22-Armée de terre : armement et matériel (35)

FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Suite à la construction de la ligne Maginot, l’Allemagne nazie riposta en construisant la ligne Siegfried que la propagande nazie éleva au rang de muraille invulnérable, bien plus puissante que la ligne Maginot ce qui était loin d’être le cas.

En cas de conflit avec l’Allemagne, la France n’avait guère le choix pour prendre l’offensive. Violer la neutralité belge (graduellement allégée avec le temps jusqu’à la signature d’un traité secret d’alliance en 1947) et la neutralité suisse étant hors de question, la seule façon d’envahir l’Allemagne était une attaque frontale sur le Rhin.

Il fallait forcer la ligne Siegfried d’où le maintien d’une Artillerie Lourde sur Voie Ferrée et l’idée de construire des chars de forteresse, puissants et bien armés.

En 1934, les chars FCM 2C avaient été déclassés et deux ans plus tard, un programme de chars de 45 tonnes fût lancé, programme qui aurait aboutit en réalité à des chars de 50 ou 60 tonnes.

Ce programme lancé le 12 novembre 1936 donne naissance en 1937 à des projets proposés par les FCM, ARL et AMX. Ces projets évoluent vers des chars d’attaque des fortifications dépassant 100 tonnes avec un blindage et un armement conséquent. Ces chars pouvaient se décomposer en deux éléments pour son transport par voie ferrée.

Deux prototypes sont commandés à AMX pour un char de 101 tonnes baptisé AMX «tracteur C», deux prototypes sont commandés à ARL dits «Char C» de 145 tonnes et deux prototypes aux FCM.

AMX et ARL occupés avec d’autres projets abandonnent le projet, laissant le champ libre aux Forges et Chantiers de la Méditerranée qui présentent en mars 1941 deux prototypes d’un char de 140 tonnes avec un canon de 90mm modèle 1939 en tourelle arrière et un canon de 47mm SA modèle 1937 en tourelle avant.

Les tests sont menés entre avril et novembre 1941 sans qu’une décision soit prise, beaucoup d’officiers estimant superflu un tel char. Les rumeurs persistantes d’un char superlourd allemand (rumeurs au final infondées) pousse la France à relancer l’étude pour un char lourd d’attaque de fortifications.

Le FCM F1 est commandé à quatorze exemplaires en mars 1943, commande réduire à dix puis huit exemplaires livrés entre février et novembre 1944  au sein du 51ème Bataillon de Chars de Forteresse avec sept chars en ligne et un char utilisé pour les tests et l’instruction.

La mise en service de l’ARL-44 armé lui aussi d’un canon de 90mm semblait rendre superflu un tel char qui n’avait de différent avec l’Estienne que son poids.

Ces chars de forteresse vont recevoir un canon de 105mm en remplacement du canon de 90mm dans une tourelle de conception nouvelle. Ces chars sont toujours en service en septembre 1948, prêts à forcer la ligne Siegfried.

Caractéristiques Techniques du FCM F1

Poids en ordre de combat : 140 tonnes

Dimensions : longueur 11.30m largeur 3.90m hauteur maximale 4.80m

Motorisation : (prototype) deux moteurs Renault de 550ch puis deux moteurs de 600ch

Blindage : maximal 120mm

Performances : vitesse maximale 28 km/h pente 80% Autonomie 230km sur route

Armement : tourelle avant avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1937 avec 116 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches et tourelle arrière avec un canon de 90mm modèle 1939 alimenté à 72 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches. Deux mitrailleuses latérales disposant chacune de 1500 cartouches.

Equipage : neuf hommes (un chef de char, deux tireurs, deux chargeurs, un radio, deux mécaniciens  et un chargeur en caisse)

Séries limitées, Projets et prototypes

Outre les chars cités plus haut, de nombreux projets de chars lourds ont été envisagés, certains n’allant pas plus loin que la planche à dessin, d’autres connaissant la joie d’atteindre le stade du prototype mais l’infortune de ne pas connaître celui de la série.

Durant le premier conflit mondial, les chars français mis à part le petit Renault FT étaient de véritables mastodontes, atteignant les 23 tonnes. Ils furent accompagnés par des chars de construction étrangère.

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Si le Mark VIII Liberty (37 tonnes, 16mm de blindage, deux canons de 6 livres et quatre mitrailleuses, 8.45 km/h) ne dépassa le stade du projet, la France reçu 100 exemplaires du Mark V* (80 en version mâle armé de canon et 20 en version femelle avec mitrailleuse), un char de 32.5 tonnes, blindé à 12mm, jamais engagé au combat et feraillés en 1930.

La firme Saint Chamond eut également en projet un char de type Mark. Un prototype est commandé en juillet 1917 et la production de 300 exemplaires est espéré mais ce projet ne dépasse l’étape de l’étude d’intention.

Au début des années trente, nous trouvons trace de projets de chars de bataille, alternative à la poursuite du B1 :

Le premier est un char B2 de 35.5 tonnes (le B1 pèse 27195kg) blindé à 50mm, un équipage de 4 hommes avec un canon de 75mm puissant et un canon de 47mm en tourelle.

Le second est un char B3 de 45 tonnes blindé à 50mm, un équipage de 6 hommes avec l’obusier de 75mm du B1 et un 47 puissant en tourelle.

Le troisième est un char BB de 50 tonnes blindé à 60mm, un équipage de 8 hommes avec deux 75 puissants.

Le projet B-40 était un projet de char lourd destiné à succéder au B1bis et ter. Deux constructeurs proposaient des projets : l’Atelier de Construction de Rueil avec un moteur Talbot surcomprimé et une transmission assuré par un système Naeder amélioré et simplifié alors que l’Atelier de construction d’Issy-les-Moulineaux proposait un char propulsé par un diesel avec une transmission électrique Alsthom.

Le blindage est celui du B1ter mais avec des parois droites comme sur le B1bis. Quand à l’armement, si le canon de 47mm en tourelle est conservé avec une tourelle au chemin de roulement plus important, l’obusier de 75mm est remplacé par un canon de 105C en casemate.

Le poids en ordre de combat atteint 45 tonnes avec un rapport poids puissance de 12 à 15 ch (moteur de 675ch) et une vitesse de 40km/h. Comme nous l’avons vu, ce programme ne dépassa pas le stade du prototype en raison d’un changement de priorité.

D’autres projets étaient à l’étude au printemps 1948 : une version améliorée du FCM F1 à canon de 155mm en casemate sans canon de 47mm mais avec un tourelleau armé d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse et une version surblindée de l’ARL-44. Aucun de ces deux projets n’était rendu au stade où la production du prototype aurait pu être rapidement entreprise.

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22-Armée de terre : armement et matériel (1)

22)° Armée de terre : l’armement et le matériel

Préambule

Dans cette partie, je vais donner un peu plus de chair à ma description de l’armée de terre en abordant non plus les structures et les unités mais l’armement et l’équipement de nos soldats qui en 1948 n’à rien à envier à son adversaire allemand. Mieux même, il le surpasse dans certains domaines comme les Fritz ne tarderont pas à s’en rendre  compte.

Je vais d’abord aborder l’armement de la «reine des batailles», l’infanterie sur laquelle porte l’effort principal de la bataille. Comme le dira un lieutenant anonyme excédé par les prétentions des unités de l’Arme Blindée-Cavalerie «C’est bien beau les chars mais après pour occuper le terrain ils auront besoin de nous !».

Sur le plan de l’armement, l’une des évolutions majeures est un changement de calibre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le fusil Lebel disparaît au profit du 7.5mm inspiré de la cartouche allemande de 7.92mm.

Du moins en métropole, dans l’Empire où le besoin d’une cartouche moderne se fait moins sentir, le 8mm est encore assez présent.

Ce changement de calibre s’explique par l’inadaptation de la cartouche à bourellet pour le tir automatique, le lamentable Chauchat étant encore dans toutes les mémoires……. .

Le nouveau fusil standard de l'armée de terre, le MAS 36

Le nouveau fusil standard de l’armée de terre, le MAS 36

Qui dit changement de calibre dit nouvelles armes. Le MAS 36 de 7.5mm devient le fusil standard de l’infanterie française, étant également décliné en une version à crosse repliable pour l’infanterie de l’air, une version courte (équivalent d’un mousqueton utile pour la cavalerie et l’artillerie), en version tireur de précision.

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n'à rien à envier au Garand américain

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n’à rien à envier au Garand américain

On trouve également un fusil semi-automatique, le MAS-40 avec un chargeur à dix coups et le MAS 44 avec un chargeur à vingt-cinq coups, l’ancêtre du fusil d’assaut.

Ces deux armes furent d’abord réservées aux dragons portés des DLM et chasseurs portés des DC avant d’équiper les meilleures divisions d’infanterie recevant ultérieurement le MAS 40 qui aurait totalement remplacé le MAS 36 sans le déclenchement de la guerre qui comme partout à bouleversé bien des plannings.

Pour ce qui est des armes de poings _pistolets et pistolets mitrailleurs_, le 8mm cède la place au 7.65mm mais il est rapidement concurrencé par un calibre jugé meilleur en l’occurence le 9mm qui équipe pistolets et pistolets mitrailleurs. On trouve également du 11.43mm pour les mitraillettes Thompson livrées par les Etats-Unis au printemps 1940.

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914

Les armes automatiques lourdes type fusil-mitrailleur et mitrailleuses utilisent principalement le 7.5mm mais on trouve encore du 8mm pour les inusables Hotchkiss modèle 1914 présentes dans l’Empire et du 13.2mm utilisées pour l’armement de certains ouvrages de la ligne Maginot et certains véhicules, le 9mm pour la mitrailleuse MAC 37 n’ayant pas été produite, l’arme étant restée à l’état de prototype.

Pour ce qui est des armes plus lourdes, on trouve des canons antichars de 25 et de 47mm. Si le premier canon est de moins en moins apte à détruire les chars allemands, il fait plus que bonne figure face aux chars italiens et même japonais.

Il y à bien entendu le canon antichar de 75mm TAZ modèle 1939 mais ce dernier appartient à l’artillerie tout comme un canon antichar de 90mm _adaptation du canon antiaérien modèle 1939_ connait une production limitée.

On trouve également des armes singulières comme plusieurs modèles de fusils antichars, des PIAT ainsi qu’un lance-fusée Brandt de 50mm et une série de grenades antichars Brandt qui allaient déboucher sur une toute autre arme une fois le conflit déclenché.

Pour ce qui est des mortiers, les mortiers de 60mm sont toujours là mais le 81mm à cédé la place au moins en Métropole à une arme nettement plus redoutable de 120mm soit une puissance de feu supplémentaire pour l’infanterie française. Seule l’infanterie soviétique avec son mortier de 120mm modèle 1938 pour supporter la comparaison.

Après l’infanterie, nous nous intéresseront au cas de l’artillerie qui à connu entre 1940 et 1948 une modernisation spectaculaire.

Certes des pièces antiques sont encore présents (notamment dans les colonies et au sein des RAP/RAMF) mais l’artillerie de campagne aligne des pièces modernes de 75mm (le TAZ modèle 1939 plus ses cousins de l’artillerie légère et de montagne), de 105mm (obusiers modèle 1934S et modèle 1935B, canons de 105mm modèle 1936S et modèle 1941T) ou de 155mm (Schneider modèle 1946, GPF et GPFT). On trouve également des canons d’assaut et des canons automoteurs pour accompagner au plus près les chars.

Pour l’artillerie lourde, la situation est plus contrastée mais les canons de 194, 220 et 280mm restent malgré leur âge redoutable tout comme les pièces d’artillerie sur voie ferrée appelées à appuyer la Ligne Maginot en attendant de matraquer la ligne Siegfried.

Nous aborderons la question des uniformes. Si les chasseurs alpins et à pieds restent en bleu nuit, les autres unités adoptent au milieu des années trente le kaki moins voyant que le bleu horizon.

Quand à la silhouette du soldat, elle ressemble fortement à celle de son ainé de 14-18 jusqu’à l’arrivée du général Villeneuve à la tête de l’armée qui souhaite une armée jeune et sportive.

C’est ainsi que progressivement, l’équipement individuel du soldat va être allégé. Les dragons et les chasseurs portés sont ainsi en pointe dans ce domaine et par capillarité, les nouveaux équipements, de nouvelles «modes» vont irriguer l’armée de terre.

Une nouvelle tenue apparaît en 1947 mais est loin d’avoir remplacé la tenue modèle 1935. Cette nouvelle tenue garde le pantalon bouffant ou pantalon de golfe mais la veste est repensée et les bandes molletières sont remplacées par l’ensemble chaussures montantes (comparables à nos actuelles chaussures de randonnée) et guêtres en cuir. Un ceinturon d’un nouveau type et un sac mieux pensé complète le tout. Le béret remplace dans toutes les unités le calot comme coiffure standard.

En ce qui concerne les véhicules, l’évolution entre la guerre de Pologne et le début du second conflit mondial est spectaculaire.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, les chars et véhicules blindés français sont repartis grosso modo en deux catégories : les véhicules de cavalerie généralement rapides pour la percée et les missions traditionnelles de la cavalerie et les chars d’accompagnement de l’infanterie lents et bien protégés, censés accompagnés au plus près les fantassins.

Cette répartition simpliste va être bouleversée par la «révolution villeneuvienne» qui renoue avec les mannes du général Estienne en adoptant une attitude résolument offensive, symbolisée par une motorisation à outrance et par les fameux Corps d’Armée Cuirassés, placé sous les ordres directs du CEMAT et censé être les poings blindés pour percer le front et aboutir avec le soutien des Corps de Cavalerie et des groupes d’armées à la percée décisive tant cherchée et tant souhaitée durant le premier conflit mondial.

Un bon char est un savant compromis _compromis souvent imparfait_ entre vitesse, protection et armement. Le second paramètre était souvent mis en avant pour les chars d’infanterie alors que les automitrailleuses de combat de la cavalerie devaient être surtout rapides. On assiste à un rapprochement de ces trois facteurs dans les différentes catégories qu’il s’agisse des chars de bataille, des chars de combat et des chars légers ou chars d’accompagnement.

En septembre 1939, les chars/automitrailleuses de combat français sont globalement supérieurs à ceux alignés par l’Allemagne. En effet, les chars français étaient généralement plus rapides, mieux protégés et mieux armés.

Si le Renault R-35 était bien plus lent qu’un Panzer I ou II, il était nettement mieux protégé et nettement mieux armé (canon de 37mm face à deux mitrailleuses de 7.92mm ou un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.92mm).

L'Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

L’Automitrailleuse de Combat (AMC) modèle 1935S dit Somua S-35

Le Somua S-35 était aussi rapide, mieux protégé et mieux armé que le Panzer III. Seul le Panzer IV était mieux armé que les chars légers et médians français mais son canon de 75mm court était plus adapté à l’appui de l’infanterie et de plus il était disponible en faible nombre.

Le B1bis lui était insurpassable, son blindage le mettait l’abri de la plupart des canons allemands (à l’exception du 88mm) et son armement mixte (canon de 47 en tourelle et de 75mm en casemate) lui donnait une puissance de feu sans équivalent.

Tout n’était cependant pas rose dans le domaine des chars/automitrailleuses de combat. Plusieurs carences auraient pu avoir des conséquences dramatiques si les allemands avaient attaqué à l’ouest qu’il s’agisse de la configuration monoplace de la tourelle (chars légers biplaces ou chars moyens triplaces) ce qui obligeait le chef de char à être pointeur et tireur en même temps, d’un canon de 37mm SA18 dépassé (il équipait notamment le R-35 et le FCM-36) et de l’absence de radio qui empêchait les unités de chars à pouvoir manoeuvrer rapidement et exploiter la moindre opportunité.

Fort heureusement, les huit années de paix armée vont permettre de résoudre ces carences même si seule l’expérience du feu pouvait valider ou pas les modifications effectuées.

Sur le plan des modèles de véhicules, un grand nombre d’entre-eux en service en septembre 1939 sont encore en service en septembre 1948.

Si les Renault FT, D-2 et les B1bis ont tous été retirés du service (ou peu s’en faut pour le FT qui assurent quelques missions secondaires notamment la défense des aérodromes), on trouve encore des Renault R-35, des Hotchkiss H-39 (neufs ou H-35 modifiés), des Somua S-35, des FCM-36.

De nouveaux modèles sont également mis en service qu’il s’agisse de dérivés de véhicules existants comme le Renault R-40 dérivé du R-35, le FCM-42 issu du FCM-36 ou le Somua S-40 dérivé du S-35 ou de véhicules de conception nouvelle comme l’ARL-44 remplaçant des B1bis ou le Renault G1 qui va remplacer les Hotchkiss H-39 au sein des DC.

Le Somua S-45 en dépit d’une dénomination qui laisserai apparaître un lien de parenté avec le S-35 et le S-40 est un char différent, l’équivalent du G1 pour les DLM. Il est mis en service en février 1945 et en septembre 1948 équipe cinq des huit DLM.

On trouve également l’AMX-42 et l’AMX-44, derniers nés de la famille des chars légers qui allaient devoir se concentrer sur les missions de reconnaissance faute de pouvoir réellement peser dans un combat de char à char. A l’autre bout du spectre, on trouve une poignée de chars de forteresse FCM F1 qui remplacent les antédiluviens FCM-2C issus du premier conflit mondial.

Les chars (automitrailleuses de combat pour la cavalerie) ne sont pas les seuls véhicules en service, on trouve également des canons d’assaut type Somua SAu40 ou ARL V-39, des automitrailleuses de reconnaissance AMR-33 et 35, des automitrailleuses de reconnaissance à roues AMD-178 et AM modèle 1940 P.

Parallèlement, aux véhicules de combat, les DC et les DLM vont disposer de véhicules spécialisés qu’il s’agisse de dérivés de chars et de véhicules de combat ou d’engins spécialement conçus pour le soutien notamment logistique. Dans cette catégorie figurent également les transports destinés aux armes lourdes et aux fantassins, les dragons et les chasseurs portés notamment.

On trouve par exemple des chars de commandement, de tout type. Ils sont soient dépourvus de canon ou alors pourvu d’une radio si encombrante (technologie de l’époque) que la dotation en munitions est généralement réduite de 10%.

Les véhicules de dépannage sont généralement des chars de première série auxquels on à enlevé la tourelle pour le remplacer par une petite superstructure avec des moyens de levage et de remorquage.

Dans cette catégorie, nous trouvons également des véhicules de liaison, des véhicules chenillés comme les AMR-33 présentées plus haut ou des véhicules à roues comme la Panhard 178L (Liaison) qui sera ultérieurement complété par des Daimler Dingo livrés par la Grande-Bretagne.

Pour ce qui est du transport de troupes, on trouve des véhicules toutes roues motrices (hélas non blindés) et vrai nouveauté, des chenillés spécialement conçus pour le transport d’hommes en armes, les Lorraine 39L et les Renault DAJ-1.

Nous enchaineront ensuite par l’ordre de bataille de l’armée de terre en septembre 1948 avec en métropole, trois groupes d’armées, un détachement sur les Pyrénées, deux CAC, trois Corps de Cavalerie et une DLM indépendante. Quand aux troupes déployées dans l’Empire, elles sont nettement plus nombreuses, mieux entrainées et mieux armées.

Enfin, la dernière partie sera consacrée aux plans de défense et d’attaque mis au point par le généralissime Villeneuve qui reprend à son compte la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par son prédécesseur tout en ayant mis au point des plans offensifs contre l’Allemagne avec une attaque par la Belgique, le Luxembourg, par le Rhin….. .

Une hypothèse suisse est envisagée tout comme des plans pour contre l’Italie par une attaque dans les Alpes voir par une opération amphibie en Sardaigne et en Sicile voir directement contre la Péninsule.

Les autres fronts ne sont pas oubliés. Face à l’Espagne, il est prévu une posture de défense ferme avec les bataillons de chasseurs pyrénéens chargés de tenir les cols appuyés par la 31ème DIAlp de Montpelier.
En cas d’agression espagnole, les troupes stationnées au Maroc ont pour mission d’occuper le Maroc espagnol. Sur le front Tunisien, il est prévu une défense ferme mais une conquête de l’ASI n’est pas exclue pour sécuriser le flanc sud du dispositif allié et servir de base opérationnelle pour une poussée dans les Balkans.

En Scandinavie et dans les Balkans, des interventions en soutien des gouvernements légitimes sont possibles et planifiées.

Quand à l’Asie du Sud-Est, c’est la défensive qui prévaut, une défense ferme pour rendre le plus indigeste possible une probable offensive japonaise en direction des colonies européennes du Sud-Est asiatique pour s’y emparer des ressources naturelles.

21-Armée de terre (37)

Les Bataillons de Chars de Combat (B.C.C.)

Le 23 août 1939 en vertu de décisions antérieures, les douze régiments de chars de combat sont dissous pour donner naissance à des bataillons de chars de combat. Les état-majors des régiments dissous forment autant de centres mobilisateurs auxquels s’ajoute un treizième créé ex-nihilo. Cette dissolution va ainsi permettre la formation de vingt-trois B.C.C d’active et seize Bataillons de Chars de Combat de réserve soit un total de trente-neuf bataillons selon le schéma suivant :

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm. Nombre de B.C.C mobilisés en septembre 1939 le furent sur ce vénérable engin en attendant la disponibilité de chars modernes

-Le centre mobilisateur 501 de Tours issu du 501ème RCC met sur pied quatre bataillons,deux bataillons d’active les 1er et 2ème BCC équipés de Renault R-35 et deux bataillons de réserve, les 30ème et 31ème équipés de vénérables Renault FT.

-Le centre mobilisateur 502 d’Angoulême issu du 502ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 4ème BCC équipé de FCM-36, le 5ème et le 6ème BCC équipés de R-35 ainsi qu’un bataillon de réserve, le 32ème BCC équipé de Renault FT.

-Le centre mobilisateur 503 de Versailles issu du 503ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 3ème BCC équipé de R-35 et le 7ème BCC équipé de FCM-36

-Le centre mobilisateur 504 de Valence issu du 504ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (10ème et 12ème bataillon) et deux bataillons de réserve équipés de chars FT (l1ème BCC et Bataillon Colonial de Chars de Combat).

-Le centre mobilisateur 505 de Vannes issu du 505ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39, les 14ème et 27ème BCC ainsi que deux bataillons de réserve, le 13ème BCC équipé de H-35 et le 35ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 506 de Besançon issu du 506ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (16ème et 17ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve équipés de chars FT, les 18ème et 36ème BCC.

-Le centre mobilisateur 507 de Metz (puis de Vannes) issu du 507ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 19ème BCC équipé de chars moyens D2 et le 20ème BCC équipé de R-35 ainsi que deux bataillons de réserve, les 21ème et 34ème BCC équipés de R-35.

-Le centre mobilisateur 508 de Lunéville puis Aradon issu du 508ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 8ème BCC équipé de B1bis et le 24ème BCC équipé de R-35

-Le centre mobilisateur 509 installé à Maubeuge puis à Meucon et issu du 509ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39 (25ème et 26ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve, le 38ème BCC équipé de H-35 et le 39ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 510 installé à Nancy puis à Coëtquidan et issu du 510ème RCC met sur pied le 15ème BCC équipé de B1bis et qui intègre la 2ème Dcr et le 22ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 511 installé à Verdun puis à Bourges et issu du 511ème RCC met sur pied, trois bataillons d’active, le 9ème BCC équipé de R-35, le 37ème BCC équipé de B1 et le 51ème BCC équipé de FCM 2C.

-Le centre mobilisateur 512 de Chalons sur Marne issu du 512ème RCC met sur pied un bataillon d’active, le 28ème BCC équipé de B1bis et un bataillon de réserve, le 23ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 513 de Rouen met sur pied deux bataillons de réserve équipés de Renault FT, les 29ème et 33ème BCC.

Entre la mobilisation et la fin de la guerre de Pologne, l’équipement des BCC évolue notamment ceux équipés de Renault FT qui auraient eu bien du mal à se mesurer aux chars allemands. Ces BCC forment des groupements mis à la disposition des différentes armées.

-La 1ère armée dispose de deux groupements de bataillons de chars, le groupement de bataillons de chars 515 composé du 13ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et du 35ème BCC équipé de 45 chars légers R35 et le groupement de bataillons de chars 519 qui dispose du 38ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et de 45 chars légers R35.

-La 2ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 503 qui dispose de trois bataillons, le 3ème BCC équipé de R35 ainsi que les 4ème et 7ème BCC équipés de FCM36.

-La 3ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 511 composé des 5ème et 12ème BCC équipés de Renault R35, le groupement de bataillons de chars 513 composé du 29ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et du 51ème BCC puis 51ème BCF équipé de chars de forteresse FCM 2C puis FCM F1, le groupement de bataillons de chars 520 composé du 23ème BCC équipé de R35 et du 30ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et le groupement de bataillons de chars 532 composé de l’unique 43ème BCC équipé de Renault R-35.

-La 4ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 502 composé des 20ème et 24ème bataillons de chars de combat équipé de Renault R35 et du groupement de bataillons de chars 504 composé des 10ème et 11ème BCC,le premier équipé de Renault R35 et le second de Renault FT puis des derniers R35 produits avant que le R40 ne le remplace sur les chaines de montage.

-La 5ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 501 composé des 1er et 2ème BCC équipé de Renault R35 ainsi que du 31ème BCC initialement équipé de Renault FT puis rééquipé début 1940 avec des R35. La 5ème armée dispose également du groupement de bataillons de chars 508 composé des 21ème et 34ème BCC équipé de Renault R35. Le groupement de bataillons de chars 517 est composé de l’unique 19ème BCC équipé de chars moyens D2 qui va à terme intégré la 4ème division cuirassée.

-La 7ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 510 composé des 9ème et 22ème bataillon de chars de combat équipé de Renault R35.

-La 8ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 506 composé des 16ème et 36ème BCC, le premier équipé de R35 et le second de Renault FT puis de R40 ainsi que du groupement de bataillons de chars 516 composé des 17ème et 18ème BCC équipé respectivement de Renault R35 et de Renault FT puis des Renault R40.

-Le 9ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 518 composé des 6ème et 32ème BCC équipés de Renault R35 ainsi que du 33ème BCC équipé de Renault FT puis de R40.

En Afrique du Nord, la situation n’évolue qu’au niveau du matériel, les 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et le 64ème BCC stationné en Algérie troquent leurs Renault FT contre des Renault R35, les 61ème, 65ème et 67ème BCC stationnés en Tunisie conservent leurs chars D1 jusqu’à une date assez tardive avant de recevoir des AMX-42 plus légers mais plus modernes. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent ses Renault R-35.

21-Armée de terre (25)

Aux côtés de l’aristocratique cavalerie, nous trouvons «la roture», l’arme des chars de l’infanterie qui en septembre 1939 n’est à peine âgée que de vingt ans, un gamin à côté de l’immémoriale cavalerie qui pouvait à bon droit se réclamer de l’antique chevalerie.

En attendant la création ou du mois la concrétisation des divisions à base de chars, les principales unités de chars sont les bataillons de chars de combat.

Le 23 août 1939 en vertu de décisions antérieures, les douze régiments de chars de combat sont dissous pour donner naissance à des bataillons de chars de combat.

Les état-majors des régiments dissous forment autant de centres mobilisateurs auxquels s’ajoute un treizième créé ex-nihilo.

Vingt-trois bataillons de chars de combat d’active voient le jour. Devenus autonomes, ils prennent des numéros n’ayant rien à voir avec leur ancien régiment (1er au 5ème BCC, 7ème au 10ème BCC, 12ème BCC, 14ème au 17ème BCC, 19ème BCC, 20ème BCC, 22ème BCC, 24 au 28ème BCC, 37ème BCC).

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Char de forteresse ou de percée FCM 2C équipant une unique unité, le 51ème BCC

A ces vingt-trois bataillons d’active s’ajoutent seize bataillons mis sur pied avec des réservistes (6ème, 11ème, 13ème, 18ème, 21ème, 23ème, 29ème à 36ème, 38ème et 39ème bataillon), le 51ème BCC équipés de monstrueux FCM 2C et le bataillon de char des troupes coloniales (BCTC).

D’autres bataillons sont mis sur pied au printemps 1940. Certains de ces bataillons vont ainsi former les Dcr mais la plupart vont renouveler leur équipement (notamment ceux équipés de Renault FT) en restant attachés au soutien de l’infanterie, formant des groupements rattachés aux armées mobilisées depuis septembre 1939.

Char lourd B1bis

Char lourd B1bis

Le nombre de bataillons va au final atteindre cinquante et un avec deux nouveaux bataillons de chars lourds B1/B1bis _à la base des quatre Dcr_ portant leur nombre à huit (soit deux par division), un bataillon de chars d’intervalle FCM 2C, un bataillon de chars moyens D2 et quarante et un bataillons de chars légers.

A l’issue de la démobilisation, sur les cinquante et un bataillons mis sur pied, les vingt-trois bataillons d’active sont maintenus, étant affectés pour certains aux DC, les autres étant affectés (mais non intégrés) aux sept divisions d’infanterie motorisées et aux dix divisions d’infanterie du Nord-Est soit un total de dix-sept BCC.

En retirant neuf bataillons affectés aux DC, il reste quatorze BCC ce qui nécessite le maintien en ligne de trois bataillons de réserve, les 6ème, 11ème et 13ème BCC, le 30ème BCC ralliant la Corse avec des Renault R-40 en remplacement de ses Renault FT.

Le bataillon de chars de forteresse (51ème BCF ex-BCC) remplace ses FCM F2 par des FCM F1.

Renault R-35

Renault R-35

Les bataillons de chars de combat déployés en Afrique du Nord (non compris dans le total de 51) restent déployés au Maroc (62ème et 66ème BCC) en Algérie (64ème BCC) et en Tunisie (61ème 65ème et 67ème) mais leur équipement évolu, les Renault FT sont remplacés par des R-35 ou des R-40, les chars D-1 sont remplacés par des AMX-42 plus légers mais plus moderne. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent leurs R-35.
Ultérieurement sont mis sur pied huit bataillons de quartiers général numérotés 70 à 77ème BCC, des bataillons équipés de B1ter et qui constituent une réserve mobile utile en cas d’assaut ou cas de combat défensif, le B1ter bien que moins efficace que l’ARL-44 restant un engin redoutable si il est bien employé.

La mise sur pied de deux nouvelles Divisions Cuirassées entraine la création de huit nouveaux BCC numérotés de 50 à 57, les 50ème, 52ème, 54ème et 56ème étant équipés d’ARL-44, les 51ème, 53ème, 55ème et 57ème disposant comme monture du Renault G1.

Prototype de l'ARL-44

Prototype de l’ARL-44

En cas de guerre, il est prévu de créer quinze nouveaux bataillons de chars de combat portant leur nombre à quarante, ces quarante bataillons devant former normalement des groupements à l’échelle du corps d’armée ou de l’armée, chaque groupement devant disposer de deux à quatre B.C.C mis à la disposition des Divisions d’Infanterie pour leur fournir une capacité antichar et un punch supplémentaire et bienvenu.

On trouve également deux brigades cuirassées, les 1ère et 2ème brigades qui annoncent les divisions cuirassées de réserve qui doivent disposer dans un premier temps une demi-brigade à deux bataillons de chars lourds équipés de B1bis et une demi-brigade à deux bataillons de chars légers équipés de Hotchkiss H-39 en attendant un char spécifiquement conçu pour ce rôle sans oublier deux bataillons de chasseurs portés (issus des chasseurs à pieds ou créer spécifiquement pour ce rôle), un régiment d’artillerie motorisé et un groupe de canons d’assaut pour soutenir les chars au plus près.

Un groupement cuirassé regroupe ces deux brigades qui deviennent début 1940 des divisions. Il doit à la fois servir d’organe de commandement et de servir d’organe de formation et d’aguerrissement. Il est à l’origine du Corps d’Armée Cuirassé qui lui succède en décembre 1941, un C.A.C qui se dédoubla en deux C.A.C, la mise en œuvre de six DC étant des plus compliqués et manquant de souplesse.

D-Armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (4)

Les «chars» en service en septembre 1939

Renault FT équipé d’un canon de 37mm SA-18

*En septembre 1939, un nombre considérable des Renault FT sont encore en service puisque dix BCC sont encore équipés de ce vénérable petit char qui à été en partie réarmé, les Hotchkiss de 8mm ayant été généralement remplacés par des MAC 34 de 7.5mm.

Rapidement pourtant, les chars FT vont être retirés des unités de première ligne et les dix BCC encore équipés du petit char Renault vont être réarmées avec des Renault R-35 (quatre) des Renault R-40 pour  trois d’entre-eux et des Hotchkiss H-39 pour les trois derniers.

Une poignée de FT  restent utilisés pour l’entrainement et des missions de sûreté notamment la protection des bases aériennes contre des parachutages.

Renault R-35

*Le Renault R-35 est issu d’un programme lancé en 1933 pour remplacer les FT dans des missions de soutien d’infanterie. Il va équiper en métropole  vingt-un BCC soit un total de 945 exemplaires en service plus d’autres au Levant et en Afrique du Nord pour un total de 1460 exemplaires produits. A cela s’ajoute des véhicules exportés : 40 exemplaires en Roumanie, 50 exemplaires en Pologne (avant la chute de ce pays, le deuxième lot équipant le 68ème BCC)100 exemplaires en Turquie et 50 exemplaires en Yougoslavie.

Ils restent largement en service jusqu’en septembre 1945 quand commence leur remplacement par des chars plus modernes même si en septembre 1948, huit BCC sont encore équipés de R-35, trois en métropole et cinq en Afrique du Nord.

*Une version améliorée du R-35 est produite. Baptisée R-40, il va rééquiper trois bataillons précédemment équipés de FT-17 soit un total de 180 exemplaires en ligne auxquels s’ajoutent des chars de réserve ainsi que 48 exemplaires pour la Belgique, 16 exemplaires pour les Pays Bas (qui vont en tirer une version indigène) et 48 exemplaires pour l’armée polonaise libre (deux bataillons équipés). Ce char était encore en service en septembre 1948.

*Un autre char de soutien d’infanterie issu du programme de 1933 est le Hotchkiss H-35. Ce char va équiper les Divisions de Cavalerie, les Divisions Légères Mécaniques et deux BCC pour une production totale de 400 exemplaires.

Char considéré comme raté, la production est rapidement arrêté et décision est prise de le remplacer par un autre modèle, un modèle notablement amélioré, le Hotchkiss H-39.

Au sein des DC et des DLM, il va être remplacé par des Somua S-40 pour unifier l’équipement de ces divisions, les H-35 équipant deux BCC vont être remplacés par le H-39 (pour un d’entre eux, le second étant dissous), ce dernier qui équipait déjà quatre BCC et va également équiper trois BCC précédemment armé de FT-17 soit in fine un total de dix BCC armés de H-39 (huit au sein des DCR et deux non endivisionnés). Il va également équiper les GRDI en remplacement des AMR.

1550 exemplaires de ce char vont être construits pour la France et pour l’export jusqu’en mars 1947 car ce char est choisit pour être un char interallié. La Grande Bretagne va en recevoir 32 exemplaires armés d’un canon de 2 pouces, la Pologne 93, la Turquie 2 exemplaires, la Grèce 135 exemplaires et la Yougoslavie 135 exemplaires.

.Les H-39 des DC (DCR jusqu’en 1943) sont progressivement remplacés par des Renault G1R à canon de 75mm mais les autres restent en service.

FCM-36 descendant d’un camion

*Le FCM-36 est un char léger très moderne en 1939, son moteur diesel lui confiant une autonomie bien plus importante que celle des Hotchkiss et Renault équipés de moteurs essence. Leur coût fait que seulement 100 exemplaires sont produits pour équiper deux bataillons de chars de combat, une commande supplémentaire de 100 exemplaires étant annulée en septembre 1939 pour rationaliser la production de chars et permettre aux FCM de se concentrer sur la production massive de B1bis.

Les 4ème et 7ème BCC sont équipés de char jusqu’en septembre 1946 quand il est remplacé par une version améliorée du FCM-36. Baptisée FCM-42, elle reçoit un canon de 47mm SA-37, un moteur diesel plus puissant et une suspensions améliorée.

Renault D-2

*Le char puissant D2 considéré tantôt comme un char moyen tantôt comme un char léger. Il équipe un unique bataillon, le 19ème BCC, ce char puissant étant néanmoins remplacé par le Hotchkiss H-39 dès septembre 1941 pour unifier l’équipement des BCC légers de la 4ème Division Cuirassée.

Somua S-35

*Le char le plus efficace de l’armée de terre en septembre 1939 est sans contestation possible le Somua S-35, un char de 19.5 tonnes rapide, bien armé (canon de 47mm capable de détruire tous les chars allemands de l’époque) et bien protégé avec néanmoins deux défauts majeurs : l’absence de radio et une tourelle monoplace, vrai plaie pour les chars français de l’époque.

Ce S-35 officiellement connu sous le nom de Automitrailleuse de Combat (AMC) va ainsi équiper les 1ère, 2ème, et 3ème (ex-1ère DC) à raison de deux GE (Groupes d’Escadron) par division soit un total de 288 AMC en ligne plus 112 en réserve.

Après 451 exemplaires produits, le S-35 est remplacé par le S-40  sur les chaines de montage, cette version se distinguant par un moteur plus puissant et une radio.

L’armée de terre dispose également de chars lourds, un char de bataille et un char de percée, le premier étant baptisé B1 avec ses variantes B1bis et B1ter alors que le second est le FCM-2C.

Commençons par le fleuron le Char B1bis. Véritable cuirassé roulant avec un canon de 75mm en casemate et un canon de 47mm en tourelle, c’est le char de percée par excellence.

Parfaitement adapté au rôle ancien des DCR, il l’est moins pour le nouveau rôle attribué aux DC notamment la percée du front et son exploitation immédiate. De plus, sa fabrication longue et couteuse est fort peu adaptée à une industrie cherchant à produire vite, bien et au coût le plus faible possible.

En septembre 1939, quatre bataillons de chars de combat sont équipés de B1bis soit un total de 136 chars en service. Deux autres bataillons sont mis sur pied durant la guerre de Pologne portant le nombre de véhicules en ligne à 204 exemplaires.

Ces six bataillons vont intégrer les trois premières DCR au sein d’une demi-brigade de deux bataillons. Deux autres bataillons sont ultérieurement mis sur pied pour armer la 4ème DCR portant le nombre de véhicules en ligne à 272 exemplaires.

Ces huit bataillons totalisent donc en ligne 272 chars en ligne auxquels s’ajoutent les chars produits pour la Grande Bretagne (75 exemplaires livrés entre juillet 1940 et janvier 1941) ainsi que 120 chars gardés en réserve pour l’entrainement, l’instruction et un volant de fonctionnement soit un total de 467 B1bis auxquels s’ajoute 34 B1 soit un total général de 501 chars produits.

Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied au printemps-été 1942 pour servir de réserve stratégique. Dans l’idée de ces concepteurs, ces bataillons doivent servir de pompier en cas de percée sur le front ou d’appuyer notre propre percée. Ces huit bataillons sont équipés d’un total de 272 B1ter, bataillons indépendants bien qu’un temps on envisagea de créer des brigades ou des divisions.

La production du B1ter s’arrête en juin 1943, les chaines libérées étant consacrées à la production d’un nouveau char lourd, baptisé ARL-44.

FCM 2C

*Le char de rupture FCM-2C est le char le plus lourd de l’armée de terre en septembre 1939 avec ses soixante-dix tonnes en ordre de combat. Issu de l’expérience du premier conflit mondial, il est construit à dix exemplaires mais seulement huit sont encore en service au 51ème BCC. Ces chars vont être remplacés par douze FCM F-1 livrés jusqu’en février 1944.