Grande Bretagne (75) Ordre de bataille et programme de guerre (4)

West African Station

En septembre 1939, les unités de la Royal Navy chargées de patrouiller dans l’Atlantique Sud pour protéger le trafic commercial et lutter contre les raiders allemands dépendaient du South Atlantic Command avec pour base principale pour ne pas dire exclusive, Freetown dans la colonie de Sierra Leone.

Le stationnement d’une escadre permanente dans cette région remontait au début du 19ème siècle quand la Royal Navy fût chargée de lutter contre le traite négrière illégale depuis 1817 (l’esclavage allait être abolit en 1833).

Cette escadre connaissait un très fort taux de mortalité en raison de la présence de la fièvre jaune ce qui lui valut le surnom de Coffin Squadron l’Escadre cercueil.

La situation était heureusement nettement meilleure en septembre 1939 et le South Atlantic Command joua un rôle majeur dans la traque des navires de guerre allemands lancés dans une guerre de course.

Suite à la réorganisation de la Royal Navy au printemps 1944, décision est prise de supprimer les South et North Atlantic Command au profit d’une West African Station à l’aire de responsabilité gigantesque puisqu’allant de Gibraltar au cap de Bonne Espérance.

Très rapidement cette zone est bien trop étendue et un Gibraltar Command est créé pour permettre à Freetown de se concentrer sur l’Atlantique Sud.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Freetown :

HMS Colossus

HMS Colossus

-Porte-avions léger HMS Colossus

-8th Cruiser Squadron (8th CS) avec les croiseurs lourds type County HMS Shropshire et Berwick ainsi que le croiseur lourd HMS York

-5th Destroyer Flottilla 2nd Division avec les destroyers type K HMS Khartoum Kelvin Kipling Kimberley

-11th Patrol Flottilla : chalutiers armés HMS Bern, Biggal, Blackbird, Bressay, Brora, Bruray Bryher et Burra

-Deux vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers pour la protection rapprochée du port

-Pétroliers RFA Belgol (classe Belgol) et RFA War Bharata (classe War)

-Le navire-atelier HMS Resource et la 3rd Submarine Flottilla accompagné du ravitailleur de sous-marins HMS Andaman rejoignent le site après le déclenchement du conflit.

A ces navires s’ajoutent ceux stationnés à Simonstown même si l’éloignement rend son commandement très autonome par rapport à Freetown.

Ces navires sont deux sloops, le HMS Londonderry de classe Grimsby et le HMS Auckland de classe Egret ainsi que deux vedettes ASM et deux cannonières destinés à la protection rapprochée du port.

Fleet Air Arm-South Atlantic Command

Ce commandement créé en février 1948 à comme fleuron le porte-avions léger HMS Colossus chargé avec son 12th Carrier Air Group (12th CAG) et le 8th Seaplane Group, un groupe d’hydravions qui peut être embarqué sur des croiseurs de passage.

12th Carrier Air Group (12th CAG)

Fairey Albacore à l'appontage

Fairey Albacore à l’appontage

-Squadron 887 : six Fairey Albacore (torpillage et lutte anti-sous-marine)

-Squadron 889 : quatre Douglas Dauntless (bombardement en piqué/reconnaissance)

-Squadron 890 : six Grumman Martlet Mk III

-Squadron 892 : six Grumman Martlet Mk III

8th Seaplane Group

Appelé également le squadron 718, il dispose de huit Supermarine Walrus de reconnaissance et de surveillance maritime

Unités de soutien et de servitude

Squadron 917 équipé d’avions de liaison et de servitude avec deux Lockheed Hudson et quatre SNCAO SO-30P

Squadron 918 équipé d’hydravions de servitude avec quatre Saro London

Gibraltar Command

Ce commandement créé en septembre 1947 pour soulager la West African Station regroupe comme son nom l’indique tous les navires stationnés en permanence sur le rocher. Ces navires ont pour mission essentielle de sécuriser l’accès à la Méditerranée et de protéger les convois notamment ceux allant de Freetown à Liverpool.

Quand le second conflit mondial éclate, les navires suivants sont stationnés à Gibraltar :

-9th Destroyer Flottilla : huit destroyers type L, les HMS Laforey Lightning Lookout Loyal à canon de 120mm, les HMS Lance Larne Lively Legion à canon de 102mm

-13th Destroyer Flottilla : six destroyers légers type Hunt I, les HMS Fernie Garth Hambledon Holderness Cotswold et Cottesmore

-6th Escort Flottilla avec six frégates de classe River, les HMS Tay Test Teviot Trent Tweed Waveney en attendant les Wear et Aire.

-5th Minesweeping Flottilla avec des dragueurs de mines de classe Bangor, les HMS Brixham Clacton Cromarty Dormoch Dunbar Greenock Hartlepool et Harwich

-9th Minesweeping Flottilla équipée de chalutiers-dragueurs de mines classe Isle, les HMS Bute Cailiff Caldy Campobello Copinsay Crowlin Cumbrae et Damsay

-Deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et 4 HDML

-Pétroliers RFA Oligarch (classe Ol) RFA Darkdale (classe Dale) et RFA Brown Ranger (classe Ranger)

West Indies Station

En septembre 1939, on trouvait l’America & West Indies Station chargée de couvrir notamment les Antilles et l’Atlantique Nord.

Neuf ans plus tard, ce commandement est remplacé par la West Indies Station dont l’aire de responsabilité est limité aux Antilles, la couverture des convois depuis Halifax devant être assurée par la Royal Canadian Navy (RCN) avec véritable révolution le passage sous commandement canadien de navires de la Royal Navy.

Basée aux Bermudes, l’escadre des Indes Occidentales regroupe en septembre 1948 les moyens suivants :

la frégate Annan de classe River

la frégate Annan de classe River

-8th Escort Flottilla avec quatre frégates classe River (quatre en construction) avec les HMS Annan Avon Awe et Braid en attendant si les projets sont suivis les HMS Cam Deveron Dovey et Fal

-Sloop HMS Wellington classe Grimsby

-10th Patrol Flottilla : chalutiers armés Ailsa Craig, Annet, Anticosti, Arran, Baffin, Balta, Bardsey, Benbecula,

-Deux vedettes anti-sous-marines, Deux canonnières, deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Abeydale et Broomdale (classe Dale)

-Citerne à eau RFA Freshet

A cela s’ajoute le Fleet Air Arm-West Indies Command qui regroupe les moyens navals stationnés aux Bermudes plus précisément à Boaz Island.

Il ne dispose pas de groupes aériens mais dispose du 7th Seaplane Group/squadron 717 qui dispose des hydravions des croiseurs lourds York Shropshire et Berwick soit six Supermarine Walrus auxquels s’ajoute le squadron 915 équipée d’avions de liaison et de transport (deux Lockheed Hudson et deux Douglas DC-3) ainsi que du squadron 918 équipé d’hydravions de servitude (quatre Supermarine Walrus).

PROGRAMME DE GUERRE

Avant-Propos

Comme tous les pays d’Europe, la Grande Bretagne investit massivement dans le domaine militaire entre 1940 et 1948 ce qui explique le nom donné à cette période, la Pax Armada en référence à la Pax Romana.

Le corps de bataille est renouvelé, la flotte de porte-avions se débarasse de ses navires pionniers souvent inaptes aux opérations de guerre au profit d’unités neuves. La situation est semblable pour les croiseurs, les destroyers et les sous-marins.

Bref en septembre 1948, la Royal Navy à fière allure et prête à en découdre avec une Kriegsmarine nettement plus musclée que neuf ans plus tôt.

Néanmoins au 5 septembre 1948, un certain nombre d’unités sont toujours en construction ou en achèvement à flot.

Dans un premier temps, toutes les constructions sont suspendues et seuls les navires en achèvement à flot pouvant être mis en service dans un délai raisonnable sont priorisés.

La guerre s’annonçant longue, les construction reprennent dans l’immense majorité des cas, des commandes d’urgence sont passées en attendant un vrai programme de guerre.

Navires en construction en septembre 1948

Cuirassés

En septembre 1948, quatre cuirassés de classe Vanguard sont encore en construction, deux en achèvement à flot (HMS Saint Andrews HMS Saint David) et deux encore sur cale (HMS Saint George et HMS Saint Patrick).

La construction ou les travaux sur les quatre unités est suspendue le 5 septembre 1948. Ils reprennent sur le Saint Andrews et le Saint David dès le 20 septembre pour aboutir à la mise en service de ces navires le plus rapidement possible et faire face à la perte de plusieurs cuirassés, le HMS Centurion coulé le 7 octobre 1948 au large de la Norvège (endommagé par une mine puis achevé par l’aviation allemande) et le HMS Howe si gravement endommagé que sa remise en état semble inutile.

Quand au Saint George et au Saint Patrick, décision est prise le 8 novembre 1948 de les achever mais uniquement pour libérer les cales. Leur achèvement n’est pas prévu sauf pertes colossales dans le corps de bataille de la Royal Navy.

Porte-avions

Quand le second conflit mondial éclate, aucun porte-avions n’est en construction pour la Royal Navy.

Croiseurs lourds

La Royal Navy n’à jamais eu une forte appétence pour le croiseur lourd et c’est uniquement pour ne pas être déclassée que l’Amirauté à construit les County, les York puis les Admiral.

Deux croiseurs lourds de classe Admiral, les HMS Marlborough & Blenheim sont en achèvement à flot quand le conflit éclate. Leur achèvement est suspendu le 5 septembre mais il reprend dès le 15 septembre, les travaux étant proches de leur terme.

Croiseurs légers

Quatre croiseurs légers classe Minotaur sont en construction quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung en l’occurence les HMS Bellerophon Eagle Defence et Tiger.

Tous sont en achèvement à flot et leur mise en service doit selon les critères du temps de paix s’échelonner entre le printemps et l’automne 1949. Il est cependant plus que probable que les travaux vont être accélérés.

Destroyers

Le renouvellement de la flotte construite à partir de la fin des années vingt avait déjà été entamée avec la construction des destroyers type O et P qui remplacèrent les type A et B.

Les Type C avaient été eux vendus au Canada avant le début de la guerre de Pologne, la première classe à remplacer était le type D.

Huit destroyers type Q sont commandés au printemps 1947 pour remplacer les type D mais aucun n’est en service en septembre 1948, quatre sont en achèvement à flot et quatre encore sur cale.

Les HMS Queenborough Quadrant Quail et Quality ont été lancés au mois d’août. Ils sont donc loin d’être mis en service même en accélérant les travaux au maximum.

Les quatre autres (Quentin Quiberon Quickmatch Quilliam) sont encore sur cale et assez loin du stade du lancement.

Navires légers

Dans le domaine des navires légers, seules quatre frégates de classe River sont en construction quand le second conflit mondial éclate (HMS Cam Deveron Dovey Fal).

Au 5 septembre 1948, quatre cuirassés, deux croiseurs lourds, quatre croiseurs légers, huit destroyers et quatre frégates sont en construction pour la marine britannique.

Dès le début du conflit des commandes d’urgence vont être passées, commandes ultérieurement intégrées dans un War Emergency Programm voté par les Communes le 14 janvier 1949.

Les commandes immédiates

En temps de paix les résistances à l’investissement sont nombreuses et notamment sur le plan financier, les militaires sont souvent vus comme des gens éternellement insatisfaits, on mégote souvent sur l’investissement nécessaire.

Le déclenchement d’un conflit facilite souvent les choses. A l’annonce des débarquements allemands en Norvège et au Danemark, de nombreuses commandes d’urgence sont passées, commandes qui sont ultérieurement intégrées au War Emergency Programm qui pose déjà les bases d’une marine d’après guerre.

En attendant voici la liste des commandes passées par decret dès le début de la guerre :

-Huit porte-avions légers type Colossus

-Seize destroyers type Q, huit à canons de 120mm et huit à canons de 114mm, ces derniers devenant des type R.

-Seize frégates de classe River

-Douze destroyers légers type Hunt IV mais quatre sont rapidement rétrocédés à la jeune Royal South African Navy

Ces commandes étaient parfois bloquées depuis plusieurs mois mais le déclenchement du conflit à fait sauter les différents obstacles et résistances.

Ces commandes sont toutes intégrées dans le programme de guerre, aucun navire n’ayant été livré avant le vote du programme par le parlement britannique.

War Emergency Program

Comme nous l’avons vu plus haut, le programme de guerre est destiné à augmenter rapidement les moyens de la Royal Navy, de combler les pertes mais également d’anticiper sur une marine d’après guerre aux contours flous.

Ce programme voté le 14 janvier 1949 va être ultérieurement scindé en plusieurs tranches en fonction de leur urgence.

Cuirassés

-Aucun cuirassé n’est commandé dans le cadre du programme de guerre en raison de la construction en cours de quatre cuirassés, de l’absence de nouvelles constructions côté allemand et du délai pour la mise en service d’un tel navire (trois à cinq ans).

-Des études sont néanmoins lancées mais sans réelle conviction.

Porte-avions

-Si aucun cuirassé n’est commandé, de nombreux porte-avions sont commandés par la marine britannique, une véritable Carriermania, une frénésie de ponts plats.

Outre la commande de huit Colossus supplémentaires (Ocean Perseus Pioneer Theseus Triumph Venerable Vengeance Warrior) passée dès septembre et intégrée au PG (les fonds débloqués par le decret de commande ont permis l’achat d’une partie de l’acier, des auxiliaires et de l’armement), pas moins de quatorze nouveaux porte-avions légers, moyens et lourds sont commandés.

Deux porte-avions lourds de classe Malta mod. sont commandés. Les premières études prévoyaient la commande de six Malta mod. pour remplacer les Illustrious et les Indefatigable mais le coût tant financier que humain à rendu les amiraux anglais plus circonspects et seulement deux navires ont finalement été commandés, navires baptisés Glorious et Courageous.

Pour remplacer à moindre frais les Illustrious, l’Amirauté décide de commander des porte-avions moyens de classe Audacious, un compromis entre les Colossus/Majestic et les Malta.

Quatre navires sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires baptisés Audacious Irresistible Africa et New Zealand.

Enfin pas moins de huit Majestic sont commandés. Ces navires sont des dérivés des Colossus, plus grands, plus gros et plus rapides, ces navires exploitant le RETEX (Retour d’Expérience) des Colossus.

Ces huit navires sont baptisés Majestic Terrible Argus Hercules Leviathan Powerful Perseus et Pioneer.

Croiseurs légers

-Quand le conflit éclate, un nouveau modèle de croiseur léger provisoirement désigné comme le type F est en cours de développement dans les bureaux d’études de l’Amirauté. Cette étude lancée en 1946 est loin d’avoir aboutie.

Face à l’urgence, on décide de commander de nouveaux Minotaur, quatre croiseurs légers de 8000 tonnes, 33 noeuds et neuf canons de 152mm en trois tourelles triples.

Ces quatre navires baptisés Conquest Calliope Cambrian et Centaur doivent normalement être suivis par quatre autres navires soit de nouveaux Minotaur ou appartenant au type F si les plans sont prêts à temps.

Si ils appartiennent au type Minotaur, ces navires seront baptisés Canterbury Caledon Calypso et Ceres. Sinon ils recevront de nouveaux noms.

Destroyers

Dans le cadre du programme de guerre, ce sont seize destroyers type Q supplémentaires qui sont commandés pour en théorie remplacer les D mais plus vraisemblablement compenser les pertes du conflit.

La pénurie de canons de 120mm semblant devoir durer, il est décidé que huit des seize type Q supplémentaires seront armés de canons de 114mm, devenant des type R. C’est à cette occasion qu’il est décidé que le canon de 114mm sera désormais la pièce d’artillerie standard des destroyers.

Ces seize destroyers avaient été commandés dès le début du conflit. La Campagne de Norvège ayant vu la perte de six destroyers, la Royal Navy obtient dans le cadre du War Emergency Program la commande de seize destroyers supplémentaires de type S et T (huit chacun) portant le total à trente-deux unités.

Navires légers

Avant même le vote du programme de guerre, des commandes d’urgence sont passées par décret dans la catégorie de la “poussière navale”.

Cette commande s’explique par la crainte de pertes importantes dans les convois translatlantiques mais également durant l’envoi en Norvège du corps expéditionnaire et des navires chargés de le ravitailler.

Seize frégates de classe River et douze Hunt type IV sont commandés dès le 15 septembre, les premiers éléments de coques sont mis sur cale dès le mois d’octobre.

Face aux premières pertes de corvettes, de sloops, de frégates et de destroyers légers, de nouvelles commandes sont passées dans le cadre du War Emergency Programm, vingt-quatre frégates de classe River et seize destroyers type Hunt IV, une partie de ces navires pouvant être mis en oeuvre par les marines des Dominions.

Les dragueurs de mines (minesweeper) peuvent aussi être considérés comme des navires légers et leur cas n’est pas oublié puisque trente-six Algerine, des dragueurs de mines océaniques (Minesweeper oceanic) et vingt-quatre Bangor, des dragueurs de mines côtiers (Minesweeper Coastal).

Quand aux vedettes _lance-torpilles et de sureté_ , elles ne sont pas oubliées avec la commande de trente-deux vedettes lance-torpilles et de quarante-huit vedettes de sécurité (la répartition entre les différents emplois n’à pas été défini).

Sous-marins

Les sous-marins ou plutôt torpilleurs submersibles ne sont pas oubliés même si aucun sous-marin n’est en construction en septembre 1948. Seize type S sont commandés dans le cadre du programme de guerre et seize Amphion ou type A, des sous-marins dits à haute performances si mystérieux que de nombreux fantasmes vont courir sur eux jusqu’à leur mise en service.

Si les seize Amphion seront tous achevés sur ce modèle, les seize type S connaitront un destin différent, seuls huit seront achevés comme des S, les huit derniers formant le type V, un sous-marin médian censé remplacé les type S et les type U.

Navires de soutien

La logistique n’est pas oubliée dans ce programme de guerre avec la commande de navires de charge militarisés et de véritables navires de soutien de type paramilitaire (navire-atelier, mouilleur de mines).

Au profit de la Royal Navy sont commandés quatre navire-ateliers (repair ship) inspirés du HMS Vulcan, deux mouilleurs de mines de type Abdiel (HMS Ariadne et Apollo) qui vont être davantage utilisés comme transports rapides et deux bâtiment-base d’aviation, des navires pouvant soutenir des hydravions au mouillage mais également capable de construire à terre des aérodromes.

Au profit de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) sont commandés quatre pétroliers de 15000 tonnes type Dale, six pétroliers-caboteurs de type Ranger, quatre cargos rapides et huit cargos lents.

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Grande-Bretagne (25) cuirassés et croiseurs de bataille (3)

Cuirassés classe Nelson

Adieu G3 et N3, bonjour Nelson et Rodney

Quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy est la première marine du monde mais ce statut est contesté par l’Allemagne mais surtout par les Etats Unis et le Japon qui pour pouvoir contrôler le Pacifique se lance dans une nouvelle course au cuirassé et au croiseur de bataille, profitant d’une participation limitée au conflit (Japon) où une entrée tardive (Etats Unis).

Enlisé dans le premier conflit mondial, la Grande-Bretagne ne pouvait suivre le rythme infernal imposé par son allié extrême-oriental et par son ancienne colonie. Quand la première guerre mondiale s’achève, la Royal Navy est encore puissante mais elle est devenue un vrai théâtre d’ombres aux cuirassés en voie de déclassement.

Pour ne pas être totalement lâchée, la Grande-Bretagne planifie la construction de quatre cuirassés type N3 (neuf canons de 460mm en trois tourelles triples) et quatre croiseurs de bataille type G3 armés eux de neuf canons de 406mm en trois tourelles triples.

La construction de ces navires est abandonné en raison du traité de Washington qui limite le tonnage global et particulier des navires de ligne. Ce premier traité de limitation des armements navals autorise cependant la Royal Navy à construire deux cuirassés, les futurs Nelson et Rodney.

Voulant respecter les contraintes, la marine britannique choisit de privilégier la protection et l’armement sur la vitesse, une leçon tirée du Jutland.

Quand à l’armement principal, il est concentré à l’avant avec trois tourelles triples de 406mm pour alléger la protection.

Ces deux navires sont baptisés Nelson et Rodney et vont être les seuls cuirassés britanniques construit jusqu’ au milieu des années trente.

Carrière opérationnelle

Le HMS Nelson

Le HMS Nelson

-Le HMS Nelson est mis sur cale aux chantiers navals Armstrong Whitworth de Newcastle le 28 décembre 1922 lancé le 3 septembre 1925 et admis au service actif le 10 septembre 1930.

Dès sa mise en service, il est mêlé à la Grande Mutinerie de la flotte à Invergordon suite à la volonté du gouvernement d’union nationale de Ramsay MacDonald de réduire les traitements des marins et des officiers.

En septembre 1939, il appartient toujours à la Home Fleet appartenant au sein du 2nd Battle Squadron qu’il forme avec son sister-ship Rodney mais également les cuirassés de type R Royal Oak Ramillies et Royal Sovereign.

A partir de septembre 1945, le Nelson et le Rodney sont redéployés en Méditerranée au sein de la 6th Battleship Division du 1st Battle Squadron, la composante cuirassé de la Mediterranean Fleet.

Ces navires étaient toujours en service en septembre 1948, se préparant depuis Alexandrie à affronter la marine italienne en compagnie de la marine française.

Le HMS Rodney

Le HMS Rodney

-Le HMS Rodney est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead sur la rivière Mersey le 28 décembre 1922 lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 10 novembre 1927.

En septembre 1939, il appartient au 2nd Battle Squadron déployé à Scapa Flow en compagnie du Nelson et de trois cuirassés de classe Revenge (Royal Oak Ramillies Royal Sovereign).

En septembre 1945, il est redéployé en Méditerranée en compagnie du Nelson au sein de la 6ème division de la 2ème escadre de ligne.

Ces navires étaient toujours en service en septembre 1948, se préparant depuis Alexandrie à affronter la marine italienne en compagnie de la marine française.

Caracteristiques Techniques

cuirassé HMS Nelson schéma

Déplacement : standard 33313 tonnes (33730 tonnes pour le Rodney) pleine charge 41250 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 216.4m (entre perpendiculaires) 201.2m largeur 32.3m tirant d’eau : 8.6m (10.2m en charge maximale)

Propulsion : deux groupes de turbines Brown Curtiss alimentées par huit chaudières Admiralty dévellopant une puissance totale de 45000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 23 noeuds distance franchissable : 16500 miles nautiques à 12 noeuds 5500 miles nautiques à 23 noeuds

Schéma de protection des Nelson

Schéma de protection des Nelson

Protection : ceinture 330 à 356mm bulkheads 102 à 305mm protection des cheminées 178 à 229mm barbettes 305 à 381mm tourelles de 16 pouces 190 à 406mm bloc passerelle 159 à 356mm

Armement : neuf canons de 406mm en trois tourelles triples à l’avant, douze canons de 152mm en six tourelles doubles (trois à tribord, trois bâbord), six canons antiaériens de 120mm en affûts simples et trois affûts octuples Pom-Pom, deux tubes lance-torpilles de 622mm.

Quand le second conflit mondial éclate, les Nelson ont perdu leurs tubes lance-torpilles, les affûts Pom-Pom sont remplacés par quatre affûts quadruples Bofors de 40mm et vingt canons de 20mm Oerlikon en affûts doubles.

Aviation : Le Rodney à reçut sur la tourelle «Q» (n°3) une catapulte en 1936, catapulte débarquée en 1941/42.

Equipage : 1361 officiers et marins

Cuirassés classe King George V

Les premiers 35000 tonnes britanniques

Initiatrice de la conférence de Washington qui allait aboutir au traité du même nom, la Grande-Bretagne chercha durant l’entre-deux-guerre (entre le premier conflit mondial et la guerre de Pologne annonciatrice du second conflit mondial) à apparaître comme le bon élève.

Plusieurs explications peuvent être apportés à cette attitude. Outre le profond pacifisme de l’opinion et des élites politiques britanniques, on trouve des motifs économiques, la Grande-Bretagne n’ayant plus les moyens du passé où elle pouvait se permettre d’avoir une marine égale aux deux marines qui la suive plus 10% (two pounder standard plus ten).

Les Nelson furent ainsi parmi les rares à être en dessous des limitations des traités là où d’autres pays n’hésitaient pas à s’arranger avec les dites limitations qui étaient de toute façon sujettes à interprétation.

La construction des cuirassés était interdite jusqu’à l’expiration du traité de Washington à savoir le 31 décembre 1936, le Japon et la France l’ayant dénoncé avant le 31 décembre 1934.

Un nouveau traité signé à Londres limite le déplacement des cuirassés à 35000 tonnes et leur armement principal à des canons de 356mm même si une clause de sauvegarde _rapidement activée_ porte le déplacement autorisé à 45000 tonnes et leur artillerie principale à 406mm.

L’activation de cette clause était trop tardive pour revenir sur les King George V, les canons de 406mm allant équiper les Lion et les Vanguard.

Quand aux cinq “KGV” (on aurait du parler de KGVI mais le roi George V avait voulu rendre hommage à son père qui aurait aimé poursuivre une carrière dans la Royal Navy), ils furent équipés d’un canon de 356mm, un choix politique (tenter de fixer à la baisse l’armement des cuirassés, donner l’exemple) et technique, les amiraux britanniques préférant la cadence de tir à la puissance brute.

Les cinq navires sont baptisés King George V (roi d’Angleterre de 1910 à 1936), Prince of Wales (titre porté par l’héritier du trône d’Angleterre depuis 1301 quand Edouard 1er le donna à son fils le futur Edouard II. A noter que le navire aurait du être baptisé King Edward VIII), Duke of York (titre donné au deuxième fils du roi ou de la reine), Anson (de l’amiral George Anson (1697-1762) qui réalisa un tour du monde entre 1740 et 1744 et qui contribua à la rénovation de la Royal Navy, préparant ainsi le «Britannia rules the waves» du 19ème siècle ) et Howe (de l’amiral Richard Howe (1726-1799) qui s’illustra en particulier durant la guerre d’indépendance américaine et la guerre contre la France révolutionnaire ).

A noter que le Howe fût initialement baptisé Beaty et le Anson Jellicoe mais ils furent débaptisés en raison parait-il de la rancoeur de Churchill à propos des amiraux ayant commandé à la bataille du Jutland.

Carrière opérationnelle

Le HMS King George V en 1940

Le HMS King George V en 1940

-Le HMS King George V (41) est mis sur cale chez Vickers Armstrong à Newcastle-Upon-Tyne le 1er janvier 1937, lancé le 21 février 1939 et admis au service actif le 11 septembre 1940.

Le premier “35000 tonnes” est affecté dès sa mise en service à la Home Fleet, intégrant hors rang le 2nd Battle Squadron avec pour base Rosyth. La mise en service du Anson en janvier 1942 et du Howe en mai de la même année permet l’activation de la 3rd Battleship Division.

Toujours en service en septembre 1948, il était le 5 septembre en fin de carénage, n’étant pas totalement opérationnel même si la guerre va accélérer les essais et la remise en condition.

HMS Prince of Wales en mai 1941

HMS Prince of Wales en mai 1941

Le HMS Prince of Wales (53) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 1zer janvier 1937 lancé le 3 mai 1939 et admis au service actif le 23 juin 1941.

Déployé hors rang au sein de la Home Fleet, il forme la 7th Battleship Division en compagnie de son sister-ship Duke of York, division qui intègre en septembre 1943 le 1st Battle Squadron, la composante cuirassé de la Mediterranean Fleet, cette division étant stationnée à Alexandrie.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé allait appareiller pour un exercice. Cette exercice est annulé et le cuirassé est mis en alerte prêt à appareiller pour affronter la marine italienne.

Le HMS Duke of York en Méditerranée

Le HMS Duke of York en Méditerranée

-Le HMS Duke of York (17) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown Company sis à Clydebank le 5 mai 1937 lancé le 28 février 1940 et admis au service actif le 30 septembre 1941.

Sa mise en service permet l’activation de la 7th Battleship Division qu’il forme avec son sister-ship Prince of Wales. Cette division intègre le 1st Battle Squadron de la Mediterranean Fleet en septembre 1943. Cette division est stationnée à Alexandrie.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé venait d’achever sa remise en condition après son deuxième grand carénage (premier en 1944 et le second en 1947/48).

Ecole à feux pour le HMS Anson

Ecole à feux pour le HMS Anson en mer du Nord

-Le HMS Anson (79) est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Wallsend le 20 juillet 1937 lancé le 24 février 1940 et admis au service actif le 21 janvier 1942.

A sa mise en service, il forme la 3rd Battleship Division, l’une des divisions du 2nd Battle Squadron, la composante cuirassée de la Home Fleet stationnée à Rosyth mais se déployant régulièrement à Scapa Flow. Cette division est composée également de ses sister-ship King George V et Howe.

Au 5 septembre 1948, le cuirassé était immobilisé pour un grand carénage précipité pour permettre au cuirassé d’être rapidement remis en service.

Le HMS Howe en 1943

Le HMS Howe en 1943

-Le HMS Howe (32) est mis sur cale aux chantiers navals Fairfields Shipbuilding and Engineering Company sis à Govan le 1er juin 1937 lancé le 9 avril 1940 et mis en service le 15 mai 1942.

A sa mise en service, il est affecté à la 3rd Battleship Division en compagnie de ses sister-ship King George V et Anson, sa base étant Rosyth avec de réguliers déploiements notamment pour des exercices à Scapa Flow.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer dans les Orcades. Accompagné de ses destroyers d’escorte, le cuirassé reçoit l’ordre de s’opposer à toute tentative allemande de contester le contrôle allié de la mer du Nord.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : Standard : 36727 tonnes Pleine Charge : 42076 tonnes

Dimensions: Longueur : 227m Largeur : 31m Tirant d’Eau : 9.9m

Propulsion : Quatre turbines à engrenages Parson alimentées par Huit chaudières Admiralty à surchauffe développant une puissance totale de 125000 ch et actionnant quatre hélices tripales de 4.42m de diamètre.

Performances : Vitesse maximale (aux essais) : 28 nœuds Distance franchissable : 5400 miles nautiques (environ 10800 km) à 18 nœuds, la consommation est de 11.9 tonnes de fuel par heure.

Protection : Ceinture principale de 374mm et ceinture inférieure de 137mm Pont blindé de 136mm
Tourelles de 356mm blindées à 324mm Barbettes blindées à 324mm

Armement : 10 canons de 356mm BL MkVII de 46 calibres répartis en deux tourelles quadruples (une avant et une arrière) et une tourelle double avant 16 canons de 133mm QF Mk1 en 8 tourelles doubles. DCA légère composée de quatre affûts octuples Pom-Pom soit 32 canons de 40mm

Aviation : Les installations aéronautiques débarquées au cours de la guerre comportait une catapulte et quatre hydravions Supermarine Walrus.

Equipage : 1422 à 1511 hommes

Cuirassés classe Lion

Le HMS Temeraire

Le HMS Temeraire

La Grande-Bretagne se rallie à la norme

Comme nous l’avons vu à propos des King George V, les britanniques firent tout pour apparaitre comme les bons élèves respectant les limites des traités qu’elle avait initié notamment celui de Washington mais également les deux traités de Londres, le premier en 1931 et le second en 1936.

En décembre 1934, la France et le Japon avaient dénoncé le traité de Washington qui allait donc cessé d’être actif le 31 décembre 1936.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres le 9 décembre 1935 mais le Japon se retire le 15 janvier, limitant la portée du traité signé le 25 mars 1936.

Entré en vigueur le 22 août 1937, le second traité de Londres limite les cuirassés à 35000 tonnes mais une artillerie de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et 155mm, les sous-marins à 2000 tonnes et 130mm.

Une clause de sauvegarde qui prévoit la modification du traité est activée le 30 juin 1938 par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour faire face au Japon qui lui peut construire des bâtiments hors-limites. Ce traité moins d’un après est donc caduc, les signataires pouvant désormais construire des cuirassés de 45000 tonnes à canon de 406mm.

Cette clause intervient trop tard pour modifier les King George V déjà sur cale mais les nouvelles limitations peuvent être appliquées aux nouveaux cuirassés destinés à remplacer les Revenge.

Faute de temps, les successeurs aux King George V Prince of Wales Duke of York Anson et Howe reprennent la même coque mais l’aménage de manière différente pour recevoir trois tourelles triples de 406mm soit neuf canons de 16 pouces, marquant un retour à un calibre apparu avec les Nelson.

Ils reçoivent une puissante DCA (canons de 133mm _qui se révéleront moyennement réussis_ canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors) et une suite radar complète. Ils reçoivent une catapulte et deux hydravions bien que ces installations d’hydraviation soient plus une source de gêne qu’autre chose.

Quatre navires sont financés, navires baptisés Lion Temeraire Conqueror et Thunderer

Carrière opérationnelle

-Le HMS Lion est mis sur cale aux chantiers Vickers de Walker le 4 juillet 1939 lancé le 17 mars 1942 et mis en service le 4 avril 1944.

Plus puissant cuirassé de la Royal Navy, il est naturellement affecté à la Home Fleet, d’abord hors rang au sein du 2nd Battle Squadron puis à partir de janvier 1946 au sein d’une 1st Battleship Division qu’il forme avec son sister-ship Conqueror.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Lion est à Rosyth près à appareiller dès que l’ordre lui sera donné.

-Le HMS Temeraire est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 1er juin 1939 lancé le 2 septembre 1942 et mis en service le 13 décembre 1944.

Affecté à la Home Fleet 2nd Battle Squadron, il forme avec le Thunderer la 2nd Battleship Division chargée comme les autres d’affronter la Kriegsmarine pour le contrôle de la mer du Nord.

En septembre 1948, il est immobilisé pour un petit carénage, promptement accéléré pour lui permettre d’être opérationnel le plus rapidement possible.

-Le HMS Thunderer est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 12 novembre 1939 lancé le 29 janvier 1943 et mis en service le 2 mai 1945.

Il forme la 2nd Battleship Division (2nd BatDiv), l’une des divisions du 2nd Battle Squadron, la force de ligne de la Home Fleet.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer au large de l’Ecosse et reçoit des consignes de vigilance face une possible rencontre ennemi. Moins une escadre de la Hochseeflot qu’un raider tentant de passer dans l’Atlantique pour s’attaquer au trafic commercial allié.

-Le HMS Conqueror est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 12 octobre 1939 lancé le 4 février 1943 et mis en service le 23 janvier 1946.

Il forme la 1st Battleship Division 2nd Battle Squadron de la Home Fleet en compagnie du Lion et le 5 septembre 1948, il était à quai à Rosyth. Mis en alerte, il se prépare à appareiller si besoin.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 42500 tonnes pleine charge 46500 tonnes

Dimensions : longueur : 239m largeur : 32m tirant d’eau : 9m

Propulsion : Turbines à engrenages Parson alimentées par 8 turbines à trois tubes Admiralty dévellopant 130000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 5400 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture : 140 à 381mm pont principal 152mm barbettes : 305 à 381mm

tourelles 152 à 381mm Tour : 51 à 115mm

Tourelle double de 133mm à bord du HMS King George V

Tourelle double de 133mm à bord du HMS King George V

Armement : 9 canons de 406mm (16 inch) Mark II en 3 tourelles triples Mk II, 16 canons de 133mm (5.25 inch) MK1 en 8 tourelles doubles Mk1 et 32 canons de 40mm en huit affûts quadruples

Aviation : catapulte et hangar pour trois hydravions Supermarine Walrus d’observation

Equipage : 1600 hommes plus un état major de 80 hommes.

Cuirassés classe Vanguard

King George V, Lion et après ?

Théoriquement, les Lion devaient remplacer les Revenge arrivés en fin de carrière et dont la modernisation n’avait pas été aussi complète que les Queen Elizabeth.

En réalité, ils ont permis le renforcement de la Home Fleet qui pouvait ainsi affronter sereinement les cuirassés type H de la Kriegsmarine.

Comme le cuirassé était encore vu comme le capital ship des marines majeures, le renouvellement du corps de bataille se poursuit, les nouveaux cuirassés devant remplacer à terme les Queen Elizabeth.

Le temps étant compté, les futurs cuirassés de classe Vanguard sont quasiment identiques aux Lion avec cependant des différences :

-Des machines plus puissantes pour anticiper sur une prise de poids inévitable

-L’installation dès l’origine de radars. A la différence des cuirassés précédents, l’installation à été prise en compte à une étape précoce de la conception ce qui va limiter (sans les supprimer) les interférences génératrices de parasites.

-Le remplacement des Pom-Pom par des Bofors de 40mm complétés par des Oerlikon de 20mm

On le voit les différences sont minimes mais jugées suffisantes pour permettre à ces huit navires commandés de former une classe différente, la classe Vanguard, la Royal Navy reprenant le nom d’un cuirassé victime d’une explosion accidentelle le 9 juillet 1917 à Scapa Flow.

Les sept autres navires sont baptisés Royal Oak (en hommage au cuirassé coulé lui aussi à Scapa Flow dans la nuit du 13 au 14 octobre 1939 par le U-47 mais également au chêne dans lequel se cacha le roi Charles II alors qu’il était traqué par Cromwell), Iron Duke (Duc de Fer, surnom de Arthur Wellesley, duc de Wellington), Centurion (le grade majeur de la légion romaine et synonyme de soldat d’élite).

Les quatre derniers sont baptisés Saint Andrew (saint-patron de l’Ecosse) Saint David (saint-patron du Pays de Galles), Saint George (saint-patron de l’Angleterre) et Saint Patrick (saint-patron de l’Irlande). Ces quatre noms furent envisagés pour les puissants cuirassés type N3 abandonnés suite au traité de Washington.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1939, seuls les quatre premiers sont en service, deux sont en achèvement à flot (Saint Andrew Saint David) et deux sont encore sur cale (Saint Patrick Saint George).

Carrière opérationnelle

-Le HMS Vanguard est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Walker le 14 avril 1942 lancé le 21 juillet 1944 et mis en service le 8 mai 1946.

Affecté à la Home Fleet, il forme au sein du 2nd Battle Squadron, la 4th Battleship Division (4th Bdiv) en compagnie de son sister-ship Iron Duke.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé achève une période d’entretien à flot.

-Le HMS Royal Oak est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 5 mai 1942 lancé le 12 août 1944 et mis en service le 1er septembre 1946.

Affecté comme ses sister-ships à la Home Fleet, il forme la 5th Battleship Division en compagnie de son sister-ship Centurion et le 5 septembre 1948, il est mouillé à Scapa Flow, prêt à appareiller pour intercepter la flotte allemande ou un raider cherchant à passer dans l’Atlantique.

-Le HMS Iron Duke est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 23 mars 1943 lancé le 8 juin 1945 et mis en service le 18 septembre 1948.

Intégré à la Home Fleet, il permet l’activation de la 4th Bdiv qu’il forme avec le Vanguard. Le 5 septembre, le nouveau cuirassé était à la mer pour entrainement.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il se ravitaille à Scapa Flow avant de reprendre la mer pour maintenir une garde vigilante en mer du Nord.

-Le HMS Centurion est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 12 septembre 1943 lancé le 8 octobre 1945 et mis en service le 21 mars 1948.

Son admission au service actif permet l’activation de la 5th Bdiv qu’il forme avec son sister-ship Royal Oak. Le 5 septembre 1948, les deux cuirassés étaient mouillés à Scapa Flow, placés en alerte pour intervenir en mer du Nord.

-Le HMS Saint Andrew est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Walker le 4 mars 1945 et lancé le 8 juin 1947. Au 5 septembre 1948, il est achevé à 64%. Les travaux sont suspendus le temps d’y voir plus clair mais il semble évident que l’achèvement du navire va être poursuivit jusqu’à son terme.

-Le HMS Saint David est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 8 mai 1945 et lancé le 12 septembre 1947. Au 5 septembre 1948, le cuirassé est achevé à 52% et comme le Saint Andrew, les travaux sont suspendus juste le temps d’y voir mais l’achèvement ne fait guère de doute.

-Le HMS Saint George est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 8 octobre 1946. Il est toujours sur cale le 5 septembre 1948. Les travaux sont suspendus et son achèvement est jugé comme peu probable sauf pertes importantes dans les rangs de la Royal Navy.

-Le HMS Saint Patrick est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 2 décembre 1946. Il est toujours sur cale le 5 septembre 1948. Les travaux sont suspendus et son achèvement est jugé comme peu probable sauf pertes importantes dans les rangs de la Royal Navy.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 42800 tonnes pleine charge 47000 tonnes

Dimensions : longueur : 239m largeur : 32m tirant d’eau : 9m

Propulsion : Turbines à engrenages Parson alimentées par 8 turbines à trois tubes Admiralty dévellopant 135000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 31.5 noeuds distance franchissable : 5200 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture : 140 à 381mm pont principal 152mm barbettes : 305 à 381mm

tourelles 152 à 381mm Tour : 51 à 115mm

Armement : 9 canons de 406mm (16 inch) Mark II en 3 tourelles triples Mk II, 16 canons de 133mm (5.25 inch) MK1 en 8 tourelles doubles Mk1, 32 canons de 40mm en huit affûts quadruples et 24 canons de 20mm en douze affûts doubles.

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

Aviation : catapulte et hangar pour trois hydravions Supermarine Walrus d’observation

Equipage : 1650 hommes plus un état major de 80 hommes.

Grande-Bretagne (23) Cuirassés et croiseurs de bataille (1)

CUIRASSES ET CROISEURS DE BATAILLE

Avant-propos
Après avoir durement ferraillé avec la marine espagnole et la marine néerlandaise aux 16ème et 17ème siècle, la Royal Navy devient au 18ème siècle la marine dominante, écrasant de tout son poids les océans, le Britannia rules the waves rendait illusoire toute remise en cause de la suprématie britannique. Cette suprématie se poursuit au 19ème siècle en dépit des efforts de la France pour se doter d’une puissante marine.

Le HMS Dreadnought

Le HMS Dreadnought

Quand la Grande-Bretagne rentre dans le 20ème siècle, la Royal Navy à fière allure, construisant de nombreux cuirassés dont le HMS Dreadnought, le premier all big gun battleship, le premier cuirassé à artillerie principale monocalibre en bon français.
La France à depuis longtemps renoncé à contester la puissance britannique dans le domaine des cuirassés, les Etats-Unis n’étant pas une menace, seule l’Allemagne rivalise en multipliant sous l’impulsion de Guillaume II et de l’amiral Tirpitz _le premier dans le rôle du compositeur, le second dans celui du chef d’orchestre_ la construction de cuirassés et de croiseurs de bataille.

Amiral Fisher

L’Amiral Fisher, digne héritier de Nelson

Cela inquiète tellement les britanniques que le bouillant amiral Fisher proposa de “Copenhaguiser” la flotte allemande, référence aux raids surprises menés contre la flotte danoise en 1801 et 1807, le Danemark étant à cette époque allié de la France impériale.

La supériorité britannique est d’autant plus écrasante que les alliances avec la France (1904) et le Japon (1902) permettent à la marine britannique de concentrer ses moyens en mer du Nord, rendant illusoire toute remise en cause de son leadership.
Ainsi quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy dispose de 74 navires de ligne avec 64 cuirassés (dont 40 pré-dreadnought à la valeur militaire douteuse) et 10 croiseurs de bataille, la Kaiserliche Machine ne disposant que de 46 navires de ligne avec 39 cuirassés (dont 22 pré-dreadnought) et 7 croiseurs de bataille.

La Grande-Bretagne sort gagnante du conflit mais la Royal Navy à perdu de son éclat. Elle à perdu quatorze cuirassés, six par des sous-marins, trois accidentellement, trois par mines et deux aux Dardanelles auxquels s’ajoute les trois croiseurs de bataille coulés à la bataille du Jutland.
Ces pertes sont à relativiser sur le plan matériel par le fait qu’il s’agit de pré-dreadnought (sauf les Vanguard et Audacious) et que onze cuirassés et cinq croiseurs de bataille ont rejoint les rangs de la marine britannique.
Le renouvellement de la flotte se heurte à de nombreuses difficultés. Outre la crise économique, les dégâts du premier conflit mondial et le profond pacifisme, la Grande-Bretagne se heurte à l’appétit du Japon et des Etats-Unis qui se sont lancés dans une course aux armements comparable à celle opposant Londres et Berlin avant le premier conflit mondial.

Projet N3

Projet N3

Face aux seize cuirassés et croiseurs de bataille américains, face aux seize navires de ligne japonais, la Grande-Bretagne tente de construire quatre cuirassés type N3 et quatre croiseurs de bataille type G3 mais face à la dépense, la Grande-Bretagne met pouce en l’air et propose une conférence pour limiter les armements navals, aboutissant au traité de Washington.
Certes la Grande-Bretagne obtient la parité avec les Etats Unis mais il s’agit plus d’une fleur pour services rendus qu’un statut s’appuyant sur des bases solides. Pire encore, le Japon rétrogradé à la troisième place voit la Grande-Bretagne abandonner son alliance de 1902, mettant en germe les graines d’un futur conflit.
Deux cuirassés seulement vont être construits par la Royal Navy durant l’entre-deux-guerre, les puissants Nelson et Rodney, ces puissants cuirassés armés de canons de 406mm étant le derniers navires de lignes britanniques mis en service avant le début de la guerre de Pologne.
Situation du corps de bataille britannique en septembre 1939
Le 1er septembre 1939, la Royal Navy dispose de douze cuirassés en service plus trois navires en refonte soit quinze unités sans compter les cuirassés à différents stades de construction notamment les cinq unités de classe King George V et les deux premiers Lion.

Le HMS Nelson en 1940

Le HMS Nelson en 1940

-Neuf cuirassés sont en service en Metropole, sept au sein de la Home Fleet (Nelson Rodney Royal Oak Royal Sovereign Ramillies Hood Repulse) et deux au sein de la Channel Force (Resolution Revenge).

croiseur de bataille HMS Hood

croiseur de bataille HMS Hood

Les cinq premiers sont intégrés au sein 2nd Battle Squadron, la 2ème escadre de bataille, les deux derniers formant le Battlecruiser Squadron. Quand aux vénérables Resolution et Revenge, ils sont chargés de défense les côtes de la Manche.

cuirassé HMS Warspite

cuirassé HMS Warspite

-En Méditerranée, on trouve trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, regroupés au sein du 1st Battle Squadron à savoir les Warspite Barham et Malaya.
-Deux cuirassés sont en refonte, les Queen Elizabeth et Valiant ainsi qu’un croiseur de bataille, le Renown, sister-ship du Repulse.

Vue aérienne du cuirassé King George V

Vue aérienne du cuirassé King George V

-Sept cuirassés sont en construction, les cinq unités de classe King George V (King George V Prince of Wales Anson Howe Duke of York) ainsi que les deux premiers cuirassés de classe Lion (Lion et Temeraire).
Evolution du corps de bataille britannique entre septembre 1939 et septembre 1948
-Double évolution : réorganisation des structures et renouvellement de la flotte avec le désarmement des unités les plus anciennes et la mise en service de navires modernes.
-Sur le plan de l’organisation, le 2nd Battle Squadron reste le corps de bataille de la Home Fleet avec une organisation interne composée de divisions. Le 1st Battle Squadron regroupe les cuirassés de la Mediterranean Fleet. Le 3rd Battle Squadron regroupe les cuirassés de la British Eastern Fleet.

HMS Revenge

HMS Revenge

-Au niveau des navires, les cuirassés de classe Revenge sont désarmés respectivement en septembre 1942 (Revenge), en mars 1943 (Resolution), en juin 1943 (Royal Sovereign) et en décembre 1943 (Ramillies) après la mise en service des cinq cuirassés de classe King George V.
-Le King George V est mis en service en septembre 1940, le Prince of Wales en juin 1941, le Duke of York en septembre 1941, le Anson en janvier 1942 et le Howe en mai de la même année.
-Ces premiers “35000 tonnes” sont suivis par quatre cuirassés de classe Lion. Si les King George V sont les plus légèrement armés des cuirassés rapides avec leurs dix canons de 356mm, leurs successeurs sont parmi les mieux armés avec neuf canons de 406mm en trois tourelles triples.

Les Lion combinent une coque de KGV avec trois tourelles triples de 406mm

Les Lion combinent une coque de KGV avec trois tourelles triples de 406mm

-Le HMS Lion mis sur cale en compagnie du Temeraire à l’été 1939 sont lancés respectivement en mars et septembre 1942, leur mise en service ayant lieu en avril et décembre 1944.
-Le HMS Thunderer mis sur cale en novembre 1939 est lancé en janvier 1943 et mis en service en mai 1945. Le HMS Conqueror est mis sur cale en octobre 1939 lancé en février 1943 et mis en service en janvier 1946.
-La mise en service des Lion permet le désarmement des croiseurs de bataille encore en service, le Hood cessant d’être un navire opérationnel en septembre 1945 (il est préservé à Chatham), le Renown et le Repulse sont désarmés en janvier et mars 1946, ces deux navires ayant été démolis après la guerre.
-Pour remplacer les Queen Elisabeth, pas moins de huit cuirassés sont commandés. Les cuirassés de classe Vanguard sont mis sur cale à partir de 1942 après le lancement des Lion.
-Le HMS Vanguard est mis sur cale en avril 1942 lancé en juillet 1944 et mis en service en mai 1946, le HMS Royal Oak est mis sur cale en mai 1942 lancé en août 1944 et mis en service en septembre 1946.
Le HMS Iron Duke est mis sur cale en mars 1943 lancé en juin 1945 et mis en service en septembre 1947 alors que le HMS Centurion est mis sur cale en septembre 1943 lancé en octobre 1945 et mis en service en mars 1948.
-Les quatre dernières unités qui portent les noms des saints patrons des nations du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (Saint Andrew pour l’Ecosse, Saint David pour le Pays de Galles, Saint George pour l’Angleterre et Saint Patrick pour l’Irlande) étaient encore en construction, les deux premiers en achèvement à flot, les deux derniers encore sur cale.
Si l’achèvement des deux premiers cités est quasi-certain (la construction était trop avancée pour rendre économique son abandon), l’achèvement des Saint George et Saint Patrick était nettement plus incertain.
-En septembre 1948, la Royal Navy dispose des deux cuirassés de classe Nelson, de cinq cuirassés de classe Queen Elisabeth, de cinq cuirassés de classe King George V, de quatre cuirassés de classe Lion et de quatre cuirassés de classe Vanguard soit vingt cuirassés en service.
Situation en septembre 1948
-La Home Fleet dispose d’une escadre de bataille, le 2nd Battle Squadron avec la 1ère Division (1st Battleship Division) composée des Lion et Conqueror, la 2ème division (2nd Battleship Division) composée des Temeraire et Thunderer, la 3ème division (3rd Battleship Division) regroupe trois cuirassés de classe King George V (King George V Anson Howe), la 4ème division (4th Battleship Division) dispose des cuirassés Vanguard et Iron Duke alors que la 5ème division (5th Battleship Division) dispose elle des cuirassés Royal Oak et Centurion soit onze cuirassés.
-La Mediterranean Fleet dispose au sein du 1st Battle Squadron de trois divisions de cuirassés, la 6th Battleship Division dispose des vénérables cuirassés Nelson et Rodney, la 7th Battleship Division met en oeuvre les modernes Prince of Wales et Duke of York alors que la 8th Battleship Division est elle aussi une division de vétérans avec les Barham et Valiant.
-Enfin contrairement à septembre 1939, trois cuirassés sont déployés en Extrême-Orient, au sein de la nouvelle British Eastern Fleet et de son 3rd Battle Squadron composé des cuirassés Queen Elizabeth Warspite et Malaya (9th Battleship Division). Théoriquement, les quatre derniers Vanguard doivent renforcer la BEF et peser sur le Japon.
Cuirassés rapides classe Queen Elizabeth
Avant-Propos

Le HMS Queen Elizabeth amarré à Alexandrie

Le HMS Queen Elizabeth amarré à Alexandrie

Ces cinq navires (Queen Elizabeth Valiant Warspite Barham Malaya, un sixième baptisé Agincourt ne fût jamais construit) sont les premiers cuirassés rapides du monde.
Avec leurs 24 noeuds, ils faisaient pale figure vis à vis des 35000 tonnes capables de filer à plus de 30 noeuds mais à l’époque, ils marquaient une vrai innovation, le cuirassé rapide à mi-chemin entre le cuirassé conventionnel lent (20 noeuds en théorie mais souvent 17 ou 18 noeuds dans la pratique avec une coque sale), bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais à la protection nettement plus faible.
En raison des limitations imposées par les traités navals de l’entre-deux-guerre, ces navires étaient encore en service en septembre 1939.
Ils vont être refondus à la fin des années trente et au début des années quarante même si leur remplacement était prévu avec la construction des Vanguard.
Carrière opérationelle

Le HMS Queen Elizabeth à Mudros en 1915 lors de l'expédition des Dardanelles

Le HMS Queen Elizabeth à Mudros en 1915 lors de l’expédition des Dardanelles

-Le HMS Queen Elizabeth (00) est mis sur cale au Porsmouth Royal Naval Shipyard le 21 octobre 1912 lancé le 16 octobre 1913 et admis au service actif en janvier 1915.
Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, il est en cours de refonte au Porsmouth Royal Naval Shipyard depuis le 11 août 1937 et jusqu’au 10 décembre 1940.
A sa remise en service, il s’entraine intensivement au sein de la Home Fleet dans laquelle il va servir jusqu’à la mise en service des King George V.
Avec ses sister-ship Warspite et Malaya, il va former le 3rd Battleship Squadron, l’escadre de ligne de la British Pacific Fleet, Singapour remplaçant Portsmouth et Rosyth. Il arrive sur l’île aux Lions en janvier 1944.
En septembre 1948, il était toujours en service même si une avarie de machine l’avait immobilisé au port. Réparé, il va multiplier les patrouilles dans le Golfe de Thaïlande, seul ou avec ses sister-ship.

Le HMS Warspite entrant dans le port de La Valette (Malte)

Le HMS Warspite entrant dans le port de La Valette (Malte)

-Le HMS Warspite (03) fût mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 31 octobre 1912 lancé le 26 novembre 1913 et admis au service actif le 8 mars 1915.
Il est profondément modernisé de 1934 à 1937, subissant les mêmes travaux que son sister-ship Queen Elizabeth.
Quand éclate la guerre de Pologne, le Warspite est déployé en Méditerranée au sein du 1st Battle Squadron en compagnie de ses sister-ship Barham et Malaya.
Il le reste jusqu’en janvier 1944 quand il rallie l’Extrême-Orient et le 3rd Battle Squadron, la composante “navires de ligne” de la British Eastern Fleet .
Quand les allemands envahissent la Norvège, le Warspite est en patrouille dans le Golfe du Bengale. Il se ravitaille à Trincomalee (Ceylan) avant de cingler vers Singapour où après une nouvelle escale, il reprend ses patrouilles en compagnie de ses sister-ship Queen Elizabeth et Malaya.

Le HMS Barham à Scapa Flow en 1917

Le HMS Barham à Scapa Flow en 1917

-Le HMS Barham (04) est mis sur cale aux chantiers John Brown de Clydebank le 24 février 1913 lancé le 31 octobre 1914 et admis au service actif le 19 octobre 1915.
Quand éclate la guerre de Pologne, il est déployé en Méditerranée en compagnie de ses sister-ship Warspite et Malaya. Il aurait du être profondément réfondu après le Queen Elizabeth au final sa refonte fût menée à minima entre janvier 1941 et mars 1942.
Il reste déployé en Méditerranée où il forme la 8th Battleship Division en compagnie du Valiant.
Quand le second conflit mondial éclate, il était en entretien à Alexandrie. Les travaux sont accélérés pour lui permettre de retrouver les autres cuirassés de la flotte de la Méditerranée (Nelson Rodney Prince of Wales Duke of York Valiant).

Le HMS Valiant camouflé

Le HMS Valiant camouflé

-Le HMS Valiant est mis sur cale aux chantiers de la Fairfield Shipbuilding and Engineering Company à Govan sur la Clyde le 31 janvier 1913 lancé le 4 novembre 1914 et admis au service actif le 19 février 1916.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Valiant achève une refonte à l’Arsenal de Devonport, refonte entamée en mars 1937 et achevée en novembre 1939.
Remis en service en janvier 1940, il est déployé au sein de la Home Fleet avant d’être transféré en juin 1942 en Méditerranée où il forme avec le Barham une nouvelle division, la 8th Battleship Division.Il était toujours en service en septembre 1948 et le 5 de ce mois, il était à quai à Alexandrie.

Le HMS Malaya lieu et date inconnue

Le HMS Malaya lieu et date inconnue

-Le HMS Malaya est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle upon Tyne le 20 octobre 1913 lancé le 18 mars 1915 et admis au service actif le 1er février 1916.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Malaya est déployé en Méditerranée en compagnie du Barham et du Warspite.
Il subit une refonte à Devonport de décembre 1942 à octobre 1943 avant de reprendre du service pour quelques mois au sein de la Home Fleet avant de rallier l’Extrême-Orient en compagnie de ses sister-ship Queen Elizabeth et Warspite.
Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, le Malaya effectuait des exercices de tir au large de Singapour.
A l’annonce de la guerre et craignant que le Japon n’attaque en même temps que l’Allemagne, l’Amirauté donne l’ordre au Malaya de rentrer à Singapour pour se ravitailler et se préparer à toute éventualité.

Classe Queen Elisabeth
Caractéristiques Techniques
Déplacement : standard 27500 tonnes pleine charge 33000 tonnes

Dimensions : longueur 196.8m largeur 27.6m tirant d’eau 9.2m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson alimentées par 24 chaudières dévellopant une puissance totale de 75000ch entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 24 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : Ceinture blindée de 13 pouces (343mm) avec des endroits plus légèrement couverts (6 pouces soit 152mm et 4 pouces soit 102mm); Bulkheads : 6 pouces et 4 pouces selon les endroits; Tourelles : 11 pouces (279mm) sur les côtés 13 pouces (343mm) sur la face avant et 4.5 pouces (108mm) pour le toit; Barbettes 4 à 10 pouces selon les endroits (6 pouces pour celles de 152mm); Tour de commandement : 11 pouces sur les faces latérales et 3 pouces pour le toit.

Armement : 8 canons de 381mm (15 pouces) modèle 1915 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), 16 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1914 (BL Mark XII) en casemates (16 pour le Queen Elizabeth et 14 pour ses sister-ships), 2 canons de 76mm (3 pouces) antiaériens et 4 canons de 47mm de salut et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 21 pouces (533mm).

L’armement secondaire évolua, les canons de 152mm et de 102mm du Queen Elizabeth et du Valiant furent remplacés par des canons de 114mm, la DCA légère régulièrement accrue au point d’être composée de quatre affûts Pom-Pom quadruples et de dix-huit canons de 20mm en affûts simples. Les tubes lance-torpilles sont débarqués ne 1944.

Les Barham Warspite et Malaya perdirent leurs canons de 152mm et de 102mm au profit de canons de 102mm en tourelles doubles. Leur DCA légère était semblable à celle des deux navires cités plus haut.
Aviation : Après avoir un temps reçu des plate-formes sur les tourelles de 15 pouces, les Queen Elizabeth reçurent des catapultes : le Valiant et le Queen Elizabeth à la poupe, le Malaya et le Warspite derrière la cheminée devenue unique et le Barham sur la tourelle X (n°3) de 15 pouces. 3 hydravions étaient embarqués.

Equipage : 925 à 1220 hommes

Grande-Bretagne (12) Royal Navy (4)

Pax Armada : la Royal Navy redresse la tête

Avant-Propos

Quand la guerre de Pologne se termine en décembre 1939, les amiraux britanniques s’empressent de tirer les leçons de ce conflit.

Le HMS Illustrious (R-87)

Le HMS Illustrious (R-87)

C’est le cas notamment de l’aéronavale. Si les porte-avions modernes arrivent progressivement (quatre Illustrious et deux Implacable), les groupes aériens sont souvent équipés d’appareils dépassés. D’où le recours massif aux appareils américains en attendant que des appareils plus modernes et plus efficaces ne sortent des usines aéronautiques britanniques.

Dans les autres domaines, de nouveaux croiseurs lourds sont commandés après une certaine hésitation, les amiraux britanniques auraient préféré se concentrer sur les croiseurs légers armés de canons de 6 pouces. En ce qui concerne les destroyers, les premières séries de l’après guerre (type A à C notamment) commencent à être remplacés par des navires plus modernes. Même chose pour les sous-marins.

Les moyens de soutien logistique sont améliorés avec de nouveaux pétroliers et des cargos rapides utilisables pour le transport de la logistique mais également pour le transport de troupes.

Sur le plan des infrastructures, elles sont adaptées à des navires plus gros, plus puissants. Une nouvelle base est aménagée en Egypte à proximité d’Alexandrie. A Alor Setar, une base austere est aménagée pour relayer Singapour. Un dépôt logistique est construit à Kuching sur l’ile de Borneo.

Cuirassés : désarmement et mis en service

En septembre 1939, le corps de bataille britannique est comme les autres pays assez ancien avec des navires mis au point avant le premier conflit mondial. Seule exception, les deux Nelson et Rodney construit après guerre mais qui n’étaient pas considérés comme une véritable réussite.

Vue aérienne du HMS King George V, le premier "35000 tonnes" britannique

Vue aérienne du HMS King George V, le premier « 35000 tonnes » britannique

Quand la guerre de Pologne éclate, cinq cuirassés de classe King George V sont en construction, les HMS King George V et Prince of Wales sont en achèvement à flot, les trois autres (HMS Duke of York Anson et Howe) sont encore sur cale. Ils vont être mis en service entre l’automne 1940 et le printemps 1942.

La mise en service de ces puissants cuirassés (dix canons de 356mm) permet le désarmement des cuirassés de classe Revenge. Version austere des Queen Elizabeth, ils n’ont pas été refondus en raison d’un coup prohibitif par rapport au service attendu.

Le Revenge est désarmé en septembre 1942, le Resolution en mars 1943, le Royal Sovereign en juin 1943 et le Ramillies en décembre 1943. Si le Revenge et le Royal Sovereign sont maintenus en réserve avec un noyau d’équipage, les autres vont être privés de tout le matériel récupérable y compris de leurs canons.

Devenus des coques, les anciens Resolution et Ramillies vont devenir des pontons, le premier à Scapa Flow (en remplacement de l’Iron Duke) et le second à Alexandrie dans la nouvelle base.

Alors que les King George V étaient encore en construction, les bureaux d’études de la marine britannique étudièrent de nouveaux cuirassés plus puissants que les “KGV”.

Faute de temps, on reprend la coque des King George V en l’élargissant pour pouvoir recevoir neuf canons de 406mm en trois tourelles triples, une puissante DCA et une suite radar complète même si les appareils de détection n’étaient pas encore totalement au point.

Le HMS Temeraire

Le HMS Temeraire

Le HMS Lion et le HMS Temeraire sont mis sur cale à l’été 1939 et lancés respectivement en mars et septembre 1942. Ils sont mis en service en 1944.

Les deux autres mis sur cale fin 1939 (HMS Thunderer et Conqueror) sont mis en service en 1945 pour le premier et en 1946 pour le second.

La mise en service de ces navires permet le désarmement des trois croiseurs de bataille encore en service à savoir le Hood en 1945, le Renown et le Repulse en 1946, le premier étant définitivement désarmé, les deux autres mis en réserve avec un noyau d’équipage au cas où.

L’étape suivante était le remplacement des cinq cuirassés de classe Queen Elisabeth. Pour cela, on reprend les Lion en améliorant ce qui peut être notamment au niveau de la DCA et de la détection.

Pas moins de huit cuirassés sont commandés, les Lion étaient davantage destinés à renforcer le corps de bataille notamment contre les type H allemands.

Ils sont mis sur cale à partir de 1942 mais quand le second conflit mondial éclate, seuls les quatre premiers (Vanguard Royal Oak Iron Duke Centurion) sont en service, les quatre autres (St Andrew St David St George et St Patrick ) étant encore en construction. Ils sont armés de 9 canons de 406mm en trois tourelles triples, 16 à 24 canons de 133mm en tourelles doubles, 48 canons de 40mm en douze affûts quadruples, des canons de 20mm.

En septembre 1948, la Royal Navy dispose des deux cuirassés de classe Nelson, de cinq cuirassés de classe Queen Elisabeth, de cinq cuirassés de classe King George V, de quatre cuirassés de classe Lion et de quatre cuirassés de classe Vanguard soit vingt cuirassés en service.

Porte-avions

Créatrice du premier porte-avions avec le Furious et première marine à engager un raid aéronavale en 1918, la marine britannique développe son outil aéronaval a minima avec peu de porte-avions neufs et surtout des groupes aériens handicapés par des appareils dépassés, le contrôle de la Fleet Air Arm par la Royal Air Force jusqu’en 1939 rendant problématique l’équipement en avions efficaces.

En septembre 1939, sont en service les vénérables Furious Argus Eagle Hermes Glorious Courageous ainsi qu’un petit nouveau, l’Ark Royal qui annonce les porte-avions blindés de classe Illustrious.

Les Illustrious et Formidable sont alors en achèvement à flot, le Victorious encore sur cale tout comme l’Indomitable. Ils sont mis en service respectivement en septembre 1940 (Illustrious), en juin 1941 (Formidable) en octobre 1941 (Victorious) et en janvier 1942 (Indomitable).

Les quatre Illustrious sont suivis par deux classe Implacable (Implacable Indefatigable), une version dérivée, ces deux navires étant mis en service respectivement en juin et en septembre 1944.

Quatre porte-avions de classe Illustrious sont en construction ainsi que les deux Implacable _version dérivée des Illustrious_ alors que des projets de porte-avions sont en cours d’étude bien que le cuirassé reste le navire majeur de la Royal Navy comme du reste dans toutes les marines du monde.

La mise en service de ces navires permet le désarmement progressif des unités les plus anciennes à savoir les Furious et Argus en 1944, l’Eagle et l’Hermes en 1946 et le Glorious en 1945, tous étant démolis à l’exception de l’Hermes maintenu en réserve à Rosyth et qui servait de temps à autre de porte-avions école. Suite à la mise en service du Hermes (classe Malta), il est rebaptisé Commander Edward Dunning du nom d’un pionnier de l’aéronavale britannique.

Les porte-avions blindés se révélant limités en terme de groupes aériens, la Royal Navy décide de construire des porte-avions lourds moins protégés. C’est l’acte de naissance de la classe Malta, quatre navires lourds capable d’embarquer entre soixante et quatre-vingt appareils.

Plan sommaire des Malta

Plan sommaire des Malta

Quatre navires (Malta Gibraltar, Furious _ex-New Zealand_ et l’Hermes _ex-Africa_) sont mis en service en septembre 1946, mai 1947, décembre 1947 et mars 1948.

Cela porte la flotte de porte-avions d’escadre à onze navires avec deux porte-avions en Extrême Orient, trois stationnés en Méditerranée et six déployés au sein de la Home Fleet.

La construction de porte-avions d’escadre prenant du temps, on eut l’idée de construire des porte-avions économiques. C’est l’acte de naissance des Colossus, des porte-avions légers rapides (25 noeuds) avec un armement composé d’une DCA légère.

Paradoxalement, c’est la marine française qui est la première à passer commande pour deux navires, un déployé en Indochine (Alienor d’Aquitaine) et un autre déployé en Bretagne (Henriette d’Angleterre).

HMS Colossus

HMS Colossus

Deux sont commandés par la Royal Navy et mis en service en 1947, le premier le HMS Colossus mis en service en mars 1947 est déployé à Freetown alors que le second baptisé HMS Glory mis en service en septembre 1947 est lui déployé à Aden pour couvrir l’Océan Indien.

Huit autres ( Ocean Perseus Pioneer Theseus Triumph Venerable Vengeance et Warrior) sont commandés quand le conflit éclate, certains pouvant être mis en œuvre par les dominions même si le Canada et l’Australie ont passé commande de porte-avions de ce type peu après la première commande franco-britannique, deux pour la RCN et un pour la marine australienne.

A noter qu’un porte-avions est également construit pour l’Argentine baptisé ARA Independencia et qu’un autre est fabriqué sous licence par les Pays-Bas, le Guillaume d’Orange (Willem van Oranje)

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