Pologne et Pays Neutres (56) Suisse (6)

FORCES ARMEES SUISSES

Une histoire militaire de la Suisse

Avant-propos

Dans cette partie je vais parler non pas de l’armée suisse stricto sensu mais des unités militaires de recrutement helvétique en service dans les armées étrangères notamment en France qui depuis 1515 avait le monopole du recrutement des mercenaires suisses particulièrement réputés pour leur qualité, leur énergie et leur agressivité (dans le bon comme dans le mauvais sens du terme).

Au service de la France

Du 15ème au 19ème siècle une armée populaire, une armée nationale n’allait pas de soit à la fois parce que le sentiment national était naissant, que la noblesse rechignait à armer le «peuple» et qu’il était plus facile de faire appel à des mercenaires, des professionnels de la guerre avec toutes les limites que cela comporte.

Parmi les mercenaires les plus recherchés figuraient les suisses réputés pour des fantassins robustes voir agressifs au point que certains gentilhommes se plaignaient du comportement de ces montagnards avant, pendant et après la bataille.

La France par la paix perpétuelle reçoit le monopole du recrutement des suisses (avec une exception le pape) qui vont former un important contingent de soldats de métier fidèles et dévoués jusqu’au sacrifice suprême comme aux Tuileries le 10 août 1792.

Tous les régimes politiques français à l’exception de la Révolution vont disposer au sein de leurs armées d’unités suisses. C’est sous la Monarchie de Juillet que l’existence de ces unités prend fin mais pour mieux renaitre au sein d’un corps appelé à devenir légendaire : la Légion Etrangère.

Les premières unités suisses permanentes au sein de l’armée française remontent à la fin du 15ème siècle. Ce sont les Bandes Suisses qui vont constituer parmi les premières unités militaires françaises permanentes après les francs-archers et avant les Bandes Françaises (1480-1567).

De 1477 à 1553 des levées annuelles sont réalisées pour des campagnes précises et licenciées à la fin de la dite campagne. Vous direz mais où est la permanence ? Elle est peut être à trouver dans la volonté royale de s’appuyer sur des unités permanentes plus que sur les unités stricto sensu.

La première levée à lieu en 1477 avec 6000 hommes qui participent au siège de Dôle puis à la campagne de Picardie contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire dont la puissance inquiétait de plus en plus les cantons suisses.

En 1479 les francs-archers sont licenciés et au printemps 1480 on procède à une levée de 5900 hommes. Les archives ont gardé la trace de l’origine de ces hommes. Les cantons de Zurich et de Berne fournissent chacun 1000 hommes, le canton de Lucerne 800, les cantons d’Uri, de Schwytz, d’Unterwald, de Zoug et de Glaris fournissent ensemble 2000 hommes, les cantons de Fribourg et de Soleure fournissent 1000 hommes et Berne 150. A ces fantassins s’ajoutent 400 cavaliers.

Outre leur force militaire, les suisses forment les hommes de pied français à la tactique d’infanterie mais aussi à la coopération avec la cavalerie et l’artillerie. Au bout d’un an les suisses sont congédiés.

En 1484 ce sont pas moins de 8000 suisses qui sont appelés pour la Guerre de Bretagne (1487-1491) étant congédiés seulement en 1490. Un autre contingent de 8000 hommes participe à la Bataille de St Aubin du Cormier considérée par les nationalistes bretons comme la fin de l’indépendance du duché de Bretagne qui étaient de puissants seigneurs («Les ducs de Bretagne n’étaient pas de petits compagnons»). Ce dernier contingent est licencié en 1488.

En 1491 et 1492 deux contingents de respectivement 8 et 4000 hommes sont levés mais sont congédiés en fin d’année.

Deux ans plus tard en 1494, 8000 suisses participent à l’Expédition d’Italie se distinguant notamment à la Bataille de Fournoue (6 juillet 1495).

En 1495 10000 valaisans et grisons sont envoyés en renfort en Italie. Ils sont congédiés en fin d’année sauf une compagnie conservée pour la garde du roi de France (c’est l’origine de l’unité des Cent-Suisses).

En 1496 4000 suisses 1000 valaisans et 1000 grisons sont envoyés à Naples. Ils sont licenciés à la fin du mois d’octobre.

En 1499 12000 suisses participent à la deuxième guerre d’Italie (1499-1500). En 1500 ce sont pas moins de 20000 suisses qui sont envoyés en Italie. En 1502 4000 suisses combattent en Italie et en 1507 ce sont 10000 montagnards qui franchissent le col du Petit St-Bernard pour participer au siège de Gênes.

En 1509 8000 suisses passent en Italie par le col du Saint-Gothard pour participer à la guerre contre Venise et à la bataille d’Agnadel.

En 1521 4000 suisses servent au sein de l’armée d’Italie (ils sont licenciés l’année suivante). La même année 6000 autres suisses sont engagés en Picardie (ils sont également licenciés en 1522).

En mars 15222 16000 suisses participent à la sixième guerre d’Italie et notamment à la Bataille de la Bicoque (licenciés en 1522) (NdA j’ignore si les contingents cités juste au dessus en faisait partie)

En 1524 ce sont pas moins de 13000 suisses et de 10000 grisons qui sont engagés en Italie. Ils sont licenciés en 1525.

En 1527 10000 suisses servent au sein de l’armée française au sein de trois corps d’armée, ces hommes n’étant licenciés qu’en 1536.

En 1536 ce sont onze bandes soit 6000 hommes qui opèrent en Picardie contre les armées espagnoles. De 1537 à 1539 on trouve 8000 suisses.

L’année suivante en 1538 la France lève 14000 suisses suivis en 1542 de 14000 autres sachant que 8000 d’entre-eux sont envoyés dans le Roussillon et 6000 en Picardie.

En 1543 7000 suisses sont envoyés en Picardie (congédiés en 1545) et la même année 7000 grisons vont combattre jusqu’en 1545 toujours en Picardie. Toujours en 1543 6000 suisses combattent à la Bataille de Cerisoles aux côtés de 5000 grisons. En 1545 22000 hommes sont levés (une levée de 6000 hommes et une autre de 16000).

En 1553 10000 hommes sont levés et licenciés la même année. A noter qu’à partir de 1549 les troupes suisses vont modifier leur organisation et prendre la forme d’un régiment portant le nom de leur colonel commandant et souvent pour ne pas dire toujours propriétaire.

En 1672 est créé le Régiment d’Erlach qui après plusieurs changements de nom devient en 1782 le Régiment d’Ernest. Le 1er janvier 1791 les régiments reçoivent un numéro et le régiment d’Ernest devient le 63ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 août 1792.

Toujours en 1672 est créé le Régiment de Stuppa qui devient en 1782 après plusieurs changements de nom le Régiment de Salis-Samade. Devenu le 64ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791, il est licencié le 20 août 1792 suite à la chute de la monarchie.

A noter que 32 grenadiers et 82 invalides du régiment étaient présents à la Bastille un certain 14 juillet 1789.

Le Régiment de Salis est créé le 17 février 1672. Le 26 décembre 1768 il devient le Régiment de Sonnenberg. Rebaptisé 65ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791, il est licencié le 20 août 1792 après une histoire riche en événements.

En effet ce régiment à participé à la guerre de Hollande (1672-1679), à celle des Pays-Bas (1683-1684), à la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1689-1697) et à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714).

Le Régiment de Castellas est créé le 17 février 1672 sous le nom de Régiment de Pfiffer. Il prend le nom de régiment de Castellas le 14 mars 1756. Rebaptisé 66ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 avant d’être licencié le 20 août 1792.

Ce régiment participe à la guerre de Hollande, à la guerre de la Ligue d’Augsbourg ainsi qu’aux guerres de succession d’Espagne et d’Autriche ainsi qu’à la guerre de Sept Ans. A la dissolution les hommes souhaitant rester au service de la France sont versés à la Légion de Luckner.

Le Régiment de Châteauvieux est créé le 28 janvier 1677 sous le nom de Régiment de Stuppa le Jeune adoptant le premier nom cité en 1783. Rebaptisé le 1er janvier 1791 76ème régiment d’infanterie de ligne. Cette unité participe notamment à la guerre de Succession d’Espagne.

Le Régiment de Courten est créé le 6 février 1690. Il est rebaptisé 86ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 avant d’être licencié le 20 août 1792.

Le Régiment de Diesbach est créé le 1er janvier 1690 sous le nom de Régiment de Sanlis, adoptant le premier nom cité le 4 janvier 1721. Rebaptisé 85ème régiment d’infanterie de ligne le 1er janvier 1791 il est licencié le 20 août 1792.

Durant sa carrière il participe à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, aux guerres de Succession d’Espagne et d’Autriche ainsi que la guerre de Sept Ans.

Le Régiment de Hallwyl est créé sous le nom de Régiment de Karrer en 1719. Rebaptisé le 21 août 1752, il est licencié le 1er juin 1763 intégrant le Régiment de Béarn. Il à combattu en Lousiane et sur les îles à sucre.

Le Régiment de Meuron est un régiment particulier. Il est en effet créé le 28 mai 1781 au service des Provinces-Unies mais le recrutement est piloté par la France. En 1795 il passe au service de la Grande-Bretagne. Il était composé de deux bataillons à cinq compagnies chacune.

Envoyé aux Indes il y est commandé par un certain Arthur Wellesley futur duc de Wellington. Il est envoyé en 1807 au Canada participant à la guerre de 1812. Le régiment est licencié le 11 mars 1816, certains soldats restant au Canada tandis que d’autres rentrent en Grande-Bretagne.

Le Régiment de Vigier (qui prend ce nom en 1783) est créé le 5 décembre 1673 sous le nom de Régiment de Greder. En 1791 il devient le 69ème régiment d’infanterie de ligne avant d’être dissous le 26 août 1792.

Durant sa carrière il participe à la guerre de Hollande, à la guerre des Pays-Bas, à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, à la guerre de Succession d’Espagne, à la guerre de Succession de Pologne (1733-38), à la guerre de Succession d’Autriche et à la guerre de Sept ans. Il participe également à l’Affaire de Nancy (1790), une mutinerie violement réprimée par le marquis de Bouillé ce qui allait conduire Louis XVI à prendre la décision de fuir à Varennes.

Le Régiment de Meinach est créé sous le nom de Régiment d’Eptingen en 1758. Rebaptisé en 1786, il devient le 1er janvier 1791 le 100ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 août 1792.

Ce régiment à douze compagnies participe à la guerre de Sept Ans puis à la guerre d’indépendance de Corse (1768-69).

Le Régiment de Salis est créé le 1er juin 1734 sous le nom de Régiment de Travers. Rebaptisé en 1740, il devient le 1er janvier 1791 le 95ème régiment d’infanterie de ligne. Il est licencié le 20 aoû 1792.

Le Régiment de Steiner est créé le 1er mars 1752 sous le nom de régiment de Lochmann. Il adopte le premier nom cité le 24 novembre 1782. Le 1er janvier 1791 le régiment est rebaptisé 97ème régiment d’infanterie de ligne. Le régiment qui durant sa carrière à participé à la guerre de Sept Ans est licencié le 20 août 1792, 300 des 500 hommes du régiment restant en France et s’engagent dans la cavalerie.

La République Helvétique au titre de la convention du 19 décembre 1798 lève un contingent de 18000 hommes. Ce contingent doit se composer de six demi-brigades à trois bataillons. Néanmoins en janvier 1801 en raison d’effectifs insuffisant des fusions sont réalisées : la 1ère demi-brigade avec la 6ème, la 2ème avec la 4ème et la 3ème avec la 5ème demi-brigade.

Sous Napoléon 1er des régiments suisses servent au sein de la Grande Armée en l’occurrence quatre régiments suisses, un bataillon de Neuchâtel et un bataillon valaisan.

Le 1er Régiment Suisse est créé en 1805 et dissous en 1815. Ce régiment participe aux bataillons des troisième (1805), quatrième (1806-1807) et sixième coalitions (1812-1814).

En 1805/06 il est déployé en Italie pour combattre les anglais et leurs alliés napolitains. Il participe ensuite à la Campagne de Russie en 1812.

Le 2ème Régiment Suisse est actif de 1806 à 1814 et en 1815 au moment des Cent-Jours. Il est engagé dans la guerre péninsulaire (1807-1812), la campagne de Russie (1812) et la campagne de France en 1814.

Le 3ème Régiment Suisse est actif de 1806 à 1814, le régiment étant engagé dans la guerre péninsulaire jusqu’en 1812, dans la Campagne de Russie (1812) et dans la Campagne de France (1814), campagne ou Napoléon montre qu’il n’à pas perdu la main mais malgré son génie et l’enthousiasme des «Marie-Louise» le déséquilibre était trop important avec des ennemis bien décidé à détrôner celui que les anglais appelaient «L’Ogre Corse».

Le 4ème Régiment Suisse est créé le 15 octobre 1806 et dissous en 1814 au moment de la première restauration. Durant sa première vie il participe d’abord aux batailles d’Heilsberg (10 juin 1807 victoire tactique française) et de Friedland (14 juin 1807 victoire française).

Il est ensuite envoyé sur les côtes de Gironde pour défendre les côtes avant de participer aux combats menés par la France au Portugal. Portant un pantalon blanc et une veste rouge, ce régiment à combattu d’autres suisses engagés eux auprès de l’armée espagnole qui portaient eux un pantalon blanc et une veste bleue.

Le régiment reste au Portugal jusqu’en 1812 avant de participer à la Campagne de Russie puis aux campagnes d’Allemagne et de France (1813 et 1814 respectivement).

Il est réformé par les décrets des 11 et 15 avril 1815 et du 20 mai sous le nom de 2ème régiment étranger. Ces décrets organisaient huit régiments étrangers avec un 1er régiment étranger composé de piémontais et d’italiens, un 2ème régiment composé de suisses, un 3ème de polonais, un 4ème d’allemands, un 5ème de belges, un 6ème d’espagnols et de portugais, un 7ème d’irlandais et un 8ème d’italiens.

Appelé également Bataillon Stoffel, cette unité qui est quasiment anéantie à la Bataille de Wavre le 18 juin 1815 est définitivement licenciée en octobre 1815 après le retour des Bourbons sur le trône de France.

Enfin presque puisque sur les cendres de ce 2ème régiment étranger nait le Régiment de Hohenlohe, unité d’abord baptisée Légion Etrangère Royale puis Légion de Hohenlohe. En 1821 il devient régiment mais est dissous le 5 janvier 1831. Les traditions de l’unité sont reprises par la Légion Etrangère qui reprend un pas lent pour défiler (88 pas par minute contre 120).

Le 11 mai 1807 un décret du maréchal Louis-Alexandre Berthier créé le Bataillon de Neuchâtel, un bataillon d’infanterie de ligne destiné notamment à servir de garde pour celui qui était prince de Neuchâtel. Cette unité était composée de six compagnies de volontaires et une batterie d’artillerie soit 1050 hommes.

Il participe à la bataille de Wagram (1809) au cours de laquelle il assure la garde des ponts sur le Danube. En Espagne il s’illustre dans une guerre d’un genre nouveau à savoir la contre-guerilla ou petite guerre comme disait Clausewitz.

Décimé durant la Campagne de Russie, il est réduit à une compagnie qui participe aux campagnes d’Allemagne et de France. L’unité est dissoute le 1er juin 1814.

On trouve également un Bataillon Valaisan opérationnel de 1807 à 1814, le bataillon combattant en Espagne.

Outre les unités régulières que nous venons de voir la France à confié aux suisses la protection du souverain. Ce choix peut s’apparaitre de prime abord curieux mais comme l’à montré également l’épopée de la garde varègue du côté Byzance une garde étrangère avait l’avantage d’être imperméable aux clans, coteries et autres intrigues de cour.

Les Cent-Suisses forment une compagnie de 100 hommes tous armés à l’origine d’une hallebarde avant que l’équipement se complexifie avec l’ajout de piquiers et d’arquebusiers.

La compagnie est officiellement créée en 1495 mais il semble que par le passé les souverains français avaient pris l’habitude d’être protégés par des détachements suisses.

Ce corps de la Maison du Roi est supprimé le 12 mai 1792. Reconstitué au printemps 1814 il accompagne Louis XVIII à Gand et lors de la deuxième restauration continue à protéger le frère de Louis XVIII avant de protéger son successeur, son frère Charles X.

L’unité disparaît en juillet 1830 au moment de la Révolution qui renverse l’ancien duc d’Artois. Cette unité à inspiré la création d’unités semblables en Savoie, en Toscane, en Autriche (1581-1767), au Brandebourg et naturellement au Vatican avec la célèbre Garde suisse pontificale.

Le Comte d’Artois futur Charles X en uniforme des gardes suisses

Ce dernier avait disposé de 1773 au 25 juin 1791 d’une unité suisse la compagnie des suisses de Monsieur le Comte d’Artois.

Suite à la bataille de Marignan une paix perpétuelle est signée entre le royaume de France et les cantons suisses le 29 novembre 1516. Entre-temps le 7 novatrices 1515 le traité de Genève avait en théorie réservé le recrutement de mercenaires suisses à la France et à la papauté, ce traité restant en vigueur jusqu’en 1792.

En 1573 Charles IX met sur pied l’unité des gardes-suisses qui sont organisés en régiments à partir de 1616. Ils portent un uniforme rouge rehaussé de bleu.

Ce régiment des gardes-suisses va exister de 1616 à 1792 date de sa dissolution suite à la chute de la Monarchie.

Paradoxalement ce régiment n’appartient pas à la Maison Militaire du roi de France mais assure toutes les fonctions. Sur le champ de bataille forme une brigade avec les gardes-français.

Composé de douze compagnies de 200 hommes soit 2400 hommes, ce régiment porte un uniforme rouge avec des revers bleu foncé et des parements de broderie blanche. En 1763 une compagnie de grenadiers est créée, compagnie qui se distingue par son couvre-chef. Exit le tricorne et bonjour le bonnet en poil d’ours.

En 1760 pas moins de 12888 suisses servaient le roi de France au sein de douze régiments, le régiment des gardes-suisses comprennant 2324. En 1791 la Maison Militaire du roi de France est supprimée et seul est préservé le régiment des gardes-suisses.

Sous la Restauration deux des huit régiments d’infanterie de la Garde Royale sont composés de suisses. Ces régiments sont supprimés par la Monarchie de Juillet le 11 août 1830.

Durant sa longue et prestigieuse carrière, les gardes-suisses et leurs ancêtres immédiats ont participé à la neuvième guerre d’Italie (1542-1546 dont la bataille de Cerisoles), à la troisième guerre de religion (1568-1570), à la guerre franco-savoyarde (1600-1601), à la répression des rebellions huguenotes (comme la siège de Montpellier en 1622), la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) et notamment les batailles de Ramillies et d’Audenarde, à la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) notamment la bataille de Fontenoy.

Longtemps logés chez l’habitants (habitude qui n’à de cesse de provoquer critiques, excès et abus en tout genre) les gardes-suisses sont casernés à partir de 1754 à Rueil-Malmaison, Courbevoie et Saint-Denis.

Au service du pape : la garde suisse pontificale

Prestation de serment des nouveaux gardes suisses protégeant le pape

Avec leur uniforme coloré les gardes suisses pontificaux sont parmi les plus célèbres soldats du monde faisant le bonheur des touristes. C’est aussi l’une des plus anciens unité militaire permanente du monde puisqu’elle à vu le jour le 22 janvier 1506 sur l’ordre du pape Jules II qui maniait aussi bien le goupillon que l’épée.

Elle est actuellement composée de 135 hommes citoyens suisses de sexe masculin et de confession catholique. La taille minimale requise est de 174cm, le célibrat est exigé et l’âge est compris entre 19 et 30 ans.

Ils s’illustrent le 6 mai 1527 quand 147 de ces mercenaires de Dieu sont tués en protégeant la fuite du pape Clement VII en direction du château Saint-Ange (42 gardes-suisses assuraient sa protection rapprochée) alors que la ville éternelle avait prise et pillée par des lansquenets mutinés car non payés comme cela arrive souvent à l’époque. Dès 1528 le 6 mai devient le jour où les recrues prêtent serment.

Cette unité à cohabité avec la garde corse (1603-1662), la garde noble et la garde palatine (dissoutes dans les années soixante-dix).

Cette unité n’à plus combattu depuis 1870 et sa défaite contre les troupes italiennes qui cherchaient à achever l’unité du pays en s’emparant de Rome. A noter que depuis 1929 les citoyens suisses peuvent s’engager dans cette unité sans l’autorisation du Conseil Fédéral.

Au service de la perfide Albion et d’autres états

De 1799 à 1801 l’armée britannique disposait d’un régiment de recrutement helvétique le Régiment de Roverea. Une Légion suisse britannique à été levée pour la guerre de Crimée.

Des unités suisses ont également été utilisées par le Royaume de Naples avec pas moins de quatre régiments, le 1er étant composé de lucernois, d’uranais, d’unterwaldiens et d’appenzellois, le 2ème était composée de fribourgeois et de Soleurois, le 3ème de valaisans de grisons de schwytzois alors que le 4ème était composé de bernois.

Sous l’autorité des Provinces-Unies et du Royaume de Hollande on trouvait également des unités de recrutement helvétique à savoir l’unité des Gardes Suisses ou Ewitserse Gardes, le régiment d’infanterie Constant-Rebecque, le régiment d’infanterie Salisch et le régiment d’infanterie Stusler.

Le Royaume de Sardaigne dispose également d’unités suisses ce qui est logique pour le royaume de la Maison de Savoie. On trouve le régiment Du Pasquier, le régiment Grison de Thonatz, le régiment grison, le régiment Keller, le régiment de Glaris et d’Appenzell, le régiment grison (Peyer-Imhof), le Régiment de St Gall et le Régiment de Lucerne.

Pologne et Pays Neutres (9) Espagne (9)

FORCES ARMEES ESPAGNOLES

Armée de terre

Histoire de l’armée espagnole de la Reconquista à la guerre d’Espagne

Contrairement aux autres tomes je ne vais pas détailler l’histoire militaire de l’Espagne même si c’est diablement tentant. Je vais me contenter de quelques dates, de quelques événements saillants. Je renvoie également le lecteur à ma chronologie militaire située plus haut.

Statue du « Gran Capitan »

L’armée de terre espagnole voit le jour au 15ème siècle et s’illustre au cours des Guerres d’Italie (1494-1559) avec notamment El Gran Capitan Gonzalve de Cordoue qui va initier le processus aboutissant aux célèbres tercios. Ces derniers comprennent des piquiers, des hallebardiers et des arquebusiers.

L’armée espagnole est également engagée dans la Guerre de Quatre-Vingt Ans (1568-1648), lutte contre les raids ottomans, soutien les ligueurs français dans les différentes guerres de religion et combat les anglais durant la guerre anglo-espagnole (1585-1604).

Les effectifs ne cessent d’augmenter. On passe d’environ 20000 hommes dans les années 1470 à 300000 hommes dans les années 1630 alors que l’Espagne est engagée dans la Guerre de Trente Ans.

Les effectifs sont composés d’espagnols mais aussi d’italiens et de flamands. De 1703 à 1820 on trouve au sein de la Garde Royale espagnole une unité de Gardes Wallons (Guardia Valona). A cela s’ajoutait des régiments de ligne recrutés dans ce qui n’était pas encore la Belgique.

Viggo Mortensen dans « Capitaine Alatriste »

Souvent mal payés ou pas payés du tout (cf Capitaine Alatriste) ils vivent sur le pays, n’hésitant pas à saccager des villes (17000 morts à Anvers en 1576) ou à livrer des places fortes à l’ennemi.

La guerre de Trente Ans marque la fin de la supériorité militaire espagnole. Le tercio jadis roi des champs de bataille est sérieusement malmené par les néerlandais et les suédois avant que sa réputation d’invincibilité soit définitivement balayée par le duc d’Enghien à la bataille de Rocroi en 1643. Il faut dire que l’ennemi à appris, à mis au point des structures plus flexibles et plus souples que le tercio.

L’acte officiel de création du tercio peut être fixé à l’ordonance de Gênes de 1536. Initialement ils se composent de dix compagnies de piquiers et de deux d’arquebusiers, les premiers devant assurant la protection rapprochée des porteurs d’armes à feu. Cela représente en théorie 3000 hommes par tercio.

Ces unités tirent leur force de leur discipline, d’un sens de l’honneur exacerbé et d’une fidélité au roi et à la foi catholique, des éléments particulièrement utiles quand ces hommes combattaient ceux que l’Eglise catholique considéraient comme des hérétiques.

Les tercios se dispersent entre l’Espagne, la Flandre, l’Italie et l’Afrique. En 1685 l’effectif des tercios est réduit à environ un millier d’hommes. Plusieurs refontes ont ensuite lieu jusqu’en 1704 quand le terme disparaît.

L’armée espagnole participe également aux opérations outre-mer.

Avec l’arrivée des Bourbons à Madrid l’armée espagnole est réorganisée sur le modèle français. Les vieilles unités sont transformées en régiments.

En 1764 une première école militaire est créée en Espagne, l’Ecole Royale d’Artillerie à Ségovie.

En 1768 le roi Charles III publie l’ordonnance royale pour l’organisation, la discipline, l’obéissance et le service dans ses armées, un texte dont les grandes lignes seront encore appliquées en 1978 !

A la fin du 18ème siècle la menace terrestre et faible pour ne pas dire inexistante, l’Espagne délaissant son armée de terre au profit de la marine. Les officiers devaient davantage leur poste au patronage qu’à leur compétence, la troupe était composée de paysans peu instruits, peu entrainés et peu motivés. Comme souvent dans les armées de l’époque, les meilleures unités sont composées de volontaires étrangers qui y sont ici essentiellement irlandais, italiens, suisses et wallons. Les unités d’artillerie et du génie sont d’un bon niveau.

Si aux plus bas échelons le niveau tactique est bon en revanche aux échelons les plus élevés de la hiérarchie les tactiques sont démodées et ne prennent pas en compte la révolution tactique amorcée par les unités de la France républicaine, les espagnols n’étant ni les premiers ni les derniers à subir les conséquence de la Furia francese.

L’Espagne affronte la France de 1793 à 1795 puis le Portugal aux côtés de la France en 1804 dans la Guerre des Oranges. L’Espagne va ensuite participer à la guerre péninsulaire aux côtés des britanniques avec à la fois des unités régulières mais aussi un guérilla endémique qui va épuiser l’armée française.

A la fin des guerres napoléoniennes tout est à reconstruire notamment les infrastructures qu’il s’agisse des casernes, des dépôts ou des manufactures d’armes. Pour ne rien arranger le contexte politique est particulèrement compliqué.

Non seulement les colonies sud-américaines secouent le joug colonial espagnol mais l’Espagne métropolitaine doit faire face à une querelle entre le très réactionnaire Ferdinand VII et les libéraux.

Echaudée par les dernières expériences, l’armée espagnole tourne le dos aux volontaires et aux mercenaires au profit du conscrit. Si cela peut éliminer le problème de la discipline et réduire la charge financière cela ne résout pas tous les problèmes.

Ces réformes se heurtent à l’instabilité du pays, aux pronunciamento et aux guerres carlistes. Les militaires espagnols sont davantage préoccupés par la politique que par la capacité de l’armée à faire face à un adversaire digne ce nom.

En 1920 alors que l’armée espagnole s’enlise au Maroc les effectifs sont d’environ 500000 hommes.

En juillet 1936 si une majeure partie de l’armée rejoint par affinité idéologique le camp nationaliste une partie reste fidèle au gouvernement légal. A ces professionnels de la guerre pas toujours bien vu par les autres républicains vont s’ajouter des unités plus politisées venant aussi bien du parti socialiste que du parti communiste ou des différents mouvements anarchistes. A cela va s’ajouter des unités étrangères comme les Brigades Internationales qui quittent le conflit à la fin de 1938.

Soldats républicains

Après une période flottement, l’armée républicaine est réorganisée sous la forme d’une Ejercito Popular de la Republica très influencée par les communistes qui à la différence des anarchistes préféraient gagner la guerre avant de faire la révolution. Les différentes milices politiques sont dissoutes le 16 octobre 1936 et intégrées à la nouvelle armée populaire. Tous les hommes âgés de 20 à 45 ans sont appelés sous les drapeaux.

Aux colonnes et autres milices on préfère la brigade mixte, les six premières (dont deux brigades internationales) sont créées le 18 octobre 1936. Elles se composent chacune de quatre bataillons, chaque bataillon disposant d’un nombre variable de compagnies sachant que les effectifs ne devaient pas dépasser 3000 hommes.

Ultérieurement l’armée républicaine se composa de régiments, de divisions, de corps d’armées et d’armée de campagne.

Sur le plan matériel la situation est très difficile jusqu’au printemps 1937. Si nombre de carences et de manques ont alors été résolues certaines unités vont manquer d’armes, de munitions et d’uniformes et ce jusqu’à la fin de la guerre.

L’armée républicaine est très influencée par les communistes espagnoles et les soviétiques ce qui provoque des tensions et des tiraillements avec les socialistes, les trotskistes et les anarchistes.

L’armée républicaine atteint son efficacité maximale à la bataille de l’Ebre (deuxième semestre 1938) mais c’est aussi au cours de cette bataille qu’elle est détruite et que le gouvernement républicain ne pourra la reconstituer faute de moyens et faute de temps.

Après la victoire franquiste les soldats républicains sont souvent fusillés ou emprisonnés dans des camps. D’autres parviennent à passer la frontière et à se réfugier en France. Nombre d’entre-eux vont s’engager dans la Légion Etrangère dans l’espoir d’une future guerre contre l’Espagne devenue franquiste mais comme on le sait jamais la France ne se lancera dans une expédition militaire au sud des Pyrénées.

En mai 1937, l’armée populaire était structuré en plusieurs armées, l’armée du Centre autour de Madrid, l’armée du Sud en Andalousie et en Extremadure, l’armée du Levant, l’armée de l’Est en Aragon, l’Armée du Nord dans le pays Basque isolé du reste de la zone républicaine.

A la fin de l’année on trouvait l’Armée du Centre, l’Armée d’Andalousie, l’Armée du Levant, l’Armée de l’Est et l’Armée de Manoeuvre.

En avril 1938 le territoire républicain est coupé en deux quand les franquistes atteignent la Méditerranée au sud de Valence. Deux groupes d’armées sont alors formés, le groupe d’armées de la région centrale et le groupe d’armées de la région orientale.

Le premier comprend l’Armée du Centre (six corps d’armée et quinze divisions), l’Armée d’Extremadure (deux corps d’armées et cinq divisions), l’Armée d’Andalousie (deux corps d’amées et cinq divisions) et l’Armée du Levant (sept corps d’armée et 17 divisions) soit un total de dix-sept corps d’armée et trente-sept divisions.

Le second comprend l’Armée de l’Est (trois corps d’armée et neuf divisions) et l’Armée de l’Ebre (quatre corps d’armée et quatorze divisions) soit un total de sept corps d’armée et de vingt-trois divisions.

Défilé à Paris le 14 juillet d’un détachement de la Légion espagnole

Durant la guerre d’Espagne l’armée se divise entre républicains et nationalistes. Les seconds bénéficiant de l’aide précieuse de l’Armée d’Afrique avec ses unités d’élite comme les regulares ou encore le Tercio la Légion Etrangère espagnole. L’apport de contingents allemands, italiens mais aussi irlandais et portugais à joué aussi un rôle important.

En juillet 1936 quand l’armée d’Afrique se révolte, l’armée se divise mais pas aussi nettement qu’on l’à écrit puisque en ce qui concerne les officiers on trouve 9294 côté nationaliste et 8929 côté républicain. On trouve 140604 soldats et sous-officiers côté nationaliste (dont 47127 hommes pour l’Armée d’Afrique) et 116051 côté républicain.

Si les hauts gradés restent majoritairement loyaux à la république, les officiers subalternes rallient majoritairement la rébellion ce qui va faire la différence sur le terrain. Durant le conflit le nombre d’officiers va augmenter côté nationaliste mais va chuter dans le camp d’en face.

Une fois qu’il devint évident que la guerre allait durer, les unités insurgées vont être réorganisées pour pouvoir durer. On trouve ainsi l’Armée du Nord sous le commandement du général Mola et l’Armée du Sud sous le commandement du général Queipo de Llano.

En avril 1937 les divisions organiques sont transformées en corps d’armée, la 5ème division organique devenant le corps d’armée d’Aragon, la 6ème le corps d’armée de Navarre, la 7ème le corps d’armée de Castille et la 8ème le corps d’armée de Galice. La zone de responsabilité de ces divisions sont reprises par des régions militaires recrées.

Défilé d’une unité des réquetes

A l’époque on trouve sous le pavillon national environ 300000 hommes contre 500000 côté républicain mais ce écart numérique est compensé par un meilleur niveau global des unités nationales (Armée d’Afrique, carlistes……). Outre les unités en ligne on trouve le commandement du général Orgaz une réserve composée de plus de 200 bataillons d’infanterie de 70 batteries d’artillerie. A la fin de 1938 les nationalistes alignent plus d’un million d’hommes.

Les différents divisions sont placées sous l’autorité de l’Armée du Sud (Queipo de Llano) en Andalousie, de l’Armée du Centre (Saliquet), de l’Armée du Nord (Davila) et de l’Armée du Levant (Orgaz).

Alors que la guerre touche à son terme, le camp nationaliste regroupe 1065941 hommes avec un total de 61 divisions (840000 hommes), 15323 cavaliers, 19013 artilleurs, 35000 hommes de l’Armée d’Afrique, 32000 italiens (Corpo Truppe Volontarie), 5000 allemands de la Legion Condor et 119594 auxiliaires.

A la fin du conflit on compte 850000 fantassins, 19000 artilleurs et un grand nombre d’unités de cavalerie, l’armée espagnole étant fort peu motorisée et fort peu mécanisée.

A l’été 1939 le général Franco décide de démobiliser, l’objectif étant de passer de 61 à 30 divisions pour permettre de libérer de la main d’oeuvre pour relancer une économique exsangue et sinistrée.

Le déclenchement de la guerre de Pologne entrainera une suspension de la démobilisation de crainte que la France ne profite pour envahir l’Espagne. Elle ne reprendra qu’au début de 1940 quand il devint évident que la Pax Armada allait durer.

L’armée d’Afrique (Ejercito de Africa) voit officiellement le jour en 1859 et va durant presque un siècle symboliser la présence espagnole en Afrique notamment au Maroc, le Sahara occidental, la Guinée Equatoriale ne représentant que des territoires très secondaires.

Cette armée d’Afrique peut puiser ses racines jusqu’au 16ème siècle quand l’Espagne dans la foulée de la Reconquista occupe des territoires en Afrique du Nord notamment les villes de Ceuta et de Melilla, de véritables avant-postes qu’il faut défendre. Cette défense est assurée par des unités faites de bric et de broc : marins, compagnies disciplinaires, infanterie de marine (le Tercio de Armada fondé en 1537 est la plus ancienne unité d’infanterie de marine du monde) et détachements d’unités métropolitaines.

Une querelle existe sur la date exacte de création. Certaines sources donnent 1859 mais d’autres disent 1893 avec la constitution du 1er régiment d’infanterie d’Afrique (Regimiento de Africa N°1).

Après la campagne de Melilla de 1909/1910 l’Espagne augmente sa zone d’influence sur le Maroc ce qui impose une sérieuse augmentation des effectifs. Comme souvent en pareilles circonstances, on recrute du personnel indigène sous la forme d’une police appelée Policia Indigena (Police Indigène).

En 1911 les espagnoles créés les Regulares, des unités d’infanterie et de cavalerie composées d’indigènes encadrées par des officiers espagnols.

Appelées officiellement Fuerzas Regulares Indigenas, ces unités sont crées quand l’Espagne à besoin de davantage de troupes pour pacifier sa zone d’influence au Maroc mais que l’envoi de conscrits métropolitains peut se révéler délicat voir explosif (cf la Semaine Sanglante en Catalogne en 1909).

Un premier bataillon indigène (batallon indigena) est créé et en 1914 on quatre groupes (Grupos d’une taille équivalente à un régiment). Des unités de cavalerie sont aussi mises sur pied.

Chaque groupe se composait d’un état-major, d’une compagnie de soutien, de deux tabors (bataillons) d’infanterie, d’un tabor (escadron) de cavalerie, d’une fanfare et d’un corps de trompettes rattaché à l’état-major.

En 1922 les groupes sont passés au nombre de cinq, groupes basés respectivement à Melilla, Tétouan, Ceuta, Alhucemas et Larache.

Unité de Regulares

Les regulares s’illustrèrent dans la guerre non-conventionnelle ce qui déplaisait souvent aux officiers espagnols (durant la guerre d’Espagne les Regulares s’infiltraient dans les lignes républicaines pour capturer des chars, exécutant l’équipage à l’arme blanche avant de ramener le char dans les lignes nationalistes). Parmi ces officiers promis à un brillant avenir, un certain Francisco Franco.

En 1923 un détachement de Regulares montra la garde au palais royal de Madrid. En 1934 les Regulares participent avec le Tercio à la répression du soulèvement des mineurs asturiens, une répression féroce.

Les Regulares jouèrent un rôle clé durant les premières phases de la guerre d’Espagne. Durant la guerre cinq autres groupes d’infanterie furent levés plus deux de cavalerie. Très à l’aise dans les campagnes espagnoles, ils le furent moins en milieu urbain. Jusqu’à la fin de la guerre ils furent surtout utilisés comme troupes de choc.

La guerre d’Espagne terminée les unités furent réduites à huit groupes d’infanterie et deux groupes de cavalerie sans compter un détachement d’honneur qui accompagnait le Caudillo.

On trouve également des unités moins connues comme les Tiradores de Ifni (Tirailleurs d’Ifni), une unité destinée à protéger le territoire d’Ifni, un territoire situé au sud du Maroc qui finira par intégrer le territoire chérifien en 1969.

Les tirailleurs d’Ifini sont créés en 1934 (décret du 9 juin 1934) sur le modèle des tirailleurs nord-africains de l’armée française. Les effectifs sont ceux d’un régiment avec 1235 hommes dont 31 officiers (dont 10 marocains), 38 sous-officiers et 1166 hommes du rang, l’unité étant organisée en trois tabors.

Durant la guerre d’Espagne six tabors sont envoyés en Espagne. Une bandera indépendante (Bandera de Ifni-Sahara) est aussi présente. Ces unités vont participé au défilé de la victoire à Madrid en 1939.

Les tirailleurs d’Ifni vont retourner dans leur région d’origine, servant jusqu’à la rétrocession du territoire au Maroc, l’unité étant alors dissoute, les cadres espagnoles retrouvant la métropole et les hommes de troupes marocains étant transférés dans la nouvelle armée royale marocaine.

On trouve également la Guardia Colonial de la Guinea Espanola (garde coloniale de la Guinée Espagnole), une unité militaire qui assurait la fonction de gendarmerie et de douane au sein de la Guinée Espagnole (Guinée Equatoriale), une unité créée en 1908 et qui à disparue en 1968 quand la Guinée espagnole est devenue indépendante.

Elle se compose à sa création de 430 hommes, des espagnols et des indigènes. Elle va mener des opérations de pacification notamment contre l’ethnie Fang dans le Rio Muni.

En 1926 le corps déploie des garnisons sur tout le territoire et en 1929 la Guinée Espagnole est considérée comme pacifiée.

Au moment de la guerre d’Espagne, le corps se rallie à la rébellion sauf quelques éléments qui vont être évacués vers Barcelone et réintégrer l’armée républicaine.

Le conflit terminé, la garde est réorganisée, ses effectifs augmentés passant à 750 hommes pour assurer des missions régulières de pacification.

Autre unité de l’armée d’Afrique la Légion Espagnole créée par un décret royal du roi Alphonse XIII en date du 28 janvier 1920, une unité modelée sur la Légion Etrangère à savoir un corps de volontaires plus facilement employable que les conscrits espagnols. Les premières recrues arrivent le 20 septembre 1920, une date célébrée chaque année que l’on peut comparer toutes proportions gardées au 30 avril pour la Légion (célébration de la mémoire de la bataille de Camerone).

Bien qu’il y eut la volonté de recruter de nombreux étrangers, l’idéologie très nationaliste de ce corps fit que les étrangers furent très peu nombreux (aujourd’hui les étrangers peuvent intégrer ce corps mais doivent avoir une résidence espagnole).

Créé sous le nom de Tercio de Extranjeros (Tercio des étrangers), il connait son baptême du feu dans la guerre du Rif. L’unité est ensuite rebaptisée en 1925 Tercio de Marueccos (Tercio des marocains), terme très vite abrégé en Tercio puis enfin La Legion en 1937.

A notez qu’il y eut un précédent dans l’histoire de l’armée espagnole puisqu’en 1835 le roi Louis-Philippe 1er offrit à Isabelle II les services de la Légion Etrangère pour combattre durant la première guerre carliste. 4000 hommes débarquent à Tarragone le 17 août 1835 et vont combattre jusqu’à sa dissolution le 8 décembre 1838. A cette époque il restait seulement 500 hommes ! Il y eu également une légion britannique (Legion Britanica) qui participa à ce conflit.

Clairement son créateur le Lieutenant-Colonel José Millan-Astray Terreros s’est inspiré de la Légion Etrangère pour créer ce corps de volontaire qui très vite à acquis une mentalité d’unité d’élite mais comme nous l’avons vu plus haut le recrutement fût très majoritairement hispanisant pour ne pas dire espagnol.

L’unité devint un creuset nationaliste, le choix des termes (Tercio, Banderas plutôt que bataillons) étant des plus explicites. En 1934 pour la première fois les légionnaires vont combattre en Espagne pour réprimer avec les regulares la révolte des mineurs asturiens.

A son apogée durant la guerre d’Espagne, la Légion comprennait 18 banderas plus une bandera de chars, un bandera de génie d’assaut et un groupe d’opérations spéciales.

La guerre d’Espagne terminée le nombre de tercio va être réduit à huit tous déployés au Maroc espagnol. Leur nombre passe à douze suite à la mobilisation de septembre 1948 mais retombe à huit à la fin du second conflit mondial puis à six en 1970 et quatre aujourd’hui, tous portant des noms de grands capitaines espagnols :

-1er Tercio «Gran Capitan Gonzalez Fernandez de Cordoue»

-2ème Tercio «Fernando Alvarez de Tolède, duc d’Albe»

-3ème Tercio «Don Juan de Austria»

-4ème Tercio «Alexandre Farnèse, duc de Parme»

Lors de la guerre du Rif, l’armée d’Afrique était composée de la Légion espagnole, des Regulares, des cazadores (infanterie légère métropolitaine), de l’artillerie, du génie et des unités de soutien soit environ 30000 hommes la plupart professionnels à comparer aux 100000 hommes du reste de l’armée espagnole majoritairement des conscrits.

D’autres unités vont être créés notamment une gendarmerie (Mehalas de la Mehalla’Jalifiana) qui vont intervenir en soutien des autres unités militaires.

A la fin de la guerre du Rif l’armée d’Afrique voit ses effectifs réduits. Aux unités déjà citées vont s’ajouter sept bataillons d’infanterie, six escadrons de cavalerie et six batteries d’artillerie venus de métropole. Ces unités n’étaient pas permanentes mais envoyées par rotation par les différents régiments métropolitains.

Le rôle de l’armée d’Afrique fût capital dans la guerre d’Espagne. Grâce à un pont aérien au dessus du détroit de Gibraltar 1500 hommes furent envoyés en Andalousie jouant un rôle clé dans le contrôle de Séville. D’autres hommes gagnèrent la péninsule par la mer, la marine républicaine affaiblie par l’arrestation et l’exécution de nombreux officiers. Sans l’armée d’Afrique les nationalistes auraient eu du mal à l’emporter.

Durant la Pax Armada les effectifs furent réduits mais politiquement elle fût importante. Des tirailleurs d’Ifni furent envoyés en garnison aux Canaries et une garde maure (Guardia Mora) servait d’unité de parade pour les grandes cérémonies.

En 1960 avec l’indépendance du Maroc les marocains de l’armée d’Afrique furent transférées à la nouvelle armée marocaine. Il ne restait que la Legion et les Regulares de nationalité espagnole ce qui entraina la dissolution de l’armée d’Afrique.

Quand la guerre d’Espagne se termine l’armée franquiste aligne plus d’un million d’hommes répartis en soixante divisions. Au début de 1940 les effectifs sont tombés à 250000 hommes avec une majorité de conscrits qui effectuent un service militaire de deux ans.

Le territoire métropolitain espagnol est divisé en huit régions militaires (Madrid, Barcelone, Seville, Valence, Saragosse, Burgos, Valladolid et La Corogne). En 1944 une neuvième région (Grenade) va s’ajouter et l’armée de l’air devient indépendante.

Après la mobilisation de septembre 1948 l’armée de terre aligne 750000 hommes. Le territoire métropolitain est défendu par huit corps d’armée disposant pour quatre d’entre-eux de trois divisions d’infanterie et pour les quatre autres de deux divisions soit un total de 20 divisions d’infanterie.

Il faut ajouter l’Armée d’Afrique (deux corps d’armée), un commandement général aux Canaries, un autre aux Baléares, une division de cavalerie et une réserve générale d’artillerie. Durant le conflit une réserve générale à trois DI est mise sur pied tout comme une division blindée, la division Brunete à l’équipement baroque. Des unités spécialisées sont également mises sur pied.

Le second conflit mondial terminé les effectifs sont réduits à 22000 officiers, 3000 sous-officiers et environ 300000 hommes du rang.

L’équipement qui n’à pu être vraiment renouvelé depuis la fin de la guerre d’Espagne est en grande partie obsolète. En clair si l’armée espagnole s’était engagée aux côtés des alliés ou de l’Axe, elle aurait davantage représenté un poids qu’un atout. Il faudra attendre 1960 pour que la situation évolue.

Pologne et Pays Neutres (6) Espagne (6)

Les Grands d’Espagne

Ici il ne sera pas simplement question des nobles d’Espagne mais des grands noms de l’histoire hispanique. Bien entendu ce choix comme ailleurs est totalement arbitraire. N’hésitez pas chers lecteurs dans les commentaires à citer le nom d’une personnalité que j’aurais oublié et qui selon vous aurait mérité d’y figurer.

Le Cid

Rodrigo Diaz de Vivar (né vers 1043 à Vivar mort à Valence le 10 juillet 1099) surnommé El Cid Campeador (le Cid conquérant) est un chevalier chrétien mercenaire, héros de la Reconquista bien que comme souvent la légende est plus belle que l’histoire nettement plus prosaïque.

En 1074 il épouse la nièce du roi Jimena (Chimène) mais en 1081 il est banni par le roi Alphonse VI dit le Brave qui craint son ambition (il l’accuse d’avoir participé à l’assassinat de Sanche II de Castille).

Il s’exile et entre au service de Yusuf al-Mutaman, l’émir de Saragosse qui lui donne le titre de Sid (seigneur).

Le 25 mai 1085, Alphonse VI de Léon conquiert le taïfa de Tolède et en 1086 met le siège devant Saragosse. En août une armée almoravide l’oblige à lever le siège, les chrétiens étant battus à Sagrajas. L’année suivante Alphonse et Rodrigue se reconcilie mais pour peu de temps car dès 1088 il est à nouveau banni.

Il s’empare de Valence le 17 juin 1094, tenant la ville du Levant jusqu’à sa mort. Sa veuve la conserve jusqu’en 1102 quand elle doit quitter la ville qui retombe sous domination musulmane.

L’histoire en à fait un héros de la Reconquista mais en réalité il s’agissait davantage d’une épée louée, d’un mercenaire, servant différents seigneurs qu’ils soient chrétiens ou musulmans et n’oublions pas de servir ses propres intérêts notamment en se taillant une seigneurie au Levant, seigneurie indépendante des royaumes chrétiens comme de l’empire almoravide.

Néanmoins force est de constater qu’à la fin de son règne il combattait davantage les almoravides que les autres royaumes chrétiens, combattant notamment les almoravides au sommet de leur puissance.

Ce qui à fait que le Cid est devenu un personnage légendaire c’est qu’il est le héros d’une pièce de théâtre de Pierre Corneille («Ô rage ô désespoir ô vieillesse ennemie….» «Aux âmes bien nées la valeur n’attends pas le nombre des années») ou encore d’un poème épique le Cantar de mio Cid composé vers 1128.

Les Rois Catholiques

Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon symbolisent à eux seuls la Reconquista puisqu’il ont achevé un processus de quatre siècles en s’emparant de Grenade en 1492 tout un symbole puisque la fin de la présence musulmane dans la péninsule ibérique coïncide avec la découverte par les européens de l’Amérique, une année considérée comme la fin du Moyen-Age et le début des temps modernes.

Isabelle 1ère de Castille dite Isabelle la Catholique est née à Madrigal de las Altas Torres le 22 avril 1451. C’est la fille de Jean II de Castille et d’Isabelle de Portugal, sa seconde épouse. En compagnie de son frère Alphonse, elle n’à aucun espoir d’accéder au trône de Castille car son demi-frère Henri IV doit succéder à son père.

Son frère Alphonse meurt en 1468 (probablement empoisonné) ce qui fait d’Isabelle l’héritière putative de son demi-frère, un roi débauché et faible, méprisé par la noblesse et son épouse, une femme très libérée au point qu’on murmure que sa fille Jeanne ne serait pas la fille du roi mais celle d’un seigneur Bertrand de Cueva d’où son surnom de Beltraneja (la «fille de Bertrand»).

Le 14 septembre 1468 elle prend le titre de princesse des Asturies bien que ce titre soit déjà porté par sa nièce. Un an plus tard le 14 octobre 1469, elle épouse Ferdinand d’Aragon, un mariage politique qui devint un mariage d’amour ce qui n’empêchera pas Ferdinand d’aller voir ailleurs et d’avoir plusieurs enfants naturels.

Elle devient reine de Castille le 13 décembre 1474 puis en 1479 devient reine d’Aragon, de Majorque, de Valence, de Sardaigne et de Sicile et enfin reine de Naples en 1503. Isabelle et Ferdinand règnent conjoitement mais ils restent les patrons de leurs royaumes respectifs.

De ce mariage sont nés six enfants : Isabelle, Jean, Jeanne la Folle, Marie d’Aragon, Catherine d’Aragon (épouse d’Henri VIII après avoir été promise à son frère ainé Arthur) et Pierre.

Durant son règne Isabelle achève la Reconquista, patronne la découverte de l’Amérique. Encore aujourd’hui sont image est contrastée, la mise en place de l’Inquisition ou encore son action contre les juifs, les musulmans et les indigènes étant particulièrement critiquées et critiquables. Cela n’empêche pas certains et certaines d’espérer sa béatification (procès ouvert en 1958).

Ferdinand II d’Aragon est né à Sos le 10 mai 1452 et mort à Madrigalejo le 23 janvier 1516. Fils de Jean II d’Aragon et de sa deuxième épouse Jeanne Enriquez, il devient héritier de la couronne en 1461 après la révolte et la mort de son demi-frère Charles.

Le 14 octobre 1469 il épouse Isabelle de Castille, un mariage politique mais qui devient un mariage d’amour. Attention à ne pas y voir une folle passion : Ferdinand trompe ouvertement la reine (il aura plusieurs enfants naturels) et les relations entre ces deux fortes personnalités sont houleuses, Isabelle refusant à son époux qu’il joue un rôle quelconque en Castille.

Il est certes roi de Castille et de Leon dès 1474 et l’accession au trône de son épouse mais il n’y joue aucun rôle. Il faudra attendre la mort d’Isabelle et la folie de sa fille pour que Ferdinand (qui porte le numéro V en Castille) ne joue un rôle important. Un temps il est concurrencé par son gendre Philippe de Bourgogne dit le Beau mais il meurt prématurément. Ferdinand reprend les commandes cette fois au nom de son petit-fils Charles de Gand plus connu sous le nom de Charles Quint.

Les Rois Catholiques achèvent la Reconquista, patronnent la découverte de l’Amérique mais mène également une politique active en Europe notamment en Italie où il lutte contre la France pour le contrôle du royaume de Naples et du Milanais.

En 1512 il annexe la partie espagnole du royaume de Navarre au nom de son épouse Germaine de Foix qui ne serait pas étrangère à sa mort puisque l’ancien mari d’Isabelle la Catholique aurait succombé à une potion de fertilité mal dosée.

Christophe Colomb

Navigateur génois, Cristophe Colomb est né entre le 26 août et le 31 octobre 1451 sur le territoire de la république de Gênes. Il est mort à Valladolid le 20 mai 1506.

Il découvre l’Amérique sans en avoir conscience en cherchant une route permettant d’atteindre l’Asie orientale (les Indes) par l’ouest et ainsi court-circuiter les portugais et les turcs.

Selon ses propres dires, ce fils de tisserand aurait été matelot dès l’âge de dix ans au service de René d’Anjou combattant donc l’Aragon comme corsaire.

C’est en 1484 qu’il commence à réflechir sur son grand projet. Contrairement à ce qu’on à parfois écrit, Christophe Colomb n’est pas un génie au milieu d’ignares. Ses idées sont partagées par nombre de savants.

Il propose d’abord son projet au Portugal (où il à rencontre son épouse Filipa Moniz) mais des savants mandatés par Jean II rejettent ce projet. Il le propose alors à la Castille mais il essuie un échec en 1486 et 1490.

En 1491 il est sur le point d’obtenir gain de cause mais il manque d’échouer car ses demandes sont jugées irréalistes. Finalement un accord est trouvé le 17 avril 1492 (Capitulations de Santa Fe), accord qui le fait «amiral de la mer Océane», vice-roi et gouverneur général des territoires à découvrir, un dixième des richesses et un huitième des profits de l’expédition.

Il quitte Palos de Frontera le 3 août 1492 avec trois navires (Santa Maria Pinta Nina) et après une traversée longue et difficile, la terre est aperçue le 12 octobre 1492, une île baptisée San Salvador. Il découvre ensuite l’île de Cuba.

En décembre il arrive dans l’actuelle Haïti sur l’île actuelle de Saint Domingue, une île qu’il baptisé Hispanola.

Suite à la perte de la Santa Maria, il doit laisser trente-neuf hommes sur place, les autres appareillant à bord de deux navires rescapés le 16 janvier 1493 pour rentrer en mars d’abord au Portugal (4 mars) puis à Palos le 15 mars 1493.

Christophe Colomb prépare déjà une deuxième expédition nettement plus ambitieuse avec 17 navires, environ 1500 hommes dont 700 colons et 12 missionnaires. Il appareille le 25 septembre 1493 pour quasiment trois ans d’expéditions puisqu’il allait rentrer en Espagne le 11 juin 1496.

Au cours de ce voyage, il va découvrir la Désirade, Marie-Galante, la Dominique, Basse-Terre, Montserrat, St Martin, St Barthelemy. Il retrouve la colonie de La Navidad détruite. Il fonde ailleurs La Isabela.

En février 1494, douze navires repartent vers l’Espagne. Christophe Colomb grand marin, grand explorateur mais piètre politicien reprend alors les explorations. Il repart pour l’Espagne le 20 avril 1496 arrivant à Cadix le 11 juin.

Le troisième voyage à lieu du 30 mai 1498 à octobre 1500. Six navires sont engagés, navires visitant St Vincent, Grenade, Trinité et Margarita. Il débarque au Venezuela le 5 août 1498 mais à Hispanola il est arrêté avec ses fils par le représentant de la couronne. C’est enchainé qu’il débarque à Cadix à la fin du mois d’octobre.

Cette disgrâce ne dure pas car un quatrième voyage est organisé du 9 mai 1502 au 7 novembre 1504, un voyage avec quatre caravalles et 140 marins. On sait peu de choses sur ce voyage. Ce qui est sur c’est qu’il se rend en Martinique, à Saint Domingue, au Costa Rica, à Veragua et au Panama.

Bloqué un an sur l’île de la Jamaïque (juin 1503-juin 1504) il manque de succomber à la malaria à une époque où sa santé est très dégradée. Il quitte la région le 12 septembre 1504 et arrive le 7 novembre à Sanlucar de Barrameda.

Il meurt le 20 mai 1506 non pas dans la misère et l’oubli contrairement à la légende. Son corps est d’abord enterré à Valladolid puis à Séville (1529), à Saint Domingue (1541), à Cuba (1795) et enfin à Séville (1898) ou pas puisqu’il existe une querelle entre Séville et St Domingue. Des tests ADN pratiqués sur le corps enterré à Séville suggèrent simplement que le corps est apparenté à Christophe Colomb.

Gonzalve de Cordoue

«El Gran Capitan» (le grand capitaine) est né à Montillo le 1er septembre 1453. De son nom complet Gonzalo Fernandez de Cordoba y Aguilar est un militaire espagnol, brillant chef de guerre qui fût aussi théoricien puisque comme nous le verrons il sera à l’origine du processus créant les redoutables tercios réputés invincibles jusqu’à leur défaite de Rocroi en 1643.

Au service d’Isabelle la Catholique il connait son baptême du feu lors de la guerre de succession de Castille, conflit opposant Isabelle à sa nièce Jeanne dont la légitimité était non seulement contestée mais plus encore contestable.

En 1492 c’est lui qui négocie la reddition du dernier émir de Grenade Boabdil (vous savez celui qui pleurant à son départ de la ville aurait été ainsi apostrophé par sa mère «Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme»).

Pour ses succès il reçoit une commanderie de l’Ordre de Santiago, un ordre de chevalerie créé pour mener à bien la Reconquista.

De 1495 à 1498, il effectue une premier expédition en Italie contre les français de Charles VIII qui cherchaient à contrôle le royaume de Naples. Il libère également la ville d’Ostie occupée par un corsaire basque.

Il est de retour en Italie entre 1501 et 1507. Il combat d’abord les ottomans sur l’île grecque de Céphalonie aux côtés des vénitiens puis à nouveau les français. Il bat les armées françaises à Cérignole et au Garigliano (1503).

Vice-roi de Naples il est de plus en plus en butte à la jalousie et à la méfiance de Ferdinand II d’Aragon qui craint El Gran Capitan comme jadis Justinien avait craint Bélisaire.

Rappelé en Espagne en 1507 il est même accusé de détournement de fonds. Bien qu’ayant été disculpé (il à eut la précaution de tenir des comptes précis) il ne retrouva jamais la faveur du roi et mouru en 1515.

Sur le plan théorique il est donc à l’origine du processus ayant aboutit à la création des tercios. Il invente la coronelia, une unité militaire composée de 3000 piquiers, 2000 fantassins armés d’une épée et d’une targe (petit bouclier) et de 1000 arquebusiers. Cette unité peut être soit engagée en bloc ou alors divisée en douze bataillons.

Deux coronelias forment une armée auxquels il faut ajouter deux escadrons de cavalerie lourde, deux escadrons de cavalerie légère et une garde de 150 hommes destinée au capitaine général qui commande l’armée.

Hernan Cortès

Fernando Cortes de Monroy Pizarro Altamirano 1er marquis de la vallée d’Oaxaca est né à Medellin en Estremadure probablement en 1485 (d’autres sources donnent 1483 et 1484) et mort à Castilleja de la Cuesta près de Seville le 2 décembre 1547. Son principal fait d’armes est d’avoir conquis l’empire aztèque au profit de l’empereur Charles Quint.

Issu de la noblesse espagnole il n’est contrairement à la légende ni issu d’une famille pauvre ni un enfant chétif. Il est cousin au deuxième degré de Fancisco Pizarro. Il est également fils unique, s’entendant très bien avec son père mais très mal avec sa mère pour qui il à plus de respect que d’amour.

Il étudie à l’université de Salamanque entre 14 et 16 ans mais n’à visiblement pas obtenu de diplôme. Après avoir été brièvement apprenti-notaire à Valladolid il choisit au grand dam de ses parents le métier des armes.

Après avoir envisagé de rallier l’Italie pour participer aux guerres continuelles que l’Espagne mène contre la France il choisit de rallier cette terre d’opportunité qu’est le Nouveau Monde tout juste découvert. En effet il s’embarque entre 1504 et 1506 direction l’île d’Hispanola.

Il participe d’abord au processus de colonisation avant de participer à la conquête de l’île de Cuba à partir de 1511. Il se marie alors avec Catalina Juarez Marcaida.

Il vend alors ses biens pour monter une expédition en direction du Yucatan, une région qui parait-il regorge de richesses notamment d’or. Il appareille le 10 février 1519 avec onze navires, 16 cavaliers, 518 fantassins, 13 artilleurs et huit canons, 32 arbalétriers, 13 arquebusiers, 110 marins et 200 noirs et indiens qui servent comme auxiliaires.

Il débarque près de l’actuelle ville de Veracruz le 23 avril 1519. Il entre d’abord en contact avec les mayas faisant notamment la connaisance de sa future maitresse que l’histoire à retenue sous le nom de La Malinche.

Il entre ensuite en contact avec les aztèques qui se demandent si ce n’est pas Quetzalcoatl ou son émissaire. Il exacerbe les tensions entre les peuples locaux tout en devant gérer des subordonnés pas toujours dociles et coopératifs. Il fait ainsi détruire sa flotte pour couper les ponts avec Cuba.

Il avance vers l’intérieur des terres, se heurtant aux Tlaxcaltèques qui ne tardent à devenir ses alliés par détestation des aztèques.

Hernan Cortès fait preuve de brutalité dans la conquête n’hésitant pas à pratiquer des massacres préventifs. Il entre à Tenochtitlan le 8 novembre 1519, réclamant immédiatement l’or aztèque.

Après avoir rallié Veracruz pour stopper puis retourner une expédition destiné à l’arrêter, Cortès revient à Tenochtitlan le 24 juin 1520 dans une ville en rébellion. Moctézuma est tué dans des circonstances troubles.

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1520 (La Noche Triste) les espagnols évacuent la ville en combattant. Les pertes sont terribles, les espagnols qui ne sont pas tués sont sacrifiés (ce qui motivera les survivants qui préféront la mort au supplice du sacrifice), Cortès y réchappant de justesse.

Après une victoire à Otumba le 7 juillet 1520, Cortès contre-attaque reprennant Tenochtitlan, le dernier empereur aztèque Cuauhtemoc se rendant le 13 août 1521.

Après un retour en Espagne en 1529 il est de retour au Mexique en 1532 et décide de mener une politique d’exploration et de colonisation mais les résultats sont décevants. Il découvre la péninsule de Basse-Californie et l’embouchure du fleuve Colorado.

La conquête espagnole est un supplice pour les amérindiens qui en un peu plus d’un siècle passe de plus de onze millions d’habitants à à peine 1.5 millions,. Les causes sont multiples : choc viral, combats, massacres, réduction en esclavage (en dépit de l’opposition de l’Eglise).

Son dernier fait d’arme est une tentative de conquête d’Alger mené en 1541. Il meurt de la dysentrie en décembre 1547, pauvre et quasiment oublié de tous.

Si son premier mariage est resté sterile, son deuxième avec dona Juana Ramirez de Arellano de Zuniga à été à l’origine de la naissance de six enfants. Il eut également plusieurs enfants naturels dont un avec la Malinche.

Francisco Pizzaro

Francisco Pizzaro Gonzalez marques de los Atobillos est un conquistador né à Trujillo le 16 mars 1475 (couronne de Castille) et mort à Lima le 26 juin 1541.

Fils naturel et analphabète d’un officier d’infanterie, il est cousin au deuxième degré de Cortès. Il suit son père à l’armée et après avoir participer aux guerres d’Italie il rallie l’Amérique dès 1502. Il accompagne Vasco Nunez de Balboa qui traverse l’actuel Panama et devient en 1513 le premier européen à apercevoir le Pacifique.

Pizzaro organisé deux expéditions infructueuses vers le sud en 1524 et entre 1526 et 1528 respectivement. Voilà pourquoi le gouvernement de Panama refuse de financer une troisième expédition. Pour obtenir gain de cause il rentre en Espagne pour convaincre Charles Quint.

Il parvient à ses fins et à la fin du mois de janvier 1531 il quitte le Panama pour ce qui n’est pas encore le Pérou. Il arrive dans un empire inca déchiré par une guerre civile. Depuis 1529 et la mort de Huayna Capac, deux de ses fils se disputent la succession en l’occurrence Huascar et Atahualpa.

Pizzaro propose une entrevue à ce dernier et le capture par traitrise le 16 novembre 1532. Il promet de libérer en échange de six tonnes d’or. En dépit de la livraison du précieux métal, Francisco Pizzaro ne libère pas Atahualpa. Pire même il l’exécute.

Il est remplacé d’abord par Topa Hualpa puis par Manco Inca. En 1534, Pizzaro entre à Cuzco, deux ans après avoir créé San Miguel de Piura et un an avant de fonder le 6 janvier 1535 Ciudad de Los Reyes la future Lima.

Très vite les conquistadors se déchirent entre eux, la haine étant particulièrement virulente entre Pizzaro et Almagro. En 1536 le pays lassé des abus des frères Pizzaro se révolte. En 1538 Pizarro capture et fait executer Almagro.

Madrid décide de siffler la fin de la recréation et envoie Cristobal Vaca de Castro. Les almagristes prennent les devants, attaquent le palais du vice-roi le 26 juin 1541 pour capturer et mettre à mort Pizarro. Ils proclament le fils d’Almagro gouverneur mais Vaca de Castro le capture et le fit décapiter.

Comme au Mexique la conquête espagnole à été terrifiante pour les amérindiens qui furent décimés par le choc bactériologique, les combats, les massacres, la réduction en esclavage passant d’environ 80 millions à à peine dix au milieu du 16ème siècle. Certains on pu parler d’un génocide mais il faudrait pour cela qu’il y ait eu volonté d’extermination et là je ne peux qu’émettre des doutes.

Charles Quint

Charles de Habsbourg (Gand 24 février 1500 Monastère de Yuste 21 septembre 1555) est considéré comme le premier roi d’Espagne. Pas mal pour un homme de culture flamande qui parla très mal le castillan (au contraire du français qu’il maitrisait parfaitement).

Fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, il va réunir sur sa tête un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. Il à un frère Ferdinand et quatre sœurs Eleonore (qui deviendra le deuxième épouse de François 1er), Isabelle, Marie et Cathernie.

Il est empereur du Saint Empire Romain Germanique du 23 octobre 1520 au 27 août 1556), roi des Espagnes du 14 mars 1516 au 16 janvier 1556 sous le nom de Charles 1er, Duc de Bourgogne du 25 septembre 1506 au 25 octobre 1555, Roi de Naples et de Sicile et duc de Milan du 13 mars 1516 au 25 juillet 1554, roi des Romains du 28 juin 1519 au 24 février 1530, archiduc souverain d’Autriche du 12 janvier 1519 au 28 avril 1521.

Marié à Isabelle de Portugal, il eut avec elle quatre enfants (Philippe II, Jean mort à deux ans, Marie d’Autriche, Ferdinand et Jeanne d’Autriche, on peut ajouter un petit Jean hélas mort né). Il eut également des enfants naturels mais avant son mariage et lors de son veuvage, le plus célèbre étant le fils né de sa liaison avec Barbara Blomberg, un certain Don Juan d’Autriche.

Il devient roi des Espagnes non sans difficultés puisqu’il se proclame roi en Castille aux côtés de sa mère l’héritière légitime mais qui était victime de troubles mentaux. Charles usurpe donc son titre de régent. De plus il commet l’erreur de placer de nombreux flamands aux places les plus prestigieuses et les plus lucratives ce qui dilapide le capital symathie dont bénéficiait le petit-fils des Rois Catholiques.

Cela provoque d’ailleurs une révolte en Castille en 1520/21. Charles 1er en tire d’ailleurs les conséquences puisqu’il va rester sur place de 1522 à 1529 et va regagner la sympathie de ses sujets hispaniques en épousant Isabelle de Portugal que les castillans considèrent comme espagnole.

De 1519 à 1523 les milices du Levant (Germanias) se révoltent.

Il impulse la conquête et la colonisation des Amériques en appuyant l’action d’Hernan Cortès et de Francisco Pizzaro qui mettent respectivement part terre l’empire aztèque et l’empire incas.

Le 28 juin 1519 il est élu roi des Romains au détriment de François 1er puis couronné empereur le 23 octobre 1520.

Il rève d’une monarchie universelle mais à du très vite comprendre que c’était devenu une chimère.

Il lutte contre les ottomans et la France de François 1er et d’Henri II sur différents fronts que ce soit dans le nord de la France ou en Italie.

Il doit également lutter contre le luthéranisme qui fracture la chrétienté. C’est une lutte armée mais aussi une lutte idéologique, Charles Quint et le pape Paul III ouvrant le 5 décembre 1545 le concile de Trente qui amorce la Réforme Catholique. Sa lutte contre l’hérésie protestante est un échec et la mort dans l’âme, le 3 octobre 1555 l’empereur doit accorder la Paix d’Augsbourg qui impose à chaque sujet de suivre la foi de son souverain (Cujus Regio Ejus Religio «La religion du prince est la religion du pays»).

En 1535 il s’empare de Tunis (qui sera perdue en 1574) mais échouera à s’emparer d’Alger en 1541.

Epuisé, Charles Quint va fait rarissime dans l’histoire abdiquer volontairement partageant ses couronnes entre son fils Philippe II et son frère Ferdinand, ce dernier récupérant le titre impérial.

Philippe II

Né à Valladolid le 21 mai 1527 et mort à l’Escurial le 13 septembre 1598 il est le fils ainé de Charles Quint et d’Isabelle de Portugal.

Tout comme son père il cumule sur sa tête de nombreux titres puisqu’il est roi des Espagnes de 16 janvier 1556 au 13 septembre 1598, roi de Portugal et des Algarves du 12 septembre 1580 au 13 septembre 1598 (sous le nom de Philippe 1er pour ménager la fiction d’une union personnelle), duc de Bourgogne du 25 octobre 1555 au 6 mai 1598, roi de Naples et de Sicile du 28 octobre 1554 au 13 septembre 1598, roi jure uxoris d’Angleterre et d’Irlande par son mariage avec Marie Tudor (25 juillet 1554 au 17 novembre 1558) et duc de Milan du 11 octobre 1540 au 13 septembre 1598.

Il est d’abord marié de 1543 à 1545 à Marie-Manuelle de Portugal qui lui donne un fils l’infortuné don Carlos. Il se marie ensuite à Marie Tudor (1554-1558) mais ce mariage reste sans descendance.

Après avoir songé à se marier avec la demi-soeur de Marie, une certaine Elisabeth il épouse finalement Elisabeth de France, fille d’Henri II et de Marie de Médicis qui va lui donner deux filles (Isabelle-Claire-Eugénie et Catherine-Michèle) descendant en étant enceinte d’une fille. Il se remarie enfin avec d’Anne d’Autriche sa nièce qui lui donne plusieurs enfants mais seul le futur Philippe III atteint l’âge adulte.

Il reçoit une éducation soignée, parlant espagnol, portugais, latin, italien et français. C’est cette dernière langue qu’il maitrisait le mieux mais paradoxalement utilisait le moins car il était gêné par un fort accent hispanique. Outre une solide formation intellectuelle et religieuse, le futur Philippe II pratique la chasse et la joute, disciplines aristocratiques par excellence.

Dès 1543 alors qu’il n’à que seize ans, son père l’associe au pouvoir pour préparer sa succession.

Farouche défenseur du catholicisme il en paiera le prix aux yeux de l’histoire avec une véritable légende noire qui s’appuyait certes sur des faits avérés mais qui était surtout alimentée par la propagande protestante venue d’Angleterre.

La preuve c’est que roi consort d’Angleterre il fait preuve de modération sauvant la vie de sa future némesis Elisabeth que sa demi-soeur voulait condamner à mort. Ce n’est qu’à la fin de son règne qu’il perd toute modération. L’autre facteur de sa légende noire c’est la conversion forcée des morisques qui fait suite à la révolte des Alpujarras de 1568 à 1571.

Toujours en 1571 la marine espagnole joue un rôle clé dans la victoire de Lepante le 7 octobre 1571 où s’illustre son demi-frère naturel Juan d’Autriche qui conçoit un fort dépit quand Philippe II refuse une véritable offensive en Méditerranée contre les ottomans ce qui fait que la bataille de Lepante restera une victoire sans lendemain.

Il combat également la France, héritant de son père un conflit qu’il va poursuivre contre le fils de François 1er qui n’à pas oublié la rude détention à Madrid après la capture de François 1er à Pavie. Le roi d’Espagne participe également aux guerres de religion en France en soutenant les ligueurs.

Il fait également face à la révolte des protestants dans les Pays Bas. C’est le début de la Guerre de 80 ans (1568-1648). Au cours de ce conflit Don Carlos est arrêté par l’inquisition accuse de vouloir prendre la tête des révoltés. Il meurt en prison dans des circonstances troubles.

En 1588 suite à l’exécution de Marie Stuart, Philippe II tente d’envahir l’Angleterre. C’est l’épisode de l’Invincible Armada qui se termine par un tel désastre que pour certains historiens c’est le début du lent declin d’une Espagne qui connaissait alors un âge d’or.

Huit ans plus tôt, le petit-fils légitime de Manuel 1er s’empare de la couronne de Portugal. C’est le début de l’Union Ibérique qui va durer jusqu’en 1640.

Outre-mer il poursuit le processus de colonisation avec la conquête des Philippines (baptisées en son honneur) et la colonisation de la Floride.

A la différence de son père roi nomade par excellence, Philippe II se déplace très peu ce qui lui vaut le surnom de l’Ermite de l’Escurial du nom du palais qu’il fait construire pour célébrer la victoire de St Quentin en 1557. Cela impose une administration nombreuse qui à l’avantage ou le désavantage de ralentir considérablement la prise de décision. Cela lui vaut ainsi les surnoms de El Rey Prudente (le roi prudent) ou de El Rey Papelero (le roi-paperasse).

En dépit de l’afflux de métaux précieux, la couronne d’Espagne est constamment à court d’argent et en dépit de mesures d’assainissement, la banqueroute survient en 1557, 1575 et 1597.

Don Juan d’Autriche

Né à Ratisbonne le 24 février 1545 ou 1547, Don Juan est le fruit des amours illégitimes entre Charles Quint et Barbara Blomberg. Gouverneur des Pays-Nas de 1576 à 1578, il s’illustre à Lepante comme commandant de la flotte de Saint Ligue. Il participe également à la répression de la révolte des Alpujarras et à la guerre des Quatre-Vingt au cours de laquelle il meurt des suites du typhus près de Namur le 1er octobre 1578. Il est d’abord enterré à Namur puis à l’Escurial.

Né sous le nom de Jéronim (Jérome), il ne fait la connaisance de son père qu’à l’âge de neuf en 1556 au monastère de Yuste où Charles Quint s’était retiré après son abdication. Suivant les demandes de son père, El Rey Prudente accepte de considérer son demi-frère naturel comme son frère de sang.

Promis initialement à une carrière ecclésiastique il préfère s’engager dans le métier des armes où il va s’illustrer. Il n’eut que deux filles mais aucune descendance légitime.

Miguel de Cervantès

Comme aucun portrait de Cervantès n’à été authentifié, ce tableau est à prendre avec moultes précautions

Comment définir la place d’un écrivain ou d’un dramaturge dans l’histoire culturelle d’un pays. L’un des moyens c’est de désigner la langue du pays par une périphrase incluant le nom de l’auteur comme la langue de Molière pour le français, de Shakespeare pour l’anglais, de Goethe pour l’allemand, de Dante pour l’italien ou de Cervantès pour l’espagnol.

Miguel de Cervantès est né à Alcala de Henarès le 29 septembre 1547. C’est donc un romancier, poète et dramaturge espagnol célèbre pour avoir écrit le roman pastoral La Galatea en 1585 et surtout le roman de chevalier L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Mancha publié en deux parties, la première en 1605 et la seconde en 1615.

Cervantès est d’abord un soldat. Il participe à la bataille de Lépante au cours de laquelle il perd l’usage de sa main gauche ce qui lui vaut le surnom du «Manchot de Lepante».

Captif des barbaresques de 1575 à 1580, il tente de s’évader à quatre reprises avant d’être racheté puis ramené en Espagne.

Marié à Catalina de Salazar y Palacios, il à eut une fille prénomée Isabel de Saavedra. Il meurt à Madrid le 23 avril 1616.

Duc de Lerma

Francisco Gomez de Sandoval y Rojas, duc de Lerma (Tordesillas 1552/53 Valladolid 1625) est un homme politique espagnol, favori et ministre de Philippe III. C’est le premier valido (favori). Il est au pouvoir de 1598 à 1618.

Manquant de vision et vaniteux, il s’appuie tel un patron antique sur des réseaux de clients ce qui accroit la corruption en Espagne.

Suite à sa chute il devient cardinal en 1618 ce qui lui sauve probablement la vie. Il se retire sur ses terres situées autour de la ville de Lerma.

De son mariage avec Catalina de la Cerda est né un fils prénomé Cristobal de Sandoval et une fille Juana de Sandoval.

Comte-Duc Olivares

Gaspar de Guzman y Pimentel Ribero y Velasco de Tolevar, comte d’Olivares et duc de Sanlucar la Mayor (Rome 5 janvier 1587 Toro près de Zamora 22 juillet 1645)

Ministre et favori espagnol du roi Philippe IV. Il est souvent appelé comte-duc Olivares. Il vit en Italie jusqu’à l’âge de douze ans où son père était ambassadeur auprès du Saint-Siège. Son père est ensuite nommé vice-roi de Sicile et de Naples.

Puiné d’une branche cadette cadette de la Maison de Guzman, il est envoyé étudier le droit canon à l’université de Salamanque en vue d’une carrière ecclésiastique.

Avec la mort de ses frères ainés, il abandonne ce projet professionnel. Il arrive avec son père à la cour de Philippe III en 1604.

Membre du Conseil d’Etat et premier contrôleur des comptes, il perd son père en 1607. La même année il se marie avec Dona Ines de Zuniga y Velasco (une fille Maria de Guzman y Zuniga).

En 1615 le duc de Lerma le nomme gentilhomme de la chambre du prince héritier, le futur Philippe IV. Il prend le parti du fils du duc de Lerna, le duc d’Uceda.

Il devient Grand d’Espagne en 1621. A la mort de son oncle Baltasar de Zuniga en octobre 1622, il devient premier ministre et valido du roi.

Il tente de réformer profondément le pays mais se heurte à de nombreuses résistances et nombreuses inerties.

A l’étranger il relance la guerre contre les Provinces Unies et appuie la Maison d’Autriche engagée dans la guerre de Trente Ans contre les puissances protestantes soutenues par la France de Louis XIII et de Richelieu (au grand dam du parti devot).

Le pays est victime d’une banqueroute en 1627. Le comte-duc est de plus en plus contesté avec une révolte fiscale en Biscaye en 1630/31 avant des révoltes nationalistes en Catalogne et au Portugal en 1640. Si la Catalogne va rester dans le giron de la couronne d’Espagne, le Portugal après soixante années d’unité avec l’Espagne va retrouver son indépendance sous l’autorité de la maison de Bragance.

Le comte-duc Olivares est exilé en 1643. Il est même jugé par l’Inquisition en 1644 mais meurt l’année suivante. Sa mort est vue comme un soulagement mais l’histoire lui à rendu justice, certains historiens estimant qu’Olivares à eu raison trop tôt.

Diego Velazquez

Diego Rodriguez de Silva y Velazquez (Seville 6 juin 1599-Madrid 6 août 1660) est un peintre baroque espagnol et l’un des plus grands peintres ibériques. D’un style naturaliste en clair obscur il passe peu à peu à un style tout en lumière et en énergie ce qui en fera le peintre préféré de certains peintres impressionistes.

A 24 ans il est nommé Peintre du roi par Philippe IV et quatre ans plus tard il devient Peintre de la Chambre du Roi.

Parmi ces œuvres plus célèbres citons la Reddition de Breda (1634-1635), les Fileuses (1657) et surtout les Menines (1656-1657).

Il à travaillé à Seville de 1611 à 1622, à Madrid de 1622 à 1660, à Venise en 1629, à Rome en 1629/1630, à Naples en 1630/31, à Rome à nouveau en 1636/37 et en Italie de 1649 à 1651 avant de terminer sa vie en Espagne.

Marié à Juana Pacheco, il à eu une fille Francisca de Silva Velaequez y Pacheco.

Mitteleuropa Balkans (11) Hongrie (11)

ARMEE DE TERRE

Une histoire militaire de la Hongrie

Les origines

Comme nous l’avons vu à propos de la partie d’histoire générale, les hongrois apparaissent dans l’histoire européenne au 9ème siècle sous la forme de raids meurtriers. Peuple issu des steppes, les hongrois utilisaient essentiellement la cavalerie pour frapper vite et fort. Ils utilisaient l’arc mais aussi l’épée et la lance.

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Dominions (101) Nouvelle-Zélande (12)

Armes et Véhicules de l’armée néo-zélandaise

Armes de l’infanterie

Armes individuelles (1) : pistolets et revolvers

Browning HP 4

Le Browning GP (Grande Puissance)

Les néo-zélandais utilisent principalement deux armes de poing, le Webley Revolver et un pistolet automatique, le Browning GP (Grande Puissance) de conception belge mais essentiellement fabriqué au Canada.

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Dominions (76) Australie (20)

Armes et Véhicules de l’armée australienne

Armes de l’infanterie

Armes individuelles (1) : pistolets et revolvers

revolver Enfield N°2 Mk I.jpg

Enfield n°2 Mk I

La principale arme de poing du soldat australien est le revolver Enfield n°2 Mk I. C’est un revolver de conception classique issu du Mk I qui tirait une lourde cartouche de 11.6mm (.476 Enfield), arme en service de 1880 à 1911 avant d’être remplacée par le n°2 Mk I qui tirait une cartouche plus légère en calibre .38. L’arme mesurait 292mm de long dont 146 pour le canon, pouvait tirer à 22m dix-huit coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par un barillet de 6 coups.

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Dominions (49) Afrique du Sud (14)

Armes et Véhicules de l’Armée Sud-Africaine

En dépit de relations souvent conflictuelles et ambivalentes avec Londres, la quasi-totalité des armes de l’Armée de Terre sud-africaines sont d’origine et de fabrication britannique.

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Dominions (25) Canada (25)

Armes et Véhicules de l’Armée Canadienne

Armes de l’infanterie

Les armes de l’infanterie canadienne sont quasi-exclusivement britanniques mais quelques armes américains ont parfois joué les intruses. Il y à des pistolets automatiques et des revolvers, quelques pistolets mitrailleurs, des fusils à répétition, des fusils-mitrailleurs, des mitrailleuses et des mortiers. On trouve également des grenades et des lanceurs antichars PIAT.

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