Italie (46) Bases Navales (1)

BASES NAVALES

Avant-propos

Qui dit marine de guerre dit bases navales et la Regia Marina possède un certain nombre d’installations plus ou moins développées. Possédant 7400 km de côtes, l’Italie est particulièrement vulnérable aux offensives ennemies.

Avec la conquête de l’Albanie, le nombre de kilomètres passe à 10000km. Quand à l’ASI, 4000km sont à surveiller et je ne parle même pas de l’AOI même si ce théâtre d’opérations est appelé à être secondaire.

La Spezia.JPG

Entrée de l’Arsenal de La Spezia. Jadis Regio Arsenale La Spezia (Arsenal Royal de La Spezia), il est devenu ensuite Arsenale Marina Militare La Spezia

Comme la France, l’Italie dispose sur son territoire métropolitain de deux bases principales, celle de La Spezia en Ligurie et celle de Tarente dans les Pouilles. C’est là que sont stationnés les principales unités de la Regia Marina, Tarente disposant notamment des deux porte-avions alors que les cuirassés et les croiseurs lourds sont répartis entre les deux escadres.

Arsenale Militare Marittimo di Taranto 6.jpg

Forme de radoub de la base navale de Tarente

A ces bases majeures s’ajoutent des bases de deuxième rang, des bases secondaires implantées à Naples en Campanie, à Venise en Vénétie mais aussi à Palerme en Sicile ou à Ancone sur la côte Adriatique.

De 1928 à 1940, de nombreux travaux sont menés pour améliorer les capacités des bases existantes mais également aménager de nouvelles implantations opérationnelles.

Si l’Italie métropolitaine n’est pas réellement concernée (l’île de Pantelleria est la seule à voir des travaux concernant une nouvelle base), les colonies voient l’aménagement de nouvelles installations à Leros (Dodécanèse), Tobrouk (ASI), Massawa, Assab et Chisimaio (AOI).

Ces dernières installations sont davantage des implantations tactiques que des installations de longue durée.

Au début de la Pax Armada la marine italienne dispose des bases suivantes :

-Bases navales de 1ère classe : La Spezia et Tarente

-Bases navales de 2ème classe : Naples, La Maddalena,Venise,Pola,Brindisi,Leros,Tobrouk,Massawa

-Bases navales de 3ème classe : Cagliari (Sardaigne), Messine, Augusta, Trapani (Sicile), Assab (Erythrée)

-Installations de ravitaillement : Portoferraio (Elbe), Gaète (près de Naples), Reggio Calabria, Palerme,Valona-Saseno (Albanie), Ancone, Pantelleria,Tripoli,Benghazi,Rodi _Rhodes_, Chisimaio (ASI).

Entre 1940 et 1948, deux nouvelles bases sont construites à Assab et Chisimaio pour permettre à la flottille de la mer Rouge de durer le plus longtemps possible. Ces bases sont des bases de 2ème classe.

Si les dépôts et les magasins sont importants, les installations d’entretien sont plus limitées avec quelques ateliers et des docks flottants, docks qui ne peuvent jamais totalement remplacer des formes en dur.

Ailleurs les bases sont modernisées, certaines formes sont agrandies, les dépôts et les magasins augmentés.

On modernise également les défenses côtières. Il est impossible pour l’Italie de sécuriser tout le linéaire des côtes. Il faut donc choisir et les défenses côtières privilégient la protection des bases ainsi que des points de passage obligés.

C’est ainsi que La Maddalena qui n’est qu’une base de 2ème classe dispose de défenses côtières très puissantes pour empêcher les alliés de traverser sans problèmes le détroit de Bonifaccio qui sépare la Corse de la Sardaigne.

Les français ne s’y tromperont pas et lors de l’opération SCIPION l’aviation et la marine bombarderont de manière intensive ses défenses pour les neutraliser. Les premières troupes à terre auront d’ailleurs pour objectif prioritaire de neutraliser ces batteries côtières

Les défenses de Messine et de Reggio de Calabria sont également très puissantes pour sécuriser le détroit de Messine entre la Sicile et la Péninsule.

Même chose pour Brindisi et Valona, les batteries côtières qui récupèrent généralement les canons de navires désarmés sont chargées de verrouiller le canal d’Otrante, le point d’accès entre Méditerranée et Adriatique.

En septembre 1948, les structures de la Regia Marina sont de bonnes qualité, bases qui seront des cibles pour les flottes navales et aériennes alliées. Le conflit terminé, les bases sont ravagées par les bombardements, les sabotages et les sabordages.

Dès le printemps 1955 de gros travaux de remise en état sont lancés pour ce qui est encore la Regia Marina.

La nouvelle Marina Militare Italiana va concentrer ses moyens à La Spezia, à Tarente et à Trieste qui est italienne à la différence de Pola qui deviendra yougoslave sous le nom de Pula. Les autres installations seront désactivées ou réduites à leur portion congrue.

Les défenses côtières sont elles démantelées. Elles ne renaîtront qu’au cours des années soixante-dix avec des missiles surface-surface en batteries mobiles.

Base Navale de La Spezia

La Spezia 2.JPG

En 2018, la base navale de La Spezia est toujours une base majeure de la marine italienne

Brève historique

Alors que l’unité italienne est encore du domaine du songe, le royaume de Piemont-Sardaigne dispose d’une marine non négligeable déployée à Gênes, le port majeure de la Ligurie, un port militaire et commercial.

Ce site n’est visiblement pas parfait car dès l’époque napoléonienne, on envisage la construction d’une nouvelle base à 100km au sud-est sur un site appelé La Spezia. Il va falloir attendre plus d’un demi-siècle pour que cette volonté se concrétise.

Cavour

C’est Cavour qui réalisa enfin le vieux projet d’une base navale sur le site de La Spezia

En 1850, Camilio Benso comte de Cavour alors ministre de la Marine décide de transférer la principale base de la marine sarde de Gênes à La Spezia à 100 kilomètres plus au sud. Un comité d’ingénieur est mis sur pied en 1858, la nouvelle base étant inaugurée le 28 août 1869.

La base est implantée à l’ouest du centre-ville de La Spezia et à l’est de la petite ville de San Vito, occupant une surface 85 hectares avec 13km de route, le site originel disposant de deux bassins artificiels et de nombreux formes de radoub.

Ultérieurement un grand bassin à flot est aménagé, une darse baptisée Darsena Duca Degli Abruzzi, une darse sur laquelle donne trois cales de construction, les six formes de radoub donnant sur le bassin le plus intérieur.

Dans les années trente des travaux importants sont menés pour permettre à la base ligure de pouvoir recevoir les nouveaux navires en passe d’être mis en service, des navires plus gros et plus exigeants en terme d’entretien.

C’est ainsi que les formes de radoub sont agrandies et approfondies, que les pompes sont protégées par des bunkers.

Un dépôt pour sous-marins est aménagé tout comme de nouveaux de dépôts, de nouveaux magasins, de nouveaux ateliers. Une nouvelle jetée est construite, jetée permettant de livrer directement aux navires le carburant, l’eau et l’électricité.

Les défenses côtières sont également modernisées et améliorées pour faire à un éventuel bombardement de la 2ème escadre française basée à Toulon.

Durant le conflit la base italienne constituera un objectif majeur pour les alliés qu’il s’agisse de l’aviation ou de la marine.

Sérieusement endommagée à la fin du conflit en avril 1954 elle est rapidement débarrassée de ses épaves, les bassins sont déminés pour permettre le ravitaillement des troupes alliées occupant le nord de l’Italie, la remise en état du port de Gênes prenant beaucoup plus de temps.

Aujourd’hui en 2018, La Spezia reste une base navale majeure de la Marina Militare Italiana même si le porte-avions Giuseppe Garibaldi est stationné à Tarente dans les Pouilles.

Défenses côtières

Avant de parler des défenses côtières de la base ligure il faut rappeler l’organisation de la défense côtière italienne.

Après un premier plan décidé en 1871, l’Italie vote un deuxième plan en 1882, plan orienté vers la France alors que les tensions entre Paris et Rome étaient de plus en plus élevées.

Jusqu’en 1935, la défense côtière est du ressort de l’armée de terre et plus précisément des Regimenti dell Artigliera da Costa. Cette année là les batteries côtières sont placées sous l’autorité de la Regia Marina et plus précisément de la Milizia Costeria, la milice côtière devenant la Milizia Artigliera Marritima (Milinar).

Les défenses rapprochées de la base ligure sont assurées par deux batteries de quatre obusiers de douze pouces (305mm), des obusiers de 17 calibres (longueur du tube : 5.185m), des batteries appelées Cascino et Cavour.

Ces batteries sont chargées de la défense lointaine, chargées d’empêcher une escadre d’assurer le blocus de la côte ligure. Pour la défense rapprochée, La Spezia aménage durant la Pax Armada des batteries fixes et des batteries mobiles.

En ce qui concerne les batteries fixes nous trouvons quatre affûts simples de 8 pouces (203mm), des canons installées sur des emplacements bétonnés sous masque et huit canons de 6 pouces (152mm) implantés également sur des emplacements bétonnés.

Les batteries mobiles sont représentées par un groupe de trains blindés circulant le long de la côte ligure. Ce groupe dispose de quatre trains armés de canons de 120mm, un train équipé de canons de 152mm et un train équipé de canons de 76mm.

Dès le début du conflit des unités du Regio Esercito installeront des pièces d’artillerie pour dissuader un éventuel débarquement allié. Des canons antiaériens seront également implantés pour couvrir la base navale.

Durant le second conflit mondial les batteries côtières vont tirer à plusieurs reprises mais leur efficacité sera particulièrement limitée.

Dans le cadre du traité de Paris les défenses côtières sont démantelées. Elles n’ont pas été reconstituées ultérieurement.

Navires stationnés à La Spezia au 1er septembre 1948

Seule base de 1ère classe avec Tarente, la base navale ligure est la base de la 1ère escadre de la marine italienne, la Primera Squadra dela Regia Marina.

A l’automne 1948, les navires suivants sont stationnés à La Spezia :

cuirassé Giulio Cesare avant WWII

Le Giulio Cesare

-Cuirassés Conte di Cavour et Giulio Cesare (classe Conte di Cavour)

-Cuirassés Littorio et Vittorio Veneto (classe Littorio)

-Croiseurs lourds Zara Pola Gorizia (classe Zara)

-Croiseurs légers classe Condottieri : Alberto da Barbiano,Luigi Cardona,Alberto di Guissano, Armando Diaz, Luigi di Savoia Duca Degli Abruzzi, Giuseppe Garibaldi,Gabriele D’Annunzio,Giovanni Caboto

-Croiseurs éclaireurs classe Capitani Romani : Attilio Regolo,Pompeo Magno,Caio Mario,Cornello Silla,Paolo Emilio,Ottaviano Augusto

-Contre-torpilleurs classe Navigatori : Alvise Da Mosto,Giovanni da Verrazano,Antonio Pigafetta,Nicolino Zeno

-Contre-torpilleurs classe Freccia : Dardo,Freccia,Saetta,Strale, Baleno,Folgore,Fulmine,Lampo

-Contre-torpilleurs classe Oriani : Alfredo Oriani,Vicenzo Gioberti,Vittorio Alfera,Giosué Carducci

-Contre-torpilleurs classe Soldati : Bombardiere,Corsaro,Mitragliere,Carrista,Legionario,Squadrista,Velite

-Torpilleurs d’escorte classe Ariete : Rigel,Alabarda,Pugnale,Spada

-Torpilleurs d’escorte classe Spica : Vega,Sagittario,Perseo,Tirio

-Sous-marins : sous-marins classe Calvi (Calvi Finzi Tazzoli), sous-marins classe Marcello (Commandante Cappellini,Faa di Bruno,Lazzara Mocenigo,Veniero), sous-marins classe Glauco (Glauco,Otaria),sous-marins classe Perla (Iride,Berillo,Onice,Gemma),sous-marins classe Argo (Argo,Velelba),sous-marins classe Adua (Gondar,Neghelli,Ascianghi,Sciré), sous-marins Pietro Micca et Foca, sous-marins classe Cagni (Ammiraglio Cagni,Andrea Corsali [ex-Ammiraglio Caracciolo],Ammiraglio Millo,Ammiraglio Saint Bon)

-Trente vedettes lance-torpilles réparties en cinq escadrilles de six

-Canonnière Rimini

-Auxiliaires : mouilleurs de mines Crotone et Vieste, Albona,Laurana,Ravigna,
-Dragueurs de mines GD-1/GD-3/GD-5/GD-7/GD-9/GD-11/GD-13/GD-15

-Pétroliers Isonzo,Pô,Garda,

-Ravitailleur d’hydravions Giuseppe Miraglia

-Ravitailleurs de sous-marins Paccinotti

-Cablier Cita di Milano

-Remorqueur de sauvetage Ciclope

-Transport Matteucci

-Transport d’eau Dalmazia

-Remorqueurs Atlante et Lipari

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