22-Armée de terre : armement et matériel (96) ordre de bataille (30)

Théâtre d’Opérations d’Afrique du Nord (TOAFN)

Préambule : la situation géopolitique

Durant la décennie 1940, la situation géopolitique de l’Afrique du Nord est la suivante :

-Le Maroc est un protectorat français et espagnol

-L’Algérie est une colonie française, la seule véritable colonie de peuplement de notre Empire

-La Tunisie est un protectorat français

-La Libye est une colonie italienne sous le nom d’Africa Septentrionale Italiana (ASI)

-L’Egypte est un protectorat britannique.

Alors que les premiers mouvements autonomistes et indépendantistes émergent dans ces pays au sein des élites indigènes (dont la promotion est favorisée par Paris et Londres en vue d’une lointaine et hypothétique décolonisation), l’Afrique du Nord est le théâtre de rivalités entre puissances coloniales, rivalités pouvant alimenter un futur conflit voir même le déclencher.

-Au Maroc, la partie sous protectorat espagnol à joué un rôle clé dans la victoire des troupes nationalistes. Sans les troupes marocaines, les nationalistes auraient eu bien du mal à triompher des forces républicaines.

La guerre terminée, certains nationalistes rêvent d’un Maroc tout entier sous protectorat espagnol ce qui pousse la France à moderniser les forces défendant la partie sous protectorat français.

-En Algérie, les menaces extérieures sont inexistantes. Il y à bien des actions de groupes irréguliers et de bandes d’insoumis. En dépit de ces faibles menaces extérieures, les troupes déployées dans notre seule colonie de peuplement sont modernisées à la fois pour faire face à des menaces intérieures mais également pour pouvoir mener des opérations extérieures.

-La Tunisie est le protectorat français le plus menacé car partageant une frontière avec la colonie italienne d’Afrique Septentrionnale Italienne sans oublier la proximité de la Sicile et des petites îles de Pantelleria et de Lampedusa.

Elle est donc la «colonie» où les renforcements sont les plus importants avec une sérieuses modernisation des unités déployées et la mise sur pied de la 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC).

Le 14 mars 1944 est mis sur pied le Théâtre d’Opération d’Afrique du Nord (TOAFN) qui à sous son commandement toutes les forces françaises stationnées au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Son commandant est un général d’armée et à son autorité trois commandements, le COMMAR (Commandement Militaire Maroc), le COMMAL (Commandement Militaire Algérie) et le COMFAT ou Commandement des Forces Armées de Tunisie, des commandements chargés de la préparation en temps de paix et du commandement en temps de guerre.

Commandement Militaire Maroc (COMMAR) (Casablanca)

-Infanterie

-Situation en septembre 1939

On trouve trois divisions d’infanterie stationnées dans le royaume chérifien :

-1ère Division Marocaine : 1er, 2ème et 7ème régiments de tirailleurs marocains

-2ème division marocaine : 2ème et 4ème régiments étrangers d’infanterie 3ème régiment de tirailleurs sénégalais.

-3ème division marocaine : 3ème régiment étranger d’infanterie, 21ème régiment de zouaves et 6ème régiment de tirailleurs sénégalais.

On trouve également des régiments indépendants, le 1er régiment de zouaves, le 4ème régiment de tirailleurs marocains et le bataillon autonome d’infanterie coloniale.

-Evolution

Suite à la démobilisation, le dispositif au Maroc est allégé et réorganisé avec l’évolution suivante :

-La 1ère Division Marocaine aligne deux régiments de tirailleurs marocains avec le 1er et le 7ème RTM, le 2ème RTM étant dissous

-La 2ème Division Marocaine aligne le 2ème régiment étranger d’infanterie et le 4ème régiment étranger d’infanterie, le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais étant dissous.

-La 3ème Division Marocaine est elle dissoute mais si le 21ème régiment de zouaves et le 6ème régiment de tirailleurs sénégalais sont dissous, le 3ème REI est préservé, étant déployé dans le Sud marocain.

-Le 4ème régiment de tirailleurs marocains est dissous

Ultérieurement, le dispositif au Maroc est renforcé par une 4ème DLI (Division Légère d’Infanterie) qui dispose de trois régiments avec le 3ème Régiment d’Infanterie Légère d’Afrique, le 1er et le 6ème Régiment Etranger d’Infanterie.

Quand éclate le second conflit mondial, en septembre 1948, le COMMAR dispose des moyens d’infanterie suivants :

-La 1ère Division Marocaine (1ère DM) est envoyée en métropole

-La 2ème Division Marocaine (2ème DM) avec les 2ème et 4ème Régiments Etrangers d’Infanterie

-La 3ème Division Marocaine (3ème DM) est réactivée avec le 2ème régiment de tirailleurs
marocains et le 21ème régiment de zouaves et envoyée en Corse

-4ème Division Légère d’Infanterie : 21ème RILA, 1er et 6ème régiments étrangers d’infanterie
-1er régiment de zouaves

-Bataillon autonome d’infanterie coloniale

-Chars et Cavalerie

-1er régiment de chasseurs d’Afrique qui reste partiellement motorisé, sa motorisation complète prévue ne fût pas réalisée en raison du déclenchement du second conflit mondial

-2ème régiment de spahis marocain

-3ème régiment de spahis marocains

-8ème régiment de spahis algériens

Ces trois régiments reste en configuration montée sans que leur motorisation n’ait semble-t-il été envisagée

-2ème Régiment Etranger Cavalerie : régiment monté puis régiment motorisé à partir du printemps 1947 pour appuyer le 3ème REI dans le Sud marocain. C’est un régiment comparable aux régiments de découverte avec AMD.

-Une compagnie montée saharienne transformée en compagnie portée sur véhicules tout terrain avec quelques AM-39 Gendron-Somua.

-Deux Bataillons de Chars de Combat, les 62ème et 66ème B.C.C équipés de Renault FT remplacés rapidement par des Renault R-35.

-On trouve également deux Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), le 80ème GRDI accompagnant la 1ère Division Marocaine et le 89ème GRDI accompagnant la 3ème Division Marocaine, ce dernier disposant d’AMD 178 Panhard, les chars légers prévus n’étant pas encore livrés en septembre 1948 quand la division rallie la Corse.

-Artillerie

-Le 63ème régiment d’artillerie d’Afrique de Fès à cinq groupes de 65 ou de 75mm intègre après la démobilisation la 1ère Division Marocaine. La 1ère DM devant en temps de guerre être déployée en Europe, elle est progressivement portée aux standards européens en terme d’équipement. Il est ensuite rebaptisé 64ème RAD.

-Le 64ème régiment d’artillerie d’Afrique de Casablanca à cinq groupes de 65 ou de 75mm reste indépendant.

-Régiment (ex-groupement) d’artillerie coloniale du Maroc (RACM) intégré ultérieurement à la 2ème Division Marocaine.

-2ème Régiment Léger d’Artillerie d’Afrique (2ème RLAA) intégré à la 4ème Division Légère d’Infanterie

-Génie et unités de soutien

-La 1ère DM dispose du 43ème bataillon du génie, la 2ème DM du 44ème BG et le 56ème BG pour la 4ème DLI

-31ème régiment du génie

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21-Armée de terre (41)

-77ème GRDI : mis sur pied par le CMC 17, ce groupement est affecté à la 7ème Division d’Infanterie Coloniale et dissous en même temps qu’elle le 24 juillet 1940.

-78ème GRDI : mis sur pied par le CMC 21 ce groupement est affecté à la 8ème Division d’Infanterie Coloniale et dissous en même temps qu’elle le 29 juillet 1940.

-80ème GRDI : mis sur pied par le 3ème régiment de spahis marocains et le CMC 18, il est affecté à la 1ère Division Marocaine et préservé après la démobilisation. Il est transformé en GRDI motorisé par la suite.

-81ème GRDI : mis sur pied par le 1er régiment de spahis algériens et le 1er centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 81ème Division d’Infanterie d’Afrique et donc pérénnisé après la démobilisation, devenant un groupement motorisé.

-82ème GRDI : mis sur pied à partir du 2ème régiment de spahis algériens, du 2ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique et du CMC 5, il est rattaché à la 82ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-83ème GRDI : mis sur pied à partir du 3ème régiment de spahis algériens et par le 3ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 83ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-84ème GRDI : mis sur pied à partir du 4ème régiment de spahis tunisiens et par le le 4ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 84ème DIA. En mars 1940, il fusionne avec le 98ème GRDI pour donner naissance au 42ème GRDI.

-85ème GRDI : mis sur pied à partir du 1er régiment de spahis algériens et par le 1er centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 85ème DIA. Dissous en même temps que la division.

-86ème GRDI : mis sur pied à partir du 8ème régiment de spahis algériens, du 8ème régiment de chasseurs d’Afrique et du centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est affecté à la 86ème DIA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-87ème GRDI : mis sur pied à partir du le 3ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique et du 16ème dépôt de cavalerie, il est rattaché à la 87ème DIA. Pérénnisé après la démobilisation, il est transformé en GR motorisé.

-88ème GRDI : mis sur pied à partir du 4ème régiment de spahis tunisiens, du 1er REC et du 8ème centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 88ème DIA dissoute à la démobilisation ce qui entraine la dissolution du groupement rattaché.

-89ème GRDI : mis sur pied à partir du 3ème régiment de spahis marocains, du 1er régiment de chasseurs d’Afrique et du centre mobilisateur de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 3ème Division Marocaine dont la dissolution entraine celle du groupement de reconnaissance.

-91ème GRDI : mis sur pied par le 9ème cuirassiers et par le CMC 14, il est rattaché à la 1ère Division d’Infanterie Nord Africaine (1ère DINA), une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-92ème GRDI : mis sur pied par le 9ème régiment de dragons et le CMC 26, il est rattaché à la 2ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-93ème GRDI : mis sur pied par le 20ème régiment de dragons et le CMC 29, il est rattaché à la 3ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-94ème GRDI : mis sur pied par le 3ème régiment de hussards et le CMC 20, il est rattaché à la 4ème DINA, une unité d’active. Le groupement est donc maintenu après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-95ème GRDI : créé par le CMC 14, il est rattaché à la 5ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il avait été rattaché.

-96ème GRDI : mis sur pied par le 9ème dépôt de cavalerie, il est rattaché à la 6ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-97ème GRDI : mis sur pied par les 1er et 2ème REC, il est rattaché à la 7ème DINA et dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-98ème GRDI : mis sur pied à Tarascon par le CMC 13, il fusionne avec le 84ème GRDI pour donner naissance au 42ème GRDI.

-181ème GRDI : mis sur pied par le 2ème dépôt de cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 5ème régiment de cavalerie d’Afrique , il est rattaché à la 181ème DIA, il est dissous en même temps que la division à laquelle il est rattaché.

-182ème GRDI : mis sur pied par le 2ème dépôt de cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 2ème régiment de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 182ème DIA pérénnisé après la démobilisation et transformé en unité motorisée.

-183ème GRDI : mis sur pied par le 3ème dépôt de Cavalerie d’Afrique et par le dépôt du 3ème régiment de cavalerie d’Afrique, il est rattaché à la 183ème DIA et dissous en même temps que cette division.

-191ème GRDI : mis sur pied par le dépôt du 1er régiment de spahis marocains, il est rattaché à la 191ème DIA, division pérénnisé après la démobilisation et transformé en GRDI motorisé.

-192ème GRDI :  mis sur pied par le dépôt du 1er régiment de spahis marocains, il est rattaché à la 192ème DIA, division dissoute lors de la démobilisation de l’été 1940.

A l’issue de la démobilisation, seuls vingt-huit GRDI sont conservés en métropole et dix en AFN et au Levant, les sept motorisés avec automitrailleuses et trois groupes montés ou type normal qui sont progressivement motorisés entre septembre 1940 et juin 1943.

Automitrailleuse puissante AM modèle 1940P

Automitrailleuse puissante AM modèle 1940P

Théoriquement donc les GRDI sont tous organisés de la même façon mais en pratique, une dichotomie s’opère : les GRDI de métropole sont équipés (sauf les GRDI des DIAlp) d’AMP Panhard 201 à canon de 47mm et de chars légers (neuf équipés de Hotchkiss H-39, neuf équipés de FCM-42 et dix équipés AMX-44) en guise d’AMR alors que les GRDI déployés en Afrique du Nord et au Levant sont équipés de Panhard AMD 178 et d’AMR 33 et 35.

Le H-39 équipe les 2ème, 5ème, 15ème, 18ème, 23ème, 32ème, 71ème, 74ème et 93ème GRDI, le FCM-42 équipe les 1er, 4ème, 6ème, 16ème, 20ème, 25ème, 27ème, 37ème et 39ème GRDI, l’AMX-42 les 3ème, 17ème, 72ème et 94ème, l’AMX-44 équipant les six restants en l’occurence les 7ème,  21ème, 73ème, 91ème et 92ème  GRDI à raison de vingt véhicules par GRDI.

Pour ce qui est des canons antichars automoteurs, les Renault ZT2 et ZT3 à canon de 25mm sont remplacés par des Lorraine 39L ou des Renault DAJ-1 à canon de 47mm.

A la mobilisation d’août 1948, les GRDI de métropole vont participer à la mise sur pied des GRDI de mobilisation et des GRCA avec l’aide des Centres Mobilisateurs de Cavalerie