ème RIF, un régiment de mobilisation maintenu sous les drapeaux. Ces deux régiments sont appuyés par la 6ème compagnie du 400ème régiment de Pionniers. Ces trois unités d’infanterie sont appuyés par le 156ème RAP et par des unités du génie, de transmission et de soutien (notamment le 206ème bataillon du génie de forteresse).

Le Secteur Fortifié du Bas-Rhin (temporairement 103ème DIF) dispose à l’issue de la démobilisation des 70ème et 172ème RIF (le premier étant un régiment de mobilisation), du 155ème RAP et de diverses unités du génie, de transmissions et de soutien logistique.

Le Secteur Fortifié de Colmar (temporairement 104ème DIF) dispose en septembre 1941 d’un régiment d’infanterie de forteresse le 42ème RIF, du 1er groupe du 170ème RAP et des unités du génie notamment la 1ère compagnie du 229ème BGF.

Le Secteur Fortifié de Mulhouse (un temps 105ème DIF) aligne le 10ème RIF (un régiment créé lors de la mobilisation de septembre 1939 et maintenu après la démobilisation), le 2ème groupe du 159ème RAP ainsi que les unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 230ème bataillon de génie de forteresse.

Le Secteur Fortifié d’Altkirch dispose du 171ème RIF, des IIIème et IVème Groupe du 159ème RAP plus des unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 205ème bataillon du génie de forteresse.
Le Secteur Fortifié de Montbeliard dispose du 12ème RIF un régiment de mobilisation affecté durant la guerre de Pologne au Secteur Fortifié d’Altkirch puis transféré en Franche-Comté en remplacement de deux bataillons de chasseurs pyrénéens dissous. Ce régiment est appuyé par le VIIème groupe du 159ème RAP plus des unités du génie et de soutien.

La Région Fortifié de Belfort (un temps connue sous le nom de 44ème CAF) dispose du 371ème RI (un régiment d’infanterie classique) et des Vème et VIème groupes du 159ème RAP.

Le 45ème CAF qui couvrait le Jura est dissous sans être remplacé ce qui laisse dubitatif bien des observateurs. Cet impair sera corrigé seulement au printemps 1944 quand deux bataillons alpins de forteresse supplémentaires, les 81ème et 91ème seront créés pour couvrir le massif jurassien avec pour appui un groupe d’artillerie du 159ème RAP ainsi que des unités de génie et de soutien logisique.

23-Armée de terre Ligne Maginot (5)

-Secteur de la 3ème Armée :

Le 42ème CAF (Corps d’Armées de Forteresse ex-SF de Crusnes) dispose de trois régiments d’infanterie de forteresse, les 149ème 139ème et 128ème associés à des unités du 152ème RAP (1er groupe équipé de deux batteries de 155C modèle 1917 et deux batteries de 155L modèle 1877, 21,22 et 23ème batteries d’ouvrages) et le 46ème RAMF équipés de deux groupes de 75mm et un groupe de 155C

Canon de 155mm long De Bange modèle 1877

Canon de 155mm long De Bange modèle 1877. Cette arme antique était encore utilisée en 1939 au sein des RAP et autres RAMF

On oublie pas les unités habituelles de génie, d’intendance et de transmission représentées notamment les 1ère et 2ème compagnie du 142ème bataillon du génie de forteresse, bataillon qui engerbe également la 81ème compagnie télégraphiste, la 82ème compagnie radio et le 83ème détachement colombophile.

Le SF de Thionville dispose de trois RIF, les 169ème 168ème et 167ème associés à deux régiments d’artillerie, les 151ème RAP (deux groupes servant cinq batteries de 155L, 2 canons de 220L, 2 pièces de 240mm + des batteries d’ouvrages) et 70ème RAMF (deux groupes de 75mm et un groupe de 155C)

Le génie déploie dans ce secteur le 203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Canon de 240L modèle 1884 Saint Chamond

Le SF de Boulay dispose de quatre régiments d’infanterie de forteresse, les 160ème 161ème et 162ème et 164ème RIF associés à deux régiments d’artillerie, les 153ème RAP (1er groupe équipé de trois batteries de 75mm et d’une batterie de 240mm, le 2ème groupe équipé de cinq batteries de 155L et deux batteries de 105L, le 3ème groupe équipé de trois batteries de 155L et un 4ème groupe équipé de deux groupes de 75mm et deux canons de 65mm de marine utilisés en antichar) et 23ème RARF équipé de deux groupes de 75mm et un groupe de 155C.

Le génie y déploie le 202ème bataillon du génie de forteresse qui prend sous son aile également une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

-Secteur de la 4ème Armée :

Le SF de Faulquemont dispose de deux régiments d’infanterie de forteresse, les 146ème et 156ème RIF associés à deux régiments d’artillerie, les 163ème RAP (18 batteries équipées de 42 canons de 75mm dont 6 de forteresse, douze canons de 155C et vingt-quatre de 155L) et 39ème RAMF (deux groupes de 75mm et un groupe de 155C)

Le génie dispose du 201ème bataillon de génie de forteresse qui prend sous son aile une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

Le SF de la Sarre dispose lui d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 133ème RIF, de trois régiments de mitrailleurs d’infanterie de forteresse, les 69ème 82ème RMIF et 174ème RMIF et de deux régiments de mitrailleurs d’infanterie coloniale, les 41ème et 51ème RMIC.

Ils sont appuyés par deux régiments d’artillerie, les 166ème RAP (1er groupe équipé de 8 canons de 75mm, 8 canons de 105L et 8 canons de 155C; 2ème groupe équipé de 16 canons de 155L, 4 canons de 155C et 4 canons de 105L) et 49ème RAMRF (deux groupes de 75mm et un groupe de 155C) et par le 5ème Bataillon de Mitrailleurs sans oublier les unités du génie et de soutien, le génie de forteresse déployant le 208ème bataillon du génie de forteresse.

-Secteur de la 5ème armée :

Le SF de Rorbach est armé par les 37ème 153ème et 166ème RIF, la 7ème compagnie du 400ème régiment de pionniers appuyés par deux régiments d’artillerie, les 150ème RAP (1er groupe équipé de seize canons de 155L et 8 canons de 145L; 2ème groupe équipé de 8 canons de 155L, 8 canons de 155C) et 59ème RAMF (trois groupes de 75mm et un groupe de 155mm) sans oublier les unités de génie et de soutien (207ème bataillon du génie de forteresse, une compagnie radio, une compagnie télégraphiste).

Le 43ème CAF (ex-SF des Vosges) dispose des 154ème et 165ème RIF, de la 5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers appuyés par le 46ème GRCA, les 168ème RAP (un groupe équipé de 8 canons de 75mm et 16 canons de 155C, un 2ème groupe équipé de 8 canons de 155C et de 8 canons de 155L) et 60ème RAMF (deux groupes de 75mm et un groupe de 155C) sans oublier différentes unités de génie et de soutien dont le 143ème bataillon du génie de forteresse.

Le SF d’Haguenau dispose de cinq RIF, les 22ème 23ème 68ème 70ème et 79ème, de la 6ème compagnie du 400ème Régiment de Pionniers appuyés par deux régiments d’artillerie les 156ème RAP (1er groupe équipé de 16 canons de 155L modèle 1918 et le 2ème groupe équipé de 4 canons de 75mm, de 4 canons de 145mm et de 8 canons de 155L modèle 1918) et le 69ème RAMF qui lui dispose de deux groupes de 75mm et un groupe de 155C ainsi que des unités du génie, de transmission et de soutien (notamment le 206ème bataillon du génie de forteresse).

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916

Le SF du Bas Rhin devenu la 103ème DIF est armé par les 34ème et 172ème RIF, le 237ème RI de secteur fortifié ainsi que le 155ème RAP (1er groupe équipé de douze canons de 155L et un 2ème groupe équipé de 8 canons de 75mm, 8 canons de 145L, 4 canons de 150T et deux batteries d’ouvrages ex-allemands) sans oublier le génie (compagnies du génie 228/1 et 228/2), les transmissions et la logistique.

-Secteur de la 8ème armée :

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

La 104ème DIF (ex-SF de Colmar) aligne les 28ème et 42ème RIF, le 242ème RI de SF, le 1er groupe du 170ème RAP (équipé d’une batterie de 12 canons de 75mm modèle 1897 et d’une batterie composite disposant de 4 canons de 120L modèle 1878, 4 canons de 155L modèle 1877 et 4 canons de 155C) et des unités du génie notamment la 1ère compagnie du 229ème BGF.

La 105ème DIF (ex SF de Mulhouse) aligne le 10ème RIF, le 2ème groupe du 159ème RAP (équipé de 8 canons de 75mm, 4 canons de 155mm, 12 canons de 47mm de marine et 6 pièces de 150T) ainsi que les unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 230ème bataillon de génie de forteresse.

Le SF d’Altkirch aligne les 12ème et 171ème RIF, les IIIème et IVème Groupe du 159ème RAP (le 3ème groupe dispose de 14 canons de 75mm dont 6 en casemates, 4 canons de 155C et 4 canons de 155L) plus des unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 205ème bataillon du génie de forteresse.

Le SF de Montbeliard dispose de……..chasseurs pyrénéens avec les 21ème et 61ème BCPyr, le VIIème groupe du 159ème RAP (12 canons de 105L, 4 canons de 75mm, 4 canons de 155L et 4 canons de 155C) plus des unités du génie et de soutien.

La défense de Belfort est assurée par les vieux forts construits au 19ème et à peine modernisée. La RF de Belfort devenu le 44ème CAF dispose du 371ème RI, des Vème et VIème groupes du 159ème RAP équipés de canons de 75 et de 155mm sous tourelle pour le premier, de pièces d’artillerie fixe, de 8 canons de 155L modèle 1916 et de 4 canons de 240mm modèle 1884 pour le second.

-Le 45ème CAF est créé en janvier 1940 pour couvrir le Jura, faisant la liaison entre la 8ème Armée et l’Armée des Alpes. Il dispose de la 1ère demi-brigade de chasseurs pyrénéens avec les 1er 2ème et 6ème BCPyr, le 2ème groupe du 170ème RAP (équipé de 10 canons de 75mm modèle 1897, 16 canons de 155C, 4 canons de 90mm, et 6 canons de 155L), la 7ème compagnie du 400ème régiment de pionniers et le 213ème bataillon du génie de forteresse.

22-Armée de terre : armement et matériel (13)

Canon de 120mm modèle 1878 De Bange

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Ce canon de 120mm à été développé après la défaite de 1870 pour armer les nouveaux forts du système Seré de Rivières. En 1916, il à été modifié pour la traction automobile.

Matériel vétuste, il est mobilisé en septembre 1939 faute de mieux pour équiper les régiments d’artillerie de position (RAP) en l’occurence 80 pièces répartis entre les 150ème 151ème et 156ème (8 pièces chacun), les 161ème et 165ème RAP disposant de 24 pièces, les 169ème et 170ème RAP disposant eux de quatre pièces.

A l’issue de la démobilisation, les régiments maintenus en ligne remisent ces pièces qui sont ferraillées, leur vétusté ainsi qu’un stock d’obus limité rendant peu profitable leur remise en ligne.

Caractéristiques Techniques du canon de 120mm modèle 1878 De Bange

Calibre : 120mm Longueur du tube : 3.25m Poids de la pièce : 2700kg Poids de l’obus 19.2kg Cadence de tir : maximum 5 coups durant douze minutes Portée maximale : environ 11000m Pointage en site -17° à +30° Pointage en azimut : 0°  

Canon de 155C Saint Chamond modèle 1915

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

Comme nous l’avons déjà vu, l’artillerie française entre dans le premier conflit mondial avec un manque cruel de pièces d’artillerie lourde. Après avoir fait feu de tout bois en remettant en service des pièces dépassées, en vidant les forts littoraux ou en désarmant les forts de Verdun, l’artillerie française se voit doter de pièces modernes comme le canon de 155 C  Saint Chamond modèle 1915.

Ce canon dérivé d’une pièce mise au point pour le Mexique est sans être un échec avait des qualités balistiques bien inférieures au canon Schneider notamment une portée inférieure de 2600m ce qui explique qu’il était présent en faible nombre au sein des unités d’artillerie durant le premier conflit mondial. Il allait néanmoins participer à la guerre de Pologne et au second conflit mondial au sein des Régiments d’Artillerie Portée en l’occurence quatre-vingt huit pièces répartis entre sept RAP du Nord-Est.

Ainsi le 150ème RAP dispose de huit pièces, les 159ème 163ème 166ème et 170ème RAP disposent de douze pièces alors que les 160ème et 168ème RAP disposent de seize pièces. Ce canon est également utilisé dans les Régiments d’Artillerie Portée (R.A.P) déployés dans les Alpes à raison de cinquante-deux pièces répartis entre le 154ème RAP (8), le 157ème RAP (4), le 158ème RAP (12), le 162ème RAP (8), le 164ème RAP (12) et le 167ème RAP (8).

Une fois la démobilisation passée, les canons de ce type sont maintenus en service et étaient toujours en ligne en septembre 1948 y compris dans les régiments dissous à l’été 1940 et réactivés huit ans plus tard.

Caractéristiques Techniques du canon de 155C modèle 1915

Calibre : 155mm Poids de la pièce 3400kg Poids de l’obus : 40 à 43kg selon les modèles Longueur de la pièce : 2.51m largeur 1.85 Portée maximale : 7200 à 9800m en fonction du poids de l’obus Pointage en site : 0 à +40° Pointage en azimut : 6° Cadence de tir : 10 coups en 5 minutes Equipe de pièce : inconnue

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Comme je l’ai déjà mentionné à plusieurs reprises, la confiance aveugle faite au «75» avant le début du premier conflit mondial handicape sévèrement l’artillerie française qui passe à côté de la possibilité d’adopter des pièces lourdes de siège mais également des pièces puissantes de campagne.

Elle étudie sans les adopter des projets de canons et d’obusiers de 120mm tout comme un obusier de 105 de la firme Schneider. Elle refuse également un obusier de 155mm estimé comme trop lourd pour le tir antipersonnel contre des troupes en campagne et trop léger pour la guerre de siège.

L’échec de la guerre de mouvement de l’été 1914 et la stabilisation du front à l’automne prouve l’inanité de ses conceptions. La guerre des tranchées outre une dépense absolument colossale de munitions nécessite des matériels nouveaux notamment des obusiers pour tirer à contre-pente.

Saint Chamond est le premier à dégainer avec son modèle de 155mm modèle 1915 commandé dès 1914 à 400 exemplaires mais Schneider ne va pas tarder à refaire son retard en présentant un nouvel obusier de 155mm commandé dès le mois de septembre 1915 à 112 exemplaires.

Le canon de Schneider est une vrai réussite qu’il s’agisse du modèle 1915 ou du modèle 1917, le premier tirant avec des douilles, le second avec des gargousses. Pas moins de 1600 canons de ce modèle vont être produits ce qui explique qu’il est encore en service dans l’armée française quand éclate la guerre de Pologne.

Il équipe aussi bien les RAMF (108 exemplaires) que les RAP (24 exemplaires) mais également au sein des RAD qui disposent de deux groupes de 155C généralement équipé de la pièce Schneider, certains RAD notamment les motorisés ont reçu un groupe de 105C à la place d’un des deux groupes de 155C.

Les quatre Régiments d’Artillerie Coloniale (RAC) et les quatre Régiments d’Artillerie Nord-Africain (RANA) disposaient également de deux groupes lourds à trois batteries de quatre Schneider modèle 1917.

Cela nous donne donc en métropole avant la mobilisation de septembre 1939, un total de vingt-quatre groupes pour douze RAD soit un total de soixante-douze batteries et 288 canons. Ce nombre se réduit au printemps 1940 quand le 201ème RALD issu du 1er RAD (15ème DIM) reçoit un groupe de 105C. On trouve également seize groupes pour les RAC et RANA soit un total de 132 canons de 155mm.

Des groupes dispersés existent également dans l’Empire notamment un puis deux groupes au sein du 66ème RAA de la Division d’Oran.

A la mobilisation, les RAD se dédoublent en RALD, les RAC en RAC et RALC, les RANA en RANA et RALNA, les régiments lourds disposant pour la plupart de deux groupes de 155C modèle 1917.

Suite à la démobilisation, ce canon reste en service au sein RAD mais leur place se réduit. En effet, le RAD type 1943 voit l’augmentation du nombre de groupes à six, trois de 75mm, deux de 105mm et un groupe de 155mm, même chose pour les RAC de métropole et les RANA.

Ce canon équipe donc seulement vingt-six régiments d’artillerie de campagne (dix huit RAD, quatre RAC et quatre RANA) avec vingt-six groupes à trois batteries de quatre pièces soit un total de 312 pièces.

Ce canon va être progressivement remplacé par un dérivé modernisé, le 155C modèle 1946S qui va remplacer ce canon dans les RAD, RAC et RANA mais pas dans les unités de position et les unités mobiles de forteresse. Les RALD, RALNA et RALC mobilisés vont pour certains recevoir le 155C modèle 1917 en attendant la disponibilité de pièces modernes.

Caractéristiques Techniques du canon de 155C modèle 1917

Calibre : 155mm Poids de la pièce : 3750kg Poids de l’obus : 40.6 ou 43kg Longueur du tube : 2.33m (15 calibres) Largeur 1.89m Portée maximale : 9900 à 11900m en fonction de l’obus Pointage en site : 0° à +42° Pointage en azimut 6° Cadende de tir : 10 coups par cinq minutes Equipe de pièces : nc

Canon de 155C Schneider modèle 1946

Ce canon est en fait une reprise du modèle 1917. En 1944 se posa la question du remplacement du vénérable canon modèle 1917. Ce canon vieillissait mais était toujours apprécié par ses servants ce qui explique la décision de reprendre la production pour remplacer les pièces les plus anciennes.

Impossible de reprendre la production de la pièce originale mais Schneider soucieux de rentabiliser les machines et ne pas épuiser ses capacités de production _déjà fortement sollicitées_ , elle reprend la production de la pièce en apportant un certain nombre de modifications la rendant plus légère et plus efficace.

Parmi les modifications, on trouve un bouclier plus léger, des roues plus adaptées à la traction automobile rapide et un tube plus long en l’occurence un tube de 21 calibres au lieu de 15.

Adoptée officiellement en janvier 1946, cette pièce rééquipa en priorité les régiments d’artillerie divisionnaire (R.A.D), le conflit éclatant avant que les R.A.P ne reçoivent des pièces.

Caractéristiques Techniques du canon de 155C modèle 1946

Calibre : 155mm Poids de la pièce : 3400kg Poids de l’obus : 44kg (obus explosif) Longueur du tube : 3.255m (21 calibres) Largeur 1.86m Portée maximale : 13250m  Pointage en site : 0° à +45° Pointage en azimut 10° Cadence de tir : 8 coups par cinq minutes Equipe de pièces : huit hommes

Canon de 155L De Bange modèle 1877

Canon de 155mm long De Bange modèle 1877

Canon de 155mm long De Bange modèle 1877

La défaite de 1870 et l’optique de la Revanche pousse la France à investir massivement dans son armement car tout ou presque est à reconstruire. L’une des priorités est l’artillerie et la mise au point de pièces lourdes non pas pour le tir en campagne (une grave lacune de nos armées en 1914) mais pour équiper l’artillerie de siège (attaque des fortifications ennemies) et l’artillerie de place (pour leur défense).

Le projet ouvert par le comité d’artillerie le 2 février 1874 aboutit trois ans plus tard à l’adoption du projet proposé par le capitaine De Bange qui devient donc le 155L modèle 1877, premier canon d’un système complet, le système De Bange qui comptera au final neuf canons allant du 80mm de montagne au monstrueux mortier de siège de 270mm.

En 1914, la pièce De Bange connait enfin son baptême du feu non pas pour défendre les places fortes de l’est mais pour compenser le manque de pièces d’artillerie lourde au sein de nos armées. La  pièce conçu quarante ans plus tôt à encore de beaux restes, rendant hommage à son concepteur mort peu avant le début du premier conflit mondial.

Au cours de celle qui aurait du être la «Der des ders», des pièces plus modernes vont être mises en service mais à la fin du conflit, l’ainé était encore en ligne bien qu’ayant subit des modifications avec un affût rendu plus mobile, l’utilisation d’obus plus puissants lui permettant notamment de passer en terme de portée maximale de 9800 à 11700m.

En dépit de ces efforts de modernisation, la pièce De Bange avait une portée trop limitée pour le tir de contre-batterie et une cadence de tir bien trop faible avec tout juste un coup par minute. Cela ne l’empêche pas d’être toujours en service en septembre 1939 au sein des régiments d’artillerie de position.

Il équipe ainsi sur le front Nord-Est à raison de douze régiments d’artillerie de position qui se répartissent 168 pièces.

Si les 150ème 152ème et 166ème RAP disposent de huit pièces, les 160ème et 170ème RAP disposent de dix pièces alors que le 155ème RAP dispose de douze pièces. Les 159ème 163ème et 168ème RAP disposent eux de seize pièces, les 151ème et 153ème ont eux vingt pièces alors que le 161ème RAP aligne pas moins de vingt-quatre pièces.

Sur le front des Alpes, 137 pièces de ce type sont encore en service en septembre 1939 répartis entre six RAP avec douze canons au sein du 154ème RAP, trente-trois au sein du 157ème RAP, seize au sein du 158ème RAP, douze au sein du 162ème RAP, trente-deux au sein du 164ème RAP et au sein du 167ème RAP.

Ce canon est encore en service en septembre 1948, armant toujours les régiments d’artillerie de position en ligne en dépit d’un âge canonique, une caractéristique commune à de nombreux matériels mis en service par les RAP/RAMF à tel point que les artilleurs de ces régiments se surnommèrent eux même «Les Antiquaires».

Caractéristiques Techniques du canon de 155L modèle 1877

Calibre : 155mm Poids de la pièce : 5700kg Poids de l’obus : 40 à 43kg Longueur du tube : 4.20m Largeur : 1.86m Portée maximale : 10000 à 12700m en fonction du poids de l’obus Pointage en site : 0 à +28° Pointage en azimut : 0° Cadende ce tir : un coup par minute Equipe de pièce : inconnue.

Canon de 155mm modèle 1877/14 Schneider

Canon de 155mm modèle 1877/14

Canon de 155mm modèle 1877/14

Comme nous venons de le voir, le canon de 155L De Bange était une excellente pièce balistiquement parlant. Elle vieillissait cependant et il fallait envisager son remplacement. En 1909, on lança un programme destiné à fournir à l’armée, les pièces à longue portée futures.

Ce programme qui allait donner naissance au remarquable 155 GPF (Grande Puissance Filloux) va également permettre au De Bange de connaître une deuxième carrière en associant le canon modèle 1877 avec un affût à frein et récupérateur, une technique mise au point à la fin du 19ème siècle et qui connu sa première application sur le célébrissime «75» et qui fût à l’origine de l’affaire Dreyfus.

En 1910, la firme Schneider avait présenté au gouvernement espagnol un canon de 150mm issu d’un canon de 152.4mm mis au point pour la Russie tsariste. Testé par la France, il n’est pas adopté comme tel mais son affût va être adopté pour moderniser le 155L modèle 1877 De Bange devenant le 155L modèle 1877/14 dont la production allait se révéler chaotique, la mobilisation ayant perturbé la production des usines.

Il faut ainsi attendre février 1916 pour que les premiers matériels de série sortent d’usine et avril pour que les premiers groupes arrivent sur le front d’abord au sein de l’ALT ou Artillerie Lourde à Tracteurs (treize groupes et 108 pièces) avant que l’arrivée de pièces longues comme le 155 GPF n’entraine leur transfert à l’Artillerie Lourde Hippomobile.

Au final seulement 120 exemplaires sont produits ce qui ne l’empêche d’être encore en service au début de la guerre de Pologne au sein de certains RALH en l’occurence les 112ème, 113ème, 114ème, 116ème et 117ème RALH ainsi que les 110ème et 11ème RALHC soit un total de douze groupes et 96 pièces en ligne auxquelles s’ajoutent huit pièces en service au sein des 154ème et 157ème RAP (quatre pièces chacun).

Si les canons des RAP restent en service, les RALH vont remplacer ce canon par des 155L modèle 1945.

Caractéristiques Techniques du canon de 155L modèle 1877 modifié 1914

Calibre : 155mm Poids de la pièce 7940kg Poids de l’obus : 40 à 43kg selon les modèles Longueur de la pièce : 4.20m largeur 1.56 Portée maximale : 11600 à 13600m en fonction du poids de l’obus Pointage en site : -5° à +40° Pointage en azimut : 5° Cadence de tir : 8 coups par cinq minutes Equipe de pièce : inconnue

22-Armée de terre : armement et matériel (10)

Canon de 105mm de montagne modèle 1909

Canon de 105mm de montagne modèle 1909

Canon de 105mm de montagne modèle 1909

Comme son nom l’indique, ce canon de 105mm est une pièce plus légère que son équivalent de campagne car conçu pour opérer en milieu montagneux où il est utile d’alléger le plus possible les équipements.

Les canons de ce type ne sont cependant plus en service en septembre 1939, ayant été remplacés par des pièces modernes mais je les cite car quelques pièces de ce type sont déstockés à la mobilisation en septembre 1948 pour servir de pièces d’instruction et si besoin est de pièce opérationnelle.

Canon de 105mm Schneider L13

Canon de 105L modèle 1913S

Canon de 105L modèle 1913S conservé dans un musée militaire finlandais

Avant le premier conflit mondial, la culture offensive de l’armée de terre avait paré le canon de 75mm modèle 1897 de toutes les vertus au point de négliger l’obusier apte aux tirs courbes ou des pièces lourdes pour vaincre les retranchements ennemis.

Ce manque d’intérêt pour l’artillerie lourde se double d’une querelle entre les établissements d’état et les manufacturiers privés comme Schneider, la présence des seconds étant peu goûtée des premiers dans un domaine considéré comme leur chasse gardée ce qui n’empêchait pas les ingénieurs militaires de se reclasser la retraite venue chez les dits manufacturiers.

Le remplacement du système De Bange devenant urgent, plusieurs projets sont mis en chantier (155L Rimailho et 120L à grande portée Regnault) mais aucun n’aboutit.

Comme souvent dans ce genre de situation, il faut un électrochoc extérieur pour que la situation se débloque en l’occurence la crise d’Agadir en 1911 qui est à deux doigts de provoquer une véritable conflagration mondiale.
C’est ainsi que le 5 avril 1913, le ministre de la guerre Etienne choisit un projet présenté par la firme Schneider, un canon de 105 issu d’un projet plus ancien destiné à la Russie, un canon de 42 lignes ou 106.7mm. C’est l’acte de naissance du canon de 105L modèle 1913 qui va entrer en service dans l’armée française en septembre 1914, ce canon équipant aussi certaines armées alliées.

En septembre 1939, son remplacement à été initié, son successeur étant également une création de la maison Schneider en l’occurence le Schneider 105L modèle 1936S mis au point bien plus rapidement que son «concurrent» de l’Etablissement de Tarbes qui ne sera réellement au point que courant 1941 et donc adopté sous le nom de canon de 105L modèle 1941T.

Quand éclate la guerre de Pologne, le vétéran du premier conflit mondial équipe encore les unités suivantes :

-Six régiments d’artillerie de position du Nord-Est à raison de huit pièces pour le 153ème, de douze pièces pour les 159ème, 161ème et 166ème et de vingt-quatre pièces pour les 160ème et 169ème.

-Six régiments d’artillerie de position du Sud-Est en sont équipés : Le 154ème RAP de Grenoble dispose de quatre puis de huit canons alors que son homologue de Nice, le 157ème RAP dispose de quatre canons de ce modèle, le 158ème RAP dispose de deux canons de ce modèle, le 162ème RAP dispose de quatorze pièces de ce modèle, le 164ème RAP dispose de vingt pièces et le 167ème RAP de quatre pièces.

Outre les 144 canons en service dans les RAP, ce canon est encore en service dans les Régiments d’Artillerie Lourde Automobile/ à Tracteurs (RALA/T) ainsi que dans les Régiments d’Artillerie Lourde Hippomobile (RALH)

-Le 11ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial de Lorient est ensuite affecté au Corps d’Armée Colonial dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Bourges dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné au Mans dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Châteaudun dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Limoges dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Nîmes dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Castres dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Toulouse dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

A la mobilisation d’août/septembre 1939, de nouveaux régiments d’artillerie lourde hippomobile sont mis sur pied :
-Le 110ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial est mis sur pied par les CMA 31 et CMA 29 et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 111ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial est mis sur pied par le CMA 31 et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 114ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 14 de Lyon et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913 soit un total de 24 canons.

-Le 116ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 13 d’Issoire et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 118ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 38 de Rochefort et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 121ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 9 de Poitiers et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 141ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 9 de Poitiers et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 142ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 3 de Caen et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 145ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 4 du Mans et le CMA 404 de Chartres et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

-Le 146ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 11 de Vannes et dispose de deux groupes de trois batteries de quatre canons 105L modèle 1913S soit un total de 24 canons.

Suite à la démobilisation menée à l’été 1940, les régiments d’artillerie lourde hippomobile d’active sont maintenus auxquels s’ajoute quatre régiments créés durant la guerre de Pologne, le 149ème RALH au Levant ainsi que trois régiments de métropole, les 114ème, 116ème et 118ème RALH.

Au plus fort de la mobilisation, les RALH alignent un total de 432 canons Schneider 105L modèle 1913S. Pour ce qui est de la situation des RALT/RALA, la situation est la suivante :

-Le 103ème régiment d’artillerie lourde tractée stationné à Rouen dispose de deux groupes de 105 L13S rapidement remplacés par le Schneider L36.

-Le 101ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 1 dispose d’un groupe équipé de trois batteries de quatre Schneider L13S.
-Le 102ème régiment d’artillerie lourde tractée est mis sur pied par le CMA 302/2 et dispose d’un groupe équipé de trois batteries de quatre Schneider L13S.

-Le 104ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 8 de Dijon et dispose d’un groupe équipé de trois batteries de quatre Schneider L13S.

-Le 123ème régiment d’artillerie lourde tractée est mis sur pied par le CMA 9/341 et dispose un temps de deux groupes à trois batteries de quatre Schneider L13S soit un total de 24 exemplaires.

-Le 124ème régiment d’artillerie lourde tractée est mis sur pied par le CMA 9/27 et dispose d’un groupe équipé de trois batteries de quatre Schneider L13S.

-Le 180ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de deux groupes de 105L13S, chaque groupe disposant de trois batteries à quatre pièces.

Au plus fort de la mobilisation, les RALT/RALA disposent de soixante canons 105L13.

La démobilisation menée à l’été 1940 voit le nombre de régiments se réduire. Les régiments d’active présents en août 1939 sont maintenus mais des régiments de mobilisation sont naturellement maintenus en ligne.

Le 105L13 équipe aussi deux régiments d’artillerie lourde portée, les 351ème et 355ème mobilisés en septembre 1939 avec chacun deux groupes de trois batteries de quatre pièces soit un total de 48 canons.

Au final, on trouve en ligne au maximum 648 canons de ce type. Si les RAP conservent leurs canons y compris au moment de la mobilisation en septembre 1948 des régiments dissous huit ans plus tôt, les RALH, les RALT et les RALP ont remplacés leurs canons par des pièces plus modernes en l’occurence le Schneider L36 ou le L41 de Tarbes.

Les RAP mettent encore en œuvre 138 canons Schneider L13, quatre canons pour les 157ème et 167ème RAP; huit pièces pour les 150ème, 153ème, 154ème et 155ème RAP; douze canons pour les 159ème et 161ème RAP; quatorze canons pour le 162ème RAP; seize canons pour le 168ème RAP; vingt canons pour le 164ème RAP et enfin vingt-quatre pour les 160ème, 165ème et 169ème RAP.

Caractéristiques Techniques du canon de 105mm Schneider modèle 1913S

Calibre : 105mm Longueur du canon 2.982m Poids totale en batterie 2300kg Poids de l’obus : 15.6kg Cadence de tir : 7 coups/minute Portée : 11800m Pointage en site : -5° à +37° Pointage en azimut sur 6°  Equipe de pièce : sept hommes

21-Armée de terre (67)

161ème régiment d’artillerie de position

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Canon de 105mm modèle 1913S dans un musée finlandais

Ce régiment est mobilisé en août 1939 à Valenciennes et à Maubeuge avec pour noyau actif le 7ème groupe du 15ème RAD de Douai. Ce régiment va mettre sur pied pas moins de quatre groupes de position repartis le long de la frontière belge.

-Le 1er groupe affecté au Secteur Fortifié de l’Escaut et au Secteur Défensif des Flandres dispose de trois batteries avec un total de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, 4 canons de 105L modèle 1913S et 8 canons de 155L modèle 1877.

-Le 2ème groupe affecté au SF Maubeuge (future 101ème DIF) assure l’appui du 87ème RIF avec trois batteries cumulant dix canons de 75mm modèle 1897 dont deux en casemates, huit canons de 155L modèle 1877, quatre canons de 105L modèle 1913S et huit canons de 120L modèle 1878.

-Le 3ème groupe affecté lui aussi au SF de Maubeuge en appui du 84ème RIF dispose de trois batteries soit un total de quatre canons de 105L modèle 1913S, 8 canons de 120L modèle 1878, 8 canons de 155L modèle 1877 et 8 canons de 75mm (sept modèle 1897 et un modèle 1897/33).

-Un 4ème groupe est mis sur pied avec deux batteries, la 10ème disposant de huit canons de 75mm modèle 1897 et la 11ème battterie disposant de douze canons du même modèle mais employé en antichar.

Suite à la démobilisation, le régiment est maintenu dans les secteurs où il était stationné durant la guerre de Pologne mais il réduit son format et se réorganise. Dans le Secteur Fortifié des Flandres, les 10ème et 11ème batteries sont maintenues en ligne avec avec seulement six pièces chacune.

Le 1er groupe déployé au sein du SF Escaut aligne désormais 16 canons de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913S, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

Si le 3ème groupe est dissous et les pièces stockées, le 2ème groupe est maintenu en ligne avec de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et une batterie de 8 canons de 105mm modèle 1913S (une batterie).

A la mobilisation d’août 1948, le 4ème groupe déployé dans les Flandres prend en charge une partie de la défense côtière et reçoit pour cela une batterie de huit canons de 155mm GPF en plus de deux batteries de huit canons de 75mm modèle 1897.

Si le 1er et le 2ème groupe ne changent pas, le 3ème groupe est réactivé avec huit canons de 105L modèle 1913S.

162ème régiment d’artillerie de position

Ce régiment est mobilisé à Grenoble et à Tournoux en août 1939 avec comme noyau actif, la 5ème batterie du 2ème groupe du 154ème RAP. Il est affecté au Secteur Fortifié du Dauphiné.

Il est composé d’un 1er groupe dissous en février 1940 pour former le 4ème groupe du 164ème RAP, un 2ème groupe regroupant les batteries 4, 5 et 6 disposant de canons de 65mm, de 75mm, de 105 et de 155mm, tractés ou en casemates, d’un troisième groupe avec les 7ème et 8ème batteries disposant de canons de 65mm, de 95mm ; de 105 et de 155mm et d’un groupe d’ouvrages avec les 9ème, 11ème, 12ème, 13ème et 14ème batteries.

Dissous le 7 août 1940, le 162ème RAP est reconstitué avec un groupe d’ouvrage et deux groupes disposant chacun de trois batteries : une batterie de 75mm, une batterie de 105mm et une batterie de 155mm GPFT.

163ème régiment d’artillerie de position

Le 163ème régiment d’artillerie de position est officiellement créé à Metz à partir de l’ancien 153ème régiment d’artillerie à pied et complété par des éléments du 281ème régiment d’artillerie lourde à tracteur.

En 1931, elle dispose de trois groupes de 280mm modèle 1914 et le 15 avril 1933 intègre la Région Fortifiée de Metz. Le 15 avril 1934, trois nouvelles batteries sont créées et le 16 mars 1936, le 163ème régiment d’artillerie à pied devient régiment d’artillerie de position.

A ce moment là, le régiment dispose d’un 1er groupe de position (trois batteries) affecté au SF de Faulquemont, les 2ème et 3ème groupes (ouvrages et position) au SF du Boulay et le 4ème groupe de position à deux batteries à la position de barrage de Metz.

A la mobilisation d’août 1939, le 163ème RAP donne naissance à trois régiments de guerre en l’occurence le 153ème RAP, le 163ème et le 165ème RAP.

Le 163ème RAP (parfois appelé également Régiment d’Artillerie de Forteresse) comporte trois groupes, tous affectés au Secteur Fortifié de Faulquemont avec un 1er groupe appuyant le 156ème RIF (une batterie de 75 et une batterie de 155mm), un 2ème groupe appuyant le 160ème RIF avec deux batteries de 75mm et un 3ème groupe destiné à l’artillerie lourde longue portée avec trois batteries disposant de canons de 155mm et une batterie  chargée d’armer les ouvrages.

Ce régiment est pérennisè après la démobilisation et à la mobilisation d’août/septembre 1948, il reste déployé dans le Secteur Fortifié de Faulquemont.

164ème régiment d’artillerie de position

Le 164ème régiment d’artillerie de position est mobilisé à partir du 25 août 1939 avec un noyau actif fournit par le 1er groupe du 154ème RAP et affecté au Secteur Fortifié de Savoie à l’exception de la 1ère batterie déployée dans le Secteur Fortifié du Rhône.

Les 1er et 2ème groupes sont déployés en Maurienne, le 3ème puis un 4ème groupe (créé en janvier 1940) sont déployés en Tarentaise. Comme les autres RAP, le régiment d’un matériel assez hétéroclite avec des canons de 75mm (modèle 1897), de 105mm (modèle 1913), de 155mm (C et L), de 145/155 modèle 1916, de canons de 95mm, de mortiers de tranchée 150T modèle 1917…… .

Suite à la démobilisation, la 1ère batterie du 164ème RAP reste détachée dans le SF du Rhône avec néanmoins des moyens réduits en l’occurence, les trois canons de 105mm et les quatre canons de 155mm, le Fort l’Ecluse étant mis en sommeil.

Le reste du 164ème RAP reste déployé dans le Secteur Fortifié de Savoie avec seulement les 2ème et 3ème batterie du 1er groupe, le 2ème et le 3ème groupe, le 4ème groupe étant dissous.

A la mobilisation d’août 1948, le 164ème RAP est totalement réorganisé avec quatre groupes,  deux groupes de 75mm, un groupe de 155mm et un groupe antichar mixte (75 et 47mm).

165ème régiment d’artillerie de position

Le 165ème RAP est mobilisé à la fin du mois d’août 1939 par le CMA 46 de Metz à partir d’un noyau actif fournit par le 163ème RAP. Avec le 1er groupe du 160ème RAP, il assure avec ses trois groupes la défense de la place de Metz.

Il dispose comme armement des pièces d’artillerie des forts ex-allemands (74 canons de 100 et de 150mm), des canons de 120L modèle 1878, des mortiers de 75T pour la défense rapprochée des forts et 12 canons de 75mm utilisés comme pièces antichars (position de barrage de Metz)

Devant également mener des missions offensives contre la ligne Siegfried, il reçoit des pièces lourdes avec 12 canons Schneider 220C (1er groupe) et 8 mortiers de 280 au sein du 3ème groupe, le 2ème groupe recevant ultérieurement quatre mortiers de 370mm Filloux.

Après la démobilisation, il est pérennisè sous une forme réduite. Les forts allemands sont mis en sommeil entrainant la dissolution du 1er groupe. Le 2ème groupe dispose de trois batteries de huit canons de 120L De Bange modèle 1878 puis de canons de 105L modèle 1913S et le 3ème groupe disposant d’une batterie de huit canons de 75mm et d’une batterie de douze canons de 47mm destinés à la lutte antichar.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le 1er groupe est réactivé, les effectifs des 2ème et 3ème groupe sont complétés avec pour le 3ème groupe une troisième batterie de huit canons de 75mm.

Un 4ème groupe est créé en octobre 1948 avec des pièces puissantes en l’occurence les canons de 220mm et les mortiers de 280mm déjà présents en 1939/40 et ressortis des dépôts pour l’occasion.

166ème régiment d’artillerie de position

Le 166ème régiment d’artillerie de position est créé le 1er septembre 1937 à partir du 5ème groupe du 155ème RAP ainsi que d’éléments des 12ème et 59ème RA. Affecté au Secteur Défensif de la Sarre, il dispose d’un état-major et de trois groupes.

A la mobilisation, il se dédouble pour former trois régiments : le 49ème RAMRF à partir du 1er groupe, le 150ème RAP à partir du 3ème groupe et le 166ème RAP à partir du 2ème groupe.

Le 166ème RAP de guerre compte trois groupes à trois batteries et une section de transport hippomobile et est affecté au Secteur Défensif devenu en mars 1940 Secteur Fortifié de la Sarre.

Le 1er groupe dispose de 8 canons de 75mm et 16 canons de 155mm, le 2ème groupe de 20 canons de 75mm (dont quatre en casemates) et de 8 canons de 155mm et le 3ème groupe d’un parc hétéroclite avec 12 canons de 120L modèle 1878, 12 canons de 155mm, deux canons de 220mm modèle 1917 et 2 mortiers de 280mm.

A la démobilisation, ce régiment est maintenu en ligne avec des moyens plus réduits, les pièces lourdes étant stockées, les canons de 120L trop usés étant feraillés, ne laissant en ligne que les canons de 75mm et de 155mm. Quand le régiment mobilise en août 1948, seules les pièces lourdes sont remises en service.

167ème régiment d’artillerie de position

Le 167ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied en août 1939 à partir d’un noyau actif incarné par le 3ème groupe du 157ème RAP.

Affecté au SFAM (Secteur Fortifié des Alpes Maritimes), il dispose de trois groupes, le 1er groupe à deux batteries (canons de 65 et de 155mm), le 2ème groupe à trois batteries (canons de 65, de 105 et de 155mm), un 3ème groupe à deux batteries _une d’ouvrage et une équipée de canons de 65 et de 155mm_ et enfin d’un quatrième groupe avec deux batteries d’ouvrages et une batterie de position elle aussi équipée de canons de 65 et de 155mm.

A la démobilisation, ce régiment d’artillerie de position est mis en sommeil. Il est réactive le 30 août 1948 avec un premier groupe qui concentre sous son autorité les batteries d’ouvrage, un deuxième groupe disposant de deux batteries de huit canons de 75mm modèle 1897 et un troisième groupe disposant de trois batteries de huit canons de 155L modèle 1877 et 155C modèle 1917.

168ème régiment d’artillerie de position

Le 168ème RAP est mis sur pied en août 1939 à Haguenau et Sarrebourg par le CMA 220 à partir d’un noyau actif, le 5ème groupe du 155ème RAP. Le nouveau régiment est affecté au Secteur Fortifié des Vosges devenu un temps le 43ème CAF.

Il est composé d’un 1er groupe à trois batteries (une de 75mm et deux de 155C) et d’un 2ème groupe à trois batteries de 155mm. Ce régiment est pérennisè à la démobilisation, sa structure n’évolue pas jusqu’à la mobilisation de septembre 1948 quand un 3ème groupe est activé avec deux batteries de 8 canons de 105L modèle 1913S.

169ème régiment d’artillerie de position

Sans le déclenchement de la guerre de Pologne, la création d’un 169ème RAP aurait été mené à pied  avec un groupe hippomobile, un groupe à pied et une batterie d’ouvrage.

Finalement, le 169ème RAP est mis sur pied à la mobilisation par le CMA 2 à Stenay et Sedan avec pour noyau actif le 7ème groupe de position du 17ème RAD. Il forme l’artillerie du Secteur Fortifié de Montmedy avec un seul et unique groupe disposant de deux batteries de 155mm, une batterie de 120L De Bange, six batteries de 105mm, une batterie d’ouvrages armant des forts de la région de Verdun et une section de transport automobile ou STA.

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur.

170ème régiment d’artillerie de position

Le 170ème RAP est mis sur pied à la mobilisation à partir du 1er groupe du 159ème RAP avec deux groupes :

Le 1er groupe affecté au Secteur Fortifié de Colmar (future 104ème DIF) dispose d’une 1ère batterie avec 12 canons de 75mm modèle 1897 et une 2ème batterie équipée de 4 canons de 120L modèle 1878, 4 canons de 155L modèle 1877 et 4 canons de 155C Saint Chamond modèle 1915.

Le 2ème groupe affecté au Secteur Fortifié du Jura (futur 45ème CAF) dispose d’une 3ème batterie avec 4 canons de 75mm, 4 canons de 90mm et 4 canons de 155C Saint Chamond modèle 1915, une 4ème batterie avec 4 canons de 155C Schneider modèle 1917, deux canons de 155L modèle 1877 et deux canons de 75mm modèle 1897.

La 5ème batterie dispose de 4 canons de 155C et 4 canons de 75mm modèle 1897 et la 6ème batterie dispose de 4 canons de 155C modèle 1917 et 4 canons de 155L modèle 1877.

Le 1er groupe est maintenu après la démobilisation mais le 2ème est dissous, laissant la région du Jura sans couverture.

Ce n’est qu’à la mobilisation que le 170ème RAP renait comme véritable régiment, le 1er groupe participant à la mise en place de deux groupes d’artillerie de position tout en restant déployés à Colmar.

Ces deux groupes déployés dans le Jura disposent chacun d’une batterie de huit canons de 155mm, de deux batteries de 75mm et d’une batterie antichar à canons de 47mm. Ultérieurement, une batterie d’artillerie lourde équipée de canons de 240mm modèle 1884/44 intégrera le 2ème groupe pour renforcer les défenses du secteur.

21-Armée de terre (66)

155ème régiment d’artillerie de position

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Canon de 155C Schneider modèle 1917

-Le 155ème régiment d’artillerie de position est recréé le 1er août 1919 et le 15 avril 1933 devient l’un des régiments d’artillerie de la Région Fortifiée de la Lauter avec un état-major, un peloton hors-rang et pas moins de sept groupes.

Le régiment dispose donc de quatre groupes à pied avec douze batteries le long du Rhin et un groupement automobile à Sarrebourg, les 5ème,6ème et 7ème groupe représentant six batteries, les deux premiers disposant de canons de 75mm et le troisième de canons de 155C.

Ce régiment connait de nombreuses modifications de structure avec des groupes transférés à d’autres régiments et remplacés par des groupes créés ex-nihilo. Parmi les modifications importantes, citons la création le 16 mars 1936 de batteries d’ouvrage au sein des 2ème et 3ème groupes.

Les six groupes du régiment s’échelonnent sur 80 kilomètres, les 1er et 6ème groupes formant le Groupe d’artillerie du Bas-Rhin, le 2ème groupe forme le Groupe d’artillerie de la forteresse de la Lauter, le 3ème groupe forme le groupe d’artillerie de forteresse des Vosges alors que les 4ème et 5ème groupes forme l’Artillerie de la Région fortifiée de la Lauter.

A la mobilisation d’août 1939, le 155ème RAP du temps de paix donne naissance à trois régiments, le 155ème RAP à partir des 1er et 6ème groupe, le 156ème RAP à partir du 4ème groupe et le 168ème RAP à partir du 5ème groupe.

Le 155ème RAP de guerre est mis sur place par le CMA 60 de Strasbourg et affecté au Secteur Fortifié du Bas-Rhin avec les moyens suivants :

-Le 1er groupe à deux batteries équipées respectivement de 8 canons de 75mm modèle 1897 et de 9 obusiers de tranchée 150T.

-Les 2ème  et 3ème groupes dispose de 16 canons de 75mm modèle 1897 (4ème et 7ème batteries), de 16 canons de 155L modèle 1916 (5ème et 8ème batterie) et 18 mortiers de tranchée 150T (6ème et 9ème batterie)

-Le 4ème groupe dispose des 10ème et 11ème batteries qui occupent l’ancien forteresse allemande de Mutzig et gère des batteries de 120C en dépôt.

Le 155ème RAP de guerre à l’issue de la démobilisation reprend les traditions du  155ème RAP du temps de paix mais réduit la voilure tout en modernisant son matériel.

Le 1er groupe dispose de deux batteries (1 et 2) équipés de canons de 75mm (16 pièces), le 2ème groupe groupe dispose de deux batteries (3 et 4) de 155L modèle 1916 et le 3ème groupe (5 et 6) de deux batteries de 120C puis de 105L modèle 1913S.

Les mortiers de tranchée 150T sont retirés du service tandis que le 4ème groupe est dissous, les batteries allemandes étant mises en sommeil.

A la mobilisation d’août 1948, les trois groupes existants restent identiques en terme de composition humaine et matérielle, le 4ème groupe étant réactivé avec les 7 et 8ème batteries.

156ème régiment d’artillerie de position

-Le 156ème régiment d’artillerie de position est mobilisé à la fin du mois d’août 1939 par le CMA 220 de Sarrebourg avec un noyau actif du 4ème groupe du 155ème RAP. Il compte deux groupes à deux batteries de 155 hippomobiles et une Section de Transport Hippomobile (STH) et est affecté au Secteur fortifié de Haguenau.

Le 1er groupe en appui-feu du 22ème RIF dispose de deux batteries de 8 canons de 155L modèle 1918 alors que le 2ème groupe en appui du 68ème RIF dispose d’une 4ème batterie avec 4 canons de 75mm et 4 canons de 155L modèle 1918 et d’une 5ème batterie avec 4 canons de 145L modèle 1916 et 4 canons de 155L modèle 1918. ce régiment arme également des ouvrages d’artillerie au sein du groupement d’artillerie de forteresse n°3.

Ce régiment est maintenu en ligne après la démobilisation, réorganisé avec néanmoins des moyens réduits, le 1er groupe disposant de deux batteries de quatre canons de 75mm modèle 1897 et le 2ème groupe de deux batteries de quatre canons de 155L modèle 1918.

A la mobilisation de septembre 1948, les moyens sont renforcés, le 1er groupe disposant de deux batteries de 8 canons de 75mm, un 2ème groupe disposant de deux batteries de 8 canons de 155L modèle 1918 et un 3ème groupe avec deux batteries antichars de huit canons de 47mm modèle 1937 chacun.

157ème régiment d’artillerie de position

-Le 157ème régiment d’artillerie de position est créé le 1er août 1919 à Nice sous le nom de 157ème régiment d’artillerie à pied. Comme tous les RAP, son histoire est jalonnée d’un certain nombre de réorganisations, celle du 5 mai 1929 organisant le régiment en un état-major, un peloton-hors rang et trois groupes à deux batteries (batteries 1 et 2 pour le 1er groupe, batteries 4 et 5 pour le 2ème groupe et batteries 7 et 8 pour le 3ème groupe).

Il connait deux nouvelles réorganisations (14 mars 1933 et 15 avril 1935), devenant le 157ème régiment d’artillerie de position avec pour organisation un état-major, un PHR et quatre groupes d’artillerie.

A la mobilisation d’août 1939, le 157ème RAP met sur pied trois nouveaux régiments, les 1er et 4ème groupes forment un 157ème RAP de guerre, le 2ème groupe formant le 158ème RAP et le 3ème groupe forme le 167ème RAP.

Le 157ème régiment d’artillerie de position «nouvelle formule» dispose d’un 1er groupe à trois batteries (1 2 3) équipé de canons de 155mm, de 105mm, de 75mm et de 220mm, d’un 2ème groupe à trois batteries (4 5 6) équipées de canons de 155 et de 75mm, d’un troisième groupe disposant de deux batteries d’ouvrages numérotées 7 et 8, d’un quatrième groupe disposant de deux batteries d’ouvrages numérotées 10 et 11 avec une section de transport automobile et d’un groupe autonome chargé de la défense de Toulon avec 16 canons de 120L modèle 1878.

Le 157ème RAP reste en position mais ces moyens sont réduits avec un 1er groupe à deux batteries de huit canons de 155 (L et C), un 2ème groupe à deux batteries de huit canons de 75mm et les troisième et quatrièmes groupes chargés des ouvrages, ouvrages occupés en permanence avec des effectifs réduits.

A la mobilisation, chaque groupe reçoit une troisième batterie de 75 et de 155mm tandis que les ouvrages sont occupés en permanence à effectifs de guerre.
158ème régiment d’artillerie de position

-Le 158ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied le 24 août 1939 à partir d’un noyau actif fourni par le 2ème groupe du 157ème RAP. Sur le pied de guerre, ce nouveau régiment affecté au SFAM dispose d’un état-major, de trois groupes de position et un groupe d’ouvrages.

Les trois groupes de positions disposent chacun de deux batteries équipés d’un matériel hétéroclite comme c’est le cas avec tous les RAP. Pas moins de six modèles de canons sont ainsi utilisés (canon de 65mm modèle 1906, le canon de 75mm modèle 1897, le canon de 105L modèle 1913, le mortier de tranchée 150T, le canon de 155L modèle 1877 et le canon de 220L modèle 1917), le groupe d’ouvrage (IVème groupe) disposant de trois batteries.

Le régiment est dissous le 17 août 1940, son personnel dispersé (les réservistes sont libérés, le personnel d’active transféré à d’autres régiments d’artillerie) et les pièces stockées à l’exception des canons de 65 et des mortiers de tranchée qui sont feraillés. Quand aux ouvrages, les trois batteries sont rattachées au 157ème RAP

Le 158ème RAP est réactivé le 31 août 1948 à partir du 157ème RAP. Il dispose d’un état-major, d’un peloton hors rang, d’un groupe lourd (1er groupe) disposant de deux puis de quatre canons 220L modèle 1917, un groupe de trois batteries de quatre canons de 155L modèle 1877 mod.14, (2ème groupe) deux groupes de trois batteries de quatre canons de 75mm modèle 1897 montés sur pneumatique (3ème et 4ème groupe), un groupe antichar (5ème groupe) équipé de douze canons de 47mm modèle 1937 et un groupe d’ouvrage à trois batteries (6ème groupe).

159ème régiment d’artillerie de position

-Le 159ème régiment d’artillerie de position est créé le 1er septembre 1937 à Belfort, formant l’artillerie de la Région Fortifiée de Belfort et du Secteur Fortifié de Colmar. Il dispose à l’époque de deux groupes.

Lors de la mobilisation d’août/septembre 1939, le 159ème RAP grâce au concours du CMA 327 de Belfort met sur pied un 159ème RAP de guerre et le 170ème RAP.

Ce nouveau 159ème régiment d’artillerie de position dispose de six groupes numérotés 2 à 7, le groupe numéroté n°1 ayant intégré le 170ème RAP. Ces groupes sont repartis sur différents secteurs   comme ceci :

Le 2ème groupe dispose d’une 3ème batterie avec 8 canons de 75mm modèle 1897 et 4 canons de 155C Saint Chamond modèle 1915, les 22ème et 23ème batteries créées à l’hiver 1940 disposent de 12 canons de 47mm de marine et de six mortiers de tranchée 150T. Il est affecté au Secteur Fortifié de Mulhouse future 105ème DIF.

Le 3ème groupe dispose des 4ème et 5ème batteries avec six canons de 75 modèle 1897/33 en casemates STG, 8 canons de 75mm modèle 1897, 4 canons de 155C Saint Chamond et 4 canons de 155L modèle 1877. Ce groupe est affecté au Secteur Défensif d’Altkirch.

Le 4ème groupe (6ème batterie) dispose de 8 canons de 75 modèle 1897/1933 en casemates STG ainsi que de 8 canons de 155L modèle 1877 intégrés à une 21ème batterie créée en octobre 1939. Il est lui aussi affecté au Secteur Défensif d’Altkirch.

Le 5ème groupe dispose des 7ème, 8ème et 9ème batteries affectées à la Région Fortifiée de Belfort (futur 44ème CAF) dispose de canons de 75mm et de 155mm sous tourelle datant d’avant 1914, la 13ème batterie (7ème groupe) rejoignant le groupe en février 1940.

Le 6ème groupe (10ème et 11ème batteries) est affecté à la Region Fortifiée de Belfort aec 8 canons de 155L modèle 1916 et 4 canons de 240mm modèle 1884.

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Le 7ème groupe (12ème et 13ème batteries) est affecté au Secteur Défensif de Montbéliard avec une 12ème batterie équipée de 4 canons de 75mm modèle 1897, 4 canons de 120L modèle 1878 puis 105L modèle 1913, la batterie disposant déjà de huit canons de 105L.

La 13ème batterie dispose de quatre canons de 155L modèle 1877 et 4 canons de 155C Saint Chamond, batterie ensuite transferée au 5ème groupe.

Le régiment est pérennisè après la démobilisation, ses moyens étant cependant réduits avec la dissolution des 21ème, 22ème et 23ème batteries.

A la mobilisation de septembre 1948, le régiment réactive la 21ème batterie équipée de douze canons antichars de 47mm modèle 1937 et la 23ème batterie avec huit canons de 155 GPF.

160ème régiment d’artillerie de position

Ce régiment est mis sur pied à Verdun par le Centre Mobilisateur d’Artillerie n°306 à l’aide d’un noyau actif, le 3ème groupe du 151ème RAP. Il compte trois groupes et une Section de Transport Hippomobile :

-Le 1er groupe dispose de trois batteries (1 2 et 3) à huit canons de 105L modèle 1913 et les forts ex-allemands de la rive gauche de la Moselle (place de Metz).

-Le 2ème groupe dispose de trois batteries (4,5 et 6) avec des canons de 75mm modèle 1897 et les forts de la rive droite de Verdun.

-Le 3ème groupe dispose de trois batteries numérotées 7, 8 et 9 avec des canons de 155mm (155C Saint Chamond et 155L modèle 1877) et les forts de la rive gauche de Verdun.

Les forts de Verdun disposent en septembre 1939 de deux pièces de 75mm sur affûts et des tourelles de 75 et 155mm, des 150T au sein d’une seizième batterie et un obusier de 370mm Filloux.

Affecté à la Réserve Générale d’Artillerie, il est dispersé entre différents secteurs, le Corps d’Armée Colonial (1er groupe), la 102ème DIF (2ème et 3ème groupe), la 5ème batterie restant à Verdun pour garder les forts.

Après la démobilisation, le 160ème RAP est pérennisè avec deux groupes (1er et 2ème) déployés au sein du SF Ardennes, un 3ème groupe réduit assurant la garde des ouvrages de Verdun.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le 160ème RAP se redéploie dans le Secteur Fortifié des Ardennes devenu 102ème DIF avec un  2ème groupe avec les 4ème et 6ème batteries disposant de canons de 75mm modèle 1897 et 3ème groupe (7ème 8ème et 9ème batteries) équipées de canons de 155C Saint Chamond et de canons de 155L modèle 1877. Le 1er groupe est redéployé pour servir les forts de Verdun.