Mitteleuropa Balkans (171) Grèce (15)

MARINE ROYALE GRECQUE

Histoire de la marine royale grecque (Βασιλικόν Ναυτικόν Vasilikón Naftikón)

Pavillon royal grec au moment de la restauration monarchique en 1935

Les origines

La marine royale grecque est naturellement née avec le royaume de Grèce d’Othon 1er encore comme nous l’avons vu à propos de l’Italie il arrive parfois qu’une marine précède de quelques mois la naissance de l’état qu’elle est censée servir. C’est néanmoins plus l’exception que la règle.

Les marins grecs peuvent s’appuyer sur une histoire maritime très ancienne qu’il s’agisse des légendaires navires grecs qui allèrent assiéger Troie pour récupérer Hélène, l’épouse d’Agamennon enlevée par Paris, du navire transportant Jason et ses Argonautes à la recherche de la Toison d’Or où encore d’Ulysse errant dès années avant de retrouver sa chère Ithaque et son épouse Pénélope.

Plus historique nous pouvons parler de la bataille de Salamine entre les trières grecques et les galères perses, des affrontements navals entre Athènes et Sparte, du feu grégeois de la marine byzantine qui sauva pendant dès années la capitale Constantinople de l’infamie d’une capture ou encore de l’escadre anglo-franco-russe qui joua un rôle capital dans l’indépendance grecque en défaisant une escadre turco-ottomane à Navarin.

Quand éclate la guerre d’indépendance, les insurgés grecs ne sont pas dépourvus de marine. Ils s’appuient sur les flottes marchandes d’Hydra, de Spetsai, de Poros, de Psara et de Samos.

Ces navires marchands sont armés moins pour faire la guerre que pour se défendre contre une piraterie encore présente dans la Mare Nostrum (Elle ne disparaitra qu’avec la conquête française de l’Algérie).

Leur première mission n’est pas d’écraser la marine ottomane _ils ne sont pas assez puissants pour cela_ mais d’empêcher le ravitaillement et le renforcement des garnisons ottomanes présentes en Grèce continentale et ainsi préserver la révolte.

C’est un succès et pour lutter contre la marine ottomane les grecs utilisent une stratégie du faible au fort en ressuscitant le brulot qui permet la destruction de plusieurs navires de ligne ottomans notamment le navire-amiral de la flotte ottomane à Chios par Kanaris en 1822.

En 1825 les grecs tentèrent même une attaque d’une rare audace contre le port d’Alexandrie où se trouvait la flotte egyptienne de Mehmet Ali mais ce fût un échec, un brusque changement de vent empêchant la réalisation du projet.

Tout en combattant les ottomans et tout en se combattant entre-eux, les grecs essayèrent de mettre sur pied une flotte de guerre digne de ce nom pour protéger leur indépendance toute neuve.

Une frégate moderne baptisée Hellas est construite aux Etats-Unis en 1825 mais elle sera incendiée en 1831 quand l’amiral Miaoulis décide de la saborder plutôt que de la livrer aux russes comme lui avait demandé le gouvernement.

Des navires modernes sont construits en Grèce une fois l’indépendance acquise permettant le remplacement progressif des navires survivants de la guerre d’indépendance.

On se préoccupe également d’obtenir le personnel compétent nécessaire mais il n’y à pas d’académie navale à l’époque, les officiers étant formés à la Scholi Evelpidon, le «St Cyr grec» avant d’être transférés à la marine où ils complètent leur formation sur le tas comme c’était souvent le cas à l’époque.

En 1832 le roi Othon 1er arrive en Grèce à bord de la frégate britannique Madagascar. A l’époque la marine grecque se compose d’une corvette, de trois bricks, de six goelettes, de deux canonnières, deux bateaux à vapeur et de quelques petits navires pour des missions de servitude.

En 1846 une ecole Navale est créée à bord de la corvette Loudovikos. Es-ce le début d’une croissance saine et vertueuse ? Hélas non car la marine grecque est traversée par des querelles entre les tenants de la modernité et les tenants de la tradition.

En gros ceux qui veulent rester au bois et à la voile et ceux qui veulent explorer les bénéfices de la coque en fer et de la vapeur. Cela affecte beaucoup les capacités de la marine grecque tout juste bonne à effectuer de la police des mers et à poursuivre les pirates.

Dans les années 1850 les modernes l’emporte sur les anciens. Le nombre de navires augmentent et en 1855 sont mis en service les premiers navires à coque en fer et à hélice, des navires baptisés Panopi Pliksavra Afroessa et Sfendoni de conception et de construction britannique.

En dépit de ces progrès, la marine grecque est incapable d’assister les insurgés crétois lors de leur révolte contre les ottomans en 1866. De nouveaux navires plus gros et plus modernes sont construits, des bases aménagées. En 1884 une mission navale française dirigée par l’amiral Lejeune introduit un certain nombre d’innovations et participe à la réorganisation de la marine royale grecque.

En 1897 la marine grecque qui s’est équipée de cuirassés modernes venus de France, les Hydra Spetsai et Para parvient à contrôler la mer Egée mais hélas le sort de la guerre se joue sur terre où la marine héllène n’est d’aucun secours.

En 1907 un état-major général est mis sur pied tandis que de nouveaux navires sont acquis pour faire face à la réorganisation et à l’expansion de la marine ottomane.

En 1910 une mission navale britannique dirigée par l’amiral Tuffnel introduit le modèle anglais dans la marine grecque que ce soit pour la gestion des hommes, l’organisation, l’entrainement et la stratégie navale.

La marine royale grecque va jouer un rôle capital dans les deux guerres balkaniques enfin surtout dans la première au cours de laquelle elle va empêcher l’empire ottoman de transférer des troupes entre la partie asiatique et la partie européenne du pays.

La marine grecque s’illustre tout d’abord lors de la Bataille d’Eli le 16 décembre 1912 (NdA calendrier grégorien), un bataille qui à lieu à l’entrée du détroit des Dardanelles. Elle oppose une flotte grecque commandée par contre-amiral Pavlos Kountouriotis et une flotte turque dirigée par le capitaine Ramiz Bey.

Le croiseur cuirassé Georgios Averoff durant le second conflit mondial avec un élégant camouflage

Du côté héllène on trouve le croiseur cuirassé Georgios Averoff, les cuirassés garde-côtes Hydra Spetsai et Psara et quatre destroyers, les Aetos Ierax Panthir et Leon.

Côté ottoman on trouve deux cuirassés, les Barbaros Hayreddin et Turgut Reis, les vieux cuirassés Mesudiye et Âsâr-i-Tevfik, le croiseur protégé Mecidiye et quatre destroyers ( Muavenet-i Milliye, Yadigâr-i Millet, Taşoz et Basra).

Depuis le début de la première guerre balkanique la marine grecque avait adopté une posture agressive alors que la marine ottomane s’était résolue à une stratégie attentiste.

L’amiral Kountouriotis débarque des troupes à Lemnos et conquiert d’autres petites îles. Le 5 novembre 1912 (N.S), l’amiral grec n’hésite pas à envoyer un télégramme à l’amiral turc pour le pousser au combat ! Le 15 décembre 1912, la flotte ottomane quitte les Dardanelles. La bataille à lieu le lendemain et se termine par une victoire grecque décisive. En effet les grecs ont pu capturer les îles de Imbros, Tenedos, Lemnos, Samos, Chios, Lesbos, Thasos, Samothrace et le mont Athos.

La deuxième bataille majeure du conflit à lieu à peine un mois plus tard le 18 janvier 1913 (N.S), la Bataille de Lemnos avec toujours les mêmes protagonistes, les grecs alignant trois cuirassés, un croiseur cuirassé, sept destroyers contre trois cuirassés, un croiseur et cinq destroyers.

Cette bataille à été provoquée par la marine ottomane qui cherchait à reprendre le contrôle de la mer Egée perdu un mois plus tôt à la bataille d’Elli.

Elle tente d’attirer le Georgios Averoff loin du reste de la flotte en coulant un navire et en bombardant Syros mais Kountouriotis ne tombe pas dans le piège.

La flotte ottomane est repérée par les grecs au matin du 18 janvier sur les coups de 08.20 et à 09.45 la flotte grecque appareille de la baie de Moudros, les deux flottes se retrouvant à 12 miles au sud-est de Lemnos, en colonnes convergentes au sud-est. Les échanges de tir commencent à 11.34 à une distance de 8400m.

Aussitôt la colonne grecque tourne à gauche pour réduire à la distance. Peu après le Mecidiye et des destroyers mettent cap au nord-est direction les Dardanelles suivi peu après par le Mesûdiye après que ce dernier eut été sévèrement endommagé par l’Hydra et le Psara.

A 11.54 le Barbaros Hayreddin est touché par une salve de l’Averoff, les dégâts lui impose une prompte retraite. Il est bientôt suivit (12.00) par le Turgut Reis. L’Elli et le Georgia Averoff utilisant leur vitesse supérieure se lancent à la poursuite des navires ottomans pour achever le travail mais à 14.30 la flotte ottomane entre à l’abri des Dardanelles.

Les ottomans ont tiré plus de 800 coups mais leur précision à été calamiteuse avec seulement deux coups au but ! De leur côté les grecs ont été nettement plus adroits, matraquant durement la flotte ottomane.

Ce sera le dernier affrontement naval de la première guerre balkanique, la marine ottomane renonçant à affronter la marine grecque. Le 24 janvier l’aéronavale grecque réalise sa première mission de guerre quand un hydravion Maurice Farman piloté par le lieutenant Michael Moutoussis et par l’enseigne Aristeidis Moraitinis confirme le repli de la flotte ottomane, flotte qu’ils vont attaquer avec quatre bombes. Le vol avait durer 2h20 et avait permis à l’hydravion de franchir 180km, une performance remarquée dans la presse qu’elle soit grecque ou étrangère.

La marine royale grecque dans le premier conflit mondial

Suite aux guerres balkaniques, la rivalité navale entre l’empire ottoman et le royaume de Grèce continue. La marine royale grecque est conçue pour être une force offensive pour capturer les îles ottomanes de la mer Egée.

Les grecs et les ottomans se livrent à une course aux armements à échelle réduite en commandant des cuirassés neufs.

Le Vasilefs Konstantinos, un des deux cuirassés commandés par la Grèce

En raison du déclenchement de la première guerre mondiale, ni l’empire ottoman ni le royaume de Constantin 1er ne recevra de cuirassé, Athènes ayant commandé un cuirassé type Bretagne à la France (navire baptisé Vasilef Konstantinos «Roi Constantin») et un cuirassé à l’Allemagne baptisé Salamis.

Le Salamis lui aussi ne fût jamais mis en service

Les seuls cuirassés grecs disponibles en 1914 étaient les derniers prédreadnought américains, les Mississippi et Idaho rebaptisés Kilkis et Lemnos. Du côté ottoman, l’arrivée du Goeben allemand fût une bénédiction pour la Sublime Porte.

Aux côtés des cuirassés on trouve quelques croiseurs et surtout des destroyers dont certains atteignent déjà les 1000 tonnes, un tonnage impensable quelques années plus tôt et qui à du faire sursauter d’effroi les tenants de la Jeune Ecole pour qui small is beautiful. On trouve même deux sous-marins.

Dans un premier temps la Grèce veut conserver sa neutralité mais très vite les dissensions apparaissent entre le roi Constantin 1er et son premier ministre Eleftherios Venizelos, le premier par culture et par liens familiaux (il est le beau-frère de Guillaume II) se sentant plus proche des Empires Centraux alors que le second est nettement plus favorable à l’Entente.

C’est le début du processus qui allait conduire au Schisme National entre un gouvernement légal à Athènes aux mains du roi et un gouvernement «rebelle» à Thessalonique. Pour faire pression sur le gouvernement grec, la France saisit la flotte grecque au moment de ce qu’on à appelé la Noemvriana («Vêpres Grecques»).

Ces navires vont être utilisés pour des patrouilles et des escortes en mer Egée et ce jusqu’en juillet 1917 quand suite à l’entrée de guerre de la Grèce aux côtés des alliés les navires sont rendus au gouvernement Venizelos. En 1917, la marine royale grecque affiche le visage suivant :

-Cuirassés Kilkis et Lemnos

-Cuirassés garde-côtes Hydra Psara Spetsai

-Croiseur cuirassé Georgios Averoff

-Croiseur protégé Elli

-Croiseur protégé Navarchos Miaoulis

Sous-marins Delfin et Xifias

-Destroyers Aspis Doxa Niki Velos Lonchi Nafkratousa Sfendoni Thyella Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea.

La marine grecque pro-alliée va participer aux opérations en mer Egée puis dans l’immédiat après guerre soutien l’amiral Denikine dans la guerre civile russe notamment en Crimée puis participe à la guerre greco-turque entre 1919/1922.

Mitteleuropa Balkans (46) Bulgarie (10)

MARINE BULGARE

Histoire

Aux temps jadis : peu ou pas de marine

Si la Bulgarie à connu des états puissants disposant de façades maritimes en revanche de puissantes marines point. Tout juste quelques unités ne pouvant pas vraiment rivaliser avec les plus puissantes marines de la région.

Louis le Pieux

La première mention de navires militaires bulgares date du IXème siècle . Durant sa guerre contre les francs de l’empereur Louis le Pieux (827-829) le khan Ormutag transporte des troupes sur le Danube et les débarquent sur les arrières des francs avec les conséquences que l’on peut facilement imaginer. Quinze ans plus tôt en 812 le khan Krum s’empare de forteresses byzantines en utilisant des navires militaires.

Pour une marine vraiment organisée il faut attendre le règne d’Ivan Asen II (1218-1241), une marine composée de navires à voile mais aussi de galères à rames, ces dernières étant chargées surtout de la défense des côtes.

En 1235 il envoie vingt-cinq grandes galères en soutien de l’empereur de Nicée dans son siège de Constantinople alors aux mains des latins et ce depuis la quatrième croisade de 1204.

En 1257 l’empire latin envoie une flotte de dix galères vénitiens et le 14 juin s’emparent de Nessebar (ville située au nord de Burgas, de peuplement grec jusqu’en 1923) après un court siège mais c’est une victoire sans lendemain.

Au XIVème siècke la Bulgarie n’est plus un état unifié mais une série de petits principautés qui vont succomber les unes après les autres à l’irresistible avancée des troupes ottomanes.

Cela n’empêche pas certains états bulgares de se montrer particulièrement vaillants notamment en mer Noire. C’est ainsi que la principauté de Karvuna disposa d’une marine qui remporta une série de succès navals contre les génois et les ottomans, les navires de cette principauté allant jusqu’en Crimée et même jusqu’à Trebizonde.

Qui dit marine dit chantier naval. Le principal était situé dans l’embouchure de la Kamchia (rivière de 191km prenant sa source dans l’est de la Bulgarie et se jettant directement dans la mer Noire à 25km au sud de Varna) en raison de l’abondance d’un bois de qualité à proximité. Il fût brûlé pour ne pas tomber aux mains des turcs.

Sur le plan technique les navires du premier empire bulgare sont des navires un peu à l’instar des drakkars vikings capable à la fois de navire en haute mer mais aussi sur les rivières.

Ils possédaient à la fois un faible tirant d’eau et de bonnes qualités nautiques. Leurs proues et leurs poupes étaient très hautes avec 10 à 15 rames sur chaque bord et un mat. A noter que les navires de bataille possédaient un petit bélier à l’avant pour dévoncer les navires ennemis.

Durant le second empire bulgare les navires sont issus du premier empire mais évoluent avec moins de rames et d’un modèle différent mais aussi des voiles triangulaires. Ils mesuraient 25 à 30m de long et 6 à 7m de large avec un ou deux mâts.

La marine bulgare : une marine de quatrième classe

La marine bulgare dans son acceptation moderne voit le jour le 13 janvier 1899 mais dès 1896 quelques navires sont armés par des équipages bulgares en l’occurrence trois vapeurs armés, le voilier Asen et sept autres vapeurs qui fournis par la Russie patrouillent sur le Danube.

La France va jouer un rôle important en fournissant plusieurs navires comme des torpilleurs et deux canonnières baptisés Nadezha et Kaliarta. Les subsides français vont représenter jusqu’à 20% du budget militaire bulgare.

Torpilleur Druzki

En 1903 le gouvernement bulgare présente un premier programme naval qui devait comprendre seize torpilleurs ainsi que l’aménagement et l’équipement des bases nécessaires. En 1908 ce programme est modifié avec six torpilleurs, trois batteries lance-torpilles flottantes et quatre batteries côtières lourdes.

En 1910 certains se prennent à rêver en imaginant des destroyers, des dragueurs de mines et des sous-marins voguant en mer Noire et en mer Egée, le pavillon blanc-vert-rouge claquant au vent mais hélas ce projet ne dépasse pas celui de l’intention en raison d’un manque de fonds et du peu d’intérêts de l’opinion publique bulgare pour les questions navales et maritimes.

La marine bulgare connait son baptême du feu durant la première guerre Balkanique, conflit qui est aussi un duel entre marchands de canons notamment Schneider côté français et Krupp côté allemand. Des chantiers navals sont aussi de la partie mais les propositions envoyées à la Bulgarie n’aboutissent à aucun contrat.

Durant cette quasi-répétition du premier conflit mondial la marine bulgare joue un rôle important mais qui n’est guère mis en valeur (un peu comme la Royale durant le premier conflit mondial). Elle assure la défense des côtes, la protection du trafic commercial et le ravitaillement des troupes dans une région où les infrastructures ne sont pas toujours de première qualité. A noter que des yachts armés patrouillent sur le Danube.

Le croiseur Hamidiyé

Le 21 novembre 1912 cependant à lieu la bataille navale de Kaliakra entre quatre torpilleurs bulgares et le croiseur protégé Hamidiyé de la marine ottomane qui intervient pour protéger un convoi qui ralliait Constansa (Roumanie) à Constantinople.

Cette bataille qui à lieu à 32 miles (64km) de Varna voit le croiseur protégé ottoman être sérieusement endommagé par le torpilleur Draski et le blocus des côtes bulgares notablement allégé.

La marine bulgare ne participe à la deuxième guerre Balkanique car les navires sont internés à Sebastopol. La brièveté du conflit aurait de toute façon réduit à pas grand chose son impact face à des pays comme la Grèce et l’empire ottoman disposant de moyens bien supérieurs notamment des croiseurs et des cuirassés.

En 1914 les navires bulgares rentrent au pays et vont participer au premier conflit mondial aux côtés des Empires Centraux. Son impact sera très limité surtout face à une marine russe possédant plusieurs cuirassés modernes. En fait l’apport principal de la Bulgarie aux Empires centraux sur le plan naval sera l’ouverture de ses ports aux navires allemands, austro-hongrois et ottomans.

Sous-marin bulgare n°18 ex-UB-8 de la Kaiserliche Marine

L’Allemagne se permet quand même de livrer un sous-marin type UB-1, le UB-8 et six dragueurs de mines légers de quoi donner un peu plus de poids à la petite marine bulgare.

Le traité de Neuilly-sur-Seine réduisant les forces armées bulgares à seulement 20000 hommes sans armes lourdes il était évident que la marine allait être impactée. Cette dernière théoriquement dissoute et remplacée par une force de police maritime ne peut conserver que des navires anciens tout juste adaptés à la défense côtière (et encore contre un ennemi pas trop exigeant) à savoir quatre torpilleurs de classe Diski et deux patrouilleurs, des navires de construction française.

Le royaume de Bulgarie tous comme les autres vaincus de la première guerre mondiale n’à jamais accepté le traité de paix et nul doute que les clauses militaires furent avec les clauses territoriales les plus dures à avaler.

Il faut attendre 1938 et la signature de l’Accord de Salonique pour que la Bulgarie puisse réarmer en toute légalité.

Durant la Pax Armada des investissements massifs _tout est relatif_ sont consentis par le gouvernement bulgare. Si l’armée de terre et l’armée de l’air sont prioritaires la marine n’est pas oubliée.

Elle reçoit de nouveaux navires, des hydravions et peut aménager des batteries côtières pour empêcher un ennemi quelqu’il soit de réaliser le blocus des côtes bulgares et asphyxier l’économie du pays.

S-Boot

C’est l’Allemagne qui va servir de parrain en livrant un premier lot de quatre vedettes lance-torpilles type S-Boot suivit d’un deuxième permettant de créer une flottille de torpilleurs. Ces torpilleurs sont appuyés par quatre torpilleurs légers inspirés des nouveaux torpilleurs de la Kriegsmarine ainsi qu’un certain nombre de patrouilleurs qui vont également servir de dragueur de mines.

Le mouilleur de mines britannique HMS Abdiel

A cela va s’ajouter un grand mouilleur de mines le Bulgaria, un navire conçu également pour servir de transport de troupes, de navire de commandement mais aussi de navire de soutien mais également deux petits pétroliers-caboteurs.

En septembre 1948 la marine bulgare dispose de quatre torpilleurs, de huit vedettes lance-torpilles, de douze patrouilleurs-dragueurs, d’un mouilleur de mines et de deux pétroliers-caboteurs. A cela s’ajoute une petite aéronavale dispose de huit hydravions Arado Ar196.

Arado Ar 196

Dès le début du conflit des champs de mines sont mouillés en coopération et en coordination avec la marine roumaine. Ils sont destinés à protéger les principaux bulgares (Burgas et Varna) d’un blocus soviétique.

Les batteries côtières sont armées à l’effectif de guerre et d’autres sont aménagées pour là encore empêcher une marine ennemie de réaliser le blocus des côtes.

Durant le second conflit mondial la petite marine bulgare ne va pas démériter. Sachant parfaitement ne pas pouvoir affronter la marine soviétique, elle va choisir une stratégie du faible au fort en pratiquant le harcèlement pour par exemple empêcher l’évacuation d’Odessa ou le ravitaillement de la Crimée (puis sont évacuation).

Ces opérations qui voient une coopération intense avec la marine roumaine (en dépit de différents territoriaux) ne remportent qu’un succès partiel et sont assez couteuses en matériel comme en vie humaine.

A la fin du conflit alors que l’URSS s’apprête à envahir la Bulgarie, la marine de Simeon II ne dispose plus que de deux vedettes lance-torpilles, un torpilleur, deux patrouilleurs et un pétrolier-caboteur.

Ces navires devaient être livrés par le nouveau gouvernement à Moscou mais les marins ne sont pas d’accord et le 25 janvier 1954 les navires sont sabordés à Varna où ils étaient rassemblés. Les responsables seront traduits en cour martiale et pour six d’entre-eux fusillés tandis que d’autres seront déportés en Sibérie.

Les navires concernés seront renfloués mais leur état était tel que les soviétiques tout comme le nouveau gouvernement décidèrent de les envoyer à la démolition. Signe qui annonçait un avenir funeste l’acier ainsi récupéré va être promptement envoyé en URSS et non réutilisé en Bulgarie.

La marine bulgare sera reconstituée en 1959 avec la cession de navires soviétiques mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa Balkans (11) Hongrie (11)

ARMEE DE TERRE

Une histoire militaire de la Hongrie

Les origines

Comme nous l’avons vu à propos de la partie d’histoire générale, les hongrois apparaissent dans l’histoire européenne au 9ème siècle sous la forme de raids meurtriers. Peuple issu des steppes, les hongrois utilisaient essentiellement la cavalerie pour frapper vite et fort. Ils utilisaient l’arc mais aussi l’épée et la lance.

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Scandinavie (71) Finlande (9)

Artillerie et Armes navales

Artillerie

Canons de 305mm classe Gangut

Canon de 305mm modèle 1907 en fabrication

-Le plus gros calibre utilisé par la marine finlandaise est le 305mm sous la forme du canon de 305mm modèle 1907, un canon d’origine russe mis au point pour les cuirassés de classe Gangut. En revanche la Finlande ne l’utilise que pour assurer la défense de ses côtes, ayant récupéré huit canons auprès de la France, des canons provenant d’un cuirassé interné à Bizerte. Les quatre autres ont été vendus à la Norvège.

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Scandinavie (70) Finlande (8)

MARINE FINLANDAISE (SUOMEN MERIVOIMAT)

Suomen Merivoimat

Histoire

Des origines à la deuxième guerre mondiale

La marine finlandaise est née en 1918 mais ses origines, ses traditions sont plus anciennes. En effet durant la période suédoise de l’histoire finlandaise il existait aux côtés de la marine suédoise une deuxième marine très dépendante de l’armée de terre en l’occurrence l’Armens Flotta ou flotte de l’Armée.

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Scandinavie (47) Danemark (18)

Sous-marins

Sous-marins de classe Aegir

Aegir1914

L’Aegir

-Les cinq unités formant la classe Aegir (Aegir Ran Triton Neptuna Galathea) ont été mis en service respectivement en 1915, 1912 et 1916 pour les trois dernières. Une sixième unité commandée et financée ne sera jamais construite (elle aurait du remplacer le vieux Dykkeren coulé accidentellement).

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Scandinavie (42) Danemark (13)

Reconstruire la flotte (bis) et l’engager : la marine danoise et le 19ème siècle

Danemark 23

Pavillon de la marine danoise

Le traité de Kiel signé en 1814 est en quelque sorte l’année zéro pour la marine danoise puisqu’elle doit faire le deuil de ses bases, de ses navires et de ses marins norvégiens. En clair tout est à reconstruire. Pour ne rien arranger les navires restants sont généralement en mauvais état en raison d’un manque d’entretien ou d’une construction avec du bois de mauvaise qualité.

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Scandinavie (41) Danemark (12)

Guerres napoléoniennes et guerre de la canonnière

Les guerre provoquées par la Révolution Française vont entraîner le royaume de Danemark-Norvège dans le conflit contre son gré. La faute en grande partie à la Grande-Bretagne qui voyait dans ces navires battant pavillon neutre des navires transportant des marchandises à destination de la France.

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Scandinavie (11) Norvège (11)

Sous-marins

Sous-marins type A

KNM_A-4

Le sous-marin A-4

En 1909, les norvégiens ont mis en service le HNoMS Kobben, leur premier sous-marin. Ce navire n’à été désarmé qu’en 1933 mais dès avant le premier conflit mondial Oslo passe commande auprès de Krupp Germania de Kiel de quatre sous-marins baptisés A-2, A-3,A-4 et A-5.

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Scandinavie (7) Norvège (7)

MARINE ROYALE NORVÉGIENNE

Norvège 10

Historique

Prémices et temps anciens

La marine royale norvégienne ou Sjoforsvaret voit officiellement le jour le 12 avril 1814 mais son existence est nettement plus ancienne puisqu’elle peut se targuer d’une histoire quasi-millénaire, une première marine norvégienne étant attestée dès le 10ème siècle (955 pour être précis).

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