Italie (48) Bases Navales (3)

Base Navale de Leros (Dodécanèse)

En guise d’historique ces quelques phrases

En 1911, l’Italie entre en guerre contre l’Empire ottoman, «l’homme malade» de l’Europe. Cette guerre à pour but de s’emparer de la Tripolitaine et de la Cyrenaïque, régions qui allaient devenir l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) avant que cette colonie italienne devienne une Libye indépendante.

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Italie (10) Géopolitique & R.I (1)

GEOPOLITIQUE DE L’ITALIE

Réflexions géopolitiques

Si la Méditerranée n’est plus le cœur du monde depuis le 15ème siècle elle reste une zone stratégique pour le commerce, pour la circulation des hommes et des marchandises.

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Italie (8) Histoire (7)

Marche sur Rome, dictature fasciste et Second conflit mondial (1920-1954)

Un certain Benito Mussolini

Jusqu’à sa mise en minorité et sa mort dans des circonstances troubles en mars 1953 à l’âge de soixante-neuf ans un homme va symboliser l’Italie, le Duce Benito Mussolini.

Mussolini

Né le 29 juillet 1883 à Dovia di Predappio près de Forli en Romagne, Benito Mussolini est issu d’un milieu modeste. Plus tard il se dira «fils du peuple» mais si il n’est pas issu des couches les plus élevées, il n’est pas issu d’un milieu misérable.

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Grande Bretagne (54) sous-marins (3)

Sous-marins classe Triton (type T)

Avant-propos

Les sous-marins de type T ont été conçus initialement pour remplacer les unités plus anciennes de classe Odin, Parthian et Rainbow. Les premières études sont lancées en 1934 avec les contraintes du traité de Londres de 1930 à savoir une flotte sous-marine limitée à 52700 tons (47808 tonnes métriques) avec un tonnage unitaire limité à 1800 tonnes et un armement maximal autorisé à un canon de 130mm.

Ces sous-marins dérivés des type P et appelés d’ailleurs à l’origine « Repeat P » étaient conçus pour pouvoir opérer en Extrême-Orient ce qui imposait des contraintes en terme de vitesse et surtout d’endurance.

Quinze sous-marins sont commandés avant guerre (un en 1935, quatre en 1936, sept en 1937 et trois en 1938) mais seulement quatre sont en service en septembre 1939, onze autres étant en construction et sont mis en service entre 1941 et 1943.

Sept nouveaux sous-marins de ce type sont commandés en septembre 1939, sous-marins mis en service en 1941 et 1943. Cela porte la flotte à vingt-deux exemplaires, deux navires commandés en septembre 1943 sont mis en service en 1948, juste à temps pour participer au conflit.

Sur le plan de l’organisation, ils sont répartis en trois flottilles de huit submersibles, une déployée en mer du Nord, une dans l’Océan Indien depuis Aden et la troisième en Extrême-Orient depuis Singapour ou la Malaisie.

Dès le début du conflit, la flottille déployée à Aden va rallier l’Atlantique, étant déployée à Freetown avec la possibilité d’utiliser les facilités françaises implantées à Dakar.

1st Submarine Flottilla (Rosyth)

HMS Triton

HMS Triton

-Le HMS Triton (N15) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 28 août 1936 lancé le 5 octobre 1937 et mis en service le 9 novembre 1938.

Presque dix ans plus tard, le sous-marin était immobilisé pour un grand carénage. Il doit être disponible début octobre.

-Le HMS Trident (N52) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 12 janvier 1937 lancé le 7 décembre 1938 et mis en service le 1er octobre 1939.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin était à la mer pour entrainement. Il rentre à sa base pour compléter ses soutes et appareiller pour sa première patrouille de guerre au large des ports allemands de la mer du Nord.

-Le HMS Tarpon (N17) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding de Greenock le 5 octobre 1937 lancé le 17 octobre 1939 et mis en service le 8 mars 1940.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin est à quai, attendant la suite des événements

HMS Triad

HMS Triad

-Le HMS Triad (N53) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 24 mars 1938 lancé le 5 mai 1939 et mis en service le 16 septembre 1939.

Le 5 septembre 1948 quand débute le second conflit mondial, le sous-marin est immobilisé pour un grand carénage qui doit s’achever mi-septembre.

-Le HMS Talisman (N78) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 27 septembre 1938 lancé le 29 janvier 1940 et mis en service le 18 octobre 1940.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin vennait d’appareiller pour une patrouille qui devient de guerre, le Talisman recevant ordre de torpiller tout navire de guerre allemand en attendant que soit donné l’ordre d’attaquer cargos, paquebots et pétroliers.

HMS Tempest

HMS Tempest

-Le HMS Tempest (N86) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 6 juin 1940 lancé le 10 juin 1941 et mis en service le 14 mars 1942.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin est à quai, attendant la suite des événements.

-Le HMS Traveller (N48) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding de Greenock le 17 janvier 1940 lancé le 27 août 1941 et mis en service le 10 avril 1942

Le 5 septembre 1948, le sous-marin était à quai. Il appareille le lendemain pour sa première patrouille de guerre

HMD Turbulent

HMS Turbulent

-Le HMS Turbulent (N98) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 15 mars 1940 lancé le 12 mai 1941 et mis en service le 14 avril 1942.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin est à quai, attendant la suite des événements.

3rd Submarine Flottilla (Aden)

Cette flottille est stationnée dans l’Océan Indien dans le port d’Aden d’où elle peut contrôler l’Océan Indien mais également la mer Rouge.

La position stratégique fait peu de doutes. Elle permet de contrôler l’accès à la mer Rouge et de là au canal de Suez. On peut également surveiller la Somalie italienne, l’Ethiopie et l’Eyrthrée alors sous contrôle italien (depuis la fin du dix-neuvième siècle pour la première et la troisième, depuis 1936 pour la seconde).

Cette flottille pourrait si besoin est s’appuyer sur les points d’appui français de Djibouti et de Diego-Suarez.

Elle n’en aura guère l’occasion car dès le mois de septembre, elle va rallier Freetown via le cap de Bonne Espérance pour participer à la traquer des raiders allemands et des U-Boot dans l’Atlantique Sud.

HMS Thetis

HMS Thetis

-Le HMS Thetis (N25) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 21 décembre 1936 lancé le 29 juin 1938 et mis en service le 26 octobre 1940.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai, en entretien à flot après une patrouille qui l’avait conduit dans le Golfe Persique et jusqu’au canal du Mozambique.

-Le HMS Triumph (N18) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 19 mars 1937 lancé le 16 février 1938 et mis en service le 2 mai 1939.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin était à Singapour en grand carénage. Son immobilisation doit s’achever à la mi-octobre. Il pourrait être détaché en Extrême-Orient et non rejoindre ses compères en Afrique Noire.

HMS Thistle

HMS Thistle

-Le HMS Thistle (N24) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 7 décembre 1937 lancé le 25 octobre 1938 et mis en service le 25 octobre 1938.

Dix ans plus tard en septembre 1948, le sous-marin était à quai, attendant comme on dit la suite des événements.

-Le HMS Truant (N68) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 24 mars 1938 lancé le 5 mai 1939 et mis en service le 31 octobre 1939.

Quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung, le sous-marin était en patrouille dans le canal du Mozambique. Il reçoit l’ordre de rallier Simonstown pour ravitaillement et entretien, devant être rejoint par les autres sous-marins de la 3rd SF.

HMS Tetrach

HMS Tetrach

-Le HMS Tetrach (N77) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 24 août 1938 lancé le 14 novembre 1939 et mis en service le 15 octobre 1940.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin avait appareillé en patrouille huit jours plus tôt. Il reçoit l’ordre de rallier Aden pour se ravitailler et se préparer à Simonstown.

HMS Thorn

HMS Thorn

-Le HMS Thorn (N11) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 20 janvier 1940 lancé le 18 mars 1941 et mis en service le 12 février 1942.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai attendant la suite des événements.

-Le HMS Trooper (N91) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding de Greenock le 7 mai 1940 ancé le 5 mars 1942 et mis en service le 2 février 1943.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai attendant la suite des événements.

-Le HMS Tutankhamen (N311) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 25 avril 1946 lancé le 5 mars 1947 et mis en service le 14 février 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai attendant la suite des événements.

5th Submarine Flottilla (Singapour)

Si le stationnement de la 3rd Submarine Flottilla à Aden à suscité de nombreux débats au sein de la Royal Navy (peu de menaces, difficultés pour l’entretien), celui de la 5th Submarine Flottilla n’à fait l’objet d’aucun débat.

D’abord parce que les Triton étaient conçus pour opérer en Extrême Orient et parce qu’un conflit avec le Japon était du domaine du possible voir du certain.

HMS Tribune

HMS Tribune

-Le HMS Tribune (N76) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding de Greenock le 3 mars 1937 lancé le 8 décembre 1938 et mis en service le 17 octobre 1939.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin venait de rentrer d’une patrouille. Il doit être reconditionné avant de reprendre la mer

-Le HMS Taku (N38) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 18 novembre 1937 lancé le 20 mai 1939 et mis en service le 17 avril 1940.

Quand éclate le second conflit mondial, le Taku était immobilisé depuis juin pour un grand carénage qui doit normalement s’achever fin novembre.

HMS Tigris

HMS Tigris

-Le HMS Tigris (N63) est mis sur cale au Chatham Dockyard le 11 mai 1938 lancé le 31 octobre 1939 et mis en service le 20 juin 1940.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin était à quai, attendant la suite des événements

-Le HMS Tuna (N94) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding de Greenock le 13 juin 1938 lancé le 10 mai 1940 et mis en service le 30 avril 1941.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin venait de partir en patrouille en relève du Tribune et reçoit des consignes de vigilance vis à vis des mouvements de la flotte japonaise.

HMS Torbay

HMS Torbay

-Le HMS Torbay (N79) est mis sur cale au Chatham Dockyard le 21 novembre 1938 lancé le 9 avril 1940 et mis en service le 14 janvier 1941.

En septembre 1948, le sous-marin était à l’entrainement en mer de Chine méridionale. Cet entrainement se poursuit mais dans un contexte différent bien évidément.

-Le HMS Thraser (N37) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 14 novembre 1939 lancé le 28 novembre 1940 et mis en service le 17 juillet 1941.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai, attendant la suite des événements.

HMS Trusty

HMS Trusty

-Le HMS Trusty (N45) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Birkenhead le 15 mars 1940 lancé le 14 mars 1941 et mis en service le 24 février 1942.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai, attendant la suite des événements.

-Le HMS Trespasser (N312) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 08 septembre 1946 lancé le 20 août 1947 et mis en service le 14 février 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, le sous-marin était à quai attendant la suite des événements.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 1170 tonnes plongée 1415 tonnes

Dimensions : longueur 84.28m largeur 7.77m tirant d’eau 3.89m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2500ch deux moteurs électriques de 1450ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 15.5 noeuds en surface 9 noeuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques à 10 noeuds

Armement : dix tubes lance-torpilles (six de proue quatre externes) avec seize torpilles un canon de 102mm (4 pouces) sur le pont

Equipage : 48 officiers et marins

24-Armée de l’air (27)

J-Les avions de l’armée de l’air (7) : transport

Préambule

A partir de 1940, l’armée de l’air commence à dévelloper une nouvelle branche de son arbre de mission à savoir le transport aérien ce qui entraina la création en janvier 1945 du CoTAM ou Commandement du Transport Aérien Militaire.

L’acquisition d’avions de transport était destiné principalement au soutien logistique, le ravitaillement d’une tête de pont ou d’un aérodrome avancé mais également le soutien des deux groupes d’infanterie de l’air (GIA), le 601ème basé à Reims et le 602ème basé d’abord à Baraki en Algérie puis à Orange.

Les premiers avions de transport étaient d’abord d’anciens bombardiers réformés comme l’Amiot 143 et quelques appareils spécifiquement conçus pour cette mission : le Farman 224 et le Potez 650.

En septembre 1944, deux escadres de transport militaires sont mises sur pied avec pour chacune deux groupes de trois escadrilles à neuf appareils soit 108 appareils de transport.

Si les Farman 224 et Potez 650 furent brièvement intégrées à ces deux escadres, rapidement furent mis en service des appareils modernes et conçus dès l’origine comme avions de transport : des quadrimoteurs Bloch MB-161 et 165 ainsi que des bimoteurs Douglas DC-3 de fabrication américaine.

Sur les douze escadrilles de transport militaires, quatre sont équipées de DC-3 (trente-six appareils), six sont équipées de Bloch MB-161 (trente-six appareils) et deux sont équipées de Bloch MB-165 (trente-six avions)

Outre ces deux escadres déployées en Métropole, il existait des détachements appelés Groupes Légers de Transport (GLT) créés progressivement à partir d’octobre 1944 déployés aussi bien en Afrique du Nord (trois), en AOF (un), en AEF (un) à Djibouti et à Madagascar (un), au Levant (deux), en Nouvelle Calédonie (un) en Indochine (trois) et aux Antilles (un) soit treize groupes de quinze appareils représentant un total de 195 avions.

Farman F.224

Farman F-224

Farman F-224

Cet avion de transport quadrimoteur est dérivé du bombardier quadrimoteur Farman F.222. Ayant effectué son premier vol le 2 janvier 1937, les six exemplaires produits furent refusés par Air France et récupérés par l’armée de l’air pour le soutien du 601ème Groupe d’Infanterie de l’Air (601ème GIA) basé à Reims.

Ces appareils pleinement intégré au G.I.A pouvaient transporter théoriquement 40 hommes même si dans la pratique on limitait le nombre à 32 pour faciliter les largages. Ces appareils assez performants restèrent en service jusqu’en juin 1945 quand les trois derniers avions encore en état de vol furent retirés du service, l’un d’eux étant préservé comme souvenir à Reims.

Caractéristiques Techniques du Farman F.224

Type : avion de transport quadrimoteur

Poids total 16270kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur 23.35m Hauteur 5.19m

Motorisation : quatre Gnôme-Rhône 14N-1 de 950ch chacun entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 310 km/h Autonomie 1200km

Armement : aucun

Capacité : deux membres d’équipage, 40 passagers ou 32 parachutistes

Potez 650

Potez 650

Potez 650

Le Potez 650 principalement utilisé par le 602ème G.I.A est une version militarisé de l’avion de transport civil Potez 621. Il est donc produit à quinze exemplaires dont les quatre derniers exemplaires ne sont retirés du service qu’en septembre 1945.

Caractéristiques Techniques du Potez 650

Type : bimoteur de transport militaire

Poids à vide 4632kg maximal 7500kg

Dimensions : Envergure 22.45m Longueur 17.32m Hauteur 3.90m

Motorisation : deux moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Xgrs1 à droite et 12Xhrs1 à gauche, tous les deux 720ch

Performances : vitesse maximale 300 km/h à 2000m Autonomie 1200km Plafond 5800m

 Bloch MB-161 et MB-165

Bloch MB-160

Bloch MB-160

Le Bloch MB-161 était directement issu du MB-160 et destiné aux lignes africaines d’Air France avec des moteurs plus puissants et une dérive double qui ressemblait à celle du Léo 451. Effectuant son premier vol le 15 décembre 1939, il fût d’abord commandé par Air France à neuf exemplaires livrés entre septembre 1941 et juin 1942, la mise au point s’étant révélée délicate.

L’armée de l’air déjà bien occupée avec le rééquipement et la création d’unités de combat ne passa commande qu’en février 1944. Destinés à la 1ère ETM, les trente-six Bloch MB-161 furent livrés entre septembre 1944 et juin 1945.

Le second était à l’origine une version grand raid du MB-160 mais au final, la désignation MB-162 prévue pour cet appareil qui effectua son premier vol au printemps 1940 fût attribuée à une déclinaison bombardier du MB-160 et comme la désignation MB-163 désignait une version reconnaissance maritime du MB-162 (deux prototypes) et que la désignation MB-164 était réservée à une version de transport VIP, c’est la désignation MB-165 que cet appareil reçu.

Deux prototypes furent commandés par l’armée de l’air en décembre 1942 et livrés en mai 1943 pour six mois d’essais intensifs. C’est donc en novembre 1943 que l’armée de l’air décide de passer commande de 36 Bloch MB-165 mais Bloch étant fort occupé avec d’autres appareils, ce n’est qu’en juillet 1944 que les premiers appareils de série sont livrés, la totalité de la commande étant honorée en septembre 1945.

Ultérieurement, vingt-quatre appareils type Bloch MB-165 furent commandés au printemps 1948 pour permettre de créer un parc de réserve.

Bloch MB-161

Bloch MB-161

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-161

Type : avion quadrimoteur de transport militaire

Poids : à vide 11800kg maximale 19000kg

Dimensions : Envergure 29.38m Longueur 24.13m Hauteur 4.80m

Motorisation : deux Gnôme-Rhône 14N-38 et deux Gnôme-Rhône 14N-39 de 1000ch

Performances : vitesse maximale 430 km/h

Equipage et passagers : deux pilotes et trente-trois passagers ou vingt-quatre parachutistes

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-165

Poids : à vide 12500kg maximale 19500kg

Dimensions : Envergure 29.38m Longueur 24.45m Hauteur 4.80m

Motorisation : quatre Gnôme-Rhône 14N-48 de 1100ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 430 km/h

Equipage et passagers : deux pilotes et trente-huit passagers ou vingt-sept parachutistes

Douglas DC-3 Transporteur

Douglas C-47 Skytrain

Douglas C-47 Skytrain plus connu en France sous le nom de C-47 Transporteur

En juin 1944, l’armée de l’air commande auprès de la compagnie Douglas de 101 Douglas DC-3 de quoi équiper les ETM et les GLT mais ne laissa pas d’appareils de réserve du moins officiellement car Air France se porta acquéreur de 44 appareils qui étaient destinés en cas de guerre à être si nécessaires utilisés par l’armée de l’air.

Ces 101 appareils équipèrent les différents GLT à raison à de cinq appareils par groupe et les deux ETM qui disposèrent chacun de dix-huit appareils soit deux escadrilles sur six. Tous ces appareils furent livrés entre janvier 1945 et mars 1948, appareils devenus les Douglas Transporteur au sein de l’armée de l’air.

Caractéristiques Techniques du Douglas DC-3

Type : bimoteur de transport militaire

Poids : à vide 7650kg maximal 11430kg

Dimensions : Envergure 29.00m Longueur 19.70m Hauteur 5.16m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright R-1820 Cyclone 9 cylindres de 1100ch chacun entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 370 km/h à 2590m vitesse de croisière 333 km/h Plafond opérationnel 7100m Autonomie : inconnue

Equipage : 2 hommes plus 21 à 32 passagers ou 16 parachutistes équipés

Dewoitine D-720bis

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

Outre les missions de transport classique, les GLT dans les colonies devaient assurer le ravitaillement des postes isolés notamment quand le risque d’embuscades de la part de brigands ou de tribus révoltées était trop grand pour y engager des moyens terrestres.

Il fallait donc un avion de petite taille, robuste et pouvant décoller et se poser sur de courtes distances.

L’armée de l’air ne chercha pas longtemps pour trouver l’appareil idoine puisqu’elle commanda en janvier 1948 172 Dewoitine D-720bis, version adaptée à ses besoins du D-720M, les appareils étant livrés entre février et août 1948 à raison de dix par GLT soit 130 appareils en ligne et 42 en réserve.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-720bis

Type : bimoteur léger de transport, d’entrainement et de liaison

Poids : en charge 5200kg

Dimensions : Envergure 14.90m Longueur 13.70m Hauteur 3.73m

Motorisation : deux moteurs en ligne Renault V-12 R00/03 de 750ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 380 km/h autonomie 1530km autonomie 8400m
Capacité : six passagers ou 700kg de charge

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm avec 1000 cartouches dans le nez et une mitrailleuse de 7.5mm tirant vers le bas à l’arrière du fuselage avec 500 cartouches (manoeuvré par le pilote)

Points d’appui sous les ailes pour emporter deux bombes de 100kg

Equipage : pilote, copilote et mitrailleur-observateur à l’avant

24-Armée de l’air (20)

Amiot 351 et dérivés

L'élégant Amiot 351

L’élégant Amiot 351

En 1936, lors du 15ème Salon de l’Aéronautique, la SECM-Amiot présente l’Amiot 341, un long courrier postal rapide qui possédait une soute ventrale à portes mobiles. Le but militaire était évident et un an plus tard, le 6 décembre 1937, le prototype de l’Amiot 340 effectua son premier vol à Istres.

En août 1938, il enmena le général Vuillemin en voyage en Allemagne dans une tentative de bluff destiné à prouver aux allemands la modernité des bombardiers français.

Après cette opération de propagande, l’Amiot 340 est modifié avec l’ajout d’un quatrième homme d’équipage, de nouveaux moteurs plus puissants et d’une double dérive, devenant l’Amiot 351 qui entama ses essais en janvier 1939.

Alors que l’Amiot 351 était en plein dévellopement, l’équipe chargée de są mise au point envisagea de dévelloper toute une série d’appareils dérivés qui se différençiaient essentiellement par leur motorisation :
-L’Amiot 352 à moteurs Hispano-Suiza 12 Y-50/51 qui ne vit jamais le jour

-L’Amiot 353 à moteurs Rolls-Royce Merlin III qui ne vit jamais le jour

-L’Amiot 354 à moteurs Gnôme-Rhône 14 N-48/49 et dérive unique

-L’Amiot 355 avec des moteurs à compresseurs à double étage qui resta à l’état d’exemplaire unique

-L’Amiot 356 à moteurs Rolls Royce Merlin X et dérive unique

-L’Amiot 357 spécialisé dans le bombardement à haute altitude mais pouvant participer à toutes les missions de bombardement.

Au final, seuls les Amiot 354, 356 et 357 furent fabriqués en série pour équiper un total de quatre Escadres de Bombardement Moyen :

-Une escadre entièrement équipée d’Amiot 351, la 34ème Escadre de Bombardement Moyen

-Une escadre entièrement équipée d’Amiot 354, la 25ème Escadre de Bombardement Moyen

-Une escadre équipée d’un groupe d’Amiot 354 et deux groupes d’Amiot 356, la 21ème Escadre de Bombardement Moyen

-Une escadre équipée de deux groupes d’Amiot 356 et d’un groupe d’Amiot 357, la 47ème
Escadre de Bombardement Moyen

Cela nous donne au total trois groupes d’Amiot 351, quatre groupes d’Amiot 354, quatre groupes d’Amiot 356 et un groupe d’Amiot 357 soit un total de douze groupes et de 324 appareils (81 Amiot 351, 108 Amiot 354, 108 Amiot 356 et 27 Amiot 357).

L’Amiot 351 va également équiper ultérieurement une escadrille indépendante en Guyane, une autre en Martinique et un groupe à Djibouti.

Le système de fabrication à été complexe puisqu’il s’agissait d’un véritable puzzle puisque le fuselage était réalisé à Colombes, les ailes à Cherbourg, la dérivé à Boulogne-Billancourt, l’assemblage s’effectuant au Bourget. Résultat, les premiers mois, la cadence à été extrêmement faible d’autant que souvent les appareils n’étaient pas encore bon de guerre.

Au printemps 1940, seulement quatre groupes sont en cours d’équipement, bien loin du planning initial. La cadence des livraisons ayant finit par se stabiliser à huit appareils par mois, les appareils de série destinés aux quatre escadres de bombardement moyen (324 appareils) étant tous livrés en septembre 1943.

En octobre 1943, la Tchécoslovaquie (ou du moins le gouvernement tchécoslovaque en exil) passa commande de 81 Amiot 354 pour équiper une escadre de bombardement, la 50ème Escadre de Bombardement Moyen mise à disposition de l’armée de l’air. Ces avions sont livrés entre novembre 1943 et septembre 1944, équipant le GB I/50 «Praha» (Prague), le GB II/50 «Bracislava» (Bratislava) et le GB III/50 «Liberec».

Une commande supplémentaire de cinquante et un Amiot 351 est passée en janvier 1944 pour équiper une escadrille indépendante en Guyane, une autre en Martinique et un groupe à Djibouti, ces appareils étant livrés entre mars et octobre 1944.
Des commandes additionnelles sont passées pour constituer un parc de réserve équivalant à 75% des appareils en ligne soit un total de 262 appareils qui sont commandés à intervalles réguliers entre janvier 1945 et janvier 1948, les appareils commandés étant livrés entre mars 1945 et juillet 1948.

Amiot 370

Amiot 370

Le 25 juillet 1937, l’Amiot 370 effectue son premier vol depuis l’aérodrome du Bourget. Cet avion de record était à l’origine destiné à la course Paris-New York qui fût au final annulée mais qui réalisa plusieurs records notamment la traversée entre Paris et Le Cap.

Les performances de cet appareil incitèrent Amiot et l’armée de l’air à dévelloper trois versions militarisée, le bombardier rapide Amiot 371, l’avion de reconnaissance Amiot 372 et l’avion de liaison rapide Amiot 373.

Six appareils furent produits _deux de chaque variante_, sortant des chaines entre septembre 1945 et mars 1946. Ne voulant pas perturber sa montée en puissance, l’armée de l’air décide de repousser l’acquisition immédiate de cet appareil, les premiers appareils de série étant commandés en septembre 1948 à une époque où avait été décidé le développement d’une variante quadrimoteur baptisée Amiot 374.

Schéma de l'Amiot 354

Schéma de l’Amiot 354

Caractéristiques Techniques de l’Amiot 351

Type : bombardier bimoteur moyen multiplace (B4)

Poids : à vide 6500kg en charge 11300kg

Dimensions : Envergure 22.83m Longueur 14.50m Hauteur 4.18m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14N-48/49 14 cylindres en étoile refroidis par air, développant 1060ch au décollage et 1100ch à 4450m entraînant des hélices tripales Ratier à pas variable de 3.30m de diamètre.

Performances : vitesse maximale 410 km/h au niveau de la mer et 485 km/h à 5000m Vitesse de croisière 420 km/h Autonomie 2470km avec 800kg de bombes et à 400 km/h Plafond maximal 9000m

Armement : un canon Hispano-Suiea HS-404 de 20mm sur affût SAMM-AB 34 en poste arrière dorsal avec 120 coups, deux mitrailleuses MAC de 7.5mm (une dans le nez avec 500 coups et une en poste ventral avec 800 cartouches) 800 à 1250kg de bombes en soute.

A l’usage, il arrivait parfois que deux mitrailleuses de 7.5mm remplace le canon de 20mm et qu’une deuxième mitrailleuse prenne place dans le nez vitré portant l’armement à cinq mitrailleuses.

Lioré et Olivier Léo 451 et dérivés

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

L’élégant Lioré et Olivier Léo 451

En novembre 1934, le Ministère de l’Air lance un programme destiné à pallier les défauts du concept BCR, le programme B5 soit un bombardier à cinq membres d’équipage.

Fin 1935, l’équipage fût réduit à 4 hommes devenant logiquement B4. La firme Lioré et Olivier proposa le Lioré et Olivier LéO 45 qui effectua son premier vol le 16 janvier 1937 cinq semaines avant sa nationalisation et son intégration à la SNACSE.

Une première commande de 20 exemplaires fût passée en novembre 1937 mais devant des problèmes récurents de moteurs, un changement de motorisation fût décidé ce qui donna naissance au Léo 451 qui reprit les essais officiels de son devancier le 21 octobre 1938. Parallèlement, les commandes de série passèrent à 120 exemplaires.

En septembre 1939, pas moins de 749 appareils ont été commandés répartis entre 722 Lioré et Olivier Léo 451, cinq Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude, dix Lioré et Olivier Léo 458 à moteurs américains et douze Léo 451 destinés à la Grèce.

L’importance de cet appareil est visible dans sa production industrielles répartie entre trois sites : Marignane près de Marseille, Bouguenais près de Nantes et même une chaîne souterraine à Cravant près d’Auxerre.

Il va être également visible dans le nombre d’appareils mis en ligne en septembre 1948 avec pas moins de 24 groupes répartis en huit escadres soit un total de 648 appareils en ligne.

En septembre 1939 donc, 734 appareils avaient été commandés répartis entre 722 Léo 451, 5 Léo 457 et dix Léo 458 à moteurs américains. Cette répartition va être modifiée ultérieurement et au final les 1700 appareils commandés vont être repartis sous la forme suivante, sachant que certaines escadres mixaient les différentes versions du «Léo»

Le Lioré et Olivier Léo 451 va équiper au final douze groupes de bombardement soit un total en ligne 324 appareils. En comptant les appareils du volant de réserve établit pour cet appareil à 75% on arrive au chiffre de 567 Lioré et Olivier Léo 451 hors commandes export en Grèce (vingt-quatre), en Yougoslavie (vingt-quatre), en Roumanie (trente-six) et en Belgique (quarante-huit) qui porte le nombre d’appareils fabriqué à 699 appareils.

Les 324 Léo 451 et les 96 Léo 456 de la marine destinés aux unités de première ligne sont livrés au rythme de douze appareils par mois entre septembre 1939 et novembre 1943.

Quand aux appareils de réserve, ils sont livrés régulièrement par des commandes additionnelles entre juin 1945 et septembre 1947.

Les appareils exports sont livrés en fonction des désidératas des clients, certains peinant à payer leurs commandes et d’autres à trouver le personnel nécessaire pour armer ces avions.

Le Lioré et Olivier Léo 453 propulsé par des moteurs américains Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp va équiper au final trois groupes de bombardement soit 81 appareils ce qui porte le nombre d’appareils produits en comptant les appareils de réserve à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés décembre 1943 et juin 1945 parallèlement aux 88 Lioré et Olivier Léo 456 de la troisième commande de la marine.

Le Lioré et Olivier Léo 454 propulsé par des moteurs britanniques Bristol Hercules II va équiper lui aussi trois groupes et sera lui aussi produit à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés entre septembre 1945 et novembre 1946 pour les appareils de première ligne, les appareils de réserve étant livrés entre mars et septembre 1947.

Le Lioré et Olivier Léo 456 est la variante destinée à la marine nationale. Un total de 174 appareils sont commandés par la marine, les douze premiers étant des Léo 451 ultérieurement transformés en Léo 456. Ils sont livrés parallèlement à ceux de l’armée de l’air entre novembre 1940 et août 1941, mars et juin 1942, novembre 1943 et juillet 1945.

Le Lioré et Olivier Léo 457 est une version particulière de la famille «451» puisqu’il s’agit d’un bombardier à haute altitude qui va équiper un unique groupe indépendant. Cette variante n’est produite qu’à 40 exemplaires livrés entre septembre 1947 et mars 1948 avec 27 appareils en ligne et 13 en réserve.

Le Lioré et Olivier Léo 458 propulsé par des moteurs américains Wright Cyclone de 1600ch vont équiper trois groupes de bombardement soit 81 appareils ce qui porte le nombre d’appareils produits en comptant les appareils de réserve à 142 exemplaires. Ces appareils sont livrés entre décembre 1946 et mars 1948.

Au total, l’armée de l’air à reçu 1033 Lioré et Olivier Léo 451/453/454/457/458 auxquels s’ajoute 174 appareils pour la marine et 132 pour l’export ce qui porte le total des appareils produits avant guerre à 1339.

1700 appareils ayant été commandé, le solde de 361 appareils ayant été annulé suite à un addendum au contrat. Il est cependant prévu des commandes supplémentaires à l’entrée en guerre, commandes dont le nombre n’est pas fixé puisque l’armée de l’air ignore les pertes de ces unités de bombardement moyen.

Cela pousse la firme Lioré et Olivier de travailler sur des versions améliorées de son bombardier qui fait l’unanimité au sein des unités l’équipant.

Elle privilégie le Léo 458 et développe le Léo 458bis propulsé par des moteurs radiaux Bristol Hercules XVII de 1750ch et le Léo 458ter propulsé par des moteurs radiaux Wright Cyclone R-2600-29 de 1750ch. Quatre prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés au printemps 1948.

Sur le plan de l’organisation, les différentes version du Léo équipent les escadres suivantes :

-Le Lioré et Olivier Léo 451 équipe la 12ème, la 23ème, la 31ème et la 38ème EBM, toutes
stationnées en Métropole

-Le Lioré et Olivier Léo 453 équipe la 48ème Escadre de Bombardement Moyen basée en Indochine à Than-Son-Nut près de Saïgon

-Le Lioré et Olivier Léo 454 équipé la 19ème Escadre de Bombardement Moyen basée au
Levant

-Le Lioré et Olivier Léo 457 équipe le Groupe Indépendant de Bombardement Moyen (GIBM), le GB I/49

-Le Lioré et Olivier Léo 458 équipe la 11ème Escadrille de Bombardiers Moyens déployée
en Métropole et la 46ème EBM stationnée elle en Tunisie.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier Léo 451

Type : bombardier bimoteur quadriplace (B4)

Poids : à vide 7530kg maximal 11400kg

Dimensions : Envergure 22.52m Longueur 17.20m Hauteur 5.24m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14N-38/39 développant 1030ch à 4800m entrainant une hélice tripale Ratier de 3.20m

Performances : vitesse maximale 495 km/h à 4800m vitesse de croisière 360 km/h Autonomie maximale 2900km (2300km avec 500kg de bombes) Plafond pratique : 9000m

Armement : un canon de 20mm Hispano-Suiza HS-404 avec 120 coups à l’arrière (couplé ensuite avec un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm), une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm fixe dans le nez avec 300 coups et une autre dans une cuve retractable avec 100 coups. 1400 kg de bombes dont 1000kg en soute.

24-Armée de l’air (19)

G-Les avions de l’armée de l’air (6) : les bombardiers moyens

Préambule

Si l’ensemble de la flotte de bombardement française à connu un dévellopement spectaculaire tant sur le plan quantitatif que qualitatif, c’est probablement dans la catégorie B4 (bombardier quadriplace) ou bombardier moyen que le bond à été le plus impressionant.

En septembre 1939, les avions en ligne répondent soit à un concept boiteux (BCR Bombardement Combat et Reconnaissance) issu des théories de Douhet à savoir l’Amiot 143 ou sont totalement dépassés (Bloch MB-200 et Bloch MB-210).

Neuf ans plus tard, les douze escadres de bombardiers moyens sont équipés de Lioré et Olivier Léo 451 et d’Amiot 351 ainsi que de leurs nombreux dérivés, dérivés qui s’expliquent généralement par l’utilisation d’une motorisation différente.

De plus, une nouvelle génération de bombardiers issus de l’avion de record Amiot 370 (et lui même issu de l’Amiot 351) était sur le point d’entrer en production.

Sur le plan de l’organisation, les appareils sont regroupés en douze escadres de bombardement moyen soit trente-six groupes et cent-huit escadrilles soit un total de 972 bombardiers. Huit escadres sont déployées en Métropole, deux en Tunisie, une au Levant et une en Indochine.

On compte également un groupe indépendant de bombardement à haute altitude, une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

Amiot 143

Amiot 143, un concept inadapté donna un appareil inadapté aux missions de guerre. Heureusement il n'eut pas à participer à un conflit

Amiot 143, un concept inadapté donna un appareil inadapté aux missions de guerre. Heureusement il n’eut pas à participer à un conflit

Au début de l’année 1928, le Ministère de l’Air publia une note officielle réclamant un multiplace de combat pouvant mener à bien des missions de bombardement nocturne et diurne. Quatre constructeurs firent des propositions aux services officiels : Blériot, Bréguet, la Société Provencale de Constructions Aéronautiques (SACP) et la Société d’Emboutissage et de Construction Mécanique (SECM) plus connue sous le nom de SECM-Amiot du nom de son fondateur, Felix Amiot.

C’est cette dernière société qui l’emporta avec son Amiot 140M (Multiplace), deux prototypes furent réalisés mais seul le n°1 effectua son premier vol le 12 avril 1931. Modifié, il devint l’Amiot 141M mais cet appareil ne fût pas produit en série.

En novembre 1933, une commande officielle de 40 appareils est passée plus deux prototypes baptisés Amiot 142 et 143. Ce dernier qui effectua son premier vol le 1er août 1943 fût choisit pour équiper l’armée de l’air alors que son concurrent qui effectua son premier vol en février 1935 fût ultérieurement transformé en Amiot 143.
Cet appareil comme beaucoup d’avions français était dépassé au moment de son entrée en service en raison de retards à la fabrication et d’un concept séduisant sur le papier mais décevant sur le terrain et comme le Bloch MB-131, l’Amiot 143 se révéla ”bon à rien et mauvais en tout”.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, l’Amiot 143 équipait encore six groupes de bombardement dont trois en métropole (GB I/34, GB II/34 et GB II/35), les deux groupes basés à Sétif en Algérie (GB I/38 et GB II/38) ralliant la métropole en octobre 1939, seul restant en Afrique du Nord un groupe stationné à Marrakech. Cela correspond à 87 appareils en service.

Au printemps 1940, le GB II/35 était devenu GBA sur Bréguet Br691/693 (appareils reversés aux GB I/38 et II/38) tandis que le GB II/63 s’était transformé sur Glenn-Martin 167F.

Quatre groupes sont encore équipés de cet appareil, un groupe ayant été transformé sur Bréguet 693 et un autre sur Glenn-Martin 167F. Les GB I/34 et II/34 avaient entamé au début du printemps leur transformation sur Amiot 351, transformation achevée à l’automne.

Enfin, les deux derniers groupes (GB I/38 et II/38) furent rééquipés de Lioré et Olivier Léo 451, rééquipement entamé en octobre 1940 et achevé en juin 1941, date à laquelle l’Amiot 143 cessa d’être utilisé par l’armée de l’air comme bombardier opérationnel.

Quelques appareils furent conservés pour l’entrainement et pour le transport. Une poignée assurait encore des missions secondaires à l’été 1948 _liaison et essais essentiellement_ mais quand la guerre éclata, décision fût prise de ferailler ces vénérables appareils.

Pourtant un Amiot 143 fût miraculeusement retrouvé dans un coin reculé de l’aérodrome de Nantes-Chateau Bougon en 1975, restauré et qui vola jusqu’en 1995, coulant depuis une retraite paisible sur l’aéroport de Nantes-Atlantique.

Caractéristiques Techniques de l’Amiot 143

Type : bombardier moyen bimoteur multiplace

Poids : à vide 6100kg maximal 9687kg

Dimensions : Envergure 24.45m Longueur 18.23m Hauteur 5.66m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14Krs (babord) et Kjrs (tribord) Mistral Major 14 cylindres en étoile refroidis par air dévellopant 870ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 310 km/h à 4000m Autonomie 1200km (maximale 1995km) Plafond pratique 7900m

Armement : Quatre mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 : une en tourelle avant avec 800 coups, une en tourelle dorsale avec 1200 coups, une à l’avant de la gondole ventrale avec 600 coups et une à l’arrière de cette même gondole avec 1200 coups. 880 à 1600kg de charge militaire en soute ou sous les ailes.

 Bloch MB-200

Bloch MB-200

Bloch MB-200

En 1928 est lancé un programme destiné à remplacer les bimoteurs biplans LeO 20 dans les unités de bombardement de l’Aéronautique Militaire. Amendé en 1930 puis en 1932, ce programme aboutit en juin 1933 par le vol du prototype du Bloch MB-200, l’appareil sélectionné par l’Armée de l’Air.

Monoplan à ailes hautes, bimoteur à train fixe, le Bloch MB-200 peut emmener 1200kg de bombes sur 1000km avec une vitesse de pointe de 280 km/h.

La première commande est passée en décembre 1933 pour trente appareils dont vingt-six produits par Potez, mieux outillé que les usines Bloch, le premier appareil de série effectuant son premier vol en septembre 1934.

Entre décembre 1934 et juin 1935, plusieurs commandes supplémentaires sont passées et dont la fabrication est assurée par Hanriot, Loire, Bréguet et Potez tandis qu’une licence de construction est attribuée à la Tchécoslovaquie (Aéro et Avia).

En mai 1935, les 38 premiers Bloch MB-200 sont mis en service au sein de la 12ème escadre de bombardement (GB I/12 et II/12) basée à Reims ainsi qu’au sein du GB II/22 de Chartres.

Fin 1936, le nombre d’appareils livrés est de 179 sur 197 dont 120 au sein des unités de bombardement (regroupées dans un 1er Corps Aérien Lourd) et 24 au sein des huit escadres de chasse comme avion de commandement.

En septembre 1939, 92 Bloch MB-200 étaient encore en service alors que le Plan V prévoyait leur remplacement à cette date. Après quelques missions de largage de tracts durant la guerre de Pologne, les bombardiers furent très rapidement retirés des unités de première ligne pour éviter un massacre inutile contre la chasse allemande.

A cette date, sept groupes de bombardement sont encore équipés de ce vénérable appareils, quatre en métropole (GB I/31, GB II/31, GB I/32, GB II/32), un au Levant (GB I/39), un en Tunisie (GB I/25) sans parler des GB I/38 et GB II/38 équipés partiellement de cet appareil, cette flotte étant complétée par l’Amiot 143.

Peu à peu ces vénérables appareils vont être retirés du service et les unités remplacés par des appareils plus modernes.

C’est ainsi que la 31ème Escadre de Bombardement Moyen (31ème EBM) est transformée sur Lioré et Olivier Léo 451 avec les deux groupes existants en septembre 1939 (16 puis 27 appareils) et un troisième groupe créé fin 1940, le GB III/31 avec les mêmes appareils.

La 32ème Escadre de Bombardement devient la 32ème EBLg avec deux puis trois groupes équipés de Douglas DB-7, la 25ème Escadre de Bombardement déployée en Tunisie et en Algérie est concentrée en Tunisie et rééquipée avec des Amiot 354 (trois groupes) et la 39ème Escadre de Bombardement devient la 39ème EBLg avec pour équipement des Glenn-Martin 167F et 187F.

A noter que deux dérivés furent envisagés, les MB-201 (deux Hispano-Suiza 12Ybrs de 690cv) et 202 (quatre moteurs GR 7Kdrs de 350cv [sic]) mais qui ne connurent pas la production en série.

La majorité des Bloch MB-200 sont feraillés après leur retrait du service actif, une poignée servant d’avions de test et de remorqueurs de cible, le dernier appareil quittant le service en septembre 1944.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-200

Type : bombardier bimoteur monoplan quadriplace (B4)

Poids : à vide 4474kg maximal 7280kg

Dimensions : Envergure 22.45m Longueur 16m Hauteur 3.90m

Motorisation : deux Gnôme-Rhône 14 Kirs 14 cylindres en étoile refroidis par air et dévellopant 870ch.

Performances : vitesse maximale 285 km/h à 4300m Autonomie maximale 1000km Plafond pratique 7000m

Armement : trois mitrailleuses MAC 1934 de 7.5mm (une en tourelle frontale, une en tourelle frontale et une sur affût ventral) et une charge militaire allant de 900 à 1200kg.

Bloch MB-210

Bloch MB-210, version améliorée du MB-200

Bloch MB-210, version améliorée du MB-200

Le MB-210 est un dérivé direct du MB-200 dont il reprend la construction entièrement métallique et un fuselage anguleux largement vitré. A la différence de son ainé, il disposait d’un train d’aterrissage rentrant et d’ailes basses.

C’est une initiative privée de Marcel Bloch pour répondre à une demande officielle portant sur un bombardier de nuit pouvant servir également de torpilleur afin de remplacer à terme les avions de la série Léo 20.

Le premier prototype effectua son premier vol le 23 novembre 1934 avec deux Gnôme-Rhône 14 Kdrs Mistral Major de 800ch pendant qu’un deuxième prototype à la motorisation différente (des Hispano-Suiza de 860ch) était conçu sous le nom de MB-211, effectuant son premier vol le 29 août 1935.

C’est le MB-210 qui allait être produit en série, 80 appareils étant commandés à Bloch, Potez et Hanriot, le premier appareil de série décollant le 12 décembre 1935.

Fin 1936, 181 appareils supplémentaires furent commandés et fabriqués par de nouveaux venus dans ce ”conglomérat” (Renault, ANF-Les Mureaux et Bréguet), portant les appareils produits à 277 exemplaires avec 253 pour l’armée de l’air et 24 pour la Roumanie.

En septembre 1939, ce bombardier en voie d’obsolescence équipé six escadres de bombardement à deux groupes de 13 à 16 bombardiers en l’occurence les 11ème, 12ème, 19ème, 21ème, 23ème et 51ème EB.

Le bombardier participe à quelques opérations de la guerre de Pologne mais il était à l’époque en cours de remplacement par des appareils plus modernes.

La 11ème Escadre de Bombardement Moyen est transformée sur Lioré et Olivier Léo 458

-La 12ème Escadre de Bombardement Moyen est transformé sur sur Lioré et Olivier Léo 451.

La 19ème Escadre de Bombardement Moyen qui devait normalement recevoir le Douglas DB-7 fût tardivement (automne 1941) transformée sur Lioré et Olivier Léo 454 et transférée ensuite au Levant.

La 21ème Escadre de Bombardement Moyen (21ème EBM) remplace ses Bloch MB-210 par des Amiot 354 (un groupe) et des Amiot 356 (deux groupes)

La 23ème Escadre de Bombardement Moyen (23ème EBM) remplace ses Bloch MB-210 par des Lioré et Olivier Léo 451.

La 51ème Escadre de Bombardement (51ème EB) devient une Escadre de Bombardement d’Assaut et les Bloch MB-210 remplacés par des Bréguet Br691/693.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-210

Type : bombardier bimoteur multiplaces (B5)

Poids : à vide 6400kg maximal 10200kg

Dimensions : Envergure 22.80m Longueur 18.82m Hauteur 6.70m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14 N-10/11 14 cylindres en étoile refroidis par air dévellopant 910ch au décollage (950ch à 3650m) et entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 322 km/h à 3500m vitesse de croisière 275 km/h à 3950m Autonomie maximale : 1300km avec 1500kg de bombes Plafond maximal : 9900m

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm MAC 1934 (une en tourelle type A dans le nez, une dans la tourelle type B retractable dans le dos et une dans une tourelle modèle 1935 retractable sous le ventre) et 1600kg de bombes. Des bombes éclairantes peuvent être embarquées sous les ailes.