18-Bases et arsenaux (4)

D-Base Navale de Lorient

L'Arsenal de Lorient en 1910

L’Arsenal de Lorient en 1910

Un peu d’histoire

Bien que ce site ait été peuplé dès la préhistoire, la ville de Lorient à été fondée officiellement en 1666 sous le nom de L’Orient sous l’impulsion de Colbert qui voulait doter la Compagnie Française pour le commerce des Indes Orientales créée le 27 août 1664 d’une base de départ.

Lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), le chantier naval implanté à L’Orient est réquisitionné par la marine royale, marquant le début de la présence de la marine nationale sur le site bientôt connu sous le nom d’Arsenal Royal de Lorient.

Pendant longtemps cependant, le port vivote, reste chétif. Des travaux sont bien menés avec la création d’un avant port et d’un bassin à flot entre 1839 et 1848 qui suivent les travaux de modernisation menés dans l’enceinte de l’Arsenal avec une forme de radoub et une cale couverte.

Il  était cependant dit que Lorient, 26ème port commercial de France en 1860 ne serait jamais un port majeur en dépit des efforts de la chambre de commerce et l’essentiel (pour ne pas dire la totalité) de l’activité maritime serait celle de l’Arsenal.

Longtemps, l’Arsenal de Lorient va mener des constructions neuves et des entretiens mais la loi du 3 avril 1926 fait de l’établissement morbihanais un établissement consacré aux constructions neuves mais cette situation va de nouveau changer au début de la décennie 1940 en raison de l’augmentation d’unités à caréner et de la saturation régulière de Brest qui ne manque pas de travail entre les navires à armer, ceux à désarmer et ceux à entretenir.

Comme tous les établissements de la marine, l’Arsenal de Lorient va connaître des travaux pour améliorer ses capacités d’entretien et de soutien, le port morbihanais implanté à la confluence Scorff-Blavet et sur la rive orientale du Scorff devant devenir une base majeure en cas de conflit contre l’Espagne et pour nettoyer le Golfe de Gascogne des submersibles ennemis.

Les installations

-Le site original situé donc sur la confluence Scorff-Blavet dispose d’une forme de radoub (utilisée également pour l’armement des navires) de 240m de long sur 28m de large accompagnée de  deux cales, les cales n°4 et n°7 qui mesurent 175m de long sur 20m de large.

-Sur la rive orientale du Scorff nous trouvons la forme dite de Lanester, une forme de 240m de long sur 30m de large. Elle est accompagnée de trois cales.

La cale n°1 (couverte) mesure 230m de long sur 32m de large pouvant donc construire tous les navires jusqu’au croiseur lourd. La cale n°2 mesure 195m de long sur 28m de large et la n°3 de 175m de long sur 25m de large.

Ces cales étaient présentes en 1939 et ne sont pas agrandies mais installations annexes sont modernisées avec des grues plus puissantes et des ateliers totalement repensées pour prendre le virage de la soudure et de la préfabrication de plus en plus utilisée.

Quand la guerre éclate, une base de ravitaillement est inaugurée à Lorient avec des dépôts de carburant souterrains et plusieurs postes de ravitaillement ce qui facilite la mise en oeuvre de navires depuis Lorient.

Les fortifications

Comme toutes les autres positions fortifiées, celles défendant les accès à Lorient étaient dans un état lamentables, la faute à l’absence de menace crédible et un sous-investissement chronique.

Il était cependant hors de question de laisser une base de ravitaillement de premier ordre, une base opérationnelle pour opérer dans le Golfe de Gascogne à la merci d’un coup de main ennemi.

En septembre 1939, les fortifications défendant les approches de Lorient se compose des batteries et des moyens suivants :

-Au Talud sont implantés 4 canons de 240mm

-Au Mène sur l’île de Groix sont implantés 4 canons de 120mm

-Au Gâvres, sont implantés 3 canons de 105mm

-A Port Louis, sont implantés 3 canons de 75mm

-A Loquetas, sont implantés 2 canons de 75mm.

Plusieurs batteries de circonstance sont implantés dans les approches de Lorient avec des canons de 95mm, batteries désactivées à la fin de la guerre de Pologne.

Des travaux importants sont menés à partir de 1944. on fait table rase des fortifications passées pour construire des nouveaux points d’appui intermédiaires entre de véritables forts à l’ancienne et des fortifications de campagne.

Toutes les batteries existantes en septembre 1939 sont démantelés en 1942/43, la marine préférant repartir de zéro.

Les deux points d’appui sont installés respectivement à Port-Louis et à Larmor-Plage, leur construction est semblable à celle des fortifications défendant l’accès au Goulet de Brest avec quatre canons de 152mm modèle 1931 _ayant appartenu au Jean Bart_ montés sur affût circulaire sous masque, quatre canons de 90mm modèle 1939 en affûts doubles sous masque et une DCA légère composée de huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles.

La défense des approches terrestres du point d’appui est assuré par quatre affûts jumelés armés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm. En temps de guerre, un fossé est creusé, des mines et des barbelés mis en place.

Sur l’ile de Groix est implantée la Batterie Ronar’ch qui couvre les approches lointaines de Lorient avec quatre canons de 240mm ayant appartenus au cuirassé Voltaire. Ces canons sont montés en affûts simples sur plate-forme circulaire permettant au canon de pointer à 360°.

Leur action est complétée par deux canons de 138mm modèle 1910 ayant appartenu au cuirassé Bretagne et par quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles. La DCA de la batterie Ronar’ch est assurée par huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

La défense des approches terrestres du point d’appui est assuré par quatre affûts jumelés armés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm. En temps de guerre, un fossé est creusé, des mines et des barbelés mis en place.
Ces trois positions forment une sorte de «triangle de la mort» rendant inexpugnables les approches de Lorient.

En ce qui concerne les défenses terrestres, rien n’est entrepris mais à la mobilisation, des postes de sécurité sont mis en place par la 3ème compagnie de fusiliers marins (3ème CFM) chargée de la défense de Lorient, compagnie qui à la mobilisation devient bataillon avec le rappel de territoriaux.

Navires stationnés à Lorient au 5 septembre 1948

Lorient est essentiellement une base de ravitaillement au profit des navires opérant dans le Golfe de Gascogne pour une mission ou pour entrainement. Néanmoins, un certain nombre de navires de combat et de soutien sont basés dans le port militaire morbihanais.

-Torpilleurs légers  L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain (classe Kabyle) formant la 6ème DT

-Patrouilleurs anti-sous-marins La Havraise et La Nantaise

-Corvettes anti-sous-marines La Nimoise La Calvaise La Rennaise et L’Agenaise de la 3ème DEO

-Chasseurs de sous-marins CH-11 et CH-12

-Vedettes lance-torpilles  VTB-16, VTB-18, VTB-20 et VTB-22 de la 1ère Escadrille Légère de l’Atlantique.

-Remorqueur de 1000cv L’Actif

-Remorqueur de 600cv Morbihan

E-Station navale de Casablanca

Un point de passage obligé

Principal port marocain sur la façade atlantique du royaume chérifien, Casablanca devient au cours de la décennie quarante un point d’appui majeur de la marine nationale.

Elle n’est pas une base de premier plan comme Brest, Toulon ou Bizerte mais est le point de passage  obligé des navires venant de Brest et se rendant à Toulon ou de ceux allant de la Méditerranée à l’Atlantique.

Son rôle augmente avec la création du polygone de Rufisque près de Dakar, voyant ainsi la multiplication des escales des navires revenant d’un entrainement intense sur ce champ de tir quasi unique au monde.

Pour faire face à cet afflux, une base mobile de ravitaillement est construite et si des ateliers sont également mis sur pied, aucune forme de radoub et les capacités d’entretien se limite à la présence de deux petits docks flottants (un de 90m de long et un autre de 120m). Les défenses côtières sont également améliorées.

Les navires en escale à Casablanca mouillent à l’est de la Jetée Delure ou Grande Jetée et les installations de ravitaillement sont installés dans son prolongement avec trois grands réservoirs enterrés.
Les ateliers d’entretien et les autres dépôts sont cependant installés à l’ouest de la Grande Jetée et une digue flottante constituée de pontons est établie, digue qui aurait du être durcie mais le déclenchement de la guerre stoppe les travaux qui avaient à peine commencés.

Fortifications

La défense de Casablanca est assurée par deux batteries, la Batterie d’El Hank à l’ouest et la Batterie d’Oukacha à l’est, chacune disposant de quatre canons de 194mm modèle 1902 et de quatre canons de 138mm modèle 1910.

Ces deux batteries sont modernisées entre 1945 et 1947. Si les canons de 194mm sont maintenus, les canons de 138mm sont remplacés par quatre canons de 130mm provenant des torpilleurs d’escadre de classe Bourrasque et L’Adroit désarmés.

La DCA inexistante est assurée dans chacun des points d’appui par quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles et six canons de 25mm Hotchkiss en affûts doubles. Quand à la défense contre un assaut d’infanterie, elle est assurée par deux affûts jumelés, un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm pour chacun d’entre-eux.

Chaque batterie est armée par une compagnie d’ouvrage et une compagnie de fusiliers marins est chargée de la défense des approches terrestres, les 4ème et 5ème CFM.

Navires basés à Casablanca au 5 septembre 1948

Les navires basés à Casablanca sont amarrés à l’ouest de la Grande Jetée

-Patrouilleur anti-sous-marin L’Incomprise

-Patrouilleur anti-sous-marin Jutland (P-37)

-Corvettes anti-sous-marines La Bastiaise La Paimpolaise La Dunkerquoise et L’Antillaise (2ème DEO)

-Aviso-dragueurs Enseigne Balande La Trompeuse L’Ambitieuse et La Sérieuse (7ème DEL)

-Chasseurs de sous-marins CH-17 CH-18 et CH-19

-Remorqueur de 600cv Lavandou

-Navire-hydrographe Cormoran

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