Allemagne (33) Aéronavale (5)

Les avions du Kriegsmarine Fliegerkorps (2) : bombardiers en piqué et torpilleurs embarqués

Avant-Propos

Quand la Kriegsmarine décide de s’équiper de porte-avions, elle doit prévoir quels avions vont poser leurs roues sur leur pont d’envol. Dans ce domaine, elle n’innove pas et suis la «mode» de l’époque avec des bombardiers en piqué et des avions torpilleurs.

Si pour la seconde catégorie, les deux appareils dévellopés furent des appareils conçus spécifiquement pour ce rôle (Fieseler Fi167 et Fi169), pour le bombardier en piqué, les allemands dévellopèrent une version embarquée du Ju-87.

Ironiquement on peut voir que l’Allemagne eut un cheminement différent de la France. Si l’armée de l’air reçut un bombardier en piqué (le LN-430) dérivé d’un appareil embarqué (LN-420), le Kriegsmarine Fliegerkorps (KFK) fit le cheminement inverse.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, les trois appareils sont encore en service mais les Fi167 et les Ju-87C jugés insatisfaisants ou dépassés étaient en voie de retrait. Le déclenchement du conflit repoussa de quelques mois cette mise à la retraite.

Junkers Ju-87C Marinestuka

Junkers Ju87C version embarquée du Stuka

Junkers Ju87C version embarquée du Stuka

-Les premiers bombardiers attaquaient horizontalement, seul mode connu à l’époque. Si cela ne posait aucun problème pour les cibles de grande taille, c’était autre chose pour les cibles detaille réduite comme les pièces d’artillerie ou les navires de guerre. D’où la mise au point du bombardement en piqué.

-La Luftwafe lança un appel d’offre pour un bombardier en piqué, compétition qui voit le triomphe du Junker Ju-87 sur l’Arado Ar81, le Heinkel He118 et le Blohm & Voss Ha137. Il entre en service courant 1936.

-En 1938 est lancé le projet d’une version embarquée du Ju-87 baptisée Ju-87C. Deux Ju-87B-1 sont modifiés et dix appareils de pré-série sont construits.

-Les futurs «MarineStuka» sont extérieurement identiques aux Ju-87 terrestres mais bénéficient de modifications nécessaires à leur embarquement.

On trouve un train renforcé, une crosse d’arrêt, des ailes repliables vers l’arrière, des boulons explosifs pour larguer le train en cas d’amerissage, amerissage possible par des équipements de flottaison (pour l’avion) et de survie (pour l’équipage).

Les appareils de pré-série participent à la guerre de Pologne, un appareil étant endommagé par la DCA polonaise à Hela. Le pilote largue le train d’atterissage mais n’aura pas à amérrir, parvenant à se poser à terre sur le ventre.

Suite à cette expérience concluante et en dépit de l’obstruction du chef de la Luftwafe _guère convaincu de l’utilité du porte-avions_ , 170 Junkers Ju-87C-1 «Cäsar» sont commandés en mars 1940, appareils livrés entre juillet 1940 et février 1942 pour équiper quatre staffel embarqués.

Par rapport aux C-0, les C-1 disposent de réservoirs supplémentaires dans les ailes et la possibilité d’embarquer une torpille sous le fuselage.

Les MarineStuka vont équiper les unités suivantes :

4.St/TRG 186 embarqué sur le KMS Graf Zeppelin avec seize Junkers Ju-87C-1

7. St/TRG 186 embarqué sur le KMS Lutzen avec six Junkers Ju-87C-1

11. St/TRG 189 embarqué sur le KMS Bautzen avec six Junkers Ju-87C-1

14. St/TRG 188 embarqué sur le KMS Peter Strasser avec seize Junkers Ju-87C-1

Cela nous donne un total de 44 appareils en ligne, laissant 126 appareils stockés, utilisés pour entrainement, tests et bien entendu le remplacement des appareils perdus.

Résultat en septembre 1948, le stock est tombé à seulement 80 appareils soit une perte de 46 appareils par accident en mer, sur terre ou sur le pont des porte-avions.

Jugé comme périmé en septembre 1948, il doit être remplacé par un nouveau appareil, un nouveau bombardier en piqué dérivé du Ju-87R et provisoirement baptisé Ju-87C-2 mais le programme est loin d’avoir aboutit quand est déclenchée l’opération Weserübung.

Quand aux Ju-87A et B utilisés pour l’entrainement et la formation des pilotes et des observateurs, ils ont depuis longtemps été feraillés.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-87C-1

Type : bombardier en piqué biplace embarqué

Poids : à vide 2900kg équipé 4000kg maximal au décollage 4840 à 5340kg

Dimensions : envergure 13.20m (13.80m pour un Stuka terrestre) longueur 11m hauteur 3.77m

Motorisation : un moteur en ligne 12 cylindres en V Junkers Jumo 211A-1 dévellopant 1000ch au décollage

Performances : vitesse maximale 296km/h au nivau de la mer, 308 km/h à 1000m 321 km/h à 2000m,344 km/h à 5000m vitesse maximale en piqué 520 km/h, Plafond pratique 8000m, Distance franchissable 535km avec charge offensive 800km en configuration lisse Endurance 1h55min

Armement : deux mitrailleuses MG-17 fixes dans la voilure, une mitrailleuse MG-15 dans le poste arrière Une bombe de 250 ou de 500kg sous le fuselage, quatre bombes de 50kg sous les ailes soit un charge maximale de 700kg. Possibilité d’embarquer une torpille aéroportée sous le fuselage.

Fieseler Fi167

Fieseler Fi167 en vol

Fieseler Fi167 en vol

-Avant le déclenchement du second conflit mondial, les porte-avions sont vus comme les auxiliaires des navires de ligne, devant éclairer les cuirassés et ralentir la ligne de bataille ennemie.

-D’où le besoin d’avions de reconnaissance à bord des porte-avions. La place étant limité, la majorité pour ne pas dire la totalité des marines disposant de porte-avions choisissent un appareil multimission chargé des missions de reconnaissance mais également capable de mener des missions d’attaque à la bombe et à la torpille.

-Cet appareil c’est le Fieseler Fi167 qui à triomphé d’un appareil proposé par la firme Arado, le Ar195.

Il va équiper deux staffel, les 2.St/TRG 186 avec douze appareils embarqués sur le Graf Zeppelin et 16.St/TRG 188 avec douze appareils embarqués sur le Peter Strasser soit un total de vingt-quatre appareils, trente autres étant stockés comme volant de fonctionnement.

Bien que considéré comme un bon appareil, son remplacement commence dès avant le déclenchement du second conflit mondial par le Fieseler Fi169, un monoplan plus proche du Latécoère Laté 299 que du Fairey Swordfish.

Si le Fi169 opère depuis les porte-avions Lautzen et Bautzen, le Fi167 va connaître son baptême du feu depuis le Graf Zeppelin.

Caractéristiques Techniques du Fieseler Fi167

Type : bombardier-torpilleur biplace embarqué

Poids : à vide : 2800kg en charge 4850kg

Dimensions : Envergure : 15.5m Longueur : 11.4m Hauteur :4.7m

Motorisation : Un moteur en ligne Daimler Benz DB601B V12 inversé de 1100ch

Performances : Vitesse maximale : 325 km/h Vitesse de croisière : 250 km/h Distance Franchissable : 1500 km/h Plafond opérationel : 8200m

Armement : deux mitrailleuses MG17 de 7.92mm orientée vers l’avant et une mitrailleuse MG15 de 7.92mm en poste arrière, une torpille de 765kg ou 1000kg de bombes Equipage : deux hommes

Fieseler Fi169

-La torpille est une arme extrêmement fragile, à la mise en oeuvre délicate ce qui explique que le biplan à la vitesse de décrochage plus faible que les monoplans fût considéré comme étant les seuls capables de la mettre en oeuvre

Problème, les biplans étaient sur le plan des performances en place d’être surclassés par les chasseurs monoplans qui avaient triomphé de leurs ainés biplans.

A terme c’était envoyer à un massacre inutile des avions-torpilleurs déjà suffisamment vulnérables au moment du lancement (un long vol rectiligne à basse altitude sans possibilité d’esquive) et le torpilleur monoplan devint une évidence.

Le Kriegsmarine Fliegerkorps bien que satisfaite du Fi167 travailla sur un nouveau bombardier-torpilleur pour le remplacer.

C’est l’acte de naissance du Fieseler Fi169. A la différence de son prédecesseur issu d’un concours, le Fi169 est issu d’une commande passée directement entre le KFK et la firme de Cassel en septembre 1944. Deux prototypes sont construits, le premier vol le 8 mai 1945 et le second le 17 septembre suivant.

Au biplan biplace, la firme hessoise prégère un triplace monoplan monomoteur propulsé par un moteur en ligne Junkers Jumo 214 avec un armement défensif composé de quatre mitrailleuses de 7.92mm dans les ailes et d’une cinquième arme dans le poste arrière.

L’équipage est installé dans un cockpit unique avec un pilote, un observateur et un mitrailleur, le train fixe est remplacé sur les modèles de série par un train retractable donnant à l’appareil un faux-air de Latécoère Laté 299.

La charge militaire peut être emportée dans une soute (torpille, charges de profondeur, fusées éclairantes….) ou sous les ailes (bombes, réservoirs supplémentaires).

Le 14 mai 1946, le premier prototype s’écrase tuant son équipage ce qui oblige à une révision complète du programme qui passe à deux doigts de l’abandon.

Finalement la production est lancée à l’automne 1946 pour équiper les deux staffel de torpillage des porte-avions Lutzen (8. St/TRG 187) et Bautzen (12. St/TRG 189) soit un total de seize appareils auxquels s’ajoute un nombre équivalent d’appareils de réserve.

Une commande ultérieure de quarante-huit appareils destinés aux 2.St/TRG 186 et 16.St/TRG 188 embarqués respectivement sur les Graf Zeppelin et Peter Strasser mais si les appareils sont livrés, la déclenchement de la guerre est jugé trop proche pour entamer le remplacer des Fi167 par les nouveaux appareils qui ne rejoindront les porte-avions d’escadre allemands qu’après la campagne de Norvège.

Caractéristiques Techniques du Fieseler Fi169

Type : bombardier-torpilleur triplace monomoteur embarqué

Poids : à vide 3300kg totale 4950kg

Dimensions : Envergure 16.30m Longueur 13.20m Hauteur : 3.20m

Motorisation : un moteur en ligne Junkers Jumo 214 de 1200ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 425 km/h autonomie 950km montée à 4000m en 10mn43s

Armement : quatre mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes (2800 cartouches au total) et une mitrailleuse MG-15 dans le poste arrière avec 800 cartouches. Soute semi-encastrée dans le fuselage pour une torpille ou 800kg de bombes. Rateliers à bombes sous les ailes.

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