Allemagne (43) Ordre de bataille (4)

PROGRAMME DE GUERRE

Avant-propos

-Plan Z d’origine totalement irréaliste selon les capacités financières, industrielles et humaines de l’Allemagne surtout que comme en 1914, la marine devait faire face à la concurrence des autres services (Wehrmacht, Luftwafe et Waffen S.S).

-La mouture définitive de ce plan ne permet pas à la Kriegsmarine de vaincre les marines britanniques et français mais permet aux amiraux allemands d’envisager une solide dissuasion et de provoquer des pertes insupportables à long terme.

-Cette montée en puissance est perturbée par la guerre civile qui à défaut d’ensanglanter l’Allemagne perturbe la production militaire.

-Les construction sont ralenties ce qui explique que nombre de navires qui auraient du être opérationnels en septembre 1948 ne le sont pas encore.

-La Kriegsmarine espérait un report de l’opération Weserübung au printemps 1949 mais on lui fait rapidement comprendre à Berlin que c’est impossible en prétendant que les alliés allaient attaquer en octobre.

-Elle est néanmoins consciente qu’elle aborde ce conflit dans une position nettement plus confortable que neuf ans plus tôt. La marine allemande aborde le conflit avec un optimisme prudent mais un optimisme quand même.

Le 5 septembre 1948, les allemands envahissent la Norvège et le Danemark. Dans les jours qui suivent, la construction des navires est suspendue, le temps de voir quelle serait la réaction des alliés.

-Paris et Londres réagissant vigoureusement (bombardement aériens, envoi d’un corps expéditionnaire en Norvège, escarmouches à l’ouest entre corps francs des deux pays….), la construction de la majeure partie des navires est poursuivie, seuls les navires tous juste sur cale n’est pas reprise voir abandonnée pour accélérer la construction des navires les plus avancés.

En octobre 1949, un programme de guerre est voté, regroupant des commandes antérieures et de nouvelles commandes en fonction notamment des premiers retours d’expérience de la seconde guerre mondiale.

Navires en construction ou en achèvement le 5 septembre 1948

Liste des navires en construction

-Cuirassé Moltke (Schlachschiff O) sur cale aux chantiers navals AG Weser de Brême. Son achèvement est d’autant plus incertain qu’il est endommagé par un bombardement anglais le 8 septembre.

-Cuirassé Goeben (Schlachschiff P) en achèvement à flot au Rugen Kriegsmarinewerft

-Croiseurs légers antiaériens classe Dantzig, Friburg et Wien en construction aux chantiers navals Deutsche Werke de Kiel.

Si le premier est en achèvement à flot, le second est encore sur cale à plus de dix mois de son lancement.

-Croiseur léger antiaérien classe Dantzig, le Munchen sur cale aux chantiers navals Friedrich Krupp Germaniawerft de Kiel. Son lancement est prévu pour février 1949.

-Huit destroyers type 1942 (Z.53 à Z.60) sont en construction quand éclate le second conflit mondial : Les Z.53,Z.54, Z.55 et les Z.56 sont en achèvement à flot alors que les Z.57, Z.58, Z.59 et Z.60 sont encore sur cale

-Des torpilleurs sont également en construction, huit navires appartenant au type 46, une version dérivée du type 43.

Le T.45 et le T.46 sont en phase d’essais, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, les T.49, T.50, les T.51 et T.52 sont encore sur cale.

-De nombreux sous-marins sont en construction quand le conflit commence, des sous-marins appartenant à deux modèles, le type XII et le type XVII.

Sur les douze sous-marins type XII (U-193 à U-204) commandés en septembre 1942, les six premiers (U-193 à U-198) sont sur le point d’entamer leurs essais ou d’entrer en service. Les six autres sont encore en construction (U-199 à U-204) plus précisément en achèvement à flot.

-Sur les douze sous-marins type XVII commandés en janvier 1946 (U-205 à U-216), les six premiers sont sur le point d’entrer en service, les six autres sont encore en construction

Si aucun navire léger (escorteur, vedettes….) n’est en construction, ce n’est pas le cas des navires de soutien.

-Quatre ravitailleurs type Siegfried sont en construction au Rugen Kriegsmarinewerft, des navires baptisés Siegfried Thor Odin et Wotan.

-Deux navires-ateliers sont en construction aux chantiers navals Schichau-Werke d’Elbing, des navires baptisés Loki et Irmin

Les constructions poursuivies, les constructions suspendues

Le 5 septembre 1948, les constructions sont suspendues le temps de voir comment évolue le conflit et surtout la réaction des alliés. Ces derniers réagissant de manière musclée, les allemands reprennent la majorité des constructions, certaines étant suspendues pour permettre l’accélération des autres constructions.

Schéma des cuirassés type H

Schéma des cuirassés type H

En ce qui concerne les deux cuirassés, la construction du Goeben est poursuivie sans hâte, son état d’achèvement rendant peu économique l’arrêt de la construction.

En revanche, la construction du Moltke encore sur cale et endommagé ultérieurement par un bombardement anglais (8 septembre) est stoppée. La coque est lancée et va servir de ponton à Brême.

En ce qui concerne les trois croiseurs légers antiaériens de classe Dantzig, leur construction est poursuivie, les premiers combats en Norvège ayant montré que les aviations françaises et britanniques étaient aussi redoutables que la Luftwafe et le Kriegsmarine FliegerKorps.

Pour des raisons pratiques, la construction du Wien et du Munchen encore sur cale est freinée au profit du Friburg qui lui est en achèvement à flot.

Pour les huit destroyers type 1942, la construction est poursuivie avec comme toujours priorité donnée pour la fourniture d’armes et d’équipements aux navires à flot à savoir les Z.53 Z.54 Z.55 et Z.56. La construction des autres est donc sérieusement ralentie même si les Z.57 Z.58 et Z.59 sont proches de leur lancement. Seul le Z.60 est à un stade peu avancé de la construction.

-Pour les huit torpilleurs type 46, la situation est semblable à celle décrite plus haut. Le T.45 et le T.46 sont en phase d’essais, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, les T.49, T.50, les T.51 et T.52 sont encore sur cale.

La construction des T.49 à T.52 est suspendue pour accélérer celle des T.47 et T.48, les T.45 et T.46 étant techniquement achevés. Leur mise en service sera accélérée, les contraintes du temps de guerre n’étant pas les mêmes que les contraintes du temps de paix.

-La construction des sous-marins se poursuit normalement.

-En ce qui concerne les quatre ravitailleurs type Siegfried en construction au Rugen Kriegsmarinewerft, des navires baptisés Siegfried Thor Odin et Wotan,la construction des deux derniers est suspendue pour accélérer la construction des deux premiers.

-La construction des Deux navires-ateliers Loki et Irmin un temps suspendue se poursuit car leur utilité à été démontrée en Norvège.

Programme de guerre d’octobre 1948

Les commandes d’urgence

Quand le second conflit mondial éclate, la Kriegsmarine on l’à vu à un certain nombre de navires en construction dont deux cuirassés. Ses constructions sont pour certaines suspendues et pour d’autres poursuivies.

Très rapidement, les premières leçons du conflit sont tirées et des commandes d’urgence (Notsteuerungen) sont passées pour combler les premières pertes et resoudre certaines lacunes.

Le 10 septembre 1948, douze Neue Geleitboote immatriculés G.25 à G.36 sont commandés, six aux chantiers Blohm & Voss d’Hambourg et les six derniers aux chantiers navals Deschimag de Brême.

Deux autres commandes d’urgence sont passées concernant les vedettes lance-torpilles (trente-deux vedettes immatriculées S.86 à S.117), les Raum-Boote (douze navires immatriculés R.49 à R.60) et les navires amphibies, douze MarineInfanterieSchiff (MIS) commandés suite aux difficultés rencontrées dans la mise à terre des Panzer III, des chars pourtant relativement légers.

Le 20 septembre 1948, une commande de sous-marins est passée. Douze autres sous-marins (U-217 à U-228) appartenant au type XII sont commandés

Le programme de guerre du 12 janvier 1949

Ces premières commandes sont vraiment destinées à compenser les premières pertes. Pertes réelles ou imaginées. C’est donc logiquement que les sous-marins, les escorteurs, les S-Boote et les R-Boote sont commandés en premier.

Il faut cependant envisager l’avenir et prévoir un conflit à long terme avec la construction de navires amenés à servir dans le conflit voir même après.

La construction de cuirassés un temps envisagée est abandonnée pour donnée priorité à des navires plus rapidement disponibles. Si la construction avait été autorisé, les deux nouveaux navires envisagés auraient été identiques aux type H modifiés.

En revanche la construction de porte-avions est actée, les opérations en Norvège ayant clairement montré leur utilité.

Les Lutzen sont l'équivalent allemand des Colossus franco-britanniques (ici le HMS Colossus) à la différence que les navires allemands sont construits selon des normes militaires

Les Lutzen sont l’équivalent allemand des Colossus franco-britanniques (ici le HMS Colossus) à la différence que les navires allemands sont construits selon des normes militaires

Deux porte-avions sont commandés dans le cadre du programme de guerre, une version agrandie des Lutzen. Ces navires non encore baptisés lors de leur commande tirent les leçons de l’utilisation des ponts plats allemands avec un pont d’envol agrandit, des catapultes plus puissantes et une DCA renforcée. Deux autres navires s’ajoutent en option.

En ce qui concerne les croiseurs, comme les autres marines, les croiseurs légers sont privilégiés par rapport aux croiseurs lourds.

Six croiseurs légers inspirés des Berlin sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires qui reprennent les grandes lignes des Berlin tout en apportant des améliorations avec une nouvelle suite de radars et une DCA renforcée.

Pour ce qui est des Zerstörer, douze type 48 (Z.61 à Z.72) sont commandés. Il s’agit d’une version austère du type 42 dont on à simplifié la fabrication pour réduire le temps sur cale. Les caractéristiques générales ne changent pas.

Huit autres torpilleurs type 46 (T.53 à T.60) sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires identiques à ceux commandés avant guerre.

Provisoirement aucun sous-marin n’est commandé, le nombre étant jugé suffisant mais les premières pertes au large de la Norvège pousse les autorités navales à obtenir la commande de nouveaux sous-marin, douze type XVII (U-217 à U-228) sont commandés le 8 février 1949 dans le cadre d’une mise à jour du programme de guerre.

-Sur le plan des navires de soutien/auxiliaires, des commandes sont passées, douze M-Boote (M-61 à M-72) sont commandés suite à la découverte des nombreuses mines et les premières pertes au large de la Norvège. Deux pétroliers rapides inspirés des Dithmarschen sont également commandés.

Au final le programme de guerre du 12 janvier 1949 modifié du 8 février 1949 prévoit les commandes suivantes :

-Deux porte-avions

-Six croiseurs légers

-Douze Zerstörer type 48

-Huit torpilleurs type 46

-Douze sous-marins type XII et douze sous-marins type XVII

-Douze M-Boote

-Douze Neue Geleitboote

-Trente-deux vedettes lance-torpilles

-Douze R-Boote

-Douze MarineInfanterieSchiff (MIS)

-Deux pétroliers rapides

Allemagne (6) Artillerie et systèmes d’armes (3)

Artillerie légère

En compagnie du canon de 105mm, la marine allemande utilise le canon de 88mm même si la version navale n’est pas aussi célèbre que la version terrestre qui s’illustra aussi bien dans le combat antichar que dans la défense antiaérienne.

Quatre modèles différents ont été utilisés sans compter les canons hérités du premier conflit mondial et encore en service en septembre 1939.

Ces canons L/35 et L/45 utilisés sur les cuirassés, les torpilleurs et les destroyers de la Kaiserliche Marine se retrouve encore après le premier conflit mondial à bord des croiseurs légers et des cuirassés de poche.

Neuf ans plus tard, ces canons ont disparu de l’inventaire, remplacé par des canons de même calibre mais plus modernes. En 1941, les canons de 88mm du Lutzow et de l’Admiral Scheer sont remplacés par des canons de 105mm.

Schéma du canon de 88mm utilisé par la Kaiserliche Marine

Schéma du canon de 88mm utilisé par la Kaiserliche Marine

Le canon de 88mm SK L/45 est un canon de 45 calibres tirant des obus de 9kg à une distance maximale de 9100m à raison de 10 coups par minute. L’affût simple comme l’affût double peut pointer en site de -10° à +70° et en azimut sur 360°.

Le canon de 88mm SKC/30 est conçu pour les petites unités de surface et les sous-marins, les derniers équipés de ce canon étant les type VII, les type IX recevant un canon de 105mm.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 9 kilos à une distance maximale en tir antisurface de 14175m et en tir antiaérien de 9700m à raison de quinze coups par minute.

L’affût MPLC/30 pèse 5.76 tonnes permettant au canon de pointer en site de -10° à +70° et en azimut sur 360°. Les caractéristiques de l’affût pour sous-marins Ubts Flak LC/41 sont semblables.

Le canon de 88mm SKC/31 est utilisé sur les cuirassés de poche de classe Deutschland. C’est un canon de 78 calibres tirant des obus explosifs de 18.5kg à raison de 15 à 20 coups par minute. La portée maximale est de 17800m en tir antisurface (+45°) et de 13300m en tir antiaérien (+80°).

L’affût double Dopp LC/31 pèse 27.3 tonnes permettant aux canons de pointer en site de -10° à +80° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 360° à raison là aussi de 10° par seconde. La dotation en munitions étant de 500 coups par canon soit un total de 1500 coups.

Le canon de 88mm SKC/32 apparu dans la Kriegsmarine en 1934 et exporté notamment en Espagne est la nouvelle pièce antiaérienne standard des croiseurs légers allemands équipant au cours de leur carrière les croiseurs en service en septembre 1939 et ceux construits dans le cadre du plan Z en l’occurrence les classe Berlin, les CLAA classe Dantzig ne disposant pas de canons de ce modèle.

Ce canon de de 76 calibres tire des obus de 15kg à 17200m en tir surface et de 12400m en tir antiaérien à raison de 15 coups par minute sachant que chaque tube à une durée de vie de 3200 coups. L’affût double Dopp. LC/31 pointe en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°.

Le canon SK C/35 apparu en 1938 est une version améliorée du SK C/30 et va équiper essentiellement les sous-marins. Ses performances sont semblables à l’exception de la portée antiaérienne qui est de 11950m.

-Comme les autres marines, la Kriegsmarine utilise pour la DCA légère deux calibres. Si elle partage avec la France le calibre 37mm, c’est avec la Grande-Bretagne qu’elle partage le deuxième calibre en l’occurence le 20mm là où la France préfère le 25mm.

-Quand éclate la guerre de Pologne, la marine de guerre allemande dispose d’un modèle de canon de 37mm mais trois neuf avant plus tard quand éclate le second conflit mondial.

Affût double de 37mm sur le croiseur de bataille KMS Scharnhorst

Affût double de 37mm sur le croiseur de bataille KMS Scharnhorst

Le premier modèle de canon de 37mm est le SKC/30. Ce canon de 83 calibres tire des obus de 2.1kg à une distance maximale de 8500m en tir à but surface (site : +40°) et 4800 à 6800 en tir antiaérien (site : +40°) à raison de 30 coups par minute.

Il équipe pour ainsi dire la quasi-totalité de la Kriegsmarine qu’il soit l’arme principale comme sur les S-Boote ou l’arme antiaérienne légère des cuirassés, croiseurs de bataille et porte-avions.

C’est ainsi que les porte-avions disposent de onze affûts doubles, les cuirassés et croiseurs de bataille de huit, les croiseurs lourds de six, les croiseurs légers de quatre, les destroyers de deux affûts doubles et les torpilleurs d’un seul et unique.

L’affût simple LC/34 pèse 2000kg et permet aux canons de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°. Il est utilisé par les S-Boote comme arme antiaérienne et antisurface.

L’affût simple Ubts LC/39 utilisé par les sous-marins pèse 1450kg et permet aux canons de pointer en site de -10° à +90°

L’affût double pèse 3670kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°.

La dotation en munitions par canon varie de 1200 obus par canon pour les torpilleurs, destroyers et croiseurs légers à 2000 pour les porte-avions et cuirassés.

Ce canon lourd et encombrant aux performances perfectibles commence à être remplacé par des modèles plus performants à partir de 1946 mais il est encore présent sur de nombreux navires en septembre 1948.

Le deuxième modèle est le canon de 37mm M-45, adaptation du Flak 42 utilisé par l’armée de terre aussi bien en pièce remorquée qu’en affût monté sur véhicule.

Ce canon de 69 calibres tire des obus explosifs de 1.36kg ou perforants de 1.50kg à raison de 180 à 250 coups par minute, la portée maximale en tir antisurface étant de 6400m (+45°) et en tir antiaérien de 4800m (+80°).

Il réutilise les affûts du SKC/30 à la différence de son successeur immédiat, le M-47, adaptation pour les besoins de la Kriegsmarine d’un canon de 30mm dévellopé par Rheinmetall pour les chasseurs de la Luftwafe et du Kriegsmarine FliegerKorps (KFK), nouveau nom du Marineflieger.

Outre le passage du calibre 30 à 37mm, il est adapté à son utilisation en milieu maritime. Ce canon de 53 calibres tire des projectiles semblables au M-45 mais les performances en terme de portée sont améliorée (6500m en tir antisurface et 5000m en tir antiaérien, la cadence de tir pratique passant de 180 à 250 coups par minute.

Un nouvel affût simple et un nouvel affût double sont mis au point, des affûts plus légers et plus simples à utiliser et à fabriquer. A noter qu’en septembre 1948, un affût quadruple est sur le point d’entrer en production.

Les dotations en munitions ne changent pas par rapport au SKC/30.

-Pour ce qui est des pièces de 20mm, trois modèles différents sont utilisés par la Kriegsmarine.

Le premier le Flak C30 n’est qu’anecdotiquement en service en septembre 1948 essentiellement sur des dragueurs de mines, des R-Boote et des navires auxiliaires.

Ce canon de 65 calibres tire des obus de 134 ou 148g (explosif et perforant) à une distance maximale de 4900m en tir à but surface (site : +45°) et 3700m (site : +90°) en tir à but antiaérien à raison de 220 coups (cadence pratique) à 480 coups (cadence théorique) par minute.

Il est monté sur affût simple L/30 ou L/41 réservé aux S-Boot, en affût double pour les sous-marins (LM44U).

Affût quadruple de 20mm installé sur le Scharnhorst

Affût quadruple de 20mm installé sur le Scharnhorst

Il est peu à peu remplacé par un canon de 20mm Flak C38, une version plus fiable avec des chargeurs de 40 coups ce qui augmente son endurance.

Il est monté sur les même affût que son ainé qu’ils soient simples, doubles ou quadruples, le C38/43 assisté hydrauliquement étant l’arme de défense rapprochée préférée des capital ships de la Kriegsmarine en l’occurrence les cuirassés type H et les porte-avions d’escadre classe Graf Zeppelin.

La Kriegsmarine utilise également l’Oerlikon de 20mm sous les noms de Flak 28 et Flak 29 essentiellement à terre pour défendre les bases et sur de petites unités et des navires auxiliaires même si les besoins en DCA ne cessant d’augmenter, des Oerlikon feront leur trou sur les grosses unités de haute-mer.

Le 20mm Oerlikon est un canon de 70 calibres tirant des projectiles de 0.123kg à raison de 150 coups par minute pour une portée maximale de 4390m en tir antisurface et de 3050m en tir antiaérien. Ce canon est utilisé par la marine allemande en affût simple, double et quadruple, les affûts en question étant identiques à ceux des C30 et C38.

La marine allemande utilise également des mitrailleuses. Des MG-34 et des MG-42 sont disponibles à bord des destroyers, des croiseurs et des cuirassés pour la compagnie de débarquement.

-Un projet de canon antiaérien de 55mm n’est pas mené au bout et limité à la production de deux prototypes

-Un petit nombre de canons de 40mm Bofors ont été acquis mais la production sous licence envisagée n’à pas eu lieu avant le début du second conflit mondial.

Allemagne (5) Artillerie et systèmes d’armes (2)

Artillerie médiane

Tourelles doubles de 203mm du Prinz Eugen. Notez la présence d'un affût quadruple de 20mm à titre de test

Tourelles doubles de 203mm du Prinz Eugen. Notez la présence d’un affût quadruple de 20mm à titre de test

-Bien que non concernée par le traité de Washington, la marine allemande à choisit le canon de 203mm pour ses Schwere Kreuzer en l’occurrence les quatre croiseurs de classe Admiral Hipper et les quatre croiseurs de classe Admiral Graf Spee.

L’unique modèle utilisé est le SK C/34, un canon de 60 calibres tirant des obus de 122kg à une distance comprise entre 5000m (site : +1.9) et 33500m (site : +37°) à raison de 4 à 5 coups par minute.

La tourelle double pèse 249 tonnes (tourelles A et D) et 263 tonnes (tourelles B et C) et peut pointer en site de -10° à +37° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 145° à raison de 6 à 8°. L’angle de chargement est de 3°. La dotation en munitions est de 140 obus par canon soit un total de 1120 obus de 203mm.

La tourelle triple pèse 255 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 3.5° degré par seconde. Le rechargement se fait à +5°. La dotation en munitions est de 150 obus par canon soit 1350 obus pour l’ensemble du navire.

D’autres pièces vont être fabriquées pour la défense côtière notamment en Norvège.

Tourelle double de 150mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Tourelle double de 150mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

-A la différence du calibre précédent, plusieurs modèles de canons de 150mm sont en service dans la Kriegsmarine.

-Un mot rapide sur le 15CM SK L/45, une pièce du premier conflit mondial encore utilisé sur les croiseurs auxiliaires allemands et pour la défense côtière. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 13500m à raison de 5 à 7 coups par minute.

-Des pièces de ce calibre plus modernes ont été mises au point, constituant l’armement principal des destroyers et des croiseurs légers ainsi que l’armement secondaire des cuirassés et croiseurs de bataille.

-Le SK C/28 est utilisé sur les croiseurs lourds ex-cuirassés de poche et les Scharnhorst en affûts simples et en tourelles doubles sur les autres navires de ligne ainsi que les porte-avions.

Ce canon de 55 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 22000m (site : +35°) à raison de 10 coups par minute, l’espérance de vie du tube étant de 1100 coups.

L’affût simple MPL35 pèse 24 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -10° à +35° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 9° par seconde. La dotation en munitions est de 150 obus par tube.

L’affût double C28 pèse 116 tonnes et peut pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°. La dotation est de 105 coups par canon.

Les ex-cuirassés de poche disposaient de huit affûts simples, les Scharnhorst de douze affûts simples alors que les Bismarck possédaient six tourelles doubles équipées de ce canon.

Les cuirassés type H disposent de six tourelles doubles tandis que le Graf Zeppelin et le Peter Strasser disposaient de seize canons de 150mm en huit casemates doubles.

Ce dernier modèle d’affût baptisé MPL36 pèse 47.6 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10 à +37° à raison de 8° par seconde.

Ce canon va aussi équiper les croiseurs légers de classe Berlin avec une nouvelle tourelle triple inspirée de celle des Leipzig, Nürnberg et des trois navires de classe K.

La tourelle triple Drh Tr C/31 pèse 150 tonnes et permet aux canons de pointer en azimut sur 360° et en site de -10 à +40° à raison de 8° par seconde. La dotation en munitions est de 160 coups par canon soit un total de 1440 obus de 150mm.

Le canon de 150mm SKC/25 mis en service en 1929 équipe les croiseurs légers en service en septembre 1939 en l’occurrence le Leipzig, le Nürmberg, le Koln, le Karlsruhe et Königsberg).

C’est un canon de 60 calibres tirant des obus explosifs ou perforants de 45.5kg à une distance maximale de 25700m (à +40°) à raison de 6 à 8 pour le Leipzig et les trois navires de classe K alors que le Nurnberg pouvait tirer dix à douze coups par minute.

La tourelle triple TrC/25 équipant le Leipzig et les trois K pèse 136 tonnes et permet aux canons de pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +40° à raison de 6 à 8° par seconde. La tourelle TrC/26 du Nürnberg pèse 147 tonnes et dispose de performances similaires. La dotation en munitions est de 120 coups par canon soit un total de 1080 projectiles.

Enfin, le dernier canon de 150mm utilisé par la Kriegsmarine est le canon Tbts KC/36. Ce canon de 48 calibres tire des obus de 45.3kg à une distance maximale de 21950m pour les affûts simples (+30°) et de 23500m pour les tourelles doubles (+47°) à raison de 7 à 8 coups par minute.

L’affût simple Tbts LC/36 pèse 16 tonnes et permet au canon de pointer de -10° à 30° en site et sur 360° en azimut à la vitesse de 3° par seconde.

La tourelle double Ldrh LC/38 pèse 60 tonnes et permet au canon de pointer en site de -10° à +65° et en azimut sur 145° de part et d’autre de l’axe à la vitesse de 8° par seconde.

La dotation en munitions est de 120 coups par canon. Il est utilisé par les destroyers type 1936A où il y est employé à raison d’une tourelle double à l’avant et de trois affûts simples à l’arrière.

Il équipe également les croiseurs de bataille type O à raison de trois tourelles doubles, le croiseur-école Postdam à raison de trois tourelles doubles également et des croiseurs légers de classe Berlin à raison de trois tourelles triples déjà décrites au dessus.

destroyer allemand KMS Leberecht Maas (Z-1) armé de canons de 127mm sous masque

destroyer allemand KMS Leberecht Maas (Z-1) armé de canons de 127mm sous masque

-La marine allemande utilise également un canon de 127mm (en réalité 128mm) pour équiper des destroyers (Zerstörer dans la langue de Goethe) mais également des croiseurs sous-marins et des croiseurs légers antiaériens.

Le premier canon utilisé est le SK C/34, une pièce de 45 calibres dessinée en 1930 et mise en service quatre ans plus tard en 1934. Il tire des obus de 28kg à une distance maximale de 17400m (+30°) à raison de quinze à dix-huit coups par minute.

-Les Zersöster type 1934, 1936 et 1942 disposent de cinq canons de ce type en affûts simples avec deux affûts à l’avant, un au milieu et deux à l’arrière alors que les croiseurs sous-marins type XI disposent de quatre canons en deux tourelles doubles.

-L’affût simple MPLC/28 semblable à ceux utilisés pour les canons de 105mm pèsent 10.22 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +30° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est de 120 coups par pièce soit un total théorique de 600 pour les destroyers.

-La tourelle double Drh LC/38 utilisée par les croiseurs sous-marins type XI pèse 42.2 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°. La doation en munitions est de 270 obus par pièce soit un total de 1080 coups.

Le deuxième modèle baptisé SK C/41 est une version nettement améliorée du précédent modèle avec une différence de taille : il est à double emploi pouvant attaquer des cibles en surface et dans les airs.

Il va équiper les croiseurs antiaériens de classe Dantzig à raison de huit tourelles doubles soit seize canons, les destroyers type 1942 et 1946 à raison de trois tourelles doubles soit six pièces ainsi que les cuirassés type H amélioré où il remplace à la fois les canons de 105 et de 150mm à raison de douze tourelles doubles.

Il va également être utilisé en défense côtière, les pièces étant montées sur des plate-formes rotatives protégées par des parapets en béton, les servant étant protégés par un bouclier.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 49kg à une cadence de 15 à 18 coups par minute à une distance maximale de 22000m en tir antisurface (+40°) et de 12200m en tir antiaérien (+70°).

La tourelle double Drh LC/42 pèse 43 tonnes et permet au canon de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 170° de part et d’autre de l’axe.

La dotation en munitions est de 120 coups par canon pour les Zerstörer soit un total de 720 obus, de 180 obus par canon pour les croiseurs antiaériens (total : 2160 coups) et de 240 pour les type H améliorés soit un total de 3840 projectiles.

-La Kriegsmarine utilise également des canons de 105mm embarqués aussi bien sur des navires de combat que sur des navires de soutien.

Canons de 105mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Canons de 105mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Il existait tout d’abord un certain nombre de canons de 105mm issus du premier conflit mondial et encore utilisé trente-ans plus tard à bord de navires auxiliaires voir certains croiseurs auxiliaires réarmés avec des pièces de récupération.

Parmi ces différentes pièces présentes en nombre infime en 1948, citons le canon de 105mm SK L/45, un canon de 45 calibres tirant des obus de 25.5kg à une distance maximale de 12700m à raison de quinze coups à la minute.

La première pièce moderne de 105mm de la marine allemande est le SK C/28. Utilisé principalement par les torpilleurs type 23 et 24, ce canon de 54 calibres tire des obus de 14.7kg à une distance maximale de 17250m à raison de quinze coups à la minute.

Ce canon n’est pas antiaérien, l’affût sur lequel il est installé ne pouvant pointer qu’à +30°. Les torpilleurs type 23 et 24 embarquent trois canons de ce type avec une pièce à l’avant et deux à l’arrière.

La deuxième pièce «moderne» est le canon de 105mm SK C/32, une version améliorée du précédent et conçue comme pièce antisurface et sur le tard antiaérienne.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 15.10kg à une distance maximale en tir antisurface de 15175m (+44°)et en tir antiaérien de 10300m (+80°) à raison de 15 coups par minute.

Elle équipe les torpilleurs type 35 et 37 à raison d’un seul canon, les type 39 ou classe Elbing à raison de quatre canons, les sous-marins type IX à raison d’un canon et les dragueurs type M à raison là aussi d’une pièce.

Le canon de 105mm SK C/33 est le canon antiaérien standard de la marine allemande. Conçue dès l’origine comme une pièce duale antisurface/antiaérienne, elle équipe les cuirassés et croiseurs de bataille allemands mais également les deux porte-avions de classe Graf Zeppelin et certains croiseurs.

Ce canon de 65 calibres tire des obus de 23.5kg (explosif incendiaire) 26.5 ou 27.35 (explosifs) à une distance de 17700 en tir à but surface(site : +45°) et à 12500m en tir antiaérien (site : +80°) à raison de 15 à 18 coups par minute.

L’affût double Dop. L. C31 ou 37 pèse 27 tonnes et peut pointer de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut.

Les Scharnhorst disposent de sept affûts doubles, les Lutzow de trois affûts doubles et les croiseurs lourds de six affûts doubles. Les Bismarck et Tirpitz disposent de huit affûts et les Graf Zeppelin de quatre affûts doubles.

La dotation en munitions par canon est de 400 coups pour les cuirassés, les croiseurs de bataille et les porte-avions et de 420 coups pour les croiseurs lourds.

Pour les cuirassés type H et les croiseurs de bataille type O, une véritable tourelle double, la Dop. L. C38 est prévue et réalisée raison de huit exemplaires pour les premiers et quatre pour les seconds.

Cette tourelle double pèse 44 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10 à +80° à raison de 12° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 10° par seconde.

Une version allégée est mise au point pour les torpilleurs type 43 et type 46.