Etats-Unis (13) US Navy (9)

ARTILLERIE ET SYSTEMES D’ARMES

Artillerie lourde (203 à 406mm)

16 Inch (406mm) Mark 1 5 et 8

Canons de 406mm Mark 2 & 3 3

Canon  de 406mm Mark 2 

Ce canon de 406mm est la pièce la plus lourde et la plus ancienne de l’arsenal américain. Mis au point pour les Colorado, il équipe donc trois cuirassés, les Colorado Maryland et West Virginia à raison de huit canons en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon est toujours en service en septembre 1948. Des évolutions ont fait évoluer ce canon en Mark 5 puis en Mark 8.

Lire la suite

Etats-Unis (8) US Navy (4)

L’US Navy et la Pax Armada

Comme toutes les marines de guerre, la période de la Pax Armada voit l’US Navy prendre en volume avec une augmentation du nombre de navires et surtout le remplacement des navires les plus anciens par des unités plus modernes.

La constitution du corps de bataille

Lire la suite

Etats-Unis (6) US Navy (2)

La première guerre mondiale et la course aux armements avec le Japon

L’US Navy poursuit sa croissance avec la construction de cuirassés et de croiseurs, l’amélioration des infrastructures même si le successeur de Théodore Roosevelt, William Taft est moins attiré par la marine que le chef des Rough Rider chargeant sur la colline de San Juan.

Quand la première guerre mondiale éclate en Europe (août 1914), le corps de bataille de l’US Navy affiche le visage suivant :

Le cuirassé USS Kentucky (BB-6)

-Vingt-trois cuirassés type pré-dreadnought (BB-1 Indiana BB-2 Massachusetts BB-3 Oregon BB-4 Iowa BB-5 Kearsarge BB-6 Kentucky BB-7 Illinois BB-8 Alabama BB-9 Wisconsin BB-10 Maine BB-11 Missouri BB-12 Ohio BB-13 Virginia BB-14 Nebraska BB-15 Georgia BB-16 New Jersey BB-17 Rhode Island BB-18 Connecticut BB-19 Lousiana BB-20 Vermont BB-21 Kansas BB-22 Minnesota BB-25 New Hampshire)

USS Michigan (BB-27)

-Dix cuirassés type dreadnought et superdreadnought (BB-26 South Carolina BB-27 Michigan BB-28 Delaware BB-29 North Dakota BB-30 Florida BB-31 Utah BB-32 Wyoming BB-33 Arkansas BB-34 New-York BB-35 Texas), les deux derniers étant les premiers superdreadnought américains.

Le USS New York (BB-34)

-Quatre cuirassés type superdreadnought en construction en août 1914 en l’occurence les BB-36 Nevada BB-37 Oklahoma BB-38 Pennsylvania BB-39 Arizona, les deux premiers marquant l’introduction de la tourelle triple et la protection tout ou rien (all or nothing) privilégiant les zones sensibles plutôt qu’une protection homogène.

Comme les autres marines, l’US Navy dévellope la construction de destroyers qui prennent peu à peu du poids et intègrent également des sous-marins dont l’efficacité éclate aux yeux de tous dès le début du conflit avec les succès des U-Boot qui dès le mois d’août 1914 coulent trois croiseurs cuirassés de la Royal Navy.

Les cuirassés de classe New Mexico rassemblés

La construction des cuirassés se poursuit avec la commande des New Mexico (BB-40 New Mexico BB-41 Mississippi et BB-42 Idaho, ce dernier étant financé par la vente des deux derniers pré-dreadnought américains à la Grèce, les Mississippi et Idaho) ainsi que des Tennessee, version améliorée des précédents, les deux navires commandés étant baptisés BB-43 Tennessee et BB-44 California.

Le budget de 1916 finance la construction de quatre cuirassés issus des Tennessee mais qui abandonne le 356mm pour le nouveau calibre standard des cuirassés américains, le 16 pouces ou en bonnes mesures le 406mm. Ces navires sont les BB-45 Colorado BB-46 Maryland BB-47 Washington et BB-48 West Virginia.

Alors qu’ils sont encore neutres, les Etats-Unis s’inquiètent des ambitions japonaises. Le Japon est entré en guerre dès 1914, s’emparant notamment des colonies allemandes en Asie. Le pays participe ensuite à la guerre en Europe, envoyant des torpilleurs escorter la navigation alliée en Méditerranée et construisant notamment douze torpilleurs type Kaba pour la marine française.

La Nihon Kaïgun possède de grosses ambitions notamment en matière de cuirassés. Se sachant condamnée à une guerre courte en raison de l’absence de ressources sur le sol métropolitain, le Japon encore imprégné de l’idéal du bushido envisage une bataille décisive, une Entscheidungsschlacht censée décider du conflit alors que l’expérience des conflits précédents avaient montré que les armées modernes ont une formidable résilience.

Ne pouvant jouer sur la quantité faute d’une industrie plus ou au moins aussi puissante que l’industrie américaine, les japonais jouent sur la qualité, essayant de construire des navires qui unitairement surpassent tous les navires américains.

Après une formidable croissance sous Roosevelt, le corps de bataille de l’US Navy avait stagné, le rythme de deux cuirassés par an peinant à suivre le rythme imposé par la Grande-Bretagne et l’Allemagne qui construisaient trois à quatre navires par an. Pire pour l’orgueil américain, la France et son programme de 1912 menaçait de déclasser l’US Navy puisqu’il prévoyait la construction de 2,4 navires par an.

Il fallait réagir mais il fallut attendre la révélation du programme japonais pour que l’US Navy se retrousse les manches et lance une nouvelle course aux armements navals qui comme un symbole délaissait l’Europe pour le Nouveau Monde et l’Orient mystérieux.

Le 21 juillet 1915, le président Wilson demande à Josephus Daniels, le Secrétaire à la Marine un programme naval. Celui qui à interdit l’alcool à bord des navires de l’US Navy _interdiction toujours en vigueur en 2017_ rend une première copie à la fin du mois d’août demandant huit cuirassés, cinq croiseurs, soixante-cinq destroyers et sous-marins.

Ce programme est doublé en octobre avec seize navires de ligne (dix cuirassés et six croiseurs de bataille) accompagnés par 140 autres navires (croiseurs, destroyers, sous-marins et auxiliaires).

Le programme est voté le 16 août 1916 et valide par le président le 29 août, donnant donc seize navires de ligne, dix croiseurs, cinquante destroyers, soixante-sept sous-marins et treize auxiliaires. Une force aéronavale est créée en août 1916 sous le nom de Naval Flying Corps.

Schéma de la classe South Dakota abandonnée au moment du traité de Washington

Les cuirassés concernés par ce programme sont les quatre Colorado, six South Dakota _version améliorée des précédents avec douze canons de 406mm au lieu de huit_ et six croiseurs de bataille classe Lexington, les premiers battle cruiser de l’US Navy.

A ce programme répond un programme japonais décidé en juillet 1917, programme dit «8+8» puisqu’il décide la construction de huit croiseurs de bataille et de huit cuirassés.

Nous verrons plus tard le sort de ces puissants et magnifiques navires qui auraient donné une place de premier plan aux marines américaines et japonaises, réduisant les autres marines à l’impuissance.

Le premier conflit mondial de la marine américaine ne se résume pas à la constitution d’un corps de bataille de premier plan.

Ce sont aussi d’ingrates missions d’escorte pour protéger l’envoi en Europe des sammies, escorte qui doivent faire face aux sous-marins ainsi qu’aux corsaires de surface rendus célèbre par l’épopée aux antipodes du croiseur SMS Emden.

La gestion des transports et leur protection est assurée par la Cruiser & Transport Force. Placée sous le commandement du contre-amiral Gleaves qui pose sa marque sur le croiseur cuirassé USS Seattle (ACR-11), cette puissante escadre rassemble vingt-quatre croiseurs américains et les six croiseurs cuirassés français de la Division de l’Atlantique du contre-amiral Grout (Montcalm Dupetit-Thouars Desaix Gloire Conde La Marseillaise), quarante-cinq transports américains dont 15 ex-allemands, six italiens, quatre britanniques, trois français et un brésilien. Aucun soldat ne sera perdu durant la traversée en direction de l’Europe.

Outre la protection directe des convois, l’US Navy envoie sous-marins et destroyers pour traquer les sous-marins allemands qui opèrent au large des côtes européennes et pas vraiment en plein océan en raison d’une endurance limitée.

Les trois bases majeures sont Queenstown (auj. Cobh dans le comté de Cork), Brest et Gibraltar, les autres ports accueillant yacht et autres canonnières anti-sous-marines.

La mobilisation des Etats-Unis mais également industrielle, un programme de guerre permet à l’US Navy de disposer de 316 destroyers en 1922. Connus sous le nom de «flush-decker» (pont-ras), ces navires ne participent qu’à la fin des opérations en Europe. Beaucoup sont mis en réserve dès leur achèvement formant la Moothballing Fleet (Flotte Naphtaline) et certains vont être cédés aux garde-côtes pour lutter contre le trafic d’alcool après la mise en place de la prohibition.

Comme nous l’avons vu les américains déploient une division de cuirassés, la 9th Battleship Division au sein de la Home Fleet mais faute de sortie de la Hochseeflot, les cuirassés américains n’auront pas l’occasion de participer à une bataille navale.

Ils assurent la couverture de convois en mer du Nord et couvrent la mise en place du barrage de la mer du Nord destiné à empêcher le passage des sous-marins allemands dans l’Atlantique en contournant les îles britanniques, le passage par La Manche étant déjà bloqué par des champs de mines au niveau du détroit du pas de Calais.

Quand le premier conflit mondial se termine, l’US Navy déplore la mort de 431 hommes tandis que 819 ont été blessés. Les Marines engagés sur le front français ont connu des pertes nettement plus importantes avec 2461 tués et 9510 blessés, pertes liées aux combats terrestres.

Comme les autres puissances occidentales, les Etats-Unis participent au soutien des Armées Blanches dans la guerre civile russe, des soldats et des Marines étant présents en Mandchourie et dans la région de Vladivostok de juin 1918 à janvier 1920, d’autres soldats américains étant présents à Arkhangelsk de septembre 1918 à juin 1919, 5000 hommes tentant de soutenir la rébellion aristocratique contre le nouveau régime issu de la Révolution d’Octobre avec le succès que l’on sait puisque Lénine et ses séides finissent par triompher en juin 1923.

Le Traité de Washington et les autres traités de limitation navale

Comme nous l’avons vu, les lendemains du premier conflit mondial ne sont pas des lendemains qui chantent. La reconversion des industries de guerre et le retour sur le marché du travail des anciens combattants entraînent une crise économique qui se doublent dans certains pas d’affrontements idéologiques, des mouvements communistes rêvant d’imiter la Russie bolchévique.

Dans ce contexte économique, les dépenses somptuaires engagées dans les programmes navals américains, japonais et dans une moindre mesure britanniques et français.

Les opinions publiques réclament une baisse des dépenses militaires, exigence liée à la fois au contexte économique difficile mais également au profond pacifisme, conséquence de cette boucherie insensée qui envoya ad patres 9.5 millions d’hommes sans compter les blessés.

Une conférence se réunie en novembre 1921 à Washington. Des négociations serrées ont lieu entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Japon, la France et l’Italie. Londres sacrifie son alliance avec le Japon _moins nécessaire par l’élimination de la menace allemande sans oublier sa volonté de limiter la puissance d’une France victorieuse (comme dira Paul Cambon «Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort»)_ pour une solidarité anglo-saxonne.

Résultat, l’US Navy et la Royal Navy obtiennent une primauté sur le Japon, l’Italie se retrouvant sur un pied d’égalité avec la France.

Si Paris et Rome ne se plaignent guère ayant parfaitement compris leur déclassement à l’issu du premier conflit mondial, Tokyo s’estime floué même si le terrible tremblement de terre de Tokyo de septembre 1923 l’oblige à réduire la voilure en termes de dépenses militaires.

Ce traité de Washington signé le 6 février 1922 impose un contingent de construction navales par pays ainsi que des limites unitaires, les porte-avions ne pouvant faire plus de 27000 tonnes (même si chaque pays peut disposer de deux porte-avions de 33000 tonnes) avec un armement limité à des canons de 203mm alors que les cuirassés déplacent entre 10 et 35000 tonnes avec une artillerie d’un calibre maximal de 406mm. Sauf exception, la construction de cuirassés est proscrite jusqu’en 1931, c’est la battleship holiday.

Cela oblige l’US Navy à désarmer certains cuirassés de manière anticipée (comme ses premiers dreadnoughts de classe Michigan qui n’auraient probablement pas connu une longue carrière après guerre), de stopper l’achèvement du USS Washington et d’abandonner sur cale la construction des six South Dakota et de quatre des six Lexington, les Lexington et Saratoga étant achevés comme porte-avions. Le traité de Washington est ratifié aux Etats-Unis le 14 août 1923

Le traité de Washington de février 1922 ne sera pas le seul traité de limitations des armements navals, la période séparant la fin du premier conflit mondial de la guerre de Pologne étant marquée par une volonté de réduire les dépenses militaires, de réduire la puissance des armées, réduction considéré comme nécessaire pour maintenir la paix et éviter un nouveau conflit mondial. Dans ce contexte de profond pacifisme, l’heure n’est de toute façon guère aux investissements militaires.

Une réunion américano-britannico-japonaise échoue à Genève en juillet 1927, les frères siamois anglo-saxons n’arrivant pas à s’entendre sur les croiseurs, la Royal Navy demandant beaucoup de navires pour patrouiller sur d’interminables routes commerciales alors que l’US Navy à besoin de navires plus puissants pour la future bataille décisive contre la marine japonaise, bataille censée décider du conflit.

Une nouvelle conférence se réunit le 21 janvier 1930 à Londres avec les cinq participants de la conférence de Washington (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon,France et Italie) qui aboutit à un traité signé le 22 avril 1930. Les britanniques échouent à obtenir l’abolition du sous-marin.

Le remplacement des navires de ligne est repoussé à 1936 (quand expirera le traité de Washington si un pays décide de le dénoncer deux ans avant soit 1934), l’US Navy devant déclasse les Florida Utah Arkansas et Wyoming.

L’artillerie des porte-avions est limitée à 155mm pour mettre fin aux projets des croiseurs et cuirassés porte-avions (on à longtemps cru que les Nelson britanniques étaient des cuirassés porte-avions), les sous-marins ne peuvent déplacer pas plus de 2000 tonnes avec un canon de 130mm mais chaque pays peut conserver des navires plus gros (maximum 2800 tonnes) en l’occurence trois, l’US Navy conservant les Narwhal Nautilus et Argonaut, la marine américaine devant désarmer 16000 tonnes de submersibles.

La catégorie croiseur est précisée, étant croiseur un navire de 1850 à 10000 tonnes avec une artillerie de 130 à 203mm, l’US Navy pouvant disposer de 323500 tonnes (180000 tonnes armés de canons de plus de 155mm, 143500 tonnes de canons d’un calibre inférieur) de croiseurs et 150000 tonnes de destroyers.

L’impossibilité de construire des cuirassés avait entrainé une course au croiseur lourd, un navire de 10000 tonnes, peu ou pas protégé avec une artillerie composée de six à dix canons de 8 pouces ou en vraies mesures 203mm.

Le traité de Washington expirait le 31 décembre 1936 à condition que deux ans auparavant au moins un pays signataire ne le dénonce ce qui est chose faite fin 1934 par le Japon et par la France.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres à partir du 9 décembre 1935, aboutissant à la signature du second traité de Londres le 25 mars 1936, traité que ne signe pas le Japon, l’Italie ne le signant que le 16 novembre 1938.

Ce traité limite les caractéristiques des cuirassés à 35000 tonnes avec des canons de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et des canons de 155mm et les sous-marins à 2000 tonnes avec des canons de 130mm.

Ce traité qui doit rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 1942 est muni d’une clause de sauvegarde signée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui permet la construction de cuirassés de 45000 tonnes avec une artillerie de 16 pouces (406mm). Cette clause est activée dès le 30 juin 1938. Dénoncé le 15 décembre 1940 par la Grande-Bretagne et la France, le Second Traité de Londres expire comme prévu le 31 décembre 1942.

Aucun traité de limitation des armements navals ne sera signé, les différents pays préférant reprendre leur liberté face au conflit qui s’annonce. Les seules limites seront donc techniques et financières.

Grande Bretagne (28) Porte-Avions (3)

Porte-avions HMS Ark Royal

HMS Ark Royal en 1939

HMS Ark Royal en 1939

Enfin un porte-avions moderne et efficace pour la Royal Navy ?

En 1918, la fusion du Royal Naval Air Service (RNAS) et du Royal Flying Corps (RFC) pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF) fût un rude coup pour l’aéronavale britannique. Avec des budgets faméliques et une domination des terriens, les pilotes de la marine britannique devaient se contenter d’avions dépassés.
La création de la Fleet Air Arm of Royal Air Force en 1924 n’apporta guère d’évolution. Non seulement les budgets étaient toujours aussi faméliques mais les projets de porte-avions n’aboutissaient pas.
En 1923, on prévoyait la construction d’un porte-avions neuf avec 300 avions mais ce plan n’est pas mené à bien tout comme la construction prévue à partir de 1930 de quatre porte-avions de 17000 tonnes.

En 1931, l’ingénieur W.A.D Forbes lance une série d’études pour la construction d’un porte-avions dérivé des Glorious avec un double hangar et un pont d’envol inférieur sur l’avant. Cette configuration doit permettre l’emport de 60 appareils et d’augmenter les capacités de carburant et de munitions.

En 1934, est dessiné le futur Ark Royal. L’idée d’un pont inférieur est abandonné au profit d’un pont d’envol unique. La conception s’inspire de celle des Lexington américain avec une coque et un pont blindé, conception qui allait influencer tous les porte-avions britanniques à venir notamment la classe Illustrious et la classe Implacable.

Le choix d’un pont blindé s’explique par l’engagement du porte-avions dans des mers refermés (Mer du Nord, Méditerranée) où l’esquive était difficile imposant de devoir encaisser au lieu d’éviter.

C’est l’architecture britannique à l’opposée de l’architecture américaine qui protégeait davantage le flotteur que le hangar sans pont blindé, situation qui évoluera avec les porte-avions de classe United States qui succèdent aux Essex.

Le nouveau porte-avions baptisé Ark Royal (arche royale) reçoit deux catapultes, trois ascenseurs et un armement orienté vers la défense antiaérienne avec huit tourelles doubles de 114mm plus des canons antiaériens légers.

Carrière opérationnelle

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

-Le HMS Ark Royal (91) est mis sur cale aux chantiers Carmmell Laird de Birkenhead le 16 septembre 1935 lancé le 13 avril 1937 et admis au service actif le 16 décembre 1938.

Quand la guerre de Pologne éclate le 3 septembre 1939, l’Ark Royal basé à Scapa Flow fût chargé de missions de chasse aux sous marins dans le but de protéger le trafic maritime des îles britanniques. La destruction du paquebot Athena par l’U-30 le 3 septembre, montra la réalité de la menace.

Trois «Hunter-Killer Group» furent ainsi mis sur pied autour des porte-avions Ark Royal, Hermes et Courageous. Les avions augmentaient le rayon d’action des opérations de recherche mais faisaient des porte-avions des cibles de choix pour les torpilles allemandes.
Le 14 septembre 1939, l’Ark Royal manque d’être torpillé par le U-39 alors que son groupe de chasse traquait le U-30. Suite à la destruction du Courageous trois jours plus tard, les porte-avions sont retirés de la chasse aux submersibles.

Après avoir participé à l’opération de sauvetage du sous-marin Spearfish (25 septembre) et d’avoir le lendemain abattu un hydravion Dornier Do-18, il se lance dans la chasse aux raiders allemands, quittant Scapa Flow pour Freetown. Il va opérer jusqu’à la fin du conflit en compagnie du croiseur de bataille Renown et de quatre destroyers au sein de la force K.

Après la destruction du Graf Spee, l’Ark Royal regagna la Grande Bretagne, escortant le croiseur lourd Exeter endommagé à l’arsenal de Devonport où il arriva en février 1940.

Le HMS Ark Royal subit un grand carénage à l’Arsenal de Devonport de septembre 1940 à octobre 1941. Il subit une remise en état complète, l’embarquement de radars et le renforcement de la DCA légère.

De nouveau opérationnel en janvier 1942, il va rester déployé au sein de la Home Fleet jusqu’en juillet 1945 quand décision est prise de le redéployè en Méditerranée avec Malte pour port d’attache (en dépit de la vulnérabilité de l’île à des bombardements italiens).

Il quitte Rosyth le 8 juillet, fait escale à Douvres du 11 au 14 juillet, à Devonport du 15 au 17 juillet, à Lisbonne du 20 au 23, à Gibraltar du 25 au 28, franchit les colonnes d’Hercules le lendemain pour rallier Malte le 2 août 1945.

Il relève le Glorious qui est désarmé le 14 septembre 1945 à Malte. Durant ces cinq semaines, le groupe aérien du Glorious s’entraine à bord de l’Ark Royal pour prendre ses marques et intégrer de nouvelles unités.

L’Ark Royal était toujours déployé en Méditerranée en septembre 1948. A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il appareille de La Valette en compagnie de son escorte, retrouvant au nord-est des croiseurs de la flotte de la Méditerranée.

Il reçoit pour mission d’assurer la défense aérienne de l’île en liaison avec la RAF et de se tenir prêt à d’éventuelles attaques comme la flotte italienne ainsi que sa marine marchande.

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 22000 tonnes pleine charge 27720 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 240m (ligne de flottaison) 220m largeur : 28.9m tirant d’eau 8.5m

Propulsion : 3 turbines à engrenages Parson alimentées par 6 chaudières Admiralty à trois tubes le tout dévellopant 102000ch et actionnant 3 hélices

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 7600 miles nautiques à 20 noeuds 4600 à 4673 tonnes de carburant

Protection : ceinture 114mm pont blindé 64mm salle des machines et stocks de munitions 89mm

Armement : 16 canons de 114mm (4.5 inch) en huit tourelles doubles installés en quatre groupes de deux : deux à tribord et deux à babord, 32 canons de 2 livres en quatre affûts octuples et 32 mitrailleuses de 12.7mm en huit affûts quadruples.

La DCA est ultérieurement renforcée avec le remplacement des mitrailleuses de 12.7mm par douze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Installations aéronautiques : Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux Une catapulte axiale et Six brins d’arrêt

Groupe aérien

En théorie un maximum de 72 appareils mais dans la pratique 50 à 60 appareils. Le groupe aérien embarqué en septembre 1948 était composé de chasseurs Supermarine Seafire, de bombardiers en piqué Douglas Dauntless, d’avions-torpilleurs Fairey Barracuda et d’un petit nombre de Blackburn Buccaneer, un bimoteur inspiré du CAO-600 français qui parfois cédaient la place à des Fairey Fulmar.

Equipage : 1600 officiers et marins
Porte-avions d’escadre classe Illustrious

Des porte-avions blindés
Jusqu’à la classe Malta qui marqua un relatif changement, les britanniques furent fidèles à un type particulier de porte-avions, le porte-avions blindé doté d’une architecture à l’anglaise.
Cette architecture voyait le hangar intégré pleinement à la structure du porte-avions et non comme une pièce rapportée. A ce fait était associé une solide protection.
Cette protection s’explique par les théâtres d’opérations où les porte-avions britanniques sont le plus susceptibles d’opérer à savoir la Méditerranée et la Mer du Nord, des mers resserées aux possibilités d’esquives peu nombreuses. Il faut donc encaisser à défaut d’esquiver.
Cette protection se révélera efficace mais se paiera au prix d’une construction longue et couteuse sans oublier un groupe aérien de taille réduite.
On peut aussi voir cette protection comme un investissement préventif montrant le déclassement de la Grande Bretagne. Là où les américains disposent de porte-avions en très grand nombre, les britanniques savent qu’ils ne pourront compter rapidement sur ces navires puisqu’il faut quatre à cinq ans pour construire un tel porte-avions.
Après l’Ark Royal, quatre porte-avions de ce type sont construits, des navires formant la classe Illustrious (Illustrious Formidable Victorious Indomitable), des navires qui seront suivis de la classe Implacable (Implacable Indefatigable) qui marqueront le début de la fin pour les porte-avions blindés avec une protection graduellement allégée pour faciliter constructions et réparations sans oublier d’augmenter le groupe aérien.
Paradoxalement au moment où les britanniques vont abandonner le pont blindé, les japonais avec leurs Taiho et les américains avec leurs United States vont s’y rallier même si la protection ne sera pas aussi épaisse que sur les Illustrious.
Carrière opérationnelle

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

-Le HMS Illustrious (87) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 27 avril 1937 lancé le 5 avril 1939 et admis au service actif le 14 septembre 1940.
Affecté à la Home Fleet, il est basé à Rosyth avec de fréquents déploiements à Scapa Flow, un mouillage forain utilisé pour être mieux à même d’affronter la Kriegsmarine qui à par un clin d’oeil de l’histoire à resuscité la Hochseeflot.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le porte-avions était immobilisé depuis mars pour carénage. Les travaux sont accélérés pour permettre au porte-avions d’être disponible le plus rapidement possible.

Lancement du HMS Formidable

Lancement du HMS Formidable

-Le HMS Formidable (67) est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast (Ulster) le 17 juin 1937 lancé le 17 juin 1939 et admis au service actif le 21 juin 1941.
Comme son sister-ship Illustrious, il est affecté à la Home Fleet avec Rosyth et Scapa Flow pour bases.
Quand éclate le second conflit mondial, le Formidable est à la mer pour entrainer de jeunes pilotes et maintenir à niveau les pilotes confirmés. A l’annonce de l’attaque allemande, l’entrainement est annulé et le porte-avions reçoit l’ordre de prendre position en mer du nord avec son escorte.
Dès le 6 après ravitaillement à la mer, il lance les premières opérations de reconnaissance pour retrouver la flotte allemande.

Le HMS Victorious

Le HMS Victorious

-Le HMS Victorious (38) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Wallsend (North Tyneside) le 4 mai 1937 lancé le 14 septembre 1939 et mis en service le 4 octobre 1941.
Affecté à la Home Fleet, le “victorieux” était immobilisé pour entretien à flot le 5 septembre 1948, entretien accéléré pour lui permettre de prendre la mer et de venir renforcer le Formidable.

Le HMS Indomitable

Le HMS Indomitable

-Le HMS Indomitable (92) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 10 novembre 1937 lancé le 26 mars 1940 et mis en service le 12 janvier 1942.
A la différence de ces trois sister-ship, il est affecté en Méditerranée avec Alexandrie comme port d’attache. C’est le deuxième porte-avions affecté à demeure dans la Mare Nostrum avec le Glorious qui sera remplacé par l’Ark Royal avant qu’en mai 1947, le HMS Furious de classe Malta ne rejoignent l’Ark Royal et l’Indomitable.
Le 5 septembre 1948, le porte-avions était à quai à Alexandrie en compagnie du Furious (qui lui achevait un petit carénage). Il appareille pour se positionner au large de l’Egypte prêt à frapper la Libye au cas où l’Italie s’engagerait immédiatement dans le conflit.

HMS Illustrious schéma
Caractéristiques Techniques 

Déplacement : standard 23000 tonnes pleine charge 25000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 225.6m longueur à la flottaison 216.4m largeur 29.2m tirant d’eau 8.8m
Propulsion : trois groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par six chaudières Amirauté dévellopant 111000ch et entrainant trois hélices
Performances : vitesse maximale 30.5 noeuds distance franchissable 10700 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindée 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 114mm Parois latérales du hangar 114mm Soutes à munitions 76 à 114mm. L’Indomitable à sa ceinture et les parois du hangar limitées à 68mm
Armement : seize canons de 114mm en huit tourelles doubles, installées par groupes de deux (babord avant et arrière, tribord avant et arrière) et six Pom-Pom de 40mm.
Installations aéronautiques/Groupe aérien
-Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m de large relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux 

-Une catapulte axiale

-Six brins d’arrêts

-Groupe aérien de 36 appareils en 1940 avec quinze Fairey Fulmar, dix-huit Fairey Swordfish et trois Blackburn Skua.

En septembre 1945, le nombre d’avions est porté à 44 avec seize Supermarine Seafire, seize Fairey Albacore ou Swordfish de torpillage et douze Douglas Dauntless de bombardement en piqué.

Trois ans plus tard, quand le conflit éclate, le groupe aérien se compose de Supermarine Seafire, de Fairey Barracuda de torpillage et de Douglas Dauntless en attendant soit des Curtiss Helldiver, des Blackburn Firebrand voir des LN.420 français.

Equipage : 1229 officiers et marins
Porte-avions blindés classe Implacable

A trop blindé mal emporté…..

L’Ark Royal avait intégré le concept du porte-avions très protégé à la marine britannique. Ce porte-avions unique peut être considéré comme le prototype des porte-avions de classe Illustrious, encore mieux protégés que leur ainé.
Ces porte-avions blindés démontrèrent durant le conflit leur résistance aux bombes et aux torpilles mais dès le temps de paix, les britanniques comprirent que leur obsessions de la protection avait eu pour conséquence de réduire drastiquement la taille du groupe aérien.
Sur le papier, trente-six appareils, ce nombre paraissait suffisant pour mener des opérations de reconnaissance, d’observation, de bombardement, de torpillage et de chasse. Dans la pratique de nombreux exercices contre la RAF et contre la marine française démontrèrent le contraire.
D’où la volonté de modifier rapidement les Implacable en construction. Les changements sur ces deux navires déjà sur cale ne pouvaient être que limités mais cette volonté d’augmenter le groupe aérien allait être pleinement appliqué sur les futurs Malta.
Sur les Implacable, la coque plus renflée permet l’emport d’un quatrième groupe propulsif augmentant sa vitesse, un plus dans les opérations aériennes. La protection est allégée permettant de porter le groupe aérien à sa mise en service à 48.
Carrière opérationnelle

Le HMS Implacable à la mer

Le HMS Implacable à la mer

-Le HMS Implacable (R86) est mis sur cale aux chantiers navalsFairfieldShipbuilding & Engineering Co sis à Govan le 21 mars 1939 lancé le 10 décembre 1942 et mis en service le 8 juin 1944.
Il est d’abord affecté à la Home Fleet avec pour base Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. Cette affectation est provisoire car à terme, il doit être déployé avec son sister-ship Indefatigable en Extrême-Orient au sein de la British Eastern Fleet qui succède à la China Station en septembre 1947.
En janvier 1945, les deux porte-avions quittent l’Angleterre avec leurs destroyers d’escorte et deux pétroliers, direction Singapour.
Appareillant de Portsmouth le 12 janvier, ils font escale à Lisbonne du 17 au 19 janvier, franchissent le détroit de Gibraltar le 21, font escale à Malte du 24 au 26 janvier, à Alexandrie du 30 janvier au 2 février avant de franchir le canal de Suez les 3 et 4 février et de rallier Aden le 8 février 1945.
Ils traversent l’Océan Indien direction Triconmalee (Ceylan) où ils font escale du 13 au 17 février, histoire de réparer quelques avaries survenues sur l’Implacable. Ils reprennent ensuite la mer direction Singapour, arrivant à destination le 27 février après six semaines de mer.
Les deux porte-avions vont renforcer la future British Eastern Fleet en intégrant le 3rd Battle Squadron composé de trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, cette force étant jugée suffisante pour dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Implacable était immobilisé pour un grand carénage à l’Arsenal de Singapour et ne pouvait donc pas reprendre immédiatement la mer. Son groupe aérien à terre est cependant mis en alerte, prêt à défendre la colonie contre une attaque japonaise.

Le HMS Indefatigable

Le HMS Indefatigable

-Le HMS Indefatigable (R10) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company sis à Clydebank le 3 novembre 1939 lancé le 8 décembre 1942 et mis en service le 14 septembre 1944.
Affecté à la Home Fleet en compagnie de l’Implacable, les deux porte-avions ne tardent pas à quitter la Métropole pour rallier l’Extrême-Orient et Singapour où ils arrivent en février 1945.
Ces deux navires sont chargés avec trois cuirassés de classe Queen Elizabeth de dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques de la région à savoir la Malaisie, Singapour et l’Inde.
Cette force respectable au moins sur le papier peut aussi s’appuyer sur les trois croiseurs de bataille et le porte-avions léger de la Koninklijke Marine (marine néerlandaise), sur l’Asiatic Fleet américaine (qui dispose d’un porte-avions et de deux croiseurs lourds) et sur les FNEO ou Forces Navales en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Indefatigable était en service et opérationnel. A l’annonce des bombardements allemands, il reçoit l’ordre d’appareiller de Singapour pour prendre position au nord-est de l’ile aux Lions, se tenant prêt à toute éventualité, des patrouilles de chasse composée de Supermarine Seafire étant catapultées tout comme deux Blackburn Buccaneer chargés de trouver une possible flotte japonaise.
Après une semaine intense, les japonais n’ayant pas bougé, le porte-avions reçoit l’ordre de rentrer à Singapour.
Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 26000 tonnes pleine charge 32630 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 233.6m longueur à la flottaison 222.5m largeur 29.2m tirant d’eau 8.9m

Motorisation : quatre groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 148000ch entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.5 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 51mm parois latérales du hangar 51mm soutes à munitions 76 à 114mm

Electronique : un radar d’altimétrie type 277, un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille aérienne type 281, six radars de conduite de tir type 282 (artillerie légère) et quatre radars de conduite de tir type 285 (artillerie de 114mm)

Armement : huit tourelles doubles de 114mm en quatre groupes de deux (bâbord avant tribord avant tribord arrière bâbord arrière), un affût quadruple Pom-Pom et cinq affûts octuples et vingt-quatre canons de 20mm en douze affûts doubles.
Installation d’Aviation/Groupe aérien :
-Pont d’envol de 231.6m de long sur 27.4m de large équipé d’une catapulte hydraulique, de neufs brins d’arrêt et de trois barrières pour retenir un avion ayant manqué les brins.
-Deux ascenseurs axiaux, un ascenseur avant de 13.7m de long sur 10.1m et un ascenseur arrière de 13.7m sur 6.7m, le premier ne déservant que le hangar supérieur, le second les deux hangars.
-Hangar supérieur mesure 139.6m de long et le hangar inférieur de 63.4m de long, leur largeur est identique avec 18.9m et une hauteur de 4.3m.
-430000 litres de carburant
-Groupe aérien d’avant guerre composé de 48 appareils, des chasseurs Supermarine Seafire MkV (vingt-quatre), des avions torpilleurs Fairey Barracuda (huit), de quatre Blackburn Buccaneer et des bombardiers en piqué Douglas Dauntless (douze).

Equipage : 1800 officiers et marins

Grande-Bretagne (24) Cuirassés et Croiseurs de bataille (2)

Cuirassés classe Revenge

Le HMS Revenge probablement au début de sa carrière

Le HMS Revenge probablement au début de sa carrière

Des Queen Elizabeth austere
Après avoir construit plusieurs classes des dreadnought, les britanniques étaient passés au superdreadnought en remplaçant les canons de 12 pouces (305mm) pas des canons de 13.5 pouces (343mm).
Après douze cuirassés armés de canons de ce calibre, les britanniques passèrent à nouveau à la vitesse supérieure, passant du cuirassé lent armé de canons de 343mm à des cuirassés rapides armés de canons de 381mm, ce sont les Queen Elizabeth.
Quatre sont prévus puis six mais au final cinq seulement sont construits, le cinquième baptisé Malaya ayant été financé par souscription et le sixième baptisé Agincourt fût abandonné au déclenchement du premier conflit mondial, probablement parce qu’il ne pourrait pas être prêt avant la fin d’un conflit qu’on espérait court.
Les Queen Elizabeth étaient de magnifiques navires mais ils étaient coûteux et avaient l’inconvénient de fonctionner au mazout. Or à l’époque, le pétrole provient exclusivement de l’étranger à la différence du charbon fort abondant dans les Iles britanniques.
Pour les cuirassés devant succéder aux “QE”, les britanniques choisirent de revenir au cuirassé lent avec des chaudières capables d’utiliser du mazout et du charbon.
Huit cuirassés furent initialement prévus (Tout le monde connait la célèbre boutade attribuée à Winston Churchill “l’amirauté voulait six cuirassés, le ministre des finances quatre. Finalement tout le monde s’est accordé sur le chiffre de huit) mais au final seulement cinq furent construits.
Un navire fût annulé au déclenchement de la guerre (il aurait été baptisé Resistance) et deux autres baptisés Renown et Repulse furent achevés comme croiseurs de bataille pour faire face aux Mackensen dont la construction était iminente dans les chantiers allemands.
Carrière opérationnelle

Schéma du HMS Revenge muni de plate-formes pour des tests aviation (immédiatement après WWI)

Schéma du HMS Revenge muni de plate-formes pour des tests aviation (immédiatement après WWI)

-Le HMS Revenge (06) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Barrow-in-Furness le 22 décembre 1913 lancé le 29 mai 1915 et admis au service actif le 1er février 1916.
Il subit deux refontes (1928-1929 et 1936) et est toujours en service en septembre 1939, le vénérable cuirassé étant stationné non pas à Scapa Flow au sein du 2nd Battle Squadron mais à Portland sur la côte sud de l’Angleterre.
Avec son sister-ship Resolution, il assure au sein de la Channel Force la défense des South Western Approaches et la traque des raiders allemands.

Le HMS Revenge est désarmé le 14 septembre 1942. Une inspection révélant son bon état, il est classé en réserve A à savoir qu’il pourrait être réarmé si besoin est, un noyau d’équipage se chargeant de l’entretenir.
Ce réarmement n’aura jamais lieu et dès le 1er octobre 1948, le navire est définitivement désarmé et déclassé, la démolition n’aura cependant lieu qu’après guerre en 1955, achevant ce que des bombardiers allemands avaient commencé puisqu’il est endommagé par deux bombes lors d’un bombardement allemand de Portsmouth le 17 mars 1949 alors qu’il servait de ponton antiaérien.

Le HMS Royal Sovereign à Devonport en 1936

Le HMS Royal Sovereign à Devonport en 1936

-Le HMS Royal Sovereign (05) fût mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 15 janvier 1914 lancé le 29 avril 1915 et admis au service actif le 18 avril 1916.
Après avoir participé au premier conflit mondial, le deuxième cuirassé de classe Revenge reste en service jusqu’à la guerre de Pologne.
Quand cette dernière éclate, il appartient au 2nd Battle Squadron, l’une des deux composantes de ligne de la Home Fleet, force composée du Nelson du Rodney et de trois cuirassés de type R à savoir le Royal Sovereign le Ramillies et le Royal Oak coulé le 14 octobre 1939 par le U-47 lors de l’une des plus audacieuses opérations de l’histoire militaire.
Le HMS Royal Sovereign est désarmé en juin 1943 et comme le Revenge, il est maintenu en réserve avec un noyau d’équipage. En meilleur état que son sister-ship, il est toujours considéré comme réarmable quand la seconde guerre mondiale éclate même si son réarmement devient bien improbable.

Le HMS Ramillies à Malte en 1939

Le HMS Ramillies à Malte en 1939

-Le HMS Ramillies (07) est mis sur cale aux chantiers navals de la société William Beardmore & Company sis à Dalmuir (estuaire de la Clyde près de Glasgow) le 12 novembre 1913, lancé le 12 juin 1916 et admis au service actif le 1er septembre 1917.
Il subit une refonte de juin 1932 à août 1934 puis des travaux en 1935 et 1937. Quand éclate la guerre de Pologne, il était affecté au 2nd Battle Squadron en compagnie de ses sister-ship Royal Sovereign et Royal Oak.
Il est désarmé le 8 décembre 1943. En mauvais état matériel et avec des canons usés, il est jugé hors d’état d’être réarmé si besoin est. Privé de tout l’équipement récupérable, devenu un ponton, l’ancien cuirassé est remorqué jusqu’à Alexandrie où il va servir de ponton pour la nouvelle base, abritant bureaux et ateliers, recevant des pièces de DCA quand le conflit éclate.

Le HMS Royal Oak

Le HMS Royal Oak

-Le HMS Royal Oak (08) est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 15 janvier 1914, lancé le 17 novembre 1914 et admis au service actif le 1er mai 1916.
Il participe à la bataille du Jutland puis après guerre subit une refonte de septembre 1922 à juin 1924 puis une deuxième en 1934/36.
En septembre 1939, il est déployé à Scapa Flow au sein du 2nd Battle Squadron en compagnie des puissants Nelson et Rodney mais également de ses sister-ship Royal Sovereign et Ramillies.

Gunther Prien

Gunther Prien, commandant du U-47

Sa guerre de Pologne s’achève brutalement dans la nuit du 13 au 14 octobre 1939 quand il est torpillé à Scapa Flow par le U-47. Coulant rapidement, il emporte plus de 800 marins dans ses flancs.

Le HMS Resolution

Le HMS Resolution

-Le HMS Resolution (09) est mis sur cale aux chantiers Palmers de Newcastle-upon-Tyne le 29 novembre 1913 lancé le 14 janvier 1915 et admis au service actif en décembre 1916.
Alternant entre Méditerranée et eaux métropolitaines, le cuirassé subit deux refontes, la première en 1924 et la seconde en 1930/31.
Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, il est basé à Portland dans le sud-est de l’Angleterre au sein de la Channel Force en compagnie du Revenge.
Désarmé en mars 1943, il est transformé en ponton et remplacé à Scapa Flow, l’ancien Iron Duke qui avait été endommagé par un bombardement allemande et coulé par petit fond. Il accueille des bureaux et des ateliers. Quand le second conflit mondial éclate, l’ancien cuirassé type R reçoit des pièces de DCA pour participer à la défense du mouillage.

Classe Revenge 2
Caractéristiques Techniques
Déplacement : standard 25500 tonnes à l’origine 28000 tonnes après l’abandon de la chauffe mixte pétrole/charbon 31000 tonnes à pleine charge.
Dimensions : longueur (hors tout) 190.3m (entre perpendiculaires) 176.8m largeur : (origine) 27m (avec bulges) 31m tirant d’eau : 8.7m
Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 18 chaudières Babcock & Wilcox ou Yarrow développant une puissance totale de 40000ch entrainant 4 hélices.
Performances : Vitesse maximale 23 noeuds distance franchissable 4200 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindé 25 à 331mm, bulkheads 102 à 152mm barbettes 102 à 254mm tourelles 331mm (face avant) casemates 152mm tour de commandement 279mm pont blindé 25 à 51mm
Armement : (origine) 8 canons de 381mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), 14 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1914 (BL Mark XII) en casemates, 2 canons de 76mm (3 pouces) antiaériens, 4 canons de 47mm de salut et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 21 pouces (533mm).
Après guerre, les canons de 76mm furent remplacés par 4 canons de 102mm Mk V en affûts simples puis par huit canons de même calibre en affûts doubles complétés par deux Pom-Pom puis huit canons de 20mm en affûts simples.

Les affûts lance-torpilles sont débarqués en 1940 sauf le Royal Oak qui au moment de son naufrage disposait de quatre tubes de surface en remplacement des tubes sous-marins.

Aviation : Deux plate-formes pour chasseur légers installées sur les tourelles B et X remplacées après guerre par une catapulte installée d’abord à la poupe puis remplacée par un modèle plus performant installé sur la tourelle X sauf pour le Revenge et le Royal Sovereign qui conservèrent la catapulte arrière. Deux hydravions

Equipage : 1146 officiers et marins

Croiseurs de bataille classe Repulse

Le croiseur de bataille, une fausse bonne idée ou une bonne idée mal utilisée ?
Nommé à la tête de l’Amirauté en 1904 pour réduire le budget de la Royal Navy, l’amiral Fisher réussit le tour de force d’obtenir l’inverse. Il bouscule une institution ronronnante, modernise les structures et impose de nouveaux choix techniques comme la turbine, le cuirassé à artillerie monocalibre et le croiseur de bataille.
Frappé par la bataille de Tsushima qui avait les forces de l’amiral Tojo écraser la malheureuse flotte de la Baltique éreintée par un tour du monde depuis Kronstadt, il imagina un cuirassé rapide, bien armé mais à la protection plus faible que les cuirassés conventionnels, résumant sa pensée par l’aphorisme “Speed is armour”.
Dans son esprit, le battlecruiser devait frapper et s’enfuir, devait attaquer les éclaireurs ennemis mais certainement pas opérer dans la ligne où son manque de protection le rendait vulnérable, vulnérabilité accrue par des règles de sécurité loin d’être draconiennes (portes étanches ouvertes, gargousses en toile, surcharge en explosifs et en gargousses).
Résultat, la bataille du Jutland vit la destruction de trois croiseurs de bataille et l’opprobre jetée sur un type de navire qui n’avait pourtant pas que des défauts.
Cela n’empêcha pas les britanniques de construire de nouveaux battlecruiser. Informés de la construction des Mackensen (croiseurs de bataille armés de canons de 350mm), les britanniques qui allaient entamer la construction de quatre navires de type Hood (un seul comme on le sait sera finalement mis en service) précipitèrent la construction de deux cuirassés Revenge qui devinrent des croiseurs de bataille avec seulement six canons de 381mm.
Le Jutland porta un coup de grace définitif au concept du croiseur de bataille. Il y eut bien les Alaska américains et les Dunkerque français mais ce concept eut une place météorique de l’histoire militaire et l’histoire navale.
L’apparition des 35000 tonnes rendait ce concept de toute façon caduque, les nouveaux cuirassés construits dans la foulé des Littorio combinant l’armement, la protection et la vitesse dans un compromis relativement acceptable.
Carrière opérationnelle

Le HMS Renown à la mer

Le HMS Renown à la mer

-Le HMS Renown fût mis sur cale aux chantiers Fairfield de Govan le 25 janvier 1915 lancé le 4 mars 1916 et admis au service actif le 20 septembre 1916.
Régulièrement en travaux, il fût surnommé HMS Refit. Il subit une grande refonte de septembre 1936 à juin 1939, n’étant pas encore opérationnel en septembre 1939. Il rejoint en décembre le Battlecruiser Squadron de la Home Fleet en compagnie de son sister-ship Repulse et du Hood, le seul navire de classe Admiral à avoir connu le service actif.
Il sert dans la Home Fleet jusqu’en janvier 1946 quand il est désarmé et mis en réserve à Rosyth avec un noyau d’équipage en attendant un éventuel réarmement au cours du conflit.

Le HMS Repulse

Le HMS Repulse

-Le HMS Repulse est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank (Ecosse) le 25 janvier 1915 lancé le 8 janvier 1916 et admis au service actif le 18 août 1916.

Si le HMS Renown est surnomé HMS Refit, son sister-ship est surnommé HMS Repair pour une mise au point longue et de multiples retour au chantier. Il subit une refonte analogue mais moins poussée que son sister-ship de 1933 à 1936.
En septembre 1939, il appartient au Battlecruiser Squadron en compagnie du Hood, retrouvant au mois de décembre son sister-ship.
Il est désarmé le 24 mars 1946 et mis en réserve avec un noyau d’équipage chargé de l’entretien en attendant un réarmement de plus en plus hypothétique.

Classe Renown 2

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 27650 tonnes pleine charge 30835 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 242m (entre perpendiculaires) 228.6m largeur : 27.4m tirant d’eau : 7.8m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Brown-Curtiss alimentées par 42 chaudières Babcox & Wilcox devellopant une puissance totale de 112000ch et entrainant 4 hélices

Performances : vitesse maximale : 31.5 noeuds distance franchissable : 3650 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture blindée 38 à 152mm, bulkheads 76 à 102mm barbettes 102 à 178mm tourelles 279mm tour de commandement 254mm ponts blindés 13 à 76mm

Armement : six canons de 381mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), dix-sept canons de 102mm (cinq affûts triples et deux affûts simples), deux canons de 76mm antiaériens Mk I en affûts simples et Huit tubes lance-torpilles de 533mm sous marins.

Après refonte, le Renown disposait en plus de ses canons de 381mm de vingt-canons de 114mm en dix tourelles doubles, 3 affûts octuples Pom-Pom de 40mm et quatre affûts quadruples de 12.7mm, ces derniers étant remplacés ultérieurement par des canons de20mm Oerlikon. Les tubes lance-torpilles ont été débarqués.

Le Repulse lui disposait de six canons de 381mm, de vingt canons de 102mm en quatre affûts triples et quatre affûts doubles, trois affûts octuples Pom Pom de 40mm et huit canons de 20mm Oerlikon ajoutés en 1941 quand les tubes lance-torpilles furent supprimés.

Aviation : Plate-forme en bois sur la tourelle B remplacée au cours de la refonte des années trente par une catapulte dans l’axe du navire avec un hangar pour deux à quatre hydravions type Blackburn Shark puis Fairey Swordfish

Equipage : 1181 officiers et marins

Croiseur de bataille HMS Hood (classe Admiral)

Le HMS Hood sur la côte d'Azur en avril 1938

Le HMS Hood sur la côte d’Azur en avril 1938

L’orgueuil de la Royal Navy
L’apparition du croiseur de bataille avait entrainé une riposte allemande en dépit de la répugnance de l’amiral Tirpitz qui ne croyait pas dans l’adage “Speed is armour” au point que la protection des croiseurs de bataille de la Kaiserliche Marine leur offrait un degré de survivabilité nettement plus important.
Cette riposte lança une nouvelle course, la course au croiseur de bataille. L’apparition des Lion à canons de 343mm obligea les allemands à envisager des croiseurs de bataille armés de canons de 350mm, les futurs Mackensen.
Face à cette menace, les britanniques après avoir envisagé de construire de nouveaux cuirassés (peut être proches des Queen Elizabeth et des Revenge ?) préféra lancer l’étude pour un nouveau type de croiseur de bataille, le type Admiral.
Quatre navires furent prévus baptisés Hood Anson Howe et Rodney mais seul le premier fût achevé, en tentant de tirer les leçons de la bataille du Jutland.
Si la construction du Hood fût menée à bien, celle de ses sister-ship fût suspendue le 9 mars 1917 pour favoriser la sortie des navires marchands et des escorteurs puis annulée le 27 février 1919 en raison d’un design insatisfaisant.
De toute façon il est peu probable que la construction aurait repris et même si cela avait le cas, le traité de Washington aurait entrainé leur abandon comme les Lexington américains.
Carrière opérationnelle et préservation

Le HMS Hood, une puissante élégance

Le HMS Hood, une puissante élégance

-Le HMS Hood est mis sur cale aux chantiers John Brown de Glasgow sur la Clyde le 1er septembre 1916 lancé le 22 août 1918 et mis en service le 15 mai 1920.
Avec sa ligne élégante et racée, il fait l’orgueuil de la Royal Navy et de l’opinion britannique, recevant le surnom de Mighty Hood (le puissant Hood).
Pas étonnant qu’il fût choisit pour réaliser une croisière impériale en compagnie du Repulse et de cinq croiseurs légers (Danae Dragon Delhi Dunedin Dauntless). Cette croisière réalisée du 27 novembre 1923 au 29 septembre 1924 le mena en Afrique, en Asie du Sud-Est, dans les dominions de l’Océanie, à Hawai, au Canada, en Californie.
Il subit d’importants travaux du 3 juin 1929 au 26 mai 1931, ses seuls travaux d’envergure, les autres carénages étant limités à l’entretien général et une modernisation à minima. Il exista bien des projets mais aucun ne fût mené à bien.
Il est engagé dans la Grande Mutinerie d’Invernogordon les 15 et 16 septembre 1931 quand les marins britanniques protestent contre les mesures d’économies décidées par le gouvernement d’union nationale dirigé par le travailliste Ramsey MacDonald.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Hood est déployé à Scapa Flow au sein du Battlecruiser Squadron en compagnie du HMS Repulse. Il prend à plusieurs reprises la mer pour intercepter les navires de la Kriegsmarine mais sans succès.
Le HMS Hood est désarmé le 14 septembre 1945, les projets de refonte étant jugés trop coûteux pour le service attendu. Il est néanmoins maintenu en réserve jusqu’à son désarmement définitif le 14 mai 1950 en plein conflit. Il aurait du être vendu à la démolition mais suite à une souscription publique (à laquelle participa notamment la famille royale), il est préservé à Chatham et constitue une attraction mondialement connue.

Le HMS Hood en 1931

Le HMS Hood en 1931

Caractéristiques Techniques
Déplacement : A la construction 41125 tonnes Aux essais 42670 tonnes En service à pleine charge 46380 tonnes. En 1940, le déplacement à pleine charge atteidra 48360 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 262.30m (entre perpendiculaires) 259.20m largeur (hors tout) 31.70m (entre perpendiculaires) 28.90m Tirant d’eau (1941 pleine charge) 10.10m
Propulsion : 4 turbines à engrenages Brown-Curtiss alimentées par 24 chaudières Yarrow à petits tubes développant une puissance totale de 144000ch entrainant 4 hélices tripales, chaque hélice pesant 20 tonnes et ayant un diamètre de 4.5m.
Performances : Vitesse maximale : 31 noeuds (le 18 mars 1920, le Hood dévellopa une puissance totale de 151280ch lui permettant d’atteindre une vitesse de 32.1 noeuds) Distance franchissable : 8500 miles nautiques à 14 noeuds, 4500 miles nautiques à 20 noeuds.

Protection : La protection principale est assurée par une ceinture blindée inclinée à 12° mesurant 171.30m de long sur 4.35m de haut pour une épaisseur variant de 130mm à l’avant à 305mm à l’arrière en passant par 150mm à l’arrière.

Le pont blindé principal est d’une épaisseur de 100mm réduite à 50mm pour le pont supérieur. Le blockaus principal est solidement protégé avec 280mm pour les parois, 230mm pour le toit et 60mm pour le plancher.
Les tourelles de 381mm sont munis d’un blindage de 380mm pour la face avant de 300 à 280mm sur les côtés, de 280mm pour l’arrière et de 130mm pour le toit. Les barbettes sont protégées à 300mm.
Armement (origine) huit canons de 381mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrière), douze canons de 140mm en affûts simples sous masques, quatre canons de 102mm en affûts simples et un affût octuple Pom-Pom et six tubes lance-torpilles de 533mm (deux sous-marins et quatre de surface).
(A son désarmement) huit canons de 381mm en quatre tourelles doubles, seize canons de 102mm en affûts doubles, trois affûts octuples Pom-Pom et douze canons de 20mm en affûts doubles qui ont remplacés les trois affûts quadruples de 12.7mm
Aviation : A la construction comme tous les cuirassés de l’époque, le Hood fût équipé de plate-formes en bois sur les tourelles «B» et «X» pour deux chasseurs Fairey Flycactcher mais ce système se révéla totalement inefficace provoquant même des dommages structuraux aux tourelles. Lors de la réfonte de 1929/31, le Hood reçut à la poupe une catapulte Mk IV avec une grue pour deux hydravions Fairey IIIF mais sans hangar. Installation débarquée en 1932.
Equipage : 1419 officiers et marins