Benelux (21) Pays-Bas (21)

Navires de guerre des mines

Mouilleurs de mines

La mine marine représentant une arme redoutable au rapport coût/efficacité imbattable, les Pays-Bas l’ont immédiatement intégré dans leurs plans de défense non seulement au moment où la Koninklijke Marine était une marine de troisième division mais aussi quand elle venait d’accéder au statut de marine de deuxième rang avec trois navires de ligne et un porte-avions.

Si quelques mouillage de mines offensifs sont prévus, la majorité des mouillages à une visée défensive notamment pour protéger l’accès aux ports néerlandais.

Hr.Ms. Hydra (ship, 1912) 2

Le mouilleur de mines Hydra

-On trouve tout d’abord les deux mouilleurs de mines de Classe Hydra, les mouilleurs de mines Hydra et Medusa mis en service respectivement en 1912 et 1911. Ce sont les premiers minelayer néerlandais construits dès l’origine pour ce rôle, leurs prédécesseurs étant des navires convertis.

Ces navires sont toujours en service en septembre 1948 après avoir été modernisés notamment un renforcement de la DCA. Ils participent à la mise en place des champs de mines défensifs pour protéger les côtes néerlandaises alors que le pays est encore neutre.

Le 10 mai 1949, les allemands attaquent. Les deux vieux mouilleurs de mines sont toujours en service quoique un peu plus fatigués. Aucun ne survit à la campagne des Pays-Bas, l’Hydra étant coulé par l’aviation allemande le 15 mai alors qu’il essayait d’évacuer des soldats néerlandais isolés sur des îles de Frise alors que le Medusa est détruit par une mine alors qu’il essayait de mouiller un nouveau champ de mines le 4 juin 1949.

Déplacement : standard 593 tonnes pleine charge 678 tonnes

Dimensions : longueur 49.68m largeur 9.04m tirant d’eau 2.75m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1090ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 11 nœuds distance franchissable 1440 miles nautiques à 6 nœuds 950 miles nautiques à 10 nœuds 72 tonnes de charbon

Armement : deux canons de 75mm en deux affûts simples, deux mitrailleuses de 12.7mm en affût double, une mitrailleuse de 6.5mm 73 mines type 1921 ou 96 mines type 1907

Equipage : 59 officiers et marins

Hr.Ms. Douwe Aukes (ship, 1922)

-Les mouilleurs de mines de classe Douwe Aukes (Douwe Aukes et Van Meerlant) étaient une évolution des précédents (notamment une distance franchissable plus importante). Ils sont mis en service en 1922.

Tout comme leurs aînés, ils étaient utilisés en temps pour des missions de transport et de «service public» comme l’assistance la pêche ou encore l’entretien des digues dont on connait l’importance pour un pays aussi peu élevé que les Pays-Bas qui plus est à gagner de nombreux kilomètres sur la mer du Nord.

Quand la guerre éclate en septembre 1948, les deux unités de classe Douwe Aukes participent à des opérations de mouillage de mines pour protéger les côtes néerlandaises. Quand les allemands attaquent, seul le Van Meerlant est disponible, son sister-ship étant immobilisé pour avarie dans le port d’Utrecht.

Si le Van Meerlant parvient à se réfugier en Grande-Bretagne, le Douwe Aukes est sabordé pour ne pas tomber aux mains des allemands. L’épave est relevée par les allemands qui se contentent de l’envoyer à la feraille pour récupérer l’acier.

Le Van Meerlant en mauvais état est désarmé le 15 juillet 1949, devenant un ponton à Chatham,ponton utilisé jusqu’à la fin du conflit. Il est envoyé à la feraille au printemps 1955.

Déplacement : standard 687 tonnes pleine charge 748 tonnes

Dimensions : longueur 54.82m largeur 8.97m tirant d’eau 3.18m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1170ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13 nœuds 115 tonnes de charbon embarquées

Armement : trois canons de 75mm, deux mitrailleuses de 12.7mm et deux mitrailleuses de 6.5mm puis quatre canons de 20mm Oerlikon, 107 mines modèle 1907 ou 108 modèle 1918 ou 87 modèle 1921.

Equipage : 60 officiers et marins

-Le Nautilus est un mouilleur de mines mis en service en 1930. Comme tous les mouilleurs de mines, il avait une double carrière, menant en temps de paix d’autres missions en l’occurrence le transport et l’assistance à la pêche.

Légèrement endommagé durant la campagne des Pays-Bas, il parvient à se réfugier à Douvres, reprenant la lutte au sein de la Nederland Task Force (Royal Navy) pour des missions de patrouille et d’escorte côtière.

Il est endommagé par une torpille le 14 mars 1952. Réparé il reprend le combat pour être à nouveau endommagé par l’aviation allemande le 14 septembre 1953 au large de la Norvège (une bombe plus roquettes).

Le Nautilus est remorqué à Rsoyth, remis en état pour reprendre le combat en janvier 1954. Il rentre aux Pays-Bas en mai 1954. Il est utilisé comme bâtiment-base pour remettre en état ports et digues endommagés par les combats et par les sabotages allemands. Mis en réserve le 17 septembre 1955, le Nautilus est vendu à la démolition en 1960 et démantelé.

Déplacement : standard 800 tonnes pleine charge 1056 tonnes

Dimensions : longueur 58.50m largeur 9.50m tirant d’eau 4.15m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières développant 1350ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds distance franchissable nc avec les 138 tonnes de mazout embarquées

Armement : trois canons de 75mm, deux affûts doubles de 12.7mm Vickers, deux mitrailleuses Lewis, 40 mines

Durant le second conflit mondial, le Nautilus devient escorteur perdant son équipement de mouillage de mines (il pouvait embarquer 40 mines) «remplacé» par un équipement de lutte anti-sous-marine avec un Asdic, deux grenadeurs et 25 grenades ASM. Sa DCA est renforcée (canons de 20mm à la place des mitrailleuses) et les canons de 75mm sont remplacés par des canons de 3 pouces (76.2mm) quand les stocks d’obus de 75mm devinrent trop faibles.

Equipage : 57 officiers et marins

-Le Jan van Braker mis en service en 1936 était assez semblable au précédent. Il à été utilisé comme mouilleur de mines mais aussi (et surtout) comme patrouilleur et escorteur.

Comme le Nautilus, il survit à la campagne des Pays-Bas, se réfugiant en Grande-Bretagne pour reprendre la lutte au sein de la NTF(RN) (Nederland Task Force [Royal Navy]) d’abord comme mouilleur de mines pour renforcer les champs de mines britanniques puis comme patrouilleur et escorteur.

Endommagé à plusieurs reprises, le navire survit néanmoins à la guerre en Europe. Après une remise en état complète à Chatham, le patrouilleur Jan van Braker est envoyé aux Indes Néerlandaises arrivant à Batavia à la mi-août 1954.

Utilisé pour soutenir les troupes néerlandaises (transport, appui-feu et même évacuation sanitaire), le patrouilleur reste déployé dans la région jusqu’en mars 1960 quand l’Indonésie devient indépendante et que les Pays-Bas retirent leurs troupes.

Le navire rentre au pays mais usé il est rapidement mis en réserve (septembre 1960). Jamais réarmé, il est vendu à la démolition en 1963 et démantelé.

Déplacement : 715 tonnes Washington

Dimensions : longueur 58.70m (54.80m entre perpendiculaires) largeur 10.01 tirant d’eau 4m

Propulsion : deux machines à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrox développant 1600ch et entraînant deux hélices 72 tonnes de mazout

Performances : vitesse maximale 15 nœuds

Armement : deux canons de 75mm, un canon de 37mm, quatre mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts doubles. 60 mines

Au cours du second conflit mondial, l’armement évolue avec en 1954 deux canons de 76.2mm, quatre canons de 40mm Bofors en deux affûts doubles, quatre canons de 20mm Oerlikon, quatre mitrailleuses de 12.7mm et vingt-quatre grenades anti-sous-marines.

Equipage : 65 officiers et marins

N82 Hr.Ms. Willem van der Zaan (ship, 1939) 5

-Le Willem van der Zaan mis en service le 21 août 1939 est le dernier mouilleur de mines construit par la marine néerlandaise en Métropole. Il à été également conçu pour être utilisé comme transport et comme navire-école.

A partir de septembre 1948, il assure le mouillage des champs de mines défensifs pour protéger les côtes néerlandaises. Quand les allemands attaquent le 10 mai 1949, le Willem van der Zaan sert de patrouilleur, d’escorteur, de transport et de navire d’appui-feu. Il est endommagé à deux reprises par l’aviation et par la marine allemande.

Réfugié en Grande-Bretagne, il assure des missions de patrouille, d’escorte et d’appui-feu notamment lors des raids commandos menés en Norvège et aux Pays-Bas. Il est endommagé par l’aviation allemande le 5 janvier 1951 (une bombe) puis par des vedettes rapides allemandes le 12 mars 1952.

Il survit au conflit, étant mis en réserve en septembre 1965. Réarmé en mars 1970, il est transformé en patrouilleur de haute mer et envoyé au Surinam. Le navire étant vendu à la jeune république surinamaise, devenant le Maracaibo. Il à été utilisé jusqu’en 1990 quand il sombre au large suite à un incendie.

Déplacement : standard 1247 tonnes pleine charge 1407 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 75.2m (70m entre perpendiculaires) largeur 11.2m tirant d’eau 3.28m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion Werkspoor alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 2200ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15.5 noeuds

Armement : deux canons de 120m en affûts simples sous masque, deux affûts doubles de 40mm Bofors et quatre mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts doubles 120 mines

Durant le second conflit mondial, le navire reçoit des canons antiaériens supplémentaires en l’occurence six canons de 40mm Bofors et quatre canons de 20mm (ces derniers remplaçant les mitrailleuses), installation d’un Asdic, de deux grenadeurs et deux mortiers pour quarante-huit grenades ASM.

Equipage : 92 officiers et marins (mouilleur de mines) 130 officiers et marins (navire-école)

Le mouilleur de mines Pro-Patria mis en service en 1923 était l’un des premiers navires construits par l’Arsenal de Soerabaja. Voilà pourquoi ce mouilleur de mines n’était pas une totale réussite avec une vitesse limitée et une maniabilité qui aurait pu être meilleure. En septembre 1948, le navire va surtout servir de transport, le Japon restant provisoirement neutre.

A partir de la mi-mars alors que les tensions deviennent importantes avec le Japon, le Pro-Patria commence à mouiller les champs de mines prévus. Sa guerre est courte. Le 28 mars 1950, alors qu’il mouillait des mines au large de Borneo, il est attaqué par l’aviation japonaise. Une bombe touche les mines avec les conséquences qu’on imagine parfaitement. Le mouilleur de mines disparaît dans une boule de feu, ne laissant aucun survivant.

Déplacement : standard 537 tonnes pleine charge 612 tonnes

Dimensions : longueur 47m largeur 8.6m tirant d’eau 2.8m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière cylindrique développant 650ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 10 nœuds

Armement : un canon de 75mm Bofors, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 12.7mm, soixante mines

Equipage : 61 officiers et marins.

Hr.Ms. Krakatau (ship, 1924)

Le Krakatau échoué

Le Krakatau mis en service le 11 décembre 1924 n’est pas meilleur que le précédent puisqu’il chavire le 11 octobre 1932. Il est néanmoins remis en état avec l’aide d’ingénieurs américains et remis en service. Les performances sont améliorées mais le Krakatau ne sera jamais un très bon navire ni un navire vraiment apprécié par son équipage.

Toujours en service en septembre 1948, le Krakatau sert de transport et de mouilleur de mines jusqu’au 20 avril 1950 quand il est coulé par l’aviation japonaise alors qu’il tentait de rallier l’Australie.

Déplacement : 982 tonnes

Dimensions : longueur 65m largeur 10m tirant d’eau 3.2m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière cylindrique développant 2500ch et entraînant une hélice

Performances : vitesse maximale 15.5 nœuds

Armement : deux canons de 75mm, quatre mitrailleuses de 12.7mm, 150 mines

Equipage : 91 à 105 officiers et marins.

Le Rigel mis en service en novembre 1931 était un navire particulier puisqu’il servait en temps de paix de yacht pour le gouverneur général des Indes Néerlandaises.

Le 5 octobre 1948, le yacht (déformation du néerlandais jacht) est désarmé et modifié à l’Arsenal de Soerabaja pour être transformé en mouilleur de mines. Le navire est remis en service début décembre après deux mois de travail.

Après avoir mouillé les champs de mines prévus, le Rigel sert de transport pour évacuer du matériel de Batavia. Le 23 mars 1950 alors qu’il était en mer, il est surpris par l’aviation japonaise qui l’endommage gravement. On tente de le prendre en remorque mais dans la nuit suivante il coule.

Déplacement : standard 1378 tonnes pleine charge 1631 tonnes

Dimensions : longueur 67.50m largeur 11.04m tirant d’eau 3.06m

Propulsion : deux machines verticale à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 1400ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 12.7 nœuds distance franchissable 2200 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 75mm Krupp, deux mitrailleuses de 12.7mm, 150 mines

Equipage : 63 à 67 officiers et marins

Hr.Ms. Prins van Oranje (ship, 1932) 2

Le Prins van Oranje

Les deux unités de classe Prins van Oranje construites aux Pays-Bas et mises en service en 1932 ont été rapidement déployés aux Indes Néerlandaises pour y renforcer la capacité de mouillage de mines de la marine néerlandaise. Ces deux unités baptisées Goudden Leeuw et Prins van Oranje sont toujours en service en septembre 1948.

Le Goudden Leeuw est coulé en mars 1952 alors qu’il servait de transport alors que le Prins van Oranje survit au conflit, rentrant en métropole en mars 1957. Mis en réserve en mars 1962, il est définitivement désarmé en septembre 1964 et démoli.

Déplacement : standard 1291 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 70m (65.8m entre perpendiculaires) largeur 10.97m tirant d’eau 3.28m

Propulsion : deux machines verticale à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières développant 1750ch et entraînant deux hélices

Performances : Vitesse maximale : 15 nœuds

Armement : deux canons de 75mm, deux canons de 40mm Vickers, deux mitrailleuses de 12.7mm et jusqu’à 150 mines

Equipage : 121 officiers et marins

En mars 1945 et septembre 1946 deux mouilleurs de mines sont mis en service aux Indes Néerlandaises.

Baptisés Aceh et Celebes, ces deux navires déplaçaient 2000 tonnes, pouvaient filer à 25 nœuds avec un armement solide. Ils furent conçus pour être aussi bien des transports, des navire-écoles que des mouilleurs de mines. Ils vont jouer un rôle majeur dans la défense désespérée des Indes Néerlandaises contre l’impérialisme nippon.

Ces navires endommagés à plusieurs reprises survivent au conflit après avoir servit de mouilleur de mines et surtout de transport. Ils sont engagés aux Salomons, en Nouvelle-Guinée, en Indochine, terminant la guerre à Singapour et aux Indes Néerlandaises.

L’Aceh reste aux Indes Néerlandaises jusqu’au printemps 1960 quand il rentre aux Pays-Bas. Il est totalement refondu pour servir de ravitailleur et de bâtiment de soutien. Il est désarmé en 1977 et démoli. Le Célèbes lui rentre aux Pays-Bas dès juin 1955, étant mis en réserve de 1956 à 1962 avant d’être réarmé, étant transformé en transport de matériel. Il est désarmé en 1975 et démoli.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 2000 tonnes

Dimensions : longueur 86m largeur 11m tirant d’eau 3.75m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2500ch entraînant une hélice

Performances : vitesse maximale 20 nœuds distance franchissable 3500 miles nautiques à 12 nœuds

Armement : deux canons de 100mm, six canons de 40mm Bofors en trois affûts doubles, quatre canons de 20mm Oerlikon, 150 à 186 mines

Equipage : 97 officiers et marins.

Outre les mouilleurs de mines de premier rang, on trouve des mouilleurs de mines auxiliaires comme le remorqueur Soemenep mis en service en 1931. Transformé en mouilleur de mines auxiliaires au printemps 1949, il complète l’action des mouilleurs de mines de premier rang avant de servir à nouveau de remorqueur.

Sabordé par les néerlandais à Batavia le 4 janvier 1951, il est relevé par les japonais qui le remette en service et l’utilise jusqu’à sa destruction complète et définitive par l’aviation embarquée britannique lors de l’opération ZIPPER en décembre 1953. L’épave repose à plusieurs centaines de mètre de fond à l’abri des pilleurs d’épave.

Déplacement : 227 gross tons

Dimensions : longueur entre perpendiculaires 35.86m largeir 8.11m tirant d’eau 2.82m

Motorisation : une machine verticale à triple expansion alimentées en vapeur par une chaudière développant 400ch et entraînant une hélice

Performances : vitesse maximale 10 nœuds

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm et jusqu’à vingt-six mines

Equipage : 26 officiers et marins

-Les deux unités de classe Regulus (Regulus et Ram) sont utilisées en temps de paix comme ravitailleur d’hydravions. Le Regulus est mis en service en mars 1942 et le Ram en décembre 1943.

Ils sont donc utilisés en temps de paix comme ravitailleur d’hydravions notamment pour les Catalina utilisés par les néerlandais aux Indes.

En septembre 1948, le Regulus est transformé en mouilleur de mines mais cette transformation est temporaire, le Regulus redevenant ravitailleur d’hydravions, étant alors remplacé par son sister-ship.

Le Regulus survit à la première phase du conflit à la différence du Ram qui est lui coulé par des destroyers japonais en août 1950. Le Regulus sert de bâtiment-base pour hydravions à Guadalcanal, étant sérieusement endommagé en août 1951 mais il parvient à être ramené à Darwin pour de longs travaux jusqu’en janvier 1952.

Il participe ensuite à la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée, enchaînant par les opérations OVERLORD et ZIPPER. A la fin du conflit, il reste déployé aux Indes Néerlandaises jusqu’à l’indépendance de l’Indonésie en mars 1960. Rentré en métropole, il est mis en réserve puis réarmé en octobre 1962 pour devenir bâtiment-base de dragueurs de mines jusqu’à son désarmement définitif en septembre 1980. Il est vendu à la démolition après l’échec d’une vente à l’Egypte.

Déplacement : standard 2400 tonnes

Dimensions : longueur 88m largeur 12.7m tirant d’eau 4.2m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2400ch chacun entraînant deux hélices

Vitesse maximale 18 nœuds

Armement : deux canons de 120mm en affûts simples, deux canons de 75mm, huit canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles et six mitrailleuses de 12.7mm. 80 à 120 mines selon les modèles

Equipage : 120 officiers et marins.

Quand la tension en Asie-Pacifique deviendra telle qu’un conflit était plus que probable, le gouvernement néerlandais réquisitionnera de nombreux navires marchands pour accroître ses capacités en terme de mouillage de mines mais nombre de ces navires furent rendus à leur rôle initial de transport.

Dragueurs de mines

Mouiller des mines c’est bien mais il faut aussi pouvoir neutraliser celles mises en place par l’ennemi.

Les premiers navires étaient quatre remorqueurs en construction durant le premier conflit mondial et qui furent rachetés sur cale par la marine néerlandaise et qui devinrent les M-1, M-2,M-3 et M-4, le M signifiant Mijnenveger (dragueur ou chasseur de mines) soit le contraire d’un Mijnenlegger (mouilleur de mines).

Hr.Ms. M1 (1918)

Mis en service en 1918, ils étaient toujours en service en septembre 1939 mais avaient disparu de l’inventaire de la Koninklijke Marine en septembre 1948 puisqu’ils ont quitté le service actif respectivement en septembre 1943 (M-2), en mars 1944 (M-4), en octobre 1944 (M-1) et enfin en mars 1945 (M-3).

Maintenus en réserve au cas où, ils ont connu une deuxième carrière en mai 1949 quand ils furent sabordés pour embouteiller les ports. Les épaves ont été relevées par les allemands qui s’empressèrent de les ferrailler pour récupérer l’acier pour leur effort de guerre.

Déplacement : 238 tonnes

Dimensions : longueur 30.5m largeur 6.95m tirant d’eau 2.8m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière développant 500ch et entraînant une hélice

Vitesse maximale : 10 nœuds

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm

Equipage : 16 hommes

Hr.Ms. A (1930)

Le dragueur de mines A

Les premiers vrais dragueurs de mines néerlandais sont mis en service seulement au début des années trente. Inspirés des derniers dragueurs de mines allemands du premier conflit mondial (type FM), ils furent envoyés dès leur mise en service aux Indes Néerlandaises où ils étaient toujours en septembre 1948. Ces navires ont été poétiquement baptisés A B C et D.

Mis en service en 1930, ces quatre navires devaient assurer l’accès des ports des indes néerlandaises en cas de mouillage de mines ennemi voir assurer un déminage de mines néerlandaises ayant rompu leurs câbles et représentant un danger pour la navigation.

Toujours opérationnels en mars 1950 quand le Japon attaquent, ils ne peuvent pas jouer un immense rôle face à la tornade japonaise. Regroupés à Soerabaja, ils y sont sabordés en décembre 1950 peu avant la prise de la ville par les armées nippones.

Les quatre navires sont relevés et remis en service par les japonais comme chasseurs de sous-marins sous les désignations de Cha-113 à 116. Ils sont tous coulés au cours du conflit, le Cha-113 par l’aviation américaine en Nouvelle-Guinée, le Cha-114 par un sous-marin britannique au large de la Birmanie, les deux derniers par l’aviation néerlandaise lors de l’opération ZIPPER.

Déplacement : 179 tonnes Washington

Dimensions : longueur 42.80m largeur 6m tirant d’eau 1.5m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par une chaudière à tubes d’eau développant 700ch et entraînant deux hélices

Vitesse maximale : 14.5 nœuds

Armement : un canon de 47mm, deux mitrailleuses de 12.7mm et huit grenades anti-sous-marines

Equipage : 30 officiers et mariniers

La principale classe de dragueurs de mines de la marine néerlandaise était la classe Jan Van Amstel composée de quatorze navires mis en service pour huit d’entre-eux dans les années trente et pour les autres durant la Pax Armada. Si six navires furent envoyés aux Indes Néerlandaises, les huit derniers restèrent en métropole.

F Hr.Ms. Pieter Florisz (1937)

Le dragueur de mines Pieter Florisz

 

Les huit premiers sont mis en service à la fin des années trente en l’occurrence les HMNLS Jan Van Amstel (mis en service en mars 1937), Pieter de Bitter (mis en service en mai 1937), Abraham Crijnssen (mis en service en mai 1937), Eland Dubois (juin 1937), Willem van Ewijck (juillet 1937), Jan van Gelder (mis en service en septembre 1937), le Pieter Florisz (mis en service en septembre) et le Abraham van der Hulst en octobre 1937.

Sur ces huit navires, le Willem van Ewijck est perdu le 8 septembre 1939 quand il saute sur une mine visiblement d’origine allemande sans que la preuve n’en soit jamais faite. Ce qui est certain c’est que trente-trois marins sur quarante-cinq sont tués.

Sept autres navires vont être construits durant la Pax Armada pour opérer aux Indes Néerlandaises pour six d’entre-eux, le dernier baptisé…..Willem van Ewjick remplaçant le navire perdu sur une mine en septembre 1939.

Le HMNLS Willem van Ewjick (II) est mis en service en septembre 1941. Il est suivit par le HMNLS Ameland mis en service en janvier 1942, le Beveland est mis en service en juin 1942, le Maiten est mis en service en septembre 1942, le Putten est mis en service en janvier 1943, le Rozenburg est mis en service en mai 1943 et le Terschelling l’est en juillet 1943.

Cette classe subit de lourdes pertes puisque neuf navires sont perdus aussi bien en Europe que sur le front Asie-Pacifique.

Le Jacob van Amstel est coulé au large de Flessingue le 13 mai 1949 par la Luftwaffe (deux bombes) et le Pieter de Bitter est coulé dans la nuit du 15 au 16 mai par des vedettes lance-torpilles alors qu’il patrouillait au large des côtes néerlandaises.

Le Abraham van Crijnssen est coulé le 30 septembre 1951 alors qu’il détruisait des mines au large du port britannique de Newcastle. Une mine censée avoir été neutralisée est encore active, explose contre la coque et entraîne le petit navire vers le fond avec des pertes humaines heureusement limitées.

Le Pieter Florisz est coulé par un sous-marin allemand le 14 janvier 1952 alors qu’il venait d’éliminer des mines mouillées par un avion allemand au large de Rosyth. Le Jan van Elder est coulé par une batterie côtière allemande lors de l’opération BOREALIS, le débarquement allié en Norvège (octobre 1953).

Il ne restait en service à la fin du conflit que les HMNLS Eland Dubois, Willem van Ewijck et Abraham van der Hulst. Encore en bon état, ils sont entièrement remis en état pour servir encore quelques années, étant respectivement désarmé en mars 1967, en octobre 1969 et en avril 1970.

Si les deux premiers sont démolis, le troisième est conservé comme musée à Amsterdam. Il y est toujours en 2020.

Les Jan van Amstel déployés outre-mer (Ameland Beveland Marken Putten Rozenburg Terschelling) subissent eux aussi de lourdes pertes même si le Japon à été moins performant en matière de guerre des mines au grand soulagement des alliés.

Le Ameland est perdu le 4 juin 1950, coulé par l’aviation japonaise au large de Borneo alors qu’il escortait un convoi de renforts à destination de la grande île.

Le Marken est coulé le 8 octobre 1951 lors d’une collision avec un cargo australien qui s’en sort quasiment sans dommages. Le Rozenburg est victime d’une batterie côtière japonaise non détruite par les bombardements préparant l’opération ZIPPER (8 novembre 1953) alors que le Terschelling est victime d’un kamikaze japonaise en mars 1954 lors de cette même opération ZIPPER.

Les HMNLS Beveland et Putten survivent au conflit, servant aux Indes Néerlandaises de septembre 1954 à octobre 1958 pour d’abord nettoyer les ports des épaves puis pour aider les troupes néerlandaises à éradiquer la guerilla nationaliste avec le succès que l’on sait puisque La Haye fût forcée de reconnaître l’indépendance de l’Indonésie en mars 1960.

Rentrés en métropole, les deux navires sont désarmés et cannibalisés pour leurs sister-ship ayant survécus aux combats en métropole. Ils sont démolis à la fin des années cinquante.

Déplacement : standard 467 tonnes

Dimensions : lonfueur hors tout 56.8m largeur 7.8m tirant d’eau 2.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1600ch et entraînant deux hélices. 110 tonnes de fioul dans les soutes

Vitesse maximale : 15 nœuds

Armement : un canon de 3 pouces puis un canon de 75mm Bofors, deux mitrailleuses de 12.7mm puis deux canons de 20mm Oerlikon et deux mitrailleuses de 12.7mm, seize grenades ASM et jusqu’à quarante mines au cas où le dragueur se ferait mouilleur.

Equipage : 45 officiers et marins

Peu avant le début du second conflit mondial, la marine néerlandaise mit en service en métropole douze dragueurs de mines légers, des mijnenveger legger destinés à opérer dans les estuaires voir sur certains canaux, La Haye craignant que l’Allemagne ne paralyse l’économie du pays en larguant des mines sur les voies d’eau intérieures du pays.

Ces navires qui furent baptisés MVL-I à XII furent tous concentrés en métropole, l’envoi de certains aux Indes Néerlandaises ne se justifiant pas.

Les MVL-I à IV sont mis en service en mai 1948, les MVL-V à VIII en juin 1948 et les MVL-IX à XII le sont en août 1948. Ces navires vont compléter les Jan Amstel notamment dans les fonds où ces gros dragueurs de mines étaient mal à l’aise voir ne pouvaient pas opérer.

Quatre d’entre-eux sont coulés lors de la campagne des Pays-Bas en mai-juin 1949 en l’occurence les MVL-I/IV/X/XI victimes respectivement d’une mine qu’il cherchait à désamorcer (11 mai 1949), de l’aviation (14 mai 1949), d’un torpilleur allemand (27 mai) et d’une vedette lance-torpilles (25 mai).

Les huit autres parviennent non sans mal à rallier d’abord la Belgique où le MVL-IX est coulé par un chasseur-bombardier allemand. Ils sont ensuite repliés à Dunkerque puis à la chute de la ville de Jean Bart sur Douvres. Il ne restait plus alors que les MVL-II/III/V/VI/VII et VIII, le MVL-XII ayant été coulé par un canon antichar allemand déployé sur la côte.

Les six navires restant vont rallier la rivière Tyne (rivière qui arrose Newcastle) pour éviter que le fleuve soit miné. Comme les allemands n’ont pas mené ce genre d’opérations, les mijnenveger legger vont être utilisé comme patrouilleurs, de jeunes marins y servant généralement (qu’ils soient néerlandais ou britanniques) avant d’être affectés sur de plus grosses unités.

Ces six survivants survivent au conflit car peu exposés aux coups de l’ennemi. Rentrés au pays, ils sont utilisés pour nettoyer les ports, les fleuves, les rivières et les canaux non seulement des mines mais aussi des bombes non explosés voir des épaves.

Le MVL-II est d’ailleurs détruit par une explosion le 17 mars 1956 quand la charge qui devait dégager une écluse fait détonner une caisse de munitions. Les MVL-III,V,VI,VII et VIII sont désarmés respectivement en mars 1957, octobre 1958, avril 1959, novembre 1960 et juin 1961. Ils sont tous démolis.

Déplacement : standard 40 tonnes pleine charge 55 tonnes

Dimensions : longueur 27.75m largeur 4.50m tirant d’eau 1.10m

Propulsion : deux moteurs diesels Kromhout dévellopant 700ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 12 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, quatre mitrailleuses Lewis de 7.7mm

Equipage : 34 officiers et marins.

Comme il y à des mouilleurs de mines auxiliaires, il y aura aussi des dragueurs de mines auxiliaires comme six navires utilisés en temps de paix pour la police des mers et le transport, des navires baptisés Alor Aroe Bantam Bogor Ceram et Cheribon, des navires de 145 tonnes, filant à 12 nœuds avec un armement léger à vocation antiaérienne et de légères capacités anti-sous-marines.

Ces navires ayant été mis en service en 1938 ils sont naturellement toujours en service en 1948, quatre en Métropole (Alor Aroe Bantam Bogor) et deux outre-mer (Ceram Cheribon).

Le Alor est sérieusement par des bombardiers allemands alors qu’il quittait Rotterdam pour rallier l’Angleterre. Revenu au port, son état rend impossible des réparations rapides même pour une prise en remorque pour un transfert vers l’ouest ou le sud. Décision est prise de le saborder (14 mai 1949). Il sera renfloué par les allemands mais alors que les travaux de remise en état allaient commencer, le navire coule à nouveau. Il est bien renfloué une deuxième fois mais c’est pour être envoyé à la casse.

Les Aroe, Bantam et Bogor sont eux envoyés vers la France, servant de transport entre Cherbourg et Le Havre. Le Aroe est d’ailleurs détruit le 15 juillet 1949 par une mine magnétique non détectée à proximité du port créé par François 1er.

Les Bantam et Bangor vont être utilisés comme dragueurs de mines auxiliaires jusqu’à la fin du conflit. Désarmés en décembre 1954, ils ne trouvent pas prenneur pour une éventuelle vente à la démolition et sont donc coulés comme cible lors d’exercices de tirs de la Koninklijke Marine.

Déplacement : standard 145 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 31.60m largeur 5.45m tirant d’eau 1.84m

Propulsion : un moteur diesel de 300ch entraînant une hélice

Vitesse maximale : 12 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, quatre mitrailleuses de 7.7mm, jusqu’à 32 grenades ASM.

Equipage : 17 officiers et marins

On trouvait également dix navires dérivés des précédents, des navires baptisés Djember, Djombang,Digoel,Djampea,Enggano,Endeh,Flores,Fakfak,Grissee et Garoet. A la différence des Alor, les Djember étaient tous déployés aux Indes Néerlandaises. C’était de véritables navires à tout faire aussi bien dragueur de mines auxiliaires que patrouilleur ou escorteur. Ils sont mis en service entre 1943 et 1945.

Cette classe de navires subit de très lourdes pertes puisque quatre sont détruits par l’aviation japonaise (Djember, Digoel, Djampea,Enggano), un par sous-marin (Djombang) et deux par navires de surface (Endehh Fakfak).

A la fin du conflit il ne reste plus donc que les Flores, Grissee et Garoet. Ces trois navires restent aux Indes jusqu’à leur désarmement en 1958/59. Ils sont démolis sur place.

Déplacement : 175 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 34.7m (32.5m entre perpendiculaires) largeur 5.7m tirant d’eau 1.9m

Propulsion : un moteur diesel de 360ch entrainant une hélice

Vitesse maximale : 12.5 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors et quatre mitrailleuses de 12.7mm, huit grenades ASM

Equipage : 12 officiers et marins

On trouvait également (bis), les six navires de classe Smeroe, des transports convertibles en dragueurs de mines et pouvant être retransformés en navires marchands après guerre.

Ces navires déployés aux Indes Néerlandaises étaient baptisés Rindjani, Merbaboe, Smeroe, Merapi, Slamat et Tjerimai. Ils sont mis en service entre 1942 et 1944.

Le Rindjani est coulé par l’aviation japonaise en mars 1950 au large de Batavia alors que le Merbaboe est victime d’un sous-marin japonais au large de Java en juin 1950. Le Smeroe sera perdu dans un tempête tropicale en mars 1952 dans les Salomons alors que le Merapi s’échoue sur la partie portugaise de l’île de Timor et y est perdu corps et bien (octobre 1953).

Seules les Slamat et Tjerimai vont survivre au conflit, restant en service dans la marine néerlandaise jusqu’en mars 1960 quand ils sont transférés à la jeune marine indonésienne. La date de leur désarmement et de leur démolition n’est pas connue avec certitude.

Déplacement : pleine charge 80 tonnes

Dimensions : longueur 22.7m largeur 4.35m tirant d’eau 1.52m

Propulsion : un moteur diesel de 135ch entraînant une hélice

Vitesse maximale 10 nœuds

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm et deux mitrailleuses de 7.7mm

Equipage : 14 officiers et marins

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