Italie (81) Regia Aeronautica (3)

Les avions de la Regia Aeronautica (1) : les chasseurs

Avant-propos

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939 la chasse italienne est encore largement composée de biplans, des Fiat CR-32 et des Fiat CR-42 autant dire des appareils totalement dépassés, surclassés par le Messerschmitt Me-109, le Hawker Hurricane ou encore le Supermarine Spitfire.

Comme expliquer un telle anachronisme alors que les autres pays européens ont tous abandonné le biplan de chasse (des appareils sont encore en service mais le développement de nouveaux biplans n’est plus d’actualité) ?

Tout simplement par la faiblesse industrielle de l’Italie, son incapacité à produire suffisamment d’appareils de chasse modernes, d’appareils digne de pilotes qui loin d’être des couards étaient des adversaires à ne pas sous-estimer.

Dans les années trente, l’aviation est à un tournant majeur, le monoplan surclasse le biplan. Les limites aérodynamiques du biplan le condamne à une stagnation en terme de vitesse.

Cependant les «biplanistes» ne désarment et sont persuadés qu’un biplan très maniable peut tirer son épingle du jeu face à un monoplan plus rapide mais peut être moins maniable.

Fiat CR 42 Falco 22

Fiat CR-42

La guerre d’Espagne se charge de tordre le cou à cette idée reçue. Déjà en difficulté face au biplan Polikarpov I-15, le Fiat CR-32 est surclassé par le monoplan Polikarpov I-16 qui bat également le Heinkel He-51, un autre biplan déployé en Espagne ce qui entraîna le déploiement des premières versions du Messerschmitt Me-109, permettant à la Légion Condor et aux nationalistes de s’emparer définitivement du contrôle de l’espace aérien.

En dépit de cette leçon sans appel, l’Italie va dévelloper un dernier chasseur biplan, le Fiat CR-42, une évolution du CR-32, un appareil efficace dans sa catégorie mais qui ne pouvait rivaliser avec les monoplans en service en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Les chasseurs suivants développés par l’Italie seront donc des monoplans mais ils seront longtemps handicapés par des problèmes techniques notamment des moteurs trop peu puissants.

Les italiens tenteront d’acquérir des moteurs étrangers (notamment allemands) mais cette politique sera particulièrement infructueuse.

Les moteurs italiens vont progressivement gagner en puissance mais ils n’atteindront pas la puissance des moteurs étrangers ce qui va clairement handicaper des chasseurs dont l’élégance et l’aérodynamisme n’avait rien à envier à celle de leurs adversaires.

De plus l’industrie aéronautique italienne va être incapable de produire suffisamment d’appareils pour faire face aux besoins des armes italiennes.

Peu à peu la Regia Aeronautica va décliner, cédant la maîtrise du ciel italien aux ennemis français, britanniques et américains qui pilonneront les villes italiennes, l’industrie, les infrastructures de transport, paralysant peu à peu l’Italie en guerre.

En avril 1953 comme pour le reste des forces armées italiennes, la Regia Aeronautica va se diviser entre ceux qui vont continuer le combat aux côtés des allemands et ceux qui rallient les ennemis d’hier devenus les alliés d’aujourd’hui.

Au niveau de l’équipement, les pilotes continuant la guerre aux côtés des allemands au sein de l’Aeronautica Nazionale Republicana (ANR) vont opérer sur les chasseurs italiens les plus modernes voir sur des avions allemands alors que leurs homologues de l’Aviazione Cobelligerante Italiana, (ACI) vont voler sur des avions britanniques et américains pour éviter de malheureux tirs fratricides.

Fiat CR-32 Freccia

Fiat CR.32 14.jpg

Fiat CR-32

Comme toutes les armées de l’air, l’armée de l’air italienne à été marquée en profondeur par les leçons du premier conflit mondial.

En matière de chasse, la Regia Aeronautica continue d’avoir une vision romantique et chevaleresque du combat aérien où une poignée d’hommes courageux se battaient tels les chevaliers du moyen-âge, une vision qui était parfaitement adaptée à la propagande fasciste.

Le combat tournoyant étant privilégié, la maniabilité est mise en avant par rapport à la vitesse, l’altitude ou la puissance de feu. Le biplan est ici à son aise et dans ce contexte que naît le Fiat CR-32 Freccia (flèche).

Oeuvre de l’ingénieur Celestino Rosatelli, la flèche est issue du Fiat CR-30 (appareil produit à 176 exemplaires de 1932 à 1935, carrière éphémère car à ma connaissance plus en service en septembre 1939), le nouvel appareil reprenant le fuselage et la configuration sesquiplan à savoir une aile inférieure plus courte que l’aile supérieure.

Effectuant son premier vol le 28 avril 1933, le Fiat CR-32 est commandé en série en mars 1934 et déclaré bon de guerre en 1935.

Il ne tarde pas à connaître son baptême du feu en étant engagé dans la guerre d’Espagne au sein de l’Aviazione Legionnaria, l’équivalent transalpin de la Legion Condor.

380 chasseurs de ce modèle vont être engagés sous les couleurs italiennes et dans le camp nationaliste dont il va longtemps être le principal chasseur. La production de l’appareil à aussi été réalisée en Espagne avec 100 exemplaires sortis des chaines de montage. Six appareils ont été capturés par les républicains et un envoyé en URSS pour évaluation.

Face au Polikarpov I-15 il fait jeu égal mais il va être vite déclassé par le I-16 même si avec le talent et l’expérience de ses pilotes le fossé n’était pas aussi important qu’espéré.

Produit en plusieurs variantes (CR-32, CR-32bis _variante appui-rapproché_ , CR-32ter, CR-32quater), l’appareil à aussi donné naissance à des projets non produit en série à savoir le CR-33 (trois prototypes), CR-40, CR-40bis et CR-41 (un prototype chacun).

A l’été 1940 alors que l’appareil est totalement dépassé, 140 exemplaires sont encore en service au sein des unités de chasse de la Regia Aeronautica.

Progressivement relevé par le Fiat CR-42 Falco (Faucon), le Fiat CR-32 quitte le service actif courant 1946 alors qu’il s’agit d’une véritable antiquité militaire.

Des appareils stockés en métropole seront réutilisés pour la lutte anti-partisans avec un succès mitigé. Des appareils stockés en ASI seront détruits au sol lors de l’opération BAYARD.

Quelques exemplaires ayant survécu au conflit vont être préservés dans des musées (un en France, un en Grande-Bretagne, deux aux Etats-Unis).

L’appareil à connu un succès important à l’export avec des ventes en Chine (seize à vingt-quatre exemplaires tous détruits au cours de la deuxième guerre sino-japonaise), en Autriche (45 exemplaires, appareils récupérés par la Luftwafe au moment de l’Anschluss, les trente-six appareils survivants étant cédés à la Hongrie), en Hongrie (soixante-seize appareils dont trente-six ex-autrichiens, appareils retirés du service en 1950), au Venezuela (neuf exemplaires) et au Paraguay (cinq exemplaires).

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse : à vide 1455kg en charge 1975kg

Dimensions : longueur 7.47m envergure 9.5m hauteur 2.36m

Motorisation : un moteur Fiat A30 RA-bis douze cylindres en V développant 600ch

Performances : vitesse maximale 360 km/h distance franchissable 781km plafond opérationnel 8800m

Armement : deux mitrailleuses de 7.7 ou de 12.7mm. La version Close Support (appui-rapproché) baptisée CR-32bis disposait de deux mitrailleuses de 7.7mm et deux de 12.7mm ainsi que 100kg de bombes (une bombe de 100kg, deux bombes de 50kg ou des bombes légères).

Fiat CR-42 Falco

Fiat CR 42 Falco 28.jpg

 

 

Dans les premiers mois du conflit, le Fiat CR-32 est le meilleur chasseur du camp nationaliste. Bon appareil solide et maniable avec aux commandes des pilotes bien entraînés il est un adversaire redoutable pour l’aviation républicaine équipée de Polikarpov I-15.

Les premiers retours d’expérience du conflit espagnol confortent les pilotes italiens dans l’utilité d’un biplan très maniable capable de s’imposer y compris à des monoplans pourtant plus modernes.

Le 23 mai 1938, le premier prototype du faucon effectue son premier vol. C’est un vrai anachronisme car à l’époque le Me-109, le MS-406 et le Hurricane sont en service, que le Spitfire est sur le point d’être mis en service. Mieux même, des monoplans de chasse (Fiat G-50 et Macchi C-200) sont en développement en Italie.

Pourquoi alors le produire ? Tout simplement pour des questions politiques et industrielles, la production du faucon donnant du travail aux ouvriers de la FIAT et aux sous-traitants. Il entre en service en mai 1939 et un an plus tard, 183 exemplaires sont en service dans les stormo de chasse de la Regia Aeronautica.

Ayant triomphé du Caproni Ca-165, le Fiat CR-42 est une évolution du CR-32 avec un moteur plus puissant, des améliorations aérodynamiques.

Avec une très faible charge alaire, l’appareil se révèle extrêmement manœuvrant et peut espérer damner le pion à des monoplans plus modernes et mieux armés.

Produit jusqu’en 1944 à 940 exemplaires, le Fiat CR-42 à donné naissance à une variante chasse de nuit (Fiat CR-42N), une variante d’attaque au sol (Fiat CR-42AS),une variante biplace pour l’entrainement (CR-42B Biposto), une variante à armement renforcée (Fiat CR-42ter deux mitrailleuses de 12.7mm de plus), un hydravion de chasse (ICR-42) et une version lutte anti-partisans (CR-42LW).

Comme son devancier l’appareil à été exporté en Espagne, en Hongrie (52 exemplaires), en Suède (72 exemplaires) et en Belgique (40 exemplaires), étant toujours en service en septembre 1948 mais uniquement en AOI (Afrique Orientale Italiana).

Il participe à l’opération GIDEON, l’attaque alliée de l’Africa Orientale Italiana (AOI) moins comme chasseur que comme avion d’attaque au sol et avion de harcèlement pour attaquer de nuit des unités alliées isolées ou des cibles éloignées du front où les défenses étaient plus faibles (surtout sur un front très secondaire où les moyens étaient limités).

En métropole des appareils vont être utilisés pour la lutte anti-partisans et pour le harcèlement, un rôle où leur faible vitesse et leur maniabilité était un atout.

A la fin du conflit un certain nombre d’appareils existaient encore. La majorité à été feraillée mais certains ont été préservés dans des musées ou sur des mémoriaux. Un appareil à été préservé en Suède, un autre en Belgique, deux en Grande-Bretagne, deux en France et en aux Etats-Unis.

Fiat CR 42 Falco 8.png

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse à vide 1782kg en charge 2295kg

Dimensions : longueur 8.25m envergure (aile basse 6.50m aile haute 9.70m) hauteur 3.58m

Motorisation : un moteur radial Fiat A.74 RC38 de 840ch

Performances : vitesse maximale 441km/h vitesse de croisière 399km/h distance franchissable 780km plafond opérationnel 10210m

Armement : (premières séries) mitrailleuses Breda-SAFAT de 7.7mm (séries tardives) deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT avec 400 coups et deux mitrailleuses de 12.7mm sous les ailes inférieures, 200kg de bombes

Fiat G-50

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Comme nous venons de le voir, les italiens privilégiaient pour des raisons idéologiques et techniques le biplan au monoplan. Ce choix ne faisait cependant pas l’unanimité y compris au sein de la firme FIAT.

C’est ainsi que l’ingénieur Giuseppe Gabrielli commença en avril 1935 à travailler sur un chasseur monoplan destiné à succéder au Fiat CR-32 puis au CR-42 lui aussi en développement. Les deux prototypes commencent à être construits à l’été 1936.

Monoplan à aile baisse, propulsé par un moteur radial, le Fiat G-50 est le premier monoplan monoplace tout en métal avec cockpit fermé et train rétractable mis au point en Italie.

Le vol inaugural du prototype à lieu le 26 février 1937 et huit mois plus tard en octobre les deux prototypes sont présentés au public.

Les pilotes apprécient sa manœuvrabilité, ses commandes souples mais le nouveau chasseur italien souffre d’un manque de puissance qu’elle soit propulsive ou militaire.

La première commande de série est passée en septembre 1937 avec 45 exemplaires produits dans le Piémont puis en Toscane. Ces premiers appareils sont mis en service en 1938.

La production de l’appareil va se poursuivre jusqu’au printemps 1947, 764 exemplaires et 5 prototypes sont ainsi produits, le Fiat G-55 lui succédant sur les chaines de montage.

L’appareil est toujours en service en septembre 1948, combattant les français et les britanniques mais aussi les grecs et les yougoslaves.

Ils se montrent à la hauteur même si il était clairement surclassé par des appareils plus modernes comme le Spitfire britannique ou le Dewoitine D-520, ce dernier étant quasiment contemporain du G-50.

Exporté en Finlande et en Espagne, l’appareil surnommé également Freccia est engagé par la Finlande dans la guerre d’Hiver puis dans l’opération BARBAROSSA où il souffre face aux chasseurs soviétiques, peinant même à intercepter les bombardiers rouges.

A la fin du conflit, le Fiat G-50 était encore en service dans certaines unités italiennes même si le Comando Superaereo évitait de l’engager contre les chasseurs ennemis les plus modernes.

Des variantes ont été produites. Après la variante initiale, la firme FIAT produit le G-50bis (rayon d’action accru 495 exemplaires produits), le G-50ter (produit à dix exemplaires), le G-50V, un prototype à moteur allemand qui annonce le G-55, le G-50bis A/N (biplace de chasse bombardement, resté à l’état de prototype), le G-50B (version biplace d’entrainement 100 exemplaires), le G-51 abandonnée au profit du G-55 et le G-52 resté au stade du projet car le moteur prévu n’à jamais été produit.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monoplan monoplace

Masse à vide 1963kg maximale au décollage 2402kg

Dimensions : longueur 8.01m envergure 10.99m hauteur 3.28m

Motorisation : un moteur radial quatorze cylindres Fiat A.74 RC38 de 870ch

Performances : vitesse maximale 470km/h à 5000m distance franchissable 445km plafond opérationnel 10700m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT

Macchi C-200 Saetta

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Le développement du «Tonnerre» commença en 1935 soit à la même époque du Fiat G-50. Le programme officiel lancé en février 1936 demande un monoplan à moteur radial, capable de voler à 500 km/h, pouvant atteindre 6000m en cinq minutes, une endurance de deux heures et un armement composé d’une voir deux mitrailleuses de 12.7mm.

A ce programme répondent le Fiat G-50, le Macci C-200, le Reggiane Re-2000, l’AUT-18, l’IMAM Ro-51 et le Caproni-Vizzola 5 mais seuls les trois premiers seront produits en série.

Le Macchi C-200 Saetta effectue son premier vol le 24 décembre 1937. L’appareil se révèle rapide mais moins manœuvrant que son principal concurrent le Fiat G-50.

Il était très stable en piqué mais sous-motorisé et sous-armé. Une série d’accidents mortels nécessite un certain nombre de modifications pour que la production soit lancée en juin 1939.

L’appareil est mis en service courant 1939 et la production va se poursuivre jusqu’en mars 1943 quand le C-202 le remplace sur les chaines de montage. Au total ce sont 500 exemplaires qui sont produits et toujours en service en Italie mais également au Danemark, douze exemplaires étant livrés en 1941 pour remplacer les Hawker Nimrod alors en service.

Toujours en service en octobre 1948, le Saetta est ce qu’on appellerait un «honnête chasseur» sans performances extraordinaires mais sans non plus des défauts rédhibitoires. Il combat en Méditerranée, en Afrique du Nord, dans les Balkans.

En avril 1953 l’appareil est clairement dépassé, déclassé voir en voie d’obsolescence. Il participe à la défense de l’Italie contre les bombardements ennemis même si face aux lourds bombardiers français, britanniques et américains le «Tonnerre» avait du mal.

A la fin du conflit il restait une centaine d’appareils dispersée sur tous les fronts mais beaucoup étaient à l’état d’épave. Un appareil à été préservé en France, un autre en Italie, deux en Grande-Bretagne, un aux Etats-Unis et un en Suisse.

Les appareils danois ont eu été détruits durant l’opération Weserübung. Huit appareils sont détruits au sol mais deux parviennent à décoller, abattant un Ju-52 de transport, un Heinkel He-111 de bombardement et même un Bf-110 de chasse.

Les deux derniers se réfugient en Suède, les pilotes ralliant la Grande-Bretagne pour combattre au sein de la RAF d’abord dans un squadron norvégien puis avec la formation de suffisamment de pilotes danois dans un squadron autonome alors que les appareils sont utilisés par la Flygvapanet, l’armée de l’air suédoise. Retirés en 1951, ils sont feraillés.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monoplace monoplan

Masse à vide 1964kg en charge 2200kg maximale au décollage 2395kg

Dimensions : longueur 8.25m envergure 10.58m hauteur 3.05m

Motorisation : un moteur radial 14 cylindres Fiat A.74 R.C38 de 870ch au décollage

Performances : vitesse maximale 504km/h à 4500m distance franchissable 570km plafond opérationnel 8900m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT avec 370 coups par arme. Certains appareils furent modifiés pour pouvoir embarquer huit bombes de 15kg ou deux de 50kg ou une bombe de 100kg

Reggiane Re-2000 Falco I

Reggiane Re.2000.png

Le Reggiane Re-2000 Falco I est un chasseur monoplan à aile basse et moteur radial, cockpit fermé et train d’atterrissage qui effectue son premier vol le 24 mai 1939. C’est un des candidats du programme lancé en février 1936, programme qui à également vu la naissance du Fiat G-50 et du Macchi C-200.

Mis en service courant début 1941, il permet la rèlève des Fiat CR-32 totalement dépassés mais lui même est rapidement déclassé par des avions plus modernes qu’ils soient italiens ou étrangers.

Il est encore en service en petit nombre en septembre 1948, combattant en ASI (Africa Septentrionale Italiana) et en AOI (Africa Orientale Italiana) où il fera ce qu’il peut pour éviter la chute des colonies italiennes. Il va aussi être exporté en Hongrie et en Suède.

Les Re 2000 hongrois serviront d’ailleurs de base de travail à un chasseur national (MAVAG Héja) avant de faire le coup de feu en Yougoslavie et sur le front russe.

Quelques uns se risqueront à intercepter les bombardiers américains avec des résultats mitigés. Quant aux Re 2000 suédois ils serviront jusqu’en 1947 avant d’être relevés par des Curtiss P-40. Le dernier Re 2000 va voler en Suède en 1953 mais comme appareil d’entrainement.

Des variantes ont aussi été mises au point, les chasseurs Re-2001 et Re-20002, l’avion de reconnaissance (terrestre et hydravion) Re-2003, le prototype Re-2004 et deux autres chasseurs, le Reggiane Re-2005 et Re-2006.

Au final ce sont 186 exemplaires qui ont été produits pour la Regia Aeronautica.

Caractéristiques Techniques du Reggiane Re 2000 (version terrestre)

Type : chasseur monoplan monoplace monomoteur

Masse à vide 2090kg en charge 2839kg

Dimensions : longueur 7.99m envergure 11m hauteur 3.20m

Motorisation : un moteur radial 14 cylindres Piaggio P.XI de 986ch (4000m) entraînant une hélice tripale à pas constant de 3.10m de diamètres

Performances : vitesse maximale 530 km/h à 5300m vitesse de croisière 440 km/h distance franchissable 545km Endurance 1h25 plafond opérationnel 11200m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT dans les ailes

Reggiane Re-2001 Falco II

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Le Reggiane Re-2001 Falco II est une évolution du Re-2000. Le fuselage et les ailes sont modifiées et surtout un moteur en ligne Alfa-Roméo (DB-601 sous licence) en remplacement d’un moteur radial. L’armement est également renforcé avec quatre mitrailleuses au lieu de deux.

La commande initiale prévoyait 300 chasseurs, 150 chasseurs-bombardiers (ailes renforcées pour l’emport de deux bombes de 250kg) et 150 chasseurs de nuit soit 600 appareils mais au final seulement 252 Re-2001 seront produits, 252 exemplaires répartis entre 150 chasseurs de jour, 75 chasseurs-bombardiers et 27 chasseurs de nuit.

Ces appareils vont se montrer relativement efficace aussi bien dans la couverture des villes italiennes que dans la protection des troupes au sol contre les chasseurs-bombardiers, les bombardiers et et avions d’assaut ennemis.

En voie de déclassement courant 1953, l’appareil est utilisé par l’aviation co-belligérante pour l’entrainement avant de passer sur des avions américains et britanniques alors que de l’autre côté le Re-2001 à été écarté au profit d’appareils plus modernes.

Trois appareils ont échappé aux foudres du conflit, un en Italie, en Grande-Bretagne et un aux Etats-Unis.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monoplace monoplan

Masse à vide 2495kg en chargee 3280kg

Dimensions : longueur 8.36m envergure 11m hauteur 3.15m

Motorisation : un Alfa-Roméo RA-1000RC 41-I Monsone de 864kW

Performances : vitesse maximale 542 km/h distance franchissable 1100km plafond opérationnel 11000m

Armement : deux mitrailleuses Breda-SAFAT dans le nez et deux mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT dans les ailes

Reggiane Re-2002 Ariete (bélier)

Reggiane Re.2002 2.jpg

Effectuant son premier vol en octobre 1940, le Re-2002 Ariete est une évolution du Re-2000 avec le même moteur, des ailes modifiées tout comme les réservoirs de carburant.

500 exemplaires sont commandés mais au final seulement 150 exemplaires seront produits entre l’automne 1940 et le début de 1942.

Les appareils sont encore en service en octobre 1948 même si ils sont en voie de retrait et de remplacement par des chasseurs plus modernes.

Il va donc combattre au dessus de la Sardaigne, pour défendre la Sicile contre les bombardiers français venus de Tunisie et enfin au dessus de l’ASI lors de l’opération BAYARD.

Après d’ultimes combats dans les Balkans, les appareils sont réutilisés pour des missions secondaires ou sur des fronts où la menace aérienne ennemie était très limitée.

Tous les appareils ont été détruits durant le conflit et les appareils présents dans des musées sont soit des maquettes ou des Re-2000 modifiés pour des questions muséographiques.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monoplace monoplan

Masse à vide 2400kg maximale au décollage 3240kg

Dimensions : longueur 8.16m envergure 11m hauteur 3.15m

Motorisation : un moteur radial Piaggio P.XIX RC-45 de 1175ch

Performances : vitesse maximale 530 km/h distance franchissable 1100km plafond opérationnel 10500m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm, deux mitrailleuses de 7.7mm, 650kg de bombes sous trois points d’attache (un sous le fuselage, deux sous les ailes)

Reggiane Re-2005 Sagitarrio

Reggiane Re.2005 6.jpg

Le Reggiane Re-2005 Sagittario (Sagittaire) un élégant chasseur monomoteur monoplan mis au point à partir de 1941 pour permettre à la Regia Aeronautica de ne pas être totalement distancé par les créations allemandes, françaises et britanniques.

Faute de moteur italien suffisamment puissant, les italiens obtiennent une licence de production pour le Daimler-Benz DB-605.

Un moteur puissant et fiable associé à une cellule bien dessinée et vous obtenez un chasseur de bonne qualité, voir de très bonne, le Re-2005 étant considéré comme le meilleur chasseur italien du conflit aux côtés du Fiat G-55.

Le premier prototype du Re-2005 décolla pour la première fois le 9 mai 1942. Les essais et la mise au point se passe bien ce qui explique que l’appareil est mis en service à l’été 1944 à peine deux ans après le vol du premier prototypes, un délai particulièrement court surtout en temps de paix.

La production est cependant très lente ce qui explique que le projet de remplacer tous les Re-2000, les Re-2001 et 2002 par des Sagitarrio ne peut être réalisé avant le début du second conflit mondial.

En octobre 1948 l’appareil est naturellement toujours en service, étant stationné essentiellement en Italie, opérant contre les bombardiers français et britanniques mais aussi comme chasseur-bombardier en appui des troupes au sol notamment lors de l’opération SCIPION, l’attaque française contre la Sardaigne.

Si l’appareil était inférieur aux dernières versions du Spitfire, il faisait mieux que se défendre contre le Dewoitine D-550, dépassant le Curtiss H-81 et le Dewoitine D-520.

Toujours en service en avril 1953, l’appareil continue le combat du côté de l’Aeronautica Nazionale Republicana, l’aviation combattant dans le nord de l’Italie aux côtés de l’Allemagne, se montrant efficaces surtout avec les versions évoluées Re-2005bis, ter et quater qui disposaient de moteurs plus puissants, d’un renforcement des structures, d’un armement amélioré….. .

Comme nous l’avons déjà vu, l’appareil à aussi été utilisé à bord des porte-avions Italia et Don Juan de Austria, la version étant baptisée Re-2005M

Des projets ont été envisagés pour encore améliorer l’appareil à savoir le Re-2005LW (lightweight), une version allégée pour l’interception à haut altitude (un prototype), le Re-2005D (double fuselage) et le Re-2006, un appareil mixte réacteur/moteur à piston.

A la fin du conflit ce sont 840 exemplaires qui sont sortis des chaines de montage. Une trentaine d’appareils est capturée par les alliés.

Un appareil est cédé gracieusement à l’URSS, cinq sont conservés par la France, cinq sont conservés par les Etats-Unis et cinq par la Grande-Bretagne. Ces appareils sont évalués puis pour certains conservés dans des musées voir en état de vol pour l’un d’entre-eux qui fait le délice des meetings aériens américains.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monoplace monoplan

Masse à vide 2600kg pleine charge 3610kg

Dimensions : longueur 8.73m envergure 11m hauteur 3.15m

Motorisation : un moteur en ligne Fiat R.A 1050 RC58 Tifone (Daimler-Benz DB-605A1 sous licence) dévellopant 1455ch

Performances : vitesse maximale 62_ km/h à 6950m vitesse de croisière 515 km/h distance franchissable 980km (carburant interne) 1270km avec des réservoirs supplémentaires plafond opérationnel 11500m

Armement : deux mitrailleuses Breda-SAFAT de 12.7mm dans le nez avec 350 coups par arme, un canon de 20mm dans la casserolle de l’hélice avec 150 coups par minute et deux dans les ailes avec 200 coups par arme. Le Re-2005 pouvait embarquer 1000kg sous le fuselage et 150kg sous les ailes

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