Pologne et Pays Neutres (35) Portugal (15)

Armée de l’Air

Histoire

En 1885 l’armée portugaise achète des aérostats pour l’observation et les réglages des tirs de l’artillerie. Comme souvent c’est l’arme du génie qui est à l’origine de cette acquisition, l’Ecole de Tancos pouvant être considéré comme le berceau de l’aérien militaire lusitanien. Néanmoins il faudra attendre 1911 pour que soit créée une Companhia de Aerosteiros (Compagnie d’Aérostiers), compagnie qui recevra ultérieurement des avions.

En décembre 1909 un Aero-Club de Portugal (AeCP) est créé pour favoriser le développement de l’aviation au Portugal. Des appareils sont acquis par l’armée en 1912 mais problème ils sont cloués au sol faute de pilotes !

Un premier pilote militaire est breveté en France en l’occurrence Miguel Freitas Homen issu du Commissariat de la Marine.

En mai 1914 l’Esccola Militar de Aeronautica voit le jour. Les instructeurs sont formés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. L’Ecole de l’air portugaise s’installe à Vila Nova de Rainha à 60km au nord de Lisbonne.

Le site est idéal : plat, à proximité d’une gare de triage et une pièce d’eau permettant l’emploi d’hydravions. Les bâtiments sont inaugurés en octobre 1916.

En mars 1916 le Portugal est entré en guerre aux côtés des alliés. Si quelques combats ont lieu en Afrique, Lisbonne va surtout porter son effort sur le front occidental avec l’envoi d’un corps expéditionnaire portugais.

Il était prévu que le CEP soit appuyé par des unités aériennes lusitaniennes mais pour une raison obscure Londres refuse de prêter des appareils à son allié lusitanien. Les pilotes portugais s’engagent dans l’Aéronautique Militaire française pour combattre.

La France va prendre le relais dans la mise sur pied d’une véritable aviation militaire portugaise qui va notamment profiter comme bien d’autres des immenses surplus post-premier conflit mondial.

Le 29 juin 1918 le Servicio Aeronautico Militar qui comme son nom l’indique dépend de l’armée de terre est officiellement créé avec des unités déployées en métropole mais aussi dans les îles et dans les colonies.

Il faut dire que l’immensité du territoire à couvrir impose de telles servitudes aux portugais que l’emploi d’avions et d’hydravions s’impose pour démultiplier l’efficacité de moyens limités.

Toujours en 1918 le Portugal inaugure à Ribatejo près de Lisbonne le Parque de Material Aeronautico (Dépôt de l’Aéronautique Militaire), une sorte de société d’Etat contrôlée par les militaires, société chargée de stocker, réparer et d’entretenir les avions.

Très vite elle va également produire des appareils sous licence. Dix ans après sa création en 1928 elle devient l’Oficinas Gerais de Material Aeronautico (Office Général des Matériels Aéronautiques).

Bréguet 14

Peu à peu l’aviation militaire portugaise se structure avec un Groupe d’Escadrilles d’Aviation d’Angola (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao de Angola) ou encore un Groupe d’Escadrilles d’Aviation «République» (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica»), ces deux groupes utilisant des Caudron G.3, des Breguet 14 et des SPAD S.VII donc pas vraiment des appareils de première jeunesse.

En 1920 l’Ecole militaire d’aéronautique quitte Vila Nova da Rainha pour Granja do Marques sur la grande base aérienne de Sintra récemment créée.

Des appareils sont acquis en petite serie essentiellement vis à vis de la France et de la Grande-Bretagne.

En septembre 1924 l’aviation devient une arme de l’armée de terre c’est-à-dire qu’elle acquiert le même statut que l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie ou encore le génie. A cette occasion le Servicio Aeronautico Militar devient l’Arma de Aeronautica.

Cette Arme de l’Aéronautique est dirigée par un général s’appuyant sur un état-major. Un poste d’inspecteur est créé, poste capital pour permettre aux aviateurs portugais d’influencer la classe politique et leurs hiérarchie pour améliorer l’équipement, l’installation et l’entrainement. L’aviation militaire portugaise sera d’ailleurs la grande gagnante du coup d’état du général Gomes da Costa en mai 1926.

En ce qui concerne l’organisation tactique des unités elle est classique, l’escadrille (Esquadrilha) comprend généralement sept avions. Elle est dirigée par un capitaine (Capitao en V.O), plusieurs escadrilles forment un groupe dirigé par un colonel (Coronel) parfois par un major.

SPAD S.VII

De nouvelles unités sont créées dans les années suivantes comme l’Esquadrilha Mista de Aviaço e Deposito qui récupère les vieux SPAD S.VII du Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica».

Ce dernier devient l’Esquadrilha n°1 de Caça (Escadrille n°1 de chasse) rattachée au Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate (Groupe indépendant d’aviation de protection et de combat).

En 1925 est créé le Grupo de Aviaçao de Informaçao à Amadora spécialisé comme son nom l’indique (Groupe d’Aviation de reconnaissance) dans des missions de reconnaissance. Un an plus tard en 1926 est mis sur pied le Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento (Groupe indépendant d’aviation de bombardement). En 1928, le Portugal brevète la première femme pilote militaire, Maria de Lourdes Sa Teixeira.

Comme nombre d’armées de l’air de l’époque, l’armée de l’air portugaise réalise plusieurs raids longue distance, raids qui satisfont l’orgueil national portugais mais qui peine à masquer une réalité : le dénuement de l’Arma de Aeronautica.

Dans les années trente l’Arma de Aeronautica devient semi-indépendante un peu comme quand l’USAAC devint l’USAAF. De nouvelles bases sont créées en métropole, dans les îles et les colonies. La défense antiaérienne du territoire est également de son ressort.

L’Esquadrilha de Caça passe à quinze pilotes et douze appareils et si l’Esquadrilha de Bombardeamento ne dispose que de cinq appareils mais les équipages sont doublés.

Une commission d’achat sillone l’Europe pour renouveler l’équipement des unités aériennes militaires portugaises. Des Hawker Fury et des PZL P.11 doivent être acquis mais finalement sous la pression des britanniques le Portugal va acquérir des Fury et trente Gloster Gladiator livrés en 1938 et 1939.

Gloster Gladiator

A la même époque la base aérienne de Sintra qui abrite l’Ecole de l’Air voit arriver l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto (Escadrille indépendante d’avions d’assaut) équipée de dix Breda Ba.65 acquis auprès de l’Italie après que la mission militaire portugaise ait pu voir ces appareils en action en Espagne.

Breda Ba-65

En 1940 l’aérodrome d’Ota situé à 50km au nord de Lisbonne est inauguré. Il va acquérir la «force de frappe» portugaise avec le N°1 grupo de Bombardeamento de Dia (1er groupe de bombardement de jour) avec pour équipement des Junkers Ju-52/3m puis des Junkers Ju-86 plus modernes (même si naturellement tout est relatif).

Junkers Ju-86

Les «Tante Ju» ne quittent pourtant pas le service actif puisqu’ils sont transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (Groupe de bombardement de nuit).

Toujours à Oita est stationné l’Esquadrilha de Caça N°1 qui vole sur quinze des trente Gloster Gladiator, les quinze autres étant utilisés par le Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate qui regroupe un fatras d’appareils dépassés sans réelle valeur militaire.

Durant la guerre de Pologne, l’Arma de Aeronautica veille à faire respecter la neutralité lusitanienne même si les menaçes sont plutôt du genre évanescent.

De ce court conflit est tiré une leçon capitale : les aviateurs portugais ont urgement besoin d’appareils plus modernes.

Plus facile à dire qu’à faire car même si la Pax Armada est là, les grands pays sont réticents à détourner leur production aéronautique en direction d’un pays neutre au positionement incertain en cas de conflit.

C’est ainsi que l’acqusition de Supermarine Spitfire fût retardée. Le pays de Camoes s’intéresse au cracheur de feu dès le printemps 1939 mais à l’époque Londres est en manque de chasseurs modernes et refuse d’honorer la demande pour une quinzaine d’appareils. C’est finalement à l’automne 1940 que le gouvernement britannique acceptera de livrer des Spitfire.

Durant la Pax Armada l’Arma de Aeronautica connait une vrai modernisation. Si quelques Gloster Gladiator et Hawker Fury sont encore en service en septembre 1948 mais sont totalement dépassés, la majorité des chasseurs portugais sont modernes avec des Supermarine Spitfire, des Hawker Hurricane avec quelques Bristol Beaufighter en attendant des Lockheed P-38 Lighthing qui seront livrés durant le conflit de manière détournées (caisses livrées en toute discretion mais aussi appareils faussement en difficulté ou en panne de carburant).

Dans le domaine du bombardement les quelques Hawker Hind, Ju-52 et Ju-86 sont relevés par des Bristol Blenheim et des Vickers Wellington plus modernes.

En revanche dans le domaine de la reconnaissance et de l’observation le Grupo de Reconhecimento e Informaçao ne dispose que d’une flotte obsolète ou au minimum déclassée avec des Potez 25, Breda Ba.65, des Avro Anson, des Lockheed Hudson et des Westland Lysander.

Durant le second conflit mondial l’Arma de Aeronautica n’à guère à s’employer car le pays reste neutre.

Tout juste notons des décollages sur alerte pour intercepter des avions ennemis ou supposés tels qui avaient violé l’espace aérien portugais. Ces appareils sont parfois raccompagnés ou interceptés avec soit un crash si l’avion se défend ou un atterrissage si l’appareil accepte de suivre les avions lusitaniens.

Comme nous l’avons vu plus haut certains atterrissages ont été faits sur commande permettant aux alliés de livrer des appareils sans que cela ne remette en cause la neutralité portugaise.

A la fin du conflit et notamment après l’installation d’une base aérienne aux Açores les livraisons se feront de manière plus visible. Il faut dire qu’à l’époque les allemands ne sont plus en mesure de protester contre la livraison d’armes par les alliés.

Quand le second conflit mondial se termine l’Arma de Aeronautica dispose d’un parc relativement moderne pour l’époque avec des chasseurs Hurricane et Spitfire, des bombardiers Blenheim et Wellington, des avions de reconnaissance Anson, Hudson et Lysander.

A la fin des années cinquante des appareils plus modernes sont livrés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne notamment. Cela permettra aux toutes nouvelles Força Aera Portuguesa d’attendre sereinement le passage rapide à la réaction, les pilotes de la FAP étant considérés comme parmi les meilleurs d’Europe.

Organisation en septembre 1948

-Un état-major

-Commandement Général

Ce Comando Geral gère la logistique, l’entretien et la défense des terrains avec les comandos aéreos independentes (Commandos Aériens Indépendants) qui contrairement à leur nom ne sont aucunement des unités d’élite mais des unités d’infanterie doublées de sapeurs et d’artilleurs (antiaériens).

C’est sous son autorité qu’est également placé l’Esquadrilha de Treino e Transporte (Escadrille d’entrainement et de transport) avec des avions d’entrainement et de transport.

-Grupo Independente de Aviaçao de Proteçao de Combate

Ce groupe indépendante d’aviation de protection et de combat est une sorte de réserve stratégique destiné à la fois à alimenter les unités de première ligne et défendre la capitale portugaise qui durant le second conflit mondial est protégé par un véritable camp retranché.

Hawker Hurricane Mk II

Longtemps mal équipé ce groupe indépendant reçoit enfin des appareils plus modernes avec une escadrille de Supermarine Spitfire, une escadrille d’Hawker Hurricane, une escadrille de Bristol Blenheim et une escadrille de Potez 25.

-Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento

Ce groupe indépendant de bombardement regroupe la majeure partie des bombardiers portugais avec d’abord des Junkers Ju-52/3m remplacés ensuite par des Junkers Ju-86. Ces derniers appareils sont ensuite transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (où ils vont cohabiter avec les Tante Ju encore en vol) remplacés par des Vickers Wellington et des Bristol Blenheim.

-Grupo de Bombardeamento de Noite

Ce groupe de bombardement de nuit regroupe des Junkers Ju-52 (souvent utilisés pour l’entrainement car très usés) et des Junkers Ju-86 plus modernes mais passablement déclassés.

-Grupo de Caça do Norte

Comme son nom l’indique ce groupe de chasse couvre le nord du pays et en particulier la région de Porto. Il dispose d’un escadrille de Supermarine Spitfire, de deux escadrilles d’Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter

-Grupo de Caça do Sul

Bristol Beaufighter

Pendant méridionnal du précédent, il assure la protection de l’Algarve du cap Saint Vincent, le véritable Finisterre de l’Europe. Il dispose d »une escadrille de Supermarine Spitfire, d’une escadrille de Hawker Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°1

Cette première escadrille expéditionnaire de chasse assure la défense des Açores. Elle dispose d’abord de Gloster Gladiator qui sont ensuite remplacés par des Hawker Hurricane.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°2

Curtiss H-75

La deuxième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Curtiss P-36 Hawk issus des stocks américains la défense du Cap Vert

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°3

La troisième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Hawker Hurricane la défense de l’Angola

-Grupo de Reconhecimento e Informaçao

Ce groupe de reconnaissance et de renseignement regroupe les moyens dédiés à la reconnaissance, l’observation et à la coopération. Elle dispsose notamment de l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto volant sur Ba-65. Les autres escadrilles de l’unités disposent d’Avro Anson, de Lockheed Hudson, de Westland Lysander et même de vénérables Potez 25.

Pologne et Pays Neutres (34) Portugal (14)

Artillerie

Artillerie de campagne et de montagne

Canon de 75mm modèle 1897

-Canon de 75mm modèle 1897

-Canon de 75mm Schneider PD-6

Obice da 75/18 modello 34

-Obusier de 75mm modèle 1934 (Obice da 75/18 modello 34)

-Ordnance QF 25 Pounder

-Rock Island Arsenal M-101 Howitzer

Artillerie lourde

10.5cm Leiche FeldHaubitze 18

-10.5cm Leichte Feldhaubitze 18

-Ordnance QF 4.5 Inch Howitzer

-Ordnance BL 5.5 Inch Medium Gun

-15cm Schwere Feldhaubitze 18

Canon de 155C Schneider modèle 1917

-Canon de 155C modèle 1917S

-M-114 155mm (155mm Howitzer M1)

Artillerie antichar

Canon antichar de 37mm Bofors

-Canon antichar de 37mm Bofors

-Canon antichar de 57mm QF 6 Pounder

Artillerie antiaérienne

-Canon antiaérien de 40mm

Canon de 75mm Vickers modèle 1931 mis en œuvre par des néerlandais

-Canon antiaérien de 75mm Vickers model 1931

-Canon antiaérien de 90mm Ansaldo modèle 1939 (deux batteries de huit pièces)

Chars et Véhicules blindés

-FN Tricar

-Carden-Lloyd Tankette

-M-3 Scout Car

-M-2 Half-Track et M-3 Half-Track

Daimler Dingo

-Daimler Dingo

-Humber Armoured Car

-M-8 Greyhound

-Chars légers Carden-Lloyd Mk VI

Vickers 6-Ton Mark E

-Deux chars Vickers 6-Ton Mark E

-Valentine Tank

-66 Renault R-35 livrés au Portugal

-Des M-24 Chaffee, des M-4 Sherman et des Grizzly livrés à la fin de la guerre

Pologne et Pays Neutres (33) Portugal (13)

Armes de l’infanterie

Armes de poing

Beretta modèle 1934

-Pistolet automatique Luger et Beretta M-1934

MP-28

-Pistolet mitrailleur MP-28 en 7.65mm, MP-34 et Sten

FBP

-Dans le second conflit mondial est mis en service un pistolet mitrailleur de conception et de fabrication portugaise, le FBP, une arme produite en petite nombre surtout utilisée par les unités les plus fidèles du régime ainsi que par la police.

C’était une arme en calibre 9mm tirant la cartouche 9x19mm Parabellum. Pesant 3.77kg, elle mesurait 807mm de long tirant à 150m à raison de 500 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des chargeurs de 21 ou de 32 cartouches.

Fusils

Le deuxième fusil en partant du haut est un fusil portugais de type Kropatschek

-Les fusils les plus anciens utilisés par les portugais étaient des fusils type Kropatschek datant de 1886. Si en métropole les modèles destinés à l’infanterie et à la cavalerie n’étaient plus en service, en revanche le modèle destiné à l’artillerie et aux Douanes était toujours utilisé. Tous les modèles étaient encore en service dans les colonies.

On trouvait pas moins de six modèles avec un fusil d’infanterie (Espingarda de Infantaria 8 mm m/1886), une carabine pour l’infanterie légère (Carabina de Caçadores 8 mm m/1886), une carabine de cavalerie (Carabina de Cavalaria 8 mm m/1886), une carabine pour la Douane (Carabina da Guarda Fiscal 8 mm m/1886/88), un fusil pour l’infanterie coloniale (Espingarda de Infantaria 8 mm m/1886/89) et une carabine pour l’artillerie (Carabina de Artilharia 8 mm m/1886/91).

Ce fusil de 1320mm de long (820mm pour le canon) pesait 4.3kg tirant la cartouche 8x56mmR à une distance maximale de 2200m, l’alimentation se faisant par un chargeur tubulaire de 8 coups.

Mannlicher modèle 1895

-Fusil Mannlicher modèle 1895

-Karabiner 98K

Mauser-Vergueiro m/1904-39

-Fusil Mauser-Vergueiro m/1904-39. Ce fusil de conception et de fabrication portugaise reprenant des éléments du Gewehr 1888, du Mauser 98 et du Mannlicher-Schönauer. Cela lui à valu le surnom à l’étranger de Portugese Mauser.

Cette arme à remplacé les fusils type Kropatschek décrits plus haut. Il à été lui même partiellement remplacé par les Karabiner 98K en 1939.

Connu dans la langue de Camoes sous le nom de Espingarda 6.5mm m/1904 (Fusil de 6.5mm modèle 1904), il à été décliné en version carabine (Carabina 6.5mm m/1904).

Cette arme à été produite à 100000 exemplaires pour le Portugal et à 5000 exemplaires en 7x57mm pour la police fédérale brésilienne. En 1915 20000 fusils furent vendus à l’Afrique du Sud pour compenser le manque de Lee-Enfield SMLE. Ultérieurement modernisées ces armes devinrent des Espingarda 6.5mm m/1904-39 et Carabina 6.5mm m/1904-39, le calibre 6.5mm étant remplacé par le 8mm.

L’Espingarda 6.5mm m/1904 était un fusil de 3.92kg mesurant 1225mm (735mm pour le canon) tirant la cartouche 6.5x58mm Vergueiro à une distance maximale de 2000m avec pour alimentation un clip de cinq cartouches.

Fusils mitrailleurs, mitrailleuses et mortiers

Fusil mitrailleur Madsen

-Fusil mitrailleur Madsen modèle 1922

-Mitrailleuses Lewis Vickers modèle 1912 MG-13 et Breda modèle 1937

-Mortier de 81mm modèle 1927/31 et modèle 1942

Pologne et Pays Neutres (32) Portugal (12)

Organisation

Ordre de Bataille simplifié de l’armée de terre portugaise

Renault R-35

Etat-major général installé à Lisbonne qui dispose sous son autorité d’un Groupement Blindé avec deux bataillons de chars Renault R-35 discrètement cédés par la France et différentes unités rattachées.

Région Militaire Nord avec deux divisions d’infanterie, la 1ère division déployée à Porto et la 3ème division chargée de défendre l’Alentejo. On trouve également deux bataillons de chasseurs, un régiment d’artillerie lourde, des unités du génie et de soutien.

Bataillon de chasseurs. En cas d’invasion ces hommes auraient pour mission de freiner l’ennemi, de le contenir pour permettre au reste de l’armée de contre-attaquer mais si nombre de militaires lusitaniens n’étaient guère optimistes sur les capacités de leur armée à défendre le pays contre une attaque étrangère décidée qu’elle soit espagnole, française ou britannique.

Region Militaire Centre avec une brigade de cavalerie, deux bataillons de chasseurs, un régiment d’artillerie lourde, des unités du génie et de soutien.

Camp Entrincheirado de Lisboa (Camp Retranché de Lisbonne) avec les 4ème, 5ème et 6ème divisions d’infanterie soutenues par deux régiments d’artillerie lourde et un régiment du génie

Région Militaire Sud avec la 2ème division d’infanterie, une brigade de cavalerie et deux bataillons de chasseurs, unités appuyées par un régiment d’artillerie lourde.

Zone Militaire des Açores : 7ème division d’infanterie plus différentes unités rattachées pour des effectifs globaux de 35000 hommes.

Les colonies sont défendues par des unités plus symboliques avec 5000 hommes en Angola, 2500 en Mozambique, 1000 hommes au Cap-Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Divisions d’Infanterie

-Etat-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Soldats français servant un mortier de 81mm modèle 1927/31. Au sein de l’armée portugaise ce mortier à remplacé le Stokes de 75mm hérité du premier conflit mondial et des livraisons britanniques.

-Trois régiments d’infanterie organisés en un état-major, trois bataillons de fusiliers et une compagnie de mitrailleuses lourdes et de mortiers.

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie du génie

Brigade de cavalerie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antiaérienne et antichar

-Deux régiments montés à trois escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et de mortiers

-Un bataillon d’artillerie hippomobile

-Une compagnie du génie

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Trois bataillons de fusiliers à trois compagnies

-Une compagnie de mitrailleuses lourdes et de mortiers

Régiment de cavalerie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Trois escadrons montés à trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron de mitrailleuses et de mortiers

Bataillon de chasseurs

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Un section d’éclaireurs

-Trois compagnies de chasseurs à trois sections

-Une compagnie de mitrailleuses et de mortiers

Régiment d’artillerie

-Un état-major

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois groupes de trois batteries de quatre pièces

Régiment du génie

-Un état-major

-Une compagnie de travailleurs

-Une compagnie de pontonniers

-Deux compagnies de sapeurs mineurs

Pologne et Pays Neutres (31) Portugal (11)

Une histoire militaire du Portugal (5) : le Portugal dans le premier conflit mondial

Infanterie portugaise début du 20ème siècle.

Quand la première guerre mondiale éclate le Portugal décide de rester neutre. Cela ne va pas durer et outre les combats en Afrique que nous verrons ultérieurement les soldats lusitaniens vont combattre sur le front occidental.

Le 9 mars 1916 après plusieurs mois de tensions et de vexations mutuelles, l’Allemagne déclare la guerre au Portugal. Le 15 juillet 1916 les britanniques demandent une participation militaire effective.

Soldats du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) armés d’une mitrailleuse Lewis

Une semaine plus tard le 22 juillet 1916 est créé le Corpo Expedicionario Portugues (CEP) fort de 55 à 60000 hommes selon les sources, le CEP devant être logiquement placé sous commandement britannique et plus précisément sous celui de la 1ère Armée britannique.

Parallèlement les portugais décident de soutenir la France en créant un corps d’artillerie lourde sur voie ferrée, le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI). Ce corps doit comprendre neuf batteries regroupés en trois groupes.

Initialement les portugais n’avaient prévu qu’une division d’infanterie renforcée mais finalement les divisions seront levées sur le modèle britannique. Le CEP va donc devenir un corps d’armée à deux divisions plus des unités d’appui et de soutien. Cela offre plus de souplesse dans l’organisation et l’utilisation.

Mortier Stokes de 75mm

La 1ère Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-1ère brigade (21ème, 22ème, 28ème et 34ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-2ème brigade (7ème, 23ème, 24ème et 25ème BI plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-3ème brigade (9ème, 12ème, 14ème et 15ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

La 2ème Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-4ème brigade (3ème, 8ème, 20ème et 29ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-5ème brigade (4ème, 10ème, 13ème et 17ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-6ème brigade (1er, 2ème, 5ème et 11ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurrs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI)

Moins connu que le corps expéditionnaire portugais on trouve le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI) destiné à appuyer les unités françaises. Le CAPI comprend un état-major, trois groupes mixtes de la taille d’un bataillon et une batterie dépôt. Chaque groupe comprend trois batteries, une équipée de canons de 320mm et les deux autres de canons de 190 et de 240mm. Si le premier modèle est français, les deux autres sont d’origine britannique.

Canons de 320mm sur voie ferrée

A son apogée le CAPI comprends 70 officiers et 1569 hommes mais au printemps 1918 il est tombé à 38 officiers et 553 hommes en raison de la réorganisation des forces portugaises, les deux derniers groupes devant intégrer le CEP, le premier groupe restant sous commandement français.

Le CAPI à été dissous le 30 novembre 1918 mais les soldats portugais ne sont rentrés qu’en avril 1919 après avoir participé au nettoyage du territoire français ravagé par les combats.

Après un entrainement au Portugal, les soldats lusitaniens rallient Brest par voie maritime. Le 6 novembre le CEP prend le contrôle d’un secteur de 18km organisé en trois lignes successives. Le secteur est divisé en quatre secteurs (niveau brigade), chaque secteur disposant de deux bataillons en ligne, un bataillon en soutien direct et un autre en réserve. Chaque division du CEP contrôle deux secteurs de niveau brigade, la troisième brigade de la division étant placée en réserve.

Soldats portugais en position. Ils portent la tenue standard de l’infanterie britannique.

Les soldats lusitaniens connaissent leur baptême du feu dès le 4 juin 1917 dans le secteur de Neuve-Chapelle. L’attaque allemande est repoussée par le 35ème bataillon d’infanterie arrivé seulement deux jours plus tôt. Dans la nuit du 12 juin, une attaque plus intense est repoussée par les 2ème, 3ème et 7ème bataillons.

Le 14 août 1917 le secteur tenu par les portugais subit une violente préparation d’artillerie. Elle est immédiatement suvit par l’infiltration des Stosstrupen, ces unités d’élite véritables précurseurs des commandos. L’assaut mené contre Neuve-Chapelle et Fauquissart est repoussé, des allemands sont faits prisonniers.

Un membre des Stosstrupen

Le 14 septembre 1917 les portugais lancent une contre-attaque locale qui aboutit à la capture de soldats allemands qui sont de précieuses sources pour les SR alliés. Signe qui ne trompe pas, l’ordre du jour de la 1ère Armée cite les faits d’armes des soldats lusitaniens.

Avant que les portugais ne prennent en charge seuls un secteur celui prévu est réduit de 18 à 12km , un secteur divisé en quatre secteurs (Fauquissart, Chapigny, Neuve-Chapelle et la Ferme du Bois).

A l’hiver 1917-1918, le moral des troupes lusitaniennes chute faute notamment de relève et aussi parce que certains se demandent clairement ce qu’ils font là.

Le 2 mars 1918 les allemands attaquent. Le 4ème bataillon d’infanterie recule puis contre-attaque avec l’aide des 12ème et 17ème bataillons. Cette attaque se termine par 146 pertes côté portugais contre 200 pour les allemands.

Les portugais lancent des attaques locales le 9 mars, le 18 mars et le 3 avril 1918. Le lendemain 4 avril 1918, le 7ème bataillon se mutine ce qui pousse les alliés à relever les unités portugaises pour leur permettre de se régénérer.

Le 6 avril 1918 la 1ère division est relevée par la 55th (West Lancashire) Division qui doit étendre son secteur tout comme la 2ème division portugaise. Cette dernière doit être relevée le 9 avril 1918 par deux divisions britanniques mais le matin même les allemands lancent l’opération Georgette. C’est la Bataille de la Lys (7-29 avril 1918).

Pour cette bataille les alliés alignent 118300 à 119040 hommes accompagnés de 118 canons et 60 avions alors que les allemands alignent 86000 à 109300 hommes.

La 6ème Armée Allemande lance huit divisions (35ème DI, 42ème DI, 1ère division bavaroise de réserve, 8ème division bavaroise de réserve qui constituent la 1ère vague, la 2ème vague se composait des 8ème et 117ème DI, 81ème division de réserve et 10ème division de remplacement) de qui frappent le secteur de la 2ème Division Portugaise qui doit se replier en combattant. Cela entraine le repli des unités à gauche et à droite. L’avancée de 15km de long sur 8km de large est bloquée par des divisions britanniques de réserve.

La 4ème brigade est sur le front au nord, la 6ème au centre et la 5ème brigade au sud. A cela s’ajoute la 3ème brigade (1ère division portugaise) qui est en réserve. Les 80 canons portugais doivent faire face à 1700 pièces allemandes.

La 4ème brigade portugaise (8ème et 20ème bataillons d’infanterie au front, 29ème bataillon en soutien et 3ème en réserve) est attaquée par la 42ème division. Les deux bataillons au front résistent mais vers 8h le flanc gauche est menacé d’être enveloppé en profitant de la brèche provoquée par l’effondrement de la 119ème brigade (40ème DI britannique). Les portugais sont obligés de se replier.

La 6ème brigade portugaise est elle assaillie par la 35ème DI allemande. La 8ème division division bavaroise submerge le 17ème bataillon (5ème brigade) en ligne et le 11ème bataillon (6ème brigade) qui était en soutien.

Le 10ème bataillon d’infanterie (5ème brigade) et le 4ème bataillon d’infanterie en soutien parviennent à bloquer et ralentir la progression de la 1ère division bavaroise de réserve. Elle atteint le QG de la 5ème brigade dont le chef le colonel Manuel Martins est tué en combattant.

A 10.30 les batteries d’artillerie sont à leur tour au contact de l’infanterie ennemie. Elles résistent jusqu’à 11.00 avant d’être mises hors de combat. La 2ème division portugaise cesse d’exister comme unité constituée ce qui n’empêche pas certains de s’illustrer.

Anibal Milhais couvre la retraite de ses camarades avec l’aide d’une mitrailleuse légère Lewis ce qui lui vaut le surnom de Soldado Milhoes (Le soldat plus fort qu’un million de soldats). Des renforts britanniques évitent que le repli ne se transforme en débâcle.

La principale brèche fût bloquée par le déploiement de deux divisons britanniques (la 50th [Northumbrian] Division et la 51st [Highland] Division).

Au final le corps expéditionnaire portugais à eu 400 tués et 6500 prisonniers soit un tiers des effectifs en ligne. Les restes du CEP sont regroupés à l’arrière, étant utilisé pour des missions de sécurité et de pionniers. Si pour la 2ème division la guerre est terminée, la 1ère division est de retour sur le front le 16 juin 1918.

En septembre 1918 le CEP est totalement réorganisé avec pour objectif de former trois brigades à neuf bataillons chacune. Fin octobre quatre bataillons sont opérationnels aux côtés d’unités d’artillerie, du génie et de mitrailleuses lourdes. Ces unités vont participer à l’Offensive des Cents Jours (8 août au 11 novembre 1918).

Le jour de l’entrée en vigueur de l’armistice (11 novembre 1918), la 4ème compagnie du 4ème bataillon (ex-23ème bataillon de la 1ère DI) attaque les allemands sur la rivière Scheldt.

La guerre se termine pour l’armée portugaise en Europe avec 2160 tués, 5224 blessés et 6678 prisonniers soit 14000 pertes sur 60000 hommes engagés.

Les soldats portugais ont ainsi combattu en Afrique. D’octobre 1914 à juillet 1915 les allemands présents dans l’actuelle Namibie occupent le sud de l’Angola portugais.

2000 soldats allemands affrontent 12000 soldats portugais avec un bilan de 16 tués et 30 blessés côté allemand, de 810 tués, 638 blessés et 268 prisonniers et disparus côté lusitanien.

La bataille majeure de cette campagne à lieu à Naulila le 18 décembre 1914 et se termine par une victoire allemande. Les portugais ont 69 tués, 76 blessés et 37 prisonniers (3009 hommes, neuf canons et six mitrailleuses engagées) alors que les allemands qui ont engagé 640 hommes, 6 canons et deux mitrailleuses ont 12 tués et 25 blessés.

Si la colonie portugaise est entièrement libérée en juillet, on note des escarmouches jusqu’en septembre 1915.

En novembre 1917 les allemands attaquent au Mozambique avec le 25 novembre la Bataille de Ngomano qui se termine par une victoire allemande.

L’armée portugaise termine le premier conflit mondial avec 7222 militaires tués ainsi que 13 civils dans les colonies mais pour ce dernier chiffre cela ne concerne que les morts liés directement au combat. 82000 civils portugais sont morts des conséquences du conflit. Cela porte le nombre de tués à 89235 soit 1.5% de la population. A cela s’ajoute 13751 militaires blessés.

Une histoire militaire du Portugal (6) : D’une guerre à l’autre

Le 28 mai 1926 l’armée portugaise renverse la première république. Dès le mois de juillet le nouveau régime se préoccupe de réorganiser l’armée en tirant les leçons du premier conflit mondial.

Le concept inspiré du système de milice suisse est abandonné au profit d’un système mixte pour améliorer la réactivité des forces.

Des unités territoriales doivent mailler le territoire avec des unités issues de l’infanterie, de l’artillerie, de la cavalerie du génie……. .

Ces unités formées essentiellement en temps de paix d’officiers et de sous-officiers de carrière doivent servir à l’entrainement du contingent appelé chaque année et en temps de guerre participer à la mobilisation générale.

Batalhoes de Cacadores

Des unités «d’intervention rapide» doivent permettre au gouvernement d’intervenir rapidement en cas de menace aux frontières. On trouve ainsi dix bataillons renforcés appelés Batalhoes de Cacadores (bataillons de chasseurs) et deux brigades de cavalerie.

Les divisions ne doivent être créées qu’en temps de guerre, les divisions territoriales sont supprimées au profit de quatre régions militaires et du gouvernorat militaire de Lisbonne.

En juillet 1936 la guerre d’Espagne éclate. Le Portugal soutien le camp nationaliste via notamment l’envoi de volontaires les Viriates qui vont combattre au sein des unités franquistes et non sous la forme d’unités constituées comme les allemands ou les italiens.

Parmi ces hommes on trouve un certain nombre d’officiers et de sous-officiers de l’armée portugaise (ndA j’ignore si ils étaient détachés ou en congé).

Une nouvelle réorganisation à lieu en 1937. Elle garde l’essentiel de la réforme précédente. Le nombre de régiments d’infanterie passe de 22 à 16. Des unités blindées avec des chars et des autos blindées sont mises sur pied.

La Légion Portugaise une milice politique est intégrée à l’armée. L’Aéronautique Militaire reçoit un commandement central ce qui la rend très autonome voir quasiment indépendante.

Une histoire m ilitaire du Portugal (7) : le Portugal dans le second conflit mondial

Durant le second conflit mondial le Portugal est officiellement resté neutre, une neutralité flexible et évolutive qui arrangeait tout le monde même si cela engendrait des situations baroques comme le déploiement d’avions de patrouille maritime alliés aux Açores pour traquer sous-marins et forceurs de blocus qui ont longtemps utilisé des ports lusitaniens pour un ravitaillement et un entretien sommaire.

Les forces coloniales indépendantes en temps de paix sont placées dès septembre 1948 sous l’autorité de l’armée. Des renforts sont envoyés en Angola et au Mozambique moins en raison d’une menace extérieure que pour éviter une agitation des populations colonisées.

Les moyens sont également renforcés aux Açores. Pas moins de 35000 hommes doivent assurer la défense d’un archipel qui en cas d’invasion du territoire métropolitain aurait du accueillir le gouvernement portugais.

La mobilisation générale de septembre 1948 permet la levée de nombreuses divisions pour défendre le Portugal et ses territoires d’outre-mer.

Une division est déployée pour défendre Porto et le nord du pays, une autre division est déployée pour défendre l’Algarve, une troisième division pour défendre l’Alentejo. Un corps d’armées de trois divisions est chargée de défendre le Campo entrincheirado de Lisboa (Camp retranché de Lisbonne) soit six divisions.

Renault R-35.

A cela s’ajoute six bataillons de chasseurs, deux brigades de cavalerie, des unités d’artillerie et du génie. On trouve également un groupement blindé mécanisé avec notamment deux bataillons de Renault R-35 alors que les autos blindées sont essentiellement déployées au sein des Divisions d’Infanterie et des brigades de cavalerie, une version portugaise de nos «divisions pétrole-picotin».

Aux Açores les 35000 hommes sont regroupés au sein d’une division et d’unités rattachées. En Angola on trouve 5000 hommes (essentiellement des indigènes), 2500 hommes au Mozambique, 1000 au Cap Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Les frontières sont renforcées par des blockhaus de campagne entourées de tranchées avec barbelés et champs de mines pour protéger le pays d’une attaque surprise.

Es-ce à dire qu’aucun soldat portugais n’à combattu durant le second conflit mondial ? Non certains lusitaniens vont connaître l’odeur de la poudre durant la deuxième conflagration mondiale.

Soldat espagnol (ou portugais ?) de la Division Azul

Hors de l’armée portugaise stricto sensu on trouve des soldats parlant la langue de Camoes au sein de la Legion Etrangère (portugais exilés de longue date) et au sein de la Division Azul, ces derniers étant souvent des portugais partis durant la Pax Armada travailler en Allemagne et qui pour des raisons diverses ont rejoint une division de volontaires espagnols pour combattre sur le front de l’est mais cela n’à représenté que fort peu d’hommes.

En ce qui concerne l’armée portugaise, elle connait le feu contre l’Afrique du Sud et contre le Japon ce qui était plutôt inattendu. Passons rapidement sur les combats en Afrique qui ne sont que des incidents de frontière provoqués par les opérations de pacification menées par les troupes coloniales portugaises déployées dans la colonie, incidents qui dégénèrent pas en guerre ouverte tout simplement parce que personne n’y à intérêt.

Les combats sont plus violents contre le Japon. Si la petite garnison de Macau résiste pour la forme et dépose vite les armes (les hommes seront internés jusqu’à la fin de la guerre et rapatriés au Portugal à l’automne 1954 non sans que certains aient succombé à la faim, aux mauvais traitements, aux maladies voir à des bombardements alliés) celle défendait Timor résiste plus longtemps pour comme le dira un soldat «pour l’honneur des armes de notre pays». Ils seront eux aussi internés mais certains s’évaderont pour combattre aux côtés des alliés.

En septembre 1954 l’armée portugaise n’à pas vraiment combattu. Très vite l’armée est démobilisée puis réorganisée avec une armée territoriale maillant le territoire à la fois pour des raisons militaires et des raisons politiques.

Une armée dite d’intervention est mise sur pied pour défendre le pays et plus généralement l’Europe en cas d’invasion de l’Europe par les forces soviétiques. Des divisions d’infanterie, une division blindée et différentes unités légères sont ainsi mises sur pied mais c’est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (30) Portugal (10)

Une histoire militaire du Portugal (4) : guerres coloniales et guerre civile

De 1816 à 1820 les portugais et les espagnols s’affrontent pour le contrôle de la Banda Orientale, la région frontalière entre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay.

C’est une victoire du Royaume-Uni du Portugal, de l’Algarve et du Brésil, la région étant annexée à cet état s’étendant sur les deux rives de l’Atlantique. Cela fait suite à une première tentative infructueuse en 1811/12.

Du 9 janvier 1822 au 13 mai 1825 à lieu la guerre d’indépendance du Brésil. Le 9 janvier 1822, le futur Pierre 1er du Brésil refuse de rentrer au Portugal alors que les Cortès lui demande. C’est le Dio da Fico (le jour du Je reste). Cela fait suite à la volonté des Cortès de refaire du Brésil une colonie portugaise.

Le 7 septembre 1822 Pierre proclame l’indépendance du Brésil et devient l’empereur Pierre 1er (le titre d’empereur à été choisit car son père Jean VI était roi du Brésil).

En novembre 1823 les dernières garnisons portugaises quittent le Brésil et pourtant les combats vont continuer. Des combats terrestres et maritimes voient l’engagement de forces régulières et de milices.

On trouve des sièges (Recife Belem, Caxias, Salvador et Montevideo) et des batailles rangées. Les forces brésiliennes regroupent 27000 soldats réguliers et miliciens plus 90 navires alors que les portugais disposent de 16000 soldats réguliers et 55 navires.

Le Siège de Salvador (2 mars 1822 au 2 juillet 1823) se termine par une victoire brésilienne. Les troupes de Pierre 1er ont engagé 1500 (début) à 14000 hommes (fin) associés à onze navires face à 3000 à 10500 portugais appuyés par quatorze navires. Les pertes sont lourdes des deux côtés avec 750 morts et 280 blessés côté brésilien contre 2500 morts 700 blessés et 3000 prisonniers dans le camp d’en face.

La Bataille de Piraja (8 novembre 1822) est une victoire brésilienne quand 1300 brésiliens défont 3200 portugais. Le bilan est de 286 tués pour les brésiliens contre 350 tués pour les portugais (chiffres incertaines).

La Bataille d’Itaparica (7 au 9 janvier 1823) est une autre victoire brésilienne. Les brésiliens mobilisent 3257 soldats et deux canonnières face à 12000 portugais qui disposaient également de deux bricks, un schooner, une barque et trente-cinq petits navires.

Le Siège de Montevideo (20 janvier 1823 au 8 mars 1824) se termine par une victoire brésilienne décisive. Ces derniers avaient engagé 3000 hommes appuyés par six navires pour faire face à 4000 portugais qui étaient soutenus par quatre navires.

La Bataille de Jenipao (13 mars 1823) est une victoire portugaise (16000 soldats 11 canons/116 tués et 600 blessés) sur les brésiliens qui disposaient de 2000 miliciens et de 2 canons (200 tués, 542 prisonniers).

La Bataille du 4 mai (1823) est un affrontement naval qui se termine par une victoire brésilienne.

Le Siège de Caxias (23 mai au 31 juillet 1823) se termine par une victoire brésilienne quand 8000 soldats auriverde l’emporte sur une garnison de 1600 portugais qui défendait la ville.

Soldat portugais 19ème siècle

Du 28 juin 1828 au 26 mai 1834 le Portugal est frappé par une guerre civile entre libéraux et absolutistes.

Cela débute par une crise de succession quand Pierre de Portugal alors héritier du trône proclame en 1822 l’indépendance du Brésil (7 septembre). En 1826 Jean VI meurt et l’année précédente en 1825 le Traité de Rio de Janeiro avait reconnu l’indépendance du Brésil après une tentative de refaire du Brésil une colonie portugaise après une période d’autonomie liée à la présence de la famille royale après l’invasion française de 1807.

Cela pose un problème car la loi de succession de 1641 interdit à un roi de Portugal de posséder une couronne étrangère or Pierre est devenu l’empereur Pierre 1er du Brésil.

Michel 2ème fils de Jean VI tente de s’imposer avec l’aide de sa mère Charlotte-Joachim au détriment de sa nièce, Marie fille de Pierre 1er.

Michel s’est exilé à Vienne après plusieurs tentatives subversives. Pierre est reconnu nouveau souverain portugais. Pierre 1er de Brésil devient Pierre IV de Portugal, sa sœur cadette l’infante Isabelle-Marie de Portugal assure la régence.

Pierre IV pour des raisons pratiques tout autant légales renonce à ses droits sur la couronne portugaise au profit de sa fille Marie qui devient Marie II le 2 mai 1826. Pierre IV accorde une charte et associé son frère Michel en la fiançant à Marie et en le nommant régent.

Le 9 janvier 1827 un premier affrontement militaire à lieu. C’est la Bataille de Coruche, une bataille qui à lieu au moment du soulèvement absolutiste (1826/27) contre l’application de la charte constitutionnelle de 1826. Véritable Prodome à la guerre civile portugaise (1828-1834).

Les libéraux (5500 hommes, 10 canons et 3 obusiers) l’emporte avec 10 tués, 51 blessés, 11 prisonniers et 18 disparus face aux absolutistes qui alignaient 8 à 11000 hommes selon les sources (pertes inconnues).

En 1828 Michel réunit de nouvelles Cortes à Lisbonne. Il est acclamé au roi au détriment de sa nièce le 23 juin 1828. Si quelques pays le reconnaisse comme le roi légitime, la plupart préfèrent rester neutres et ne pas s’engager dans un conflit entre lusitaniens.

Pierre 1er renonce au trône du Brésil en 1831 au profit de son fils Pierre qui devient Pierre II du Brésil (second et dernier empereur du Brésil) et rentre en Europe pour restaurer sa fille sur le trône.

En 1832 il débarque aux Açores seul territoire portugais à être resté fidèle à Marie. Deux ans plus tard les miguelistes (partisans de Michel 1er) sont battus, Marie II restaurée dans ses droits.

Cet affrontement est un affrontement politique mais surtout militaire avec plusieurs batailles qu’elles soient navales et terrestres.

Le 11 août 1829 à lieu la Bataille de Vila da Praia, une bataille navale qui se termine par une victoire des libéraux.

Le 8 juillet 1832 l’ancien empereur du Brésil débarque au Portugal avec 7500 hommes embarqués sur 40 navires sur la plage de Mindelo. Il entre à Porto le lendemain mais les libéraux sont très vites assiégés à Porto (juillet 1832-août 1833).

Le 23 juillet 1832 à lieu la Bataille de Ponte Ferreira, une bataillon opposant 8000 libéraux (infanterie, cavalerie, artillerie, un bataillon de mercenaires français et un bataillon «d’affreux» britanniques) qui cherchent à franchir un pont en granit sur la rivière de Ferreira.

L’action débute le 17 juillet 1832 avec de brèves escarmouches. Le 22, l’armée libérale reçoit l’ordre d’attaquer l’armée de Michel 1er sur les monts installés devant les habitations de Granja sur la rive opposée.

Le 23, l’armée libérale franchit la rivière. Les combats durent douze heures mais ils sont indécis. Les absolutistes (miguelistes) remportent une victoire tactique car ils ont empêché les libéraux d’atteindre leurs objectifs.

Le 7 août 1832 à lieu la Bataille de Souto Redondo près d’Aveiro. Les libéraux assiégés à Porto tentent une sortie pour desserrer l’étau absolutiste. C’est un échec cuisant mais cette victoire n’est pas exploitée par les miguelistes alors que les libéraux refluent en désordre vers Porto (70 tués, 105 blessés et 234 prisonniers).

Le 5 juillet 1833 les libéraux remportent une nouvelle bataille navale au large du Cap St Vincent. Le 24 juillet 1833 la ville de Lisbonne est prise.

Le 2 novembre 1833 libéraux et miguelistes s’affrontent à la Bataille d’Alcacer do Sail. Les miguelistes l’emporte. 26 officiers libéraux considérés comme des déserteurs de l’armée portugaise sont sommairement exécutés (trois autres sont libérés).

Le 30 janvier 1834 à lieu la Bataille de Pernes ou plutôt la deuxième puisqu’il y avait eu une première bataille le 11 novembre entre les libéraux du maréchal Saldanha et les troupes miguelistes pour le contrôle de moulins vitaux pour le ravitaillement des troupes. Les moulins sont détruits et les royalistes sont mis en fuite. La bataille de janvier 1834 est une nouvelle et lourde défaite des miguelistes.

Le 18 février 1934 à lieu la Bataille d’Almoster. 4500 libéraux commandés par le maréchal Saldanha défont près de Santarem les absolutistes (4500 à 5000 hommes), les libéraux ayant 374 tués, blessés et disparus contre environ 1000 pertes de l’autre côté.

Le 24 avril 1834 c’est la Bataille de Sant’Ana, une bataille qui eu lieu à Ermida au nord de Sao Bartolomeu de Messines (Algarve). C’est une victoire migueliste.

Le 16 mai 1834 la Bataille d’Asseiceira voit les libéraux du duc de Terceira (5500 hommes et onze canons) l’emporter sur les absolutistes du colonel Guedes (6000 hommes et 12 canons). Cette bataille qui à lieu près de la ville de Tomar voit les libéraux perdre 400 hommes contre 2900 pertes et 1400 prisonniers côté migueliste.

La guerre civile portugaise que nous venons de voir n’est pas le dernier engagement politique de l’armée portugaise. C’est plutôt le début, le 19ème siècle portugais tout aussi agité que le 19ème siècle espagnol étant marqué par un grand nombre de coups de force, de rébellions.

En 1835 il y à un coup d’état militaire et la même année débute la guerilla du Remexido, une guerilla pro-migueliste qui va durer jusqu’en 1838.

En 1836 on note une révolution libérale la Belezenda suivie l’année suivante par la Conspiration des Marmotas, la Révolte des Maréchaux. En 1838 c’est le Massacre du Rossio suivit des Emeutes de l’Arsenal.

Il faut ensuite attendre 1840 pour que l’armée s’agite à nouveau ou doive s’employer pour faire face à une agitation politique avec des émeutes à Lisbonne. En 1842 il y à un nouveau coup d’Etat et la mutinerie du 20ème bataillon de chasseurs.

Deux ans pus tard en 1844 c’est la révolte militaire de Torres Rivas, l’Emboxada, la Patulera (qui dure jusqu’en 1847) et la Revolte des Pinotes. Le 29 avril 1847 c’est la Montaria suivie en août 1848 de la Conspiration des Hidras. Cela se calme ensuite avec le coup d’état de la Régénération en 1851 et un coup de force républicain à Porto en 1881.

Pologne et Pays Neutres (29) Portugal (9)

Une histoire militaire du Portugal (3) : les guerres de la Révolution et de l’Empire

Le Portugal participe aux combats de la Première Coalition (1792-1797) contre la France révolutionnaire. Le royaume lusitanien rentre en guerre au printemps 1793 mais l’armée lusitanienne ne participe à aucun combat majeur.

Le 17 octobre 1797 est signé le Traité de Campo-Formio surtout connu pour mettre fin aux combats entre la France et l’Autriche en Italie. Ce traité concerne également le Portugal mais pour une raison que j’ignore le volet portugais du traité est annulé par décret le 26 octobre 1797.

Du 20 mai au 9 juin 1801 à lieu la Guerre des Oranges entre l’Espagne soutenue par la France et le Portugal. Le casus belli est le refus du Portugal de participer au blocus destiné à ruiner l’économie britannique et donc d’empêcher Londres de financer les coalitions.

Manuel Godoy

Une armée espagnole de 30000 hommes dirigée par le favori du roi (et accessoirement amant de la reine) Manuel Godoy s’empare d’Olivence, étant opposée à une armée lusitanienne composée de 18000 hommes (16000 fantassins 2000 cavaliers).

En 1800 la France et l’Espagne signent le Deuxième Traité de San Ildefonso. Cette alliance franco-espagnole fait suite au premier traité du même nom signé le 18 août 1796 qui fait suite au traité de Bâle signé le 22 juillet 1795 et qui met fin au conflit entre les deux pays.

Un ultimatum est envoyé le 29 janvier 1801, la France exigeant du Portugal la fin de l’alliance anglaise, la cession de territoire et des indemnités.

C’est une véritable guerre éclair à tel point que les troupes françaises du général Leclerc n’ont pas le temps d’être engagées ! L’Espagne occupe le Haut-Alentejo.

Abandonné par son allié britannique, le Portugal signe le 6 juin 1801 le Traité de Badajoz qui ferme les ports aux navires britanniques, l’Espagne conserve Olivence et des territoires sur la marge orientale du Guadiana. La contrebande est interdite et des indemnités versées. Napoléon qui estime le traité trop doux exigera une version plus dure du traité le 29 septembre 1801. En revanche au Brésil les portugais occupent de nouveaux territoires.

A plusieurs reprises l’armée portugaise va s’ingérer dans la politique en menant des coups d’état, un équivalent lusitanien du pronunciamento.

C’est ainsi que les 24 et 25 juillet 1803 deux régiments portugais se soulèvent au camp d’Ourique près de Lisbonne, un régiment d’infanterie commandé par Gomes Freire de Andrade et la légion des troupes légères du Marquis d’Alorna. Ils affrontent la Garde Royale de Police mais ce soulèvement se termine par un échec pour les libéraux.

Si la majorité des portugais ont combattu la France certains ont combattu côté français. Le 22 décembre 1807 un mois après l’invasion française (voir ci-après) Napoléon avait ordonné le licenciement de l’armée portugaise.

Légion Portugaise

Le 18 janvier 1808 est créée la Légion Portugaise sous le commandement du Marquis d’Alorna. Elle comprend initialement 9000 hommes mais très vite les effectifs sont réduits de moitié en raison de nombreuses désertions, des soldats partant avec armes et bagages rejoindre la résistance portugaise. Elle sera dissoute le 5 mai 1814 alors que les effectifs étaient alors tombés à 1000 hommes.

Composée initialement de cinq régiments d’infanterie, un bataillon de chasseurs à pied, trois régiments de cavalerie, un escadron de chasseurs à cheval et un régiment d’artillerie, cette unité va s’illustrer à Wagram (1809) et durant la Campagne de Russie à Smolensk, Vitebsk et La Moskova.

Le Portugal va être en première ligne dans la Guerre Péninsulaire (1807-1814) avec pas moins de trois invasions françaises.

Le 20 novembre 1807 les troupes françaises du général Junot (choisit parce qu’il à été ambassadeur au Portugal par le passé) envahissent le Portugal. L’armée lusitanienne ne résiste guère. Junot s’empare de Lisbonne pendant que la famille royale et les élites s’enfuient au Brésil ce qui leur sera énormément reproché.

Tout va pour le mieux ? Non car suite à des exactions et des maladresses le pays comme son voisin hispanique se révolte, la guérilla provoquant le cycle infernal des exactions et de la répression.

Arthur Wellesley, duc de Wellington

Au mois d’août 1808 le général Wellesley futur duc de Wellington débarque au Portugal. Le 7 août 1808 les troupes britanniques retrouvent l’Armée des Opérations de l’Estremadure dans la région de Porto (6 à 10000 hommes). Cette armée est courageuse mais indisciplinée, mal équipée et mal entrainée.

Pour améliorer l’efficacité du dispositif allié, Wellington pratique ce que la révolution avait fait à savoir l’amalgame. Ici point question de volontaires et de soldats de métiers mais de soldats britanniques et portguais.

Si les relations anglo-espagnoles furent toujours houleuses, dans l’ensemble les relations luso-britanniques restèrent toujours cordiales. Si les hauts gradés britanniques n’avaient pas de mots assez durs pour critiquer l’incurie, la lacheté et la veulerie des unités espagnoles, ils ne tarissaient pas d’éloges sur les capacités des troupes portugaises qui après leur reprise en main par les britanniques se montrèrent à la hauteur de la mission.

C’est ainsi que les forces de Wellington reçoivent le renfort de trois régiments de cavalerie de 258 hommes chacun, 58 hommes de la cavalerie de la police de Lisbonne, un bataillon de chasseurs de 569 hommes et 1509 hommes de trois régiments d’infanterie. Cela représente 12592 hommes qui forment le Destacalento Portugues (Détachement portugais) qui servent d’éclaireurs et offrent un visage politiquement plus présentable.

L’armée luso-britannique ou plutôt anglo-portugaise (six brigades britanniques, le détachement portugais, 50 cavaliers à droite, trois compagnies de fusiliers et de l’artillerie à gauche alors que le centre du dispositif est occupé par des troupes portugaises, de l’artillerie et de la cavalerie) marche sur Lisbonne, longeant les côtes pour faciliter le ravitaillement (assuré par une Royal Navy qui n’à rien à craindre d’une intervention de la Royale), les autres unités portugaises assurant la couverture du flanc exposé.

Un corps d’armée français commandé par le général Delaborde marche contre les britanniques mais les renforts dirigés par le général Loison sont retenus par d’autres troupes portugaises. Des escarmouches ont lieu le 14 août 1808.

Le 17 août 1808 à lieu la Bataille de Rolico. Cette battaille oppose 4000 soldats français contre 14000 britanniques et 2592 portugais. Cela se termine par une victoire des anglo-portugais et donc par une défaite française.

Les combats sont furieux, les français sont surclassés en terme d’effectifs. Trois assauts furieux des anglo-portugais mais ces derniers manquent de cavalerie pour poursuivre les français qui peuvent se replier en bon ordre bien couverts par leurs propres unités montées. Ils doivent cependant laisser derrière eux de l’artillerie et des prisonniers.

Le lendemain 18 août 1808 4000 britanniques ont débarqué ce qui explique que Wellesley renonce à poursuivre Delaborde. Ce dernier à réussit sa mission qui était de donner du temps à Junot pour réorganiser son dispositif.

Le 21 août 1808 à lieu la Bataille de Vimeiro, l’affrontement entre les troupes françaises du général Junot et les troupes anglo-portugaises des généraux Wellesley et Freire. Cela représente 13000 français appuyés par 23 canons contre 21350 anglo-portugais appuyés par dix-huit canons.

L’armée alliée comprend majoritairement des troupes britanniques avec 18760 britanniques et 18 canons répartis en huit brigades regroupant au total vingt-deux régiments d’infanterie, le 20ème régiment de dragons légers comme seule unité portugaise.

Le détachement portugais comprend trois régiments d’infanterie (12ème, 21ème et 24ème), les Caçadores (chasseurs) de Porto, trois régiments de cavalerie (6ème, 11ème et 12ème), la police montée de Lisbonne, le 4ème régiment d’artillerie portugaise.

En face la France c’est 8300 fantassins, 2100 grenadiers, 1950 cavaliers et 700 artilleurs répartis en deux divisions d’infanterie, quatre bataillons de grenadiers, un escadron de cavalerie de volontaires, un escadron de chasseurs à cheval, trois régiments provisoires de dragons et 23 canons.

Les français attaquent le flanc gauche britannique mais l’attaque est repoussée. Parallèlement Junot lance deux colonnes vers le centre britannique pour servir de bélier mais ils doivent se replier sous le feu nourri de la mousqueterie britannique. Éternel débat entre ordre mince et ordre profond.

Junot bat en retraite vers Torres Vedras. Le général Dalrymple refuse à Wellesley de poursuivre Junot. Ce dernier est prêt à capituler mais le général anglais offre des conditions généreuses qui font scandale en Grande-Bretagne. Grâce à la Convention de Sintra (30 août 1808), les français sont évacués par la Royal Navy jusqu’à Rochefort.

Les pertes sont lourdes avec 370 à 450 morts, 1630 à 1710 blessés et 13 canons côtés français alors que les alliés ont 720 pertes (tués et blessés anglais et portugais confondus).

Du 18 au 20 mars 1809 à lieu la Bataille de Braga. Quelques mois après la convention de Sintra, les français sont de retour sous l’autorité du général Soult. Une première bataille avait opposé 22000 français à 4000 portugais au défilé du Verin le 7 mars. Les portugais doivent se replier.

Nicolas Soult

Soult met ensuite le siège devant Chavès. Cette ville défendue par 5000 portugais est attaquée par 23000 soldats réguliers dont 3000 cavaliers. Le premier siège qui à lieu du 10 au 12 mars se termine par la prise de la ville mais la petite garnison française sera chassée par les anglo-portugais à lui d’un nouveau siège du 21 au 25 mars 1809.

le 17 mars le général Freire est assassiné car accusé de trahison pour avoir voulu se replier de Porto et c’est un hanovrien le baron d’Eben qui prend le commandement des 4000 hommes.

Après la prise de Chaves, les troupes de Soult marchent vers Braga. Une charge à la baïonnette permet la prise des défilés entre Ruivaes et Salamonde.

Toujours le 17 mars l’armée française prend position sur les hauteurs de Carvalho. Elle voit l’armée portugaise sur les montagnes en avant de Braga. Les portugais prennent le village de Linoso pour déborder l’aile droite française. Le village est reprit le 19 mars 1809.

Les français sont position le 20 mars. Au centre on trouve la division du général Delaborde appuyé par la Division de dragon du général Lorge couvert à sa gauche par la Division Mermet soutenu par la division de cavalerie légère de Francesqui et à sa droite par la Division Heudelet.

Les français avancent, les portugais tirent mais sans riposte française ce qui intimide les lusitaniens qui se debandent devant le choc. Poursuite et massacre des fuyards. Soult marche ensuite sur Porto.

Du 27 au 29 mars 1809 à lieu la Première Bataille de Porto (Bataille d’Oporto) qui oppose 21000 français (dont 3000 cavaliers) à 24000 portugais (4500 réguliers, 10000 ordenanças _miliciens_ et 9000 civils armés).

L’armée française comprend quatre divisions d’infanterie représentant 18 bataillons, deux divisions de cavalerie (douze régiments de cavalerie).

Soult arrive devant Porto le 26 mars 1809. La bataille commence le 29. Plus expérimenté que les portugais il profite de la trop grande dilution du dispositif lusitanien qui est donc moins résistant en cas de percée. Après la percée, les portugais se débandent.

Soult rentre à Porto. Il en est chassé le 12 mai 1809 par une force anglo-portugaise mais peut se replier au delà du Douro sans trop de mal direction St Yague de Rubias. Soult finira par se replier vers la Galice pendant que Wellington marche en Estremadure.

Le bilan est de 200 pertes dont 72 officiers côté français, 8000 soldats et civils côté lusitanien.

Du 25 juillet au 27 août 1810 une garnison de 5000 anglo-portugais et 100 canons est assiégée par le VIème Corps d’Armée commandé par le «Lion Rouge» le maréchal Ney. Cela représente 16000 hommes et 100 canons.

Ce Siège d’Almeida se termine par la chute de la ville. Il faut dire que la garnison à perdu très vite une bonne partie de ses munitions suite à l’explosion de son dépôt principal. Côté français 58 hommes ont été tués et 320 blessés. En face on compte 600 morts, 300 blessés et 4100 prisonniers.

Ce siège à lieu dans le cadre de la troisième invasion française menée par Ney et Massena. Pas moins de 65000 hommes sont engagés répartis en trois corps d’armée, une réserve de cavalerie, une réserve d’artillerie et des services.

On trouve le 2ème Corps d’Armée du Général Reynier (deux DI, une brigade cavalerie et des services soit 17718 hommes), le 6ème Corps d’Armée du maréchal Ney (trois DI, une brigade de cavalerie et des troupes de soutien soit 24306 hommes), le 8ème Corps d’Armée du général Junot (trois DI, une brigade de cavalerie et des troupes de soutien soit 16939 hommes).

A cela s’ajoute une réserve de cavalerie (trois brigades de cavalerie, une batterie d’artillerie à cheval), une réserve d’artillerie, un corps d’ingénieur, des gendarmes et un état-major.

En face on trouve les anglo-portugais avec 61425 hommes répartis en cinq divisions d’infanterie, une division légère, deux divisions portugaises, trois brigades indépendantes portugaises, quatre brigades de cavalerie britannique, une brigade de cavalerie portugaise. A cela s’ajoute 2230 hommes pour la réserve d’artillerie, 506 ingénieurs et un état-major.

A la veille du début du siège figure la Bataille de la Côa (24 juillet 1810), 5500 français affrontant 5300 anglo-portugais.

Les forces du brigadier général Robert Craufurd se retirent devant l’avancée du 6ème Corps d’Armée de Ney. Ce corps s’arrête sur la rive est de la rivière Côa pour assiéger la forteresse d’Almeida. Les anglo-portugais parviennent à se replier sur les lignes fortifiées de Torres Vedras.

531 français sont tués et blessés côté français contre 333 tués, blessés ou prisonniers côté allié.

La Bataille de Bucaço (27 septembre 1810) est une victoire anglo-portugaise. Cette bataille avait opposé 65000 français à 50000 anglo-portugaises. 4500 français ont été mis hors de combat contre 1250 côté allié.

Après la victoire d’Almeida, l’Armée du Portugal marche vers Coïmbra. Wellington prend position sur les hauteurs de Bucaço, une crète de seize kilomètre qui forme un retranchement naturel. Les français avancent non sans mal en raison de la politique de terre brûlée menée par les anglo-portugais.

André Massena « L’enfant chéri de la victoire »

Massena attaque en ne sachant fort peu de choses du dispositif ennemi, dispositif installé à contre-pente pour le protéger du feu ennemi. Les troupes françaises lancent cinq assauts.

Massena ordonne un mouvement tournant pour prendre les britanniques de flanc. Wellington ordonne la retraite le 10 octobre 1810 mais à rempli son objectif à savoir achever les Lignes Fortifiées de Torres Vedras sur lesquelles les français vont s’écraser (11 octobre au 15 novembre 1810).

Ces lignes au nombre de quatre sont destinées à défendre Lisbonne. Leur construction est réalisée entre novembre 1809 et septembre 1810. Ironie de l’histoire Wellington s’est appuyé sur un rapport du colonel Vincent établit sur ordre de Junot.

C’est un système complet de fortifications avec des blockhaus, des redoutes, des demi-lunes, des terrassements. Les travaux vont continuer même après la retraite de Masséna puisqu’en 1812 34000 hommes travaillent encore sur le dispositif.

Les français vont mener de nombreux assauts mais surtout vont s’user. Massena arrive avec 61000 hommes mais quand il rallie l’Espagne il à perdu 25000 hommes.

La première ligne longue de 46km relie Alhandra à l’estuaire du Sizandro, la deuxième à 13km plus au sud s’étend de 39km entre Povoa de Santa Iria à Ribama, la troisième longue de 3km couvre St Julian et ainsi la possibilité d’une éventuelle évacuation et se situe à 27km au sud de la seconde ligne. La quatrième ligne située au sud du Tage dans les Altos d’Alamda est longue de 7.3km avec 17 redoutes et tranchées couvertes, 86 pièces d’artillerie avec 7500 hommes.

En sept mois 108 forts et 151 redoutes sont construites avec demi-lunes, batteries avancées. Les trois lignes regroupent 1067 pièces d’artillerie et 68665 hommes.

Cela permet à l’armée de campagne de 50000 hommes de pouvoir manoeuvrer sans risquer d’être surprise par l’ennemi. Cette armée passe ensuite à 66598 puis à 77690 hommes.

Après la Bataille de Pombal (11 mars 1811) les français et les anglo-portugais s’affrontent dans la Bataille de Medinha (12 mars 1811).

Michel Ney

7000 français vont affronter 25000 anglo-portugais. Le 6ème Corps d’Armée du maréchal Ney couvre la retraite du reste de l’armée. Wellington lance des assauts furieux ce qui génère des pertes supérieures (1800 contre 150). Les alliés doivent se reposer avant de reprendre l’avancée ce qui permet aux français de se replier en bon ordre.

On trouve ensuite une série de batailles de petite envergure : Bataille de Condeixa (14 mars) Bataille de Foz do Arouca (15 mars), Bataille de Ponte de Murcela (18 mars) et la Bataille de Guarda (29 mars 1811).

Le 3 avril 1811 à lieu la Bataille de Sabugal. Elle oppose 8800 français aux anglo-portugais (effectifs selon les sources compris entre 3200 et 13200 hommes). Les troupes françaises fatiguées et démoralisées doivent se replier sous les assauts alliés après avoir attaqué à plusieurs reprises. On compte 72 tués, 502 blessés et 186 prisonniers côté français alors que côté allié on compte 17 morts, 139 blessés et disparus.

Un mois plus tard c’est la Bataille de Fuentes de Onoro (3 au 5 mai 1811). la France aligne 38000 fantassins, 2200 cavaliers et 36 canons alors que les alliés disposent de 35000 fantassins, 1500 cavaliers et 48 canons.

Cette bataille à lieu sur le territoire espagnol et se termine par un bilan équilibre avec 2665 pertes côté français contre 1786 côté anglo-portugais.

Cette bataille se termine sur un résultat indécis mais les anglo-portugais ont pu faire la jonction avec les troupes espagnoles en guerre contre Napoléon.

Le premier jour voit l’attaque française être repoussée par les alliés. Le deuxième jour c’est la consolidation de part et d’autre alors que le 5 mai les français attaquent le flanc droit ennemi dégarni. Les anglo-portugais plient mais ne rompent pas. Un ultime effort français aurait pu permettre la victoire mais ce ne sera pas le cas en partie suite à des querelles entre maréchaux qui en l’absence du Patron passent leur temps à se chamailler et à se quereller.

Le 16 mai 1811 à lieu la Bataille d’Albuera à 20km au sud de Badajoz. Elle oppose 27000 français (23000 fantassins et 4000 cavaliers plus 40 canons) sous le commandement du maréchal Soult aux 29500 anglo-hispano-portugais (6500 britanniques 10000 portugais 13000 espagnols 38 canons). Le résultat est indécis ce qui se traduit par des pertes équivalentes (5916 pertes contre 5936).

Les français veulent retourner au Portugal. Soult veut dégager Badajoz pendant que Massena marche vers Almeida. Le 15 mai des escarmouches de cavalerie ont lieu, escarmouches favorables aux français. La bataille commence le lendemain par un assaut de flanc mené par les français. Les combats sont furieux et indécis avec comme on l’à vu de lourdes pertes de part et d’autres.

Auguste Marmont

Soult ne peut lever le siège de Badajoz qui sera levé uniquement quand les force de Marmont se joignent à lui. La ville ne tombera aux mains des alliés qu’en avril 1812.

Sur le plan plus militaire, les britanniques impressionnés par les lanciers polonais vont transformer des unités de cavalerie en lanciers. L’armée portugaise après sa réorganisation par les britanniques à montré sa valeur.

Le 25 septembre 1811 à lieu le Combat d’El Bodon, un combat, un affrontement, une escarmouche qui oppose 2500 cavaliers contre 1500 anglo-portugais. C’est un combat d’importance mineur mais les forces de Wellington doivent se replier sur le Portugal. Ce n’est que partie remise.

Du 8 au 19 janvier 1812 la ville de Ciudad Rodrigo est assiégée par les alliés, ville défendue par une garnison de 1900 hommes. La ville avait été prise deux ans plus tôt. Cela se termine par des pertes sensibles, 600 tués et blessés, 1300 prisonniers côté français, 1100 tués et blessés en face. A noter que durant cet affrontement les chasseurs portugais se sont illustrés. La prise de cette forteresse ouvre la route du nord aux alliés.

Du 16 mars au 6 avril 1812 à lieu le Siège de Badajoz. Les 5000 hommes de la garnison française sont assiégés par des troupes anglo-portugaises cinq fois plus nombreuses. Les alliés l’emporte mais c’est une victoire très coûteuse. Si les français ont 1500 tués et blessés, les anglo-portugais ont 5000 morts et blessés !

Après la reddition de la ville, celle-ci est comme jadis le théâtre de trois jours d’exactions : meurtres, vols et viols. Des officiers britanniques sont même abattus par leurs hommes alors qu’ils tentaient de les reprendre en main.

Cela s’explique en partie par les relations houleuses entre anglais et espagnols alors qu’entre anglais et portugais c’est nettement plus harmonieux. Une fois la situation reprise en main, Wellington peut marcher sur Salamanque à la rencontre du maréchal Marmont.

Les deux armées se rencontrent enfin le 22 juillet 1812 lors de la Bataille des Arpiles (Battle of Salamanca pour les britanniques). 50000 français affrontent 48500 alliés. C’est une défaite française qui se solde par de lourdes pertes de part et d’autres. Si les français ont 6000 pertes et 7000 prisonniers, les alliés ont 3129 britanniques, 2038 portugais et…..6 portugais hors de combat.

L’armée du maréchal Marmont engage pour l’occasion huit divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie et 78 canons (servits par 3300 artilleurs) sans oublier 1300 hommes du génie et des services.

De leur côté les alliés engagent huit divisions britanniques, deux brigades portugaises, cinq brigades de cavalerie (deux britanniques, la brigade de chevau-légers anglo-allemands, la brigade de dragons lourds de la King’s German Legion, la brigade des dragons portugais), neuf batteries d’artillerie dont une portugaise.

Les alliés l’emporte grpace à une succession d’attaques de cavalerie. Les français sont handicapés par la mort d’un chef (Thomières) et la blessure d’un autre (Marmont) ce qui provoque un flottement toujours préjudiciable au combat.

Le général Clauzel contre-attaque mais c’est un échec. Les français battent en retraite. Ils auraient pu être bloqués mais le bataillon espagnol chargé de cette mission s’est replié sans ordre !

Wellington va libérer Madrid deux mois plus tard. Cette victoire assied la réputation de bon stratége du général britannique (les historiens sont plus partagés, excellent tacticien oui stratége de génie peut être pas).

Du 18 septembre au 22 octobre 1812 à lieu le Siège de Burgos. 2000 français sont assiégés par 35000 anglo-portugais. Ce siège fait suite à la poussée de Wellington qui à obligé les français à évacuer Valladolid et se replier sur Burgos où se trouvait le dernier dépôt de l’Armée de Portugal.

Les combats sont féroces avec notamment le recours à la sape et à la mine, à la grenade. Une brèche est faite le 29 mais l’assaut échoue (brèche trop étroite et feu nourri = lourdes pertes pour les alliés). Les anglo-portugais doivent finalement se replier devant l’arrivée de l’armée française.

Le siège se termine ssur un bilan similaire dans les deux camps : 304 morts, 323 blessés et 60 prisonniers côté français, 550 tués et 1500 blessés pour les alliés.

Le 17 novembre 1812 à lieu le Combat de St Munoz, un combat d’arrière garde. Les français l’emporte contre l’armée de Wellington qui de Burgos se replie sur le Portugal. Les français pressent les anglo-portugais et manquent de les bloquer sur le Rio Huebra.

Soult refuse d’attaquer sachant que son adversaire est bien retranché. Dès qu’il voit le repli ennemi sur le Portugal il ordonne la retraite vers l’est (19 novembre 1812).

Sept mois plus tard le 21 juin 1813 à lieu la Bataille de Vitoria au pays basque espagnol. Les français mobilisent 58000 hommes et 140 canaons contre 78000 soldats alliés et 108 canons.

Cela se termine par 7500 pertes côté français et 5000 côté allié. Les alliés rompt le front au centre provoquant son effondrement. Les troupes françaises se débandent mais fort heureusement pour eux les alliés trop occupés à piller les bagages françaises ne les poursuivent pas.

Du 28 juillet au 1er août 1813 à lieu la Bataille de Sorauren près de Pampelune, les 30000 hommes du maréchal Soult affrontent 24000 soldats alliés. Les français ont 4000 pertes contre 2600 de l’autre côté.

Les alliés assiègent St Sebastien et Pampelune. Soult contre-attaque avec trois colonnes pour soulager les garnisons françaises assiégées. La colonne du centre attaque les alliés bien retranchés. Les combats sont sanglants et l’arrivée de renforts côté allié oblige Soult à ordonner la retraite. Des escarmouches suivent mais les français doivent définitivement abandonner l’Espagne.

Le 10 novembre 1813 c’est la Bataille de la Nivelle qui oppose 60000 français à 80000 soldats alliés, bataille qui est une défaite française avec 4251 pertes contre 2450. les alliés pénètrent en France et rien de sérieux ne peut leur être opposé.

Un mois plus tard c’est une nouvelle défaire française lors de la Bataille de la Nive (9 au 12 décembre 1813). 62000 français affrontent 64000 alliés. Si les français n’ont que trois cents pertes les alliés ont 2708 morts 2185 blessés et 209 disparus (britanniques), 409 tués, 1802 blessés et 287 disparus (portugais) 5 morts et 21 blessés (espagnols).

La dernière bataille de la guerre péninsulaire à lieu le 27 février 1814. C’est la Bataille d’Orthez qui voit 36000 soldats français s’opposer à 44000 anglo-portugais. 2500 soldats français sont tués et blessés et 1350 prisonniers contre 2300 tués et blessés dans l’autre camp.

Les alliés attaquent l’aile droite française qui repousse à cinq reprises les assauts alliés. Une nouvelle attaque est tentée au centre mais c’est à nouveau un échec. Il faudra une attaque conjointe au centre et à gauche pour que les alliés prennent le dessus. D’autres troupes situées au sud d’Orthez ayant franchit le Gavre de Pau, Soult n’à d’autres choix que d’ordonner la retraite.

Pologne et Pays Neutres (28) Portugal (8)

FORCES ARMEES PORTUGAISES

Armée de Terre

Une histoire militaire du Portugal (1) : De la Reconquista à la Restauration

Viriate, le « Vercingetorix portugais »

Le futur territoire portugais à été le théâtre de nombreux combats à l’époque antique que ce soit entre romains et carthaginois, entre romains et lusitaniens, entre romains et différents peuples «barbares» (comme les wisigoths, les vandales et les suèves qui n’hésitaient pas à se combattre entre eux).

En 711 les berbères islamisés de Tarik franchissent le futur détroit de Gibraltar (déformation de Dejebel-Tarik «le rocher de Tarik») et balayent un royaume wisigoth agonisant.

Le roi des Asturies Pelage (Pelayo) considéré comme l’initiateur de la Reconquista

Très vite pour ne pas dire immédiatement les royaumes chrétiens organisent la reconquête de la péninsule ibérique (Reconquista), la région comprise entre les fleuves Minho et Douro jouant un rôle capital dans ce processus qui comme nous le savons va prendre plus de sept siècles avec des avancées et des reflux.

Le comté puis le royaume de Portugal va jouer un rôle important dans cette reconquête qui s’achève dès 1249 par la conquête de l’Algarve.

Par la suite les souverains portugais vont hésiter entre la poursuite de la croisade en direction de l’Afrique du Nord et les grandes découvertes.

Cela dépendait du contexte diplomatique mais aussi économique, les grandes découvertes étant souvent plus lucratives que les expéditions au Maghreb qui pouvaient parfois aboutir à une catastrophe comme suite à la mort de Sébastien 1er et d’une bonne partie de la noblesse portugaise à la bataille de Ksar-El-Kébir en 1578. Deux ans plus tard le roi d’Espagne Philippe II devenait Philippe 1er du Portugal, marquant le début d’une union ibérique qui allait durer soixante ans (1580-1640).

A plusieurs reprises les portugais vont affronter les ottomans. Si ils arrivent trop tard pour combattre à Otrante en 1481, ils gagnent une bataille à Goa en 1510 mais perdent à Djeddah en 1517 tout comme à Dui en 1531 alors que sept ans plus tard au même endroit les portugais prennent leur revanche.

En revanche en 1548 et 1552 les batailles pour le contrôle d’Aden et de Mascate se terminent par des victoires ottomanes. Les combats sont se poursuivre de manière épisodique jusqu’en 1559.

De nouveaux affrontements ont lieu entre 1586 et 1589 en Afrique orientale, affrontements qui se terminent par une victoire portguaise.

De 1505 à 1517 les portugais affrontent les mameluks dans l’Océan Indien. C’est essentiellement une guerre navale avec néanmoins quelques batailles terrestres.

Si la Bataille de Chaul en mars 1508 est une défaite portugaise en revanche la Bataille de Diu le 3 février 1509 se termine par une victoire lusitanienne. En 1513 dans le cadre de ce conflit les portugais mènent une campagne de raids en mer Rouge et de 1514 à 1517 les mameluks et les ottomans font de même.

De 1507 à 1622 les portugais affrontent les perses pour le contrôle d’Hormuz et du détroit du même nom. Si les portugais se sont emparés de la ville en 1507 ils la perde définitivement en 1622.

De 1529 à 1543 les portugais soutiennent les ethiopiens chrétiens dans leur lutte contre le sultanat d’Adal (Somalie actuelle) soutenu par l’empire ottoman.

En 1538 des soldats portugais participent à l’expédition de Charles Quint contre Tunis. La ville prise sera sous contrôle espagnol via un monarque client jusqu’en 1574 quand les ottomans via leurs alliés barbaresques reprendront la ville qui restera sous leur contrôle jusqu’en 1881 quand la Tunisie devient un protectorat français.

De 1560 à 1621 les portugais s’emparent de la totalité de l’île de Ceylan sachant que les lusitaniens ont pris sur pied sur l’actuelle île de Sri Lanka dès 1505. Ils en sont chassés en 1658 dans le cadre de la guerre luso-hollandaise.

Ce conflit à lieu de 1602 à 1663 entre les Provinces Unies indépendantes de facto mais pas de jure (l’Espagne ne reconnaitra leur indépendance qu’en 1648) et le Portugal qui jusqu’en 1640 était uni par un lien personnel avec l’Espagne.

Les portugais estimant que les espagnols ont négligé la défense des colonies lusitaniennes au détriment des leurs cela va clairement alimenter le ressentiment portugais qui va aboutir à la révolte de décembre 1640 même si ce n’est qu’en 1668 que Madrid reconnaitra l’indépendance de son voisin occidental.

Pour revenir au conflit qui nous intéresse si un traité est signé en 1661 (Traité de La Haye) ce n’est qu’en 1663 que la paix revient. Ce conflit qui n’à concerné que les territoires ultramarins voit le Portugal conserver ses positions au Brésil, en Angola, en Afrique orientale, à Goa, à Hormuz (jusqu’en 1622) et à Macao, les bataves eux étant victorieux au Ghana, à Malacca, Ceyland, Formose et dans l’actuelle Indonésie.

De 1580 à 1583 à lieu la guerre de Succession Portugaise. Elle oppose l’Espagne et la faction pro-habsbourgeoise et le camp d’Antoine, Prieur de Crato soutenu par la France, l’Angleterre et les Provinces-Unies.

Le 24 juillet 1580 Antoine s’est proclamé roi de Portugal, un règne éphémère de trente-trois jours jusqu’à sa défaite à la Bataille d’Alacantara (25 août 1580).

Cette bataille oppose le camp du prieur de Crato qui aligne 8000 fantassins, 500 cavaliers et 30 canons face aux 13000 fantassins, 1800 cavaliers et 22 canons de l’armée espagnole.

C’est donc un triomphe pour le fils de Charles Quint, son armée n’ayant «que» 500 morts et blessés alors qu’en face c’est une véritable saignée avec 4000 morts et prisonniers.

Après cette défaite les forces du prieur de Crato se replient sur Porto dans l’espoir de continuer la lutte mais elles sont totalement détruites par les forces du duc d’Albe qui s’emparent de la grande ville du nord le 24 octobre 1580 (Lisbonne est tombée dès le 27 août 1580). Les dés sont jetés, le conflit ne peut plus basculer même si les combats vont se poursuivre aux Açores en 1582 et 1583.

Du 1er décembre 1640 aau 13 février 1668 à lieu la Guerre de Restauration Portugais qui marque la fin de l’Union Iberique. Le Traité de Lisbonne (13 février 1668) oblige le Portugal en échange de son indépendance à céder à l’Espagne Ceuta, Salvattera de Mino et Reimisende.

Le 26 mai 1644 à lieu la Bataille de Monitjo qui oppose 6000 fantassins, 1100 cavaliers et six canons côté portugais face à une armée espagnole composée de 4000 fantassins 1700 cavaliers et deux canons. Le bilan est incertain avec 900 à 3000 morts et blessés côté portugais face à 433 tués et 380 blessés espagnols. Le résultat est incertain.

On assiste également à une petite guerre avec de nombreuses frictions, la guerre coûte très cher à l’Espagne qui doit également combattre dans les Flandres.

Le 14 janvier 1659 à lieu la Bataille d’Elvas, bataille qui oppose 10500 portugais et 50 canons face à 15800 espagnols et 10 canons. Les portguais remportent là une victoire décisive avec 898 tués blessés et prisonniers pour les vainqueurs, 11200 tués, blessés et prisonniers pour les vaincus.

De 1662 à 1667 un corps expéditionnaire composé notamment de vétérans de la guerre civile anglaise et la New Model Army va assister les portguais.

Le 8 juin 1663 les anglo-portugais remportent la Bataille d’Ameixial, 17000 anglo-portugais (3000 britanniques) (14000 fantassins 3000 cavaliers 15 canons) vont vaincre 18500 «espagnols» (12500 fantassins répartis en vingt-six Tercios, huit Tercios italiens, cinq Tercios allemands et un Tercio français, 6000 cavaliers et 18 canons). Le bilan fait état de 1000 portugais tués ou blessés, 100 britanniques tués ou blessés face à 4 à 10000 pertes ainsi que toute l’artillerie capturée.

Le 7 juillet 1664 à lieu la Bataille de Castelo Rodrigo, 3000 portugais affrontent 7000 espagnols avec neuf canons. Le bilan fait état d’un tué côté portugais mais de 2000 tués et 500 blessés daans le camp adverse. Toute l’artillerie espagnole est capturée.

Le 17 juin 1665 à lieu la Bataille de Montes Claros, 22000 anglo-portugais affrontent 22600 espagnols. Les anglo-portugais l’emporte avec tout de même 2700 tués et blessés. Ils peuvent se consoler en se disant qu’en face le bilan est encore plus lourd avec 8000 tués et blessés plus 6000 capturés.

Une histoire militaire du Portugal (2) : au temps de la guerre en dentelles

Soldat portugais 18ème siècle

De juillet 1701 à septembre 1714 à lieu la Guerre de Succession d’Espagne. La mort sans héritier de Charles II, dernier roi habsbourg offre la couronne des Rois Catholiques à celui qui sera capable de s’en emparer.

Louis XIV la voulait pour son petit-fils Philippe, duc d’Anjou mais refuse que soient dissociées les couronnes espagnoles et françaises ce que ne peuvent accepter ni les britanniques ni les autrichiens.

Le Portugal bien que lié avec la France par un traité choisit le camp allié après la Bataille de la baie de Vigo (23 octobre 1702), Pierre II va donc combattre aux côtés du Saint Empire Romain Germanique, de l’Autriche, de la Grande-Bretagne, des Provinces-Unies, des espagnols pro-habsbourgeois, de la Prusse (à partir de 1702) et de la Savoie (1703 changement de camp «Monseigneur le duc de Savoie termine rarement un conflit dans le camp où il l’à commencé à moins bien sur qu’il n’est déjà changé de camp»).

En mars 1704 l’archiduc Charles débarque à Lisbonne pour s’emparer du trône qu’il revendiquait. Le Portugal sert de base arrière pour les alliés mais ne participe pas vraiment aux combats.

Très vite les alliés vont perdre la main. Le 11 décembre 1710 les franco-espagnols du duc de Vendôme et de Philippe V défont l’armée alliée austro-hispano-hollando-lusitano-britannique lors de la Bataille de Villaviciosa.

20000 franco-espagnols sont opposés à 14000 alliés. Les franco-espagnols ont eu 2000/3000 tués et blessés, les alliés la même chose.

Auparavant les portugais avaient remporté avec les autrichiens, les britanniques et les néerlandais à la Bataille d’Almenar (27 juillet 1710), 22000 espagnols affrontent 24000 alliés en Catalogne, les espagnols ayant 1000 morts et 3000 prisonniers (400 tués dans l’autre camp).

Dans leur lancée les alliés remportent la Bataille de Saragosse (20 août 1710), 20000 espagnols affrontant 30000 alliés, les premiers ayant 5 à 6000 tués (plus 700 prisonniers) face à 1500 tués et blessés.

Des troupes portugaises ont aidé les vénitiens dans leur guerre contre les ottomans de 1714 à 1718 qui se termine par la victoire de la Sublime Porte qui s’empare de la Morée (Péloponnèse), la Serenissime étant sauvée par l’intervention autrichienne en 1716.

Du 14 octobre 1735 à août 1737 à lieu la guerre hispano-portugaise dans la Banda Orientale. Les 2000 soldats portugais affrontent 2000 espagnols et 4000 guaranis.

En février 1756 les troupes portugaises doivent s’employer contre les guaranis en Amérique du Sud.

En 1762/63 à lieu une nouvelle guerre hispano-portugaise dans le cadre du contexte de la Guerre de Sept Ans. C’est la France qui pousse l’Espagne au nom du pacte de famille d’attaquer le Portugal dans l’espoirr de détourner des hommes et des ressources britanniques. Le Portugal est de plus affaiblit par le tremblement de terre en 1755.

Les espagnols envahissent le Portugal métropolitain et les colonies portugaises le 5 mai 1762. En Europe les espagnols sont humiliés en revanche en Amérique du Sud c’est plus compliqué. De juillet à novembre 1762, les espagnols envahissent à nouveau le Portugal.

Le 27 août 1762 à eu lieu la Bataille de Valencia de Alcantara, 3000 anglo-portugais affrontent 4000 espagnols, les premiers remportant la bataille avec 25 morts et blessés contre 600 tués, blessés et prisonniers. Le traité de Paris marque un retour au statu quo ante bellum.

Outre la guerre hispano-portugaise que nous avons vu, les troupes portugaises participent à la guerre anglo-espagnole à Cuba, aux Philippines et en Nouvelle Espagne.

Entre février 1776 et février 1777 à lieu une nouvelle guerre hispano-portugaise. Cette guerre à pour théâtre l’Amérique du Sud. 9000 portugais vont affronter 6000 espagnols. Cela se termine par le premier traité de San Ildefonso qui régle les disputes frontalières dans la région du Rio de la Plata.

Pologne et Pays Neutres (27) Portugal (7)

Le Portugal (1933-1954)

Estado Novo

Antonio de Oliveira Salazar

Si vous demandez à une personne peu ou pas informée la nature du régime au pouvoir au Portugal à partir de 1933 il est probable qu’il parlera de régime fasciste. Un raccourci commode mais c’est un peu plus compliqué que cela.

Dès sa nomination au ministère des Finances, Salazar ne cache son ambition de toute-puissance même si à la différence de nombre de dictateurs il fera preuve d’une grande modestie et ne se montrera guère à l’aise dans les discours et les démonstrations de force face à la foule.

Opposé au communisme, au capitalisme et au libéralisme, l’ancien professeur de l’université de Coimbra est clairement un réactionnaire rêvant d’un âge d’or, rêvant de redonner au Portugal un statut de grande puissance perdue au 16ème siècle.

Il finit par être nommé premier ministre en juillet 1932 et va peu à peu mettre sur place un nouveau régime entré dans l’histoire sous le nom paradoxal d’Etat nouveau (Estado Novo).

Ce nouveau régime s’inscrit totalement dans la lignée de la Ditadura Nacional, le régiment en place depuis le coup d’état militaire de 1926 qui renversa une république en perpetuelle instabilité depuis son établissement en 1910.

C’est un régime autoritaire où le Conseil des Ministres à toute autorité sur le pouvoir législatif (Parlement et Chambre corporative). L’orthodoxie budgétaire et la conservation des colonies sont des dogmes intangibles de l’Etat Nouveau.

L’Estado Novo s’appuie sur les piliers traditionnels du Portugal à savoir l’Eglise, l’Armée, le Patronat, les relations sociales étant régulées par un système corporatiste. Il y à bien des élections mais avec un candidat unique forcément……. .

La constitution de l’Estado Novo est élaborée en 1932 et publiée au journal officiel portugais le 22 février 1933. Elle est approuvée par un plébiscite national le 19 mars 1933 avec pour la première fois le vote des femmes. L’abstention est faible mais cela est considéré comme de l’approbation ce qui fausse les résultats.

Le régime de Salazar suit la doctrine sociale de l’Eglise et s’inscrit dans la même mouvance qui portant Dolfuss au pouvoir en Autriche sans compter d’autres régimes autoritaires en Europe de l’Est.

L’Estado Novo se considère comme une république corporative avec de nombreux organismes chargés d’encadrer la société. Ses cinq piliers sont dieu, famille, travail, patrie et autorité.

Ce n’est pas un régime fasciste dans les années trente il y eu une tentation de singer les régimes au pouvoir en Allemagne et en Italie. En 1934 néanmoins le mouvement fascisant des Chemises Bleues de Rolao Preto est dissous, son leader exilé.

Francisco Rolão Preto

Salazar se nourrit des idées de l’intégralisme lusitanien, un mouvement monarchiste, traditionaliste mais non conservateur, anti-moderniste, anti-parlementariste, communaliste, corpo-syndicaliste, décentralisateur et catholique. L’absence de processus de politisation des masses, le cléricalisme et l’anti-modernisme éloignent le régiment portugais du fascisme.

Il existe néanmoins une police secrète, la tristement célèbre Policia internacional e de defesa do estado (PIDE) qui réprime les oppositions au Portugal et à l’étranger. Inspirée de l’OVRA fasciste, elle bénéficie des conseils du MI-5, le service de contre-espionnage britannique.

Un parti unique l’Union Nationale (UN) est créé dès le 30 juillet 1930. L’Assemblée nationale est élue sur un système de liste unique, la Chambre corporative n’ayant qu’une vocation consultative sur les projets qui sont ensuite soumis à l’assemblée.

Le chef de l’Etat élu pour sept ans au suffrage universel direct n’à qu’un pouvoir limité surtout en présence de Salazar le véritable maitre du pouvoir.

Comme je l’ai dit plus haut dans les années trente il y eu la tentation de fasciser le régimer portugais avec la création en 1935 de la Fédération Nationale pour l’Allégresse au travail inspiré du Krafft Durch Freude nazi pour encadrer les loisirs des ouvriers ou encore en 1936 la création de la Mocidade Portuguesa. Une Légion Portugaise est créée la même année mais toutes ses entités disparaitront à la fin de la seconde guerre mondiale sans avoir vraiment pesé de tout leur poids sur le régime.

Le Portugal et la guerre d’Espagne

Quand la guerre civile espagnole (qui très vite s’internationalise) éclate le gouvernement portugais est officiellement neutre mais naturellement la sympathie de Salazar va en direction des insurgés.

Les relations luso-espagnoles ont toujours été compliquées et marquées du sceau de la méfiance, les portugais n’ayant pas oublié l’Union Iberique (1580-1640), les six décennies au cours desquelles le roi d’Espagne à été également roi de Portugal.

La crainte de voir les souverains espagnols qu’ils soient hasbourgeois ou bourbons d’unifier sous leur sceptre toute la péninsule ibérique explique pourquoi le Portugal s’est très vite rapproché de l’Angleterre.

En 1931 l’arrivée des républicains au pouvoir provoque une dégradation des relations entre les deux pays, le gouvernement espagnol soutenant les opposants au régime portugais et ce dernier n’hésitant pas à accueillir des opposants notoires comme le général Sanjurjo qui tente un coup d’état en 1932 (Sanjurjada).

En ouvrant ses ports aux nationalistes le Portugal permet aux troupes de Franco de bénéficier d’un voie d’approvisionnement sure pour amener les armes et les munitions.

Le gouvernement portugais tente d’aller plus loin en tentant de mettre sur pied une Légion portugaise dont les hommes sont rapidement appelés Viriatos en référence au chef lusitanien mais des incidents pousse Salazar à dissoudre l’unité avant toute existence réelle.

Il y aura bien des volontaires lusitaniens, ils s’appeleront bien des viriatos mais contrairement à ce qui est parfois écrit il s’engageront à titre individuel dans la Légion, dans la phalange, chez les carlistes et chez les requetes. Des pilotes portugais vont également participer aux combats. Les chiffres sont incertains oscillant entre 4 et 12000 hommes, la majorité des historiens s’accordant sur le chiffre minimal de 6000 hommes.

En 1937 une mission militaire portugaise se rend aux côtés des nationalistes pour défendre les droits des volontaires portugais et pour étudier les combats et ainsi en tirer les leçons pour l’armée lusitanienne.

En 1938 le Portugal reconnaît le régiment franquiste et le 17 mars 1939 le Portugal et l’Espagne signe un traité de non-agression appelé Pacte Ibérique avec reconnaissance mutuelle des frontières, consultation pour concerter les actions diplomatiques et militaires. Le traité est complété le 29 juillet 1940 par une convention militaire. Cela n’empêchera pas une grande méfiance entre Salazar et Franco. Il faut dire qu’entre le professeur d’université et le militaire baroudeur, les atomes crochus devaient être peu nombreux.

Le Portugal et la Pax Armada

En septembre 1939 quand la guerre de Pologne éclate, le Portugal de Salazar se déclare neutre, fermant ses ports aux bélligerants jusqu’à la mi-octobre quand sous les pressions britanniques les ports lusitaniens sont rouverts au trafic étranger. Bien qu’officiellement neutre le pays de Camoes est plus favorable à l’Allemagne et à l’Italie.

Durant la Pax Armada le Portugal maintien sa neutralité en veillant à ce que l’Espagne reste elle aussi neutre, Salazar craignant qu’une entrée en guerre de l’Espagne n’entraine celle du Portugal contraint et forcée.

Durant l’époque 1939-1948 le régime durcit sa répression pour faire face à une certaine agitation en métropole comme dans les colonies. Le contrôle de la population se renforce avec une PIDE omniprésente, son encadrement également. On parle d’une forme de fascisation du régime portugais mais comme nous l’avons vu plus haut ce ne sera pas complet probablement en raison de la personnalité du dictateur portugais.

Sur le plan économique, la politique menée par Salazar est une politique à visée autarcique qui connait un succès inégal.

Face aux tensions persistantes en Europe, le Portugal se doit de moderniser ses forces armées pour faire face moins aux menaces sur son territoire métropolitain (assez limitées) qu’aux menaces sur ses îles et son empire colonial.

Cette modernisation est très insuffisante et très incomplète. A cause d’un manque de moyens ? Oui mais ce n’est pas la seule raison. Le dictateur portugais se méfie énormément de l’armée et des militaires.

Il à certes accédé au pouvoir grâce à eux mais il à vu les limites d’un régime militaire et ne veut surtout pas voir l’oeuvre de sa vie ruinée par un nouveau golpe militar fait par quelques galonnés en mal d’aventure.

L’armée de terre reçoit de nouveaux équipements, des unités sont réentrainées mais Salazar par orgueil refuse les propositions faites par des pays étrangers d’envoi d’une mission militaire pour former et entrainer les soldats, les sous-officiers et les officiers lusitaniens. L’armée de l’air bénéficie de quelques moyens supplémentaires tout comme la marine.

Comme le dira un officier portugais futur exilé «On avait juste de quoi faire le minimum rien de plus. Si un pays étranger nous avait envahit Lisbonne aurait été pris en deux jours comme en 1807».

Le Portugal dans le second conflit mondial

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 Salazar n’est pas sot. Il sait que le conflit va durer que cela se terminera par un K.O d’un des belligérants et non une victoire aux points. Il décide de conserver sa neutralité mais comme son voisin espagnol il espère en tirer des bénéfices.

Comme tout bon dictateur qui se respecte Salazar n’à qu’une obssession : la survie du régime. Il est pour cela près à tout. Il ne manque pas d’atouts, il sait par exemple que les alliés ont tout intérêt à neutraliser la péninsule ibérique.

Une Espagne et un Portugal basculant du côté de l’Allemagne et de l’Italie et ce serait une catastrophe absolue pour les alliés.

Cela genérait considérablement la France prise entre deux feux en Méditerranée et cela pourrait même conduire à la fermeture de la Mare Nostrum par la prise de Gibraltar et l’occupation de la partie française du Maroc.

Un tel alignement n’est pas non plus sans risque. Une alliance en bonne et due forme avec Rome et Berlin entrainerait immédiatement la perte des colonies ce que le régime de l’Etat neuf ne peut se permettre.

Salazar comme Franco va donc louvoyer en essayant de tirer le maximum de cette neutralité qui voir concilier l’inconciliable.

On verra donc parallèlement le régiment autoritaire lusitanien ouvrir discrètement certains ports et criques à des sous-marins de l’Axe pour ravitaillement et entretien sommaire (y compris auprès de navires allemands et italiens officiellement internés au Portugal) tout en acceptant que les Açores accueillent à Lajes une base aérienne destiné aux avions traquant les U-Boot et autres forceurs de blocus.

Durant le second conflit mondial le pays se protège en fortifiant ses frontières terrestres et maritimes, en interdisant son espace aérien aux avions des pays belligérants à l’exception d’avions en difficulté.

Nombre d’appareils anglais et américains se poseront au Portugal au point que certains pouvaient douter de la réelle nécessité de s’y poser. Ce doute sera confirmé après le retour de la démocratie, des aviateurs portugais dévoilant que c’était une astuce pour éviter les protestations de l’Axe.

En ce qui concerne les frontières terrestres, elles se couvrent de barbelés et de champs de mines, des blockhaus étant construits. Il ne s’agissait bien entendu pas d’une Ligne Maginot à la sauce portugaise mais plutôt d’un moyen de couvrir la frontière pour éviter une attaque brusquée qu’elle soit britannique, française ou même espagnole. Un véritable camp retranché protège Lisbonne.

Des champs de mines sont mouillés pour protéger l’accès aux bases de la marine portugaise ce qui provoquera quelques accidents visant des navires de l’Axe ou alliés qui n’étaient bien entendu pas au courant.

Dans les colonies on assiste à un processus similaire. Si il n’y à pas de minage des côtes de l’Angola, du Mozambique, de la Guinée portugais ou du Cap Vert on assiste au renforcement de certaines positions fortifiées et à l’envoi de troupes moins parce que les colonies sont menacées par une invasion étrangère (Paris, Londres et Washington ont clairement fait comprendre à Salazar que seule une alliance pleine et entière avec l’Allemagne et l’Italie entrainerait une occupation des colonies lusitaniennes) que pour éviter une agitation des populations indigènes.

Des opérations de nettoyage sont menées durant le second conflit mondial en Angola, une sorte de guerre parallèle qui entrainera des incidents de frontière avec l’Union Sud Africaine mais cela ne dégénéra pas en conflit ouvert car ni Lisbonne ni Pretoria n’y avait intérêt.

Les seules unités portugaises régulières qui vont combattre sont celles chargées de défendre Macao et le Timor oriental, une colonie portugaise.

Si à Macao la petite garnison se rend rapidement (elle est internée en Chine mais sera victime de bombardements alliés qui tueront un certain nombre de portugais) à Timor la garnison de la taille d’un bataillon renforcé décide de combattre l’envahisseur pour «l’honneur du Portugal».

Elle se rend ensuite mais par son statut de neutre, la garnison est internée jusqu’à la fin de la guerre mais certains vont s’évader et vont combattre aux côtés des alliés pour libérer le Timor de l’occupation japonaise.

D’autres portugais vont combattre dans les deux camps. Une poignée de lusitaniens va s’engager dans la Division Azul et combattre sur le front de l’est tandis que d’autres refugiés politiques en France vont s’engager dans la Légion Etrangère, s’illustrant notamment dans les Balkans.

Quand le second conflit mondial se termine le Portugal est resté neutre mais cette neutralité à évolué vers une neutralité favorable aux alliés. Les ports lusitaniens se fermèrent aux sous-marins allemands (de toute façon de plus en plus rares dans l’Atlantique), les ressortissants allemands et italiens relativement libres internés, les espions pourchassés par la PIDE.

Le régime salazariste contrairement au régime franquiste savait avant même la fin du conflit que le régime ne serait pas attaqué.

Mieux même aucune compensation ni aucune réforme même cosmétique ne fût exigé au vieux dictateur portugais (65 ans en septembre 1954) qui pu croire que rien n’avait changé.

De toute façon avec le début de la guerre froide, la position du Portugal stratégique interdisait toute volonté de l’occident de déstabiliser un pays qui en cas de guerre nucléaire devait être avec son voisin espagnol une zone de repli pour les forces de l’OTAN bousculées par les forces du pacte de Varsovie, les unités portugaises modernisées et réorganisées devant barrer les soviétiques et leurs alliés sur les Pyrénées.