18-Bases et Arsenaux (10)

M-Base navale de Cam-Ranh et les autres implantation de la marine en Indochine

Indochine

Indochine

Un long débat

A la fin des années trente, ressurgit le débat des bases de la marine en Extrême Orient. Si les Etats-Unis bénéficie d’une base parfaitement outillée à Cavite en baie de Manille et d’une autre à Subic Bay, que les britanniques peuvent s’appuyer sur le «Gibraltar de l’Extrême d’Orient» à savoir Singapour, la France ne bénéficie pas d’un tel luxe.

Outre un manque de budget pour une telle base, on est réticent en France à investir dans des infrastructures qui tomberaient immanquablement dans les mains japonaises si Tokyo souhaitait s’emparer de l’Indochine.

Pourtant au début 1940, décision est prise d’implanter une base parfaitement outillée en Indochine pour permettre à une escadre importante (cuirassés et porte-avions) de pouvoir opérer en Mer de Chine Méridionale.

Il faut donc prévoir un espace protégé suffisamment vaste, un espace aisément défendable tant en direction de la terre que de la mer et un espace pouvant accueillir un arsenal bien outillé.

Plusieurs sites sont candidats. Une base à l’embouchure de la rivière Saïgon est vite écartée tout comme une base dans le Golfe de Siam. Cela dissuaderait la Thaïlande mais l’ennemi principal est le Japon et non la Thaïlande.

Haïphong sera idéalement placée pour opérer dans le Golfe du Tonkin mais le site est bien trop vulnérable aux bombardiers japonais venus de Chine continentale et de l’île d’Haïnan.

Un temps le site de Tourane tient la corde mais finalement, en juin 1940, c’est la baie de Cam-Ranh située à 290 km au nord-est de Saigon qui est sélectionné. Cet site n’était pas inconnu pour la marine qui l’utilisait déjà comme mouillage forain et l’avait fortifié partiellement.

Outre cette grande base (dont l’inauguration est prévue pour 1944), d’autres travaux vont être menés pour améliorer les capacités de survie des FNEO qui en 1948 vont atteindre un format plus que respectable avec un porte-avions léger, un croiseur lourd, un croiseur léger, deux torpilleurs d’escadre, quatre torpilleurs légers et deux sous-marins.

Les travaux suivants sont ainsi menés :

-Modernisation de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon. La forme est agrandie passant de 152 à 190m, les ateliers sont modernisés avec notamment des machines outils permettant la fabrication d’armes légères et de munitions.

-Aménagement de mouillages protégés à Tourane et Kompong San

-Modernisation du port d’Haïphong pour servir de base de ravitaillement et de base opérationnelle avancée notamment pour les sous-marins.

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

La ville de Cam-Ranh est située à 290 km au nord-est de Saïgon au fond d’une vaste baie bien abritée qui rappelle par bien des côtés Brest voir Toulon. Petite ville avec un port de pêcheur, la baie sert régulièrement de mouillage pour les navires français déployés dans la région.

La décision prise en juin 1940 d’aménager une base parfaitement outillée dans la baie de Cam-Ranh entraine d’importants travaux et d’importants bouleversements pour la petite ville qui devient une métropole qui certes ne rivalise pas avec Hanoï mais qui est tout de même capable de tenir tête à Saïgon voir Haïphong _principal port de commerce de l’Indochine française_

Les travaux commencent rapidement, profitant d’une étude menée dès 1930 à titre informel sur demande du gouverneur général d’Indochine de l’époque, Pierre Pasquier qui rêvait de mener une politique musclée de dévellopement industriel en Indochine, de faire de la principale colonie française d’Asie pas simplement un territoire exportateur de matières premières mais une vraie puissance industrielle au risque de concurrencer l’industrie de la lointaine métropole.

Dans son projet, Cam-Ranh devait être le principal port d’Indochine, un port capable d’accueillir les plus gros navires du moment et même des navires dont la taille paraissait inimaginable à l’époque.

La base navale de Cam-Ranh va ainsi être composée de trois sous ensembles répartis sur les rives de la baie :

-Au sud-est, la partie opérationnelle de la base où sont amarrés les navires opérationnels et ceux en escale en Indochine. Cette partie regroupe également des dépôts de carburant et de munitions ainsi que des logements.

-Au sud de la baie est aménagée un Arsenal avec les formes de radoub et les ateliers, d’abord concentrés à bord de l’Albert Caquot puis s’étendant à terre dans des installations en théorie démontables ou du moins aisément «détruisibles».

-A l’ouest, en face de la base navale, l’annexe aéronavale avec deux pistes, des ateliers de réparations, des dépôts de carburant et de munitions. Les hydravions amérissaient dans la baie puis regagnaient un plan d’eau protégé par deux digues artificielles avant d’être mis au sec.

Ce choix d’une dispersion des installations ne fit pas l’unanimité en partie parce qu’elle rendait plus difficile la défense de la base qui pouvait être aisément scindés en trois éléments par l’avancée ennemie.

Il fût donc décidé d’établir de solides défenses au niveau du front de mer et de considérer les trois sous-ensembles comme des éléments indépendants qui en cas de menace extérieure se replieraient sur eux mêmes, formant autant de points de fixation.

Installations d’entretien

-L’Arsenal de Cam-Ranh ou Centre d’Entretien et de Soutien (CES) Albert Caquot est donc implanté au sud de la baie. C’est le dernier cri en matière de base de soutien de la marine ce qui est ironique quant on sait que cette base est la plus menacée de toutes les bases navales françaises dans le monde peut être avec Dunkerque.

Les travaux concernant l’Arsenal sont les premiers à être lancés car les plus importants en terme de génie civil. Pas moins de trois bassins de radoub sont prévus, bassins pouvant accueillir tous les navires de la marine nationale y compris les cuirassés de classe Alsace.

D’est à l’ouest, de l’intérieur des terres à la mer, nous trouvons successivement le bassin n°1 (265m de long sur 40m de large), le bassin n°2 et le bassin n°3, ces deux bassins mesurant tous les deux 200m de long sur 20m de large. Ces trois bassins sont inaugurés en 1944.

Dans un premier temps, les installations d’entretien sont embarqués à bord du navire-atelier Albert Caquot arrivé en Indochine le 25 mars 1944 et qui devient ponton atelier en septembre 1946. Il est solidement amarré et des extensions à terre sont aménagés.

Si la majorité des ateliers sont installés à bord du CES Albert Caquot, une fonderie est installée à terre en 1947 ainsi que la majorité des stocks de pièces détachées.

Installations opérationnelles

-Le coeur opérationnel de la base est donc implanté au sud-est, de l’autre côté de la péninsule qui ferme en grande partie la baie. Ce choix est d’une logique cartésienne : c’est l’endroit le plus profond de la baie avec une profondeur naturelle de -20m ce qui permet d’accueillir tous les navires en service dans la marine nationale.

Les travaux commencent en mars 1941 avec le recours à l’explosif et à de puissants engins de terrassement venus des Etats Unis. 10 km de linéaire de quai sont ainsi construits protégés par deux digues artificielles de 200m de long, créant un mouillage semi-protégé.

En arrière des linéaires de quai, nous trouvons une route asphaltée et une voie de chemin de fer à voie étroite (60cm) destiné au ravitaillement des navires et à la manoeuvre de quatre puissantes grues (8 tonnes). Des dépôts souterrains de munitions et de carburant sont aménagés sans oublier les postes de commandement, les logements et les «pieds dans l’eau», les défenses côtières.

-La base aéronavale de Cam-Ranh est située sur la rive opposée à la base navale. Elle dispose de deux longues pistes en dur, de trois pistes courtes de secours (soigneusement camouflées), d’ateliers de réparations, de dépôts de carburant et de munitions.

Des hangars pour hydravions sont aménagés tandis que les avions sont parqués au bord des pistes avec des filets de camouflage pour les dissimuler à l’observation ennemie.

Fortifications

En 1939, la baie de Cam-Ranh dispose déjà de positions fortifiées en l’occurence quatre batteries légères :

-Batterie de l’île de Tagne avec 4 canons de 138mm modèle 1910 sur affût modèle 1919-25

-Batterie de la Vigie avec 3 canons de 138mm modèle 1881 sur affût modèle 1917

-Batterie de Nha Gu avec 4 canons de 75mm modèle 1908 sur affût modèle 1908-18

-Batterie de Batroi avec 4 canons de 75mm modèle 1881 sur affût modèle 1916

Ces batteries sont désactivées et tout est remis à plat pour protéger cette nouvelle base navale car certaines batteries se trouvaient dans l’emprise de la base opérationnelle.

Le plan arrêté en janvier 1942 prévoit deux forts principaux pour verrouiller l’accès à la baie, des positions dites de campagne (à armer en cas de guerre avec des pièces de campagne) pour obtenir un front de mer entièrement protégé.

L’Arsenal doit être protégé par des ouvrages fortifiés de type Maginot tout comme la base aéronavale, formant deux ensembles indépendants mais les champs de feu sont conçus pour se recouper.

Des travaux complémentaires doivent avoir lieu en cas de menace avérée sur l’Indochine, des tranchées doivent être creusées et des ouvrages de campagne construits pour transformer Cam-Ranh en un bastion inexpugnable.

Le dispositif du front de mer s’appuie donc sur deux forts installés de part et d’autre de la passe, les deux forts étant jumeaux par l’équipement et la puissance de feu. Fait qui démontre l’importance de cette position, les pièces d’artillerie sont neuves et non récupérées sur des navires désarmés.

Le cœur de chaque fort est constituée par une tourelle double équipée de deux canons de 203mm modèle 1940 identiques à ceux montés sur les Saint Louis, cette tourelle double étant appuyée par quatre canons de 152mm modèle 1931 en affûts simples sous masque et plate-forme rotative permettant le tir contre terre et contre but flottant.

La DCA n’est pas oubliée et est même plutôt soignée avec six canons de 90mm modèle 1939 en trois tourelles doubles et douze canons de 37mm modèle 1941 en affûts doubles.

La défense terrestre est assurée par quatre jumelages équipés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

Chaque fort est armée par une compagnie d’ouvrage pouvant si besoin est être renforcée par des unités de l’armée de terre.

Le reste du dispositif du front de mer est composé de huit emplacements pour des pièces d’artillerie tractée de 105 et de 155mm qui doivent être mis en place par l’artillerie coloniale en temps de guerre. Des casemates pour l’infanterie sont également prévus pour se défendre contre un éventuel débarquement.

L’Arsenal est défendu par quatre ouvrages «type Maginot» équipés chacun d’une cloche d’observation et de tir avec un canon de 25mm et une mitrailleuse de 7.5mm et quatre jumelages avec un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm. Deux mortiers de 81mm complètent le dispositif.

La défense antiaérienne de l’Arsenal est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

Une compagnie d’ouvrages est chargée d’armer les ouvrages fortifiés et les pièces de défense antiaérienne.

La défense de la base aéronavale est assurée par des ouvrages plus légers que ceux de l’Arsenal avec six petits casemates équipés de quatre jumelages, le jumelage avant est armé d’un canon de 47mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm alors que les trois autres jumelages sont équipés de deux mitrailleuses de 7.5mm. La défense antiaérienne de la base aéronavale est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

La défense terrestre de la base est assurée par le Régiment de Fusiliers Marins de l’Indochine (RFMI), une unité créée en 1945 pour défendre cette base.

Elle est organisée en une compagnie d’état major, quatre compagnies de fusiliers, une compagnie régimentaire d’engins (canons antichars de 47mm, mortiers de 81mm et mitrailleuses de 13.2mm) et une compagnie de chars de marine équipée de Somua S-40.

Navires stationnés à Cam-Ranh en septembre 1948

-Croiseur lourd Tourville _navire-amiral des FNEO_

-Croiseur léger Duguay Trouin

-Porte-avions  Alienor d’Aquitaine

-Torpilleurs d’escadre Berthier et Tirailleur

-Torpilleurs légers Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan (7ème DT)

-Canonnières La Dédaigneuse et La Lurone

-Aviso-dragueurs Chevreuil Annamite Matelot Leblanc et Amiral Sénès (6ème DEL)

-Pétrolier Niger

-Pétrolier ravitailleur d’Escadre Rhône

-Remorqueur de haute mer Taureau

-Remorqueur de 1000ch Le Valeureux

-Remorqueurs de 750ch Jasmin Lys Pivoine

-Remorqueur de 600ch Padaran

-Remorqueurs de 300ch Nha Dé et Donnaï

-Gabare L’Entreprenante

Arsenal d’Indochine (Saïgon)

Bassin de l'Arsenal d'Indochine à Saïgon

Bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

Cet arsenal à connu une existence mouvementée. Si le premier bassin à été inauguré en 1888 ce n’est qu’après la première guerre mondiale que l’arsenal d’Indochine (son nom officiel) voit le jour plus précisément en 1922 avec des installations réduites. Si réduites qu’il est supprimé en 1936, ses installations étant reprises par le port de commerce de Saïgon.

La marine nationale changea d’avis et le repris en 1940 pour permettre à une force maritime conséquente d’être réparée sur place, augmentant ainsi sa survie opérationnelle. La forme est ainsi agrandie à 190m pour permettre le carénage d’un croiseur.

Les ateliers sont modernisés et prévoyance salvatrice, des machines à outils sont installées pour produire des armes légères jusqu’au mortier de 81mm sans oublier les munitions.

En dépit de l’ouverture de la base de Cam-Ranh, des navires restent basés à Saïgon dans le port de commerce. En septembre 1948, les navires suivants y sont basés :

-Aviso colonial Amiral Charner

-Patrouilleur Branlebas

-Canonnière Marne

-Cannonières My Tho Tourane Francis Garnier et Song Do

-Chasseurs de sous-marins CH-45 et CH-46

Haïphong

Le grand port du nord de l’Indochine aurait pu faire un candidat à la grande navale en Indochine mais au final, ce port ne fût pas retenu en dépit de sa situation idéale dans le Golfe du Tonkin. La menace aérienne du à sa proximité avec la Chine l’élimina.

Il fût cependant décidé d’aménager une partie du port en zone militaire, un poste avancé de ravitaillement solidement protégé. Quelques navires sont cependant basés, notamment des unités légères.

250m de linéaires de quai sont construits avec une digue artificielle, créant un bassin protégé réservé aux navires militaires basés à Haïphong ou en escale pour se ravitailler en carburant, en munitions, vivres et pièces détachées.

Deux batteries côtières légères assurent la défense des accès du port avec pour chacune deux canons de 130mm sur affût tournant sous masque, deux canons de 75mm à tir contre but flottant et une DCA composée d’une tourelle double de 90mm (deux canons de 90mm modèle 1926) et de six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

La défense terrestre d’Haïphong partie intégrante de la «Ligne Doumer» est assurée par de petits blockhaus d’infanterie équipés d’un affût jumelé (un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm) et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

En septembre 1948, les navires suivants sont basés à Haïphong

-Aviso Nancy stationnaire ne prenant plus la mer depuis juin 1947. Son désarmement à été repoussé par le début du conflit en Europe.

-Patrouilleur La Cordelière. Cet ancien torpilleur de classe La Melpomène devient à son arrivée en Indochine navire-amiral de la Flottille Côtière du Nord (FCN) chargée de missions de souveraineté avec pour équipement six jonques armées, quatre patrouilleurs de construction locale et deux canonnières fluviales, la canonnière Bassac à Hué sur la rivière des Parfums et le Tonle Sap sur le fleuve Rouge

-Aviso Lassigny utilisé comme ravitailleur de sous-marins

-Sous-marins Germinal et Thermidor (23ème DSM)

Tourane

Site un temps envisagé pour la grande base navale en Indochine, le site de Tourane (aujourd’hui connue sous le nom de Da Nang) est transformé en mouillage protégé avec une digue artificielle et des installations de ravitaillement installées sur la rive à proximité de l’embouchure de la rivière Han.

Les défenses sont implantées de part et d’autre de l’embouchure de la rivière Han avec un total de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Kompong San

La montée en puissance de la marine thaïlandaise dans les années trente et son tropisme japonais inquiète Saïgon qui décide d’aménager un mouillage protégé sur le golfe de Siam. Après une campagne de prospection, le site de Kompong Sam au Cambodge est choisit.

La campagne de dragage à lieu en 1943/44. Deux chenaux balisés sont réalisés ainsi que deux mouillages au centre d’une vaste baie pour les escales temporaires. Le point d’appui est réalisé à l’entrée du golfe à l’est.

Une digue empierrée est réalisée et 200m de linéaire de quai établie avec système de ravitaillement protégé et grues mobiles sur rails. A ces installations de ravitaillement s’ajoutent des ateliers de réparations et des locaux vie. Une piste de fortune est également construite pour le ravitaillement même si la baie soit suffisamment vaste pour permettre le ravitaillement par hydravions.

La défense de ce mouillage est assurée par deux points d’appui fortifiés à l’est et à l’ouest pour empêcher une flotte ennemie de mouiller dans ce golfe.

Chaque point d’appui fortifié se compose de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, deux canons de 75mm antiaériens en affûts simples et six canons de 25mm Hotchkiss. La défense terrestre est assurée par quatre tourelles démontables installés sur un trou en maçonnerie, chaque tourelle disposant d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Fortifications : Cap Saint Jacques et estuaire de la rivière Saïgon

Le Cap Saint Jacques n’est pas une base navale mais une forteresse destinée à couvrir les approches de Saïgon. Sa mise en défense avait déjà été réalisée au 19ème siècle mais ces travaux avaient réduits à néant par le renvoi en métropole des pièces d’artillerie lourde.

Un projet de « refortification » de ce point d’appui est assuré en 1946 avec une tourelle double de 152mm montée sur un encuvement en béton. Son action est relayée par huit canons de 90mm modèle 1939 en quatre affûts doubles montés aux quatre coins de la batterie pour le tir antiaérien et contre but surface voir contre terre. La DCA légère est assurée par six canons de 25mm.

La protection rapprochée de l’estuaire de la rivière Saïgon est assurée par deux petits points d’appui équipés pour chacun d’un canon de 130mm, de deux canons antiaériens de 75mm et de quatre canons antiaériens de 25mm. La défense rapprochée terrestre est assurée par quatre petits casemates équipés chacun de deux mitrailleuses de 7.5mm.

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15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (10)

Le Liamone

-Le Liamone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 4 avril 1940 lancé le 15 janvier 1942 et mis en service le 10 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte Cherbourg le 12 mars 1943, charge du mazout, du gazole et du matériel à Brest le 13 mars puis reprend la mer le 15.

Le Liamone fait escale à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rallier Toulon le 28 mars 1943, intégrant la 2ème Escadre pour soutenir notamment les cuirassés et le porte-avions Joffre comme le 21 mars 1945 quand il ravitaille successivement le Provence, le Joffre et leurs quatre torpilleurs d’escadre ou encore le 29 août 1945.

Du 16 au 22 septembre 1945, le Provence sert de plastron au groupe aérien du Joffre, étant ravitaillés à plusieurs reprises par le Liamone. Les cinq navires font escale à Tunis du 23 au 27 septembre avant de tous rentrés à Toulon le 29 septembre 1945.

Du 26 février au 7 avril 1946, Le PRE Liamone est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit un radar et un complément de DCA. Armé pour essais le 15 avril, il sort pour essais les 16 et 17 avril puis pour remise en condition du 19 au 30 avril 1946.

Le 5 mai 1946, le PRE Liamone quitte Toulon en compagnie du cargo rapide Tlemcen et des contre-torpilleurs Desaix Marceau et Kléber (12ème DCT) pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relache pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT entame son cycle d’exercice par une école à feux du 18 au 21 mai avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 23 au 27 mai puis un exercice de défense et d’attaque de convois du 29 mai au 5 juin au cours duquel le Tlemcen et le Liamone sont alternativement protégés par deux contre-torpilleurs et attaqué par le troisième.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Le 8 septembre 1947, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Liamone quitte Toulon en compagnie des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) pour un entrainement de division au large du Levant. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier-ravitailleur Liamone était à quai à Toulon, en entretien. Il accélère sa remise en condition pour être prêt à mener des missions de guerre.   

Le Rhône

-Le Rhône est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 12 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 4 octobre 1946 à Brest son port d’armement.

Affecté en Indochine, il quitte Brest dès le 1er octobre soit avant sa mise en service pour rallier son port d’attache. Il traverse l’Atlantique à bonne vitesse, se ravitaillant à Fort de France le 9 octobre et arrivant à l’entrée du canal de Panama le 12 octobre. Il franchit le canal interocéanique les 13 et 14 octobre.

Après un bref ravitaillement à Balboa le 15 octobre avant de traverser le Pacifique direction Pearl Harbor où ils font escale du 19 au 21 octobre avant de reprendre leur route, faisant escale à Guam du 26 au 28 octobre, à Subic Bay du 5 au 8 novembre avant de rallier Cam-Ranh le 11 novembre 1946.

Du 13 au 30 novembre 1946, Le Rhône est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour inspection et travaux après une longue traversée. Il sort pour essais les 1er et 2 décembre puis remise en condition du 4 au 10 décembre 1946.

Du 4 au 20 février 1947, Le PRE Le Rhône participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

Dès le lendemain, une petite escadre appareille de Cam-Ranh, escadre composée des croiseurs Tourville et Duguay Trouin ainsi que du PRE Le Rhône, bientôt rejoints par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’amiral Charner lui ralliant Saïgon.

Du 23 octobre au 15 novembre, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Le Rhône soutien le croiseur lourd Tourville pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande, relayé par des avions et des hydravions pour pister les unités de la marine thaïlandaise.

Du 24 février au 6 mars 1948, Le Rhône sort pour un entrainement en compagnie du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine, du croiseur léger Duguay-Trouin et du croiseur lourd Tourville.

Le 5 septembre 1948, Le Rhône est à quai à Cam-Ranh, s’apprêtant à sortir pour des exercices communs à tous les navires des FNEO.

La Garonne

-Le Garonne est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) le 4 octobre 1944 lancé le 4 avril 1946 et mis en service le 12 novembre 1946 à Brest, son port d’armement.

Affecté à Diego-Suarez, il quitte Brest le 15 novembre, font escale à Casablanca du 20 au 23 novembre, franchit les colonnes d’Hercules le 24 novembre pour pénétrer en Méditerranée.

La Garonne fait escale à Bizerte du 28 au 30 novembre, est à Alexandrie du 5 au 8 décembre avant de franchir le canal de Suez les 9 et 10 décembre. Il est à Djibouti du 15 au 18 décembre avant de rallier Diego-Suarez le 26 décembre 1946.

Bien que classé PRE, La Garonne va servir autant de ravitailleur rapide pour les navires des FNAEF mais également de transport pétrolier, chargeant à Adaban (Iran) et à Basrah (Irak) du mazout et du gazole pour alimenter les dépôts de Djibouti et de Diego-Suarez.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie de la corvette La Rouennaise pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego Suarez le 14 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des PRE de classe La Seine

Déplacement : standard 8490 tW pleine charge 21200 tonnes 14800 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 160m longueur à la flottaison 158m longueur entre perpendiculaires 153m largeur 22m tirant d’eau 9m pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines Parson alimentées par trois chaudières dévellopant 14750ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (14 noeuds en service courant) rayon d’action inconnu

Electronique : un radar de navigation

Capacités : douze citernes pour le transport de mazout (huit citernes), de gazole (deux citernes), de carburant aviation (deux citernes) soit 12000 tonnes de mazout, quatre soutes pour vivres et pièces détachées (170 tonnes au total).

Le ravitaillement à lieu à couple avec quatre postes pour combustible et un en flèche. Deux grues de 25 tonnes pour le transfert à couple et à flot de charges lourdes.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles. Des mitrailleuses de 7.5mm sont embarquées au moment de l’entrée en guerre.  

Equipage : 140 officiers et marins

15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (4)

D-Pétroliers classe Mékong

Une vraie politique d’approvisionnement nécessite de vrais pétroliers

Comme nous l’avons mentionné plus haut, la marine nationale adopte clairement la chauffe au mazout après le premier conflit mondial mais faute de zones de production nationales, elles doit importer son mazout et son gazole des Etats Unis, du Mexique, du Vénezuela mais également de la Mer Noire et même d’Iran.

Pour cela il faut des pétroliers mais jusqu’en 1926, aucune politique clairement définie ne régit le ravitaillement en combustible, effectué un peu au petit bonheur la chance. Cela change à partir de cette année 1926 quand est fixée la norme de neuf mois de stock de temps de guerre, les marchés étant passés chaque semestre après accord du Quai d’Orsay et de l’Office des Combustibles Liquides.

Côte pratique, la marine obtient la commande de quatre pétroliers de 8000 tonnes. Si les deux premiers financés à la tranche 1926 et baptisés Mékong et Niger sont construits en France, ceux de la tranche 1929 sont financés par l’Allemagne au titre des prestations en nature du plan Dawes. Ils sont baptisés Var et Elorn.

Le Mékong

Le Mékong

Le Mékong

-Le Mékong est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 7 octobre 1927 lancé le 31 août 1928 et admis au service actif le 12 juillet 1929.

Affecté en Méditerranée, il charge principalement en mer Noire (Constanza Batoum) mais se rend occasionnellement en Amérique et notamment au Texas. Il assure aussi le ravitaillement des navires de la 1ère Escadre engagés lors de nombreuses manoeuvres.

Il subit un grand carénage à Cherbourg de mars à septembre 1938 puis à La Pallice du 15 novembre 1939 au 15 février 1940. Il quitte le port charentais le 16 février, charge du mazout au Verdon le 17 puis rallie Bizerte le 24 février 1940.
Le 15 mars 1940, le Mékong ravitaille à la mer le contre-torpilleur Milan, c’est une première pour la marine nationale.

Avec la réorganisation de septembre 1940, il devient l’un des deux pétroliers de la 6ème Escadre Légère en compagnie du vénérable Dordogne (1913). Il continue à assurer des transports pétroliers mais va de plus en plus souvent ravitailler les navires de la 6ème EL d’abord à flot puis de plus en plus souvent en couple à la mer et en route.

Il accompagne ainsi la 3ème DCT (Guépard Verdun Valmy) pour un entrainement de division au large de Dakar.

Il les ravitaille à flot sur rade à Mers-El-Kébir le 21 octobre puis à Casablanca le 24 octobre, les quatre navires ralliant Dakar le 28 octobre 1940.

Le Mékong ravitaille à nouveau les contre-torpilleurs les 6 et 18 novembre. Les quatre navires quittent Dakar le 19 novembre, font escale à Casablanca le 23 novembre avant de rentrer à Bizerte le 28 novembre 1940.

Au printemps 1942, le pétrolier Mékong est équipé d’un système primitif de ravitaillement à la mer qui n’est pas encore au point mais permet au Mékong de ravitailler à la mer le croiseur léger La Galissonnière engagé dans un entrainement en solitaire du 11 au 28 septembre 1942.

Le Mékong devait subir un grand carénage au printemps 1943 mais le 12 novembre 1942, le Mékong est victime d’une sérieuse avarie, si sérieuse que son désarmement prévu pour 1946 (une note du 7 mars 1939 prévoit la commande en 1946 d’un transport pétrolier de 8600 tonnes pour le remplacement) est un temps envisagé avant finalement d’avancer le grand carénage.

Du 15 novembre 1942 au 5 janvier 1943, le Mékong est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage qui outre une remise en état complète, voit l’installation d’un véritable système de ravitaillement à la mer performant.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 janvier 1943, sortant pour essais les 22 et 23 janvier puis pour remise en condition du 25 janvier au 3 février 1943. Dès le lendemain 4 février 1943, il appareille pour un transport pétrolier entre Haïfa et Bizerte.

Le Mékong participe à partir du 30 juin 1945 à un exercice de combat antisurface où il simule un croiseur auxiliaire ennemi. Repéré par un hydravion basé à terre, il est pourchassé par les croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise qui finissent par le «couler» le 4 juillet 1945 au large de Bizerte où les trois navires rentrent en fin de journée.

Du 2 juillet au 11 août 1946, il est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un nouveau grand carénage. Il subit une remise en état complète pour lui permettre de tenir pendant encore cinq ans quand il doit être remplacé par un nouveau pétrolier.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 27 août, sortant pour ses essais réglementaires les 28 et 29 août puis pour remise en condition du 31 août au 12 septembre, date à laquelle il rentre à Bizerte pour préparer une série d’exercices.

Le 24 septembre 1946, le Mékong appareille en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, des torpilleurs légers de la 3ème DT ( L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien), des contre-torpilleurs de la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) et du transport Golo.

Quittant Bizerte le 24 septembre 1946, les navires de combat vont s’entrainer dans un triangle Malte-Tunisie-Libye jusqu’au 2 octobre pour entrainement au combat antisurface de jour comme de nuit, se ravitaillant en mer auprès du pétrolier Mekong.

Ils font escale à La Valette du 3 au 6 octobre pour se ravitailler en munitions et en vivres auprès du Golo qui les soutes vides regagna Bizerte pour un nouveau chargement. Le croiseur léger, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs reprennent la mer le lendemain pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 12 octobre au large de la Tunisie.

L’Emile Bertin fait ensuite escale à Patras du 13 au 16 octobre pendant que les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs sont à Zanthe.

Le 17 octobre, l’escadre française se réunit à la mer pour se ravitailler en carburant auprès du Mékong avant de gagner Le Pirée où ils font escale du 21 au 25 octobre avant un exercice avec la marine grecque jusqu’au 30 octobre quand les navires français sont à Thessalonique jusqu’au 5 novembre.

La compagnie de débarquement de l’Emile Bertin et des détachements des différents navires rendent hommage à l’Armée d’Orient en déposant une gerbe devant le monument aux morts.

Il reprend la mer pour une escale à Istanbul du 6 au 10 novembre puis à Iskenderun du 13 au 17 novembre et à Beyrouth du 20 au 24 novembre. Après un exercice avec la DNL, la petite escadre fait escale à Haïfa en Palestine mandataire du 30 novembre au 3 décembre avant de rentrer à Bizerte le 7 décembre 1946.

Le 12 avril 1948, le Mékong ravitaille successivement, l’Emile Bertin et les contre-torpilleurs Vauquelin Tartu Chevalier Paul Mogador Volta et Hocha, permettant à cette puissante escadre  de durer à la mer.

Du 15 mai au 20 juin 1948 ont lieu en Méditerranée, d’importantes manoeuvres aéronavales auxquelles participent le porte-avions Commandant Teste, le cuirassé Bretagne, le croiseur de bataille Strasbourg, les torpilleurs d’escadre L’Eveillé L’Alerte (protecteurs du Bretagne), Lansquenet Fleuret (protecteurs du Strasbourg) Hussard et Spahi (protecteurs du Commandant Teste) et la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche).

Le Mékong aidé du Tarn vont assurer le ravitaillement de cette flotte, des Ravitaillements A la Mer (RAM) tous les 3-4 jours, les deux pétroliers effectuant d’incessants aller et retours entre l’escadre et Bizerte.

La force navale rentre à Bizerte le 21 juin et si les contre-torpilleurs restent en Tunisie puisque Bizerte est leur port d’attache, le porte-avions, le cuirassé, le croiseur de bataille, les six torpilleurs d’escadre plus le Tarn rentrent à Mers-El-Kebir le 28 juin 1948.

Le 5 septembre 1948, le Mékong était à Gabès pour ravitailler le dépôt pétrolier de Tunisie avec du mazout venu d’Haïfa. Il reçoit l’ordre de rester dans cette baie à l’abri des raids aériens (le dépôt est puissamment défendu par la DCA avec douze canons de 90mm modèle 1939 et une multitude de pièces légères de 25 et 37mm sans oublier un camouflage soigné, seuls étant visibles depuis les airs les quatres postes de déchargement avec leurs navires).

Le Niger

Le Niger

Le Niger

-Le Niger est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis de Bordeaux le 31 décembre 1927 lancé le 14 mars 1930 et admis au service actif le 4 octobre 1930.

Affecté en métropole, le Niger effectue des rotations en direction des Antilles mais également de la mer Noire pour des transports pétroliers, servant également de ravitailleur lors des manoeuvres de la 1ère Escadre. Il est en grand carénage à Brest du 3 janvier au 6 avril 1936. Il est affecté en métropole jusqu’à l’été 1938 quand il est envoyé en Indochine pour relever le Loing redéployé aux Antilles.

Affecté au sein des FNEO, il est basé à Saïgon, assurant le ravitaillement en rade et à couple des navires affectés aux Forces Navales Françaises en Extrême Orient mais surtout des transports pétroliers, chargeant du pétrole venant des puits des Indes Néerlandaises et raffinés sur place pour permettre à l’Indochine d’avoir six à neuf mois de réserve en cas de rupture des lignes d’approvisionnement.

Du 25 avril au 5 juin 1940, il est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine pour un grand carénage qui permet au navire d’être totalement remis en état. Il sort pour essais les 20 et 21 juin puis pour remise en condition du 23 juin au 6 juillet 1940.

La mise en place d’une base avancée à Haïphong oblige le Niger à effectuer plusieurs rotations entre Saïgon et Haïphong pour remplir les réservoirs de mazout et de gazole implantés dans la partie militaire du port tonkinois.

Du 6 juin au 2 août 1943, il est à nouveau échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon pour un nouveau grand carénage pour une remise en état complète. Il reçoit à cette occasion un système de ravitaillement à la mer, permettant le ravitaillement à couple en route.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 20 août, effectuant ses essais à la mer les 21 et 22 août puis sa remise en condition du 24 août au 4 septembre 1943, reprenant son rôle opérationnel de ravitailleur et de transport pétrolier.

Le 5 septembre 1944, le Niger quitte définitivement Saïgon pour rallier Cam-Ranh le lendemain, la nouvelle base des forces françaises en Extrême Orient, une base bien mieux outillée que ne l’est la capitale de la Cochinchine.

Du 5 juin au 8 août 1946, il est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 21 août, sortant pour essais les 22 et 23 août puis pour remise en condition du 25 août au 4 septembre 1946.

Le 11 novembre 1946, le pétrolier ravitailleur d’escadre Le Rhône arrive à Cam-Ranh. L’arrivée de ce navire de classe La Seine entraine une nouvelle répartition des rôles, répartition assez théorique : le nouveau venu va se charger du ravitaillement à la mer des navires des FNEO alors que le Niger lui va être davantage un transport pétrolier.

Il va ainsi effectuer au printemps et à l’été 1948 cinq rotations entre Cam-Ranh et Balikpapan : la première du 21 mai au 12 juin, la seconde du 14 juin au 5 juillet, la troisième du 7 juillet au 1er août, la quatrième  du 3 au 25 août et la cinquième du 27 août au 14 septembre 1948.

14-Navires légers (17) avisos-dragueurs coloniaux classe Chamois (2)

La Surprise

-La Surprise est mise sur cale à l’Arsenal de Lorient le 19 avril 1938 lancé le 17 juin 1939 et mis en service le 3 mars 1940.

L’aviso-dragueur colonial quitte Lorient le 4 mars, se ravitaille à Casablanca le 8 mars puis rallie Bizerte le 14 mars 1940 où il intègre la 5ème DEL également composée de ses sister-ships Chamois et Gazelle.

Du 16 juillet au 30 août 1943, il est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage.

Totalement remis en état, il reçoit à flot du 31 août au 10 septembre une DCA moderne avec six canons de 37mm Schneider en trois affûts doubles en remplacement des mitrailleuses de 13.2mm. Il sort pour essais du 11 au 13 septembre puis pour remise en condition du 15 au 26 septembre 1943.

Avec ses compères de la 5ème DEL, il va assurer des missions de patrouille au large de la Tunisie, des escortes de navires sensibles mais également un intense entrainement au dragage en profitant du fait que la navire-amiral de la 6ème Escadre Légère était un croiseur léger mouilleur de mines en l’occurence l’Emile Bertin.

Du 22 octobre au 1er décembre 1946, l’aviso-dragueur colonial La Surprise est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour une remise en état complète. Armé pour essais le 12 décembre, il sort pour essais les 13 et 14 décembre puis pour remise en condition du 16 au 30 décembre 1946.

Le 5 septembre 1948, La Surprise comme les trois autres navires de la 5ème DEL escortaient un convoi de transport de troupes entre Bizerte et Beyrouth.

Le Matelot Leblanc

-Le Matelot Leblanc est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port de Bouc le 10 novembre 1939 lancé le 12 janvier 1941 et mis en service le 10 mars 1942.

Devant être affecté en Indochine au sein de la 6ème DEL, il est temporairement rattaché au groupement de surveillance de la 2ème Escadre.

Le 20 avril 1942, l’Amiral Sénès est mis en service à son tour. Les deux aviso-dragueurs quittent Toulon le 24 avril, se ravitaillent à Bizerte le 27 avril puis font escale à Alexandrie du 2 au 7 mai, franchissant le canal de Suez les 8 et 9 mai 1942.

Pénétrant en mer Rouge, les deux avisos font escale à Djibouti du 13 au 16 mai puis pénètrent dans l’Océan Indien, faisant escale à Colombo (Ceylan) du 24 au 27 mai, à Singapour du 5 au 10 juin avant de rallier Saïgon le 19 juin 1942.

Le Matelot Leblanc passe au bassin à Saïgon du 20 au 28 juin 1942 pour inspection et réparations après une telle traversée.

Basé à Cam-Ranh à partir de septembre 1944, Le Matelot Blanc sert de patrouilleur de souveraineté, d’escorteur et de dragueur de mines.

Du 5 avril au 25 mai 1945, les aviso-dragueurs Matelot Leblanc et Amiral Sénès sont échoués dans la forme n°3 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour leur premier grand carénage.

Outre une remise en état complète, ils reçoivent une DCA moderne avec six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles. Armés pour essais le 10 juin 1945, ils réalisent leurs essais officiels du 11 au 13 juin puis leur remise en condition du 15 au 27 juin 1945.

Du 15 juin au 5 août 1948, les Matelot Leblanc et Amiral Sénès sont échoués dans la forme n°3 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour un nouveau grand carénage. Armé pour essais le 18 juin, il sort pour essais les 19 et 20 juin puis pour remise en condition du 22 juin au 4 juillet 1948.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour un exercice de combat antisurface en compagnie des autres unités de la 6ème DEL.

Le Rageot de la Touche

-Le Rageot de la Touche est mis sur cale le 18 novembre 1939 aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) sis à Port de Bouc lancé le 12 janvier 1941 et mis en service le 21 mars 1942.

Il quitte Toulon le 22 mars et rallie Bizerte le 26 mars 1942 à l’aube, intégrant la 5ème DEL dont les autres membres sont ses sister-ships Chamois Gazelle et Surprise.

Du 1er avril au 20 mai 1945, il est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit une DCA plus moderne avec six canons de 37mm en trois affûts doubles.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 1er juin, réaliant ses essais officiels du 2 au 4 juin puis sa remise en condition du 6 au 21 juin 1945.

Avec ses compères de la 5ème DEL, il va assurer des missions de patrouille au large de la Tunisie, des escortes de navires sensibles mais également un intense entrainement au dragage en profitant du fait que la navire-amiral de la 6ème Escadre Légère était un croiseur léger mouilleur de mines en l’occurence l’Emile Bertin.

Du 13 avril au 17 mai 1948, il est à nouveau échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un deuxième grand carénage. Remis totalement en état, il est armé pour essais le 27 mai, effectuant ses essais officiels du 28 au 30 mai puis sa remise en condition du 2 au 15 juin 1948.

Le 5 septembre 1948, Le Rageot de La Touche comme les trois autres navires de la 5ème DEL escortaient un convoi de transport de troupes entre Bizerte et Beyrouth.

L’Amiral Sénès

-L’Amiral Sénès est mis sur cale le 10 décembre 1939 aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port de Bouc lancé le 5 février 1941 et mis en service le 20 avril 1942.

L’Amiral Sénès et le Matelot Leblanc quittent Toulon le 24 avril, se ravitaillent à Bizerte le 27 avril puis font escale à Alexandrie du 2 au 7 mai, franchissant le canal de Suez les 8 et 9 mai 1942.

Pénétrant en mer Rouge, les deux avisos font escale à Djibouti du 13 au 16 mai puis pénètrent dans l’Océan Indien, faisant escale à Colombo (Ceylan) du 24 au 27 mai, à Singapour du 5 au 10 juin avant de rallier Saïgon le 19 juin 1942.

Il passe au bassin de l’Arsenal d’Indochine du 11 au 18 juillet 1942 pour inspection des oeuvres vivres et réparations après une aussi longue traversée. Il sort pour essais les 19 et 20 juillet puis pour remise en condition du 22 au 31 juillet 1942.

Relocalisé à Cam-Ranh à partir de septembre 1944, l’Amiral Sénès sert au sein des FNFEO de patrouilleur de souveraineté, d’escorteur et de dragueur de mines.

Du 5 avril au 25 mai 1945, il est échoué dans la forme n°3 de l’Arsenal de Cam-Ranh en compagnie du Matelot LeBlanc pour subir son premier grand carénage, une remise en état complète doublée d’une modernisation de la DCA avec comme tous ses sister-ships six canons de 37mm en trois affûts doubles. Armés pour essais le 10 juin 1945, ils réalisent leurs essais officiels du 11 au 13 juin puis leur remise en condition du 15 au 27 juin 1945.

Du 15 juin au 5 août 1948, les Amiral Sénès et Matelot Leblanc sont échoués dans la forme n°3 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour un nouveau grand carénage. Armé pour essais le 18 juin, il sort pour essais les 19 et 20 juin puis pour remise en condition du 22 juin au 4 juillet 1948.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer pour un exercice de combat antisurface en compagnie des autres unités de la 6ème DEL.