21-Armée de terre (43)

Les régiments de cavalerie

Les unités montées

En septembre 1939, il existe encore de nombreux régiments de cavalerie à cheval, des régiments de hussards, de dragons, de chasseurs à cheval, de chasseurs d’Afrique, de spahis. Ce n’est pas un cas propre à la France, l’armée allemande dispose encore d’une 1ère division de cavalerie et pas simplement de chevaux pour tracter les pièces d’artillerie.

Dès la mobilisation, nombre de ces régiments disparaissent pour mettre sur pied des GRDI et des GRCA. Les Divisions de Cavalerie où cohabitaient engins mécaniques et nobles destriers (les divisions «pétrole-picotin») vont progressivement être transformées en divisions légères mécaniques où les chars et les automitrailleuses remplacent les pur-sangs.

Au final, seules deux brigades de spahis vont rester déployées en métropole, se déplaçant à cheval mais combattant à pied tels les dragons de jadis. Dans l’Empire, les spahis sont présents en nombre tout comme des unités plus spécifiques comme en Orient.

Les régiments de cavalerie sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement (PC, transmissions,renseignement, éclaireurs motocyclistes et pionniers sapeurs)

-Un escadron hors rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Un escadron de mitrailleuses et d’engins (4 canons de 25mm, 8 mitrailleuses de 8mm puis de 7.5mm et 4 mortiers de 60mm)

-Deux groupes d’escadrons avec deux escadrons disposant chacun d’un état-major, d’un peloton de commandement de quatre pelotons de fusiliers

Les régiments des groupements de cavalerie ont une organisation légèrement différente avec un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe d’escadrons à deux escadrons mixtes motorisés (automitrailleuses et side-cars) et un escadron de mitrailleuses et de canons antichars.

Les régiments de spahis sont organisés en quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et d’engins

On trouve en septembre 1939, les régiments montés suivants :

régiments endivisionnés

-1er régiment de hussards d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-4ème régiment de hussards de Senlis rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-1er régiment de chasseurs (à cheval) d’Alençon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-8ème régiment de chasseurs (à cheval) d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans
-12ème régiment de chasseurs (à cheval) de Saint-Mihiel rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC

-18ème régiment de chasseurs (à cheval) de Sarreguemines rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-6ème régiment de dragons de Vincennes rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-8ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de 2ème DC de Luneville

-19ème régiment de dragons de Lyon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-20ème régiment de dragons de Limoges rattaché à la 1ère Division de Cavalerie

-30ème régiment de dragons rattaché à la 2ème Division de Cavalerie

-31ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-5ème régiment de cuirassiers d’Haguenau rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-11ème régiment de cuirassiers de Saint Germain-en-Laye rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

Régiments appelés à former des GRDI/GRCA

-2ème régiment de hussards de Tarbes : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-3ème régiment de hussards de Strasbourg : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de dragons d’Epernay : 1er groupement de cavalerie de Metz

-10ème régiment de dragons de Orange : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-7ème régiment de chasseurs à cheval d’Evreux : 3ème groupement de cavalerie d’Amiens

-11ème régiment de chasseurs (à cheval) de Vesoul : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de cuirassiers de Lyon : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

Régiments de spahis et unités indigènes

En métropole, sont stationnées deux brigades de spahis :

-La 1ère brigade de spahis de Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains stationné à Senlis et le 6ème régiment de spahis algériens stationné à Compiègne

-2ème brigade de spahis d’Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens d’Orange et du 9ème régiment de spahis algériens de Vienne

En Afrique du Nord, sont présents des régiments de spahis intégrés à des brigades de cavalerie d’Afrique :

-Le 1er régiment de spahis algériens forme la 1ère brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 5ème RCA (régiment de chasseurs d’Afrique)

-Le 2ème régiment de spahis algériens forme la 2ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 2ème RCA

-Le 3ème régiment de spahis algériens forme la 3ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 3ème RCA et de cinq compagnies montées sahariennes.

-Le 4ème régiment de spahis tunisiens forme la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 4ème RCA et du 1er REC.

-D’autres régiments de spahis sont non enbrigadés comme les 2ème et 3ème régiments de spahis marocains stationnés au Maroc en compagnie du 8ème régiment de spahis algériens mais également du 1er RCA, du 2ème REC et de la compagnie montée saharienne.

-Au Levant, on trouve le 1er régiment de spahis marocains et le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisiens. On trouve également dix sept escadrons de ligne Alaouites, Druzes et Tcherkesses.

Evolution entre septembre 1940 et septembre 1948

Durant les huit années, la situation des unités montées évolue de manière radicale, nombre de régiments sont transformés en unités mécaniques mais il existe encore des unités montées qu’il s’agisse des unités de spahis stationnées en métropole ou en Afrique du Nord même si en AFN, des unités montées sont transformées en unités mécaniques.

Les régiments de cavalerie des groupements de cavalerie sont dissous à la mobilisation pour former les GRDI et les GRCA. Ils ne sont pas reconstitués après la démobilisation de l’été et de l’automne 1940.

Les trois divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques :

-La 1ère DC devient la 3ème Division Légère Mécanique avec le 1er régiment de hussards comme régiment de découverte, les 1er et 8ème régiments de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 19ème régiment de dragons est dissous mais reconstitué ultérieurement comme régiment de dragons portés.

-La 2ème DC devient la 4ème Division Légère Mécanique avec le 5ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 8ème régiment de dragons et le 18ème régiment de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 31ème régiment de dragons étant dissous.

-La 3ème DC devient la 5ème Division Légère Mécanique avec le 11ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 6ème régiment de dragons et le 4ème régiment de hussards comme régiments de combat, le 12ème régiment de chasseurs à cheval étant dissous.

-La 4ème Brigade de Cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie, le 4ème régiment de spahis tunisiens devenant un régiment de découverte, le 1er régiment étranger de cavalerie est transformé en régiment de combat, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique devenant un régiment de chasseurs portés.

-Les 2ème, 3ème et 5ème régiments de chasseurs d’Afrique sont entièrement motorisés, devenant l’équivalent des régiments de découverte de la DLM.

-Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique reste partiellement motorisé

-Les régiments de spahis déployés en métropole, en Afrique du Nord et au Levant restent des unités montées. A noter que le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisien stationné au Levant devient le 5ème régiment de spahis tunisiens.

-La compagnie montée saharienne devient une compagnie portée avec des véhicules Laffly pour transporter les fantassins et des Gendron-Somua AM-39 comme automitrailleuses/véhicules de combat

-Le 2ème régiment étranger de cavalerie devient un régiment motorisé de type découverte pour appuyer le 3ème REI déployé dans le Sud-marocain.

Les régiments mécaniques

Cf les chapitres sur les D.L.M et les D.C

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21-Armée de terre (1)

21°) ARMÉE DE TERRE

A-Une brève histoire de l’armée de terre

Avant-propos

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Le 14 juillet 1919, l’armée française défile sur les Champs Élysées, un défilé de la victoire digne de la première armée du monde, la plus puissante, la plus moderne, armée qui porta sur ses épaules l’essentiel du conflit, étant présente sur le front occidental, en Orient mais également sur le front italien où son intervention fût précieuse pour requinquer une armée italienne laminée à Caporetto.

Bien que l’armistice eut été signé le 11 novembre 1918, la première guerre mondiale ne s’achève vraiment pour l’armée française qu’en octobre 1919 et plus précisément entre le 14 et le 16 octobre quand une série de décrets acte la démobilisation générale, une loi proclamant la fin du conflit le 23 octobre 1919.

Bien que la paix soit de retour sur le continent européen, l’armée de terre ne croise pas les bras et reste mobilisée dans une phase de fermeté qui la voit occuper la Rhur (avec des unités belges) pour contraindre l’Allemagne à payer, intervenir en Europe centrale ou orientale au nom de la SDN sans oublier les interventions dans les colonies notamment dans le Rif soulevé par Abd-el-Kader. La fin des années vingt marque la fin de cette période active.

Le pacifisme de l’opinion, la crise économique et des budgets réduits empêche l’armée de terre de poursuivre sa modernisation ou de maintenir au niveau d’excellence qu’elle avait atteint au printemps 1918 quand une succession d’offensives (où certains on pu voir les prémices de l’art opératif brillamment théorisé par les soviétiques) avaient acculé l’Allemagne à l’armistice ce qui abrégea le conflit mais permit à l’armée allemande de nier sa défaite et de lancer la légende du «coup de poignard dans le dos» (Dolchstoßlegende).

Suite à la démobilisation, l’armée de terre aligne encore des effectifs importants avec 600000 hommes disposant de 2600 chars, 2500 avions et plus de 12000 hommes mais cet état de fait dure peu, le nombre de divisions ne cesse de diminuer passant de 55 en 1919 à seulement 20, ces unités disposant d’effectifs fort réduits, nécessitant une mobilisation partielle pour conduire des opérations de guerre.

Voilà pourquoi la France n’à pu s’opposer à l’expansionnisme hitlérien jusqu’en septembre 1939, donnant à penser au dictateur nazi qu’il avait tous les droits et un sentiment d’invincibilité. Même la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 ne l’inquiéta pas et on peu se mettre à frémir en imaginant ce qui se serait passé si Adolf Hitler n’était pas mort dans l’attentat du 9 novembre 1939 qui mit en  pratique fin à la guerre de Pologne.

Cette première alerte aurait pu passer pour pertes et profits et ne rien changer à la situation politique et militaire de la France.

Fort heureusement, ce court conflit servit de véritable électrochoc au sein de la classe politique et de l’opinion qui mit de côté le pacifisme intégral des années vingt et trente pour une politique ferme contre l’Allemagne qui n’avait pas abandonné ces funestes projets d’annexion.

Bien entendu et comme nous l’avons pour ce qui concerne le PSF, les française ne sont pas passés du pacifisme intégral d’août 1939 à un bellicisme agressif. Ils se sont résignés à un nouveau conflit européen vingt-ans après la «der des ders» et veulent tout faire pour la gagner quitte à rayer l’Allemagne de la carte.
Comme le dira le colonel de La Rocque à l’un de ses adjoints «Si les allemands déclarent à nouveau la guerre, cette fois nous irons jusqu’à Berlin».

L’évolution générale de l’armée de terre

Comme nous l’avons vu plus haut, la stratégie offensive destinée à prendre l’Allemagne à la gorge dès qu’elle violerait le traité de Versailles devient caduque à partir de 1926. Ce changement de posture s’explique à la fois par une opinion publique frileuse, le vieillissement du corps des officiers généraux et le manque de moyens.

La France adopte une stratégie clairement défensive symbolisée par la «muraille de France» ou ligne Maginot qui couvre la frontière de Nice à Sedan, négligeant la frontière belge en raison de l’alliance franco-belge et de la nécessite de se conserver un espace de manoeuvre où affronter l’armée allemande sans risquer de provoquer de nouveaux dégâts au territoire national.

Si les crédits accordés à la ligne Maginot n’ont pas été vraiment au détriment des unités de manoeuvre, la construction de cette ligne fortifiée devient le prétexte commode pour réduire les crédits sous le fallacieux prétexte que l’on investira quand la menace extérieure nous y poussera.

La mécanisation (combattre avec des engins blindés) et la motorisation (la faculté de se déplacer en engins mécaniques) _la première concernant plus la cavalerie et la seconde l’infanterie_ n’est donc que partielle et la cavalerie dispose encore en septembre 1939 d’unités à cheval.

Avant la mobilisation consécutive à l’agression allemande contre la Pologne, l’armée de terre aligne les divisions suivantes :

-Dix Divisions d’Infanterie de type Nord-Est : 10ème DI (Paris) 11ème DI (Nancy) 13ème DI (Besançon), 14ème DI (Colmar), 19ème DI (Rennes), 21ème DI (Nantes), 23ème DI (Tours), 36ème DI (Bayonne), 42ème DI (Metz) et 43ème DI (Strasbourg)

-Sept Divisions d’Infanterie Motorisée : 1ère DIM (Lille), 3ème DIM (Amiens), 5ème DIM (Caen), 9ème DIM (Bourges), 12ème DIM (Châlons sur Saône), 15ème DIM (Dijon), 25ème DIM (Clermont-Ferrand)

-Deux Division d’Infanterie Alpine : 27ème DIA (Grenoble)  et 31ème DIA (Montpelier)

-Quatre Divisions d’Infanterie Coloniale : 1ère DIC à Bordeaux, 2ème DIC à Toulon, 3ème DIC à Paris et 4ème DIC à Toulouse.

-Quatre divisions d’infanterie nord-africaine :1ère DINA à Lyon 2ème DINA à Toulon, 3ème DINA à Poitiers et 4ème DINA à Épinal

-Trois divisions de cavalerie : la 1ère DC d’Orléans, la 2ème DC de Lunéville et la 3ème DC de Paris auxquelles s’ajoutent la 1ère brigade de spahis (Compiègne) et la 2ème brigade de spahis (Orange).

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M), les unités s’approchant le plus des Panzerdivisionen allemandes puisque unités entièrement mécanisées et motorisées.
-Les sept régiments indépendants de cavalerie forment en temps de paix  trois groupements de cavalerie  qui doivent à la mobilisation servir de base à la mise sur pied des GRDI (Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie) et des GRCA (Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée). Ces régiments ne sont pas reconstitués, les GRDI étant préservés après la démobilisation.

On trouve également douze régiments de chars de combat qui vont disparaître à la mobilisation pour donner naissance à des Bataillons de Chars de Combat (BCC).

L’artillerie est également présente avec différents types de régiments allant du régiment d’artillerie de campagne au régiment d’artillerie sur voie ferrée en passant par les régiments d’artillerie lourde de corps d’armée, les régiments d’artillerie mobile fortifiée ou d’artillerie de position, ces deux types d’unités assurant l’appui des ouvrages de la ligne Maginot.

Dès la fin du mois d’août 1939, les premiers réservistes sont rappelés pour compléter les unités pendant que les structures de mobilisation sont mises en place notamment les état-majors de groupe d’armée, d’armées et de corps d’armée.

La guerre déclarée, la mobilisation bat son plein, orchestrée par les régions militaires qui complètent d’abord les effectifs des divisions de première échelon qui montent aussitôt à la frontière avant de mettre sur pied des unités de réserve à partir des réservistes les plus âgés, unités assez mal équipées ce qui n’aura aucune conséquence puisque mis à part quelques escarmouches entre patrouilles, il n’y eut aucun combat sur le front occidental.

En quelques semaines, l’armée de terre se métamorphose approchant la centaine d’unités de combat réparties en trois groupes d’armées + une armée des Alpes, huit armées (plus une en réserve face à la Suisse), vingt-six corps d’armée et 94 divisions.

Sur ces quatre-vingt quatorze divisions, on compte une grande majorité de divisions d’infanterie, les GU n’appartenant pas cette arme étant les trois divisions de cavalerie et les deux D.L.M  en  attendant la mise sur pied de deux autres divisions légères mécaniques (par transformation des unités de cavalerie) et surtout des DCr ou Divisions Cuirassés de Réserve que l’on pourrait résumer par des D.L.M avec des chars lourds.

La montée en puissance de l’armée de terre ne cesse pas avec la fin de la guerre de Pologne le 15 décembre 1939. A cette situation paradoxale deux raisons : une méfiance vis à vis de l’Allemagne et l’inertie propre à une armée qui atteint les cinq millions d’hommes.

A partir du printemps 1940 règne une paix armée en Europe. La question n’est pas de savoir si la guerre éclatera en Europe mais quant.

La prudence voudrait que l’armée reste sur le pied de guerre mais c’est économiquement impossible de maintenir autant d’hommes sous les drapeaux sans parler du facteur moral, les trois mois d’inaction ayant provoqué leur lot de dépressions et de mutilations volontaires.

La démobilisation va donc être engagée à partir de mars 1940 mais hors de question de faire ça à la hussarde. Il faut préserver les compétences et rester cohérent dans le schéma organisationnel sans parler du simple côte pratique de démobiliser plusieurs millions d’hommes, de garder une trace de leur engagement, de les avertir de leur rôle de réserviste sans parler du matériel à stocker et/ou à détruire ainsi que de la remise en état de terrains et de battisses.

Cette démobilisation achevée à l’automne 1940 ne s’accompagne pas d’un retour à la situation antérieure au conflit.

En effet, le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Villeneuve qui succède à Gamelin en juin 1940 est bien décidé à moderniser l’armée pour que quand un nouveau conflit éclatera en Europe, elle soit capable de faire face à des menaces limitées sans mobiliser et si la menace se révèle immédiatement mortelle de tenir le choc le temps que la mobilisation mette sur pied les divisions nécessaires au combat.

Pour cela, le général Pierre Harcourt de Villeneuve va renouer avec les mannes du général Estienne en adoptant un ton résolument offensif. À l’armée à dominante d’infanterie, succède l’armée villeneuvienne où les unités mécanisées et blindées forment le fer de lance d’une armée sur la voie d’une motorisation complète ou peu s’en faut.