Dominions (24) Canada (24)

Organisation unités canadiennes

Histoire oblige, l’armée de terre canadienne s’organise en suivant le modèle britannique mais à l’usage les canadiens qui combattaient souvent avec les américains et surtout avec les français n’hésitèrent pas à intégrer le retour d’expérience et surtout à s’inspirer de ce qui se faisait de mieux côté français.

Division d’infanterie

Durant le second conflit mondial, la Royal Canadian Army va lever sept divisions d’infanterie organisées selon le modèle britannique du moins au début du conflit.

En septembre 1948, les divisions d’infanterie canadiennes sont (ou doivent à terme être) organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Trois brigades d’infanterie à trois bataillons

QF 25 Pounder 7

Canon de 25 livres

-Trois régiments d’artillerie de campagne à vingt-quatre canons de 25 livres (88mm)

-Un régiment antichar avec 48 pièces de 6 et de 17 livres

-Un régiment d’artillerie antiaérienne avec 48 canons antiaériens de 40mm Bofors

-Un régiment de reconnaissance équipé d’autos blindées

-Un bataillon de mitrailleuses moyennes à trois compagnies de mitrailleuses et une compagnie de mortiers de 4.2 inch (107mm)

-Un bataillon du génie à quatre compagnies (trois field compagnies et une field park company)

-Une unité de transmission

-Une unité de soutien logistique avec trois compagnies de transport, une compagnie de maintenance, une unité de ravitaillement en munitions

-Une compagnie de police militaire (Royal Canadian Military Police)

Durant le conflit et en fonction de leur disponibilité à l’arrière du front, les Canadian Division vont être réorganisées, s’éloignant peu à peu du modèle britannique pour se rapprocher davantage des modèles français et américains. L’équipement également évolue avec une augmentation d’armes automatiques et des armes d’appui, l’intégration de chars d’appui…… .

A la fin du second conflit mondial, les sept divisions d’infanterie de l’armée royale canadienne sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un bataillon de reconnaissance motorisé avec autos blindées et chars légers

-Trois brigades de combat avec un état-major, trois bataillons d’infanterie, une compagnie de chars moyens (ou de chasseurs de chars), un bataillon de mitrailleuses lourdes et de mortiers, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne et une compagnie du génie.

Ces brigades de combat se rapprochent sans les égaler des Combat Command américains ou des Kampfgruppe allemands.

-Trois régiments d’artillerie de campagne disposant chacun de vingt-quatre pièces. Initialement les trois régiments disposaient de canons de 25 livres (88mm) mais à la fin du conflit on comptait deux régiments équipés de ces canons et un régiment équipé de canons de 105mm légers français.

-Un bataillon antichar à 36 pièces (une partie des moyens à été dispersée au sein des brigades de combat)

-Un bataillon antiaérien à 36 pièces (même remarque que pour le bataillon antichar)

-Un bataillon du génie à quatre compagnies (trois field compagnies et une field park company)

-Une unité de transmission du Royal Corps of Signals

-Une compagnie de police militaire (Royal Military Police)

Division Blindée

En septembre 1948, l’armée canadienne dispose de deux divisions blindées mises sur pied durant la Pax Armada depuis six bataillons levées au sein de la Non-Permanent Active Militia.

Ces bataillons vont servir d’unités d’entrainement et d’incubateurs pour toute une génération d’officiers, sous-officiers et soldats qui vont mettre sur pied deux puis quatre divisions (même si seules les trois premières combattront, la quatrième restant au Canada pour entrainement et formation).

Initialement ces divisions blindées devaient être organisées comme les Armoured Division britanniques mais les officiers canadiens sont sceptiques, trouvant les divisions blindées britanniques trop lourdes en char et manquant d’infanterie.

En étudiant l’organisation des Panzerdivisionen allemandes, des DLM/DC françaises mais aussi des Armoured Division américaines, les canadiens mettent sur pied leur propre organisation qui semble un bon compromis entre chars, infanterie portée et artillerie.

Quand le second conflit mondial éclate, la division blindée canadienne, la Canadian Armoured Division est organisée de la manière suivante :

-Un état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un compagnie de reconnaissance

-Deux brigades de chars avec un état-major, deux régiments de chars moyens, un régiment de char lourds, trois bataillons d’infanterie portée et un régiment d’artillerie autoportée

-Une brigade d’artillerie et du génie avec un état-major, un régiment d’artillerie tractée, un régiment d’artillerie antichar, un régiment d’artillerie antiaérienne et un régiment du génie

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie de police militaire

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Canon automouvant américain de 155mm

Durant le conflit, la compagnie de reconnaissance deviendra bataillon mais la brigade d’artillerie et du génie sera supprimée, les régiments la composant devenant indépendants. La 1ère division blindée remplacera les canons tractés par un canon automoteur de 155mm américain, le M-12.

Brigade parachutiste

parachutistes soviétiques 2

L’URSS fût la pionnière dans le domaine du parachutisme militaire

C’est dans les années trente que l’URSS (bientôt suivie par l’Allemagne et par la France) décide de mettre sur pied un nouveau type d’unité, des combattants d’élité parachutés derrière les lignes ennemies et combattant comme une unité d’infanterie légère.

Ces unités étaient composées des meilleurs soldats, leur entrainement et leur formation était particulièrement dur, les accidents (parfois mortels) nombreux mais ceux qui parvenaient à obtenir leurs ailes pouvaient légitimement bomber le torse et regarder avec dédain les autres unités d’infanterie (ce qui générait d’innombrables bagarres).

Dans un premier temps le Canada resta dans le camp des sceptiques mais en septembre 1947 un officier particulièrement coriace, le colonel Devron Calcarter obtint la création d’un bataillon expérimental.

Ce bataillon était composé d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de soutien, de trois compagnies de combat à trois pelotons et d’une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Ce bataillon participa à différentes manœuvres et montre la validité du concept en dépit d’un manque flagrant de matériel et d’expérience. A l’été 1948 rien n’est décidé et l’existence même du bataillon menacé.

Ce sont les allemands qui sauvent la mise au «caprice de Calcarter». Lors de l’opération WESERÜBUNG, l’emploi massif de parachutistes achève de convaincre les derniers sceptiques. Le 1er octobre 1948, le bataillon devient la 1st Canadian Parachute Brigade.

Commence alors des mois de travail harassant pour sélectionner les recrues (les volontaires sont nombreux ce qui permet de faire un tri sévère, les regrouper dans un camp d’entrainement situé en Ontario), définir les tactiques et surtout fournir l’équipement nécessaire.

Elle est organisée en un état-major, une unité de soutien logistique, trois bataillons parachutistes, un bataillon d’appui (mortiers, mitrailleuses), une compagnie de chars légers Tetrach II et une compagnie antichar (canons de 6 livres)

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Tetrach II

La brigade est considérée comme opérationnelle en janvier 1950. Elle rallie d’abord la France, intégrant la réserve stratégique interalliée. Lors de l’opération AVALANCHE, il est envisagé de la parachuter au nord de la Seine mais cette opération est abandonnée.

Sans avoir encore combattu, la brigade parachutiste canadienne est envoyée en Méditerranée, s’installant à Oran. Elle connait finalement son baptême du feu durant l’opération ARCOLE où elle mène des raids commandos dans le nord de l’Italie.

Lancée en même temps que MARIGNAN, cette opération consiste à lancer des attaques limitées dans les Alpes pour détourner l’attention des italiens sur la véritable cible à savoir l’île de Beauté.

Les parachutistes canadiens sont largués dans le Val d’Aoste pour appuyer les commandos français et britanniques dans des opérations de recherche et de destruction.

Les parachutistes canadiens attaquent des aérodromes, des postes de commandement, des blockhaus, faisant sauter des ponts et des aiguillage. Les pertes ne sont pas négligeables mais l’expérience acquise est irremplaçable.

Revenue à Oran, elle se prépare à de nouvelles opérations mais il faudra attendre juillet 1952 et l’opération HUSKY (15 juillet 1952) pour voir les paras canadiens participer à de nouveaux combats d’ampleur.

Larguée pour prendre des aérodromes, la brigade est dispersée mais s’en sort pas trop mal, l’expérience des opérations commandos ayant renforcé son aptitude au combat en petites unités, aptitude déjà forte au sein d’une unité parachutiste.

Sur les six aérodromes visés, seulement deux sont capturés, permettant l’arrivée par voie aérienne de troupes françaises qui effectuent un poser d’assaut.

Les quatre derniers aérodromes visés ne sont pas capturés, l’un est repris par les italiens après une vigoureuse contre-attaque, un autre est repris par les allemands, les deux derniers étant défendus par leurs garnisons, les paras dispersés ou anéantis.

Palerme devient la base de la brigade qui en fait une base arrière. Cette base arrière déménage à Naples en mai 1953 après la prise de la ville et surtout le basculement italien.

Sur une partie de l’aérodrome, les canucks installent une base arrière complète avec casernements, plot logistique et même camp d’entrainement, certains soldats canadiens lassés de la guerre conventionnelle choisissant les parachutistes. Elle s’entraîne pour différentes opérations (un saut en plein jour sur Rome, un raid sur Florence, un autre sur Gênes) mais ces différents projets tombent à l’eau.

Il faudra attendre janvier 1954 pour que la brigade soit de nouveau engagée en tant qu’unité constituée lors de l’opération WELCOME/BIENVENUE, un largage au sud de Belgrade pour aider les maquis royalistes à s’emparer de la capitale au nez et à la barbe des maquis communistes. Cela favorise l’avancée des troupes alliées.

Belgrade tombe en février 1954. La brigade se regroupe et s’entraine en vue d’un potentiel envoi dans le Pacifique mais le conflit se termine avant que le transfert ne soit acté. Il semble que l’engagement de la brigade dans l’opération PHENIX à été étudié mais abandonné en raison du temps nécessaire au transfert et d’un sous-effectif chronique.

La brigade parachutiste canadienne rallie la Saxe en septembre 1954 mais est rapatriée au Canada en mars 1955 où elle est dissoute à la grande fureur du colonel Calcarter qui démissionne de l’armée.

Il faudra attendre 1965 pour qu’un régiment parachutiste soit recréé au sein des Forces Armées Canadiennes, régiment dissous en 1995 suite à une affaire de mauvais traitements concernant des jeunes recrues. Régulièrement on parle de recréer une unité parachutiste mais ce projet ne se concrétise jamais.

Unités élémentaires

Infanterie

Comme dans l’armée britannique, les canadiens ne disposent pas de régiments d’infanterie mais de brigades regroupant des bataillons.

Chaque brigade dispose d’une compagnie d’état-major et de trois bataillons d’infanterie. L’appui-feu est assuré par le bataillon de mitrailleuses moyennes et de mortiers lourds qui détachent auprès des bataillons un élément d’appui-feu. On peut ajouter également des sapeurs du génie et des moyens antichars fournit par le régiment d’artillerie antichar.

Au cours du conflit les brigades des divisions d’infanterie vont intégrer leurs moyens d’appui-feu pour améliorer le commandement et la coordination entre unités de combat et unités d’appui.

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une compagnie d’état-major (transmissions et administration), quatre compagnies de combat (état-major et trois pelotons/section) et une compagnie d’appui avec un peloton de transport équipé de chenillettes Universal Carrier, un peloton de mortiers de 3 pouces (76.2mm), un peloton antichar équipés de canons de 2 puis de 6 livres et enfin un peloton de pionniers.

Ordnance ML 3 inch Mortar 5

Ordnance ML 3 Inch Mortar

Le peloton de combat dispose d’un état-major avec un mortier de 51mm (2-inch mortar), des équipes antichars équipés de PIAT et trois sections (groupes en français) avec sept fusiliers et un fusil-mitrailleur Bren servit par un trio.

Unités de chars et de véhicules blindés

-Chaque régiment de char quelque soit son véhicule de base est organisé en un état-major, d’un squadron d’état-major (transmissions et administration), trois squadron à trois troops de cinq chars plus un troop de commandement avec deux chars (le commandant du squadron et son adjoint) et un squadron d’appui avec un troop de sept chars légers, un troop antiaérien, un troop de maintenance, un troop de ravitaillement et un troop EVASAN.

-En septembre 1948, les divisions d’infanterie disposaient d’un régiment de reconnaissance équipé d’autos blindées. Ce régiment était organisé en un état-major, un squadron d’état-major, trois squadrons à trois troops de cinq autos blindées et un squadron d’appui composé d’un troop antiaérien (cinq autos blindées antiaériennes), d’un troop antichar (six canons de 6 livres sur camions légers), d’un troop de maintenance, un troop de ravitaillement et un troop d’EVASAN.

A la fin du conflit les divisions d’infanterie canadiennes ne disposaient plus que d’un bataillon de reconnaissance mais qui avait gagné en puissance de feu puisqu’il associait autos blindées et chars légers.

Cela permettait au bataillon de mener des opérations coup de poing nettement plus décisives qu’avec le régiment. Certains commandants associaient leur bataillon avec de l’infanterie portée, des chasseurs de chars ou des canons automoteurs pour former de petits mais puissants groupes de combat qui pouvaient s’emparer d’un objectif et tenir face aux contre-attaques ennemies surtout si elle bénéficiait de l’appui de l’artillerie lourde et de l’aviation.

Ce bataillon disposait d’un squadron de commandement et de soutien, d’un squadron de chars légers (trois troops de quatre plus un véhicule pour le commandant d’escadron soit treize véhicules) et de deux squadrons d’autos blindées (vingt-six véhicules).

-En ce qui concerne les divisions blindées, on trouvait à l’origine une simple compagnie de reconnaissance équipée d’autos blindées. Cette compagnie disposait d’un troop de commandement et de soutien, de trois troops de quatre autos blindées et d’une troop d’appui avec six canons antichars de 6 pouces portés sur camions légers.

Cette compagnie à musclé son jeu en devenant un bataillon avec un squadron de commandement et de soutien, deux squadrons de chars légers, deux squadrons d’autos blindées et un squadron d’appui avec un troop antiaérien (canons automoteurs antiaériens), un troop antichar (chasseur de char), un troop de ravitaillement, un troop de maintenance et un troop EVASAN.

Artillerie

L’immense majorité des régiments d’artillerie sont intégrés aux divisions d’infanterie et aux divisions de chars mais des régiments indépendants existent, régiments qui dépendent des corps d’armée ou d’un commandement plus élevé, formant l’équivalent canadien de notre Réserve Générale. On trouve également des régiments d’artillerie antichar et des régiments d’artillerie antiaérienne.

Le régiment d’artillerie de campagne (Field Artillery Regiment) de la division d’infanterie est composé d’un état-major, d’une batterie de soutien (maintenance, ravitaillement, soutien sanitaire), une batterie de conduite de tir et trois batteries de huit canons-obusiers de 25 livres (environ 88mm).

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Un canon de 25 livres délivrant le feu de Wotan

Le régiment d’artillerie portée des divisions blindées est organisé de la même façon mais son équipement est différent avec des canons automoteurs Sexton, un véhicule inspiré du Priest américain, combinant le chassis du char Ram II avec un canon-obusier de 25 livres.

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Sexton

 

Le régiment d’artillerie tracté des divisions blindées est organisé comme le Field Artillery Regiment mais son équipement se compose de trois batteries de quatre pièces, des canons de 140mm (BL 5.5 inch medium gun). Ces canons seront remplacés au sein de la 1ère division blindée par des canons automoteurs de 155mm.

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BL 5.5 Inch Medium Gun

 

Les régiments antichars ont une organisation différente. Si il dispose d’une batterie de commandement et une batterie de soutien, il aligne quatre batteries de douze canons d’abord des canons de 2 livres puis dès 1943 des canons de 6 livres (57mm) aux performances semblables au 50mm allemand et au 47mm français en attendant les 17 livres. Ce nombre de canons va diminuer suite à une réorganisation des brigades de combat qui intègrent une unité antichar.

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QF 6 Pounder en action dans le désert libyen. Aucun char italien déployé dans la région ne pouvait résister à l’obus délivré par ce canon 

Chaque division dispose également d’un régiment d’artillerie antiaérienne, des régiments à trois batteries avec des troops (pelotons) de quatre canons, nombre réduit ensuite à trois puis augmenté à six canons, chacune des trois batteries disposant de dix-huit canons Bofors de 40mm pour deux d’entre-elles, la troisième disposant de canons de 20mm. Ce nombre de canons va diminuer suite à une réorganisation des brigades de combat qui intègrent une unité antiaérienne.

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