17-Aviation navale (45)

SNCAO CAO-700M

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

En 1937, l’armée de l’air lance le programme technique A20 demandant un bombardier multimoteur à cinq membres d’équipage pour compléter les futurs Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 (sans parler de leurs dérivés respectifs).

Ce programme aboutit à la mise au point du SNCAO CAO-700, un bombardier lourd quadrimoteur qui reprenait le fuselage de l’hydravion torpilleur Loire-Nieuport LN-10 (le perdant de la compétition l’opposant au Bloch MB-480 qui donna naissance au MB-481) avec de nouvelles ailes et pour motorisation quatre moteurs Gnôme Rhône 14N-49 identiques à ceux du Léo 451.

Dès la mise au point de ce quadrimoteur, décision est prise de développer plusieurs variantes dont une variante de reconnaissance maritime pour la marine baptisé CAO-700M et qui permet à l’Aviation Navale de se doter de l’équivalent pour la Luftwafe du Focke-Wulf Fw200 Condor.

Le CAO-700 version bombardier effectue son premier vol le 24 juin 1940 et devant des résultats satisfaisants, la marine commande deux prototypes en version CAO-700M, prototypes qui effectuent leurs premiers vols respectivement le 8 octobre et le 2 novembre 1940.

Les essais se passent bien et dès le 4 janvier 1941, la marine passe une première commande de 54 appareils pour équiper cinq unités dont une composite ce qui explique ce chiffre de 54 alors que l’effectif type d’une escadrille c’est douze appareils. Cette commande est honorée entre mars et décembre 1941 à raison de six appareils par mois ce qui constitue une excellente cadence.
Une deuxième commande est passée en avril 1942 pour 46 appareils qui doivent équiper six escadrilles dont quatre composites et deux conventionnelles. Cette commande est honorée entre juillet  1942 et juin1943 à raison de quatre appareils par mois.

Les unités étant toutes équipées, les commandes auraient pu s’arrêter là mais il faut prévoir les pertes et donc un volant de fonctionnement d’où la commande en septembre 1943 de 50 appareils soit un taux de remplacement de 50%. Cette commande est honorée entre octobre 1943 et octobre 1944 (quatre appareils par mois environ).

Enfin, quatrième et dernière commande, en septembre 1947, 50 appareils sont commandés pour renouveler un stock qui à en partie fondu puisque 15 appareils ont déjà été perdus (et remplacés y compris dans les unités déployées dans l’Empire). Cette commande est honorée entre octobre 1947 et juin 1948.

Tous ces appareils sont de type CAO-700M mais après cette quatrième commande, ce modèle va céder la place au CAO-710M, version améliorée équipée de moteurs plus puissants, d’un armement défensif accru et d’une capacité nouvelle : un radar aéroporté.

-L’Escadrille 16E est la première à recevoir le nouvel appareil et ce dès sa création le 12 juillet 1941 sur la base aéronavale de Sidi-Ahmed. Douze CAO-700M flambants neufs lui sont ainsi confiés pour patrouiller en Méditerranée pour notamment surveiller les mouvements de la flotte italienne.

Elle participe également à de nombreux exercices avec d’autres unités de la marine mais également avec des unités de l’armée de l’air.

Au 1er septembre 1948, la 16E à utilisé un total de seize appareils soit quatre appareils perdus et remplacés par des appareils stockés en métropole et qui rejoignent donc en vol la Tunisie et Sidi-Ahmed.

A l’annonce des bombardements allemands en Scandinavie, l’escadrille 16E renforce sa présence au dessus de la Mare Nostrum en surveillant notamment les mouvements de la flotte italienne depuis le port de Tarente.

-L’Escadrille 2T reçoit en septembre 1941 douze CAO-700M en remplacement de ses seize Latécoère Laté 298 et devient donc l’Escadrille 12E. Déployée à Fréjus-Saint Raphaël, elle assure la surveillance des approches de Toulon et l’appui des unités de la 2ème Escadre en leur offrant une capacité de surveillance à long rayon d’action.

Durant ses sept années d’utilisation opérationnelle, l’escadrille 12E perd trois appareils : un mer et deux suite à des atterrissage hasardeux, ces appareils sont remplacés par des appareils issus des stocks de la marine. Si le premier coûte malheureusement la vie à son équipage, les deux autres ne provoquent pas de pertes en vie humaines.

-Toujours en septembre 1941, une nouvelle escadrille reçoit le premier véritable avion de patrouille maritime français.

Il s’agit de la 14ème Escadrille de Bombardement (14B) basée à Tripoli-du-Liban qui dispose de 6 CAO-700M en plus de ses 8 bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

En dépit d’une activité intensive, elle ne perd jusqu’en septembre 1948, un appareil qui se crashe en mer après avoir manqué l’aterrissage à Tripoli-du-Liban, crash qui ne fait que des blessés parmi l’équipage.
-L’Escadrille 7E est officiellement créée le 7 décembre 1941 sur la base aéronavale de Lann-Bihoué prêt de Lorient. Elle reçoit douze CAO-700M pour assurer une mission de sanctuarisation du Golfe de Gascogne et de traque des sous-marins et des raiders allemands loin dans l’Atlantique.

Deux appareils sont perdus jusqu’au 31 août 1948, un en mer (équipage porté disparu présumé mort) et un à terre à l’atterrissage, l’équipage étant blessé mais l’appareil irrécupérable est cannibalisé pour fournir des pièces détachés. Les appareils perdus sont promptement remplacés.

A partir du 31 août 1948, les douze CAO-700M vont se relayer pour maintenir une patrouille permanente dans le Golfe de Gascogne en liaison avec leurs homologues mais rivaux de la 9E basée à Lanvéoc-Poulmic.

-L’escadrille 9E est activée en septembre 1942 sur la base de Lanvéoc-Poulmic. Elle remplace numériquement au sein de la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) l’escadrille 5B/12R qui devenue escadrille embarquée à rejoint Hyères-Le Palyvestre. Ses douze appareils sont les derniers de la commande n°1.

Elle est chargée de missions de surveillance et de patrouille maritime dans l’Atlantique et dans le Golfe de Gascogne en coopération avec le 7E basée à Lann-Bihoué prêt de Lorient.

Un appareil perdu en mars 1945 à l’atterrissage (deux morts et trois blessés) et un deuxième est réformé en septembre 1947 suite à des fragilités structurelles au niveau des bâtis moteurs 2 et 3, ces deux appareils étant  remplacés par des appareils stockés à cet effet.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et vont se relayer pour notamment couvrir les convois atlantique sans oublier la traque des sous-marins et d’éventuels croiseurs auxiliaires allemands même si leur présence si près des côtes françaises est assez peu probable.

-L’Escadrille 13R créée en septembre 1941 avec douze Bloch MB-131 sur la BAN de Than-Son-Nut près de Saïgon reçoit le 21 juillet 1943 douze CAO-700M, appareils venus de France en vol ce qui constitue un véritable périple. Ces appareils étant les premiers CAO-700M de la deuxième commande.

Cette unité quitte Than-Son-Nut en novembre 1947 pour rallier la base aéronavale de Cam-Ranh et poursuivre ses missions de surveillance qui le conduisait aussi bien dans le Golfe du Tonkin que dans le Golfe du Siam.

Elle participait également à de nombreux exercices avec les FNEO, l’armée de l’air et l’armée de terre, s’essayant par exemple au parachutage de conteneurs en montagne pour ravitailler des garnisons isolées mais également au bombardement terrestre.

Cette unité perd deux appareils suite à des accidents à l’atterrissage à Than-Son-Nut en 1945 et 1946, deux appareils réformés et cannibalisés, deux appareils venus de France en vol  rejoignant Cam-Ranh en décembre 1947.

Du 1er au 12 septembre 1948, l’escadrille 13R participe à des missions de surveillance au large des côtes indochinoises de crainte que le Japon ne profite de la guerre en Europe pour attaquer en Indochine.

-L’Escadrille 18E équipée depuis sa création (10 octobre 1941) de huit Bloch MB-131 reçoit enfin en septembre 1943 des appareils plus adaptés à sa mission. En effet, les cinq Bloch MB-131 encore en état de vol sont remplacés par quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.
Cette escadrille est chargée en cas de conflit d’attaquer la flotte italienne de la mer Rouge et son trafic commercial même si un conflit entre la Grande Bretagne et l’Italie entrainerai la fermeture du canal de Suez aux italiens.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et maintiennent une garde vigilante dans le détroit de Bab-El-Mandeb en coopération avec les forces de surface et les forces britanniques présentent en force dans la région, les CAO-700M pistant les navires italiens et les Léo 456 se tenant prêts à neutraliser à la bombe ou à la torpille les navires de guerre italiens présents dans la région.

Entre septembre 1943 et septembre 1948, l’escadrille 18E à perdu un CAO-700M, vite remplacé par un avion venu de métropole.

-L’Escadrille 22E voit le jour le 10 juin 1944 sur la base aéronavale d’Alger-Maison Blanche avec pour équipement douze CAO-700M de patrouille maritime.

Cette escadrille est chargée de renseigner la 4ème Escadre sur les mouvements de la flotte italienne notamment les unités venant de Sardaigne et de Sicile qui pourraient vouloir s’en prendre au trafic commercial entre les ports d’Afrique du Nord et ceux de métropole.

En septembre 1948, les douze appareils d’origine sont encore en service soit un taux d’attrition nul et dès le 1er septembre, la 22E va maintenir une présence permanente au dessus des flots, n’hésitant pas à aller jusqu’en Sardaigne, les CAO-700M se ravitaillant en Corse ou sur le continent en fonction de la durée de la patrouille avant de retourner à leur base d’Alger.

-L’Escadrille 24E est officiellement activée le 15 juin 1947. Équipée de huit CAO-700M et de huit Lioré et Olivier Léo 456, la 24ème escadrille d’exploration à pour mission à la fois de surveiller la Mer de Corail en coopération avec la marine et l’armée de l’air australienne et si nécessaire l’interdiction à l’ennemi _sous entendu japonais_ de ces eaux, le Léo 456 n’étant pas le plus mauvais des bombardiers-torpilleurs.

Quand éclate la guerre en Europe le 5 septembre 1948, les CAO-700M redouble d’activité tout comme les Léo 456 qui multiplie les entrainements au lancement de torpilles et au bombardement à moyenne et basse altitude. Tous les appareils arrivés en juin 1947 sont encore en service quinze mois plus tard.

-L’Escadrille d’Aviation Navale des Antilles (EANA) est créée administrativement en novembre 1946 mais ce n’est qu’en juin 1947 qu’elle reçoit ses appareils dont quatre CAO-700M de patrouille maritime et secondairement de bombardement.

Ces appareils qui sont encore tous en service en septembre 1948 ont pour mission de surveiller les petites Antilles depuis leur base de Fort de France-Schoelcher même si leur long rayon d’action leur permettait également de surveiller les côtes sud-américaines, les avions faisant alors une escale de ravitaillement à Cayenne avant de rentrer en Martinique.

-En octobre 1947, une nouvelle flottille voit le jour, la 1ère flottille mixte d’aviation navale basée à Dakar-Bel Air et qui regroupe comme son nom l’indique des hydravions et des avions terrestres dont ceux de la 19E (six CAO-700M et 8 Lioré et Olivier Léo 456).

Cette flottille créée le 7 juin 1947 doit lutter notamment contre les sous-marins et les raiders allemands dans l’Atlantique Sud.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et à partir du 5 septembre 1948, les CAO-700M et même les Léo 456 vont patrouiller au large de Dakar, assurant des patrouilles de surveillance mais également la couverture de convois.

Au 1er septembre 1948, l’Aviation Navale à commandé et reçut 200 CAO-700M mais seulement cent ont été mis en ligne au sein de onze unités (cinq composites et six conventionnelles).

Un total de quinze appareils à été perdu, appareils tous remplacés, le stock étant donc tombé à quatre-vingt cinq  appareils qui au 1er septembre 1948 sont dispersés en métropole. Si quarante reste stockés à Orly, vingt ont gagné en vol la Bretagne sur un site qui deviendra après guerre la base aéronavale de Landivisiau et vingt-cinq un site secret dans le Morvan.

Caractéristiques Techniques du CAO-700M

Type : avion quadrimoteur de patrouille et d’attaque maritime  basé à terre

Poids : à vide 11375kg maximale 18000kg

Dimensions : Envergure 24.92m Longueur 27.90m Hauteur : 4.80m

Motorisation : quatre moteurs radiaux Gnôme et Rhône 14 N-19 14 cylindres en étoile refroidis par air et développant 1140ch au décollage et entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 540 km/h à 5300m Autonomie 2000km en version patrouille maritime Plafond opérationnel 12700m

Armement : une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm dans le nez vitré servie par le bombardier-navigateur (1200 cartouches), un canon de 20mm en tourelle SAMM à l’arrière avec 75 coups et deux mitrailleuses de 7.5mm alimentées à 3000 cartouches dans le poste inférieur arrière.

Une soute à bombe dans le fuselage pour 1500kg de bombes ou deux torpilles de 400mm. Les soutes à bombes dans les ailes de la version bombardier ont été remplacés par des réservoirs supplémentaires. En mission de patrouille maritime, la soute à bombe peut embarquer des fusées éclairantes voir des appareils photos.

Equipage : pilote et copilote installés en tandem dans le poste supérieur, un bombardier-navigateur dans le nez vitré, un canonnier dans la tourelle arrière et un radio dans le poste inférieur arrière

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8-) Croiseurs lourds (3)

Le Tourville

Le croiseur lourd Tourville

Le croiseur lourd Tourville

-Le Tourville est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 14 avril 1925 lancé le 24 août 1926 et admis au service actif le 12 mars 1929.

Le Tourville forme la 1ère division légère au sein de la 1ère Escadre en Méditerranée en compagnie de son sister-ship Duquesne puis à partir de mars 1930 avec le Suffren. Cette 1ère DL comportera jusqu’à cinq navires.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Tourville va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Ils transportent des élèves officiers avec le Duquesne et le Suffren aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Duquesne effectue une mission aux Etats Unis avec le Suffren avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’en 1936.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Suffren et Colbert alors que la 3ème DC formée du Dupleix et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang.

Le Tourville opère avec le Duquesne au large de Toulon pour des exercices intensifs et ce jusqu’en septembre 1940 quand le Duquesne est mis au bassin pour un grand carénage. La 5ème DC est donc réduite à une unité.

Après un exercice avec la flotte de la Méditerranée du 17 au 30 septembre, le Tourville appareille pour Bizerte où il arrive le 4 octobre. Il va y rester basé jusqu’en janvier 1941 pour une mission de surveillance, le croiseur lourd trainant ses hélices aussi bien à l’orée de l’Adriatique qu’autour des îles du Dodécanèse voir même de la Libye italienne. Cette mission s’achève le 15 janvier avant un retour à Toulon le 20 janvier. Il est indisponible du 21 janvier au 5 février 1941.

Il reprend la mer le 8 février pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 17 février 1941 avant un mouillage aux salins d’Hyères jusqu’au 21 février avant un retour à Toulon le 23 février 1941.

Il ressort du 2 au 9 mars pour une mission de transport rapide en direction de la Corse, le croiseur lourd embarquant pour Bastia une compagnie de gendarmes mobiles suite à de violentes manifestations autonomistes sur l’île de Beauté. Le croiseur reste au mouillage, sa présence à l’entrée du port de Bastia dissuadant de nouvelles émeutes.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 21 mars, le croiseur lourd reprend la mer pour de nouveaux exercices du 22 mars au 14 avril, exercices de lutte antisurface, de défense aérienne à la mer et de lutte ASM avec les sous-marins Redoutable et Vengeur (7ème DSM) avant une nouvelle mission de transport en direction de Bastia du 15 au 21 avril 1941. Il rentre à Toulon le 28 avril après une mouillage à Nice du 23 au 27 avril.

Il ressort à plusieurs reprises au mois de mai mais en ne s’éloignant guère de Toulon (2-5 mai, 10-17 mai et 23-28 mai) avant de mouiller aux salins d’Hyères du 29 mai au 5 juin.

Il reprend la mer pour entrainement du 6 au 15 juin, faisant escale à Sète du 16 au 21 juin avant un nouvel exercice de combat de nuit du 22 au 27 juin, rentrant à Toulon le lendemain 28 juin pour subir un grand carénage après la disponibilité de son sister-ship.

Le Tourville est ainsi échoué au bassin Vauban n°8 du 4 juillet 1941 au 7 février 1942 subissant les mêmes travaux que son sister-ship. La coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les lignes d’arbre réalésées, le bloc passerelle refondu, les chaudières sont retubées, les turbines visitées, les diesels-alternateurs sont changés.

Au niveau de l’armement, les tubes des canons de 203mm sont changés, les canons de 75mm sont remplacés par six canons de 90mm modèle 1926 en six affûts simples et la DCA d’origine (canons de 37mm modèle 1933 et mitrailleuses de 13.2mm) remplacée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1940 en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en quatre affûts doubles. Les tubes lance-torpilles sont maintenus tout comme l’hydraviation embarquée.

Après une phase de travaux à quai du 7 au 21 février, il sort pour essais en compagnie du Duquesne du 22 au 25 février avant remise en condition du 27 février au 4 mars 1942.

Il participe à des manœuvres au sein de la Flotte de la Méditerranée du 7 au 21 mars 1942 entre les côtes provençales et le Cap Corse, les croiseurs lourds de la 5ème DC (Duquesne et Tourville) manœuvrant avec  leurs congénères de la 1ère DC effectuant des raids antisurfaces et des simulations de bombardement littoral. Il sont tous de retour à Toulon le 24 mars 1942.

Le Duquesne et le Tourville sortent ensemble pour un exercice aviation du 12 au 17 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 20 juillet quand ils reprennent la mer pour des manœuvres au large d’Ajaccio du 20 au 29 juillet avant une escale dans la ville natale de Napoléon Bonaparte jusqu’au 5 août quand le Duquesne et le Tourville reprend la mer pour un nouvel exercice avec la 1ère DC (Suffren et Dupleix), les quatre croiseurs lourds menant un exercice d’interception et d’interdiction maritime et ce du 7 au 18 août 1942 avant de rentrer à Toulon le 20 août 1942.

Le Tourville est indisponible du 21 août au 20 septembre pour une avarie de chaudière. Il sort pour essais du 21 au 30 septembre avant remise en condition du 3 au 15 octobre suivie d’une escale à Ajaccio du 16 au 21 octobre 1942.

Rentré à Toulon le 22 octobre, il quitte son port d’attache le 25 octobre pour des manoeuvres au large de Dakar, faisant escale à Mers-El-Kébir du 27 au 30 octobre, à Casablanca du 2 au 5 novembre avant d’arriver à Dakar le 10 novembre 1942.

L’ Ecole à feu à lieu du 12 au 27 novembre avant une escale de relâche à Dakar du 28 novembre au 2 décembre. Le croiseur lourd effectue une seconde école à feu du 3 au 15 décembre suivit après un ravitaillement à Dakar le 16 décembre d’un exercice de défense aérienne à la mer du 17 au 26 décembre.

Il quitte Dakar le 27 décembre, fait escale à Casablanca du 31 décembre 1942 au 2 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 5 janvier 1943. Il subit une période d’entretien à flot du 6 au 20 janvier, sortant pour essais du 21 au 25 janvier avant une remise en condition du 28 janvier au 13 février, rentrant à Toulon le lendemain 14 février 1943.

Il sort pour un entrainement aviation du 17 au 25 février puis pour un entrainement au bombardement littoral du 27 février au 2 mars avec des tirs simulés et/ou à charge réduite contre les défenses du secteur fortifié de Toulon.

Le 3 mars au matin, il mouille en baie d’Ajaccio y retrouvant le lendemain son sister-ship le Duquesne pour une remise en condition du croiseur sus-nommé et ce du 4 au 15 mars 1943.

Le lendemain 16 mars 1943, les deux croiseurs lourds quittent Ajaccio, se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 18 mars, relâchent à Casablanca du 21 au 23 mars avant d’arriver à  Dakar le 28 mars 1943.

Ils réalisent une première école à feux du 30 mars au 9 avril avant une escale à Dakar du 10 au 13 avril, escale suivie d’une deuxième école à feux du 14 au 25 avril puis après ravitaillement, un exercice de défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai. Ils rentrent à Toulon le 9 mai 1943

Les deux croiseurs lourds ressortent du 12 au 20 mai pour un exercice au large du Cap Corse suivit d’une escale commune à Nice du 21 au 28 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai dans la soirée.

Il ressort au mois de juin à quatre reprises, la première fois du 5 au 8 juin la seconde du 12 au 16 juin, la troisième du 19 au 22 juin et la quatrième du 25 au 30 juin avant une période d’indisponibilité du 1er au 15 juillet (permissions d’été de l’équipage).

Il reprend la mer le 22 juillet pour un transport rapide (une compagnie de gendarmes mobiles) entre Toulon et Bastia où il arrive le 24 juillet. Il s’amarre au mouillage à l’entrée du port et y débarque les gendarmes à l’aide de pontons motorisés.

Une fois les «mobileux» à terre, le croiseur rentre à Toulon où il arrive le 25 juillet à l’aube. Il regagne Bastia le 8 août pour rembarquer les gendarmes débarqués le 24 juillet et les ramener à Toulon le 10 août 1943. Il ressort encore pour exercices du 15 au 21 août et du 24 au 30 août 1943.

Il subit un petit carénage du 2 septembre au 5 novembre 1943 au bassin n°8 récemment libéré par son sister-ship le Duquesne. Le 5 novembre 1943, il est remis à flot après son petit carénage. Le Tourville et le Duquesne sortent pour essais du 6 au 10 novembre avant remise en condition du 12 au 22 novembre, les deux navires rentrant à Toulon le 27 novembre après une escale à La Ciotat du 23 au 26 novembre.

Après une sortie d’entrainement du 4 au 8 décembre au large de Toulon, le Tourville retrouve le Duquesne le 10 décembre 1943, le Tourville ravitaillant son sister-ship avant que les deux croiseurs effectuent un combat antisurface du 11 au 18 décembre. Ils rentrent à Toulon le 24 décembre après une escale à Nice du 19 au 23 décembre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage du croiseur lourd entre la marine nationale et la ville de Barfleur en Normandie en hommage à la victoire d’Anne Hilarion de Cotentin, Comte de Tourville le 29 mai 1692.

C’est ainsi que le 3 janvier 1944, le croiseur lourd quitte Toulon, fait escale à Casablanca du 7 au 9 janvier, à Brest du 12 au 14 avant d’arriver à Barfleur le 16 janvier. Le croiseur lourd reste au mouillage jusqu’au 23 janvier pour ce qui restera son unique escale dans sa ville marraine.
Reprenant la mer le 24 janvier 1944, il fait escale à Brest du 26 au 30 janvier, à Lisbonne du 31 janvier au 2 février, à Mers-El-Kébir du 5 au 8 février avant de rentrer à Toulon le 10 février 1944.

Le Tourville sort à nouveau du 15 au 21 février pour un entrainement de base suivit d’une escale à Sète du 22 au 25 février avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 26 au 2 mars 1944 avant de rentrer à Toulon le 3 mars 1944.

En septembre 1943 et en avril 1944, les croiseurs lourds Saint Louis et Henri IV sont admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée. La 5ème DC est dissoute le 12 avril 1944 mais reconstituée dès le lendemain avec les deux croiseurs lourds flambants neufs.

Si le Duquesne va être affecté en Indochine, le Tourville lui va renforcer le dispositif français dans l’Océan Indien. Le Tourville quitte Toulon le 10 mars pour Bizerte où il arrive le 12 mars. Il subit un petit carénage à l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 17 mars au 2 mai 1944 avant des essais du 4 au 7 mai 1944.

Il appareille de Bizerte le 12 mai 1944, fait escale à Alexandrie du 15 au 18 mai, franchit le canal de Suez les 19 et 20 mai et arrive à Djibouti le 24 mai 1944. Il en repart le 27 mai pour Diego-Suarez où il arrive le 3 juin 1944.

Le 27 mai 1944, le Tourville devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Françaises (FNAEF) en remplacement du Lamotte-Picquet.  

Indisponible du 8 au 25 juin 1944, le croiseur lourd reprend l’entrainement du 27 juin au 15 juillet 1944 en compagnie des forces de souveraineté présentes à Madagascar ou à La Réunion.

Rentré à Diego-Suarez le 17 juillet 1944, le croiseur lourd effectue des transports rapides entre la Grande Ile et La Réunion du 20 au 28 juillet, du 5 au 15 août et du 20 au 31 août avant de nouveaux exercices au large de Diego-Suarez du 5 au 15 septembre et du 20 septembre au 2 octobre 1944.

Le 8 octobre 1944, il appareille de Diego-Suarez, retrouvant au large de Djibouti le 11 le croiseur léger Lamotte-Picquet. Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 12 au 19 octobre avant de faire escale à Aden du 20 au 23 octobre et à Mascate du 25 au 28 octobre avant de se séparer : le Lamotte-Picquet rentre à Djibouti son port d’attache le 1er novembre alors que le Tourville rentre à Diego-Suarez le 4 novembre1944.

Le Tourville reprend la mer le 18 novembre pour une mission de patrouille dans le canal du Mozambique jusqu’au 25 novembre. Cette longue patrouille voit le croiseur surveiller les ilots désertiques revendiqués (discrètement mais revendiqués tout de même) par le Portugal colonisateur du Mozambique. Le maintien de la catapulte permet le lancement du Dewoitine HD-731 qui va participer à des missions de reconnaissance et d’assaut à l’aide de bombes légères.

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Le croiseur lourd rentre à Diego-Suarez le 27 novembre. Il sort à nouveau pour exercices du 2 au 12 décembre et du 15 au 26 décembre 1944. Il est ensuite en entretien à flot du 27 décembre 1944 au 10 janvier 1945, sortant pour essais du 11 au 13 janvier.

Le 14 janvier 1945, le croiseur lourd appareille pour une nouvelle patrouille, cette fois en direction du Golfe d’Aden. Il arrive à Djibouti pour se ravitailler en carburant le 20 janvier, reprennant la mer le 22 janvier pour de longues patrouilles agrémentées d’exercices de défense aérienne, de navigation de combat et de tirs d’artillerie. Le croiseur lourd est de retour à Diego-Suarez le 4 mars 1945.

Il subit un petit carénage du 12 mars au 18 juin 1945. On envisage un temps de débarquer les installations d’hydraviation mais on préfère conserver la possibilité de lancer un Dewoitine HD-731. Il est en essais du 21 au 27 juin avant remise en condition du 30 juin au 16 juillet, rentrant à Diego Suarez le 18 juillet 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement à partir du 20 juillet. Du 20 au 31 juillet, il s’entraine au combat antisurface avec plusieurs écoles à feux avant une escale à Port-des-Galets du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le lendemain 5 août pour rentrer à Diego Suarez mais subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 13 août avant de revenir à quai le surlendemain, 15 août 1945.

Après une période d’indisponibilité du 15 août au 3 septembre 1945, le Tourville sort pour essais du 4 au 10 septembre avant d’effectuer une série de patrouilles dans le détroit du Mozambique, ravitaillé par le pétrolier Dauphiné de la SFTP, patrouilles qui se déroulent du 15 au 22 septembre, du 25 au 30 septembre, du 5 au 17 octobre et du 20 au 30 octobre, rentrant à Diego-Suarez le 4 novembre 1945.

Le Tourville sort pour entrainement du 12 au 25 novembre, faisant escale à Mombassa du 26 au 30 novembre avant de rentrer à Diego Suarez le 4 décembre 1945.

Il ressort encore deux fois en 1945, un transport en direction de Port-des-Galets (munitions pour l’artillerie chargée de la défense côtière notamment) du 9 au 16 décembre et un entrainement de défense aérienne à la mer au profit des pilotes de l’armée de l’air stationnés à Madagacar du 17 au 23 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 20 janvier 1946, le croiseur lourd effectue des essais jusqu’au 23 janvier avant un stage de remise en condition du 25 au 30 janvier 1946. Il effectue ensuite deux missions de transport de troupes : une compagnie de la Légion Etrangère entre Diego-Suarez et Mayotte du 2 au 8 février puis une compagnie de fusiliers marins entre Mayotte et Port-des-Galets du 9 au 15 février. Il rentre à Diego-Suarez le 18 février 1946.

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre et le croiseur lourd Colbert, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars, à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il est désarmé le 2 février 1946.

Le Tourville  reprend la mer avec le Clemenceau, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego-Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manœuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le Cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole.

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert remorquant la coque du Lamotte-Picquet, font escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 puis après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, il appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le 10 septembre 1946 cependant, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946. Il reçoit par exemple une nouvelle catapulte en fait celle du Lamotte-Picquet qui avait été remise en état peu avant sa grave avarie.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône (arrivé en Indochine le 11 novembre 1946) du 4 au 20 février 1947.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande au Cambodge. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Le croiseur lourd ressort dès le 12 mars en compagnie des torpilleurs légers de la 7ème DT pour un exercice de protection et de défense des lignes de communication jusqu’au 4 avril quand le croiseur lourd fait escale à Saïgon et ce jusqu’au 10 avril quand il appareille pour une mission de transport entre Cam-Ranh et Haïphong pour renforcer la ligne fortifiée protégeant le grand port du nord, ligne de protection qui s’étend maintenant jusqu’à Hanoï.
Il ne faudrait cependant pas y voir une redite de la Ligne Maginot, il s’agit plus d’une ligne tactique avec quelques blockhaus, des postes de tir, des champs de mines, des barbelés sur laquelle pourront s’appuyer les troupes défendant le Tonkin. Le Tourville rentre à Cam-Ranh le 22 avril 1947.

Le lendemain 11 avril 1947, le croiseur lourd Tourville assiste à l’arrive à Haïphong des sous-marins Germinal et Thermidor (classe Phenix type Y4) en compagnie du ravitailleur Lassigny.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 10 mai 1947, le croiseur sort pour s’entrainer seul dans le Golfe d’Haïphong.

Outre un exercice de défense aérienne à la mer, le croiseur va entrainer les défenses côtières d’ Haïphong composées à cette époque de deux batteries lourdes (huit canons de 194mm récupérés sur les croiseurs cuirassés) et deux batteries médianes (huit canons de 105mm) en servant de cible mobile. L’exercice s’achève le 22 mai et après une escale à Haïphong jusqu’au 27 mai, le croiseur lourd rentre à Cam-Ranh le 1er juin 1947.

Il effectue ensuite quatre missions de transport entre Cam-Ranh et Haïphong, la première rotation ayant lieu du 8 au 18 juin, la seconde du 23 juin au 3 juillet, la troisième du 12 au 22 juillet et la quatrième du 30 juillet au 9 août avant une période d’entretien à flot jusqu’au 17 septembre 1947.

Après une période d’essais du 20 au 23 septembre, le Tourville reprend l’entrainement en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner.

Les deux navires vont s’entrainer à la lutte antiaérienne, l’attaque antisurface, la protection des convois, les raids amphibies et le bombardement côtier du 27 septembre au 4 octobre avant une escale à Haïphong du 5 au 12 octobre où les compagnies de débarquement des deux navires sont mises à terre pour réprimer de violentes émeutes entre viets et chinois. Le Tourville rentre à Cam Ranh le 17 octobre 1947.

Il effectue un nouveau transport rapide mais cette fois en direction de Komong Sam (Cambodge) où un mouillage sommaire est mis en place. Il quitte Cam-Ranh le 20 octobre et arrive à destination le 23 octobre, débarquant des ouvriers et du matériel de construction et de signalisation.

Il effectue ensuite une patrouille de surveillance, suivant à distance plusieurs unités de la marine thaïlandaise, relayé par des avions et des hydravions français. Il est soutenu par le Rhône qui le ravitaille à plusieurs reprises. Il est de retour à Cam-Ranh le 15 novembre. Il sort à nouveau du 20 novembre au 2 décembre, du 9 au 16 décembre et du 20 au 27 décembre, restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Tourville effectue deux sorties d’entrainement au large de Cam-Ranh du 5 au 10 janvier et du 12 au 17 janvier 1948.

Le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine arrive à Cam Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole. Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le Tourville reprend donc la mer pour accueillir le porte-avions. Ce dernier passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’ Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le porte-avions Alienor d’Aquitaine ressort du 21 avril au 15 mai pour entrainement de son groupe aérien, plusieurs jonques de trafiquants d’opium saisies par les Douanes sont rassemblées au large de Cam Ranh et servent de cibles aux chasseurs-bombardiers Dewoitine D-795 alors que les LN-420 et les Latécoère Laté 299 eux sont engagés à terre contre des blockaus désaffectés et ce pilote de commenter «C’est bien la première fois que l’aviation joue un rôle dans les travaux publics». Le croiseur lourd Tourville l’accompagne dans cette mission, assurant sa protection rapprochée.

Le croiseur lourd subit un petit carénage du 2 juin au 20 août 1948 et après des essais à la mer du 21 au 24 août, il effectue son stage de remise en condition du 25 août au 5 septembre 1948, date de sa disponibilité.

CA Duquesne schéma

Caracteristiques Techniques de la classe Duquesne

Déplacement : standard 10000 tonnes Washington pleine charge 12200 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 191.20m largeur maximum 19m tirant d’eau 6.3m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par neuf chaudières Guyot du Temple dévellopant 120000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : cloisonement très serré.

Electronique : un détecteur électromagnétique de navigation, un détecteur électromagnétique de veille combinée air-surface, un détecteur électromagnétique pour la conduite de tir de l’artillerie principale

Armement :

(avant refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales (deux avant et deux arrières), 8 canons de 75mm en affûts simples, 8 canons de 37mm modèle 1925, 12 mitrailleuses de 13.2mm et deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm modèle 1925T.

(après refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales, six canons de 90mm en affûts simples, douze canons de 37mm Schneider en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hochkiss en quatre affûts doubles plus deux plate-formes triples lance-torpilles.

Aviation : une catapulte installée entre la cheminée n°2 et le mat arrière (remplacé lors du dernier petit carénage) et deux hydravions, des Gourdou Lesseure 810 puis des Loire 130 et enfin des Dewoitine HD-731.

Equipage : 605 officiers et marins à l’origine, 620 après le grand carénage du début des années quarante.