Grande Bretagne (88) Armée de terre (13)

Chenillettes

Avant-propos

La guerre des tranchées posa le problème du ravitaillement de l’infanterie en munitions au milieu d’un terrain bouleversé.

L’utilisation d’animaux de bat comme en montagne se révélant très difficile pour ne pas dire impossible on chercha un moyen mécanique d’amener aux premières lignes les munitions nécessaires, la première véritable guerre industrielle se révélant être un véritable gouffre à munitions.

Le conflit se termina sans qu’une solution satisfaisante ne soit trouvée. Ce n’est qu’au cours des années vingt-trente qu’un moyen mécanique performant fût trouvé sous la forme d’une chenillette capable de transporter des munitions et du ravitaillement voir de transporter et/ou de remorquer les pièces lourdes.

Inspirés des chenillettes Carden-Loyd, les Universal et Loyd Carrier vont faire école en France, la Renault UE étant directement inspirée de la chenillette Carden-Loyd.

Universal Carrier

Universal Carrier Mk II

Universal Carrier Mk II

A l’origine du “transporteur universel” figure les chenillettes Carden-Lloyd qui elles même venaient de la création du colonel Martel, un officier britannique qui avait créé des chars monoplaces alors que le tank connaissait au sein de l’armée britannique une véritable traversée du désert qui explique en partie l’état calamiteux du RTC en septembre 1939 avec des chars globalement inférieurs à leurs homologues continentaux.

En 1934 Vickers produit un véhicule chenillé léger, le Vickers-Armstrong D50 qui disposait d’un moteur à l’avant, d’un emplacement blindé pour un conducteur et un mitrailleur et d’un espace arrière non protégé pour le chargement.

Un petit nombre de ces véhicules furent acquis (soixante-neuf) pour être expérimentés avant de trouver un remplaçant aux tracteurs d’artillerie Dragon. Les véhicules sont livrés en 1936.

A l’origine il existait des modèles différentes adaptés à leur mission spécifique comme le Medium Machine Gun Carrier pour le transport d’une mitrailleuse Vickers et de leurs servants, le Bren Gun Carrier pour le transport d’un trio servant un fusil-mitrailleur Bren,

le Scout Carrier pour le transport d’éclaireurs d’infanterie et enfin le Cavalry Carrier mais dès l’automne 1940 dans le but de rationnaliser production et utilisation un modèle unique est adopté baptisé Universal Carrier.

Le modèle définitif était organisé avec deux membres d’équipage à l’avant, le moteur au centre et l’espace de chargement à l’arrière, un espace peu protégé ce qui rendait inconfortable son utilisation comme un véritable transport de troupes.

Les premiers véhicules sont livrés en 1937 et la production continue jusqu’en 1948 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Canada pour équiper les unités d’infanterie, de char, du génie, de la logistique.

En septembre 1945, Ford Motors acquis la licence du Universal Carrier pour produire un véhicule de transport à destination de l’US Army ainsi qu’un char ultra-léger. Si le second projet ne dépassa pas le stade du prototype (blindage et armement trop faible _deux mitrailleuses calibre .50_), le premier remporta un franc succès auprès des G.I qui l’utilisèrent pour le transport des armes lourdes et le remorquage des canons antichars.

Si l’infanterie l’utilisait pour le transport de ses armes d’appui (mitrailleuses Vickers, fusil-mitrailleur Bren, mortiers), le remorquage des canons antichars de 2 et 6 livres, le transport de troupes (en dépit d’une protection faible de l’espace arrière), la cavalerie et les chars l’utilisait pour le transport de Scouts d’éclaireurs chargés de répérer les guets, les ponts, les éclaireurs étant intégrés aux unités de reconnaissance, utilisant parfois des motos side-car à la place des chenilettes.

Le génie va l’utiliser pour le transport des sapeurs, le transport du matériel de destruction, de franchissement, de minage et de déminage. L’artillerie va l’utiliser comme véhicule d’observation avancé. L’arme savante par excellence va également mettre en oeuvre une version lance-flamme baptisé Wasp.

A la différence des chenillettes Renault UE, les Universal Carriersont toutes armées en l’occurence un fusil mitrailleur Bren.

Un temps un véhicule par section du Carrier Platoon disposait d’un fusil antichar Boys mais à partir de 1943 cette particularité va disparaitre et le véhicule en question embarquait une Vickers ou un Bren.

Les Universal Carrier produites au Canada et en Australie notamment étaient identiques aux modèles britanniques. Ottawa à cependant produit une version baptisée Windsor plus longue de 76cm et qui allait servir de base au premier véritable APC du Commonwealth, le Kangaroo.

Outre les pays producteurs, la chenillette Universal Carrier à été exportée en Grèce, en Chine, en Argentine, au Brésil, aux Pays-Bas et en Suisse.

Caracteristiques Techniques du Universal Carrier Mk I

Poids : à vide 3.19 tonnes en charge 3.75 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 2.06m hauteur 1.57m

Motorisation : un moteur Ford 8 cylindres essence dévellopant 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 250km

Blindage : 7 à 10mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren le plus souvent mais parfois un fusil antichar Boys est embarqué à cela s’ajoute les armes transportées (mitrailleuses, mortiers) ou remorquées (canons antichars).

Loyd Carrier

loyd-carrier

Le Loyd Carrier est un autre transporteur chenillé conçu à partir des principaux éléments du camion routier (4×2) Fordson 7V, le moteur étant installé à l’arrière du véhicule. Il utilisait également des composants du Universal Carrier.

Ce véhicule à été conçu à une époque où les commandes se multipliaient tous azimut pour faire face à une augmentation rapide des besoins.

Une première commande de 200 exemplaires est passée en 1939 et livrée courant 1940, le Loyd Carrier étant considéré comme un véritable transport de personnel à la différence de l’Universal Carrier.

Des commandes supplémentaires sont passées pour équiper les unités d’infanterie des divisions et des brigades blindées, l’infanterie des Infantry Division étant motorisée en étant transportée par camions qui la rend mobile mais pas aussi manoeuvrante que l’infanterie portée des Armoured Division et des Independent Armoured Brigade.

Après le Carrier, Tracked, Personnel Carrying Mk I, une version Mk II améliorée fût conçu peu avant le début de la guerre, la production de cette version avait commencée quelques semaines avant le déclenchement du second conflit mondial.

Par rapport au Mark I, le Mark II avait installé le moteur à l’avant droit avec le conducteur à gauche, le tireur s’installant derrière pour mettre en oeuvre une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier, l’idée d’une tourelle un temps envisagée comme sur le véhicule français Renault DAJ-1 n’ayant pas été menée à son terme. Les soldats sont toujours embarqués à l’arrière.

Outre la version transport de personnel, des variantes spécialisées ont été prévues : commandement, dépannage, transmissions, tracteur d’artillerie, lance-flammes.

Si avant la guerre le véhicule n’à pas été exporté, le début du conflit voit le Canada produire une version spécifique la Mark III qui se distingue par un moteur Ford plus puissant et un armement différent avec une Vickers 7.7mm en place de la Besa.

Le retour d’expérience de la campagne de Norvège accélère le passage vers un véritable Armoured Personnal Carrier (APC) avec un compartiment de troupes couvert et une véritable tourelle armée d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm, c’est le Carrier Tracked Personnal Carrying Mk IV.

Caracteristiques Techniques du Loyd Carrier Mark II

Poids : 4.50 tonnes

Dimensions : longueur 4.24m largeur 2.06m hauteur 1.42m

Motorisation : un moteur essence Ford V8 de 85ch

Performances : vitesse maximale 48 km/h sur route distance franchissable 220km

Blindage : 7mm

Armement : une mitrailleuse Besa de 7.92mm sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 hommes plus un groupe de combat à l’arrière

Camions

Tout comme les autres armées, l’armée de terre britannique utilise de nombreux camions plus ou moins spécialisés pour assurer le transport des divisions d’infanterie (entièrement motorisées) et des taches de soutien logistique.

CMP Field Artillery Tractor

CMP Field Artillery Tractor

-Le CMP Field Artillery Tracktor est un tracteur d’artillerie d’origine canadienne 4×4, le Chevrolet 8440/CGT Tractor 4×4 Field Artillery utilisé par l’armée canadienne, l’armée britannique et les autres armées des Dominions (Australie, Nouvelle-Zélande).

Il est utilisé pour tracter les obusiers de 25 livres et les canons antichars de 17 livres. Les premiers véhicules sont mis en service dans l’armée canadienne en 1940 avant d’être exportés dans les autres pays du Commonwealth (Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud) mais également en Irlande.

La production de ce véhicule est toujours en cours en septembre 1948 sans grandes modifications mis à part des points de détail.

AEC Matador

AEC Matador

-L’autre tracteur d’artillerie de l’armée britannique est l’Associated Equipment Company (AEC) Matador, un tracteur d’artillerie 4×4 avec un autre véhicule en version routière 4×2 appelée également Matador. Un véhicule 6×6 appelé Marshall est également dévellopé pour les pièces les plus lourdes.

Certains Matador ont été livrés à la Royal Air Force (RAF) pour le remorquage des pièces d’artillerie antiaériennes lourdes mais également pour le dépannage et le ravitaillement en carburant.

Il y eut également des tests de pièces d’artillerie autoportées, l’Afrique du Sud installant un canon de 6 livres tirant vers l’arrière.

Cette configuration ne dépassa pas le stade du prototype mais au cours de la campagne de Norvège, des unités antichars lassées d’être tournées par les unités allemandes démontèrent les affûts de leurs canons antichars de 6 livres et les installèrent sur des Matador pour obtenir une pièce puissante et mobile.

Comme pour le CMP FAT, le Matador à servit dans les différentes armées du Commonwealth à savoir le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Morris CDSW

Morris CDSW

-Le Morris CDSW est un tracteur d’artillerie 6×4 mis en service au milieu des années trente pour permettre de remorquer les pièces d’artillerie de campagne (canon de 18 livres, obusier de 4.5 pouces, obusier de 25 livres) mais également les canons antiaériens de 40mm Bofors.

Ce véhicule était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard, il à été largement remplacé par le Morris C8 “Quad” et l’AEC Marshall.

Une partie des véhicules est stockée et ressortie des dépôts au moment de la mobilisation, le temps que des véhicules modernes sortent des chaines de montage.

Morris C-8

Morris C-8

-Le Morris C8 “Quad” est utilisé principalement pour tracter les canons de 25 livres, la principale pièce d’artillerie de campagne britannique (pour ne pas dire la seule). Il était également utilisé pour tracter le canon antichar de 17 livres.

Chaque régiment d’artillerie disposait de 36 Morris C8 Quad, vingt-quatre tractant un canon et un caisson à munitions, douze tractant deux caissons.

La mise au point du véhicule commence en 1937, les premiers véhicules étant livrés fin 1939 quand s’achève la guerre de Pologne. Une poignée de véhicule aurait réussit à passer en France mais ce n’est pas confirmé.

Outre le tracteur d’artillerie, des variantes ambulance, dépannage et transport de charges ont été mises au point.

Caracteristiques Techniques du Morris C8 “Quad”

Poids : 3.4 tonnes

Dimensions : longueur 4.489m largeur 2.21m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur essence Morris EH 4 cylindres de 70ch

Performances : vitesse maximale : 80km/h autonomie : 257km

Blindage : aucun

Equipage : un conducteur plus six passagers

Scammel Pioneer

Scammel Pioneer

-Le Scammell Pioneer est un tracteur lourd routier 6×4 issu paradoxalement d’un véhicule tout-terrain destiné aux colonies britanniques pour un usage civil. Sorti en 1927, un exemplaire est acquis en 1932 pour servir de porte-char avec une remorque dédiée mais cet achat est sans lendemain.

Il faut attendre 1935 pour attendre que ce modèle soit commandé en série mais avec un moteur diesel en remplacement d’un moteur à essence.

Ce véhicule va servir principalement de tracteur d’artillerie lourde et de porte-char avec une remorque dédiée mais également de véhicule de d”pannage lourd.

Des commandes régulières sont passées suivant l’augmentation des grandes unités blindées-mécanisées de la British Army. Ainsi en septembre 1948, 840 Scammell Pioneer sont en service dans les trois variantes sus-nommées et la production continue alors que le second conflit mondial à éclaté.

Caracteristiques Techniques du Scammell Pioneer

Poids : 8.4 tonnes

Dimensions : longueur du tracteur 6.70m (totale avec remorque 10.97m) largeur 2.87m hauteur 2.74m

Blindage : aucun

Motorisation : un moteur Gardner diesel de 102ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 850km

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford QL était un camion cargo utilisé par l’armée britannique dès la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial.

Véritable bête de somme de l’armée britannique et de celles du Commonwealth, il fût décliné en version cargo, citerne à carburant, citerne à eau, dépannage, poste de commandement, hôpital de campagne. La production était toujours en cours dans des versions améliorées en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Bedford QLG

Poids à vide 3.277 tonnes en charge 6.985kg charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.26m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur Bedford 6 cylindres essence dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale : nc Autonomie 250km

Equipage : un conducteur et jusqu’à onze passagers

Blindage : aucun

Austin K5

Austin K5

-Le Austin K5 était un autre camion utilisé par l’armée britannique, sa capacité de chargement étant identique à celle du Bedford QLG. Tout comme le Bedford il fût décliné en de nombreuses versions spécialisées, adaptées aux besoins d’une armée moderne.

Caractéristiques Techniques du Austin K5

Poids : 6.7 tonnes charge utile 3 tonnes

Dimensions : longueur 5.99m largeur 2.21m hauteur 3.02m

Motorisation : un moteur essence Austin 6 cylindres de 85ch

Blindage : aucun

Bedford OY

Bedford OY

-Le Bedford OY est un autre camion utilisé pour le soutien logistique, la guerre blindée-mécanisée nécessitant des quantités phénoménales de carburant, de munitions, de pièces détachées sans oublier les vivres.

Comme l’Austin K5 et le Bedford OLG, le Bedford OY à été décliné en différentes versions : cargo, dépannage, tracteur d’artillerie, camion citerne à eau, camion citerne à essence, camion-benne…. .

Mis en service en septembre 1939, il est toujours en service en septembre 1948 et toujours en production pour augmenter les stocks de véhicules mais également remplacer les premières pertes du conflit qui s’annonce nettement plus long et coûteux que la guerre de Pologne.

Le Bedford OYD était la version cargo alors que le OYC était la version citerne de ce véhicule qui existait également en version à empattement raccourci, le Bedford OX. Le OXD était la version d’usage général (en clair un camion cargo) alors que le OXC était destiné au remorquage de remorques porte-char, le Bedford OXA étant une version à cabine blindée.

Caracteristiques Techniques du Bedford OY

Poids : 6.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.18m hauteur 3.09m

Motorisation : un moteur essence de 72ch

Performances : vitesse maximale 65 km/h distance franchissable 450km

-D’autres camions ont été produits en petite quantité durant la guerre de Pologne comme le Leyland Retriever un véhicule 6×4 mais également le Diamond T-980 acquis en 1941 pour servir de remorqueur de remorques porte-chars pour les véhicules les plus lourds, cet achat aux Etats-Unis s’expliquant par la surcharge de l’industrie britannique.

Véhicules légers

Austin K2

Austin K2

-L’Austin K2/Y est une ambulance lourde utilisée par la British Army mais également par les différentes armées du Commonwealth. Elle était basée sur le chassis du camion léger Austin K30 avec une demi-cabine, le haut de la cabine solide étant remplacé par une bache protégeant contre les intempéries mais pas vraiment contre la feraille du champ de bataille.

L’espace pour les blessés à été conçu par le Royal Army Medical Corps et mesure environ 2.6m de long 2m de large et 1.7m de haut.

Caracteristiques Techniques de l’Austin K2/Y

Poids : 3124kg (à vide)

Dimensions : longueur 5.49m largeur 2.26m hauteur 2.79m

Motorisation : un moteur essence Austin dévellopant 60ch à 3000 tours par minute

Performances : vitesse maximale 80 km/h

Blindage : aucun

Equipage : 2 ou 3 hommes 4 blessés allongés ou 10 assis

-Outre cette ambulance lourde que nous venons de voir, l’armée de terre britannique disposait d’autres véhicules légers qui étaient principalement utilisés au début de la guerre pour trois missions :

-service général : transport et liaison

-véhicule d’état-major

-véhicule radio

Humber Heavy Utility Car

Humber Heavy Utility Car

-Le véhicule de base est la Humber Heavy Utility Car, un véhicule 4×4 produit à partir de 1940 et entrant en service courant 1941. D’abord utilisé comme véhicule d’état-major, la Humber Heavy Utility Car fût décliné ensuite en version GS (General Service/Service Général) avec une cabine à deux places à l’avant et un plateau arrière pouvant recevoir 500kg de charge ou six hommes.

Ce véhicule était toujours en production en septembre 1948 même si la nécessité de produire plus rapidement un véhicule moins coûteux rendait son avenir fort incertain.

-L’autre véhicule est le camion de 8-cwt Humber, un camion de 400kg de charge utile avec un habitacle avant recouvert d’une capote et soit d’un plateau arrière ou d’un habitacle fermé, le premier utilisé pour la version GS et le second pour la version transmission (FFW Fitted for Wireless, radio).

-La firme Bedford proposa également un véhicule de 15 cwt (charge utile : 750kg), un camion de 2 tonnes au total choisit par le War Office à partir de 1935 pour une série de tests qui débouche sur la commande en août 1938 de 2000 exemplaires d’un véhicule adapté aux besoins militaires, le Bedford MWD.

Les commandes se succèdent pour équiper la British Army mais également la Royal Air Force et la Royal Navy pour des missions de transport d’hommes et de matériel, la RAF utilisant ces véhicules pour transporter les équipages et les bombes destinés aux bombardiers.

La version de base disposait d’une cabine munie d’une capote et d’un plateau arrière bâché, les versions ultérieures disposaient eux d’une cabine entièrement fermée, la partie haute étant cependant démontable en cas de besoin.

22-Armée de terre : armement et matériel (46)

Les Voitures de Dragons Portés (VDP)

De «l’infanterie» pour la cavalerie

Le premier conflit mondial nous l’avons vu à maintes reprises dans cette étude marque la fin de la cavalerie comme arme essentiellement montée. Le temps des charges sabre au clair est révolu, la boue des tranchées, les trous d’obus, les barbelés et les mitrailleuses rendant impossible les missions traditionnelles de la cavalerie : l’éclairage, la surêté et l’exploitation.

Elle aurait pu mourir de sa vieille gloire, laissant à la biffe le soin de combattre mais la cavalerie tel un phenix allait renaitre sous la forme d’une arme mécanique même si comme nous l’avons vu, le cheval n’avait pas pour autant disparu de l’armée française.

La gestation à pourtant été laborieuse notamment sur le type de véhicule de combat le mieux adapté aux missions de la cavalerie qui doit combattre sur la route et en terrain bouleversé.

La roue et la chenille avaient comme on dit les défauts de leurs qualités ce qui poussa la cavalerie à expérimenté le concept du semi-chenillé qui associait davantage les défauts que les qualités des deux modes de propulsion.

La fin des années vingt et le début des années trente voit la cavalerie bien décidée à ne pas choisir car estimant qu’en fonction des missions, il faut mieux privilégier la roue ou la chenille.

Si la reconnaissance et le combat virent la chenille dominer, la roue avait été privilégiée pour la découverte qui nécessitait d’aller vite sur route.

Combattre c’est bien mais aussi puissants soit-ils les véhicules de combat ont besoin d’être couverts par des soldats à pied pour les protéger de l’infanterie adverse, soldats à pied nécessaires aussi pour occuper le terrain coquin.

La cavalerie y à réfléchit dès 1913 avec la création au sein des unités de cavalerie, d’unités de chasseurs cyclistes, des fantassins qui sur des pliantes Gérard doivent pouvoir suivre les cavaliers montés.

Cette période héroïque est suivit après guerre par une véritable motorisation quand les groupes de chasseurs cyclistes deviennent des unités de dragons portés. Le choix du terme dragon est tout sauf un hasard : jadis, le dragon était un cavalier se déplaçant à cheval mais pouvant combattre à pied….. .

Qui dit portés dit véhicules et apparaît à cet instant, la VDP ou Voiture de Dragons Portés (VDP) destinée à permettre aux dragons de suivre les AutoMitrailleuses de Combat (AMC).

On fonde un temps de grands espoirs sur le semi-chenillé, la chenille souple Kergresse laissant entrevoir de prometteuse possibilités qui se fracasseront sur les limites techniques du temps.

Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que la chenille ne s’impose, c’est au contraire la roue qui va dominer dans cette catégorie, des véhicules routiers ou tout-terrain.

On aurait pu s’attendre également à ce que ces VDP soient protégés par un blindage. La cavalerie y renonce non pour des questions de poids mais tout simplement parce que la priorité est la vitesse et la capacité de transport.

Si la firme Lorraine allait placer son modèle 28, c’est la firme d’Asnières sur Seine, Laffly qui allait se tailler la part du lion dans ce domaine à tel point que la Voiture de Dragon Portés devint une Laffly dans le langage courant.

Lorraine 28

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

En 1931, la firme tchèque Tatra met au point un chassis d’un nouveau type à six roues dont quatre motrices utilisés sur deux véhicules tout terrains que la firme de Koprivnice propose à l’armée française qui est encore auréolée de son prestige du premier conflit mondial.

En dépit des qualités de ces véhicules, il est hors de question de commander à l’étranger au risque de perdre de rares et de précieuses devises.

Néanmoins, cette technologie est trop précieuse et trop intéressante pour être rejetée et le ministère de la Guerre encourage discrètement les constructeurs automobiles français à acquérir la licence Tatra pour satisfaire à nos besoins.

En 1933, la Société des moteurs et automobiles Lorraine établie à Argenteuil et à Luneville achète la licence Tatra pour développer un véhicule tout terrain de conception moderne qui est présentée aux services officiels en octobre 1934.

Le véhicule bénéficie d’une adoption de principe en 1935 mais les essais se poursuivent tout au long de l’année 1936 avant que les commandes en série ne soient réalisées en 1937.

Un premier marché de 220 exemplaires est passé dont 212 VDP suivit d’un second pour 120 voitures de dragons portés sur un total de 404 véhicules de ce type commandé.

Ce véhicules «six roues dont quatre motrices» va équiper un seul régiment de dragons portés, le 4ème RDP, le régiment de dragons portés de la 1ère DLM. A ce régiment s’ajoute également deux bataillons de chasseurs portés, les 5ème et 17ème BCP, une mesure transitoire en attendant la disponibilité des VBCP.

Ce n’est qu’en 1939 que toutes les unités sont équipées, le 4ème RDP disposant lui aussi de neuf escadrons équipés sur quinze soit un total de 180 véhicules plus le volant.

La carrière du Lorraine 28 n’ira pas plus loin car dès octobre 1937, le Laffly S20 TL s’est révélé nettement supérieur. Le 4ème RDP va rester l’unique régiment équipé de ce véhicule, recevant des Laffly au printemps 1941. Quand au 5ème et 17ème BCP, ils étaient déjà largement équipés de VBCP Lorraine 38L et ne conservaient qu’une poignée de Lorraine 28.

Caractéristiques Techniques de la VDP Lorraine 28

Poids en ordre de marche : 3780kg

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.08m hauteur : nc

Motorisation : Lorraine 4 cylindres développant 55ch à 2000 tours/minute

Performances : vitesse maximale 60 km/h Autonomie : 300km environ

Personnel transporté : dix hommes dont le conducteur

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Ce véhicule tout terrain 6X6 est contemporain du Lorraine 28. Version agrandie du S15 plus petit, ce véhicule va devenir la Voiture de Dragons Portés (VDP) standard, équipant tous les régiments de dragons portés.

Chaque RDP dispose de six escadrons de fusiliers voltigeurs répartis entre les trois bataillons avec douze voitures de dragons portés par escadron soit un total de soixante-douze voitures par régiment.

La cavalerie puis l’arme blindée-cavalerie disposant d’un total de seize régiments de dragons portés, 1152 Laffly S20 TL sont en ligne plus un nombre équivalent de véhicules stockés pour rééquiper rapidement les régiments après engagement.

A ces VDP en service au sein des dragons portés, les régiments de dragons portés disposent également de Laffly S20TL au sein de l’Escadron de Mitrailleuses et d’Engins (EME) de chaque bataillon, chaque EME disposant de dix-huit VDP dont un véhicule citerne, portant le total à 80 véhicules par régiment.

La décision de motoriser complètement les unités de l’infanterie des DIM entraine la mise au point d’une version agrandie du S20 TL. Baptisée S20 TL-12, cette version embarque un chauffeur attaché au véhicule et les onze hommes du groupe de combat.

Caractéristiques Techniques du Laffly S20 TL

Poids en ordre de combat : 3.9 tonnes (charge utile : 1.75 tonnes)

Dimensions : longueur 5.35m largeur 2.00m hauteur 1.67m (2.45m couvert)

Motorisation : moteur Laffly 6 cylindres développant 68ch à 3200 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h autonomie 138km

Equipage : dix hommes

Les Voitures Blindées de Chasseurs Portés (VBCP)

Préambule

Nous l’avons vu plus haut, au début des années trente, la France à lancé un programme de véhicules de transport de combattant, le type K, projet qui n’allait pas aboutir mis à part quelques véhicules spécifiques destinés aux colonies.

Alors que la cavalerie développe son concept de VDP ou voiture de dragons portés, l’infanterie va mettre au point un concept différent baptisé VBCP ou Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Alors que les dragons portés doivent occuper le terrain sans forcément suivre, coller aux AutoMitrailleuses de Combat (AMC), les chasseurs portés doivent coller au terrain, suivre au plus près les chars de combat pour les protéger de l’infanterie ennemie et de ses armes antichars.

En 1937, les 5ème et 17ème bataillons de chasseurs à pied sont recréés sous la forme de chasseurs portés, destinés aux deux premières divisions à base de chars, les futures divisions cuirassées.

Ces deux bataillons reçoivent comme véhicules des 6×4 Lorraine 28, des véhicules totalement inadaptés à leur mission mais seuls disponibles à l’époque.

Cela à moins le mérite de favoriser la phosphorescence des idées. Le temps pressant alors que la guerre menace chaque jour un peu plus, on part d’un tracteur de ravitaillement, le tracteur de ravitaillement de chars TRC modèle 1937 de la firme Lorraine pour aboutir à la VBCP 38L, un véhicule à deux parties, un tracteur et une remorque, quatre combattants prenant place dans la partie avant et six dans la partie arrière.

Ce véhicule va équiper les 5ème et 17ème BCP mais rapidement, il se révèle peu efficient. La guerre s’étant achevée rapidement, on peut reprendre plus sereinement les études.

La firme Lorraine reprend son Lorraine 38L pour aboutir au 39L, un véhicule plus gros pouvant transporter le groupe de combat dans un seul véhicule, une solution nettement préférable au concept présenté plus haut.

Les besoins énormes en terme de véhicules pousse l’état-major à favorisé l’émergence d’un autre VBCP pour éviter un trop grand retard dans les livraisons.

La firme Renault s’étant illustrée dans la fabrication des chenillettes UE, UE 2 et DAE, elle va mettre au point sa propre VBCP, un véhicule dérivé de la chenillette DAE mais nettement plus aboutie que le Lorraine 39L avec une tourelle armée d’une mitrailleuse, faisant du Renault VBCP 40R, le premier véritable véhicule de combat d’infanterie.

Ces deux véhicules vont équiper à part égales les quatre puis six divisions cuirassées sous la forme de VBCP mais également sous la forme d’automoteurs antiaériens et antichars comme nous l’avons vu plus haut.

Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

Le 17 avril 1936, le programme de tracteur de ravitaillement pour les chars de combat est lancé par l’état-major. Ce programme ne passionne pas les constructeurs puisque seule la firme Lorraine présente un projet en l’occurence une version allongée de sa chenillette d’infanterie.

Cette dernière avait été commandée à cent exemplaires mais avant même qu’un exemplaire du Lorraine modèle 1937L ne sorte, cette commande est transférée sur le nouveau modèle dont la désignation officielle est TRC (Tracteur de Ravitaillement de Chars) modèle 1937L (Lorraine).

Ce véhicule de ravitaillement produit à plus de six cent exemplaires pour équiper les BCC indépendants et les BCC des Divisions Cuirassées va servir de base de départ à une Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Dans l’urgence du moment, la VBCP combine un TRC modèle 1937L avec une remorque adaptée au transport de troupes.

Ce véhicule baptisé VBCP Lorraine 38L transporte ainsi deux membres d’équipage à l’avant _un mécanicien-pilote et un mitrailleur_ et dix hommes, quatre dans le tracteur et six dans une remorque. La commande est passée sans que le moindre essai soit réalisé ce qui traduit l’urgence du moment

Ce véhicule va néanmoins équiper les uniques 5ème et 17ème bataillons de chasseurs portés, les premiers essais du véhicule montrant que transporter le groupe de combat dans deux parties gênait sa cohésion tactique.

Chacun de ces deux BCP disposait de trois compagnies de fusiliers disposant chacun de vingt-trois VBCP 38L en version rang ou commandement soit soixante-neuf véhicules. A cela s’ajoute la CME (Compagnie de Mitrailleuses et d’Engins) qui dispose de huit VBCP 38L soit un total pour le bataillon de soixante-douze véhicules.

Cent quarante quatre véhicules étaient donc en ligne, le reliquat de la commande soit 96 véhicules étant transférée sur le modèle 39L.

Les 5ème et 17ème BCP vont utiliser le modèle 38L jusqu’au printemps 1943 quand des Lorraine 39L pour le premier et des Renault 40R pour le second remplaceront ses véhicules qui n’ont pas démérités mais qui n’étaient pas adaptés à la mission.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 38L

Poids en ordre de combat : 7700kg

Dimensions : longueur 4.53m largeur 2.06m hauteur 1.74m

Motorisation : moteur Delahaye 6 cylindres de 70cv (réservoir de 120l de carburant)

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie 140km

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes (quatre à l’avant et six dans la remorque)

Lorraine 39L

VBCP Lorraine modèle 1939

VBCP Lorraine modèle 1939

La configuration du Lorraine 38L à rapidement montré ses limites, le groupe de combat étant séparé entre le tracteur et la remorque.

Cette situation était provisoire car il était prévu qu’à partir du 214ème exemplaire qu’un nouvel modèle prenne le relais. En réalité, très rapidement, le Lorraine 39L va prendre le relais. C’est ainsi qu’après seulement 144 exemplaires, le modèle 38L étant remplacé par le 39L.

Par rapport à son devancier, le Lorraine 39L n’était guère différent avec néanmoins un moteur plus puissant et un écartement entre bogies plus important.

A l’origine, il était prévu un véhicule embarque dix membres d’équipage dont huit pour le groupe de combat mais au final, pour ne pas modifier la structure du groupe de combat, le véhicule pu embarquer dix hommes pour son groupe de combat plus un conducteur et un mitrailleur qui n’appartiennent pas en propre au groupe de combat.

Le Lorraine 39L va équiper dans sa version VBCP un total de six bataillons de chasseurs portés, les BCP des 1ère, 3ème et 5ème DC soit les 3ème, 5ème, 7ème, 9ème, 13ème et 15ème BCP.

Chaque bataillon de chasseurs portés disposant à l’origine de soixante-douze véhicules, ce sont donc un total de 432 VBCP.

Ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée à chaque bataillon pour permettre à chaque BCC de disposer si besoin de deux compagnies. Cela porte le total des VBCP à quatre-vingt cinq véhicules soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Lorraine 39L servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 39L TCC

Poids en ordre de combat : 5980kg

Dimensions : longueur 4.50m largeur 2.03m hauteur 1.74m

Motorisation : Delahaye 6 cylindres délivrant 95ch à 2800 tours/minute

Performances : vitesse maximale 40 km/h vitesse en tout terrain 20 km/h Autonomie 160km

Blindage : 15mm maximum

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC-34 avec 2500 cartouches

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes : 1 sergent chef de groupe,1 adjoint au chef de groupe/tireur d’élite, 1 grenadier VB et deux escouades composées chacune d’un caporal, un tireur FM et deux grenadiers-voltigeurs.

Renault DAJ-1

Cette Voiture Blindée de Chasseurs Portés (VBCP) est inspirée de la nouvelle chenillette de ravitaillement Renault DAE. Le projet est lancé au printemps 1940 sur une demande de l’état-major qui craignait que la firme Lorraine ne puisse produire suffisamment rapidement de Lorraine 39L.

Renault accepta de proposer un nouveau projet de VBCP en raison de la réduction de fabrication des chenillettes Renault UE 2 dont les besoins étant presque couverts et moins prioritaires que les VBCP.

Un premier prototype est présenté en avril 1940 mais il est refusé car ne pouvant embarquer que huit hommes. Rapidement modifié, il peut embarquer un conducteur et un groupe de combat de dix hommes soit un total de onze hommes.

La production commence début septembre 1940, permettant d’équiper le 6ème BCP de la 2ème Division Cuirassée puis les 11ème et 12ème BCP de la 4ème Division Cuirassée avant de rééquiper le 17ème BCP.

Ultérieurement, les quatre bataillons de chasseurs portés reçoivent une quatrième compagnie avant que deux nouveaux bataillons soient mis sur pied au sein de la 6ème DC en l’occurence les 14ème et 18ème BCP.

Au total, six bataillons de chasseurs portés furent équipés de quatre-vingt cinq Renault VBCP-40R soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Renault DAJ-1 servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

22-Armée de terre : armement et matériel (43)

Laffly W15 TCC
Le chasseur de chars

C’est au début des années trente que le concept du chasseur de chars émerge en France au travers notamment du programme P lancé le 9 janvier 1931 et qui prévoyait initialement un canon de 25mm monté sur trépied installé sur une chenillette pour le tir depuis la terre et depuis le véhicule.

Ce projet évolue vers un véritable «automoteur antichar» sous l’impulsion de l’artillerie qui lui donne un canon antichar de 37mm (futur canon de forteresse modèle 1934), envisageant de se doter de plusieurs batteries mais le véhicule Renault VE étant mécaniquement déficient, rien ne ressort de ce programme qui avait déjà évolué avec l’abandon du 37 au profit du 47mm, futur calibre standard de la lutte antichar avec les remarquables modèle 1937 et 1939.

Abandonnée par l’artillerie, cette idée du chasseur de chars va être reprise par les armes de mêlée, la cavalerie et les chars de l’infanterie, intéressés à l’idée de posséder une arme antichar mobile pour frapper vite et fort.

Au printemps 1940, ce besoin aurait pu être satisfait par deux véhicules, la chenillette Lorraine 37L et le véhicule tout-chemin Laffly W 15 T sur lequel serait installé un canon de 47mm modèle 1937 capable de détruire tous les chars allemands de l’époque.

Ce projet est enterré par le général Gamelin l’estimant superflu et mal adapté, le chenillé comme le véhicule à roues  étant trop peu protégé, impossible à camoufler avec un champ de tir trop étroit.

Il semblait alors dit que le chasseur de chars n’allait jamais se faire une place dans les rangs de l’armée de terre mais c’était sans compter avec le général Villeneuve et son obsession de la mécanisation, du toujours plus vite……. .

L’idée qu’il défend alors est de renforcer la protection antichar des chasseurs et des dragons portés, de leur offrir une artillerie antichar plus mobile que les pièces remorquées dont il disposait alors.

Pleinement intégrés aux brigades blindées et aux brigades légères mécaniques, ils permettaient aux dragons notamment en phase défensive de s’accrocher durablement au terrain, de tendre de véritables embuscades antichars.

C’est ainsi que le projet enterré au printemps 1940 par le général Maurice Gamelin est relancé en septembre 1942 par le général Pierre de Villeneuve.

Si le Laffly  W 15 T est toujours de la partie, le Lorraine 37L cède la place au chassis Lorraine 39L et au chassis Renault DAJ-1 (aussi connu sous le nom de VBCP-40), le premier devant équiper les DLM, les deux autres les DC.

Suite au modèle introduit par la 6ème DLM (mars 1943), les DLM et les DC sont réorganisées en deux brigades de combat identiques, pouvant opérer séparément. Chaque brigade devait disposer d’un escadron antichar porté

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de quatre chasseurs accompagnés  de deux ravitailleurs, deux motos de liaison et un camion) et un peloton de fusiliers-voltigeurs.

Unités équipées du Laffly W 15 TCC

Les deux prototypes du Laffly W 15 T présentés au printemps 1940 ayant été jugés trop gros, la firme d’Asnières reprend son projet en proposant un véhicule où le canon installé tirant vers l’arrière est protégé avec un large bouclier amovible avec des ridelles abattables.

Ces deux prototypes sont testés intensivement entre juin et octobre 1943, la production étant lancée aussitôt pour équiper les  vingt escadrons antichars portés répartis au sein des douze brigades légères mécaniques des six Divisions Légères Mécaniques.

Le 1er escadron antichar porté reçoit ses véhicules en janvier 1944 suivit en février du 2ème EAP, tous deux intégrés à la 1ère DLM.

Les 3ème et 4ème escadrons antichars portés de la 2ème DLM reçoivent leurs véhicules en mars et avril 1944

Les 5ème et 6ème escadrons antichars portés de la 3ème DLM reçoivent leurs véhicules en mai et juin 1944. Ils sont suivis en septembre et en octobre par les 7ème et 8ème EAP de la 4ème DLM.

Les 9ème et 10ème EAP de la 5ème DLM reçoivent leurs véhicules en novembre et décembre 1944 suivis en janvier et février 1945 par les 11ème et 12ème EAP, les escadrons antichars portés de la 6ème DLM.

A cette date, un total de 144 Laffly W 15 TCC sont sortis des chaines de production. La production continue à cadence réduite pour former un parc de réserve de soixante-véhicules qui sont livrés entre mars 1945 et mai 1946 date à laquelle la production est stoppée.

Elle reprend en septembre 1947 pour équiper les 7ème et 8ème DLM. Les 13ème et 14ème escadrons antichars portés de la 7ème DLM reçoivent leurs véhicules en novembre et décembre 1947 suivis en janvier et février 1948 des 15ème et 16ème EAP de la 8ème DLM.

Le nombre de véhicules en ligne est donc porté à 192 auxquels s’ajoutent 96 véhicules de réserve soit un total de 288 véhicules quand la production est stoppée en mai 1948.
Caractéristiques Techniques du Laffly W 15 TCC

Poids en ordre de combat : 4750kg

Dimensions : longueur 5.40m largeur 1.90m hauteur 1.80m

Motorisation :

Vitesse maximale 48 km/h

Blindage : nc

Armement : un canon de 47mm modèle 1937 en plate-forme à l’arrière avec 32 coups (obus perforants et quelques obus explosifs pour l’infanterie) et une mitrailleuse de 7.5mm MAC-36 pouvant être utilisée à terre

Equipage : quatre hommes : chauffeur, observateur, maitre-pointeur et sous-officier chef de pièce

Laffly W 17 TCC

Le canon de 47mm pouvant devenir limité pour la lutte antichar, l’état-major demande à Laffly de développer le concept du chasseur de chars sur roues avec un canon de 75mm. Le chassis W 15 se révélant limité, la firme d’Asnières sur Seine décide d’utiliser son nouveau W 17, un 6X6 plus robuste.

Deux prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés aux services officiels au printemps 1948 pour des essais complets qui se révèlent prometteurs mais la production en série n’est pas lancée immédiatement.

Il faudra attendre la guerre pour que les premiers W 17 TCC à canon de 75mm sortent des chaines, prêts à rééquiper après engagement les EAP des DLM.

Par rapport au W 15 TCC, le W 17 est plus gros et plus lourd mais surtout le canon de 75mm TAZ modèle 1939  (adapté au tir depuis un véhicule) peut tirer sur 270° ce qui lui offre une plus grande souplesse d’emploi, son rôle de chasseur de chars pouvant être remplacé par celui de pièce d’artillerie mobile.

22-Armée de terre : armement et matériel (41)

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexplicable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Canon d'assaut Somua Sau40

Canon d’assaut Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonnamment moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créer……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner  une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX).
Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.
La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement  entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943. La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Caractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexpliquable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonament moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créé……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX)

Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.

La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943.

La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Cractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

22-Armée de terre : armement et matériel (1)

22)° Armée de terre : l’armement et le matériel

Préambule

Dans cette partie, je vais donner un peu plus de chair à ma description de l’armée de terre en abordant non plus les structures et les unités mais l’armement et l’équipement de nos soldats qui en 1948 n’à rien à envier à son adversaire allemand. Mieux même, il le surpasse dans certains domaines comme les Fritz ne tarderont pas à s’en rendre  compte.

Je vais d’abord aborder l’armement de la «reine des batailles», l’infanterie sur laquelle porte l’effort principal de la bataille. Comme le dira un lieutenant anonyme excédé par les prétentions des unités de l’Arme Blindée-Cavalerie «C’est bien beau les chars mais après pour occuper le terrain ils auront besoin de nous !».

Sur le plan de l’armement, l’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm.

Du moins en métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Ce changement de calibre s’explique par l’inadaptation de la cartouche à bourellet pour le tir automatique, le lamentable Chauchat étant encore dans toutes les mémoires……. .

Le nouveau fusil standard de l'armée de terre, le MAS 36

Le nouveau fusil standard de l’armée de terre, le MAS 36

Qui dit changement de calibre dit nouvelles armes. Le MAS 36 de 7.5mm devient le fusil standard de l’infanterie française, étant également décliné en une version à crosse repliable pour l’infanterie de l’air, une version courte (équivalent d’un mousqueton utile pour la cavalerie et l’artillerie), en version tireur de précision.

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n'à rien à envier au Garand américain

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n’à rien à envier au Garand américain

On trouve également un fusil semi-automatique, le MAS-40 avec un chargeur à dix coups et le MAS 44 avec un chargeur à vingt-cinq coups, l’ancêtre du fusil d’assaut.

Ces deux armes furent d’abord réservées aux dragons portés des DLM et chasseurs portés des DC avant d’équiper les meilleures divisions d’infanterie recevant ultérieurement le MAS 40 qui aurait totalement remplacé le MAS 36 sans le déclenchement de la guerre qui comme partout à bouleversé bien des plannings.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm mais il est rapidement concurrencé par un calibre jugé meilleur en l’occurence le 9mm qui équipe pistolets et pistolets mitrailleurs. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et du 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et certains véhicules, le 9mm pour la mitrailleuse MAC 37 n’ayant pas été produite, l’arme étant restée à l’état de prototype.

Pour ce qui est des armes plus lourdes, on trouve des canons antichars de 25 et de 47mm. Si le premier canon est de moins en moins apte à détruire les chars allemands, il fait plus que bonne figure face aux chars italiens et même japonais.

Il y à bien entendu le canon antichar de 75mm TAZ modèle 1939 mais ce dernier appartient à l’artillerie tout comme un canon antichar de 90mm _adaptation du canon antiaérien modèle 1939_ connait une production limitée.

On trouve également des armes singulières comme plusieurs modèles de fusils antichars, des PIAT ainsi qu’un lance-fusée Brandt de 50mm et une série de grenades antichars Brandt qui allaient déboucher sur une toute autre arme une fois le conflit déclenché.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place au moins en Métropole à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française. Seule l’infanterie soviétique avec son mortier de 120mm modèle 1938 pour supporter la comparaison.

Après l’infanterie, nous nous intéresseront au cas de l’artillerie qui à connu entre 1940 et 1948 une modernisation spectaculaire.

Certes des pièces antiques sont encore présents (notamment dans les colonies et au sein des RAP/RAMF) mais l’artillerie de campagne aligne des pièces modernes de 75mm (le TAZ modèle 1939 plus ses cousins de l’artillerie légère et de montagne), de 105mm (obusiers modèle 1934S et modèle 1935B, canons de 105mm modèle 1936S et modèle 1941T) ou de 155mm (Schneider modèle 1946, GPF et GPFT). On trouve également des canons d’assaut et des canons automoteurs pour accompagner au plus près les chars.

Pour l’artillerie lourde, la situation est plus contrastée mais les canons de 194, 220 et 280mm restent malgré leur âge redoutable tout comme les pièces d’artillerie sur voie ferrée appelées à appuyer la Ligne Maginot en attendant de matraquer la ligne Siegfried.

Nous aborderons la question des uniformes. Si les chasseurs alpins et à pieds restent en bleu nuit, les autres unités adoptent au milieu des années trente le kaki moins voyant que le bleu horizon.

Quand à la silhouette du soldat, elle ressemble fortement à celle de son ainé de 14-18 jusqu’à l’arrivée du général Villeneuve à la tête de l’armée qui souhaite une armée jeune et sportive.

C’est ainsi que progressivement, l’équipement individuel du soldat va être allégé. Les dragons et les chasseurs portés sont ainsi en pointe dans ce domaine et par capillarité, les nouveaux équipements, de nouvelles «modes» vont irriguer l’armée de terre.

Une nouvelle tenue apparaît en 1947 mais est loin d’avoir remplacé la tenue modèle 1935. Cette nouvelle tenue garde le pantalon bouffant ou pantalon de golfe mais la veste est repensée et les bandes molletières sont remplacées par l’ensemble chaussures montantes (comparables à nos actuelles chaussures de randonnée) et guêtres en cuir. Un ceinturon d’un nouveau type et un sac mieux pensé complète le tout. Le béret remplace dans toutes les unités le calot comme coiffure standard.

En ce qui concerne les véhicules, l’évolution entre la guerre de Pologne et le début du second conflit mondial est spectaculaire.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des Corps de Cavalerie et des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

En septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé (canon de 37mm face à deux mitrailleuses de 7.92mm ou un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm).

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assurent quelques missions secondaires notamment la défense des aérodromes), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en février 1945 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concentrer sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM modèle 1940 P.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindés) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.

Nous enchaineront ensuite par l’ordre de bataille de l’armée de terre en septembre 1948 avec en métropole, trois groupes d’armées, un détachement sur les Pyrénées, deux CAC, trois Corps de Cavalerie et une DLM indépendante. Quand aux troupes déployées dans l’Empire, elles sont nettement plus nombreuses, mieux entrainées et mieux armées.

Enfin, la dernière partie sera consacrée aux plans de défense et d’attaque mis au point par le généralissime Villeneuve qui reprend à son compte la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par son prédécesseur tout en ayant mis au point des plans offensifs contre l’Allemagne avec une attaque par la Belgique, le Luxembourg, par le Rhin….. .

Une hypothèse suisse est envisagée tout comme des plans pour contre l’Italie par une attaque dans les Alpes voir par une opération amphibie en Sardaigne et en Sicile voir directement contre la Péninsule.

Les autres fronts ne sont pas oubliés. Face à l’Espagne, il est prévu une posture de défense ferme avec les bataillons de chasseurs pyrénéens chargés de tenir les cols appuyés par la 31ème DIAlp de Montpelier.
En cas d’agression espagnole, les troupes stationnées au Maroc ont pour mission d’occuper le Maroc espagnol. Sur le front Tunisien, il est prévu une défense ferme mais une conquête de l’ASI n’est pas exclue pour sécuriser le flanc sud du dispositif allié et servir de base opérationnelle pour une poussée dans les Balkans.

En Scandinavie et dans les Balkans, des interventions en soutien des gouvernements légitimes sont possibles et planifiées.

Quand à l’Asie du Sud-Est, c’est la défensive qui prévaut, une défense ferme pour rendre le plus indigeste possible une probable offensive japonaise en direction des colonies européennes du Sud-Est asiatique pour s’y emparer des ressources naturelles.

21-Armée de terre (46)

Les chasseurs portés

Genèse

Dépendant à l’origine de l’infanterie, les chasseurs portés vont finir par rejoindre en 1943 l’arme blindée-cavalerie. Paradoxalement, ils ont la même origine que les dragons portés, comme eux ils sont issus des «Diables bleus», les chasseurs à pied.

En 1937, le 5ème bataillon de chasseurs à pied dissous en 1929 est reconstitué en même temps que le 17ème BCP _dissous la même année_ , ces deux bataillons devenant les premiers exemplaires d’un nouveau type d’unités, les chasseurs portés, ces derniers conservant les traditions des chasseurs à pied y compris le cor de chasse qui reçoit néanmoins des ailes.

Leurs missions sont similaires à ceux des dragons portés à savoir de coller aux chars, de les protéger de l’infanterie ennemie, d’occuper le terrain conquis par ces «monstres mécaniques» et en mission défensive, de créer des points d’appui, des herissons sur lesquels se briseront les chars et l’infanterie ennemie.

Lorraine 39L

Lorraine 39L

A la différence des héritiers des chasseurs cyclistes, les chasseurs portés utilisent des véhicules entièrement chenillés, des Lorraine 38L à deux sous-ensembles puis rapidement des Lorraine 39L et des Renault DAJ1, ce dernier connu sous le nom de VBCP (Voiture Blindée de Chasseurs Portés) modèle 1940 disposant d’une tourelle avec une mitrailleuse de 7.5mm, les premières équipant les 1ère, 3ème et 5ème DC, le véhicule de chez Renault équipant les 2ème, 4ème et 6ème DC.

Comme les dragons portés, leur nombre va augmenter de manière significative, passant de deux à douze BCP, chaque Division Cuirassée disposant de deux BCP, un par brigade cuirassée.

Evolution et organisation d’un BCP

-Le 5ème BCP est à l’origine le seul bataillon de chasseurs portés de la 1ère Division Cuirassée. Il est ultérieurement rejoint par le 3ème Bataillon de Chasseurs Portés.

-Le 17ème BCP est à l’origine le seul bataillon de chasseurs portés de la 2ème Division Cuirassée. Il est ultérieurement rejoint par le 6ème Bataillon de Chasseurs Portés

-Les 7ème et 9ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 3ème Division Cuirassée

-Les 11ème et 12ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la «Division de fer», la 4ème DC

-Les 13ème et 15ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 5ème DC

-Les 14ème et 18ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 6ème DC

-Un état-major et une section de commandement

-Une section hors rang chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

-Trois compagnies de chasseurs portés organisée chacune avec un état-major, une section de commandement et quatre sections de combat

-Une compagnie d’engins d’accompagnement  avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses équipées de mitrailleuses MAC 36 de 7.5mm et une section d’engins avec quatre canons de 25 puis de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

L’organisation du BCP évolue ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée au printemps 1945 ce qui permet sur le papier de fournir deux compagnies à chaque bataillon de chars de combat.
On le voit l’organisation des BCP est plus proche d’une unité d’infanterie que d’une unité de dragons portés, étant moins autonome sur le plan de la puissance de feu et de la puissance de combat, ne disposant pas de chars légers comme les dragons portés.

21-Armée de terre (41)

-77ème GRDI : mis sur pied par le CMC 17, ce groupement est affecté à la 7ème Division d’Infanterie Coloniale et dissous en même temps qu’elle le 24 juillet 1940.

-78ème GRDI : mis sur pied par le CMC 21 ce groupement est affecté à la 8ème Division d’Infanterie Coloniale et dissous en même temps qu’elle le 29 juillet 1940.

-80ème GRDI : mis sur pied par le 3ème régiment de spahis marocains et le CMC 18, il est affecté à la 1ère Division Marocaine et préservé après la démobilisation. Il est transformé en GRDI motorisé par la suite.

-81ème GRDI : mis sur pied par le 1er régiment de spahis algériens et le 1er centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 81ème Division d’Infanterie d’Afrique et donc pérénnisé après la démobilisation, devenant un groupement motorisé.

-82ème GRDI : mis sur pied à partir du 2ème régiment de spahis algériens, du 2ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique et du CMC 5, il est rattaché à la 82ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-83ème GRDI : mis sur pied à partir du 3ème régiment de spahis algériens et par le 3ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 83ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-84ème GRDI : mis sur pied à partir du 4ème régiment de spahis tunisiens et par le le 4ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 84ème DIA. En mars 1940, il fusionne avec le 98ème GRDI pour donner naissance au 42ème GRDI.

-85ème GRDI : mis sur pied à partir du 1er régiment de spahis algériens et par le 1er centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 85ème DIA. Dissous en même temps que la division.

-86ème GRDI : mis sur pied à partir du 8ème régiment de spahis algériens, du 8ème régiment de chasseurs d’Afrique et du centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est affecté à la 86ème DIA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-87ème GRDI : mis sur pied à partir du le 3ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique et du 16ème dépôt de cavalerie, il est rattaché à la 87ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-88ème GRDI : mis sur pied à partir du 4ème régiment de spahis tunisiens, du 1er REC et du 8ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 88ème DIA dissoute à la démobilisation ce qui entraine la dissolution du groupement rattaché.

-89ème GRDI : mis sur pied à partir du 3ème régiment de spahis marocains, du 1er régiment de chasseurs d’Afrique et du centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 3ème Division Marocaine dont la dissolution entraine celle du groupement de reconnaissance.

-91ème GRDI : mis sur pied par le 9ème cuirassiers et par le CMC 14, il est rattaché à la 1ère Division d’Infanterie Nord Africaine (1ère DINA), une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-92ème GRDI : mis sur pied par le 9ème régiment de dragons et le CMC 26, il est rattaché à la 2ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-93ème GRDI : mis sur pied par le 20ème régiment de dragons et le CMC 29, il est rattaché à la 3ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-94ème GRDI : mis sur pied par le 3ème régiment de hussards et le CMC 20, il est rattaché à la 4ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-95ème GRDI : créé par le CMC 14, il est rattaché à la 5ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il avait été rattaché.

-96ème GRDI : mis sur pied par le 9ème dépôt de cavalerie, il est rattaché à la 6ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-97ème GRDI : mis sur pied par les 1er et 2ème REC, il est rattaché à la 7ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-98ème GRDI : mis sur pied à Tarascon par le CMC 13, il fusionne avec le 84ème GRDI pour donner naissance au 42ème GRDI.

-181ème GRDI : mis sur pied par le 2ème dépôt de cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 5ème régiment de cavalerie d’Afrique , il est rattaché à la 181ème DIA, il est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-182ème GRDI : mis sur pied par le 2ème dépôt de cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 2ème régiment de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 182ème DIA pérénnisé après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-183ème GRDI : mis sur pied par le 3ème dépôt de Cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 3ème régiment de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 183ème DIA et dissous en même temps que cette division.

-191ème GRDI : mis sur pied par le dépôt du 1er régiment de spahis marocains, il est rattaché à la 191ème DIA, division pérénnisé après la démobilisation et transformé en GRDI motorisé.

-192ème GRDI :  mis sur pied par le dépôt du 1er régiment de spahis marocains, il est rattaché à la 192ème DIA, division dissoute lors de la démobilisation de l’été 1940.

A l’issue de la démobilisation, seuls vingt-huit GRDI sont conservés en métropole et dix en AFN et au Levant, les sept motorisés avec automitrailleuses et trois groupes montés ou type normal qui sont progressivement motorisés entre septembre 1940 et juin 1943.

Automitrailleuse puissante AM modèle 1940P

Automitrailleuse puissante AM modèle 1940P

Théoriquement donc les GRDI sont tous organisés de la même façon mais en pratique, une dichotomie s’opère : les GRDI de métropole sont équipés (sauf les GRDI des DIAlp) d’AMP Panhard 201 à canon de 47mm et de chars légers (neuf équipés de Hotchkiss H-39, neuf équipés de FCM-42 et dix équipés AMX-44) en guise d’AMR alors que les GRDI déployés en Afrique du Nord et au Levant sont équipés de Panhard AMD 178 et d’AMR 33 et 35.

Le H-39 équipe les 2ème, 5ème, 15ème, 18ème, 23ème, 32ème, 71ème, 74ème et 93ème GRDI, le FCM-42 équipe les 1er, 4ème, 6ème, 16ème, 20ème, 25ème, 27ème, 37ème et 39ème GRDI, l’AMX-42 les 3ème, 17ème, 72ème et 94ème, l’AMX-44 équipant les six restants en l’occurence les 7ème,  21ème, 73ème, 91ème et 92ème  GRDI à raison de vingt véhicules par GRDI.

Pour ce qui est des canons antichars automoteurs, les Renault ZT2 et ZT3 à canon de 25mm sont remplacés par des Lorraine 39L ou des Renault DAJ-1 à canon de 47mm.

A la mobilisation d’août 1948, les GRDI de métropole vont participer à la mise sur pied des GRDI de mobilisation et des GRCA avec l’aide des Centres Mobilisateurs de Cavalerie