Pologne et Pays Neutres (51) Suisse (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.4 : SUISSE

AVANT-PROPOS

En ce 12 août 2021 je commence la quatrième fiche synthétique de mon uchronie. Après les cinquante pages de la synthèse consacrée à l’Irlande portant le total des pages écrites à 10048 pages je repars sur le continent avec une fiche consacrée à la Suisse pardon à la Confédération Helvétique.

Quand j’ai commencé mon uchronie en 2011 je ne pensai pas y être encore en 2021. Les choses ont beaucoup évolué, l’œuvre est devenu un monstre tellement tentaculaire que j’ai du mal parfois à m’y retrouver.

Il y à naturellement de nombreuses contradictions, des erreurs qui sont liés à la fois à mon propre manque de vigilance mais aussi parce que j’apprends parfois par de nouvelles recherches que telle arme, tel char, tel avion à finalement été utilisé par ce pays (le cas inverse arrive parfois).

A l’origine j’avais prévu pas moins de quinze tomes que l’ont peu classer en deux catégories, les majeurs et les mineurs.

Les sept premiers sont les majeurs puisqu’ils devaient concerner la France (Tome 1), l’Allemagne (Tome 2), la Grande-Bretagne (Tome 3), les Etats-Unis (Tome 4), le Japon et ses alliés (Tome 5), l’Italie (Tome 6) et l’URSS (Tome 7).

Les tomes suivants dits tomes mineurs concernent soit des pays belligérants et des pays neutres que ce soit le Canada et l’Afrique du Sud pour le Tome 8, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour le Tome 9, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas pour le Tome 10, la Turquie pour le Tome 11, l’Espagne et le Portugal pour le Tome 12, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Suisse et la République d’Irlande pour le Tome 13, la Grèce, la Yougoslavie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie pour le Tome 14 et enfin un Tome 15 concernant l’Amérique Centrale et Latine (Brésil, Argentine, Chili, Uruguay Paraguay, Pérou, Equateur, Bolivie, Colombie, Venezuela, Mexique et les petits états)

Au final le nombre de Tomes va tomber à seulement douze. Si les sept premiers tomes dit tomes majeurs ne vont pas évoluer, les tomes dits mineurs vont être différents.

Le Tome 8 va ainsi regrouper les quatre Dominions (Canada, Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande), le Tome 9 va aborder les pays ayant formé après guerre le Benelux alors que le Tome 10 ne va plus parler de la Turquie mais de la Scandinavie (Norvège, Danemark et Finlande).

Le Tome 11 à dit adieu à la péninsule ibérique au profit d’une autre péninsule, la péninsule balkanique avec son extension de l’Europe du Milieu ou Mitteleuropa. Ce sera le plus gros tome avec six volumes (Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, Grèce et Slovaquie).

Enfin le Tome 12 va regrouper la Pologne en exil et les pays neutres. J’ai hésité à maintenir ce tome pour gagner du temps mais je me suis dit que d’une je n’étais pas à quelques semaines près et que ces pays neutres ont aussi joué un rôle dans le conflit, un rôle d’influence, un rôle d’intermédiaire entre les bélligérants.

Pour ce dernier tome j’ai décidé de réaliser des fiches synthétiques pour cadrer leur position qui sera assez semblable à celle historique puisqu’aucun événement ne peut par exemple pousser la Suisse à entrer en guerre aux côtés des alliés ou de l’Axe (la neutralité helvétique est précieuse pour les deux belligérants puisque cela permet à Berne de servir d’intermédiaire aussi discret qu’efficace).

Cette remarque s’applique aussi à l’Irlande, à la Suède, à la Turquie, au Portugal et à l’Espagne. Pour le Portugal de Salazar l’important est la survie du régime et le madré Antonio de Oliveira n’à aucun intérêt à entrer en guerre à l’exception peut être d’une attaque de ses colonies ou des îles. Pour l’Espagne c’est la situation économique qui est certes meilleure qu’OTL mais encore difficile. L’Axe n’à guère d’intérêt à attirer l’Espagne et les alliés non plus.

Du 12 avril au 8 mai 2021 j’ai réalisé mon volume 6 sur la Slovaquie et j’ai décidé d’intégrer des éléments de l’histoire de la Tchécoslovaquie ce qui m’à fait dire que je devais aussi parler de la Pologne.

J’ai donc décidé dans ce Tome 12 d’intégrer une partie sur la Pologne avec normalement une chronologie étoffée sur la période avant septembre 1939, une brève description de la guerre de Pologne, la mise en place d’un gouvernement polonais en exil à Nantes, la reconstitution d’une armée polonaise qui disposera d’unités terrestres, aériennes et navales, les premières sous commandement français alors que la marine polonaise libre était placée sous l’autorité de la Royal Navy car opérant en mer du Nord.

Ces F.S ou Fiches Synthétiques devaient s’organiser de la façon suivante :

-Une partie chronologique avec tout d’abord les 50 ou 100 dates (chiffres non contractuels) à retenir de l’histoire du pays concerné.

-Des chronologies thématiques (chronologie politique, militaire et si ressources suffisantes chronologies économiques et culturelles)

-Des notices biographiques sur les grands personnages de l’histoire du pays concerné. Ce sera un choix totalement arbitraire mais qui je l’espère restera pleinement cohérent.

-La partie uchronique avec l’histoire au delà du point de divergence de mon œuvre (à savoir le 9 novembre 1939 et la mort d’Hitler dans un attentat)

-Une partie consacrée aux forces armées du pays concerné avec une rapide chronologie, un Ordre de bataille étoffé (si les sources nécessaires sont accessibles à votre serviteur) et de la liste des principales armes, des principaux véhicules, des principaux navires et aéronefs.

Je serai un peu plus prolixe, un peu plus volubile si le modèle est un modèle national ou un appareil peu connu. Inutile par exemple de présenter le Messerschmitt Me-109 en service en Suisse ou le Panzer IV utilisé par l’armée espagnole.

J’ai donc dis devais s’organiser ainsi. J’ai décidé de faire évoluer le plan pour les F.S n°3 et 4 consacrées respectivement à l’Irlande et à la Suisse qui s’organiseront de la façon suivante :

-Une chronologie générale

-Les grandes figures de l’histoire irlandaise et de l’histoire suisse

-Une histoire plus détaillé qui pourrait débuter dès 1937 pour l’Irlande quand celle-ci devient pleinement indépendante quinze ans après la naissance de l’Etat Libre d’Irlande et qui débutera en novembre 1939 pour la Suisse faute d’événements saillant.

-Les forces armées irlandaises et suisses : histoire militaire, organisation et armement

En revanche pour les F.S5 (Suède), F.S6 (Pologne) et F.S7 (Turquie) je reviendrai au plan initial sauf nouveau changement mais ça chers lecteurs vous commencez à être habitués.

Une fois le Tome 12 terminé, je pense réaliser un gros travail préparatoire que je conserverai pour moi (notamment un document cadre sur le conflit), je rédigerai peut être des annexes que je publierai en alternance avec les récits du conflit. Je pense aussi à une chronologie générale du conflit qui elle pourrait être publiée.

Je n’exclu pas de réaliser des mises à jour ou de poster des textes préparatoires pour vous permettre chers lecteurs de patienter avant le postage du conflit en bonne et due forme.

Je rédigerai ensuite le récit du conflit en m’inspirant je le reconnais de l’uchronie « 1940 La France continue » qui imagine une France continuant la guerre en juin 1940 plutôt que de se vautrer dans le renoncement avec peut être des personnages fictifs dont on pourrait suivre les aventures. Là encore le récit se découpera en différents tomes (sous réserve d’éventuelles modifications) :

-Tome 1 ou 13 : Europe occidentale et Balkans

-Tome 2 ou 14 : Méditerranée et Afrique (Nord et orientale)

-Tome 3 ou 15: Front russe

-Tome 4 ou 16 : Asie-Pacifique

-Tome 5 ou 17 : Peut être un tome consacré à l’arrière plan politique et diplomatique voir sur l’évolution d’après guerre avec par exemple deux guerres du Vietnam (1960-1967 et 1970-77). Cela sera aussi peut être l’occasion d’imaginer l’évolution des différentes armes en parlant davantage des équipements qui vont équiper notamment l’armée française.

Comme depuis le début chers amis lecteurs, chers amis suiveurs bonne lecture. C’est vous par vos réactions, vos commentaires qui me donnent envie de continuer et d’achever cette œuvre monumentale au point que je crains un grande vide une fois celle-ci terminée. Peut être pourrai-je enfin me lancer sérieusement dans l’écriture d’un roman, un projet que je caresse depuis cinq six ans maintenant.

Henri Dunant

Cette quatrième fiche synthétique est donc consacrée à la patrie de Guillaume Tell, de Jomini, d’Henri Dunant, la Suisse.

Cet état né de l’union de trois cantons au 13ème siècle est resté indépendant durant quasiment toute son existence à la fois parce que son relief rendait la défense aisée, par sa position centrale et aussi parce que la neutralité suisse avait beaucoup d’avantages pour les relations internationales et l’espionnage.

On à l’image d’un pays à l’histoire paisible mais en réalité l’histoire suisse à connu de véritables coups de chaud. Le pays à notamment du s’imposer contre les habsbourgs dont la dynastie originaire de Haute-Alsace à tenté de faire des cantons suisses une possession patrimoniale.

Une fois l’indépendance acquise à la toute fin du 15ème siècle (traité de Bâle du 22 septembre 1499), la Suisse va être au cœur de soubresauts que va connaître l’Europe durant la Renaissance notamment les questions religieuses.

C’est aussi à cette époque que le soldat suisse acquiert sa réputation de meilleur soldat d’Europe ce qui lui voudra d’être très recherché par les différentes monarchies européennes avant que la France suite à la paix perpétuelle du 7 novembre 1515 ne s’en réserve le monopole. Des unités suisses vont ainsi protéger les rois de France jusqu’en 1792 puis de 1815 à 1835 quand décision est prise de regrouper tous les soldats étrangers au sein d’un corps améné à devenir légendaire : la Légion Etrangère.

La France justement tenta sous le Directoire et sous Napoléon 1er de mettre au pas les turbulents cantons suisses mais sans succès la république helvétique se révélant être un échec (1798-1803). Néanmoins cette tentative unitaire à ancré l’idée d’égalité entre les cantons, idée qui ne sera jamais remis en cause.

Au cours du 19ème siècle comme ailleurs en Europe il y eu un conflit entre libéraux et conservateurs aboutissant à la Guerre du Sonderbund (3 au 29 novembre 1847) qui la dernière guerre à laquelle à participé le pays, la Suisse restant neutre durant les deux conflits mondiaux sans que cela gêne le moins du monde les différents belligérants.

Pologne et Pays Neutres (50) Irlande (11)

Marine

Historique

Quand l’Etat Libre d’Irlande voit le jour en 1921 la nouvelle nation n’à pas à se préoccuper de créer une puissante marine de guerre pour dire «ici c’est moi le patron !». La raison est simple : le traité anglo-irlandais donnait à la Royal Navy la mission de protéger les côtes et les atterrages immédiats de l’Irlande, laissant à l’état irlandais les douanes et la police des pêches.

Pour mener cette mission de défense côtière la Royal Navy conserve trois ports, les ports du Traité à savoir Berehaven (aujourd’hui Castletownbere) et Queenstown (aujourd’hui Cobh) dans le comté de Cork et Lough Swilly dans le comté du Donegal, les deux premiers se trouvant dans le sud du pays, le troisième dans le nord à proximité de l’Ulster.

En 1938 après six années de bisbilles un accord douanier est signé entre Londres et Dublin. A cette occasion la marine britannique quitte définitivement l’Irlande du Sud ce qui aurrait du pousser le gouvernement irlandais à se décider à construire une marine digne de ce nom.

Ce n’est pas le cas. Le Marine & Coastwatching Service créé en septembre 1939 ne dispose à ses débuts que de deux navires de police des pêches à savoir le Muirchu et le Fort Rannoch, deux navires cédés par les britanniques.

Vedette lance-torpilles M1

Quand éclate la guerre de Pologne le gouvernement irlandais décide d’acquérir deux vedettes rapides auprès de Vosper-Thornycroft. Elles sont suivis après la fin du conflit de quatre navires portant la flotte à six. En septembre 1943 une nouvelle livraison porte la flotte à douze navires chargés de la défense des côtes en cas de débarquement ennemi.

Aux côtés de ces vedettes vont s’ajouter des navires de transport et des chalutiers armés.

En 1946 le Marine and Coastwatching Service est rebaptisé Irish Naval Service (An t Seirbhis Chabhlaigh) et deux ans plus tard quand éclate le second conflit mondial il comprend les navires suivants :

-Quatre chalutiers armés baptisés Cliona Maev Macha Fola

-Douze vedettes lance-torpilles (M1 à M12) répartis en deux flottilles de six

-Patrouilleurs Muirchu et Fort Rannoch

-Un pétrolier Liffey

-Deux caboteurs Boyne et Blackwater

-Des batteries côtières

En revanche pas d’aviation les hydravions étant mis en œuvre par le corps aérien comme nous l’avons vu.

Dès le déclenchement du conflit la «marine irlandaise» va mouiller des champs de mines pour protéger les côtes et les accès immédiats aux ports irlandais. Des nouvelles batteries côtières sont construites. Elle va mener des patrouilles pour protéger la navigation irlandaise contre toutes les menaces potentielles.

La corvette HMS Myositis de classe Flower

Durant le conflit quatre escorteurs inspirés des Flower sont construits et mis en service. En réalité il s’agit d’une fiction destiné à ménager la susceptibilité allemande. Si les quatre navires (L’Eithne Le Roisin Le Niamh et Le Orla) sont bien construits en Irlande, les plans, l’armement et nombre d’informations ont été transmis par Londres.

Cette petite marine va devoir s’employer pour protéger la petite marine marchande irlandaise victime d’attaque de sous-marins allemands. Elle ne va couler aucun sous-marin mais son action musclée va perturber les mouvements des U-Boot et les rendre plus prudents.

En avril 1954 quand la guerre se termine la marine irlandaise comprend quatre escorteurs, trois chalutiers armés (le Cliona à été victime d’une mine…..irlandaise ayant dérivé), dix vedettes (deux perdues lors d’une colision le 2 mars 1952), deux patrouilleurs, un pétrolier et deux caboteurs.

Des navires étrangers de seconde main ne vont pas tarder à renforcer/régénérer la marine irlandaise qui va cependant rester une Green Water Navy (marine des eaux vertes) destinée surtout à protéger les eaux territoriales, la navigation, à assurer la police des pêche et des missions douanières.

Organisation

-Un état-major installé à Dublin

-Naval Squadron

Cet escadron naval regroupe tous les navires de combat de la marine irlandaise :

-Quatre escorteurs (mis en service durant le second conflit mondial) L’Eithne Le Roisin Le Niamh Le Orla

-Quatre chalutiers armés Le Cliona Le Maev Le Macha et Le Fola

-Patrouilleurs Murchui et Fort Rannoch

-Naval Support Squadron

-Dépôts logistiques à Dublin, Wexford et Cork

-Ecole navale à Dublin

-Un pétrolier Liffey

-Deux caboteurs Boyne et Blackwater

-Naval Coastal Group

-Douze vedettes lance-torpilles M-1 à M-12

-Batteries côtières

Navires en service

Escorteurs classe Eithne

Ces quatre escorteurs sont en réalité une version irlandaise de la Classe Flower. Les irlandais se sont officiellement inspirés de ce modèle mais en réalité ils ont bénéficié de l’aide discrète des britanniques. Il y à quelques différences mais elles sont davantage de l’ordre du cosmétique.

L’Eithne est mis en service en juin 1949, Le Roisin en janvier 1950, Le Niamh et l’Orla en juin 1950.

Ces navires vont mener des patrouilles de protection du trafic commercial, vont traquer des sous-marins mais ne vont couler aucun submersible.

Ces navires sont désarmés respectivement en 1970, 1972, 1973 et 1975. Ils vont être remplacés par des patrouilleurs océaniques de conception et de fabrication irlandaise.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 995 tonnes pleine charge 1200 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 10.10m tirant d’eau 3.60m

Propulsion : machine à vapeur à triple détente de 4 cylindres et deux chaudières développant 2750ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 15.5 noeuds distance franchissable 3456 miles nautiques à 12 noeuds

Electronique : un radar de navigation, un radar de veille combinée et un Asdic

Armement : un canon de 4 pouces (102mm) BL Mark IX à l’avant, deux affûts ddoubles de 40mm Bofors de deux pouces, des mitrailleuses Lewis ou Vickers et 40 grenades ASM.

Equipage : 85 officiers et marins

Chalutiers armés

Ces navires sont les premiers vrais navires de guerre irlandais. Ils sont construits au pays en reprennant les plans d’un chalutier de haute mer. Ces quatre navires baptisés Le Cliona Le Maev Le Macha et Le Fola sont mis en service respectivement en septembre 1940, mars 1941, janvier 1942 et août 1942.

Le Cliona est coulé le 14 mars 1952 en faisant détonner une mine……irlandaise ayant dérivé. Le navire coulant rapidement avec 17 morts et 23 survivants. Les autres navires sont désarmés en 1955 (Le Maev), 1956 (Le Macha) et 1957 (Le Fola).

Ces chalutiers armés déplaçaient 545 tonnes, mesurant 50m de long sur 8.43m de large pour un tirant d’eau de 3.30m. Avec ses deux moteurs diesels développant 850ch ces navires pouvaient atteindre la vitesse maximale de 12 nœuds (10.5 en pratique). Son équipage de 40 hommes met en œuvre l’armement avec un canon de 76mm, quatre canons de 20mm Polsten, quatre mitrailleuses de 7.7mm et vingt-quatre grenades ASM.

Le Muirchu

Ce patrouilleur transféré en 1922 par les britanniques était un navire de 323 tonnes, mesurant 47m et armé d’un puis deux canons de 76.2mm. Ce navire est désarmé en mars 1949 en raison d’avaries mécaniques. Il est démoli après guerre.

Le Fort Rannoch

Le Fort Rannoch était un autre patrouilleur de construction britannique acquis à la fin des années trente. Il est utilisé jusqu’au 17 avril 1950 quand il est victime à quai d’un incendie. Le sinistre ne fait aucune victime mais l’état du navire est tel que les autorités irlandaises renoncent à la remettre en état à fortiori en service.

C’était un navire de 258 tonnes de jauge brute (113 tonnes net) mesurant 38.40m de long pour 7.01m de large et un tirant d’eau de 3.66m. Il était armé d’un canon de 20mm Polsten et de deux mitrailleuses de 7.7mm.

Pétrolier Liffey

Ce pétrolier-caboteur acquis aux Etats-Unis en octobre 1947 est destiné à avitailler les navire militaires irlandais et secondairement remplir les dépôts de carburant. Il s’échoue à l’entrée du port de Dublin en mars 1950 mais est remis à flot, remis en état et remis en service. Il est désarmé en 1960 sans être remplacé.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1055 tW pleine charge 2830 tonnes 1500 tonnes de port en lourd

Dimensions :longueurs hors tout 74.60m largeur 11.58m tirant d’eau : (avant) 1.55 à 4.80m (arrière) 3.25 à 5.20m

Propulsion : une turbine à engrenages Westinghouse de 1000ch alimentée en vapeur par une chaudière Westinghouse et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 10.5 noeuds rayon d’action 1580 miles nautiques à 10 noeuds

Capacités : quatre tanks centraux d’une capacité globale de 1620 mètres cubes soit 1500 tonnes, une cale à approvisionnement (35000m litres de vin 48 tonnes de vivres divers). Le ravitaillement en carburant s’effectue par deux nourrices avec 5 manches de douze cm et 3 manches de 16cm

Armement : un canon de 76.2mm, deux canons de 20mm Polsten et deux mitrailleuses de 7.7mm

Equipage : 2 officiers et 50 hommes en temps de paix, 3 officiers et 60 hommes en temps de paix

Caboteurs Boyne et Blackwater

Ces deux navires construits en Ecosse sont mis en service respectivement en septembre 1945 et mai 1946. Ils vont assurer durant la guerre des rotations avec la Grande-Bretagne pour transporter tant de la nourriture que des fournitures militaires. Ils échappent miraculeusement à la destruction et sont désarmés respectivement en 1969 et 1971. Un petit roulier le Liffey à été acquis en 1973 mais désarmé dès 1980 et depuis le service naval irlandais dépend de sa marine marchande

Ces deux caboteurs déplaçaient 3000 tonnes à pleine charge, mesuraient 72m de long sur 12 de large pour un tirant d’eau moyen d 5.30m. Propulsés par des turbines à engrenages alimentées par des chaudières vapeur ils pouvaient atteindre la vitesse de 10 nœuds et franchir 2000 miles nautiques à 20 nœuds. Ils pouvaient transporter 1500 tonnes de charge et leur armement se composait d’un canon de 76.2mm, de quatre canons de 20mm Polsten et de deux mitrailleuses de 7.7mm.

Vedettes lance-torpilles

En septembre 1939 l’Irlande à acquis deux vedettes lance-torpilles auprès de Vosper-Thornycroft, deux vedettes initialement commandées par l’Estonie et la Lettonie mais que ces deux états n’ont pu recevoir en raison de leur basculement dans l’orbite soviétique, prélude à une annexion en bonne et due forme.

A ces deux embarcations de 22m de long, 2300ch de puissance propulsive pour une vitesse de 40 ans armées de deux mitrailleuses de 7.7mm et deux tubes lance-torpilles de 457mm vont s’ajouter quatre autres exemplaires identiques (M-3 à M-6) et six exemplaires plus gros et plus lents (37 nœuds) mais nettement mieux armés avec un canon de 20mm, deux mitrailleuses de 7.7mm, deux tubes lance-torpilles de 457mm pouvant être remplacés par des mines ou des grenades ASM.

Dix de ces vedettes survivent au second conflit mondial, la M-4 et la M-7 entrant en collision le 2 mars 1952 lors d’un exercice de nuit.

Si la première nommée coule rapidement, la M-7 parvient à rentrer mais elle est tellement endommagée qu’elle est immédiatement retirée du service. Les autres vedettes sont désarmées au début des années soixante et démolies sauf la M-3 préservée au musée d’histoire de Dublin.

Batteries côtières

Aux batteries côtières défendant les anciens du ports du Traité vont s’ajouter d’autres positions pour couvrir notamment la région de Dublin.

Ces positions aménagées durant le conflit vont recevoir d’anciens canons de marine britanniques issus d’unités désarmées donc pas toujours de première jeunesse mais la marine irlandaise n’avait pas beaucoup de choix en matière d’équipements.

C’est ainsi que les approches de Dublin furent couverts de 1948 à 1956 par quatre canons de 6 pouces montés sur un socle en béton et légèrement protégés. Ces pièces n’eurent pas à s’employer pour repousser un débarquement allemand mais tirèrent régulièrement pour la propagande et des visiteurs de marque.

D’autres positions furent aménagées mais certains ne reçurent jamais les pièces prévues ! Les positions en béton furent donc utilisés comme poste d’observation pour la surveillance côtière avant d’être rapidement abandonnés puis oubliés jusqu’au début des années quatre-vingt où certains furent dégagés de la végétation et transformés en hôtels insolites.

La totalité des batteries côtières irlandaises ont été désactivées en 1960, les pièces ferraillées et pour certains emplacements pétardés à la dynamite. D’autres trop gros ont été laissés en l’état mais on sait aujourd’hui que certains sous leur allure extérieure décrépit avaient été réaménagés comme abris anti-atomique.

FIN

Pologne et Pays Neutres (46) Irlande (7)

Une histoire militaire de l’Irlande (3) : première guerre mondiale, indépendance et guerre civile

Soldat britannique de la première guerre mondiale

Durant le premier conflit mondial en dépit des débats sur la nécessité ou non de soutenir George V, les irlandais ont fait leur part avec 206000 hommes engagés ce qui est tout sauf un chiffre insignifiant.

58000 étaient déjà enrolés quand la guerre éclate (21000 réguliers, 18000 réservistes, 12000 appartenant à la réserve spéciale, 5000 marins et 2000 officiers). 130000 volontaires vont rejoindre les rangs de l’armée britannique durant le conflit (NdA j’ignore la raison de l’écart obtenu entre le chiffre total des engagés et le chiffre de 188000 obtenu). Les principaux régions pourvoyeuses sont l’Ulster, le Leinster et le Munster, les autres régions étant plus en retrait.

Les unités irlandaises sont regroupées au sein de trois divisions, les 10th 16thet 36th (Irish) Division, la première s’illustrant à Gallipoli, les deux autres sur la Somme. Les lourdes pertes font chuter les recrutements sans compter la condamnation de la guerre par l’Eglise Catholique en juillet 1915.

Pour ne rien arranger les irlandais les Paddies comme les appellent avec mépris avec les britanniques sont rudement traités (pour ne pas dire maltraités) par leurs officiers britanniques.

Certes les républicains étaient opposés à tout soutien à la Grande-Bretagne mais même les irlandais partisans du Home Rule et bien disposés vis à vis de George V sont écœurés et exaspérés. Un chiffre peut traduire ce sentiment : un soldat britannique sur 3000 sera fusillé après un passage par la cour martiale, chiffre qui tombe à un pour 600 pour les irlandais sachant que vingt-six fusillés seront ultérieurement pardonnés.

La situation est tellement tendue que la conscription ne sera étendue en irlande qu’en 1918 mais avec un apport plus symbolique que réel.

Les allemands tentent de soutenir l’IRA mais c’est un échec que ce soit la livraison d’armes pour le soulèvement de Pâques ou la levée d’une brigade irlandaise parmi les prisonniers irlandais en Allemagne, une brigade qui se limitera à cinquante-cinq hommes.

Au début du conflit les nouvelles recrues rejoignent les nouveaux bataillons au sein des huit régiments basés en Irlande. Les bataillons rejoignent ensuite les trois divisions citées plus haut.

Les huit régiments professionnels déployés en Irlande disposaient chacun de leur propre zone de recrutement.

On trouve le Royal Irish Regiment, le Royal Inniskilling Fusiliers, le Royal Irish Rifles, le Princess Victoria’s Royal Irish Fusiliers, le Connaugh Rangers, le Prince of Wale’s Leinster Regiment (Royal Canadian), le Royal Dublin Fusiliers et le Royal Munster Fusiliers.

Ces régiments sont affectés non pas aux divisions que je vais présenter par la suite mais à d’autres divisions de l’armée britannique (1ère, 6ème, 14ème, 24ème, 27ème, 29ème, 30ème, 31ème, 34ème,50ème, 57ème et 66ème division d’infanterie).

Après le début de la guerre ces régiments lèvent et entrainent des bataillons de service destinées aux trois divisions irlandaises.

Aux huit régiments d’infanterie s’ajoutent quatre régiments de cavalerie (4th [Royal Irish] Dragoon Guards, 5th [Royal Irish] Lancers, le 6th [Inshiskilling] Dragoons et le 8th [King Royal Irish] Hussars), un régiment d’infanterie régulier (The Irish Guards), deux régiments de cavalerie de la Special Reserve (North et South Irish Horse), deux unités de la Territorial Force (Liverpool Irish et London Irish Rifles)

A noter que la 16ème division est surtout composée de Volontaires Irlandais alors que la 36ème division est plus composée de d’hommes issues de l’UVF (Ulster Volunteers Force).

La 10ème division est créée en août 1914. Elle combat à Gallipoli, Salonique et en Palestine. La 16ème division mise sur pied en septembre 1914 n’est déployée en France qu’à partir de décembre 1915. Elle combat jusqu’au printemps 1918 quand elle est détruite par l’offensive allemande. Elle est reconstituée en juin, redéployée sur le continent en France mais n’à désormais d’irlandais que le nom.

La 36ème division ancienne Ulster Division est elle aussi mise sur pied en septembre 1914. Elle passe sur le continent en octobre 1915, combattant sur la Somme en 1916, à Messine, Ypres Courtrai avant d’être détruite en mars 1918 puis reconstituée mais perdant son caractère irlandais et même unioniste.

Quand le premier conflit mondial se termine, 27405 irlandais ont été tués soit un taux de 14% similaire au reste de l’armée britannique ce qui tendrai à démonter la légende des irlandais «chair à canon» de l’empire britannique.

De nombreux irlandais démobilisés vont émigrer hors d’Irlande, d’autres vont reprendre du service aussi bien au sein de l’armée du nouvel Etat libre qu’au sein d’unités de sinistre réputation : les Black & Tans et les Auxiliaries Auxies»). D’autres vont rejoindre une nouvelle police armée, l’Ulster Special Constabulary.

A la fin du premier conflit mondial sur les huit régiments disponibles en 1914 il n’en restait plus que cinq (a noter que certains ont changé de nom) : Royal Dublin Fusiliers, Royal Munster Fusiliers, le Connaugh Rangers, le Leinster Regiment et le Royal Irish Regiment. Ces régiments qui ont souffert de la guerre vont être dissous ou amalgamés après la création de l’Etat libre d’Irlande.

C’est ainsi que le 4th (Royal Irish) Dragoon Guards est amalgamé avec 7th Dragoon Guards (Princess Royal’s) pour former le 4th/7th Dragoon Guards. Même chose pour le 5th [Royal Irish] Lancers qui amalgamé avec le 16th The Queen’s Lancers va former le 16th/5th Lancers. Quand au 6th [Inshiskilling] Dragoons il s’amalgame avec l 5th (Princess Charlotte of Wale’s) Dragoon Guards pour former le 5th/6th Dragoons.

Le Connaugh Rangers est le résultat des 88th Regiment of Foot et du 94th Regiment of Foot, le premier formant le 1er bataillon, le 2ème régiment le 2ème bataillon du nouveau régiment. Stationné à Galway le régiment est dissous le 31 juillet 1922.

Le Prince of Wales ‘s Leinster Regiment (Royal Canadian) lui aussi avait été créé en 1881 par amalgamation du 100th Regiment of Foot (Prince of Wales ‘s Royal Canadian) et du 109th Regiment of Foot (Bombay Infantry), deux régiments levés respectivement en 1858 et 1853. Il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Dublin Fusiliers est issu de l’amalgamation du Royal Bombay Fusiliers et du Royal Madras Fusiliers avec des unités de milice de Dublin et de Kildare, le régiment possédant deux bataillons d’active et deux bataillons de milice. Il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Inniskilling Fusiliers connait un sort légèrement différent puisqu’il survit après 1922. Il est créé en 1881 par l’amalgamation du 27th (Inniskilling) Régiment of Foot et le 108th Regiment of Foot. Après le 31 juillet 1922 le 2ème bataillon va être préservé au sein de l’armée britannique aux côtés du 2nd Bataillon Royal Irish Fusiliers, du 89th Foot et du 108th Foot.

Le Royal Irish Fusiliers (Princess Victoria’s) est issu de l’amalgamation du 97th (Prince of Wales ‘s Irish) Regiment of Foot et du 89th (Princess Victoria ‘s) Regiment of Foot. Il devient en 1920 le Royal Irish Fusiliers (Princess Victoria’s).

Le Royal Irish Regiment est né en 1684 prennant son nom actuel en 1881 après avoir été successivement baptisé Earl’s of Granard ‘s régiment of Foot, Royal Regiment of Foot of Ireland, le 18th (The Royal Irish) Regiment of Foot.

Le Royal Munster Fusiliers est issus de la fusion du 101st Regiment of Foot (Royal Bengal Fusiliers) et du 104th Regiment of Foot (Bengal Fusiliers). Composé lui aussi de deux bataillons d’active et de deux bataillons de milice, il est dissous le 31 juillet 1922.

Le Royal Ulster Rifles est l’ancien Royal Irish Rifles (changement de nom en date du 1er janvier 1921) qui à été créé en 1881 par l’amalgamation du 83rd (County of Dublin) Regiment of Foot et du 86th (Royal County Down) Regiment of Foot.

Une histoire militaire de l’Irlande (4) : Etat libre et république, Etat d’urgence et second conflit mondial

Soldats de la National Army à bord d’un navire durant la guerre civile irlandaise

L’Etat libre d’Irlande met en place son Armée Nationale dont le cœur est formé à la fois par des vétérans de l’armée britannique (qui ont représenté jusqu’à 20% des officiers et 50% des sous-officiers, l’immense majorité des vétérans expérimentés) et par d’anciens membres de l’IRA. Leur commandant en chef est un certain Michaels Collins jusqu’à sa mort en août 1922.

Les effectifs autorisés par le Dail sont de 35000 en juillet 1922 et de 58000 en mai 1923, cette augmentation d’effectifs étant rendue nécessaire par la guerre civile irlandaise opposant pro et anti-traité alors qu’il était initialement envisagé une armée réduite de 4000 hommes.

Cette An t Arm Naisiunta va exister jusqu’au 1er octobre 1924 quand va être remplacée par les forces de défense (Oglaigh na h Eireann).

Les armes sont fournies par les britanniques que ce soit les armes légères, les armes automatiques, de l’artillerie, des autos blindées et même des avions.

La guerre civile irlandaise se termine le 24 mai 1923 quand les anti-traités déposent les armes. Il faut réduire les effectifs pour des raisons politiques, sécuritaires et économiques. Cela ne se fait pas sans mal puisqu’en mars 1924 on assistera à un mouvement d’humeur, une quasi-mutinerie.

Le 3 août 1923 le parlement irlandais vote le Defense Forces Act qui décide la mise en place pour le 1er octobre 1924 de Forces de défense.

Initialement l’armée nationale était organisée comme l’était l’IRA avec des divisions et des brigades mais en janvier 1923 elle est totalement réorganisée avec neuf commandements territoriaux et des corps spécialisés.

Les neuf commandements territoriaux sont Dublin, Athlone, Donegal, Claremorris, Limerick, Kerry, Waterford, Cork et Curragh.

Les corps spécialisés sont le Corps des autos blindées, le corps d’artillerie, le corps des ingénieurs de l’armée, le corps des travailleurs, le corps de maintenance, de réparation et de protection ferroviaire, le corps de sauvetage, le corps des transmissions de l’armée, le corps de transport, le corps de police militaire et le service aéronautique.

QF 18 Pounder Mk IV

En ce qui concerne l’armement on compte pour l’infanterie des pistolets Webley, des pistolets mitrailleurs Thompson, des fusils Lee-Enfield, de mitrailleuses Hotchkiss modèle 1909, Lewis et Vickers. L’artillerie n’à reçu que neuf canons de 18 livres, deux d’entre-eux devant tirer sur le tribunal de Dublin occupé par les anti-traités.

Les véhicules blindés sont treize autos blindées Rolls Royce, sept autos blindées Peerless et soixante-quatre Lancia.

Les avions sont de plusieurs modèles : un Martinsyde type A Mk2, six Avro 504K, un SE.5a, huit Bristol F2B, quatre Martinsyde F.4 et huit De Havilland DH.9

Après le retour à la paix l’armée est donc réorganisée, ses effectifs grandement réduits mais cette réduction est compensée par la mise en place d’une réserve. Enfin une réserve il y eut plusieurs organisations successives.

En mai 1927 c’est la Classe A Reserve avec des sous-officiers et des hommes du rang soit 5000 hommes bien entrainés.

En janvier 1928 est mise en place la Classe B Reserve, les personnes concernées subissant un entrainement initial de trois mois plus un mois par an. L’engagement minimal est de 6 ans. Elle va compter 3600 hommes mais elle va cesser d’exister en 1934.

A l’automne 1929 est mise sur pied la Volunteer Reserve Force (Force Volontaire de Réserve) mais cette force à une existence éphémère puisqu’elle disparaît en 1935.

En mars 1934 est mise sur pied une Volunteer Force avec des régiments territoriaux (Régiments de Oriel, de Leinster, de Dublin, d’Ormond, de Thomond, Connacht, Breffni, Tyrconnell, Uisneach et Desmond) plus le Régiment Pearse du nom du leader de l’insurrection de 1916 fusillé par les britanniques. Cette réserve comprend trois échelons (deux premiers échelons entrainés et un troisième composé de spécialistes civils).

Enfin en septembre 1948 au moment du second conflit mondial est mis sur pied une Local Security Force (LSF) avec 44870 hommes divisés entre un échelon A qui intervient en soutien de l’armée et un echelon B qui intervient en soutien de la police.

Si l’Etat libre d’Irlande reste neutre durant toute la période qui nous intéresse cela ne veut pas dire que les irlandais ne se battent pas quelque part et je ne fais pas ici allusion à leur réputation de bagarreur. Non je parle par exemple de la guerre d’Espagne où l’on trouve des irlandais engagés aussi bien du côté républicain que du côté nationaliste.

Côté républicain on trouve par exemple la Colonne Connolly. Portant le nom du leader républicain irlandais fusillé par les britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques, la Colùn Ui Chonghaile regroupait des républicains irlandais de tendance socialiste qui ont combattu aux sein des brigades internationales.

De la taille d’une compagnie, elle était intégrée au sein du bataillon américain «Abraham Lincoln» qui lui même dépendait de la 15ème brigade internationale. 145 se sont engagés au début mais 61 ne sont pas rentrés au moment de la dissolution des Brigades Internationales en septembre 1938.

Dans le camp d’en face on compte une Brigade irlandaise ou en version originale Briogaid na hEireann. Mise sur pied par Eoin O’Duffy, elle ne va pas compter plus de 700 hommes.

Sa mise sur pied est d’abord politique. Les carlistes (catholiques traditionnels, partisan d’une restauration de la monarchie) sollicitent les catholiques irlandais pour les aider dans un conflit qu’ils considèrent comme étant une croisade contre le communisme et l’athéisme.

Cette demande est appuyée par Franco du moins tant que ce dernier aura besoin de s’assurer du soutien des carlistes. Une fois ceci fait il se montrera nettement moins enthousiaste sur l’utilité d’une telle unité.

Fin 1936 7000 volontaires qui étaient loin d’être des partisans enthousiastes du leader «fasciste» irlandais se sont presentés mais seulement 700 parviendront non sans mal en Espagne entre l’opposition du gouvernement irlandais et les réticences du généralissime.

Basés à Caceres, ces volontaires étrangers sont rattachés à la Légion sous le nom de 15ème bataillon, un bataillon à quatre compagnies. Très vite ils se font remarquer par leur excès liés à une consommation excessive de boissons alcoolisées. Cela leur est beaucoup reproché par leurs supérieurs espagnols.

Le seul engagement de la «brigade irlandaise» est la Bataille de Jarama (19 février 1937) enfin engagement c’est vite puisqu’après un duel fratricide avec des phalangistes venus des Canaries (deux irlandais et neuf canariens tués) la seule attaque tourne à la farce quand les irlandais refusent d’avancer.

En janvier 1937 600 autres volontaires tentent de rallier l’Espagne mais ils sont bloqués à Galway suite au vote d’une loi interdisant à tout citoyen irlandais de s’engager dans ce conflit. La brigade retourne en Irlande en juin 1937 mais certains retenteront leur chance en indiviuel.

Les Forces de Défense sont mobilisées durant la guerre de Pologne. Elles bénéficient durant la Pax Armada d’une modernisation de leurs moyens avec l’acquisition d’armes plus modernes, la petite armée irlandaise disposant même de quelques chars légers. Plus anecdotique l’équipement évolue avec un nouvel uniforme et un nouveau casque.

Soldats irlandais au début des années quarante. On comprend pourquoi un nouveau casque à été introduit durant la Pax Armada.

L’uniforme d’un vert gris assez proche du feldgrau est remplacé par un vert un peu plus clair et le casque qui ressemblait beaucoup au Stalhem allemand est remplacé par un casque que certains ont décrit comme le fils illégitime du casque anglais et du casque Adrian.

Au moment de la mobilisation l’armée de terre irlandaise dispose de huit brigades réparties sur tout le territoire national.

Pour améliorer la réactivité des troupes il est décidé de créer deux divisions regroupant chacune trois brigades laissant deux brigades indépendantes.

C’est ainsi que la 1ère division (QG Cork) regroupe la 1ère brigade (10ème, 13ème et 21ème bataillons), la 3ème brigade (4ème, 19ème et 31ème bataillons) et la 7ème brigade (9ème, 12ème et 15ème bataillons).

La 2ème division (QG Dublin) regroupe la 2ème brigade (2ème, 5ème et 11ème bataillons), la 4ème brigade (6ème, 8ème et 20ème bataillons) et la 6ème brigade (7ème, 18ème et 22ème bataillons).

Les deux brigades indépendantes sont la 5ème (3ème, 16ème et 25ème bataillons) alors que la 8ème brigade possède les 1er et 23ème bataillons.

On trouve également trois bataillons de garnison et la défense côtière.

Au printemps 1949 les divisions sont réorganisées tous comme les brigades. L’un de leur bataillon devient une colonne mobile (colúin shochorraithe) c’est à dire un groupement motorisé avec quelques chars légers, des autos blindées et de l’infanterie portée sur camion.

En cas de débarquement amphibie ou aéroporté ennemi ces colonnes mobiles doivent se porter au devant de l’ennemi et soutenir les défenses côtières ou les défenses des aéroports. Il semble qu’un temps on envisagea de regrouper les différents colonnes mobiles en un groupement motorisé pour faire masse mais cela ne se fit pas probablement pour des raisons de coût.

L’armée irlandaise va passer le second conflit mondial à se préparer à une guerre qu’elle ne souhaite, renforçant ses défenses côtières et frontalières, multipliant exercices et patrouilles, modernisant son armement avec l’aide discrète des alliés.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée irlandaise n’à certes pas combattu du moins pas directement mais se trouve plus forte qu’en 1948.

Un temps le débat court sur l’utilité de maintenir la neutralité et de passer à une alliance avec d’autres pays d’Europe mais ce débat est vite enterré par la Statue du Commandeur aka Eamon de Valera.

La République d’Irlande va donc rester neutre ce qui ne l’empêchera une fois admise au sein des Nationes Unies en 1962 de participer sous casque bleu à des opérations dites de maintien de la paix.

On sait aujourd’hui après la déclassification des archives qu’en cas de nouvelle guerre contre l’URSS et les alliés, la verte Erin aurait pu servir de refuge en cas d’invasion de tout le continent. En revanche on ne connait pas le détail de la coopération prévue entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Irlande.

Pologne et Pays Neutres (43) Irlande (4)

Arthur Griffith

Arthur Griffith Art Ó Gríobhtha (Dublin 31 mars 1871 Dublin 12 août 1922) était un journaliste et homme d’Etat irlandais qui créa le Sinn Fein avant de symboliser avec Michaels Collins et Eamon de Valera la lutte de l’Irlande pour sa liberté et son indépendance.

Après une formation d’imprimeur, il devient journaliste mais aussi écrivain. Il devient très vite un moteur du nationalisme irlandais, intégrant plusieurs organisations et notamment l’IRB qu’il quitte en 1910.

Il émigré en Afrique du Sud entre 1896 et 1898, soutenant les Boers contre les britanniques. Il devient un admirateur inconditionnel de Paul Kruger.

A son retour en Irlande il reprend l’hebdomadaire The United Irishman (créé en 1848) pui fonde en 1900 le Cumann na nGaedhael. En 1905 il créé le Sinn Fein mais l’année suivante son journal fait faillite mais il le relance en 1907 sous le nom de Sinn Fein (il est interdit en 1914 mais recréé sous le nom de Nationality).

En 1913 il soutien la création des Irish Volunteers en réponse à la création par les unionistes protestants d’Ulster de l’UVF (Ulster Volunteer Force).

En juillet 1914 il participe aux incidents de Howth, un débarquement de fusils par le romancier Robert Erskine Childers provoque l’intervention de l’armée britannique et la mort de trois personnes.

Nationaliste, Griffith n’était pas parmi les plus extrémistes, n’excluant pas forcément un lien avec l’empire britannique rêvant d’une monarchie duale anglo-irlandaise où les deux partenaires seraient sur un pied d’égalité.

Signe qui ne trompe pas il ne participe pas au soulèvement de Pâques le 24 avril 1916 le jugeant non seulement prématuré mais surtout contre-productif.

Il est pourtant arrêté car considéré à l’origine du soulèvement. Cela donne le coup de fouet nécessaire au développement du parti. Surtout l’impitoyable répression britannique en partie liée au fait que nous étions en pleine première guerre mondiale retourne l’opinion. Alors qu’initialement les insurgés étaient vus comme des traitres (de nombreux irlandais combattaient en France) ils sont bientôt vus comme des martyrs et des héros.

Il à nouveau arrêté dans la nuit du 17 mai 1918 et durant sa détention il est élu député de l’East Cavan. Libéré il va siéger non pas à Westminster mais à l’hôtel de ville de Dublin où un parlement irlandais est rreconstitué. Il devient président du Dail en juin 1919 en remplacement de De Valera parti plaider la cause irlandaise aux Etats-Unis. Il est à nouveau emprisonné ce qui à un impact sérieux sur sa santé.

En octobre 1921 il est à la tête avec Michaels Collins de la délégation irlandaise chargée de négocier la paix. Le traité anglo-irlandais met fin à la guerre d’indépendance mais marque le début de la guerre civile irlandaise, pro et anti-traités se déchirant, Griffith faisant naturellement parti des premiers.

Il meurt d’une hemorragie cérébrale le 12 août 1922 sans avoir pu voir la fin de la lutte fratricide entre anciens compagnons d’armes.

Très vite oublié, Arthur Griffith n’à été à nouveau mis en valeur qu’au début des années soixante-dix au moment du cinquantième anniversaire de la création de l’Etat Libre d’Irlande (1921-1971), une statue et une plaque étant inaugurées. Si la plaque est toujours là, la statue à été détruite par un attentat à l’explosif en 1980 et jamais remplacée.

Nationaliste avant d’être démocrate, capable d’accepter une forme monarchique de gouvernement, bref plus un pragmatique qu’un idéologique.

Cathal Brugha

Cathal Brugha né Charles William St John Burgess à Dublin le 18 juillet 1874 et mort dans la même ville le 7 juillet 1922 est un révolutionnaire et homme politique irlandais. Il occupe de nombreux postes politiques et militaires (chef d’état-major de l’IRA de 1917 à 1919) durant la guerre d’indépendance irlandaise. Opposé au traité de paix, il est tué au début de la guerre civile irlandaise.

Il est député (Teachta Dàla) du comté de Waterford du 21 janvier 1919 au 10 mai 1921, de la circonscription de Waterford-Tipperary Est du 16 août 1921 au 8 juin 1922 et du 9 septembre 1922 au 9 août 1923, il est président du parlement (Ceann Comhairle) les 21 et 22 janvier 1919, il est ministre de la défense du 1er avril 1919 au 9 janvier 1922, président du parlement (Dáil Éireann) du 22 janvier au 1er avril 1919.

Patrick Pearse

Patrick Henry Pearse (Padraig Mac Piarais) (Dublin 10 novembre 1879 prison de Kilmainham 3 mai 1916) est un poète, enseignant, avocat et militant nationaliste irlandais. Il est un des leaders du soulèvement de Pâques. Condamné à mort, il est fusillé.

Issu d’une riche famille, il grandit dans la culture gaélique et à 16 ans il rejoint la Ligue Gaélique. En 1900 il obtient un baccalauréat en langues modernes et s’inscrit comme avocat. En 1908 il créé l’école bilingue de St Enda à Ranelagh en banlieue de Dublin, école qui déménage à Rathfarnham.

En 1912 il est favorable au projet de Home Rule mais met en garde les britanniques : si ils ne respectent pas leur engagement il y aura la guerre dans toute l’Irlande. En 1913 il est présent à la création des Irish Volunteers.

Comme nous l’avons le projet fût ralenti par le refus de la Champbre des Lords et le déclenchement du premier conflit mondial. Cela entraine la division des volontaires irlandais pour savoir si il fallait soutenir la Grande-Bretagne. La majorité adopta la position de soutien en espérant avoir une récompense en retour.

En décembre 1913 Pearse adgère à l’IRB et devient en 1914 commandant de l’organisation militaire des volontaires. En 1915 il intègre l’organe dirigeant des volontaires et commence à préparer un soulèvement alors que la première guerre mondiale fait rage dans toute l’Europe.

Le soulèvement de Pâques 1916 se déroula dans l’improvisation et la confusion avec des divergences de vue entre chefs. Le 24 avril 1916 à la Poste Centrale de Dublin il proclame la République d’Irlande dans l’indifférence générale, le peuple irlandais les considérant comme des traitres plus que comme des héros ce qu’ils deviendront suite à la répression britannique qui suit l’écrasement d’un soulèvement mal conçu et surement prématuré.

Jugé et condamné à mort, il est fusillé le 3 mai 1916.

Eamon de Valera

Eamon de Valera, l’un des chefs de l’insurrection irlandaise avec Michaels Collins

Eamon de Valera (New York 14 octobre 1882 Dublin 29 août 1975) est un homme politique irlandais, probablement la figure la plus importante de l’histoire irlandaise au 20ème siècle par son rôle dans l’indépendance de l’Irlande puis dans la guerre civile et enfin dans l’évolution du pays dans un monde pas toujours simple ce qui fait qu’aujourd’hui si son rôle historique fait consensus, son action fait l’objet de débats nourris et parfois virulents.

Il est donc né aux Etats-Unis, le fils de Catherine Coll venant de Bruree dans le comté de Limerick et de Juan Vivion de Valera, un artiste basque espagnol né en 1853. Ses parents n’ont visiblement jamais été mariés.

Son père meurt en 1885 laissant la famille dans le plus grand dénuement. Sa mère le renvoi en Irlande chez son onccle et bien qu’elle se soit (re)mariée dans le milieu des années 80 le futur leader de la cause irlandaise ne reviendra pas vivre avec sa mère. Il est d’abord enseignant après avoir été un temps tenté par une carrière ecclésiastique.

Selon certains historiens c’est son statut d’enfant illégitime (car né hors mariage) qui aurait poussé Eamon de Valera à ne pas poursuivre dans cette voie comme si justement il se sentait pas légitime de devenir prêtre.

En 1908 il intègre l’Árdchraobh of Conradh na Gaeilge (Ligue Gaélique) où il rencontre Sinead Flanagan qui allait devenir son épouse. Il se marie avec cette enseignante de quatre ans son ainée le 8 janvier 1910 à l’Eglise Saint Paul de Dublin. De cette union sont nés sept enfants, cinq fils et deux filles.

Militant républicain radical à l’origine il est peu à peu devenu un conservateur très strict que ce soit sur les questions fiscales ou sur les questions sociétales.

Leader du soulèvement de Pâques 1916 il est condamné à mort mais n’est pas exécuté. Si on à longtemps mis en avant sa citoyenneté américaine il semble que ce soit en raison du tollé provoqué par l’exécution des leaders indépendantistes, exécution qui comme nous le savons à retourné l’opinion en faveur des nationalistes irlandais.

Refusant le traité anglo-irlandais il participe dans le camp des anti-traités à la sanglante guerre civile irlandaise. Après avoir été brièvement emprisonné, il revient dans le jeu politique en 1926 au sein du Fianna Fail issu d’une scission du Sinn Fein entre pragmatiques et jusqu’au-boutistes.

En février 1932 il devient président du conseil exécutif soit chef du gouvernement de l’Etat libre d’Irlande.

Suite à la mise en place de la nouvelle constitution en décembre 1937 il devient premier ministre (Taioseach) en décembre 1937 poste qu’il occupe jusqu’en mars 1946 quand suite à la proclamation d’une République d’Irlande pleinement souveraine il devient président de la République.

En théorie ce dernier poste est sans pouvoirs mais naturellement avec un tel personnage à cette fonction les Taioseach doivent composer avec une personnalité encombrante et envahissante.

En poste jusqu’en mars 1960 il est très populaire pour avoir vu préserver l’Irlande du second conflit mondial mais des critiques sur ses idées se font entendre de plus en plus. Voilà pourquoi il renonce à briguer un nouveau mandat et se retire de la vie publique irlandaise. Il interviendra de temps en temps pour critiquer ses successeurs ce qui ne sera pas toujours bien vu.

James Joyce

James Augustine Aloysius Joyce (Dublin 2 février 1882 Zurich 13 janvier 1941) est un romancier et poète irlandais dont les œuvres majeures sont Les Gens de Dublin (1914) et des romans tels que Portrait de l’artiste en jeune homme (1916), Ulysse (1922) et Finnegans Wake (1939).

Si il à vécu la majeure partie de sa vie hors d’Irlande et qu’il écrivait en anglais, son expérience irlandaise à marqué son œuvre d’une empreinte indélébile.

Né dans une famille catholique de la banlieue de Dublin, il est l’aîné de dix enfants survivants, ayant perdu deux frères et deux sœurs de la fièvre typhoïde. Sa mère aurait été enceinte quinze fois en dix-sept ans. Son père possédait une petite usine de sel et de chaux, usine vendue puis qui fait faillite alors que son père était gérant.

Sans vivre dans une famille richissime, James Joyce n’est pas misérable même si il aura tendance à dilapider l’argent familial. Pour ne rien arranger, le père sombre dans l’alcoolisme ce qui provoque le déclassement social de la famille. Il faudra attendre la maladie mentale de sa fille Lucie pour que James Joyce devienne plus économe.

De 1888 à 1892 il étudie chez les jésuites du Clongowes Wood College jusqu’à ce que son père soit incapable de payer les frais de scolarité.

A l’age de seize ans il rejette le catholicisme se considérant comme agnostique. En 1898 il entre à l’University College de Dublin, suivant un enseignement de lettres, de français et d’italien. Il en sort diplômé en 1903.

En 1904 il s’installe à Zurich en compagnie de sa future épouse Nora. Il vit ensuite à Trieste puis à Pola d’où il est expulsé en mars 1905 suite à la découverte d’un réseau d’espionnage. Les autorités austro-hongroises prennent alors la décision d’expulser tous les étrangers d’une ville surtout connu pour abriter une importante base navale de la marine austro-hongroise. Il s’installe à nouveau Trieste.

Aimant une vie nomade et bohème, James Joyce à du mal à se fixer entre Trieste et Rome. Il retourne à plusieurs reprises à Dublin, la dernière fois en 1912.

En 1915 il doit quitter le territoire austro-hongrois comme tous les citoyens britanniques. Les Joyce s’installent à nouveau à Zurich. Bien que de plus en plus célèbre, les finances ne suivent pas forcément. Après guerre il se réinstalle brièvement à Trieste avant de finalement s’installer à Paris où il va passer vingt ans jusqu’en 1940, terminant sa vie en Suisse comme un retour aux sources. En 1931, il épouse sa compagne Nora avec laquelle il vivait près de

Harry Boland

Harry Boland (Dublin 27 avril 1887 1er août 1922) est un homme politique et révolutionnaire irlandaise qui joua un rôle clé dans l’indépendance de l’Irlande et dans la guerre civile qui suivit entre pro et anti-traités.

Elu à la Chambre des Communes en 1918 pour la circonscription de South Roscommon mais comme les autres du députés du Sinn Fein il va siéger au sein du premier Dail à Dublin. Lors des élections générales de 1921 il est élu teachta dala de la circonscription du sud de Mayo et du sud de Roscommon. Réélu en 1922 comme candidat anti-traité, il est tué durant la guerre civile irlandaise.

Fils de James Boland et de Kate Woods il baigne dans le nationalisme irlandais puisque son père est membre de l’IRB (Harry en serra le président du 1er mai 1919 au 13 septembre 1920). Il est également membre de la GAA (Gaelic Athletic Association).

Il rejoint les Volontaires Irlandais et participe au soulèvement de Pâques, un échec militaire mais une victoire politique. Il accompagne De Valera dans sa tournée américaine ce que Michael Collins verra comme un moyen de séparer deux amis dont le futur président irlandais se méfie.

Il est grièvement blessé lors de son arrestation. Non armé, il est blessé par balles par deux officiers et meurt après plusieurs jours d’agonie à l’hôpital Saint Vincent.

Selon certains c’est sa mort qui aurait convaincu Michaels Collins de négocier la paix avec De Valera. La suite est connue : une embuscade et la mort du charismatique chef irlandais.

Eoin O’Duffy

Eoin O’Duffy (Lough Egish, comtéé de Monaghan 28 janvier 1890 30 novembre 1944) est un homme politique et leader nationaliste irlandais. Considéré comme fasciste, il participa d’abord à la guerre d’indépendance avant de choisir le camp favorable au traité anglo-irlandais, devenant général de la nouvelle armée nationale.

Il devient le chef (Commissioner) de la police irlandaise (Garda Siochana) du 30 septembre 1922 qu 4 février 1933. Il est député de Monaghan de mai 1921 à août 1923.

En 1923 il commence son flirt qui va le mener vers l’idéologie fasciste, dirigeant brièvement le Fine Gael (4 mai 1933 au 16 juin 1934) avant de devenir le leader des Chemises Bleues du Parti National Corporatiste (1935-1937). Il lève une unité de volontaires pour combattre aux côtés de Franco dans la guerre d’Espagne.

Né dans une famille pauvre il est le plus jeune des sept enfants d’Owen Duffy. Ce dernier possédait bien des terres mais elles étaient insuffisantes pour faire vivre sa famille. Sa mère Bridget Fealy est morte d’un cancer alors qu’il n’avait que douze ans.

Il parvient à faire quelques études et devient fonctionnaire puis ingénieur. En 1917 il rejoint les volontaires irlandaises et participe à la guerre d’indépendance irlandaise. Il devient le protégé de Michael Collins, ce dernier décrivant O’Duffy comme le meilleur homme de l’Ulster. Il est emprisonné de septembre à novembre 1918. Il reprend ensuite la lutte et se montre particulièrement efficace dans le domaine du renseignement. En 1920 il effectue un nouveau séjour en prison.

Son action est cependant marquée par un sectarisme religieux qui provoque des tensions probablement évitables entre catholiques et protestants. Son action devient plus brutale ce qui correspond au durcissement du conflit entre irlandais et britanniques.

Chef d’état-major de l’IRA en janvier 1922, il est le plus jeune général d’Europe (record battu ensuite par Franco). Il se rallie cependant aux pro-traités non par enthousiasme mais par pragmatisme : non seulement l’action de l’IRA semble sans issue militaire contre la puissance britannique même affaiblie mais aussi parce qu’il considère que c’est une première étape vers l’unification de l’île.

Général de l’armée nationale, il participe à la guerre civile irlandaise, étant l’architecte des débarquements amphibies menés dans les zones contrôlées par les anti-traités. A noter que les inimitiés de la guerre civile vont poursuivre O’Duffy durant toute sa carrière politique.

En septembre 1922 il est nommé à la tête de la nouvellement formée Garda Síochána pour y rétablir l’ordre et la discipline. Il se montre bonne organisateur pour mettre sur pied une force de police non armée mais capable de se faire respecter pour sa neutralité et un comportement diamétralement opposée à l’entité précédente, la Royal Irish Constabulary (RIC).

L’arrivée d’Eamon de Valera aux commandes du pays entraine son limogeage car on aurait découvert qu’il aurait poussé le président du conseil executif W.T Cosgrave à mener un coup d’état.

Le 20 juillet 1933 il devient le chef de l’Army Comrades Association le service d’ordre du Cumann na nGaedheal accusés d’être des traitres par l’IRA. C’est à cette époque que l’ancien chef de la police épouse de plus en plus les idées fascistes qui à l’instar des idées communistes exercent une profonde influence sur l’ensemble du continent européen.

A peine nommé il rebaptis son mouvement Garde Nationale. Admirateur de Mussolini, il adopte l’uniforme, le salut romain. Il publie une nouvelle constitution promouvant le corporatisme, l’unification de l’Irlande et l’opposition à toute influence et contrôle étranger.

En août 1933 une parade des Chemises Bleues est prévue à Dublin pour commémorer la mort de Michael Collins et d’Arthur Griffith. Craignant une redite de la Marche sur Rome, De Valera lance une rafle préventive pour saisir documents et armes. Il fait interdire la parade et déploie la police aux endroits stratégiques. Le 22 août les Chemises Bleues sont mises hors la loi.

En 1935 il propose 1000 Chemises Bleues pour combattre en Abyssinie aux côtés des italiens. Signe qu’il n’était pas si fasciste que cela en 1934 lors de la conférence fasciste de Montreux il déclare qu’il n’y à aucun problème juif en Irlande et qu’il s’oppose à toute persécution raciale.

Entre-temps le 8 septembre 1933 le Cumann na nGaedheal, le parti centriste et les Chemises Bleues fusionnent pour former le Fine Gael dont O’Duffy devient président avec Cosgrave comme vice-président et leader au parlement. La Garde Nationale devient l’Association Jeune Irlande qui passe donc d’un groupe paramilitaire à un l’aile militante d’un mouvement politique légal.

Les réunions du nouveau parti sont toujours perturbées par l’IRA, O’Duffy étant blessé, sa voiture incendiée. Suite à la découverte de la nature réelle de l’association Jeune Irlande, elle est interdite.

Bouillant et caractériel, O’Duffy était plus un soldat qu’un politicien. Ses idées étaient très critiquées par ses opposants et il se trouva vite isolé au sein de son parti. Il démissionne le 18 septembre 1934 après avoir refusé de restreindre son activisme politique.

Il tente de relancer le mouvement des chemises bleues mais elles se déchirent et se désintègrent entre partisans de O’Duffy et de Ned Cronin.

Il lance le parti national corporatiste en juin 1935, un parti clairement fasciste et en 1936 donc il envoie une brigade irlandaise combattre aux côtés de Franco avec des résultats pour le moins mitigés. 700 chemises bleues auraient combattu jusqu’en juin 1937.

Sur la touche politiquement, O’Duffy sombre dans l’extrémisme politique et l’alcoolisme lui qui avait banni l’alcool de la police irlandaise.

En 1939 il propose ses services à l’Allemagne et à l’Italie mais ces deux pays déclinent, n’ayant pas confiance vis à vis d’un nom de toute façon particulièrement surveillé par la police irlandaise et les services de renseignement britanniques.

Mort à 54 ans, il reçoit cependant des funerailles nationales en raison de ses états de service.

Michael Collins

Michaels James Collins (Woodfield, comté de Cork 12 ou 16 octobre 1890 Béal na mBláth 22 août 1922) est un leader révolutionnaire républicain irlandais qui joua un rôle clé dans la guerre d’indépendance irlandaise. Signataire avec Arthur Griffith du traité anglo-irlandais, il est tué dans une embuscade au cours de la guerre civile irlandaise alors qu’il se rendait à des négociations avec Eamon de Valera le chef des anti-traités. Sa mort à 31 ans en fait une icône de l’histoire irlandaise.

Issu d’une famille de fermiers vivant mieux que la moyenne il est le troisième garçon et le cadet d’une famille de huit enfants. Il baigne dans le nationalisme irlandais et la culture gaélique.

Il n’à que sept ans quand son père meurt. Sa mère l’envoie suivre des cours pour intégrer la Poste Britannique. De 1905 à 1915 il vit à Londres travaillant aux services financiers de La Poste puis pour divers employeurs. En 1909 il devient membre de l’IRB et ne tarde pas à occuper de très hautes responsabilités

Il rentre début 1916 en Irlande et va participer au soulèvement du printemps 1916 combattant à la Poste Centrale de Dublin aux côtés de Patrick Pearse. Il est emprisonné mais cet échec est formateur puisqu’il parvient à imposer ses vues. A un soulèvement et des combats classiques, il préfère un harcèlement constant des britanniques et de ceux que l’IRA appelle des traitres.

Il intègre dès sa libération du camp de Frongoch (Pays de Galles) le Sinn Fein mais aussi les volontaires irlandais. Il est élu député (circonscription du sud du comté de Cork) mais ne siégera jamais à la Chambre des Communes puisque les 73 députés Sinn Fein décident de siéger dans un parlementa irlandais à Dublin (Dáil Éireann), se réunit pour la première fois à Mansion House à Dublin le 21 janvier 1919, et proclame aussitôt l’indépendance de la République d’Irlande .

En février 1919 il fait évadé De Valera de sa prison de Lincoln et l’envoi aux Etats-Unis. Il s’occupe aussi bien des finances que des opérations militaires. En dépit de son rôle majeur, les britanniques n’ont que peu d’infos sur lui. Il faudra attendre les négociations du traité anglo-irlandais pour que l’on connaisse son visage.

Ce traité provoque comme on l’à vu une scission du camp nationaliste entre pro et anti-traités et conséquence une guerre civile au cours de laquelle il est tué dans une embuscade. Il n’avait que 31 ans. Michael Collins est enterré à Dublin au cimetière de Glasnevin.

Pologne et Pays Neutres (41) Irlande (2)

HISTOIRE DE L’IRLANDE

Croineolaíocht (Chronologie)

-140 p.C : La Géographie de Ptolemée fait mention d’une colonie implantée dans la région de Dublin (Eblana Civitas). Les historiens discutent encore pour savoir si ce comptoir de commerce était la tête d’une possible conquête romaine qui aurait nul doute changer le cours de l’histoire de la verte Erin.

-226-266 : règne du haut-roi d’Irlande Cormac mac Airt dont on discute l’historicité

-431 : Palladius est le 1er évêque envoyé par le pape Celestin 1er (43ème pape de 422 à 432)

Vitrail représentant Saint Patrick

-432 St Patrick retourne en Irlande

-536 : 1ère famine documentée en Irlande

-795 : premiers raids vikings en Irlande sur l’Iona, l’île de Rathlin et Inishmurray

-830(v.) : les derniers païens disparaissent de l’Irlande

-841 : Les Vikings installent une forteresse à proximité immédiate de l’actuelle capitale irlandaise Dublin. Considéré comme l’une des dates de fondation de la capitale irlandaise avec la suivante.

-988 : Les vikings reçoivent un tribu en échange de l’arrêt des pillages. Considéré comme la date de fondation de la ville de Dublin

-1014 (23 avril) : Bataille de Clontarf. Début du déclin de la puissance viking en Irlande

-1167 : Dermot McMurough un prétendant à la couronne d’Irlande demande l’aide d’Henri II d’Angleterre. Ce dernier accepte débarque sur l’île en 1171 et se proclame Lord of Ireland

-1175 (6 octobre) : Traité de Windsor. L’influence anglo-normande est consolidée

-1216 (12 novembre) Magna Carta Hiberniae (Grande Charte d’Irlande)accordée par Henri III d’Angleterre. C’est une simple adaptation de la Magna Carta aux spécificités irlandaises

-1297 : le 1er parlement irlandais se réunit à Dublin. Cela ne concerne que la partie sous contrôle anglais de l’Irlande (Lordship of Ireland).

-1315 (26 mai) : Edouard Bruce débarque en Irlande et rallie de nombreux lords irlandais qui contestent le contrôle anglo-normand de l’Irlande. Cette campagne qui va durer plus de trois ans jusqu’au 14 octobre 1318 se termine par une défaite du frère du roi d’Ecosse et sa mort des suites d’une épidémie de peste.

-1366 (20 avril) : Statutes of Kilkenny. Ces statuts de Kilkenny sont une série de trente-cinq décrets publiés entre 1366 et 1367 pour freiner le déclin de la seigneurie anglo-normande et notamment son assimilation à la culture irlandaise.

-1494 (1er décembre) : Un parlement soudoyé par Edward Poyning le lord adjoint d’Henri VII fait voter la loi dite de Poyning (appelée également Statut de Drogheda). Un parlement irlandais ne peut passer une loi sans l’accord du Parlement anglais

-1497 : nouvelle famine en Irlande

-1534 (11 juin) Thomas Fitzgerald, 10ème comte de Kildare renonce publiquement à son allégeance à Henri VIII. Arrêté il est jugé pour haute trahison et subit le sort horrible à savoir pendu, écartelé et évicéré (Hanged, drawn and quartered) au gibet de Tyburn le 3 février 1537.

-1542 (18 juin) : Acte de la Couronne d’Irlande. Etablissement du Royaume d’Irlande qui doit être dirigé par Henri VIII et ses descendants.

-1593 (mai) à 1603 (30 mars) : Guerre de Neuf Ans ou Rébellion de Tyrone. Défaite et fuite des chefs irlandais. Pour empêcher toute nouvelle révolte d’ampleur, les anglais décident de mener une politique de colonisation dite des plantations avec des colons anglicans et protestants.

-1609 : début de la politique des plantations en Ulster avec l’arrivée de nombreux protestants déclenchant le mécanisme infernal qui allait conduire à des troubles bien des années plus tard.

Oliver Cromwell

-1641 (22 octobre) : début de la Rébellion irlandaise qui s’achève en mars 1642. Création de la Confédération Irlandaise qui disparaît en 1649 au moment de la reconquête menée par Oliver Cromwell.

-Août 1649-Avril 1653 : le lord-protecteur et sa New Model Army mènent une reconquête brutale de l’Irlande. Les 30000 hommes de l’armée parlementaire perdent 8000 hommes face aux 60000 irlandais qui leur font face qui eux perdent selon les sources entre 15 et 20000 hommes. A cela s’ajoute la mort de plus de 200000 civils.

NdA les batailles citées ensuite sont toutes remportées par l’armée parlementaire

-1649 (11 septembre) : siège ou bataille de Drogheda

-1649 (2 au 11 novembre) : sac de Wexford

-1650 (avril-mai) : Siège de Clonmel

-1651 (19 juin au 27 octobre) : Siège de Limerick

-Août 1651 à Mai 1652 : Siège de Galway

-12 mars 1689 au 3 octobre 1691 : guerre williamite en Irlande

-1690 (1er juillet) : Bataille de la Boyne Défaite de Jacques II face à Guillaume d’Orange. Fin de la Glorieuse Révolution et début du mouvement jacobite.

-1695 : Education Act Interdiction aux catholiques irlandais d’envoyer leurs enfants à l’étranger pour y être éduqués (loi abrogée en 1782)

-1740-1741 : Grande famine 300 à 480000 morts

-1760 : dans le cadre de la Guerre de Sept Ans les français débarquent en Irlande et remportent la bataille de Carrickfergus. Il s’agit plutôt d’une escarmouche entre 600 français dirigés par le corsaire François Thurot et des troupes anglaises peu nombreuses. L’arrivée de renforts force les français à rembarquer.

-1796 (décembre) : Expédition d’Irlande nouvelle tentative d’invasion française cette fois dans le contexte des guerres de la 1ère coalition. C’est un nouvel échec avec notamment la destruction d’une partie de la flotte française dans la baie de Bantry.

-1798 (24 mai au 12 octobre) : nouvelle rébellion irlandaise toujours soutenue par la France. Les franco-irlandais remportent une victoire à Castellar le 27 août face à une armée anglaise plus nombreuse. Le même jour la République du Connach est proclamée. La révolte se termine par une victoire des britanniques qui décident d’unir l’Irlande à la Grande-Bretagne par un acte d’union.

-1801 (1er janvier) : l’Acte d’Union voté en 1800 entre en vigueur. Le royaume d’Irlande disparaît totalement intégré à la Grande-Bretagne. Le parlement irlandais installé à Dublin disparaît, les députés irlandais siégeant désormais à Westminster.

-1803 (23 juillet) : Rébellion irlandaise menée par la société des irlandais unis mais elle est vite écrasée.

-1829 (24 mars) : émancipation des catholiques

-1845-1849 : Grande Famine Irlandaise qui provoque plus d’un million de morts et une émigration massive en direction du Canada, des Etats-Unis mais aussi de l’Australie.

-1848 (29 juillet) rébellion du mouvement Jeune Irlande

-1858 : Création de l’Irish Republican Brotherhood (IRB) qui disparaît au sein de l’IRA en 1924.

-1867 (5 mars) : soulèvement fenian

Eamon de Valera, l’un des chefs de l’insurrection irlandaise avec Michaels Collins

-1882 (14 octobre) : naissance à New York de Eamon de Valera

-1886 : le premier ministre libéral Gladstone propose un Home Rule pour l’Irlande mais il est rejetté le 7 juin (341 voix contre 311 pour 18 abstentions)

Michaels Collins

-1890 (16 octobre) : naissance à Cork à Michaels Collins

-1893 : vote d’un projet de Home Rule mais ce projet non sanctionné est resté à l’état de Bill et n’est pas devenu un Act. (Il à été voté aux Communes mais rejetté par la Chambre des Lords).

-1905 (28 novembre) : Création par Bulner Hobson et Arthur Griffith du Sinn Fein («Nous mêmes»)

-26 août 1913 au 18 janvier 1914 : Lock-out de dublin, grève gigantesque de plus de 20000 travailleurs contre 300 employeurs. Ces derniers l’emporte.

1914 (18 septembre) : Governement of Ireland Act. Le projet de Home Rule pour l’Irlande aboutit enfin mais son application est repoussée à la fin de la guerre.

-1916 (24 au 30 avril) Soulèvement de Pâques à Dublin brutalement réprimé par l’armée britannique ce qui provoquera le retournement de l’opinion en faveur des insurgés.

-1918 (14 décembre) Elections législatives. La majorité des sièges attribuées à l’Irlande (73 sur 105) sont remportés par le Sin Feinn la vitrine politique de l’IRA.

-1919 (21 janvier) : Les députés irlandais qui refusent de siéger à Londres se réunissent à Dublin marquant la renaissance d’un parlement sur la verte Erin. Début de la guerre d’indépendance irlandaise.

-1919 (3 février) : Eamon de Valera s’évade de sa prison anglaise

-1919 (19 septembre) : création par Michael Collins du Squad une unité de contre-infiltration et d’exécution rentrée dans l’histoire sous le nom des Douze Apôtres.

-1920 (25 mars) : Les Blacks & Tans arrivent en Irlande. Ils ne vont pas tarder à tristement s’illustrer

-1920 (21 novembre) : Bloody Sunday. A l’aube des officiers de renseignement britanniques mais aussi des militaires lambda pris pour tels sont exécutés par l’IRA. Dans l’après midi en riposte les britanniques ouvrent le feu sur les joueurs et les spectateurs d’un match de football gaélique à Croke Park faisant 14 morts. A cela s’ajoute l’exécution sommaire de trois membres de l’IRA capturés.

-1920 (23 décembre) : Le British Governement of Ireland Act reçoit l’imprimatur royal. L’île est divisée en deux avec pour chaque Irlande un parlement.

-1921 (3 mai) : création de l’Irlande par le regroupement des six comtés du nord-est de l’île

-1921 (13 mai) : Elections du parlement d’Irlande du Sud. Le Sinn Fein remporte 124 des 128 sièges mais refuse de siéger

-1921 (25 mai) : L’IRA occupe et détruit la maison des Douanes à Dublin. De nombreux combattants de l’IRA sont capturés.

-1921 (7 juin) : première réunion du parlement nord-irlandais

-1921 (6 décembre) : signature du Traité Anglo-Irlandais qui met fin à la guerre d’indépendance. Création de l’Etat libre d’Irlande. Le traité est approuvé par le Dail le 7 janvier 1922.

-1922 (14 janvier) : mise en place d’un gouvernement provisoire pour gérer le nouvel Etat libre d’Irlande

-1922 (14 avril ) le tribunal de Dublin (Four Courts) occupé par les anti-traités.

Après l’échec de négociations et une menace d’intervention directe de l’armée britannique (en représailles notamment à l’assassinat le 22 juin du général Henry Wilson) , l’armée régulière irlandaise (National Army) dirigée par Michael Collins fait bombarder le site grâce à des canons livrés par les britanniques le 28 juin.

Début de la guerre civile irlandaise. Les combats pour Dublin s’achèvent le 5 juillet 1922, les assiégés du tribunal se rendent le 30 juin.

Ce conflit est d’abord une guerre conventionnelle mais à partir d’août l’armée de l’Etat libre d’Irlande doit affronter d’anciens frères d’armes engagés dans des opérations de guerilla.

-1922 (4 juillet) : Reprise de Drogheda par les unités gouvernementales

-1922 (20 juillet) : Limerick et Waterford sont reprises par les unités de l’armée nationale

-1922 (10 août) : Reprise de Cork par les troupes gouvernementales. La reprise de Fenoy le lendemain marque un tournant. D’une guerre conventionnelle, la guerre civile irlandaise devient une guerre de guerilla dans laquelle se réfugient les opposants au traité.

-1922 (22 août) : Michaels Collins est tué dans une embuscade tendue dans sa région natale par les anti-traités. Richard Mulcahy le remplace à la tête de l’Armée Nationale. Selon certains historiens sa mort ainsi que celle naturelle d’Arthur Griffith à durci les oppositions et prolongé la guerre de plusieurs mois.

-1922-1932 : le Cumann na nGaedheal (Société des amis des Gaels) domine la vie politique irlandaise. Ce parti disparaît dans la création du Fine Gael le 8 septembre 1933.

-1923 (24 mai) Fin de la guerre civile irlandaise

-1926 : scission au sein du Sinn Fein. Ce parti vitrine politique de l’IRA s’était enfermé dans une opposition totale à l’Etat libre d’Irlande (bien qu’élus ils refusaient de siéger pour ne pas avoir à préter serment de fidélité à George V). Cette année là les plus pragmatiques choisissent lea voie de la coopération en créant le Fianna Fail («Soldats de la destinée») avec à sa tête un revenant Eamon De Valera.

-1932 (février) : Eamon de Valera devient président du conseil exécutif de l’Etat libre d’Irlande.

-Octobre 1932 à 1938 : guerre douanière entre l’Etat libre d’Irlande (puis l’Eire) et le Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord.

-22 août 1933 : le meeting des Chemises Bleues de Eoin O’Duffy prévu à Dublin est interdit de crainte qu’il ne ne se transforme en une nouvelle Marche sur Rome. Le mouvement est dissous peu après.

-1937 (29 décembre) : La Constitution d’Irlande ratiffiée le 1er juillet 1937 entre en vigueur. L’Etat libre d’Irlande cède la place à l’Eire. Eamon de Valera devient Taioseach.

-1939 (3 septembre) : début de la guerre de Pologne. L’Irlande proclame sa neutralité et décrète l’Etat d’urgence.

-1939 (15 décembre) : fin de la guerre de Pologne

-1939 (27-30 décembre) : conférence de Coblence sur le sort de la Pologne. Echec prévisible dès que les troupes étrangères n’étaient pas évacuées. Si cela avait été le cas, il était prévu le déploiement de troupes neutres pour maintenir l’ordre et parmi elles des unités irlandaises (aux côtés d’unités suédoises, espagnoles et argentines).

-1940 (14 juin) : levée de l’Etat d’urgence

-1946 (14 mars) : l’Irlande devient une république souveraine. Eamon de Valera est élu président de la République d’Irlande qui remplace le titre de Président d’Irlande qui lui même avait remplacé en 1937 celui du gouverneur général (représentant du roi) en vigueur depuis 1922.

-1948 (05 septembre) : déclenchement de la seconde guerre mondiale. Comme neuf ans plus tôt le gouvernement irlandais proclame la neutralité du pays.

-1948 (10 septembre) : proclamation de l’Etat d’urgence (levé le 17 mars 1955)

Pologne et Pays Neutres (40) Irlande (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.3 : IRLANDE

AVANT-PROPOS

En ce 30 juillet 2021 j’ai terminé ma deuxième fiche synthétique (sic) consacrée au Portugal portant le total à 9998 pages écrites Road to Ten Thousand…… .

Quand j’ai commencé mon uchronie en 2011 je ne pensai pas y être encore en 2021. Les choses ont beaucoup évolué, l’œuvre est devenu un monstre tellement tentaculaire que j’ai du mal parfois à m’y retrouver.

Il y à naturellement de nombreuses contradictions, des erreurs qui sont liés à la fois à mon propre manque de vigilance mais aussi parce que j’apprends parfois par de nouvelles recherches que telle arme, tel char, tel avion à finalement été utilisé par ce pays (le cas inverse arrive parfois).

A l’origine j’avais prévu pas moins de quinze tomes que l’ont peu classer en deux catégories, les majeurs et les mineurs.

Les sept premiers sont les majeurs puisqu’ils concernent la France (Tome 1), l’Allemagne (Tome 2), la Grande-Bretagne (Tome 3), les Etats-Unis (Tome 4), le Japon et ses alliés (Tome 5), l’Italie (Tome 6) et l’URSS (Tome 7).

Les tomes suivants dits tomes mineurs concernent soit des pays belligérants et des pays neutres que ce soit le Canada et l’Afrique du Sud pour le Tome 8, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour le Tome 9, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas pour le Tome 10, la Turquie pour le Tome 11, l’Espagne et le Portugal pour le Tome 12, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Suisse et la République d’Irlande pour le Tome 13, la Grèce, la Yougoslavie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie pour le Tome 14 et enfin un Tome 15 concernant l’Amérique Centrale et Latine (Brésil, Argentine, Chili, Uruguay Paraguay, Perou, Equateur, Bolivie, Colombie, Venezuela, Mexique et les petits états)

Au final le nombre de Tomes va tomber à seulement douze. Si les sept premiers tomes dit tomes majeurs ne vont pas évoluer, les tomes dits mineurs vont être différents.

Le Tome 8 va ainsi regrouper les quatre Dominions (Canada, Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande), le Tome 9 va aborder les pays ayant formé après guerre le Benelux alors que le Tome 10 ne va plus parler de la Turquie mais de la Scandinavie (Norvège, Danemark et Finlande).

Le Tome 11 à dit adieu à la péninsule ibérique au profit d’une autre péninsule, la péninsule balkanique avec son extension de l’Europe du Milieu ou Mitteleuropa. Ce sera le plus gros tome avec six volumes (Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, Grèce et Slovaquie).

Enfin le Tome 12 va regrouper la Pologne en exil et les pays neutres. J’ai hésité à maintenir ce tome pour gagner du temps mais je me suis dit que d’une je n’étais pas à quelques semaines près et que ces pays neutres ont aussi joué un rôle dans le conflit, un rôle d’influence, un rôle d’intermédiaire entre les bélligérants.

Pour ce dernier tome j’ai décidé de réaliser des fiches synthétiques pour cadrer leur position qui sera assez semblable à celle historique puisqu’aucun événement ne peut par exemple pousser la Suisse à entrer en guerre aux côtés des alliés ou de l’Axe (la neutralité helvétique est précieuse pour les deux belligérants).

Cette remarque s’applique aussi à l’Irlande, à la Suède, à la Turquie, au Portugal et à l’Espagne. Pour le Portugal de Salazar l’important est la survie du régime et le madré Antonio de Oliveira n’à aucun intérêt à entrer en guerre à l’exception peut être d’une attaque de ses colonies ou des îles. Pour l’Espagne c’est la situation économique qui est certes meilleure qu’OTL mais encore difficile. L’Axe n’à guère d’intérêt à attirer l’Espagne et les alliés non plus.

Du 12 avril au 8 mai 2021 j’ai réalisé mon volume 6 sur la Slovaquie et j’ai décidé d’intégrer des éléments de l’histoire de la Tchécoslovaquie ce qui m’à fait dire que je devais aussi parler de la Pologne.

J’ai donc décidé dans ce Tome 12 d’intégrer une partie sur la Pologne avec normalement une chronologie étoffée sur la période avant septembre 1939, une brève description de la guerre de Pologne, la mise en place d’un gouvernement polonais en exil à Nantes, la reconstitution d’une armée polonaise qui disposera d’unités terrestres, aériennes et navales, les premières sous commandement français alors que la marine polonaise libre était placée sous l’autorité de la Royal Navy car opérant en mer du Nord.

Ces F.S ou Fiches Synthétiques devaient s’organiser de la façon suivante :

-Une partie chronologique avec tout d’abord les 50 ou 100 dates (chiffres non contractuels) à retenir de l’histoire du pays concerné.

-Des chronologies thématiques (chronologie politique, militaire et si ressources suffisantes chronologies économiques et culturelles)

-Des notices biographiques sur les grands personnages de l’histoire du pays concerné. Ce sera un choix totalement arbitraire mais qui je l’espère restera pleinement cohérent.

-La partie uchronique avec l’histoire au delà du point de divergence de mon œuvre (à savoir le 9 novembre 1939 et la mort d’Hitler dans un attentat)

-Une partie consacrée aux forces armées du pays concerné avec une rapide chronologie, un Ordre de bataille étoffé (si les sources nécessaires sont accessibles à votre serviteur) et de la liste des principales armes, des principaux véhicules, des principaux navires et aéronefs.

Je serai un peu plus prolixe, un peu plus volubile si le modèle est un modèle national ou un appareil peu connu. Inutile par exemple de présenter le Messerschmitt Me-109 en service en Suisse ou le Panzer IV utilisé par l’armée espagnole.

J’ai donc dis devais s’organiser ainsi. J’ai décidé de faire évoluer le plan pour les F.S n°3 et 4 consacrées respectivement à l’Irlande et à la Suisse qui s’organiseront de la façon suivante :

-Une chronologie générale

-Les grandes figures de l’histoire irlandaise et de l’histoire suisse

-Une histoire plus détaillé qui pourrait débuter dès 1937 pour l’Irlande quand celle-ci devient pleinement indépendante quinze ans après la naissance de l’Etat Libre d’Irlande et qui débutera en novembre 1939 pour la Suisse faute d’événements saillant.

-Les forces armées irlandaises et suisses : histoire militaire, organisation et armement

En revanche pour les F.S5 (Suède), F.S6 (Pologne) et F.S7 (Turquie) je reviendrai au plan initial sauf nouveau changement mais ça chers lecteurs vous commencez à être habitués.

Une fois le Tome 12 terminé, je pense réaliser un gros travail préparatoire que je conserverai pour moi (notamment un document cadre sur le conflit), je rédigerai peut être des annexes que je publierai en alternance avec les récits du conflit. Je pense aussi à une chronologie générale du conflit qui elle pourrait être publiée.

Je rédigerai ensuite le récit du conflit en m’inspirant je le reconnais de l’uchronie « 1940 La France continue » qui imagine une France continuant la guerre en juin 1940 plutôt que de se vautrer dans le renoncement avec peut être des personnages fictifs dont on pourrait suivre les aventures. Là encore le récit se découpera en différents tomes (sous réserve d’éventuelles modifications) :

-Tome 1 ou 13 : Europe occidentale et Balkans

-Tome 2 ou 14 : Méditerranée et Afrique (Nord et orientale)

-Tome 3 ou 15: Front russe

-Tome 4 ou 16 : Asie-Pacifique

-Tome 5 ou 17 : Peut être un tome consacré à l’arrière plan politique et diplomatique voir sur l’évolution d’après guerre avec par exemple deux guerres du Vietnam (1960-1967 et 1970-77). Cela sera aussi peut être l’occasion d’imaginer l’évolution des différentes armes en parlant davantage des équipements qui vont équiper notamment l’armée française.

Comme depuis le début chers amis lecteurs, chers amis suiveurs bonne lecture. C’est vous par vos réactions, vos commentaires qui me donnent envie de continuer et d’achever cette œuvre monumentale au point que je crains un grande vide une fois celle-ci terminée. Peut être pourrai-je enfin me lancer sérieusement dans l’écriture d’un roman, un projet que je caresse depuis cinq six ans maintenant.

*

**

Après avoir évoqué les tribulations des patries de Cervantes et de Camoes place désormais à la Verte Erin, l’Irlande et son histoire aussi tragique que magnifique, aussi héroïque que pathétique, bref une histoire vivante que ne peut qu’emballer, qui ne peut que charmer celui qui s’y intéresse surtout si comme moi on viens de Bretagne ce qui forcément créé des liens.

Cette histoire c’est un peuplement précoce mais une difficulté à constituer un état unitaire. Cette histoire c’est huit siècles (12ème-20ème siècle) de lutte contre l’impérialisme anglais qui considérait l’Irlande comme une colonie. Cette histoire c’est la lutte pour la reconnaissance de l’identité irlandaise que cela passe par les écrits, les idées ou les armes.

Cette histoire ce sont des invasions vikings et une christianisation lente mais qui finira par porter ses fruits.

Michaels Collins. On comprend le choix de Liam Neeson pour le film éponyme

En 1922 l’Irlande du Sud devient l’Etat libre d’Irlandais un compromis signé entre Lloyd Georges qui souhaitait mettre fin à une guerre de plus en plus impopulaire (en raison notamment des exactions qui «acceptables» dans les colonies étaient totalement injustifiables en Europe) et Michael Collins, l’un des leaders indépendantistes. Cela déclenche aussitôt une sanglante guerre civile (28 juin 1922 au 23 mai 1923) entre partisans et adversaires du traité.

L’Etat libre d’Irlande devient la République d’Irlande en décembre 1937 (constitution promulguée le 29 décembre) et coupe quasiment tout lien avec le Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Eamon de Valera, l’un des chefs de l’insurrection irlandaise avec Michaels Collins

C’est la période où Eamond De Valera ancien opposant au traité anglo-irlandais du 6 décembre 1921 domine la vie politique irlandaise (président du conseil exécutif de 1932 à 1937, Taoiseach de 1937 à 1944, président de l’Irlande de 1944 à 1958).

L’Irlande proclame sa neutralité quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939 et durant la Pax Armada s’enferme officiellement dans un splendide isolement. Je dis bien officiellement car dans la pratique l’Irlande continue de nouer des relations avec la France, la Grande-Bretagne mais aussi l’Allemagne et l’Italie.

Bien consciente de sa position stratégique, l’Irlande se sait menacée d’occupation aussi bien par les alliés que par l’Axe, les différents belligérants ayant prévu des plans d’occupation en cas de besoin (plan W pour la Grande-Bretagne avec plusieurs variantes en fonction du degré de complicité du gouvernement irlandais, plan Vert pour l’Allemagne) et va tenter de s’en sortir au mieux.

Cela ne veut pas dire que l’Irlande vit à l’écart du second conflit mondial. Dublin le comprend d’autant mieux que l’état d’urgence déjà en vigueur du 3 septembre 1939 au 14 juin 1940 est à nouveau proclamé dès le 10 septembre 1948. Il va rester en vigueur jusqu’au 17 mars 1955 quand suite à des manifestations monstres il est enfin levé.

Le pays se met en état de se défendre contre toute invasion étrangère, met en place une véritable économie de guerre pour être la moins dépendante possible d’un trafic maritime perturbé par la guerre.

Des incidents de frontière ont lieu mais aussi des bombardements sur Dublin menés par des appareils allemands officiellement égarés mais c’est du même niveau que les livraisons clandestines d’appareils au Portugal sous la forme de faux atterrissages d’urgence.

Durant le conflit (mais on ne l’apprendra que bien plus tard), les irlandais fourniront des renseignements aux américains, aux français et horrisco referens aux britanniques.

Des irlandais auront un engagement plus direct, certains désertant l’armée irlandaise pour combattre aux côtés des alliés voir pour certains aux côtés des allemands (même si ces derniers seront ultra-minoritaires.

Leur sort dans l’immédiat après guerre ne sera pas enviable puisque les survivants seront souvents emprisonnés avant d’être discrètement libérés au milieu des années soixante. Il faudra attendre 2012 pour que le gouvernement irlandais reconnaisse que les soldats irlandais ayant déserté pour rejoindre les alliés avaient «fait honneur à l’histoire et à l’âme de l’Irlande en combattant pour la liberté et la démocratie».

Scandinavie (85) Finlande (23)

Canon de 80mm modèle 1877 De Bange

Parmi les canons fournis par la France à la Finlande au moment de la guerre d’Hiver figurent huit canon de 80mm modèle 1877 De Bange, de véritables antiquités ce qui à du laisser perplexe les artilleurs finlandais.

Ces canons ont été utilisés durant la guerre d’Hiver mais ont été retirées du service courant 1941 et envoyés à la ferraille. Leur utilisation en 1939/40 est très incertaine.

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Grande Bretagne (87) Armée de terre (12)

Matériel de l’Armée britannique (7) : autos blindées et autres véhicules

Avant-Propos

Si le premier conflit mondial vit l’apparition des premières auto blindées, la fin de la guerre de mouvement en novembre 1914 (échec de la course à la mer) limita rapidement leur utilisation qui devint anecdotique sur le front occidental.

Après guerre, les autos blindées restèrent en service, de nouveaux modèles étant mis en service à partir du début des années trente au moment où l’armée de terre britannique se mécanise à une échelle plus importante que la France.

Leur mission principale étant la reconnaissance, ces véhicules sont légèrement armés en l’occurence des mitrailleuses et des canons légers, un armement trop puissant pouvant pousser l’équipage à engager le combat au lieu de penser à sa mission de reconnaissance et de renseignement.

Sur le plan de l’organisation, les unités de reconnaissance sont intégrées aux divisions, un régiment pour les divisions blindées, un bataillon pour les divisions d’infanterie et une compagnie pour les brigades blindées indépendantes.

Sur le plan matériel, de nombreux modèles sont lancées dans la précipitation d’un contexte international tendu mais au final seulement trois modèles furent conservés et produits en grande série, la Daimler Scout Car, la Humber Armoured Car et enfin la Daimler Armoured Car, la première disposant d’une simple mitrailleuse de 7.7mm, la seconde d’une mitrailleuse de 15mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm et la troisième d’un canon de 2 livres et d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm.

Aux côtés des autos blindées, des Armoured Car, on trouve d’autres véhicules, des chenillettes, des camions et des véhicules légers.

Dérivés des chars légers Carden-Loyd, les chenillettes britanniques furent une tentative pour répondre aux besoins de la mécanisation de l’infanterie.

Ces transporteurs (Carrier) furent utilisés pour le ravitaillement de l’infanterie, le transport et le remorquage des armes lourdes voir le transport de troupes même si ils n’avaient pas été conçus pour cette mission.

En ce qui concerne les camions et les véhicules légers, la Grande-Bretagne bénéficie d’une industrie automobile puissante et bien organisée qui lui permettre de disposer d’une flotte appréciable de camions et de VL (véhicules légers) ce qui ne l’empêcha pas de commander à l’étranger aux Etats-Unis, au Canada mais également en Italie.

Les besoins français et anglais en terme de camions étant similaires les deux pays tentèrent de coordonner leur production voir de mettre au point des modèles communs mais les intérêts financiers, industriels ainsi qu’un certain chauvinisme empêcha cette politique de bon sens de fonctionner pleinement.

Autos-blindées

Les modèles anciens en service en septembre 1939

-Quand éclate la guerre de Pologne (parfois connue comme la guerre de Trois Mois ou Three Months War), l’armée britannique disposait encore comme autos-blindées des Rolls-Royce Armoured Car mises en service en décembre 1914 par adaptation d’une caisse blindée sur un chassis de voiture Rolls-Royce Silver Ghost, cette caisse étant munie d’une tourelle monoplace armée d’une mitrailleuse Vickers.

Rolls Royce Armoured Car

Rolls Royce Armoured Car

A cette époque, le front occidental s’étant transformé en un double réseau de tranchées rendant impossible l’utilisation d’autos blindées qui furent envoyées au Moyen-Orient notamment pour soutenir la révolte des tribus arabes menée par Laurence d’Arabie. En 1917 la production des châssis est suspendue pour permettre à Rolls-Royce de se concentrer sur la production de moteurs d’avions.

Treize véhicules furent cédés à l’Etat Libre d’Irlande pour lui permettre de lutter contre l’IRA au cours de la guerre civile irlandaise. Ils furent retirés du service en 1944 et remplacées par des Humber Armoured Car plus modernes.

Les véhicules furent modernisés en 1920 et 1924 donnant naissance aux Rolls-Royce 1920 Pattern et Rolls-Royce 1924 Pattern dont 76 exemplaires étaient encore en service en Egypte et au Moyen-Orient avec une superstructure ouverte en remplacement de la tourelle, superstructure accueillant un fusil antichar Boys, un fusil-mitrailleur Bren et un lanceur de grenades fumigènes.

Les véhicules usés furent retirés du service en 1942 et remplacés par des véhicules plus modernes.

Caractéristiques Techniques des Rolls-Royce Armoured Car

Poids : 4.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.93m largeur 1.93m hauteur 2.54m

Motorisation : un moteur à essence à refroidissement par eau 6 cylindres de 80ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 240km

Blindage : 12mm

Armement : une mitrailleuse Vickers .303

Equipage : 3 hommes

Lanchester 6x4 Armoured Car

Lanchester 6×4 Armoured Car

-En septembre 1939, l’auto-blindée Lanchester 6×4 est encore en service au sein de la Territorial Army et d’unités coloniales notamment en Asie du Sud-Est.

Cette imposante auto-blindée produite par la Lanchester Motor Company à pour origine un contrat signé le 19 juillet 1927. Deux prototypes sont présentés en mars 1928. 37 véhicules furent produits, 22 autos-blindées, deux véhicules d’instruction et treize véhicules de commandement avec un poste radio à la place de la mitrailleuse de caisse.

Les livraisons furent particulièrement lentes puisqu’il fallut cinq ans (1929-1934) pour équiper le 11ème régiment de hussards avant que le régiment soit déployé en Egypte en remplacement du 12ème régiment de lanciers. Les deux régiments échangèrent leurs véhicules, le 11ème hussard recevant des Rolls-Royce Pattern.

Quand éclate la guerre de Pologne, vingt-deux autos-blindées sont envoyées en Malaisie, le reste étant cédé à la Territorial Army.

Neuf ans plus tard en septembre 1948, ces autos-blindées n’étaient plus en service, ayant été remplacées par des modèles plus modernes et plus performants.

Quelques exemplaires sont cependant ressortis des stocks à la mobilisation pour assurer la protection du gouvernement.

Caractéristiques Techniques de la Lanchester 6×4 Armoured Car

Poids : 7 tonnes

Dimensions : longueur 6.10m largeur 2.02m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur essence Lanchester 6 cylindres de 90ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 9mm

Armement : tourelle biplace avec une mitrailleuse Vickers .50 associé à une mitrailleuse .303, une deuxième mitrailleuse de ce même calibre est présente à l’avant de la caisse (les véhicules de commandement disposent d’un poste radio à cet emplacement)

Equipage : 4 hommes

Les prototypes et les productions limitées

A partir de 1937 la Grande-Bretagne se lance sérieusement dans un véritable réarmement qui aurait nécessité du temps et de la méthode. Seulement voilà le contexte difficile, la crainte d’une guerre éclatant quasiment à l’improviste entraîna la multiplication des prototypes et des productions en petite quantité d’autos-blindées plus ou moins improvisées.

Humber Light Armoured Car

Humber Light Armoured Car

-La Humber Light Reconnaissance Car est un petit véhicule blindé produit par l’installation d’une caisse blindée sur le chassis de la Humber Heavy Utility Car.

Produite dans le cadre d’un appel d’offres pour un petit véhicule blindé de reconnaissance et de liaison, la Daimler Dingo lui fût préférée et la production en série ne dépassa pas les soixante-quinze exemplaires qui équipèrent la RAF pour la protection des terrains d’aviation en compagnie d’une autre petite auto-blindée, la Standard Beaverette.

Caractéristiques Techniques de la Humber Light Reconnaissance Car

Poids : 3.17 tonnes

Dimensions : longueur 4.37m largeur 1.88m hauteur 2.11m

Motorisation : un moteur à essence de 6 cylindres de 80-87ch

Performances : vitesse maximale 12& km/h distance franchissable 180km

Blindage : 12mm

Armement : un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 3 hommes

Standard Beaverette

Standard Beaverette

-La Standard Car 4×2 appelée également Car Armoured Light Standard et plus connu sous le nom de Beaverette (du nom du ministre de la production aéronautique Lord Beaverbrooke) est une tentative d’une auto-blindée qu’on appellerait low-cost pour être produite en grande quantité et à un coût faible.

Plusieurs prototypes furent produits au cours du printemps 1940 mais l’armée britannique ne donna pas suite à la différence de la RAF qui cherchait à protéger ses terrains d’aviation avec un véhicule blindé armé d’une mitrailleuse.

Cinq cent cinquante véhicules Car Armoured Light Standard Mk I à fusil-mitrailleur Bren et Mk II avec une Vickers .303 et un fusil antichar Boys furent produits entre 1941 et 1943. Elles étaient généralement déployées par groupe de cinq à dix véhicules en soutien d’unités du RAF Regiment.

Ces véhicules étaient toujours en service en septembre 1948. Ce modèle à été exporté en Nouvelle-Zélande, douze véhicules amenés de Grande-Bretagne avant que la production ne reprenne au pays du long nuage blanc.

Caractéristiques Techniques de la Car Armoured Light Standard Mk I

Poids : 2 tonnes

Dimensions : longueur 4.11m largeur 1.60m hauteur 1.52m

Motorisation : un moteur à essence de 46ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 300km

Blindage : 9mm

Armement : un fusil-mitrailleur Bren sous bouclier avec 2500 cartouches

Equipage : 2 ou 3 hommes

Morris Light Reconnaissance Car

Morris Light Reconnaissance Car

-La Morris Light Reconnaissance Car fût une autre tentative d’autos-blindée bon marché, pouvant être produite rapidement et à un coût modéré.

Soixante-quinze exemplaires furent tout de même produit pour la Grande-Bretagne avant que la licence de production ne soit cédée au Canada, à l’Australie et à l’Afrique du Sud, ces trois pays produisant avant guerre trois-cent cinquante exemplaires d’une version Mark I avant qu’une version Mark II améliorée n’entre en production au printemps 1949 (4×4 au lieu de 4×2, tourelle plus spacieuse).

Caractéristiques Techniques de la Morris Light Reconnaissance Car

Poids : 3.7 tonnes

Dimensions : longueur 4.06m largeur 2.03m hauteur 1.88m

Motorisation : un moteur à essence Morris 4 cylindre dévellopant 72ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 8-14mm

Armement : un fusil-antichar Boys 0.555 et un fusil-mitrailleur Bren 0.303 (Mk I) deux mitrailleuses Besa de 7.92mm en tourelle.

Equipage : 2 ou 3 hommes

Guy Armoured Car

Guy Armoured Car

-La Guy Armoured Car était issue d’une coopération entre Guy Motors et le Woolwich Arsenal, l’auto-blindée combinant le châssis du tracteur d’artillerie Quad-Ant et une caisse blindée. Cette combinaison fût testée avec succès mais après la production de vingt-cinq exemplaires, l’armée britannique préféra se concentrer sur d’autres modèles notamment la Humber Armoured Car qui reprenait la même caisse sur un nouveau châssis.

Il fallut attendre l’export pour que cette auto blindée connaisse une véritable production de série en l’occurence à destination de la Finlande (vingt-quatre exemplaires), le Danemark (seize exemplaires), les Pays-Bas (trente-deux exemplaires plus production sous licence).

Caractéristiques Techniques de la Guy Armoured Car

Poids : 5.3 tonnes

Dimensions : longueur 4.12m largeur 2.06m hauteur 2.29m

Motorisation : un moteur essence Meadowsde 55ch

Performances : vitesse maximale 64 km/h distance franchissable 340km

Blindage : supérieur à 15mm

Armement : (Grande-Bretagne) une mitrailleuse .50 Vickers associé à une mitrailleuse .303 Vickers

Equipage : trois hommes

Morris CS9

Morris CS9

-La Morris CS9 est une auto-blindée 4×4 construite en combinant une caisse blindée et un châssis de camion, le Morris Commercial C9 4×2. Le prototype apparaît en 1936 et 100 exemplaires ont été produits et utilisés jusqu’en 1945 quand l’arrivée d’autos blindées plus modernes entraîne son retrait du service.

Caractéristiques Techniques de la Morris CS9

Poids : 7t

Dimensions : longueur 4.77m largeur 2.05m hauteur 2.13m

Motorisation : un moteur à essence Morris de 96ch

Performances : vitesse maximale 73 km/h distance franchissable 385km

Blindage : 7mm

Armement : tourelle biplace ouverte avec un fusil antichar Boys et un fusil-mitrailleur Bren

Equipage : 4 hommes

Daimler Scout Car (Daimler Dingo)

Daimler Dingo

Daimler Dingo

En 1938, le War Office lança un appel d’offres pour un véhicule de reconnaissance (Scouting Vehicle), appel d’offres auquel répondit Alvis, BSA Cydes et Morris.

Les tests commencèrent en août 1938, les différents modèles disposant d’un moteur arrière et de quatre roues motrices. Le projet Morris fût éliminé en raison d’une vitesse trop faible et c’est au final le projet BSA qui fût choisit, la production étant assurée par Daimler, la division automobile du groupe BSA.

Le schéma de base fût jugé suffisamment prometteur pour dévelloper un “char léger sur roues” , la future Daimler Armoured Car dont le premier prototype fût présenté aux autorités fin 1939.

Officiellement appelé Daimler Scout Car, cette auto-blindée reçut le surnom de Dingo du nom d’un chien sauvage australien.

Mis en service à la fin de 1939, la Car Scout Daimler Mark I fût essentiellement utilisée au sein des divisions d’infanterie qui disposaient d’un bataillon de reconnaissance.

Chaque bataillon disposait à l’origine de trois squadrons, un équipé de Daimler Armoured Car et deux de Daimler Scout Car, chaque squadron disposant de trois pelotons de cinq véhicules soit un total pour le bataillon de 45 véhicules.

Ce n’est que durant le conflit que l’organisation sera modifiée avec des escadrons mixtes généralement trois Dingo et deux Daimler Armoured Car.

Après les deux premiers modèles (Mk I et Mk II) quasiment identiques, le Mk III apparu au début du second conflit mondial avec un moteur plus puissant, un blindage renforcé et un armement plus puissant avec deux mitrailleuses Vickers de 7.7mm ou Besa de 7.92mm.

Le Daimler Dingo va être également produit au Canada sur un chassis différent (Ford) et en Australie. Elle va également être exportée en France, en Irlande, en Norvège, en Suède, au Portugal et en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Daimler Dingo

Poids : 3 tonnes

Dimensions : longueur 3.18m largeur 1.715m hauteur 1.50m

Motorisation : un moteur essence Daimler de 55ch

Performances : vitesse maximale 89 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 12mm sur les côtés 30mm frontal

Armement : un fusil-antichar Boys .55 ou un fusil-mitrailleur .303 Bren

Equipage : deux hommes

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

Daimler Armoured Car

La Daimler Armoured Car à été dévellopée parallèlement à la Daimler Scout Car, reprenant le design général, agrandit pour permettre l’installation d’une tourelle biplace issue du Tetrach, le char léger de la firme Vickers, cette tourelle disposant d’un canon de 2 livres.

Le prototype est prêt dès 1939 mais des problèmes de transmission (la même que le Dingo alors que le nouveau véhicule est deux fois plus lourd) obligèrent le concepteur à mener plusieurs modifications qui retardèrent la mise en service de la Daimler Armoured Car jusqu’au printemps 1942.

Il va équiper aussi bien les bataillons de reconnaissance des divisions d’infanterie que les régiments des divisions de chars, les bataillons disposant d’un squadron de 15 véhicules tout comme les régiments, ces derniers disposant à la place des Dingo des D.I de Humber Armoured Car mieux armés que les Daimler Scout Car.

Quand éclate le second conflit mondial, seule la version Mark I est en service, la version d’appui-rapproché (Close Support) n’ayant pas été mise en production.

Une version Mark II équipée d’un canon de 6 livres entre en production en octobre 1948 pour remplacer après engagement au combat les Mark I.

Ce véhicule à équipé les unités de la British Indian Army, l’Australie, la Belgique, le Canada et la Nouvelle-Zélande,

Caracteristiques Techniques de la Daimler Armoured Car

Poids : 7.6 tonnes

Dimensions : longueur 4m largeur 2.46m hauteur 2.26m

Motorisation : moteur à essence Daimler 6 cylindres de 95ch

Performances : vitesse maximale 80 km/h distance franchissable 320km

Blindage 7 à 16mm

Armement : tourelle abritant un canon de 2 pouces (40mm) approvisionné à 52 coups associé à une mitrailleuse coaxiale Besa de 7.92mm (2700 coups) + un fusil-mitrailleur Bren de 7.7mm

Equipage : 3 hommes

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

L’automitrailleuse Humber Armoured Car est la combinaison du châssis du tracteur d’artillerie Karrier KT4 avec la caisse de l’auto-blindée Guy qui comme nous l’avons vu à connu un succès limité dans son pays d’origine et plus important à l’export puisque les Pays-Bas ont acquis la licence de fabrication pour équiper leurs unités de cavalerie.

Les commandes britanniques sont passées au printemps 1940 et les livraisons s’étalent de janvier 1941 à juin 1943 pour équiper les quatre divisions blindées et les six brigades blindées indépendantes à raison d’un régiment pour les premières et d’une compagnie pour les secondes.

Si le régiment de reconnaissance dispose de deux squadrons de quinze Humber Armoured Car soit trente-véhicules, la compagnie de reconnaissance motorisée dispose de neuf véhicules (trois pelotons _platoon_ de trois véhicules).

La production se poursuit pour constituer les stocks et anticiper sur la création de nouvelles unités en temps de paix ou lors de la mobilisation.

Tous les engins produits jusqu’en juin 1943 étaient des Mk I. Le modèle Mk II qui lui succède se distingue par un moteur plus puissant, un blindage de caisse renforcé et une tourelle redessinée.

L’armement reste le même à la différence de la Mk III qui intègre un canon de 47mm français plus performant que le canon de 2 livres initialement envisagé et moins encombrant que le 6 livres britannique.

Cette Mk III dont la production commence en septembre 1947 va remplacer les Humber Mk I des compagnies de reconnaissance motorisée pour augmenter le punch de ces unités de reconnaissance de taille réduite.

Des variantes de dépannage, d’observation d’artillerie et de défense antiaérienne sont à l’étude en septembre 1948 mais la décision de les mettre en production n’à pas encore été prise.

Cette auto-blindée fût utilisée par l’armée indienne mais également par le Portugal, seul client export de l’auto-blindée avant le second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques de la Humber Armoured Car

Poids : 6.85 tonnes

Dimensions : longueur 4.572m largeur 2.184m hauteur 2.34m

Motorisation : un moteur à essence Roostes 6 cylindres dévellopant 90ch

Performances : vitesse maximale sur route 72 km/h Rayon d’action 402km

Blindage : nc

Armement : tourelle avec une mitrailleuse de 15mm Besa associée à une mitrailleuse Besa de 7.92mm(Mk I et Mk II) canon de 47mm modèle 1939 et mitrailleuse Besa de 7.92mm (Mk III)

Equipage : trois hommes (quatre hommes pour la Mk III)

Les prototypes en cours de dévellopement en septembre 1948

Quand le second conflit mondial éclate, plusieurs projets d’autos-blindées sont en cours de maturation chez les constructeurs britanniques. Il s’agit à la fois d’anticiper sur le déclassement progressif des véhicules en service et pouvoir riposter à d’éventuelles surprises surgissant du camp d’en face.

Le premier projet est une automitrailleuse 6×6, l’Alvis Heavy Armoured Car plus connue ultérieurement sous le nom de Saladin. Le projet est lancé dès septembre 1941 après évaluation de l’Automitrailleuse puissante française Panhard 201.

Ce projet est mené sans urgence par une firme fort occupée par ailleurs. A cela s’ajoute les hésitations sur l’armement. Tout le monde s’accord sur un canon mais si certains préconisent le 47mm français d’autres pensent au 6 livres voir à un canon de 75mm, faisant de cette automitrailleuse lourde un véritable char d’assaut.

Le projet un temps menacé est finalement mené à bien et quatre prototypes sont évalués à l’automne 1947, deux armés d’un canon de 6 livres, un armé d’un canon de 75mm américain et le quatrième armé d’un canon français de 47mm.

Si la dernière configuration est écartée, aucune décision n’est encore prise dans le choix de l’armement entre le 6 livres _au point mais aux performances qui pourraient s’avérer limitées_ et le 75mm encore perfectible. Aussi le 5 septembre 1948, la production en série de la future Saladin est encore loin d’être acquise.

Ce ne sera chose faite qu’à l’été 1949 suite aux excellents résultats des AMP françaises. Des variantes seront rapidement étudiées : dépannage, commandement, transport de troupes.

L’autre projet majeur était une auto-blindée utilisant le chassis du tracteur d’artillerie Matador, un projet novateur non sous sa forme _un véhicule 4×4, une caisse blindée surmontée d’une tourelle armée d’un canon de 47mm français_ mais parce que son constructeur à eut l’idée d’une véritable famille de véhicule.

Dès le lancement du projet, le bureau d’études d’AEC à planché sur des variantes commandement et contrôle, dépannage, appui-rapproché (avec un obusier de 3 pouces), défense antiaérienne, chasseur de char (avec un canon de 6 livres en superstructure), véhicule du génie, porte-mortier, transport de troupes.

La firme propose même à l’armée britannique de produire sur fonds propres tous les véhicules nécessaires à un bataillon interarmes composé d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de contrôle, de deux compagnies de fusiliers, d’une compagnie d’appui et d’une compagnie de chars légers mais l’état-major britannique ne donne pas suite à cette proposition révolutionnaire.

Les autres projets sont encore au stade de la planche à dessin comme les remplaçants des Daimler Scout Car et des Humber Scout Car.

Grande-Bretagne (8) Géopolitique (3)

Et avec les alliés ? Et avec les neutres ?

France

-Avec la France, les relations ont toujours été empreintes d’une certaine méfiance. Au traité de Versailles en 1919, Lloyd George s’oppose aux prétentions de Clemenceau. Cette position continue durant les années vingt et le début des années trente.

-Faute de volonté mais de moyens, Paris est obligé de suivre Londres dans sa politique funeste d’apaisement.

-Dans les années quarante, l’arrivée au pouvoir du PSF entraine un rééquilibrage entre Paris et Londres, beaucoup de malentendus sont aplanis, une nouvelle Entente Cordiale voit le jour destinée à maintenir la paix en Europe au prix éventuel d’une guerre contre l’Allemagne.

-Coopération politique, économique et militaire intense. Le 4 juin 1947, à lieu une réunion entre le général Villeneuve, commandant en chef des armées et le général Brooke, chef d’état-major impérial. C’est une réunion préparatoire pour prévoir la guerre qui menace chaque jour davantage.

-Cette réunion ne fait que confirmer une politique plus ancienne de coopération militaire avec fourniture de renseignements et de matériels comme des chars français contre des radars et des sonars.

-L’accord de Windsor est signé le 7 juin 1947 et politiquement entériné par une visite d’Etat du président de la République Française, Paul Reynaud reçu par le premier ministre Clément Atlee et par le roi George VI.

-Cet accord prévoit une fois la guerre déclarée la mise en place d’un état major combiné franco-britannique installé au château de Vincennes avec un généralissime français ou anglais (le général Villeneuve occupant ce poste en septembre 1948) et un adjoint de l’autre nationalité.

Cet état-major devra coordonner les opérations menés en Europe mais également sur les autres théâtres d’opérations.

Les zones de coopération géographique sont clairement identifiées notamment sur le plan naval. La Grande Bretagne reçoit l’autorité sur la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique Nord alors que la France à autorité sur le Golfe de Gascogne, la zone Antilles-Guyane, l’Océan Indien et surtout la Méditerranée.

Sur le plan naval, chaque zone est dirigée par un état-major bi-national à dominante française ou anglaise avec des officiers liaison du pays non dominant et des pays alliés, essentiellement issus des Dominions (Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Afrique du Sud) en attendant le basculement de certains neutres (Grèce, Norvège, Turquie……). Une stratégie d’ensemble est clairement définie pour faire face à chaque adversaire.

Etats-Unis

-Relations cordiales entre Londres et Washington ce qui n’exclut pas les tensions liées notamment aux limitations des armements navals.

-Les commandes britanniques et françaises permettent d’enclencher le réarmement des Etats-Unis et de réduire le chômage, chômage qui était reparti à la hausse en 1938 en dépit des mesures interventionnistes du New Deal.

Charles Linbergh

Charles Linbergh

-Cela change à partir de 1944 avec l’élection du président Linbergh. Ce républicain farouche isolationniste refuse de se laisser entrainer dans une future guerre européenne.

Ses sympathies pour le nazisme inquiètent et le projet d’une alliance germano-américaine est redoutée dans les chancelleries même si la révélation d’un accord informel en septembre 1945 se révéla être un mensonge monté de toutes pièces par un journaliste new-yorkais, Angus Mack, journaliste en mal de notoriété.

-Les relations entre Londres et Washington deviennent un poil plus fraiches mais restent cordiales. Il faudra attendre la montée des tensions à partir du printemps 1948 pour voir le président Linbergh se rapprocher des alliés même si souhaitant sa réélection, le premier homme à avoir officiellement traverser l’Atlantique en avion doit rester prudent.

URSS

-Relations inexistantes en raison d’un très fort anti-communisme régnant parmi les élites politiques britanniques et notamment chez les conservateurs.

-La Pologne est le principal point d’achoppement, l’URSS s’étant partagé le territoire polonais avec l’Allemagne. De plus, le gouvernement britannique avait reconnu le gouvernement polonais exil qui réclamait la libération du territoire dans ses frontières de 1939.

-La dénonciation du pacte germano-soviétique en avril 1945 permet de renouer des relations a minima entre les deux pays.

-Devant la menace allemande, on étudie une coopération militaire et navale mais cela ne dépasse pas le stade des notes sans accord concret, la faute à une méfiance réciproque, la paranoïa du régime stalinien s’opposa à la crainte du bolchévisme dans les élites politiques britanniques.

Espagne et Portugal

-Intérêt commun de la France et de la Grande-Bretagne de laisser la péninsule ibérique en dehors du conflit en les dissuadant de s’allier à l’Allemagne et à l’Italie. La France s’évite l’ouverture d’un troisième front et la Grande-Bretagne rend plus facile le contrôle de la Méditerranée.

-Pressions diplomatiques associée à une aide économique pour permettre le développement du Portugal et la reconstruction d’une Espagne dévastée par une guerre de près de trois ans (juillet 1936-mars 1939).

-Des plans sont néanmoins dressés au cas où notamment la saisie des possessions coloniales de l’Espagne (Maroc espagnol, Guinée espagnole, Canaries), des îles Baléares et pour le Portugal, l’occupation des colonies africaines (Cap Vert, Guinée portugaise, Sao Tome et Principe, Angola, Mozambique) ainsi que ses possessions insulaires, Madère et les Açores.

-Des opérations contre les métropoles sont également envisagées mais vues comme compliquées en raison d’un terrain difficile et d’infrastructures ravagées (Espagne) ou quasi-inexistantes (Portugal) sans oublier le précédent historique de Napoléon qui s’englua dans une guérilla qui lui coûta cher.

Turquie

-Relations diplomatiques normales entre Londres et Ankara, pas de différents coloniaux entre les deux pays. L’action de la Grande-Bretagne en Turquie se limite à une action de propagande, diplomatique, culturelle et économique avec une aide au développement ainsi que la fourniture d’armes pour moderniser l’armée turque qui souhaite faire pièce à une URSS jugée menaçante, URSS qui fidèle à la tradition russe lorgne vers les mers chaudes.

Les autres puissances neutres

-Suisse : relations normales aucune aménité entre Londres et Berne, la neutralité de la Confédération Helvétique étant bien commode pour servir d’intermédiaire avec des pays avec qui on à pas de relations diplomatiques en bonne et due forme.

-Pays Scandinaves : Relations normales avec ces pays, puissances secondaires mais dont le positionnement stratégique est utile pour encercler l’Allemagne, la corseter. La Grande-Bretagne envisage ainsi une alliance poussée avec le Danemark et la Norvège avec le déploiement de troupes mais Oslo et Copenhague refusent de déroger à leur sacro-sainte neutralité.

En cas de menace allemande, il faudra attendre que Berlin face le premier pas avant d’envisager l’envoi de troupes, d’avions et de navires.

Quand à la Suède et à la Finlande, la première à des liens économiques très étroits avec l’Allemagne alors que la seconde envisage de prendre sa revanche sur l’URSS et pense s’appuyer davantage sur l’Allemagne que sur les alliés pour obtenir armes, conseillers militaires voir un appui sous la forme de troupes combattantes.

-Irlande : Les relations entre Dublin et Londres sont fraiches surtout depuis 1937 et l’indépendance complète de la partie sud de l’île, devenue la République d’Irlande en remplacement de l’Etat Libre d’Irlande (équivalent d’un dominion).

Elles sont d’autant plus fraiches que Dublin n’exclut pas de parvenir à la réunification de l’île en annexant les six comtés qui forment l’Irlande du Nord ou Ulster pour les loyalistes.

Si un conflit armé est exclu, cet objectif qui explique la tolérance du gouvernement irlandais vis à vis de l’IRA rend compliquées les relations entre irlandais et britanniques.

Des plans sont néanmoins dressés pour occuper le pays en cas de basculement de la verte Eirin dans le camp allemand ou en cas de menace allemande directe sur le pays, le positionnement de l’Irlande en faisant un tremplin rêvé pour mener une guerre au commerce dans l’Atlantique.

Comme ces deux menaces sont faibles voir inexistantes, ces plans ressemblent plus à des exercices de simulation (wargames) qu’à des plans de bataille en bonne et due forme.

Le plan le plus abouti (dont la publication dans le Times en 1974 provoqua une crise diplomatique entre Dublin et Londres dont les relations étaient déjà malmenées avec les Troubles en Irlande du Nord) prévoyait la saisie des ports de l’île comme Dublin, Galway et Cork, une opération aéroportée sur l’aéroport de Dublin suivit d’un raid motorisé mené depuis l’Ulster.

Inutile de préciser que la Royal Navy aurait établit un solide blocus de l’île avec ou sans le concours de la marine française.

Grande-Bretagne (6) Géopolitique (1)

GÉOPOLITIQUE

Relations avec les dominions

-La Grande-Bretagne qui possédait le premier empire colonial du monde fit toujours preuve de pragmatisme avec différents statuts dont celui de dominion, un statut à mi-chemin entre l’indépendance et la colonie.

-Les dominions sont essentiellement des colonies de peuplement blanc à savoir l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et l’Afrique du Sud mais également Terre-Neuve et l’Etat libre d’Irlande.

-Indépendants en pratique, ces états étaient corsetés par une série de disposition permettant à Londres de s’ingérer dans leurs affaires intérieures.

-Ces dispositions deviennent caduques suite à la déclaration Balfour de 1926 puis au statut de Westminster en 1931 qui marque la naissance officielle du Commonwealth of Nations, établi comme une association d’États indépendants et souverains, « librement associés » et égaux, dont l’adhésion reposait sur une allégeance commune à la couronne britannique.

-En 1934, Terre-Neuve redevient une colonie dirigée par Londres avant de devenir en 1948, peu avant le conflit, une nouvelle province du Canada, premier dominion créé en 1867, le roi George VI étant représenté par un gouverneur général.

-Trois ans plus tard, en 1937, l’Etat Libre d’Irlande devient suite à un référendum la République d’Irlande, cessant tout relation d’allégeance à la couronne britannique, adoptant une posture neutraliste.

-Sur le plan des relations entre Londres et ses dominions, elles sont ambiguës, certains dominions notamment l’Australie menacée par le bellicisme japonais doutant de la volonté de Londres de défendre ses anciennes colonies.

-Cela impose à Londres de muscler son dispositif en Asie du Sud-Est avec la modernisation de la base navale de Singapour et l’aménagement d’une base tactique à Kuching sur l’île de Borneo qui relaie une base implantée à Alor Setar. Les moyens navals sont renforcés, trois cuirassés et deux porte-avions d’escadre sont déployés pour dissuader le Japon.

-Ce renforcement des positions en Asie du Sud-Est est commun à toutes les puissances coloniales de la région qu’il s’agisse des Etats-Unis aux Philippines (indépendantes en mars 1945), des Pays-Bas aux Indes Néerlandaises et de la France en Indochine.

-Ce renforcement concerne également la Royal Air Force (qui va déployer des bombardiers lourds en Extrême-Orient) et la Royal Army.

Si pour cette dernière relativement peu de troupes métropolitaines rejoignent Singapour, la Malaisie, l’Inde ou la Birmanie, les troupes de recrutement local sont nettement mieux formées et équipées. Ils vont former le socle des futures armées de l’indépendance promise à moyen terme.