Scandinavie (70) Finlande (8)

MARINE FINLANDAISE (SUOMEN MERIVOIMAT)

Suomen Merivoimat

Histoire

Des origines à la deuxième guerre mondiale

La marine finlandaise est née en 1918 mais ses origines, ses traditions sont plus anciennes. En effet durant la période suédoise de l’histoire finlandaise il existait aux côtés de la marine suédoise une deuxième marine très dépendante de l’armée de terre en l’occurrence l’Armens Flotta ou flotte de l’Armée.

Equipée de navires légers à faible tirant d’eau elle devait opérer dans un milieu archipélagique pour relayer l’action des batteries côtières. Cette unité apparue en 1756 et disparue en 1823 à fait depuis des petits avec de véritables unités de combat amphibie disposant de navires légers de combat capable de mener des raids amphibie ou de véritables débarquements.

Si cette marine n’était pas finlandaise elle était largement composée de finlandais ce qui nous rappelle la situation de la marine dano-norvégienne qui était à 80% composée de norvégiens.

C’est donc sous domination russe que la Suomen Merivoimat peut plonger ses jeunes racines avec la présence d’une entité navale autonome pour assurer la défense des côtes, une entité, une force appelée Suomen Meriekipaasi.

Créée en 1830, elle comprend à l’origine 1000 officiers et marins. Elle utilise essentiellement de petits navires à voile mais s’initie également à la vapeur avec deux frégates à vapeur baptisées Rurik (un héros national russe) et Kaievala (un poème épique finnois). Durant la guerre de Crimée une unité d’artillerie est mise sur pied, participant à la défense de la forteresse de Sveaborg contre les flottes françaises et britanniques. Cette unité est dissoute dans les années 1880 après une réduction progressive des effectifs.

Quand la Suomen Merivoimat voit le jour en 1918 son équipement est vieillissant pour ne pas dire obsolète avec des navires laissés sur place par les russes au moment de leur retraite face à l’avancée des troupes allemandes.

Med konvoj över Ålands hav: Eskortfartyget Louhi.

Le mouilleur de mines Louhi

 

La marine finlandaise se compose durant ses premières années de quelques canonnières (Klas Horn, Matti Kurki, Turunmaa et Karjala), six torpilleurs de classe S, huit torpilleurs de classe C, le mouilleur de mines Louhi, cinq mouilleurs de mines type T et des dragueurs de mines sans oublier d’autres navires laissés par les russes.

A cela s’ajoute des navires cédés par les allemands comme les mouilleurs de filets Hämeenmaa et Uusimaa.

Suite au traité de Tartu, la Finlande du retourner un certain nombre de navires aux russes en l’occurrence trois torpilleurs type S (S-3, S-4 et S-6), les dragueurs de mines Altair Mikula MP-7, MP-11,Ahvola et T-12, quinze remorqueurs, quatre petits transports et cinquante-quatre vedettes à moteur.

A cela s’ajoute trois navires perdus alors que la Finlande soutenait les opératione menés par les britanniques en mer Baltique dans le cadre de l’intervention occidentale en soutien des armées blanches.

Au cours de la guerre civile russe donc , la petite marine finlandaise va ainsi perdre les torpilleurs C-1, C-2 et C-3 qui sont détruits après avoir été pris dans les glaces. Les autres torpilleurs type C sont désarmés après cet incident.

Devant la priorité accordée à l’armée de terre, la marine passa au second plan des priorités budgétaires. Il faut attendre la perte en octobre 1925 du torpilleur S-2 pour que le parlement vote enfin un plan d’expansion et de modernisation en 1927.

Ce plan prévoit la construction de deux cuirassés garde-côtes (Panssarilaiva), quatre sous-marins et des vedettes lance-torpilles. A cela s’ajoute des dragueurs de mines et un voilier-école baptisé Suoment Joutsen.

Clairement la jeune marine finlandaise est une Green Water Navy, une marine littorale capable d’assurer la défense des côtes et des approches immédiates mais guère plus. De toute façon on imagine mal la petite Finlande vouloir opérer en mer du Nord et dans l’Atlantique.

Au début de la Pax Armada la marine finlandaise affiche le visage suivant :

Ilmarinen

L’Illmarinen

-Deux cuirassés garde-côtes les Ilmarinen et Väinamöinen

-Cinq sous-marins Vesihiisi, Iku-Turso, Vetehinen, Vesikko et Saukko

-Quatre canonnières (Turunmaa, Karjala, Uusimaa et Hämeenmaa)

-Sept vedettes lance-torpilles (deux de classe Sisu, une de classe Isku et quatre de classe Syöksy)

-Un mouilleur de mines baptisé Louhi

-Huit dragueurs de mines (six de classe Ahven et deux de classe Rautu)

-Le voilier-école Suomen Joutsen

A cela s’ajoute des navires déployés sur le lac Ladoga en l’occurence le brise-glace Aallokas, la canonnière Aunus, le mouilleur de mines Yrjö, le remorqueur Vakava et deux vedettes à moteur (S.1 et N.K af Klercker)

La marine finlandaise pouvait aussi compter sur les navires des garde-côtes. Elle ne dispose pas d’une aéronavale mais un régiment de l’Ilmavoimat l’armée de l’air finlandaise assure le soutien des unités navales avec des hydravions et quelques avions.

Durant la Pax Armada la petite marine finlandaise monte en puissance avec la construction de nouvelles batteries côtières, l’acquisition de nouveaux navires et de nouveaux appareils. L’objectif est de défendre les côtes et les ports du pays contre la flotte de la Baltique même si les moyens de cette dernière sont très importants bien plus qu’en 1939/40. Si elle ne possède pas de porte-avions elle dispose de navires de ligne, de croiseurs, de destroyers et de sous-marins.

La Merivoimat va adopter une stratégie du faible au fort, une stratégie essentiellement défensive avec la possibilité de mener quelques opérations offensives à l’aide notamment de sous-marins et de navires légers de surface (torpilleurs, vedettes lance-torpilles).

En cas d’attaque soviétique, la marine finlandaise doit empêcher un débarquement amphibie dans le sud du pays ou dans les îles Aland et en cas d’offensive contre l’URSS assurer la surveillance et le blocage de la flotte de la Baltique par la mise en place de nombreux champs de mines.

La Merivoimat dans le second conflit mondial

Quand le second conflit mondial éclate, la marine finlandaise à augmenté un peu ses moyens mais surtout à amélioré son entrainement. Quand l’Allemagne envahit l’URSS le 21 juin 1950, la Merivoimat aligne les navires suivants :

-Ses deux fleurons sont deux Panssarilaiva, deux cuirassés garde-côtes armés de canons de 254mm et de 105mm. Ces navires sont baptisés Ilmarinen et Väinamöinen. Ces navires vont inspirer deux cuirassés garde-côtes de la marine danoise. Ils sont destinés à relayer l’action des batteries côtières et par exemple stopper un débarquement amphibie.

-Ils sont relayés par six torpilleurs légers de la classe Taisto, des navires de 900 tonnes pouvant filer à 29 nœuds disposant de deux canons de 105mm Bofors, d’une DCA légère, de deux plate-formes triples lance-torpilles 533mm et de grenades ASM. Ces navires sont baptisés Tarmo Taisto Tyrsky Tuima Tuisku et Tuuli.

-En septembre 1939 on trouvait plusieurs canonnières assez anciennes et dont l’entretien devenait ruineux. La marine finlandaise prend le taureau par les cornes en obtenant les crédits nécessaires à la construction de quatre canonnières de Classe Hämeenmaa, des navires de 700 tonnes pouvant marcher à 25 nœuds avec un armement composé d’un canon de 105mm, de deux canons de 76.2mm, d’une DCA légère et d’armes anti-sous-marines qui pouvaient être remplacées par des mines. Ces navires sont baptisés Hämeenmaa Karjala Turunmaa et Uusimaa.

Vesikkoa precurseur des type II 19

Le Vesikko

-On trouve également des sous-marins comme le Saukho destiné à opérer dans le lac Ladoga, le Vesikko mis en service en 1936 et pouvant être considéré comme le prototype des U-Boot du second conflit mondial ainsi que les trois unités de Classe Vetehinen (Vetehinen Vesihisi Iku-Turso).

-Avec un milieu archipélagique plus une mer peu profonde comme la Baltique, la guerre des mines est probablement la plus efficace. Voilà pourquoi la Merivoimat dispose de nombreux dragueurs de mines et d’un nombre appréciable de mouilleurs de mines qui pouvaient également servir de navires de transport.

En matière de dragueurs de mines, la marine finlandaise dispose des six unités de classe Ahven mis en service en 1936/37 et deux unités de classe Ajonpää mises en service en 1943 et destinés à lutter contre les mines magnétiques notamment les mines à influence.

On trouve également les dix-huit petits dragueurs de mines type Kuha (Kuha 1 à 18) mais les dragueurs de mines de classe Rautu (Rautu Vilppula) mis en service en 1918 ont été retirés du service en 1947 après un service intensif. Ils servaient en septembre 1948 de bâitment d’instruction à quai pour la guerre des mines.

Pour mouiller les mines, la Merivoimat dispose du Louhi, des deux unités de la classe Ruotsinsalmi (Ruotsinsalmi Riilahti) et des trois unités de classe Pukkio (Pukkio Porkkala Pansio).

A cela s’ajoute des vedettes lance-torpilles et différents patrouilleurs dont certains opéraient sur le lac Ladoga.

On trouve peu d’auxiliaires, de navires de soutien. On ne trouve d’ailleurs pas d’aéronavale puisque c’est un régiment de l’Ilmavoimat le Lentorykmentti 5 qui assure la couverture et l’appui des opérations navales.

Ce régiment composé d’un squadron de chasse, d’un squadron de bombardement-torpillage et d’un squadron d’hydravions à vu le jour en septembre 1942.

Un projet de créer un deuxième régiment n’aura pas le temps de se concrétiser avant le début de la seconde guerre mondiale. Il sera mis sur pied en septembre 1949 sous la désignation de Lentorykmentti 6.

Cela permettra un accroissement et une réorganisation avec dans le 5ème régiment un squadron de bombardement-torpillage et deux squadrons d’hydravions alors que le 6ème régiment disposait de deux squadrons de chasse et un squadron de bombardement en piqué.

Junkers Ju-88

Junkers Ju-88 en vol

Au sein du 5ème régiment on trouvait des bombardiers-torpilleurs Junkers Ju-88, des hydravions Fokker T.VIII W/C, Heinkel He-115 et Dornier Do-18 alors que le 6ème régiment on trouvait des Curtiss P-40, des Fokker D.XXI et des Bristol Blenheim, un parc hétéroclite donc qui n’allait pas manquer de poser des problèmes en matière de fourniture de pièces détachées mais cela traduisait bien la position inconfortable d’Helsinki dans la guerre qui s’annonçait.

Dès septembre 1948 la marine finlandaise va sanctuarisé ses eaux territoriales et les lignes de communication en direction des principaux ports du pays. La présence de la base navale d’Hanko complique la situation.

Des champs de mines sont mouillés, des filets sont mis en place pour protéger les accès et empêcher des sous-marins de tendre des embuscades.

La marine finlandaise utilisa ses torpilleurs, ses vedettes lance-torpilles et ses sous-marins pour harceler les lignes de communication soviétiques à travers le Golfe de Finlande et en mer Baltique, ces raids se doublant de frappes aériennes, de l’utilisation des batteries côtières et de champs de mines si étendus que la Golfe de Finlande rentra dans l’histoire comme la zone la plus minée !

Il y eut également des affrontements sur le lac Ladoga avec des vedettes finlandaises et allemandes (les italiens un temps approchés ne donnèrent pas suite préférant employer leurs unités en mer Noire) qui attaquèrent les péniches qui tentaient de ravitailler une ville assiégée et quasiment coupée du monde.

Dans le Golfe de Finlande on assista à une partie de chaises musicales si je puis me permettre d’employer cette expression, chaque pays prenant et perdant à tour de rôle une île ou un îlot. La situation était tellement fluctuante qu’on ne compte plus le nombre de tirs fratricides ! Ce n’est qu’au printemps 1953 que le Golfe de Finlande devient une zone sous contrôle soviétique, contrôle que contestait difficilement la Kriegsmarine ou la Merivoimat.

Quand la Finlande bascula dans le camp opposé en octobre 1953, des affrontements navals eurent lieu entre les alliés d’hier engendrant un certain nombre de pertes.

Peu de grandes unités ont été coulées par les finlandais, la Kriegsmarine étant en première ligne face aux cuirassés, aux croiseurs et aux destroyers de la Flotte de la Baltique. Il semble néanmoins acquis aujourd’hui que certaines pertes attribuées aux allemands ont été l’oeuvre d’avions, de vedettes lance-torpilles ou de sous-marins finlandais.

Une marine réduite pour l’après guerre

Le second conflit mondial terminé en Europe, la Finlande entreprit le déminage complet de ses eaux ce qui entraîna la perte d’un certain nombre de dragueurs de mines. Des mines ayant rompu leurs amarres durent être détruits par l’aviation au canon et à la mitrailleuse.

Suite au traité de paix, la marine finlandaise doit sérieusement réduire la voilure. Elle doit céder son uniquement cuirassé garde-côtes, doit désarmer ses sous-marins et ne peut aligner que des navires légers d’escorte et de combat. Son aéronavale est limité à une trentaine d’appareils, les batteries côtières sont démantelées.

Avec le temps les clauses sont peu à peu assouplies mais la Merivoimat va rester une Green Water Navy avec quelques batteries côtières (dont le nombre fût strictement limité par Moscou), des patrouilleurs lance-missiles, des mouilleurs et des dragueurs de mines.

Actuellement la marine finlandaise davantage engagée dans les opérations humanitaires à l’étranger souhaiterait faire construire de véritables corvettes ainsi qu’un navire multirôle (transport de troupes et soutien). En revanche l’idée de construire des sous-marins n’à jamais été sérieusement envisagée.

Organisation

-Un état-major général

-Une flottille de sous-marins

-Une flottille de torpilleurs

-Une flottille de canonnières

-Une flottille de mouilleurs de mines

-Une flottille de dragueurs de mines

-Un groupement de soutien

-Des batteries côtières

-Deux régiments de l’Ilmavoimat détachés auprès de la marine pour la soutenir dans ses opérations.

2 réflexions sur “Scandinavie (70) Finlande (8)

  1. Merci.
    Un mot oublié :

    La marine finlandaise pouvait aussi compter sur les navires des garde-côtes. Elle ne dispose …. d’une aéronavale mais un régiment de l’Ilmavoimat l’armée de l’air finlandaise assure le soutien des unités navales avec des hydravions et quelques avions.

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