22-Armée de terre : armement et matériel (53)

Chenillettes de ravitaillement

Le terrain bouleversé des no man’s land rendait la progression de l’infanterie difficile, très difficile puisqu’à cela s’ajoutait les barbelés et les mitrailleuses. Quand au ravitaillement, il était tout aussi difficile puisqu’il fallait un véhicule à l’aise en terrain varié avec un blindage.

En 1918, un char transporteur de munitions baptisé Renault GJ est mis au point sous la forme d’un dérivé du Renault FT. Ce véhicule est destiné à soutenir les batteries de 75mm transportés sur des tracteurs chenillés Caterpillar. Cette première tentative n’à pas de suite concrète du fait de la fin du premier conflit mondial qui stoppe dans l’immédiat tout dévellopement de nouveau matériel militaire.

Pour ce qui est de l’infanterie, une première tentative est menée en 1923 quand Citroën reçoit commande de deux tracteurs 10cv à propulseurs Kergresse, carrosserie spéciale et six remorques pour le transport d’engins d’accompagnements (mitrailleuses, mortiers……….) et de munitions. Ces véhicules sont testés en 1924 sans que cela aboutisse à une commande en série ou à un programme particulier.

Il faut attendre l’été 1930 pour que la situation évolue quand l’ingénieur Brandt de la société AMG favorise l’essai de deux chenillettes Carden-Lloyd qui vont inspirer le le programme pour un véhicule de ravitaillement d’infanterie ou type N lancé le 7 octobre 1930.

Ce programme réclame un véhicule d’une hauteur maximale de 1.10m, une charge utile de 950kg + deux hommes d’équipage, une autonome de 5heures et une vitesse instantanée de 35 km/h.
Trois constructeurs présentent des projets, Latil avec une version francisée de la chenillettes Carden Lloyd, Citroën avec trois prototypes d’un véhicule semi-chenillé (les versions à chenille intégrale n’ont apparemment pas été réservés) et Renault avec une chenillette de sa conception.

C’est ce dernier modèle baptisé Renault UE qui est adopté sous le nom de Chenillette de Ravitaillement d’Infanterie modèle 1931R.

A cette chenillette va s’ajouter également des tracteurs ravitailleurs pour les chars et la cavalerie fournis par Renault, par Lorraine et par Berliet.

Chenillette de ravitaillement Renault UE

Chenillette de ravitaillement Renault UE

-La chenillette Renault UE apparaît donc en 1931 adoptée sous le nom de Chenillette de Ravitaillement d’Infanterie modèle 1931R. Une première commande de 600 exemplaires est honorée le 10 septembre 1932. De nouvelles commandes sont passées et le nombre de CRI commandées passe à 793 dont 700 livrées en juin.

La guerre menaçant chaque jour un peu plus, les commandes se multiplient tandis que la production est décentralisée. Outre l’usine AMX (ex-Renault) d’Issy-les-Moulineaux, Berliet à Lyon et Fouga à Béziers sont chargées du montage des chenillettes.

A noter que le 20 avril 1937, un programme d’épreuves opposa des véhicules proposés par Lorraine (Lorraine modèle 1937 adopté sous une version TRC), Renault avec son UE 2 apparue en 1934, Hotchkiss, Fouga et Berliet dont le modèle TCA sera adopté en petite série.

Produite à 7500 exemplaires, cette chenillette de ravitaillement va également servir de tracteur pour canon antichar, pour mortier de 120mm, comme ravitailleur et même comme transport de troupes de fortune.

Non armée à l’origine en dépit de tentatives menées par Renault (suivant un modèle vendu à la Chine) et AMX, la chenillette ne recevra un armement que lors du début du second conflit mondial quand les chenillettes du CEFAN (Corps Expéditionnaire Franco-Anglo-polonais en Norvège) recevront un fusil mitrailleur modèle 1924-29, montrant l’intérêt d’un tel armement.

Poids à vide 2640kg (776kg pour la remorque) Poids total en charge : 3300kg (1276kg pour la remorque) Longueur : 2.80m (2.59m pour la remorque) largeur 1.74m (1.62m pour la remorque) hauteur 1.25m (0.77m pour la remorque) Puissance moteur maximale : 40ch à 2800 tours/minute Vitesse maximale : 30 km/h Autonomie : 5 heures

-Le Tracteur de Ravitailleur de Chars modèle 1936R connu également sous le nom de Renault ACD-1 est un dérivé de la chenillette UE, reprenant son moteur et le train de roulement. Il est présenté en 1935 comme engin de ravitaillement pour char.

Adopté en 1936, il est commandé à 260 exemplaires. La production est lente et difficile et ce n’est qu’à la fin de janvier 1940 que la commande est honorée.

Ce véhicule se révélant non satisfaisant, sa production ne fût pas poursuivit dans le cadre du programme de guerre. Durant la période de paix armée (1940-48), il va être peu à peu remplacé par le nettement plus performant TRC modèle 1937L (Lorraine 37L).

Poids à vide en ordre de route : 2700kg Charge utile 1400kg Longueur : 3.15m largeur 1.70m hauteur 1.90m Puissance moteur maximale : 38ch à 2500 tours/minute Vitesse maximale 35 km/h (28 km/h avec remorque chargée)

-La chenillette Renault DAE est une descendante de la Renault UE/UE 2. Plus grande et plus rapide, elle est commandée à 500 exemplaires livrés essentiellement à la cavalerie pour ses DLM où ils servent de TRC. Elle va également servir de base de départ à la VBCP Renault DAJ-1.

-Le 17 avril 1936, le programme de tracteur de ravitaillement pour les chars de combat est lancé par l’état-major. Ce programme ne passionne pas les constructeurs puisque seule la firme Lorraine présente un projet en l’occurence une version allongée de sa chenillette d’infanterie.

Cette dernière avait été commandée à cent exemplaires mais avant même qu’un exemplaire du Lorraine modèle 1937L ne sorte, cette commande est transférée sur le nouveau modèle dont la désignation officielle est TRC (Tracteur de Ravitaillement de Chars) modèle 1937L (Lorraine).

Chaque bataillon de chars disposant de 12 TRC, cela nécessite un total de 708 TRC pour équiper cinquante-neuf BCC déployés en Métropole et dans l’Empire. Au total ce sont 1100 véhicules qui vont être commandés et produits pour équiper les unités existantes en 1940 et pour fournir un volant de roulement de 392 véhicules.

Ultérieurement d’autres véhicules sont produits pour équiper les BCC des 5ème et 6ème Divisions Cuirassées portant le total de TRC de ce type en ligne à 804 exemplaires, la production se poursuivant à cadence réduite pour constituer des stocks en vue d’un conflit que tout le monde estime qu’il sera long et difficile.

Poids mort en ordre de marche : 5240kg (1200kg pour la remorque) Charge utile 810kg (690kg pour la remorque) Longueur : 4.20m (2.70m pour la remorque) largeur 1.57m (1.55m pour la remorque) hauteur : 1.215m (1.30m pour la remorque) Moteur : Delahaye 135 6 cylindres délivrant 70ch à 2800 tours/minute Vitesse instantanée : 35 km/h vitesse moyenne 20 km/h Autonomie 130 à 140km

Les tracteurs du génie

Arme savante par excellence, le génie ne peut dignement passé à côté de la motorisation, motorisation d’autant plus vitale que le choix d’une armée de choc entraine pour les sapeurs de nouvelles servitudes pour le déminage, le franchissement de coupures humides et l’aménagement du terrain.

Elle utilise donc des tracteurs, tracteurs dérivés des modèles utilisés par l’artillerie. Le génie l’utilise notamment pour ses équipages de pont et le remorquage des éléments nécessaires pour franchir les coupures humides.

Le principal tracteur est l’Unic P107 BU qui est utilisé par les équipages de pont à 208 exemplaires auxquels s’ajoutent 100 exemplaires pour les parcs du génie de corps d’armée.

Le plan E prévoyait 900 tracteurs pour le génie, cette commande est transférée d’abord à l’artillerie qui n’en recevra finalement que 350, le reste étant finalement livré comme prévu au génie qui se retrouve avec un parc pléthorique de 858 Unic P107BU utilisés pour remorquer les remorques transportant les éléments de bateau mais également au profit des sapeurs démineurs.

-Le génie utilise des véhicules toutes roues motrices comme le Latil M2 TL 6 (officiellement tracteur TL6 à moteur M2). Ce véhicule conçu comme tracteur d’artillerie ne fût pas utilisé dans ce rôle par la France (à la différence de la Belgique, de la Roumanie et de la Finlande) qui va l’utiliser comme tracteur léger du génie, 250 exemplaires étant livrés au génie.

Le génie va également mettre en oeuvre des poseurs de pont notamment des Renault FT avec pont Bourguignon de 7m permettant le franchissement d’une coupure de 6m.

Il est complété par un système de pose-pont monté sur un char léger Renault R-35 tandis que la cavalerie va mettre en oeuvre un poseur de pont de 20 tonnes pour char moyen, le Somua-Coder qui peut lancer une travée de 8m sous blindage permettant de franchir une coupure de 7m. Une version évoluée donne un véhicule de 25 tonnes pouvant lancer un pont de 17m sous blindage.

Le génie met également en oeuvre des chars d’aménagement du terrain, des Renault FT transformés en bouteurs et des chars de déminage en réalité des chars légers munis de dispositifs adaptés. A cela s’ajoute des chars lance-fascine et des poseurs de masque pour l’attaque des fortifications.

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22-Armée de terre : armement et matériel (46)

Les Voitures de Dragons Portés (VDP)

De «l’infanterie» pour la cavalerie

Le premier conflit mondial nous l’avons vu à maintes reprises dans cette étude marque la fin de la cavalerie comme arme essentiellement montée. Le temps des charges sabre au clair est révolu, la boue des tranchées, les trous d’obus, les barbelés et les mitrailleuses rendant impossible les missions traditionnelles de la cavalerie : l’éclairage, la surêté et l’exploitation.

Elle aurait pu mourir de sa vieille gloire, laissant à la biffe le soin de combattre mais la cavalerie tel un phenix allait renaitre sous la forme d’une arme mécanique même si comme nous l’avons vu, le cheval n’avait pas pour autant disparu de l’armée française.

La gestation à pourtant été laborieuse notamment sur le type de véhicule de combat le mieux adapté aux missions de la cavalerie qui doit combattre sur la route et en terrain bouleversé.

La roue et la chenille avaient comme on dit les défauts de leurs qualités ce qui poussa la cavalerie à expérimenté le concept du semi-chenillé qui associait davantage les défauts que les qualités des deux modes de propulsion.

La fin des années vingt et le début des années trente voit la cavalerie bien décidée à ne pas choisir car estimant qu’en fonction des missions, il faut mieux privilégier la roue ou la chenille.

Si la reconnaissance et le combat virent la chenille dominer, la roue avait été privilégiée pour la découverte qui nécessitait d’aller vite sur route.

Combattre c’est bien mais aussi puissants soit-ils les véhicules de combat ont besoin d’être couverts par des soldats à pied pour les protéger de l’infanterie adverse, soldats à pied nécessaires aussi pour occuper le terrain coquin.

La cavalerie y à réfléchit dès 1913 avec la création au sein des unités de cavalerie, d’unités de chasseurs cyclistes, des fantassins qui sur des pliantes Gérard doivent pouvoir suivre les cavaliers montés.

Cette période héroïque est suivit après guerre par une véritable motorisation quand les groupes de chasseurs cyclistes deviennent des unités de dragons portés. Le choix du terme dragon est tout sauf un hasard : jadis, le dragon était un cavalier se déplaçant à cheval mais pouvant combattre à pied….. .

Qui dit portés dit véhicules et apparaît à cet instant, la VDP ou Voiture de Dragons Portés (VDP) destinée à permettre aux dragons de suivre les AutoMitrailleuses de Combat (AMC).

On fonde un temps de grands espoirs sur le semi-chenillé, la chenille souple Kergresse laissant entrevoir de prometteuse possibilités qui se fracasseront sur les limites techniques du temps.

Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que la chenille ne s’impose, c’est au contraire la roue qui va dominer dans cette catégorie, des véhicules routiers ou tout-terrain.

On aurait pu s’attendre également à ce que ces VDP soient protégés par un blindage. La cavalerie y renonce non pour des questions de poids mais tout simplement parce que la priorité est la vitesse et la capacité de transport.

Si la firme Lorraine allait placer son modèle 28, c’est la firme d’Asnières sur Seine, Laffly qui allait se tailler la part du lion dans ce domaine à tel point que la Voiture de Dragon Portés devint une Laffly dans le langage courant.

Lorraine 28

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

VDP Lorraine 28, un véhicule à la carrière éphémère

En 1931, la firme tchèque Tatra met au point un chassis d’un nouveau type à six roues dont quatre motrices utilisés sur deux véhicules tout terrains que la firme de Koprivnice propose à l’armée française qui est encore auréolée de son prestige du premier conflit mondial.

En dépit des qualités de ces véhicules, il est hors de question de commander à l’étranger au risque de perdre de rares et de précieuses devises.

Néanmoins, cette technologie est trop précieuse et trop intéressante pour être rejetée et le ministère de la Guerre encourage discrètement les constructeurs automobiles français à acquérir la licence Tatra pour satisfaire à nos besoins.

En 1933, la Société des moteurs et automobiles Lorraine établie à Argenteuil et à Luneville achète la licence Tatra pour développer un véhicule tout terrain de conception moderne qui est présentée aux services officiels en octobre 1934.

Le véhicule bénéficie d’une adoption de principe en 1935 mais les essais se poursuivent tout au long de l’année 1936 avant que les commandes en série ne soient réalisées en 1937.

Un premier marché de 220 exemplaires est passé dont 212 VDP suivit d’un second pour 120 voitures de dragons portés sur un total de 404 véhicules de ce type commandé.

Ce véhicules «six roues dont quatre motrices» va équiper un seul régiment de dragons portés, le 4ème RDP, le régiment de dragons portés de la 1ère DLM. A ce régiment s’ajoute également deux bataillons de chasseurs portés, les 5ème et 17ème BCP, une mesure transitoire en attendant la disponibilité des VBCP.

Ce n’est qu’en 1939 que toutes les unités sont équipées, le 4ème RDP disposant lui aussi de neuf escadrons équipés sur quinze soit un total de 180 véhicules plus le volant.

La carrière du Lorraine 28 n’ira pas plus loin car dès octobre 1937, le Laffly S20 TL s’est révélé nettement supérieur. Le 4ème RDP va rester l’unique régiment équipé de ce véhicule, recevant des Laffly au printemps 1941. Quand au 5ème et 17ème BCP, ils étaient déjà largement équipés de VBCP Lorraine 38L et ne conservaient qu’une poignée de Lorraine 28.

Caractéristiques Techniques de la VDP Lorraine 28

Poids en ordre de marche : 3780kg

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.08m hauteur : nc

Motorisation : Lorraine 4 cylindres développant 55ch à 2000 tours/minute

Performances : vitesse maximale 60 km/h Autonomie : 300km environ

Personnel transporté : dix hommes dont le conducteur

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Laffly S20 TL

Ce véhicule tout terrain 6X6 est contemporain du Lorraine 28. Version agrandie du S15 plus petit, ce véhicule va devenir la Voiture de Dragons Portés (VDP) standard, équipant tous les régiments de dragons portés.

Chaque RDP dispose de six escadrons de fusiliers voltigeurs répartis entre les trois bataillons avec douze voitures de dragons portés par escadron soit un total de soixante-douze voitures par régiment.

La cavalerie puis l’arme blindée-cavalerie disposant d’un total de seize régiments de dragons portés, 1152 Laffly S20 TL sont en ligne plus un nombre équivalent de véhicules stockés pour rééquiper rapidement les régiments après engagement.

A ces VDP en service au sein des dragons portés, les régiments de dragons portés disposent également de Laffly S20TL au sein de l’Escadron de Mitrailleuses et d’Engins (EME) de chaque bataillon, chaque EME disposant de dix-huit VDP dont un véhicule citerne, portant le total à 80 véhicules par régiment.

La décision de motoriser complètement les unités de l’infanterie des DIM entraine la mise au point d’une version agrandie du S20 TL. Baptisée S20 TL-12, cette version embarque un chauffeur attaché au véhicule et les onze hommes du groupe de combat.

Caractéristiques Techniques du Laffly S20 TL

Poids en ordre de combat : 3.9 tonnes (charge utile : 1.75 tonnes)

Dimensions : longueur 5.35m largeur 2.00m hauteur 1.67m (2.45m couvert)

Motorisation : moteur Laffly 6 cylindres développant 68ch à 3200 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h autonomie 138km

Equipage : dix hommes

Les Voitures Blindées de Chasseurs Portés (VBCP)

Préambule

Nous l’avons vu plus haut, au début des années trente, la France à lancé un programme de véhicules de transport de combattant, le type K, projet qui n’allait pas aboutir mis à part quelques véhicules spécifiques destinés aux colonies.

Alors que la cavalerie développe son concept de VDP ou voiture de dragons portés, l’infanterie va mettre au point un concept différent baptisé VBCP ou Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Alors que les dragons portés doivent occuper le terrain sans forcément suivre, coller aux AutoMitrailleuses de Combat (AMC), les chasseurs portés doivent coller au terrain, suivre au plus près les chars de combat pour les protéger de l’infanterie ennemie et de ses armes antichars.

En 1937, les 5ème et 17ème bataillons de chasseurs à pied sont recréés sous la forme de chasseurs portés, destinés aux deux premières divisions à base de chars, les futures divisions cuirassées.

Ces deux bataillons reçoivent comme véhicules des 6×4 Lorraine 28, des véhicules totalement inadaptés à leur mission mais seuls disponibles à l’époque.

Cela à moins le mérite de favoriser la phosphorescence des idées. Le temps pressant alors que la guerre menace chaque jour un peu plus, on part d’un tracteur de ravitaillement, le tracteur de ravitaillement de chars TRC modèle 1937 de la firme Lorraine pour aboutir à la VBCP 38L, un véhicule à deux parties, un tracteur et une remorque, quatre combattants prenant place dans la partie avant et six dans la partie arrière.

Ce véhicule va équiper les 5ème et 17ème BCP mais rapidement, il se révèle peu efficient. La guerre s’étant achevée rapidement, on peut reprendre plus sereinement les études.

La firme Lorraine reprend son Lorraine 38L pour aboutir au 39L, un véhicule plus gros pouvant transporter le groupe de combat dans un seul véhicule, une solution nettement préférable au concept présenté plus haut.

Les besoins énormes en terme de véhicules pousse l’état-major à favorisé l’émergence d’un autre VBCP pour éviter un trop grand retard dans les livraisons.

La firme Renault s’étant illustrée dans la fabrication des chenillettes UE, UE 2 et DAE, elle va mettre au point sa propre VBCP, un véhicule dérivé de la chenillette DAE mais nettement plus aboutie que le Lorraine 39L avec une tourelle armée d’une mitrailleuse, faisant du Renault VBCP 40R, le premier véritable véhicule de combat d’infanterie.

Ces deux véhicules vont équiper à part égales les quatre puis six divisions cuirassées sous la forme de VBCP mais également sous la forme d’automoteurs antiaériens et antichars comme nous l’avons vu plus haut.

Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

VBCP Lorraine 38L

Le 17 avril 1936, le programme de tracteur de ravitaillement pour les chars de combat est lancé par l’état-major. Ce programme ne passionne pas les constructeurs puisque seule la firme Lorraine présente un projet en l’occurence une version allongée de sa chenillette d’infanterie.

Cette dernière avait été commandée à cent exemplaires mais avant même qu’un exemplaire du Lorraine modèle 1937L ne sorte, cette commande est transférée sur le nouveau modèle dont la désignation officielle est TRC (Tracteur de Ravitaillement de Chars) modèle 1937L (Lorraine).

Ce véhicule de ravitaillement produit à plus de six cent exemplaires pour équiper les BCC indépendants et les BCC des Divisions Cuirassées va servir de base de départ à une Voiture Blindée de Chasseurs Portés.

Dans l’urgence du moment, la VBCP combine un TRC modèle 1937L avec une remorque adaptée au transport de troupes.

Ce véhicule baptisé VBCP Lorraine 38L transporte ainsi deux membres d’équipage à l’avant _un mécanicien-pilote et un mitrailleur_ et dix hommes, quatre dans le tracteur et six dans une remorque. La commande est passée sans que le moindre essai soit réalisé ce qui traduit l’urgence du moment

Ce véhicule va néanmoins équiper les uniques 5ème et 17ème bataillons de chasseurs portés, les premiers essais du véhicule montrant que transporter le groupe de combat dans deux parties gênait sa cohésion tactique.

Chacun de ces deux BCP disposait de trois compagnies de fusiliers disposant chacun de vingt-trois VBCP 38L en version rang ou commandement soit soixante-neuf véhicules. A cela s’ajoute la CME (Compagnie de Mitrailleuses et d’Engins) qui dispose de huit VBCP 38L soit un total pour le bataillon de soixante-douze véhicules.

Cent quarante quatre véhicules étaient donc en ligne, le reliquat de la commande soit 96 véhicules étant transférée sur le modèle 39L.

Les 5ème et 17ème BCP vont utiliser le modèle 38L jusqu’au printemps 1943 quand des Lorraine 39L pour le premier et des Renault 40R pour le second remplaceront ses véhicules qui n’ont pas démérités mais qui n’étaient pas adaptés à la mission.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 38L

Poids en ordre de combat : 7700kg

Dimensions : longueur 4.53m largeur 2.06m hauteur 1.74m

Motorisation : moteur Delahaye 6 cylindres de 70cv (réservoir de 120l de carburant)

Performances : vitesse maximale sur route 35 km/h Autonomie 140km

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes (quatre à l’avant et six dans la remorque)

Lorraine 39L

VBCP Lorraine modèle 1939

VBCP Lorraine modèle 1939

La configuration du Lorraine 38L à rapidement montré ses limites, le groupe de combat étant séparé entre le tracteur et la remorque.

Cette situation était provisoire car il était prévu qu’à partir du 214ème exemplaire qu’un nouvel modèle prenne le relais. En réalité, très rapidement, le Lorraine 39L va prendre le relais. C’est ainsi qu’après seulement 144 exemplaires, le modèle 38L étant remplacé par le 39L.

Par rapport à son devancier, le Lorraine 39L n’était guère différent avec néanmoins un moteur plus puissant et un écartement entre bogies plus important.

A l’origine, il était prévu un véhicule embarque dix membres d’équipage dont huit pour le groupe de combat mais au final, pour ne pas modifier la structure du groupe de combat, le véhicule pu embarquer dix hommes pour son groupe de combat plus un conducteur et un mitrailleur qui n’appartiennent pas en propre au groupe de combat.

Le Lorraine 39L va équiper dans sa version VBCP un total de six bataillons de chasseurs portés, les BCP des 1ère, 3ème et 5ème DC soit les 3ème, 5ème, 7ème, 9ème, 13ème et 15ème BCP.

Chaque bataillon de chasseurs portés disposant à l’origine de soixante-douze véhicules, ce sont donc un total de 432 VBCP.

Ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée à chaque bataillon pour permettre à chaque BCC de disposer si besoin de deux compagnies. Cela porte le total des VBCP à quatre-vingt cinq véhicules soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Lorraine 39L servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

Caractéristiques Techniques du Lorraine 39L TCC

Poids en ordre de combat : 5980kg

Dimensions : longueur 4.50m largeur 2.03m hauteur 1.74m

Motorisation : Delahaye 6 cylindres délivrant 95ch à 2800 tours/minute

Performances : vitesse maximale 40 km/h vitesse en tout terrain 20 km/h Autonomie 160km

Blindage : 15mm maximum

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm MAC-34 avec 2500 cartouches

Equipage : deux hommes plus un groupe de combat de dix hommes : 1 sergent chef de groupe,1 adjoint au chef de groupe/tireur d’élite, 1 grenadier VB et deux escouades composées chacune d’un caporal, un tireur FM et deux grenadiers-voltigeurs.

Renault DAJ-1

Cette Voiture Blindée de Chasseurs Portés (VBCP) est inspirée de la nouvelle chenillette de ravitaillement Renault DAE. Le projet est lancé au printemps 1940 sur une demande de l’état-major qui craignait que la firme Lorraine ne puisse produire suffisamment rapidement de Lorraine 39L.

Renault accepta de proposer un nouveau projet de VBCP en raison de la réduction de fabrication des chenillettes Renault UE 2 dont les besoins étant presque couverts et moins prioritaires que les VBCP.

Un premier prototype est présenté en avril 1940 mais il est refusé car ne pouvant embarquer que huit hommes. Rapidement modifié, il peut embarquer un conducteur et un groupe de combat de dix hommes soit un total de onze hommes.

La production commence début septembre 1940, permettant d’équiper le 6ème BCP de la 2ème Division Cuirassée puis les 11ème et 12ème BCP de la 4ème Division Cuirassée avant de rééquiper le 17ème BCP.

Ultérieurement, les quatre bataillons de chasseurs portés reçoivent une quatrième compagnie avant que deux nouveaux bataillons soient mis sur pied au sein de la 6ème DC en l’occurence les 14ème et 18ème BCP.

Au total, six bataillons de chasseurs portés furent équipés de quatre-vingt cinq Renault VBCP-40R soit un total de 510 véhicules en ligne.

Même après l’équipement des six bataillons, la production se poursuit pour constituer une réserve de véhicules dont on craint des pertes importantes. C’est ainsi quand éclate le second conflit mondial, le parc de réserve est proche des 100% avec 450 véhicules stockés soit une production de 960 auxquels s’ajoutent les Renault DAJ-1 servant d’automoteurs antichars et antiaériens.

22-Armée de terre : armement et matériel (44)

Lorraine modèle 1939 TCC

Le Lorraine modèle 39 TCC associe un VBCP Lorraine modèle 1939 (ci-dessus) et un canon antichar de 47mm (ci-dessous)

Le Lorraine modèle 39 TCC associe un VBCP Lorraine modèle 1939 (ci-dessus) et un canon antichar de 47mm (ci-dessous)

Canon de 47mm modèle 1937

Si la DLM pouvait se contenter d’un chasseur de chars à roues, l’arme des chars de l’infanterie préférait un chasseur de chars chenillé.

D’où le lancement au printemps 1940 d’une étude pour un chasseur de chars chenillé avec le chassis du ravitailleur Lorraine 37L sur lequel serait installé un canon de 47mm modèle 1937 tirant en retraite.

Un deuxième prototype avec un canon tirant en chasse est présenté en juin 1940, testé intensivement mais comme pour le Laffly, il n’est pas adopté immédiatement.

Il faut attendre l’arrivée du général Villeneuve pour relancer le projet en septembre 1942 pour équiper les groupes (futurs escadrons) antichars portés des quatre divisions cuirassés, groupes/escadrons organisés de la même façon que les EAP des DLM, le terme peloton étant remplacé par le terme section jusqu’à la création de l’Arme Blindée Cavalerie qui unifie les dénominations.

Deux nouveaux prototypes tirant en retraite sont construits sur le chassis Lorraine 39L. Le pilote et un radio-mitrailleur sont installés tout à l’avant, le moteur les séparant de l’espace de combat avec le canon de 47mm sous bouclier, canon servit par un chef de pièce, un tireur, un pointeur et un pourvoyeur, les munitions stockés latéralement donnant 36 coups au canon.

Présentés en mars 1943, ils sont testés jusqu’en juin 1943 quand il est adopté sous le nom de Lorraine 39L TCC.

Il va être commandé en juillet 1943 pour équiper quatre escadrons antichars portés des 1ère et 3ème DC soit un total de 48 chasseurs de chars produits à raison de six exemplaires par mois qui sont tous livrés entre octobre 1943 et mai 1944.

Le 17ème EAP (1ère DC) est équipé en octobre et novembre 1943, le 21ème EAP (3ème DC) est équipé en décembre 1943 et janvier 1944, le 19ème EAP (1ère DC) est équipé en février et mars 1944 et enfin le 23ème EAP (3ème DC) est équipé en avril et mai 1944.

La production se poursuit pour constituer un volant de réserve de 50% soit 24 chasseurs de chars produits entre juin et décembre 1944, date à laquelle la production de cette version cesse.

La création de la 5ème DC en septembre 1947 entraine la reprise de la production pour équiper les 25ème et 27ème EAP soit vingt-quatre chasseurs de chars livrés entre novembre 1947 et février 1948.

Des essais pour un véhicule plus puissant sont menés durant toute cette période dont un étonnant chasseur de chars à deux canons de 47mm tirant en retraite pour augmenter la puissance et un chasseur de chars à canon de 75mm tirant lui aussi en retraite.

Ce modèle est jugé prometteur. Deux prototypes sont officiellement commandés en juin 1947 et livrés au mois de septembre.

Les tests intensifs sont concluants et une production limitée est lancée en janvier 1948 pour équiper deux escadrons antichars portés de réserve soit vingt-quatre véhicules produits entre février et août 1948 plus quelques véhicules de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le Lorraine 39L TCC est en service à soixante-douze exemplaires en ligne plus trente-six en réserve soit cent-huit auxquels s’ajoutent vingt-quatre 39L TCC-75 soit un total de cent-trente-deux exemplaires.

Caractéristiques Techniques du Lorraine modèle 1939 TCC

Poids en ordre de combat : 5980kg

Dimensions : longueur 4.50m largeur 2.03m hauteur 1.74m

Motorisation : Delahaye 6 cylindres délivrant 95ch à 2800 tours/minute

Performances : vitesse maximale 40 km/h vitesse en tout terrain 20 km/h Autonomie 160km

Blindage : 15mm maximum

Armement : un canon de 47mm semi-automatique modèle 1937 alimenté à 36 coups et une mitrailleuse MAC-36 (utilisable à terre) alimentée à 3000 cartouches

Equipage : un mécanicien-pilote, un radio-mitrailleur, un chef de pièce, un tireur, un pointeur et un pourvoyeur soit six hommes

Renault 40R TCC

Ce chasseur de chars est le cousin du Lorraine 39L. Pour satisfaire les besoins colossaux des chasseurs portés, l’état-major avait décidé d’équiper une partie des bataillons de chasseurs portés d’un véhicule différent du Lorraine 39L en l’occurence les BCP des 2ème et 4ème DC.

Logiquement, les groupes/escadrons antichars portés de ces division vont recevoir un chasseur de chars basé sur ce chassis dérivé du Renault DAE.

Les prototypes sont commandés le 25 octobre 1942 et livrés en janvier 1943 pour des tests qui s’achève en mars date de son adoption sous le nom de Renault 40R TCC.

La production est lancée en avril pour 48 chasseurs de chars livrés à canon de 47mm en retraite, véhicules livrés entre mai 1943 et mars 1944 pour équiper les 18ème et 20ème EAP (2ème DC) ainsi que 22ème et 24ème EAP (4ème DC)

La production se poursuit à petite cadence pour fournir un volant de réserve équivalent à la moitié du parc en ligne soit vingt-quatre chasseurs de chars produits entre avril et octobre 1944 date à laquelle la production du Renault 40R TCC est stoppée.

Elle reprend en juin 1947 pour équiper les 26ème et 28ème EAP de la 6ème Division Cuirassée officiellement créée en septembre 1947. Le 26ème EAP est équipé en septembre 1947 et le 28ème escadron antichar portée en octobre 1947. Douze autres véhicules sont produits pour former un EAP de réserve.

La production est alors définitivement stoppée au profit d’une variante à canon de 75mm semblable au Lorraine 39L TCC-75. Cette variante baptisée Renault 40R TCC-75 est produite à vingt-quatre exemplaires qui rejoignent le stock de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le Renault 40R TCC est en service à soixante-douze exemplaires en ligne plus trente-six en réserve soit cent-huit auxquels s’ajoutent vingt-quatre 40R TCC-75 soit un total de cent-trente-deux exemplaires.

Voiture spéciale modèle 207

Cette voiture spéciale est une version de l’AMD Panhard officiellement appelée voiture spéciale modèle 178 équipée d’un canon de 47mm puissant SA modèle 1937. Quatre prototypes sont construits à l’automne 1940, testés mais sans que la production en série soit lancée, une AMD réarmée à canon de 47mm étant jugée suffisante.

L’armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (7)

L’évolution des autres véhicules entre 1940 et 1948.

Comme nous l’avons vu plus haut, les catégories AMR et AMD ont fusionné en une seule catégorie, les AMP ou Automitrailleuses Puissantes. Plusieurs véhicules ont ainsi été développés ou employés : l’AM modèle 40P , un puissant véhicule à roues 8X8 et des chars légers en l’occurence l’AMX-42, l’AMX-44, le FCM-42 et le plus ancien Hotchkiss H-39

L’automitrailleuse AM modèle 40P (Panhard 201)

Le premier véhicule va peu à peu remplacer au sein des DLM les Panhard 178 , des véhicules 4X4 dont la protection était jugée insuffisante.

Pas moins de 1963  exemplaires ont ainsi été construits, chaque division légère mécanique disposant de 45 AMP au sein d’un régiment de découverte soit un total de 360 véhicules, les autres étant mis à la disposition des 28 GRDI stationnés en métropole.

Des commandes additionnelles sont passées ultérieurement pour permettre un équipement décent à toutes ces unités sans parler de la nécessite d’établir des stocks de réserve, une attrition forte était prévisible.

Ce véhicule est un impressionnant véhicule 8X8 dont les premiers exemplaires sont livrés début 1941.

Déplaçant 9 tonnes et pouvant filer à 80 km/h, les prototypes sont armés d’un canon de 37mm mais les véhicules de série sont au final armés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm. De là nait une famille de véhicules avec une variante d’appui rapproché, un véhicule de commandement, un véhicule de dépannage, une variante pour le génie ne dépassant pas le stade du prototype.

Le premier nommé apparu en septembre 1944 avec un canon de 75mm court dérivé de l’obusier de montagne modèle 1942 destiné à remplacer le canon de 65mm suivit par les véhicules de commandement (la tourelle était allongée et munie d’un canon factice) et de dépannage.

En ce qui concerne les chars légers, ils équipent au sein des GRDI de métropole  les unités précédemment équipées d’AMR 33 et 35, le régiment de découverte des Divisions Cuirassées ainsi qu’un groupe de reconnaissance intégré à chaque brigade cuirassée.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo.

En ce qui concerne les dragons portés, les Lorraine 38L sont remplacés par des Lorraine 39L puis par des Renault DAJ1, dérivé de la chenillette Renault DAE. Ce dernier était un véritable véhicule de combat avec un tourelleau armée d’une mitrailleuse de 7.5mm pour couvrir le débarquement des fantassins.

En ce qui concerne les chenillettes de ravitaillement, les Renault UE, UE2, DAE et Lorraine 37L sont toujours en service.

D-Armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (5)

Les autres véhicules de combat en service en septembre 1939

_Automitrailleuses_ : Dans la conception mécaniste de l’armée française de 1940, on distingue trois types d’automitrailleuses : combat, découverte et reconnaissance.

Écartons d’emblée les premières déjà évoquées et concentrons nous sur les deux autres. La première catégorie concerne des véhicules chargées de la reconnaissance lointaine et la seconde des véhicules chargées de la reconnaissance de proximité. Si les AMR sont des véhicules chenillés, les AMD sont des véhicules à roues.

Cette dichotomie qui peut paraître assez artificielle disparaît avec la fusion des deux catégories en février 1940, les AMR et AMD devenant AMP (Automitrailleuses Puissantes), catégorie symbolisée par la Panhard AM-40 8X8 et par des chars légers utilisés pour les missions de reconnaissance en l’occurence, le Hotchkiss H-39, l’AMX-42, l’AMX-44 et le FCM-42.

Outre les chars de cavalerie et les chars d’accompagnement d’infanterie, on trouve les chars légers de reconnaissance. Les automitrailleuses de découverte Renault AMR-33 et 35 étaient naturellement encore en service en 1940 mais vont peu à peu être retirées du service en métropole pour être redéployées dans l’Empire.

Automitrailleuse AMR-33

 

AMR-35 ici équipée d’une mitrailleuse de 13.2mm

Dans la catégorie AMD, nous trouvons deux véhicules à roues, deux véhicules 4X4. Le premier est la Panhard 178 (AMD-35) produite à 1237 exemplaires, un véhicule de 8.2 tonnes en ordre de combat armé d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm en tourelle.

AM-39 Gendron Somua

Il équipe les DC et les DLM ainsi que les groupements de reconnaissance. Le second est l’automitrailleuse AM 39 Gendron Somua qui dispose du même armement mais sa production est limitée à 150 exemplaires pour laisser la place à l’AMP. Elle va servir essentiellement dans l’Empire notamment au sein de la gendarmerie pour des missions de maintien de l’ordre.

_Autres type de véhicules_ : Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Dès l’apparition du char s’est posé la question de l’accompagnement par l’infanterie. L’idée est de profiter de la rupture provoquée par les chars pour y déverser des fantassins pour occuper le terrain et empêcher l’ennemi de contre-attaquer.

En dépit de multiples tentatives, la question est loin d’être résolue quand éclate la guerre de Pologne, de nombreux projets ont été lancé dès la fin du premier conflit mondial avec une domination des véhicules à roues ou semi-chenillés.

Les dragons portés disposaient de VDP (Voitures de Dragons Portés) mais ces dernières étaient non blindées donc adaptées au transport à l’arrière du front et à l’occupation des positions conquises………. . Cela convenait à la cavalerie mais l’infanterie avait d’autres besoins notamment celui de protéger au plus près ses chars.

tracteur de ravitaillement Lorraine 38L

L’arme des chars de l’infanterie  choisit  elle des véhicules chenillés de type Lorraine qui fournissait déjà des chenillettes de ravitaillement. Après le Lorraine 38L adopté dans l’urgence, nous trouvons un véhicule nettement mieux conçu, le Lorraine 39L qui pouvait transporter dix combattants sous blindage (en plus de deux membres d’équipage), véhicule qui sera complété par le Renault DAJ1, dérivé de la chenilette Renault DAE.

Sans ravitaillement, une unité de combat est inopérante et dès le premier conflit mondial on à l’idée d’un «char ravitailleur» qui ne va réellement aboutir qu’au tout début des années trente sous la forme de plusieurs modèles de chenillettes.

Chenilette Renault UE

Les plus nombreuses sont les chenillettes Renault UE et UE2 produites respectivement à 2600 et 2300 exemplaires pour assurer le ravitaillement de l’infanterie mais également tracter les canons antichars de 25 et de 47mm.

La cavalerie va disposer elle du Renault DAE plus performant mais également du Lorraine 37L chargé du soutien des unités de chars puisque disposant d’une benne fixe à l’arrière et d’une citerne remorquée.