URSS (14) Histoire et Géopolitique (13)

GEOPOLITIQUE ET RELATIONS INTERNATIONALES

Avant-propos

Bien entendu dans la partie consacrée à l’histoire j’ai déjà abordé la question des relations extérieures mais il me semble intéressant d’en reparler ici en essayant d’être plus détaillé, plus précis. Je m’excuse pas avance si il y à des doublons……… .

Dès la naissance du régime soviétique, le contexte est particulièrement hostile avec de multiples révoltes internes et le soutien de pays étrangers pour des motifs tout à la fois politiques ou idéologiques.

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Grande-Bretagne (8) Géopolitique (3)

Et avec les alliés ? Et avec les neutres ?

France

-Avec la France, les relations ont toujours été empreintes d’une certaine méfiance. Au traité de Versailles en 1919, Lloyd George s’oppose aux prétentions de Clemenceau. Cette position continue durant les années vingt et le début des années trente.

-Faute de volonté mais de moyens, Paris est obligé de suivre Londres dans sa politique funeste d’apaisement.

-Dans les années quarante, l’arrivée au pouvoir du PSF entraine un rééquilibrage entre Paris et Londres, beaucoup de malentendus sont aplanis, une nouvelle Entente Cordiale voit le jour destinée à maintenir la paix en Europe au prix éventuel d’une guerre contre l’Allemagne.

-Coopération politique, économique et militaire intense. Le 4 juin 1947, à lieu une réunion entre le général Villeneuve, commandant en chef des armées et le général Brooke, chef d’état-major impérial. C’est une réunion préparatoire pour prévoir la guerre qui menace chaque jour davantage.

-Cette réunion ne fait que confirmer une politique plus ancienne de coopération militaire avec fourniture de renseignements et de matériels comme des chars français contre des radars et des sonars.

-L’accord de Windsor est signé le 7 juin 1947 et politiquement entériné par une visite d’Etat du président de la République Française, Paul Reynaud reçu par le premier ministre Clément Atlee et par le roi George VI.

-Cet accord prévoit une fois la guerre déclarée la mise en place d’un état major combiné franco-britannique installé au château de Vincennes avec un généralissime français ou anglais (le général Villeneuve occupant ce poste en septembre 1948) et un adjoint de l’autre nationalité.

Cet état-major devra coordonner les opérations menés en Europe mais également sur les autres théâtres d’opérations.

Les zones de coopération géographique sont clairement identifiées notamment sur le plan naval. La Grande Bretagne reçoit l’autorité sur la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique Nord alors que la France à autorité sur le Golfe de Gascogne, la zone Antilles-Guyane, l’Océan Indien et surtout la Méditerranée.

Sur le plan naval, chaque zone est dirigée par un état-major bi-national à dominante française ou anglaise avec des officiers liaison du pays non dominant et des pays alliés, essentiellement issus des Dominions (Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Afrique du Sud) en attendant le basculement de certains neutres (Grèce, Norvège, Turquie……). Une stratégie d’ensemble est clairement définie pour faire face à chaque adversaire.

Etats-Unis

-Relations cordiales entre Londres et Washington ce qui n’exclut pas les tensions liées notamment aux limitations des armements navals.

-Les commandes britanniques et françaises permettent d’enclencher le réarmement des Etats-Unis et de réduire le chômage, chômage qui était reparti à la hausse en 1938 en dépit des mesures interventionnistes du New Deal.

Charles Linbergh

Charles Linbergh

-Cela change à partir de 1944 avec l’élection du président Linbergh. Ce républicain farouche isolationniste refuse de se laisser entrainer dans une future guerre européenne.

Ses sympathies pour le nazisme inquiètent et le projet d’une alliance germano-américaine est redoutée dans les chancelleries même si la révélation d’un accord informel en septembre 1945 se révéla être un mensonge monté de toutes pièces par un journaliste new-yorkais, Angus Mack, journaliste en mal de notoriété.

-Les relations entre Londres et Washington deviennent un poil plus fraiches mais restent cordiales. Il faudra attendre la montée des tensions à partir du printemps 1948 pour voir le président Linbergh se rapprocher des alliés même si souhaitant sa réélection, le premier homme à avoir officiellement traverser l’Atlantique en avion doit rester prudent.

URSS

-Relations inexistantes en raison d’un très fort anti-communisme régnant parmi les élites politiques britanniques et notamment chez les conservateurs.

-La Pologne est le principal point d’achoppement, l’URSS s’étant partagé le territoire polonais avec l’Allemagne. De plus, le gouvernement britannique avait reconnu le gouvernement polonais exil qui réclamait la libération du territoire dans ses frontières de 1939.

-La dénonciation du pacte germano-soviétique en avril 1945 permet de renouer des relations a minima entre les deux pays.

-Devant la menace allemande, on étudie une coopération militaire et navale mais cela ne dépasse pas le stade des notes sans accord concret, la faute à une méfiance réciproque, la paranoïa du régime stalinien s’opposa à la crainte du bolchévisme dans les élites politiques britanniques.

Espagne et Portugal

-Intérêt commun de la France et de la Grande-Bretagne de laisser la péninsule ibérique en dehors du conflit en les dissuadant de s’allier à l’Allemagne et à l’Italie. La France s’évite l’ouverture d’un troisième front et la Grande-Bretagne rend plus facile le contrôle de la Méditerranée.

-Pressions diplomatiques associée à une aide économique pour permettre le développement du Portugal et la reconstruction d’une Espagne dévastée par une guerre de près de trois ans (juillet 1936-mars 1939).

-Des plans sont néanmoins dressés au cas où notamment la saisie des possessions coloniales de l’Espagne (Maroc espagnol, Guinée espagnole, Canaries), des îles Baléares et pour le Portugal, l’occupation des colonies africaines (Cap Vert, Guinée portugaise, Sao Tome et Principe, Angola, Mozambique) ainsi que ses possessions insulaires, Madère et les Açores.

-Des opérations contre les métropoles sont également envisagées mais vues comme compliquées en raison d’un terrain difficile et d’infrastructures ravagées (Espagne) ou quasi-inexistantes (Portugal) sans oublier le précédent historique de Napoléon qui s’englua dans une guérilla qui lui coûta cher.

Turquie

-Relations diplomatiques normales entre Londres et Ankara, pas de différents coloniaux entre les deux pays. L’action de la Grande-Bretagne en Turquie se limite à une action de propagande, diplomatique, culturelle et économique avec une aide au développement ainsi que la fourniture d’armes pour moderniser l’armée turque qui souhaite faire pièce à une URSS jugée menaçante, URSS qui fidèle à la tradition russe lorgne vers les mers chaudes.

Les autres puissances neutres

-Suisse : relations normales aucune aménité entre Londres et Berne, la neutralité de la Confédération Helvétique étant bien commode pour servir d’intermédiaire avec des pays avec qui on à pas de relations diplomatiques en bonne et due forme.

-Pays Scandinaves : Relations normales avec ces pays, puissances secondaires mais dont le positionnement stratégique est utile pour encercler l’Allemagne, la corseter. La Grande-Bretagne envisage ainsi une alliance poussée avec le Danemark et la Norvège avec le déploiement de troupes mais Oslo et Copenhague refusent de déroger à leur sacro-sainte neutralité.

En cas de menace allemande, il faudra attendre que Berlin face le premier pas avant d’envisager l’envoi de troupes, d’avions et de navires.

Quand à la Suède et à la Finlande, la première à des liens économiques très étroits avec l’Allemagne alors que la seconde envisage de prendre sa revanche sur l’URSS et pense s’appuyer davantage sur l’Allemagne que sur les alliés pour obtenir armes, conseillers militaires voir un appui sous la forme de troupes combattantes.

-Irlande : Les relations entre Dublin et Londres sont fraiches surtout depuis 1937 et l’indépendance complète de la partie sud de l’île, devenue la République d’Irlande en remplacement de l’Etat Libre d’Irlande (équivalent d’un dominion).

Elles sont d’autant plus fraiches que Dublin n’exclut pas de parvenir à la réunification de l’île en annexant les six comtés qui forment l’Irlande du Nord ou Ulster pour les loyalistes.

Si un conflit armé est exclu, cet objectif qui explique la tolérance du gouvernement irlandais vis à vis de l’IRA rend compliquées les relations entre irlandais et britanniques.

Des plans sont néanmoins dressés pour occuper le pays en cas de basculement de la verte Eirin dans le camp allemand ou en cas de menace allemande directe sur le pays, le positionnement de l’Irlande en faisant un tremplin rêvé pour mener une guerre au commerce dans l’Atlantique.

Comme ces deux menaces sont faibles voir inexistantes, ces plans ressemblent plus à des exercices de simulation (wargames) qu’à des plans de bataille en bonne et due forme.

Le plan le plus abouti (dont la publication dans le Times en 1974 provoqua une crise diplomatique entre Dublin et Londres dont les relations étaient déjà malmenées avec les Troubles en Irlande du Nord) prévoyait la saisie des ports de l’île comme Dublin, Galway et Cork, une opération aéroportée sur l’aéroport de Dublin suivit d’un raid motorisé mené depuis l’Ulster.

Inutile de préciser que la Royal Navy aurait établit un solide blocus de l’île avec ou sans le concours de la marine française.

21-Armée de terre (1)

21°) ARMÉE DE TERRE

A-Une brève histoire de l’armée de terre

Avant-propos

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Le 14 juillet 1919, l’armée française défile sur les Champs Élysées, un défilé de la victoire digne de la première armée du monde, la plus puissante, la plus moderne, armée qui porta sur ses épaules l’essentiel du conflit, étant présente sur le front occidental, en Orient mais également sur le front italien où son intervention fût précieuse pour requinquer une armée italienne laminée à Caporetto.

Bien que l’armistice eut été signé le 11 novembre 1918, la première guerre mondiale ne s’achève vraiment pour l’armée française qu’en octobre 1919 et plus précisément entre le 14 et le 16 octobre quand une série de décrets acte la démobilisation générale, une loi proclamant la fin du conflit le 23 octobre 1919.

Bien que la paix soit de retour sur le continent européen, l’armée de terre ne croise pas les bras et reste mobilisée dans une phase de fermeté qui la voit occuper la Rhur (avec des unités belges) pour contraindre l’Allemagne à payer, intervenir en Europe centrale ou orientale au nom de la SDN sans oublier les interventions dans les colonies notamment dans le Rif soulevé par Abd-el-Kader. La fin des années vingt marque la fin de cette période active.

Le pacifisme de l’opinion, la crise économique et des budgets réduits empêche l’armée de terre de poursuivre sa modernisation ou de maintenir au niveau d’excellence qu’elle avait atteint au printemps 1918 quand une succession d’offensives (où certains on pu voir les prémices de l’art opératif brillamment théorisé par les soviétiques) avaient acculé l’Allemagne à l’armistice ce qui abrégea le conflit mais permit à l’armée allemande de nier sa défaite et de lancer la légende du «coup de poignard dans le dos» (Dolchstoßlegende).

Suite à la démobilisation, l’armée de terre aligne encore des effectifs importants avec 600000 hommes disposant de 2600 chars, 2500 avions et plus de 12000 hommes mais cet état de fait dure peu, le nombre de divisions ne cesse de diminuer passant de 55 en 1919 à seulement 20, ces unités disposant d’effectifs fort réduits, nécessitant une mobilisation partielle pour conduire des opérations de guerre.

Voilà pourquoi la France n’à pu s’opposer à l’expansionnisme hitlérien jusqu’en septembre 1939, donnant à penser au dictateur nazi qu’il avait tous les droits et un sentiment d’invincibilité. Même la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 ne l’inquiéta pas et on peu se mettre à frémir en imaginant ce qui se serait passé si Adolf Hitler n’était pas mort dans l’attentat du 9 novembre 1939 qui mit en  pratique fin à la guerre de Pologne.

Cette première alerte aurait pu passer pour pertes et profits et ne rien changer à la situation politique et militaire de la France.

Fort heureusement, ce court conflit servit de véritable électrochoc au sein de la classe politique et de l’opinion qui mit de côté le pacifisme intégral des années vingt et trente pour une politique ferme contre l’Allemagne qui n’avait pas abandonné ces funestes projets d’annexion.

Bien entendu et comme nous l’avons pour ce qui concerne le PSF, les française ne sont pas passés du pacifisme intégral d’août 1939 à un bellicisme agressif. Ils se sont résignés à un nouveau conflit européen vingt-ans après la «der des ders» et veulent tout faire pour la gagner quitte à rayer l’Allemagne de la carte.
Comme le dira le colonel de La Rocque à l’un de ses adjoints «Si les allemands déclarent à nouveau la guerre, cette fois nous irons jusqu’à Berlin».

L’évolution générale de l’armée de terre

Comme nous l’avons vu plus haut, la stratégie offensive destinée à prendre l’Allemagne à la gorge dès qu’elle violerait le traité de Versailles devient caduque à partir de 1926. Ce changement de posture s’explique à la fois par une opinion publique frileuse, le vieillissement du corps des officiers généraux et le manque de moyens.

La France adopte une stratégie clairement défensive symbolisée par la «muraille de France» ou ligne Maginot qui couvre la frontière de Nice à Sedan, négligeant la frontière belge en raison de l’alliance franco-belge et de la nécessite de se conserver un espace de manoeuvre où affronter l’armée allemande sans risquer de provoquer de nouveaux dégâts au territoire national.

Si les crédits accordés à la ligne Maginot n’ont pas été vraiment au détriment des unités de manoeuvre, la construction de cette ligne fortifiée devient le prétexte commode pour réduire les crédits sous le fallacieux prétexte que l’on investira quand la menace extérieure nous y poussera.

La mécanisation (combattre avec des engins blindés) et la motorisation (la faculté de se déplacer en engins mécaniques) _la première concernant plus la cavalerie et la seconde l’infanterie_ n’est donc que partielle et la cavalerie dispose encore en septembre 1939 d’unités à cheval.

Avant la mobilisation consécutive à l’agression allemande contre la Pologne, l’armée de terre aligne les divisions suivantes :

-Dix Divisions d’Infanterie de type Nord-Est : 10ème DI (Paris) 11ème DI (Nancy) 13ème DI (Besançon), 14ème DI (Colmar), 19ème DI (Rennes), 21ème DI (Nantes), 23ème DI (Tours), 36ème DI (Bayonne), 42ème DI (Metz) et 43ème DI (Strasbourg)

-Sept Divisions d’Infanterie Motorisée : 1ère DIM (Lille), 3ème DIM (Amiens), 5ème DIM (Caen), 9ème DIM (Bourges), 12ème DIM (Châlons sur Saône), 15ème DIM (Dijon), 25ème DIM (Clermont-Ferrand)

-Deux Division d’Infanterie Alpine : 27ème DIA (Grenoble)  et 31ème DIA (Montpelier)

-Quatre Divisions d’Infanterie Coloniale : 1ère DIC à Bordeaux, 2ème DIC à Toulon, 3ème DIC à Paris et 4ème DIC à Toulouse.

-Quatre divisions d’infanterie nord-africaine :1ère DINA à Lyon 2ème DINA à Toulon, 3ème DINA à Poitiers et 4ème DINA à Épinal

-Trois divisions de cavalerie : la 1ère DC d’Orléans, la 2ème DC de Lunéville et la 3ème DC de Paris auxquelles s’ajoutent la 1ère brigade de spahis (Compiègne) et la 2ème brigade de spahis (Orange).

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M), les unités s’approchant le plus des Panzerdivisionen allemandes puisque unités entièrement mécanisées et motorisées.
-Les sept régiments indépendants de cavalerie forment en temps de paix  trois groupements de cavalerie  qui doivent à la mobilisation servir de base à la mise sur pied des GRDI (Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie) et des GRCA (Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée). Ces régiments ne sont pas reconstitués, les GRDI étant préservés après la démobilisation.

On trouve également douze régiments de chars de combat qui vont disparaître à la mobilisation pour donner naissance à des Bataillons de Chars de Combat (BCC).

L’artillerie est également présente avec différents types de régiments allant du régiment d’artillerie de campagne au régiment d’artillerie sur voie ferrée en passant par les régiments d’artillerie lourde de corps d’armée, les régiments d’artillerie mobile fortifiée ou d’artillerie de position, ces deux types d’unités assurant l’appui des ouvrages de la ligne Maginot.

Dès la fin du mois d’août 1939, les premiers réservistes sont rappelés pour compléter les unités pendant que les structures de mobilisation sont mises en place notamment les état-majors de groupe d’armée, d’armées et de corps d’armée.

La guerre déclarée, la mobilisation bat son plein, orchestrée par les régions militaires qui complètent d’abord les effectifs des divisions de première échelon qui montent aussitôt à la frontière avant de mettre sur pied des unités de réserve à partir des réservistes les plus âgés, unités assez mal équipées ce qui n’aura aucune conséquence puisque mis à part quelques escarmouches entre patrouilles, il n’y eut aucun combat sur le front occidental.

En quelques semaines, l’armée de terre se métamorphose approchant la centaine d’unités de combat réparties en trois groupes d’armées + une armée des Alpes, huit armées (plus une en réserve face à la Suisse), vingt-six corps d’armée et 94 divisions.

Sur ces quatre-vingt quatorze divisions, on compte une grande majorité de divisions d’infanterie, les GU n’appartenant pas cette arme étant les trois divisions de cavalerie et les deux D.L.M  en  attendant la mise sur pied de deux autres divisions légères mécaniques (par transformation des unités de cavalerie) et surtout des DCr ou Divisions Cuirassés de Réserve que l’on pourrait résumer par des D.L.M avec des chars lourds.

La montée en puissance de l’armée de terre ne cesse pas avec la fin de la guerre de Pologne le 15 décembre 1939. A cette situation paradoxale deux raisons : une méfiance vis à vis de l’Allemagne et l’inertie propre à une armée qui atteint les cinq millions d’hommes.

A partir du printemps 1940 règne une paix armée en Europe. La question n’est pas de savoir si la guerre éclatera en Europe mais quant.

La prudence voudrait que l’armée reste sur le pied de guerre mais c’est économiquement impossible de maintenir autant d’hommes sous les drapeaux sans parler du facteur moral, les trois mois d’inaction ayant provoqué leur lot de dépressions et de mutilations volontaires.

La démobilisation va donc être engagée à partir de mars 1940 mais hors de question de faire ça à la hussarde. Il faut préserver les compétences et rester cohérent dans le schéma organisationnel sans parler du simple côte pratique de démobiliser plusieurs millions d’hommes, de garder une trace de leur engagement, de les avertir de leur rôle de réserviste sans parler du matériel à stocker et/ou à détruire ainsi que de la remise en état de terrains et de battisses.

Cette démobilisation achevée à l’automne 1940 ne s’accompagne pas d’un retour à la situation antérieure au conflit.

En effet, le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Villeneuve qui succède à Gamelin en juin 1940 est bien décidé à moderniser l’armée pour que quand un nouveau conflit éclatera en Europe, elle soit capable de faire face à des menaces limitées sans mobiliser et si la menace se révèle immédiatement mortelle de tenir le choc le temps que la mobilisation mette sur pied les divisions nécessaires au combat.

Pour cela, le général Pierre Harcourt de Villeneuve va renouer avec les mannes du général Estienne en adoptant un ton résolument offensif. À l’armée à dominante d’infanterie, succède l’armée villeneuvienne où les unités mécanisées et blindées forment le fer de lance d’une armée sur la voie d’une motorisation complète ou peu s’en faut.