Benelux (62) Belgique (23)

Chasseurs de chars Canons d’assaut et canons automoteurs
Avant-propos

L’apparition du char de combat ne solutionna pas tous les problèmes posés par la glaciation du front occidental. En effet une fois la percée obtenue, il fallait exploiter c’est-à-dire aller suffisamment vite pour empêcher l’ennemi de se rétablir correctement.

A plusieurs reprises y compris avant l’apparition du char, la percée avait été obtenue mais l’exploitation se révélant impossible, les allemands ont pu faire venir des troupes fraîches et rétablir un front continu et cohérent.

Deux problèmes majeurs se posaient : le transport de l’infanterie et son appui-feu. A pied le fantassin était encore vulnérable et l’artillerie atteignait rapidement sa portée maximale ce qui nécessitait son déplacement. Aucune solution vraiment satisfaisante ne fût trouvée avant l’armistice même si les ingénieurs alliés touchaient au but.

En effet, certains tanks Mark britanniques avaient été modifiés en transport de troupes (mais des conditions telles que les soldats étaient moins fringants que si ils avaient suivis les chars à pied) et les premières pièces automotrices étaient produites en France.

La période de paix ne permis pas de développer vraiment des moyens de transport et d’appui-feu modernes, tout juste des briques partielles. C’est ainsi que la plupart des armées avaient en service ou en projet des canons d’assaut, des canons automoteurs et des chasseurs de chars.

La Belgique elle ne possédait en septembre 1939 que des chasseurs de char en l’occurrence le T-13 armé d’un canon de 47mm. En septembre 1948, même situation, aucun projet de canon automoteur et de chasseur de chars puissant voir de canon d’assaut n’ayant vu le jour visiblement pour ne pas «provoquer» l’Allemagne.

Bien entendu une fois la guerre entamée et la Belgique occupée, toutes les limites sautent permettant à la Belgique de disposer de canons d’assaut, de chasseurs de chars et même des canons automoteurs.

T-13

T-13

En septembre 1939, le seul véhicule militaire d’appui en service en nombre au sein de l’armée belge est le T-13, un chasseur de chars léger combinant un châssis fournit par Vickers (jusqu’à la version B-3) avec une superstructure abritant un canon de 47mm qui était largement suffisant pour détruire les chars allemands alors en service.

Durant la période 1919-1939, les militaires belges étaient conscients de la nécessité d’équiper leur armée de chars ou du moins de véhicules blindés de combat. Cette prise de conscience n’était cependant pas partagée par la classe politique qui craignait de provoquer les allemands ou les refusaient pour des raisons idéologiques.

Le T-13 est un compromis acceptable puisque c’est un véhicule léger, peu protégé et disposant d’un canon en superstructure ce qui en faisait clairement un chasseur de chars et non un véritable char de combat. Autre chose qui trahissait cette volonté d’apaisement : le refus d’utiliser le mot «char».

Après avoir acquis des tracteurs d’artillerie pour motoriser leur artillerie américaine, les belges décident d’expérimenter l’artillerie portée en compagnie un châssis Carden-Lloyd et un canon de 47mm de la FRC, le tout sous bouclier. Ce concept se montre efficace et va aboutir à la commande de trente-deux T-13B1 suivis par le T-13B2 produit entre 1935 et 1937 et enfin par le T-13B3 produit entre 1938 et 1940. La production totale est de 375 exemplaires.

Les T-13 formaient des compagnies déployées au sein des divisions d’infanterie, des divisions de chasseurs ardennais et des divisions de cavalerie.

Au printemps 1940, neuf DI disposaient d’une compagnie de douze T-13 en l’occurence les 1ère, 2ème,3ème,4ème,7ème,8ème,9ème,10ème et 11ème DI soit un total de 108 véhicules auxquels il faut ajouter 56 T-13 au sein des deux divisions de chasseurs ardennais (trente-deux et vingt-quatre respectivement) et 33 au sein des divisions de cavalerie avec vingt et un pour la première et douze pour la seconde.

On trouve également une compagnie au niveau du 3ème Corps d’Armée et deux escadrons de Réserve Générale, le premier à Namur et le second à Liège.

Ce véhicule est toujours en service en mai 1949 en dépit du fait qu’il soit clairement déclassé. Il équipe ainsi dix divisions d’infanterie à raison d’une compagnie de douze véhicules soit 120 T-13 en ligne, essentiellement des T-13B3 plus récents et surtout plus fiables.

Ces véhicules vont appuyer l’infanterie belge, servant de réserve antichar mobile par exemple pour stopper des infiltrations de chars allemands sur les arrières. Les rares tentatives d’utilisation offensive lors des contre-attaques se transformant en véritables fiascos.

Quand la Belgique capitule, il ne reste sous les couleurs belges qu’une poignée de véhicules. Un recensement effectué en octobre 1949 liste en dépôt près de Caen un total de huit T-13B1, quatre T-13B2 et vingt-cinq T-13B3 soit seulement trente-sept véhicules alors que la production à dépassé les trois cents exemplaires.

Les allemands vont en récupérer une centaine, les utilisant généralement pour l’entrainement, le maintient de l’ordre ou comme tracteurs d’artillerie. Fort peu de T-13 ont survécu au conflit, un exemplaire peut être aujourd’hui admiré au Musée de l’Armée à Bruxelles.

Caractéristiques Techniques :

Type : chasseur de chars légers

Masse 4.5 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 1.76m (1.83m pour les B-3) hauteur 1.69m (1.84m pour les B-3)

Motorisation : un moteur essence Meadows de 60ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h (41 km/h pour le B-3) distance franchissable 240km (400km pour le B-3)

Protection : 6 à 12mm (13mm pour le B-3)

Armement : un canon antichar de 47mm modèle 1931 et un fusil-mitrailleur FN M1918 BAR

Equipage : chef char/tireur/pourvoyeur et conducteur

M-18 Hellcat

M-18 Hellcat
Quand le gouvernement belge installé à Caen décide de reconstituer une armée autonome, l’obsession est de renforcer les capacités antichars de ses unités de combat. Pour cela l’adoption d’un chasseur de chars est une nécessité, les nouveaux tableaux d’organisation prévoyant une compagnie de tank destroyer au sein du bataillon antichar et antiaérien prévu pour les trois DI, les deux DLI et l’unique DB.

Ce bataillon disposait d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de soutien, de deux compagnies antichars (une de chasseurs de chars et une de canons antichars remorqués) et deux compagnies antiaériennes avec des canons antiaériens de 40mm Bofors et de 25mm Hotchkiss.

La compagnie de chasseurs de chars est organisé en un état-major, un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de quatre chasseurs de chars et un peloton d’autos blindées (reconnaissance et protection) soit un total de quatorze chasseurs de chars pour la compagnie.

Pour satisfaire le besoin pour 84 chasseurs de chars, les belges essentiellement pour des raisons politiques choisissent un véhicule américain, le 76mm Gun Motor Carriage M-18 plus connu sous le nom de M-18 Tank Destroyer «Hellcat».

Tout en mettant au point le M-10 Wolverine, le Tank Destroyer Command étudia un nouveau modèle de chasseur de char mettant davantage encore en avant la vitesse et l’armement sur la protection.

Après plusieurs projets infructueux, les ingénieurs travaillant sur ce projet aboutirent à un véhicule d’un peu moins de 18 tonnes, filant à plus de soixante-dix kilomètres par heure avec un armement composé d’un canon de 76mm à haute vitesse initiale qui permettait de détruire tous les chars allemands y compris le Tigre même si pour ce dernier, il fallait se rapprocher à moins de 500m.

Deux prototypes sont commandés au printemps 1946, évalués à l’automne 1946 puis adoptés après quelques modifications au printemps 1947 sous le nom de 76mm Gun Motor Carriage M-18 même si la troupe utilisait davantage le surnom de Hellcat pour désigner leur véhicule.

Quand le second conflit mondial éclate en Europe, seulement huit bataillons sur 36 sont équipés de ce formidable véhicule. Leur nombre augmente progressivement à la fois pour remplacer les M10 mais également pour équiper de nouveaux TDB.

A son apogée, Hellcat équipait 40 bataillons de chasseurs de chars sur les 54 dont disposait le Tank Destroyer Command à sa propre apogée. Ce nombre va être légèrement réduit puisqu’en septembre 1954, «seulement» trente-six bataillons sont équipés de M18.

Quand le Tank Destroyer Command est dissous en septembre 1955, il ne restait que 24 bataillons dont quatorze étaient équipés de M-18 Hellcat. Le nombre d’unités ne cesse de décroître mais le dernier bataillon dissous le 1er septembre 1961 était encore équipé de Hellcat.

Des véhicules encore en bon état sont soit stockés pour une réutilisation éventuelle mais la plupart sont feraillés ou cédés à des pays étrangers comme la Malaisie, l’Indonésie, Singapour, la Yougoslavie, la Turquie, Chypre ou encore l’Uruguay et la Bolivie.

Aux côtés du M18 figure le M39, une version utilitaire sans canon utilisée pour le transport de matériel, de troupes et le remorquage de pièces d’artillerie.

Des projets de variante à canon de 105mm et amphibie (au profit des Marines) furent étudiées mais abandonnées en cours de développement probablement pour limiter la dispersion des efforts et rationaliser production et soutien logistique.

La Belgique va recevoir au total près de 140 Hellcat. Si les M-18 déployés en Europe furent utilisés pour leur cœur de mission à savoir la lutte antichar, les M-18 de la Force Publique furent utilisés davantage pour le soutien de l’infanterie alors que le menace char était inexistante après la première phase de l’opération GIDEON.

Les Hellcat sont restés en service dans l’armée belge jusqu’en 1956, l’armée d’outre-quievrain abandonnant rapidement le concept du chasseur de chars en préférant investir dans le char de combat et notamment le char de combat principal, le Main Battle Tank (MBT). Au Congo, les M-18 sont restés en service jusqu’au début des années quatre-vingt quand le manque de pièces détachées rendit impossible tout maintien en service.

Caractéristiques techniques du M-18 Hellcat

Type : chasseur de char

Poids : 17.7 tonnes

Dimensions : longueur totale 6.60m (5.28m pour la coque) largeur 2.87m hauteur 2.57m

Motorisation : un moteur Continental R-975-C1 de 400ch

Performances : vitesse maximale 76 km/h distance franchissable 160km

Blindage : 4.8 à 25mm

Armement : un canon de 76mm avec 45 coups, une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 800 coups

Equipage : cinq hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et assistant-conducteur)

Canon d’assaut modèle 1950

Pour améliorer l’appui-feu de l’infanterie, l’armée belge décide d’équiper ses trois divisions d’infanterie d’un bataillon de canons d’assaut organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de canons d’assaut (un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de cinq canons d’assaut et un peloton d’autos blindées) et une compagnie de reconnaissance équipée d’autos blindées.

Somua Sau40

Canon d’assaut Somua Sau40

A la fin des années trente, l’armée française avait mis au point deux modèles de canons d’assaut, le Somua Sau40 sur châssis Somua S-40 pour la cavalerie, l’ARL V 39 sur un châssis spécifique pour l’infanterie (plus précisément les Divisions Cuirassées).

ARLV39

ARL V-39

Dès avant septembre 1948, la France décide d’arrêter la fabrication pour se concentrer sur un canon automoteur à canon de 105mm sur châssis Renault R-40 (Somua S-45 pour les unités de l’ancienne cavalerie) en attendant d’utiliser celui du Renault G-1R.

De plus des projets de réutilisation des châssis disponibles ont été étudiés par l’Entrepôt de Réserve Générale du Matériel (ERGM) implanté à Gien dans le Loiret. Ces projets sont baptisés GPM (Gien Projet Militaire) et combinent un canon puissant sur un châssis de char déclassé par l’arrivée de blindés modernes.

Ces projets ont été initiés par le général Villeneuve et le ministre de l’Armement, Raoul Dautry pour anticiper sur une potentielle perte des industries du Nord-Est comme durant le premier conflit mondial.

Comme les blindés sont indispensables à la guerre moderne, il faut pouvoir anticiper et faire appel au «système D», domaine où les français ne sont pas les moins maladroits.

Dans le domaine des chasseurs de chars notons le projet GPM-1 d’un chassis de Renault R-35 avec un canon de 47mm SA modèle 1941 en superstructure, d’un GPM-3 combinant un chassis de Somua S-35 avec un canon de 75mm TAZ modèle 1939 en superstructure, d’un GPM-5 combinant un chassis d’AMX-42 avec un canon de 90mm Schneider modèle 1939 adapté à l’antichar.

Dans le domaine des canons d’assaut, notons le projet GPM-2 combinant le chassis de Renault R-35 avec un canon de 75mm en superstructure _plus simple à produire que les canons d’assaut Somua SA u 40 ou ARL V-39_ , le projet GPM-4 combinant un chassis de Hotchkiss H-39 avec un obusier de 105C modèle 1935B et enfin le projet GPM-6 combinant un chassis Renault G1 avec un canon de 155mm modèle 1946.

Tous ces projets n’existent qu’à deux ou trois exemplaires mais pourraient vite se multiplier en raison de la présence d’un nombre conséquent de chars déclassés ou stockés pour servir de volant de fonctionnement.

Après les premiers combats en France, le front se stabilise sur la Seine, entraînant la perte d’une partie de la capacité industrielle du pays. Néanmoins avec la politique de déconcentration et de décentralisation industrielle ainsi que l’évacuation de certaines usines au sud de la Loire, la perte est limitée.

Les projets GPM sont-ils destinés à ne faire qu’ultérieurement les délices des historiens ? Non puisque certains vont être produits en série pour la France mais aussi pour la Belgique qui cherche un canon d’assaut pour améliorer la puissance de feu de ces divisions d’infanterie.

Une délégation militaire belge visite ainsi l’ERGM de Gien et assiste à la démonstration des différents véhicules des projets GPM. Elle s’intéresse surtout aux canons d’assaut puisque pour les chasseurs de chars, la Belgique à déjà choisit le Hellcat américain.

Le GPM-2 est vite écarté et l’hésitation est importante entre le GPM-4 et le GPM-6. Finalement la Belgique choisit le GPM-4 en ayant l’assurance que ces véhicules seront vite disponibles en raison de l’abondance du nombre de véhicules.

Le 17 mai 1950, le GPM-4 est adopté par la Belgique sous la désignation de Canon d’assaut modèle 1950. Chaque bataillon disposant de 51 véhicules, la Belgique va recevoir rien que pour ces unités de première ligne 153 véhicules, la France elle choisissant un autre véhicule en combinant le châssis du Renault G-1 avec un obusier de 105C modèle 1935B.

Le canon d’assaut modèle 1950 était un véhicule à la conception soignée. Sur le châssis renforcé du H-39, la caisse d’origine et la tourelle ont fait place à une superstructure très enveloppante abritant un obusier de 105mm à l’avant droit, le pilote se trouvant à gauche. Juste en arrière on trouve le compartiment de combat plutôt confortable pour les trois hommes y opérant avec le chef de char situé derrière le pilote, le tireur et le pourvoyeur se trouvant naturellement derrière le canon.

Les belges reçoivent leurs premiers véhicules à l’automne 1950. Ils ont donc tout le temps pour le prendre en main et ainsi essuyer les plâtres de ces véhicules d’occasion. Quelques problèmes sont relevés mais vite résolus.

Les canons d’assaut modèle 1950 vont assurer l’appui-feu des troupes belges, l’obusier de 105mm se montrant efficace pour détruire blockhaus et maisons dans des combats particulièrement violents.

C’est cependant clairement un véhicule amené à vite disparaître des rangs de l’armée belge et c’est effectivement ce qui se passe puisque le canon d’assaut modèle 1950 est retiré du service dès 1957, la plupart des véhicules feraillés.

Caractéristiques Techniques du Canon d’assaut modèle 1950

Poids total : 15.8 tonnes

Dimensions : longueur totale 4.40m largeur totale 1.85m hauteur totale : 2.50m

Motorisation : un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch à 2800 tours/minute

Vitesse maximale : 30 km/h Pente : 75% sur sol dur Autonomie : environ 130km (réservoir de 207 litres)

Blindage : 40mm maximum

Armement : un obusier de 105C modèle 1935B en superstructure avec 32 obus, une mitrailleuse de 7.65mm pour l’autodéfense

Equipage : un pilote, un chef de char, un tireur et un pourvoyeur

M-7 Priest

M-7 Priest 65

-Pour équiper le régiment d’artillerie de la Division Cuirassée, la Belgique choisit le 105mm Howitzer Motor Carriage M-7 «Priest» surnommé «Priest» en raison de la forme du tourelleau du mitrailleur qui ressemble à la chaire d’un prêtre.

L’obusier automoteur américain est issue d’une longue période de réflexions, réflexion qui allait aboutir au choix d’un châssis chenillé qui permet à l’obusier de suivre les chars pour assurer leur appui-rapproché mais également pour réaliser des tirs d’interdiction pour empêcher l’arrivée de renforts ennemis.

Un temps on semble vouloir créer un châssis chenillé avant de finalement choisir celui du char moyen M-3 qui est renforcé pour permettre d’encaisser le recul de l’obusier de 105mm.

On débat sur la position de l’obusier. On envisage d’abord une installation en coque pour obtenir le véhicule le plus pas possible puis en tourelle alors qu’une troisième école préconise la construction d’une superstructure au dessus de la coque du char. C’est cette troisième école qui triomphe des deux autres et donne naissance au M-7.

Six prototypes sont commandés en mars 1945 et intensivement testés pour permettre son acceptation en janvier 1946. les américains vont équiper les trois divisions de cavalerie et les seize divisions blindées regroupant au total soixante-seize groupes équipés de M-7 Priest soit un total de 912 pièces auxquelles il faut ajouter 432 M7 de la «Réserve Générale» soit un total de 1344 automoteurs.

Prévoyant des pertes élevées, les américains vont commander pas moins de 5700 M7 Priest produits en trois variantes, la M-7A1 produite à 2100 exemplaires, la M-7A2 produite à 1800 exemplaires et la M-7A3 produite à 1800 exemplaires également.

Outre les Etats-Unis, cet automoteur à été utilisé par la Grande-Bretagne (qui allait le remplacer rapidement par le Sexton), la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne et la Tchécoslovaquie, la Norvège,le Danemark, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Sexton (25 Pdr SPG)

Sexton

Une fois le conflit terminé, le M7 Priest à été rapidement remplacé par de nouvelles pièces automotrices de 105 et de 155mm. Les unités de Réserve et de la Garde Nationale l’ont utilisé jusqu’au milieu des années soixante.

Comme dans beaucoup d’autres moments, des pays ont profité des surplus américains pour s’équiper en canons automoteurs à un prix défiant toute concurrence soit pour renouveler leur parc ou pour reconstituer leurs forces.

C’est ainsi que des M7 Priest ont été cédés au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, à l’Allemagne, à la Yougoslavie, à la Grèce, à la Turquie, à l’Iran, à la Thaïlande, à la Birmanie et au Japon.

Il n’y à pas eu de variantes dédiées du M7. Certains Priest ont perdu leur canon pour servir de ravitailleur d’artillerie, de dépanneur, de véhicule de dépannage ou de transport de troupes mais il s’agissait d’improvisations sur le terrain et non de variantes mises au point à l’arrière et bénéficiant donc d’une appellation officielle.

Le régiment d’artillerie de la division cuirassée était organisé en un état-major, un groupe de commandement et de soutien, trois groupes de tir et un groupe de reconnaissance équipé d’autos blindées M-8 Greyhound.

M-8 Greyhound 30

M-8 Greyhound

 

Les trois groupes de tir disposent d’une batterie de commandement et de soutien et de trois batteries de six canons automoteurs soit un total de cinquante-quatre Priest pour l’ensemble du régiment.

Ces automoteurs vont être employés pour l’appui-feu des chars de combat, pour effectuer un tir de barrage, pour opérer des tirs de contre-batterie. Il y eu également des cas où les Priest ont effectué des tirs directs à hausse 0° contre des bâtiments voir pour bloquer une brusque irruption de fantassins ou de chars allemands.

Les M-7 Priest belges ont été remplacés en 1959 par un canon automoteur de 155mm d’un nouveau modèle.

Caractéristiques Techniques du 105mm Howitzer Motor Carriage M7

Type : obusier automoteur

Poids : à vide 19.4 tonnes en ordre de route 21.1 tonnes

Dimensions : longueur 5.7m largeur 2.7m hauteur (sans mitrailleuses) 2.5m

Motorisation : un moteur en étoile Wright R975C1 de 400ch

Performances : vitesse maximum 40 km/h rayon d’action 230km

Blindage : 51mm à l’avant

Armement : un obusier de 105mm avec 57 coups dans le véhicule. Une remorque M8 permet d’embarquer 42 coups supplémentaires. Une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups assure la défense rapprochée.

Equipage : sept hommes

22-Armée de terre : armement et matériel (77) ordre de bataille (11)

1er Corps de Cavalerie

Ce corps d’armée est placé sous l’autorité directe du commandant du groupe d’armée n°1 qui peut soit l’utiliser comme outil de manoeuvre stratégique ou le détacher au profit de l’une des quatre armées.

-Outre l’état-major, elle dispose de moyens de combat et de soutien qui lui sont propres comme le 635ème régiment de pionniers (travaux d’infrastructures, garde du QG), du 35ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (35ème GRCA) équipé de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses de découverte en attendant les automitrailleuses puissantes, du 329ème régiment d’artillerie tout-terrain tracté équipé de trois groupes de 105mm tractés  ainsi que diverses unités du génie et de soutien.

-La 1ère DLM reste organisée comme elle l’est depuis sa réorganisation sur le modèle de la 6ème DLM avec donc les unités suivantes :

-Un état-major de division

-Un régiment de découverte, le 6ème cuirassiers

-1ère brigade légère mécanique avec un régiment de chars, le 4ème cuirassiers et un régiment de dragons portés, le 15ème RDP associés au 1er groupe de canons d’assaut, le 1er escadron antichar porté, le 1er escadron antiaérien porté et le 1er groupe de reconnaissance.

-2ème brigade légère mécanique avec un régiment de chars, le 18ème dragons et un  régiment de dragons portés, le 4ème RDP associés au 2ème groupe de canons d’assaut, le     2ème escadron antichar porté, le 2ème escadron antiaérien porté et le 2ème groupe de     reconnaissance.

-Un régiment d’artillerie tractée, le 74ème Régiment d’Artillerie de Division Légère     Mécanique (74ème RADLM)

-11ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 4ème régiment de cuirassiers

-quatre compagnies du génie formant bataillon, le 1er bataillon du génie

-deux compagnies de transmission

-Deux compagnies du train (301ème compagnie automobile du QG et 401ème compagnie     automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-La 5ème DLM reste organisée comme elle l’est depuis sa réorganisation sur le modèle de la 6ème DLM avec donc les unités suivantes :

-Un état-major de division

-Un régiment de découverte, le 11ème régiment de cuirassiers

-9ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars _le     6ème régiment de dragons_ , un régiment de dragons portés _le 2ème régiment de dragons     portés_ , le 9ème groupe de canons d’assaut, le 9ème escadron antichar porté, le 9ème     escadron antiaérien porté et le 9ème groupe de reconnaissance équipé d’un peloton de     commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.

-10ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars_le     4ème régiment de hussards_, un régiment de dragons portés _le 8ème régiment de dragons     portés_,  le 10ème groupe de canons d’assaut, le 10ème escadron antichar porté, le 10ème     escadron antiaérien porté et le 10ème groupe de reconnaissance équipé d’un peloton de     commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.

-72ème régiment d’artillerie de division légère mécanique

-15ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 6ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon, le 5ème bataillon du génie

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de     transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

2ème Corps de Cavalerie

Ce corps d’armée est placé sous l’autorité directe du commandant du groupe d’armée n°1 qui peut soit l’utiliser comme outil de manoeuvre stratégique ou le détacher au profit de l’une des quatre armées.

-Outre l’état-major, elle dispose de moyens de combat et de soutien qui lui sont propres comme le 636ème régiment de pionniers (travaux d’infrastructures, garde du QG), du 36ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (36ème GRCA) équipé de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses de découverte en attendant les automitrailleuses puissantes, du 359ème régiment d’artillerie tout-terrain tracté équipé de trois groupes de 105mm tractés  ainsi que diverses unités du génie et de soutien.

-La 3ème DLM reste organisée comme elle l’est depuis sa réorganisation sur le modèle de la 6ème DLM avec donc les unités suivantes :

-Un état-major de divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 1errégiment de hussards

Somua S-40

Somua S-40

-5ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, le 1er régiment de chasseurs à cheval équipé de Somua S-40, le 5ème régiment de dragons portés, le 5ème groupe de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, le 5ème escadron antichar porté, le 5ème escadron antiaérien porté et le 5ème groupe de reconnaissance équipés d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.
-6ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, le 8ème régiment de chasseurs à cheval, le 19ème régiment de dragons portés (qui reprend les traditions du 19ème régiment de dragons),  le 6ème groupe de canons d’assaut, le 6ème escadron antichar, le 6ème escadron antiaérien porté  et le 6ème groupe de reconnaissance.

105C modèle 1935B

105C modèle 1935B

-Le 75ème régiment d’artillerie de division légère mécanique dispose de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B

-13ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 19ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon, le 3ème bataillon du génie

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Ungrouped’exploitationdivisionnaire

-La 7ème Division Légère Mécanique à été créé en septembre 1947 directement sur le modèle de la 6ème DLM avec deux brigades légères mécaniques. Elle dispose des unités suivantes :

-Un état-major de division

-Un régiment de découverte, le 1er régiment de cuirassiers

-La 13ème brigade légère mécanique avec un état-major, un régiment de chars, le 3ème régiment de hussards; un régiment de dragons portés, le 11ème régiment de dragons portés, le 13ème groupe de canons d’assaut, le 13ème escadron antichar porté, le 13ème escadron antiaérien porté et le 13ème groupe de reconnaissance équipé de FCM-44.

-La 14ème brigade légère mécanique avec un état-major, un régiment de chars le 5ème régiment de dragons, un régiment de dragons portés le 12ème régiment de dragons portés, le 14ème groupe de canons d’assaut, le 14ème escadron antichar porté, le 14ème escadron antiaérien porté et le 14ème groupe de reconnaissance équipé de FCM-44.

-Le 76ème régiment d’artillerie de DLM créé à partir d’éléments fournis par le 73ème et le 75ème RADLM (sur le plan humain notamment)

-7ème bataillon du génie

-13ème compagnie télégraphique

-14ème compagnie radio

-307ème  compagnie automobile de quartier général

-407ème compagnie automobile de transport

-43ème bataillon sanitaire divisionnaire

-un groupe d’exploitation divisionnaire

Ces deux corps de cavalerie pourraient en cas d’offensive former une Armée Blindée en compagnie du 1er CAC, une armée à trois corps d’armée soit un total de sept divisions blindées mécanisées.

22-Armée de terre : armement et matériel (41)

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexplicable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Canon d'assaut Somua Sau40

Canon d’assaut Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonnamment moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créer……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner  une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX).
Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.
La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement  entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943. La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Caractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

L-Canons d’assaut, canons automoteurs et canons portés

Préambule

Dans cette partie, nous allons aborder la question des canons montés sur véhicules qu’il s’agisse de véhicules destinés à l’appui-feu, de véhicules destinés à la lutte antichar ou encore de véhicules destinés à la lutte antiaérienne.

Cette catégorie particulièrement hétérogène n’existe quasiment pas quand éclate la guerre de Pologne, tout au plus est-elle dans les limbes. Elle connait un dévellopement formidable lié à la mécanisation de l’armée de terre qui passe de trois DLM et trois Dcr en 1940 à huit DLM et six DC en septembre 1948 sans oublier les deux DLC.

Les canons d’assaut sont mis au point pour assurer l’appui-feu rapproché des chars et des automitrailleuses de combat. La rivalité entre l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie entraine la création de deux véhicules différents armés du même canon en l’occurence un canon de 75 puissant.

La mise en service de chars et d’automitrailleuses de combat à canon de 75mm en tourelle (Renault G1 d’un côté et Somua S-45 de l’autre) aurait pu sonner le glas du Somua Sau40 et de l’ARL V-39 mais ces véhicules restent en service.

Le canon automoteur lui apparaît au milieu des années quarante suite à la volonté de l’arme des chars de l’infanterie de disposer de l’artillerie la plus mobile possible pour suivre les chars. Elle choisit donc un chassis chenillé sur lequel sera installé une pièce de 105mm.

Ce canon automoteur aurait très bien pu équiper les DLM mais pour une raison inexpliquable, les RADLM restèrent équipés de pièces tractées jusqu’au déclenchement du second conflit mondial.

La dernière catégorie, celle des canons portés concerne la lutte antichar et la lutte antiaérienne au sein des DC, des DLM mais également des DI. Utilisant soit un chassis à roue (Laffly W 15 ou camions tout-chemin) ou chenillé (Lorraine 39L ou Renault DAJ-1), ces canons portés disposent soit d’un canon de 47mm pour la lutte antichar ou de pièces de 25mm et de 37mm pour la lutte antiaérienne, la problématique de défense des colonnes trouvant enfin ici sa solution.

Somua Sau40

Les précurseurs

Près de quarante ans, c’est ce qu’il fallut à la France pour s’équiper d’un canon d’assaut, près de quarante années de projets, de réflexions, d’atermoiements et de rivalités entre services, de changement d’optiques, de concurrence entre projets………. .

Le 20ème siècle était naissant qu’un premier projet vit le jour, un projet étonament moderne pour l’époque, signé du capitaine Levavasseur, un canon de 75mm installé sur une caisse montée sur des roues à voussoirs (des chenilles pour simplifier). Ce projet destiné aux divisions de cavalerie ne vit pas le jour en raison de craintes sur sa fragilité technique.

Durant le premier conflit mondial, plusieurs matériels plus ou moins improvisés sont mis au point mais ce ne sont pas des canons d’assaut.

Bien qu’armés de canons de 75mm, ces véhicules qu’il s’agisse de l’autocanon 75 CA De Dion-Bouton modèle 1913, les tracteurs Jeffery avec un canon de 75mm porté pouvant tirer vers l’arrière ou encore du prototype du blockaus automobile De Dion-Bouton-Guye ne pouvant manoeuvrer en terrain bouleversé, restant scotchés aux routes. Le canon d’assaut est encore à créé……. .

Le premier conflit mondial se termine sans que la cavalerie dispose d’un véritable canon d’assaut adapté à ces besoins. Un projet chenille-roues, le canon de 75mm APX sur base Jeffery-Nash ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

A l’époque, le système mixte roues-chenilles était le seul système viable pour permettre de combiner une vitesse élevée sur route et une bonne maniabilité en tout terrain.

En 1923-24, le colonel Rimailho, directeur des usines Saint-Chamond imagine un canon de cavalerie automoteur de 75mm et envisage un véhicule avec un obusier de 105mm. Ce projet n’aboutira pas, laissant encore irrésolu la question du canon automoteur destiné à l’appui de la cavalerie.

Et justement que fait la cavalerie ? Eh bien elle aussi elle réfléchie à la question, estimant que la motorisation de l’artillerie des divisions de cavalerie n’était pas la priorité des artilleurs comme le déplora le général Flavigny, directeur de la cavalerie de 1932 à 1936.

Dès son arrivée à la tête de la cavalerie, le général Flavigny se préoccupe de l’appui-feu des AutoMitrailleuses de Cavalerie (AMC) en envisageant un canon de 75mm monté sur le chassis AMC.

En attendant leur mise au point, des simulacres d’auto-canon sont utilisés en l’occurence des semi-chenillés Citroën-Kergresse P17 armé d’un canon de 37mm tirant à blanc et simulant un 75mm grâce à un tuyau le recouvrant totalement.

Le 23 novembre 1934, le directeur des forges (Ministère de la Guerre) écrit à Louis Renault pour lui demander de mettre au point un autocanon de cavalerie à partir du chassis de l’automitrailleuse de combat ACG-1 alors en cours de livraison.

Ce projet baptisé ACG-2 voit le chassis de l’ACG-1 modifié avec un poste de conduite à gauche au lieu de droite pour libérer l’espace nécessaire pour un canon de 75mm ABS à pointage latéral fourni par l’Etablissement de Puteaux (APX)

Le prototype Renault ACG-2 est officiellement commandé le 23 août 1935 mais le prototype prêt en 1937 n’ira pas plus loin faute de canon disponible, canon qui équipera le prototype bien plus tardif du B1ter. Son abandon s’explique probablement en partie par les déboires mécaniques de l’ACG-1 dont l’autocanon était étroitement dérivé.

Au même moment, signalons la présence d’un projet d’initiave privé, un Laffly S 35T à six roues motrices disposant d’un canon de 75mm mais ce projet ne dépasse pas le stade de l’étude préliminaire.

La mise sur pied des deux premières DLM relance la question de l’appui-feu des ces divisions qui avançant beaucoup plus vite qu’une DI doivent pouvoir disposer d’une artillerie mobile, plus mobile que les pièces tractées.

C’est l’acte de naissance des groupes de canons d’assaut des DLM qui dépendent de l’artillerie et sont inclus dans le projet de réorganisation du système d’artillerie du général Carence (27 novembre 1935» qui estime que «l’appui des engins motorisés exige l’adoption de canons de 75 automoteurs».

Le 7 septembre 1936, le parlement vote la loi des quatorze milliards, la première pierre du réarmement, réarmement que certains ont pu croire entamé trop tard face à la montée en puissance de l’Allemagne hitlérienne. On prévoit alors cinq groupes de canons d’assaut (ou automoteurs), un par division à savoir trois DLM et deux DCr.

Du char d’infanterie au canon d’assaut

Comme nous l’avons vu plus haut, dans le processus de motorisation des Divisions d’Infanterie se pose la question de leur surêté. Un char de protection est nécessaire et l’infanterie émet un appel à projet après avoir évalué les qualités et les défauts du Somua S-35, ce jugement critiqué permettant à la société Somua de mettre au point le S-40, version améliorée du S-35.

Partant de son «char de cavalerie», la Société d’Usinage de Mécanique d’Artillerie proposa un char de 20 tonnes à l’infanterie y compris une version à armement dual avec un 75 en caisse et un 47 en tourelle.

Le projet de Somua n’alla pas au bout, la société renonçant à poursuivre dans la voix défrichée par Renault avec un 75mm en tourelle mais ce projet de char d’accompagnement d’infanterie posa les bases mécaniques du futur automoteur dont la genèse encore obscure (une partie des archives de la Somua ont disparu) reste à éclaircir.

Il semble que ce projet réunissant artilleurs et cavaliers ait vu le jour fin 1935-début 1936. Trois projets furent ainsi présentés, un projet armé d’un 75mm puissant qui n’est autre que l’adaptation du 75mm contre-avions modèle 1933 de la firme Schneider, un projet armé d’un 75mm APX et un troisième projet entouré de mystère.

Un prototype est commandé de manière informelle en décembre 1936 et officiellement commandé en juin 1937 et livré aux services officiels le 25 décembre 1937. Il reçoit ensuite son armement, un canon de 75mm APX qu’il va partager avec son concurrent l’ARL V-39 qui sera adopté par les Divisions Cuirassées.

Le 27 septembre 1939, la commission d’études du matériel automoteur se prononce pour l’adoption des deux matériels et le 15 octobre 1939, le président du conseil Daladier ordonne de commander de quoi équiper douze groupe à deux batteries de quatre pièces soit soixante-douze canons automoteurs.

La mise en production est prévue pour l’été 1940, les premiers véhicules devant sortir à l’automne pour équiper les DLM. A noter qu’un temps fût envisagé de remplacer le canon de 75mm par un canon de 47mm puissant avant d’y renoncer.

Unités équipées

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

La première commande de soixante-douze exemplaires est amendée en mai 1940 avec l’ajout de dix véhicules de commandement (avec canon factice) et de vingt véhicules destinés notamment à offrir un volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en mars 1942 pour quarante canons d’assaut destiné à créer une troisième batterie par groupe et douze autres véhicules destinés à constituer un parc de réserve, portant le nombre de véhicules commandés à 164 véhicules.

La création prochaine d’une 6ème DLM débloque la commande pour vingt-six véhicules (vingt-quatre canons automoteurs plus deux véhicule de commandement) plus cinq canons automoteurs de réserve.

Enfin la création prochaine des 7ème et 8ème DLM permet la commande de quarante-huit canons automoteurs et huit véhicules de commandement auxquels s’ajoutent seize véhicules de réserve portant le total des commandes à 267 véhicules.

Produit parallèlement au Somua S-40, les premiers Somua SAu 40 sortent des chaines de production en novembre 1940 à raison de six exemplaires par mois jusqu’en juin 1941 quand la décision de sous-traiter la fabrication à Citroën permet de passer à douze exemplaires par mois.

La 1ère DLM reçoit ses seize canons d’assaut accompagnés d’un véhicule de commandement entre décembre 1940 et mars 1941. La 2ème DLM est équipée entre avril et juin 1941, la 3ème DLM est équipée entre juillet et septembre 1941, la 4ème DLM entre octobre et décembre 1941 et enfin la 5ème DLM entre janvier et mars 1942 soit un total de 85 véhicules en ligne et 12 véhicules en réserve.

La mise en place d’une troisième batterie de quatre pièces voit la livraison des canons automoteurs à la 1ère DLM en septembre/octobre 1942, à la 2ème DLM en novembre/décembre 1942, à la 3ème DLM en janvier/février 1943, à la 4ème DLM en mars/avril 1943 et à la 5ème DLM en mai/juin 1943.

La 6ème DLM nouvellement créée reçoit ses vingt-quatre canons automoteurs de 75mm et ces deux véhicules de commandement entre août et octobre 1943.

La 7ème DLM reçoit ses vingt-cinq véhicules entre septembre et décembre 1947 suivie par la 8ème DLM entre janvier et mars 1948.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

La production n’est pas reprise, le rééquipement de ces groupes après les premiers engagements étant prévu avec des canons automoteurs de 105mm identiques à ceux des DC à ceci près que le chassis est celui du Somua S-45 au lieu du Renault R-40 (en attendant le Renault G1).

Cractéristiques Techniques du Somua Sau40

Poids en ordre de marche : 21600kg

Dimensions : longueur hors tout 5.90m largeur 2.51m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur Somua de 190ch associé à une boite à cinq vitesses avant et une vitesse arrière Réservoir de 475 litres de carburant

Performances : vitesse maximale 35 km/h sur route Autonomie sur route 280km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 75mm APX de 30 calibres en casemate alimenté à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 en tourelle

Equipage : 5 hommes

22-Armée de terre : armement et matériel (1)

22)° Armée de terre : l’armement et le matériel

Préambule

Dans cette partie, je vais donner un peu plus de chair à ma description de l’armée de terre en abordant non plus les structures et les unités mais l’armement et l’équipement de nos soldats qui en 1948 n’à rien à envier à son adversaire allemand. Mieux même, il le surpasse dans certains domaines comme les Fritz ne tarderont pas à s’en rendre  compte.

Je vais d’abord aborder l’armement de la «reine des batailles», l’infanterie sur laquelle porte l’effort principal de la bataille. Comme le dira un lieutenant anonyme excédé par les prétentions des unités de l’Arme Blindée-Cavalerie «C’est bien beau les chars mais après pour occuper le terrain ils auront besoin de nous !».

Sur le plan de l’armement, l’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm.

Du moins en métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Ce changement de calibre s’explique par l’inadaptation de la cartouche à bourellet pour le tir automatique, le lamentable Chauchat étant encore dans toutes les mémoires……. .

Le nouveau fusil standard de l'armée de terre, le MAS 36

Le nouveau fusil standard de l’armée de terre, le MAS 36

Qui dit changement de calibre dit nouvelles armes. Le MAS 36 de 7.5mm devient le fusil standard de l’infanterie française, étant également décliné en une version à crosse repliable pour l’infanterie de l’air, une version courte (équivalent d’un mousqueton utile pour la cavalerie et l’artillerie), en version tireur de précision.

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n'à rien à envier au Garand américain

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n’à rien à envier au Garand américain

On trouve également un fusil semi-automatique, le MAS-40 avec un chargeur à dix coups et le MAS 44 avec un chargeur à vingt-cinq coups, l’ancêtre du fusil d’assaut.

Ces deux armes furent d’abord réservées aux dragons portés des DLM et chasseurs portés des DC avant d’équiper les meilleures divisions d’infanterie recevant ultérieurement le MAS 40 qui aurait totalement remplacé le MAS 36 sans le déclenchement de la guerre qui comme partout à bouleversé bien des plannings.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm mais il est rapidement concurrencé par un calibre jugé meilleur en l’occurence le 9mm qui équipe pistolets et pistolets mitrailleurs. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et du 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et certains véhicules, le 9mm pour la mitrailleuse MAC 37 n’ayant pas été produite, l’arme étant restée à l’état de prototype.

Pour ce qui est des armes plus lourdes, on trouve des canons antichars de 25 et de 47mm. Si le premier canon est de moins en moins apte à détruire les chars allemands, il fait plus que bonne figure face aux chars italiens et même japonais.

Il y à bien entendu le canon antichar de 75mm TAZ modèle 1939 mais ce dernier appartient à l’artillerie tout comme un canon antichar de 90mm _adaptation du canon antiaérien modèle 1939_ connait une production limitée.

On trouve également des armes singulières comme plusieurs modèles de fusils antichars, des PIAT ainsi qu’un lance-fusée Brandt de 50mm et une série de grenades antichars Brandt qui allaient déboucher sur une toute autre arme une fois le conflit déclenché.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place au moins en Métropole à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française. Seule l’infanterie soviétique avec son mortier de 120mm modèle 1938 pour supporter la comparaison.

Après l’infanterie, nous nous intéresseront au cas de l’artillerie qui à connu entre 1940 et 1948 une modernisation spectaculaire.

Certes des pièces antiques sont encore présents (notamment dans les colonies et au sein des RAP/RAMF) mais l’artillerie de campagne aligne des pièces modernes de 75mm (le TAZ modèle 1939 plus ses cousins de l’artillerie légère et de montagne), de 105mm (obusiers modèle 1934S et modèle 1935B, canons de 105mm modèle 1936S et modèle 1941T) ou de 155mm (Schneider modèle 1946, GPF et GPFT). On trouve également des canons d’assaut et des canons automoteurs pour accompagner au plus près les chars.

Pour l’artillerie lourde, la situation est plus contrastée mais les canons de 194, 220 et 280mm restent malgré leur âge redoutable tout comme les pièces d’artillerie sur voie ferrée appelées à appuyer la Ligne Maginot en attendant de matraquer la ligne Siegfried.

Nous aborderons la question des uniformes. Si les chasseurs alpins et à pieds restent en bleu nuit, les autres unités adoptent au milieu des années trente le kaki moins voyant que le bleu horizon.

Quand à la silhouette du soldat, elle ressemble fortement à celle de son ainé de 14-18 jusqu’à l’arrivée du général Villeneuve à la tête de l’armée qui souhaite une armée jeune et sportive.

C’est ainsi que progressivement, l’équipement individuel du soldat va être allégé. Les dragons et les chasseurs portés sont ainsi en pointe dans ce domaine et par capillarité, les nouveaux équipements, de nouvelles «modes» vont irriguer l’armée de terre.

Une nouvelle tenue apparaît en 1947 mais est loin d’avoir remplacé la tenue modèle 1935. Cette nouvelle tenue garde le pantalon bouffant ou pantalon de golfe mais la veste est repensée et les bandes molletières sont remplacées par l’ensemble chaussures montantes (comparables à nos actuelles chaussures de randonnée) et guêtres en cuir. Un ceinturon d’un nouveau type et un sac mieux pensé complète le tout. Le béret remplace dans toutes les unités le calot comme coiffure standard.

En ce qui concerne les véhicules, l’évolution entre la guerre de Pologne et le début du second conflit mondial est spectaculaire.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des Corps de Cavalerie et des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

En septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé (canon de 37mm face à deux mitrailleuses de 7.92mm ou un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm).

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assurent quelques missions secondaires notamment la défense des aérodromes), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en février 1945 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concentrer sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM modèle 1940 P.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindés) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.

Nous enchaineront ensuite par l’ordre de bataille de l’armée de terre en septembre 1948 avec en métropole, trois groupes d’armées, un détachement sur les Pyrénées, deux CAC, trois Corps de Cavalerie et une DLM indépendante. Quand aux troupes déployées dans l’Empire, elles sont nettement plus nombreuses, mieux entrainées et mieux armées.

Enfin, la dernière partie sera consacrée aux plans de défense et d’attaque mis au point par le généralissime Villeneuve qui reprend à son compte la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par son prédécesseur tout en ayant mis au point des plans offensifs contre l’Allemagne avec une attaque par la Belgique, le Luxembourg, par le Rhin….. .

Une hypothèse suisse est envisagée tout comme des plans pour contre l’Italie par une attaque dans les Alpes voir par une opération amphibie en Sardaigne et en Sicile voir directement contre la Péninsule.

Les autres fronts ne sont pas oubliés. Face à l’Espagne, il est prévu une posture de défense ferme avec les bataillons de chasseurs pyrénéens chargés de tenir les cols appuyés par la 31ème DIAlp de Montpelier.
En cas d’agression espagnole, les troupes stationnées au Maroc ont pour mission d’occuper le Maroc espagnol. Sur le front Tunisien, il est prévu une défense ferme mais une conquête de l’ASI n’est pas exclue pour sécuriser le flanc sud du dispositif allié et servir de base opérationnelle pour une poussée dans les Balkans.

En Scandinavie et dans les Balkans, des interventions en soutien des gouvernements légitimes sont possibles et planifiées.

Quand à l’Asie du Sud-Est, c’est la défensive qui prévaut, une défense ferme pour rendre le plus indigeste possible une probable offensive japonaise en direction des colonies européennes du Sud-Est asiatique pour s’y emparer des ressources naturelles.

21-Armée de terre (73)

Les groupes de canons d’assaut

Une longue génèse

La stabilisation du front sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse fit entrer le premier conflit mondial dans la boue des tranchées. A l’horreur des charges suicidaires en pleine campagne succéda l’horreur de la boue, des poux, des charges meurtrières à travers les barbelés sans parler des gaz de combat.

Dès 1915, on chercha à percer ce front notamment du côté allié. Les couteuses offensives françaises en Artois, en Champagne et sur le Chemin des Dames, anglaises sur la Somme et allemandes à Verdun balayèrent les illusions des bélligérants sur la possibilité de rompre d’un seul coup le front.

Se posait ensuite la question de l’exploitation de la percée. La cavalerie espéra retrouvera un rôle majeur mais le terrain bouleversé des tranchées rendait illusoire l’exploitation. C’est alors qu’apparu le char d’assaut avec le succès que l’on sait.

Dès le début se pose la question de l’appui des chars par l’artillerie. Les pièces fixes installées loin à l’arrière vont vite être hors de portée. D’où l’idée de créer une artillerie mobile. Deux écoles s’affrontent : l’une préconise l’utilisation de tracteurs caterpillars pour remorquer les pièces en terrain difficile, l’autre d’utiliser des éléments mécaniques du Renault FT pour créer de véritables canons d’assaut.

Cette deuxième école connu une réalisation très partielle avec le Renault FT muni d’un canon de 75mm qui assurait l’appui aux sections de chars équipées de mitrailleuses et de canons de 37mm, les projets d’embarquer un canon de 75 ou de 105mm monté sur un chassis de Renault FT ne dépassa le stade du prototype.

Les essais sont arrêtés en 1924 mais l’idée ressurgit en 1932 sous la forme d’un char de protection destiné à appuyer le char D1, projet qui ne débouche sur aucune réalisation concrète car le char B1 à  échappé aux fourches caudines des conférences du désarmement.

Deux écoles vont s’opposer, celle de l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie, les besoins des deux armes ne se recoupant pas forcément, la cavalerie privilégiant comme toujours la vitesse alors que pour l’infanterie, la protection est une donnée nettement plus fondamentale.

Contrairement à une idée reçue, les années trente sont fertiles en recherches techniques et tactiques de toute sorte. Hélas les budgets ne suivent pas (tout comme l’industrialisation si elle avait eut lieu) et les projets inachevés s’accumulent comme l’autocanon de cavalerie Garnier-Renault ou l’autocanon Renault ACG-2.
Sous l’impulsion du général Weygand qui avait créé la Section Technique des Matériels Automobiles de Combat (STMAC),l’infanterie et la cavalerie s’influencent mutuellement, l’infanterie étudiant un temps l’adoption du Somua S-35, Somua proposa un dérivé de l’AMC pour le programme du char de 20 tonnes (qui allait aboutir ultérieurement au Renault G1), le projet de Somua donnant naissance au Sau40.

Le canon d'assaut ARL V-39

Le canon d’assaut ARL V-39

Il faut en fait attendre la fin des années trente pour qu’apparaisse donc le canon d’assaut à la française sous la forme du Somua Sau40 et de l’ARL V-39, ce dernier étant dérivé du BDR, un candidat au programme qui allait donné naissance au Renault G1, deux véhicules partageant la même bouche à feu en l’occurence le canon de 75mm APX de 30 calibres, le premier devant équiper les DLM, le second les Divisions Cuirassées.

Il est dans un premier temps prévu un groupe de canons d’assaut par DLM puis deux, les Divisions Cuirassés suivant le même parcours.

Suite à la réorganisation des divisions mécanisées de l’armée de terre, les deux groupes de canons d’assaut intègrent les brigades légères mécaniques et les brigades cuirassées, chaque brigade disposant de son groupe de canons d’assaut.

La mise en service des Renault G1 et des ARL-44 à canon de 75 et de 90mm aurait du avoir raison des canons d’assaut mais ces véhicules sont maintenus en service pour assurer l’appui rapproché des dragons portés.

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un Sau40 ou un ARL V-39 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces.

A ces treize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L, deux motos de liaison  Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 81 hommes

Les groupes de canons d’assaut prennent comme numéro celui de leurs brigades. Les DLM ayant la primauté de l’ancienneté, elles reçoivent les premiers numéros, les DC les suivant immédiatement.

Somua Sau 40

Somua Sau 40

-La 1ère DLM dispose ainsi des 1er et 2ème groupes de canons d’assaut

-La 2ème DLM dispose des 3ème et 4ème groupes de canons d’assaut

-La 3ème DLM dispose des 5ème et 6ème groupes de canons d’assaut

-La 4ème DLM dispose des 7ème et 8ème groupes de canons d’assaut

-La 5ème DLM dispose des 9ème et 10ème groupes de canons d’assaut

-La 6ème DLM dispose des 11ème et 12ème groupes de canons d’assaut

-La 7ème DLM dispose des 13ème 14ème groupes de canons d’assaut

-La 8ème DLM dispose des 15ème et 16ème groupes de canons d’assaut.

-La 1ère Division Cuirassée dispose des 17ème et 19ème groupes de canons d’assaut.

-La 2ème Division Cuirassée dispose des 18ème et 20ème groupes de canons d’assaut.
-La 3ème Division Cuirassée dispose des 21ème et 23ème groupes de canons d’assaut.

-La 4ème Division Cuirassée dispose des 22ème et 24ème groupes de canons d’assaut.

-La 5ème Division Cuirassée dispose des 25ème et 27ème groupes de canons d’assaut.

-La 6ème Division Cuirassée dispose des 26ème et 28ème groupes de canons d’assaut.

En septembre 1948, il existe donc vingt-six groupes de canons d’assaut alignant un total de 338 canons d’assaut (26 véhicules de commandement et 312 canons d’assaut stricto sensu) avec répartition égale entre le Somua Sau40 et l’ARL V-39.

21-Armée de terre (33)

1ère Division Cuirassée (1ère DC)

Organisation originelle

-Un état-major divisionnaire

-Une demi-brigade de chars lourds avec les 28ème et 37ème Bataillons de Chars de Combat équipés de B1bis

Hotchkiss H-39

Hotchkiss H-39

-Une demi-brigade de chars légers avec les 25ème et 26ème Bataillons de Chars de Combat équipé de Hotchkiss H-39

-Un bataillon de chasseurs portés, le 5ème bataillon de chasseurs portés

-Le 305ème régiment d’artillerie tractée tout terrains (deux groupes de 105C modèle 1935B)

-Une batterie antichar indépendante à canons de 47mm

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Une compagnie de sapeurs mineurs portés

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

Après réorganisation

-Un état-major divisionnaire de 315 hommes et 74 véhicules dont deux véhicules antiaériens Laffly V15 munis d’un bitube de 25mm

-Un régiment de découverte, le 7ème régiment cuirassiers.

A l’origine, il était baptisé le 1er régiment de découverte, recevant un nom plus historique en janvier 1943 avec la création de l’Arme Blindée-Cavalerie, succédant à un régiment créé en 1659 et dissous en 1919 après la fin du premier conflit mondial.

Le régiment de découverte est organisé de manière assez semblable à ceux des D.L.M :

-Un état-major et un peloton de commandement avec un groupe de commandement et un groupe chargé des transmissions

-Un escadron hors-rang avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, un char de commandement FCM-42, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94
véhicules.

-Deux groupes d’escadrons disposant chacun d’un état-major, un escadron de chars légers, un escadron de fusiliers motocyclistes et un escadron de chasseurs portés.

-L’Etat-major dispose d’un char de commandement type FCM-42, de quinze motos, de treize     VL et de six camionnettes soit un total de 35 véhicules

-L’escadron de chars légers dispose d’un peloton de commandement avec un char FCM-42 et     quatre pelotons de cinq chars légers, une voiture légère, trois motos, sept     camionnettes,deux     tracteurs de ravitaillement et une cuisine remorque soit un total de 65 hommes et 35     véhicules.

-L’escadron de fusiliers-motocyclistes avec un peloton de commandement (comprenant un mortier de 60mm) et quatre pelotons de fusiliers.

Chaque peloton de fusiliers motocyclistes dispose d’un groupe de commandement (six     hommes et trois motos side-cars) et deux groupes de commandement disposant chacun de     dix hommes, cinq motos side-cars et deux FM soit un total par peloton de 26 hommes, treize     motos side-cars et 4 FM.

Au total l’escadron dispose de 150 hommes (cinq officiers, dix-neuf sous-officiers et cent-vingt six hommes), 66 motos, deux véhicules légers, six camionnettes et une cuisine     remorque.

-L’escadron de chasseurs portés dispose d’un peloton de commandement, de trois pelotons
de chasseurs portés et d’un peloton de mitrailleuses et d’engins.

Le peloton de commandement dispose d’un char léger FCM-42, une camionnette TSF, une
camionnette de transport et un Laffly V15 antiaérien avec un bitube de 25mm soit quatre     véhicules et 13 hommes.

Le peloton de chasseurs portés dispose d’un Lorraine 39L de commandement, de trois     Lorraine 39L avec chacun un groupe de combat de dix hommes et de trois motos side-cars soit sept véhicules et de 40 hommes, vingt et un véhicules et 120 hommes pour trois     pelotons.

Le peloton de mitrailleuses et d’engins dispose d’un groupe de trois mitrailleuses de 7.5mm     transportés dans un Lorraine 39L et d’un groupe de trois mortiers de 120mm remorqués par des Lorraine 39L soit un total soit un total de quatre véhicules et de 25 hommes

L’escadron de chasseurs portés du régiment de découverte dispose de 29 véhicules et 158 hommes

Le régiment de découverte dispose de 1026 hommes et 372 véhicules de différents types

-1ère brigade cuirassée

-Un état-major de brigade : 65 hommes et 21 véhicules

-25ème Bataillons de Chars de Combat (25ème BCC)

Ce bataillon de chars de combat à été mis sur pied à partir du 509ème régiment de chars de combat (Maubeuge puis Meucon). Il est équipé de Hotchkiss H-39 (officiellement H-35 modifié 39). Il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement, l’état major se comprend de six hommes avec un H-39 pour le commandant du bataillon, la section de commandement disposant de 11 véhicules et de 41 hommes.

-Une compagnie d’échelon  avec une section de service (13 véhicules et 37 hommes), une section d’atelier et de réparations (27 véhicules et 89 hommes),  une section de remplacement avec trois H-39, 3 camionnettes et 8 hommes et une section logistique avec 17 véhicules et 35 hommes soit pour la compagnie d’échelon le total de 63 véhicules et 186 hommes.

-Trois compagnies de chars

-Un char H-39 pour le commandant de compagnie

-Une section de commandement avec 29 hommes et 7 véhicules

-Quatre sections de dix chars (plus une camionnette et une moto side-car) soit un total de 25 hommes et douze véhicules

-Une section d’échelon avec trois hommes pour le commandement, un groupe tout terrain avec treize hommes, un groupe sur roues avec 15 hommes, la section disposant de quatre véhicules.

Ce bataillon de char de combat est ultérieurement transformé sur Renault G1 ce qui augmente ses effectifs, le nouveau char disposant de quatre hommes d’équipage et non de deux.

-28ème Bataillon de Chars de Combat (28ème BCC)

Ce bataillon de chars de combat à été mis sur pied à partir du 512ème régiment de chars de combat de Chalons sur Marne. Comme tous les BCC lourds , il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement avec un char B1bis pour le commandant du bataillon, quatre véhicules de liaison, quatre camionnettes, un camion, trois véhicules radio et quatre motos soit 17 véhicules et 70 hommes

-Une compagnie d’échelon avec une section de service (13 véhicules et 37 hommes), une section d’atelier et de réparations (27 véhicules et 89 hommes),  une section de remplacement avec trois B1bis, 3 camionnettes et 25 hommes et une section logistique avec 17 véhicules et 35 hommes soit pour la compagnie d’échelon le total de 63 véhicules et 186 hommes.

-Trois compagnies de chars

Chaque compagnie dispose d’une section de commandement avec un B1Bis pour le commandant de compagnie, sept véhicules à roues et 35 hommes; trois sections de trois chars associés à une camionnette, un tracteur de ravitaillement, une moto, le tout servis par 26 hommes et une section de réserve avec 19 véhicules et 38 hommes.

Le 28ème BCC comme tous les autres BCC lourds dispose de 34 B1bis, de 181 véhicules de type divers et de 696 hommes (48 officiers, 89 sous officiers et 569 hommes du rang).

Le monstrueux ARL-44 à canon de 90mm, la future terreur des chars allemands

Le monstrueux ARL-44 à canon de 90mm, la future terreur des chars allemands

Ce bataillon de chars de combat équipé de B1bis est ultérieurement transformé sur le puissant ARL-44,  le plus puissant char d’Europe avec son canon de 90mm, le Tigre allemand n’ayant qu’un canon de 88mm.

-5ème bataillon de chasseurs portés (5ème BCP)

Ce bataillon à été créé en 1937 dans le seul but d’accompagner les chars et les protéger de l’infanterie ennemie. Il reprend les traditions du 5ème Bataillon de Chasseurs à Pieds créé en 1840, un bataillon qui participa à la conquête de l’Algérie, à la guerre de Crimée ainsi qu’à la désastreuse guerre franco-allemande de 1870.

Devenu ensuite alpin, il participe au premier conflit mondial puis à l’occupation de la Rhénanie jusqu’à sa dissolution en 1929. Il renait sous la forme d’un bataillon porté destiné à accompagner les chars des futures divisions cuirassées. Il est le pendant des dragons portés des D.L.M. .

Les bataillons de chasseurs portés sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et une section de commandement

-Une section hors rang chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

-Trois compagnies de chasseurs portés organisée chacune avec un état-major, une section de commandement et quatre sections de combat

-Une compagnie d’engins d’accompagnement  avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses, toutes équipées de mitrailleuses MAC 36 ou MAC 44 (officiellement MAC modèle 1936 modifiée 1944) de 7.5mm et une section d’engins avec deux canons de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

L’organisation du BCP évolue ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée au printemps 1945 ce qui permet sur le papier de fournir deux compagnies à chaque bataillon de chars de combat.
L’organisation interne n’évolue pas à la différence de l’équipement, les véhicules à roues sont rapidement remplacés par des véhicules chenillés type Lorraine 39L capables de «coller» aux chars qu’il s’agisse des B1bis/ter, des ARL-44, des Hotchkiss H-39 et des Renault G1.
17ème Groupe de canons d’assaut

Comme les Divisions Légères Mécaniques, les Divisions Cuirassées disposent de deux groupes de canons d’assaut qui dans le premier devaient dépendre directement de l’état-major divisionnaire mais qui après la réorganisation vont être déployés au sein des demi-brigades cuirassées pour leur fournir un appui rapproché.

Les D.L.M ayant récupéré les 16 premiers numéros pour leurs groupes de canons d’assaut (dès 1940, il était prévu jusqu’à 8 DLM même si on n’était pas certains que les budgets soient débloqués), les DCr pour leurs groupes de canons d’assaut récupèrent les numéros suivants allant de  17 à 28, la 1ère Dcr disposant du 17ème et du 19ème groupe de canons d’assaut.
C’est la même organisation que les D.L.M mais l’équipement est différent. Au Somua Sau40, l’arme des chars de l’infanterie à préféré l’ARL V-39, un véhicule plus rapide, à l’autonomie plus faible mais à la capacité de combat plus importante (200 obus au lieu de 100).

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un ARL V-39 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces (plus un véhicule de commandement).

A ces seize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L et deux motos de liaison.
Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 81 hommes

17ème escadron antichar porté

Comme pour les DLM, cet escadron est destiné à assurer un appui antichar aux chasseurs portés en l’absence des chars de combat occupés ailleurs. A la différence des D.L.M, les véhicules de cet escadron sont chenillés, des Lorraine 39L avec un canon de 47mm monté vers l’arrière.

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement (un Lorraine 39L accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes), trois pelotons de quatre Lorraine 39L avec un canon antichar de 47mm tirant vers l’arrière soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Lorraine 39L transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté disposant donc au total de 34 véhicules et de 126 hommes

-17ème escadron antiaérien porté

Cet escadron antiaérien porté est destiné à la protection de toute la brigade contre l’aviation d’assaut ennemie, offrant une ombrelle minimale en attendant l’intervention de la chasse pour balayer les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué ennemis.

Cet escadron dispose d’un peloton de commandement (un Lorraine 39L accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Lorraine 39L munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté dispose au total de 48 véhicules et 185 hommes

-17ème groupe de reconnaissance

Ce groupe de reconnaissance est rattaché à la B.L.M est destiné à l’éclairage de la brigade à la différence du régiment de découverte qui lui travaille pour la division, dans une dimensions nettement plus stratégique.

Chaque groupe de reconnaissance dispose d’un peloton de commandement (un char pour le commandant du groupe, deux motos et une camionnette soit quatre véhicules et sept hommes) et trois pelotons de quatre chars légers FCM-42 (un canon de 47mm, une mitrailleuse de 7.5mm coaxiale, un pilote à l’avant, tourelle biplace avec le tireur et le chef de char) soit un total de dix-sept véhicules et de quarante-trois hommes.
-3ème brigade cuirassée

-Un état-major de brigade

-26ème bataillon de chars de combat (26ème BCC) équipé de 45 Hotchkiss H-39

-37ème bataillon de chars de combat (37ème BCC) équipé de 34 B1bis

-3ème bataillon de chasseurs portés (3ème BCP) équipé de VBCP (Véhicules Blindés de Chasseurs Portés) Lorraine 39L

-19ème groupe de canons d’assaut équipés d’ARL V-39

-19ème escadron antichar porté équipé de Lorraine 39L à canon de 47mm

-19ème escadron antiaérien porté équipé de Lorraine 39L avec bitubes de 25mm

-19ème groupe de reconnaisance équipé notamment de chars légers FCM-42

-305ème régiment d’artillerie tractée tout terrain (puis régiment d’artillerie autoportée RAAP)

Ce régiment est à l’origine équipé de pièces tractées en l’occurence des obusiers de 105C modèle 1935B. Après avoir reçut au printemps 1941, des canons de 75mm TAZ modèle 1939 en complément des obusiers (notamment pour renforcer sa capacité antichar), décision est prise de le transformer en régiment d’artillerie autoportée, le 305ème RATTT en mars 1944, les canons de 75 et de 105mm étant remplacés par des canons de 105mm automoteurs.

Ce régiment est organisé en un état-major, une batterie hors-rang, trois groupes de quatre batteries de quatre pièces automotrices.
-Etat-major et une batterie hors-rang avec 140 hommes et 32 véhicules

-Trois groupes de tir avec un état-major, quatre batteries de tir et une colonne de ravitaillement.

-Etat-major avec 95 hommes et 31 véhicules de différents types

-Quatre batteries de quatre pièces automotrices

Chaque batterie dispose donc de quatre automoteurs de 105mm, combinant le chassis du Renault R-40 avec une superstructure supportant un obusier de 105C modèle 1935B, ses munitions et les servants, automoteur connu sous le nom de R 40 Au 105 B.

Cet automoteur à triomphé de deux projets concurrents utilisant le même obusier, un projet Lorraine et un projet Somua, le premier montant l’obusier sur le chassis Lorraine modèle 1939 et le second sur le chassis du Somua S-35.

Les automoteurs sont accompagnés par tout un environnement avec un Lorraine 39L pour le commandant de la batterie, deux Lorraine 39L d’observation d’artillerie, deux Lorraine 37L ravitailleur d’artillerie, un tracteur de dépannage.

-Une colonne de ravitaillement avec 139 hommes et 50 véhicules de type divers dont une vingtaine de camions.

-En temps de guerre, il est prévu qu’un détachement de DCA soit affecté au régiment pour assurer sa protection notamment lors des déplacements sur route et sur terrain libre.

-Un bataillon du génie à quatre compagnie

Ce bataillon du génie est numéroté au sein des DCr de 9 à 14 avec quatre compagnies, trois compagnies de sapeurs mineurs et une compagnie d’équipage de pont.

Chaque compagnie de sapeurs mineurs dispose d’une section motocycliste (37 hommes et 36 motos dont trois à side-cars), une section portée sur camionnette (64 hommes, 3 motos et 6 camionnettes) et une section portée tout terrain (44 hommes et 9 véhicules dont 3 motos) soit un total de 193 hommes et 85 véhicules par compagnie soit pour trois compagnies un total de 579 hommes et 255 véhicules.

La compagnie d’équipage de pont dispose de 134 hommes et de 78 véhicules dont 32 remorques de pont.

-Deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BC (ici donc le numéro 1) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BC (ici donc le numéro 3) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

La compagnie automobile de quartier général prend le numéro de la division augmenté de 310 ce qui donne les 311ème 312ème 313ème 314ème 315ème et 316ème  automobiles de quartier général (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Elles disposent toutes d’une section de commandement et de quatre détachements (QG, intendance, santé et circulation routière) qui totalisent 444 hommes et 262 véhicules. Cette compagnie fournit les véhicules nécessaires à l’état-major de la division

La compagnie automobile de transport prend le numéro de la division augmenté de 410 ce qui donne les 411ème 412ème 413ème 414ème 415ème et 416ème compagnies automobiles de transport (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).
Cette compagnie est organisée en une section de commandement, services généraux et atelier, une section sanitaire automobile, une section de ravitaillement en munitions d’infanterie et une section de camions de 5 tonnes soit un total de 211 hommes et 98 véhicules divers dont sept motos.

-Un groupe d’exploitation divisionnaire qui dispose de 68 hommes et de 6 véhicules

-Un Escadron de réparation divisionnaire (numérotés 19 à 24, le 19ème pour la 1ère DC et le 24ème pour la 6ème DC ) rattaché à l’un de deux régiments de chars mais opérant pour toute la division.

Il est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de dépannage, deux pelotons de réparation et un groupe de volant (blindés de remplacement). Ses effectifs sont de 305 hommes et de 116 véhicules plus deux chars de remplacement pour chaque escadron.

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

Chaque D.C dispose d’un bataillon sanitaire, la 1ère DC disposant du 45ème bataillon et la 6ème DC du 50ème bataillon.

Ce passage au statut bataillon s’explique par la réorganisation en deux BC de taille équivalente, les moyens augmentent mais sont loin d’être doublés comme ce fût initialement prévu.

Le bataillon sanitaire divisionnaire dispose avant mobilisation de 190 hommes et 25 véhicules sanitaires de différentes types.

21-Armée de terre (30)

6ème Division Légère Mécanique (6ème D.L.M.)

Le 7 mars 1943, la 6ème Division Légère Mécanique est officiellement mise sur pied à Orange (Vaucluse) avec du personnel fournit par les cinq D.L.M existantes, essentiellement des cadres, la majorité des sous-officiers et des hommes du rang étant de jeunes engagés et des appelés.

Cette division doit être mise à la disposition en temps de guerre à l’armée des Alpes pour lui fournir une unité à base de chars. Sa mission peut être défensive notamment en cas d’attaque amphibie italienne (pour tourner les puissants ouvrages de la ligne Maginot alpine) mais également offensive.

La création de cette division est l’occasion d’expérimenter pour ce type de division une nouvelle organisation. En effet, les nombreuses manoeuvres et exercices menés par les D.L.M au format originel ont montré un certain nombre de failles à corriger pour que les D.L.M tirent la quitescence de leur force :

-transmissions trop légères

-absence d’une puissante DCA

-lacune en matière antichar

-infanterie trop peu nombreuse.

L’organisation adoptée pour cette 6ème Division Légère Mécanique (6ème D.L.M) qui tire la leçon de ces organisation est la suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte à deux escadrons d’automitrailleuses puissantes, deux escadrons motocyclistes et un escadron antichar porté.

-Deux brigades de combat (brigades légères mécaniques) à deux régiments, un régiment de chars et un régiment de dragons portés auxquels sont associés un groupe de canons d’assaut, un escadron antichar porté, un escadron antiaérien porté et un groupe de reconnaissance.

-Un régiment d’artillerie tractée appelé Régiment d’Artillerie de Division Légère Mécanique (RADLM)

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Ce modèle expérimenté avec succès aux manoeuvres de septembre 1943 est généralisé aux cinq premières D.L.M et va servir de modèle aux deux dernières D.L.M créées avant guerre, les 7ème et 8ème D.L.M. .

Etat-major divisionnaire :

Par rapport aux cinq premières D.L.M, l’état-major, le quartier général divisionnaire dispose de la même organisation mais les moyens sont augmentés pour faire face à l’ajout d’un deuxième régiment de dragons portés, de deux groupes de canons d’assaut et de deux groupes de reconnaissance. L’état-major passe à 305 hommes et 72 véhicules dont deux véhicules antiaériens (bitube de 25mm)

Régiment de découverte : 2ème régiment de cuirassiers

Le 2ème régiment de cuirassiers avait été dissous le 15 août 1919. Il est recréé le 8 mars 1943 pour servir de régiment de découverte à la division avec des motocyclistes et des automitrailleuses puissantes (AMP) Panhard AM modèle 40P. Il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement avec un groupe de commandement et un groupe chargé de transmissions

-Un escadron hors-rang avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, une AMP TSF, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94 véhicules.

-Deux groupes d’escadrons disposant chacun d’un état-major, un escadron d’automitrailleuses puissantes et un escadron de fusiliers motocyclistes.

-L’Etat-major dispose d’un AMP TSF, de quinze motos, de treize VL et de six camionettes     soit un total de 35 véhicules

-L’escadron d’automitrailleuses puissantes dispose d’un peloton de commandement avec une
AMP et quatre pelotons de cinq AMP, de deux AMP-S, une voiture légère, trois motos, sept     camionnettes, deux tracteurs de ravitaillement et une cuisine remorque soit un total de 55     véhicules et de 175 hommes (cinq officiers, trente-six officiers et 134 hommes)

-L’escadron de fusiliers-motocyclistes avec un peloton de commandement (comprennant un
mortier de 60mm) et quatre pelotons de fusiliers.

Chaque peloton de fusiliers motocyclistes dispose d’un groupe de commandement (six     hommes et trois motos side-cars) et deux groupes de commandement disposant chacun de     dix hommes, cinq motos side-cars et deux FM soit un total par peloton de 26 hommes, treize     motos side-cars et 4 FM.

Au total l’escadron dispose de 150 hommes (cinq officiers, dix-neuf sous-officiers et cent-    vingt six hommes), 66 motos, deux véhicules légers, six camionettes et une cuisine     remorque.

Au total, le régiment de découverte dispose de 930 hommes et 354 véhicules

-11ème brigade légère mécanique : 4ème régiment de dragons et 9ème régiment de dragons portés

-un régiment d’automitrailleuses/chars de combat : le 4ème régiment de dragons

-Un état-major et un peloton de commandement avec un char Somua S-40 à tourelle FCM et quatoze véhicules soit un total de 70 hommes

-Un escadron hors rang organisé comme celui du régiment de découverte    avec un 1er peloton (commandement et services de l’escadron), un 2ème peloton chargé des approvisionements et des services du corps, un 3ème peloton chargé du soutien sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton composé de pionniers et d’ouvriers de ponts.

L’EM, le peloton de commandement et l’EHR dispose au total de 280 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, 18 véhicules légers, un char Somua S-40, 42 camions (dont un camion-atelier, un camion magasin, un camion machines-outils et deux camionettes sanitaires) trois tracteurs de dépannage, deux remorques porte-chars et deux cuisines-remorques soit un total de 94 véhicules.

-Deux groupes d’escadron de chars avec un état-major comprenant un char Somua S-40 et deux escadrons de chars.

Chaque escadron de chars dispose d’un peloton de commandement avec un Somua S-40 pour le capitaine commandant de l’escadron et de quatre pelotons de cinq chars Somua S-40.

Au total chaque escadron de chars dispose de 136 hommes et de 57 véhicules soit pour l’ensemble du régiment de chars, un total de 805 hommes et de 259 véhicules dont 85 chars Somua S-40

-Un régiment de dragons portés, le 9ème régiment de dragons portés (9ème RDP)

-Un état-major, un peloton de commandement et un escadron hors-rang (ce dernier identique au régiment de découverte). Ces trois entités regroupe au total de 337 hommes et 122 véhicules

-Deux bataillons de dragons portés (un troisième est activé à la mobilisation) dont l’organisation comme le matériel n’évolue pas par rapport aux D.L.M précédentes, la monture des dragons portés restant le Laffly S20T.

Chaque bataillon dispose donc d’un état-major et d’un peloton de commandement, d’un escadron d’AMR, d’un escadron de fusiliers motocyclistes et de deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés.

L’état-major et le peloton de commandement dispose des mêmes moyens qu’une D.L.M ancienne version

L’escadron d’AMR en revanche connait une spectaculaire augmentation de sa puissance puisque les AMR-33 sont remplacés par de véritables chars légers à canon de 47mm, l’AMX-42.

Leur nombre n’évolue pas mais leur puissance est sans commune mesure par rapport aux AMR-33 et 35 armées d’une mitrailleuse de 7.5mm, d’une mitrailleuse de 13.2mm voir pour quelques unes d’un canon antichar de 25mm.

L’escadron de fusiliers motocyclistes organisé comme celui du régiment de découverte et ne connait aucun changement par rapport à son homologue ancienne version.

Les deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés sont organisés en un peloton de commandement (qui dispose d’un mortier de 60mm), de trois pelotons de combat avec une VDP de commandement et trois VDP transportant chacune un groupe de combat soit 10 hommes et deux fusils mitrailleurs et d’un peloton de mitrailleuses (deux groupes de deux plus une pour le tir antiaérien)

L’escadron de mitrailleuses et d’engins (EME) dispose d’un peloton de commandement, de deux pelotons de mitrailleuses (identiques à ceux des escadrons de FV), d’un peloton de mortiers de 120mm à deux groupes de deux mortiers et de deux groupes de canons antichars de 47mm (quatre pièces).

Si l’armement évolue, les effectifs restent identiques tout comme les dotations en véhicules soit un total de 3088 hommes et 957 véhicules dont soixante-trois automitrailleuses de reconnaissance

-11ème groupe de canons d’assaut

Dès l’origine, il était prévu dans les D.L.M deux groupes de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, un véhicule issu du S-35 mais équipé en casemate d’un puissant canon de 75mm.

A l’origine, ces deux groupes dépendaient directement de la division, complétant le régiment d’artillerie tractée. La répartition des rôles était claire : l’appui général au RADLM et l’appui rapproché des chars aux canons d’assaut.

Quand la mise sur pied de la 6ème D.L.M à été décidée ainsi qu’une nouvelle organisation interne, décision à été prise d’intégrer les groupes de canons d’assaut aux B.L.M pour permettre aux chars de disposer d’un puissant appui-feu immédiatement disponible.

Le groupe de canons d’assaut prend le numéro de sa BLM, la 6ème DLM dispose donc des 11ème et 12ème groupes équipés de Somua Sau40.

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un Sau40 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces.

A ces treize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L,  Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 85 hommes

-11ème escadron antichar porté

Cet escadron antichar est destiné non pas à appuyer les chars mais à fournir une défense anti-blindée aux dragons portés en l’absence des Somua S-40. Montés sur véhicules à roues, ces canons de 47mm seraient également chargés de mener des combats retardateurs pour permettre le repli de l’ensemble du dispositif.

L’escadron antichar porté est organisé en un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné par deux motos de liaison soit trois véhicules et 9 hommes, trois pelotons de quatre Laffly W15 TCC avec un canon antichar de 47mm tirant en chasse soit douze véhicules et quarante-huit hommes, chaque peloton disposant de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et d’un camion (deux hommes) et un peloton de fusiliers voltigeurs avec trois Laffly S20T transportant chacun un groupe de combat (trente-six hommes)

L’escadron antichar porté disposant donc au total de 33 véhicules et de 126 hommes

-11ème escadron antiaérien porté

Cet escadron antiaérien porté est destiné à la protection de toute la brigade contre l’aviation d’assaut ennemie, offrant une ombrelle minimale en attendant l’intervention de la chasse pour balayer les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué ennemis.

Cet escadron dispose d’un peloton de commandement (un Laffly W15 PC accompagné de deux motos de liaison soit trois véhicules et 7 hommes) et de quatre pelotons de six Laffly W15 munis d’un bitube de 25mm Hotchkiss sur plate-forme arrière soit vingt-quatre véhicules et cent-vingt hommes, chaque peloton disposant également de deux ravitailleurs (quatre hommes), de deux motos de liaison (deux hommes) et un camion (deux hommes)

L’escadron antiaérien porté dispose au total de 48 véhicules et 185 hommes

-11ème groupe de reconnaissance

Ce groupe de reconnaissance est rattaché à la B.L.M est destiné à l’éclairage de la brigade dont il porte le numéro à la différence du régiment de découverte qui lui travaille pour la division, dans une dimensions nettement plus stratégique.

Après avoir envisagé d’armer cette unité avec ces véhicules à roues, l’Arme Blindée-Cavalerie décida de l’équiper de chars légers qui en plus de leur chassis chenillé pouvait renforcer la capacité de combat du régiment de char de la brigade légère mécanique.

Chaque groupe de reconnaissance dispose d’un peloton de commandement (un char pour le commandant du groupe, deux motos et une camionette soit quatre véhicules et sept hommes) et trois pelotons de quatre chars légers AMX-42 (un canon de 47mm, une mitrailleuse de 7.5mm coaxiale, un pilote à l’avant, tourelle biplace avec le tireur et le chef de char) soit un total de dix-sept véhicules et de quarante-trois hommes.

La 11ème BLM dispose en configuration mobilisation (c’est à dire un RDP à trois bataillons) de 4402 hommes et 1361 véhicules

-12ème brigade légère mécanique

-Un état-major de brigade

-Un régiment de chars, le 11ème régiment de chasseurs (à cheval)

-Un régiment de dragons portés, le 10ème régiment de dragons portés

-Le 12ème groupe d’assaut

-Le 12ème escadron antichar porté

-Le 12ème escadron antiaérien porté

-Le 12ème groupe de reconnaissance lui aussi équipé d’AMX-42

-Un régiment d’artillerie : le 70ème régiment d’artillerie de division légère mécanique

A première vue, le maintien d’un régiment tracté dans une division mécanique peut paraître incongru mais il répond à des missions différentes. En effet, ce régiment doit appuyer les dragons portés et effectuer des tirs de barrage et des tirs d’interdiction à la fois pour ouvrir une brèche au profit des chars mais également en phase défensive.

L’organisation ne change pas par rapport à un RADLM «ancienne version» mais une partie de l’équipement évolue, les vénérables canons de 75mm modèle 1897 cédant la place à des canons de 75mm TAZ (Tous Azimuts) modèle 1939, utilisable à la fois pour le tir sol-sol que pour la lutte antichar.

Le régiment d’artillerie de division légère mécanique est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une batterie hors-rang totalisant 131 hommes et 31 véhicules

-Deux groupes de 75mm avec un état-major, trois batteries de tir et une colonne de ravitaillement

L’état-major de chaque groupe dispose de 90 hommes et de 29 hommes, chaque batterie de tir dispose de quatre canons de 75mm, 30 véhicules et 103 hommes et la colonne de ravitaillement dispose de 139 hommes et de 36 véhicules.

Chaque groupe de 75mm dispose donc de 538 hommes, 12 canons de 75mm et 155 véhicules de type divers soit pour deux groupes un total de 1076 hommes, 24 canons de 75mm et 310 véhicules.

-Un groupe de canons de 105mm avec un état-major, trois batteries de quatre obusiers de 105C modèle 1935B et une colonne de ravitaillement. Effectifs identiques au groupe de 75mm.

Au total, le régiment d’artillerie dispose de 1746 hommes, 36 canons (24 de 75mm et de 12 de 105mm) et 528 véhicules.

-Un bataillon du génie

Ce bataillon du génie qui prend le numéro de leur division soit du 1er au 8ème bataillons du génie avec quatre compagnies, trois compagnies de sapeurs mineurs et une compagnie d’équipage de pont.

Chaque compagnie de sapeurs mineurs dispose d’une section motocycliste (37 hommes et 36 motos dont trois à side-cars), une section portée sur camionette (64 hommes, 3 motos et 6 camionettes) et une section portée tout terrain (44 hommes et 9 véhicules dont 3 motos) soit un total de 193 hommes et 85 véhicules par compagnie soit pour trois compagnies un total de 579 hommes et 255 véhicules.

La compagnie d’équipage de pont dispose de 134 hommes et de 78 véhicules dont 32 remorques de pont.

-deux compagnies de transmission

La compagnie télégraphique prend le numéro de la première BLM (ici donc le numéro 11) et dispose de 228 hommes et 63 véhicules

La compagnie radio prend le numéro de la deuxième BLM (ici donc le numéro 12) et dispose de 241 hommes, 60 véhicules et 39 postes radios
-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

La compagnie automobile de quartier général prend le numéro de la division augmenté de 300 ce qui donne les 301ème 302ème 303ème 304ème 305ème 306ème 307ème et 308ème compagnies automobiles de quartier général (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Elles disposent toutes d’une section de commandement et de quatre détachements (QG, intendance, santé et circulation routière) qui totalisent 444 hommes et 262 véhicules. Cette compagnie fournit les véhicules nécessaires à l’état-major de la division

La compagnie automobile de transport prend le numéro de la division augmenté de 400 ce qui donne les 401ème 402ème 403ème 404ème 405ème 406ème 407ème et 408ème compagnies automobiles de transport (les autres divisions _DC, DI,DINA……._ suivant ensuite).

Cette compagnie est organisée en une section de commandement, services généraux et atelier, une section sanitaire automobile, une section de ravitaillement en munitions d’infanterie et une section de camions de 5 tonnes soit un total de 211 hommes et 98 véhicules divers dont sept motos.

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

Chaque D.L.M disposait à l’origine d’un groupe sanitaire divisionnaire numérotés 37 à 41. Ces groupes deviennent bataillons qui gardent leurs numéros, la 6ème D.L.M héritant du 42ème bataillon sanitaire divisionnaire, la 7ème D.L.M héritant du 43ème bataillon et la 8ème D.L.M du 44ème bataillon.

Ce passage au statut bataillon s’explique par la réorganisation en deux BLM de taille équivalente, les moyens augmentent mais sont loin d’être doublés comme ce fût initialement prévu.

Le bataillon sanitaire divisionnaire dispose avant mobilisation de 190 hommes et 25 véhicules sanitaires de différentes types

-Un groupe d’exploitation divisionnaire qui dispose de 68 hommes et de 6 véhicules

-Un Escadron de réparation divisionnaire (numérotés 11 à 18, le 11ème pour la 1ère D.L.M et le 18ème pour la 8ème DLM ) rattaché à l’un de deux régiments de chars mais opérant pour toute la division.

Il est organisé en un peloton de commandement, trois pelotons de dépannage, deux pelotons de réparation et un groupe de volant (blindés de remplacement). Ses effectifs sont de 305 hommes et de 116 véhicules plus deux chars de remplacement pour chaque escadron (quatre AMP, 16 Somua S-35/40/45 et 6 AMX-42/AMX-44/FCM-42).

21-Armée de terre (28)

2ème Division Légère Mécanique (2ème DLM)

-Un état-major de division

-3ème brigade légère mécanique avec un état-major et deux régiments de chars : le 13ème régiment de dragons et le 29ème régiment de dragons qui sont équipés de Somua S-35 et de Hotchkiss H-35

-4ème brigade légère mécanique avec un état-major, un régiment de découverte, le 8ème régiment de cuirassiers équipés d’automitrailleuses de découverte Panhard 178 et de motocyclistes et le 1er régiment de dragons portés.

Panhard AMD-178 affectueusement surnomée "Pan Pan" à cause du bruit de son moteur deux temps

Panhard AMD-178 affectueusement surnommée « Pan Pan » à cause du bruit de son moteur deux temps

-Un régiment d’artillerie tractée tout terrain, le 71ème régiment d’artillerie de division légère mécanique (71ème RADLM)

-20ème batterie antichar divisionnaire

-1021/405ème batterie antiaérienne

-21ème escadron antichar divisionnaire

-12ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 29ème régiment de dragons

-Trois compagnies de sapeurs mineurs portés, les 1er, 2ème et 3ème compagnies du 38ème bataillon du génie. Une 4ème compagnie assure le franchissement des coupures humides.

-Une compagnie télégraphique, une compagnie radio et un détachement colombophile

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

Suite à la réorganisation entamée en mars 1944, la 2ème Division Légère Mécanique adopte l’organisation suivante :

-Un état-major de division

-Le 8ème régiment de cuirassiers est le régiment de découverte de la division

-3ème brigade légère mécanique avec le 13ème régiment de dragons entièrement rééquipé de Somua S-35/S-40 et le 1er régiment de dragons portés qui dispose de Laffly S20T, le 3ème groupe de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, le 3ème escadron antichar porté équipé de Laffly W 15 TCC, le 3ème escadron antiaérien porté équipé de Laffly W 15 munis d’un affût double de 25mm et le 3ème groupe de reconnaissance équipés d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre AMX-42.

-4ème brigade légère mécanique avec le 29ème régiment de dragons entièrement rééquipé de Somua S-35/S-40, le 6ème régiment de dragons portés _créé à partir du 1er RDP_, le 4ème groupe de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, le 4ème escadron antichar porté équipé de Laffly W15 TCC, le 4ème escadron antiaérien porté équipé de Laffly W 15 munis d’un affût double de 25mm et le 4ème groupe de reconnaissance équipés d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre AMX-42.

-Un régiment d’artillerie tractée tout terrain, le 71ème régiment d’artillerie de division légère mécanique (71ème RADLM) rééquipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et des obusiers de 105C modèle 1935B

-12ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 29ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Au niveau de l’équipement, les 13ème et 29ème régiments de dragons troquent leurs S-35/S-40 contre des S-45 et ce entre janvier et juin 1946.

3ème Division Légère Mécanique (3ème D.L.M.)

La 3ème D.L.M est la transformation de la 1ère Division de Cavalerie, une division mixte devenue une division entièrement motomécanique. Elle est organisée à l’origine de la façon suivante :

-Un état-major de division

-5ème brigade légère mécanique avec un régiment de découverte le 1er régiment de hussards et un régiment de dragons portés, le 5ème régiment de dragons portés issu de la transformation du 5ème BDP.

-6ème brigade légère mécanique avec deux régiments de chars les 1er et 8ème régiments de chasseurs (à cheval)

-Le 75ème régiment d’artillerie de division légère mécanique (75ème RADLM)

-Le 19ème régiment de dragons et le 1er groupe d’automitrailleuses sont dissous

-30ème batterie antichar divisionnaire

-1022/405ème batterie antiaérienne

-31ème escadron antichar divisionnaire

-13ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 1er régiment de chasseurs (à cheval)

-Trois compagnies de sapeurs mineurs portés, les 1er, 2ème et 3ème compagnies du 39ème bataillon du génie. Une 4ème compagnie assure le franchissement des coupures humides.

-Une compagnie télégraphique, une compagnie radio et un détachement colombophile

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

La 3ème Division Légère Mécanique (3ème D.L.M.) est réorganisée entre septembre 1944 et janvier 1945 selon le même modèle que celui de la 6ème D.L.M. Suite à la réorganisation, elle est donc organisée de la façon suivante :

-Un état-major de divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 1er régiment de hussards

-5ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, le 1er régiment de chasseurs à cheval équipé de Somua S-40, le 5ème régiment de dragons portés, le 5ème groupe de canons d’assaut équipés de Somua Sau40, le 5ème escadron antichar porté, le 5ème escadron antiaérien porté et le 5ème groupe de reconnaissance équipés d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.

-6ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, le 8ème régiment de chasseurs à cheval, le 19ème régiment de dragons portés (qui reprend les traditions du 19ème régiment de dragons),  le 6ème groupe de canons d’assaut, le 6ème escadron antichar, le 6ème escadron antiaérien porté  et le 6ème groupe de reconnaissance.

-Le 75ème régiment d’artillerie dispose de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B

-13ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 29ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Au niveau de l’équipement, les deux régiments de chars de la division sont transformés sur Somua S-45 entre juillet 1946 et février 1947.

21-Armée de terre (27)

1ère Division Légère Mécanique (1ère D.L.M)

Quartier Général de la division

L’état-major de division dispose de 45 officiers, 32 sous-officiers et 20 hommes auxquels s’ajoute les 11 officiers, les 12 sous-officiers et les 145 hommes de la compagnie de quartier général qui met à la disposition du QG 63 véhicules.

Un Régiment de découverte : le 6ème régiment de cuirassiers

-Un état-major et un peloton de commandement (un groupe de commandement et un groupe de transmissions)

-Un escadron hors-rang avec le 1er peloton chargé du commandement et des services, le 2ème peloton chargé de l’approvisionnement et des services du corps, un 3ème peloton qui est le peloton sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton (pionniers et matériel de franchissement).

L’EHR dispose de 12 officiers, de 29 sous-officiers, 228 hommes, 24 motos solos, 2 motos side-cars, dix-huit véhicules légers, une AMD puis AMP TSF, 42 camions, 2 tracteurs de dépannage, une remorque porte-char et deux cuisines remorques.

-Deux groupes d’escadron composés chacun d’un état-major, d’un escadron d’automitrailleuses et d’un escadron motocycliste

L’état-major dispose de 35 véhicules alors que chaque escadron dispose d’un peloton de commandement (un véhicule PC), quatre pelotons à cinq voitures blindées, un véhicule léger et trois motos de liaison soit un total de 153 hommes, 21 AMD, 24 motos, 6 véhicules, 7 camions, un tracteur de ravitaillement et une cuisine-remorque.
L’escadron de fusiliers motocycliste dispose d’un peloton de commandement et de quatre pelotons de fusiliers.

Le peloton de fusiliers motocyclistes aligne un groupe de commandement (6 hommes dans trois motos side-car) et deux groupes de combat (10 hommes, deux motos side-car et deux fusils-mitrailleurs) soit un total de 26 hommes, treize motos side-car et quatre fusiliers-mitrailleurs.

Au total l’escadron de fusiliers motocyclistes dispose de 150 hommes et 75 véhicules

Au final, le 6ème cuirassiers dispose de 919 hommes, 45 AMD, 224 motos, 36 véhicules légers, 70 camions, deux tracteurs de ravitaillement, deux tracteurs de dépannage, une remorque porte-char et six cuisines remorques.

Suite à la réorganisation de janvier 1944, la structure du 6ème Cui ne change pas mais son équipement évolue, le changement le plus notable étant le remplacement des «Pan Pan» par des Panhard AM modèle 1940P nettement plus puissante, la 1ère DLM et donc le 6ème Cui étant rééquipé à partir de septembre 1942, les GRDI ayant été servis en priorité.

L’escadron d’automitrailleuses dispose toujours de pelotons de cinq AMP mais à cela s’ajoute des AMP-S ou Support, le peloton disposant désormais de cinq automitrailleuses à canon de 47mm et deux automitrailleuses équipés d’un canon de 75mm court inspiré de l’obusier de montagne modèle 1942.

Cette augmentation des moyens matériels et des effectifs des pelotons entraine donc une augmentation plus générale des effectifs et des moyens du régiment selon le schéma suivant :

-Un état-major et un peloton de commandement (un groupe de commandement et un groupe de transmissions)

-Un escadron hors-rang avec le 1er peloton chargé du commandement et des services, le 2ème peloton chargé de l’approvisionnement et des services du corps, un 3ème peloton qui est le peloton sanitaire, un 4ème peloton chargé des réparations et un 5ème peloton (pionniers et matériel de franchissement).

L’EHR dispose de 14 officiers, de 31 sous-officiers, 232 hommes, 26 motos solos, 2 motos side-cars, vingt-deux véhicules légers, une AMP TSF, 45 camions, 4 tracteurs de dépannage, deux remorque porte-char et trois cuisines remorques.

-Deux groupes d’escadron composés chacun d’un état-major, d’un escadron d’automitrailleuses et d’un escadron motocycliste

L’état-major dispose de 35 véhicules alors que chaque escadron dispose d’un peloton de commandement (deux véhicule PC selon le principe qu’un commande et que le second se déplace), quatre pelotons à cinq voitures blindées et deux voitures blindées d’appui, deux véhicules légers et quatre motos de liaison soit un total de 180 hommes, 22 AMP, 8 AMP-S, 24 motos, 6 véhicules, 7 camions, deux tracteur de ravitaillement et deux cuisine-remorque soit un total de 71 véhicules.

L’escadron de fusiliers motocycliste dispose d’un peloton de commandement et de quatre pelotons de fusiliers. Le peloton de fusiliers motocyclistes aligne un groupe de commandement (6 hommes dans trois motos side-car) et deux groupes de combat (10 hommes, deux motos side-car et deux fusils-mitrailleurs) soit un total de 26 hommes, treize motos side-car et quatre fusils-mitrailleurs.

Au total l’escadron de fusiliers motocyclistes dispose de 150 hommes et 75 véhicules

Au final, le 6ème cuirassiers dispose de 995 hommes, 46 AMP, 16 AMP-S, 224 motos, 36 véhicules légers, 70 camions, deux tracteurs de ravitaillement, deux tracteurs de dépannage, une remorque porte-char et six cuisines remorques soit 407 véhicules

-1ère Brigade légère mécanique avec un état-major de 59 hommes et de 18 véhicules qui engerbe, deux régiments de chars, le 4ème régiment de cuirassiers et le 18ème régiment de dragons.

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Les deux régiments ont la même organisation qui est la suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement qui dispose d’un char Somua S-35

-Un escadron hors rang

-Deux groupes d’escadrons à un état-major (un char S), deux escadrons (Somua S-35 ou Hotchkiss H-35) à un peloton de commandement (un char pour le capitaine) et quatre pelotons de cinq chars

L’escadron S dispose au total de 136 hommes, 21 chars, 16 motos et 21 véhicules divers alors que l’escadron H dispose de 115 hommes,23 chars, 16 motos et 19 véhicules divers, la différence d’effectifs s’expliquant en partie par le faire le Hotchkiss était un biplace et que le Somua était un char triplace.

Au total le régiment de combat dispose de 827 hommes, 94 chars (47 Somua et 46 Hotchkiss), 159 motos (dont 40 side-cars), 26 VL et VLTT, 74 camions, 6 tracteurs de ravitaillement, deux tracteurs de dépannage, une remorque porte-char et six cuisines remorques.

A la suite de la réorganisation de janvier 1944, le 4ème régiment de cuirassiers reste au sein de la 1ère BLM étant rejoint par le 15ème RDP, le 18ème régiment de dragons rejoignant la 2ème brigade légère mécanique en compagnie du 4ème régiment de dragons portés.

Le 4ème régiment de cuirassiers reste organisé de la même façon mais entre-temps, les Hotchkiss ont été remplacés par des Somua S-40 pour homogénéiser l’équipement ce qui augmente les effectifs à 852 hommes.

Néanmoins entre juin et décembre 1945, le S-40 cède la place au S-45 ce qui augmente les effectifs du régiment, le S-45 disposant de quatre hommes soit un homme de plus par rapport au S-35 et au S-40.

-2ème brigade légère mécanique (4ème régiment de dragons portés et 6ème cuirassiers puis 18ème régiment de dragons et 4ème régiment de dragons portés).

-Un état-major identique à celui de la 1ère BLM

-Le 4ème régiment de dragons portés est pendant longtemps le seul «régiment d’infanterie» de la 1ère DLM. Issus des chasseurs cyclistes, les dragons portés doivent coller aux chars, les protéger de l’infanterie adverse et de ses armes antichars, de nettoyer et d’occuper le terrain. Il est organisé de la façon suivante :

-Un état-major

-Un peloton de commandement
-Un escadron hors-rang identique à celui du 6ème régiment de cuirassiers

-Trois bataillons avec un état-major et un peloton de commandement, un escadron d’AMR, un escadron de fusiliers motocyclistes, deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés et un escadron de mitrailleuses et d’engins (EME) (deux bataillons en temps paix, le troisième étant mobilisé en temps de guerre) .

L’escadron d’AMR dispose d’un  peloton de commandement avec une AMR de commandement et quatre pelotons de cinq AMR soit un total de 115 hommes et 55 véhicules dont 21 AMR.

L’escadron de fusiliers motocyclistes à la composition identique à celui du régiment de découverte

Les deux escadrons de fusiliers voltigeurs portés disposant d’un peloton de commandement (avec un mortier de 60mm), trois pelotons de combat avec un VDP (Voiture de Dragons Portés) de commandement et trois VDP emportant chacune un groupe de combat (dix hommes et deux fusils-mitrailleurs), un peloton de mitrailleuses (deux groupes de deux mitrailleuses et une mitrailleuse contre-avions).

L’escadron de fusiliers voltigeurs portés dispose au final de 198 hommes et 39 véhicules dont 20 VDP.

-Un escadron de mitrailleuses et d’engins (EME) avec un peloton de commandement, deux pelotons de mitrailleuses (identique à celui de l’escadron de fusiliers voltigeurs portés), un peloton de mortiers à deux groupes de deux pièces, deux groupes de deux canons de 25mm soit un total de 181 hommes et de 49 véhicules dont dix-huit VDP.

Le bataillon de dragons portés dispose de 917 hommes et de 279 véhicules dont 21 AMR et 67 voitures tout-terrain.

Au total le régiment de dragons portés aligne 3088 hommes et 957 véhicules (mobilisation).

La réorganisation de janvier 1944 n’entraine pas un grand changement dans l’organisation mais l’équipement évolue. Les AMR sont remplacés par des chars légers  et les VDP Lorraine 28 ont été depuis longtemps remplacés par des véhicules Laffly S20TL .

-un régiment d’artillerie tractée tout terrain : le 74ème RADLM

obusier de 105C modèle 1935B

obusier de 105C modèle 1935B

Les Divisions Légères Mécaniques disposent bien évidement d’un régiment d’artillerie pour assurer leur appui-feu. Cette artillerie à tracteurs reprend les traditions de l’artillerie à cheval, les «volants» ayant une longue tradition derrière eux.

En mai 1929, l’artillerie des cinq divisions de cavalerie acquiert le statut de régiment, les RADC (Régiments d’Artillerie de Division de Cavalerie) prenant pour numéro celui de leur division augmenté de 70.

La 4ème DC dispose donc à ce moment là du 74ème RA qui lors de la transformation en D.L.M passe d’un régiment hippomobile à un régiment d’artillerie à tracteurs avec pour principal canon, l’immortel «75» bientôt rejoint par un jeu premier plein de fougue, l’obusier de 105C modèle 1935B (Bourges). Ce régiment est organisé de la façon suivante :

-Un état-major et une batterie hors rang avec 131 hommes et 31 véhicules

-Deux groupes de 75 avec un état-major (90 hommes et 29 véhicules), trois batteries de tir à quatre pièces de 75mm avec chacun 103 hommes et 30 véhicules) et une colonne de ravitaillement avec 139 hommes et 36 véhicules dont 18 camions et 2 tracteurs lourds de dépannage.

Chaque groupe de 75mm dispose de 538 hommes, de 12 canons de 75mm et 137 véhicules dont 37 tracteurs légers et 45 camionnettes et camions.

-Un groupe de 105mm avec un état-major, trois batteries de tir à quatre pièces  et une colonne de ravitaillement, les effectifs et le matériel étant identiques aux groupes de 75mm.

Le régiment d’artillerie dispose au total de 1745 hommes, 36 canons et obusiers ainsi que 401 véhicules et 95 caissons/remorques

A ces effectifs, s’ajouteront ultérieurement la 10ème batterie antichar divisionnaire disposant d’une section de commandement et de quatre sections de 2 canons de 47mm soit un total de 8 canons de 47mm, 44 véhicules et 173 hommes et une batterie antiaérienne, la 1020/405ème batterie antiaérienne avec une section de commandement et trois sections de deux canons de 25mm soit un total de 107 hommes et 21 véhicules.

Pour la défense antichar, on trouve également jusqu’en janvier 1944, le 11ème escadron divisionnaire antichar qui dépend du 4ème RDP avec 12 canons de 25mm, 45 véhicules et 175 hommes. Cet escadron est dissous mais sert de cadre aux deux escadrons antichars intégrés aux BLM.

La réorganisation de janvier 1944 voit les batteries antichars et antiaériennes se dédoublées et rejoindre les deux BLM et devenir des escadrons. Au plan du matériel, l’obusier de 105mm reste en service mais peu à peu, les canons de 75mm modèle 1897 vont être remplacés par des canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Génie et transmissions

-Le génie dispose dispose de trois compagnies de sapeurs mineurs portés qui alignent un total de 579 hommes et 255 véhicules et une compagnie d’équipage de ponts (134 hommes et 78 véhicules)

-Les transmissions disposent d’une compagnie télégraphique (63 véhicules et 228 hommes), d’une compagnie radio (60 véhicules, 39 postes radios et 241 hommes) et un détachement colombophile (19 hommes, 120 pigeons et 9 véhicules)

Train,santé et intendance

-Une compagnie automobile de quartier général (fournit les véhicules de l’état-major)

-Une compagnie automobile de transport avec une section de commandement, services généraux et ateliers, une section sanitaire automobile, une section de ravitaillement en munitions d’infanterie et une section de camions représentant 211 hommes et 98 véhicules.

-Un groupe d’exploitation divisionnaire (intendance) avec 68 hommes et 6 véhicules

-Un groupe sanitaire divisionnaire de 151 hommes et 36 véhicules

-11ème escadron de réparation divisionnaire (ERD) rattaché au 18ème dragons dispose d’un peloton de commandement, trois pelotons de dépannage, deux pelotons de réparation et un groupe de volant (blindés de remplacement).

Le 11ème ERD dispose au total de 305 hommes, 116 véhicules plus l’équivalent de deux chars de remplacement par escadron. Parmi les 116 véhicules on trouve notamment 24 tracteurs de dépannage Somua MCG et MCL et 12 remorques porte-char.

En janvier 1944, la 1ère DLM entame le processus de réorganisation visant à la transformer selon le même modèle que la toute jeune 6ème DLM.

La DLM s’appuie désormais sur deux brigades identiques avec un régiment de chars, un régiment de dragons portés, le 1er  et le 2ème groupe de canons d’assaut, le 1er et le 2ème escadron antichar porté, le 1er et le 2ème escadron antiaérien porté et le 1er et le 2ème groupe de reconnaissance. Le régiment de découverte reste indépendant.

L’organisation du régiment de chars et de dragons portés ne changent pas par rapport à l’organisation antérieure.

Le groupe de canons d’assaut est équipé de 12 Somua Sau40 répartis en trois batteries de quatre véhicules alors que l’escadron antichar porté équipé de douze Laffly W15 TCC équipé de canons de 47mm, un véhicule identique équipant l’escadron antiaérien qui dispose de vingt-quatre véhicules armés d’un affût double de 25mm (quatre pelotons de six).

Quand au groupe de reconnaissance, il dispose d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre chars légers FCM-44 (1ère DLM ainsi que la 3ème, la 5ème et la 7ème; l’AMX-42 équipant les 2ème, 4ème et 6ème; l’AMX-44 version améliorée du précédent équipant la 8ème DLM).

Les autres unités restent inchangées qu’il s’agit du régiment de découverte ou du régiment d’artillerie mais les unités de soutien connaissent un certain nombre de changement :

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé)

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

En temps de guerre, un Groupe Aérien d’Observation peut lui être  rattaché ainsi que des unités de chasse et d’appui. Un bataillon de quartier général équipé de B1ter puis d’ARL-44 peut être rattaché si besoin est à la division.

21-Armée de terre (3)

Évolution générale de l’armement et des équipements

Le fusil Manufacture d'Armes de Saint-Etienne modèle 1936 dit MAS 36, fusil standard de l'armée de terre en 1948

Le fusil Manufacture d’Armes de Saint-Étienne modèle 1936 dit MAS 36, fusil standard de l’armée de terre en 1948

L’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm. Du moins en Métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm. Le 9mm est présent de façon marginale pour équiper certains pistolets mitrailleurs de prise ou certaines armes héritées du premier conflit mondial. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Le fusil mitrailleur Manufacture d'Armes de Chatellerault modèle 1924 modifié 29 dit FM modèle 1924/29

Le fusil mitrailleur Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) modèle 1924 modifié 29 dit FM modèle 1924/29

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et le 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et de certains véhicules.

Les canons antichars sont de trois calibres : 25, 47 et 75mm. Si le premier semble largement dépassé face aux chars allemands les plus lourds, de nouvelles munitions lui donnent un punch bienvenue face aux blindés légers qu’il pourrait rencontrer. Le 47mm reste encore redoutable et ne parlons pas du 75mm TAZ modèle 1939, une pièce que la Panzerwafe allait apprendre à redouter.

A noter qu’un projet de canon antichar de 90mm inspiré du canon de 90mm modèle 1939 fût étudié mais ne se concrétisa pas totalement . Toutefois les essais furent suffisamment poussés pour que la production en grande série soit rapidement lancée si le besoin s’en faisait sentir.
On trouve également des armes singulières comme des fusils antichars qui n’allaient pas tarder à être utilisés pour un tout autre usage que celui d’origine, un lance-fusée Brandt de 50mm et des grenades à fusils du même constructeur.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française.

Pour ce qui est de la défense antiaérienne, on trouve deux canons de moyen calibre, le Hotchkiss modèle 1939-40 de 25mm et le Schneider modèle 1941, certaines pièces étant tractées mais d’autres étaient montées sur camions, sur semi-chenillées voir même sur des châssis de chars déclassés.

L’artillerie de campagne connait également une profonde modernisation avec l’arrivée de nouveaux canons comme le canon de 75mm TAZ (Tous Azimut) modèle 1939  utilisable aussi bien pour le tir sol-sol que pour le tir antichar ou encore le canon de 155mm court Schneider modèle 1946, une variante remise au goût du jour du modèle 1917. De nombreuses pièces anciennes restent en service notamment dans les RAMF et les RAP chargés de soutenir les ouvrages de la ligne Maginot.

Pour ce qui est de l’ALVF (Artillerie Lourde sur Voie Ferrée), aucune pièce moderne n’est mise en service, seules les pièces les moins usées du premier conflit mondial sont maintenues en service au cas où il aurait fallut percer la ligne Siegfried ou les fortifications alpines défendant l’Italie.

Évolution générale des véhicules

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé. Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assure quelques missions secondaires), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en juin 1946 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concenter sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM Panhard modèle 1940.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.
Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindées) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.