22-Armée de terre : armement et matériel (98) ordre de bataille (32)

Commandement des Forces Armées de Tunisie (COMFAT)

Le COMFAT à sous son autorité toutes les unités terrestres déployées en Tunisie. C’est le protectorat où l’effort le plus important est mené, la menace italienne étant nettement plus prégnante que la menace espagnole.

-Infanterie

-Situation en septembre 1939

Le protectorat tunisien dispose de deux divisions territoriales, celles de Tunis et celle de Sousse qui alignent les moyens suivants :

-La Division de Tunis dispose du 4ème régiment de zouaves, des 4ème et 8ème régiments de tirailleurs tunisiens.

-La Division de Sousse dispose de trois régiments d’infanterie, les 5ème, 10ème et 18ème régiments de tirailleurs sénégalais.

A la mobilisation de septembre 1939, les divisions territoriales sont transformées en deux Divisions d’Infanterie d’Afrique (D.I.A) auxquelles s’ajoute deux divisions formées en Algérie :

-La 83ème DIA est l’ancienne 7ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine avec les 3ème, 7ème et 11ème régiments de tirailleurs algériens qui à son arrivée en Tunisie troque le 11ème RTA contre le 344ème RI.

-La 84ème DIA est l’ancienne Division de Tunis alignant trois régiments, le 4ème régiment de zouaves et deux régiments de tirailleurs tunisiens, les 4ème et 8ème régiments.

-La 85ème DIA alignant deux régiments de tirailleurs algériens, les 11ème et 19ème RTA.

-La 88ème DIA est l’ancienne division de Sousse alignant à l’origine, les 5ème, 10ème et 18ème régiments de tirailleurs sénégalais puis le 10ème RTS, le 18ème RTS et enfin le 257ème régiment d’infanterie.

-Démobilisation et évolution

Suite à la démobilisation de l’été 1940, le COMFAT dispose de deux divisions d’infanterie :

-Le 84ème DIA remplace la Division de Tunis avec le 4ème régiment de zouaves et le 8ème régiment de tirailleurs tunisiens, le 4ème régiment de tirailleurs tunisiens après avoir été menacé de dissolution est finalement affecté à la place de Bizerte sous l’autorité de la marine.
-La 88ème DIA remplace la Division de Sousse et aligne deux régiments de tirailleurs sénégalais, les 10ème et 18ème RTS.

Ce dispositif est complété par la 5ème Division Légère d’Infanterie (5ème DLI). Il s’agit en réalité de l’ancienne 1ère demi-brigade d’infanterie légère qui disposait de trois bataillons, les 11ème 12ème et 25ème BILA.

Lors de sa transformation en DLI, le 25ème BILA à été dissous, les 11ème et 12ème BILA devenant les 4ème et 5ème RILA avec l’apport des effectifs du 25ème BILA

A la mobilisation d’août/septembre 1948, le dispositif est musclé avec l’envoi en Tunisie de deux nouvelles divisions d’infanterie, les 83ème et 87ème DIA.

-Chars et Cavalerie

-Trois Bataillons de Chars de Combat (61ème, 65ème et 67ème BCC) équipés de Renault D-1 puis d’AMX-42

-1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC)

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 4ème régiment de spahis tunisiens équipé d’AMX-42

-Un régiment de combat, le 1er Régiment Etranger Cavalerie équipé de Somua S-40

VBCP Lorraine 39L

VBCP Lorraine 39L

-Un régiment de chasseurs portés, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique équipé de Lorraine 39L

-Un régiment d’artillerie, le 78ème régiment d’artillerie tout terrain tracté avec un état-major, une batterie hors rang et deux groupes de 105mm tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie divisionnaire antichar avec des canons de 47mm modèle 1939 tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antiaérienne divisionnaire avec des canons de 25mm portés sur Lorraine 39L pour coller au train des chars

-Le 1er bataillon de génie d’Afrique à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Une compagnie télégraphique

-Un bataillon de réparations divisionnaires avec une compagnie automobile de quartier général, une compagnie automobile de transport, un groupe d’exploitation divisionnaire et le 25ème Escadron de réparation divisionnaire

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Quatre Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI) : le 42ème GRDI (88ème DIA), le 88ème GRDI (84ème DIA), le 83ème GRDI (83ème DIA) et le 87ème GRDI (87ème DIA)

-Artillerie

-1er Régiment d’Artillerie Coloniale de Tunisie intégré à la 84ème DIA

-88ème Régiment d’Artillerie d’Afrique intégré à la 88ème DIA

-3ème Régiment Léger d’Artillerie d’Afrique intégré à la 5ème Division Légère d’Infanterie

-Génie et unités de soutien

-Un bataillon par division, bataillon numéroté de 45 à 52 soit le 47ème BG pour la 84ème DIA et le 50ème BG pour la 88ème DIA. A cela s’ajoute le 57ème BG pour la 5ème Division Légère d’Infanterie.

-34ème régiment du génie de Tunis

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22-Armée de terre : armement et matériel (43)

Laffly W15 TCC
Le chasseur de chars

C’est au début des années trente que le concept du chasseur de chars émerge en France au travers notamment du programme P lancé le 9 janvier 1931 et qui prévoyait initialement un canon de 25mm monté sur trépied installé sur une chenillette pour le tir depuis la terre et depuis le véhicule.

Ce projet évolue vers un véritable «automoteur antichar» sous l’impulsion de l’artillerie qui lui donne un canon antichar de 37mm (futur canon de forteresse modèle 1934), envisageant de se doter de plusieurs batteries mais le véhicule Renault VE étant mécaniquement déficient, rien ne ressort de ce programme qui avait déjà évolué avec l’abandon du 37 au profit du 47mm, futur calibre standard de la lutte antichar avec les remarquables modèle 1937 et 1939.

Abandonnée par l’artillerie, cette idée du chasseur de chars va être reprise par les armes de mêlée, la cavalerie et les chars de l’infanterie, intéressés à l’idée de posséder une arme antichar mobile pour frapper vite et fort.

Au printemps 1940, ce besoin aurait pu être satisfait par deux véhicules, la chenillette Lorraine 37L et le véhicule tout-chemin Laffly W 15 T sur lequel serait installé un canon de 47mm modèle 1937 capable de détruire tous les chars allemands de l’époque.

Ce projet est enterré par le général Gamelin l’estimant superflu et mal adapté, le chenillé comme le véhicule à roues  étant trop peu protégé, impossible à camoufler avec un champ de tir trop étroit.

Il semblait alors dit que le chasseur de chars n’allait jamais se faire une place dans les rangs de l’armée de terre mais c’était sans compter avec le général Villeneuve et son obsession de la mécanisation, du toujours plus vite……. .

L’idée qu’il défend alors est de renforcer la protection antichar des chasseurs et des dragons portés, de leur offrir une artillerie antichar plus mobile que les pièces remorquées dont il disposait alors.

Pleinement intégrés aux brigades blindées et aux brigades légères mécaniques, ils permettaient aux dragons notamment en phase défensive de s’accrocher durablement au terrain, de tendre de véritables embuscades antichars.

C’est ainsi que le projet enterré au printemps 1940 par le général Maurice Gamelin est relancé en septembre 1942 par le général Pierre de Villeneuve.

Si le Laffly  W 15 T est toujours de la partie, le Lorraine 37L cède la place au chassis Lorraine 39L et au chassis Renault DAJ-1 (aussi connu sous le nom de VBCP-40), le premier devant équiper les DLM, les deux autres les DC.

Suite au modèle introduit par la 6ème DLM (mars 1943), les DLM et les DC sont réorganisées en deux brigades de combat identiques, pouvant opérer séparément. Chaque brigade devait disposer d’un escadron antichar porté

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de quatre chasseurs accompagnés  de deux ravitailleurs, deux motos de liaison et un camion) et un peloton de fusiliers-voltigeurs.

Unités équipées du Laffly W 15 TCC

Les deux prototypes du Laffly W 15 T présentés au printemps 1940 ayant été jugés trop gros, la firme d’Asnières reprend son projet en proposant un véhicule où le canon installé tirant vers l’arrière est protégé avec un large bouclier amovible avec des ridelles abattables.

Ces deux prototypes sont testés intensivement entre juin et octobre 1943, la production étant lancée aussitôt pour équiper les  vingt escadrons antichars portés répartis au sein des douze brigades légères mécaniques des six Divisions Légères Mécaniques.

Le 1er escadron antichar porté reçoit ses véhicules en janvier 1944 suivit en février du 2ème EAP, tous deux intégrés à la 1ère DLM.

Les 3ème et 4ème escadrons antichars portés de la 2ème DLM reçoivent leurs véhicules en mars et avril 1944

Les 5ème et 6ème escadrons antichars portés de la 3ème DLM reçoivent leurs véhicules en mai et juin 1944. Ils sont suivis en septembre et en octobre par les 7ème et 8ème EAP de la 4ème DLM.

Les 9ème et 10ème EAP de la 5ème DLM reçoivent leurs véhicules en novembre et décembre 1944 suivis en janvier et février 1945 par les 11ème et 12ème EAP, les escadrons antichars portés de la 6ème DLM.

A cette date, un total de 144 Laffly W 15 TCC sont sortis des chaines de production. La production continue à cadence réduite pour former un parc de réserve de soixante-véhicules qui sont livrés entre mars 1945 et mai 1946 date à laquelle la production est stoppée.

Elle reprend en septembre 1947 pour équiper les 7ème et 8ème DLM. Les 13ème et 14ème escadrons antichars portés de la 7ème DLM reçoivent leurs véhicules en novembre et décembre 1947 suivis en janvier et février 1948 des 15ème et 16ème EAP de la 8ème DLM.

Le nombre de véhicules en ligne est donc porté à 192 auxquels s’ajoutent 96 véhicules de réserve soit un total de 288 véhicules quand la production est stoppée en mai 1948.
Caractéristiques Techniques du Laffly W 15 TCC

Poids en ordre de combat : 4750kg

Dimensions : longueur 5.40m largeur 1.90m hauteur 1.80m

Motorisation :

Vitesse maximale 48 km/h

Blindage : nc

Armement : un canon de 47mm modèle 1937 en plate-forme à l’arrière avec 32 coups (obus perforants et quelques obus explosifs pour l’infanterie) et une mitrailleuse de 7.5mm MAC-36 pouvant être utilisée à terre

Equipage : quatre hommes : chauffeur, observateur, maitre-pointeur et sous-officier chef de pièce

Laffly W 17 TCC

Le canon de 47mm pouvant devenir limité pour la lutte antichar, l’état-major demande à Laffly de développer le concept du chasseur de chars sur roues avec un canon de 75mm. Le chassis W 15 se révélant limité, la firme d’Asnières sur Seine décide d’utiliser son nouveau W 17, un 6X6 plus robuste.

Deux prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés aux services officiels au printemps 1948 pour des essais complets qui se révèlent prometteurs mais la production en série n’est pas lancée immédiatement.

Il faudra attendre la guerre pour que les premiers W 17 TCC à canon de 75mm sortent des chaines, prêts à rééquiper après engagement les EAP des DLM.

Par rapport au W 15 TCC, le W 17 est plus gros et plus lourd mais surtout le canon de 75mm TAZ modèle 1939  (adapté au tir depuis un véhicule) peut tirer sur 270° ce qui lui offre une plus grande souplesse d’emploi, son rôle de chasseur de chars pouvant être remplacé par celui de pièce d’artillerie mobile.

22-Armée de terre : armement et matériel (22)

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Canon de 37mm modèle 1934

Ce canon antichar à été mis au point pour la ligne Maginot ce qui explique peut être un calibre hétérodoxe pour la lutte antichar confiée au duo 25/47mm même si l’existence de canons de 37mm issus du premier conflit mondial (char FT et canon de tranchée TR 16) rend moins étrange la présence d’un canon de ce calibre sur la ligne Maginot, canon encore en service en septembre 1948 en dépit d’une incapacité à détruire les chars allemands les plus lourds.

Ce canon de 47 calibres tirait des obus de 0.9kg (boulets modèle 1936) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 30 à 40mm de blindage à raison de 20 coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Une arme remarquable

Nous venons de le voir, la France disposait depuis très longtemps d’une arme de 47mm, une arme mise au point par la marine qui avait besoin d’un canon à tir rapide pour contrer les torpilleurs. D’où la mise au point du canon de 47mm modèle 1885 qui modernisé et rendu semi-automatique devint le canon de 47mm modèle 1902.

Très rapidement, ce canon à été dépassé par la croissance rapide des torpilleurs et dès le premier conflit mondial, on peut considérer que cette pièce est dépassée pour le tir antisurface. La marine débarque donc ces pièces et les stocke à terre.

Ces canons peuvent cependant encore faire très bien l’affaire en combat terrestre. En effet, un canon tirant rapidement des obus à haute vitesse initiale est un atout évident pour contrer les blindés qui eux aussi prennent du poids notamment au niveau du blindage.

Si durant le premier conflit mondial, les allemands pouvaient détruire des chars lourds britanniques avec des fusils antichars de 13mm (Mauser Gewher T) cela devient de moins en moins évident avec les années.

Au début des années trente, on lance bien le programme du canon antichar de 25mm mais il devient rapidement évident que ce canon va être vite dépassé par la course au blindage, une arme d’un plus gros calibre s’impose.

A cette même époque, le canon de 47mm modèle 1902 passe entre les griffes de l’établissement de Puteaux (APX) pour une nouvelle modernisation destinée à offrir une arme antichar à la ligne Maginot et aux véhicules blindés, donnant naissance respectivement au modèle 1934 et au modèle 1935.

Un appel d’offres est lancé pour une arme antichar d’infanterie ce qui suppose une arme suffisamment puissante pour être militairement crédible face aux blindés ennemis mais également une arme suffisamment légère pour permettre d’être trainée à bras pour l’entrée et la sortie de batterie.

Deux constructeurs proposent leurs prototypes dès 1933, APX et Schneider du Creusot. Cette dernière dispose de certaines particularités intéressantes mais des qualités balistiques nettement inférieures (70mm de blindage à 400m contre 89mm pour l’APX) fait que c’est l’arme de Puteaux qui est sélectionnée, les essais commençant à Bouges le 19 février 1934.

A l’origine arme d’infanterie, ce canon de 47mm devient une arme relevant de l’artillerie, l’infanterie préférant se concentrer sur le 25mm en dépit du fait qu’on sait que ce canon sera rapidement dépassé. Le 14 décembre 1936, le canon APX de 47mm est adopté sous le nom de «matériel de 47 modèle 1937»

Extraordinaire est le mot pour caractériser ce canon entouré d’un secret quasiment aussi absolu que l’était le 75mm modèle 1897, canon indirectement à l’origine de l’affaire Dreyfus. Le canon de 47mm ne déboucha pas heureusement sur une affaire de cette ampleur.
En terme de portée, le canon de 47mm peut détruire à 1000m les chars allemands les plus lourds, les Panzer III et IV et jusqu’à 1600m, les performances sont excellentes. Sa grande cadence de tir (15 à 20 coups/minute) permettant à un canon de stopper net une attaque de blindés si le canon est bien employé et que le terrain s’y prête.

Si les premiers tests ont été menés avec des obus modèle 1902, en service le modèle 1937 va utiliser des projectiles conçus pour lui, l’obus utilisé (modèle 1936) étant un obus perforant à coiffe de magnésium qui à deux utilités : aider à corriger le tir et enflammer des bidons d’essence. Des obus explosifs modèle 1932 existent mais sont peu distribués tandis que des essais d’obus à mitraille ne sont pas poursuivis jusqu’à la production en série.

Les nombreux exercices menés avant guerre ayant montré une vulnérabilité de la pièce à l’infanterie, un obus explosif légèrement perforant est mis en service en 1946 ce qui rend la pièce apte à neutraliser une infanterie mordante et permet également de détruire des véhicules non blindés sans avoir recours aux munitions perforantes. Des munitions fumigènes et éclairantes sont également mises au point mais apparemment fort peu distribuées.

Ce canon est conçu pour être remorqué par tracteur (véhicule à six roues Laffly W15T et semi-chenillés Somua MCJ) et par des chevaux, un mode de transport peu adapté à la lutte antichar ce qui explique qu’à partir de 1944, toutes les unités antichars sont motorisées.

Les unités équipées

Les premières commandes de série sont passées au quatrième trimestre 1937, la première série de commandes totalisant 1214 pièces. Portée à 1646 pièces, elle doit permettre la mise sur pied de 137 batteries de douze pièces (1644 canons) pour dans un premier temps équiper 51 batteries de douze pièces pour les divisions d’active et celles mises sur pied à la mobilisation.

La fabrication est organisée en un véritable puzzle, les bouches à feu à Bourges, les freins récupérateurs les roues et les lunettes sont produites par Puteaux (APX), les affûts étant sous-traités entre plusieurs fabricants, l’assemblage étant réalisé à Puteaux.

Les premiers canons de série sont livrés le 12 janvier 1939 par l’APX puis transférés au Parc Régional de Réparations et d’Entretien (PRRE) de Bourges chargé de la livraison aux unités.

A l’époque, le rythme de livraisons prévu est de trente pièces par moi en février et doit passer à trente-cinq en mars et quarante pour juin, ce pic ne devant pas être dépassé puisque le modèle 1939 doit alors prendre le relais.

Quand éclate la guerre de Pologne, 339 canons ont été livrés aux armées. L’effort se poursuit jusqu’à la fin de l’année mais est notablement ralentit après la fin du conflit officielle le 15 décembre 1939.

Cela n’empêche pas l’industrie de livrer 755 pièces de plus portant le total à 1094 canons en ligne soit potentiellement un total de 91 batteries divisionnaires antichars.

La démobilisation réduit bien entendu le nombre de pièces en ligne. Contrairement à ce qui était prévu, toutes les DI d’active y compris les divisions d’infanterie alpine reçoivent une batterie divisionnaire antichar à douze canons, des batteries qui vont progressivement être toutes motorisées y compris dans les DI non motorisées.

La démobilisation terminée, nous trouvons en ligne dix-sept divisions d’infanterie (type Nord-Est et motorisées), quatre divisions d’infanterie coloniale, quatre divisions d’infanterie nord-africaine et trois divisions d’infanterie alpine soit vingt-huit divisions et vingt huit BDAC soit un total de 336 canons en ligne en métropole.

Ce canon va aussi équiper dans l’Empire les DIA, les DLI et les DM, leur donnant un punch remarquable face à un ennemi ne disposant que de chars légers et moyens assez médiocre.

Chacune de ses divisions dispose en effet d’une compagnie antichar disposant de six canons de 25mm et de huit canons de 47mm .

Cela nous donne au total quatre vingt pièces en ligne portant le total à 416 mais ce nombre augmente rapidement avec la constitution d’un total de treize DLI qui disposant chacune de huit canons de 47mm porte le total à 520 canons en ligne, le reste étant stocké pour équiper les unités de mobilisation.

La production du modèle 1937 s’arrête au chiffre 1646, le modèle 1939 prenant le relais selon un rythme plus lent _temps de paix armée oblige_ et pour un rôle différent comme nous allons le voir dans la partie suivante.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1937

Calibre : 47mm Poids totale en batterie : entre 1050kg et 1150kg (en fonction du type de roues et du constructeur de l’affût) Longueur totale en ordre de route : 4.10m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 68° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 47mm modèle 1939 et modèle 1941

Canon de 47mm modèle 1939

Canon de 47mm modèle 1939

Comme nous l’avons vu plus haut, le modèle 1937 est une excellente arme. Cela n’empêche pas l’armée de terre d’envisager dès 1938 une version améliorée alors que le modèle 1937 est tout juste en production et que les livraisons aux unités n’ont pas commencé.

L’idée à la base de cette amélioration est la volonté de pouvoir passer rapidement d’une cible à l’autre, les pièces antichars étant fondamentalement inférieures en nombre aux chars assaillants.

Si les canons tractés sont fixes ou peu mobiles, les chars peuvent venir de face mais aussi sur les côtés voir en cas de débordement de la position par l’arrière.

On étudie donc la possibilité d’avoir un canon tirant à 360°, avantage qui compense largement l’inconvénient de l’augmentation de poids (environ 300 kilos de plus).

Cette idée n’est pas neuve, le vénérable canon de 75mm modèle 1897 avait reçu pour certains d’entre eux au moins une plate forme Arbel permettant de pointer le canon à 360°, un principe similaire va être choisit pour le nouveau canon antichar.

La technologie choisit est un affût composé de trois flèches disposées à 120° et munies de flèches d’ancrages. En configuration route, deux flèches sont réunies et attachées au véhicule tracteur, la troisième est relevée et arrimée à l’affût, la volée du canon étant orientée vers le véhicule tracteur.

En batterie, l’affût tri-flèche est rigidifiée et repose sur le sol, les roues se relevant de part et d’autre du bouclier qui est droit et pas muni de la partie inférieure du modèle 1937.
Il dispose également d’un frein de bouche et de nouvelles roues à pneumatiques increvables Baudou ce qui permet de le remorquer à une vitesse plus importante, un plus évident en cas de guerre de mouvement et que contrairement au modèle 1937, le futur modèle 1939 doit être un canon uniquement remorqué par tracteurs.

Les premiers essais ont lieu à l’automne 1938, d’abord des essais de roulage puis des séances de tir et ce du 15 septembre au 12 octobre 1938. Ces essais se révèlent prometteurs et peuvent espérer une mise en production rapide, production qui sera lancée quand toutes les commandes du modèle 1937 seront honorées.

Adopté en 1939, le «47 APX» devient officiellement le matériel de 47 modèle 1939 et commandé le 6 janvier 1940 à près de 1000 exemplaires en dépit du fait que la démobilisation est prévue pour l’été ce qui réduira considérablement les besoins en matériel antichar.

La production du modèle 1939 ne commence que début juillet 1940 et les premières pièces sortent à la mi-août. La commande initiale de 1000 pièces est réduite à 500 puis finalement à 240 pièces qui sont stockées, devant servir à la mobilisation pour former des BDAC.

La production est ainsi stoppée en mai 1941 et n’aurait du reprendre qu’au moment de la mobilisation mais la réorganisation à partir de 1944 des DC et des DLM entraine la création d’escadrons antichars portés qui vont permettre à ce canon d’être à nouveau produit sous un modèle amélioré baptisé modèle 1941 (tube plus long de 54 calibres).

Chaque brigade cuirassée (DC) et chaque brigade légère mécanique (DLM) dispose d’un escadron antichar porté avec douze canons de 47 montés soit sur des Laffly W 15, des Lorraine 39L et des Renault 40R (VBCP) soit un total de 28 escadrons portés et de 336 canons produits sans leur affût.

Le canon de 25mm devenant rapidement dépassé en Europe, on décide de le remplacer au sein des DI et des DIM les canons de 25mm par des canons de 47mm modèle 1941 en dépit d’un poids plus élevè rendant délicat sa mise en œuvre par l’infanterie.

Les 240 pièces stockées ressortent de la naphtaline pour rééquiper les huit D.I.M, les neuf DI type Nord-Est, les quatre D.I.C et les quatre D.I.N.A, les vingt-cinq divisions d’infanterie vont se partager les pièces existantes tandis que la production est relancée.

Chaque division possède une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm tandis que les trois régiments d’infanterie de ligne dispose également de douze canons alors que les BCP/BCA disposent de deux canons de 47mm par bataillon puis six à la Compagnie d’Engins de la Demi-Brigade.

Les DIC et les DINA disposent également de canons de 47mm selon le même principe que les DI motorisés et DI type Nord-Est soit pour ces huit divisions un total de 384 pièces.

Le total avant mobilisation est de 960 canons en ligne plus 240 pièces en stock, la production s’accélérant à la mobilisation pour équiper les divisions de mobilisation même si nombre seront mises sur pied avec des canons de 25mm en attendant mieux.

A la mobilisation, six RAAC sont mis sur pied, chaque régiment disposant de 24 canons soit un total de 144 canons modèle 1941.

Caractéristiques Techniques du matériel de 47mm modèle 1939

Calibre : 47mm Poids total en batterie : environ 1300kg (1375kg pour le modèle 1941) Longueur totale en ordre de route : 4.29m Longueur du canon : 50 calibres soit 2.350m (54 calibres pour le modèle 1941 soit 2.538m) Hauteur 1.1m Largeur hors tout 1.92m Champ de tir : 360° en direction -13° à +16,80° Portée maximale : théorique 6500m pratique 1000m encore de bons résultats à 1600m Cadence de tir : nc Equipe de pièce : un chef de pièce, un brigadier, un maitre-pointeur et trois servants

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Ce canon Tout Azimut (TAZ) à été développé pour remplacer le vénérable modèle 1897 dans le domaine de l’artillerie de campagne mais également dans le domaine de l’artillerie antichar. La priorité allant à l’artillerie de campagne, l’équipement d’unités antichars à canons de 75mm étant reportée sine die.

Finalement ce n’est qu’à la mobilisation que sont mis sur pied des Régiments Autonomes Antichars (RAAC) numérotés 401 à 406, régiments organisés de la façon suivante :

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Trois groupes à quatre batteries organisés en un état-major, une colonne de ravitaillement et quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 47mm modèle 1939 et deux batteries équipées de canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Ces six régiments disposent donc au total de 144 canons de 75mm TAZ modèle 1939, d’autres exemplaires étant produits et stockés pour créer une volant de fonctionnement.

Caractéristiques Techniques du canon de 75mm TAZ modèle 1939

Calibre : 75mm Longueur du canon 2.995m Poids  en batterie 2000kg Poids de l’obus : 7.250kg Cadence de tir : 20 coups/minute Portée : 12500m Pointage en site : -11° à +25° Pointage en azimut sur 15° Vitesse initiale de l’obus : 700 m/s Equipe de pièce : sept hommes

Projets et prototypes

La production de pièces antichars modernes n’empêchait pas les services compétents d’envisager le futur en lançant une politique de prototypes destinée à occuper les bureaux d’études sans forcément aboutir à une production en série.

On trouve ainsi un projet de canon de 47mm à très haute vitesse initiale (980 m/s), un peu l’équivalent du canon à charge creuse mise au point par les allemands et qui aura son équivalent français au printemps 1948 sans aboutissement industriel.

On trouve également une version antichar du canon Schneider modèle 1939 de 90mm dont le prototype apparaît au printemps 1945. Douze exemplaires sont commandés en septembre 1945 et livrés entre mars et juin 1946 pour former une batterie expérimentale.

Sa mise en production est lancée en juin 1948 en vue à terme de compléter les RAAC avec une éventuelle batterie indépendante de six canons, canons capables de détruire tous les chars allemands y compris les Tigre.

22-Armée de terre : armement et matériel (20)

G-Artillerie antichar

Préambule

Toute l’histoire militaire est une course perpétuelle entre le boulet et la cuirasse, entre l’attaquant et le défenseur. Dès qu’une nouvelle arme apparaît, une autre arme est mise au point pour s’y opposer.

C’est ainsi qu’au char, on ne tarda pas à opposer une arme antichar. Ce fût le fait des allemands, les premiers confrontés à ce char, les chars allemands étant peu efficients, une leçon qui sera retenue vingt-ans plus tard au détriment de la malheureuse Pologne.

Outre l’élargissement des tranchées et l’installation de pièces de campagne au plus près des premières lignes, les soldats allemands reçurent le Gewehr T, un fusil tirant une balle perforante de 13mm, suffisante pour pénétrer l’épaisse cuirassé des chars Mark.

Dans l’immédiat après guerre, le dévellopement des armes antichars continua. Si certains pays persévèrent dans le domaine du fusil  antichar, la plupart dévellopèrent des canons antichars, de taille modeste d’un calibre allant de 25 à 47mm, le but étant d’équiper l’infanterie pour lui permettre de se protéger des chars ennemis en l’absence de chars pour repousser les mastodontes ennemis. Il fallait donc une arme compacte pour faciliter son déplacement, sa mise en oeuvre et son camouflage.

Quand éclata la guerre de Pologne, la France n’était pas le pays le plus mal loti en matière de lutte antichar, disposant de canons de 25 et de 47mm sans parler que le canon de 75mm modèle 1939 appelé à remplacer le vénérable modèle 1897 était tout azimut ou TAZ, un atout indéniable dans la lutte antichar.

Sur le plan de l’organisation, il était prévu que chaque division dispose d’une batterie divisionnaire antichar (BDAC) équipée de douze canons de 47mm tandis que les unités d’infanterie devaient également disposer au niveau régimentaire de canons de 25mm, le RI type Nord-Est devant disposer de deux canons de 25mm au sein de la section d’engins de la compagnie d’accompagnement comprise dans chaque bataillon d’infanterie, le régiment disposant de six canons de 25mm au sein de la Compagnie Régimentaire d’Engin.

Comme partout la «révolution villeneuvienne» impacta les structures à défaut de l’équipement même si le canon de 25mm fût progressivement retiré du service des unités antichars des unités appelées à combattre des unités allemandes.

Quand éclate la seconde guerre mondiale en septembre 1948, la lutte antichar est structurée de la façon suivante :

-Les divisions d’infanterie disposent toutes d’une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm, des BDAC numérotés dans la série 600 et suivants.

-Les régiments d’infanterie dispose toujours de deux canons antichars dans la section d’engins de la compagnie d’accompagnement de chaque bataillon et dans la compagnie régimentaire d’engins.

Si dans les DIAlp et les divisions d’infanterie déployées dans l’Empire, on trouve toujours des canons de 25mm, toutes les divisions de métropole les ont remplacés par des canons de 47mm plus à même de lutter contre les nouveaux blindés allemands.

-En ce qui concerne l’artillerie, la mise en place de régiments antichars indépendants est prévue à la mobilisation à l’aide de matériel stocké pour cet usage.

-Pour l’arme blindée cavalerie, les DLM et les DC disposent d’escadrons antichars portés intégrés aux BLM et aux BB pour appuyer directement les dragons portés.

-La lutte antichar concerne aussi la ligne Maginot avec de vieilles pièces de marine et des canons modernes.

Canons de marine et dérivés directs

Canon de 47mm modèle 1934

Ce canon antichar est un canon utilisé sur la ligne Maginot et dérivé d’une pièce de marine. Le canon de 47mm avait été adopté en 1885, un canon qui modernisé devint le modèle 1902.

C’est ce canon qui fût installé sur la Ligne Maginot, la marine n’en ayant plus l’usage ni l’utilité. Modernisé une nouvelle fois par l’atelier de Puteaux, il devint le modèle 1934 pour équiper la ligne Maginot, le modèle 1935 équipant les tourelles de chars en attendant d’être à la base des formidables modèle 1937 et 1939.

Ce canon de 50 calibres tirait des obus de 1.67kg ou de 2kg (boulets de marine modèle 1902…..) à une distance maximale utile de 1000m où il peut perforer 56mm de blindage (les premiers Panzer III avaient 15mm de blindage) à raison de vingt coups par minute. Il peut pointer en hauteur de -15° à +10° et en direction sur 45° à droite et à gauche.

Au total la marine à cédé à l’armée de terre 321 canons de 47mm modèle 1885 et 113 canons de 47mm modèle 1902.

Quand éclate le second conflit mondial, la majorité de ces canons ont été remplacés par des modèle 1937 et 1939, une fois les unités de combat équipées et des stocks de réserve constitués. Il n’est néanmoins pas impossible que quelques pièces modèle 1934 soient encore positionnés dans certaines secteurs de la «Muraille de France».

Canon de 65mm modèle 1902

Ce canon d’un calibre assez courant au début du siècle (c’était le calibre du canon de montagne modèle 1909) ne l’est plus quand éclate la guerre de Pologne.

La marine n’ayant plus l’usage de ce canon anti-torpilleurs, elle le cède à l’armée de terre qui va l’utiliser comme canon antichar sur les ouvrages complémentaires de la Ligne Maginot.

Ces canons installés dans des cuves étaient encore en service en septembre 1948, ce canon dont l’armée de terre récupéra 30 exemplaires étant jugé encore efficace contre les blindés allemands.

Fusils antichars

Mauser T-Gewehr

Mauser T-Gewehr

Mauser T-Gewehr

Passés les premiers moments de panique, l’armée allemande prend des parades pour contrer les tanks britanniques. Les tranchées sont élargies, les pièces d’artillerie sont amenées à proximité des tranchées et surtout, on met au point les premières armes antichars, un fusil antichar baptisé T-Gewehr.

Cette arme d’un calibre de 13mm tirait des balles perforantes qui provoquèrent des pertes chez les tanks britanniques. La France en captura un certain nombre de ces fusils qui allaient inspirer les américains dans la mise au point de la mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm (.50).

Au printemps 1940, 250 de ces fusils sont transformés par la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) en calibre 13.2mm, une mesure transitoire en attendant la livraison des fusils antichars britanniques Boys.

Ces fusils antichars sont mis en œuvre par les GRDI de métropole (six armes soit 168 fusils) comme arme antichar d’opportunité, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air récupérant chacun douze armes soit un total de 192 fusils, les autres étant stockés.

Par rapport aux fusils allemands, le Mauser T-Gewehr francisé sous le nom de fusil antichar MAS modèle 1940 dispose d’un bipied, d’un chargeur de cinq cartouches de 13.2mm et d’un frein de bouche plus aérodynamique.

Ces fusils sont ultérieurement remplacés par des fusils antichars Boys plus modernes, les MAS modèle 1940AC retirés du service sont stockés et il n’est pas impossible qu’ils soient à nouveau sortis lors de la mobilisation.

Caractéristiques Techniques du Mauser T-Gewehr et du fusil antichar MAS modèle 1940AC

Calibre : 13mm Poids : à vide 15.9kg chargé 18.5kg Longueur : 1691mm Portée effective 500m

Les fusils transformés en calibre 13.2mm ont une portée similaire mais leur poids est légèrement plus élevé avec 19kg.

Fusil antichar Boys

Fusil antichar Boys

Fusil antichar Boys

Dès le début de la guerre de Pologne, la coopération franco-britannique s’accéléra dans de nombreux domaines. La lutte antichar en faisait partie et pour faciliter l’échange d’unités, on décida l’adoption de matériels communs.

C’est ainsi que l’armée britannique reçut des canons de 25mm Hotchkiss modèle 1934 en échange de la fourniture à la France de fusils antichars Boys.

Ironie de l’histoire, ce fusil antichar avait été testé avant guerre et rejeté car jugé inférieur à la mitrailleuse de 13.2mm et à la mitrailleuse de 9mm alors en dévellopement.

Les leçons de la guerre de Pologne et notamment l’utilisation par les polonais de leur fusil antichar Wz35 de 7.92mm contre les blindés légers allemands entraina la commande d’un premier lot de 250  fusils en mars 1940 livrés à l’automne 1940.

Ces fusils sont livrés aux GRDI et à l’infanterie de l’air qui va l’utiliser parallèlement aux fusils antichars transformés par la MAS. Courant 1942, seuls les Boys restent en service.

250 exemplaires supplémentaires sont commandés au printemps 1941 pour alimenter un stock d’armes de réserve qui équipèrent les corps francs à la mobilisation, moins pour servir d’arme antichar que comme un fusil lourd pour neutraliser des avant-postes et des observatoires peu ou pas protégés.

En juin 1942, 250 exemplaires furent commandés pour équiper les escadrons de circulation routière pour leur permettre de sécuriser les carrefours contre les motocyclistes et les blindés légers des unités de reconnaissance.

A noter qu’un temps on envisagea de commander bien plus de fusils antichars Boys pour équiper chaque section d’infanterie d’un fusil mais ce projet n’alla pas plus loin que la lettre d’intention.

750 fusils antichars Boys furent donc livrés à la France avec 1.5 millions de cartouches de 13.9mm et toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du fusil antichar Boys (fusil antichar modèle 1941)

Calibre : 13.9mm Longueur de l’arme : 1.61m longueur du canon : 915mm Poids (non chargé) 16.56kg Alimentation : chargeurs de 5 cartouches Vitesse initiale du projectile : 990 m/s Performances : perce 21mm à 300m sous incidence 0°.

Fusil antichar modèle 1942

Fusil antichar Wz35

Fusil antichar Wz35

Ce fusil antichar est une version francisée du fusil antichar polonais Wz35 de 7.92mm dont un certain nombre d’exemplaires avaient été envoyés en France avec les troupes polonaises venues dans notre pays pour servir le gouvernement polonais en exil en compagnie de polonais de France mobilisés suite à un accord franco-polonais.

Ce fusil antichar est testé avec succès sur des Renault FT, des AMR-33 et 35 ainsi que quelques automitrailleuses White-TBC ce qui explique la décision d’en tirer une copie française au calibre réglementaire.

La Manufacture d’Armes de Bayonne (MAB) plus connue pour ses pistolets et ses révolvers reçu la commande d’une version de ce fusil tirant la cartouche perforante de 7.5mm modèle 1929P dont la vitesse initiale était de 1200 m/s !

Cette décision permis au gouvernement polonais en exil de toucher des royalties sur chaque fusil fabriqué, une source de revenus précieuse pour un gouvernement installé à Nantes qui était terriblement dépendant d’un stock d’or limité et surtout de l’aide du gouvernement français.
Ce fusil antichar léger fût ainsi confié aux bons soins des Sections d’Éclaireurs Skieurs (SES) des Bataillons Alpins de Forteresse et des Bataillons de Chasseurs Alpins.

Le choix de ces unités s’explique par l’utilité d’un fusil puissant pouvant tirer loin mais pesant un poids limité, en tout cas plus faible que les 17kg du fusil Boys.

Deux prototypes sont présentés aux services officiels en juin 1941, testés intensivement par la SES du 13ème BCA qui mentionne un certain nombre de défauts notamment une crosse en aluminium inadaptée, un bipied et un chargeur trop fragile.

Les modifications réalisées furent validées en décembre 1941 et le fusil est adopté officiellement le 15 février 1942 sous le nom de fusil antichar modèle 1942.

Au total ce sont vingt-trois Sections d’Éclaireurs Skieurs (SES) qui vont recevoir cette arme utilisée le plus souvent comme un fusil de précision d’une redoutable efficacité. Chaque SES dispose de trois armes soit un total de fusils commandés de soixante- neufs fusils pour équiper les unités et un nombre équivalent de fusils pour fournir un stock de réserve appréciable soit un total de 138 fusils commandés et livrés entre mai et septembre 1942.

Ces fusils étaient toujours en service en septembre 1948, permettant aux SES de mener la vie dure aux Alpini qui ne disposaient pas d’un tel matériel.

Caractéristiques techniques du fusil antichar modèle 1942

Calibre : 7.92mm Poids : 10kg chargé Longueur 1760mm longueur du canon 1200mm Cadence de tir : 8 à 10 coups/minute Portée efficace : 15mm de blindage à incidence 30° à 300m de distance  ou 33mm à 100m Alimentation : chargeur de 5 cartouches

21-Armée de terre (74)

Les escadrons antichars portés (EAP)/les batteries divisionnaires antichars (BDAC)

Toute l’histoire militaire est une course perpétuelle entre le boulet et la cuirasse, entre l’attaquant et le défenseur. Dès qu’une nouvelle arme apparaît, une autre arme est mise au point pour s’y opposer.

C’est ainsi qu’au char, on ne tarda pas à opposer une arme antichar. Ce fût le fait des allemands, les premiers confrontés à ce char, les chars allemands étant peu efficients, une leçon qui sera retenue vingt-ans plus tard au détriment de la malheureuse Pologne.

Outre l’élargissement des tranchées et l’installation de pièces de campagne au plus près des premières lignes, les soldats allemands reçurent le Gewehr T, un fusil tirant une balle perforante de 13mm, suffisante pour pénétrer l’épaisse cuirassé des chars Mark.

Dans l’immédiat après guerre, le dévellopement des armes antichars continua. Si certains pays persévèrent dans le domaine du fusil  antichar, la plupart dévellopèrent des canons antichars, de taille modeste d’un calibre allant de 25 à 47mm, le but étant d’équiper l’infanterie pour lui permettre de se protéger des chars ennemis en l’absence de chars pour repousser les mastodontes ennemis. Il fallait donc une arme compacte pour faciliter son déplacement, sa mise en oeuvre et son camouflage.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

Quand éclata la guerre de Pologne, la France n’était pas le pays le plus mal loti en matière de lutte antichar, disposant de canons de 25 et de 47mm sans parler que le canon de 75mm modèle 1939 appelé à remplacer le vénérable modèle 1897 était tout azimut ou TAZ, un atout indéniable dans la lutte antichar.

Sur le plan de l’organisation, il était prévu que chaque division dispose d’une batterie divisionnaire antichar (BDAC) équipée de douze canons de 47mm tandis que les unités d’infanterie devaient également disposer au niveau régimentaire de canons de 25mm, le RI type Nord-Est devant disposer de deux canons de 25mm au sein de la section d’engins de la compagnie d’accompagnement comprise dans chaque bataillon d’infanterie, le régiment disposant de six canons de 25mm au sein de la Compagnie Régimentaire d’Engin.

Canon de 25mm Hotchkiss

Canon de 25mm Hotchkiss

Comme partout la «révolution villeneuvienne» impacta les structures à défaut de l’équipement même si le canon de 25mm fût progressivement retiré du service des unités antichars des unités appelées à combattre des unités allemandes.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, la lutte antichar est structurée de la façon suivante :

-Les divisions d’infanterie disposent toutes d’une batterie divisionnaire antichar à douze canons de 47mm, des BDAC numérotés dans la série 600 et suivants (il porte le numéro de leur division, exemple la 25ème DIM dispose de la 625ème BDAC).

-Les régiments d’infanterie dispose toujours de deux canons antichars dans la section d’engins de la compagnie d’accompagnement de chaque bataillon et dans la compagnie régimentaire d’engins. Si dans les DIAlp et les divisions d’infanterie déployées dans l’Empire, on trouve toujours des canons de 25mm, toutes les divisions de métropole les ont remplacés par des canons de 47mm.

-En ce qui concerne l’artillerie, la mise en place de régiments antichars indépendants est prévue à la mobilisation à l’aide de matériel stocké pour cet usage.

-Pour l’arme blindée cavalerie, les DLM et les DC disposent d’escadrons antichars portés intégrés aux BLM et aux BB pour appuyer directement les dragons portés.

L’escadron antichar porté est destiné à fournir une défense antichar aux dragons portés lors des phases défensives et l’absence de chars à proximité. Si les escadrons antichars portés des DLM sont équipés de véhicules à roues Laffly W 15 TCC, les DC sont équipés de véhicules chenillés, des Lorraine 39L ou des Renault VBCP40, ces trois véhicules disposant d’un canon de 47mm SA37, SA 39 ou SA 41.

L’escadron antichar porté des DC est organisé en un peloton de commandement (un véhicule de commandement type Lorraine ou Renault accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes), trois pelotons de quatre véhicules avec un canon antichar de 47mm tirant vers l’arrière soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois  véhicules chenillés ou à roues transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes).
L’escadron antichar porté des DC dispose donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes.

L’escadron antichar porté des DLM est organisé en un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 9 hommes), trois pelotons de quatre Laffly W15 TCC avec un canon antichar de 47mm tirant en chasse soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Laffly S20T transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté des DLM dispose donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes

Les escadrons antichars portés des DLM portent les numéros 1 à 16, la 1ère DLM disposant des 1er et 2ème escadrons antichars portés, la 2ème DLM des 3ème et 4ème escadrons antichars portés, la 3ème DLM des 5ème et 6ème escadrons, la 4ème DLM des 7ème et 8ème escadrons, la 5ème DLM des 9ème et 10ème, la 6ème DLM du 11ème et du 12ème, la 7ème DLM du 13ème et du 14ème  et la 8ème DLM des 15ème et 16ème escadrons antichars portés.

Les escadrons antichars portés des DC portent les numéros 17 à 28, la 1ère DC disposant des 17ème et 19ème escadrons équipés de Lorraine 39L, la 2ème DC dispose des 18ème et 20ème escadrons équipés de Renault VBCP40 (appelés également Renault DAJ 1), la 3ème DC dispose des 21ème et 23ème escadrons équipés de Lorraine 39L, la 4ème DC dispose des 22ème et 24ème escadrons équipés de Renault VBCP40, la 5ème DC dispose des 25ème et 27ème escadrons équipés de Lorraine 39L alors que la 6ème DC dispose des 26ème et 28ème escadrons équipés de Renault VBCP 40/DAJ 1.

Les escadrons antiaériens portés

Comme nous l’avons vu plus haut, la défense antiaérienne de l’armée de terre à connu sous l’impulsion du général Villeneuve, un véritable bouleversement organisationnel lié en partie avec le dévellopement des unités mécanisées (2 DLM en septembre 1939, 8 DLM, 6 DC  en septembre 1948) nécessitant une DCA nettement plus musclée.

Les DLM et les DC qui ne disposaient que d’une simple batterie antiaérienne de 25mm vont disposer au final de deux escadrons antiaériens portés, portant les mêmes numéros que les escadrons antichars portés. Leur organisation est d’ailleurs similaire :

L’escadron antiaérien porté type DLM dispose d’un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Laffly W15 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté type DC dispose d’un peloton de commandement (un Lorraine 39L ou un Renault DAJ-1 accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Lorraine 39L ou Renault DAJ-1 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs type Lorraine 39L ou Renault DAJ-1 (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

21-Armée de terre (36)

1ère Division Légère de Cavalerie

En mars 1945, un imposant convoi italien quitte Tarente pour Benghazi. Solidement escorté par la Regia Marina, il entraine la mise en alerte des Forces Armées de Tunisie qu’il s’agisse des unités de l’armée de terre, de l’armée de l’air ou de la marine, la 6ème Escadre Légère se tennant prête à repousser un raid amphibie sur Bizerte, en attendant le soutien de la 2ème et de la 4ème Escadre.

En fait, ce convoi n’est pas le précurseur d’une attaque italienne contre la Tunisie mais l’arrivée en ASI (Africa Setentrionale Italiana) de la 132ème division blindée (Divisione Corzatta) Ariete  qui rallie ensuite Tripoli où elle va être stationnée.

Cette arrivée bouscule le rapport des forces entre la France et l’Italie, les FAT ne disposant que de bataillons de chars de combat et d’unités de cavalerie partiellement motorisées. Le haut commandement en Tunisie réclame donc l’envoi dans le protectorat d’une unité à base de chars.

Le général Villeneuve étudie un temps l’envoi de la toute nouvelle 6ème DLM mais préfère finalement transformer en unité motomécanique, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique et ses trois régiments en l’occurence le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique déjà partiellement motorisé, le 4ème régiment de spahis tunisiens et le 1er régiment étranger cavalerie.

Le 5 septembre 1945, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC) avec l’organisation suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 4ème régiment de spahis tunisiens équipé principalement d’AMX-42

-Un régiment de combat, le 1er régiment étranger de cavalerie équipé de Somua S-40

-Un régiment de chasseurs portés, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique équipé de Lorraine 39L

-Un régiment d’artillerie, le 78ème régiment d’artillerie tout terrain tracté avec un état-major, une batterie hors rang et deux groupes de 105mm modèle 1935B tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antichar divisionnaire (BDAC) avec des canons de 47mm modèle 1939 tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antiaérienne divisionnaire avec des canons de 25mm portés sur Lorraine 39L pour coller au train des chars

-Le 1er bataillon de génie d’Afrique à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Une compagnie télégraphique

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-317ème compagnie automobile de quartier général

-417ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 25ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 51ème bataillon sanitaire divisionnaire

Le Groupement Mécanisé Colonial (G.M.C)/2ème Division Légère de Cavalerie

A partir du milieu de la décennie 1940, la France se préoccupe enfin de moderniser ses forces déployées en Indochine. Cette modernisation n’est pas destinée à rendre la colonie inexpugnable face aux menées japonaises mais de rendre la conquête indigeste.

De plus la France se sent des devoirs vis à vis des autres puissances coloniales dans la région, les troupes japonaises immobilisées pour la conquête de l’Indochine ne seront engagées ni contre la Chine du Kuomintang, ni contre les Phillipines, la Malaisie, la Birmanie, Singapour ou les Indes Néerlandaises.

Les unités d’infanterie nettement renforcées avec pas moins de six D.L.I déployées en Indochine mais ces unités manquent de chars. Or le Japon même si ses unités de cavalerie ont connu une sensible amélioration ne privilégie pas la mécanisation de son armée, estimant que le théâtre d’opération si prète peu.

La France décide de déployer en Indochine des chars modernes en l’occurence des Somua S-35 qui en voie de déclassement en Europe sont largement à la hauteur de leur mission dans cette lointaine colonie.

Le 1er septembre 1945, le groupement mécanisé colonial est officiellement créé à Hanoï avec l’arrivée des premiers véhicules en Indochine : des Somua S-40, des Panhard AMD-178 et des Laffly S20T, des canons de 75mm TAZ modèle 1939………. .

Ce groupement mécanisé colonial va être organisé selon un schéma qui va s’inspirer  de celle de la 1ère D.L.C avec un état-major, un régiment de découverte, un régiment de combat, un régiment de dragons portés coloniaux, un régiment d’artillerie motorisée, des unités antichars et antiaériennes ainsi que des services.

Pour bien montrer la spécificité de cette unité, les régiments de cavalerie sont baptisés RCI pour Régiment de Cavalerie Indochinoise (R.C.I).

-Un état-major de division

-Le 1er RCI équipé de Panhard AMD-178 et de fusiliers motocyclistes

-Le 2ème RCI équipé de Somua S-40 avec pas moins de quatre escadrons à cinq pelotons de six véhicules soit un total de 120 chars

-Le 1er régiment de dragons portés coloniaux (1er RDPC) avec trois bataillons dont un de mobilisation

-Le 79ème régiment d’artillerie tout-terrain tractée équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B, tous remorqués.

-Une batterie antichar divisionnaire équipé de canons de 47mm modèle 1937 remorqués par tracteurs

-Une batterie antiaérienne divisionnaire équipé de canons de 25mm modèle 1939 remorqués par camions

-Un bataillon du génie à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Un escadron de réparations divisionnaire

-Une compagnie de transport automobile

-Un groupe sanitaire divisionnaire

A la déclaration de guerre de septembre 1948, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

21-Armée de terre (33)

1ère Division Cuirassée (1ère DC)

Organisation originelle

-Un état-major divisionnaire

-Une demi-brigade de chars lourds avec les 28ème et 37ème Bataillons de Chars de Combat équipés de B1bis

Hotchkiss H-39

Hotchkiss H-39

-Une demi-brigade de chars légers avec les 25ème et 26ème Bataillons de Chars de Combat équipé de Hotchkiss H-39

-Un bataillon de chasseurs portés, le 5ème bataillon de chasseurs portés

-Le 305ème régiment d’artillerie tractée tout terrains (deux groupes de 105C modèle 1935B)

-Une batterie antichar indépendante à canons de 47mm

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Une compagnie de sapeurs mineurs portés

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

Après réorganisation

-Un état-major divisionnaire de 315 hommes et 74 véhicules dont deux véhicules antiaériens Laffly V15 munis d’un bitube de 25mm

-Un régiment de découverte, le 7ème régiment cuirassiers.

A l’origine, il était baptisé le 1er régiment de découverte, recevant un nom plus historique en janvier 1943 avec la création de l’Arme Blindée-Cavalerie, succédant à un régiment créé en 1659 et dissous en 1919 après la fin du premier conflit mondial.

Le régiment de découverte est organisé de manière assez semblable à ceux des D.L.M :

-Un état-major et un peloton de commandement avec un groupe de commandement et un groupe chargé des transmissions

-Un escadron hors-rang avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, un char de commandement FCM-42, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94
véhicules.

-Deux groupes d’escadrons disposant chacun d’un état-major, un escadron de chars légers, un escadron de fusiliers motocyclistes et un escadron de chasseurs portés.

-L’Etat-major dispose d’un char de commandement type FCM-42, de quinze motos, de treize     VL et de six camionnettes soit un total de 35 véhicules

-L’escadron de chars légers dispose d’un peloton de commandement avec un char FCM-42 et     quatre pelotons de cinq chars légers, une voiture légère, trois motos, sept     camionnettes,deux     tracteurs de ravitaillement et une cuisine remorque soit un total de 65 hommes et 35     véhicules.

-L’escadron de fusiliers-motocyclistes avec un peloton de commandement (comprenant un mortier de 60mm) et quatre pelotons de fusiliers.

Chaque peloton de fusiliers motocyclistes dispose d’un groupe de commandement (six     hommes et trois motos side-cars) et deux groupes de commandement disposant chacun de     dix hommes, cinq motos side-cars et deux FM soit un total par peloton de 26 hommes, treize     motos side-cars et 4 FM.

Au total l’escadron dispose de 150 hommes (cinq officiers, dix-neuf sous-officiers et cent-vingt six hommes), 66 motos, deux véhicules légers, six camionnettes et une cuisine     remorque.

-L’escadron de chasseurs portés dispose d’un peloton de commandement, de trois pelotons
de chasseurs portés et d’un peloton de mitrailleuses et d’engins.

Le peloton de commandement dispose d’un char léger FCM-42, une camionnette TSF, une
camionnette de transport et un Laffly V15 antiaérien avec un bitube de 25mm soit quatre     véhicules et 13 hommes.

Le peloton de chasseurs portés dispose d’un Lorraine 39L de commandement, de trois     Lorraine 39L avec chacun un groupe de combat de dix hommes et de trois motos side-cars soit sept véhicules et de 40 hommes, vingt et un véhicules et 120 hommes pour trois     pelotons.

Le peloton de mitrailleuses et d’engins dispose d’un groupe de trois mitrailleuses de 7.5mm     transportés dans un Lorraine 39L et d’un groupe de trois mortiers de 120mm remorqués par des Lorraine 39L soit un total soit un total de quatre véhicules et de 25 hommes

L’escadron de chasseurs portés du régiment de découverte dispose de 29 véhicules et 158 hommes

Le régiment de découverte dispose de 1026 hommes et 372 véhicules de différents types

-1ère brigade cuirassée

-Un état-major de brigade : 65 hommes et 21 véhicules

-25ème Bataillons de Chars de Combat (25ème BCC)

Ce bataillon de chars de combat à été mis sur pied à partir du 509ème régiment de chars de combat (Maubeuge puis Meucon). Il est équipé de Hotchkiss H-39 (officiellement H-35 modifié 39). Il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement, l’état major se comprend de six hommes avec un H-39 pour le commandant du bataillon, la section de commandement disposant de 11 véhicules et de 41 hommes.

-Une compagnie d’échelon  avec une section de service (13 véhicules et 37 hommes), une section d’atelier et de réparations (27 véhicules et 89 hommes),  une section de remplacement avec trois H-39, 3 camionnettes et 8 hommes et une section logistique avec 17 véhicules et 35 hommes soit pour la compagnie d’échelon le total de 63 véhicules et 186 hommes.

-Trois compagnies de chars

-Un char H-39 pour le commandant de compagnie

-Une section de commandement avec 29 hommes et 7 véhicules

-Quatre sections de dix chars (plus une camionnette et une moto side-car) soit un total de 25 hommes et douze véhicules

-Une section d’échelon avec trois hommes pour le commandement, un groupe tout terrain avec treize hommes, un groupe sur roues avec 15 hommes, la section disposant de quatre véhicules.

Ce bataillon de char de combat est ultérieurement transformé sur Renault G1 ce qui augmente ses effectifs, le nouveau char disposant de quatre hommes d’équipage et non de deux.

-28ème Bataillon de Chars de Combat (28ème BCC)

Ce bataillon de chars de combat à été mis sur pied à partir du 512ème régiment de chars de combat de Chalons sur Marne. Comme tous les BCC lourds , il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement avec un char B1bis pour le commandant du bataillon, quatre véhicules de liaison, quatre camionnettes, un camion, trois véhicules radio et quatre motos soit 17 véhicules et 70 hommes

-Une compagnie d’échelon avec une section de service (13 véhicules et 37 hommes), une section d’atelier et de réparations (27 véhicules et 89 hommes),  une section de remplacement avec trois B1bis, 3 camionnettes et 25 hommes et une section logistique avec 17 véhicules et 35 hommes soit pour la compagnie d’échelon le total de 63 véhicules et 186 hommes.

-Trois compagnies de chars

Chaque compagnie dispose d’une section de commandement avec un B1Bis pour le commandant de compagnie, sept véhicules à roues et 35 hommes; trois sections de trois chars associés à une camionnette, un tracteur de ravitaillement, une moto, le tout servis par 26 hommes et une section de réserve avec 19 véhicules et 38 hommes.

Le 28ème BCC comme tous les autres BCC lourds dispose de 34 B1bis, de 181 véhicules de type divers et de 696 hommes (48 officiers, 89 sous officiers et 569 hommes du rang).

Le monstrueux ARL-44 à canon de 90mm, la future terreur des chars allemands

Le monstrueux ARL-44 à canon de 90mm, la future terreur des chars allemands

Ce bataillon de chars de combat équipé de B1bis est ultérieurement transformé sur le puissant ARL-44,  le plus puissant char d’Europe avec son canon de 90mm, le Tigre allemand n’ayant qu’un canon de 88mm.

-5ème bataillon de chasseurs portés (5ème BCP)

Ce bataillon à été créé en 1937 dans le seul but d’accompagner les chars et les protéger de l’infanterie ennemie. Il reprend les traditions du 5ème Bataillon de Chasseurs à Pieds créé en 1840, un bataillon qui participa à la conquête de l’Algérie, à la guerre de Crimée ainsi qu’à la désastreuse guerre franco-allemande de 1870.

Devenu ensuite alpin, il participe au premier conflit mondial puis à l’occupation de la Rhénanie jusqu’à sa dissolution en 1929. Il renait sous la forme d’un bataillon porté destiné à accompagner les chars des futures divisions cuirassées. Il est le pendant des dragons portés des D.L.M. .

Les bataillons de chasseurs portés sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement

-Une section hors rang chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

-Trois compagnies de chasseurs portés organisée chacune avec un état-major, une section de commandement et quatre sections de combat

-Une compagnie d’engins d’accompagnement  avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses, toutes équipées de mitrailleuses MAC 36 ou MAC 44 (officiellement MAC modèle 1936 modifiée 1944) de 7.5mm et une section d’engins avec deux canons de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

L’organisation du BCP évolue ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée au printemps 1945 ce qui permet sur le papier de fournir deux compagnies à chaque bataillon de chars de combat.
L’organisation interne n’évolue pas à la différence de l’équipement, les véhicules à roues sont rapidement remplacés par des véhicules chenillés type Lorraine 39L capables de «coller» aux chars qu’il s’agisse des B1bis/ter, des ARL-44, des Hotchkiss H-39 et des Renault G1.
17ème Groupe de canons d’assaut

Comme les Divisions Légères Mécaniques, les Divisions Cuirassées disposent de deux groupes de canons d’assaut qui dans le premier devaient dépendre directement de l’état-major divisionnaire mais qui après la réorganisation vont être déployés au sein des demi-brigades cuirassées pour leur fournir un appui rapproché.

Les D.L.M ayant récupéré les 16 premiers numéros pour leurs groupes de canons d’assaut (dès 1940, il était prévu jusqu’à 8 DLM même si on n’était pas certains que les budgets soient débloqués), les DCr pour leurs groupes de canons d’assaut récupèrent les numéros suivants allant de  17 à 28, la 1ère Dcr disposant du 17ème et du 19ème groupe de canons d’assaut.
C’est la même organisation que les D.L.M mais l’équipement est différent. Au Somua Sau40, l’arme des chars de l’infanterie à préféré l’ARL V-39, un véhicule plus rapide, à l’autonomie plus faible mais à la capacité de combat plus importante (200 obus au lieu de 100).

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un ARL V-39 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces (plus un véhicule de commandement).

A ces seize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L et deux motos de liaison.
Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 81 hommes

17ème escadron antichar porté

Comme pour les DLM, cet escadron est destiné à assurer un appui antichar aux chasseurs portés en l’absence des chars de combat occupés ailleurs. A la différence des D.L.M, les véhicules de cet escadron sont chenillés, des Lorraine 39L avec un canon de 47mm monté vers l’arrière.

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement (un Lorraine 39L accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes), trois pelotons de quatre Lorraine 39L avec un canon antichar de 47mm tirant vers l’arrière soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Lorraine 39L transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté disposant donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes

-17ème escadron antiaérien porté

Cet escadron antiaérien porté est destiné à la protection de toute la brigade contre l’aviation d’assaut ennemie, offrant une ombrelle minimale en attendant l’intervention de la chasse pour balayer les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué ennemis.

Cet escadron dispose d’un peloton de commandement (un Lorraine 39L accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Lorraine 39L munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté dispose au total de 48 véhicules et 185 hommes

-17ème groupe de reconnaissance

Ce groupe de reconnaissance est rattaché à la B.L.M est destiné à l’éclairage de la brigade à la différence du régiment de découverte qui lui travaille pour la division, dans une dimensions nettement plus stratégique.

Chaque groupe de reconnaissance dispose d’un peloton de commandement (un char pour le commandant du groupe, deux motos et une camionnette soit quatre véhicules et sept hommes) et trois pelotons de quatre chars légers FCM-42 (un canon de 47mm, une mitrailleuse de 7.5mm coaxiale, un pilote à l’avant, tourelle biplace avec le tireur et le chef de char) soit un total de dix-sept véhicules et de quarante-trois hommes.
-3ème brigade cuirassée

-Un état-major de brigade

-26ème bataillon de chars de combat (26ème BCC) équipé de 45 Hotchkiss H-39

-37ème bataillon de chars de combat (37ème BCC) équipé de 34 B1bis

-3ème bataillon de chasseurs portés (3ème BCP) équipé de VBCP (Véhicules Blindés de Chasseurs Portés) Lorraine 39L

-19ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39

-19ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm

-19ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L avec bitubes de 25mm

-19ème groupe de reconnaisance équipé notamment de chars légers FCM-42

-305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain (puis régiment d’artillerie autoportée RAAP)

Ce régiment est à l’origine équipé de pièces tractées en l’occurence des obusiers de 105C modèle 1935B. Après avoir reçut au printemps 1941, des canons de 75mm TAZ modèle 1939 en complément des obusiers (notamment pour renforcer sa capacité antichar), décision est prise de le transformer en régiment d’artillerie autoportée, le 305ème RATTT en mars 1944, les canons de 75 et de 105mm étant remplacés par des canons de 105mm automoteurs.

Ce régiment est organisé en un état-major, une batterie hors-rang, trois groupes de quatre batteries de quatre pièces automotrices.
-Etat-major et une batterie hors-rang avec 140 hommes et 32 véhicules

-Trois groupes de tir avec un état-major, quatre batteries de tir et une colonne de ravitaillement.

-Etat-major avec 95 hommes et 31 véhicules de différents types

-Quatre batteries de quatre pièces automotrices

Chaque batterie dispose donc de quatre automoteurs de 105mm, combinant le chassis du Renault R-40 avec une superstructure supportant un obusier de 105C modèle 1935B, ses munitions et les servants, automoteur connu sous le nom de R 40 Au 105 B.

Cet automoteur à triomphé de deux projets concurrents utilisant le même obusier, un projet Lorraine et un projet Somua, le premier montant l’obusier sur le chassis Lorraine modèle 1939 et le second sur le chassis du Somua S-35.

Les automoteurs sont accompagnés par tout un environnement avec un Lorraine 39L pour le commandant de la batterie, deux Lorraine 39L d’observation d’artillerie, deux Lorraine 37L ravitailleur d’artillerie, un tracteur de dépannage.

-Une colonne de ravitaillement avec 139 hommes et 50 véhicules de type divers dont une vingtaine de camions.

-En temps de guerre, il est prévu qu’un détachement de DCA soit affecté au régiment pour assurer sa protection notamment lors des déplacements sur route et sur terrain libre.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie

Ce bataillon du génie est numéroté au sein des DCr de 9 à 14 avec quatre compagnies, trois compagnies de sapeurs mineurs et une compagnie d’équipage de pont.

Chaque compagnie de sapeurs mineurs dispose d’une section motocycliste (37 hommes et 36 motos dont trois à side-cars), une section portée sur camionnette (64 hommes, 3 motos et 6 camionnettes) et une section portée tout terrain (44 hommes et 9 véhicules dont 3 motos) soit un total de 193 hommes et 85 véhicules par compagnie soit pour trois compagnies un total de 579 hommes et 255 véhicules.

La compagnie d’équipage de pont dispose de 134 hommes et de 78 véhicules dont 32 remorques de pont.

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 1) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 3) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

La compagnie automobile de quartier général prend le numéro de la division augmenté de 310 ce qui donne les 311ème 312ème 313ème 314ème 315ème et 316ème  automobiles de quartier général (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Elles disposent toutes d’une section de commandement et de quatre détachements (QG, intendance, santé et circulation routière) qui totalisent 444 hommes et 262 véhicules. Cette compagnie fournit les véhicules nécessaires à l’état-major de la division

La compagnie automobile de transport prend le numéro de la division augmenté de 410 ce qui donne les 411ème 412ème 413ème 414ème 415ème et 416ème compagnies automobiles de transport (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).
Cette compagnie est organisée en une section de commandement, services généraux et atelier, une section sanitaire automobile, une section de ravitaillement en munitions d’infanterie et une section de camions de 5 tonnes soit un total de 211 hommes et 98 véhicules divers dont sept motos.

-Un groupe d’exploitation divisionnaire qui dispose de 68 hommes et de 6 véhicules

-Un Escadron de réparation divisionnaire (numérotés 19 à 24, le 19ème pour la 1ère DC et le 24ème pour la 6ème DC ) rattaché à l’un de deux régiments de chars mais opérant pour toute la division.

Il est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de dépannage, deux pelotons de réparation et un groupe de volant (blindés de remplacement). Ses effectifs sont de 305 hommes et de 116 véhicules plus deux chars de remplacement pour chaque escadron.

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

Chaque D.C dispose d’un bataillon sanitaire, la 1ère DC disposant du 45ème bataillon et la 6ème DC du 50ème bataillon.

Ce passage au statut bataillon s’explique par la réorganisation en deux BC de taille équivalente, les moyens augmentent mais sont loin d’être doublés comme ce fût initialement prévu.

Le bataillon sanitaire divisionnaire dispose avant mobilisation de 190 hommes et 25 véhicules sanitaires de différentes types.