22-Armée de terre : armement et matériel (41)

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexplicable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Canon d'assaut Somua Sau40

Canon d’assaut Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonnamment moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créer……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner  une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX).
Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.
La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement  entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943. La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Caractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexpliquable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonament moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créé……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX)

Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.

La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943.

La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Cractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

Publicités

22-Armée de terre : armement et matériel (17)

E-Artillerie lourde sur voie ferrée

Préambule

Le déplacement des pièces d’artillerie à toujours posé problème depuis leur apparition. Tant que leur poids était modéré, le cheval pouvait tracter la pièce avec son avant-train, les pièces légères formant une véritable artillerie volante donc les RA des DLM sont les héritiers.

Avec l’augmentation du poids des pièces d’artillerie, leur transport en un seul fardeau par un atellage de chevaux devint impossible et après avoir choisit la solution temporaire du démontage de la pièce en deux fardeaux, on privilégia pour les pièces lourdes l’utilisation du tracteur à vapeur puis à moteur.
Lui aussi ne tarda pas à atteindre les limites pour les plus grosses pièces dont le déplacement par la route était possible mais nécessitait de tels efforts que l’investissement n’était guère rentable.

C’est là que la voie ferrée fût d’un précieux recours, permettant le déplacement et la mise en œuvre de pièces lourdes voir très lourdes nécessaires par exemple pour la neutralisation des forts. On se souvient qu’en 1914, les forts de Liège tombèrent sous les coups des canons de 305 et de 420mm.

L’artillerie française mit donc en œuvre de nombreuses pièces d’artillerie sur voie ferrée d’un calibre maximal de 400mm, l’armistice empêchant la mise en service de deux canons monstrueux de 520mm.

En septembre 1939, l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est toujours présente avec des pièces anciennes, son utilité même est remise en cause par les modernistes qui estiment non sans raison qu’avec l’aviation, l’artillerie lourde sur voie ferrée est à ranger au musée des antiquités militaires ce à quoi répondent ses défenseurs que l’ALVF peut elle tirer par tous les temps……….. .

Le général Villeneuve décide de maintenir cette capacité en la rationalisant en ne relançant pas dans un premier temps la fabrication de nouvelles pièces.

Canon de 164mm modèle 1893-96

Canon de 164mm modèle 1893-96

Canon de 164mm modèle 1893-96

Comme la totalité (ou peu sans faut) des pièces d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée, ce canon est une pièce d’origine marine, utilisée à bord des cuirassés Iena, Suffren et de classe République

Après avoir utilisée à de nombreuses reprises durant le premier conflit mondial, ce canon continue sa carrière durant la guerre de Pologne puisque quatre canons sont encore en service, formant la 12ème batterie du 4ème groupe du 374ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée.

Suite à la démobilisation de ce régiment, les pièces sont feraillés après avoir liquidé le maigre stock d’obus restant au cours d’écoles à feu intensives.

Caractéristiques Techniques du canon de 164mm modèle 1893-96

Calibre : 164.7mm (6.5 pouces) Poids du canon : 7040kg Poids de l’obus (explosif) 50.5kg (perforant) 52kg Longueur du tube : 7.4m Portée : 15400m avec l’obus perforant, 19000 avec l’obus explosif Cadence de tir : 3 coups/minute.

Canon de 194mm modèle 1870-93

Canon de 194mm TAZ modèle 1870/93

Canon de 194mm TAZ modèle 1870/93

Ce canon de 194mm est lui aussi une pièce de marine installée avec sa tourelle sur un affût truck et quand éclate la guerre de Pologne, vingt-quatre exemplaires sont en service au sein des Régiments d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée.

C’est le 374ème RALVF qui met en œuvre ces canons au sein des 1er, 2ème, 3ème et 6ème groupes, chaque groupe disposant de deux batteries de trois canons soit donc 24 canons en ligne.

Suite à la démobilisation de ce régiment, les pièces sont feraillés et le stock d’obus réutilisé par les régiments utilisant les 194 GPF.

Caractéristiques Techniques du canon de 194mm modèle 1870-93

Calibre : 194.4mm Poids total : 65000kg Poids de l’obus : 83kg Longueur du tube : nc Portée maximale 18300m (portée efficace 14680m) Elevation en site : -3° à +40° en azimut 360° Cadence de tir : 4 coups/minute

Canon de 240mm modèle 1884, modèle 1893-96 et modèle 1917

Plusieurs modèles de canons de ce calibre étaient utilisés par l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée en l’occurence le modèle 1884 utilisé à trois exemplaires par la 13ème batterie (5ème groupe 374ème RALVF), le modèle 1893-96M utilisé à huit exemplaires par les 10ème et 11ème batterie (4ème groupe 374ème RALVF) et le modèle 1917 utilisé à quatre exemplaires par la 14ème batterie (5ème groupe 374ème RALVF).

Suite à la démobilisation, ces canons sont retirés du service, démontés et stockés, les stocks d’obus étant transférés à l’Artillerie de position.

Caractéristiques du canon de 240mm modèle 1893-96

Calibre : 240mm Poids total de l’affût 140 tonnes Poids de l’obus :162kg Longueur du tube : nc Portée maximale 22700m Elevation : 0° à +40° Cadence de tir : 1 coup toutes les deux minutes.

Canon de 274mm modèle 1917G
Ce canon est à l’origine une pièce de marine utilisée notamment par les cuirassés Bouvet et Massena ou encore les garde-côtes Henri IV, Requin et Indomptable. Montés sur un affût truck, ils deviennent des modèle 1917G (G pour Guerre) et participent au premier conflit mondial.

Quand éclate la guerre de Pologne, huit canons sont mobilisés, le 372ème RALVF mettant en œuvre huit canons au sein des 10ème et 11ème batteries du 4ème groupe et le 373ème RALVF mettant en œuvre lui aussi huit canons au sein des 4ème et 5ème batteries du 2ème groupe.

Suite à la démobilisation et à la réorganisation de l’ALVF, ces canons aux stocks d’obus limités sont démontés et stockés.

Caractéristiques Techniques du canon de 274mm modèle 1917G

Calibre : 274mm Poids de l’affût : 152 tonnes Poids de l’obus : 237.50kg Longueur du tube : nc Portée maximale 29100m Elevation : inconnue Cadence de tir : inconnue.

Canon de 294mm modèle 1914

Ce canon existait à cinq exemplaires quand éclata la guerre de Pologne en septembre 1939. Quatre canons seulement furent mobilisés au sein du 371ème RALVF, formant la 10ème batterie du 3ème groupe.

Suite à la démobilisation et à la réorganisation de l’ALVF, ces canons aux stocks d’obus limités sont démontés et stockés (mais pas feraillés) même si leur remise en service est hautement improbable.

Canon de 305mm modèle 1906G et modèle 1906/10G

Ces canons sont des pièces de marine, ayant été utilisés par les Danton et les Courbet. En septembre 1939, on trouve six canons en ligne au sein de l’artillerie lourde sur voie ferrée en l’occurence trois canons modèle 1906G au sein du 372ème RALVF (5ème batterie 2ème groupe) et trois canons modèle 1906/10G au sein du 373ème RALVF (11ème batterie 3ème groupe).

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ces canons sont retirés du service, les affûts feraillés et les canons stockés au parc d’artillerie de Guipavas en compagnie des canons de 305mm des Courbet après leur désarmement.

En version marine, ce canon de 45 calibres tire des obus de 432 kg (perforants) et de 308kg (explosifs)  à une portée maximale de 27500m à raison de 1.5 à 2 coups par minute. Le poids du canon est de 20800kg, l’affût de 183 tonnes. Le canon peut pointer en site de +22° à +40° et en azimut sur 10°

Canons de 320mm

Canon de 320mm sur voie ferrée en action

Canon de 320mm sur voie ferrée en action

A la différence des canons précédents, ces canons ont été fondus pour la défense côtière et pour l’artillerie lourde sur voie ferrée et non d’anciennes pièces de marine réutilisées après désarmement des navires.

Plusieurs modèles ont cohabité durant le premier conflit mondial mais également durant la guerre de Pologne avec vingt pièces sortis des stocks pour montrer que la France avait toujours des muscles.

Le 372ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée dispose au sein du 2ème groupe d’une 4ème batterie avec 4 canons modèle 1917G.

Le 373ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée dispose d’un 3ème groupe avec les 7ème et 8ème batteries disposant chacune de quatre canons modèle 1870-30G et d’un 5ème groupe avec les 13ème et 14ème batteries disposant chacune de quatre canons modèle 1870-30G.

Suite à la réorganisation de l’Artillerie Lourde Voie Ferrée, les canons de 320mm restent en service, le 371ème RALVF disposant d’un 3ème groupe avec deux batteries de quatre pièces, le 372ème RALVF disposant lui aussi d’un 3ème groupe à deux batteries de quatre pièces. Les quatre pièces excédentaires servent pour l’entrainement et les tests.

Caractéristiques du canon de 320mm modèle 1870-90

Calibre : 320mm Poids de l’affût : 162 tonnes Poids de l’obus 387kg Longueur de l’affût : 101.10 Portée maximale 20500m Elevation : 0 à +40° Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes.

Caractéristiques du canon de 320mm modèle 1917

Calibre : 320mm Poids de l’affût : 178 tonnes Poids de l’obus 387kg Longueur de l’affût : 118.20 Portée effective 26200m Elevation : 0 à +40° Cadence de tir : un coup toutes les cinq minutes.

Canon de 340mm modèle 1912

Canon de 340mm modèle 1912

Canon de 340mm modèle 1912

Ce canon de 340mm est lui aussi une pièce de marine conçue pour les cuirassés de classe Bretagne, Normandie et Lyon mais seuls les trois cuirassés de la première classe nommée ont été construits, les Normandie n’étant pas achevés et les Lyon jamais mis sur cale.

Utilisés durant le premier conflit mondial comme pièce d’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon est toujours en service en septembre 1939 avec quinze pièces répartis entre deux régiments.

Le 372ème régiment dispose de onze pièces réparties entre le 1er groupe (deux batteries de deux pièces), le 2ème groupe (une batterie de 2 canons) et le 3ème groupe (deux batteries de deux pièces et une batterie avec un unique canon).

Le 373ème régiment dispose d’un groupe à deux batteries de deux canons.

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon reste en service au sein des régiments maintenus en ligne.

-Le 371ème RALVF dispose du 2ème groupe disposant de deux batteries de quatre pièces soit huit canons.

-Le 372ème RALVF dispose du 2ème groupe dispose de deux batteries de deux pièces et une batterie de trois pièces soit sept canons.

Tous les canons de 340mm restent en service. Pour obtenir un volant de réserve, les six canons de 340mm débarqués des cuirassés de classe Bretagne sont transférés à l’ALVF et précieusement stockés.

Caractéristiques Techniques du canon de 340mm modèle 1912

Calibre : 340mm Poids de l’affût : 164 tonnes Poids de l’obus : 432 kg Longueur de l’affût : 163m Portée maximale : 44000m Elevation : 0 à +40° Champ de battage : 4 à 6° Cadence de tir : 1 coup toutes les cinq minutes soit environ 12 coups par heure.

Canon de 370mm modèle 1915

Obusier de 370mm

Obusier de 370mm

Ce canon d’un calibre que nous qualifierons pudiquement d’acceptable est présent en septembre 1939 à six exemplaires au sein de l’artillerie lourde sur voie ferrée, six canons mis en œuvre par le 371ème régiment au sein de son 3ème groupe et plus précisément au sein des batteries n°7, n°8 et n°9.Suite à la réorganisation de l’ALVF à l’automne 1940, ces canons sont retirés du service, les canons sont stockés mais leurs affûts sont feraillés.

Caractéristiques du canon de 370mm modèle 1915

Calibre : 370mm Poids de l’affût 130 tonnes Poids de l’obus : 516 ou 710kg Longueur de l’affût : 98.50m Portée maximale : 16400m Portée effective 14600m Elevation en site : 0° à +65° Champ de tir azimutal 12° Cadence de tir : inconnue

Obusier de 400mm

Obusier de 400mm modèle 1916, la plus puissante pièce de l'ALVF en service

Obusier de 400mm modèle 1916, la plus puissante pièce de l’ALVF en service

Cet obusier sur rail était le plus gros calibre de l’artillerie lourde sur voie ferrée française à l’exception du canon de 520mm qui ne sera pas mobilisé en septembre 1939 et maintenu en réserve en cas de besoin.

Quand éclate la guerre de Pologne, vingt-deux canons de ce type sont en service au sein de deux régiments, le 371ème RALVF disposant de douze pièces réparties de manière égale au sein des 1er et 2ème groupes à raison de six batteries de deux canons (batteries numérotées de 1 à 6) et au sein du 372ème RALVF à raison pour ce dernier de deux groupes équipés, le 5ème groupe disposant des 13ème et 14ème batteries à deux canons alors que le 6ème groupe dispose des 16ème, 17ème et 18ème batteries à deux canons.

Suite à la réorganisation de l’artillerie lourde sur voie ferrée, ce canon reste en service au sein des deux régiments maintenus en ligne, le 371ème RALVF disposant d’un 1er groupe équipé de huit obusiers en deux batteries, le 372ème RALVF disposant d’un 1er groupe lui aussi équipé de huit obusiers en deux batteries soit seize canons, les six autres étant stockés comme volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques de l’obusier de 400mm modèle 1915 et modèle 1916

Calibre : 400mm Longueur du tube : 10.65m Poids total : 140 tonnes Poids de l’obus 900kg Portée : 15000m

Canon de 240mm modèle 1944

Quand il arrive à la tête de l’armée française, le général Villeneuve à un mot à la bouche : modernisation. L’artillerie lourde sur voie ferrée appartenant plus au passé qu’à l’avenir, il semblait dit que le «Général Tornade» allait mettre l’ALVF au chômage technique.

Il n’est pas impossible qu’il y ait pensé un court instant mais au final, il préféra conserver cette capacité en la rationalisant pour forcer la ligne Siegfried qui à l’époque était vue comme l’équivalent de la ligne Maginot sans oublier une éventuelle percée dans les Alpes qui était le massif montagneux le plus fortifié du monde.

En 1944 alors que les pièces maintenues en service commençaient à accuser le poids des ans, le chef d’état-major général décida d’étudier la construction de nouveaux affûts d’artillerie sur voie ferrée.

Plusieurs hypothèses de travail furent étudiées comme l’acquisition de canons de 330 modèle 1931 ou de 380mm modèle 1935 pour les installer sur un nouvel affût plus moderne ou encore l’installation sur un affût-truck léger d’un canon de 194 GPF qui existait déjà en une version tractée et une version chenillée.

Finalement le gagnant fût le canon de 240mm modèle 1944, une reprise nettement modernisée (upgradée dirions nous aujourd’hui) du modèle 1884, les deux prototypes mis au point par l’établissement de Tarbes étant d’ailleurs à la base des modèles 1884.

Vingt-quatre canons sont ainsi commandés en juin 1944 pour former six batteries répartis entre le 373ème et le 374ème RALVF réactivés pour l’occasion et déployés dans le Sud-Est avec pour cible l’Italie, le premier étant basé à Grenoble et le second à Nice. .

Les pièces sont livrées entre septembre 1945 et juillet 1947, effectuant de nombreux tirs de recette sur la côte méditerranéenne et déployés à chaque pic de tension le long de la frontière italienne et même en Tunisie où une batterie de 4 pièces est envoyée en juillet 1948, officiellement pour exercices.

Caractéristiques Techniques du 240mm modèle 1944

Calibre : 240mm Poids total de l’affût 130 tonnes Poids de l’obus :1è2kg Longueur du tube :  50 calibres soit 12m Portée maximale 24800m Elevation : 0° à +45° Cadence de tir : 1 coup toutes les deux minutes.

21-Armée de terre (71)

Régiments d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (RALVF)

Canon de 320mm sur voie ferrée en action durant le premier conflit mondial

Canon de 320mm sur voie ferrée en action durant le premier conflit mondial

Le déplacement des pièces d’artillerie à toujours posé problème depuis leur apparition. Tant que leur poids était modéré, le cheval pouvait tracter la pièce avec son avant-train, les pièces légères formant une véritable artillerie volante donc les RA des DLM sont les héritiers.

Avec l’augmentation du poids des pièces d’artillerie, leur transport en un seul fardeau par un attelage de chevaux devint impossible et après avoir choisit la solution temporaire du démontage de la pièce en deux fardeaux, on privilégia pour les pièces lourdes l’utilisation du tracteur à vapeur puis à moteur.

Lui aussi ne tarda pas à atteindre les limites pour les plus grosses pièces dont le déplacement par la route était possible mais nécessitait de tels efforts que l’investissement n’était guère rentable.

C’est là que la voie ferrée fût d’un précieux recours, permettant le déplacement et la mise en œuvre de pièces lourdes voir très lourdes nécessaires par exemple pour la neutralisation des forts. On se souvient qu’en 1914, les forts de Liège tombèrent sous les coups des canons de 305 et de 420mm.

L’artillerie française mit donc en œuvre de nombreuses pièces d’artillerie sur voie ferrée d’un calibre maximal de 400mm, l’armistice empêchant la mise en service de deux canons monstrueux de 520mm.

En septembre 1939, l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est toujours présente avec des pièces anciennes, son utilité même est remise en cause par les modernistes qui estiment non sans raison qu’avec l’aviation, l’artillerie lourde sur voie ferrée est à ranger au musée des antiquités militaires ce à quoi répondent ses défenseurs que l’ALVF peut tirer par tous les temps……….. .

En août 1939, avant le début de la guerre de Pologne, la Réserve Générale ne dispose que de deux groupes ALVF, le 1er groupe du 372ème RALVF équipé de quatre canons de 340mm modèle 1912 répartis en deux batteries et le 1er groupe du 373ème RALVF équipé lui aussi de quatre canons de 340mm modèle 1912 répartis en deux batteries.

La mobilisation d’août/septembre 1939 voit l’artillerie lourde sur voie ferrée augmenter sensiblement ses forces pour répondre aux pièces en service en Allemagne mais également couvrir la Ligne Maginot qui en raison de budgets insuffisants n’avait pu être dotée de tourelles de 145mm portant à 30km.

Le plan de mobilisation Dbis du 30 octobre 1936 avait définit cinq emplacements dans le nord-est et un sixième dans les Alpes. Ces canons sont placés sous l’autorité du commandant de l’armée occupant le secteur et non des troupes de forteresse.

-Le 370ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est mis sur pied par le CMA 26 de Châlons sur Marne. Contrairement à ce que son nom indique, ce régiment n’est pas un régiment d’artillerie mais un régiment de service chargé de l’entretien des voies ferrées qui peuvent être endommagés par les affûts, par l’artillerie ennemie, par sabotage de la «cinquième colonne».
-Le 371ème  Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 371ème régiment d’obusiers) est mis sur pied par le CMA 209 de Châteauroux avec trois groupes et dix batteries à l’équipement hétéroclite et hétérogène :

-Les 1er et 2ème groupes disposent des 1ère, 2ème, 3ème,4ème, 5ème et 6ème batteries qui disposent chacune de deux obusiers de 400mm modèle 1915 soit un total de douze canons     de ce calibre.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème, 8ème et 9ème batteries équipées chacune de deux canons de 370mm modèle 1915 soit six pièces et d’une 10ème batterie disposant de 4 canons     de 294mm modèle 1914.

-Le  372ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 372ème régiments de canons) est mis sur pied au format de guerre par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec pour équipement le parc suivant :

-Le 1er groupe dispose de deux batteries (1 et 2) équipées chacune de deux canons de  340mm modèle 1912.

-Le 2ème groupe dispose d’une quatrième batterie équipée de 4 canons de 320mm modèle 1917G, d’une cinquième batterie de trois canons de 305mm modèle 1906G et d’une sixième     batterie équipée de deux canons de 340mm modèle 1893G.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batterie équipées chacune de deux canons de  340mm modèle 1912B et de la 9ème batterie avec un unique canon de 340mm modèle     1912B.

-Le 4ème groupe dispose des 10ème et 11ème batteries équipées chacun de quatre canons de
274mm modèle 1917G

-Le 5ème groupe dispose dispose des 13ème et 14ème batteries disposant chacune de deux canons de 400mm modèle 1915.

-Le 6ème groupe dispose des 16ème, 17ème et 18ème batteries équipées chacune de deux obusiers de 400mm modèle 1915.

-Le 373ème  Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 373ème régiment de canons à glissement) est mis sur pied par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec pour équipement le parc suivant :

-Le 1er groupe dispose des 1ère et 2ème batteries avec deux canons de 340mm modèle  1912G chacune

-Le 2ème groupe dispose des 4ème et 5ème batteries disposant chacune de quatre canons de 274mm modèle 1917G.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batteries disposant chacun de quatre canons de 320mm modèle 1870-30G

-Le 4ème groupe dispose de la 10ème batterie à quatre canons de 320mm modèle 1917G et une 11ème batterie de 3 canons de 305mm modèle 1906/10G.

-Le 5ème groupe dispose des 13ème et 14ème batteries disposant chacune de 4 canons de 320mm modèle 1870-30G.

-Le 374ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 374ème régiment de canons tout azimuts) est mis sur pied par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec l’équipement suivant :

-Le 1er groupe dispose des 1ère et 2ème batteries équipées chacune de 3 canons de 194mm modèle 1870-93.

-Le 2ème groupe dispose des 4ème et 5ème batteries équipées chacune de 3 canons de   194mm modèle 1870-93.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batteries batteries équipées chacune de 3 canons  de 194mm modèle 1870-93

-Le 4ème groupe dispose des 10ème et 11ème batteries de 4 canons de 240mm modèle 1893-96M et d’une 12ème batterie équipée de 4 canons de 164mm modèle 1893-96M.

-Le 5ème groupe dispose de la 13ème batterie dispose de 3 canons de 240mm modèle 1884 et de la 14ème batterie disposant de quatre canons de 240mm modèle 1917.

-Le 6ème groupe dispose de la 16ème et de la 17ème batterie qui disposent chacune de trois canons de 194mm modèle 1870-93.

Au printemps 1940, décision est prise de réduire le nombre de RALVF à trois régiments : le 370ème, le 371ème et le 372ème RALVF avec trois groupes de deux batteries de quatre canons soit un total de  48 canons :

-Le 371ème RALVF à Chalons sur Marne dispose de d’un 1er groupe équipé de huit obusiers de 400mm modèle 1915 répartis en deux batteries de quatre pièces, d’un 2ème groupe équipé de huit canons de 340mm en deux batteries de quatre pièces et d’un 3ème groupe avec huit canons de 320mm répartis en deux batteries de quatre pièces.

-Le 372ème RALVF à Verdun dispose de d’un 1er groupe équipé de huit obusiers de 400mm modèle 1915 répartis en deux batteries, d’un 2ème groupe équipé de sept  canons de 340mm répartis en deux batteries de deux pièces et une batterie de trois pièces et d’un 3ème groupe avec huit canons de 320mm répartis en deux batteries de quatre pièces.

Les quatre pièces excédentaires de 320mm sont stockées ou servent pour l’entrainement et la formation, les autres canons jugés trop anciens ou aux stocks d’obus insuffisants sont ferraillés.

Il semblait dit que l’ALVF allait disparaître sans combattre mais au final des pièces supplémentaires vont être commandées pour armer deux régiments, deux régiments à deux groupes de trois batteries de deux pièces soit un total de vingt-quatre pièces.

En 1945, les 373ème et 374ème RALVF sont recréés, le premier est basé à Grenoble et le second à Nice avec un équipement identique, vingt-quatre canons de 240mm modèle 1944, ces six batteries devant viser principalement les fortifications italiennes.

Le canon de 240mm modèle 1944 est la reprise de fabrication d’un canon nettement plus ancien, le modèle 1884 avec les modifications d’usage. Ce canon l’emporta sur le 194mm GPF qui aurait pu donc être fabriqué en version sur voie ferrée.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, les quatre régiments d’artillerie lourde sur voie ferrée gagnent la frontière et les emplacements prévus dès le temps de paix, effectuant des tirs contre leurs homologues allemandes dès le mois de septembre, une attitude agressive destinée à convaincre les allemands d’une offensive franco-anglaise potentielle sur le Rhin.

21-Armée de terre (30)

6ème Division Légère Mécanique (6ème D.L.M.)

Le 7 mars 1943, la 6ème Division Légère Mécanique est officiellement mise sur pied à Orange (Vaucluse) avec du personnel fournit par les cinq D.L.M existantes, essentiellement des cadres, la majorité des sous-officiers et des hommes du rang étant de jeunes engagés et des appelés.

Cette division doit être mise à la disposition en temps de guerre à l’armée des Alpes pour lui fournir une unité à base de chars. Sa mission peut être défensive notamment en cas d’attaque amphibie italienne (pour tourner les puissants ouvrages de la ligne Maginot alpine) mais également offensive.

La création de cette division est l’occasion d’expérimenter pour ce type de division une nouvelle organisation. En effet, les nombreuses manoeuvres et exercices menés par les D.L.M au format originel ont montré un certain nombre de failles à corriger pour que les D.L.M tirent la quitescence de leur force :

-transmissions trop légères

-absence d’une puissante DCA

-lacune en matière antichar

-infanterie trop peu nombreuse.

L’organisation adoptée pour cette 6ème Division Légère Mécanique (6ème D.L.M) qui tire la leçon de ces organisation est la suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte à deux escadrons d’automitrailleuses puissantes, deux escadrons motocyclistes et un escadron antichar porté.

-Deux brigades de combat (brigades légères mécaniques) à deux régiments, un régiment de chars et un régiment de dragons portés auxquels sont associés un groupe de canons d’assaut, un escadron antichar porté, un escadron antiaérien porté et un groupe de reconnaissance.

-Un régiment d’artillerie tractée appelé Régiment d’Artillerie de Division Légère Mécanique (RADLM)

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Ce modèle expérimenté avec succès aux manoeuvres de septembre 1943 est généralisé aux cinq premières D.L.M et va servir de modèle aux deux dernières D.L.M créées avant guerre, les 7ème et 8ème D.L.M. .

Etat-major divisionnaire :

Par rapport aux cinq premières D.L.M, l’état-major, le quartier général divisionnaire dispose de la même organisation mais les moyens sont augmentés pour faire face à l’ajout d’un deuxième régiment de dragons portés, de deux groupes de canons d’assaut et de deux groupes de reconnaissance. L’état-major passe à 305 hommes et 72 véhicules dont deux véhicules antiaériens (bitube de 25mm)

Régiment de découverte : 2ème régiment de cuirassiers

Le 2ème régiment de cuirassiers avait été dissous le 15 août 1919. Il est recréé le 8 mars 1943 pour servir de régiment de découverte à la division avec des motocyclistes et des automitrailleuses puissantes (AMP) Panhard AM modèle 40P. Il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement avec un groupe de commandement et un groupe chargé de transmissions

-Un escadron hors-rang avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, une AMP TSF, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94 véhicules.

-Deux groupes d’escadrons disposant chacun d’un état-major, un escadron d’automitrailleuses puissantes et un escadron de fusiliers motocyclistes.

-L’Etat-major dispose d’un AMP TSF, de quinze motos, de treize VL et de six camionettes     soit un total de 35 véhicules

-L’escadron d’automitrailleuses puissantes dispose d’un peloton de commandement avec une
AMP et quatre pelotons de cinq AMP, de deux AMP-S, une voiture légère, trois motos, sept     camionnettes, deux tracteurs de ravitaillement et une cuisine remorque soit un total de 55     véhicules et de 175 hommes (cinq officiers, trente-six officiers et 134 hommes)

-L’escadron de fusiliers-motocyclistes avec un peloton de commandement (comprennant un
mortier de 60mm) et quatre pelotons de fusiliers.

Chaque peloton de fusiliers motocyclistes dispose d’un groupe de commandement (six     hommes et trois motos side-cars) et deux groupes de commandement disposant chacun de     dix hommes, cinq motos side-cars et deux FM soit un total par peloton de 26 hommes, treize     motos side-cars et 4 FM.

Au total l’escadron dispose de 150 hommes (cinq officiers, dix-neuf sous-officiers et cent-    vingt six hommes), 66 motos, deux véhicules légers, six camionettes et une cuisine     remorque.

Au total, le régiment de découverte dispose de 930 hommes et 354 véhicules

-11ème brigade légère mécanique : 4ème régiment de dragons et 9ème régiment de dragons portés

-un régiment d’automitrailleuses/chars de combat : le 4ème régiment de dragons

-Un état-major et un peloton de commandement avec un char Somua S-40 à tourelle FCM et quatoze véhicules soit un total de 70 hommes

-Un escadron hors rang organisé comme celui du régiment de découverte    avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, un char Somua S-40, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94 véhicules.

-Deux groupes d’escadron de chars avec un état-major comprenant un char Somua S-40 et deux escadrons de chars.

Chaque escadron de chars dispose d’un peloton de commandement avec un Somua S-40 pour le capitaine commandant de l’escadron et de quatre pelotons de cinq chars Somua S-40.

Au total chaque escadron de chars dispose de 136 hommes et de 57 véhicules soit pour l’ensemble du régiment de chars, un total de 805 hommes et de 259 véhicules dont 85 chars Somua S-40

-Un régiment de dragons portés, le 9ème régiment de dragons portés (9ème RDP)

-Un état-major, un peloton de commandement et un escadron hors-rang (ce dernier identique au régiment de découverte). Ces trois entités regroupe au total de 337 hommes et 122 véhicules

-Deux bataillons de dragons portés (un troisième est activé à la mobilisation) dont l’organisation comme le matériel n’évolue pas par rapport aux D.L.M précédentes, la monture des dragons portés restant le Laffly S20T.

Chaque bataillon dispose donc d’un état-major et d’un peloton de commandement, d’un escadron d’AMR, d’un escadron de fusiliers motocyclistes et de deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés.

L’état-major et le peloton de commandement dispose des mêmes moyens qu’une D.L.M ancienne version

L’escadron d’AMR en revanche connait une spectaculaire augmentation de sa puissance puisque les AMR-33 sont remplacés par de véritables chars légers à canon de 47mm, l’AMX-42.

Leur nombre n’évolue pas mais leur puissance est sans commune mesure par rapport aux AMR-33 et 35 armées d’une mitrailleuse de 7.5mm, d’une mitrailleuse de 13.2mm voir pour quelques unes d’un canon antichar de 25mm.

L’escadron de fusiliers motocyclistes organisé comme celui du régiment de découverte et ne connait aucun changement par rapport à son homologue ancienne version.

Les deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés sont organisés en un peloton de commandement (qui dispose d’un mortier de 60mm), de trois pelotons de combat avec une VDP de commandement et trois VDP transportant chacune un groupe de combat soit 10 hommes et deux fusils mitrailleurs et d’un peloton de mitrailleuses (deux groupes de deux plus une pour le tir antiaérien)

L’escadron de mitrailleuses et d’engins (EME) dispose d’un peloton de commandement, de deux pelotons de mitrailleuses (identiques à ceux des escadrons de FV), d’un peloton de mortiers de 120mm à deux groupes de deux mortiers et de deux groupes de canons antichars de 47mm (quatre pièces).

Si l’armement évolue, les effectifs restent identiques tout comme les dotations en véhicules soit un total de 3088 hommes et 957 véhicules dont soixante-trois automitrailleuses de reconnaissance

-11ème groupe de canons d’assaut

Dès l’origine, il était prévu dans les D.L.M deux groupes de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, un véhicule issu du S-35 mais équipé en casemate d’un puissant canon de 75mm.

A l’origine, ces deux groupes dépendaient directement de la division, complétant le régiment d’artillerie tractée. La répartition des rôles était claire : l’appui général au RADLM et l’appui rapproché des chars aux canons d’assaut.

Quand la mise sur pied de la 6ème D.L.M à été décidée ainsi qu’une nouvelle organisation interne, décision à été prise d’intégrer les groupes de canons d’assaut aux B.L.M pour permettre aux chars de disposer d’un puissant appui-feu immédiatement disponible.

Le groupe de canons d’assaut prend le numéro de sa BLM, la 6ème DLM dispose donc des 11ème et 12ème groupes équipés de Somua Sau40.

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un Sau40 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces.

A ces treize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L,  Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 85 hommes

-11ème escadron antichar porté

Cet escadron antichar est destiné non pas à appuyer les chars mais à fournir une défense anti-blindée aux dragons portés en l’absence des Somua S-40. Montés sur véhicules à roues, ces canons de 47mm seraient également chargés de mener des combats retardateurs pour permettre le repli de l’ensemble du dispositif.

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 9 hommes, trois pelotons de quatre Laffly W15 TCC avec un canon antichar de 47mm tirant en chasse soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Laffly S20T transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté disposant donc au total de 33 véhicules et de 126 hommes

-11ème escadron antiaérien porté

Cet escadron antiaérien porté est destiné à la protection de toute la brigade contre l’aviation d’assaut ennemie, offrant une ombrelle minimale en attendant l’intervention de la chasse pour balayer les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué ennemis.

Cet escadron dispose d’un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Laffly W15 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté dispose au total de 48 véhicules et 185 hommes

-11ème groupe de reconnaissance

Ce groupe de reconnaissance est rattaché à la B.L.M est destiné à l’éclairage de la brigade dont il porte le numéro à la différence du régiment de découverte qui lui travaille pour la division, dans une dimensions nettement plus stratégique.

Après avoir envisagé d’armer cette unité avec ces véhicules à roues, l’Arme Blindée-Cavalerie décida de l’équiper de chars légers qui en plus de leur chassis chenillé pouvait renforcer la capacité de combat du régiment de char de la brigade légère mécanique.

Chaque groupe de reconnaissance dispose d’un peloton de commandement (un char pour le commandant du groupe, deux motos et une camionette soit quatre véhicules et sept hommes) et trois pelotons de quatre chars légers AMX-42 (un canon de 47mm, une mitrailleuse de 7.5mm coaxiale, un pilote à l’avant, tourelle biplace avec le tireur et le chef de char) soit un total de dix-sept véhicules et de quarante-trois hommes.

La 11ème BLM dispose en configuration mobilisation (c’est à dire un RDP à trois bataillons) de 4402 hommes et 1361 véhicules

-12ème brigade légère mécanique

-Un état-major de brigade

-Un régiment de chars, le 11ème régiment de chasseurs (à cheval)

-Un régiment de dragons portés, le 10ème régiment de dragons portés

-Le 12ème groupe d’assaut

-Le 12ème escadron antichar porté

-Le 12ème escadron antiaérien porté

-Le 12ème groupe de reconnaissance lui aussi équipé d’AMX-42

-Un régiment d’artillerie : le 70ème régiment d’artillerie de division légère mécanique

A première vue, le maintien d’un régiment tracté dans une division mécanique peut paraître incongru mais il répond à des missions différentes. En effet, ce régiment doit appuyer les dragons portés et effectuer des tirs de barrage et des tirs d’interdiction à la fois pour ouvrir une brèche au profit des chars mais également en phase défensive.

L’organisation ne change pas par rapport à un RADLM «ancienne version» mais une partie de l’équipement évolue, les vénérables canons de 75mm modèle 1897 cédant la place à des canons de 75mm TAZ (Tous Azimuts) modèle 1939, utilisable à la fois pour le tir sol-sol que pour la lutte antichar.

Le régiment d’artillerie de division légère mécanique est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une batterie hors-rang totalisant 131 hommes et 31 véhicules

-Deux groupes de 75mm avec un état-major, trois batteries de tir et une colonne de ravitaillement

L’état-major de chaque groupe dispose de 90 hommes et de 29 hommes, chaque batterie de tir dispose de quatre canons de 75mm, 30 véhicules et 103 hommes et la colonne de ravitaillement dispose de 139 hommes et de 36 véhicules.

Chaque groupe de 75mm dispose donc de 538 hommes, 12 canons de 75mm et 155 véhicules de type divers soit pour deux groupes un total de 1076 hommes, 24 canons de 75mm et 310 véhicules.

-Un groupe de canons de 105mm avec un état-major, trois batteries de quatre obusiers de 105C modèle 1935B et une colonne de ravitaillement. Effectifs identiques au groupe de 75mm.

Au total, le régiment d’artillerie dispose de 1746 hommes, 36 canons (24 de 75mm et de 12 de 105mm) et 528 véhicules.

-Un bataillon du génie

Ce bataillon du génie qui prend le numéro de leur division soit du 1er au 8ème bataillons du génie avec quatre compagnies, trois compagnies de sapeurs mineurs et une compagnie d’équipage de pont.

Chaque compagnie de sapeurs mineurs dispose d’une section motocycliste (37 hommes et 36 motos dont trois à side-cars), une section portée sur camionette (64 hommes, 3 motos et 6 camionettes) et une section portée tout terrain (44 hommes et 9 véhicules dont 3 motos) soit un total de 193 hommes et 85 véhicules par compagnie soit pour trois compagnies un total de 579 hommes et 255 véhicules.

La compagnie d’équipage de pont dispose de 134 hommes et de 78 véhicules dont 32 remorques de pont.

-deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BLM (ici donc le numéro 11) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BLM (ici donc le numéro 12) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios
-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

La compagnie automobile de quartier général prend le numéro de la division augmenté de 300 ce qui donne les 301ème 302ème 303ème 304ème 305ème 306ème 307ème et 308ème compagnies automobiles de quartier général (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Elles disposent toutes d’une section de commandement et de quatre détachements (QG, intendance, santé et circulation routière) qui totalisent 444 hommes et 262 véhicules. Cette compagnie fournit les véhicules nécessaires à l’état-major de la division

La compagnie automobile de transport prend le numéro de la division augmenté de 400 ce qui donne les 401ème 402ème 403ème 404ème 405ème 406ème 407ème et 408ème compagnies automobiles de transport (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Cette compagnie est organisée en une section de commandement, services généraux et atelier, une section sanitaire automobile, une section de ravitaillement en munitions d’infanterie et une section de camions de 5 tonnes soit un total de 211 hommes et 98 véhicules divers dont sept motos.

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

Chaque D.L.M disposait à l’origine d’un groupe sanitaire divisionnaire numérotés 37 à 41. Ces groupes deviennent bataillons qui gardent leurs numéros, la 6ème D.L.M héritant du 42ème bataillon sanitaire divisionnaire, la 7ème D.L.M héritant du 43ème bataillon et la 8ème D.L.M du 44ème bataillon.

Ce passage au statut bataillon s’explique par la réorganisation en deux BLM de taille équivalente, les moyens augmentent mais sont loin d’être doublés comme ce fût initialement prévu.

Le bataillon sanitaire divisionnaire dispose avant mobilisation de 190 hommes et 25 véhicules sanitaires de différentes types

-Un groupe d’exploitation divisionnaire qui dispose de 68 hommes et de 6 véhicules

-Un Escadron de réparation divisionnaire (numérotés 11 à 18, le 11ème pour la 1ère D.L.M et le 18ème pour la 8ème DLM ) rattaché à l’un de deux régiments de chars mais opérant pour toute la division.

Il est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de dépannage, deux pelotons de réparation et un groupe de volant (blindés de remplacement). Ses effectifs sont de 305 hommes et de 116 véhicules plus deux chars de remplacement pour chaque escadron (quatre AMP, 16 Somua S-35/40/45 et 6 AMX-42/AMX-44/FCM-42).