Japon (40) navires légers (1)

NAVIRES LEGERS

Avant-propos

Tout le monde connait la fable de La Fontaine «Le Lion et le Rat» et sa maxime finale «On à toujours besoin d’un plus petits que soit». La marine de guerre n’échappe pas à cette maxime et de tout temps, aux côtés des navires majeurs, des capital ship on trouvait de petits navires destinés à les soutenir et à assurer des missions qu’ils ne pouvaient assurer efficacement.

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Japon (31) destroyers (1)

DESTROYERS

Avant-propos

C’est par le truchement de la France que la marine japonaise découvrit et adopta le torpilleur, la présence de torpilleurs jouant un rôle capital à Tsushima, leur harcèlement constant causant des pertes et surtout l’épuisement nerveux des équipages russes déjà fatigués par un quasi-tour du monde.

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18-Bases et Arsenaux (10)

M-Base navale de Cam-Ranh et les autres implantation de la marine en Indochine

Indochine

Indochine

Un long débat

A la fin des années trente, ressurgit le débat des bases de la marine en Extrême Orient. Si les Etats-Unis bénéficie d’une base parfaitement outillée à Cavite en baie de Manille et d’une autre à Subic Bay, que les britanniques peuvent s’appuyer sur le «Gibraltar de l’Extrême d’Orient» à savoir Singapour, la France ne bénéficie pas d’un tel luxe.

Outre un manque de budget pour une telle base, on est réticent en France à investir dans des infrastructures qui tomberaient immanquablement dans les mains japonaises si Tokyo souhaitait s’emparer de l’Indochine.

Pourtant au début 1940, décision est prise d’implanter une base parfaitement outillée en Indochine pour permettre à une escadre importante (cuirassés et porte-avions) de pouvoir opérer en Mer de Chine Méridionale.

Il faut donc prévoir un espace protégé suffisamment vaste, un espace aisément défendable tant en direction de la terre que de la mer et un espace pouvant accueillir un arsenal bien outillé.

Plusieurs sites sont candidats. Une base à l’embouchure de la rivière Saïgon est vite écartée tout comme une base dans le Golfe de Siam. Cela dissuaderait la Thaïlande mais l’ennemi principal est le Japon et non la Thaïlande.

Haïphong sera idéalement placée pour opérer dans le Golfe du Tonkin mais le site est bien trop vulnérable aux bombardiers japonais venus de Chine continentale et de l’île d’Haïnan.

Un temps le site de Tourane tient la corde mais finalement, en juin 1940, c’est la baie de Cam-Ranh située à 290 km au nord-est de Saigon qui est sélectionné. Cet site n’était pas inconnu pour la marine qui l’utilisait déjà comme mouillage forain et l’avait fortifié partiellement.

Outre cette grande base (dont l’inauguration est prévue pour 1944), d’autres travaux vont être menés pour améliorer les capacités de survie des FNEO qui en 1948 vont atteindre un format plus que respectable avec un porte-avions léger, un croiseur lourd, un croiseur léger, deux torpilleurs d’escadre, quatre torpilleurs légers et deux sous-marins.

Les travaux suivants sont ainsi menés :

-Modernisation de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon. La forme est agrandie passant de 152 à 190m, les ateliers sont modernisés avec notamment des machines outils permettant la fabrication d’armes légères et de munitions.

-Aménagement de mouillages protégés à Tourane et Kompong San

-Modernisation du port d’Haïphong pour servir de base de ravitaillement et de base opérationnelle avancée notamment pour les sous-marins.

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

La ville de Cam-Ranh est située à 290 km au nord-est de Saïgon au fond d’une vaste baie bien abritée qui rappelle par bien des côtés Brest voir Toulon. Petite ville avec un port de pêcheur, la baie sert régulièrement de mouillage pour les navires français déployés dans la région.

La décision prise en juin 1940 d’aménager une base parfaitement outillée dans la baie de Cam-Ranh entraine d’importants travaux et d’importants bouleversements pour la petite ville qui devient une métropole qui certes ne rivalise pas avec Hanoï mais qui est tout de même capable de tenir tête à Saïgon voir Haïphong _principal port de commerce de l’Indochine française_

Les travaux commencent rapidement, profitant d’une étude menée dès 1930 à titre informel sur demande du gouverneur général d’Indochine de l’époque, Pierre Pasquier qui rêvait de mener une politique musclée de dévellopement industriel en Indochine, de faire de la principale colonie française d’Asie pas simplement un territoire exportateur de matières premières mais une vraie puissance industrielle au risque de concurrencer l’industrie de la lointaine métropole.

Dans son projet, Cam-Ranh devait être le principal port d’Indochine, un port capable d’accueillir les plus gros navires du moment et même des navires dont la taille paraissait inimaginable à l’époque.

La base navale de Cam-Ranh va ainsi être composée de trois sous ensembles répartis sur les rives de la baie :

-Au sud-est, la partie opérationnelle de la base où sont amarrés les navires opérationnels et ceux en escale en Indochine. Cette partie regroupe également des dépôts de carburant et de munitions ainsi que des logements.

-Au sud de la baie est aménagée un Arsenal avec les formes de radoub et les ateliers, d’abord concentrés à bord de l’Albert Caquot puis s’étendant à terre dans des installations en théorie démontables ou du moins aisément «détruisibles».

-A l’ouest, en face de la base navale, l’annexe aéronavale avec deux pistes, des ateliers de réparations, des dépôts de carburant et de munitions. Les hydravions amérissaient dans la baie puis regagnaient un plan d’eau protégé par deux digues artificielles avant d’être mis au sec.

Ce choix d’une dispersion des installations ne fit pas l’unanimité en partie parce qu’elle rendait plus difficile la défense de la base qui pouvait être aisément scindés en trois éléments par l’avancée ennemie.

Il fût donc décidé d’établir de solides défenses au niveau du front de mer et de considérer les trois sous-ensembles comme des éléments indépendants qui en cas de menace extérieure se replieraient sur eux mêmes, formant autant de points de fixation.

Installations d’entretien

-L’Arsenal de Cam-Ranh ou Centre d’Entretien et de Soutien (CES) Albert Caquot est donc implanté au sud de la baie. C’est le dernier cri en matière de base de soutien de la marine ce qui est ironique quant on sait que cette base est la plus menacée de toutes les bases navales françaises dans le monde peut être avec Dunkerque.

Les travaux concernant l’Arsenal sont les premiers à être lancés car les plus importants en terme de génie civil. Pas moins de trois bassins de radoub sont prévus, bassins pouvant accueillir tous les navires de la marine nationale y compris les cuirassés de classe Alsace.

D’est à l’ouest, de l’intérieur des terres à la mer, nous trouvons successivement le bassin n°1 (265m de long sur 40m de large), le bassin n°2 et le bassin n°3, ces deux bassins mesurant tous les deux 200m de long sur 20m de large. Ces trois bassins sont inaugurés en 1944.

Dans un premier temps, les installations d’entretien sont embarqués à bord du navire-atelier Albert Caquot arrivé en Indochine le 25 mars 1944 et qui devient ponton atelier en septembre 1946. Il est solidement amarré et des extensions à terre sont aménagés.

Si la majorité des ateliers sont installés à bord du CES Albert Caquot, une fonderie est installée à terre en 1947 ainsi que la majorité des stocks de pièces détachées.

Installations opérationnelles

-Le coeur opérationnel de la base est donc implanté au sud-est, de l’autre côté de la péninsule qui ferme en grande partie la baie. Ce choix est d’une logique cartésienne : c’est l’endroit le plus profond de la baie avec une profondeur naturelle de -20m ce qui permet d’accueillir tous les navires en service dans la marine nationale.

Les travaux commencent en mars 1941 avec le recours à l’explosif et à de puissants engins de terrassement venus des Etats Unis. 10 km de linéaire de quai sont ainsi construits protégés par deux digues artificielles de 200m de long, créant un mouillage semi-protégé.

En arrière des linéaires de quai, nous trouvons une route asphaltée et une voie de chemin de fer à voie étroite (60cm) destiné au ravitaillement des navires et à la manoeuvre de quatre puissantes grues (8 tonnes). Des dépôts souterrains de munitions et de carburant sont aménagés sans oublier les postes de commandement, les logements et les «pieds dans l’eau», les défenses côtières.

-La base aéronavale de Cam-Ranh est située sur la rive opposée à la base navale. Elle dispose de deux longues pistes en dur, de trois pistes courtes de secours (soigneusement camouflées), d’ateliers de réparations, de dépôts de carburant et de munitions.

Des hangars pour hydravions sont aménagés tandis que les avions sont parqués au bord des pistes avec des filets de camouflage pour les dissimuler à l’observation ennemie.

Fortifications

En 1939, la baie de Cam-Ranh dispose déjà de positions fortifiées en l’occurence quatre batteries légères :

-Batterie de l’île de Tagne avec 4 canons de 138mm modèle 1910 sur affût modèle 1919-25

-Batterie de la Vigie avec 3 canons de 138mm modèle 1881 sur affût modèle 1917

-Batterie de Nha Gu avec 4 canons de 75mm modèle 1908 sur affût modèle 1908-18

-Batterie de Batroi avec 4 canons de 75mm modèle 1881 sur affût modèle 1916

Ces batteries sont désactivées et tout est remis à plat pour protéger cette nouvelle base navale car certaines batteries se trouvaient dans l’emprise de la base opérationnelle.

Le plan arrêté en janvier 1942 prévoit deux forts principaux pour verrouiller l’accès à la baie, des positions dites de campagne (à armer en cas de guerre avec des pièces de campagne) pour obtenir un front de mer entièrement protégé.

L’Arsenal doit être protégé par des ouvrages fortifiés de type Maginot tout comme la base aéronavale, formant deux ensembles indépendants mais les champs de feu sont conçus pour se recouper.

Des travaux complémentaires doivent avoir lieu en cas de menace avérée sur l’Indochine, des tranchées doivent être creusées et des ouvrages de campagne construits pour transformer Cam-Ranh en un bastion inexpugnable.

Le dispositif du front de mer s’appuie donc sur deux forts installés de part et d’autre de la passe, les deux forts étant jumeaux par l’équipement et la puissance de feu. Fait qui démontre l’importance de cette position, les pièces d’artillerie sont neuves et non récupérées sur des navires désarmés.

Le cœur de chaque fort est constituée par une tourelle double équipée de deux canons de 203mm modèle 1940 identiques à ceux montés sur les Saint Louis, cette tourelle double étant appuyée par quatre canons de 152mm modèle 1931 en affûts simples sous masque et plate-forme rotative permettant le tir contre terre et contre but flottant.

La DCA n’est pas oubliée et est même plutôt soignée avec six canons de 90mm modèle 1939 en trois tourelles doubles et douze canons de 37mm modèle 1941 en affûts doubles.

La défense terrestre est assurée par quatre jumelages équipés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

Chaque fort est armée par une compagnie d’ouvrage pouvant si besoin est être renforcée par des unités de l’armée de terre.

Le reste du dispositif du front de mer est composé de huit emplacements pour des pièces d’artillerie tractée de 105 et de 155mm qui doivent être mis en place par l’artillerie coloniale en temps de guerre. Des casemates pour l’infanterie sont également prévus pour se défendre contre un éventuel débarquement.

L’Arsenal est défendu par quatre ouvrages «type Maginot» équipés chacun d’une cloche d’observation et de tir avec un canon de 25mm et une mitrailleuse de 7.5mm et quatre jumelages avec un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm. Deux mortiers de 81mm complètent le dispositif.

La défense antiaérienne de l’Arsenal est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

Une compagnie d’ouvrages est chargée d’armer les ouvrages fortifiés et les pièces de défense antiaérienne.

La défense de la base aéronavale est assurée par des ouvrages plus légers que ceux de l’Arsenal avec six petits casemates équipés de quatre jumelages, le jumelage avant est armé d’un canon de 47mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm alors que les trois autres jumelages sont équipés de deux mitrailleuses de 7.5mm. La défense antiaérienne de la base aéronavale est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

La défense terrestre de la base est assurée par le Régiment de Fusiliers Marins de l’Indochine (RFMI), une unité créée en 1945 pour défendre cette base.

Elle est organisée en une compagnie d’état major, quatre compagnies de fusiliers, une compagnie régimentaire d’engins (canons antichars de 47mm, mortiers de 81mm et mitrailleuses de 13.2mm) et une compagnie de chars de marine équipée de Somua S-40.

Navires stationnés à Cam-Ranh en septembre 1948

-Croiseur lourd Tourville _navire-amiral des FNEO_

-Croiseur léger Duguay Trouin

-Porte-avions  Alienor d’Aquitaine

-Torpilleurs d’escadre Berthier et Tirailleur

-Torpilleurs légers Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan (7ème DT)

-Canonnières La Dédaigneuse et La Lurone

-Aviso-dragueurs Chevreuil Annamite Matelot Leblanc et Amiral Sénès (6ème DEL)

-Pétrolier Niger

-Pétrolier ravitailleur d’Escadre Rhône

-Remorqueur de haute mer Taureau

-Remorqueur de 1000ch Le Valeureux

-Remorqueurs de 750ch Jasmin Lys Pivoine

-Remorqueur de 600ch Padaran

-Remorqueurs de 300ch Nha Dé et Donnaï

-Gabare L’Entreprenante

Arsenal d’Indochine (Saïgon)

Bassin de l'Arsenal d'Indochine à Saïgon

Bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

Cet arsenal à connu une existence mouvementée. Si le premier bassin à été inauguré en 1888 ce n’est qu’après la première guerre mondiale que l’arsenal d’Indochine (son nom officiel) voit le jour plus précisément en 1922 avec des installations réduites. Si réduites qu’il est supprimé en 1936, ses installations étant reprises par le port de commerce de Saïgon.

La marine nationale changea d’avis et le repris en 1940 pour permettre à une force maritime conséquente d’être réparée sur place, augmentant ainsi sa survie opérationnelle. La forme est ainsi agrandie à 190m pour permettre le carénage d’un croiseur.

Les ateliers sont modernisés et prévoyance salvatrice, des machines à outils sont installées pour produire des armes légères jusqu’au mortier de 81mm sans oublier les munitions.

En dépit de l’ouverture de la base de Cam-Ranh, des navires restent basés à Saïgon dans le port de commerce. En septembre 1948, les navires suivants y sont basés :

-Aviso colonial Amiral Charner

-Patrouilleur Branlebas

-Canonnière Marne

-Cannonières My Tho Tourane Francis Garnier et Song Do

-Chasseurs de sous-marins CH-45 et CH-46

Haïphong

Le grand port du nord de l’Indochine aurait pu faire un candidat à la grande navale en Indochine mais au final, ce port ne fût pas retenu en dépit de sa situation idéale dans le Golfe du Tonkin. La menace aérienne du à sa proximité avec la Chine l’élimina.

Il fût cependant décidé d’aménager une partie du port en zone militaire, un poste avancé de ravitaillement solidement protégé. Quelques navires sont cependant basés, notamment des unités légères.

250m de linéaires de quai sont construits avec une digue artificielle, créant un bassin protégé réservé aux navires militaires basés à Haïphong ou en escale pour se ravitailler en carburant, en munitions, vivres et pièces détachées.

Deux batteries côtières légères assurent la défense des accès du port avec pour chacune deux canons de 130mm sur affût tournant sous masque, deux canons de 75mm à tir contre but flottant et une DCA composée d’une tourelle double de 90mm (deux canons de 90mm modèle 1926) et de six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

La défense terrestre d’Haïphong partie intégrante de la «Ligne Doumer» est assurée par de petits blockhaus d’infanterie équipés d’un affût jumelé (un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm) et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

En septembre 1948, les navires suivants sont basés à Haïphong

-Aviso Nancy stationnaire ne prenant plus la mer depuis juin 1947. Son désarmement à été repoussé par le début du conflit en Europe.

-Patrouilleur La Cordelière. Cet ancien torpilleur de classe La Melpomène devient à son arrivée en Indochine navire-amiral de la Flottille Côtière du Nord (FCN) chargée de missions de souveraineté avec pour équipement six jonques armées, quatre patrouilleurs de construction locale et deux canonnières fluviales, la canonnière Bassac à Hué sur la rivière des Parfums et le Tonle Sap sur le fleuve Rouge

-Aviso Lassigny utilisé comme ravitailleur de sous-marins

-Sous-marins Germinal et Thermidor (23ème DSM)

Tourane

Site un temps envisagé pour la grande base navale en Indochine, le site de Tourane (aujourd’hui connue sous le nom de Da Nang) est transformé en mouillage protégé avec une digue artificielle et des installations de ravitaillement installées sur la rive à proximité de l’embouchure de la rivière Han.

Les défenses sont implantées de part et d’autre de l’embouchure de la rivière Han avec un total de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Kompong San

La montée en puissance de la marine thaïlandaise dans les années trente et son tropisme japonais inquiète Saïgon qui décide d’aménager un mouillage protégé sur le golfe de Siam. Après une campagne de prospection, le site de Kompong Sam au Cambodge est choisit.

La campagne de dragage à lieu en 1943/44. Deux chenaux balisés sont réalisés ainsi que deux mouillages au centre d’une vaste baie pour les escales temporaires. Le point d’appui est réalisé à l’entrée du golfe à l’est.

Une digue empierrée est réalisée et 200m de linéaire de quai établie avec système de ravitaillement protégé et grues mobiles sur rails. A ces installations de ravitaillement s’ajoutent des ateliers de réparations et des locaux vie. Une piste de fortune est également construite pour le ravitaillement même si la baie soit suffisamment vaste pour permettre le ravitaillement par hydravions.

La défense de ce mouillage est assurée par deux points d’appui fortifiés à l’est et à l’ouest pour empêcher une flotte ennemie de mouiller dans ce golfe.

Chaque point d’appui fortifié se compose de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, deux canons de 75mm antiaériens en affûts simples et six canons de 25mm Hotchkiss. La défense terrestre est assurée par quatre tourelles démontables installés sur un trou en maçonnerie, chaque tourelle disposant d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Fortifications : Cap Saint Jacques et estuaire de la rivière Saïgon

Le Cap Saint Jacques n’est pas une base navale mais une forteresse destinée à couvrir les approches de Saïgon. Sa mise en défense avait déjà été réalisée au 19ème siècle mais ces travaux avaient réduits à néant par le renvoi en métropole des pièces d’artillerie lourde.

Un projet de « refortification » de ce point d’appui est assuré en 1946 avec une tourelle double de 152mm montée sur un encuvement en béton. Son action est relayée par huit canons de 90mm modèle 1939 en quatre affûts doubles montés aux quatre coins de la batterie pour le tir antiaérien et contre but surface voir contre terre. La DCA légère est assurée par six canons de 25mm.

La protection rapprochée de l’estuaire de la rivière Saïgon est assurée par deux petits points d’appui équipés pour chacun d’un canon de 130mm, de deux canons antiaériens de 75mm et de quatre canons antiaériens de 25mm. La défense rapprochée terrestre est assurée par quatre petits casemates équipés chacun de deux mitrailleuses de 7.5mm.

15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (4)

D-Pétroliers classe Mékong

Une vraie politique d’approvisionnement nécessite de vrais pétroliers

Comme nous l’avons mentionné plus haut, la marine nationale adopte clairement la chauffe au mazout après le premier conflit mondial mais faute de zones de production nationales, elles doit importer son mazout et son gazole des Etats Unis, du Mexique, du Vénezuela mais également de la Mer Noire et même d’Iran.

Pour cela il faut des pétroliers mais jusqu’en 1926, aucune politique clairement définie ne régit le ravitaillement en combustible, effectué un peu au petit bonheur la chance. Cela change à partir de cette année 1926 quand est fixée la norme de neuf mois de stock de temps de guerre, les marchés étant passés chaque semestre après accord du Quai d’Orsay et de l’Office des Combustibles Liquides.

Côte pratique, la marine obtient la commande de quatre pétroliers de 8000 tonnes. Si les deux premiers financés à la tranche 1926 et baptisés Mékong et Niger sont construits en France, ceux de la tranche 1929 sont financés par l’Allemagne au titre des prestations en nature du plan Dawes. Ils sont baptisés Var et Elorn.

Le Mékong

Le Mékong

Le Mékong

-Le Mékong est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 7 octobre 1927 lancé le 31 août 1928 et admis au service actif le 12 juillet 1929.

Affecté en Méditerranée, il charge principalement en mer Noire (Constanza Batoum) mais se rend occasionnellement en Amérique et notamment au Texas. Il assure aussi le ravitaillement des navires de la 1ère Escadre engagés lors de nombreuses manoeuvres.

Il subit un grand carénage à Cherbourg de mars à septembre 1938 puis à La Pallice du 15 novembre 1939 au 15 février 1940. Il quitte le port charentais le 16 février, charge du mazout au Verdon le 17 puis rallie Bizerte le 24 février 1940.
Le 15 mars 1940, le Mékong ravitaille à la mer le contre-torpilleur Milan, c’est une première pour la marine nationale.

Avec la réorganisation de septembre 1940, il devient l’un des deux pétroliers de la 6ème Escadre Légère en compagnie du vénérable Dordogne (1913). Il continue à assurer des transports pétroliers mais va de plus en plus souvent ravitailler les navires de la 6ème EL d’abord à flot puis de plus en plus souvent en couple à la mer et en route.

Il accompagne ainsi la 3ème DCT (Guépard Verdun Valmy) pour un entrainement de division au large de Dakar.

Il les ravitaille à flot sur rade à Mers-El-Kébir le 21 octobre puis à Casablanca le 24 octobre, les quatre navires ralliant Dakar le 28 octobre 1940.

Le Mékong ravitaille à nouveau les contre-torpilleurs les 6 et 18 novembre. Les quatre navires quittent Dakar le 19 novembre, font escale à Casablanca le 23 novembre avant de rentrer à Bizerte le 28 novembre 1940.

Au printemps 1942, le pétrolier Mékong est équipé d’un système primitif de ravitaillement à la mer qui n’est pas encore au point mais permet au Mékong de ravitailler à la mer le croiseur léger La Galissonnière engagé dans un entrainement en solitaire du 11 au 28 septembre 1942.

Le Mékong devait subir un grand carénage au printemps 1943 mais le 12 novembre 1942, le Mékong est victime d’une sérieuse avarie, si sérieuse que son désarmement prévu pour 1946 (une note du 7 mars 1939 prévoit la commande en 1946 d’un transport pétrolier de 8600 tonnes pour le remplacement) est un temps envisagé avant finalement d’avancer le grand carénage.

Du 15 novembre 1942 au 5 janvier 1943, le Mékong est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage qui outre une remise en état complète, voit l’installation d’un véritable système de ravitaillement à la mer performant.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 janvier 1943, sortant pour essais les 22 et 23 janvier puis pour remise en condition du 25 janvier au 3 février 1943. Dès le lendemain 4 février 1943, il appareille pour un transport pétrolier entre Haïfa et Bizerte.

Le Mékong participe à partir du 30 juin 1945 à un exercice de combat antisurface où il simule un croiseur auxiliaire ennemi. Repéré par un hydravion basé à terre, il est pourchassé par les croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise qui finissent par le «couler» le 4 juillet 1945 au large de Bizerte où les trois navires rentrent en fin de journée.

Du 2 juillet au 11 août 1946, il est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un nouveau grand carénage. Il subit une remise en état complète pour lui permettre de tenir pendant encore cinq ans quand il doit être remplacé par un nouveau pétrolier.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 27 août, sortant pour ses essais réglementaires les 28 et 29 août puis pour remise en condition du 31 août au 12 septembre, date à laquelle il rentre à Bizerte pour préparer une série d’exercices.

Le 24 septembre 1946, le Mékong appareille en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, des torpilleurs légers de la 3ème DT ( L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien), des contre-torpilleurs de la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) et du transport Golo.

Quittant Bizerte le 24 septembre 1946, les navires de combat vont s’entrainer dans un triangle Malte-Tunisie-Libye jusqu’au 2 octobre pour entrainement au combat antisurface de jour comme de nuit, se ravitaillant en mer auprès du pétrolier Mekong.

Ils font escale à La Valette du 3 au 6 octobre pour se ravitailler en munitions et en vivres auprès du Golo qui les soutes vides regagna Bizerte pour un nouveau chargement. Le croiseur léger, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs reprennent la mer le lendemain pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 12 octobre au large de la Tunisie.

L’Emile Bertin fait ensuite escale à Patras du 13 au 16 octobre pendant que les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs sont à Zanthe.

Le 17 octobre, l’escadre française se réunit à la mer pour se ravitailler en carburant auprès du Mékong avant de gagner Le Pirée où ils font escale du 21 au 25 octobre avant un exercice avec la marine grecque jusqu’au 30 octobre quand les navires français sont à Thessalonique jusqu’au 5 novembre.

La compagnie de débarquement de l’Emile Bertin et des détachements des différents navires rendent hommage à l’Armée d’Orient en déposant une gerbe devant le monument aux morts.

Il reprend la mer pour une escale à Istanbul du 6 au 10 novembre puis à Iskenderun du 13 au 17 novembre et à Beyrouth du 20 au 24 novembre. Après un exercice avec la DNL, la petite escadre fait escale à Haïfa en Palestine mandataire du 30 novembre au 3 décembre avant de rentrer à Bizerte le 7 décembre 1946.

Le 12 avril 1948, le Mékong ravitaille successivement, l’Emile Bertin et les contre-torpilleurs Vauquelin Tartu Chevalier Paul Mogador Volta et Hocha, permettant à cette puissante escadre  de durer à la mer.

Du 15 mai au 20 juin 1948 ont lieu en Méditerranée, d’importantes manoeuvres aéronavales auxquelles participent le porte-avions Commandant Teste, le cuirassé Bretagne, le croiseur de bataille Strasbourg, les torpilleurs d’escadre L’Eveillé L’Alerte (protecteurs du Bretagne), Lansquenet Fleuret (protecteurs du Strasbourg) Hussard et Spahi (protecteurs du Commandant Teste) et la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche).

Le Mékong aidé du Tarn vont assurer le ravitaillement de cette flotte, des Ravitaillements A la Mer (RAM) tous les 3-4 jours, les deux pétroliers effectuant d’incessants aller et retours entre l’escadre et Bizerte.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le porte-avions, le cuirassé, le croiseur de bataille, les six torpilleurs d’escadre plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le 5 septembre 1948, le Mékong était à Gabès pour ravitailler le dépôt pétrolier de Tunisie avec du mazout venu d’Haïfa. Il reçoit l’ordre de rester dans cette baie à l’abri des raids aériens (le dépôt est puissamment défendu par la DCA avec douze canons de 90mm modèle 1939 et une multitude de pièces légères de 25 et 37mm sans oublier un camouflage soigné, seuls étant visibles depuis les airs les quatres postes de déchargement avec leurs navires).

Le Niger

Le Niger

Le Niger

-Le Niger est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis de Bordeaux le 31 décembre 1927 lancé le 14 mars 1930 et admis au service actif le 4 octobre 1930.

Affecté en métropole, le Niger effectue des rotations en direction des Antilles mais également de la mer Noire pour des transports pétroliers, servant également de ravitailleur lors des manoeuvres de la 1ère Escadre. Il est en grand carénage à Brest du 3 janvier au 6 avril 1936. Il est affecté en métropole jusqu’à l’été 1938 quand il est envoyé en Indochine pour relever le Loing redéployé aux Antilles.

Affecté au sein des FNEO, il est basé à Saïgon, assurant le ravitaillement en rade et à couple des navires affectés aux Forces Navales Françaises en Extrême Orient mais surtout des transports pétroliers, chargeant du pétrole venant des puits des Indes Néerlandaises et raffinés sur place pour permettre à l’Indochine d’avoir six à neuf mois de réserve en cas de rupture des lignes d’approvisionnement.

Du 25 avril au 5 juin 1940, il est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine pour un grand carénage qui permet au navire d’être totalement remis en état. Il sort pour essais les 20 et 21 juin puis pour remise en condition du 23 juin au 6 juillet 1940.

La mise en place d’une base avancée à Haïphong oblige le Niger à effectuer plusieurs rotations entre Saïgon et Haïphong pour remplir les réservoirs de mazout et de gazole implantés dans la partie militaire du port tonkinois.

Du 6 juin au 2 août 1943, il est à nouveau échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un nouveau grand carénage pour une remise en état complète. Il reçoit à cette occasion un système de ravitaillement à la mer, permettant le ravitaillement à couple en route.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 20 août, effectuant ses essais à la mer les 21 et 22 août puis sa remise en condition du 24 août au 4 septembre 1943, reprenant son rôle opérationnel de ravitailleur et de transport pétrolier.

Le 5 septembre 1944, le Niger quitte définitivement Saïgon pour rallier Cam-Ranh le lendemain, la nouvelle base des forces françaises en Extrême Orient, une base bien mieux outillée que ne l’est la capitale de la Cochinchine.

Du 5 juin au 8 août 1946, il est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 août, sortant pour essais les 22 et 23 août puis pour remise en condition du 25 août au 4 septembre 1946.

Le 11 novembre 1946, le pétrolier ravitailleur d’escadre Le Rhône arrive à Cam-Ranh. L’arrivée de ce navire de classe La Seine entraine une nouvelle répartition des rôles, répartition assez théorique : le nouveau venu va se charger du ravitaillement à la mer des navires des FNEO alors que le Niger lui va être davantage un transport pétrolier.

Il va ainsi effectuer au printemps et à l’été 1948 cinq rotations entre Cam-Ranh et Balikpapan : la première du 21 mai au 12 juin, la seconde du 14 juin au 5 juillet, la troisième du 7 juillet au 1er août, la quatrième  du 3 au 25 août et la cinquième du 27 août au 14 septembre 1948.

14-Navires légers (31) canonnières fluviales (3)

Canonnières fluviales classe Song Hong

Pour remplacer les vieilles cannonières fluviales Balny Doudart de Lagrée Argus et Vigilante, décision est prise de faire construire à l’Arsenal d’Indochine de Saïgon, quatre canonnières financées à la tranche 1943 du programme naval dont une partie des équipements ont été envoyés de France.
Ces corvettes portent le nom de rivières d’Indochine : Song Hong (fleuve rouge), Bassac Tonle Sap et Song Do (fleuve noir).

-Les canonnières Song Hong et Bassac sont mises sur cale le 8 août 1942 lancées le 15 mars 1943 et mises en service le 5 septembre 1943

-Les canonnières Tonle Sap et Song Do mises sur cale le 4 juillet 1944 lancées le 12 février 1945 et mises en service le 20 août 1945.

Elles sont toujours en service en septembre 1948. Le Song Ho patrouille sur le Mékong, le Bassac patrouille à Hué sur la rivière des Parfums, le Tonle Sap patrouille sur le fleuve Rouge et le Song Do sur la rivière Saïgon.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 650 tonnes pleine charge 800 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 62.10m longueur entre perpendiculaires 59.15m largeur 10.20m tirant d’eau 2.20m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2200ch chacun entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 17.5 noeuds distance franchissable : 1500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : deux canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples (un avant et un arrière), deux mortiers de 81mm Brandt, six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 et huit mitrailleuses de 7.5mm Darne

Equipage : 118 officiers et marins

14-Navires légers (29) canonnières fluviales (1)

I-Canonnières fluviales

Etre présents sur les fleuves

La présence de grands fleuves dans les colonies françaises poussa la marine à se dôter de navires adaptés appelés canonnières. En réalité une seule région vit la France s’en dôter avant guerre de Pologne : le sud-est asiatique pour appuyer l’action de la France en Indochine et en Chine en particulier à Shanghai où se trouvait une légation française. Un total de cinq classes de navires furent construites et mises en service entre 1909 et 1934.

Le programme naval de mai 1941 décida de construire de nouvelles canonnières à la fois pour renouveler les moyens des FNEO mais également pour renforcer nos positions sur le Rhin avec la création d’une nouvelle Flottille du Rhin nettement plus musclée que ces prédecesseurs.

La Doudart de Lagree

La canonnière Doudart de Lagree

La canonnière Doudart de Lagree

Officiellement désignée «chaloupe canonnière» , le Doudart de Lagree à été construite aux Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes pour servir en Chine à Shanghaï. Elle à été mise en service en 1909 et désarmée en 1941 avant d’être cédée aux chinois.

Son sort final est inconnu. Elle est encore signalée sur le Yangtsé-Kiang en 1945 mais semble avoir disparu après cette date.

Ce navire de 243 tonneaux propulsée par une machine à triple expansion de 800ch était armée d’un canon de 75mm modèle 1897 et de 4 canons de 37mm

La Balny

La canonnière fluviale Balny

La canonnière fluviale Balny

Comme son prédécesseur, le Balny est désignée «chaloupe canonnière» et destinée à la Chine et à la flottille du Yang Tsé Kiang.
Sa construction est perturbée par la guerre puisque lancée en juin 1914, elle est aussitôt désarmée pour que ses moteurs servent à armer des patrouilleurs sur le Rhin.
Elle est reconstruite en 1921 et admise au service actif en Chine en 1923 et y servit jusqu’en 1943 date à laquelle la France décide de se retirer de Chine. Laissé à l’abandon à Shanghai, elle est coulée par un bombardement japonais en 1945.

Déplacement :  183 tonneaux
Dimensions :  longueur 54.40m largeur 7m tirant d’eau 1.40m

Propulsion :  deux machines alternatives développant une puissance totale de 900ch et entrainant 2 hélices sous tunnel.

Performances :  vitesse maximale 14 noeuds

Armement :  Un canon de 75mm modèle 1897, 2 mitrailleuses de 13.2mm et 2 mortiers

Equipage :  4 officiers et 55 hommes

Canonnières fluviales classe Argus

Après la première guerre mondiale, soucieuse de renforcer son emprise sur le sud de l’Indochine, la marine française décida de construire deux nouvelles canonnières pour patrouiller sur le Mékong.
Ces navires baptisés Argus et Vigilante furent construites à l’Arsenal de Toulon mises sur cale en 1921 lancés en 1922 et transportés en Indochine en pontée sur un cargo où elles sont mises en service en 1923.

Elles vont y servir jusqu’en 1945 date à laquelle elles sont désarmées en raison de moteurs épuisés. Ils seront remplacés par des unités construites à l’arsenal d’Indochine à Saïgon.

Déplacement :  standard 218 tonnes pleine charge 260 tonnes

Dimensions :  longueur 54m largeur 6m tirant d’eau 0.90m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 1000ch et entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 14 noeuds

Armement :  deux canons de 75mm deux canons de 37mm et deux mitrailleuses de 8mm

Equipage : 50 hommes

Canonnières fluviales classe My-Tho

La canonnière fluviale My-Tho

La canonnière fluviale My-Tho

Les canonnières My-Tho et Tourane étaient semblables aux précédentes mais de taille  plus modeste mais spécialement conçues pour appuyer des troupes dans des missions de contre-guerilla et de présence. Ces navires sont construites en 1933 et 1936 à l’arsenal d’Indochine et encore en service en 1948.
Déplacement :  standard 95 tonnes pleine charge 110 tonnes
Dimensions :  longueur 40m large 8m tirant d’eau 0.80m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 800ch et entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 13 noeuds

Armement :  un canon de 75mm un canon de 47mm 2 mitrailleuses de 8mm et un mortier

Equipage : 36 hommes

Le Francis Garnier

La canonnière Francis Garnier

La canonnière Francis Garnier

Ce dernier navire construit aux Chantiers Navals de France de Caen (mis sur cale en 1926 et lancée le 7 décembre 1927) fût affecté dès sa mise en service en 1930 à la flottille du Yangtsé Kiang. Ce navire assura la défense des intérêts français en Chine jusqu’en 1943 date du retrait français du pays.
La canonnière encore en relatif bon état fût désormais basée à Saïgon pour des patrouilles sur le Mékong et était toujours en service en septembre 1948

Déplacement : standard 640 tonnes pleine charge 690 tonnes

Dimensions : longueur 50m largeur 8m tirant d’eau 1m

Propulsion :  deux moteurs diesels de 1500ch entrainant deux hélices

Performances :  vitesse maximale 15 noeuds

Armement : (origine) deux canons de 100mm un canon de 75mm deux canons de 37mm et 4 mitrailleuses de 8mm (septembre 1948) deux canons de 100mm, un canon de 75mm, quatre canons de 37mm modèle 1941 et quatre mitrailleuses de 8mm

Equipage :  59 hommes

14-Navires légers (16) avisos-dragueurs coloniaux classe Chamois (1)

D-Aviso-dragueurs coloniaux classe Chamois

Avant propos

Les treize aviso-dragueurs de classe Elan étaient conçus essentiellement pour opérer dans les eaux métropolitaines mais la France de cette époque c’est aussi le 2ème Empire colonial du monde, un empire colonial s’étendant sur les cinq continents. Autant de territoires qui peuvent être des champs de bataille potentiels.

D’où la nécessité de disposer de moyens militaires adaptés au combat dans des latitudes chaudes et/ou tropicales.

Aussi après les aviso-coloniaux destinés principalement à des missions de présence, la marine nationale décide de construire des aviso-dragueurs capables de combattre dans l’Empire, c’est l’acte de naissance de la classe Chamois, navires se caractérisant par une plage avant conventionnelle.

Vingt-quatre navires sont ainsi prévus financés au contingent 1935 (Chamois Chevreuil Gazelle), au contingent 1937 (Laotien Surprise _ex-Bambara_) à la tranche 1938bis (Matelot Leblanc Rageot de la Touche Amiral Sénès Enseigne Ballande La Joyeuse La Trompeuse et La Furieuse) et au décret loi du 11 novembre 1939 (Ambitieuse, Malicieuse, Sérieuse, Enseigne Bisson, Généreuse, Précieuse,Victorieuse, Amiral Duperré, Heureuse, Rieuse Alfred de Courcy et Amiral Gourdon).

Comme leurs compères de classe Elan, les vingt-quatre Chamois font former des Divisions d’Escorte Légère (DEL) en l’occurence six division de quatre navires :

-5ème DEL (Bizerte) : Chamois Gazelle Surprise et Rageot de La Touche

-6ème DEL (Saïgon) Chevreuil Laotien Matelot Leblanc et Amiral Sénès

-7ème DEL (Casablanca) Enseigne Balande La Trompeuse L’Ambitieuse et La Sérieuse

-8ème DEL (Bizerte) La Joyeuse La Furieuse La Malicieuse et l’Enseigne Bisson

-9ème DEL (Djibouti) La Généreuse La Victorieuse L’Heureuse et le Alfred de Courcy

-10ème DEL (Dakar) La Précieuse L’Amiral Duperré La Rieuse et l’Amiral Gourdon

Le Chamois

Le Chamois

Le Chamois

-Le Chamois est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient  le 2 novembre 1936 lancé le 29 avril 1938 et mis en service le 20 octobre 1939 en même temps que La Gazelle ce qui permet l’activation de la 5ème DEL.

Le Chamois et La Gazelle quittent Lorient le 21 octobre, se ravitaillent à Casablanca le 25 octobre avant de rallier Bizerte le 30 octobre.

Le 3 mars 1940, La Surprise est à son tour mise en service. Elle rejoint ses compères de la 5ème DEL dix jours plus tard mais cette division ne sera complète que début mars 1942 avec la mise en service du Rageot de la Touche.

Du 6 juin au 15 juillet 1943, les aviso-dragueurs coloniaux Chamois et Gazelle sont immobilisés dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un premier grand carénage destiné à une remise en état complète, la modernisation de la DCA n’intervenant qu’en janvier 1944 quand les huit mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles.

Armés pour essais le 1er août 1943, Le Chamois et La Gazelle sont à la mer les 2 et 3 août pour les essais réglementaires puis du 5 au 16 août pour la remise en condition.

Du 18 septembre au 21 octobre 1946, les aviso-dragueurs coloniaux Chamois et Gazelle subissent un nouveau grand carénage, étant échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Après des travaux complémentaires à quai, il sont armés pour essais le 2 novembre 1946, effectuant les essais réglementaires du 3 au 5 novembre puis leur remise en condition du 7 au 17 novembre 1946.

Le 5 septembre 1948, le Chamois comme les trois autres navires de la 5ème DEL escortaient un convoi de transport de troupes entre Bizerte et Beyrouth.

Le Chevreuil

Le Chevreuil

Le Chevreuil

-Le Chevreuil est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 5 avril 1937 lancé le 17 juin 1939 et mis en service le 20 octobre 1939.

Devant être affecté en Indochine, il est temporairement rattaché à la Flotte de l’Atlantique en attendant la mise en service du Laotien qui à lieu le 19 janvier 1940. Les deux navires forment la 6ème DEL.

Les deux aviso-dragueurs quittent Lorient le 25 janvier 1940, traversent l’Atlantique direction Fort de France où ils font escale du 3 au 6 février. Reprenant la mer, les deux aviso-dragueurs coloniaux arrivent à Colon le 9 février.

Ils franchissent le canal de Panama les 10 et 11 février avant de se ravitailler à Balboa sur la côte pacifique du Panama. Ils franchissent le Pacifique jusqu’à Hawaï, faisant escale à Honolulu du 21 au 23 février, à Wake du 28 février au 1er mars, à Guam du 5 au 7 mars, à Manille du 14 au 17 mars avant de rallier Saïgon le 24 mars 1940 après presque deux mois de mer.

Il passe au bassin du 27 mars au 9 avril 1940 pour inspection et quelques travaux nécessaires après une aussi longue traversée. Il sort ensuite pour essais le 11 avril puis pour remise en condition du 13 au 20 avril, remise en condition aussi destinée à l’habituer à sa nouvelle zone opérationnelle.

Le 19 juin 1942, les aviso-dragueurs Matelot Blanc et Amiral Sénès arrivent à Saïgon après plus de deux mois de mer. Cela permet à la 6ème DEL d’atteindre son format définitif à quatre navires.

Du 17 avril au 5 juin 1943, les aviso-dragueurs Le Chevreuil et du Laotien sont échoués au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, ils sont armés pour essais le 13 juin, sortant pour essais du 14 au 16  puis pour remise en condition du 18 au 28 juin 1943.

Relocalisés à Cam-Ranh à partir de septembre 1944, le Chevreuil et ses compères de la 6ème DEL vont effectuer de nombreuses patrouilles au large des côtes de l’Indochine, tirant à plusieurs reprises  contre terre pour dégager des postes attaqués par ce qui est officiellement des «bandits» ou des «éléments incontrôlés».

Du 17 juin au 7 août 1946, Le Chevreuil et du Laotien sont à  nouveau échoués au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un grand carénage.

Outre une remise en état complète, il reçoit une nouvelle DCA avec six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles en remplacement des mitrailleuses de 13.2mm. Armés pour essais le 20 août, ils sortent pour essais les 21 et 22 août puis pour remise en condition du 24 août au 2 septembre 1946.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour un exercice de combat antisurface en compagnie des autres unités de la 6ème DEL.

La Gazelle

-La Gazelle est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 5 avril 1937 lancé le 17 juin 1939 et mis en service le 20 octobre 1939.

La Gazelle et Le Chamois quittent Lorient le 21 octobre, se ravitaillent à Casablanca le 25 octobre avant de rallier Bizerte le 30 octobre. Le 3 mars 1940, La Surprise est à son tour mise en service.

Elle rejoint ses compères de la 5ème DEL dix jours plus tard mais cette division ne sera complète que début mars 1942 avec la mise en service du Rageot de la Touche.

Du 6 juin au 15 juillet 1943, les aviso-dragueurs coloniaux Gazelle et Chamois sont immobilisés dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un premier grand carénage destiné à une remise en état complète, la modernisation de la DCA n’intervenant qu’en janvier 1944 quand les huit mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles.

Armés pour essais le 1er août 1943, Le Chamois et La Gazelle sont à la mer les 2 et 3 août pour les essais réglementaires puis du 5 au 16 août pour la remise en condition.

Du 18 septembre au 21 octobre 1946, les aviso-dragueurs coloniaux Gazelle et Chamois subissent un nouveau grand carénage, étant échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Après des travaux complémentaires à quai, il sont armés pour essais le 2 novembre 1946, effectuant les essais réglementaires du 3 au 5 novembre puis leur remise en condition du 7 au 17 novembre 1946.

Le 5 septembre 1948, le Gazelle comme les trois autres navires de la 5ème DEL escortaient un convoi de transport de troupes entre Bizerte et Beyrouth.

Le Laotien (ex-Annamite)

-Le Laotien est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 4 avril 1938 lancé le 17 juin 1939 et mis en service le 19 janvier 1940.

Formant la 6ème DEL, le Laotien et le Chevreuil quittent Lorient le 25 janvier 1940, traversent l’Atlantique direction Fort de France où ils font escale du 3 au 6 février. Reprenant la mer, les deux aviso-dragueurs coloniaux arrivent à Colon le 9 février.

Ils franchissent le canal de Panama les 10 et 11 février avant de se ravitailler à Balboa sur la côte pacifique du Panama. Ils franchissent le Pacifique jusqu’à Hawaï, faisant escale à Honolulu du 21 au 23 février, à Wake du 28 février au 1er mars, à Guam du 5 au 7 mars, à Manille du 14 au 17 mars avant de rallier Saïgon le 24 mars 1940 après presque deux mois de mer.

Il passe au bassin du 10 au 24 avril 1940 pour inspection et quelques travaux nécessaires après une aussi longue traversée. Il sort ensuite pour essais le 16 avril puis pour remise en condition du 28 avril au 7 mai, remise en condition aussi destinée à l’habituer à sa nouvelle zone opérationnelle.

Du 17 avril au 5 juin 1943, les aviso-dragueurs Laotien et Le Chevreuil sont échoués au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, ils sont armés pour essais le 13 juin, sortant pour essais du 14 au 16 juin puis pour remise en condition du 18 au 28 juin 1943.

Relocalisés à Cam-Ranh à partir de septembre 1944, Laotien et ses compères de la 6ème DEL vont effectuer de nombreuses patrouilles au large des côtes de l’Indochine, tirant à plusieurs reprises  contre terre pour dégager des postes attaqués par ce qui est officiellement des «bandits».

Du 17 juin au 7 août 1946, le Laotien et  Le Chevreuil sont à  nouveau échoués au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un grand carénage.

Outre une remise en état complète, il reçoit une nouvelle DCA avec six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles en remplacement des mitrailleuses de 13.2mm. Armés pour essais le 20 août, ils sortent pour essais les 21 et 22 août puis pour remise en condition du 24 août au 2 septembre 1946.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour un exercice de combat antisurface en compagnie des autres unités de la 6ème DEL.