Italie (45) Aéronavale (3)

Bombardiers et Bombardiers-torpilleurs

Avant-propos

Localiser l’ennemi en mer c’est une bonne chose. L’attaquer c’est mieux ce qui explique que toutes les marines ou presque disposaient d’unités d’assaut aéromaritime, des unités chargées d’attaquer les navires ennemis en haute-mer en coopération, en coordination avec les croiseurs et les cuirassés.

Selon la culture du pays ces unités dépendaient de l’armée de l’air ou de la marine. Si la France rassembla toutes ces unités au sein de son Aviation Navale, la Grande-Bretagne comme l’Italie plaçaient ces unités sous le contrôle de l’armée de l’air.

Quand à l’Allemagne, les unités basées à terre passèrent de la Luftwafe à la Kriegsmarine en profitant de l’affaiblissement de l’armée de l’air allemande suite à la défaite de Goering face au duo Himmler/Heydrich.

L’Italie selon la doctrine de l’air intégral regroupait tout ce qui volait sous le contrôle de la Regia Aeronautica. Cette dernière disposait d’un commandement de l’aviation navale  (Aviazone Navale Operativa per la Regia Marina) qui disposait notamment d’unités de bombardement-torpillage et d’assaut aéromaritime.

En septembre 1948, l’ Aviazone Navale Operativa per la Regia Marina dispose de douze squadriglie de bombardement et de torpillage, dix de bombardiers-torpilleurs et deux de bombardement et d’assaut aéromaritime.

Deux squadrons couvrent la mer Tyrrhénienne, un opère depuis la Sardaigne, quatre depuis la Sicile, deux opèrent en Adriatique, un en mer Egée, un est stationné en ASI et le dernier en AOI.

Savoia Marchetti SM79 Sparviero Aerosiluranti1.jpg

Savoia Marchetti SM-79

En matière d’équipement ces unités disposent du trimoteur Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero, un excellent avion-torpilleur dont les capacités sont redoutées par les alliés.

Mis en œuvre par l’élite de la Regia Aeronautica, ils subiront de lourdes pertes visibles par le nombre de Medaglie di Oro décernées à titre posthume à savoir 80% du total (112 sur 140). On trouvait également d’autres appareils notamment le CANSA FC-20ter et le CANT Z-1018.

Quand l’Italie bascule dans le camp allié, les unités de bombardement-torpillage de l’aviation co-belligérante vont mettre en œuvre des avions alliés comme le Vickers Wellington ou le B-26 Marauder.

Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

Savoia-Marchetti SM.79 17.jpg

En matière d’appareils multimoteurs les configurations les plus courantes étaient à deux ou quatre moteurs. Les hexamoteurs furent rarissimes tout comme les trimoteurs.

Cette dernière configuration était courante chez les avions italiens mais c’était tout sauf un choix volontaire. En effet la présence d’un troisième moteur rendait impossible l’installation d’un puissant armement frontal et surtout gênait la visibilité du pilotage. Tout cela s’expliquait par l’absence de moteurs suffisamment puissants pour passer à une configuration bi-moteur plus courante.

Cela n’empêcha pas certains trimoteurs italiens d’être particulièrement efficaces comme le bombardier-torpilleur Savoia-Marchetti SM-79 surnommé Sparviero (Épervier), un oiseau prédateur.

A l’origine de cet appareil figure comme souvent à cette époque un avion civil. En octobre 1934 pour célébrer le centenaire de la fondation de Melbourne, le lord-maire proposa un prix pour l’avion capable de faire le trajet Londres-Melbourne le plus rapidement possible.

Les italiens qui voyaient dans l’aviation un formidable outil de propagande décidèrent de développer un appareil destiné à ce record mais il partit trop tard dans la compétition.

Ayant montré de bonnes performances, il attira l’intention des militaires italiens qui décidèrent de transformer ce trimoteur racé et élégant en bombardier. La production en série fût lancée en 1936 et se poursuivit jusqu’en septembre 1948 permettant la sortie de 1800 exemplaires, une partie étant vendu à l’export.

Conçu initialement comme bombardier terrestre, le SM-79 à connu son baptême du feu durant la guerre d’Espagne, 19 appareils étant perdus sur les 99 engagés.

Il fût ensuite engagé dans la campagne d’Albanie moins comme bombardier que comme avion de transport dans un pont aérien au dessus de l’Adriatique.

C’est à partir de septembre 1942 que la Regia Aeronautica décida de dévelloper une version bombardement-torpillage du Sparviero, version qui allait faire entrer le Sparviero dans la légende.

L’appareil était toujours en service en septembre 1948 équipant encore six des douze squadriglie de bombardement, de bombardement-torpillage et d’assaut aéromaritime.

Deux sont déployés dans le nord de l’Italie pour couvrir la mer Tyrrhénienne, un squadriglia couvre la Sardaigne, un opère en mer Egée, un autre en Africa Septentrionale Italiana (ASI) et le dernier Africa Orientale Italiana (AOI), les appareils stationnés en Érythrée opérant davantage comme bombardier terrestre que comme bombardier-torpilleur.

L’appareil participe à tout le conflit jusqu’au printemps 1953 même si à l’époque le nombre d’appareils en service était fort réduit en raison du manque de pièces détachées.

L’aviation co-belligérante conserve des Sparviero comme appareil de transport et de liaison mais après plusieurs tirs fratricides les appareils sont cloués au sol.

En septembre 1954, il reste une douzaine d’appareils disponible. Certains ont été préservés jusqu’à nos jours, un en vol en Italie et quatre dans des musées (un en France, deux aux Etats-Unis et un en Grande-Bretagne).

L’appareil à également été utilisé par le Brésil (trois exemplaires), la Croatie, l’Allemagne, l’Espagne,la Roumanie et la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques

Type : Avion trimoteur multiplace de bombardement et de torpillage

Masse à vide : 7700kg Masse en charge : 10050kg

Longueur : 16.2m Envergure : 20.2m Hauteur : 4.1m

Motorisation : trois moteurs radiaux Alfa-Romeo 128-RC18 de 860ch chacun

Performances : vitesse maximale 460 km/h Distance franchissable : 2600km Plafond opérationnel : 7500m

Armement : un canon de 20mm Mauser MG151 à l’avant, une mitrailleuse de 12.7mm Breda-SAFAT dans le poste dorsal et deux mitrailleuses de 7.7mm dans des postes latéraux (armes optionnelles). 1200kg de charge militaire en soute ou deux torpilles de 450mm sous le fuselage en extérieur.

Equipage : six hommes (pilotes, co-pilotes, mécanicien-canonnier, opérateur radio, bombardier et mitrailleur arrière)

CANT Z-1018 Leone

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Le CANT Z-1018 Leone est un bombardier bimoteur développé dans le cadre du plan R, un plan destiné à équiper la Regia Aeronautica de 3000 appareils modernes. Cet appareil est issu du Z-1007 et du Z-1015, le second étant la version tout-métal du premier, un bombardier trimoteur.

Le Leone (lion) est un bimoteur à aile basse, dérive unique, un train rétractable, une structure métallique recouverte de duralium.

Le Z-1018 va équiper la Regia Aeronautica en petit nombre comme bombardier terrestre horizontal mais en plus grand nombre les unités de l’Aviazione Navale Operativa per la Regia Aeronautica puisqu’en septembre 1948 quatre squadriglie sont équipés.

Le prototype du CANT Z-1018 décolle pour la première fois le 9 octobre 1939. Un deuxième prototype décolle pour la première fois en mars 1940 mais ce dernier s’écrase quelques semaines plus tard ce qui retarde la mise au point de l’appareil qui ne va entrer en service qu’au printemps 1942 au sein des unités terrestres et à l’automne 1943 pour les unités d’assaut aéromaritime et de de bombardement-torpillage.

Les quatre unités sont stationnées pour deux d’entre-elles en Sicile et pour les deux dernières en Adriatique.

Ces quatre unités disposent en octobre 1948 de quarante-quatre appareils en ligne mais la production ne s’est jamais arrêtée, 194 appareils étant disponibles quand l’Italie entre en guerre.

La production va s’arrêter en septembre 1952 après la sortie de 450 exemplaires, les chaines de montage étant consacrées à des avions plus modernes.

Les Leone vont opérer jusqu’à la fin du conflit au sein de la Regia Aeronautica, de l’aviation co-belligérante et de l’aviation pro-allemande. Quelques appareils restent en service jusqu’en 1960 dans l’Aeronautica Militare Italiana (AMI) pour des missions de transport et de liaison.

Caractéristiques Techniques

Type : bombardier-torpilleur bimoteur monoplan à aile basse

Masse à vide : 8750 kg maximale 13100kg

Dimensions : longueur 17.60m envergure 22.5m hauteur 6.10m

Motorisation : deux moteurs radiaux Piaggio P.XV de 1500ch

Performances : vitesse maximale 510 km/h à 5000m distance franchissable 2100km à 7000m plafond opérationnel 9500m

Armement : trois mitrailleuses de 12.7mm (tourelle dorsale, poste de tir ventral, aile gauche) et deux mitrailleuses de 7.7mm (postes latéraux), une torpille ou 1500kg de bombes

Equipage : cinq hommes

CANSA FC-20

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Le CANSA FC-20 était un avion bimoteur à aile basse. Développé d’abord comme avion de reconnaissance, il devint un véritable couteau suisse pour la Regia Aeronautica puisqu’il allait être mis au point en version reconnaissance, attaque au sol, bombardement, reconnaissance maritime et hydravion de bombardement-torpillage. Il sera le concurrent du Savoia-Marchetti SM-89.

La version de reconnaissance et d’attaque maritime baptisée CANSA FC.20M (M= Marina) est développé à partir de l’automne 1943. Deux prototypes sont commandés en novembre, le premier vol du premier prototype ayant lieu en septembre 1945 suivit d’un second en février 1946.

L’appareil est alors commandé en série, les appareils destinés à équiper deux squadriglie déployés en Sicile. 44 appareils sont commandés en septembre 1946, les appareils étant livrés à l’hiver 1946/47.

La production se poursuit jusqu’en janvier 1953 et quand les chaines de montage s’arrêtent, 240 appareils ont été produits.

A la fin du conflit en Europe, une vingtaine d’appareils est encore en état de voler après plus ou moins de réparations.

Deux appareils sont récupérés par les français, deux par les américains et deux autres par les britanniques, les appareils étant testés avant d’être soit feraillés ou conservés dans des musées (un en France, un en Italie et un aux Etats-Unis).

Après le second conflit mondial, l’aviation italienne conserva huit appareils utilisés pour le transport, les liaisons et l’entrainement.

Caractéristiques Techniques

Type : bimoteur de reconnaissance et d’assaut aéromaritime

Masse en charge 6820kg

Dimensions : longueur 12.18m envergure 16m hauteur 3.81m

Motorisation : deux moteurs radiaux Fiat A.76 R.C.38 de 1150ch

Performances : vitesse maximale 440 km/h vitesse de croisière 350 km/h distance franchissable 1350km plafond opérationnel 6930m

Armement : quatre mitrailleuses de 12.7mm dans les ailes, une mitrailleuse de 7.7mm dans un nez vitré, une mitrailleuse de 7.7mm en poste dorsal, une torpille de 450mm ou 750kg de bombes

Equipage : 4-5 hommes

Avions embarqués

Avant-propos

Quand les différentes marines se sont intéressées à l’avion la question de la mise en œuvre se posa immédiatement. Cela favorisa l’implantation de l’hydravion qui avait lui l’avantage de se poser à la surface des flots.

Après des technologies surprenantes selon nos standard modernes (plate-formes remorquées par des destroyers, plate-formes montées sur des tourelles de cuirassés, portiques) le seul moyen d’utiliser l’avion en pleine mer était d’installer une piste de décollage et d’atterrissage sur la coque d’un navire, le porte-avions était né.

La naissance ne se fit pas sans mal tant le scepticisme était grand chez les officiers de marine comme chez les politiques.

Si les Etats-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne vont développer de manière massive leur force de porte-avions, d’autres pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie et l’URSS vont être beaucoup plus lents à la manœuvre, tardant à sauter le pas entre les expérimentations et l’utilisation opérationnelle.

L’Italie fait donc partie des «mauvais élèves» handicapée par une industrie insufisament dévellopée, une géographie contraignante et surtout la philosophie de l’air intégral qui faisait mauvais ménage avec une aviation navale autonome.

Le régime fasciste participa d’ailleurs à ce blocage, Benito Mussolini déclarant que la Regia Marina serait soutenue par un «porte-avions» incoulable, l’Italie et ses dépendances insulaires.

Un changement à 180° s’opère avec la mise en service du Joffre. Ce dernier est un porte-avions rapide, moderne et puissant, parfaitement capable de suivre les croiseurs et les cuirassés rapides construits depuis le début des années trente sous l’impulsion notamment de deux hommes : Georges Leygues et l’amiral Darlan.

Avec des infos recueillies sur la construction d’une autre unité pour l’Afrique du Nord, l’Italie comprend qu’elle soit se doter de porte-avions pour faire face même a minima aux porte-avions ennemis.

Qui dit porte-avions dit avions embarqués. Pour acheter le soutien de la Regia Aeronautica, la Regia Marina accepte que les groupes aériens dépendent de l’armée de l’air et que la seconde armée de l’air indépendante du monde soit chargée de sélectionner les appareils destinés à poser leurs roues sur les futurs Italia et Don Juan de Austria.

S’inspirant de ce qui à été fait à l’étranger, l’armée de l’air italienne décide d’embarquer des bombardiers en piqué, des avions de reconnaissance et de torpillage et enfin des chasseurs.

Si le Junkers Ju-87C est un appareil allemand, les deux autres sont des avions italiens qu’il s’agisse du Reggiane Re-2003B chargé de la reconnaissance et du torpillage ou du Reggiane Re-2005M, un élégant chasseur, variante navalisée d’un appareil déjà en service au sein de la Regia Aeronautica.

Faute de temps et de moyens aucun nouveau modèle ne sera dévellopé, les italiens se contentant de faire durer les modèles existants par des modifications à la marge.

Reggiane Re-2005 Sagittario

Reggiane Re.2005 9

Le Reggiane Re-2005 Sagittario (Sagittaire) un élégant chasseur monomoteur monoplan mis au point à partir de 1941 pour permettre à la Regia Aeronautica de ne pas être totalement distancé par les créations allemandes, françaises et britanniques.

Faute de moteur italien suffisamment puissant, les italiens obtiennent une licence de production pour le Daimler-Benz DB-605. Un moteur puissant et fiable associé à une cellule bien dessinée et vous obtenez un chasseur de bonne voir de très bonne qualité, le Re-2005 étant considéré comme le meilleur chasseur italien du conflit aux côtés du Fiat G-55.

Le premier prototype du Re-2005 décolla pour la première fois le 9 mai 1942. Les essais et la mise au point se passe bien ce qui explique que l’appareil est mis en service dès l’été 1944 à peine deux ans après le vol du premier prototypes, un délai particulièrement court surtout en temps de paix.

Quand la décision est prise de construire des porte-avions se pose la question du chasseur embarqué. Si l’hypothèse Me-109T ou Fw-195 est vite écartée _il est d’ailleurs peu probable que les allemands auraient accepté de vendre ces appareils à leurs alliés méridionaux_, les italiens hésitent entre le Re-2005 et le G-55.

Après des essais comparatifs le premier est sélectionné pour équiper sur l’Italia et le Don Juan de Austria deux squadriglie de onze appareil soit un total de 44 appareils en ligne plus un nombre important d’appareils commandés pour le volant de fonctionnement et les réserves.

Le prototype du Re-2005M décolle pour la première fois le 19 septembre 1945. Le vol se passe normalement mais le deuxième prototype s’écrase lors de son premier vol survenu le 8 janvier 1946. Comme l’enquête révèle que le crash est du à une erreur humaine, le programme se poursuit permettant à l’appareil d’être mis en service courant 1947.

Durant le conflit la version embarquée du Sagittario va se montrer à la hauteur des meilleurs chasseurs ennemis. Il va mener la vie dure aux avions de reconnaissance et aux bombardiers ennemis sans parler des chasseurs.

Toujours en service en avril 1953, les appareils vont opérer de plus en plus souvent depuis les bases de l’aéronavale faute de porte-avions opérationnels disponibles. L’appareil va être ensuite utilisé à la fois par l’aviation co-belligérante mais également par l’aviation pro-allemande. La Luftwaffe va également l’utiliser sur le front italien et en Europe de l’Est.

A la fin du conflit des appareils capturés vont rejoindre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France pour différents tests, les plus malchanceux étant feraillés alors que les veinards vont être exposés dans des musées, la France conservant quatre Sagittario (un embarqué trois terrestres), la Grande-Bretagne deux Sagittario (un terrestre et un embarqué) et les Etats-Unis quatre (deux embarqués et deux terrestres). Un appareil restauré en Italie vole à nouveau depuis 2015 pour la plus grand joie des spectateurs des meetings aériens.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur monomoteur monoplace embarqué

Masse à vide 2695kg en charge 3705kg

Dimensions : longueur 8.73m envergure 11m hauteur 3.15m

Motorisation : un moteur en ligne Fiat R.A 1050 RC58 Tifone (Daimler-Benz DB-605A1 sous licence) dévellopant 1455ch

Performances : vitesse maximale 620 km/h à 6950m vitesse de croisière 515 km/h distance franchissable 980km (carburant interne) 1270km avec des réservoirs supplémentaires plafond opérationnel 11500m

Armement : deux mitrailleuses Breda-SAFAT de 12.7mm dans le nez avec 350 coups par arme, un canon de 20mm dans la casserolle de l’hélice avec 150 coups par minute et deux dans les ailes avec 200 coups par arme. Le Re-2005 pouvait embarquer 1000kg sous le fuselage et 150kg sous les ailes

Reggiane Re-2003B

Reggiane Re.2003

En septembre 1940, la Regia Aeronautica lança un projet de remplacement du biplan IMAN Ro-37, un petit hydravion de reconnaissance comparable aux ANF-Les Mureaux français. Initialement il était prévu de remplacer cet appareil par le Caproni Ca-311 mais pour des raisons diverses, la Regia Aeronautica décida de développer un nouvel appareil.

Plutôt que de se lancer dans le développement d’un nouvel appareil, l’armée de l’air italienne demanda aux différents candidats d’utiliser un appareil existant comme base de travail.

La firme Reggiane partit donc de son chasseur monoplace Reggiane Re-2002 pour développer un petit biplace de reconnaissance. Baptisé Re-2003, il allait être décliné en version embarquée et en version hydravion.

C’est ainsi que la version terrestre allait recevoir la désignation de Re-2003A, la version embarquée Re-2003B et la version hydravion Re-2003C.

Par rapport au chasseur dont il était issu, le Re-2003 était un biplace, son fuselage était légèrement plus long mais sa vitesse était moindre.

Le premier prototype du Re-2003 effectue son premier vol le 15 mars 1942. Le développement de la version terrestre étant prioritaire ce n’est que dix-huit mois plus tard que la version embarquée voit le premier décollage de son prototype (25 septembre 1943).

Si le développement de la version terrestre se passe bien (les appareils sont livrés courant 1944 après un développement relativement court), la version embarquée et la version hydravion sont de véritables bêtes à chagrin pour les ingénieurs de la firme Reggiane.

Le projet passe à deux doigts de l’abandon mais finalement le premier Re-2003B de série décolle pour la première fois le 17 décembre 1945. Les essais se passent bien et les premiers Reggiane Re-2003B sont livrés à l’été 1946 pour équiper dans chaque groupe aérien deux squadriglie de onze appareils.

Initialement conçu comme un simple appareil de reconnaissance, le Reggiane Re-2003B va servir également de bombardier-torpilleur. Durant le conflit, il va également servir pour les patrouilles anti-sous-marines et les liaisons.

Au total ce sont 190 Reggiane Re-2003B qui vont être produits, les appareils opérant depuis les porte-avions Italia et Don Juan de Austria mais également depuis la terre. A la fin du conflit, une trentaine d’appareils est encore disponible. Beaucoup étaient à l’état d’épave mais certains étaient encore en état de vol.

Aujourd’hui quatre Reggiane Re-2003 sont préservés dans les musées à savoir un Re-2003A en France, un Re-2003B et un Re-2003C aux Etats-Unis et un Re-2003A en Grande-Bretagne.

Caracteristiques Techniques

Type : avion de reconnaissance et de torpillage biplace embarqué

Masse à vide 2470kg en charge 3320kg

Dimensions : longueur 8.08m envergure 11m hauteur 3.2m

Motorisation : un moteur radial Piaggio P.XI R.C40bis de 1250ch

Performances : vitesse maximale 510 km/h distance franchissable 950km plafond opérationnel 9800m

Armement : quatre mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT dans les ailes avec 750 coups chacune, une mitrailleuse de 7.7mm en poste arrière, 500kg de bombes ou une torpille de 450mm

Junkers Ju-87C Stuka

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Pour bombarder une cible, on peut choisir de le faire à l’horizontale et à haute altitude, une façon de faire qui atteint rapidement ses limites faute d’un viseur efficace. Même les viseurs électroniques mis au point durant le second conflit mondial vont montrer de telles limites que les alliés privilégieront bombardement de masse, le tapis de bombe, efficace si l’on peut dire.

Rapidement un autre mode d’attaque fût expérimenté, le bombardement en piqué ou dive bomber, le bombardier piquant à un angle plus ou moins important, larguant sa bombe avant d’effectuer sa ressource et de reprendre son vol en espérant échapper à la DCA et à la chasse ennemie.

Si le bombardement en piqué à d’abord été étudié par différentes marines (Etats-Unis, Japon), très vite les armées de l’air étudient ce mode d’action. Parmi ces armées de l’air se trouve la toute nouvelle Luftwafe qui va se construire comme une force d’appui tactique.

Outre des bombardiers moyens (He-111, Ju-88,, Do-17), la nouvelle armée de l’air allemande va se doter de bombardiers en piqué.

Dès sa création la Luftwafe lance un appel d’offre pour un bombardier en piqué, compétition qui voit le triomphe du Junker Ju-87 sur l’Arado Ar81, le Heinkel He118 et le Blohm & Voss Ha137. Il entre en service courant 1936.

Esthétiquement cet appareil est reconnaissable entre-tous avec avec des ailes en W et un train fixe qui lui donnait un aspect agressif, aspect renforcé par les fameuses «trompettes de Jéricho», des sifflets émettant un bruit terrifiant au moment du piqué.

Si la version terrestre entre en service en 1936 (avant de connaître son baptême du feu en Espagne quelques mois plus tôt), la version embarquée n’est mise en service que quelques années plus tard.

En effet ce n’est qu’en 1938 que le projet est officiellement lancé. Baptisé Ju-87C, la configuration est testée avec deux Ju-87B modifiés et dix appareils de pré-série.

Les futurs «MarineStuka» sont extérieurement identiques aux Ju-87 terrestres mais bénéficient de modifications nécessaires à leur embarquement.

On trouve un train renforcé, une crosse d’arrêt, des ailes repliables vers l’arrière, des boulons explosifs pour larguer le train en cas d’amerrissage, amerrissage possible par des équipements de flottaison (pour l’avion) et de survie (pour l’équipage).

Suite à cette expérience concluante et en dépit de l’obstruction du chef de la Luftwafe _guère convaincu de l’utilité du porte-avions_ , 170 Junkers Ju-87C-1 «Cäsar» sont commandés en mars 1940, appareils livrés entre juillet 1940 et février 1942 pour équiper quatre staffel embarqués.

Par rapport aux C-0, les C-1 disposent de réservoirs supplémentaires dans les ailes et la possibilité d’embarquer une torpille sous le fuselage.

L’appareil intéresse rapidement l’Italie d’abord des unités terrestres en remplacement d’un appareil raté (le Savoia-Marchetti SM-85) puis des unités embarquées pour les futurs porte-avions de la Regia Marina.

Les allemands acceptent d’exporter l’appareil. Une commande de 60 Ju-87C est passée en septembre 1946 et honorée entre janvier et décembre 1947.

Ces appareils vont équiper deux squadriglie soit 22 appareils en ligne et le reste en réserve, les pertes s’annonçant lourdes dans les unités de bombardement en piqué.

L’appareil va être engagé jusqu’à la fin du conflit aussi bien à terre qu’en mer. A la fin du conflit, il ne reste qu’une vingtaine d’appareils disponibles, appareils dont beaucoup sont dans un état plus proche de l’épave que de l’appareil opérationnel. Ils sont tous feraillés.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-87C-1

Type : bombardier en piqué biplace embarqué

Poids : à vide 2900kg équipé 4000kg maximal au décollage 4840 à 5340kg

Dimensions : envergure 13.20m (13.80m pour un Stuka terrestre) longueur 11m hauteur 3.77m

Motorisation : un moteur en ligne 12 cylindres en V Junkers Jumo 211A-1 dévellopant 1000ch au décollage

Performances : vitesse maximale 296km/h au nivau de la mer, 308 km/h à 1000m 321 km/h à 2000m,344 km/h à 5000m vitesse maximale en piqué 520 km/h, Plafond pratique 8000m, Distance franchissable 535km avec charge offensive 800km en configuration lisse Endurance 1h55min

Armement : deux mitrailleuses MG-17 fixes dans la voilure, une mitrailleuse MG-15 dans le poste arrière Une bombe de 250 ou de 500kg sous le fuselage, quatre bombes de 50kg sous les ailes soit un charge maximale de 700kg. Possibilité d’embarquer une torpille aéroportée sous le fuselage.

Ordre de batalle de l’Aviazone Navale Operativa per la Regia Marina (octobre 1948)

-Un état-major installé à Rome

-1o Grupe Aerei Embarcati /1er groupe aérien embarqué (porte-avions Italia) deux squadriglie de chasse (n°10 et n°12) équipées de Reggiane Re-2005M Sagitarrio, deux squadriglie de reconnaissance et de torpillage (n°11 et n°13) équipées de Reggiane Re-2003B et un squadriglia de bombardement en piqué équipé de Junkers Ju-87C (n°15)

-2o Grupo Aerei Embarcati/2ème groupe aérien embarqué (porte-avions Don Juan de Austria) deux squadriglie de chasse (n°14 et n°16) équipées de Reggiane Re-2005M Sagitarrio, deux squadriglie de reconnaissance et de torpillage (n°17 et n°19) équipées de Reggiane Re-2003B et un squadriglia de bombardement équipé de Junkers Ju-87C (n°21)

Ces deux groupes aériens embarqués dépendent directement de l’état-major de l’ANORM.

-Divisione Tirreno

-30a Squadriglia Esploratori : IMAN Ro-43 de reconnaissance embarqués sur les croiseurs stationnés à La Spezia

-31a Squadriglia Esploratori : Reggianre Re-20003C de reconnaissance embarqués sur les cuirassés stationnés à La Spezia

CANT Z.511

CANT Z-511

-141a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime Cant Z-511

-187a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime Cant Z-511

-278a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

-280a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

-1a et 3a Sezione Aviazone Navale : sections de servitude (transport, entrainement,liaison)

Divisione Sardena

CANT Z.506 Airone 10

CANT Z-506

-146a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime Cant Z-506

-183a Squadriglia Aerosiluranti : hydravions de torpillage Fiat RS-16

-281a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

-188a Squadriglia de chasse : hydravions de chasse Reggiane Re-2000B

Divisione Sicilia

-170a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-506

-184a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-506

-186a Squadriglia Bombardiere : avions d’assaut aéromaritime CANSA FC-20

-189a Squadriglia Bombardiere : avions d’assaut aéromaritime CANSA FC-20

-144a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs CANT Z-1018 Leone

-182a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs CANT Z-1018 Leone

Divisione Adriatico

-142a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-506

-145a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-506

-41a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs CANT Z-1018 Leone

-279a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs CANT Z-1018 Leone

Divisione Iono

IMAM Ro.43

IMAN Ro-43

-32a Squadriglia Esploratori : hydravions embarqués de reconnaissance et d’observation équipés d’IMAN Ro-43 destinés aux croiseurs stationnés à Tarente

-33a Squadriglia Esploratori : hydravions embarqués de reconnaissance et d’observation équipés de Reggiane Re-2003C destinés aux cuirassés de la 2ème escadre

-148a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-501

-288a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-501

-89a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

-4a Sezione Aviazone Navale : unité de servitude

Divisione Egeo

-147a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-511

-185a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-511

Divisione Libia

-143a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-501

-149a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-501

-104a Squadriglia Aerosiluranti : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

Divisione Africa Orientale Italiana

-150a Squadriglia Ricognizione : hydravions de patrouille maritime CANT Z-501

-108a Squadriglia Ricognizione : bombardiers-torpilleurs Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero

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