Dominions (26) Canada (26)

Artillerie

Artillerie de campagne

L’artillerie canadienne était équipée à l’anglaise. Elle disposait uniquement au début du conflit de canons anglais. Ce n’est que durant le second conflit mondial que des pièces américaines seront mises en service. A plusieurs reprises on verra les unités canadiennes utiliser des canons français mais il s’agissait d’une utilisation strictement temporaire et strictement locale.

QF 18 pounder Mk IV 16

QF 18 Pounder Mk IV

-En septembre 1939 la pièce d’artillerie de campagne standard de l’armée canadienne est le QF 18 Pounder, un obusier de 83.8mm mis en service en 1904. Bien que modernisée dans l’entre-deux-guerre, elle était clairement obsolète même au moment du déclenchement de la guerre de Pologne donc neuf ans plus tard vous pensez…… .

Pesant 1282kg, elle pouvait tirer ses obus à 5966m à raison de quatre coups par minute. Elle à été remplacée par le canon-obusier de 25 livres, les rares pièces en service servant pour l’entrainement, la formation voir le tir à blanc pour les cérémonies.

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QF 25 Pounder en action

-Quand éclate le second conflit mondial, la pièce d’artillerie de campagne standard est donc le canon-obusier QF 25 pounder, une pièce d’artillerie polyvalente (pouvant être utilisée aussi bien comme obusier que comme canon de campagne) mise en service en Grande-Bretagne en 1940 et à partir de 1942 dans l’armée canadienne.

C’était un canon-obusier de 87.6mm, pesant 1633kg, tirant ses obus à une portée maximale de 12253m à raison de sept coups par minute.

Sexton (25 Pdr SPG)

canon automoteur Sexton

Il à été parfois utilisé comme canon antichar contre les chars lourds allemands (en attendant ou en absence du canon de 17 livres) et à la base du Sexton, un canon automoteur conçu à partir du châssis du char Ram II et qui allait également équiper l’artillerie britannique.

Ce canon va rester en service jusqu’au début des années soixante quand il sera remplacé par des canons de 155mm, le 105 et le 155mm ayant été choisis comme calibres standards par le camp occidental.

-Les pièces les plus lourdes étaient utilisées au niveau du corps d’armée voir au sein de régiments indépendants. Deux modèles étaient en service en septembre 1939 et toujours deux neuf ans plus tard mais il s’agissait de pièces différentes.

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Canon de 60 livres en action au Proche-Orient durant le premier conflit mondial

La plus ancienne est le BL 60 pounder, une pièce de 60 livres (127mm) mise en service en 1905 et largement utilisée durant le premier conflit mondial. Pesant 4400kg, elle pouvait tirer à 15500m deux coups par minute.

En septembre 1939 quelques pièces sont utilisées essentiellement pour l’entrainement et la formation. En septembre 1948, seulement six pièces sont encore disponibles, utilisées pour l’entrainement mais avec parcimonie en raison de l’usure des tubes.

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BL 4.5 Inch Medium Field Gun 

En 1939, il est remplacé par un nouveau canon, le BL 4.5 Inch Medium Field Gun. Ce canon de 114mm pesant 6190kg pouvait envoyer ses projectiles à 18000m à raison de 2.5 coups par minute. Il va rester en service jusqu’à la fin des années cinquante.

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BL 5.5 Inch Medium Gun 

En 1943 le canon de 114mm est complété par une pièce plus lourde, le BL 5.5 Inch Medium Gun, un canon de 140mm. Il pesait 5900kg, pouvant tirer à 16550m jusqu’à deux coups par minute. Ce canon va servir dans l’armée canadienne jusqu’au milieu des années soixante.

-En ce qui concerne l’artillerie automotrice, l’armée canadienne à utilisé quasi-exclusivement le Sexton, un canon-obusier de 25 livres monté sur un châssis de char Ram II, chassis surmonté par une caisse imposante inspirée du Priest américain. La 1ère division blindée à également utilisé le M-12 Gun Motor Carriage, un canon de 155mm «Long Tom» monté sur un châssis de char Sherman.

Ce véritable canon automouvant équipait le régiment d’artillerie de la division initialement équipé de pièces tractées de 140mm. Il semble qu’il était prévu que les autres divisions blindées soient équipées de ce canon automoteur mais ce ne fût pas le cas faute de temps et semble-t-il à cause d’un certain scepticisme au sein des unités blindées canadiennes.

Artillerie antichar

Dans le domaine de l’artillerie antichar, l’armée de terre canadienne utilisait trois modèles de canons antichars, trois modèles britanniques, un canon léger vite déclassé, un canon médian très efficace et un canon lourd mortellement efficace pour l’ensemble des chars allemands mais qui payait son efficacité d’un poids trop élevé pour être un canon antichar compatible avec les besoins et les moyens de l’infanterie.

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Canon antichar QF 2 Pounder (40mm)

Le canon le plus léger en service était le QF 2 Pounder, un canon tirant des projectiles de 2 livres soit un calibre d’environ 40mm. Pesant 814kg, il pouvait tirer ses projectiles jusqu’à une distance maximale de 1000m sachant qu’il pouvait percer 37mm de blindage à 457m et 27mm à 914mm à raison de 22 coups par minute.

Vous l’aurez compris ce canon à été aussi vite dépassé que son homologue allemand de 37mm et dans une moindre mesure le canon de 25mm Hotchkiss. Apparu en 1936, il arrive dans les unités antichars canadiennes en 1938 tout en sachant qu’il est amené à rapidement disparaître des unités de première ligne.

Rapidement ? C’est vite dit. En effet si les premiers canons de 6 livres (57mm) sont livrés à l’armée canadienne en 1943, le canon de 2 livres reste en service dans les unités de première ligne jusqu’en 1946 avant de gagner les dépôts pour armer si besoin est des unités de défense locale voir pour entraîner les soldats mobilisés en attendant la disponibilité de canons modernes.

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QF 6 Pounder

Le canon QF 6 Pounder succède donc au canon de 2 livres. Son développement commence d’ailleurs quasiment en même temps que le canon qu’il est censé remplacer, les britanniques sachant parfaitement que le canon de 2 livres était amené à être vite déclassé par l’augmentation rapide de l’épaisseur et de la qualité du blindage.

Le canon de 6 livres est donc un canon de 57mm tirant jusqu’à 1600m ses projectiles à raison de 15 coups par minute. Il peut percer 88mm de blindage à 100m ce qui fait que ce canon restera tout à fait valable jusqu’à un stade avancé du conflit.

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QF 17 Pounder

Le plus gros canon antichar utilisé par l’armée royale canadienne était le QF 17 pounder, un canon polyvalent qui comme notre canon de 75mm TAZ modèle 1939 pouvait être utilisé aussi bien pour le combat antichar que pour l’appui-feu. Ce canon à aussi donné naissance à un canon de char, le canon de 77mm HV (High Velocity).

Ce canon pesait 3050kg et pouvant tirer des obus à une distance maximale efficace de 1800m en tir antichar. Il pouvait percer 130mm à 500m et 119 à 1000m à raison de dix coups par minute.

Ce canon est resté en service jusqu’à l’apparition des premiers missiles antichars filoguidés. Il y eu un projet d’un canon de 100mm à très haute vélocité mais après deux prototypes, le projet fût abandonné.

Au niveau des structures, les divisions d’infanterie disposaient en septembre 1948 d’un régiment antichar de 48 pièces, régiment équipé de canons de 6 et de 17 livres. A la fin du second conflit mondial, chaque brigade de combat disposait d’une compagnie de douze pièces de 6 livres, le régiment divisionnaire ne disposant plus que de 36 pièces.

Le régiment antichar était composé d’une batterie de commandement, d’une batterie de soutien et de quatre batteries de douze canons, une batterie de canons de 17 livres et trois batteries de canons de 6 livres. A la fin du conflit le nombre de pièces est tombé à 36 avec quatre batteries de neuf pièces soit une batterie de 17 livres et trois batteries de 6 livres ou deux batteries de chaque canon.

Les régiments antichars indépendants étaient organisés en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois batteries de neuf canons de 17 livres et une batterie de reconnaissance et de protection (autos blindées).

Les divisions blindées disposaient d’une brigade d’artillerie (dissoute pendant la guerre) avec un régiment d’artillerie antichar à 36 pièces organisé en un état-major, une batterie de commandement et de soutien et quatre batteries de neuf canons.

Initialement ces batteries étaient équipées de canons de 17 livres mais au cours du conflit, des chasseurs de chars les remplacèrent, des Ram-ATD (Ram Anti Tank Destroyer) combinant un châssis de Ram II avec un canon de 77mm à haute vitesse initiale (différent du canon de 17 livres) monté en superstructure.

La brigade parachutiste disposait d’une compagnie antichar disposant de dix-huit canons antichars de six livres, compagnie organisée en une section de commandement et de soutien, trois sections de tir et une section de protection.

Chaque bataillon d’infanterie disposait d’un peloton antichar équipé de neuf pièces d’abord des canons de 2 livres puis rapidement des canons de 6 livres mieux adaptés à la destruction des chars allemands en service.

Artillerie antiaérienne

L’armée canadienne disposait de trois modèles de canons antiaériens, un canon lourd et deux canons légers. Le premier était destiné à la défense des positions fixes, des zones à l’arrière du front alors que les seconds étaient destinés à couvrir les forces mêlée.

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-Le canon antiaérien lourd standard de l’armée de terre canadienne était un canon antiaérien britannique, le QF 3.7 Inch AA Gun Mk 1 (et ses évolutions successives). Ce canon de 94mm pesant 9317kg apparu au début des années quarante pouvait tirer ses obus à raison de 15 coups par minute avec un plafond maximal d’efficacité de 7300m.

Ces canons étaient mis en œuvre par des régiments antiaériens indépendants organisés en un état-major, une batterie de commandement et de soutien et quatre batteries de neuf canons de 94mm. L’armée royale canadienne à mis sur pied douze régiments de ce type, six déployés en Europe du Nord-Ouest, quatre en Méditerranée et deux dans les Balkans avant que le nombre soit réduit à deux en Méditerranée, un dans les Balkans mais porté à neuf en Europe du Nord-Ouest.

432 canons étaient donc en service dans les unités de combat auxquels il faut ajouter 36 pièces conservées au Canada pour essais et entrainement. Ce canon va servir dans l’armée canadienne jusqu’à la fin des années soixante.

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Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

-Les pièces légères de l’armée canadienne étaient de deux calibres, 20 et 40mm. Initialement il y avait le Bofors de 40mm et le Oerlikon de 20mm. Très vite, un nouveau modèle de canon de 20mm est apparu, le Polsten une sorte de version low cost de l’Oerlikon. Outre l’armement des batteries légères, ces canons assuraient la protection rapprochée des batteries de 94mm.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Au sein des divisions d’infanterie, on trouvait en septembre 1948 un régiment d’artillerie antiaérienne avec 48 pièces, régiment que certains trouvaient surdimensionné jusqu’à ce que les premiers leçons du second conflit mondial en Norvège et au Danemark montrent l’importance d’une puissante DCA.

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Polsten en affûts quadruples

Ce régiment va perdre douze pièces au cours du conflit, les douze canons en question qui étaient des canons de 40mm Bofors armant une compagnie antiaérienne au sein des brigades de combat ce qui au final augmentait le nombre de pièces au sein de la division passant de 48 à 72 soit vingt-quatre de plus.

A la fin du conflit les sept DI disposaient d’un régiment d’artillerie antiaérienne avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de douze canons de 20mm Polsten et deux compagnies de douze canons de 40mm Bofors. Ces canons étaient soient tractéss ou montées sur des véhicules légers.

La compagnie des brigades de combat disposait de douze canons de 40mm Bofors, pièces qui étaient également soient tractées ou montées sur des véhicules légers.

La division blindée disposait elle d’un régiment de 48 canons antiaériens (douze de 20mm et trente-six de 40mm), des canons entièrement motorisés.

Les canons de 40mm étant des automoteurs M42 Gun Motor Carriage, un chassis de M4 Sherman et deux canons de 40mm sous bouclier soit dix-huit véhicules répartis en deux batteries de neuf véhicules. Les canons de 20mm Polsten sont montés sur six chars légers Tetrach où une nouvelle tourelle montant deux canons de 20mm remplaçait la tourelle d’origine.

Chaque régiment de chars disposait au sein du squadron d’appui d’un troop antiaérien avec neuf M42 Gun Motor Carriage.

Lance-roquettes multiples

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Un Land Matress en compagnie de son cousin allemand, le Nebelwerfer

L’armée canadienne à longtemps été réticente à l’utilisation des lance-roquettes multiples pour des raisons peu claires. Ce n’est que courant 1951 que l’armée canadienne va mettre en service le Land Matress.

Il s’agissait d’un lance-roquettes de conception britannique que le Canada décida d’adopter après avoir envisagé deux autres modèles, le M-8 américain et un lance-roquettes multiple français, le LFA pour Lanceur de Fusées d’Artillerie même si ses utilisateurs préférait le baptiser Barbarie en référence à l’orgue de Barbarie.

Le Land Matress pesait en ordre de combat 1118kg et tirait en une salve seize roquettes de 76.2mm (les essais à vingt-quatre et trente-deux roquettes furent jugés décevants avec un affût trop lourd et surtout un temps de rechargement trop long), des roquettes pesant 30.5kg (dont 3.18kg d’explosif) pouvant atteindre une cible à une portée maximale de 7230m.

Alors que les essais sont en cours se pose la question de l’organisation et du contrôle de ses nouvelles armes. L’artillerie hésite entre des batteries indépendantes, un ou plusieurs régiments voir même une division de lance-roquettes.

Finalement décision est prise de créer des régiments indépendants sur le modèle des régiments d’artillerie avec un état-major, une batterie de commandement et de soutien, une batterie de reconnaissance et d’appui ainsi que trois batteries de neuf lanceurs remorqués.

Un premier régiment est créé en juin 1951 à Halifax. Ce régiment va permettre la formation des artilleurs et la création de trois autres régiments qui eux vont partir outre-mer.

Le 2ème régiment est envoyé en Méditerranée, participant en mars 1952 à l’opération ACOLADE (invasion de Pantelleria et de Lampedusa) en attendant l’opération HUSKY et la campagne de Sicile.

Suite à des pertes assez sensibles, le régiment est amalgamé avec des unités britanniques équipées du même lance-roquettes multiples, situation qui perdure jusqu’au printemps 1953 quand la relative stabilisation du front italien permet la reconstitution d’un véritable régiment qui va d’ailleurs opérer à partir de l’automne 1953 dans les Balkans en soutien d’unités alliées yougoslaves, grecques, anglaises, sud-africaines et françaises.

Le 3ème régiment lui est envoyé en Europe Occidentale, arrivant en France à l’automne 1951. Il arrive trop tard pour l’opération AVALANCHE (franchissement de la Seine) mais participe aux durs combats en Picardie et dans les Flandres. Il est de tous les combats jusqu’à la fin du conflit dans le nord de la France, en Belgique puis en Allemagne.

Le 4ème régiment est envoyé en Europe occidentale au printemps 1952 pour relayer et relever le 3ème régiment. Il opère dans les mêmes zones stratégiques.

En septembre 1952, l’armée canadienne étudie la possibilité de lever quatre autres régiments de lance-roquettes multiples mais elle manque de ressources. Seulement deux régiments seront créés et envoyés en Europe. On étudiera la possibilité de regrouper les quatre régiments en une brigade mais ce projet ne verra pas le jour avant la fin du conflit.

Ces lance-roquettes utilisèrent d’abord exclusivement des roquettes explosives mais rapidement d’autres modèles furent mis au point avec une roquette incendiaire, une roquette explosive-incendiaire, une roquettes fumigène et même une roquettes perforante.

Contrairement à certains pays qui montèrent leurs LRM sur des camions ou des chars, les canadiens conservèrent jusqu’au bout les lance-roquettes multiples tractés.

A la fin du conflit l’armée canadienne comme toutes les armes occidentales se désintéressa du lance-roquettes multiple, ne redécouvrant ses bénéfices qu’au cours des années soixante-dix. Le Land Matress fût ainsi retiré du service actif en 1962, les deux régiments survivants étant dissous en 1961 et 1962.

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