Etats-Unis (8) US Navy (4)

L’US Navy et la Pax Armada

Comme toutes les marines de guerre, la période de la Pax Armada voit l’US Navy prendre en volume avec une augmentation du nombre de navires et surtout le remplacement des navires les plus anciens par des unités plus modernes.

La constitution du corps de bataille

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Etats-Unis (3) Histoire (2)

Les Etats-Unis au 20ème siècle (2) : isolationisme ou interventionisme ?(1919-1939)

 
-Durant la période qui sépare le premier conflit mondial de la guerre de Pologne (ou Three Months War pour certains historiens), quatre présidents se succèdent, Warren Harding (1921-1923) Calvin Coolidge (1923-1929), Herbert Hoover (1929-1933) et enfin Franklin Delano Roosevelt, le seul et unique président à avoir fait trois mandats puis qu’élu en 1932, il est réélu en 1936 et en 1940.
-Sur le plan politique,on assiste donc au triomphe de l’isolationisme, les américains se retirent des affaires du monde ou plutôt de l’Europe, se consacrant à leur propre pays mais également à leur domaine réservé à savoir l’Amérique Latine, une véritable diplomatie de la canonnière héritière du Big Stick cher à Teddy Roosevelt.
-Sur le plan économique, la situation est difficile comme dans de nombreux pays en raison de la reconversion des industries de guerre sans compter que des millions d’anciens combattants retournent sur le marché du travail.
-Des grèves éclatent dans tous le pays (4.1 millions de grévistes en 1919), des grèves doublées d’attentats anarchistes. La peur du «Rouge» s’installe entraînant notamment une réduction drastique de l’immigration sous forme de quotas nationaux. C’est dans ce contexte houleux que sont exécutés deux anarchistes italiens, Sacco et Vanzetti.
-Une forme de réaction puritaine se fait jour avec la mise en place de la Prohibition (Volstead Act) en 1919, treize années durant lesquelles la fabrication, l’importation et la vente d’alcool furent interdites, faisant la fortune de la pègre notamment un certain Al Capone.
-La reprise s’amorce au milieu des années vingt. Cette reprise n’est cependant pas homogène, l’agriculture continue de souffrir alors que de nouvelles industries voient le jour ou connaissent une importante croissance.
-Les 20 et 21 mai 1927, Charles Linbergh est officiellement le premier homme à relier New-York et Paris par la voie des airs à bord du Spirit of Saint Louis. La confiance est là, des gratte-ciel se construisent comme le Chrystler Building ou l’Empire State Building.
-Tout vole en éclat avec la Grande Dépression provoqué par le krach de Wall Street survenu lors du jeudi Noir le 24 octobre 1929. Cette crise est provoquée par un équipement productif surdimensionné pour un marché pas assez mature. L’économie américaine est aussi trop dépendante de certains secteurs comme le BTP et l’automobile.
-Le chômage explose (24% de la population active soit 13 millions de personnes en sous-emploi), un investissement négligeable, des prix et des salaires en chure libre.

Herbert Hoover, président des Etats-Unis de 1928 à 1932

-Contrairement à ce qu’on à longtemps écrit, le président Hoover n’est pas inactif face à cette crise même si sa phrase malheureuse («la prospérité est au coin de la rue») allait plomber le bilan de son action et rendre impossible sa réélection en 1932.
Il mène une politique protectioniste qui aggrave les effets de la crise car tous les pays imitent les Etats-Unis ce qui réduit encore les échanges. Des décrets tentent de maintenir les prix agricoles et un programme de grands travaux sont lancés pour tenter de résorber le chomage mais ces actions sont sans effet immédiat, la crise s’aggrave.
L’agitation sociale est importante et la crainte de la subversion communiste entraine une violente répression qui augmente le ressentiment vis à vis de l’administration Hoover. L’élection du démocrate Franklin Delano Roosevelt _cousin de Teddy_ en novembre 1932 est donc tout sauf une surprise.
Habile communiquant avec ses causeries au coin du feu, le 32ème président des Etats-Unis aidé de ses brillants conseillers (le Brain Trust, le trust des cerveaux) une politique de la Nouvelle Donne ou New Deal.
Pendant des années cette politique fût vu comme révolutionnaire mais depuis trente ans les historiens ont revu leur jugement, cette politique de la Nouvelle Donne étant une prolongation de la politique de Hoover.
L’amélioration n’est pas immédiate puisque l’apogée de la crise est atteinte en 1933. On assiste à la migration vers l’ouest de plus de trois millions d’agriculteurs victimes du Dust Bowl, de violentes tempêtes de poussière qui ravagaient tout sur leur passage. Cette crise à été magnifiquement dépeinte par le roman de John Steinbeck, Les Raisins de la Colère.
La situation s’améliore peu à peu mais il faudra attendre la fin de la décennie et les commandes massives françaises et anglaises ainsi que le début du réarmement américain pour que la situation s’améliore franchement.
-Le 16 février 1933 alors qu’il n’est pas encore entré en fonction (à l’époque le président élu devenait président de plein exercice le 6 mars de l’année suivante), il échappe à un attentat commis par un déséquilibré italien Anthony Zangara, attentat qui coûte la vie à Anton Cermak.
-Le 6 mars 1933, Franklin D. Roosevelt devient officiellement le 32ème président des Etats-Unis
-En avril 1933, le Volstead Act qui imposait depuis 1920 la Prohibition est abrogé ce qui entrave le crime organisé et permet au gouvernement américain de lever de nouvelles taxes.
-Injection massive de capitaux dans l’économie avec par exemple 3.3 milliards de dollars injectés via le National Industry Recovery Act (NIRA) soit environ 50 milliards de dollars au cours actuel.

-Des grands projets d’aménagement sont menés comme la mise en valeur de la vallée du Tennessee ou des commandes pour l’armée et surtout la marine ce qui permet à la fois de préserver un savoir-faire et d’entamer timidement le réarmement même si en 1934, il était difficile d’imaginer qu’une nouvelle guerre allait éclater en septembre 1939.
-L’action de Roosevelt est décuplée après les élections de mi-mandat de 1934 qui donnent une majorité démocrate confortable au Sénat comme à la Chambre des Représentants.
-Bien que la situation soit encore très délicate, Roosevelt est triomphalement réélu en novembre 1936 avec onze million de voix et une victoire dans 46 états sur 48 face au républicain Alfred Landon, un candidat sans envergure alors que le parti républicain était divisé. Autant dire que le pauvre Landon à été envoyé au casse-pipe.
-L’économie connait d’ailleurs une rechute avec une panique bancaire à l’été 1937, le chômage remontant à 19% de la population active en 1938.
-On assiste à une montée des oppositions et si les démocrates conservent la majorité au Congrès après les élections de mi-mandat de 1938, l’alliance pratique des républicains et des démocrates conservateurs du sud stoppe dans les faits le New Deal à la fin de 1938.
-En matière de politique extérieure, Roosevelt s’inscrivait plutôt dans les pas de Wilson mais sous la pression de l’opinion, il dut faire un virage vers l’isolationnisme, se contentant de condamnations morales vis à vis des agressions italiennes, allemandes et japonaises.
-En Amérique Latine, il inaugure une politique de bon voisinage (good-neighbouring policy) qui s’éloigne un peu de la doctrine Monroe et du Big Stick. Il abroge en 1934 l’amendement Platt qui permettait à Washington d’intervenir dans les affaires intérieures de Cuba et rapatrie les Marines déployés à Haïti depuis 1915.
Les Philippines obtiennent plus d’autonomie mais il faudra attendre le 14 mars 1945 pour que le Commonwealth of Phillipina soit proclamé, les Etats-Unis assurant néanmoins la défense du pays le temps que l’armée philippine monte en puissance.
Enfin en 1936, le droit d’intervention au Panama est aboli mais les américains conservent la souveraineté sur la zone du canal, situation qui perdurera jusque dans les années 90.
-Les lois isolationnistes se multiplient au grand dam de Roosevelt qui aurait souhaité une intervention plus active des Etats-Unis dans les affaires du monde.
-Quand éclate la guerre de Pologne, les Etats-Unis réaffirment leur neutralité vis à vis du conflit qui démarre. Sa fin rapide dès le mois de décembre fait néanmoins bouger les lignes puisque les isolationnistes commencent à être vus comme des égoïstes se désintéressant du sort du monde.
Il faudra néanmoins attendre plusieurs années avant que les Etats-Unis commencent à envisager de réintégrer véritablement le concert international.
Les Etats-Unis au 20ème siècle (3) : Pax Armada (1939-1948)
-La tradition voulait qu’un président ne fasse que deux mandats. Pourtant à l’automne 1940, Franklin D. Roosevelt voulut se présenter pour un troisième mandat. Il profitait de l’incertitude à l’international et de la division de son opposition. Il fût réélu avec 55% des suffrages et la victoire dans 38 états sur 48.
-Il consacra surtout son troisième mandat au réarmement et à la politique extérieure, le congrès qui allait basculer côté républicain en 1940 bloquant toute réforme jugée trop progressiste.

-Alors que le climat international se dégrade (offensive japonaise victorieuse en Chine au printemps 1943, coup d’état S.S et guerre civile en Allemagne), Roosevelt obtient les crédits nécessaires pour sérieusement moderniser les forces armées américaines notamment l’US Navy qui peut financer de nouveaux porte-avions et de nouveaux cuirassés, la priorité étant donné à la guerre contre le Japon.
-Alors que s’annonce les élections de 1944, on se demande ce que va faire Roosevelt. Sa maladie est de notoriété publique et si ses facultés intellectuelles sont intactes, le physique ne suit plus.
-La convention républicaine de Chicago du 26 au 28 juin 1944 avait investit Charles Lingbergh comme candidat aux élections présidentielles de 1944 avec Thomas Dewey _son plus sérieux rival_ comme colistier. Auréolé de sa traversée de l’Atlantique, sanctifié par l’enlèvement et le meurtre de son jeune fils, il représentait un candidat redoutable bien que ses sympathies pour l’Allemagne nazie interrogent les plus lucides.
-Personne ne se bouscule chez les démocrates pour défier un tel monument national. Roosevelt qui se sait condamné à brève échéance doit se résoudre à se présenter une quatrième fois avec Harry S. Truman comme colistier.
Cet attelage est logiquement défait par le duo républicain qui joue davantage sur la forme que sur le fond. Charles Linbergh devient le 33ème président des Etats-Unis avec 57% des voix et une victoire dans 42 états sur 48.
Investit en janvier 1945, le nouveau président eut comme première décision de proposer un amendement limitant à deux mandats consécutifs ou non le nombre de mandats présidentiels, cet amendement, le 22ème étant validé en septembre 1945. Le vote de cet amendement était une façon de calmer ses détracteurs qui voyaient en lui un futur dictateur.
Sa politique intérieure fût à rebours de Roosevelt même si contrairement aux souhaits de nombreux républicains, il refusa de revenir sur tous les acquis de New Deal qui donnèrent enfin leur pleine mesure. Sur le plan extérieur, il poursuivit une politique isolationniste tout en préparant les Etats-Unis à la guerre.

Il continue la politique de bon voisinage en Amérique du Sud en proposant de financer le réarmement des pays d’Amérique Latine pour empêcher l’Europe d’importer un conflit potentiellement iminent dans le sous-continent sud-américain.
Outre la livraison d’armes terrestres ainsi que d’avions, les Etats-Unis financent la modernisation des marines brésiliennes et argentines en réarmant les cuirassés de canons plus modernes, des canons de 356mm britanniques fabriqués sous licence, identiques à ceux équipant le cuirassé turc Suleiman livré en 1942 mais qui ne sera au final opérationnel qu’en 1945. Ils financent partiellement ou totalement l’acquisition de porte-avions.
Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, le président Linbergh en piste pour son deuxième mandat décide de maintenir les Etats-Unis neutres tout en se montrant plus souple sur les livraisons d’armes à la France, la Grande-Bretagne et la Chine notamment.

Harry Truman. Président des Etats-Unis de 1952 à 1960. Après son échec en 1944 comme vice-président, il succède à Charles Linbergh

Opposé à Harry Truman, Charles Linbergh est réelu à une confortable majorité, 55% et 40 états sur 48. Les élections à la chambre des représentants lui sont également favorables avec une majorité solide.

Il peut ainsi se montrer plus ferme avec le Japon. Il impose un embargo sur le matériel militaire, sur l’acier et le pétrole venant des Etats-Unis ce qui oblige Tokyo à se tourner vers d’autres ressources venant des Indes Néerlandaises et d’URSS, Moscou voulant à tout prix éviter une guerre avec Tokyo ignorant que l’option Nord et continentale à été abandonnée depuis longtemps.
Le président Linbergh décide de renforcer les moyens des forces armées américaines, une partie de la Battle Fleet est déployée à Pearl Harbor tandis que les moyens de l’Asiatic Fleet déployée aux Phillipines sont renforcés (croiseurs et destroyers modernes notamment).
La tension monte en Asie et dans le Pacifique mais il faudra attendre le printemps 1950 pour que la guerre éclate dans cette partie du monde alors qu’elle fait rage depuis bientôt deux ans en Europe.

Etats-Unis (1) Avant-Propos

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.4 : LES ETATS-UNIS

AVANT-PROPOS

Ce n’était absolument pas fait exprès mais c’est donc le 11 septembre 2015 que je vais commencer le tome 4 de ma gigantesque et vertigineuse uchronie consacré aux Etats-Unis.

Pour ceux qui me suivent depuis le début soit depuis 2011, je dois vous avouer qu’à plusieurs reprises j’ai voulu tout envoyer balader.

Si j’avais su que quatre ans plus tard je ne serais même pas à la moitié de mon œuvre, j’aurais grandement hésité à me lancer là-dedans.

En même temps sans l’expérience d’un tome 1 interminable, comment aurais-pu aboutir à des tomes suivants plus équilibrés ?

Au sortir du tome 1, j’étais mentalement vidé. Plus de 2500 pages, deux ans de travail et un sentiment de profond écoeurement. Je pensai que le tome 2 sur l’Allemagne allait être plus court à faire à la fois parce que j’avais moins de source, parce que je ne suis pas germanophone mais également parce que je savais ce qu’il ne fallait pas faire.

Grossière erreur ! Je me suis à nouveau lancé dans un récit interminable, sans souffle, académique et pompeux qui me faisait moi même horreur alors les lecteurs du blog vous pensez….. .

Après avoir à nouveau envisagé de tout abandonner, je me suis décidé à faire une version austère, plus synthétique, trop puisqu’à la fin je suis revenu à un tome plus riche, plus solide.

Mine de rien j’avais enfin trouvé un bon équilibre dont bénéficia pleinement le tome 3 qui est riche d’informations mais sans être obèse comme le tome 1.

Je peux donc envisager sereinement la réalisation du tome 4 consacré aux Yankees, aux Etats-Unis d’Amerique.

Charles Lindbergh (1902-1974) 33ème président des Etats-Unis (1944-1952)

Dans cette uchronie, il y à un changement majeur notamment en matière politique. Roosevelt effectue bien trois mandats (1932-1936 1936-1940 et 1940-1944) mais point de quatrième mandat, étant battu par Charles Linbergh considéré comme le premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique (certains estiment qu’il s’agit en réalité du duo Nungesser et Coli mais passons).

Ce choix je ne suis pas le premier à le faire en matière d’uchronie. Pourquoi alors imiter les autres ? Tout simplement parce que les sympathies de Linbergh pour l’Allemagne nazie et sa farouche volonté isolationiste peut laisser planer un doute sur la position de Washington en cas de conflit en Europe. Neutralité farouche ? Alliance avec l’Allemagne ? Engagement précoce avec les alliés ?

Sur le plan plus militaire, il n’y aura pas de véritable révolution, tout juste une adaptation au bouleversement uchronique.

Rien que pour l’US Navy, les modifications seront nombreuses et importantes.

Pour ce qui est des porte-avions et des cuirassés, certains navires présents OTL dans la seconde guerre mondiale ne seront plus là, d’autres qui n’ont jamais été construits le seront notamment les monstrueux Montana et les deux derniers Iowa (Illinois et Kentucky)

USS Essex (CV-9)

Les cuirassés les plus anciens seront désarmés et/ou démolis, les porte-avions également et si la flotte de classe Essex sera nombreuse, les Lexington seront désarmés, le Ranger et le Wasp seront relégués au statut de navire-école et à la place des Midway, nous aurons des porte-avions lourds de classe United States puisque dans mon uchronie, point de bataille de Midway.

Au niveau des croiseurs, les Alaska auront une allure et un armement différent alors que tous les Cleveland seront achevés comme croiseurs puisqu’il n’y aura pas de carrier gap à combler.

Point de flush-decker convertis en escorteurs, les «cinquante destroyers qui sauvèrent le monde» n’ont pas ici de raison d’être et si il y aura des escorteurs, ils seront nettement moins nombreux. Les destroyers seront construits en grand nombre mais il n’y aura pas 175 Fletcher.

Quand aux navires amphibies, autre génération spontanée, ils existeront mais leur usage sera essentiellement destiné au Pacifique.

Pour les sous-marins, la situation sera semblable à celle des destroyers, la flotte logistique n’étant pas non plus bouleversée par ce changement de prisme chronologique.

Quand à l’aéronavale, les avions existant OTL le seront également dans mon uchronie. Il y aura néanmoins quelques menues différences, le Bearcat par exemple participant au conflit alors que ce ne fût pas le cas dans le second conflit mondial tel que nous le connaissons.

Grumman F8F-1 Bearcat

Pour les autres forces armées, même situation, les changements ne seront que la conséquence des changements de chronologie. Par exemple le Mustang aura une tout autre histoire car il n’y aura pas cette fois de demande britannique pour un chasseur moderne.

En cequi concerne le plan, il sera semblable à celui des autres tomes.

La première partie sera consacrée à une histoire générale des Etats-Unis, très simplifiée, simplement pour poser les bases et entrer de plein pied dans l’uchronie.

La deuxième partie sera consacrée à la géopolitique des Etats-Unis, la rivalité avec le Japon, les relations avec ses alliés et ses ennemis qu’ils soient naturels ou potentiels.

La troisième partie sera consacrée à l’US Navy, son histoire brièvement jusqu’au début du 20ème siècle, plus détaillée après 1900. J’aborderai également l’organisation de l’US Navy en septembre 1939 et en septembre 1948.

Nous étudierons ensuite l’armement de la marine américaine, l’artillerie, les mines, les torpilles et les armes anti-sous-marines.

Les parties suivantes seront consacrées aux différentes classes de navires, les cuirassés, les porte-avions, les croiseurs lourds, les croiseurs légers, les destroyers, les sous-marins, les navires-légers, les navires de soutien.

Nous parlerons également de l’évolution de l’aéronavale américaine avec ses avions et ses hydravions avant de passer par les Leathernecks, le Corps des Marines des Etats-Unis. Il sera ensuite temps de parler des bases et des arsenaux américains.

Après une partie consacrée à l’ordre de bataille en septembre 1948 ainsi qu’au programme de guerre voté dès l’entrée en guerre des Etats-Unis dans le second conflit mondial, nous terminerons ce tome 4 par les traditionnelles parties consacrées à l’Armée de terre et à l’Armée de l’Air encore semi-autonome en septembre 1948.

Pour terminer cet avant-propos, vous constaterez que pour la carrière de nombreux navires, je vais m’avancer sur leur sort durant la guerre et après le conflit. J’espère ainsi attirer de nouveaux lecteurs, curieux et interrogateurs mais également baliser le conflit que j’espère un jour écrire.

Grande-Bretagne (8) Géopolitique (3)

Et avec les alliés ? Et avec les neutres ?

France

-Avec la France, les relations ont toujours été empreintes d’une certaine méfiance. Au traité de Versailles en 1919, Lloyd George s’oppose aux prétentions de Clemenceau. Cette position continue durant les années vingt et le début des années trente.

-Faute de volonté mais de moyens, Paris est obligé de suivre Londres dans sa politique funeste d’apaisement.

-Dans les années quarante, l’arrivée au pouvoir du PSF entraine un rééquilibrage entre Paris et Londres, beaucoup de malentendus sont aplanis, une nouvelle Entente Cordiale voit le jour destinée à maintenir la paix en Europe au prix éventuel d’une guerre contre l’Allemagne.

-Coopération politique, économique et militaire intense. Le 4 juin 1947, à lieu une réunion entre le général Villeneuve, commandant en chef des armées et le général Brooke, chef d’état-major impérial. C’est une réunion préparatoire pour prévoir la guerre qui menace chaque jour davantage.

-Cette réunion ne fait que confirmer une politique plus ancienne de coopération militaire avec fourniture de renseignements et de matériels comme des chars français contre des radars et des sonars.

-L’accord de Windsor est signé le 7 juin 1947 et politiquement entériné par une visite d’Etat du président de la République Française, Paul Reynaud reçu par le premier ministre Clément Atlee et par le roi George VI.

-Cet accord prévoit une fois la guerre déclarée la mise en place d’un état major combiné franco-britannique installé au château de Vincennes avec un généralissime français ou anglais (le général Villeneuve occupant ce poste en septembre 1948) et un adjoint de l’autre nationalité.

Cet état-major devra coordonner les opérations menés en Europe mais également sur les autres théâtres d’opérations.

Les zones de coopération géographique sont clairement identifiées notamment sur le plan naval. La Grande Bretagne reçoit l’autorité sur la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique Nord alors que la France à autorité sur le Golfe de Gascogne, la zone Antilles-Guyane, l’Océan Indien et surtout la Méditerranée.

Sur le plan naval, chaque zone est dirigée par un état-major bi-national à dominante française ou anglaise avec des officiers liaison du pays non dominant et des pays alliés, essentiellement issus des Dominions (Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Afrique du Sud) en attendant le basculement de certains neutres (Grèce, Norvège, Turquie……). Une stratégie d’ensemble est clairement définie pour faire face à chaque adversaire.

Etats-Unis

-Relations cordiales entre Londres et Washington ce qui n’exclut pas les tensions liées notamment aux limitations des armements navals.

-Les commandes britanniques et françaises permettent d’enclencher le réarmement des Etats-Unis et de réduire le chômage, chômage qui était reparti à la hausse en 1938 en dépit des mesures interventionnistes du New Deal.

Charles Linbergh

Charles Linbergh

-Cela change à partir de 1944 avec l’élection du président Linbergh. Ce républicain farouche isolationniste refuse de se laisser entrainer dans une future guerre européenne.

Ses sympathies pour le nazisme inquiètent et le projet d’une alliance germano-américaine est redoutée dans les chancelleries même si la révélation d’un accord informel en septembre 1945 se révéla être un mensonge monté de toutes pièces par un journaliste new-yorkais, Angus Mack, journaliste en mal de notoriété.

-Les relations entre Londres et Washington deviennent un poil plus fraiches mais restent cordiales. Il faudra attendre la montée des tensions à partir du printemps 1948 pour voir le président Linbergh se rapprocher des alliés même si souhaitant sa réélection, le premier homme à avoir officiellement traverser l’Atlantique en avion doit rester prudent.

URSS

-Relations inexistantes en raison d’un très fort anti-communisme régnant parmi les élites politiques britanniques et notamment chez les conservateurs.

-La Pologne est le principal point d’achoppement, l’URSS s’étant partagé le territoire polonais avec l’Allemagne. De plus, le gouvernement britannique avait reconnu le gouvernement polonais exil qui réclamait la libération du territoire dans ses frontières de 1939.

-La dénonciation du pacte germano-soviétique en avril 1945 permet de renouer des relations a minima entre les deux pays.

-Devant la menace allemande, on étudie une coopération militaire et navale mais cela ne dépasse pas le stade des notes sans accord concret, la faute à une méfiance réciproque, la paranoïa du régime stalinien s’opposa à la crainte du bolchévisme dans les élites politiques britanniques.

Espagne et Portugal

-Intérêt commun de la France et de la Grande-Bretagne de laisser la péninsule ibérique en dehors du conflit en les dissuadant de s’allier à l’Allemagne et à l’Italie. La France s’évite l’ouverture d’un troisième front et la Grande-Bretagne rend plus facile le contrôle de la Méditerranée.

-Pressions diplomatiques associée à une aide économique pour permettre le développement du Portugal et la reconstruction d’une Espagne dévastée par une guerre de près de trois ans (juillet 1936-mars 1939).

-Des plans sont néanmoins dressés au cas où notamment la saisie des possessions coloniales de l’Espagne (Maroc espagnol, Guinée espagnole, Canaries), des îles Baléares et pour le Portugal, l’occupation des colonies africaines (Cap Vert, Guinée portugaise, Sao Tome et Principe, Angola, Mozambique) ainsi que ses possessions insulaires, Madère et les Açores.

-Des opérations contre les métropoles sont également envisagées mais vues comme compliquées en raison d’un terrain difficile et d’infrastructures ravagées (Espagne) ou quasi-inexistantes (Portugal) sans oublier le précédent historique de Napoléon qui s’englua dans une guérilla qui lui coûta cher.

Turquie

-Relations diplomatiques normales entre Londres et Ankara, pas de différents coloniaux entre les deux pays. L’action de la Grande-Bretagne en Turquie se limite à une action de propagande, diplomatique, culturelle et économique avec une aide au développement ainsi que la fourniture d’armes pour moderniser l’armée turque qui souhaite faire pièce à une URSS jugée menaçante, URSS qui fidèle à la tradition russe lorgne vers les mers chaudes.

Les autres puissances neutres

-Suisse : relations normales aucune aménité entre Londres et Berne, la neutralité de la Confédération Helvétique étant bien commode pour servir d’intermédiaire avec des pays avec qui on à pas de relations diplomatiques en bonne et due forme.

-Pays Scandinaves : Relations normales avec ces pays, puissances secondaires mais dont le positionnement stratégique est utile pour encercler l’Allemagne, la corseter. La Grande-Bretagne envisage ainsi une alliance poussée avec le Danemark et la Norvège avec le déploiement de troupes mais Oslo et Copenhague refusent de déroger à leur sacro-sainte neutralité.

En cas de menace allemande, il faudra attendre que Berlin face le premier pas avant d’envisager l’envoi de troupes, d’avions et de navires.

Quand à la Suède et à la Finlande, la première à des liens économiques très étroits avec l’Allemagne alors que la seconde envisage de prendre sa revanche sur l’URSS et pense s’appuyer davantage sur l’Allemagne que sur les alliés pour obtenir armes, conseillers militaires voir un appui sous la forme de troupes combattantes.

-Irlande : Les relations entre Dublin et Londres sont fraiches surtout depuis 1937 et l’indépendance complète de la partie sud de l’île, devenue la République d’Irlande en remplacement de l’Etat Libre d’Irlande (équivalent d’un dominion).

Elles sont d’autant plus fraiches que Dublin n’exclut pas de parvenir à la réunification de l’île en annexant les six comtés qui forment l’Irlande du Nord ou Ulster pour les loyalistes.

Si un conflit armé est exclu, cet objectif qui explique la tolérance du gouvernement irlandais vis à vis de l’IRA rend compliquées les relations entre irlandais et britanniques.

Des plans sont néanmoins dressés pour occuper le pays en cas de basculement de la verte Eirin dans le camp allemand ou en cas de menace allemande directe sur le pays, le positionnement de l’Irlande en faisant un tremplin rêvé pour mener une guerre au commerce dans l’Atlantique.

Comme ces deux menaces sont faibles voir inexistantes, ces plans ressemblent plus à des exercices de simulation (wargames) qu’à des plans de bataille en bonne et due forme.

Le plan le plus abouti (dont la publication dans le Times en 1974 provoqua une crise diplomatique entre Dublin et Londres dont les relations étaient déjà malmenées avec les Troubles en Irlande du Nord) prévoyait la saisie des ports de l’île comme Dublin, Galway et Cork, une opération aéroportée sur l’aéroport de Dublin suivit d’un raid motorisé mené depuis l’Ulster.

Inutile de préciser que la Royal Navy aurait établit un solide blocus de l’île avec ou sans le concours de la marine française.