23-Armée de terre Ligne Maginot (41)

Ordre de bataille de la ligne Maginot et des fortifications de Corse et de Tunisie

De septembre 1940 à l’été 1948, la Ligne Maginot ressemble à un géant assoupi, prêt à mordre et à griffer. Régulièrement et comme avant la guerre de Pologne, des exercices sont régulièrement menés (généralement une fois par mois voir une fois tous les quinze jours) pour améliorer le délai de réaction pour armer les ouvrages qui doivent couvrir la mobilisation générale d’une attaque surprise allemande.

Voilà pourquoi dès la mi-août 1948, le géant commence à s’étirer à s’éveiller. Les ouvrages retrouvent l’animation qu’était la leur durant la guerre de Pologne.

Nous sommes loin de la mobilisation générale mais dès le 22 août, le haut commandement estime possible de repousser une attaque surprise allemande entre les Ardennes et la frontière suisse sans parler d’une attaque italienne sur le front alpin.

Les tensions ne faisant que s’accroitre, de nouvelles classes de réservistes sont rappelés à partir du 27 août, des régiments d’infanterie et d’artillerie de forteresse sont réactivés pour pouvoir occuper les ouvrages.

Comme durant la guerre de pologne, les gardes frontaliers et les gardes mobiles frontaliers vont se livrer à des escarmouches en compagnie des corps francs des RIF, des escarmouches maintenues à un niveau suffisamment bas pour que les morts provoqués par des combats ne dégénèrent pas, pas maintenant en tout cas en un conflit ouvert.

Dès le 3 septembre 1948, les ouvrages de la ligne Maginot sont en ordre de bataille, près à repousser une attaque allemande et à couvrir les prémices de la mobilisation générale officiellement décrétée le 5 septembre 1948.

Comme de septembre 1939 à septembre 1940, des Secteurs Défensifs et les Secteurs Fortifiés deviennent des Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) chargés d’une véritable mission de défense en soutien des Grandes Unités de combat.

Pour ce qui est des ouvrages de campagne, sans troupes attitrées, ils sont entretenus et gardés par des régiments de travailleurs qui par rapport à septembre 1939 sont devenus de quasi-régiments d’infanterie, aptes à mener des combats défensifs bien que la tenue de ses ouvrages est confiée aux troupes de campagne du secteur.

Secteur Fortifié des Flandres (SFF)

-221ème régiment de travailleurs à cinq compagnies de 200 hommes chargés de l’entretien et de la garde des ouvrages en attendant le déploiement des unités de campagne. Ce régiment ex-221ème régiment régional de travailleur à intégré les 9ème et 15ème compagnies de travailleurs espagnols ainsi que la 253ème compagnie française de travailleurs

-10ème et 11ème batteries du 161ème Régiment d’Artillerie de Position. La 10ème batterie reste équipée de canons de 75mm modèle 1897 alors que la 11ème à reçu des canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

-174ème bataillon de sapeurs mineurs

Secteur Fortifié de Lille

-16ème régiment de travailleurs

Secteur Fortifié de l’Escaut

-54ème régiment d’infanterie de forteresse

-17ème régiment de travailleurs

-1er groupe du 161ème RAP équipé de 16 canon de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913S, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

-1ère compagnie du 212ème bataillon de Sapeurs-Mineurs

101ème Division d’Infanterie de Forteresse

La 101ème DIF remplace le 12 septembre 1948 le Secteur Fortifié de Maubeuge, la mission de cette grande unité est de tenir le front telle une unité statique. Elle dispose des unités suivantes :

-84ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (84ème RIF)

-87ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (87ème RIF) réactivé le 1er septembre 1948 à partir du régiment précédent.

-1er bataillon de mitrailleurs devenu en septembre 1947, 1er régiment de mitrailleurs

-18ème régiment de travailleurs

-2ème groupe du 161ème RAP équipé de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et 8 canons de 105mm modèle 1913S en une batterie. Les autres pièces restent stockées.

-226ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

102ème Division d’Infanterie de Forteresse (ex-Secteur Fortifié des Ardennes)

Comme pour la 101ème DIF, la 102ème DIF est chargée de tenir le terrain au profit des unités de campagne notamment les unités chargées de pénétrer en Belgique et au Luxembourg en cas d’agression allemande pour freiner voir stopper l’avance ennemie. Cette division dispose des unités suivantes :

-42ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux

-52ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux officiellement réactivée à la fin du mois d’août

-148ème régiment d’infanterie de forteresse

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

-160ème régiment d’artillerie de position : 2ème groupe avec les 4ème et 6ème batteries disposant de canons de 75mm modèle 1897 et 3ème groupe (7ème 8ème et 9ème batteries) équipées de canons de 155C Saint Chamond modèle 1915 et de canons de 155L modèle 1877.

-141ème bataillon de génie de forteresse avec une compagnie de sapeurs mineurs, les 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile.

-227ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio).

103ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié de Montmedy)

Cette division retrouve l’aspect qu’avait le SFM entre septembre 1939 et septembre 1940 avec les unités suivantes :

-132ème régiment d’infanterie de forteresse

-136ème régiment d’infanterie de forteresse

-147ème régiment d’infanterie de forteresse

-155ème régiment d’infanterie de forteresse

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

 

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur.

-211ème bataillon de sapeurs mineurs avec la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio

Secteur Fortifié de Crusnes

Ce secteur fortifié qui ne devient pas une division retrouve en septembre 1948 l’aspect qu’il avait connu durant la guerre de Pologne. Il aligne donc les unités suivantes :

-128ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé dès le 21 août 1948

-139ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé le 30 août 1948

-149ème régiment d’infanterie de forteresse

-46ème régiment d’artillerie mobile de forteresse (46ème RAMF) disposant de deux groupes de 75mm appuyant respectivement les 128ème et 139ème RIF et d’un groupe de 155C appuyant le 149ème RIF.

-152ème régiment d’artillerie de position disposant de deux batteries de 155C et deux batteries de 155mm modèle 1877

-142ème bataillon du génie de forteresse (deux compagnies de génie, 81ème compagnie télégraphiste, 82ème compagnie radio et 83ème détachement colombophile)

Secteur Fortifié de Thionville

Le Secteur Fortifié de Thionville dispose à la suite de la mobilisation d’août-septembre 1948 des unités suivantes :

-167ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (167ème RIF)

-168ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (168ème RIF)

-169ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (169ème RIF) mobilisé à partir du 168ème RIF comme en septembre 1939.

-151ème Régiment d’Artillerie de Position (151ème RAP) à cinq groupes répartis en deux groupes de 155L, deux pièces de 240, deux pièces de 220L, des batteries d’ouvrages et l’artillerie d’anciens forts allemands.

-70ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse (70ème RAMF) avec deux groupes de 75mm (ayant appartenu de septembre 1940 à août 1948 au 151ème RAP) et un groupe de 155C

-203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

23-Armée de terre Ligne Maginot (35)

Secteur Fortifié de Savoie

Avant-propos

Le SFS s’etend de la frontière suisse au col des Rochilles, englobant les trois vallées savoyardes du Beaufortin, de la Tarentaise et de la Maurienne.

La défense de la Tarentaise et du Beaufortin à pour but de couvrir les directions de Bourg-Saint-Maurice et d’Albertville au débouché du col du Petit-Saint Bernard encadré par les cols muletiers de la Seigne et du Mont.

Dans un premier temps, la CORF ne s’intéresse pas à cette position et jusqu’en 1930, sa défense repose sur de vieux ouvrages de la génération précédente. En 1937, un barrage rapide est établit à Versoyen et de deux petits ouvrrages à Chatelard et à Cave-à-canon.

La défense de la Maurienne à pour but de couvrir la ville de Modane devant laquelle à été établit la position de résistance, s’appuyant au massif de la Vanoise et laissant la haute vallée de la Maurienne au delà de la zone des avant-postes.

Jusqu’en 1930, la défense de la Maurienne repose sur un barrage échelonné en profondeur pour tenir compte des différentes voies de communication de l’époque.

L’essentiel de la défense se consacre autour de Modane avec un barrage de vallée en avant de la ville (ouvrages de Saint-Antoine et Saint-Gobain) et l’interdiction des cols du Sud (Vallée-Etroite, La Roue et Fréjus) débouchant vers la vallée par l’implantation de deux ouvrages d’artillerie et d’un ouvrage d’infanterie.

Au centre du dispositif et implanté sur le vieux fort du même nom, l’ouvrage du Sapey assure l’interdiction lointaine dans les deux directions. La position se termine aux Rochilles (un ouvrage d’infanterie) où elle se raccorde au Secteur fortifié du Dauphiné.

En 1930, l’armée des Alpes entreprend d’établir sur la frontière une série d’Avant-Postes (AP) qui couvrent notamment les espaces de la Maurienne délaissées par le CORF.

En 1939-40, la création d’un barrage fortifié sur la 2ème position est l’oeuvre originale du génie du Secteur Fortifié de Savoie, un barrage fortifié est établi dans toutes les vallées.

Au niveau organisationnel, le SFS est subdivisé en six sous-secteurs, le sous-secteur du Beaufortin , le sous-secteur de Tarentaise, le sous-secteur du Palet-Vannoise, le sous-secteur de la Haute Maurienne, le sous-secteur de Moyenne Maurienne et le sous-secteur de Basse Maurienne

Ce Secteur Fortifié dispose à la mobilisation de septembre 1939, deux demi-brigades alpines de forteresse, la 16ème DBAF qui dispose des 70 et 80ème BAF ainsi que du 6ème BCM alors que la 30ème DBAF aligne les 71ème 81 èmeet 91ème BAF. Ces unités se répartissent de la façon suivante :

-Sous-secteur du Beaufortin : 80ème BAF et troisième bataillon du 215ème RI

-Sous-secteur de Tarentaise : premier bataillon du 215ème RI, 6ème BCM et 3ème CEO du 70ème BAF

-Sous-secteur du Palet-Vannoise : 1ère et 2ème compagnie du 70ème BAF

-Sous-secteur de la Haute Maurienne : 1er bataillon du 281ème RI et un détachement fournit par le 71ème BAF

-Sous-secteur de Moyenne Maurienne : deuxième bataillon du 281ème RI, le 71ème et le 81ème BAF plus des éléments du 343ème RI.

-Sous-secteur de Basse Maurienne : 1er bataillon du 343ème RI et le 91ème BAF

Suite à la démobilisation, seule la 30ème DBAF est maintenue avec les 70 et 71ème BAF qui vont se repartir la garde des différents secteurs, les trois premiers pour le 70ème et les trois autres pour le 71ème.

Sous-secteur du Beaufortin

-L’ouvrage des Séloges est un avant-poste à sept blocs actifs et une entrée destinée à tenir les débouchés du col de la Seigne. Les blocs 1 et 2 sont des casemates pour un fusil-mitrailleur, le bloc 3 est un observatoire muni d’une cloche obs/AP, les bloc 4 et 6 sont des casemates pour une mitrailleuse, le bloc 5 est une issue de secours, le bloc 7 est une casemate pour deux fusils-mitrailleurs alors que le bloc 8 ne dispose que d’un fusil-mitrailleur. On trouve également des baraquements au lieu dit des Chapieux.

Sous-secteur de Tarentaise

A la différence du précédent, ce sous-secteur dispose d’installations fortifiées nettement plus nombreuses et nettement plus diversifiées. On trouve donc les constructions suivantes :

-Un abri d’avant poste et un barrage antichar de la côte 1909

-Le Fort de la Redoute-Ruinée construit entre 1891 et 1894 est renforcé en 1932 avec un abri de bombardement et un créneau au saillant ouest du fort disposant d’une mitrailleuse sous-casemate et de deux mortiers de 81mm à l’air libre. De petits abris FM sous roc sont égalemnt réalisés.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

-Un avant-poste disposant d’une casemate de mitrailleuse (deux créneaux simples pour une mitrailleuse de 7.5mm) associé à une cloche GFM et un emplacement pour mortier de 60mm à l’air libre.

-Deux abris d’avant-poste

 Position de barrage de Bourg Saint Maurice

Cette position fortifiée dispose d’un barrage de route armé d’un créneau JM/AC 47 pour battre la vallée, un créneau FM/AC 25 (fusil mitrailleur et canon de 25mm) et deux FM défendant un fossé antichar qui est un fossé sec à profil trapézoïdal longé par un mur de 650m.

On trouve également deux ouvrages d’infanterie à un bloc actif qui est pour le premier est une casemate d’infanterie flanquant vers le sud alors que le second est une casemate d’infanterie flanquant vers le nord, les deux étant armés d’un créneau JM/AC 47, deux créneaux JM, une cloche GFM et un créneau projecteur.

Enfin on trouve un ouvrage d’action frontale à Villaroger armé d’un bloc FM et de deux casemates mitrailleuses frontales, un central téléphonique, des tourelles démontables en lisière de la forêt de Malgovert ainsi que la batterie du Leuchelet qui doit recevoir des mitrailleuses et des canons des troupes de campagne.

Organisation Seré de Rivières

Comme dans l’Est, la Tarentaise à été fortifié par Seré de Rivières et les forts construits avant le premier conflit sont intégrés au dispositif.

On trouve ainsi le fort de Vulmix/Vulmis construit de 1890 à 1891 avec 6 canons de 120mm, 2 canons de 95mm sous casemate, deux tourelles de mitrailleuses et un projecteur photo-électrique.

En 1940, le fort est armé par le 164ème RAP qui y déploie quatre canons de 75mm modèle 1897 et deux canons de 95mm modèle 1888 puis six canons de 75mm et deux de 155mm en remplacement des canons de 95mm.

Le fort Le Truc construit de 1891 à 1894 disposait en 1940 de quatre canons de 105L modèle 1913 remplacés ultérieurement par des canons de 155mm modèle 1917.

Le blockhaus de La Platte construit de 1892 à 1894 dispose de deux canons de 155mm Saint Chamond.

La batterie d’artillerie bétonnée du Courbaton dispose de deux canons de 75mm modèle 1897

23-Armée de terre Ligne Maginot (9)

Sud-Est

Comme dans le nord-est, la Ligne Maginot Alpine est divisée en secteurs défensifs et en secteurs fortifiés.

-Dans le Secteur Défensif du Rhône, l’infanterie à déployé lors de la mobilisation de septembre 1939, une unité de mobilisation la 230ème demi-brigade alpine de forteresse (230ème DBAF) qui dispose de deux bataillons alpins de forteresse, les 179ème et 189ème BAF ainsi que le 199ème BCHM. A cela s’ajoute la 2ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Impossible de laisser ce secteur sans troupes mais comme ailleurs, on réduit la voilure avec la mise en sommeil de la 230ème DBAF en décembre 1940, ne laissant actif que le 179ème bataillon alpin de forteresse pour assurer la garde des ouvrages en compagnie de la 2ème compagnie du 440ème régiment de pionniers, les 189ème BAF et 199ème BCHM (Bataillon de Chasseurs de Haute Montagne) étant mis en sommeil mais prêts à être mobilisés en cas de nouvelle menace italienne.

L’artillerie était représentée par la 1ère batterie du 164ème RAP, ce régiment est un régiment de mobilisation mais il est activé comme les deux bataillons d’infanterie pour maintenir une défense dissuasive. Ces moyens sont néanmoins réduits avec trois canons de 105mm et quatre canons de 155mm. Sur les deux sections de génie existantes à la mobilisation, une seule est maintenue.

-Dans le Secteur Fortifié de Savoie, les troupes déployées sont nombreuses avec pour l’infanterie, deux demi-brigades alpines de forteresse, la 16ème DBAF qui dispose de trois bataillons (70ème 80ème BAF 6ème BCM) et la 30ème DBAF qui dispose elle aussi de trois bataillons (71ème 81ème et 91ème BAF) auxquelles s’ajoutent deux compagnies de pionniers (2ème et 3ème compagnie du 440ème régiment).

Suite à la démobilisation, la 16ème DBAF est dissoute (ou plutôt mise en sommeil), ne laissant que la seule 30ème DBAF qui dispose alors de deux bataillons alpins de forteresse, les 70ème et 71ème BAF. A noter que les numéros 81 et 91 sont attribués aux deux bataillons alpins de forteresse attribués à la Région Fortifiée de Belfort. Les pionniers sont toujours présents après la démobilisation.

Mortier de 280C modèle 1914

Mortier de 280C modèle 1914

Après la démobilisation, le 154ème RAP maintien les trois groupes réduits à deux batteries. Le 1er groupe dispose de deux batteries de 75mm (huit canons), le 2ème groupe dispose de deux batteries équipées de canons de 105L modèle 1913 (huit canons) et le 3ème groupe dispose de deux batteries, une de quatre obusiers de 280mm et une de quatre canons de 220C modèle 1916.. Le génie conserve sur place le 214ème bataillon de sapeurs mineurs plus des unités de soutien.

 
-Comme le secteur fortifié de la Savoie, le Secteur Fortifié du Dauphiné dispose de deux DBAF, la 75ème DBAF qui dispose de quatre bataillons alpins de forteresse, les 72ème 82ème 92ème et 102ème alors que la 157ème DBAF ne dispose que de deux bataillons, les 73ème et 83ème BAF. A cela s’ajoute les 4ème et 5ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Après la démobilisation, on ne maintient en ligne que la 157ème DBAF _la demi-brigade d’active_ avec les deux bataillons alpins de forteresse d’active, les 72ème et 73ème BAF plus le 83ème BAF qui devient un bataillon d’active.

Après la démobilisation, le 162ème RAP est dissous ne laissant dans le secteur que le 154ème RAP qui conserve ses trois groupes. Le génie à déployé le 216ème bataillon de génie de forteresse plus quelques unités de soutien.

-Le Secteur Fortifié des Alpes-Maritimes (SFAM) ne dispose plus à l’issue de la démobilisation que d’un bataillon alpin de forteresse ou une grande unité par sous-secteur, unité qui tient le secteur, unité souvent renforcée pour tenir compte de l’entretien et de la surveillance d’ouvrages non gardés en permanence.

C’est ainsi qu’on retrouve dans le sous-secteur Mounier le 74ème BAF (Bataillon Alpin de Forteresse), dans le sous-secteur Tinée-Vésubie, on trouve le 84ème BAF, une unité mobilisée à partir du 74ème BAF mais maintenue en ligne après l’automne 1940, le sous-secteur d’Authion est gardé par le 75ème BAF _une unité d’active_, le sous-secteur de Sospel est gardé par le 85ème BAF, une unité de mobilisation issue du 75ème BAF et le sous-secteur des Corniches est occupé après la démobilisation par le 76ème BAF _une unité d’active_.

En ce qui concerne l’artillerie, on trouve après démobilisation le seul 157ème RAP, les 158ème et 167ème RAP étant mis en sommeil à la différence du 251ème BGF qui reste en place.

Corse

Suite à la démobilisation, le dispositif défensif en Corse est constitué de deux régiments renforcés souvent appelés demi-brigade, la 373ème DBIA réduite à quatre bataillons et chargée de la défense du Nord de l’île, les autres unités étant dissoutes.

La défense du secteur sud est donc assuré par le 173ème RIA (également connue sous le nom de 173ème DBIA) en remplacement de la 363ème DBIA mise en sommeil.

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

L’arme blindée cavalerie déploie dans l’île de beauté en remplacement du 43ème Escadron de Mitrailleuses et engins du 10ème Dragon, un bataillon de chars de combat, le 30ème BCC équipé de Renault R-40 stationnés près de Bastia et un GRDI connu sous le nom de Groupement Motorisé de Corse équipé notamment de Hotchkiss H-39.

L’artillerie est représentée par le Groupement d’Artillerie Coloniale de Corse qui redevient 92ème Régiment d’Artillerie Coloniale à quatre groupes, deux équipés de canons de 75mm (le 1er à Bastia, le 2ème à Bonifaccio) et deux équipés de canons de 155mm courts (le 3ème à Ajaccio et le 4ème à Porto-Vecchio).

Tunisie

La défense de la Tunisie contre une éventuelle attaque italienne est assurée notamment par la Région Fortifiée du Sud-Tunisien (RFST) officiellement créée le 1er mars 1940 et qui va rester en place après la démobilisation avec des moyens réduits comme partout ailleurs.

Dans le secteur est, on trouve toujours le 5ème régiment de tirailleurs sénégalais (5ème RTS) qui est pérénnisé avec ses trois bataillons. Un temps régiment de mitrailleurs de position, il redevient un régiment de tirailleurs comme les autres

Dans le secteur ouest, nous trouvons le 32ème régiment de tirailleurs tunisiens (32ème RTT) qui lui aussi dispose de trois bataillons, le 1er à Aïn Tounine, le second à Gouabsia et le troisième à Toujane.

Le 35ème régiment de tirailleurs algériens (35ème RTA) est lui mis en sommeil, la défense de Gabès ne reposant plus que sur les épaules du 3ème bataillon du 1er régiment étranger d’infanterie.

La 1ère DBIL devenue la 5ème DLI à considérablement renforcé les possibilités de manoeuvres des forces françaises en Tunisie au détriment de la défense des avancées du sud qui en temps de paix repose sur le 274ème régiment de travailleurs pour l’entretien et la garde et sur le 441ème régiment de pionniers (un régiment à trois compagnies) pour une occupation régulière mais allégée des ouvrages.

La cavalerie ne dispose plus d’unités en défense/appui direct de la ligne Mareth.

L’artillerie est représentée par le 380ème régiment d’artillerie d’Afrique et le 388ème régiment d’artillerie de position de Tunisie. Après la démobilisation, seul le premier reste en service.

23-Armée de terre Ligne Maginot (8)

La démobilisation et ses suites : situation des unités de la ligne Maginot en septembre 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, ce n’est qu’à partir de l’été 1940 et surtout de l’automne 1940 que la démobilisation commence à atteindre une certaine ampleur. La Ligne Maginot et ses dépendances corses et tunisiennes n’échappent pas à la règle.

Ainsi en septembre 1941, le dispositif opérationnel de défense des frontières affiche le visage suivant, un visage qui n’évoluera qu’à la marge jusqu’à la deuxième mobilisation générale celle de septembre 1948.

Nord-Est

Le Secteur Fortifié des Flandres (SFF) dispose d’un seul régiment de travailleurs, le 221ème RT (ex-221ème RRT) chargé d’entretenir les fortifications de campagne qui doivent être armés par des troupes de campagne de passage, le projet de transformer un RRT en RIF n’ayant pas aboutit.

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

Ce secteur dispose également d’unités d’artillerie (10ème et 11ème batteries du I/161ème RAP équipés de canons de 75mm modèle 1897 désormais montés sur pneumatiques), de génie (174ème bataillon de sapeurs mineurs), de transmissions et de travailleurs (éléments du 101ème détachement de destruction des transmissions, les 9ème et 15ème compagnies de travailleurs espagnols ainsi que la 253ème compagnie française de travailleurs).

-Après de laborieuses négociations, les britanniques acceptent de maintenir sur le sol français la 1st Infantry Division qui à donc la charge du SF de Lille, bénéficiant de l’aide du 16ème régiment régional de travailleurs (16ème RRT) devenu en 1944, 16ème régiment de travailleurs, régiment chargé des travaux d’entretien et de consolidation des fortifications.

-Le Secteur Fortifié de l’Escaut dispose d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 54ème RIF, un régiment de mobilisation qui va être pérennisé pour renforcer le SFE qui dispose également d’un régiment régional de travailleur, le 17ème RRT devenu 17ème régiment de travailleurs.

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Ce secteur dispose également d’un groupe d’un régiment d’artillerie de position, le 1er groupe du 161ème RAP équipé à l’origine de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877.

Cet équipement hétéroclite est homogénéisé avec 16 canons de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

Le SFE dispose également d’une unité du génie en l’occurrence la 1ère compagnie du 212ème bataillon de sapeurs-mineurs.

Le Secteur Fortifié de Maubeuge devenu la 101ème DIF en mars 1940 est une unité importante puisqu’elle aligne deux régiments d’infanterie de forteresse, les 84ème et 87ème RIF, deux régiments régionaux de travailleurs, les 18ème et 19ème RRT ainsi que le 1er bataillon de mitrailleurs.

La 101ème DIF est dissoute le 27 juillet 1940, ressuscitant le Secteur Fortifié de Maubeuge qui comme les autres secteurs réduit la voilure. Ainsi, il ne conserve qu’un régiment d’infanterie de forteresse, le 84ème RIF, le 87ème RIF étant dissous. Le 1er bataillon de mitrailleurs reste en ligne tout comme le 18ème régiment régional de travailleurs, devenu le 18ème régiment de travailleurs, le 19ème RRT étant dissous.

En ce qui concerne l’artillerie, seul est maintenu le 2ème groupe du 161ème RAP, groupe équipé de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et une batterie de 8 canons de 105mm modèle 1913 (une batterie), les autres pièces étant précieusement stockées au cas où.

Le génie est présent avec quatre compagnies formant le 226ème bataillon (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

On trouve en 1939-40 dans l’ancienne emprise de la 9ème armée, le 41ème CAF (Corps d’Armée de Forteresse) et la 102ème DIF anciennement Secteur Défensif des Ardennes.

Ces deux entités fusionnent en septembre 1940 sous le nom de Secteur Fortifié des Ardennes qui dispose d’unités de soutien destinés à préparer la mobilisation des unités (parc d’artillerie n°41, 1ère compagnie de sapeurs mineurs du 141ème bataillon de génie de forteresse, ce dernier disposant également des 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile) et comme vous allez voir ci-dessous d’unités de combat.

Le bras armée du SFArdennes est composé de la 42ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux (la 52ème DBMC est elle dissoute), du 148ème RIF (un régiment de mobilisation maintenu) du 160ème RAP et des unités du génie et de soutien (227ème bataillon du génie de forteresse avec la 1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio).

Le Secteur Fortifié de Montmédy dispose à la mobilisation de septembre 1939 de quatre régiments d’infanterie de forteresse, les 147ème 136ème 155ème et 132ème, du 4ème bataillon de mitrailleurs, d’un groupe d’artillerie de position (le I/169ème RAP équipé de deux batteries de 155L modèle 1918, une batterie de 120L de Bange et six batteries de canons de 105L modèle 1913), le 99ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse Hippomobile équipé de canons de 75mm modèle 1897 ainsi que des unités du génie et de soutien.

Le génie déploie le 211ème bataillon de sapeurs mineurs auquel sont rattachés la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

Le 155ème RIF un «vieux régiment de forteresse» est maintenu tout comme les 132ème et 147ème RIF, un régiment de mobilisation qui est pérennisé. Le 4ème bataillon de mitrailleurs est dissous mais le 1er groupe du 169ème RAP est maintenu

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur. Le 99ème RAMFH est lui dissous. La situation des unités du génie ne change pas.

Dans l’ancien secteur de la troisième armée on trouve le 42ème CAF, le SF de Thionville et le SF du Boulay. A l’issue de la démobilisation, la situation est la suivante :

Le SF de Crusnes (anciennement 42ème CAF) dispose à l’issue de la démobilisation du 149ème RIF (les deux autres régiments sont dissous) associé au seul 46ème RAMF, le 152ème RAP régiment de mobilisation étant mis en sommeil

On oublie pas les unités habituelles de génie, d’intendance et de transmission représentées notamment les 1ère et 2ème compagnie du 142ème bataillon du génie de forteresse, bataillon qui engerbe également la 81ème compagnie télégraphiste, la 82ème compagnie radio et le 83ème détachement colombophile.

Le Secteur Fortifié de Thionville dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, les 167ème et 169ème RIF, le premier étant un régiment d’active et le second un régiment de mobilisation pérennisé. Ils sont appuyés par le 151ème RAP resté seul régiment en activité dans le secteur, le 70ème RAMF ayant été dissous après avoir transféré ses deux groupes de 75mm au 151ème RAP.

Le génie déploie dans ce secteur le 203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

Le Secteur Fortifié du Boulay dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, les 162ème RIF et 160ème RIF associé au 23ème RAMF, seul régiment d’artillerie maintenu avec deux groupes de 75mm, un groupe de 155C, un groupe issu du 153ème RAP équipé de canons de 105 et de 155mm et mis en sommeil lors de cette démobilisation.

Le génie y déploie le 202ème bataillon du génie de forteresse qui prend sous son aile également une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.
Le Secteur Fortifié de Faulquemont dispose en septembre 1940 de l’unique 146ème RIF, le 156ème RIF ayant été dissous et appuyé par deux régiments d’artillerie, les 163ème RAP et 39ème RAMF. Le génie dispose lui du 201ème bataillon de génie de forteresse qui prend sous son aile une compagnie télégraphiste et une compagnie radio.

Le SF de la Sarre dispose lui d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 133ème RIF, d’un régiment de mitrailleurs d’infanterie de forteresse, le 69ème et d’un régiment de mitrailleurs d’infanterie coloniale, le 41ème RMIC.

Ils sont appuyés par le 166ème RAP qui compense l’absence dans ce secteur d’ouvrages d’artillerie.

Un temps le 49ème RAMRF aurait du être maintenu lui aussi mais il est finalement dissous tout comme le 5ème bataillon de mitrailleurs alors que le 208ème bataillon du génie de forteresse reste en position.

Le Secteur Fortifié de Rorbach maintient à l’issue de la démobilisation les deux RIF d’active du secteur en l’occurrence les 37ème et 153ème RIF, l’entretien et le renforcement des ouvrages étant assuré par la 7ème compagnie du 400ème régiment de pionniers.

Ces unités sont appuyés par le 59ème RAMF qui à été renforcé par le 1er groupe du défunt 150ème RAP (canons de 155L et de 145L) sans oublier les unités de génie et de soutien (207ème bataillon du génie de forteresse, une compagnie radio, une compagnie télégraphiste).

Après s’être un temps appelé 43ème CAF, le Secteur Fortifié des Vosges reprend à l’été 1940 sa dénomination initiale. Là aussi, le dispositif est retaillé avec comme unités présentes dans le secteur le 154ème RIF, la 5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers, le 168ème RAP et le 143ème bataillon du génie de forteresse.

Le Secteur Fortifié d’Haguenau dispose à l’issue de la démobilisation de deux régiments d’infanterie de forteresse, le 22ème RIF (active) et le 68ème RIF, un régiment de mobilisation maintenu sous les drapeaux. Ces deux régiments sont appuyés par la 6ème compagnie du 400ème régiment de Pionniers. Ces trois unités d’infanterie sont appuyés par le 156ème RAP et par des unités du génie, de transmission et de soutien (notamment le 206ème bataillon du génie de forteresse).

Le Secteur Fortifié du Bas-Rhin (temporairement 103ème DIF) dispose à l’issue de la démobilisation des 70ème et 172ème RIF (le premier étant un régiment de mobilisation), du 155ème RAP et de diverses unités du génie, de transmissions et de soutien logistique.

Le Secteur Fortifié de Colmar (temporairement 104ème DIF) dispose en septembre 1941 d’un régiment d’infanterie de forteresse le 42ème RIF, du 1er groupe du 170ème RAP et des unités du génie notamment la 1ère compagnie du 229ème BGF.

Le Secteur Fortifié de Mulhouse (un temps 105ème DIF) aligne le 10ème RIF (un régiment créé lors de la mobilisation de septembre 1939 et maintenu après la démobilisation), le 2ème groupe du 159ème RAP ainsi que les unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 230ème bataillon de génie de forteresse.

Le Secteur Fortifié d’Altkirch dispose du 171ème RIF, des IIIème et IVème Groupe du 159ème RAP plus des unités du génie et de soutien comme la 1ère compagnie du 205ème bataillon du génie de forteresse.
Le Secteur Fortifié de Montbeliard dispose du 12ème RIF un régiment de mobilisation affecté durant la guerre de Pologne au Secteur Fortifié d’Altkirch puis transféré en Franche-Comté en remplacement de deux bataillons de chasseurs pyrénéens dissous. Ce régiment est appuyé par le VIIème groupe du 159ème RAP plus des unités du génie et de soutien.

La Région Fortifié de Belfort (un temps connue sous le nom de 44ème CAF) dispose du 371ème RI (un régiment d’infanterie classique) et des Vème et VIème groupes du 159ème RAP.

Le 45ème CAF qui couvrait le Jura est dissous sans être remplacé ce qui laisse dubitatif bien des observateurs. Cet impair sera corrigé seulement au printemps 1944 quand deux bataillons alpins de forteresse supplémentaires, les 81ème et 91ème seront créés pour couvrir le massif jurassien avec pour appui un groupe d’artillerie du 159ème RAP ainsi que des unités de génie et de soutien logisique.

23-Armée de terre Ligne Maginot (6)

Les Alpes

Comme dans le nord-est, la ligne Maginot alpine est divisée en secteurs défensifs et en secteurs fortifiés.

-Le Secteur Défensif du Rhône est long de 180km. Très accidenté, il est ignoré des programmes initiaux et n’est couvert que de quelques ouvrages au cours de la guerre de Pologne. Ce n’est qu’avec les travaux du CEZF que ce secteur va être réellement fortifié et protégé.

Le SD-Rhône est subdivisé en trois sous-secteurs, le sous-secteur de la Faucille, le sous-secteur du Chablais et enfin celui de l’Avre supérieur.

L’infanterie y à déployé la 230ème demi-brigade alpine de forteresse (230ème DBAF) qui dispose de deux bataillons alpins de forteresse, les 179ème et 189ème BAF ainsi que le 199ème BCHM (Bataillon de Chasseurs de Haute-Montagne). A cela s’ajoute la 2ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Canon de 105L modèle 1913S

Canon de 105L modèle 1913S

L’artillerie du SD-Rhône est représentée par la 1ère batterie du 164ème Régiment d’Artillerie de Poisition (164ème RAP) qui dispose de quatre canons de 95mm modèle 1888, trois canons de 105 L13 et quatre canons de 155L modèle 1917. On y trouve également deux sections de génie.

-Le Secteur Fortifié de Savoie est situé au sud du SD-Rhône. Il est subdivisé en six sous-secteurs appelés Beaufortin, Tarentaise, Palet-Vanoise, Haute-Maurienne, Moyenne-Maurienne et Basse-Maurienne.

Le SF Savoie dispose de troupes nombreuses avec pour l’infanterie, deux demi-brigades alpines de forteresse, la 16ème DBAF qui dispose de trois bataillons (70ème 80ème BAF 6ème BCM) et la 30ème DBAF qui dispose elle aussi de trois bataillons (71ème 81ème et 91ème BAF) auxquelles s’ajoutent deux compagnies de pionniers (2ème et 3ème compagnie du 440ème régiment).

L’artillerie est représentée par quatre groupes du 164ème RAP (équipés de canons de 75mm, de 105mm, de 120mm,de 155mm plus des canons de 65mm et des canons de tranchée de 150mm) et le génie par le 214ème bataillon de sapeurs mineurs plus des unités de soutien.

-Le Secteur Fortifié du Dauphiné est connu à l’origine sous le nom de Secteur fortifié des Hautes Alpes (1924-33) et s’étend du camp des Rochilles (limite avec le SF-Savoie) à Bayasse au camp des Fourches/Le Pra qui sert de limite avec le Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM). Il couvre ainsi les vallées de la Haute-Durance, du Guil et de l’Ubaye.

De 1935 à 1939, le SFD est commandé par le général commandant la 27ème DIAlp mais à la mobilisation générale de septembre 1939, le gouverneur militaire de Briançon le remplace.

Comme le secteur fortifié de la Savoie, le SF-Dauphiné dispose de deux DBAF, la 75ème DBAF qui dispose de quatre bataillons alpins de forteresse, les 72ème 82ème 92ème et 102ème alors que la 157ème DBAF ne dispose que de deux bataillons, les 73ème et 83ème BAF. A cela s’ajoute les 4ème et 5ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

L’artillerie est présente avec les 154ème et 162ème RAP alors que le génie à déployé le 216ème bataillon de génie de forteresse plus quelques unités de soutien.

Le Secteur Fortifié des Alpes-Maritimes (SFAM) s’étend sur plus de cent kilomètres de la région de Restefond-Les Fourches jusqu’à la Méditerranée. Son rôle est capital car il doit couvrir Nice revendiquée comme terre irrédente par Mussolini et le régime fasciste.

Créé par décret le 24 octobre 1924, le SFAM dispose au printemps 1940 de nombreuses unités d’infanterie avec trois demi-brigades alpines de forteresse, la 40ème DBAF à trois bataillons alpins de forteresse numérotés 75ème 85ème et 95ème, la 58ème DBAF à trois bataillons (76ème 86ème et 96ème) et enfin la 61ème DBAF qui dispose des 74ème 84ème et 94ème BAF. On peut y ajouter le 450ème régiment de pionniers à trois bataillons et les 9ème et 10ème bataillons de mitrailleurs.

L’artillerie est elle aussi présente en force avec les 157ème 158ème et 167ème régiments d’artillerie de position (RAP) alors que le génie à déployé trois compagnies du 251ème bataillon de génie de forteresse.

23-Armée de terre Ligne Maginot (4)

B-Ordre de bataille de la ligne Maginot au printemps 1940

Le Nord-est

Comme pour le reste de l’armée, les unités defendant la ligne Maginot vont rester sur le pied de guerre six mois après la fin de la guerre de Pologne, la France comme l’Angleterre n’ayant pas une confiance absolue dans le vieux Kaiser.

Ce n’est qu’à partir de juillet 1940 que les unités de la ligne Maginot vont démobiliser une partie de leurs unités, démobilisation menée jusqu’à la fin de l’année pour ne pas sacrifier l’entrainement et la formation menée intensément pendant la guerre de Pologne et le début de cette «paix armée» qui va voir s’opposer la France et l’Allemagne.

Un document conservé à Vincennes nous montre l’organisation générale de la ligne Maginot au 1er mai 1940. Cette organisation est la suivante (pour des raisons de clarté, j’ai écarté les unités de ligne arrivées en renfort) :

-Secteur de la 7ème Armée : Le Secteur Fortifié des Flandres (SFF) dispose au printemps 1940 de trois régiments régionaux de travailleurs, les 14ème 15ème et 221ème RRT.

Ces unités ne sont pas des unités combattantes à proprement parler mais sont chargées de l’entretien et de la préparation des casemates du secteur, occupés en temps de guerre par des troupes en ligne.

Il est prévu un temps d’affecter à ce secteur un RIF une fois la démobilisation achevée ou d’améliorer les capacités combattives des régiments de travailleurs.

Ce secteur dispose également d’unités d’artillerie (10ème et 11ème batteries du I/161ème RAP équipés de canons de 75mm modèle 1897), de génie (174ème bataillon de sapeurs mineurs), de transmissions et de travailleurs (éléments du 101ème détachement de destruction des transmissions, les 9ème 15ème 59ème 117ème 118ème compagnies de travailleurs espagnols, 253ème et 254ème compagnies françaises de travailleurs).

-Secteur du Corps Expéditionnaire Britannique (British Expeditionnary Force) : Au déclenchement de la guerre de Pologne, un corps expéditionnaire britannique est envoyé sur le continent, un corps expéditionnaire composé de treize divisions d’infanterie, d’une division blindée, d’une brigade de chars indépendante, de deux brigades légères de reconnaissance et cinq régiments de cavalerie.

L’esentiel du BEF est déployé entre la 7ème et la 1ère Armée. Après de laborieuses négociations, les britanniques acceptent de maintenir sur le sol français la 1st Infantry Division qui à donc la charge du SF de Lille, bénéficiant de l’aide du 16ème régiment régional de travailleurs (16ème RRT).

-Secteur de la 1ère Armée : Le Secteur Fortifié de l’Escaut dispose d’un régiment d’infanterie de forteresse, le 54ème RIF et d’un régiment régional de travailleur, le 17ème RRT associé à un groupe d’un régiment d’artillerie de position, le 1er groupe du 161ème RAP équipé de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877 et d’une unité du génie en l’occurrence la 1ère compagnie du 212ème bataillon de sapeurs-mineurs.

Le Secteur Fortifié de Maubeuge devenu la 101ème DIF en mars 1940 est une unité importante puisqu’elle aligne deux régiments d’infanterie de forteresse, les 84ème et 87ème RIF, deux régiments régionaux de travailleurs, les 18ème et 19ème RRT ainsi que le 1er bataillon de mitrailleurs.

L’artillerie est représentée par les groupes II et III du 161ème RAP. Le 2ème Groupe est équipé de 8 canons de 75mm modèle 1897, 8 canons de 120L modèle 1878, de 4 canons de 105L modèle 1913 et 8 canons de 155L modèle 1877 tout comme le 3ème groupe

Le génie est présent avec quatre compagnies formant le 226ème bataillon (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

-Secteur de la 9ème Armée : La 9ème Armée dispose du 41ème Corps d’Armée de Forteresse (qui dispose uniquement d’unités de soutien : parc d’artillerie n°41, 1ère compagnie de sapeurs mineurs du 141ème bataillon de génie de forteresse, ce dernier disposant également des 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile) et de la 102ème DIF anciennement Secteur Défensif des Ardennes.

Cette division dispose des 42ème et 52ème Demi-Brigades de Mitrailleurs Coloniaux, du 148ème RIF, du 160ème RAP et d’unités du génie et de soutien.

Le 160ème RAP dispose d’un premier groupe équipé de 24 canons de 105mm modèle 1913L et des canons de forts ex-allemands de la rive gauche de la Moselle. Le deuxième groupe dispose de canons de 75mm modèle 1897 et arme les forts de Verdun (rive droite) alors que le troisième groupe dispose de canons de 155C et L et arme les forts de Verdun (rive gauche).

Le génie déploie au sein de cette division le 227ème bataillon du génie de forteresse avec la 1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio auxquelles s’ajoutent des unités de soutien.

-Secteur de la 2ème Armée :

Le Secteur Fortifié de Montmédy dispose de quatre régiments d’infanterie de forteresse, les 147ème 136ème 155ème et 132ème, du 4ème bataillon de mitrailleurs, un groupe d’artillerie de position (le I/169ème RAP équipé de deux batteries de 155L modèle 1918, une batterie de 120L de Bange et six batteries de canons de 105L modèle 1913), le 99ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse Hippomobile équipé de canons de 75mm modèle 1897 ainsi que des unités du génie et de soutien.

Le génie déploie le 211ème bataillon de sapeurs mineurs auquel sont rattachés la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

22-Armée de terre : armement et matériel (103) ordre de bataille (37)

Unités tchècoslovaques

A la différence de la Pologne, il n’y eut pas de projet de création d’une Armée Tchèque autonome et ce pour deux raisons.

La première c’est un réservoir humain plus faible que les polonais et la seconde en raison de problèmes au sein des deux divisions tchècoslovaques existantes entre un corps des officiers majoritairement tchèque et des hommes du rang majoritairement slovaques, les premiers se montrant arrogants vis à vis des seconds.

La situation devint telle que la France menaça de dissoudre ses deux unités. Il fallut au gouvernement tchèque en exil (installé à Lyon) des trésors de patience, de diplomatie, de ruse (et quelques sanctions disciplinaires) pour que la situation rentre dans l’ordre.

Néanmoins, le gouvernement français avait peu confiance dans ces deux divisions au point de les maintenir loin du front Nord-Est, de l’aile marchante, la 2ème DIT restant déployée dans le Pays Basque et la 1ère DIT intégrée à la 8ème armée dont la mission principale serait d’intervenir en compagnie de la 58ème DIT _ces deux unités formant le 10ème CA_ en Suisse en cas d’attaque allemande, un scénario jugé peu crédible par le général Villeneuve.

A la mobilisation, deux divisions de travailleurs sont levées, des divisions destinées à des travaux de fortification complémentaires et d’aménagement au Havre pour protéger ce port pétrolier mais également à Paris pour compléter la ligne Chauvineau.

Ces travaux terminés, ces deux divisions sont transformées en 3ème et 4ème Divisions d’Infanterie Tchèque (3ème et 4ème DIT), divisions organisées sur le modèle des D.L.I avec un équipement français.

La 3ème D.I.T est envoyée au Levant en novembre 1948 et la 4ème D.I.T sera envoyée dans le sud de la France comme réserve pour un renforcement des défenses de la Corse.

Armée Polonaise en France

-Préambule

Nous venons de voir l’existence de quatre divisions d’infanterie polonaise et d’une brigade d’infanterie de montagne, les premières déployées au sein de Corps d’Armée français en métropole et la seconde déployée au Levant.

La présence d’une forte diaspora polonaise permet au gouvernement polonais en exil installé à Nantes de voir grand en proposant à la France de créer une armée polonaise autonome.

L’accord du gouvernement français est obtenu en janvier 1943 et l’L’Armée Polonaise en France (Armia Polska we Francji APF) est officiellement créée le 14 mars 1943.

La montée en puissance de cette armée est longue, laborieuse et difficile moins en raison du manque de personnel (il y à plutôt le trop plein) qu’en raison d’un manque de matériel, l’industrie française devant déjà équiper l’armée française et constituer de nouveaux stocks de mobilisation.

Néanmoins, en septembre 1948, l’APF à fière allure puisqu’elle aligne les éléments suivants :

-Un état-major installé à Compiègne

-Quatre régiments d’artillerie lourde

-Des unités du génie, de soutien et de transmissions

-Trois Corps d’Armée à deux divisions d’infanterie

-Un corps de cavalerie à deux divisions blindées

-Régiments d’Artillerie Lourde Polonais

Ces quatre régiments correspondent à la Réserve Générale. Il est théoriquement prévu que chaque corps d’armée bénéficie d’un régiment en propre mais il est plus probable que ces régiments détachent des groupes voir une simple batterie pour une mission spécifique.

A noter que ces régiments sont totalement motorisés, les pièces étant tractés par des camions anglais et américains acquis notamment grâce à la générosité de la diaspora polonaise installée dans le Nouveau Monde.

-Le 301ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 302ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Le 303ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 304ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Unités de soutien

-Deux régiments du génie à trois bataillons chacun, les 1er et 2ème RGPol

-Deux régiments du train

-Deux régiments de transmission

-Deux Antennes Chirurgicales d’armée

-Deux groupement d’intendance

-1er Corps d’Armée polonais

Canon de 47mm modèle 1937

Comme les unités françaises, le principal canon antichar de l’APF était le Canon de 47mm modèle 1937

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons de 40mm Bofors

-La 5ème Division d’Infanterie Polonaise (5ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (13ème, 15ème et 17ème RIP), de deux régiments d’artillerie (5ème RAPol et 205ème RAPol), de la 5ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 5ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 5ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-La 1ère Division de Grenadiers de la Garde (1ère DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (6ème RAPol et 206ème RAPol), de la 6ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 6ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 6ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléters.

-2ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Daimler Armoured Car

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 6ème Division d’Infanterie Polonaise (6ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (14ème, 16ème et 18ème RIP), de deux régiments d’artillerie (7ème RAPol et 207ème RAPol), de la 7ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 7ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 7ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , le modèle prévu étant l’AMX-44, le dernier né des chars légers français.

-La 2ème Division de Grenadiers de la Garde (2ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (7ème, 8ème et 9ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (8ème RAPol et 208ème RAPol), de la 8ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 8ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 8ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-3ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Humber

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 7ème Division d’Infanterie Polonaise (7ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (19ème, 20ème et 21ème RIP), de deux régiments d’artillerie (9ème RAPol et 209ème RAPol), de la 9ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 9ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 9ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-La 3ème Division de Grenadiers de la Garde (3ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (10ème, 11ème et 12ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (10ème RAPol et 210ème RAPol), de la 10ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 10ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 10ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-4ème Corps de Cavalerie

Bien qu’unique, le Corps de Cavalerie polonais reçoit le numéro 4 à la fois parce qu’il y à trois corps d’armée d’infanterie mais également trois Corps de Cavalerie français.

-Un état-major

-Des unités du génie et de soutien

-Un régiment d’artillerie à mettre sur pied à la mobilisation avec des canons de 105mm français soit des pièces anciennes (modèle 1913) ou des pièces plus modernes (modèle 1936S ou 1941T)

Ce corps de cavalerie regroupe deux divisions blindées, la 10ème et 21ème division blindée équipées de matériels français. Elle est organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Des unités de soutien

-Un régiment de reconnaissance, le 10 ou le 20ème régiment de uhlans équipé d’autos blindées Humber Armoured Car et de douze Hotchkiss H-39.

Char lourd B1bis

Char lourd B1bis

-Un bataillon de chars lourds équipés de 32 B1bis ex-français reconditionnés avant livraison

-Deux bataillons de chars moyens équipés chacun de 24 chars, la 10ème DB disposant de Renault R-40 et la 20ème DB de Hotchkiss H-39

-Un régiment d’artillerie équipé de canons de 75mm modèle 1897 sur pneumatiques en attendant la disponibilité de TAZ modèle 1939 voir de pièces plus lourdes de 105mm.

22-Armée de terre : armement et matériel (52)

Tracteurs très légers

-Unic TU1 : dans l’infanterie, ce véhicule devait à l’origine servir à tracter la mitrailleuse de 20mm Oerlikon mais cette dernière ayant finalement été redistribuée à l’armée de l’air, ce semi-chenillé va servir de bonne à tout faire, servant de tracteur, de ravitailleur, de transport de troupes……. .

Près de 2200 véhicules vont être construits et comme beaucoup utilisés par l’armée de terre, l’armée de l’air (transport de bombes du dépôt à un bombardier), la marine ainsi que pour des usages civils en liaison avec le militaire.

Poids à vide en ordre de route : 2165kg Charge utile : 500kg + une remorque de 600kg Longueur4.20m largeur 1.60m Hauteur 1.31mPuissance moteur maximale 46ch Vitesse maximale 48 km/h

Latil M7T1

Latil M7T1

-Latil M7 T1 : Ce véhicule est utilisé par le génie pour le transport de ses sapeurs mineurs mais également par l’infanterie qui le destine au remorquage du canon antichar 25mm. A ces deux fonctions s’ajoutera plus tard une troisième mission en l’occurence la liaison comme nous l’avons vu plus haut.

-Laffly V10M : ce véhicule est l’équivalent du précédent mais à destination des troupes de montagne. Il est un dérivé du Laffly V10R.

Poids mort en ordre de marche : 1200kg Charge utile 400kg Longueur 3.38m largeur 1.21m Motorisation : moteur de 38ch (3400 tours/minute) Vitesse maximale : 45 km/h

-Le Laffly/Licorne V15T est utilisé par la cavalerie pour le remorquage du canon de 25mm, ce canon étant parfois porté. C’est une version adaptée du V15R déjà étudié plus haut.

Tracteurs légers

-Citroen-Kergresse P17 : ce semi-chenillé est utilisé en 1939/40 comme tracteur d’artillerie pour les canons de 75mm mais également les 47mm antichars. Ce véhicule apparu en 1926 est peu à peu retiré du service et remplacé par des tracteurs d’artillerie plus moderne.

Poids mort en ordre de marche : 1850kg Charge utile 700kg Longueur : 4.38m largeur 1.69m hauteur 2.09m Motorisation : 30 à 31.5ch à 2800 tours/minute Vitesse maximale : 28 à 32 km/h

-Laffly S15T : véhicule quasi-identique au S15R (carrosserie différente), il est utilisé pour le remorquage du canon de 75mm.

Hotchkiss W15T

Hotchkiss W15T

-Hotchkiss W15T : véhicule quasi-identique au W15R, il est utilisé pour le remorquage des canons antichars de 47mm, des canons de 75mm et des obusiers 105mm.

-Citroën W15T : véhicule identique au précédent, il est utilisé pour remorquer le canon antiaérien de 25mm Hotchkiss. Il existe également une version à carrosserie unique.

-Somua MCJ : Ce semi-chenillé est utilisé au sein des batteries antichars pour le remorquage des canons antichars de 47mm modèle 1937 et 1939. Il est produit à près de 500 exemplaires.

Poids mort en ordre de marche : 3820kg Charge utile 910kg Longueur : 4.67m largeur 1.90m hauteur 1.32m Motorisation : 62ch à 2000 tours/minute Vitesse maximale : 51 km/h

-Latil M7Z : ce véhicule chargé du remorquage du canon de 25mm antiaérien est un dérivé à six roues motrices du M7T1. Il avait été à l’origine conçu comme tracteur pour canon antichar de 47mm mais le Somua MCJ et le Hotchkiss W15T lui ont été préférés.

Poids mort en ordre de marche : 3400kg Charge utile 1150kg Longueur : 4.25m largeur 1.90m hauteur 1.57m Motorisation : 50ch à 2200 tours/minute Vitesse maximale : 50 km/h Autonomie sur route : environ 285km

-Unic P107 : ce semi-chenillé est utilisé pour le remorquage du canon de 75mm, de l’obusier de 105mm. Il est également utilisé comme véhicule de combat par le génie. Il est commandé et livré à 2000 exemplaires

Poids mort en ordre de marche : 3500kg Charge utile et remorquée 1500kg Longueur : 4.85m largeur 1.80m hauteur 2.30m Motorisation : 65ch à 2800 tours/minute Vitesse maximale : 45 km/h

Tracteurs moyens

Dès le premier conflit mondial, on se préoccupe du remorquage des pièces d’artillerie. Après avoir utilisé des camions sur route et des tracteurs chenillés Caterpillar en terrain bouleversé, on décide de tester sérieusement la formule semi-chenillée à partir de 1929 pour remorquer les canons de 75 et de 155mm des régiments d’artillerie des divisions motorisées.

Les premiers véhicules utilisés sont naturellement des Citroën-Kergresse, le semi-chenillé P14 dont la mission principale est de remorquer le canon de 155C Schneider modèle 1917, la pièce lourde standard des RAD.

Il existait deux version de ce véhicule, un destiné au remorquage de la pièce et une autre version entièrement carrosée qui tractait le caisson remorque et transportait les neuf servants. Il à été produit à une soixantaine d’exemplaires.

Poids à vide : 3600kg Charge utile 1700kg Longueur : 4.87m largeur 1.75m Motorisation  : moteur 6 cylindres délivrant 42ch à 2800 tours/minute Vitesse maximale 25 km/h

Rapidement pourtant, c’est la Société d’Outillage Mécanique et d’Usinage d’Artillerie (Somua) qui va devenir un acteur majeur dans le domaine des tracteurs moyens. Avec ses MCG 4, 5 et 11, la firme de Somua offre à l’armée un tracteur efficace et performant pour le remorquage de canons de 105mm, de 155mm ainsi que pour le dépannage.

Le MCG-4 dispose d’une cabine avant à trois places, commune à  la version tracteur d’artillerie et dépannage. Si la version tracteur de pièces ne dispose à l’arrière que du système d’attache de la pièce, la version dépannage et la version tracteur de caisson-remorque dispose d’une carrosserie complète.

Chaque batterie disposant de quatre pièces, on trouve donc quatre tracteurs de pièces, quatre tracteurs de caissons-remorque et un tracteur de dépannage.

Le MCG-4 évolue. La dichotomie entre tracteur de pièces et tracteur de remorques-caissons pouvant poser des problèmes sur le terrain, la Somua fait évoluer son matériel pour permettre au tracteur de pièces de pouvoir embarquer douze coups de 155mm alors que le tracteur de caissons peut désormais embarquer vingt-coups dans la carrosserie.

En 1934, la désignation est simplifiée. Les semi-chenillés bâchés quelque soit leur rôle reçoivent la désignation MCG-5 alors que la désignation MCG-11 est appliquée aux semi-chenillés équipés d’une sellette à contre-appui. Au total 475 tracteurs de ce type ont été commandés et livrés à l’artillerie.

Poids mort en ordre de marche : 4920kg pour les tracteurs de pièce 6800kg pour les tracteurs de remorque caisson Charge utile 1500kg Longueur : 5.20m (5.30m pour les tracteurs de remorque caisson) largeur 2.17m Hauteur : 2.60m (2.85m pour les tracteurs de remorque caisson) Motorisation  : moteur 4 cylindres délivrant 55 ou 60ch Vitesse maximale 31 km/h

Somua ne s’arrête pas là et va développer d’autres modèles de tracteurs d’artillerie, le MCG-5 (avant que les MCG-4 n’y soient englobés sous cette dénomination) plus puissant pour permettre le remorquage de pièces aussi imposantes que le 105L modèle 1936S, le 155 GPF (Grande Puissance Filloux) et le 155mm modèle 1932 de défense côtière utilisé par la marine. Au final, ce sont pas moins de 1500 tracteurs MCG-4/5/11 qui ont été fournis à l’armée française.

Somua n’est pas la seule entreprise à fournir des tracteurs d’artillerie. La firme Latil fournit également ce type de véhicule  pour le remorquage du canon de 105L modèle 1913S, pièce utilisée au niveau du corps d’armée mais également par les divisions de cavalerie.

Le premier véhicule utilisé est le Latil TL, un véhicule à quatre roues motrices apparu en 1924 et mis en concurrence avec le Citroën-Kégresse P7bis. Utilisé d’abord pour le remorquage du canon de 75mm, il est finalement préféré pour le remorquage du canon de 105L modèle 1913S.

Il n’est cependant pas produit en grande quantité car entre-temps, la firme Latil à mis au point un véhicule plus performant, le Latil KTL-4.

Latil KTL-4

Latil KTL-4

Ce dernier n’aura pas beaucoup plus de succès moins à cause de ses qualités intrinsèques qu’à cause du faible nombre de canons de 105L modèle 1913S mis sur pneumatiques. 163 exemplaires seulement du KTL-4 sont produits et sa production n’ait pas poursuivit à la mobilisation.

Poids mort en ordre de marche : 3700kg pour les tracteurs de pièce 4250kg pour les tracteurs de remorque caisson Charge utile 950kg Longueur : 4.70m largeur 2.10m (2.22 pour les tracteurs de remorque caisson) Hauteur (capoté) : 2.50m  Puissance moteur maximale : 36ch Vitesse maximale 35 km/h

Les tracteurs semi-chenillés n’étaient pas exempts de défauts. Le plus criant était une vitesse insuffisante, souvent inférieure à 30 km/h. Si avec les premiers pneumatiques, cette vitesse était plus que suffisante, les progrès enregistrés dans ce domaine permettaient d’espérer une vitesse de traction plus importante. A cela s’ajoutait les progrès des véhicules à roues de plus en plus à l’aise en tout terrain.

Le 17 décembre 1934, l’artillerie demande aux constructeurs de proposer de nouveaux véhicules pouvant remorquer à grande vitesse sur route des canons de 105 et de 155mm tout en conservant en terrain varié, de bonnes aptitudes. L’objectif fixé est une vitesse moyenne de 35 km/h avec des pointes à 50 km/h ce qui implique un moteur souple disposant d’une bonne réserve de puissance.

De nombreux constructeurs postulent à ce programme comme Renault qui propose deux modèles, l’AFD-1 et l’AFG-1 mais tous les deux sont écartés tout comme le Lorraine 155, ces trois véhicules ayant soit un moteur d’une puissance insuffisante (AFD-1 et AFG-1) ou un moteur suffisamment puissant mais des capacités de franchissement tout terrain insuffisantes (Lorraine 155).

Somua proposa également de nouveaux semi-chenillés mais l’armée ne donna pas suite, dans un souci bien compréhensible de rationaliser son parc.

Deux véhicules vont au final être choisis, le Laffly S25T qui va être utilisé pour le remorquage des 105L (Schneider modèle 1936 et Tarbes modèle 1941) et le Latil M2 TZ qui va au final servir pour des mission de dépannage ainsi que pour le remorquage des canons de 75mm contre-avions modèle 1932.

Le premier véhicule est le Laffly S25T, un véhicule à six roues motrices, un véhicule intermédiaire entre le léger S15T et le lourd S35T.

Ce véhicule est préféré au Latil M2 TZ et commandé pour servir de tracteur d’artillerie pour les canons de 105L modèle 1936S et 105L modèle 1941T ainsi que pour le dépannage dans certains BCC en compagnie de son concurrent, le Latil M2TZ. Près de six cent véhicules de ce type vont ainsi être commandés (le chiffre exact n’à pas été retrouvé).

Poids mort en ordre de marche : 5500kg Charge utile 1500kg Longueur : 4.85m largeur 2.10m  Hauteur (capoté) : 2.50m  Puissance moteur maximale : 60ch à 2500 tours/minute Vitesse maximale 40 km/h

Le second véhicule est donc le Latil M2 TZ (Z = six roues motrices) est proposé à partir de juin 1935 comme tracteur rapide pour les canons de 105 et de 155mm. Après une incursion comme VDP, ce tracteur voit enfin la lumière au printemps 1937 en étant commandé pour essais afin de savoir si il était capable de remorquer un canon de 105L modèle 1936S.

Alors que les deux premiers véhicules sont enfin prêts, l’armée décide de lui confier le remorquage des canons de 75mm contre-avions modèle 1932 plus des missions de dépannage ce qui impose un certain nombre de modifications qui génère leur lot de retard. Néanmoins pas moins de huit cent véhicules vont être commandés.

Il va également être utilisé par la marine pour remorquer les canons de 90mm modèle 1926-30, une version plus lourde que celle de l’armée de terre (7.5 tonnes).

Poids mort en ordre de marche : 6250kg Charge utile 1700kg Longueur : 5m largeur 2.23m  Hauteur (capoté) : 2.64m  Puissance moteur maximale : 67ch à 2000 tours/minute Vitesse maximale 40 km/h

Tracteurs lourds

Si le remorquage des pièces de campagne est rapidement résolu, ce n’est pas le cas des pièces lourdes notamment des canons de 155mm.

Il existe bien quelques solutions de remorquage mécanique mais cette solution est limitée à la route avec une vitesse de 15 km/h. Voilà pourquoi quand éclate la guerre de Pologne, la majorité des régiments d’artillerie lourde sont hippomobiles.

Seul son poids (11.6 tonnes) interdit au 155 GPF d’être remorqué par chevaux, il à d’ailleurs été conçu dès l’origine comme canon à traction automobile.

Ce canon issu du génie du chef d’escadron Filloux est d’abord tracté par des tracteurs Latil et Renault EG _nombre d’entre-eux encore service en 1939-40 mais rapidement remplacés_  puis par le Latil TAR H2 et enfin par le rutilant S35T à six roues motrices.
-Le Somua MCL-5 et MCL-11 est un semi-chenillé perfectionné apparu courant 1935 comme solution moderne pour remorquer le 155 Grande Puissance Filloux (GPF). Néanmoins, cette solution n’arrive pas à l’essieu du S35T et seul un groupe sera équipé de ce tracteur semi-chenillé, le dernier de son espèce, l’armée préférant désormais la solution de tracteurs toutes roues motrices.

Poids mort en ordre de marche : 8500kg (9200kg MCL-11) Longueur : 5.62m (5.40m pour le MCL-11) largeur 2.08m (2.23m pour le MCL-11)  Hauteur : 2.33m  Puissance moteur maximale : 80ch

-Le massif Laffly S35 T est présenté en janvier 1935 comme alternative au semi-chenillé pour le remorquage du canon de 155 GPF, la pièce lourde standard des régiments d’artillerie lourde motorisés (les régiments hippomobiles disposant de canon de 155mm modèle 1877-14 notamment).

Comparé aux Latil TAR H2 et Somua MCL, il fait preuve de remarquables qualités en tout-terrain permettant au 155 GPF de montrer toutes ses qualités qui en faisait une pièce remarquable plus de vingt ans après son apparition.

Grâce à ce tracteur puissant, le 155 GPF modernisé avec un nouvel affût (GPFT, T pour Touzard) pouvait être facilement remorqué à des vitesse comprises entre 25 et 36 km/h en fonction du terrain.

Le Laffly S35T va devenir le tracteur lourd d’artillerie standard de l’armée, rééquipant la quasi-totalité des groupes tractés de 155mm voir de pièces plus lourdes lourdes comme le 194 GPF et 220C.

Poids mort en ordre de marche : 8050kg Charge utile 1200kg Longueur : 5.50m largeur 2.35m  Hauteur : 2.85m  Puissance moteur maximale : 100ch à 2200 tours/minute Vitesse maximale 40 km/h

-Le Latil TAR H2 est un dérivé direct du TAR 5 dont il reprend le chassis. Il à pour origine une proposition de Latil de 1932 avec un TAR H1 et H2 avec des pneumatiques et des moteurs réalésés.

Adopté selon le modèle H2 en 1934, ce tracteur lourd d’artillerie va être affecté au remorquage du 155 GPF, du 220L modèle 1917 ou encore du 75 CA modèle 1932 pour ne citez que les principaux.

A la mobilisation néanmoins, le Laffly S35 T l’ayant surpassé, il ne sera plus produit que pour deux rôles : dépannage et la traction du canon de 90mm Schneider modèle 1939 qu’il s’agit du canon antiaérien ou de son dérivé antichar produit en nombre limité avant septembre 1948.

Il est toujours en service quand éclate le second conflit mondial même si n’étant plus produit, il sera progressivement remplacé dans les mois qui suivirent le début du second conflit mondial.

Poids mort en ordre de marche : 6500kg Charge utile 3000kg Longueur : 5.90m largeur 2.25m  Hauteur : 2.90m  Puissance moteur maximale : 68ch à 1750 tours/minute Vitesse maximale 30 km/h

-Le Somua MCL-5 est également utilisé pour le dépannage des chars. 550 exemplaires sont commandés dans ce but.

Les BCC type B1bis reçoivent trois Somua MCL et trois remorques de 30 tonnes, les escadrons de Somua S-35 deux Somua MCL et deux remorques de 20 tonnes, ce nombre étant théoriquement doublé à la mobilisation pour augmenter ce qu’on appelle pas encore la survivabilité des véhicules.

Poids mort en ordre de marche : 10900kg Charge utile 2500kg Longueur : 5.48m largeur 2.10m  Hauteur (grue) : 3.00m  Puissance moteur maximale : 90ch à 2000 tours/minute Vitesse maximale 31 km/h  Equipement de dépannage : Grue Gauthier de 1.5 tonnes, une chèvre démontable de 2 tonnes et 4m de portée, un treuil de 5 ou 7.5 tonnes en fonction des séries.

Laffly S45T

Laffly S45T

-Le Laffly S45 T est un dérivé du S35T déjà vu plus haut. Il est conçu comme son devancier comme  un tracteur d’artillerie lourde et comme véhicule de dépannage.

C’est dans ce dernier rôle qu’il va être utilisé notamment pour le dépannage des B1bis en compagnie du Lafly M4 TX. Il va également être utilisé par les BCC légers avec trois véhicules par bataillon.

Il va également être commandé par la marine pour des travaux d’infrastructure dans les ports et comme citerne par l’armée de l’air.

Poids mort en ordre de marche : 8200kg Charge utile 2000kg Longueur : 5.70m largeur 2.25m  Hauteur : nc  Puissance moteur maximale : 110ch à 2200 tours/minute Vitesse maximale 26/36km/h

-Le Lafly M4 TX est le plus gros tracteur disponible en septembre 1939. C’est un véhicule à huit roues motrices et quatre roues (avant et arrière) pouvant remorquer 100 tonnes et donc un char B1bis voir un ARL-44 plus lourd même si en complément, des B1bis détourellés furent utilisés pour pouvoir récupérer des chars sous le feu ennemi. 150 véhicules ont été produits pour le dépannage, la production continuant à cadence réduite pour différents rôles.

Poids mort en ordre de marche : 8700kg Charge utile 1200kg Longueur : 6.31m largeur 2.38m    Puissance moteur maximale : 140ch à 1800 tours/minute Vitesse maximale 42 km/h

22-Armée de terre : armement et matériel (14)

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916

Canon de 145/155 Saint Chamond modèle 1916

Au risque de me répéter, le manque d’artillerie lourde est l’une des faiblesses majeures de l’armée française quand elle rentre dans une guerre espérée depuis 1870 et que l’on espère fraiche et joyeuse.

Comme la guerre sera courte, inutile de s’encombrer de pièces lourdes à longue portée, des pièces anciennes ou le «75» feront l’affaire. Je schématise bien sur mais l’enlisement du conflit dans la boue des tranchées prend le haut commandement français au dépourvu.

Ce dernier va faire feu de tout bois en désarmant les forts de l’est mais également en faisant appel à la marine. Les canonniers marins sont en effet des spécialistes de la très longue portée, apportant leur science du tir à leurs homologues terrestres qui faute d’une portée suffisante négligeait la vitesse du vent, la température……. .
Dès 1913 alors que la guerre semblait imminente, ce recours à l’artillerie de marine avait été étudié en attendant la mise au point _nécessairement longue_ de pièces nouvelles.

Le premier canon à ainsi être mis en service est le canon de 100mm TR (Tir Rapide), monté sur un affût De Bange mais qui donnera si peu satisfaction que même dans une version réalésée à 105mm sera retirée du service en novembre 1917 à une époque où des pièces plus lourdes et plus efficaces arrivaient en nombre au sein de l’artillerie à tracteurs.

Reste que même si ce canon s’était révélé efficace, il aurait été incapable de combler le besoin d’une pièce puissante et tirant à longue portée pour contrer les pièces allemandes qui agissaient à l’époque dans l’impunité la plus totale.

L’armée de terre va donc mettre en œuvre des pièces de 14cm (calibre réel : 138.6mm) issus pour certaines de cuirassés désarmés ou prélevées en urgence sur les cuirassés de classe Bretagne et Normandie à des stades différents d’achèvement.

Servis par des canonniers marins, ils sont utilisés d’abord sur affûts fixes ou sur péniches ou sur canonnières avant d’intégrer pleinement l’ALT en recevant un affût à roue.

Plusieurs modèles vont ainsi être mis en service comme le canon de 14cm modèle 1891 sur affût Saint Chamond _pièces issues des cuirassés désarmés Carnot et Charles Martel_,modèle présent à seulement douze pièces qui ont toutes quitté le service actif en décembre 1917.

Le deuxième modèle utilisé le canon de 14cm modèle 1910, quinze tubes montés sur un affût roulant Schneider et qui va équiper deux groupes, le premier recevant sept pièces et le second huit pièces utilisées jusqu’en décembre 1917. A noter que le réalésage des tubes à 145mm était prévu mais n’à pas été menée à bien.

Après ces deux modèles à la carrière météorique, nous arrivons enfin au canon de 145mm modèle 1910 sur affût Saint Chamond, canon à l’origine perdue dans les limbes des archives. Ce canon est lui aussi produit à fort peu d’exemplaires, seulement douze pièces équipant deux groupes en service jusqu’en septembre 1917.

Ces trois modèles ont remplit le rôle pour lequel ils avaient été conçus à savoir un matériel intérimaire, immédiatement disponible en attendant que des pièces plus modernes (et plus efficaces) soient enfin disponible en l’occurence le 145/155 modèle 1916 de Saint Chamond.

Le modèle 1916 est né de la réunion des forces de l’entreprise Forges et Acières de la Marine et d’Homécourt plus connue sous le nom de la ville où elles sont implantées à savoir Saint Chamond et celle de la fonderie de Ruelle, le premier fournissant l’affût, la seconde les canons qui à la différence des pièces intérimaires sont des pièces neuves d’un calibre inhabituel de 145mm.

L’appellation 145/155 s’explique tout simplement parce que ces canons sont conçus pour pouvoir être réalésés en 155mm mais ce réalésage ne se fera qu’après la fin du premier conflit mondial ce qui fait que pour être rigoureux, durant le conflit mondial, ce canon doit être appelé canon de 145mm modèle 1916.

Deux cents canons sont commandés au titre du programme du 30 mai 1916 qui prévoit la mise sur pied de dix régiments d’artillerie lourde à tracteurs (RALT), le premier groupe arrivant en ligne en avril 1917 et le dernier en mars 1918. Au total vingt-groupes de deux batteries de quatre pièces sont équipés de canons de ce calibre, les autres devant recevoir le 155GPF. Cela donne 160 bouches à feu en ligne et 40 en réserve.
Utilisés de manière intensive, les canons s’usent très vite et ce qui entraine après l’armistice le réalésage d’une grande partie des tubes de 145mm en 155mm, une mesure prévue dès l’origine avec des parois épaisses.

Quand éclate la guerre de Pologne, ce canon est toujours en service en septembre 1939, équipant deux régiments d’artillerie lourde à tracteur (réserve générale) avec le 189ème RALT encore équipé de pièces de 145L et le 185ème RALT qui dispose lui de pièces de 155L, les deux régiments disposant de 48 canons chacun.

Ce canon équipe aussi les régiments d’artillerie de position du Nord-Est. Si les 150ème 155ème et 156ème disposent encore de canons de 145L, les 159ème et 163ème disposent eux de canons de 155L, les cinq régiments ayant chacun vingt pièces.

Sur le front alpin, le canon de 145/155 est présent en petit nombre, les 154ème et 164ème disposant chacun de quatre canons alors que les 157ème et 158ème ne disposent que de deux pièces chacun.

En septembre 1948, ce canon est toujours en service mais les canons de 145mm ont tous été réalésés à 155mm, le stock d’obus de 145mm ayant été épuisé.

Caractéristiques Techniques du canon de 145/155mm

Calibre : 145 ou 155mm Poids de la pièce 12500kg Poids de l’obus : 33 à 36kg pour l’obus de 145mm 43kg pour l’obus de 155mm Longueur de la pièce : 7.36m largeur 2.47m Portée maximale : 15900 à 17600m pour le 145 16 à 18000m pour le 155mm Pointage en site : 0° à +38° Pointage en azimut : 6° Cadence de tir : 8 coups/minute Equipe de pièce : inconnue

Canon de 155L modèle 1917 Schneider

Canon de 155mm long Schneider modèle 1917

Canon de 155mm long Schneider modèle 1917

La recherche de canons longs tirant loin pour frapper les places fortes ennemies mais également pour mener des missions de contre-batterie aboutit durant le premier conflit mondial. On trouve  des solutions «bricolage» avec l’installation d’un 155L De Bange sur un nouvel affût ou l’utilisation de canons de marine mais également la construction de pièces neuves comme le 155GPF mais également le 155L Schneider.

Les deux grands manufacturiers d’artillerie français ont à leur catalogue des pièces adaptées qu’il s’agisse pour la firme du Creusot d’un canon de 106.7mm GPS (Grande Puissance Schneider) développé à l’origine pour la Russie alors que la FAMH (Saint Chamond) dispose d’un canon de 155C (à ne pas confondre avec le 155C modèle 1915) et d’un canon de 120L.

Ces canons ne peuvent pour des raisons diverses (calibre, obus trop léger) être adoptés tels quels et si le 120mm est un calibre connu dans l’armée, c’est un calibre du passé, l’artillerie française étageant ses calibres sur trois paliers : 75, 105 et 155mm.

Le nouveau canon long et lourd ne peut être qu’un canon de 155mm qui va être développé par la firme du Creusot, la FAMH étant fort occupée par le programme 145/155, les établissements d’Etat s’occupant du 155 Grande Puissance Filloux.

Schneider va donc développer un canon de 155 long pouvant être démonté en deux fardeaux afin de faciliter son transport par traction hippomobile. Adopté en juillet 1916, il devient le 155L modèle 1917 pour prendre en compte le delai lié à la production.

Environ 550 exemplaires vont être produits pour équiper les RALH et pour certains RALT. Une version améliorée appelée modèle 1918 est également mise au point, un canon associant l’affût du 155C Schneider et le canon modèle 1877-14. 120 exemplaires sont produits après l’armistice.

Ces canons modèle 1917 et modèle 1918 sont encore en service quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, équipant les RALH et les RALT.

-Le 11ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial de Lorient dispose de deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Bourges dispose de deux groupes de 155L modèle 1917

-Le 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné au Mans dispose d’un groupe de 155L modèle 1918.

-Le 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Châteaudun dispose de deux groupes de 155L modèle 1917.

Soit un total de sept groupes de trois batteries de quatre pièces soit un total de 84 pièces en ligne
A la mobilisation d’août/septembre 1939, de nouveaux régiments d’artillerie lourde hippomobile sont mis sur pied avec ses canons de 155L modèle 1917 et modèle 1918 :

-Le 118ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 38 de Rochefort et dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1918.

-Le 121ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 9 de Poitiers et dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1917.

-Le 141ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 9 de Poitiers et dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1917.

-Le 143ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 38 de Rochefort et dispose de deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 144ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 25 de Bourges et dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1917.

-Le 147ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est mis sur pied par le CMA 13 d’Issoire. Il dispose de quatre groupes équipés de canons de 155L modèle 1918. Deux groupes vont former le 149ème RALH.

-Le 149ème régiment d’artillerie lourde hippomobile à été créée à partir du 147ème RALH et formée au Levant de deux groupes de 155L modèle 1918.

Suite à la démobilisation menée à l’été 1940, les régiments d’artillerie lourde hippomobile d’active sont maintenus auxquels s’ajoute quatre régiments créés durant la guerre de Pologne en l’occurence le 149ème RALH au Levant et trois régiments de métropole en l’occurence les 114ème, 116ème et 118ème.

-Le 11ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial de Lorient est ensuite affecté au Corps d’Armée Colonial et dispose comme bien d’autres de deux groupes de 105L modèle 1913 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Bourges et affecté ensuite au 3ème corps d’armée disposait de deux groupes de 105L modèle 1913 et deux groupes de 155L modèle 1917

-106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné au Mans et affecté ensuite au 6ème corps d’armée disposait de deux groupe de 105L modèle 1913 et un groupe de 155L.

-109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Châteaudun et affecté ensuite au 21ème corps d’armée disposait de de deux groupes de 105L modèle 1913 et de deux groupes de 155L modèle 1917.

-114ème RALH mis sur pied par le CMA 14 et affecté au 24ème Corps d’Armée durant la guerre de Pologne. Il est pérennisé après la démobilisation.

-116ème RALH mis sur pied par le CMA 13 et affecté au 13ème Corps d’Armée durant la guerre de Pologne. Il est pérennisé après la démobilisation
-118ème RALH mis sur pied par le CMA 38 de Rochefort et affecté au 18ème Corps d’Armée durant la guerre de Pologne. Il est pérennisé après la démobilisation

-149ème RALH : ce régiment est mis sur pied avec deux groupes du 147ème RALH et envoyé au Levant. Il est maintenu après la démobilisation.

Lors de la mobilisation d’août/septembre 1948, les RALH dissous à l’été 1940 sont réactivés avec d’abord des pièces anciennes sorties des stocks (105L 13, 155L modèle 1877-14) puis des pièces plus modernes.

A noter que suivant une décision prise dès le 1er septembre 1948, il est prévu que les nouveaux groupes d’artillerie lourde mis sur pied après la mobilisation générale soit des groupes à tracteurs, l’objectif étant de parvenir à une motorisation complète de l’artillerie.

Un Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteur est également équipé de cette pièce au début de la guerre de Pologne en l’occurence le 108ème régiment d’artillerie lourde tractée stationné à Dijon dispose de deux groupes de 155mm équipés de canons de 155mm Schneider L18.

Caractéristiques Techniques du 155L modèle 1917S

Calibre : 155mm Poids de la pièce 8710kg Poids de l’obus : 43kg  Longueur de la pièce : 4.092m  Portée maximale : 15900m  Pointage en site : +1.15° à +43,35° Pointage en azimut : 5° Cadence de tir : 3 coups/minute Equipe de pièce : inconnue

Caractéristiques Techniques du 155L modèle 1918S

Calibre : 155mm Poids de la pièce 5050kg Poids de l’obus : 43kg  Longueur de la pièce : 4.619m  Portée maximale : 14000m  Pointage en site : -5° à +42° Pointage en azimut : 5° Cadence de tir : 3 coups/minute Equipe de pièce : inconnue

Canon de 155L Schneider modèle 1945

L’équipement des RALT était moderne avec le L36 et le L41 de 105mm ainsi que le 155 GPF/GPFT mais ce n’était pas le cas des RALH. Si le remplacement des canons L13 était prévu par des L36 et des L41, se posait la question du remplacement des canons de 155 modèle 1877-14.

Un temps, on envisagea leur remplacement en récupérant les L17 et L18 des RALT (remplacés ultérieurement par des GPF) mais leur nombre étant réduit, cette solution était impossible.

Fut également rejetée l’idée d’équiper les RALH uniquement de canons de 105mm ce qui aurait affaiblit la capacité des régiments d’artillerie des corps d’armée hippomobiles d’où le lancement d’un nouveau canon.

La firme Schneider se lança dans la construction d’un canon dit Ll (Long-léger) avec l’affût du canon de 105mm modèle 1936 renforcé et un nouveau tube de 155mm de 32 calibres soit un tube de 4.960m.

Le prototype est présenté en septembre 1943, testé intensivement entre octobre 1943 et mars 1944. Il est adopté en juillet 1944, les premières pièces étant mises en service en mars 1945 d’où le nom de canon de 155L modèle 1945S.

Ce canon «long léger» va équiper les régiments d’artillerie lourde hippomobile suivants :

-Le 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 114ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 116ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 118ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

-Le 149ème régiment d’artillerie lourde hippomobile dispose de deux groupes équipés de 155L modèle 1945.

Avant la mobilisation de septembre 1948, on trouve seize groupes de trois batteries de quatre canons soit un total de 192 pièces en service.
Lors de la mobilisation, les régiments mis en sommeil à l’été 1940 sont réactivés en l’occurence les 110ème et 111ème RALHC ainsi que les 121ème, 141ème, 142ème, 143ème, 144ème, 145ème, 146ème et 147ème soit dix régiments, vingt groupes et 240 pièces modèle 1945.

On trouve donc en ligne à la fin de la mobilisation un total de 432 pièces plus une centaine en stock à l’arrière.

Caractéristiques du 155L modèle 1945S

Calibre : 155mm Poids de la pièce 4790kg (5300kg avec l’avant train) Poids de l’obus : (modèle 1945) 43kg (modèle 1947) 44.85kg  Longueur de la pièce : 4.960m  Portée maximale : 15200m  Pointage en site : 0° à +35° Pointage en azimut : 60° (30° à gauche et 30° à droite) Cadence de tir : 3 à 4 coups/minute Equipe de pièce : huit hommes

Canon de 155 Grande Puissance Filloux (GPF)

Canon de 155mm Grande Puissance Filloux (GPF)

Canon de 155mm Grande Puissance Filloux (GPF)

La mise au point de ce remarquable matériel qui allait donné naissance à un cousin américain baptisé Long Tom répond au même besoin que celui satisfait par le 155L modèle 1917/18 ou les canons de marine et leurs dérivés terrestres à savoir un canon long frappant fort et loin pour neutraliser des places fortes et contre-battre des pièces ennemies.

Le programme est lancé en 1909 mais cinq ans plus tard, il n’y à toujours pas de pièces de 155L en service aux armées, le conflit accélérant les choses, effaçant bien des obstacles. Il faut des canons et vite.

Le chef d »escadron Filloux qui avait quitté l’armée en 1912 pour passer dans le privé est rappelé en 1914 d’abord au front puis dans les bureaux d’études où il peut parachever la mise au point de son canon que l’on peut appelé chef d’œuvre tant sa modernité saute aux yeux.

En effet, ce canon si il n’est pas le premier à utiliser l’affût biflèche est la première pièce de ce calibre à avoir un tel champ de tir horizontal (60°) et un champ de tir vertical tout aussi imposant mais ces qualités se payent par un poids qui interdit la traction hippomobile.

La production de ce canon est un véritable puzzle. Si les tubes sont fondus à Bourges, les affûts sont produits par Renault à Billancourt, l’assemblage se faisant à Puteaux. 400 pièces sont ainsi commandées et mises en service en un an et demi et ce dès juin 1917.

Il était prévu à l’origine, 40 groupes d’Artillerie Lourde à Tracteurs (soit 320 pièces plus un volant de réserve de 25%) mais ce chiffre ne sera jamais atteint. Au maximum, il y aura 235 pièces en ligne, la production destinée aux américains épuisant les ressources de l’industrie.

Au moment où éclate la guerre de Pologne, le 155 GPF équipe toujours l’artillerie à tracteurs, les RALT à raison de deux ou quatre groupes :

-Le 103ème régiment d’artillerie lourde tractée de Rouen, dispose de deux groupes de 155mm GPF

-Le 107ème régiment d’artillerie lourde tractée de Belfort dispose d’un groupe de 155GPF.

-Le 182ème régiment d’artillerie lourde tractée de Commercy dispose de quatre groupes de 155GPF

-Le 188ème régiment d’artillerie lourde tractée de Belfort dispose de quatre groupes de 155GPF

Soit un total de onze groupes à trois batteries de quatre pièces soit un total en ligne de 132 canons.

Comme dans les autres domaines, la mobilisation voit la mise sur pied de nouveaux régiments d’artillerie lourde tractée (ou à tracteurs) :

-Le 101ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose d’un groupe de 155GPF

-Le 102ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée  dispose d’un un groupe de 155GPF
-Le 104ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de deux groupes de 155GPF.

-Le 120ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose d’un groupe de 155GPF

-Le 123ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose d’un groupe de 155GPF.

-Le 124ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose d’un groupe de 155GPF.

-Le 180ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose  d’un groupe de 155GPF.

-Le 181ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de quatre groupes de 155GPF.

-Le 183ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée  dispose de quatre groupes de 155GPF.

-Le 187ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de quatre groupes de 155GPF

On trouve une fois la mobilisation terminée trente et un groupes à trois batteries de quatre pièces soit un total de 372 pièces en ligne plus une pièce dans un régiment d’artillerie de position.

A l’issue de la guerre de Pologne, ce canon reste en service mais décision est prise de reprendre sa production selon une version modernisée dite GPFT (Grande Puissance Filloux Touzard) du nom de l’inventeur d’un affût modernisé.

Suite à la démobilisation de l’été 1940, le nombre de régiments se réduit et leur équipement évolue ce qui donne le panorama suivant :

-Le 102ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est maintenu après la démobilisation avec pour équipement deux groupes de 105 L36 et deux groupes de 155GPF

-Le 103ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de deux groupes de 105L 36 et de deux groupes de 155GPFT.

-Le 107ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155 GPFT.

-Le 108ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155mm équipés de Schneider L18 jusqu’en mars 1943 quand ils sont remplacés par des 155GPFT

-Le 120ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de deux groupes équipés de 105L Schneider L36 et un puis deux groupes de 155L équipés de 155GPF.

-Le 180ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de deux groupes de 105 L41 et de deux groupes de 155GPF.

-Le 182ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de quatre  groupes de 155 GPF, deux ayant été ultérieurement transformés avec 155GPFT.

-Le 185ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose de quatre groupes de 155L modèle 1916  puis quatre groupes de 155 GPF/GPF-T.

-Le 363ème régiment d’artillerie lourde de position dispose de deux groupes équipés de 155GPFT
Avant la mobilisation de septembre 1948, on trouve donc vingt-deux groupes à trois batteries de quatre canons soit un total de 264 canons. Quelques pièces sont en service dans les Régiments d’Artillerie de Position en l’occurence huit canons au sein du 159ème RAP, huit au sein du 161ème et huit au sein du 162ème RAP.

A la mobilisation, les RALT dissous à l’été 1940 sont remis sur pied soit les 101ème, 104ème, 123ème, 124ème,181ème, 183ème et 187ème avec deux groupes de 155 GPFT pour les cinq premiers groupes et trois groupes pour les deux derniers soit un total de seize groupes de trois batteries de quatre canons soit 192 canons. A cela s’ajoute le 125ème RALT à deux groupes portant le total à dix-huit groupes de trois batteries de quatre canons soit un total de 216 pièces.

Courant octobre, le 356ème RALP est remis sur pied avec trois groupe de 155GPFT ce qui ajoute trente-six canons.

Au final, 516 canons type GPF et GPFT sont en service quand éclate le second conflit mondial, d’autres canons étant produits pour constituer un stock important de pièces de réserve.

A ces canons en service en France s’ajoute des canons en service au sein des 301ème et 303ème RALPol équipés chacun de trois groupes de douze canons soit un total de soixante-douze pièces en ligne.

Caractéristiques du 155 Grande Puissance Filloux (GPF)

Calibre : 155mm Poids de la pièce 11200kg (13000kg avec l’avant train) Poids de l’obus : (modèle 1915) 43kg (modèle 1917) 44.85kg  Longueur de la pièce : 5.921m  Portée maximale : 16300m  Pointage en site : 0° à +35° Pointage en azimut : 60° (30° à gauche et 30° à droite) Cadence de tir : 3 à 4 coups/minute Equipe de pièce : inconnue

22-Armée de terre : armement et matériel (12)

Canon  105 L modèle 1936S

Canon de 105L modèle 1936S

Canon de 105L modèle 1936S

Ayant acquis ses lettres de noblesse durant le premier conflit mondial, l’artillerie française va vivre sur ses acquis durant toutes les années vingt. Le pacifisme ambiant, les budgets réduits ne permettent pas de renouveler les matériels du premier conflit mondial.

Au début des années trente pourtant, l’usure du matériel et sa quasi-peremption pousse l’armée française à lancer de nouveaux programmes d’artillerie.

Parmi les matériels à remplacer figure le 105L modèle 1913 comme pièce d’artillerie de corps d’armée, une pièce qui avait de beau restes mais dont la portée devenait bien insuffisante. C’est ce que constate un rapport du 5 mars 1934 qui réclame une pièce de CA d’une portée de 15 à 20km.

Le programme est officiellement lancé le 21 juin 1935 dans le cadre d’un programme d’armement plus global. Schneider propose deux matériels : un de 5 tonnes portant à 20km et un pesant 3.5 tonnes portant à 17km.

L’urgence du besoin et les qualités du matériel propose permettent l’adoption du matériel proposé par l’industriel du Creusot en l’occurence celui de 3.5 tonnes qui est l’évolution d’un matériel mis au point à l’origine pour  la Roumanie, le matériel roumain se distinguant par un bouclier et par un frein de bouche.

Adopté sous le nom de canon de 105L modèle 1936, il va donc équiper les Régiments d’Artillerie Lourde Hippomobile (RALH) et les Régiments d’Artillerie Lourde Automobile/A Tracteurs (RALA/T).

Pour ce qui est des RALH, ils reçoivent ce canon bien après la démobilisation, la priorité ayant été donné aux RALA.

-Le 11ème régiment d’artillerie lourde hippomobile colonial de Lorient dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 105ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Bourges dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 106ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné au Mans dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 109ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Châteaudun dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 112ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Limoges dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 113ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Nîmes dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 114ème régiment d’artillerie lourde hippomobile  pérennisé après la démobilisation dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 115ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Castres dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 116ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est pérennisé après la démobilisation et dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.
-Le 117ème régiment d’artillerie lourde hippomobile stationné à Toulouse dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 118ème régiment d’artillerie lourde hippomobile est pérennisé après la démobilisation et dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

-Le 149ème régiment d’artillerie lourde hippomobile déployé au Levant et dispose de deux groupes de 105L modèle 1936 et deux groupes de 155L modèle 1917.

Douze RALH sont donc équipés de ce canon soit vingt-quatre groupes, quatre-vingt seize batteries et 384 canons livrés entre janvier 1941 et mars 1944. A cela s’ajoute ultérieurement deux groupes destinés au 149ème RALH.

A noter que suivant une décision prise dès le 1er septembre 1948, il est prévu que les nouveaux groupes d’artillerie lourde mis sur pied après la mobilisation générale soit des groupes à tracteurs, l’objectif étant de parvenir à une motorisation complète de l’artillerie.

Pour ce qui est des Régiments d’Artillerie Lourde Automobile/Tractée, au printemps 1940, douze groupes soit 144 pièces sont en service : un groupe pour les 101ème, 102ème, 103ème, 104ème, 108ème, 123ème, 124ème et 352ème RALA et deux groupes pour le 107ème et le 120ème RALA.

Comme dans les autres domaines, la démobilisation voit le nombre de régiments se réduire même si outre des régiments d’active, des régiments de mobilisation sont maintenus en ligne. A noter que le L36 ne sera pas le seul canon de 105mm équipant les RALA, un canon concurrent produit par l’Etablissement de Tarbes étant également en service.

-Le 102ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est maintenu après la démobilisation avec pour équipement deux groupes de 105 L36 et deux groupes de 155GPF

-Le 103ème régiment d’artillerie lourde tractée dispose pour assurer sa mission de deux groupes de 105L 36 et de deux groupes de 155GPFT.

-107ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Belfort, il appartient à la Réserve Générale et dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155 GPFT.

-108ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Dijon,  il appartient à la Réserve Générale et dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155mm équipés de Schneider L18 jusqu’en mars 1943 quand ils sont remplacés par des 155GPFT

-Le 120ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 60 d’Epinal et pérennisé à la démobilisation. Il dispose de deux groupes équipés de 105L Schneider L36 et un groupe de 155L équipés de 155 GPF. Un deuxième groupe de 155mm est ultérieurement mis sur pied.

Les RALT au nombre de cinq disposent donc de dix groupes et trente-batteries soit 120 canons de 105L modèle 1936S.

En septembre 1947, le 119ème et le 122ème RALT sont créés pour équiper les 1er et 2ème CAC avec deux groupes de 105L.

A la mobilisation de septembre 1948, cinq RALT sont réactivés, les 101ème, 104ème, 123ème, 124ème et 180ème mais seuls les deux premiers sont équipés de 105L modèle 1936 soit quatre groupes, douze batteries et 48 canons.

Caractéristiques Techniques du canon de 105L modèle 1936S

Calibre : 105mm Longueur totale de la pièce (en batterie) 6.385m (route) 7.550m Poids total en batterie : 3540kg (route 4090kg) Poids de l’obus 15.770kg Cadence de tir : 5 coups/minute Portée maximale : 17000m Pointage en site : 0 à +43° Pointage en azimut 50° de chaque côté Equipe de pièce : six hommes

Canon de 105L modèle 41T (Etablissement de Tarbes)

Comme nous l’avons vu plus haut, quand l’armée française décida enfin d’équiper ses RAD d’un obusier court après plus de vingt-ans d’atermoiements et de blocages, Schneider proposa son excellent matériel bientôt connu sous le nom de canon de 105C (C pour Court) modèle 1934S (Schneider) et rien n’aurait pu empêcher qu’il devienne l’obusier standard de l’armée française.

Rien sauf la maxime qui veut qu’en France, il n’y ait point de salut en dehors de l’état. Hors de question pour les «colbertistes» qu’un manufacturier privé n’empiète sur leurs plate-bandes.

L’Etablissement de Bourges (ABS) fût donc chargé de développer le 105C modèle 1935B, un excellent matériel qui allait dominer de la tête et des épaules, le produit de la firme du Creusot.

Le même processus se reproduit quand il s’agit de remplacer le canon de 105L modèle 1913 comme pièce des RALA/RALH, les régiments de corps d’armée. Le remplacement s’imposait d’autant plus que la pièce de Schneider n’avait qu’une avance de 1500m sur les obusiers en cours de mise en service.

Schneider propose un canon de 3.5 tonnes portant à 17km, rapidement accepté en raison de l’urgence du besoin. Une décision heureuse car la mise au point de son concurrent «public» ne débouchera qu’au printemps 1941.

Assez semblable à son concurrent de Schneider, ce canon est légèrement plus lourd avec une portée un peu plus faible. Il est aussitôt mis en production pour remplacer le 105L modèle 1913 au sein des régiments d’artillerie lourde.

Le canon de Tarbes va ainsi équiper trois régiments d’artillerie lourde automobile (RALA), les 123ème, 124ème et 180ème RALA disposant chacun de deux groupes à trois batteries à quatre pièces soit un total de 24 pièces par régiment soit 72 canons pour les trois régiments. Un quatrième, le 125ème RALA (ou RALT) est ultérieurement équipé avec deux groupes à trois batteries.

Il va également équiper comme son homologue Schneider les RALH en l’occurence des régiments mobilisés en août 1948 à savoir les 110ème et 111ème Régiments d’Artillerie Lourde Hippomobile Coloniaux (RALHC), les 121ème, 141ème, 142ème, 143ème, 144ème, 145ème, 146ème et 147ème, tous disposant de deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit 24 pièces par régiment un total de 240 pièces en ligne.

Le 355ème RALP (Régiment d’Artillerie Lourde Portée) dispose de trois groupes à trois batteries de quatre canons soit un total de trente-six pièces, le 361ème RALP dispose de deux groupes à trois batteries de quatre canons soit un total de vingt-quatre pièces.
Courant octobre, deux nouveaux régiments sont mis sur pied, le 356ème équipé de deux groupes de 105L41 et un groupe de 155 GPFT et le 357ème équipé de trois groupes de 105L41 soit un total pour ces deux régiments de cinq groupes à quinze batteries qui alignent un total de soixante canons.

Au final, quand éclate la seconde conflagration mondiale, on trouve 420 canons de ce modèle en service.