Scandinavie (69) Finlande (7)

La Finlande dans le second conflit mondial

La Finlande dans la Pax Armada : préparer la revanche

Finlande 1940

La Finlande en 1940

La Finlande sort de la Guerre d’Hiver profondément déprimée. Outre la défaite c’est l’absence de soutien international fort qu’Helsinki à déploré alors que le pays était dans la position de l’agressé.

Dès l’origine Helsinki veut récupérer ses «provinces perdues» et cherche un parrain étranger pour la soutenir. Déçu par les occidentaux et culturellement très proche de l’Allemagne, elle va chercher le soutien de Berlin pour récupérer la Carélie.

Problème un pacte de non agression à été signé en août 1939 entre Berlin et Moscou et la Finlande fait partie de la zone d’influence, du pré-carré soviétique.

L’Allemagne accepte de vendre des armes mais dissuade la Finlande d’être trop agressive vis à vis de l’URSS.

Quand le pacte Molotov-Ribbentrop est dénoncé en 1945 Helsinki espère une guerre germano-soviétique lui permettant de récupérer les territoires perdus suite au traité de Moscou.

Cette guerre tarde à venir en dépit d’incidents de frontière en Pologne. De guerre lasse la Finlande se contente d’attendre l’occasion qui fera le larron.

Elle améliore l’équipement et l’entrainement de son armée en essayant d’être discret pour éviter les foudres soviétiques.

A plusieurs reprises d’ailleurs Moscou va protester contre l’acquisition d’armes modernes mais Helsinki fait la sourde oreille. La tension grimpe à plusieurs reprises mais cela ne va pas (encore) dégénérer en conflit ouvert.

Signe de la confiance que les allemands ont vis à vis des finlandais, Helsinki est informé dès le mois de janvier 1950 de l’exécution d’un plan d’invasion de l’URSS. La Finlande promet son concours en se gardant bien de dire au duo Himmler/Heydrich qu’elle ne voulait pas aller au delà de la récupération des territoires perdus en 1940. C’est donc un immense malentendu qui va séparer allemands et finlandais, malentendu qui allait aboutir à la rupture.

Opération Barbarossa oui et non : la Guerre de Continuation

Guerre de Continuation

Carte montrant l’avancée maximale des troupes finlandaises. On peut voir clairement les frontières d’avant et d’après la guerre d’Hiver

Le 21 juin 1950 les allemands déclenchent l’opération Barbarossa, l’invasion allemande de l’URSS, invasion de l’Axe devrait-on plutôt dire puisque les allemands sont accompagnés par les finlandais, les italiens, les roumains, les hongrois et quelques unités de pays satellites et/ou occupées.

La Bulgarie envoie quelques troupes mais elles feront preuve d’un enthousiasme plus que tiède.

Et nos amis finlandais ? Ils n’attaquent que le 25 juin 1950. Volonté de ménager les apparences ? En partie seulement puisque les soviétiques lancent des raids aériens au dessus de la Finlande dès le 22 juin.

Officiellement ils n’attaquent que les dépôts allemands établis en Finlande mais personne n’est dupe tout comme personne ne croit au maintien de la neutralité par Helsinki. Les troupes finlandaises attaquent le 25 juin 1950 après une solide préparation d’artillerie.

Pour les finlandais point d’opération Barbarossa mais une Guerre de Continuation qui montre que la Finlande souhaitait simplement récupérer les territoires perdus et ne pas aller plus loin.

En pratique ils iront un peu plus loin mais refuseront de participer à une offensive majeure en direction de Mourmansk ou pour prendre Leningrad.

Comme durant la guerre d’Hiver la Finlande va mobiliser des moyens très importants avec des effectifs approchant les 700000 hommes au plus fort du conflit qui comme treize ans plus tôt va se terminer par un armistice puis un traité de paix qui cette fois enterre définitivement les espoirs finlandais de récupérer les «provinces perdues».

Elle conserve cependant son indépendance et échappe à un projet initial qui aurait fait d’elle la seizième république soviétique.

Durant ce conflit les finlandais vont recevoir l’aide des allemands même si très vite la méfiance et les tensions vont s’installer entre les deux armées qui comme nous le savons n’ont pas les mêmes objectifs de guerre. A cela s’ajoute des volontaires étrangers venus de Suède et d’Estonie.

En face les soviétiques vont faire montre au début d’une relative maladresse avec des généraux paralysés par la peur de prendre la mauvaise décision et par les ordres irréalistes venus de Moscou, ordres totalement déconnectés du terrain.

Comme cela arrive souvent les état-majors de l’arrière prennent leurs désirs pour des réalités. Par exemple quand une carte d’état-major indique la position de la division X le dit état-major pense que c’est une division qui comprend ses organes de commandement, ses services, ses troupes et ses armes d’appui ce qui explique certains ordres irréalistes car en réalité soit la division n’existe plus où n’à que la taille d’une brigade voir d’un bataillon composé de soldats démotivés et épuisés.

Quand la Finlande attaque elle aligne quatorze divisions et trois brigades. L’équipement s’est nettement amélioré par rapport à celui de 1939/40 en grande partie grâce à l’aide allemande qui espère ainsi convaincre la Finlande d’aller plus loin dans son engagement. Il reste cependant un certain nombre de faiblesses notamment au niveau de l’artillerie et de la motorisation.

Dans l’isthme de Carélie on trouve l’Armée de Carélie à trois corps d’armée (I. II. Et V. Armeijakunta).

Au nord du lac de Ladoga on trouve le IV. Armeijakunta (3ème et 10ème DI, 1ère brigade de chasseurs)

On trouve également le III. Armeijakunta (8ème et 9ème DI, 2ème et 3ème brigade de chasseurs, division S.S Nordland) qui sera placé sous l’autorité de l’Armée de Norvège.

Des troupes allemandes sont également déployées en Finlande, troupes qui ont pour objectif la prise du port de Mourmansk, le seul port de l’arctique sous contrôle soviétique libre de glaces toute l’année. Sa prise et/ou la coupure de la ligne de chemin de fer en direction de Moscou priverait l’URSS de l’aide alliée.

Cette Armée de Norvège (AOK Norwegen) comprend quatre divisions soit 67000 hommes qui occupent un front de 500km (!) dans la Lapland finlandaise. Cette armée placée sous le commandement direct de l’armée de terre (Oberkommando der Heer OKH) comprend un Corps de Montagne de Norvège, le 36ème Corps de Montagne et le III. Armeijakunta, le 3ème corps d’armée finlandais. Ultérieurement la 14ème DI finlandais sera placée sous son autorité.

Si la guerre de continuation commence officiellement le 25 juin 1950, dès le 22 juin les finlandais occupent les îles Aaland. Selon la convention de 1921 la Finlande pouvait défendre cet archipel qui contrôle le golfe de Botnie mais uniquement en cas d’attaque.

Sa parfaite coordination avec l’offensive allemande laisse songeur et rend peu crédible la déclaration finlandaise à la presse internationale qui prétend qu’Helsinki n’à fait que réagir en pays neutre à l’offensive allemande.

Suite à l’offensive allemande donc l’URSS riposte en envoyant des bombardiers mener des raids de représailles contre la Finlande. Là encore on assiste un modèle de langue de bois et d’hypocrisie puisque Moscou prétend ne frapper que des dépôts allemands installés sur le territoire finlandais.

Cette hypocrisie ne dure de toute façon pas puisque dès le 23 juin la Finlande et l’URSS se déclarent mutuellement la guerre.

Des duels d’artillerie ont lieu de part et d’autre de la frontière même si là encore Helsinki manque de munitions pour soutenir un duel prolongé avec l’artillerie soviétique qui heureusement pour les finnois n’est pas aussi redoutable qu’elle le sera à la fin du conflit.

Le 23 juin 1950 des troupes finlandaises assiègent la base navale d’Hanko, la base accordée par le traité de Moscou de mars 1940, une base moderne et bien équipée où ne sont stationnées que des unités légères (croiseurs, destroyers et sous-marins) essentiellement pour des raisons politiques.

La marine finlandaise tente de doubler ce siège terrestre par un blocus naval mais la brutale réaction des batteries côtières ainsi que la présence de mines mouillées par les soviétiques mais aussi par les allemands dissuade la Merivoimat d’une action aussi énergique que durable.

Initialement les soviétiques espéraient conserver la base le plus longtemps possible pour en faire un «caillou dans la botte fasciste» mais la dégradation générale de la situation ainsi que des problèmes insolubles de ravitaillement pousse la flotte de la Baltique à évacuer la base le 25 septembre 1950.

Cette opération doit s’effectuer dans le plus grand secret mais cacher une évacuation majeure est chose difficile et les forces navales soviétiques doivent se battre pour rallier Leningrad avec les hommes, les munitions et le matériel. Les pertes sont lourdes des deux côtés.

Le 27 septembre 1950 les finlandais rentrent à Hanko en espérant pouvoir réutiliser la base. Ils déchantent vite tant les destructions sont nombreuses. Parfaitement sabotée par les soviétiques la base est inutilisable sauf à y employer des moyens que la Finlande ne possède pas et qui même existants seraient mieux employés ailleurs.

Messerschmitt Me109G-6 (MT-507) Finnish Airforce Museum 19

Au premier plan un Messerschmitt Me-109G de l’Illmavoimat

Les premiers combats de la guerre de continuation sont des combats aériens entre la Illmavoimat et les VVS. Les moyens aériens finlandais ne sont pas numériquement bien plus importants qu’en 1939/40 mais les appareils engagés sont plus modernes, les pilotes mieux entraînés et plus expérimentés. Voilà pourquoi les forces aériennes sovietiques vont mettre du temps à prendre le contrôle de l’espace aérien finlandais.

Les finlandais attaquent dans l’isthme de Carélie le 25 juin 1950. Les combats sont violents et impitoyables, peu de prisonniers sont faits de chaque côté. C’est clairement une guerre à mort qui s’annonce entre le David finlandais et le Goliath sovietique qui semble en cette fin du mois de juin être un Goliath aux pieds d’argile littéralement soulé de coups.

Alors que la situation se dégrade plus au sud, le Front Nord doit céder une partie de ses réserves pour protéger la Biélorussie et surtout la route de Moscou. Le combat d’usure est donc appelé à tourner en faveur de l’Axe qui peut engager des troupes fraiches.

Le 15 juillet 1950 les troupes finlandaises du IV. Armeejakunta atteignent la rive nord du lac Ladoga et continuent leur progression vers Leningrad. Comme les allemands progressent rapidement depuis l’ouest et le sud-ouest on peut s’attendre à une prise rapide de la ville.

En réalité le berceau de la révolution d’octobre ne verra jamais la svatiska flotter sur le palais d’Hiver ou le drapeau finlandais dominer la Neva.

Les raisons sont multiples : raidissement de la défense soviétique qui fait payer au prix fort le moindre mètre conquis, faible empressement des finlandais et choix de privilégier la prise de Moscou.

Plus au nord l’Armée de Norvège attaque depuis Petsamo direction Mourmansk. Les forces soviétiques sont bien plus faibles et la prise du port semble certaine.

Là encore de la coupe aux lèvres il y à un gouffre puisque le terrain et le temps rend la progression germano-finlandaise très lente et très difficile. Comme souvent en guerre arctique c’est la météo qui fait le plus mal aux assaillants (encore que les soviétiques ne sont pas mieux lotis). Grâce à d’énergiques actions de freinage, les germano-finlandais sont stoppés à 150km du port.

Grosso modo jusqu’à la fin du mois d’août les victoires de l’Axe s’enchaînent à un rythme affolant mais avec l’arrivée de l’automne la situation s’améliore _tout est relatif_ pour les forces soviétiques.

Néanmoins à la fin de l’année 1950 les finlandais ont récupéré les territoires perdus en 1940 plus un petit bonus. La ville de Viipuri (Vyborg) est tombée au début du mois de septembre et avec un effort plus important nul doute que Leningrad aurait été prise.

On à longtemps dit que les allemands avaient voulu assiéger la ville par simple volonté exterminatrice. Il semble que cela soit plus difficile que cela, l’expérience de la guerre urbaine (ratkrieg) lors de la campagne de France à rendu les allemands peu enthousiastes à l’idée d’engager un combat urbain pour Leningrad.

Les soviétiques contre-attaquent le 4 décembre 1950 et récupère une partie des territoires conquis par les finlandais. Si l’Armée Rouge échoue à reconquérir Vyborg, elle parvient à donner un petit peu d’air à Leningrad qui va être ravitaillé par des parachutages de nuit et surtout par une route aménagée sur la glace, une sorte de «Voie Sacrée nordique» qui si il n’empêchera pas la mort de dizaines de milliers de civils de faim rendra le siège un peu moins supportable.

C’est clairement à cette époque que les premières tensions apparaissent entre Helsinki et Berlin à propos de la suite à donner aux opérations sur la partie septentrionale de l’opérateur BARBAROSSA.

Une sorte de chantage s’installe avec des demandes finlandaises pour toujours plus d’armes en échange d’une promesse d’un engagement total dans la «croisade antibolchévique».

A chaque fois le même scénario se répète : les allemands demandent un plus grand effort aux finlandais qui répondent en demandant des armes plus modernes. Berlin livre le matériel demandé mais l’offensive ne répond pas vraiment aux attentes allemandes. Le malentendu et les crispations ne vont cesser d’augmenter jusqu’à la rupture de l’automne 1953.

Après la stabilisation générale du front suite notamment à la contre-attaque soviétique qui dégage Moscou, les allemands décident de reprendre l’offensive.

Conscients qu’ils n’ont plus les moyens d’attaquer sur tout le front, persuadés (à raison) que les alliés sont sur le point d’attaquer à l’ouest (l’opération AVALANCHE est lancée le 18 juin 1951), les allemands doivent concentrer leurs efforts sur un axe de progression.

Plusieurs hypothèses sont étudiés : assaut final sur Leningrad, attaque dans la direction de Moscou, poussée vers le Caucase et son précieux pétrole dont l’Allemagne en manque autant qu’elle en à besoin.

Pensant enfin à une guerre longue le duo Himmler/Heydrich choisit l’option caucasienne. C’est l’opération FRIEDRICH qui est lancée le 9 mars 1951.

Cette offensive à pour objectif le Caucase et Bakou avec possibilité de prendre la ville industrielle de Stalingrad.

Cette offensive se double de deux diversions. La première nom de code WILHELM doit relancer l’offensive en direction de Moscou alors que la seconde nom de code FRANZ doit viser la prise de Mourmansk et couper la possibilité pour les alliés de ravitailler les soviétiques en armes, munitions, matières premières et autres machines outils.

Si FRIEDRICH semble renouer avec les plus beaux succès de l’été 1950 en revanche les deux diversions sont des coups d’épée dans l’eau. Non seulement les allemands espèrent faire la leçon à des maîtres en la matière mais surtout les moyens engagés ne sont pas cohérents avec autre chose qu’une reconnaissance en force ou une attaque de diversion.

Résultat si WILHEM avance de quelques dizaines de kilomètres (même si les terrains reconquis ont été ravagés par les soviétiques qui y ont encore pratiqué la politique de la terre brûlée), FRANZ est un quasi-échec avec une progression trop limitée et une défense soviétique acharnée, le 1er Front du Nord ayant reçu des renforts, à construit des fortifications supplémentaires et bénéficie de l’aide des alliés notamment sur les plans aériens et navals

Sur le front du sud, les finlandais se contentent d’harceler les troupes du 1er front de la Baltique qui répond avec une telle brutalité que les germano-finlandais ont peur d’une contre-attaque soviétique dans le secteur !

A la mi-juin les troupes allemands de l’opération FRIEDRICH sont arrivées à proximité de la Volga et dans le Caucase mais le 18 juin 1951 l’opération AVALANCHE est déclenchée. Les alliés repassent la Seine.

L’avancée allemande est stoppée le 21 et dès le 22 des unités entament l’interminable voyage pour renforcer le front ouest et éviter son effondrement. En réalité les corps d’armée prélevées dans le Caucase ne parviendront en France qu’au moment où leur utilité était moindre, les différentes lignes fortifiées préservant le front ouest d’un effondrement total.

Cela fait dire à certains historiens que la poursuite de l’offensive aurait pu obtenir de meilleurs résultats mais il est souvent facile de refaire le match en connaissant le résultat final.

Ce qui est certain c’est que l’échec ou la demi-réussite de FRANZ à encore accru la méfiance et les tensions entre Berlin et Helsinki, les allemands étant de plus en plus convaincus que la Finlande faisait preuve d’une mauvaise volonté évidente.

Ils évitent cependant d’aller jusqu’à la rupture complète car ils craignent une paix séparée entre Moscou et Helsinki et surtout que les soviétiques en profitent pour attaquer dans le nord de la Norvège.

A partir du 4 juillet les soviétiques passent à la contre-offensive. Contrairement à l’élémentaire prudence militaire qui voudrait qu’on concentre ses moyens sur un axe, Staline ordonne une offensive générale sur l’ensemble du front avec du nord au sud les opérations MARS (région de Leningrad), NEPTUNE (pays Baltes), PLUTON (Biélorussie), VENUS (Ukraine) et la principale URANUS (Caucase) qui donne des résultats mitigés.

Pour ce qui concerne les opérations MARS et NEPTUNE, les résultats sont très décevants mais peut être à relativiser car les objectifs étaient très (trop ?) ambitieux pour une RKKA encore dans le réapprentissage de l’offensive.

Le 15 août 1952 les soviétiques lancent l’opération SOVOUROV. Cette opération bouscule le Groupe d’Armées Nord et les finlandais. La ville de Leningrad est dégagée (l’opération MARS lui avait déjà donné un peu d’air) mais l’objectif de libérer les pays baltes n’est pas atteint, seule l’Estonie étant quasi-totalement libérée de l’occupation allemande.

Pour la Finlande la situation commence à devenir difficile au point que certains ministres murmurent qu’il faudrait se retirer du conflit avant que les conditions imposées par Moscou deviennent trop ardues. Les allemands au courant de ces murmures ne peuvent faire grand chose.

Le 12 juillet 1953 est déclenchée l’opération KOUTOZOV qui à pour but de libérer la totalité des pays Baltes. Là encore c’est une demi-réussite avec la création d’une immense poche avec près de 300000 soldats allemands, la poche de Courlande qui ne se rendra que le 8 mai 1954.

Avec les succès de BAGRATION et de POTEMKINE, la Finlande comprend que c’est maintenant où jamais pour se retirer du conflit. Des négociations clandestines ont lieu dès le mois d’août pour aboutir à un changement d’alliance. Elles butent sur une condition imposée par les soviétiques : combattre les allemands et les empêcher de se replier en Norvège alors que les finlandais voudraient tout simplement les laisser partir.

Ce sont les alliés qui vont finalement trancher ce nœud gordien. Conscients de l’entourloupe finlandaise les allemands décident de se replier en Norvège suite à l’opération BOREALIS déclenchée le 11 octobre 1953.

A cette époque les troupes allemandes formaient la 20ème Armée de montagne et disposait de trois corps d’armées, deux à trois divisions d’infanterie et un corps d’armée disposant de deux divisions d’infanterie et une division blindée soit un total de neuf divisions plus des unités d’artillerie, du génie et de soutien soit des effectifs approchant les 180000 hommes.

Le 13 octobre les finlandais et les soviétiques signent un armistice en attendant la signature d’un traité de paix en bonne et due forme.

Suite à un malentendu ou parce que certaines troupes finlandaises ont voulu régler leurs comptes (voir faire preuve de zèle envers leurs nouveaux alliés) de violents combats opposent les alliés d’hier. Une partie des troupes allemandes vont se faire interner en Suède d’autres vont combattre en Norvège jusqu’à leur destruction ou leur capture par les alliés.

Quand la Finlande signe l’armistice cette dernière à perdu une bonne partie de ses conquêtes, la RKKA parvenant à la frontière de 1940 voir dans certains endroits sur le territoire finlandais proprement dit.

Sur le plan des opérations, la guerre sur le front finlandais fût un mélange de guerre conventionnelle avec grandes unités, chars et déluge de feu avec une guerre non-conventionnelle, les deux camps essayant d’opérer sur les arrières de l’ennemi pour perturber sa logistique et provoquer un sentiment d’insécurité.

Pour ce dernier type de guerre sans qu’il y est une stricte séparation, les finlandais et les allemands préféraient employer des unités à ski patrouillant pendant deux semaines avant de revenir dans une base en dur alors que les soviétiques tentèrent avec plus ou moins de succès de mettre sur pied des maquis de partisans.

Il semble que cette dernière tactique se révéla peu fructueuse en raison d’un climat trop rude et de ressources trop limitées.

De toute façon depuis plusieurs décennies les historiens ont relativisé l’impact militaire des unités de partisans qui dépensaient plus de temps et d’énergie à survivre voir à chercher querelle à d’autres maquis qu’à être une réelle menace militaire.

Si j’étais provocateur je dirai qu’ils ont presque fait plus de mal que de bien puisque leur présence servait souvent de prétexte aux allemands et à leurs alliés pour mener sur la population civile de terrifiantes représailles.

Le volet aérien fût important mais le volet naval fût assez maigre, la flotte de la Baltique se réservant pour de grandes opérations et après plusieurs pertes sensibles renâcla à sortir ses grandes unités dans des eaux étroites et infestées de mine.

Les navires les plus utilisés furent finalement les vedettes lance-torpilles, les sous-marins et quelques destroyers sans oublier les batteries côtières. Il y eu également un volet lacustre sur le lac Ladoga avec l’engagement de moyens finlandais et allemands essentiellement.

Dans le Golfe de Finlande on assista à une partie de chaises musicales si je puis me permettre d’employer cette expression, chaque pays prenant et perdant à tour de rôle une île ou un îlot. La situation était tellement fluctuante qu’on ne compte plus le nombre de tirs fratricides ! Ce n’est qu’au printemps 1953 que le Golfe de Finlande devient une zone sous contrôle soviétique, contrôle que contestait difficilement la Kriegsmarine ou la Merivoimat.

En ce qui concerne le volet aérien de la guerre de Continuation les opérations furent assez limitées et très liées aux opérations terrestres. A part une brève campagne à l’été 1953 il n’y eut pas de la part des soviétiques d’une volonté de mener une campagne de bombardement stratégique sur les villes de Finlande. De son côté la Illavoimat aurait été incapable d’offrir autre chose qu’une capacité de défense aérienne et d’appui-feu limitée.

Cette guerre fût aussi une guerre du renseignement et les SR finlandais jouèrent un rôle important dans l’interception de messages alliés.

Cette guerre fût également coûteuse pour les civils qui payèrent un lourd tribu à la soldatesque entre les bombardements aériens et d’artillerie sur les villes, les massacres, les déportations pour faire place nette en vue de l’après guerre….. .

A cela s’ajoutait les difficultés en matière de ravitaillement et les maladies frappant des corps affaiblis.

Le sort le plus terrible fût probablement celui des caréliens qui avaient été expulsés en 1940 suite à la guerre d’Hiver étaient revenus dans les pas de l’armée finlandaise en 1950 et qui furent obligés de quitter à nouveaux leurs maisons suite au traité de Paris pour la majorité d’entre-eux, certains acceptèrent de devenir des citoyens soviétiques.

En ce qui concerne le cas particulier des juifs de Finlande, Helsinki refusa toute déportation en dépit des pressions allemandes. Il y eu cependant quelques malheureux qui furent déportés mais il s’agissait d’initiatives individuelles et non d’une politique assumée.

En ce qui concerne les pertes, le bilan côté finlandais serait de 63204 tués et disparus plus 158000 blessés. Le nombre de prisonniers de guerre est incertain puisque si officiellement les soviétiques ont fait 2377 prisonniers nombre d’historiens finlandais ont porté ce chiffre à 3500 prisonniers. En ce qui concerne les civils 939 ont tués par les bombardements aériens et 190 par les partisans.

Changement de camp et finlandisation

Le 13 octobre 1953 donc la Finlande signe un armistice avec l’URSS. Les combats cessent en Carélie et dans le Lapland. Enfin du moins entre finlandais et soviétiques puisque de violents combats ont lieu entre les anciens alliés allemands et finlandais.

Les négociations pour un traité de paix en bonne et due forme ne vont cependant s’ouvrir qu’en juin 1954 après la fin de la guerre en Europe. Les négociations vont être après, les finlandais jouant sur la division entre factions, le Vjod étant sur le déclin et ses dauphins autoproclamés se disputent déjà les dépouilles.

Le traité de paix est signé à Paris le 15 juin 1957. Il est plutôt modéré pour Helsinki qui s’attendait à une punition de la part des soviétiques voir l’intégration pure et simple à l’URSS.

La frontière de 1940 est confirmée, la région de Petsamo cédée à l’URSS tout comme la péninsule de Porkhala pour une durée de 30 ans pour établir une base militaire à seulement 30km de la capitale.

L’armée finlandaise voit ses forces sérieusement réduites (pas de cuirassés garde-côtes, plus de sous-marins, une aviation de chasse seulement, un armement très contingenté) et de sérieuses indemnités doivent être versées en nature ou en argent.

La Finlande se doit d’appliquer une stricte neutralité ce qui lui permettra in fine de jouer un rôle majeur sur le plan international, le pays servant souvent de plate-forme diplomatique pour négocier de grands accords internationaux. A cette face publique va s’ajouter une face clandestine avec la présence de services de renseignement soviétiques et occidentaux qui se livrent à une impitoyable guerre de l’ombre dont on ne sait encore pas tout.

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