Dominions (25) Canada (25)

Armes et Véhicules de l’Armée Canadienne

Armes de l’infanterie

Les armes de l’infanterie canadienne sont quasi-exclusivement britanniques mais quelques armes américains ont parfois joué les intruses. Il y à des pistolets automatiques et des revolvers, quelques pistolets mitrailleurs, des fusils à répétition, des fusils-mitrailleurs, des mitrailleuses et des mortiers. On trouve également des grenades et des lanceurs antichars PIAT.

Armes individuelles (1) : pistolets et revolvers

En ce qui concerne les armes de poing, les canadiens utilisaient aussi bien des pistolets automatiques que des revolvers à barillet. L’arme la plus utilisée était le Browning modèle 1935 (Haute-Puissance), une arme d’origine belge fabriquée sous licence au Canada à partir de 1944.

Browning HP 4.jpg

Browning HP

A l’époque les fantassins canadiens n’avaient pas d’arme de poing au contraire des officiers et des sous-officiers. Les gradés possédaient le plus souvent un revolver d’origine britannique mais certains au Webley préférait le célèbre «Colt .45», le pistolet automatique Colt M1911 (ainsi que sa version améliorée Colt M1911A1).

Colt M-1911 5

Le célèbre Colt .45 ! 

A partir de 1942 l’armée canadienne décide de permettre à tout soldat de s’équiper si il le désire d’une arme de poing individuelle. Si il était admis qu’il valait mieux choisir le modèle officiel, il semble que les armes individuelles furent largement tolérées.

En mars 1944 après évaluation de différentes armes de poing en différents calibres, l’armée canadienne choisit le Browning Haute-Puissance modèle 1935, une arme belge.

Après la livraison de 12500 exemplaires par les belges, la production est assurée au Canada suite à l’acquisition d’une licence de production.

Ce pistolet automatique en calibre 9mm Parabellum va peu à peu remplacer les revolvers britanniques et certains Colt .45 même si en septembre 1948 le remplacement complet n’avait pas été achevé faute de temps, de budgets et aussi parce que certains soldats préféraient d’autres armes.

En septembre 1948, 15500 Browning ont été produits, des armes connues officiellement sous le nom de Pistol N°1 Mk1 et N°2 Mk1. La production va se poursuivre durant tout la guerre et même au delà.

Au final ce sont 750000 exemplaires qui ont été produits par les canadiens entre 1944 et 1964, date à laquelle la production cesse, les besoins étant couverts et les stocks immenses. Cette arme est restée en service au Canada jusqu’en 1986 quand elle est remplacée par une arme italienne de la firme Beretta.

Aux côtés de ce pistolet automatique belgo-canadien, d’autres armes de poing ont donc été utilisées comme les Colt M1911 et M1911A1, des armes acquises d’abord durant le premier conflit mondial, en petit nombre durant l’entre-deux-guerres et en nombre durant le second conflit mondial notamment pour équiper les soldats opérant avec les américains qu’ils soient dans le Pacifique ou en Europe.

Aux côtés de ces deux armes on trouve d’autres pistolets, d’autres revolvers mais en nombre très réduit en septembre 1948.

Citons le Smith & Wesson Triple Lock 2nd model (calibre 10/9x29mm ou 6.44 spécial) acquis pendant le premier conflit mondial, le Smith & Wesson Victory Model en calibre .38 (9.2×19.7mm), le Enfield n°2 MkI de même calibre que le précédent, le Webley .455 Mk VI calibre 11.5×19.6mm, les Colt Police Positive et Colt Police Revolver en calibre .38.

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Webley .455 Mk VI

Officiellement, les deux seules armes de point autorisées au front étaient le Browning et le Colt M1911 mais il y avait toujours des exceptions. C’était l’arme de base des gradés (qui pour beaucoup apprirent rapidement à s’équiper d’un pistolet mitrailleur ou d’une carabine), l’arme secondaire de la troupe. Il était très utile pour le nettoyage des bâtiments où un encombrant fusil n’avait pas sa place et ou même parfois un pistolet mitrailleur faisait plus de mal qu’autre chose.

Armes Individuelles (2) : pistolets mitrailleurs

Le pistolet mitrailleur (appelé improprement mitraillette en France), submachine gun en anglais est une arme automatique dirant à grande cadence des cartouches de pistolets de 7.65 à 11.43mm.

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MP-18

Elle est apparue à la fin du premier conflit mondial pour équiper les Stosstrupen allemandes, le MP-18 étant le premier pistolet mitrailleur opérationnel de l’histoire. Le conflit terminé, les armes occidentales se détournèrent du pistolet mitrailleur, décidant de faire confiance au fusil voir à la carabine.

Stosstrupen

Stosstrupen 

Cela n’empêcha pas certaines armées de continuer à s’équiper de ces armes efficaces à très courte distance. L’armée canadienne n’en fait pas partie puis qu’après quelques lots pour essais et expérimentations, les soldats canadiens devront attendre le second conflit mondial pour s’en équiper.

Durant la campagne de Norvège, les fantassins de la Task Force Vimy issue de la 2nd Canadian Division reçurent des pistolets mitrailleurs Sten Mk III qui fonctionnaient en calibre 9mm (9x19mm Parabellum).

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Une Sten Mk III en fin de fabrication

Cette arme fût d’abord distribuée aux officiers et aux sous-officiers puis aux servants d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers). Au final dès qu’ils ne avaient la possibilité, les fantassins canadiens troquaient leurs fusils pour des pistolets mitrailleurs intrinsèquement moins puissants mais plus efficaces en combat rapproché.

La Sten dans ses différents déclinaisons sera le principal pistolet mitrailleur canadien mais comme toujours d’autres modèles vont être utilisés. Citons la Thompson M1A1, rendu célèbre par Al Capone et Elliott Ness, la Reising M-50 mais aussi le pistolet mitrailleur français MAT-42.

A la fin du conflit seules les Sten sont conservées et jusqu’au début des années soixante quand un nouveau pistolet mitrailleur est mis en service, un pistolet mitrailleur d’origine suédoise, le Carl-Gustav M-45.

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Carl Gustav M-45

Armes individuelles (3) : fusil

Depuis le 16ème siècle, des armes à feu individuelles combattent sur les champs de bataille, des armes appelées d’abord arquebuses puis mousquets et enfin fusil. L’emploi de ces armes ne fût pas toujours bien vu, le célèbre Chevalier Bayard faisait pendre les arquebusiers fait prisonniers.

Le fusil à d’abord été à chargement par la bouche puis par la culasse à partir du milieu du 19ème siècle. Au niveau du fonctionnement le système par répétition à été longtemps dominateur avant de céder la place au fusil semi-automatique puis au fusil automatique.

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Lee-Enfield n°4 Mk 1

En septembre 1948, l’armée canadienne fait toujours confiance à un fusil à répétition, le Lee-Enfield n°4 Mk1, une bonne arme en passe d’être déclassée par des fusils semi-automatique et automatiques mis au point aux Etats-Unis, en France et en Allemagne notamment.

Après le retour d’expérience de la Norvège l’idée de remplacer le Enfield par un fusil plus moderne devient pressante. Après avoir envisagé de produire sous licence le Garand M-1, le Canada fait un choix surprenant en demandant une licence de production du MAS-40 français.

MAS 40

Le MAS modèle 1940 est un fusil semi-automatique qui n’à rien à envier au Garand américain

Paris accepte immédiatement. En l’espace de deux semaines les négociations sont bouclées et dans un convoi anonyme, des ingénieurs et des ouvriers français rallient une usine de la banlieue de Montreal pour mettre sur pied une chaîne de fabrication du MAS-40 désigné officiellement au Canada sous le nom de Canadian Automatic Rifle (CAR) model 1948.

L’adaptation se révèle ardue. Il faut traduire toutes les cotes du système métrique au système impérial, changer le calibre en passant du 7.5mm français au 7.7mm britannique. La production ne va ainsi être lancée qu’en mars 1950. Elle va être assez rapide, les exemplaires du CAR M1948 équipant d’abord l’Armée Canadienne en France puis les unités déployées en Méditerranée.

Globalement le Lee-Enfield n°4 Mk1 est totalement remplacé au sein de l’armée canadienne en mars 1953. Il reste néanmoins en service pour les unités restées au pays ainsi que pour l’entraînement.

Le CAR M-1948 lui va rester le fusil standard de l’armée canadienne jusqu’en 1962 quand au CAR M-60 proposé par les français, l’armée canadienne préfère un fusil d’assaut de conception et de fabrication belge, le FN Fal.

Aux côtés de ces fusils, on trouve d’autres modèles disponibles en petite nombre essentiellement pour l’entraînement, la formation voir pour des tâches de sécurité intérieure. On trouve le Lee-Enfield n°1 MkIII, le Lee-Enfield n°1 Mk III*, le Pattern 14 Enfield Winchester pour l’entrainement et le fusil M1917 Enfield Springfield. Si les trois premières armes sont d’un calibre .303 (7.9×56.4mm), la troisième est d’un calibre .30 plus précisément .30-06 Springfield (7.62x63mm).

Armes Individuelles (4) : grenades et armes blanches

-Bien que les armes à feu soient omnipotentes, les soldats du second conflit mondial disposaient toujours d’armes blanches utilisables pour le combat au corps à corps même si ce type de combat nécessitait un savoir-faire et surtout un mental solide.

L’armée canadienne disposait d’un couteau de combat de 18cm, le Fairbairn-Sykes apparu en 1941 et se déclinant en différents modèles. Les baïonnettes standards de l’armée canadienne sont les Ross modèle 1905 et les N°4 Mk II.

-La Royal Canadian Army dispose de différents modèles de grenades. La plus ancienne date de 1915 c’est la N°36 M Mk I qui était une grenade à fusil de 765 grammes.

La N°68AT est une grenade antichar apparue en 1940. Lancée depuis un fusil, elle pouvait pénétrer 52mm de blindage ce qui limitait peu à peu son utilisation aux chars légers et aux véhicules blindés.

La N°69 grenade est une grenade explosive apparue en 1942 suivit en 1944 par la N°73 grenade sans compter des «bombes collantes», des grenades destinées à être fixées sur les chars, les N°74 Sticky et N°75AT. On trouve également les mines Hawkins et la grenade N°82 Gammon.

Armes Collectives (1) : fusils mitrailleurs et mitrailleuses

Inventée pour limiter les pertes humaines (on voulait réduire les effectifs en ligne à une époque où les soldats mouraient davantage de maladie que des combats), la mitrailleuse allait provoquer des pertes considérables durant le premier conflit mondial, le trio Mitrailleuse/Tranchées/Barbelés (MTB) poussant à la création du char de combat.

Après guerre la mitrailleuse reste une arme de premier plan en compagnie du fusil mitrailleur, une mitrailleuse de taille réduite utilisable par les troupes d’assaut.

Le Canada ne fait pas exception, l’infanterie canadienne disposant à la fois de fusils mitrailleurs mais aussi de mitrailleuses qu’elles soient moyennes ou lourdes.

Bren LMG Mk I

Bren Light Machine Gun Mk I

Le fusil mitrailleur utilisé par la Royal Canadian Army est le Bren, une light machine gun aux origines particulières puisque la base technique n’est autre que le fusil mitrailleur tchécoslovaque ZB vzor 26. Adapté aux besoins anglais par la firme Lee-Enfield (BR : Brno EN : Enfield), il devient le Bren.

Le Bren était utilisé au niveau du groupe de combat (appelée section), une arme qui était servie par trois hommes qui assuraient l’appui-feu des sept fusiliers. Durant le conflit certains groupes disposeront de deux fusils mitrailleurs Bren.

La mitrailleuse moyenne standard est la célèbre Vickers modèle 1912 ainsi que ses dérivés, ces armes étant utilisées par la compagnie de mitrailleuses et de mortiers. Elle était toujours en service en septembre 1948 bien qu’en passe d’être déclassée. Elle sera d’ailleurs retirée peu après la fin de la guerre.

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Vickers model 1912

A côté du Bren et du Vickers modèle 1912, l’armée de terre canadienne utilisa en petit nombre la mitrailleuse Lewis, la mitrailleuse Browning M1919 et la mitrailleuse lourde Browning M2HB.

Armes Collectives (2) : mortiers et armes antichars individuelles

L’armée canadienne utilise différents modèles de mortiers du plus léger au plus lourd. Plus le calibre augmente et plus l’échelon d’employabilité est élevé puisque nécessitant des hommes et du temps pour le déployer et l’utiliser.

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Le mortier le plus léger est le 2nch Inch Mortar, un mortier de 2 pouces (50.8mm) mis en service dans l’armée britannique en 1937 et dans l’armée canadienne peu après. Pesant 4.8kg, il peut lancer son projectile jusqu’à 460m à une cadence maximale théorique de huit coups par minute.

Cette arme utilisée au niveau du peloton de combat (l’équivalent de la section en France), l’état-major disposant d’un mortier de ce type.

Durant le conflit l’armée canadienne reçut également des mortiers de 60mm de conception et de fabrication américaine, le M19 Mortar. Prsant 9.3kg, il pouvait tirer à 1790m jusqu’à huit coups par minute.

Ordnance ML 3 inch Mortar 6.jpg

 

On trouve ensuite le 3 Inch Mortar Mk II, un mortier de 81.2mm pensant 50.8kg et tirant à 1463m jusqu’à 15 coups par minute. Cette pièce était utilisée au niveau du peloton mortier de la compagnie d’appui du bataillon d’infanterie, ce peloton disposant de six mortiers de ce type.

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Enfin le mortier le plus lourd était un mortier de 106.7mm (là où d’autres pays préfèrent le 120mm). Deux modèles vont cohabiter, un mortier britannique le ML 4.2 Inch Mortar et le M2 4.2 Inch Mortar qui lui était un mortier de conception et de fabrication américaine. Ces deux armes étaient en service au sein du bataillon de mitrailleuses et de mortiers de la brigade de combat.

Le premier nommé pèse 147kg et pouvait lancer à 3750m jusqu’à 10 coups par minute alors que le second pesait 151kg et pouvait envoyer à 4023m jusqu’à cinq coups par minute.

Devant leur poids très important, ces mortiers étaient généralement employés soit depuis des positions fixes ou quand ce n’était pas possible depuis un véhicule porte-mortier.

Face aux chars de combat, l’infanterie confia longtemps son sort aux canons antichars. Tant qu’il s’agissait de canons légers et maniables cela pouvait aller mais avec l’augmentation des blindages et donc du poids des canons antichars il devenait impossible d’offrir aux petites unités d’infanterie un moyen efficace défense contre les chars ennemis en absence des chars amis.

PIAT

Projector Infantry Anti-Tank utilisé par des fantassins canadiens

En attendant d’utiliser les bazooka américains, les fantassins canadiens vont utiliser une arme britannique, une sorte de mortier lançant une charge creuse à l’aide d’un puissant ressort, le PIAT pour Projector Infantry Anti-Tank.

Des grenades à fusil antichars étaient également utilisables comme nous l’avons vu plus haut et il y avait parfois engagement d’une arme artisanale que les guérilleros du monde entier connaissent à savoir le cocktail molotov même si son utilisation comme son efficacité étaient plutôt aléatoires.

On utilisait au sein de l’armée canadienne quelques fusils antichars Boys ainsi que des mines Mk2 et Mk5.

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